LE TOUR DU
MONTENEGRO A VELO
SAMEDI 26 MAI 2013. Nous arrivons ŕ l’aéroport de Dubrovnik avec 8 heures de retard sur l'horaire prévu. Nous nous installons pour la nuit sur les banquettes du hall de l'aéroport, il est 22h40, dehors un orage éclate, .
DIMANCHE 26 MAI 2013
1ére ETAPE DUBROVNIK- GRAHOVO 94 km
7:30 Nous quittons l'aéroport, le ciel est couvert, l'air est frais, il nous faut trouver une cache pour y laisser nos sacs ŕ vélo afin de les récupérer la semaine suivante. Un fourret derričre un local poubelle fera l'affaire. Nous prenons la route en direction du
Monténégro.
Nous sommes ŕ 7km de la frontičre Croato-Monténégrine, sur une petite route longeant le littoral, la campagne est déserte, quelques vaches meuglent, la route est humide, beaucoup de cyprčs dans les bois de végétations maritimes de pins, chęnes et feuillus. On roule lentement, une belle maison en pierre avec des encadrements de fenętres fait de pierres monolithiques attire notre attention.
9:30 Nous sommes en vue des côtes du
Monténégro, la mer Adriatique est ŕ notre droite, les versants de ses collines sur notre gauche justifient l'origine du nom. Nous faisons une photo souvenir sur la frontičre.
Nous assistons ŕ des premier spectacles de désolation, un bateau de plaisance d'une bonne dizaine de mčtres de long brűle d'une fumée noire juste en dessous de nous, dans la baie de
Herceg Novi. Les gens sont sur le bord de la route et les sirčnes des pompiers se font entendre rapidement.
Surpris par un dos d'âne ŕ l'entrée de Igalo, je négocie mal son franchissement et hop...une sacoche se décroche et je la traîne sur quelques mčtres. Rien de grave. Nous nous arrętons un peu plus loin pour réparer sous la tonnelle d'un restaurant fermé. Nous profitons pour faire un café et se protéger de la pluie torrentielle pendant un bonne demi heure.
Sur la plage de Igalo, les petites gargottes de restaurant et boutiques de souvenir sont alignés face ŕ la mer un peu désaffectés et mal organisés mal entretenue, en arričre plan un hideux bâtiment vétuste et anachronique rappelle la politique de l'ancien régime.
Le soleil semble refaire son apparition, il est midi, la mer est calme et les fond de sable laisse apparaître une eau turquoise.
Plus loin on peux constater que la loi littorale si elle existe et bafouée. Les constructions sont édifiées directement sur la plage voire sur des terres pleins gagnés sur la mer, au détriment des petites maisons traditionnelles des pęcheurs.
La petite route littorale qui longe la mer entre
HERCEG NOVI et BIJELA est une pure merveille, quasiment pas de voiture, la route est ŕ quelques mčtres de l'eau et bordée par une successions de petites maisons pittoresques dans laquelle parfois s'incruste des bâtiments plus cossus.
Puis des cargos rouillés portant des noms illisibles en caractčres cyrilliques apparaissent rappelant que Bijéla est connu pour son activité de chantier naval de démantčlement.
Pour éviter les nombreux tunnels qui équipent la route qui relie DONJI MORINJ ŕ GRAHOVO nous préférons pousser notre route jusqu' ŕ
RISAN pour emprunter la petite route sinueuse qui quitte le rivage. Par une enfilade de lacets nous gagnons de l'altitude pour retrouver la route principale 2km avant GRKAVAC. De lŕ haut s'ouvre une vue splendide sur la baie de
KOTOR..
Nous faisons une halte dans une petite bourgade oů seul l'existence d'un bar peut laisser croire ŕ une présence humaine. Un poęle ŕ bois au milieu de la pičce réchauffe l'ambiance de ce vieux bâtiment qui a certainement connu la guerre Austro-Hongroise. Le patron nous explique tant bien que mal qu'elle avait été incendiée par des tirs de mortier provenant des batteries postées sur les montagnes qui l'entourent.
Arrivés ŕ GRAHOVO, des enfants nous proposent d'installer notre tente dans leur pré, mais ŕ l'arrivé du pčre portant le prénom de NEDJO, il leur est ordonné de transporter notre tente jusqu'au jardin de la maison, puis devant la pluie menaçante, le papa nous propose de nous installer sur le canapé, ce que nous ne pouvons refuser. En compagnie de sa femme DRAGANA, de ses garçons FILIPO et...et d'un ami de la famille nommé MARKO, maîtrisant correctement l'Anglais. Nous pouvons ainsi franchir la barričre de la langue.
21:41 DRAGANA met sur la table des assiettes garnies de jambon de fromage et de pain. L'ensemble de ces mets est fabriqué par ses soins. Nous passons une excellent soirée.
LUNDI 27 MAI 2013.
2 eme ETAPE GRAHOVO-GRAVNAK 95 km
9:16 Nous avons passer la nuit dans la maison de la famille, heureusement car il a plu toute la nuit et il a fait froid. Aprčs un petit déjeuner de jambon cru et de fromage maison, DRAGANA nous a proposé d'aller visiter un monument commémoratif des victimes de la guerre de 1939-1945. Une imposante sculture de bronze domine la plaine, perchée au sommet d'une bute d'une vingtaine de mčtres de hauteur. La sculture symbolise le mécanisme de la guerre par un roue crantée broyant des soldats devancée par un chef marchant d'un pas ferme. Plus bas, un alignement de cube de béton sur lesquels sont indiqués les noms et identités des victimes. Vers 9h30 nous reprenons la route en direction de NICKSIC.
9:51 On quitte GRAHOVO par l'ancienne route, c'est une petite route de 2,50 de large environ, revętue d'un vieil asphalte, fissuré, délavé. La végétation est basse, surmontée d'une foręt de chęnes verts et de pins. Quelques prés alternent avec des pinčdes. C'est super agréable, des rayons de soleil traversent l'épaisse couche de nuages. C'est hyper paisible. Des roches calcaires affleurent du sol, nous traversons une zone karstique, phénomčne géologique façonné par l'érosion qui permet ŕ l 'eau de pluie de s'infiltrer dans le sous sol et de dissoudre la roche créant ainsi des dépressions ŕ fonds herbeux. Le relief s'en trouve désordonné avec une succession de crętes et de vallées.
10:16 Nous accédons au col OSJECENICA ŕ 990 m d'altitude, sur la gauche de la route un bűcheron et une jeune fille fendent des bűches de hętre. Il utilise une fendeuse hydraulique.
En arričre plan sous la couche de nuages on aperçoit les cimes enneigées du massif du
DURMITOR qui culminent ŕ 2550 m d'altitude.
Plus loin, on prend une route secondaire sur la droite marquée par un obélisque ŕ côte duquel flotte en haut d'un mât l'étendard du
Monténégro, rouge bordé de Jaune frappé d'un aigle bicéphale qui nous permet d'abandonner la route principale.
10:41 Ce petit raccourcie entre le col et la route de NICKSIC est un véritable ruban d'asphalte bordé de muret de pierres sčches, jalonné chaque mčtre de bornes en pierres monolithiques garantissant la sécurité en bordure d'a pic.
12:52 Nous faisons une pause café au bord de la route, ŕ un point de vue dominant le lac SLANSKO parsemé de petits îlots et de zones de marécages, au loin la ville de NICKSIC et le contrefort montagneux que nous gravirons dans l'aprčs midi.
13:54 A l'approche de la ville, nous quittons la route pour accéder ŕ une digue qui barre le lac SLANSKO, repčre de pęcheurs, alignés sous une foręts de cane ŕ pęche s'adonnant ŕ leur passe temps favori. Puis nous longeons le canal par une petite route en pied de collines avant de reprendre une digue surélevée, sur le côté de la digue, en contre bas les pieds des arbres sont inondés par l'importante présence d'eau en cette saison.
16:13 Nous quittons NICKSIC aprčs avoir visiter la boutique de Marko rencontré la veille et pris un repas dans un petit restaurant oů nous avons goutter une spécialité Monténégrine appelée....Sur le bord de la route nous découvrons un panneaux indiquant la direction de.....CUDJE sur lequel figure un skieur ce qui veut dire que nous dirigeons vers les hauteur, il nous faut gravir 1000 m de dénivelé cet aprčs midi et on annonce des températures froides en montagne.
Nous accédons ŕ des grands plateaux herbeux, de grands pâturages, avec quelques chalets en construction et des maisons abandonnées, les plateaux sont immenses parsemés de grands affleurements de roche blanche et au loin sur notre droite se dégagent des sommets enneigés.Nous atteignons le point culminant de notre périple ŕ 1500 m avant d'amorcer une longue descente humide dans la foręt sur 12 km pour aboutir au village SAVNIK. Il commence ŕ faire nuit, il est prés de 19h30, nous apercevons aprčs 400 m de négatif avant le village de GRAVNAK, sur le contrefort d'un pré une grange donc la toiture semble en bon état. Nous décidons de quitter la route, traversons le pré pour dégager la porte d'accčs du panneaux de bois qui l'encombre. Le sol est recouvert d'une épaisseur de foin frais et propre, les murs en pierre sont en bon état, un solivage bois au dessus de nos tętes est encombré de vieux meubles et de vieux objets poussiéreux. On en descend 2 chaises qui nous permettront d'améliorer notre confort.Ce sera notre campement pour la nuit, sec et accueillant. Bien ŕ propos aprčs une descente congelante.
MARDI 28 MAI
3 eme ETAPE GRAVNAK – KORNADOBRILOVINA 75 km Le matin nous reprenons la descente d'une belle route sinueuse, en lacet au travers de la foręt, le soleil est au rendez vous, l'air est moins frais. On descend vers le fond de vallée de la riviére BUKOVICA ou se trouve le village de SAVNIK qui a la particularité d' ętre le carrefour de 4 vallées. Nous y trouvons une station service ou nous profitons de regonfler nos pneus ŕ une pression adaptée aux routes que nous utilisons. Patricia constatera la différence.
10:13 De las nous prenons un ancienne route ŕ flan de vallée en direction de TUSINIA. La route domine un cours d'eau et recoupe une succession de canyon profond donc celui de Djilela. 11:48 Plus loin la chute d'eau de SKAKAVAC d'une cinquantaine de mčtres de haut arrose l'enrobé de la route, puis le voile d'une cascade anime la paroi opposée.
13:47 Nous faisons halte ŕ TUSINIA oů nous rencontrons Philippe MARTIN, un canadien qui parcours l'Europe ŕ vélo, un personnage de bande dessinée au look excentrique. Aventurier insouciant, courageux mais expérimenté nous inspectons son matériel avec étonnement. Le canard sonore sur le guidon achčve notre stupéfaction. Nous passons avec lui un moment sympathique, il nous explique son parcours et son aventure. Nos directions étant opposées, nous échangeons des informations sur nos routes respectives.
15:23 Aprčs une ascension de 600 m sur une quinzaine de kilomčtres, nous arrivons en limite du parc national du
DURMITOR Les sommets enneigés, les glaciers éternels sont merveilleux. La route monte lentement, desserte, isolée, quasiment pas de voiture, des étendues d'herbe ŕ perte de vue sur lesquelles se perdent quelques lacs d'altitude. Un petit coin de paradis isolé du monde.
15:55 Le ruban d'asphalte se déroule sous nos roues, un pur bonheur, nous roulons poussés par le vent dans une légčre pente, la vitesse grise nos sensations. Un épervier survole nos tętes et suit notre progressions, comme s'il n'avait jamais vu des randonneurs...merveilleux.
16:07 La route descend lentement au travers d'une foręt sapin, une odeur de résine se dégage des branches cassées par le poids des récentes neiges. Nous accédons ŕ une grande plaine déboisée avec quelques maisons rustiques, simples, sobres avec des toiture de bois en forte pente. La bourgade dispersée laisse apparaître des remorques agrumiéres, des tracteurs preuves d' une activité forestičre. De vielles maisons de bois délavé se succčdent, probablement les plus anciennes du coin avant de laisser place ŕ un bar et une épicerie ou nous faisons nos provisions pour la soirée.
16:21 Tu vas pas pisser ici, tu peux rouler un peu quand męme, regarde y a des gens ŕ la fenętre....
17:31 Un grand pont enjambe la rivičre
TARA, ŕ 46 km de MOJKOVAC, le pont est trčs haut, succession de grande arches prenant appuis sur de grande piles en béton. A son extrémité en rive nord, une grande paroi verticale plonge vers le fond du canyon environ 120 m plus bas.
19:33 On quitte la route ŕ KORNADOBRILOVINA pour traverser un long pré égayé par une multitude de petites fleurs jaunes et installer le bivouac sous un bosquet de tilleuls dominant une profonde pente boisée plongeant sur la rivičre
TARA. Nous sommes isolé de la route par un monticule de bloc de rocher recouvert de végétation et de mousse, en face de nous des falaises de granite s'élčvent vers le ciel.
MERCREDI 29 MAI
4 eme ETAPE KORNADOBRILOVINA – KOLASIN 61 km Puis liaison en train jusqu’ ŕ PODGORICA
8:06 Nous partons en direction de MOJKOVAK, il fait bon, le temps est sec. On est parti ce matin le ventre vide, juste aprčs un petit café, plus de pain, plus de biscuit, on devrait retrouver la ville dans une vingtaine de kilomčtres.
9:04 En contre bas de la route, une petite maison de pierre et quelques dépendances attirent notre attention. Devant une femme en noir ratisse une herbe fraîchement coupée. Nous décidons de descendre ŕ sa rencontre pour lui demander de l'eau. Trčs rapidement la dame nous invite ŕ visiter sa maison. Elle nous montre la fabrication du « fitou », un plat traditionnel semblable ŕ une tourte roulée contenant du fromage et du vert de poireau. Puis elle dresse une table pour le petit déjeuner avec fromage, jambon, pain et café « turc » puis yaourt maison.
Moment exceptionnel de convivialité.
9:51 La route abandonne le bord de la rivičre du côté de BRISTRIKA pour rentrer dans un talweg bordée d'un foręt d'immenses cčdres, bouleaux, hętres et aulnes dont certains atteignent 30 ŕ 40 de haut et déboucher ŕ l'altitude de 950 mčtres sur un point de vue au dessus de la vallée de
TARA. Le point de vue est splendide.
9:54 Le canyon de
TARA constitue un axe routier majeur qui relie la
Serbie au littoral du
Monténégro et au sud de la
Croatie.
11:39 Nous nous arrętons ŕ la gare de MOJKOVAK dans l'espoir de prendre un train vers le sud et ainsi récupérer la demi journée perdu ŕ notre arrivée. Malheureusement le prochain train passera enfin de journée vers 18h30. Un train de convoyage de véhicule FIAT fabriqués en
Serbie s'arręte en gare. Les voitures sont destinés au marché Français, Italien et Canadien. Aprčs un petit repas, nous décidons de poursuivre notre route jusqu'ŕ
KOLASIN.
14:13 Une passerelle suspendue enjambe la
TARA, Nous l'empruntons puis suivons une route ŕ travers les champs pour couper la monotonie de la route principale.
A
KOLASIN nous faisons étape dans un bar pour se détendre et recharger les batteries des appareils photo et GPS. Puis nous rejoignons la gare sur les hauteurs de la ville. A 18h05 un train entre en gare. Nous y montons encombré par nos vélos. A bord nous discutons avec des locaux du parcours touristique qu'emprunte le train, ils nous expliquent avec joie les intéręts de cette ligne qui traverse la viaduc ferroviaire le plus haut du monde et longe l'impétueuse MORACA dont les eaux turquoises offrent un contracte saisissant avec les roches grises des montagnes qui la bordent.
18:58 Nous quittons avec hâte
PODGORICA pour trouver un lieu de campement dans les champs loin de la ville. Il a beaucoup plu et les chemins de campagne sont encombrés de trou d'eau. Nous franchissons un grillage avachi pour accéder ŕ une zone herbeuse au milieu d'un ancien verger.
La fatigue aidant la soirée sera courte.
JEUDI 30 MAI
4 eme ETAPE PODGORICA – KOTOR 74 km
Nous quittons notre campement de bonne heure. Aprčs quelques kilomčtres, se sentant menacés par la pluie nous nous arrętons sous tente d'une épicerie pour prendre notre petit déjeuner fait de jambon, tomate et café. Nous reprenons notre route aprčs l'orage.
9:18 Nous avons sorti les imperméables et Kways, les sacs en plastique pour protéger les sacoches.
Mais une erreur de parcours, nous a conduit ŕ DANILOVG RAD ce qui nous impose une boucle supplémentaire d'une vingtaine de kilomčtres. Nous rectifions notre trajectoire en utilisant une petite route passant par CEVO.
10:00 A ZAGARAC, nous demandons de l'eau dans une ferme. 4 ou 5 cochons se chamaillent dans la cour alors que quelques poules picorent et tentent d'entrer dans la maison par la porte grande ouverte. Nous présentons nous bouteilles vides au maître de maison pour lui faire comprendre que nous avons besoin d'eau. Moins de 5mn plus tard nous sommes attablés, une assiette garnie et un verre de café ŕ disposition. Je préfčre goutter son vin de cerise dont il nous mime la recette accompagnée d'exclamation trčs explicite. Nous repartons 45 mn plus tard bluffés par la gentillesse de nos hôtes.
14:27 Nous quittons CEVO aprčs l'orage sous un ciel épuré. La petite route serpente dans les collines déboisées par un récent incendie, les chęnes reprennent vie malgré leurs troncs squelettiques et noircis.
17:10 Nous rejoignons l' embranchement montant vers le col de la route « serpentine » qui relie
CETINJE ŕ
KOTOR. Elle zigzague sur les derniers hectomčtres entre les rochers avant de basculer ŕ 1000 m d'altitude vers les villages de ERAKOVICI et RAICEVICI ;
18:25 Nous amorçons la descente de la route « serpentine » en direction de
KOTOR. Aprčs la bifurcation menant au mausolée NJEGOSEV, un panorama exceptionnel sur la côte Adriatique et la baie de
KOTOR s'ouvre devant nous. Un peu plus bas sur notre gauche, une immense grotte en forme de cathédrale taillée par l'érosion dans le rocher termine sa voute par une fenętre vers le ciel d'oů s'engouffre le ruissellement d'un torrent. L'eau s'écoule sur la roche jusqu' ŕ l'extérieur avant de se perdre dans un aqueduc sous la route.
20:12 Du bivouac, la vue est époustouflante. Sur la gauche la péninsule LUSTICA sépare l'Adriatique de la baie d'
HERCEG NOVI. En dessous de nous la mer s'effrange autour de l' î'le SV MARKO, la montagne de
TIVAT encerclée par la route du littoral couvre de son ombre les pistes de l'aéroport, un bateau quittant le mouillage trace dans la baie de
KOTOR un axe d'écume blanche. Au fond un soleil rougi se couche entre le massif du
DURMITOR et un épais matelas de nuages noirs.
VENDREDI 31 MAI
5 eme ETAPE KOTOR - DUBROVNIK 104 km
7:58
La nuit a été mouvementée, un terrible orage a éclaté au dessus de notre tente. Les éclairs, et le tonnerre nous ont réveillé ŕ plusieurs reprises. Au matin, le ciel est nuageux et le soleil alterne avec quelques gouttes de pluie.
8:30 Nous quittons le bivouac pour descendre la route « serpentine » qui décompte 31 virages accrochés ŕ la pente au dessus de la baie de
KOTOR. En bas de la pente nous décidons pour accéder ŕ la ville médiévale de contourner la presqu'île de
TIVAT en passant par MRCEVAC oů nous faisons des achats pour le petit déjeuner.
Sur un banc face ŕ la mer sur les quais du petit port de
TIVAT nous avalons pain, charcuterie et fromage qui ont constitué l'essentiel de notre alimentation durant la semaine.
A l'extrémité de la presqu'île, au niveau de l'embarcadčre qui permet de regagner l'autre rive du détroit de LEPETANI la chaussée est trčs étroite et longe le quai oů se trouve des petits ports privatifs. Nous continuons cette promenade au bord de l 'eau pour découvrir au bout de quelques kilomčtres aprčs une enfilade de jolies maisons de pierre, nichée au fond de sa baie la ville de
KOTOR dominée par la majestuosité de sa citadelle.
A notre gauche la célčbre GOSPA OD SKRUPLJE, sur son îlot artificiel face au village de
PERAST blotti au bas d'un couloir d'éboulis.
L 'aprčs midi est consacré ŕ la visite de
KOTOR, aprčs un repas dans un restaurant de la place centrale. Puis visite de la citadelle perchée ŕ 260 m de hauteur, accessible par une interminable ascension de 1426 marches. La vue offerte de ses murs est splendide avec d’un côté les
bouches de Kotor et de l’autre le massif du
Lovcen.
17:30 Nous décidons de mettre un terme ŕ notre voyage, pour cela il nous faut regagner l'aéroport de
DUBROVNIK distant de 70 km environ. Il est 17h30 et la météo n'est pas encourageante. Deux options s 'offrent ŕ nous : Contourner la baie de
KOTOR en passant par
PERAST oů utiliser le bac ŕ LEPETANI pour traverser le détroit et gagner 1h30 environ de temps de parcours.
La deuxičme option nous semble plus judicieux.
18:30 Nous embarquons donc sur le ferry oů voitures particuličres et bus touristiques se côtoient.
19:07 Nous longeons le bord de mer au niveau de BIJELA, ŕ notre gauche les paquebots aperçus une semaine plus tôt ont été amputé d'au moins Ľ de leur longueur, le sifflements des postes de découpage se propagent jusqu'ŕ nos oreilles....en arričre plan STIROVNIK domine du haut de ses 1748 m la baie de
TIVAT.
20:30 Nous approchons de
HERCEG NOVI par la route inverse qui une semaine plutôt nous menait vers la découverte. Le ciel noir et orageux au dessus des collines CROATE face ŕ nous envisage rien de bien bon. Aussi nous décidons de nous arręter et de nous préparer ŕ affronter l'orage. A
HERCEG NOVI, trempés nous nous arrętons sous le porche de La Poste pour faire une pause en attendant que la pluie cesse.
Puis nous repartons dans la nuit et sous la pluie, zig-zaguant entre les flaques, avec l'espoir de regagner rapidement la frontičre. Nous atteignons le poste de contrôle aprčs une longue « double voie » ŕ forte inclinaison. Une grande voűte de tôle et des panneaux indicateurs nous invitent ŕ présenter nos passeports au douanier éberlué par notre présence tardive, frontale sur le casque.
« 15 km » répond le douanier ŕ ma question visant ŕ connaître la distance restant ŕ parcourir pour regagner l'aéroport de
DUBROVNIK.
Quelques centaines de mčtres plus loin, nous franchissons le poste CROATO-MONTENEGRIN sous un déluge de gręlons provoquant un vacarme infernal sur la toiture métallique.
Les quelques kilomčtres restant relčvent de l 'anecdote sauf qu'il fait nuit, il pleut, Patricia me suit ŕ quelques dizaines de centimčtres, nous roulons ŕ 25 km par heure environ guidés par la bande blanche limitant le bord de la chaussée, elle reçoit en pleine face les projections de ma roue arričre sans broncher. Dans la pénombre et ŕ la lueur de sa frontale dont la pile est ŕ bout de souffle elle ne peux discerner les éventuels obstacles, et pourtant pas un mot, pas une pleinte, comme si la difficulté était son bien ętre... Chapeau Patoune.
22:45 Nous franchissons les portes coulissantes du hall de l'aéroport. Nous nous installons sur les męmes fauteuils qui 6 jours plutôt nous accueillaient pour une aventure inconnue.
Nous nous installons pour la nuit sur les banquettes du hall de l'aéroport, il est 22h40, dehors un orage éclate, .
NOS RENCONTRES « VELO SACOCHES »:A BAOSICI:
Il est parti de la république TCHEQUE, a fait le tour de BALKAN en 2 mois et était sur la route du retour.
A DORJI MORINJ:
Il s'appelle BERNARD, il est Normand, il est parti d'
Italie, via la
Turquie, l'
Albanie, il poursuivait sa route vers la
Croatie, la
Serbie, l'
Autriche, la
Suisse, puis la
France pour rejoindre sa famille en
Normandie.
A TUSIANA :
Nous avons croisé Philippe MARTIN, Canadien qui a rejoint l'
Angleterre en avion puis l'
Espagne en bateau pour prendre la route ŕ vélo en février, traverser la
France, la
Suisse, l 'Allemagne, l'
Autriche, la
Hongrie, la
Serbie, le
Monténégro. Il se dirigeait vers la
Croatie et vers d'autres destinations qu'il ignorait lyui męme..
A ZANIVJ: Elle était fraîche et pomponnée, athlétique et venait des
Pays Bas, elle était partie de
BOSNIE et comptait rallier
Athčnes. Depuis 8 jours sur la route, elle comptait voir le
Mont Olympe en 6 jours.
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