Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Cobayeailée · 24 mars 2020 à 22:32 · 2 photos 23 messages · 8 participants · 1 952 affichages | | | | 24 mars 2020 à 22:32 Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 1 de 23 · Page 1 de 2 · 1 679 affichages · Partager Un libro como un viaje se comienza con inquietud y se termina con melancolía. José Vasconcelos Calderón
CHAPITRE 1 : USHUAÏA
Me voici à Londres, où m’attends une journée d’escale. Située assez loin dans ma liste personnelle des lieux à visiter, je suis quand même heureuse de pouvoir découvrir une nouvelle ville, pour le peu de temps que j’ai à y passer. Elle me fait penser à un Paris version Britannique. Je visite le British Museum : c’est une mine d’or historique et culturelle (en plus on m’offre le guide audio) ! Je vois Big Ben en travaux de loin, ainsi que Buckingham Palace. Je monte dans un des fameux bus rouge à étages, et m’arrête boire une bière locale dans un pub : en bref, je fais ma touriste de base.
Je comprends que l’on puisse aimer les grandes villes (diversité et abondance culturelle, ambiance, tout à disposition, animation..), mais il m’est compliqué de faire abstraction du brouhaha incessant, des bruits de voitures, du mauvais temps, du stress qui pourrait se couper au couteau, et du béton omniprésent.
Je me dirige vers l’aéroport, et, 13h de vol, la sympathisation avec une française, 3h d’escale à Buenos Aires, et 4h de vol plus tard, me voici enfin à Ushuaïa ! Je suis heureuse d’avoir un pied sur le continent, et de pouvoir enfin démarrer mon voyage.
À l’atterrissage, je peux distinguer la Terre de Feu sous les nuages, avec ses îles et ses sommets enneigés. Ushuaïa est une petite ville dont le centre compte de petits chalets mignons, même si j’avoue, il y plane une odeur pesante de machine à fric. Le soir, je regarde la ville s’endormir avec le soleil, spectacle que je dois avouer très agréable.
Le lendemain, je me réveille tôt, auberge de jeunesse tmtc, on paie moins cher car on offre sa promiscuité. Je vais me faire tamponner le passeport à l’Office du tourisme, après avoir dégusté le petit déjeuner copieux de l’auberge (avec du pain fait maison !).
Dans la matinée, je vais au Musée Maritime de l’Antarctique dans l’ancienne prison d’ Ushuaia. Un prisonnier avait dessiné son portrait sur les murs de sa cellule. Toute une aile du musée est dédiée à l’entreprise Total, dont l’apologie est faite (ils sauveraient les pingouins en Antarctique, et contribueraient à leur protection). Je ris jaune très fort dans ma tête.
Dans l’après-midi, je teste l’Icebar. Le concept : un congélateur géant à -18 degrés, orné de sculptures de glace (maintenues telles quelles depuis deux ans), de la musique, et un vrai bar avec boissons à volonté. Je me bois trois cocktails dans des verres de glace, en papotant avec le barman. Je ne vois pas le temps passer, à part mes doigts qui commencent à se congeler : je reste en tout 40min, grand maximum pour la santé.
Je rentre à l’auberge frigorifiée, en pensant prendre une douche brûlante avant de dormir. Que Neni, je tombe sur une Suisse dans mon dortoir, paniquée car elle venait de se rendre compte qu’elle s’était faite voler sa carte bleue ! On accroche de suite et je me prends d’une envie de l’aider. On part donc en ville pour essayer de régler son problème, alors qu’on se connaît depuis à peine dix minutes. On va dans différentes institutions, réussit à appeler sa banque aux Etats Unis, et finalement, après quelques montagnes russes, on réussit à régler son problème. On va donc boire un coup pour se détendre, dans un bar Irlandais, où je recroise un français avec qui j’avais papoté. On parle durant des heures. Cette fille est incroyable, elle a une vie hors du commun. Elle me raconte ses péripéties, et on part dans de grandes conversations. Je passe une très bonne soirée.
Le lendemain, je pars pour la Estancia Tunel. Le colectivo (minibus, (attend d’être plein avant de partir selon les endroits)) n’accepte que la carte » Sube «, et pas le liquide. La conductrice, adorable, me laisse passer gratuitement. Je marche environ 45 minutes, avant d’arriver à la balise qui est malheureusement en travaux; on ne peut pas accéder à la forêt. Tant pis, je trouve un coin isolé et désert, entre la forêt et le bord du canal. Les pics enneigés, la verdure, les lacs : c’est magnifique et très agréable. Je pique-nique et me pose toute l’après-midi avant de rentrer. Un local très gentil passe sa carte Sube pour moi, et refuse que je le rembourse en liquide.
À l’auberge, je retrouve la Suisse qui a passé une sale journée. On fait le tour des hostals, pour qu’elle puisse trouver un volontariat afin de rester, seulement, on est entre deux périodes touristiques, et aucune auberge ne recherche de volontaires. On se boit une bouteille de vin au bord du lac, et rentre assez éméchées. Nos rires ont l’air d’agacer les deux autres personnes du dortoir, qui écoutent leurs telenovelas sans écouteurs H24 : ça leur fait les pieds un peu.
Le lendemain, incroyable en Amérique latine : le car arrive en avance. Je pars dans le parc national Tierra del Fuego. Cela fait trois jours que ma cheville droite me fait souffrir et a doublé de volume: après 1h30 de marche je fais du stop pour aller sur mon lieu de campement. J’avais prévu de faire le trek du Hito XXIV, le seul qui n’est pas enseveli sous la neige, mais ça ne sera pas possible pour aujourd’hui. En montant ma tente, je me rend compte que le problème vient de mes chaussures, qui sont devenues bien trop petites pour moi, et que l’os de mon pied creuse le cuir de la chaussure haha, c’est pour ça que ma cheville a autant gonflé.
Il y a un petit ruisseau, le coin est très agréable, et une fois tous les touristes partis, sachant que je suis la seule campeuse du parc, personne à des kilomètres, j’en profite pour chanter à tue-tête.
Je dors à peine (des rafales de vent à 100km/h ça fait du bruit contre une tente), mais je n’ai pas froid, mon sac de couchage a une température maximale de -5°.
Je fais le Hito XXIV en chaussettes, et 2h30 de marche plus tard, j’arrive à à la frontière officielle Chilienne, délimitée par un simple panneau et la fin du sentier. Avec la fonte des neiges, je suis trempée, mais bon, j’aurai vu le joli lac. Je croise deux magnifiques chevaux dans la forêt. Il y a un petit restau à côté de l’arrêt de bus, où le patron m’offre un thé, sûrement car j’ai été la seule idiote à camper par ce temps haha.
En rentrant, j’achète des baskets de piètre qualité, mais qui tiendront tous mes treks des quatre prochains mois.
En rentrant à l’auberge, j’apprends que la Suisse a pu trouver un couchsurfing. Je suis contente pour elle, même si on a pas échangé nos contacts.
Le lendemain, je me fais réveiller par une brésilienne, paniquée car des clients nous avaient enfermées à clé sans faire exprès. J’appelle mes proches, le lendemain je pars pour le Chili.
J'alimente régulièrement mon blog de mes récits de voyage également ! Si ça peut vous intéresser : lacobayeailee.com Image attachée: | | | À: Cobayeailée · 25 mars 2020 à 3:09 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 2 de 23 · Page 1 de 2 · 1 658 affichages · Partager Merci pour ce récit 🙂 J attend avec impatience la suite du Chapitre 2   | | | À: Hakimovic · 25 mars 2020 à 3:34 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 3 de 23 · Page 1 de 2 · 1 656 affichages · Partager Merci beaucoup pour ton retour ! Le Chapitre 2 est disponible sur mon blog, mais je ne crois pas pouvoir le partager ici haha : peu importe, je le publierai ici à la suite du premier ! | | | À: Cobayeailée · 25 mars 2020 à 19:40 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 4 de 23 · Page 1 de 2 · 1 601 affichages · Partager Chapitre 2 : Torres del Paine et Perito Moreno
Direction le Chili. Il est bien plus compliqué de passer la frontière de l’ Argentine au Chili que l’inverse. On a droit au passage de toutes nos affaires aux rayons x, et à l’interdiction de faire rentrer un seul produit frais dans le pays : moi qui avais acheté des empanadas pour toute la journée, je dois toutes les manger à la douane. On doit prendre un ferry entre les deux bus. Pendant le trajet je sympathise avec un Bulgare qui vit en Allemagne.
On fait un changement à Punta Arenas, ville de transition et de commerce: contrairement au reste du pays, dont tous les produits sont taxés à 40%, ici la taxe est dérisoire. Dans le bus, je papote avec un militaire Suisse-Allemand, puis avec le Bulgare on essaie de résoudre un sudoku pendant une heure, on se marre bien.
J’arrive enfin à Puerto natales vers 22h, où, dès la sortie du terminal de bus, je tombe sur une manif (Je vous invite à vous renseigner sur la situation politique et sociale au Chili, depuis le 18 octobre 2019).
Le lendemain, j’essaie d’organiser le trek W, passage touristique Chillien obligé, afin de profiter de la vue des Torres del Paine. Je découvre le bordel sans nom qu’est son organisation (25€ la nuit simplement pour camper, réserver chaque lieu de dodo dans des lieux différents). Il est commun de le réserver avec des mois d’avance, afin d’être tranquille, mais il reste tout de même extrêmement cher. Avec le Bulgare, on décide donc de le faire sur une journée, histoire d’au moins voir les tours (les Torres sont trois grands pics rocheux qui font penser à des tours). Je le rejoins à son hostel, où il papote avec un vieux monsieur du New Jersey.
On part tous les trois en ville boire une bière, puis le Bulgare et moi partons nous balader dans les environs. Il me paie ma bouffe et ma bière, ce qui est gentil mais me met assez mal à l’aise. Un chien (parmi la multitude de chiens errants qui sillonnent les rues d’Amérique latine) nous suit pendant littéralement 2h; on le surnomme Pipi. On rentre chez des gens sans faire exprès, qui nous apprennent que la montagne qu’on voulait rejoindre se situe à 7h de marche (après s’être fait quasi courser par leurs chiens !).
On se pose dans un petit van, manger des verres en biscuit (Tous leurs produits sont comestibles).
De retour en ville, on achète des saucisses pour Pipi, mais elle se barre avant d’en avoir mangé la moitié.
Le soir, à l’auberge, les volontaires ont fait un immense feu dans la cour, qui m’inspirera divers poèmes, et renforcera l’idée d’un tatouage. Je me joins à eux, et on chante un petit moment.
Le lendemain, l’américain, le Bulgare et moi partons pour Torres del Paine. On a droit au visionnage de plusieurs vidéos sur l’interdiction de faire des feux, et sur les sanctions qu’on encourt si jamais on transgresse la règle. Ils sont obligés d’être insistants : le nombre assez fou de touristes le visitant, ainsi que de précédents incendies, les obligent à prendre de telles précautions. On part ensuite pour 7h de marche: on s’amuse à chanter, à faire des canons durant les premières heures. Papi du New Jersey chante de vieilles chansons de marins américains, de sa belle voix ténor. Le Bulgare part en avant, et on se confie beaucoup l’un à l’autre, l’américain et moi. Notre différence de points de vue, due à notre différence d’âge, de culture, et de personnalité, est très enrichissante, pour lui comme pour moi. Il m’enverra un message de remerciements très touchant quelques semaines plus tard.
Il est interdit de fumer sur les sentiers, ce qui est bien normal. Un seul point, un rond de cailloux d’un mètre de diamètre, délimite l’aire fumeurs. Après 4h d’ascension, on arrive enfin aux tours. Je les trouve très jolies mais j’avoue que la petite centaine de personnes devant, gâche un peu le paysage. Après 1h30 de descente, on arrive à un refuge. Il neige comme pas possible, alors qu’on prenait des coups de soleil le matin même, ou manquait de tomber a cause du vent (la météo ici est plus que changeante). On repart en direction du bus, 2h de descente que je dévale, pressée de retourner au chaud.
Je profite d’avoir de nouveau du réseau pour trouver un couchsurfing pour le soir. Je tombe sur un guide de montagne un peu nounours, adorable. Seulement on se parle à peine 5min : j’arrive à l’heure de la manifestation.
Le lendemain je prend un bus assez tôt pour el Calafate ( Argentine). Le Bulgare continue jusqu’à el Chaltén. J’étais contente de passer trois jours avec lui, mais je ne suis pas mécontente de retrouver un peu ma bulle.
El Calafate est une petite ville/grand village assez reposant, et je trouve une auberge à 3,50€ la nuit, ce qui est exceptionnel pour la Patagonie. Je me repose une journée. Le lendemain, l’auberge est complète, et comme il y a peu d’espace, on se marche vraiment les uns sur les autres. Je sympathise avec un Argentin du Nord, et m’embrouille à moitié avec un américain, mon voisin de lit, qui tient des propos racistes, et critique les locaux.
Le lendemain, on me met dans un bungalow, bien plus calmes, car il n’y a plus de place dans l’auberge, mais il y fait très froid. Une allemande adorable, qui se lève tôt pour un bus, me recouvre de sa couverture à 5h du matin, car elle me voit grelotter haha.
L’Argentin et moi papotons avec un français, qui me donne le numéro d’un volontariat de surf au nord du Chili ! On boit des bières, puis allons nous balader aux alentours. Il y a un magnifique lac, et des dizaines de chevaux qui courent. Au soleil couchant, le spectacle est époustouflant ! (La photo ne lui rend pas justice)
En rentrant, on passe récupérer des bouts de carton au supermarché du coin, et un marqueur dans un café. On se prépare des panneaux pour aller en stop au Perito Moreno (c’est un glacier de 70 mètres de haut et de dizaines de kilomètres de long, un des joyaux du pays !). Si le stop fonctionne bien, on le tentera pour rejoindre El Chaltén.
Le lendemain, le patron de l’auberge est d’humeur à négocier : un petit déjeuner gratuit contre un commentaire positif sur Booking. Étant donné qu’à part le surplus de monde, j’ai trouvé l’auberge très correcte pour son prix, j’accepte. Je rejoins ensuite l’Argentin pour le Perito Moreno. C’est à environ une heure de voiture de la ville, et un couple de français nous prends au bout de 10min d’attente !
Le glacier est très impressionnant. Immense bloc de glace, qui s’étend à des kilomètres, on se rend compte de sa taille au bruit que font les blocs de glace qui s’en décrochent. Ils achèvent leur chute dans l’eau, dans un fracas, comparable au bruit du tonnerre qui gronde. Bien qu’il exprime une beauté naturelle, il me fait froid dans le dos (c’est le cas de le dire). Symbolisant une rupture, la fin de la vie, forcément aucune plante n’y pousse, rien qu’un géant de glace. On se balade sur les passerelles qui lui font face.
On se boit une belle bouteille de Malbec (vin rouge typiquement Argentin, fabriqué à Mendoza, capitale eunologique du pays), avant de reprendre le stop pour rentrer. De nouveau, on attend même pas 10min avant d’être embarqués par un couple d’Argentins. On pionce tout le trajet. Je me tape la honte au supermarché en payant en peso Chillien.
Le lendemain, l’Argentin me fait savoir qu’il n’est pas trop chaud pour le stop : on doit marcher un moment avant d’atteindre la bonne route, et son sac fait plus de 20kg. Sachant que je ne me sens pas encore prête à faire du stop toute seule, on prend un bus pour El Chaltén.
Merci de m'avoir lu ! Vous pouvez suivre l'histoire sur lacobayeailee.com ! Image attachée: | | | À: Cobayeailée · 26 mars 2020 à 14:04 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 5 de 23 · Page 1 de 2 · 1 568 affichages · Partager bonjour Cobayeailée
On se boit une belle bouteille de Malbec (vin rouge typiquement Argentin, fabriqué à Mendoza, capitale eunologique du pays)
Qu'entends-tu par vin typiquement argentin, l'origine du Malbec est avant tout d'origine française, du sud ouest de la France, emblématique du vin de Cahors. Cordialement | | | À: Ladrech · 26 mars 2020 à 16:13 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 6 de 23 · Page 1 de 2 · 1 560 affichages · Partager Quasiment tous les cépages Argentins et Chilliens sont d'origine française, le Malbec en est le plus connu, et reste, en Argentine, le vin le plus consommé et apprécié du pays :) | | | À: Cobayeailée · 26 mars 2020 à 18:31 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 7 de 23 · Page 1 de 2 · 1 544 affichages · Partager Bonjour. Exact, le Malbec est un cépage, c'est aussi la base principale de l'élaboration du Cahors. Bernard. | | | À: Cobayeailée · 26 mars 2020 à 19:48 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 8 de 23 · Page 1 de 2 · 1 535 affichages · Partager bonsoir Cobayeailée
Nous sommes juste intervenus car ton message pouvait laisser supposer que le Malbec etait argentin. Effectivement il y a beaucoup de cepages français en Argentine mais aussi quelques cépages italiens ou espagnols. Sans oublier le cepage consideré comme argentin, le Torrontes produit surtout dans la province de Salta, ( Cafayate), mais mais aussi dans les provinces de La Rioja, Catamarca, Tucuman, San Juan, et bien sur Mendoza. Cordialement | | | À: Titoualsace · 26 mars 2020 à 19:56 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 9 de 23 · Page 1 de 2 · 1 533 affichages · Partager Bonsoir Titoualsace
Nous habitons dans un departement voisin du Lot, le Cahors est un vin que nous apprécions, c'est plutôt un vin de garde. Cordialement | | | À: Ladrech · 27 mars 2020 à 17:38 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 10 de 23 · Page 1 de 2 · 1 501 affichages · Partager Chapitre 3 : El Chaltén et les Cathédrales de marbre
On arrive à El Chaltén avec l’Argentin, après 4h de bus. Je croise encore la Canadienne au terminal (comme à chaque terminal de bus depuis Ushuaïa). Le village est très enclavé. On dirait qu’on a posé un centre touristique (goudron partout, ambiance machine à fric), au milieu des montagnes Patagoniques. En plus du mauvais temps, il y a un petit côté » cage «, assez oppressant, qui dénature le cadre; je ne m’y sens pas à mon aise.
On galère, avec la pluie, à trouver une auberge. Après quelques efforts pour en trouver une qui n’est pas complète, on peut enfin se mettre au sec. Il y a deux françaises dans le dortoir, d’une quarantaine d’années, bloquées pendant trois jours, car toutes leurs affaires sont imbibées d’insecticide: elles ont attrapé des puces de lit ! On boit le mate (à lire » maté » (de l’herbe à thé dans un petit pot en céramique, une épaisse paille en fer ou en bois, beaucoup de personnes se trimbalent un thermos depuis lequel elles versent régulièrement de l’eau très chaude).
Le soir, c’est Halloween. On sort dans un bar, où on rencontre un américain. Il travaille en Afghanistan, où il est pilote de ligne (il ne travaille pas pour l’armée). On rencontre également une polonaise déjà bien éméchée, et une française qui étudie à Buenos aires.
Je goûte un alcool typiquement Argentin : le Fernet. Le goût est très étrange, mais on s’y habitue gorgée après gorgée (on se demande bien pourquoi haha). Il est rare de le boire pur; il se boit souvent avec du coca, ou bien mentholé et avec du sprite. Les européens que j’ai rencontrés ne l’apprécient généralement pas plus que cela.
On bouge ensuite dans un autre bar, plus local, mais il ferme peu de temps après. El Chaltén reste un petit village rempli de touristes, et pas des plus respectueux ni des plus agréables (quand les prototypes de l’impérialisme blanc s’invitent en Patagonie). On rentre complètement bourrés à l’auberge.
Le lendemain, on réussi tant bien que mal à se réveiller, et à se motiver pour le trek de la Laguna de los tres. On part avec l’américain de la veille, et la polonaise qu’on perdra en cours de route (elle fait de l’asthme). Il est possible de camper sur le chemin, mais, vu la météo, je n’en ai pas grande envie, et j’avoue avoir envie de plier l’étape El Chaltén assez rapidement. On marche 3/4h environ sur du plat, avant d’entamer la dernière heure d’ascension, qui est vraiment à pic. Cela glisse pas mal, et mes chaussures, qui ne sont absolument pas faites pour la montagne, rendent la situation assez cocasse. On arrive finalement en haut, sur un plateau de neige, et une vue imprenable sur la Laguna de los tres ! On reste un moment en contemplation, fascinés par une telle beauté de la nature, un paysage unique et prenant. Il est fascinant de se dire qu’après 5h de marche, au beau milieu des montagnes, se trouve une lagune aussi bleue (j’en avais déjà vu au Pérou, mais celle-ci me laisse pantoise), surplombée par le pic du Fitz Roy. L’américain avait un super appareil photo, et nous prends de très beaux clichés. Je suis heureuse de pouvoir faire un bonhomme de neige, même si sa tête aurait été controversée haha.
On rentre après 4h de marche (la playlist de l’américain est très agréable), vers 20h, épuisés. Je sors manger, et ne passe pas un agréable moment, à cause de deux mecs assez lourds. Je rejoins les autres, pas très longtemps, pour boire une bière, malgré la fatigue.
Le lendemain, l’Argentin doit rentrer chez lui à Rio de la Plata, car il n’a plus d’argent, et car il devra reprendre ses études d’ingénieur. Il se confie à moi sur des sujets qui le touchent. Il était parti sur un coup de tête, mais se retrouve contraint de rentrer. J’essaie de lui faire reprendre du poil de la bête, en lui disant tout le positif qu’il m’inspire, mais ne réussi qu’à le faire pleurer. On se dit au revoir, ce fut une belle rencontre qui m’aura marquée.
J’achète mon ticket de bus pour la ville de Perito Moreno (une ville, pas le glacier), à mi chemin entre El Chaltén et Bariloche. Ça me coûte 60€ ! Le vent qui souffle dehors est tellement fort, que marcher me demande des efforts quand je suis à contresens, et me fait courir quand je suis en face ! Il est si fort que les poteaux électriques de la ville s’effondrent, et requièrent la présence des pompiers, de la police, et des gardes parcs ! L’électricité se coupe dans toute la ville, et je discute toute l’après-midi avec les deux françaises. On boit une bonne soupe, l’une d’elle car elle a une bonne gueule de bois, et moi pour me réchauffer. Je me rend au terminal de bus (sous des trombes d’eau), où je recroise la fratrie Néo-zélandaise qui avait marché un moment avec nous au retour de la Laguna.
C’est un bus de nuit, j’arrive donc au petit matin à Perito Moreno, où j’attend pendant 4h un collectivo pour Chile Chico, afin de passer la frontière Chillienne. Je souhaite atteindre Puerto Río Tranquilo, mais le seul bus qui reste pour aujourd’hui me ferait arriver vers minuit. Comme j’ai l’intention de camper là-bas, je préfère arriver de jour, histoire de voir ce qui m’entoure. L’hôtel le moins cher de Chile Chico me coûte 23€ la nuit ! En plus de ça, malgré la réservation sur Booking, je me retrouve à attendre 1h devant, car les propriétaires dormaient (il était 18h). Je n’ai pas de numéro Argentin pour les appeler. Ils se réveillent avec l’appel que j’ai pu passer depuis le téléphone d’un passant. J’appelle mes proches, et me réveille le lendemain, revigorée, avec l’appel d’un autre proche.
Le lendemain, comme nous ne sommes que trois passagers à se rendre à Puerto Rio, la compagnie de bus décide de nous y emmener en voiture. Le paysage est magnifique, et je papote avec une dame âgée, Chilienne. Après environ 3h de route, nous arrivons. Le petit village est au bord d’un lac, très mignon. Je me trouve un petit camping, Rio Chirifo. Comme je suis la seule cliente, le propriétaire me propose de planter ma tente en plein milieu du refuge (le sol est en terre et les murs et le plafond en tôle) ! Il me fait un prix pour trois nuits, il est assez rigolo et très sympa. Il compte me laisser le camping pendant deux jours.
Un couple de belges (partie flamande) arrivent, et m’offrent un bon verre de vin pour se réchauffer. J’ai de la WiFi depuis un petit boîtier, j’en profite pour appeler mes proches, car cela me fait rire de pouvoir leur parler depuis l’endroit paumé où je me trouve.
Il vente et pleut énormément, durant toute la nuit. J’étais venue spécialement pour voir les Cathédrales de Marbre (sorte de grottes de marbre, s’étant formées au bord du lac avec l’érosion), mais ils interdisent la navigation pour la journée, trop de vent. J’écris toute l’après-midi, profite du calme de cet endroit, reconnecte un peu. Je me met une couverture en guise de tapis de sol (ma doudoune isolait déjà bien le froid, mais la couverture renforce son effet). Le lendemain matin j’écris encore un moment, et accède aux Chapelles de marbre (divers noms leur sont attribué). Avec la couleur du lac, et les falaises, les grottes qui sont une autre merveille naturelle selon moi, j’en prends plein les yeux. En plus, au retour, le vent se lève à nouveau, et le bâteau se transforme en montagnes russes !
Le boîtier wifi n’a plus de batterie (je chargeais également mon téléphone dessus ainsi qu’une ampoule qu’il m’avait donnée). Un de ses amis Vénézuélien m’indique de me rendre au » coin de telle rue «. Je me retrouve donc à traverser le village avec ce boîtier qui pèse bien plus que ce qu’il n’y paraît, en essayant de capter le peu de réseau que j’ai d’une main, pour le retrouver, en essayant de comprendre au téléphone ce qu’il me dit, en tournant en rond. Les villageois me regardent de la tête au pieds, mais que fait cette gringa haha. Tout à l’arrache, c’est un peu ça le mood Amérique latine haha.
Trois Colombien et un Argentin arrivent au camping. Je leur montre les installations, le propriétaire m’avait dit d’accueillir les clients, comme si je travaillais là-bas (il me confie son camping au bout de trois jours haha). Ils partagent leur repas et leur vin avec moi. Pure coïncidence, le colombien reconnaît un bracelet que je porte : c’est le bracelet d’une auberge au Pérou, que j’ai conservé quand j’y suis allée il y a deux ans, et ce gars là est le propriétaire de l’auberge ! On discute un moment, il a de l’ayahuasca sur lui (drogue chamanique provenant d’un cactus, aux effets puissants, malheureusement trop utilisée par les touristes pour » se taper un trip «, alors qu’elle nécessite tout un rituel, et une préparation psychologique), je refuse. Je pars tenter le stop pour rejoindre Chile Chico. Seulement deux voitures passent en 1h30, je n’ai pas la motivation d’attendre, je prends le premier bus qui part d’ici en direction du Nord.
J’arrive donc par hasard à Coyhaique, où je tombe sur deux français très sympas. Je commence à lire un livre, mais abandonne l’idée car il ne me plaît pas (ayant terminé le mien, j’attend d’en trouver un dans une auberge afin de l’échanger, ce que font les voyageurs pour pouvoir lire tout en économisant des sous et de la place dans son sac). J’ai été assez surprise de découvrir, ces derniers jours, que le Chili est quasiment aussi cher que la France, et que même si les gens sont sympas après un moment, ce n’est pas la même serviabilité qu’en Argentine : le Chillien à de l’ego. Demain, je prends un bus pour Rio Mayo.
Vous pouvez suivre mes aventures sur lacobayeailee.com ! | | | À: Ladrech · 27 mars 2020 à 18:42 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 11 de 23 · Page 1 de 2 · 1 494 affichages · Partager Bonsoir Titoualsace
Nous habitons dans un departement voisin du Lot, le Cahors est un vin que nous apprécions, c'est plutôt un vin de garde. Cordialement
Bonsoir. Moi aussi je suis un grand amateur de vins très tanniques du sud-ouest. Quant au Chili et à l' Argentine je me suis souvent régalé... Bernard. | | | À: Titoualsace · 27 mars 2020 à 19:08 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 12 de 23 · Page 1 de 2 · 1 487 affichages · Partager Bonjour, effectivement j'ai pu boire en Argentine des vins excellents dont les Malbec dont vous parlez. Les différences avec la France étaient le prix, bien moins élevé, et un verre généreusement rempli ! Un vrai régal. | | | À: Mardidi · 29 mars 2020 à 19:40 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 13 de 23 · Page 1 de 2 · 1 431 affichages · Partager Chapitre 4 : Stop et Esquel
9h de bus, un passage de frontière vers l’ Argentine, un pneu crevé, et un blocage plus tard, j’arrive à Rio Mayo.
Souhaitant rejoindre la route 40, traversant l’ Argentine du Nord au Sud, Rio Mayo, qui est un village-étape de la fameuse route, est un passage obligé depuis Coyhaique. Il n’y a pour ainsi dire, rien, et je suis visiblement la seule touriste présente. J’apprends qu’il n’y a pas de bus pour El Bolsón avant demain. On me dit de me placer à tel rond point, et de le héler au moment où il passera (8h du matin, 10h, 12h, personne ne sait vraiment).
Je trouve un camping municipal gratuit. Les gens sont très agréables ici, on m’offre même du chocolat à l’épicerie du coin. À l’exception d’un groupe de mecs plutôt lourds (ça ne sera clairement pas là première fois que je me sens considérée comme un bout de viande en Amérique latine (en France aussi d’ailleurs)). Je trouve un petit comedor familial : la grande pizza et la bière pour 3€ !
Nous sommes deux clients dans le camping: moi et un tchèque, qui dort littéralement à la belle étoile. Il descend le continent à vélo depuis l’ Alaska, et ce depuis un an et demi !
Naïve que je suis, je pars attendre le bus à 8h, pour être sûre (j’avais oublié être sur les horaires latins : pas vraiment d’horaire, ou alors en retard). Résultat: j’attend le bus jusqu’à midi, rien ne vient. Lassée d’attendre, je décide de partir en stop. Je marche un petit moment, avant de recroiser deux gars que j’avais vu faire du stop un peu plus tôt. Je les dépasse d’environ 100mètres. Une voiture s’arrête pour eux ! Sur le moment, je me dis qu’une voiture qui s’arrête pour deux mecs, a moins de chances d’être mal intentionnée, et je cours pour les rejoindre : il y a une troisième place !
Le quinquagénaire qui nous prend me parle d’ Esquel, une centaine de kilomètres avant el Bolsón, et d’un parc national aux alentours. Il nous avance d’une soixantaine de kilomètres, avant de nous laisser au croisement d’une route. Nous sommes complètement paumés au milieu de la pampa, et je réalise que les deux gars que j’ai suivis ne sont pas de ceux qu’on suivrait comme ça de visu: leurs sacs sont des poches collées, rattachées par des lanières qui ont bien vécues, leurs habits sont quasiment tous troués, il manque plusieurs dents à l’un, et l’autre à une balafre à l’oeil. En plus, ils ont au moins 40ans. Je reste sur mes gardes, et prie ma bonne étoile.
Après environ 10min d’attente, une voiture s’arrête pour nous ! Il nous amène sur quelques dizaines de kilomètres, et, aussitôt descendus, voilà qu’on nous reprend pour continuer le chemin ! Un gars pas très bavard mais sympa, nous avance sur 150km, jusqu’à ce qu’on atteigne un poste de police avec contrôle obligatoire. Là, j’ai un mauvais pressentiment : la Suisse, à Ushuaïa ( lacobayeailee.com/.../chapitre-1-ushuaia/ ) m’avais parlé d’un contrôle de police très étrange sur la route 40, à peu près à ce niveau, dont elle était ressortie sans sa carte bleue (elle s’en était rendue compte après). Sachant que la pampa Argentine compte des zones de 300km sans âme qui vive, il est tout à fait possible qu’il s’agisse du même.
Une policière m’enferme seule dans une chambre avec elle, pour me fouiller. Je prends l’attitude d’une pauvre jeune fille, et insiste sur le fait que je campe et me déplace en stop, afin qu’elle ne me prenne pas pour une gringa remplie d’oseille, et laisse tranquille mes affaires. Elle ne me prévient pas avant de me palper, et me touche assez dédaigneusement. Je cache, sous toutes mes couches de vêtements, ma banane, avec tout mon liquide, et ma carte bleue. Elle soulève mon sweat, et ne voit pas la banane, à 1cm près ! Elle regarde mon petit sac. Heureusement pour moi, il commençait déjà à se découdre, et n’en émergeait qu’une part de pizza de la veille, et un livre bien amoché. Elle me pose pas mal de questions sur la drogue, et me laisse finalement partir, avec, après vérification, toutes mes affaires !
Le gars de la voiture, malgré le fait que l’on ressorte tous clean du contrôle de police, prend peur et nous laisse sur place. C’est peut être de la paranoïa, mais, un des impacts présents sur le pare-brise de sa voiture, me laissait penser que lui, par contre, n’était peut-être pas si clean que ça. On est à l’orée d’un petit village, Gobernador Costa: on se poste à la fin. Un de mes deux compagnons de stop prie aux Gauchito Gil (petits autels religieux, placés à l’entrée et à la sortie de chaque village Argentin). On se retrouve à attendre plus de 2h, et il est déjà 18h. Sachant qu’il n’y a ni hôtel, ni camping ici, je commence à m’inquiéter. J’avais cependant mal jugé les deux gars, qui sont adorables, (je leur rappelle leurs filles). Un des deux est d’un optimisme admirable, et il a bien raison, puisque finalement une voiture s’arrête !
De plus, nous nous rendons compte en discutant, que le sexagénaire qui nous prends, avait également conduite mon amie Suisse, un peu plus tôt dans le mois ! Il nous amène 80km plus loin. Il comptait dormir sur place, et faire les derniers 100km qui le séparaient d’ Esquel le lendemain, mais il décide de nous emmener à Esquel ce soir, car le courant passe bien ! Nous faisons une pause, et je papote avec deux marseillais, qui font le plein de leur camping-car (décidément, plus rien ne m’étonne). Notre conducteur prépare le maté (Explication ici : lacobayeailee.com/...thedrales-de-marbre/ ), qu’on lui sert en conduisant. Il me parle de la politique Chillienne et Argentine : j’en apprends beaucoup, et comprends mieux les problématiques locales, les réalités.
Il nous laisse au dernier croisement, à 12km d’ Esquel. Même si personne ne nous prend, on en aura pour environ 2h30 de marche, et atteindra la ville avant 23h. On se met en route, tout en levant le pouce, et un étudiant nous emmène au centre-ville. Mes amis dorment à la rue depuis le début de leur périple. Je leur propose de leur payer une auberge : ils refusent. Ils s’assurent cependant que j’en trouve une pour moi, me donnent du pain, et s’en vont continuer leur vadrouille. Demain, ils reprendront le stop jusqu’à Bariloche, où ils espèrent trouver du travail. Je trouve mon auberge, et, enfin » en sécurité «, fond en larmes : ces 450km de stop, la rencontre de mes deux compères qui se sont avérés géniaux, le contrôle de police, beaucoup de stress aujourd’hui, je peux enfin relâcher.
Le lendemain, je dors tout la journée. Le soir, les gens de l’auberge partagent des pizzas géantes et des bières avec tout le monde ! Il y a une super ambiance, je sympathise avec un volontaire Irlandais. On sort tous dans un bar, puis dans un autre, où on joue au billard pendant des heures. Le lendemain, je fais quelques courses, histoire d’économiser un peu, et vais au Centre culturel de la ville avec l’Irlandais. L’après-midi, je me pose dans les hamacs de l’auberge, pour profiter du soleil, après ce petit mois à 0°.
Le lendemain, je vais me balader à la Laguna Zeta, à un peu moins d’1h30 de marche d’ Esquel. Le lieu est agréable, reposant, ensoleillé, et quasi désert ce jour là. En rentrant, je vais au musée du coin avec l’Irlandais. Il retrace l’histoire de la ville, et permet d’en apprendre plus sur le peuple Mapuche et leur lutte (Minorité ethnique Chillienne et Argentine). Demain, je partirai camper quelques jours dans le parc national Los Alerces.
Mes aventures sont disponibles sur lacobayeailee.com ! | | | À: Cobayeailée · 6 avril 2020 à 20:56 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 14 de 23 · Page 1 de 2 · 1 370 affichages · Partager Chapitre 5 : Rencontre au Parc National Los Alerces !
Ce matin, je pars tôt, en direction du Parc National Los Alerces. Je croise un anglais de mon dortoir dans le bus. Il trimballe partout avec lui, un sac de 30 litres de matériel technologique. Il me parle de l’application Polarsteps, qui permet de tracer l’itinéraire de ses voyages sur une carte, et d’y ajouter des photos ! Il suffit d’un lien pour le partager, il n’est pas nécessaire, pour les proches, de télécharger l’application. Voici le mien : www.polarsteps.com/...d7-92d8-e169d5fecf56
Nous sommes en saison basse, et, avec la fonte des neiges, de nombreux campings et treks sont fermés. Étant donné que restent ouverts essentiellement de petits treks, partant en étoile d’un point, j’organiserai mes treks au jour le jour. Je marche environ 5h le premier jour, sur une large route, praticable pour les quatre roues, afin de rejoindre mon lieu de campement, qui n’est autre qu’un terrain à peu près plat, avec de l’herbe, au bord d’un lac. Je croise une petite cascade en chemin. Je dors 12h dans ma tente.
Le lendemain, je marche environ 4h, j’avance plus vite que la veille. J’ai pris la décision de ne pas louer de réchaud, et n’ai pas de marmite ou quelconque récipient pour faire cuire de la nourriture sur un feu. J’ai donc emporté de quoi manger froid, comme du pain, et, très mauvaise idée, je pensais faire des salades. J’ai donc des kilos de légumes composés à 80% d’eau, pas très nourrissants, qui pèsent une tonne dans mon sac. Ne faites pas comme moi !
J’arrive au camping. 10€ la nuit ! Ils en profitent car c’est le seul ouvert du secteur, mais en discutant avec le gérant, j’obtiens 20% de réduction : je paie environ 7€ la nuit, c’est toujours ça. Au moins, j’ai accès à une douche, même si, honnêtement, je m’étais déjà préparée à ne pas en avoir, et que cela m’importait peu. Je suis de nouveau la seule cliente. J’apprécie être seule dans la nature, sans parasites mentaux, ou informations supplémentaires inutiles (bruits de voitures, gens partout), cela me permet de trier mes informations intérieures, d’introspecter.
Je me réveille vers 5h du matin le lendemain: des trombes d’eau tombent sur ma tente, qui est heureusement bien imperméable. En discutant avec les employés du camping, je réalise que cela va s’avérer compliqué pour mes randonnées : les nuages sont si bas qu’on ne voit pas à dix mètres. Il n’y a pas de bus avant demain, et personne ne passera par ce temps pour me prendre en stop. Il y a un restaurant dans le camping. Je m’y pose avec un thé, écris un petit moment, jusqu’à ce que, miraculeusement, le soleil revienne ! Je pars aussitôt pour une passerelle, menant à une petite île, où l’on peut croiser des pumas !
À peine arrivée à la passerelle, un garde-parc m’informe que le sentier est fermé pour cause de vent (on n’est pas à l’abri qu’une branche nous tombe sur la tête). Sauf que, en parlant avec lui, il se rend compte que je suis Toulousaine, comme sa femme ! Il parle très bien français, ayant vécu avec elle deux ans en France, et decide donc de faire une exception en m’accompagnant. J’ai donc une visite guidée, avec explications de la faune et la flore locale !
Ils vivent sur l’île, dans la seule maison présente, réservée aux gardes-parcs. Il a installé des platines dans son salon, au beau milieu du parc, et mixe de la musique électronique pour les pumas et autres animaux sylvestres haha ! Il crée également des sons qu’il garde pour lui et ses amis (ils ne sont pas disponibles sur quelconque plateforme de téléchargement) qu’il me fait écouter. Je ris très fort quand il me parle du bar Le Coup D’état à Toulouse, et quand j’appercois un énorme panneau avec écrit » Pétanque «, dans son jardin, sur un île, au fin fond de l’ Argentine. La maison est située à une trentaine de mètres du lac, depuis lequel on peut voir un glacier, au loin, dans les montagnes ! Je vois également des Alerces, arbres typiques de la région, dont un vieux de 900 ans (il en existe de plus de 3000 ans) ! Leur gros chien a l’air de se régaler dans cet environnement. Sa femme est enceinte, il me propose de la rencontrer sur Esquel ! Il me ramène en voiture au camping, il part avec des amis sur El Bolsón passer le weekend.
Je passe le reste de la journée à écouter de la musique, et à explorer les environs du camping, bordé d’Arrayanes, un arbre orange, somptueux. Il me semble avoir vu les même au Pérou, nommés » Arbres de papier «. On trouve également dans ce parc des » Retama «, fleurs jaune flamboyant, avec un coeur rouge, apparemment importées d’Europe, selon mon ami garde-parc. La fleur Calafate, avec laquelle on peut faire de la confiture, est également présente. Est également présent le » Nitro «, une fleur rouge, en forme de cordons.
Le soir, je craque, et m’offre un risotto dans le restaurant du camping : je n’en peux plus de manger de l’eau déguisée en salade, et de rester sur ma faim (essayer de cuire un champignon au bout d’un bâton, au dessus de mon feu, ne m’aura pas trop aidée). De plus, on m’offre un cocktail. Demain, le bus passe vers 19h30, mais vu que tout les autres treks sont fermés, je tenterai le stop afin de rentrer plus tôt. Nous sommes à 60km d’ Esquel, et il y a de la vie sur le trajet : je ne revivrai pas un Chapitre 4 : lacobayeailee.com/...re-4-stop-et-esquel/ J’avoue ressentir le manque de contact avec mes proches (comme vous pouvez vous en douter, il n’y a pas de réseau dans un tel Parc). Je croise beaucoup de motards, depuis qu’un livre est sorti sur l’aventure de deux amis, traversant l’Amérique, de l’ Alaska à Ushuaïa, à moto.
Le lendemain matin, je commence le stop. Après 5min d’attente, un pêcheur m’avance d’une dizaine de kilomètres. Il a une fille de mon âge, et me parle de la politique locale. Je croise seulement deux voitures en 1h30, à l’endroit où il me laisse. La deuxième me dépose au croisement avec la route menant directement à Esquel. Ce sont deux amis, travaillant dans la télécommunication, et je pense être leur première auto-stoppeuse : ils ont l’air timides, et peu bavards. Je suis à 20km d’ Esquel ! Rassurée, même si personne ne me prends, 4h de marche feront l’affaire, et il est 14h.
Je marche environ 1km, avant que deux dames de Buenos Aires me prennent jusqu’à Esquel ! L’une est journaliste, l’autre institutrice. Elles débordent de joie de vivre. L’une à découvert il y a quelques mois que son arrière grand-père était de Pau : elle est très contente d’avoir une Toulousaine dans sa voiture. Elles me déposent juste devant mon auberge, avant de faire plusieurs selfies pour montrer la Toulousaine à leurs amis haha.
Je me reposerai un jour ou deux sur Esquel, avant d’aller voir des baleines !
La suite est disponible sur lacobayeailee.com ;) | | | À: Cobayeailée · 19 avril 2020 à 20:01 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 15 de 23 · Page 1 de 2 · 1 313 affichages · Partager Chapitre 6 : Baleines et Anniversaire en Argentine !
De retour à l’auberge. Les deux prochains jours ne seront autres que petit glandage des familles (en voyage, cela fait du bien de se poser un peu, de temps en temps) et discussions avec un Breton et une Chillienne.
Je recommande les deux lieux découverts ces deux jours : une baraque à frites sur la Place du général San Martín, à Esquel, familiale et coûte trois fois rien, ainsi que l’happy hour du bar Blest, très avantageux (1€ la pinte !). Je croise d’ailleurs le garde-parc et sa femme, rencontrés dans le Chapitre 5, dans ce même bar ! Un petit bar propose des concerts ainsi qu’une scène ouverte sur l’avenue principale. Vous pouvez également déguster » un quart de kilo de glace » dans les petites rues qui bordent la place principale.
Le lendemain soir, je papote avec trois françaises qui m’offrent du vin, avant de prendre un bus pour la Península Valdés, sur la côte Est Argentine, depuis laquelle on peut admirer des baleines en liberté ! Pour y accéder, 10h de bus depuis Esquel sont requises, afin de rejoindre Puerto Madryn, ainsi qu’une heure de bus supplémentaire, pour accéder officiellement au Parc (zone naturelle protégée, patrimoine mondial de l’UNESCO) afin d’enfin rejoindre Puerto Pirámides, unique petit village de la péninsule.
L’océan m’avait sacrément manqué. Bordé de falaises orangées, et autres dunes de sable, son spectacle est d’autant plus appréciable. La seule et unique auberge du village coûte un bras (15€ la nuit), l’accès à la Péninsule également, mais le paysage en vaut mille fois la peine. De plus, le couple qui tient l’auberge est adorable, et donne de nombreuses informations et recommandations sur les activités du coin.
Le lendemain, j’accroche avec une Bordelaise (60% des touristes en Patagonie sont français, le reste Israëlien). Je pars ensuite faire un tour en bâteau, pour voir les baleines ! Nous y sommes très nombreux. Nous croisons un troupeau de lions de mer, bronzant tranquillement sur les rochers, puis, de loin au début, nous pouvons apercevoir quelques baleines. Au fur et à mesure, nous pouvons les admirer, à seulement quelques mètres du bâteau. Elles semblent prendre la pose, de leur envergure impressionnante, une vision unique et atypique.
Au retour, je retrouve la Bordelaise, accompagnée d’un autre Bordelais, avec lequel nous partons boire une bière. Je ris avec eux, à m’en étouffer. Nous allons admirer le coucher de soleil au bord de l’océan, sur les rochers environnants, avec des bières. Les couleurs sont si vives, que je déciderai plus tard de les immortaliser, grâce à la photo de la bordelaise, sur mon blog.
Le lendemain, nous nous mettons en route pour le mirador Las Ballenas. Nous longeons la plage durant une bonne heure, avant d’arriver à une impasse : plus de plage, et une falaise en face de nous. Nous commençons à grimper les dunes sur notre gauche, dont nous nous rendons vite compte qu’il est difficile de s’y déplacer, et d’accéder à la présumée route que nous devions rejoindre. On trouve un endroit pour pique-niquer sur les falaises, à mi-chemin, surplombant l’océan. Ici, il y a un trou dans la couche d’ozone, que l’on peut apercevoir à l’entrée de la péninsule (j’en avais vu un au Portugal également) : apportez une protection solaire efficace.
J’ai droit à une bière gratuite, ayant réservé le tour des baleines. Nous buvons alors un dernier verre ensemble, avant que je ne prenne mon bus pour rentrer sur Esquel.
Je recommande de louer une voiture, ou un vélo, pour faire le tour de la péninsule, afin d’en voir tous les trésors. Il est également possible de faire de la plongée, selon la saison. Il n’est pas possible d’admirer les baleines toutes l’année : elles sont présentes de mai à décembre. Je vous invite à vous renseigner pour plus de précisions.
De retour à Esquel, le lendemain, toujours à la même auberge (à force, je commence à connaître tout le monde), je pars, après un peu de repos, pour la Laguna Zeta, dont j’avais déjà pu profiter dans le Chapitre 5, rejoindre l’Irlandais et la Chillienne. On se pose sur une petite plage, pour profiter du soleil.
Je skype avec mon meilleur ami : demain aura lieu son anniversaire, à Toulouse, mais une fête surprise lui est préparée la veille. Je suis contente d’avoir pu faire partie de la surprise, et du cadeau, même sans être là. Coïncidence rigolote : c’est aussi mon anniversaire, et, à minuit, alors que l’on partageais tous des pizzas, tout le monde se lève pour me changer la chanson, et l’Irlandais m’apporte un super gâteau ! On fait la fête à l’auberge le restant de la nuit.
Le lendemain, petit coup de blues : mes amis me manquent. J’aurais aimé fêter mon anniversaire avec eux, mais c’est le choix que j’ai fait en partant aussi loin et aussi longtemps : je passe la journée en skype avec mes proches. En fin d’après-midi, nous sommes une dizaines à jouer aux cartes et à, tous types de jeux, dont un Israëlien très sympa.
Le lendemain, je pars faire l’ascension du Cerro de la Cruz. Le sommet est désert : une vue à 360 degrés, et, la sensation de plénitude, après la marche assez ardue, est exquise. Au retour, je chante, et m’entraîne un peu à la guitare (guitariste de feu de camp). Le soir, c’est les » adieux » de l’irlandais : il achève un mois de volontariat dans cette auberge. Nous organisons une piñata, et les Argentins nous font découvrir plein de chansons typiques, autour du feu. L’Israëlien nous fait écouter un rap en hébreu, qu’il a composé lui-même, et nous restons tous les trois, un moment, à se confier.
Demain, départ pour Bariloche avec l’Irlandais.
La suite de mes aventures sur lacobayeailee.com ! | | | À: Cobayeailée · 26 avril 2020 à 18:04 · Modifié le 27 avr. 2020 à 0:53 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 16 de 23 · Page 1 de 2 · 1 278 affichages · Partager Chapitre 7 : Bariloche
Ce matin, nous partons, avec l’Irlandais, pour El Bolsón. Il prend un hostel, quant à moi, j’ai trouvé un couchsurfing. Mon hôte n’a qu’un lit, et son studio doit faire 15 mètres carrés. Je dormirai donc par terre, mais m’en accommode : il est très serviable, il m’offre de la bouffe et du maté, et sympa. Je recroise les trois françaises qui m’avaient offert du vin à Esquel.
Je vais me renseigner à l’Office du tourisme : il y a pas mal de treks intéressant aux alentours. Seulement, les prévisions météo sont de mauvais augure : pluie torrentielle toute la semaine. Je verrai ce qu’il en est demain, pour m’organiser. Je pars faire un tour en ville, sous des trombes d’eau.
Je bois un café dans une ambiance assez déprimante, lorsque la Bordelaise du Chapitre 6 m’envoie un message : elle est aussi à El Bolsón ! Elle se trouve dans le même hôtel que les trois françaises, et, à force de papoter, elles se sont rendues compte qu’elles connaissaient la même toulousaine haha. On se retrouve aussitôt en ville autour d’une bière. Nous restons dans le même café jusqu’au soir, en se racontant nos péripéties. L’Irlandais avait réservé trois nuits dans son auberge, et se retrouve bloqué ici, avec le temps pourri.
Le soir, je rentre à peu près en même temps que mon couchsurfer : nous papotons autour d’un thé, que nous buvons dans son unique tasse, et il me faire lire ses écrits passionnants (allégories du gouffre existentiel, critiques de société, d’une écriture très sarcastique, dans un espagnol ni trop Madrilène, ni trop Argentin).
Le lendemain, sur un coup de tête, je décide de prendre un bus pour San Carlos de Bariloche : il pleut autant que la veille, cela ne me donne pas envie de randonner. Le bus est contraint de s’arrêter pendant 2h, à cause d’un arbre tombé au beau milieu de la route. La ville de Bariloche est plus petite que ce à quoi je m’attendais : bonne nouvelle. L’hostel dans lequel je suis est blindé de monde, et à l’air d’être un Party hostel (auberge destinée à faire la fête). Pas trop dans le mood, j’en change le lendemain (j’ai l’embarras du choix sur les auberges pas chères à Bariloche).
Le surlendemain, n’ayant réservé qu’une nuit à mon deuxième hostel, car je n’avais pas encore fait mes plans, et qu’on m’avait assuré que l’hostel ne serai pas complet, on me prévient que si, il l’est, à 5min du check-out. Je pars donc en vitesse dans un autre hostel, et, dans le stress, j’oublie, sous mon coussin, ma banane, contenant mon passeport et ma carte bleue ! Heureusement, on me le demande pour le check-in de l’autre hostel, et je m’en rends compte assez tôt : je fais l’aller-retour en vitesse.
L’après-midi, je me rend au Musée du Chocolat, ( Bariloche est connue pour son influence Suisse, et pour la montagne de chocolat qui s’y trouve), petit, mais un délicieux chocolat chaud est offert à la fin !
L’irlandais a pu quitter El Bolsón : nous allons au cinéma, voir » Les orphelins de Brooklyn «, un film policier assez drôle. Nous retrouvons ensuite deux français, que j’avais rencontré au deuxième hostel, et allons boire un verre avec eux.
Le lendemain, je pars faire une rando au parc Llao Llao, accessible très facilement en colectivo depuis Bariloche. Il pleut, ce qui gâche un peu le paysage, mais j’apprécie tout de même le lieu. Je rentre en stop, pour la quinzaine de kilomètres qui me séparent de Bariloche. Les français de la veille nous invitent à manger, à leur auberge, pour déguster un excellent risotto, préparé par l’un d’eux.
Le lendemain matin, dès le réveil, je fais tomber mon téléphone dans les toilettes (vous avez le droit de rire). Je le met aussitôt dans du riz, puis retrouve l’Irlandais au Cerro Campanario. 25 petites minutes d’ascension sont nécessaires pour atteindre le sommet.
Nous rejoignons le pied du Cerro Otto en stop. La montée est rude, et on se plante de sentier, mais la vue panoramique sur les environs de Bariloche en vaut la peine (lacs entrecoupés de montagnes, de la verdure...). Il y a un café au sommet, sur une plateforme tournante, qui permet d’admirer le paysage à 360°. Nous redescendons grâce à des télécabines, pour 2€.
J’avais initialement prévu de me faire tatouer à Bariloche, et avait trouvé le salon. Seulement, mon idée relève plus du concept que du concret. Le tatoueur ne semble pas comprendre ce que je veux, ni être très motivé : cela fait plusieurs jours que je dois à chaque fois revenir le lendemain. Je lui dis définitivement que j’irai voir ailleurs.
Je retrouve à nouveau les français dans leur auberge. L’un d’eux me prête des feutres : on m’a perdu pendant 1h. Je ne dessine rien de concret, ni d’esthétique, mais je m’amuse bien. Il me donne quatre de ses feutres ! Nous avons une discussion assez intéressante.
Le lendemain, je change une quatrième fois d’hostel : tous mes potes sont dans celui-ci, et l’ambiance y est cool. J’y échange mon livre précédent, que j’ai terminé, par » 1Q84 «, en français, et bouquine toute la journée.
Le lendemain, je vérifie l’état de mon téléphone : mort. Je fais le tour des magasins pour trouver le téléphone le moins cher, et finit par acheter un smartphone pour 90€ (pour la technologie, les prix sont aussi chers qu’en France).
En milieu d’après-midi, un Colombien de l’auberge, avec qui je m’entends bien, me propose de partir en rando avec d’autres clients de l’hostel, à la Colonia Suiza. Nous partons donc, en stop, avec de la bière. Nous sommes six : quatre Argentin/es, le Colombien, et moi. Boire en randonnant, une première pour moi haha, et certainement une dernière : pas d’intérêt. Nous pouvons admirer le coucher de soleil en marchant, et arrivons à Colonia Suiza vers 22h. Nous rentrons sur Bariloche avec le dernier bus de 23h.
La route des Septs lacs, qui relie Bariloche à San Martín de los Andes, est une des cases à cocher en Argentine. J’aurais souhaité la faire en vélo, mais aurait été obligée de faire un aller-retour en bus, pour le ramener, car il n’y avait pas d’agence de location qui pouvait le récupérer à San Martín (du moins au moment où j’y étais). De toute manière, j’avoue commencer à banaliser les lacs et les montagnes : je ne vois que ça depuis un mois et demi. De plus, il me tarde de rejoindre le Chili, afin de découvrir plus en profondeur sa culture, et de trouver un volontariat à l’océan. L’irlandais fera la route à vélo, et l’aller-retour. Le Colombien me demande de faire une vidéo en français, pour son fils, qu’il lui montrera à Noël, compilée aux vidéos d’autres étrangers, afin de lui donner goût au voyage.
Demain matin, je rejoindrai directement Sans Martin en bus.
lacobayeailee.com | | | À: Cobayeailée · 30 avril 2020 à 20:13 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 17 de 23 · Page 1 de 2 · 1 242 affichages · Partager Chapitre 8 : Les plus hautes vagues de ma vie
Ce matin, je prends un bus pour San Martín de los Andes. En cours de route, je m’aperçois que l’arrêt qui précède le mien, 1h plus tôt, est situé sur la route que j’emprunterai demain, dans un autre bus, pour Pucón, au Chili. Je décide donc d’y descendre, au dernier moment (Junín de los Andes), après avoir vérifié qu’il était possible d’y dormir peu cher : cela m’évitera 2h de détour.
À l’auberge, je discute avec un prof de philo plutôt original, qui a toute une théorie sur la spiritualité et la sexualité. Il n’y a pas grand chose à faire dans ce village, mais je savoure le calme qui y règne. Le lendemain matin, je pars tôt pour Pucón. Petite victoire personnelle : il est interdit de faire passer des produits frais de l’ Argentine au Chili, et les rayons X n’ont pas détecté le brie (petite folie vu le prix là-bas) que j’avais oublié au fond de mon sac haha.
Pucón est une ville très touristique, et pour cause : son cadre est magnifique. Il est possible d’y escalader un volcan, et de faire sa descente en luge. Hélas, le coût de 100€ est bien au-delà de mon budget : j’aurai d’autres volcans à escalader pendant le voyage ! Je fais connaissance avec une Belge, d’une quarantaine d’années, avec qui nous allons nous balader sur la plage du lac environnant. Il est possible de s’y baigner ! Nous papotons avec un groupe de Chillien-es. Le lendemain, j’avais prévu de faire une randonnée dans les environs, mais la tentation de se baigner au soleil est plus forte : ayant vécu un an à l’océan, cela m’avait manqué.
Le Lendemain, avec pour objectif de rejoindre Pichilemu, sur la côte Pacifique, je prends un bus pour Talca. Je ne me sens pas suffisamment en confiance pour faire du stop dans le Nord du pays, pour le moment. Après 8h de route, la nuit la moins chère est une chambre individuelle (il n’y avait pas de bus de nuit). C’est pas donné, mais avoir son propre espace, après des semaines en dortoir, ça fait du bien. Je rencontre deux Ukrainiennes, qui font leur voyage presque entièrement à pied ! Il n’est pas toujours évident de trouver des sentiers praticables, mais elles se débrouillent.
Les routes Chilliennes et Argentines sont souvent de long lacets qui paraissent sans fin... Après deux petites heures de bus, j’arrive à Pichilemu. J’avais dans l’idée d’y trouver un volontariat, seulement, l’inscription sur Workaway coûte une quarantaine d’euros. Je m’y inscrirai plus tard, j’essaie de réduire mon budget au maximum en ce moment (conseils pour voyager pas cher : lacobayeailee.com/...a-tres-petit-budget/ ) : je ferai sans pour cette fois-ci.
Je retrouve l’océan, se dressant devant mes yeux, plus beau que jamais. Je comptais également me mettre au yoga : on m’informe qu’il y a deux séances gratuites par semaine, au Centre Culturel de la ville (sorte de MJC, mais plus générale (expositions, bibliothèque et autres activités...).
Je comprends vite que sans Workaway, et sans voiture, il va être difficile de trouver un volontariat qui ne soit pas un hostel. Je cherche donc les mieux notés sur Booking ( lacobayeailee.com/...-utiliser-en-voyage/ ). Le premier exige un CV, et un délai de réflexion, avant d’accepter des volontaires. Ce n’est pas mon idée du volontariat : je me rend au deuxième sur Booking. Je discute un moment avec le responsable, qui cherchait justement des volontaires. Mes tâches se résument au nettoyage des salles de bain, pendant une 1h, tous les matins, en échange du lit et du petit déjeuner !
C’est un Party hostel (Définition ici : lacobayeailee.com/...hapitre-7-bariloche/ ), bondé le weekend, et vide en semaine. Il y a une grande terrasse, un ping pong, un baby-foot, de quoi faire un feu, plein de canapés.. et surtout, une grosse réduction sur les locations de planches de surf. En effet, je suis dans la capitale Chillienne du surf (plus de détails et d’informations pratiques ici : lacobayeailee.com/...hillienne-pichilemu/ ). Je goûte la Piscoleta avec le responsable (initialement Piscola, mélange de Pisco et de Coca, celui-ci se mélange à du Sprite).
Les prochains jours, je découvre la ville, m’y balade, et réserve un mois de surf dans l’école affiliée à l’auberge : 100€ pour le mois, incluant la location de la planche et de la combinaison. On m’offre même les chaussons. Je rencontre le nouveau volontaire, Chillien, que je ne verrai pas beaucoup durant les deux semaines qu’il passera ici.
Je pars surfer avec un français qui bosse au CNES, client à l’auberge. Je n’ai surfé que quelques fois, et pas depuis des mois : il a un niveau bien plus élevé que le mien. Je peine à le suivre, malgré mes efforts : nous ne connaissons pas cette plage, ni son courant, et l’abbordons du mauvais sens (nous nous retrouvons à ramer des centaines de mètres pour rien). Heureusement, il me donne des conseils, qui me seront bien utile plus tard. Après 3h dans l’eau, nous nous offrons un encas en terrasse. Le soir, on regarde des films sur l’écran de la terrasse, avec le responsable : le français est le seul client de l’auberge.
Le surlendemain, une autre française, de l’île de la réunion, en PVT à Santiago pour un an (plus d’explications sur le PVT ici : pvtistes.net/...acances-travail-pvt/ ), arrive à l’hostel en tant que couchsurfeuse (oui, l’auberge fait aussi du couchsurfing, chercher l’erreur). Nous faisons quelques parties de baby-foot, après un débat animé, sur l’écologie, avec le responsable.
Le lendemain, il nous emmène en voiture à Punta de Lobos, THE place to be du surf au Chili : des vagues immenses, et bien dessinées. Le soir, nous nous rendons, avec les deux français, au cours de yoga du Centre Culturel. Au retour, le français nous prépare un superbe guacamole. Nous papotons autour d’un verre le restant de la soirée, avec un ami de la française, qui nous a rejoint, avec l’accord du responsable.
Elles ne paraissent pas comme ça, mais ces vagues font en réalité plusieurs mètres de hauteur ! Le lendemain, je commence à écrire, et à me renseigner : depuis une semaine, m’est venue l’envie d’ouvrir un blog. Moi qui suis un peu à la ramasse, en tout ce qui concerne la technologie, ça sera pas évident, mais bon, j’aime écrire, et j’aime partager, alors pourquoi ne pas se lancer !
Le lendemain, la française rentre sur Santiago : je prévois d’y faire un tour, et elle propose de m’y héberger ! Nous nous y reverrons sûrement. Nous allons voir un spectacle de rue (littéralement), au centre culturel, avec le français. La fanfare du village nous fait une démonstration, puis quelques circassiens nous font admirer leurs acrobaties. À l’auberge, nous faisons goûter une tartiflette au responsable, autour d’un feu. | | | À: Cobayeailée · 1 mai 2020 à 1:03 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 18 de 23 · Page 1 de 2 · 1 227 affichages · Partager Merci pour le partage 👍 | | | À: Philou72 · 9 mai 2020 à 0:00 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 19 de 23 · Page 1 de 2 · 1 172 affichages · Partager Chapitre 9 : Compétition Internationale de surf
Toujours en volontariat à Pichilemu : lacobayeailee.com/...es-vagues-de-ma-vie/ , petite soirée, autour du ping ping et d’un feu, avec le français, et mon collègue volontaire.
Le lendemain, je papote avec un Chillien rencontré sur la plage. Rêvant de voyage, il n’ose pas franchir le cap : il est rare pour un Chillien de voyager dans son propre pays. En effet, cela revient moins cher de voyager ailleurs, sur le continent, notamment au Brésil (en majorité), qu’en territoire Chillien. Petit coup de blues de milieu de voyage : rencontrer des gens, s’y attacher, et leur dire au revoir en sachant pertinemment qu’il y a peu de chances pour que l’on se revoit, est pesant, à force. Un appel avec mes proches me remonte le moral.
Il règne dans la ville, et dans l’hostel (auberge de jeunesse), une atmosphère de début d’été, de fête, de joie et de musique. Nous sommes samedi, l’hostel est plein à craquer, et propose des entrées gratuites dans la boîte principale de la ville, sauf que je ne suis pas dans le mood : ce sera pour une autre fois.
Réveil à 6h par mon collègue, complètement ivre, puis de nouveau dans la matinée par mon responsable : la soirée d’hier à été si riche en rebondissements qu’il n’a pas dormi de la nuit, et à besoin de mon aide pour les petits déjeuners. En effet, une cliente a voulu faire rentrer des non-clients dans l’hostel, au milieu de la nuit. Face au refus, elle a préféré demander un remboursement, et à déserté le lieu, avec ses affaires, à 5h du matin. Après un tête contre tête avec le responsable, deux heures » d’argumentation » et une menace de faire venir la police, nous réussissons, tant bien que mal, à faire partir un client sous l’emprise de substances douteuses.
Après une séance de surf très agréable, je me rends de nouveau à Punta de Lobos : c’est la finale de la compétition internationale Women’s Pro, qui confronte une Péruvienne (gagnante), à une Australienne. Ce niveau de compétition est très impressionnant, d’autant plus avec les immenses vagues qui bordent Punta de Lobos. Je me rend à la bibliothèque du Centre Culturel, après m’être baladée dans le coin, qui dispose d’ordinateurs en libre accès, mais dont la connexion internet se coupe automatiquement après 40 minutes, afin de continuer la création de mon blog.
De retour à l’auberge, je fais la fête avec un groupe de Chillien-es, très sympas. Le lendemain, je me rends à l’école de surf pour une session, mais on me déconseille de m’aventurer dans l’eau ce jour-là : les vagues seraient trop dangereuses, du moins pour mon niveau. J’avais pourtant besoin de me dépenser, je vais donc découvrir la piscine municipale de Pichilemu : je vous la déconseille fortement ! 6€ pour deux heures dans un bassin de couleur marron/kaki.
Je croise un magasin de sushis : ce n’est pas rare au Chili, mais les photos sur les menus ne me donnaient franchement pas l’eau à la bouche. Cependant, vu leur coût très bas, je me lance : c’est bon, mais c’est tout sauf des sushis (frits, enrobés de chapelure, énormes, fourrés aux champignons, aux coeurs de palmiers, ou encore au poulet).
Le lendemain, les vagues sont au rendez vous, et je savoure une de mes meilleures sessions de surf de Pichilemu. Je recroise un Chillien que j’avais rencontré par hasard à mon arrivée ici, sur mon chemin au cours de yoga : il est vigile du centre culturel haha.
Ce matin, discussion avec le responsable, car j’étais, à l’origine, en » essai «. Très content de moi, il ne me demande pas grand chose, et me laisse l’autonomie qui m’est nécessaire, et dont les résultats le satisfassent. Aujourd’hui, au surf, j’ai fait un toboggan sans le faire exprès, et me suis retrouvée à descendre la vague quasiment à la verticale. Mouvement imprévu qui égaye toute ma session ! Je travaille sur mon blog, puis par en quête de troc, dont j’ai déjà fait l’expérience au Chili ( lacobayeailee.com/...a-tres-petit-budget/ ). Je pars donc tenter de troquer un haut de maillot contre un pantalon : aucune boutique ne vends et des maillots, et des pantalons, et ne peut bénéficier de l’échange. Au quatrième refus, le vendeur éclate de rire, et me fait un prix sur les pantalons : je n’aurai pas réussi à me débarrasser de mon haut, mais au moins, j’aurais eu une réduction.
Une nouvelle volontaire, une Allemande de 18ans, arrive à l’hostel, très sympa, un peu timide. En effet, l’autre volontaire Chillien arrive au terme de ses deux semaines prévues initialement. Nous passons la soirée avec un groupe de Chillien-es.
Je poste enfin mes cartes postales, achetées à Ushuaïa, deux mois plus tôt : elles mettront environ six semaines à trouver leur destination (même délai, que ce soit pour la France, ou la Nouvelle-Calédonie par exemple). Mon carnet, offert par mon amie d’enfance avant mon départ, est terminé, et aura vu la couleur de mes calculs de budget, de mes pensées diverses et variées, d’esquisses de poèmes, d’organisation de mon blog, et des feutres offerts au Chapitre 7 ( lacobayeailee.com/...hapitre-7-bariloche/ ), par le français. Après en avoir acheté un nouveau, et à force de discuter avec ce même français par messages, j’arrive à lui arranger un taff de volontaire avec mon responsable, pour dans deux semaines. Coïncidence amusante : le propriétaire de l’hostel, en Italie depuis des mois, rentre au Chili le même jour que mon pote. Ils arriveront donc ensemble à Pichilemu.
Le soir, je papote avec un Espagnol, que je croiserai le lendemain, dans l’eau, pour ma session de surf. À force de surfer quasiment tous les jours, je commence à connaître la peuplade côtière journalière : une bonne ambiance, pas de » vols » de vagues, de petites conversations pendant les accalmies, et quelques conseils. Je passe l’après-midi au cybercafé, pour tenter de réparer des erreurs techniques, commises par mon manque d’expérience technologique. Nous jouons de la guitare et de la basse avec mon collègue Chillien, pour sa dernière soirée en tant que volontaire. Mon responsable me donne des conseils pour le surf, après une discussion animée sur la géopolitique actuelle avec l’Espagnol.
Le lendemain, je passe ma session de surf avec un Chillien de bon niveau, qui me donnera également de précieux conseils. Le soir, à l’auberge, pendant que je papotais avec un Allemand, un Français, et un Colombien, je reçois un message de l’irlandais du Chapitre 7, qui dit reconnaître ma voix. Je me rends compte qu’il est client dans cet hostel, mais il va se coucher aussitôt. Le lendemain, à la fin de la session petits déjeuners, je le croise, sac sur le dos, prêt à partir, car l’endroit ne lui plaisait pas. Ce fut le croisement de chemin le plus rapide de mon voyage haha.
Dans la journée, gros problème avec la volontaire Allemande : elle ne s’entend pas avec le responsable, où plutôt, la barrière de la langue ne leur permet pas de se comprendre correctement. Je pars surfer avec l’allemand de la veille, le français, et le Colombien, où je teste une planche bien plus petite qu’à mon habitude, et plus dure, une Hybrid. Je galère un moment, avant de me familiariser avec la planche, et de découvrir les joies des petites planches : la maniabilité et la rapidité !
De retour à l’auberge, mon responsable m’envoie parler à l’Allemande, pour tenter de comprendre le problème. Je la retrouve en pleurs : elle a 18 ans, n’est partie de chez elle que depuis une semaine, n’ayant jamais quitté son pays auparavant, et n’ayant jamais travaillé. Ce fut beaucoup d’informations nouvelles pour elle, et beaucoup de pas hors de sa zone de confort : elle préfère partir demain, et reprendre son voyage petit à petit. Elle fera des volontariats quand elle se sentira plus à l’aise. C’est bien triste, car même si elle n’était la que depuis quelques jours, elle était adorable et attachante.
Le soir, nous jouons à des jeux idiots mais drôles (de type » Le triangle magique »), qui, à 15 personnes, et à une certaine quantité d’alcool, mettent bien deux heures avant de se terminer. Ils font un Asado (barbecue en Argentine, auquel je ne goûterai pas). Je rigole bien avec l’Allemande, et avec le français et l’allemand du surf. Ça tombe bien : ils vont devenir volontaires. Le lendemain, après une petite embrouille avec le responsable, nous décidons que je ne ferai plus les salles de bains, et passerai à la préparation des petits déjeuners, qui est, ici, bien spécifique. L’Allemande et le Chillien s’en vont, ainsi que le français qui a des obligations sur la capitale, mais réserve sa place de volontaire au retour.
À suivre : Passer Noël au Chili, à plus de 11000 km de ses proches...
La suite de mes aventures sur httplacobayeailee.com ! | | | À: Cobayeailée · 10 mai 2020 à 13:27 Re: Un petit tour au bout du monde: Ushuaïa Message 20 de 23 · Page 1 de 2 · 1 145 affichages · Partager Et à un peu plus de 70 km de Mendoza il y a la petite ville de Tupungato ou nous avons pu visiter les vignes et les chaix d'un vigneron français établi en Argentine qui a acheté et plante' 240 hectares de vignes. La maison Bousquet. Tupungato est situé sur une faille sismique.. La nuit nous avons eu un petit tremblement de terre. | Carnets similaires sur l'Argentine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 897 visiteurs en ligne depuis une heure! |