Salut à toi JC
Parce qu’il y a « maté » et « maté »
Je m’explique : ton transitaire avait surement lu sur le Net (ou eu l’information par X ou Y) des mésaventures d’un type nommé Roger Wielgus et qui remonte au mois de mars cette année. Roger s’étonnait d’avoir à répondre de l’entrée en
France de 50 sachets de maté de feuilles de
coca qui sont formellement interdites d’entrée sur le territoire
Il avait fait passer le message suivant
Demain, je suis convoqué, à la demande du parquet, par la police judiciaire pour être entendu sur une saisie record de 50 sachets de tisane de maté de coca (sic) à la douane de Roissy, suite à une commande que j’ai effectuée sur un site internet.
J’ai cru rêver lorsque j’ai eu le coup de fil de l’OPJ.
Nous vivons dans un pays ou le parquet du temps à perdre avec des citoyens qui commandent sur Internet des tisanes inoffensives et salutaires.
D’abord on se croit en plein dans un sketch de Fernand Rénaud. Puis on prend conscience que des abrutis n’ont rien d’autre à faire que d’encombrer les tuyaux de la justice avec des affaires de ce type et là le citoyen que je suis s’insurge de la mauvaise utilisation des deniers publics. Donnez-moi un quelconque pouvoir et tous ces cons finiraient à la circulation. Comme disait Audiard, les cons osent tout, c’est à cela qu’on les reconnait.
Roger Wielgus se trompe, l’importation de la feuille de coca, sous toutes ses formes, est formellement interdite en
France. Contrairement à un faux bruit qui circule et suivant lequel les douanes françaises accepteraient 20 grammes, il n’y a aucune tolérance admise.
Les 50 sachets de Roger tombent donc bien sous le coup de la loi.
Je crois qu’il ne faut pas tout confondre. Le maté Argentin (mais surtout paraguayen) est une herbe de la famille du houx aux vertus similaires au thé ou au café, et qui n’ont rien n’à voir avec les vertus bien connues de la feuille de coca.
Après, savoir si c’est bien ou pas d'interdire l'entrée de la coca, c’est un autre débat qui sort complètement du sujet.
Ci-dessous un extrait de l’inévitable et bien utile Wikipedia :
La plante utilisée, la « yerba maté » (ilex paraguariensis), parfois appelé « thé du Paraguay », « thé des Jésuites » ou « thé du Brésil », est une espèce sud-américaine du genre ilex (famille des houx) et dont les feuilles, que l'on torréfie et pulvérise, fournissent, infusées dans l'eau chaude, une boisson stimulante, aux effets semblables à ceux du café ou du thé.
Le maté appartient à la famille des Aquifoliacées. Elle est traditionnellement utilisée dans les asthénies fonctionnelles. Les feuilles sont inscrites à la pharmacopée française et il existe plusieurs spécialités pharmaceutiques.
Cette plante contient des bases xanthiques : caféine, théobromine, théophylline. Elle contient également des flavonoïdes, des saponosides triterpéniques et des vitamines.
Elle stimule le système nerveux central. Elle est également cardiotonique et diurétique et elle augmente la glycolyse et la lipolyse.
Ah, dernière chose : quand mes amis viennent me voir
- ou ma famille -, ils repartent avec des valises bourrées de stévia et de maté, le « thé guarani ». Ce n’est pas spécialement pour le prix, mais on trouve ici des mélanges d’herbes médicinales qu’on ne peut pas commander en
France sur internet. Personne n’a jamais eu le moindre problème. Je n’aurais jamais eu l’idée de faire ça avec du maté de coca...
C’est assez marrant d’ailleurs, je croise tous les jours et autour de chez moi, des Guaranis à la recherche de plantes qui poussent le long des routes et qu’ils ajoutent au maté.
Comme ça semble intéresser quelques personnes, dont Rhumlover, dites moi si ça vous intéresse aussi, je peux vous faire des photos des étalages des herbes à ajouter au maté (et pour le faire) et qui se vendent sur le marché paysan.