Pour quitter les sentiers "touristiques", il n'y a pas 36 solutions, ni de formule magique. Il faut jouer la carte de l'intégration et de la patience. Le temps nécessaire pour établir une relation de confiance est généralement long et très peu compatible avec un programme de quelques semaines.
Personnellement, j'ai pu tourner quelques séquences à
Cachoeira au cours d'une cérémonie réputée
la plus et
la seule authentique de toute la région... qu'ils disaient. Je devais payer, ce qui n'est pas normal car l'admission est gratuite pour assister. En plus, je cherchais les maîtres ou plutôt "les maîtresses de cérémonie" totalement dissimulées par un écran d'appareils photo, caméras et touristes!
Il n'y a pas que
Salvador pour trouver ce type de cérémonie. Tout l'état de Bahia et certainement la région du Recôncavo, préservent encore cette tradition.
Il y a à Maragogipe (130 Km de
Salvador) dans le quartier des pêcheurs, un maison consacrée au Candomblé, mais il est très difficile d'y assister et elle n'est pratiquement plus active.
Pour la vie en communauté avec les personnes évoluant dans le milieu du Candomblé, je reviens au début de ce message. L'intégration "parallèle". Etablir des liens avec une petite communauté en apparence étrangère au Candomblé. Tôt ou tard, vous croiserez toujours l'une ou l'autre personne qui adhère au culte. Je n'ai pas l'impression qu'il y a au sens propre du terme "une communauté du Candomblé". En tous cas, je ne l'ai pas encore vue. Peut-être existe-t-elle vraiment? Je l'ignore. Les pratiquants ne se distinguent pas du brésilien de la rue et se mêlent aux activités de la vie quotidienne sans signe distinctif.
Habituellement, le contact est établi par hasard ou spontanément, mon cas, puisque je vis avec une petite communauté de pêcheurs depuis plus de 6 mois à présent.
Ce "contact" ne donne pas un billet d'entrée aux cérémonies. Il s'agit d'un premier pas qui ouvrira d'autres portes.
En résumé, la mise en confiance est la meilleure solution pour découvrir le Candomblé. Pour cela, il faut d'abord chercher une petite communauté et vivre avec elle. Un village fera très bien l'affaire. Je n'ai personnellement jamais connu le moindre incident, ni sentiment de rejet. Par contre, avec les pêcheurs, je pouvais sortir ma caméra seulement après plusieurs semaines...
Reste le "hic" du temps dont vous disposez....
Si vous devez réaliser et produire votre reportage avant la fin de cette année, le temps manquera.
Pourquoi ne pas partir d'abord sur le terrain en reconnaissance, établir des contacts
fiables afin d'évaluer les possibilités de tournage. Celles-ci vont-elles vraiment rencontrer vos objectifs? Pourquoi ne pas déléguer une personne vivant sur place afin qu'elle puisse préparer le terrain pour vous? Travaillerez-vous seule, en équipe? Pour un tel sujet, aussi pointu, il faut s'entourer de tout un environnement si on veut mettre dans la boîte quelque chose de valable.