Andrzej Stasiuk: sur la route de Babadag
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OP
C'est toujours un plaisir de découvrir un nouvel auteur. Et là, j'en tiens un bon! J'ai lu pour la première fois Andrezej Stasiuk dans un Courrier International de la fin 2008. Il parlait de son voyage en Sibérie, jours paisibles dans la steppes, à la frontière chinoise.

Depuis, je retrouve avec plaisir son style et sa qualité d'écriture dans Sur la route de Babadag (Ed. Bourgois). C'est très fin, il nous emmène dans différents voyages. Le voyage présent, en Europe centrale et orientale : il va sans but précis, monte dans un bus car il est là, dans un train car la couleur lui plaît. Il s'accorde même le droit de ne pas avancer, de tourner en rond. Il a une prédilection pour les petites villes, a priori sans intérêt mais qui en ont un justement car elles ne figurent pas dans les guides! Ce voyage lui en rappelle d'autres qu'il nous décrit également. Et puis, il y a la description du voyage à l'état de projet, de fantasme, avant de l'entreprendre en réalité. Sans cesse il va du voyage présent à celui du passé et revient en arrière pour écrire sur le présent lorsque qu'il était futur. C'est une errance dans le temps et dans l'espace.

Je recommande chaudement cet auteur.

Si vous avez goûté à d'autres livres de lui, je vous serais reconnaissant d'en faire part ici! Je n'ai pas encore vu de sujet sur Stasiuk dans ce forum.

sa vie : http://www.evene.fr/celebre/biographie/andrzej-stasiuk-28548.php

son oeuvre :

http://www.ombres-blanches.fr/pub/repere/carte_lit/niv5.php?id_chap=2005
GO Goave ·
c'est marrant que tu en parles !

je viens justement de terminer contes de galicie (toujours chez christian bourgois éditeur), un recueil de nouvelles très courtes et ma foi très mélancoliques.

les histoires racontées ici ont toutes le même cadre, celui d'un micro-village quelque part en pologne où l'attraction principale va consister à compter les heures avant la tombée de la nuit ou, le cas échéant, à attendre la mort directement. une activité intense qui n'est pas pour effrayer stasiuk, manifestement plein d'amour pour ses protagonistes (réels ou rêvés), qui va raconter des pans de leur histoire, des instants de la vie quotidienne (la nuit, le travail en forêt) et des endroits-clés du village (le bar, l'église). le tout nimbé dans une atmosphère poétique un peu délétère.

je n'ai pas lu sur la route de babadag, mais d'après ce que tu écris, je trouve qu'on retrouve bien la thématique du voyage, ou du moins du sentiment d'évasion : même dans les choses les plus insignifiantes, dénuées d'intérêt, vides de sens, l'auteur/narrateur/spectateur trouve toujours quelque chose à voir, quelque chose de beau, qui va le ramener à des souvenirs du passé, à des temps plus glorieux ou plus ingrats, c'est selon. certains s'en sortent, d'autres pas. il y a toujours une lueur d'espoir, ne serait-ce que celle qui vient du ciel.

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