Bonsoir
Vous connaissez très bien le pays et je respecte et apprécie généralement vos avis.
Le coup de ressortir le concept de bobo à chaque fois que quelqu un dit qu'il aime voyager avec peu devient un peu systématique. Faire des catégories et classer à partir d'un msg ou 2 sans connaître les gens, c est un peu facile et vain.
Personne ne peut prétendre avoir la vision entière d'un peuple et de manières de voyager. Pour ma part, j alterne des bons hôtels et restos avec des cafés et des mofos gasy dans la rue. Je sais la chance que j'ai, n en ai pas honte et sait en profiter. Mais j aime aussi a voyager dans des conditions plus spartiates tout en allant à la rencontre de mes amis paysans pour partager un repas ou une discussion.
Evidemment une partie des malgaches regardent avec un peu de mépris et de commisération celui qui voyage sac à dos : vazaha very, vazaha lany mofo... Il y a des mots pour cela et si, cela ne se dit pas, cela se pense bien entendu.
Mais il y aussi à Mada, et parfois ce sont les memes, des gens qui aiment accueillir et qui apprécient l echange. le "Mandrosoa vazaha, Ataovy vahiny" n est pas que de l'image ou de l'esbroufe, chacun peut le vérifier sans peine.
Donc Mada est complexe et ambivalent. Ainsi chacun peut y trouver son compte et satisfaire son plaisir de voyageur, de la case à 5€ à la chambre climatisée à plus de 100€.
Merci pour vos remarques que je prends, quelque part, comme un compliment "à peine voilé".
Sachez que j'apprécie, moi-aussi, la pertinence générale de vos interventions.
Ceci étant, et je persiste, je me gausse de cette mentalité "bobo gauchisante" - une fois encore "bien française" - selon laquelle ceux qui ont, quelque part, la chance de bénéficier d'une forme de "confort matériel" devraient en avoir honte et en éprouver de la gêne.
Je ne pratique pas, personnellement, la charité.
J'ai, en revanche, en tant que chef d'entreprise, pleinement conscience de ma responsabilité sociale et sociétale dans le contexte, très dégradé, d'un pays tel que MADAGASCAR.
Cette responsabilité s'exerce, principalement, à l'égard de mes salariés auxquels je m'efforce d'offrir des salaires et des conditions de travail "décents", nonobstant un environnement particulièrement "compliqué".
Pour autant, je n'ai aucune mauvaise conscience à gagner beaucoup plus que la grande majorité d'entre-eux.