J'ai passé un peu de temps sur votre site et en particulier sur la page concernant Cuba. C'est vraiment un beau projet que vous avez et généreux avec ça puisque vous allez loin dans les comptes rendus (petite pensée pour le camembert des finances 😉 ).
Je pense que vous avez eu un bel aperçu de la galère que c'est de vivre à Cuba.. et si preuve en est qu'on peut voyager comme ça je pense en effet que ce n'est pas transposable à tous les voyageurs.. mais pour des jeunes sans trop d'argent ça montre que l'on peut y arriver.
Si j'peux me permettre, et comme vous invitez à le faire sur le site, je voulais préciser ou rectifier certaines petites choses
Concernant le droit de voyager des cubains c'est un peu plus complexe, en fait il y a pas mal de cubains qui peuvent sortir mais le problème c'est d'obtenir un visa du pays dans lequel ils veulent se rendre.. et d'un autre côté il y a en effet l'Etat cubain qui empêche certaines personnes de sortir : notamment tout les cubains rattachés au ministère de la santé qui doivent obtenir leur détachement après quelques années pour envisager de quitter l'île. Le refus peut aussi être complètement arbitraire..
Mais les gens qui partent il y en a énormément.. c'est d'ailleurs un des nouveaux drames de ce pays je pense.. Les jeunes ne sont plus prêt à lutter pour que ça s'améliore, les meilleures conditions de vie ils vont les chercher ailleurs.. D'ailleurs, lutter, lutter mais contre quoi ? les USA, le capitalisme, les conditions de vie, le régime ? j'ai l'impression qu'il y a eu un glissement, doucement mais sérieusement, des raisons de la lutte..
Sinon le passeport n'est pas à 1000 CUC, il est aux alentours de 100, 200, je ne me souviens plus (ou moins ?) mais cela reste une somme énorme en comparaison des salaires officiels
" Comme si les cubains avaient peur de mourir de faim ou de ne jamais pouvoir se déplacer, ils se ruent toujours pour s'arracher les premières places. Surement un reste d'habitude des périodes difficiles" Ils peuvent avoir peur en effet.. et puis même si c'est pas de mourir de faim (quoi que si l'on s'en tient au rationnement on en est pas loin..) c'est juste du temps perdu en plus.. si vous ça vous a paru galère (et vraiment chapeau pour la patience!) eux vivent ça pour rentrer du boulot, voir la famille.. donc des choses du quotidien.. Après c'est comme pour tout, il y en a qui se lassent de pousser, courir, .. après quelques dizaines d'année mais en général, quand la queue est pas organisé c'est chacun pour sa pomme.
Pour leur critique envers le régime c'est vrai que quand ils ne sont pas en confiance ils n'iront pas critiquer ouvertement mais souvent ça s'exprime par l'humour, les insinuations, ils évitent de parler de Fidel en le nommant directement. Mais une fois que tu les côtoies c'est les pro régime que tu te mets à chercher.. et s'il y en a tu te rends très vite compte que c'est plus la perspective du ventre plein ou la peur que l'idéologie qui les mènent..
Concernant la ségrégation, si elle n'est pas visible à première vue et que professionnellement la discrimination se fait plutôt sur le plan politique, il y a beaucoup de racisme.. c'est d'ailleurs une des choses qui m'a le plus frappé et avec lequel j'ai encore du mal à composer quand je parle avec des cubains. La société blanche cubaine ne se mélangent pas facilement avec les noirs.. et n'allez surtout pas dire à un métisse même 'très foncé' qu'il est noir, ils sont très susceptibles! la couleur blanche comme critère d'esthétisme est très présent, très valorisé. Mais en fait ce qui les heurtent le plus c'est de voir des blanches sortirent avec des noirs (et pour un havanais si c'est un noir de l'Oriente olvidate eso!). Et chose encore plus étrange, ils font la différence entre les noirs cubains et les noirs étrangers.. Ces remarques sont celles que je me suis faite dans le milieu que j'ai fréquenté là bas, c'est à dire surtout des blancs, de niveau universitaire assez élevé, mais pas non plus des gens avec énormément d'argent (pas de poste dans le tourisme ou politiquement avantagé..), sans doute que d'autres personnes pourraient venir nuancer.
Sur vos remarques concernant la dictature à Cuba, il est presque évident que l'une a chassé l'autre.. (mais on ne vivait pas forcément mieux sous Batista) Le joli monde de Cuba c'est le paradis de la délation et du système schizophrénique. Tu disais qu'il n'y a pas de violence là bas, et en comparaison avec d'autres pays d'Amérique latine c'est vrai que c'est extraordinairement calme..maintenant la violence se manifeste autrement et surtout au sein des foyers (quand tu vis à plusieurs générations dans le même espace ou que tu dois continuer à cohabiter avec un(e) ex mari/femme ça peut facilement s'expliquer..). Le problème c'est que cet argument de la sécurité est très souvent mis en avant par les soutiens du régime à l'étranger.. alors oui c'est calme mais faut voir à quel prix.
D'un point de vue plus pratique, ce que vous dites à propos de la carte étudiante je n'ai pas eu la même chance que vous! Ayant été étudiante que 2 mois je n'ai pas fais les démarches à temps et je n'avais donc pas de carte de résidente temporaire (faire des études la bas te donne droit à ça) et bien même avec mon visa étudiant dans le passeport et le reçu de l'université pour le paiement il fallait que je négocie.. et pour certains endroits on m'a clairement jeté..
Les casas illégales c'est vrai que tu peux en trouver plus ou moins facilement et que ça peut être une solution si tu ne restes pas longtemps mais tu devrais préciser qu'il y a des risques comme d'autres l'ont déjà mentionné.
Et en fait, si beaucoup de choses sont faisables 'à la local' comme vous le montrez il faut en effet pas faire trop étranger et surtout maîtriser un peu plus qu'un minimum l'espagnol..
Plein de bonnes choses pour la suite de vos voyages!