J'aime beaucoup ce que dit Piratelife, je l'ai tellement ressenti, à plusieurs reprises je l'ai évoqué dans des récits. Cette impression de retrouver des sensations ou des aptitudes de nos ancêtres préhistoriques après plusieurs mois dans des conditions difficiles, ne plus sentir le chaud le froid, toujours aux aguets du temps et savoir que quelques soient les conditions on va partir. L’œil de l'homme préhistorique toujours tourné vers le ciel, très vite cela devient un réflexe dans les grandes bambées ([;)] Claudio).
Les chasseurs cueilleurs aussi cela nous a laissé des traces parmi les plus belles. La gigantesque émotion à courir le cèpe, cueillir la myrtille ou à pêcher la truite. Cette dernière action de pêche à la truite peut impliquer des sentiments très paradoxaux. Cet instinct d'attraper qui déclenche un plaisir difficile à décrire lorsque la touche se produit dans un torrent sauvage.
Bonjour Luc,
Je côtoie au quotidien des gens qui sont passionnés par le ramassage de champignons, la cueillette de fruits sauvages pour les confitures, certains par la pêche. Au vu de la joie que ça a l'air de procurer, je regrette de ne pas avoir y avoir été éduqué.
Tout ce que je connais des plaisirs de la nature, c'est un certain "inconfort" dont nous avons déjà parlé sur un autre fil, et que l'on retrouve dans l'itinérance à vélo (et que j'ai bien connu aussi d'une autre manière au boulot, car j'ai travaillé plus de 30 ans dehors par tous les temps).
Mais j'ai plutôt l'impression que c'est un héritage de la génération de mes parents qui ont connu aussi une vie plus proche de la nature... par exemple aller à l'école à plusieurs kilomètres à pied en bravant toutes les météos, être sensible à ce moment particulier qu'est le crépuscule, marcher dans le noir en se focalisant sur le cris de la chouette etc....
Disons que ces sensations m'évoquent plus cette époque très proche.
Mais bien sûr, si on prend par exemple l'endurance extraordinaire dont est capable notre corps...courir des heures (ce que n'ont jamais essayé de faire mes parents), notre héritage est évidemment plus lointain (certains disent que ces facultés d'endurance remontent à l' époque, pour le coup très très éloignée, ou nous étions des charognards...je ne sais pas s'il faut prendre ça au sérieux).
quand je ne sais pas où je vais dormir alors que le soir vient, et le vélo est un instrument admirable permettant cet état.
Oui, j'aime aussi cette incertitude [:)]
d'abord je suis étonné de constater qu’après des voyages à vélo on ressent tous un petit passage à vide, physique ou moral.
Pour ma part il est physique, depuis mon retour d'Argentine en décembre j'ai été cloué un mois par un mal de dos et j'ai attrapé la grippe.
Je crois très fermement à cette association du corps et de l'esprit tendus ensemble vers un but pendant la réalisation d'un beau projet, avec tout ce que ça déclenche, endorphine, vélothérapie... Puis au retour on baisse la garde et boum.
Possible qu'il en soit ainsi aussi pour tous les mouvements de la vie, des hauts engendrent des bas, alors une aventure géniale des moments de grand abattement qu'il faut gérer au mieux.
J'imagine que tu as dû te faire mal au dos pendant ton périple, mais que tu ne pouvais pas te permettre de te relâcher à ce moment là.