Salut Carine
Je vais terminer mon message commencé il y a une semaine.
Je te conseille en effet d'apporter une blouse, pour plusieurs raisons:il n'en possède pas beaucoup en rabeet vous serez très nombreux en stage l'été prochain... ce stage semble avoir un succès fou. Il y a deux ans, nous étions 2 de paris et 4 de nantes au mois de juillet, puis seulement 2 de paris et 1 de lyon (Grange Blanche) au mois d'aout. L'été dernier ils étaient presque 3 fois plus nombreux, et l'été prochain de ce que je vois vous êtes au moins 4 ou 5 de paris (des D2 que je connais), 8 de Montpellier et au moins toi de Lyon. A mon avis des gens de Nantes vont se pointer aussi. ca fait beaucoup mon sens, mais l'essentiel c'est de ne pas rester en france durant cet été entre la DCEM2 et La D3.porter une bouse va te crédibiliser vis à vis des patients (comme chez nous). La manière de se vêtir, et de se comporter semble avoir de l'importance en INDE, notamment pour maintenir et honorer son rang (système tout à fait en corréaltion avec le fonctionnement des castes. Or les médecins en INDE font parti des hautes castes. Et tu verras quand INde du Sud, malgré ce qu'on peut nous faire croire et faire croire aux indiens, les castes perdurent tranquillement...)
Concernant le matériel médical: je te conseille d'avoir beaucoup de prudence sur tes a priori. Ce n'est pas du tout péjoratif, mais je me souviens être arrivé en Inde après avoir fantasmé pendant plusieurs mois sur les conditions d'hygiène, sur les hôpitaux etc... Je suis naturellemnt arrivé avec des Boîtes d'antibio, des antipaludéens, des seringues... limites de quoi me perfuser tout seul, le matos d'HAD, le défibrillateur et tout...
TOUT d'abord je suis arrivé avec les mauvais antibio, car inactif sur les amibes et les shigelles, et puis de toute façon je me suis vite rendu compte qu'on trouvait tout sur place. L'INDE est le 2ème fabriquant de médoc au monde. ce n'est pas comme en afrique où la plupart des médicaments sont de faux médocs de contre-bande complètement inactifs, voire toxiques. En INDE il y a une vrai pharmacie à chaque coin de rue. et les médicaments sont très bon marché, surtout pour nous, car la vie en INDE est 6 à 8 fois moins chère...
MORALITé: ne te charge pas de médocs.
A propos des dispensiares et de l'éventuel don de matériels:
Encore une fois méfie toi de tes a priori. Evidemment Nalesnik a raison de te dire que tout don est bienvenu. Mais on ne fait pas à mon sens de l'humanitaire en apportant 3 compresses. L'Action Humanitaire nécessite, pour être utile et pérenne, une grande réflexion sur les buts et les moyens que l'on veut engager. Tu risques en apportant tes 3 compresses de te mettre dans une situation de malaise face à l'immensité de ce que tu aurais aimer apporter si t'avais su.., et surtout! face à la position dans laquelle tu vas te placer...: bon mécène occidental condescendant...
Parmi les étudiants qui étaient en Inde avec nous, un d'eux avaient apporter des bouquins de coloriage pour enfants. Il y en avait un trentaine. Quand il les a distribué, Nallam levait les yeux au ciel, parce qu'il n'y avait pas de crayons pour colorier les albums...
Tu peux apporter quelques compresses ou seringues... mais tu verras qu'il y a un Scanner dans la Clinic Nallam...
Attention aussi à l'orgueil. Nallam est un homme formidable, et formidablement orgueilleux. Nous avons découvert une médecine de qualité, en INDE du SUD. Et un niveau de formation très bon ( pour avoir rencontrer des externes et internes). Mais à écouter Nallam, la médecine classique occidentale exercée et enseignée en INDE, est la meilleure de l'Univers. Ce n'est probablement pas complètement vrai, mais ce n'est absolument pas complètement faux non plus. Alors, si tu te pointes, même avec la plus grande humilité, avec tes dons, tu te risques aux railleries de Nallam.
Pour finir sur notre utilité dans ce stage: ne cherche pas à te rendre utile. Il sera bien assez tôt le temps où tu te rendras utile en tant que médecin. Tu es en fin de D2. et bien tu peux espérer dans moins d'un an apporter beaucoup à tes patients. Parce qu'enfin, à ce moment là, sera venu le moment où ta gentillesse avec les patients ne sera plus seulement le masque sous lequel se cache l'incompétence (période que tout étudiant en médecine connait bien et redoute... ce qui nous amène tous souvent à finir par éviter nos patient, plutôt que d'affronter cette peur de l'incompétence...), mais surtout un aspect majeur de la thérapeutique: le réconfort moral.
Cherche surtout avec ce stage à prendre le meilleur de ce qu'on t'offriras. Imprégne-toi, de ce que tu verras, des impressions que tu auras, des personnes que tu rencontreras. N'esquive pas les rencontres. Evite les attitudes de colons, qui malgré notre bonne volonté ne nous échappe pas. Car les indiens ne sont pas dupes (mais je veux pas faire de généralité, car tu rencontreras heureusement des contre-exemples): nous sommes surtout des portes feuilles, et c'est bien vrai. Tu verras que même si tu habites dans la ville noire, que tu portes le Penjabi et le bindi, que tu te déplaces en vélos ( 20roupies pas jour: très bon plan au passage...) tu resteras une blanche.
En conclusion:
C'est une excellente idée de partir à ce moment là des études. L'année qui arrive pour toi est très difficile entre l'hôpital, les gardes, les TD et les conférences. Tu te rendras d'ailleurs compte que peu de personne (qui ne sont pas dans notre domaine) peuvent le comprendre...
En rentrant d'Inde, et après n'avoir ouvert aucun livre pendant plus de 2 mois, je suis arrivé 2ème à mon premier concours blanc alors que beaucoup avait ��tudié tout l'été... je n'ai jamais particulièrement brillé mais la sensation que j'avais en rentrant de ce stage, c'est d'avoir pris du recule, et de me sentir éveillé. Tu verras en faisant des dossiers d'internat qu'ils ne sont pas très difficile. Mais qu'en revanche si tu n'as pas cette sensation de plénitude, de "transversalité" comme on dit, tu passeras à côté d'éléments essentiels mais simples et de bon sens dans la prise en charge de tes malades. Note sur un carnet de stage ce que tu vois. Tu peux éventuellement prendre un peu de temps chaque jour, une heure en fin d'après midi pour reprendre ces notes tranquillement. laisse ça décanter un peu au mois d'aout, et attaque à fond ton année dès début septembre. La d4 se passera très bien à plusieurs conditions: que tu travailles dure en D3, que tu prennes tes dimanches pour te reposer et ne jamais travailler ce jour là sauf grande exeption (même si c'est dur à prendre commme décision, je te jure ça marche!), que tu profites du samedi soir et du dimanche pour passer du temps en couple ou avec tes potes (ça vaut surtout pour la D4 quand on n'a plus de garde).
Si t'as d'autres questions n'hésite pas. N'hésite pas non plus à me raconter comment ça se passe. Je pars en fin de semaine dans un endroit où je n'ai pas internet pour réviser, la dernière ligne droite avant l'internat qui a lieu les 12 et 13 juin. donc je ne pourrais pas écrire.
Dernier conseille: profite bien de ce que tu vis là-bas, et ne passe pas trop de temps sur internet, même si c'est très tentant quand on est loin de ses proches...
Tcho
Guillaume
Ps: je te conseille les "pori" dans la rue le soir en face du bar le Seagles au bout, au sud, de la route qui longe la mer, et du resto qui doit s'appeler "la terrasse" ou "veranda". Ce sont des délicieuses spécialités du nord...