Il discute avec les policiers et nous explique que c'est très grave d'avoir un briquet dans le train. C'est assimilé à substance explosive et donc interdit. Nous, on lui dit qu'on ne veut rien signer. Il esr d'accord avec nous pour dire que, 5000 roupies, c'est vraiement du racket. Il recommence à discuter avec eux, et au bout d'un certain temps, se tourne vers nous et nous souffle: bon, donnez leur 50 roupies, et partez tout de suite! Ce qu'on fait, et l'épisode se termine là. Le reste du voyage s'est déroulé très agréablement.
Voilà le genre de situation un peu stressante qu'on a rencontrée. Mais une fois encore, c'est toujours resté soft, et ça fait des souvenirs! [;)]
C'est le type même de situation où il ne faut pas hésiter à faire un maximum de ramdam public. Ces mecs là sont en général de faux policiers, et leur seule crainte est l'arrivée de VRAIS policiers. Aucun vrai policier ne vous arrêtera en Inde pour avoir un briquet dans le train, surtout si vous êtes étranger.
Dans ces situations, il ne faut pas hésiter à :
1. Faire bon usage de son statut privilégié de touriste et d'étranger.
2. Faire le maximum de ramdam pour faire connaitre votre probleme aux indiens autour de vous dont la majorité vous aidera contre les tentatives d'escroquerie. Ils connaissent eux-mêmes tous l'existence de ces traffics et des faux policiers, et n'hésiteront pas à faire appel à de vrais policiers pour démeler le vrai du faux.
Je me suis trouvé dans une situation ayant quelques similitudes, à Agra, capitale indienne, et probablement mondiale, de l'arnaque organisée.
J'attendais un ami, avant de prendre ensemble un train en soirée, dans le petit parc qui se trouve en face de la Gare d'Agra Fort, le longe des remparts du Fort. A la nuit tombante, je sors du parc où j'avais passé un bout de l'aprés-midi en lisant, m'amusant avec les singes, etc... Sur le chemin de la sortie du parc, je croise un prostitué travesti qui me demande 100 Rps. Je lui ris au nez, en continuant vers la sortie. Là, il se met à siffler, et apparait soudain un policier en uniforme, que j'avais déja croisé auparavant dans le parc, qui se met à me questionner en hindi, et sort un telephone portable pour appeler des collegues, avec un air trés sérieux... Comme je comprends trés vite le coup qu'on est en train de me faire, je profite de son coup de fil pour prendre tres vite le chemin de la sortie et de la rue, fort heureusement juste à coté. Il me rattrape bien sur, et tente de m'arracher mon sac à dos, dans lequel j'ai mes papiers, passeport, argent, etc. C'est là que j'ai eu la confirmation que c'était un fau flic, plus interessé à me racketter qu'à m'arreter pour des raisons inventées. Donc je crie, j'appelle aus secours, j'appelle la police. Un attroupement se forme trés vite autour de moi, qui me protege en quelque sorte. Deux camps se forment : le "flicé donne (en Hindi) sa version à ceux qui demandent ce qui se passe. Je ne comprends pas tout, mais j'imagine qu'il m'accuse d'avoir "consommé" sur place avec le travesti, ce qui est évidemment faux. Mais un passant me le renvoie à la figure en acquiescant à mon "arrestation"... La majorité des autres indiens, heureusement, n'est pas dupe, et a déjà appelé la vraie police. Au bout de quelques minutes qui me paraissent une éternité, le faux flic me lache et me dis de dégager, car il sait imminente l'arrivée des vrais flics. Ceux-ci arrivent en effet, juste apres que le faux flic n'ait pris la tangeante. Je pars avec eux au commissariat pour raconter ce qui s'est passé, et porter plainte pour agression. Ils ont été trés civils et tres comprénsifs. Mais ils ont aussi trés vite compris que je n'avais pas tout mon temps car j'avais un train à prendre dans l'heure et demi qui suivait. Donc ils m'ont emmené dans un autre commissariat à l'autre bout de la ville (soit disant la "police touristique") qui m'a informé que porter plainte impliquait une longue procédure devant un tribunal indien, avec évidemment une présence nécéssaire, etc... Autant dire :"ca ne sert à rien de porter plainte, mon brave monsieur, sauf si vous voulez dépenser du temps et de l'argent inutilement". J'ai donc laissé tomber et on m'a ramené à la gare, ou j'ai pu enfin retrouver mon ami (avec une bonne heure et demi de retard), sauter dans mon train, avec un t-shirt en lambeaux, et une mine décomposée.
Quelques jours plus tard, prés de la Gare de New Delhi, j'ai encore eu une histoire avec un flic qui a encore tenté de me racketter, alors que j'avais commencé à discuter avec un mendiant, manifestement fumeur d'herbe, qui installait son gourbi pour dormir dans la rue. Le flic a commencé à insinuer que forcément, je faisais du traffic avec ce mec (ce qui était faux, vu que je n'ai jamais fumé ne serait-ce qu'un seul joint de ma vie, ni même une cigarette...) Ce qui m'a sauvé du commissariat, c'est que je n'avais pas une roupie sur moi, et que je venais de donner au mec un petit savon -- comme j'en ai parfois dans mes poches pour donner aux plus indigents--. Il a vu qu'il n'aurait rien à tirer de moi et à laissé tomber l'affaire.
Donc, sans vouloir non plus etre complètement parano, MEFIANCE avec les flics, les vrais et les faux, d'ailleurs, car le racket au bakchich semble une pratique en progression constante. L'Inde, qui se targue d'être "la plus grande démocratie du monde" n'est qu'une gigantesque anarchie où les plus forts, les plus puissants et les plus rusés font seuls la loi. La justice et la police ne sont plus que des réseaux de mafieux, dont la population indienne elle-même se tient écartée autant que faire se peut.
A part ça, vous rencontrerez, à coté de nombreuses crapules sans éthique ni vergogne, de nombreux indiens accueillants et charmants et généreux. Sans céder à la paranoia, soyez toujours VIGILANTS, et surtout, faites preuve de bon sens (même si le bon sens, en Inde...)