Bonjour,
pour information, voici ce que m'a répondu l'ambassade d'Islande à ce sujet en 2006 :
"Chasse à la baleine :
Le point de vue de l'Islande
L'ambassade d'Islande accuse réception de votre courrier relatif au
programme islandais sur la chasse à la baleine et vous remercie de
l'intérêt que vous y portez.
L'ambassade est en mesure de vous assurer que l'Islande n'a aucune
intention de chasser les espèces de baleines menacées d'extinction,
autrefois chassées massivement par d'autres nations. La reprise de la
chasse à la baleine par l'Islande est limitée exclusivement aux espèces
dont les stocks sont abondants et est conforme avec sa politique globale
pour une utilisation durable des ressources marines.
Il existe plusieurs pays baleiniers et certains chassent la baleine à une
échelle autrement plus importante que l'Islande. Les pays membres de la
Commission Baleinière Internationale de tradition baleinière les plus
importants sont les Etats-Unis, la Russie, la Norvège, le Japon et le
Groenland. Les opérations baleinières effectuées par tous ces pays, ainsi
que par l'Islande, sont durables, légales, et en conformité avec la
règlementation de la Commission.
L'Islande a pour priorité absolue la nécessité de préserver la richesse et
diversité des océans. L'économie nationale dépend précisément de ces
ressources, qui représentent environ 60% des revenus à l'export et près de
40% de la totalité des exportations islandaises en biens et services. Un
déséquilibre écologique dans les eaux islandaises provoqué par la
surexploitation ou d'autres raisons, auraient des conséquences dramatiques
pour la survie du peuple islandais.
Nul n'ignore que l'Islande a été l'un des premiers pays à avoir porté sa
zone de pêche à 200 milles nautiques en 1975, afin d'empêcher la pêche non
contrôlée autour de l'Islande par les chalutiers provenant d'autres pays.
Depuis lors, l'Islande a pris toutes les mesures pour assurer une
utilisation durable de ses ressources marines, en appliquant un système de
gestion rationnelle pour plusieurs espèces de poissons, tels le cabillaud,
le hareng et le capelin.
L'Islande a donné l'exemple par son travail de pionnier dans ce domaine,
suivie en cela par de nombreux pays soucieux d'éviter la surpêche. Les
quotas annuels pour les prises de poissons et de baleines sont fixés selon
les recommandations des scientifiques qui observent régulièrement
l'évolution des stocks, de sorte que la pêche soit durable.
Depuis plusieurs années, l'Islande constate que des recherches approfondies
sur les baleines doivent avoir lieu, afin de mieux connaître l'interaction
entre les stocks des différentes espèces et des autres espèces marines, et
le rôle des cétacés dans l'écosystème. Et c'est ainsi que l'Islande a mis
sur pied un programme de recherche sur le petit rorqual (ou baleine de
Minke) dès 2003. Jusqu'à présent 161 petits rorquals ont été capturés, la
fin des recherches devant avoir lieu en 2007 avec un total espéré de 200.
Les quotas de baleines tiendront compte du nombre de baleines capturées
dans le cadre du programme de recherche, afin que le nombre total reste
bien en-dessous des niveaux durables.
Il existe de nombreuses espèces de baleines et des stocks abondants dans
les océans, en plus ou moins bon état. Cependant, bien que certaines
espèces doivent être protégées, la plupart sont loin d'être menacées ou en
danger d'extinction. Par exemple, les stocks de rorquals du milieu de
l'Atlantique-nord, s'élèvent à 70.000, dont 43.600 se trouvent dans les
eaux islandaises. Dans le même environnement, le rorqual commun compte
25.800 individus. Ces estimations ont été approuvées par les comités
scientifiques de la Commission Internationale Baleinière (CBI) et la
Commission pour les Mammifères Marins de l'Atlantique Nord (NAMMCO).
Par sa décision de reprendre la chasse durable à la baleine, l'Islande
compte capturer pendant l'actuelle saison de pêche, à savoir jusqu'en août
2007, 30 baleines de Minke et 9 rorquals communs. Le total des captures
islandaises de rorquals s'élèverait alors à 69 pour cette année, y compris
les rorquals pris à la fin du programme de recherche. Ces captures
représentent moins de 0, 2% des rorquals vivant en eaux islandaises, une
proportion encore moindre du stock total, et moins de 0, 04% des rorquals
communs du milieu de l'Atlantique Nord. On estime que les deux espèces sont
proches du niveau de pré-exploitation et le nombre de captures annuelles
durables s'élève à 200 pour les rorquals communs et à 400 pour les baleines
de Minke. Le quota des captures ayant baissé, les captures n'auront pas
d'impact significatif sur l'esemble de la population baleinière. Une
gestion responsable garantira que le quota de captures ne sera pas dépassé.
Les prises sont limitées et donc en accord avec le principe de
développement durable.
La reprise de la chasse par l'Islande est légale selon la loi
internationale. Au moment où l'Islande adhéra de nouveau à la CBI,
l'Islande avait exprimé sa réserve au sujet du soi-disant moratoire sur la
chasse commerciale à la baleine. L'Islande s'était engagée à ne pas
autoriser de chasse commerciale avant 2006 et depuis cette date, de ne pas
l'autoriser tant que la Nouvelle Procédure de Gestion (NPG) de la CBI
n'avait pas été négociée.
Lors de l'Assemblée Générale de la CBI en 2005, l'Islande exprima
officiellement ses regrets que les discussions sur la NPG n'avançaient pas.
Lors de l'AG de 2006, l'évaluation de la situation faite par l'Islande
s'avéra malheureusement juste, la CBI ayant confirmé que les discussions
avaient échoué. Par conséquent, l'Islande ne se sent pas tenue de respecter
le soi-disant moratoire sur la chasse commerciale. Sur ce point, l'Islande
se trouve dans la même situation que les autres pays membres de la CBI non
liés par le moratoire.
L'Islande est l'un des premiers pays à avoir mesuré l'importance de la
préservation des espèces baleinières. Dès 1915 l'Islande avait interdit la
chasse aux grandes baleines dans ses eaux lorsqu'apparurent les premières
alertes à la surexploitation baleinière. Excepté quelques petites prises
entre 1935 et 1939, la chasse ne fut reprise qu'en 1948. Une règlementation
rigoureuse sur la chasse à la baleine a été appliquée par l'Islande entre
1948 et 1985, lorsque toute opération baleinière avait été stoppée par
décision de la CBI.
L'Islande s'est toujours fait le champion d'une collaboration
internationale pour défendre une gestion durable des ressources marines, y
compris des baleines, et ne s'est jamais départie de cette volonté, y
compris au sein de la CBI, fondée sur la Convention Internationale pour la
Règlementation de la chasse à la Baleine de 1946. Le rôle affirmé de la CBI
est de pourvoir à la bonne conservation des stocks, de sorte que
l'industrie baleinière puisse se développer d'une façon ordonnée.
Le point de vue de l'Islande rejoint ainsi les préoccupations de toutes les
nations soucieuses de la protection des espèces.
Des informations supplémentaires sur la gestion des ressources marines
islandaises sont disponibles sur www.fisheries.is, et sur les projets de
recherche sur les baleines et autres mammifères marines dans l'Atlantique
nord sur www.hafro.is et sur le site de la Commission Mammifère de
l'Atlantique Nord www. nammco.no"
Chaque retour de voyage me permet d'apprécier davantage la beauté des paysages de France.