Un voyage haut en couleurs en Islande

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Original post
YU
Bonjour à tous. 4 mois après la Laponie (voir carnet ici : http://voyageforum.com/discussion/laponie-en-chaleur-en-fin-hiver-2014-d6524526/), j'ai décidé de passer le début d'été en Islande. Vous l'avez compris, je raffole de la Scandinavie.

Pour ce voyage, changement de programme : j'y suis cette fois allé seul, involontairement, après moult tergiversations de mes amis. Et alors que j'entendis toutes sortes de remarques négatives dans mon entourage comme notamment "tu vas t'ennuyer" ou "c'est dangereux", cette expérience a au final été une énorme réussite, à tel point que je compte organiser mon prochain voyage une nouvelle fois en solo.

Je suis parti du 26 juin au 14 juillet, pour profiter du soleil quasi permanent, et pour avoir le moins de pluie possible, tout en profitant de l'ouverture des pistes. Les déplacements se sont faits en bus via le Highland Circle Passport de Reykjavik Excursions et avec quelques bus locaux. Toutes les nuits (sauf à Reykjavik) se sont passées en camping.

L'itinéraire :

J1 : Reykjavik ; Cercle d'Or J2 : îles Vestmann J3 : cascades Seyjandlafoss et Skogarfoss ; Vik et sa plage J4 : cratères du Lakagigar J5 : Klaustur J6/J7 : parc national de Skaftafell J8 : lagune glacière de Skaftafell ; lac Jokulsarlon J9/J10 : Landmannalaugar J11 : désert de Sprengisandur J12 à J14 : autour de Myvatn J15 : Godafoss ; Akureyri J16 : Akureyri J17/J18 : Kerlingarfjoll



Préparatifs

Comme je ne voulais pas avoir de sac trop lourd, j'ai préféré acheter la nourriture sur place. Ainsi, j'ai amené deux sacs : un sac Bariloche de 50L (800g vide, 11 kg une fois rempli), et un sac de 28L pour les randos à la journée. J'ai en revanche mal choisi mes chaussures, qui ont vite été victimes des sols boueux islandais. Au niveau des vêtements, j'ai opté pour une grosse veste d'hiver, et d'une veste qui fait office à la fois de coupe-vent et de protection contre la pluie. Ensuite, plusieurs t-shirts à manches longues, 3 pulls, et des gants, utiles dans les hautes terres.

Modèle de tente : Mountain 2 DLX, achetée 119 €. Elle a très bien résisté au vent et à la pluie, sauf un matin au Landmannalaugar, où des rafales à 120 km/h sans interruption m'ont contraint à ranger la tente pour éviter qu'elle ne se déchire.

Sac de couchage : MICROPAK 1200, acheté 59 €. Temp confort : 3°C ; temp limite : -1°C ; temp extrême : -12°C. Il m'a bien tenu chaud, sauf un soir au Landmannalaugar où les températures étaient légèrement négatives.

Matelas : Essential Light Mat, de la marque CAMP, acheté 43 €. Matelas qui contrairement à ce que j'ai pu lire laisse très peu passer l'humidité du sol. Matelas confortable, hyper léger, long, mais manque de largeur (seulement 45 cm).
LI
Bonsoir Yuri, Je me régale de lire les sujets à propos de l'Islande, je patiente pour voir les belles couleurs que tu nous as ramenées. [:)]
YU
26 juin : Reykjavik et le Cercle d'Or :

Décollage de Barcelone la veille à 23h via la compagnie Wow Air, et arrivée à Keflavik à 1h30 du matin heure d'Islande. A la sortie de l'aéroport nette différence de climat. Passer de 25 à 10 degrés c'est grisant. Le temps n'est en revanche pas au beau fixe, avec un ciel complètement bouché et une petite pluie. Il ne fait pas nuit, même si tout est quand même assez assombri à cause des nuages.

Le trajet jusqu'à la capitale se fait via le Flybus, une navette payante (3500 kr l'aller-retour) dont le trajet dure 45 minutes. Nous arrivons au terminal BSI à 3h, heure du lever du soleil. Comme je dois attendre jusqu'à 10h pour faire le Cercle d'Or, c'est maintenant que va se faire la visite de la ville. La pluie a cessé, reste une bruine beaucoup moins désagréable.

Je tente un chemin au hasard et je me retrouve directement devant l'Eglise Hallgrimskirkja, et sa statue du viking Leifur Eiriksson, le fils d'Eric le Rouge. Achevée dans les années 80, elle est tout simplement de toute beauté.





Il n'y a pas un chat, j'ai dû croiser 5 personnes, comme une sensation d'avoir la ville pour moi tout seul ! On continue avec le célèbre drakkar miniaturisé, avec en arrière-plan le fjord de la ville.



La visite express se termine avec quelques lacs et statues non loin du terminal BSI, très charmants et apaisants.





Je retourne au terminal à 6h pétantes, où je récupère mon passeport pour les bus, avant de m'endormir pour quelques heures.

A 10 heures, c'est parti pour le Cercle d'Or ! Pour rappel, ce nom symbolise trois des sites les plus touristiques du pays, à savoir le parc de Thingvellir, la zone géothermique de Geysir et son geyser actif Strokkur, et la cascade Gullfoss, le tout accessible facilement et faisable en une journée, voire une demi-journée. Sur le chemin, le fjord de Reykjavik se dévoile dans toute sa splendeur, première claque du voyage.

Une fois arrivés à Thingvellir, la bruine s'arrête, et le ciel nous laissera définitivement tranquille pour la journée. Le chauffeur nous laisse une heure pour se promener à travers les paysages verdoyants du parc abritant la maison de campagne du Président de la République islandais.







Beaucoup plus loin, la zone géothermique de Geysir, avec le geyser inactif du même nom, et le seul geysir actif du pays qui a pour nom Strokkur, et qui peut cracher toutes les 5 à 10 minutes jusqu'à une hauteur de 40 mètres. J'ai été assez bluffé, notamment par la sorte de grosse bulle bleue qu'il fait juste avant de cracher. Malheureusement mon appareil n'a pas été assez rapide pour immortaliser l'un de ces instants.







Le Cercle d'Or s'achève avec la belle double cascade Gullfoss, mais qui est loin d'être la plus belle par rapport à celles que je verrai plus tard. Il est difficile de circuler ici avec la forte affluence et le peu de places juste devant la cascade. Mais il y a plusieurs points de vues qui permettent de bien profiter.





L'excursion se termine à 18h30 avec le retour à Reykjavik, où je n'ai pas longtemps traîné avant de prendre un autre bus, qui va me laisser à Hvolsvollur, un village près du port de Landeyjahöfn, où je prendrai le bateau demain pour rejoindre les îles Vestmann. 2 heures de route pendant lesquelles je ne verrai absolument rien depuis les fenêtres du bus tant le temps est exécrable, entre pluie et brume. Une fois à Hvolsvollur la pluie cesse de tomber, je peux planter tranquillement ma tente au petit et sympathique camping du village, situé à 100 mètres de l'arrêt de bus.
KR
Salut Yuri,

Je devine déjà que ton voyage a été une réussite et je ne manquerai pas de guetter la suite, le parcours a l'air d'être original, plus axé sur les déserts du Centre.

A+ pour te lire ! [:)]
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
HO
Bonjour,

Merci pour ce beau début de parcours. Je guetterai moi aussi la suite, notamment les Vestmann où je compte me rendre le mois prochain. A ce propos, y a t'il une liaison en bus entre Hvolsvollur et Landeyjahöfn ?

D'avance merci et à bientôt pour la suite.
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
YU
Bonjour,

A ce propos, y a t'il une liaison en bus entre Hvolsvollur et Landeyjahöfn ?

Bonsoir, oui il y a une liaison en bus mais elle est assurée uniquement par les bus locaux. J'en parlerai en détail dans le jour 2 [;)]
HO
Merci beaucoup, cela répond parfaitement à ma question.

J'attendrai donc la suite du récit pour en savoir plus. Tu sais tenir tes lecteurs en haleine [;)]
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
YU
27 juin : les îles Vestmann

Horaires de la ligne 52 Reykjavik ==> Landeyjahöfn (Straeto) : http://www.straeto.is/media/sumar-2014/52.pdf

Horaires du ferry : http://eimskip.is/EN/iceland_domestic/herjolfur/Siglinga%C3%A1%C3%A6tlun.html

Lever à 7h pour avoir le temps de ranger la tente, car c'était une toute première pour moi et je dois avouer que j'ai mis du temps à tout démonter. Heureusement avec l'habitude ça se fait beaucoup plus vite. Direction la station-essence N1 de Hvolsvollur où se trouve l'arrêt de bus de la ville. Ces stations-essence sont vraiment très pratiques, car souvent ce sont les seules qui proposent de la nourriture à des prix corrects (plus chers que dans les supermarchés cela dit), et c'est dans la majorité des cas à ces stations que se trouvent les arrêts de bus, locaux ou touristiques. C'est un bus local (compagnie Straeto) que je vais prendre pour me rendre au port de Landeyjahöfn , ce sont les seuls à s'y rendre. Le mieux pour mon cas, puisque j'avais un passeport pour les bus, a été de faire le trajet à partir de Hvolsvollur pour payer le moins cher possible. Ainsi, le prix a été de 2100 kr pour l'aller-retour.

Les horaires des bus ont été choisies de telle sorte à arriver suffisamment à temps pour prendre un ferry pour se rendre aux îles Vestmann. J'ai pu récupérer le premier de la journée à 10h. La traversée dure 35 minutes, coûte 1260 kr (2520 l'aller-retour), et se fera dans une épaisse brume.

A l'arrivée au port de Heimaey la ville principale de l'île, tout n'est que brume et bruine. La visibilité est très mauvaise mais il ne fait pas froid, et je me dirige sans plus tarder au camping, qui est quand même à 2 km du port.

Plus voyant que ça, ça n'existe pas !

A partir de 13h, tout se dégage petit à petit, laissant apparaître le vrai visage des Vestmann : les montagnes et le volcan.





Je comptais faire l'ascension du volcan, hélas je n'ai jamais trouvé le chemin une fois arrivé au pied. Mais d'en bas c'est déjà très impressionnant. De toute façon la brume en a recouvert une bonne partie très rapidement.



On ne le voit pas bien, mais le volcan est de couleur rougeâtre.

Retour au camping en fin d'après-midi, je me rends compte que des gens montent les sortes de grosses falaises juste à côté, et je me décide de faire de même. La montée n'est pas des plus évidentes, mais le panorama est incroyable une fois à la moitié du chemin.



Arrivé au sommet, quelque chose d'inattendu se produit devant mes yeux. Une vue incroyable sur l'Océan et sur le glacier Myrdal. Je ne m'attendais pas du tout à une telle chose.





Le soleil est aveuglant (on ne va pas s'en priver), le vent est fort, mais qu'importe je vais rester une bonne heure pour contempler. A tel point que je retournerai ici vers 23h pour assister à l'un des rares couchers de soleil que je verrai dans ce voyage...

... et à la seule fois à la présence de macareux.

HO
J'ai bien fait d'attendre, je gagne les horaires de bus en prime, merci !

Belles lumières et belle vue depuis les falaises [;)]

A+
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
YU
28 juin : cascades Seyjandlafoss et Skogarfoss ; plage noire de Vík

Après une journée aux Vestmann synonyme de marche intensive, la fatigue se fait ressentir au réveil. Heureusement cette nouvelle journée ne devrait pas être épuisante, puisque je me contenterai de prendre un bus jusqu'à Klaustur, avec uniquement des arrêts de quelques dizaines de minutes.

Retour sur Hvolsvollur après avoir repris le ferry et un bus local, pour récupérer la ligne 20 de Reykjavik Excursions. Le ciel est légèrement couvert mais il ne fait pas froid et il ne pleut pas. Le bus commence par faire un arrêt de 20 minutes devant la belle cascade de Seyjandlafoss, et son décor verdoyant et fleuri.





Un peu plus loin, arrêt de 30 minutes au camping de Skogar, où se trouve la puissante cascade Skogarfoss et surtout le départ du célèbre trek du Laugavegur qui se termine au Landmannalaugar.





Après des Vestmann quasiment désertes de touristes, voilà que je retrouve des sites beaucoup plus prisés, autant que ceux du Cercle d'Or. Mais une fois arrivé à la plage de Reynisfjara, ce sera plus calme. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit de la plage de sable noir proche de la ville de Vik i Myrdal, réputée comme la plus pluvieuse de l'Islande. Pourtant il fait beau, preuve que le temps ici est souvent imprévisible (ou que j'ai juste eu de la chance).



La grotte où se sont réfugiés trois trolls accostant en bateau, peu avant d'être transformés en pierre sous l'effet du soleil. Tout ceci est évidemment à prendre avec des pincettes.

Lorsque c'est dégagé, nous pouvons voir les falaises de Dyrholaey, où cohabitent plein de macareux. L'accès y est interdit de mai à fin juin, pendant la période de nidification.

Dernier arrêt à Vik i Myrdal, cette fois d'une heure, où je vais pouvoir déjeuner non loin de la plage, avec une vue magnifique sur le village et sur les lupins, le tout accompagné d'un ciel tout bleu et d'une température de 22°C.





Le trajet final de la journée s'effectue donc entre Vik et Klaustur. Changement brutal de paysages sur la route, tout devient volcanique, un peu comme la route entre l'aéroport et Reykjavik, en plus spectaculaire tout de même. 10 km avant d'arriver, j'aperçois l'entrée de la piste F206 qui permet de se rendre au Laki, mais je ne sais pas encore quand je la prendrai. Comme mon passeport me permet de revenir sur mes pas après être allé à Skaftafell, je préfère réserver l'excursion au Laki pour un jour un minimum ensoleillé.

J'arrive à Klaustur à 15h, où je me dirige au camping noir de monde après avoir acheté quelques provisions. Le camping est occupé en grande partie par des Islandais, qui profitent du week-end pour s'offrir des vacances. Le reste de la journée se fera dans la tente, mes jambes ont besoin de repos.

Je jette un coup d'oeil à la météo en "profitant" du Wifi sans clé de l'hôtel Icelandair non loin du camping : il devrait faire très beau demain au Laki, je sais donc où je me rendrai.
YU
29 juin : cratères du Lakagigar

Départ de Klaustur à 9h, par la ligne 16 qui effectue chaque jour un circuit dans les cratères du Lakagigar. Etant en possession d'un passeport, j'ai bénéficié d'une réduction de 10 %, ce qui m'a coûté au final 10 800 kr (70 €). Une petite dizaine de personnes est dans le bus, c'est parfait.

Une fois le départ de la F206 franchi, nous nous arrêtons au canyon de Fjathrargljufur, pour 30 minutes de brève promenade.





Nous reprenons la route, qui devient de plus en plus cahoteuse au fil des kilomètres. A l'intérieur, nous sommes tous remués.

Second arrêt de la journée : la cascade de Fagrifoss, qui enterre largement celles que j'ai vues jusqu'à présent.



Une fois arrivés devant la cascade, le soleil se dévoile et le ciel est bien dégagé. Il fait chaud (20°C) et il n'y a pas de vent : le temps idéal pour les moucherons, qui sont venus en nombre pour s'accrocher sur nos pauvres visages sans défense !

Au bout d'une heure de route nous apercevons enfin les cratères. Nous sommes dans un décor géant et lunaire, l'impression d'être sur une autre planète. S'en suit l'arrêt principal de l'excursion au pied du Laki, pour 2 heures de randonnée et d'ascension. Dès les premières minutes les points de vue s'enchaînent, offrant à nos yeux un gigantesque panorama volcanique.







La montée se poursuit, et les claques s'enchaînent.



Une fois arrivés au sommet après une ascension plutôt simple, le vent souffle violemment, et nous avons un panorama complet sur les cratères.





S'en suit la descente devant le tant attendu volcan du Laki, entré en éruption en 1783. En plus d'avoir engendré la mort du quart de la population islandaise, le nuage de cendres était arrivé jusqu'en France, décimant une grande partie du bétail. Cette catastrophe a été une des causes principales de la Révolution Française.



Nous reprenons le bus à 14h. L'excursion est terminée me direz-vous ? Et bien non, le chauffeur va nous déposer au lac de Tjarnargígur, où nous avons eu l'occasion de faire une promenade sur une heure très sympathique.







Nous sommes de retour sur Klaustur à 18h30, où le temps est toujours aussi clément. Il n'y a quasiment plus de tentes et de campings-cars, le silence sera de mise ce soir pour se reposer après cette riche journée que je n'oublierai pas de si tôt.
YU
30 juin : un temps exécrable à Klaustur

Le début de la fin en quelque sorte. La météo d'aujourd'hui ne fait pas autant plaisir que les précédents jours. Beaucoup de périodes de pluie, et des températures qui se sont bien rafraîchies (11°C). Ce faisant, cette journée a été l'occasion de se trouver une occupation dans la tente ; heureusement que j'ai amené de quoi bouquiner !

Oui j'aime le Skyr.

Vers 14h, je vais charger mon téléphone dans la cuisine du camping, sous une pluie battante. C'est là que vont débuter mes premières rencontres. Je fais connaissance avec deux françaises qui ont décidé de faire le tour du pays à vélo, en passant par les hautes terres, et avec deux autres français qui eux repartent le lendemain.

A 16h, la pluie se calme, et je décide tant bien que mal d'effectuer la randonnée principale non loin du village, mais je me fais aussitôt attaquer par des sternes arctiques qui n'aiment visiblement pas le fait que je passe par là. Je rebrousse chemin, et la pluie repart de plus belle. Génial.

Voilà la seule photo que j'ai pu prendre de Klaustur. Au moins c'est pas moche.

Et comme jamais deux sans trois, une tempête a été prévue pour les deux jours suivants dans une grande majorité du pays. Mon choix a été de prendre le bus de 19h direction Skaftafell, en espérant que la tempête s'arrête à Klaustur (ce n'est pas de la naïveté, simplement de l'espoir, quoique...). Je plante ma tente dès mon arrivée, où je fais connaissance avec deux autres français, qui vont d'ailleurs m'accompagner pour les prochains jours.

Vous l'avez compris : journée pourrie. Et la tempête qui s'annonce ne va certainement pas arranger la situation actuelle.
KR
J'allais justement te dire que tu avais plutôt eu de la chance avec la météo jusque là mais le nouvel épisode à Klaustur vient le démentir. Mais n'empêche que pour le Laki tu as eu plus de chance que d'autres apparemment [;)]

Bref, tu as eu un temps... d'Islande, ce qui est normal !

A+ pour voir si le ciel redevient plus clément [:)].
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
JD
Salut,

J'ai fait le contraire de toi. Habitué aux voyages en solo aux USA, j'ai opté pour un voyage accompagné en petit groupe en Islande, principalement à cause des prix (location 4X4). Mon trajet était un peu similaire au tien mais dans le sens inverse, et centré sur 4 sites principaux : Kerlingarfjol, Mivat, Landmannalaugar, Skaftafell (3 nuits en bivouac dans chacun des trois derniers, deux au Kerlingarfjol). Au final, un super voyage et quelques éclaircies propices aux photos que je ne tarderai pas à publier. Je ne peux que recommander l'agence 66°nord, même si la réussite dépend aussi du guide (Julien, excellent guide et cuisinier) et du groupe (soirées sous la tente mess ponctuées de grands moments de rigolade).

@+ Patrice
"Faut pas trop tenter le diable, cet enfoiré ne reste jamais très longtemps sans réagir..." Johnny Dakota (le vrai)
YU
1er et 2 juillet : le calme avant la tempête,

du moins pour la matinée du 1er juillet, qui a permis d'effectuer l'une des nombreuses randonnées du parc national de Skaftafell. Il fait froid (7°C, principalement dû au fait que nous sommes près d'un glacier), et tout est envahi d'une épaisse brume, si bien que l'on ne distingue même pas le Vatnajokull, le glacier le plus grand d'Europe, depuis le camping.

C'est parti pour une courte ascension jusqu'à la cascade de Svartifoss. Une marche rapide d'un peu moins de 30 minutes où tout n'est que verdure et cascades qui s'enchaînent.





Un peu plus loin, Svartifoss et sa colonne de basalte s'affichent.



Il y a beaucoup de touristes ici. Je me dirige maintenant complètement au hasard vers une nouvelle randonnée, et je me retrouve dans un brouillard ahurissant. Ma visibilité est de 20 mètres, et je me contente de suivre le sentier sans rien voir du tout. Puis au bout d'un moment j'aperçois des ombres, des touristes italiens venus en nombre qui ont l'air de repartir déçus. Je fais le chemin inverse avec eux, et je prends une sorte de raccourci pour revenir au camping. Ce nouveau chemin m'amène sur les hauteurs du parc, où j'ai la chance d'avoir un gigantesque panorama verdoyant.







Le retour au camping se fait aux alentours de midi, peu avant le début de la pluie. A partir de 14h la tempête commence, une pluie de plus en plus forte et des rafales font bouger la tente de tous les côtés, qui résiste bien.

La tempête va se prolonger toute la journée, toute la nuit, et tout le lendemain. Les températures chutent et frôlent même les 0 degrés en soirée et en matinée. Un jour et demi d'ennui où le seul moyen de s'occuper est le dialogue, la musique... et le Skyr.
YU
3 juillet : de la tempête, à l'une des plus belles journées du voyage

Horaires de la ligne 51 Reykjavik ==> Hofn (Straeto) : http://www.straeto.is/media/sumar-2014/51.pdf

Lever à 7h, et surprise à la sortie de la tente : ça y est le magnifique Vatnajokull est là, on le voit très bien, et le ciel n'est plus menaçant. Il y a encore de la grisaille, mais la brume a disparu. C'est le moment d'aller se dégourdir les jambes !

Direction la lagune glacière du Vatnajokull, pour une boucle de 13 km à travers glaces et montagnes. La tempête a causé quelques inondations, et les chemins sont très boueux.

Après seulement une poignée de kilomètres j'aperçois une partie de la lagune.



Une petite montée, et la lagune apparaît dans toute sa splendeur, pour notre plus grand bonheur.







C'est à ce moment-là que je me rends compte que c'est ce chemin là que j'avais emprunté il y a 2 jours dans la brume. Je comprends maintenant pourquoi les Italiens étaient si déçus de ne rien voir.

Je tombe sur un couple tchèque très gentil et accueillant, avec qui je fais le reste de la randonnée. Trois traversées de névés et une chute plus tard, nous nous retrouvons en face d'une charmante montagne. Nous n'avons pas tenté la montée du Kristinartindar, préférant la laisser aux plus courageux.







La boucle se termine dans la verdure du parc, où la poésie prend le dessus.



L'après-midi sera consacré au site que j'attendais le plus, le lac Jokulsarlon. Je prends le bus 51 de la compagnie Straeto, départ 14h10, et pour seulement 1400 kr l'aller-retour. J'arrive sur place 45 minutes plus tard, dans un parking inondé de voitures et de bus. Les touristes sont tassés autour du parking à prendre des photos, mais je compte bien profiter de mes deux heures d'arrêt ici pour longer l'une des rives du lac.

Dès les premières minutes le charme opère. Il suffit de marcher 200 mètres pour se retrouver presque seul, et de se rendre compte de la beauté du site. Ici le silence est d'or, les icebergs flottent sur l'eau pure du lac, et de temps en temps un des plus gros icebergs se détache, occasionnant un énorme bruit instantané.



Même les canards profitent du spectacle.

Le ciel est très spécial, bleu d'un côté, et gris de l'autre. Il en résulte des couleurs incroyables sur la surface du lac. Puis je tombe pour la première fois sur des glaciers échoués sur la rive, aux formes tout simplement extravagantes.







Je reste bouche bée devant une beauté pareille, en ayant presque envie de pénétrer dans l'eau pour atteindre l'autre rive.

Un requin de glace !

J'atteins l'autre bout de la rive après 40 minutes de marche, le retour se fera après une longue pause de contemplation. Pour terminer cette magnifique excursion, dernière vue du lac en hauteur.



Au parking, c'est l'invasion de sternes, qui crient et qui volent dans tous les sens. Je me méfie maintenant de ces oiseaux sournois qui n'hésitent pas à narguer les touristes en volant au dessus d'eux, des fois sans raison, des fois pour picorer leurs têtes !

Retour sur Skaftafell à 18h, et dernier repas sur place avant l'endormissement soudain, synonyme d'une journée chargée.
YU
4 juillet : ventilateurs naturels et paysages lunaires au Landmannalaugar

Seconde entrée dans les terres, qui va marquer la fin de mon périple sur la côte Sud du pays. Je récupère à Skaftafell le bus 10 de Reykjavik Excursions, toujours avec les deux français rencontrés auparavant. Nous prenons la route F208, considérée comme l'une des plus belles de l'Islande.

Le bus marque un arrêt d'une heure et demie aux gorges d'Eldgjá, nous offrant un premier aperçu d'une forte activité volcanique. Cet arrêt permet d'effectuer la randonnée d'un peu moins de 3 km à l'intérieur de la fissure.





Au bout du sentier glissant se trouve la double cascade Ófærufoss. Nous aurons à peine le temps d'escalader la petite montée pour prendre une photo près de la cascade. Nous aurions pour une fois aimé un arrêt un peu plus long.





Nous nous enfonçons de plus en plus dans les terres. Le beau temps que nous avions à Eldgja n'est plus, il fait de plus en plus froid. Mais la piste est incroyable, avec une succession presque interminable de montagnes colorées, couvertes d'une bonne couche de neige. J'ai préféré supprimer les photos prises depuis le bus, tant les fenêtres un peu sales ne rendaient pas hommage à ces paysages lunaires. Nous avons malgré tout fait un arrêt photo devant un beau panorama. Veste et gants obligatoires, il fait 3°C !



Nous arrivons au "camping" du Landmannalaugar à 13h pétantes. Pourquoi l'ai-je écrit dans des guillemets ? Tout simplement car il ne mérite pas du tout cette appellation. Ce camping est un désastre, non seulement il est très difficile de planter la tente à cause de la terre, mais il se situe en plein milieu d'une cuvette, où le vent s'infiltre très facilement.

Planter sa tente ici n'a donc pas été une tâche des plus faciles. Il fallait tout d'abord placer des cailloux un peu partout, mais assez rapidement pour éviter que le vent ne vienne tout gâcher. Il m'a fallu une heure pour terminer le travail.

En plus d'être mauvais sur le plan technique, ce camping est une pure arnaque. La nourriture est hors de prix, le prix pour recharger son appareil électronique est de 1000 kr (scandaleux), et les tables de pique-nique ne sont pas abritées de la pluie, ce qui fait que les personnes ayant un réchaud doivent manger par terre dans les toilettes. Charmant.

Après ce rapide coup de gueule je suis les Français pour faire la montée du Brennisteinsalda, un volcan culminant à 850 mètres. Il n'aura pas fallu plus de 10 minutes de marche pour déjà prendre une sacrée claque.



J'entame la montée, le vent souffle très fort, qui plus est dans le mauvais sens.





La montée est vraiment très raide et le vent un sérieux handicap. Mais j'arrive au sommet après une intense marche, où le vent donne tout ce qu'il a, faisant presque envoler mon appareil.

Mes yeux se régalent pendant que mon corps souffre.





Je ne tiens pas longtemps sur place, et je me dépêche d'entamer la descente. Je me retrouve à nouveau sur le sentier principal (celui du trek), où j'en profite pour revenir au camping via le court sentier à travers le vallon de Graenagil... où je me suis perdu.



BREF, arrivé au camping, je m'achète à manger, puis je vais faire un tour dans les sources d'eau chaude situées à 100 mètres du camping. Pour vous dire à quel point ici tout n'est qu'une question d'argent : les rangers n'ont cessé de nous rappeler que les sources sont gratuites. Et oui c'est bien le seul point positif ici.

Passé le long ponton, je pénètre dans l'eau. La température de l'eau est différente en fonction de l'endroit où nous nous trouvons, mais en gros plus l'on s'éloigne des trois sources, plus l'eau refroidit. Il faut trouver le juste milieu.

Après deux heures de relaxation et de nouvelles connaissances françaises, je sors de l'eau. Le vent glacial agressant le dos encore mouillé est un moment insupportable qui heureusement n'est qu'éphémère.
YU
5 juillet : journée de torture

Cette première nuit au Landmannalaugar n'a pas été de tout repos. Les micro-réveils dus au froid ont été nombreux, et c'est à 7h du matin que je décide finalement de me lever, dans une tente frigorifiée. Et c'est au moment de sortir que je comprends le pourquoi du comment : il neige, avec un thermomètre à 1°C, et un ressenti inférieur ! Je peux donc officiellement prouver qu'il peut neiger en plein été [:)]

Je cours me réchauffer dans les toilettes, où je constate que je ne suis pas le seul à avoir eu cette lumineuse idée. Et quelques minutes plus tard l'enfer commence. De fortes rafales surgissent, faisant envoler l'énorme tente de l'équipe de secours. Ok là j'ai un mauvais pressentiment...

Et effectivement ma tente souffre, et est à deux doigts de se déchirer (pourtant haut de gamme). Je décide tant bien que mal de la démonter, grâce à l'aide de deux Suisses. Toute la matinée est chargée en surprises ; la neige laisse place à la pluie, le vent souffle de plus belle, puis le soleil apparaît et tout s'arrête subitement. Quant à moi j'observe tout cela depuis les toilettes (le seul abri du camping), où je fais la connaissance de deux autres Suisses.

Près du camping.

Malgré que ce soit l'enfer dehors, il faut bien que l'on fasse une randonnée. Allons-y pour une marche de 3h jusqu'au lac Ljotipollur. Une randonnée pas très difficile, bien qu'un peu physique à cause du vent fort. Mais on en prend encore une fois plein les yeux.







Les cratères et les mousses apparaissent, nous avons réellement l'impression d'avancer sur une autre planète. Les nombreux névés se rajoutent aux différentes couleurs pétantes.





Puis arrive le tant attendu Ljotipollur caché dans un somptueux cratère rougeâtre.

Ca souffle dru par ici...

Je décide en arrivant de planter à nouveau la tente, en espérant que le vent ne fasse pas son come-back (avec la chance que j'ai dans ce pays je n'espère plus rien de positif). Le bas de la tente s'est un peu déchiré à cause d'un caillou qui est tombé sur la toile extérieure suite aux rafales de ce matin.

La soirée se passera à nouveau dans les sources d'eau chaude, avec en guise une magnifique chute au niveau des vestiaires extérieurs en bois (glissants), ouvrant une partie de ma peau sous les pieds, fragilisée par le fait d'être restée trop longtemps dans l'eau. Je vous épargne ensuite les détails, c'était pas beau à voir. En tout cas le soleil quasi permanent a été d'une grande utilité pour me soigner à minuit.
YU
6 juillet : panique au centre de la Terre

Grand soleil et température au-dessus de 15°C au Landmannalaugar avant le départ pour le nord du pays. Grand sentiment de frustration mais bon c'est comme ça. Cette journée sera essentiellement consacrée à la longue traversée du désert de Sprengisandur sur la F26, dont le départ se fera à 9h30. Il s'agit du premier trajet en bus de cette saison car la route n'a entièrement ouvert qu'il y a deux jours.

Le lac vu hier, sous un autre angle.

Après un arrêt "bouffe", le ciel se couvre jusqu'à être complètement bouché, et les températures diminuent fortement avec l'altitude. Le désert est essentiellement rocheux, il n'y a en effet pas grand chose à voir, juste des immensités où se côtoient roches et sable noir, avec ça et là de petits lacs. Bref ça change de ce que j'avais vu jusqu'à présent.





Notre second arrêt est à Nýidalur, dans le parc Vatnajokull. On peut apercevoir une partie du glacier.





La journée nécessaire mais un peu ennuyante tourne au cauchemar en début d'après-midi, quand le bus tombe en panne d'essence, en plein milieu du pays. Apparemment l'aiguille qui montre le niveau d'essence n'a pas fonctionné correctement, faisant croire à la compagnie qu'il était plein. Nous voilà donc coincés autour de rien sans savoir jusqu'à quand. Le chauffeur, lui, n'était absolument pas paniqué, et demanda même du café à des Français qui en avaient fait pour passer le temps. Le tout entre quelques légers rots (en Islande le rot est un signe de bonne santé).

Cette attente interminable est l'occasion d'entretenir d'autres liens avec deux Français (décidément) avec qui d'ailleurs je passerai le reste du voyage. Il faudra attendre au total 4 heures avant l'arrivée d'un bidon venant d'Akureyri.

4 heures devant ça, forcément on s'en souvient encore trois mois après.

L'impatience à son paroxysme. Mais c'était drôle.

Pour couronner le tout, la pluie et la brume s'invitent pour tout le reste de la journée. Nous n'avons même pas pu admirer la cascade d'Aldeyjarfoss.

A la sortie de la F26, nous nous faisons arrêter par des policiers, nous expliquant qu'en raison de cette forte pluie la route était en fait fermée. Génial toute la F26 était donc interdite d'accès ! L'impatience d'arriver à Myvatn gagne les voyageurs, et heureusement la pluie s'estompe enfin une fois la route 1 récupérée.

Nous arrivons à Reykjahlíd (nord de Myvatn) à minuit au lieu des 19h30 annoncées sur le guide des bus. Il fait encore jour, parfait pour planter la tente dans le magnifique camping de Bjarg. Une fois encore le soleil permanent nous a été d'une grande utilité. Le climat est particulièrement agréable : frais, mi-sec mi-humide, et sans vent. L'endroit est très calme, une sorte de récompense de cette journée riche en mauvaises surprises.
TO
4h, ça laisse le temps de faire des photos[:P]
Hakuna Matata!
YU
Pas quand il n'y a plus de batterie [;)]
TI
superbe les îles vestmann, encore une bonne raisons d'y retourner :) tes photos sont magiques :)

Titouille
https://unaneenvadrouille.wordpress.com/ https://www.instagram.com/un_ane_en_vadrouille/ https://www.facebook.com/lespetitspasdetitouille « On peut voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver. » de Jean Grenier
NA
Bonjour,

Pouvez-vous me dire si les bus que vous avez pris sont accessibles pour les personnes handicapées ? Je souhaite partir avec une amie en Islande au mois de juin. Nous n'avons pas le permis donc la solution du bus nous conviendrait. Merci de votre réponse,

Nathalie
YU
Bonjour.

Malheureusement pas trop, les bus sont en majorité des bus de tourisme, avec deux rangées de deux sièges chacun, et donc un couloir central très étroit.

Les bus publics sont mieux adaptés aux handicapés, avec beaucoup moins de sièges. Mais forcément ce n'est pas le meilleur pour un circuit touristique.

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