J'ai vécu l'Everest
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VI
J'ai lu sur le sujet "livre culte" que beaucoup d'entre vous aviez lu et aimé Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer.

Etant amateur de livre de montagnes j'avais bien entendu repéré depuis longtemps ce livre à la fnac mais je repoussai sans cesse son achat sous le pretexte idiot que je trouvais le titre un peu commercial. De surcroit je craignais que le livre ne soit qu'un mauvais plagiat de Fascination du K2 de Jim Currian qui relate de façon poignante l'été 1986 sur le deuxième toit du monde.

Malgré mes craintes j'ai suivi vos conseils et je ne le regrette pas. Tragédie à l'Everest est un témoignage sincère, tragique et émouvant. Je remercie donc ceux qui l'ont conseillé.

A noter que le titre original 'Into thin air' est beaucoup moins racoleur que dans la version française.

Pour les spécialistes et anglophiles, il faut noter aussi que le guide de l'expédition "Madness Mountain", Anatoli Boukreev, qui s'est senti mis en cause par Krakauer a écrit sa version des évènements dans un livre "The climb" qui n'a guère été traduit. Je ne me suis pas encore procuré l'ouvrage.

Sur ma lancée j'ai lu " J'ai vécu l'Everest" de Pierre Paperon Quelle déception !!! Un navet, mal écrit, ou l'auteur, un cadre supérieur de DANONE, ancien fondateur d'ALTAVISTA n'arrete pas de se plaindre des mauvaises conditions de vie camp de base de l'everest (qu'il compare à un camp de concentration dont le gardien serait son chef d'expédition). Il expose ses vues intolérentes sur les sherpas, la "bouffe népalo-tibétaine" le tout au milieu d'un charabia incompréhensible où se mêle ascension dans l'entreprise, pseudo-spiritualité. L'auteur nous dit sans fausse honte, qu'il a lâché ses compagnons, préférant monter s'acclimater seul plus haut, avant de s'étonner que ceux ci l'oublient en cours de route et gravissent le sommet sans l'encombrant donneur de leçon. Au retour, dépité de son échec, il les lâche à nouveau, fuyant le camp de base, pour éviter les "bla bla bla habituels des vainqueurs de l'Everest"car il "prétend connaitre le processus de fabriquation des épopées individuelles et collectives".

Enfin il nous avoue qu'il y reviendra peut être pour "ne pas laisser un espace libre à ses enfants", afin que ceux ci ne soient pas tenté d'accomplir ce que leur père aurait échoué. (qu'est ce qu'il ne va pas s'inventer comme pretexte !!!). Le tout est pitoyable et décevra les amateurs de ce genre de récits. Si je ne vous ai pas convaincu et que vous désiriez lire ce livre, ne l'achetez pas je vous l'offre.

Cependant je vous conseillerais plutot les autres livres cités plus hauts ou encore "la mort suspendue " de Joe Simpson.
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.
LO Loopkin Veteran ·
A ce propos, ca fait trois semaines que j'essaye en vain de me souvenir des autres noms de l'Everest. Peux-tu m'éclairer?
Geantropie, Vivre l'espace http://geantropie.free.fr
VI Vincent120 Regular ·
"Chomolungma" pour les Tibétains. ce nom est le plus ancien et signifie "déesse mère du monde.

Au sud les népalais l'appellent "Sargamatha" qui peut se traduire "déesse du ciel".

Découvert à la fin du 19 ème, le mont fut baptisé provisoirement peak XV avant de prendre son nom actuel qui est celui d'un ancien chef de service géographique de l'empire britannique des Indes. Il y a d'autres noms mais ceux là sont les plus connus.
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.
LO Loopkin Veteran ·
Merci beaucoup pour ces infos.
Geantropie, Vivre l'espace http://geantropie.free.fr
GN Gnome Veteran ·
Salut

Le tout est pitoyable et décevra les amateurs de ce genre de récits.

héhéhé... Et ben moi qui suis un amateur de ce genre de récits, je dois dire que j'ai beaucoup aimé le bouquin de Paperon ! j'ai trouvé que pour une fois on sortait des livres écrits par des puristes de la montagne... Une sorte de monsieur tout le monde qui se met en tête de grimper là-haut, ça me plaît bien ça ! J'ai surtout aimé la description des préparatifs et l'attention que met l'auteur dans les détails de l'expé. C'est presque un guide et j'espère un jour m'en servir comme tel ! Après que l'on aime ou pas la personnalité du bonhomme, c'est une autre histoire.

Toi qui aimes ce genre de récits, voici peut-être quelques idées : comme tu aprécies Krakauer, je te conseille son livre "rêves de montagne". Pour rester à l'Everset, penche toi sur l'excellent "Mallory et Irvine, à la recherche des fantômes de l'Everest" de Condrad Anker et David Roberts (récit sur l'expé qui retrouva le corps de Mallory avec beaucoup de détails sur son ascension fatale). Si tu n'as pas lu "prisonnier de l'Anapurna" de JC Lafaille, il FAUT le faire. Et puis récemment, j'ai bien aimé "Ascensions", le bouquin de Catherine Destivelle, une sacrée femme ! Ah, j'oubliais aussi "Fou d'altitude" de Hans Kammerlander, le livre d'un compagnon de cordée de Messner complètement barge, et j'en oublie tant d'autres...

A+
"Old travellers never die, they just smell that way"
MA Maitairoa Globetrotter ·
... et un petit dernier pour la route : Chroniques himalayennes de Jean-Michel ASSELIN

loin des récits traditionnels de montagne, ce livre ne parle pas de technique, mais seulement d'hommes, de vie, de poésie et d'amour ...
GN Gnome Veteran ·
Oui, je l'ai lu aussi celui-là, tout comme Les parois du destin (quel titre ridicule)... Mais je n'accroche vraiment pas au style "lyrico-flamboyant-mystique" du sieur Asselin. Un curieux bonhomme d'ailleurs.
"Old travellers never die, they just smell that way"
JU Jubilos ·
Sur le K2 en 1986, il y a aussi le livre de Kurt Diemberger, "K2: Rêve et destin", qui présente un autre point de vue sur la tragédie (il était en haut), et sur l'acharnement à vouloir atteindre ce sommet.
VI Vincent120 Regular ·
Oui, j'imagine qu'il donne sa version, d'autant plus légitime qu'il était là-haut contrairement à Jim Currian dont les propos ne sont en rien péremptoires.
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.
ZE ZeBadGuy Veteran ·
Eh oui c'est ça que l'everest est devenu : un challenge pour monsieur tout le monde. Enfin pas tout à fait. Il faut accpeter de débourser de 15.000 à 30.000 euros pour 2 mois dont l'essentiel en camping (evidemment !). Et -tout de meme- etre en parfaite condition physique.

Mais l'everest ce n'est presque plus de la montagne. Ce n'est pas technique (essentiellement de la marche sur neige et quelques passages en corde fixe), ce n'est pas plaisant (tous les témoignages disent la fatigue incroyable, la douleur du manque d'oxygène), c'est affreusement long (multiples aller-retours pour l'acclimatation), c'est bourré de monde pendant les cours créneau ou la météo est raisonnable (sorte de GR20 ou tour du mont blanc en plus difficile !).

Bref ce n'est pas étonnant que les vrais bons alpinistes se tournent depuis deja quelques années vers des belles montagnes, moins hautes mais incomparablement plus intéressantes et vers un style bien plus pur (style alpin, pas de cordes fixes, voire style one-push et absence de porteurs). Par exemple Golden pillar au Spantik, les voies sur les montagnes d'alaska (réputées d'ailleurs aussi dures qu'un 8000), big walls au groenland, longues voies en libre au pakistan, au yosemite ou ailleurs.

Eh oui la haute montagne aussi peut souffrir de ce qui n'est rien d'autre que du tourisme un peu particulier.

Sinon pour les amateurs il y a l'histoire (je sais pas s'il y a un livre) de Jean Bourgeois qui lors d'une tentative ratée de l'everest (oedème) avait été obligé de redescendre coté tibétain (complètement fermé à l'époque). Ses proches l'ont cru mort pendant plusieurs semaines avant de le retrouver après quelques aventures... En ce temps là l'everest avait encore de l'aventure à offrir...
VI Vincent120 Regular ·
Et oui...tout ce que tu écris est vrai, terriblement vrai... Mais malgré tout l'Everest reste attrayant. Parce qu'il est le plus haut, "parce que l'Everest est là", disait Mallory, parce qu'il est chargé d'histoires humaines émouvantes, souvent tragiques parfois surprenante comme celle que tu nous décrit, relatée dans "Les voies abruptes" (livre que je n'ai pas lu).
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.
GN Gnome Veteran ·
Salut ZeBadGuy

Mais l'everest ce n'est presque plus de la montagne. Ce n'est pas technique

😠 Je ne suis bien entendu pas d'accord avec tes paroles tres dures sur l'Everest. Tu résumes l'Everest a sa "voie normale", comme s'il n'y avait qu'une seule et unique route pour gravir le toit du monde... Comme pour le Mont Blanc. Les plus grands alpinistes du monde se sont penchés, se penchent et se pencheront sur l'Everest car c'est non seulement une tres belle montagne, mais également un sommet qui peut etre extremement technique et sur lequel il y a encore des voies a ouvrir.

Pour te rendre compte de l'extreme difficulté que peut revetir l'ascension de l'Everest, je te conseille l'excellent "Everest ultime défi" de Chris Bonington, retracant son ascension inouie de la face Sud Ouest.

Et puis pour ceux qui pensent que la voie normale (Kumbhu) est une promenade de santé si l'on est bien acclimaté et en bonne forme, lisez donc Tragédie a l'Everest et regardez le superbe DVD Everest 2003, les regards de Sagarmatha. Ca remet bien des idées en place.

En ce temps là l'everest avait encore de l'aventure à offrir...

Dans quelques temps, Jean Christophe Lafaille va s'attaquer a l'Everest et je te garantit qu'il y aura de l'aventure avec un gigantesque A !

A+
"Old travellers never die, they just smell that way"
KA Karimabad ·
Pour ceux qui aiment les montagnes, je voulais juste vous conseiller un livre que je suis en train de lire actuellement: "La mort suspendue" de Joe Simpson.

Joe Simpson et Simon Yates, deux jeunes alpinistes britanniques, tentent la première et ambitieuse ascension de la face ouest du Siula Grande dans les Andes du Pérou. Ils atteignent le sommet, mais c'est à la descente que se produit le drame. Dans la tempête, Joe tombe à travers une corniche de neige et se blesse gravement à la jambe. A 6000 mètres, sur cette montagne isolée du monde, il n'a aucune chance de s'en sortir. Il le sent. Et Simon sait qu'en voulant porter secours à son compagnon, il n'en réchappera pas non plus. Que se passe-t-il dans la tête d'un homme condamné à trancher la corde au bout de laquelle est suspendue la vie de son ami ? A quoi peut penser celui dont l'existence ne tient plus qu'à un fil ? Comment peut-on trouver la force de lutter encore, contre toute raison, alors que la mort semble déjà avoir gagné ? Cette expérience effroyable et exceptionnelle, Joe Simpson l'a racontée dans un livre (Touching the void en anglais) traduit en une quinzaine de langues et devenu un best-seller international. Son récit est d'une intensité dramatique exceptionnelle. Car au-delà du combat pour survivre qu'aucun romancier n'aurait osé imaginer, La Mort suspendue est un témoignage bouleversant sur la souffrance, physique et psychique, mais aussi sur l'amitié. Ce livre, Joe Simpson l'a écrit avec une maîtrise littéraire étonnante. Le drame qui aurait dû lui coûter la vie lui a ainsi ouvert une carrière d'écrivain. En effet, il a depuis publié cinq autres ouvrages, tous traduits en plusieurs langues.
FA Fabricia Globetrotter ·
La mort suspendue -

J'ai lu ce livre extraordinaire dont on a déjà parlé sur ce forum, et dont un film a été tiré, tout aussi émouvant, car les deux alpinistes interviennent tout au long des images qui reconstituent l'exacte aventure hors du commun !

Voir ce post :

http://voyageforum.com/v.f?post=40506#40506
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
KA Karimabad ·
Merci! Je vais donc à la recherche du DVD! Puis, le dernier livre de Joe Simpson m'attend ("Encore avec des ombres" - autobiographie).

Dans son fameux livre, La Mort suspendue, traduit en treize langues, Joe Simpson racontait dans quelles conditions effroyables il avait survécu dans les Andes, alors que son compagnon avait été contraint de couper la corde au bout de laquelle il pendait, blessé. Avec cette autobiographie, Joe révèle qu'avant même ce cauchemar, il aurait dû mourir vingt fois : dévissant dans un couloir de glace en Ecosse, dévalant les huit cents mètres de paroi des Courtes avec une avalanche, pendu douze heures durant dans les Drus, en chaussettes et sans équipement après l'effondrement de son bivouac... Sans parler des bagarres, des accidents de voiture et autres jeux dangereux... Handicapé, au dire des médecins, Joe repart pourtant en Himalaya où il est victime d'un nouvel accident, dans la tempête, à plus de 7 000 mètres d'altitude. Au-delà de ces aventures, aussi poignantes que rocambolesques, Joe Simpson livre une réflexion d'une étonnante acuité sur l'engagement, sur les motivations, jamais identifiées, qui poussent l'alpiniste à défier le danger, sur le voisinage constant de la mort, la sienne et celle de si nombreux amis, ces « ombres » disparues en montagne, avec lesquelles il reste encordé.
VI Vincent120 Regular ·
Excellent bouquin, en effet. Pour le film, je suis beaucoup plus reservé. Un peu décevant j'ai trouvé. Mais le livre est tellement bien...Poignant.
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.

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