"Overseas": héroïnes de la nation et esclaves modernes
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Les Philippines sont l'un des plus gros pourvoyeurs de main-d'oeuvre au monde. Programmé il y a quelques jours sur France 2 à une heure très tardive, un film documentaire sur ces O.F.W (Overseas Filipino Workers) envoyées à l'étranger en tant qu'aides ménagères ou nounous. Vous avez sans doute croisé quelques unes à travers le monde sans y prêter attention...

Disponible en Replay jusqu'au 2 Aout: https://www.france.tv/france-2/25-nuances-de-doc/1508287-overseas.html Aux Philippines, on déploie les femmes en masse à l’étranger comme aides ménagères ou nounous. Elles laissent souvent derrière elles leurs propres enfants, avant de se jeter dans l’inconnu. Dans un centre de formation au travail domestique, comme tant d’autres aux Philippines, un groupe de candidates au départ se préparent au mal du pays et aux maltraitances qui pourraient les atteindre. Lors d’exercices de jeux de rôles, les femmes se mettent tant dans la peau de l’employée que des employeurs. Aux abords de la fiction, OVERSEAS traite de la servitude moderne de notre monde globalisé, tout en révélant la détermination de ces femmes, leur sororité et les stratégies mises en place face aux épreuves que leur réserve l’avenir.

https://www.youtube.com/watch?v=mKnLYz2OQiY
AS Asia7 Globetrotter ·
Bonjour,

Merci de ce lien... J'ai visionné avec beaucoup d'attention. Ce documentaire suscite de nombreuses émotions qui vont de l’empathie, à la tristesse et aussi à la colère... Les motivations au départ sont parfois troublantes et difficiles à comprendre pour nous occidentaux, en tout cas pour moi.

10°/° de la population serait ainsi exilé, les femmes seraient en plus grand nombre, En 2019, les envois de fonds des travailleurs philippins à l'étranger (Overseas Filipino Workers) ont augmenté de 4,1% pour atteindre un record de 30,1 milliards de dollars...

Bonne journée à vous, portez vous bien. Fabienne
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
SA Sad Regular ·
Merci pour cette information, c'est très sympa de ta part!
KH Khrapka Veteran ·
Très bon documentaire. Merci à barefoot pour le lien.

Les motivations au départ sont parfois troublantes et difficiles à comprendre pour nous occidentaux, en tout cas pour moi.

L'espoir d'une vie meilleure pour leurs enfants. C'est une motivation très puissante.

10°/° de la population serait ainsi exilé, les femmes seraient en plus grand nombre, En 2019, les envois de fonds des travailleurs philippins à l'étranger (Overseas Filipino Workers) ont augmenté de 4,1% pour atteindre un record de 30,1 milliards de dollars...

Les 10% de la population comprend tous les philippins qui vivent à l'étranger. Les OFW sont à peu près 2 millions, un peu plus de femmes que d'hommes. Mais, comme très bien montré dans ce documentaire, les femmes sont les plus vulnérables ☹️
AS Asia7 Globetrotter ·
Merci à vous 😏 J'avais bien compris en lisant les données (merci d'avoir précisé) qu'il était question de tout les émigrés, beaucoup de marins aussi me semble t'il aussi, le chiffre est énorme. Ce qui est difficile (pour moi) c'est que ces enfants doivent grandir et se construire sans leur mère...😕.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AP Applevillage Regular ·
Dommage on ne peut pas le voir depuis les PH, il faudrait un VPN sans doute.

Dans de tres nombreux cas les 2 parents bossent a l'etranger et se sont les grands parents qui s'occupent des enfants. Mais il y a aussi de plus en plus une strategie de couple derriere tout ca. Comme le divorce est interdit, l'un des deux part permettant de mettre de la distance dans le couple. Et puis il y a aussi souvent le mari qui part pendant plusieurs annees, puis il revient, et c'est sa femme qui prend la place comme expat et ainsi de suite jusqu'a ce que les etudes des enfants soient terminees par exemple.

N'ayant pas vu le documentaire je ne sais pas ce qu'il y a dedans, mais le titre est tapageur ! Mais bon c'est la loi des medias. Les Philippin(e)s qui restent au pays sont tout autant "heros" de leur nation car se sont eux qui payent des impots pas les expats.... (c'est ce que me disent ceux qui sont au pays 😉 et ca les enerve beaucoup cette expression Overseas equals heros 😏)
BA Barefoot Veteran ·
Bonjour Fabienne,

Ce qui est difficile (pour moi) c'est que ces enfants doivent grandir et se construire sans leur mère...😕.

J'imagine que ça doit être aussi un profond et douloureux déchirement pour ces mères de laisser leurs enfants derrière elles pour s'occuper d'autres à l'autre du bout du monde. J'ai eu l'occasion de rencontrer et de sympathiser avec ces breadwinners (soutiens de famille) à Paris, Monaco, Chypre ou Dubai, le mot qui revient le plus souvent est "sacrifice". Une expression souvent entendue aussi de leur part : "bahala na", traduire par "il n'y a rien à faire ! Dieu pourvoira".

Si l'espoir d'une vie meilleure pour leurs enfants est la première des motivations, l'emigration de la main d'oeuvre pinoy ou pinay, nombreuse et peu coûteuse, est surtout un marché organisé par l'Etat. Khrapka me corrigera si les chiffres ne sont pas bons, l’exportation de main-d’œuvre est un secteur d’activité à part entière car les fonds que les migrants envoient à leur famille représentent presque 10 % du PIB, ce qui constitue une manne pour l’économie nationale, fournissant un apport de devises, améliorant sensiblement la balance commerciale, assurant la vie de millions de personnes et stimulant la consommation. Le départ de ces migrants permet aussi d’atténuer la pression démographique et sociale car, avec une population de plus de 107 millions d’habitants et une démographie galopante, le pays connaît de forts taux de chômage et surtout de sous-emploi. Plus de 21% de la population vit encore dans la misère. Ce mouvement migratoire a été encouragé officiellement par le dictateur Marcos en 1974 quand les États du Moyen-Orient enrichis par les pétrodollars avaient besoin de travailleurs dans le bâtiment, la construction d’infrastructures, puis dans les services. Tous ses successeurs lui ont emboîté le pas, en améliorant peu à peu "le système": des organismes ont été mis en place pour encadrer, gérer, voire protéger les travailleurs philippins à l’étranger, de plus en plus nombreux, mais dont on sait qu’ils doivent faire face à des situations souvent dramatiques. Les cas de salaires non payés, travail forcé, harcèlement sexuel, viols, brutalités en tous genres et suicides sont légion. Les autorités semblent prises entre la crainte de mécontenter les employeurs étrangers et la pression d’une opinion publique de plus en plus sensible aux cas d’abus qui pourraient décourager des candidats au départ. Elles préfèrent exprimer leur gratitude en honorant publiquement les OFW comme "héros modernes" de la nation.

Il y a aussi le poids de la famille qui est une institution fondamentale en Asie. Dans les familles nombreuses, le premier qui a fini ses études et trouve un travail consacre les trois quarts, sinon plus, de son salaire à aider ses parents pour la scolarisation de ses autres frères et sœurs. Et cela ne finit jamais car quand tous les frères et sœurs ont terminé leurs études, ils sont prêts à aider encore des cousins et puis leurs neveux et nièces. De plus, les femmes dans le documentaire en parlent très bien, l'argent rapatrié en travaillant durement ne profite pas toujours aux migrants ni à leurs familles.

@applevillage Je n'ai pas trouvé ce documentaire tapageur ( le tire du film documentaire n'est que "Overseas" ) ni versé dans le sensationnalisme, il donne un espace de liberté à ces femmes pour s'exprimer et raconter leur quotidien. Il est vrai que beaucoup de programmes diffusés sur nos chaines ne peuvent être vus à l'étranger. Vous avez essayé Molotov ?
KH Khrapka Veteran ·
Dommage on ne peut pas le voir depuis les PH, il faudrait un VPN sans doute.

Tu peux utiliser TOR (The Onion Router) pour te connecter au site France 2. Il est possible de forcer l'IP de sortie en France pour regarder la vidéo.

Le reportage suit la formation d'une dizaine d'ilonga dans un centre TESDA pour être Domestic Helper. Les seules personnes à parler dans le reportage sont les 10 femmes et les quelques instructeurs. Un reportage à voir à mon humble avis.
JU Juanmarco21 Regular ·
Je ne pense pas que ce soit le problème les familles étant unies c est les grand-mère ou tante qui elevent les enfants. J ai le souvenir de marins qui avaient investi dans écoles ou garage à leur retour. Et des messes avec les familles priant pour leurs exilés . Un peu de tristesse mais beaucoup d unité
KH Khrapka Veteran ·
Les migrants envoient en effet 10% du PIB aux Philippines. Les migrants sont les OFW (travailleur avec un contrat à durée determinée), les marins (seaman) et les migrants permanents.

Des situations dramatiques existent pour les OFW. La majorité des OFW ont quand même un travail tout à fait normal. Et certains ont un travail pas mal du tout: l'une de mes amies est aide-domestique à Mougins, à coté de Nice, dans une résidence secondaire. Elle voit ses patrons 2 ou 3 semaines par an. Elle a un contrat de travail français, et sa fille de 12 ans habite avec elle à Mougins.

Le plus dur pour tous les OFW que je connais est la séparation avec leurs familles. Ceux qui ne font qu'un contrat de 2 ans et ne repartent pas me donnent toujours la même raison: il/elle ne veut pas quitter une nouvelle fois sa famille.

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