Quand on voyage, part-on vraiment?
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Hanoi 10/12/2011- 14h39

J'ai enfin bien dormi cette nuit (grâce à un demi Lyxanxia aussi...).

Temps couvert et très frais sur Hanoi avec un peu de vent.

Ce matin, je suis parti tôt pour le mausolée de l'Oncle Hô. Il y avait foule, il fallait suivre de longues files de touristes asiatiques (japonais pour la plupart).

Durant la minute où j'ai tourné autour du catafalque en observant avec attention le visage de cet homme, j'ai ressenti une petite émotion que j'ai vite tenté d'analyser. J'éprouve de la sympathie et un profond respect pour ce qui se dégage de cet homme. Mais en dehors de tout ce que j'ai pu lire sur lui sur le plan biographique et historique et de sa figure de père de la nation vietnamienne avant même mon voyage ici, à la vue directe de cet homme, j'ai ressenti en quelques secondes une intense empathie pour l'image du « père » qu'il m'inspire. Le « père » éternel, mon père en somme , quelque chose de très intime et finement puissant que je n'ai jamais éprouvé au regard de la figure de la « mère », la mater, la « mother », même si j'éprouve parfois une très grande admiration pour certaines grandes figures féminines : ce n'est pas aussi intime.

J'aurais aimé rencontrer cet homme, parler avec lui, et -si j'avais été homme politique- négocier avec lui et entamer une longue politique de réconciliation et de coopération.

Mais j'ai également éprouvé quelque chose de particulier : ce visage inspirait le repos éternel « visible » aux yeux des vivants et comme une figure de la mort vivante en somme, possiblement regardable aux yeux de ces mêmes vivants, et comme un défi aux habituelles images dégradantes de la mort (décomposition des corps, réduction en cendres...).

Bref, je sais que ça pourrait faire sourire, mais cela m'a donné envie d'être momifié à mon tour !

Ainsi, j'aurais l'impression de toujours surnager, reposé, dans une sorte de continuité existentielle.

C'est ainsi que j'aimerais pouvoir me regarder, une fois dans l'au-delà...

Derrière le mausolée, j'ai aussi beaucoup apprécié la case de sur pilotis où Ho-Chi-Minh a vécu, la simplicité de son espace (une pièce pour dormir, une pièce pour travailler), mobilier réduit à sa plus simple expression : les Vietnamiens peuvent être fiers de l'exemplarité de cet homme qui a consacré sa vie à défendre l'identité et l'indépendance du pays.

Bon, bien sûr, je laisse de côté l'idéologie communiste et tutti quanti mais quand on connaît un peu l'itinéraire du vécu vietnamien depuis l'exploitation coloniale française puis de la guerre avec les E-Unis, dans quels autres bras ne me serais-je pas jeté moi aussi face à toutes ces injustices ?

Cela étant, ne pas oublier non plus que pour beaucoup de vietnamiens (du Sud entre autres), cette idéologie a fait beaucoup de mal et s'est imposée par la force. J'ai lu aussi pas mal de récits poignants (de femmes vietnamiennes) à ce sujet.

Et, après la réunification, ne pas oublier non plus tout ce que celles et ceux qui avaient combattu le Nord communiste l'ont ensuite payé très cher, très très cher avec pour beaucoup d'entre eux la seule perspective de fuir le pays par la mer...

Tout cela est très compliqué...

Voilà un mois que je suis au Vietnam et je mesure combien est étrange le décalage entre la fiction et la réalité.

Quand on vit dans un point « A » et qu'on pense au point « B » situé à des milliers de kms, c'est fou tout ce que l'on peut imaginer à son sujet.

Des dizaines d'images dépaysantes, exotiques, colorées défilent sur notre petit écran personnel et on rêve et on rêve, on rêve, on laisse filer des scénarios...

Mais quand, après un long voyage, on arrive enfin au point « B », on n'en rêve plus. Il est là, on s'y confronte à chaque instant, chaque jour, chaque nuit.

On baigne dans une totale réalité où peu de choses en fait nous étonnent.

Tout ce qui nous entoure (les maisons, les rues, les avenues, les bruits, les gens, les trottoirs, le ciel, les rivières, les arbres...) est réel, platement réel.

Probabement que la mondialisation qui communise tous les habitants de la Terre aujourd'hui y est aussi pour quelque chose : quoi de plus banal que de voir, de San Francisco à Kuala Lumpur ne passant par Saigon et Hanoi, des centaines de gens rivés à leur portable ou scotchés devant leur écran de télé ? Voilà une nouvelle donne qui banalise terriblement le voyageur qui a envie d'ailleurs.

Et même si, forcément, quelques détails nous sautent aux yeux (des odeurs, des fruits, des légumes nouveaux, des traditions, des manières de faire, la langue etc...), tout cela s'empâte vite dans une nouvelle réalité que l'on considère vite de manière blasée. De surcroît, la barrière de la langue rend toute vraie communication impossible. Je ne vais pas apprendre le vietnamien parce que je traverse une fois en quelques jours le Vietnam, ni le Cambodgien ou le Laotien de même. Et ce n'est pas les quelques mots que j'ai peine à baragouiner avec le bon accent (« Bonjour Monsieur. », « Bonjour Madame. », « Bonjour Mademoiselle. », « «Comment allez-vous ? », « L'addition s'il vous plaît. », « Merci. », « Au revoir. ») qui y changeront grand chose. Je me retrouverais face à des Martiens que ce serait à peu près pareil...

Ici, je ne suis vraiment pas ailleurs...

On ne voyage plus vraiment quand on voyage réellement : on ne fait que traverser de nouvelles couches de réalité, largement explorées par d'autres bien avant vous. On suit les mêmes itinéraires, on lit les mêmes guides et on retrouve les mêmes personnes les mêmes guides à la main, de Saigon, en passant par Dalat, Nha-Trang, Hoi-Han, Hué, Hanoi, Baie d'Along, Sapa...

En fait, on voyage vraiment quand on n'a pas encore appareillé, quand on est encore à quai.

Et j'ai toujours en tête cette formule « gifle » de de Rimbaud dans « Une saison en enfer »qui lance : « On ne part pas. »(lui qui n'a pas cessé de partir et de repartir toujours plus loin !) Elle ne m'a jamais quitté.

C'est pourquoi, j'imagine que si je relis un jour ce petit journal « at home », je serais probablement étonné de m'y trouver aussi peu enthousiaste en général : mais c'est parce que je l'aurais rédigé dans la réalité de mon petit séjour au Vietnam, sans recul, le nez sur le guidon et qu'il fallait le faire...

Mais qu'en restera-t-il alors ?

Pas grand chose en somme.

Non quand même : ces tout petits échanges humains auxquels j'accorde la plus grande importance.

Une petite discussion dans un mauvais anglais avec un Vietnamien ici ou là, un regard complice, souriant, gratuit échangé avec un autre par là, de petites choses qui pour moi -voyageur solitaire au long cours et observateur permanent de tout ce qui vit et respire autour de moi- n'ont pas de prix.

Ou ce chouette moment passé avec de jeunes musiciens chanteurs et danseurs dans un jardin public à Saigon : ils m'avaient prêté leur guitare et j'avais entonné avec enthousiasme « Stand by Me ». Putain : succès perso assuré !

Tous aussitôt regroupés autour de moi pour la photo souvenir. Ou tous ces jeunes sympas qui viennent interviewer le touriste sur leurs impressions de voyage avec une petite feuille de questions rédigée dans un mauvais anglais. Ou ces jeunes vietnamiennes qui m'abordent et me demande de poser avec elles pour la photo souvenir en me prenant affectueusement le bras et en agitant le fameux petit « v » de leurs doigts.

Putain, moi qui déteste les réseaux sociaux, je risque de retrouver partout ma tronche de cake prochainement sur Facebook !

Ou encore, le visage grave, beau, mystérieux de cette musicienne en loge que j'ai mitraillé discrètement au télé Water-Puppet Show d'Hanoi, délaissant le spectacle des marionnettes que j'avais sous les yeux et déjà vu dans un musée à Dalat.

C'est même l'essentiel : des petites minutes de perception d'un regard, d'une expression ou d'un échange que je n'oublierai jamais. C'est même peut-être bien que pour ça, en somme, que je continue de voyager : pour m'abreuver indéfiniment à ces si rares sources humaines dont je demeurerais éternellement assoiffé.

Le reste...y a quand même beaucoup à élaguer !

Et au retour, probablement que le travail de mystification post-voyage reprendra ses droits et que je refantasmerai ce parcours vietnamien en n'en gardant que les meilleurs souvenirs.

C'est paradoxal mais c'est souvent ainsi : « après » le voyage on reconstruit un peu un « avant » du même voyage.

On se prend à idéaliser en somme ce que l'on a vécu, tout se (re)transforme et c'est souvent l'image qu'on a envie de donner aux autres autour de soi.

Pour autant, je regrette infiniment de ne pas avoir eu la possibilité d'être bien introduit au cœur de cette société via quelques contacts plus approfondis qui m'auraient été bien précieux.

Avant mon départ, j'ai bien écrit aux auteurs français (Philippe Papin et Laurent Passicousset) de l'ouvrage remarquable « Vivre avec les Vietnamiens » pour leur suggérer cela : je n'ai pas obtenu de réponse de leur part.

Dommage...
KE Kedor Globetrotter ·
Bref, je sais que ça pourrait faire sourire, mais cela m'a donné envie d'être momifié à mon tour ! Ainsi, j'aurais l'impression de toujours surnager, reposé, dans une sorte de continuité existentielle.

Faites des gamins, c'est la façon la moins chère (et/ou la moins dangereuse) d'atteindre l'immortalité... en quelque sorte.

Quand on vit dans un point « A » et qu'on pense au point « B » situé à des milliers de kms, c'est fou tout ce que l'on peut imaginer à son sujet. Des dizaines d'images dépaysantes, exotiques, colorées défilent sur notre petit écran personnel et on rêve et on rêve, on rêve, on laisse filer des scénarios... Mais quand, après un long voyage, on arrive enfin au point « B », on n'en rêve plus. Il est là, on s'y confronte à chaque instant, chaque jour, chaque nuit. On baigne dans une totale réalité où peu de choses en fait nous étonnent.

Les "choses ne vous étonnent pas" ? Au lieu de les voir et les constater, vous êtes vous demandé "pourquoi" ? La question est rhétorique car, bien sûr, on ne peut guère qu'avancer des idées, découvrir des pistes de réflexion. Mais c'est le propre de l'étonnement, et il ne faut guère voyager pour l'éprouver. Au final, le voyage facilite l'étonnement par un changement plus ou moins marqué d'environnement, mais ne l'entraîne pas.

Tout ce qui nous entoure (les maisons, les rues, les avenues, les bruits, les gens, les trottoirs, le ciel, les rivières, les arbres...) est réel, platement réel. Probabement que la mondialisation qui communise tous les habitants de la Terre aujourd'hui y est aussi pour quelque chose : quoi de plus banal que de voir, de San Francisco à Kuala Lumpur ne passant par Saigon et Hanoi, des centaines de gens rivés à leur portable ou scotchés devant leur écran de télé ?

Vous êtes-vous demandé ce qu'ils regardaient à la télé et ce qu'ils faisaient avec leurs téléphones ? Pourquoi les avaient-ils ? Et comment les utilisent-ils ?

De surcroît, la barrière de la langue rend toute vraie communication impossible. Je ne vais pas apprendre le vietnamien parce que je traverse une fois en quelques jours le Vietnam, ni le Cambodgien ou le Laotien de même. Et ce n'est pas les quelques mots que j'ai peine à baragouiner avec le bon accent (« Bonjour Monsieur. », « Bonjour Madame. », « Bonjour Mademoiselle. », « «Comment allez-vous ? », « L'addition s'il vous plaît. », « Merci. », « Au revoir. ») qui y changeront grand chose. Je me retrouverais face à des Martiens que ce serait à peu près pareil...

Vous admettez le problème : la flemme. Rien de plus, rien de moins. Personne n'y coupe : "j'ai payé, j'ai le droit". Merde quoi, je casque une blinde pour voyager à l'autre bout de la planète pis ces saligauds pensent qu'à aller au boulot pour se payer le nouvel ail-phone. Est-ce réellement votre préoccupation permanente ? A moins que vous ne fassiez partie des "happy few" (que je plains sincèrement pour la vacuité de leurs existences), la réponse est non. Il en va de même pour les autres Hommes. Pourtant, en apparence, vous aussi ne faites que courir entre votre domicile, votre lieu de travail et le Mammouth du coin. Les week-ends, jours de fête : on va au Campanile du coin ! C'est ça, l'image que perçoivent ceux qui visitent la France. On est rompu à l'usage de chez soi. Certaines choses vous sont dûes, d'autres s'obtiennent facilement, et la communication est simple car basée sur des codes partagés de tous. Quand on voyage, rien ne nous est dû, et ce qu'on n'arrache pas de haute lutte ne nous sera pas donné. Aller vers les autres, c'est long, difficile, souvent démotivant par le nombre de rejets... Mais quand on y parvient, alors seulement on se rend compte que la possession d'une téloche n'a rien changé à la singularité des gens, à leur étrangeté.

C'est même l'essentiel : des petites minutes de perception d'un regard, d'une expression ou d'un échange que je n'oublierai jamais. C'est même peut-être bien que pour ça, en somme, que je continue de voyager : pour m'abreuver indéfiniment à ces si rares sources humaines dont je demeurerais éternellement assoiffé. Le reste...y a quand même beaucoup à élaguer !

Vous voyez qu'il n'y a pas que du David Guetta en mp3 dans la vie ! Pour ces quelques moments, rares, le jeu n'en vaut-il pas la chandelle ? Comme le dit très sagement le Chat de Geluck (à quelques mots près) : "ici, c'est ailleurs". Si vous êtes apathique et blasé à domicile, comment ne pas l'être en voyage ?
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
FD FDB Globetrotter ·
Faites des gamins, c'est la façon la moins chère (et/ou la moins dangereuse) d'atteindre l'immortalité...

la moins dangereuse, probablement, mais en tous cas pas la moins chère 😉 :

http://www.lepoint.fr/archives/article.php/77384

http://www.jecomprends.ca/famille/parent/combien_coute_un_enfant
Faby
CH Checky Regular ·
@ Kedor

Faites des gamins, c'est la façon la moins chère (et/ou la moins dangereuse) d'atteindre l'immortalité... en quelque sorte.

Merci du conseil que vous donnez à un homme déjà père et qui n'aime pas particulièrement l'expression « faire des gamins ».

Moi je dirais plutôt « avoir des enfants ».

Par ailleurs, je ne pense pas qu'on ait des enfants uniquement pour se prolonger dans la vie : au fur et à mesure que nos enfants grandissent, ils deviennent de plus en plus des entités autonomes et ne cherchent pas forcément à nous ressembler, que cela nous plaise ou non.

Le plus grand service qu'on ait d'ailleurs à leur rendre c'est de leur laisser une entière liberté pour leurs grands choix existentiels : ils nous en seront toujours reconnaissants, plus tard.

Quant à ce que j'ai pu éprouver à la vue d'Ho-Chi-Minh momifié et à cette soudaine envie d'immortalité, c'était une impression passagère : personnellement, je la relativise en précisant -si tant est que cela soit nécessaire- que comme la grande majorité des gens sur Terre, je n'ai nullement l'intention de me faire momifier !

Les "choses ne vous étonnent pas" ? Au lieu de les voir et les constater, vous êtes vous demandé "pourquoi" ?

Vous posez ce genre de questions à un homme qui est né à l'étranger, qui y a passé toute son enfance, puis qui adulte, est parti vivre et travailler en milieu autochtone durant 17 années dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie.

J'ai donc eu largement le temps de recueillir durant toutes ces années, et en profondeur, des quantités d'expériences humaines et professionnelles qui n'ont pas de prix et qui dépassent de très loin le simple étonnement auquel vous faites allusion.

Le souci est qu'à présent, je ne vis plus et ne travaille plus à l'étranger et que je voyage en tant que touriste.

C'est dire que je me trouve dans une situation très différente dans laquelle il m'arrive souvent de penser que « je fais le touriste » et qui ne peut être, à mon avis, comprise que par des personnes ayant peu ou prou la même expérience préalable d'expatrié.

Mais c'est le propre de l'étonnement, et il ne faut guère voyager pour l'éprouver.

Oui et non.

Quand on vit toujours au même endroit, la routine aussi finir par l'emporter et le regard peut devenir paresseux, la facullé d'étonnement peut s'émousser. En tout cas, je fais partie des gens qui ont besoin de se rempoter dans un possible « ailleurs » pour retrouver de belles facultés d'étonnement.

Justement, il y a quelques jours, j'ai eu la chance de faire une petite croisière en baie d'Along et j'ai trouvé le spectacle proprement grandiose : je n'aurais pas de mots pour décrire le bien-être que j'ai pu éprouver devant ces centaines de montagnes calcaires émergeant comme autant de pains de sucre à la surface d'une mer calme.

J'ai alors compris qu'aucune photo, qu'aucun film ne pouvait restituer ce que le voyageur peut y découvrir sur place : en somme = IL FAUT Y ETRE VRAIMENT.

Vous êtes-vous demandé ce qu'ils regardaient à la télé et ce qu'ils faisaient avec leurs téléphones ? Pourquoi les avaient-ils ? Et comment les utilisent-ils ?

Je ne suis pas sûr que tous les moyens de communication actuels (comme le téléphone portable) constituent de vrais moyens de communication. Un spécialiste comme Dominique Wolton saurait mieux l'expliquer que moi.

Quand j'observe (comme c'était le cas l'autre jour dans un restaurant de Lao Cai jouxtant la gare) une famille européenne de 4 personnes -le père, la mère, et deux ados- passer tout le repas chacun pendu à sa prothèse numérique en ne se parlant que de temps à autre, je me pose des questions.

Pas vous ?

Personne n'y coupe : "j'ai payé, j'ai le droit". Merde quoi, je casque une blinde pour voyager à l'autre bout de la planète pis ces saligauds pensent qu'à aller au boulot pour se payer le nouvel ail-phone.

Vous faites un amalgame bien trop facile et qui mérite d'être recadré.

1) A l'étranger, mon principe fondamental a toujours été (en tant qu'expatrié puis en tant que touriste) le respect total des coutumes, des traditions, des comportements que j'y rencontre et notamment à l'égard des gens les plus humbles.

2) Cela ne m'a jamais personnellement contraint de me trouver dans la posture du français période post-colonisation faite de sentiment de condescendance et de mauvaise conscience. Ainsi, en tant que touriste payant une prestation mal (ou non) faite, quand j'ai quelque chose à dire, je le dis et c'est le meilleur service à rendre à des pays qui vivent du tourisme pour contribuer à améliorer leurs prestations.

Quand, dans le cadre d'un séjour dans le même hôtel, je laisse ma clé à 8 heures du matin pour passer la journée à « découvrir », que je rentre en fin d'après-midi en trouvant ma chambre pas faite, oui, je le fais remarquer.

Quand je m'inscris dans une excursion d'une journée en petit groupe de 6 personnes au bureau de mon hôtel et que le lendemain, au moment du départ de l'hôtel à 9h30, le tour est parti sans moi parce que le Directeur de l'hôtel a oublié de m'inscrire sur la liste (alors que c'est lui qui a rempli le formulaire la veille), oui je manifeste mon énervement : la journée est gâchée . (Dans le cas cité, le Directeur s'est confondu en excuses et a tenté de se rattraper en recherchant à l'improviste une guide en visite privée pour faire le même tour avec une heure de retard : en plus, la guide manquait d'expérience et parlait très mal l'anglais...)

A moins que vous ne fassiez partie des "happy few" (que je plains sincèrement pour la vacuité de leurs existences),

(….)

Si vous êtes apathique et blasé à domicile, comment ne pas l'être en voyage ?

Maintenant, ça suffit : le ton de votre discours souvent empreint de suffisance et d' arrogance et propre à vouloir sans cesse donner des leçons dépasse les limites.

Mais vous êtes qui, vous, au juste, pour vous permettre de faire de pareilles suppositions ?

Et vous vous prenez pour qui ?

La façon dont vous vous êtes emparé (avec condescendance , avec un prétendu esprit analytique, avec froideur et arrogance) du lancement d'un topic qui prenait le risque de tenter décrire avec sincérité quelque états d'âme passagers, me fait penser à tous ces piliers de comptoirs de forums qui passent leur temps à chercher des poux dans les posts des autres sans jamais s'ouvrir ni s'engager eux-mêmes.

Et si vous -qui avez dû beaucoup voyagé et médité sur ces questions- , vous preniez justement le risque de nous pondre quelques pages sur vos propres expériences, que l'on puisse se faire une idée et rebondir à notre tour là-dessus ?

Croyez bien que je ne me permettrai pas de le faire à votre manière...
CH Checky Regular ·
Bonjour,

Il se trouve que j'ai ouvert le même topic sur un autre forum (pas spécialement dédié aux voyageurs et aux voyages) et j'y ai trouvé immédiatement ce que j'attendais en postant ici : du partage d'expériences et non pas de jugements péremptoires propres à casser d'emblée la dynamique du sujet.

Voyez par vous-même et comparez :

http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?id=752991&p=1
LI Lizzy92 ·
Tiens je me croyais seule...Merci de partager ces impressions! Mon contexte et différent, mais j'en tire des conclusions semblables. J'ai tellement idéalisé et rêvé mon premier voyage transcontinental , que lorsque que je m'y suis enfin rendue, j'en étais presque blasée... Les choses me semblaient trop vraies, trop tangibles. J'ai trouvé votre réflexion très intéressante...J'ai également été marquée par '' l'américanisation'' frappante de plusieurs endroits...certains lieux semblent en voie de perdre leur culture, on passe du pareil au même. Mais pas tous...Si l'on s'éloigne des lieux touristiques ( ce que j'ai eu le privilège de faire en Hongrie) On retrouve une authenticité , une mmm comment dire... Une isolation magnifique. L'impression de faire un saut dans un autre monde, ou dans une autre époque. Un endroit ou personne ne parle anglais, même pas dans les gares. Mais étrangement, je m'en émerveille plus 4 mois plus tard que sur le coup, ou je m'attendais à tant de nouveauté que rien n'était surprenant. Et je repars, pour ''tâter'' un autre monde imaginaire, le rendre réel et physique pour un instant, et en rêver à nouveau une fois de retour dans mon monotone univers, qui objectivement, n'est ''ennuyeux'' que parce que j'y ai passé presque toute ma vie. J'aurai pour quelques jours un regard neuf sur ce que je retrouve...Puis repartirai mentalement. J'ai comme défaut de rarement vivre pleinement le moment présent.
CH Checky Regular ·
Bonjour Lizzy92,

Enfin une âme soeur qui peut partager et comprendre ce que j'ai tenté de décrire dans mon premier post !

Ce qui fait plaisir et qui montre qu'on n'est pas toujours seul à éprouver des sensations qu'on peut d'abord croire un peu compliquées et paradoxales.

Bien cordialement

P.S : c'était où la région de Hongrie où vous vous étiez sentie dépaysée ?
FI Filefish Veteran ·
Et ouiiiii, c'est cela...............

IL FAUT Y ETRE VRAIMENT.😄

Ou que l'on soit d'ailleurs......!!!Ici ou la-bas, ailleurs ou chez soi

Y etre vraiment : ne serait-ce pas s'habiter vraiment soi-meme? Et jouir d'une attention soutenue a tout ce qui nous entoure, visible et invisible? Un premier pas vers le VRAI VOYAGE..?? 😏
CH Checky Regular ·
Bonjour,

Je ranime ce topic pour vous inviter à aller visionner le reportage photo de mon voyage au Vietnam que je viens de mettre en ligne.

Le reportage en question se trouve sur le forum Chassimages, Rubrique "Photo Reportage, voyage et aventure". Le titre en est "Un Vietnam en (et à) pleine ouverture" et mon pseudo y est "Screeny".

Voici le lien d'accès direct au topic que j'ai ouvert : http://www.chassimages.com/forum/index.php/topic,146862.0.html

Cordialement vôtre...
MZ Mzique ·
Salut Checky Je réanime une vieille discussion juste pour vous dire que j' ai beaucoup aimé votre texte ainsi que vos photos qui sont superbes, je vais aller faire un tour à la galerie de Mr Long Thanh car je pars le 13 dec pour 3 mois à Nha Trang .🙂
Louis
CH Checky Regular ·
Merci à vous, bonne journée, bon week-end et bonne continuation ! 😉
FI Filefish Veteran ·
Bonjour, Interessant Ritou, je vois que vous avez eu de nombreux visiteurs! Quant a cette discussion, elle fait remonter en moi bien des contemplations au sujet du voyage et de la "presence" a ce qui est ou que l'on soit: ici ou ailleurs........!!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Ritou,

Intéressant, ton texte, j’y trouve quelques bonnes matières à réflexion sur les différentes phases du voyage, les différents niveaux auxquels on peut « penser voyage ». Voyager, en fait, ce n’est peut-être pas si évident que ça ? Une construction basée sur beaucoup d’illusions ? J’espère avoir le temps d’y revenir.

C’est sans doute hors propos, mais ça me rappelle le titre d’une chanson, je crois que c’est de Gainsbourg ( ?) : « Pourquoi partir si c’est pour revenir ? » 😉
GR Greensnow Veteran ·
😉Quand je voyage, je pars et j'oubli mais à chaque fois, je ne suis pas revenant.........Pas simple
YU Yurok999 Regular ·
En voyage comme dans la plupart des domaines, on y trouve surtout ce qu'on y apporte 😉 Les gens naifs qui rêvent au mariage et aux gamins, s'imaginent une " vie meilleure" aussi, mais une fois que le désir-illusion est satisfait ou "comblée", la réalité toujours imparfaite les rattrapent très vite : leur femme est chiante (ou leur gars d'ailleurs ;)), ils perdent en liberté souvent, des concessions -compromis chaque jour, et quand les gamins arrivent, le "reve" de certains, depuis des lunes.... : ils trouvent la réalité moins idyllique d'un enfantement dans la douleur (pour la mère), des cris, des pleurs, des contraintes, des couches à remplacer et autres détails moins cleans que je passerais sans détails;) Le voyage n'est qu'un déplacement dans l'espace si on y apporte pas sa "touche personnelle", l'étincelle de l'esprit pour allumer le décor; que le décor soit ici, ou ailleurs, n'y change rien Le vrai voyage est celui de l'esprit, quelquesoit l'endroit où il se trouve Espérer que le monde ou un "nouveau lieu" rallume la lumière ou le bonheur dans des esprits ternis par une vie moutonnière et souvent urbaine, c'est comme demander à quelqu'un d'autre de respirer à notre place, ou qu'il boive pour apaiser notre soif Et la plus stupide des illusions est de croire qu'on peut "acheter le bonheur" ou un vrai "voyage" à coup de cartes bleue ou des congés payés ! ou en s'achetant cette grosse bagnole qu'on croit unique et pour soi, qui consomme des tonnes de carburant, et que des milliers d'autres gens ont finalement eux aussi Surement même que ce vieux moine thai perdu dans ses méditations dans son temple, ou ce sadhu ermite ou solitaire errant sur les routes du gange, "voyage" bien plus que ces occidentaux pressés de decouvrir ces cultures "etrangères", et qui en fait ne "voient" rien que leurs propres préjugés et pensées qu'ils vont coller ailleurs sur le paysage et les gens Socrate disait déjà il y a quelques milliers d'années : Connais toi toi-même, et tu connaitras tout l'univers et les dieux" 😉
Je porte plainte contre le "monde moderne", c’est lui le monstre. Il détruit notre terre, il piétine l’âme des hommes." Si tu n'as pas d'amour, embrasse la liberté

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