Hobart, Port Arthur, Tasmanie, dimanche 25 novembre
Départ à 8 h, il y a peu de circulation sur la route, c’est l’avantage du dimanche. La pluie tombe finement par intermittence.
Nous roulons jusque Eaglehawk Neck, un isthme étroit de 30 m de large qui est le passage obligé pour rejoindre Port Arthur. A cet endroit a été établi en 1832 la Dog Line, un poste militaire qui a abrité jusque 25 soldats. Son objectif était d'empêcher les détenus de s’échapper du centre pénitencier de Port Arthur. Comme son nom l’indique cette ligne était tenue par des chiens féroces. En nombre suffisant ils occupaient toute la largeur des dunes de sable. Leurs aboiements alertaient les gardes de tout mouvement. Des chiens sur la terre, des chiens sur des plateformes en mer, des méduses mortelles et des requins dans la mer, il était très difficile pour les condamnés de s’échapper.
Le seul bâtiment qui subsiste de la période d'occupation militaire est le quartier des officiers. Sans l'histoire, cet arrêt n'aurait pas d'intérêt, l'intérieur est celui d'une maisons vide, abandonnée, et rongée par l'humidité.

Sur la plage de l’isthme les vagues viennent éclater sur le sable en grosses vagues blanches. Bien que le ciel soit bas, le paysage est très beau.


Plus loin nous atteignons les falaises, la côte à cet endroit est abrupte et très découpée.

A l’extrémité du cap, Blow Hole est un grand trou dans la roche au pieds des falaises dans lequel la mer s’engouffre et fait de belles gerbes d’eau.(Et, même pas mouillée !)


A 10h nous arrivons sur le site de Port Arthur. Le prix de l’entrée est de 39 NZ$, comprenant une visite guidée de 40 minutes, sans intérêt.
La tablette explicative en français est très bien faite, et donne les mêmes explications que la guide, sans la contrainte de suivre le groupe.
Dans le prix est aussi compris une mini croisière dans la baie, sans débarquement sur les îles. Nous ne l’avons pas faite à cause du temps pluvieux.

Établi en 1830 comme chantier forestier, Port Arthur devient en 1833 une colonie pénitentiaire. Après la guerre d’Indépendance américaine l’Angleterre ne peut plus envoyer ses bagnards en Amérique et les envoie dans les colonies australiennes.
Les prisonniers de Port Arthur sont les prisonniers récidivistes, ils ont été condamnés pour des crimes qui sembleraient anodins de nos jours, principalement le vol de nourriture, de petits objets ou de bétail, mais la politique britannique était de traiter ces récidivistes très durement.

Les bagnards envoyés à la Terre de Van Diemen se trouvaient être le plus souvent de pauvres jeunes des régions rurales ou des bidonvilles des grandes villes. Une personne sur cinq était une femme. Parfois de très jeunes garçons, 9 ans pour le plus jeune, y ont été enfermés. Les peines allaient de deux années à l’emprisonnement à vie. Les prisonniers devaient s’y réformer par le travail, la religion et l’éducation. Un bon nombre d’enfants étaient également transportés avec leurs parents. Bien peu sont rentrés chez eux.
Aujourd’hui le site est un vaste parc qui intègre plus de trente bâtiments historiques, des ruines, et des maisons reconstituées de l’époque qu’il est possible de visiter.




Après la visite le taxi nous propose de rentrer en passant par le village de Richmond. L’ayant déjà vu la semaine passée cela ne nous intéresse pas. Mais nos compagnons de voyage veulent voir ce village ancien et semblent y tenir. C’est donc à regret, que nous en prenons la direction.
J’aurais préféré prendre le temps de marcher jusqu’à la Tasman Arch et aller voir Remarkable Cave qui ne sont pas très loin. C’est l’inconvénient de faire des visites à plusieurs.
En arrivant sur le parking de Richmond Village, nos "amis" s’aperçoivent qu’ils ont déjà visité le village avec une excursion du bateau !!! Après un arrêt dans une grande boutique de produits alimentaire locaux, nous rentrons à Hobart.
Il est encore tôt quand nous arrivons en ville, nous profitons d’une dernière promenade avant de rejoindre le bateau. Salamanca Place est devenue vivante à cette heure-ci. Dans la falaise se cachent de jolies boutiques, des placettes et de belles galeries d’art.

Dans cette cour, c’est un énorme géranium qui tombe en cascade.

Ces femmes à l’entrée du port rejoignent certainement la Cascade Female Factory, la prison de femmes d’Hobart.
