Rêve bleu à Chefchaouen, et autres... (Maroc)
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« (...) il lui suffisait de voir une carte pour se mettre à l'étudier avec passion, puis, invariablement, il commençait à projeter quelque nouveau voyage impossible, qui, parfois, se transformait en réalité. » PAUL BOWLES : « Un Thé au Sahara »

PARTIR... Un mot plein de promesses.

Se laisser guider par ses envies... Des envies de découvertes quotidiennes, destination Ailleurs... De préférence vers le Sud qui réchauffe, plutôt vers l'Est, dont les simples noms d'Orient et d'Extrême-Orient éveillent en moi tout un imaginaire - sensualité, beauté et mystère - une attirance lointaine née de mes 1ères lectures voyageuses ou de quelque reportage sur les traces de Marco Polo et autres, mais ça n'empêchera pas quelques infidélités.

Et puis une pause qui se prolonge, comme un demi-sommeil... une parenthèse ?

Et voilà qu'aujourd'hui, l'Envie est là... à nouveau. Une envie soudaine et inattendue, qui vous titille, vous fait de l'oeil, vous tire par la manche. Tellement jouissive et familière que l'on connaît la suite. Vite, vite, la saisir à bras-le-corps, de peur qu'elle ne s'échappe, de peur de ne plus pouvoir...

C'est décidé, je pars !

Un coup d'oeil sur mon passeport et la machine se remet en marche. Quel plaisir de retrouver ces petits bonheurs qui précèdent le voyage, quand tout bascule et se dessine, entre excitation et pensées vagabondes ! J'ai toujours aimé ces moments où le rêve est à portée de main, un rêve aux couleurs d'un pays que l'on prend le temps de savourer et dont on définit les contours, billet d'avion en poche, ou presque. Un « Avant » où tout semble possible ! La destination ne fera aucun doute... Quelques photos repérées sur le forum à plusieurs reprises (voilà ce que c'est !), le regret d'être passée à côté de cet endroit lors de mon tout 1er voyage à travers le Maroc, il y a si longtemps... Une folle envie de m'enivrer de bleu.......... Le toucher, le capturer dans mon viseur.

JE VEUX ALLER A CHEFCHAOUEN !!!!!!

Du bleu, du bleu, comme une évidence, mais aussi toutes les couleurs et saveurs du Maroc. Ce Maroc aux mille contrastes, qui m'avait donné le goût épicé du voyage et qui m'appelle à nouveau, comme un coup de baguette magique, pour une courte escapade. Et plus encore...

Changement de cap et de décor, changement de rythme et d'habitudes... Je n'irai pas sur les chemins de Samarcande, voir ses merveilles de mosaïques, ses minarets couleur turquoise, ses marchés et ses bazars, mais peu importe... Je m'envole pour une destination beaucoup plus proche, où le raffinement des palais m'enchante tout autant que le secret de ses médinas et l'ocre de ses kasbahs. Un autre Orient fantasmé, qui n'est pas que légendes...

Quelques années en arrière je découvrais l'aventure, la sensation grisante de liberté que l'on peut connaître à 18 ou 20 ans lorsque l'on roule sur des terres inconnues, en compagnie de 3 ami(e)s. Voyage depuis le sud de la France jusqu'à Zagora, à travers les couleurs magiques de l'Atlas. Un Atlas de pierres, et non pas de papier... Cette fois je pars seule. J'ai sillonné l'Asie en solitaire de nombreuses fois, mais là, même si ce n'est qu'une petite semaine et que l'itinéraire est simple, ce n'est pas tout à fait la même histoire, surtout pour une « gazelle »... (au pays des gazous !) On verra bien... De toute façon, j'ai hâte ! 🙂

*Départ de Paris le 8 septembre à 07h40 - (Vol «Royal Air Maroc ») (Au programme : Tanger - Chefchaouen - Tétouan)
MO Mong1 Globetrotter ·
« (...) Vue du large, elle semble presque riante, avec ses villas alentour bâties à l'européenne dans des jardins ; un peu étrange cependant, (...) , avec ses murs d'une neigeuse blancheur, sa haute casbah crénelée, et ses minarets plaqués de hautes faïences. (...) » PIERRE LOTI : « Au Maroc »

Tanger ou les fantômes du passé

Arrivée à Tanger à 09h20 comme prévu, aéroport « Ibn Battuta », du nom d’un voyageur tangérois aussi célèbre que Marco Polo... L’aéroport est petit et tranquille, tout moderne tout neuf. Aucun stress. On atterrit en rasant la mer... Les taxis sont un peu à l’écart, pas de marchandage en débarquant, le prix est affiché dans l’aéroport. (100 DH, en réalité il faut compter 150 pour la médina.) C'est ma 1ère expérience avec les taxis marocains, des « grands taxis » collectifs beige, Mercedes, ou des « petits taxis » turquoise avec une ligne jaune, uniquement pour circuler en ville. Traversée des faubourgs tout en construction. Enfin l’Hôtel « Continental », ancien palace de 1870 que je rêve de découvrir... On l'aperçoit de loin par le boulevard, l’accès en voiture est difficile, par une rue étroite et pentue de la médina, mon chauffeur râle un peu et veut me laisser en bas pour faire les derniers 500 m à pied, mais j’insiste et nous atteignons le parking de l’hôtel qui est majestueux et domine le petit port de pêche. J’ai réservé mais dois attendre midi qu’une chambre soit prête, je m’excite déjà à photographier tous les recoins, l’adorable petite salle rouge et ses vitraux, les plafonds et piliers en stuc colorés du 1er étage, les mosaïques, l’extérieur et sa terrasse. J’adore !!! Le charme suranné agit... (Bertolucci y a tourné des scènes d’Un Thé au Sahara et beaucoup de célébrités sont passées par là.)

Il est environ 13 h et me voilà à pied dans la médina.

J’ai peu de souvenirs de la ville, où je n’avais passé qu’une nuit sans rien connaître de son histoire, ou presque. Pour beaucoup, Tanger est avant tout une porte d’entrée et de sortie, entre 2 continents. Mais quelle porte ! A la croisée des chemins et des océans, entre Afrique et Europe... Quelle ville chargée de tous les fantasmes ! Tanger ne se visite pas pour ses curiosités ou monuments, mais se respire, intrigue, invite à d’autres imaginaires, d’autres flâneries... Le mot « Ailleurs » prend ici toute sa force et ses multiples résonances, lorsque retentissent les sirènes, le soir venu, au large de la baie.

Entre ceux qui rêvent d’un impossible départ, émigrés clandestins attirés par un Eldorado tout proche face au détroit de Gibraltar, et tous les étrangers qui l’ont aimée ou convoitée, elle dégage quelque chose de différent, un parfum spécial, un peu trouble, qui me laisse songeuse. Images paradoxales qui lui collent à la peau, entre passé sulfureux et avenir, douceur de vivre et ténèbres, mythe et réalité.

Cette ville cosmopolite a charmé et inspiré tellement d’artistes, peintres, écrivains, sans oublier le cinéma, que l'on se retrouve inévitablement sur les traces de quelques lieux mythiques fréquentés par la « Beat Generation », ces intellectuels bohèmes venus dans le sillage de l’écrivain Paul Bowles goûter à toutes sortes de plaisirs, dans les années 50.

Gravée sur les pages de son passé, la liste des « People » tourne en boucle, un peu malgré elle, comme le refrain entêtant d’un vieux disque.

Je dispose de peu de temps, mais l’idée de faire la tournée des cafés qui ont connu ses années de gloire me tenterait bien - même si le parcours est balisé - à commencer par les terrasses du « Café Hafa », qui domine la baie. Se laisser aller à une ambiance, toute simple, observer et vérifier le surnom de « Musée de la paresse » donné par Tahar Ben Jelloun... « Dream City », « Tanger la Blanche »... Tant pis si je ne croise pas le fantôme de Brian Jones en passant devant le joli petit « Café Baba » en haut des marches, ni celui d’Hendrix ou Lennon quelque part dans la kasbah...

Je commence par monter vers le célèbre « Petit Socco », lieu de tous les trafics et intrigues, connu pour ses cafés animés -, le « Tingis » a comme un petit air du « Flore » ou des « Deux Magots » parisiens - et atteins la place du « Grand Socco », appelée aussi « Place du 9 avril 47 ». (C'est là en effet que Mohammed V a prononcé le discours sur l'indépendance.) Au centre, une fontaine est entourée de bancs, de pelouses et de palmiers, la petite mosquée et son minaret de faïences surplombe l’ensemble entouré de drapeaux flambant neufs. (Par la suite, j’en verrai partout.) Les petits taxis font la ronde. Le ciel est bleu... Les couleurs éclatent.

Petite halte sur la place pour déjeuner d’une tarte aux légumes à la « Cinémathèque du Rif » et son café branché au look rétro, lieu de rencontres très sympa où les jeunes consultent Internet. Fermé pendant plusieurs années, seul cinéma d’art et d’essai, une photographe plasticienne a redonné vie à l’endroit, alors que les petites salles se meurent. (5 salles aujourd’hui, pour un million d’habitants...)

C’est dimanche et sur un trottoir a lieu un petit marché un peu plus haut, avec les femmes du Rif en tenue traditionnelle qui vendent leurs légumes. En traversant des halles couvertes, mon regard se pose sur des fromages frais appelés « Jben », spécialités du Nord joliment présentées dans des feuilles de palmiers. En vrac, quelques figues de Barbarie. Partout ça sent bon la menthe fraîche.

Tout prés, le petit « Café Chorouk », naïf, bien dans son jus...

Redescente, puis sur la gauche, l’endroit est fléché, une rue rejoint la kasbah. J’aimerais pouvoir flâner davantage dans les ruelles. Pas de sollicitations, les gens sont sympa, des gamins jouent avec un ballon, je me sens bien. Plutôt que de jeter un œil sur les boutiques aux abords du Petit Socco (pourtant attirantes), j’avance le nez en l’air, observe la couleur des murs, les balcons et lanternes, les façades et les jolies plaques décorées, écrites en français et calligraphie arabe. Depuis le haut de la kasbah on s'éloigne de la médina en longeant la mer, le chemin me paraît long pour atteindre le fameux « Café Hafa ». Enfin ! Repos bien mérité devant l'océan turquoise, l’endroit vaut le détour pour la vue imprenable et le cadre resté authentique, avec ses terrasses ombragées accrochées à la falaise, loin de toute agitation. Là, deux hommes sont absorbés par un jeu qui ressemble aux petits chevaux (j'apprendrai bien plus tard que son nom est le « Partché »), des jeunes rient à côté de moi, deux femmes sont installées tranquillement... le temps semble arrêté, dans un jardin entre ciel et mer. Je me retourne pour commander, un serveur monte et descend avec une sorte de panier à verres contenant une dizaine de thés à la menthe. Les hommes semblent occuper les terrasses du haut. Pas de touristes...

Avant de partir, j’essaierai de m’imprégner de ces couleurs, de cette lumière qui inspirait Matisse. En traversant les quartiers animés du Petit Socco, autrefois mal famé, je penserai aussi à l’enfance misérable de Mohamed Choukri racontée dans le livre « Le Pain Nu ». (Interdit pendant plusieurs années et lu d’une traite avant de partir.) L’envers du décor... La misère est toujours là et contraste avec le luxe des belles villas sur la hauteur.

19h00. Le resto du Continental est fermé le dimanche, je repars donc dîner au Petit Socco qui bouillonne d’énergie, à l’heure espagnole. Bien sûr, je rentrerai tôt (de toute façon je me suis levée à 04h30 du matin et j’en ai plein les pattes), mais je n’éprouve pas de crainte particulière tant qu’il ne fait pas nuit.

Mon dimanche à Tanger se termine... Un groupe de jeunes jouent au foot en bas de l’hôtel à 03h30 du mat' en gueulant et je n’arrive pas à dormir. Je me lève quelques instants dans le noir et regarde le port, enveloppé de mystère... Cette fois encore je n’y passerai qu’une nuit à l’aller, et une avant de partir... le temps de quelques ressentis et images d’une ville en pleine métamorphose, qui mérite sans doute plus qu’un passage. Au final, j’aurai beaucoup aimé ces 2 demi-journées, cette ambiance si particulière, ce mélange de culture, d’architecture. Mais je suis impatiente de prendre la route du Rif...

J’ai opté pour un grand taxi au lieu du bus. Un taxi pour moi toute seule, pour 2 heures de route environ jusqu’à Chefchaouen.

(.../...)
CA Cambrousse Globetrotter ·
sympatoche !

j'ai parcouru Tanger avant d'aller aussi à Chefchaouen il y a trois ans ..... j'ai adoré 🙂

merci pour la balade ....
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
MO Mong1 Globetrotter ·
1, 2 - Marché (Grand Socco) 3 - Café Chorouk (Grand Socco) 4 - Café Tingis (Petit Socco) 5, 6, 7, 8, 9, 10 - Au hasard de la médina 11, 12, 13 - Le mythique Café Hafa
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Cambrousse. Je publierai la suite sur Chefchaouen demain... avec des photos en grand ! (C'est long de télécharger tout ça, avec la restriction de 30 grandes photos par page, j'ai préféré faire ma sélection sur Chaouen que sur Tanger.) Sur le texte que je vais poster, je te remerciais d'ailleurs d'avoir donné plusieurs fois une adresse d'hôtel à Chaouen que j'ai beaucoup aimé.... 😉 (Je l'ai cité)

A +
CA Cambrousse Globetrotter ·
je vais regarder la suite, bien sur. contente d'avoir pu te rendre service 🙂
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CA Cambrousse Globetrotter ·
ha .... le café hafa : j'ai vraiment aimé cet endroit 🙂 joli la photo avec le chat 😉
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PI Pierre Globetrotter ·
Super ! Merci 🙂.

Je suis content de voir Tanger sous le soleil ...

🙂
Mon espace web : http://www.world-blogueur.com Spéciale déconfinement https://voyageforum.com/discussion/enfin-libres-entre-rivieres-fleuves-canaux-velo-fil-eau-entre-seine-loire-d10299732/
KO Kola Globetrotter ·
Certains endroits ont le charme intemporel des souvenirs d'enfance... Tanger, Chefchaouen, je ne sais pas si je reconnaitrais. Peut-être en fermant les yeux ? Alors je vais suivre tes traces, ton regard... tes mots bleus.
VO Voyajou Globetrotter ·
Nan mais je rêve! Tu as cinq ans dans le calendrier véefien et c'est ton premier récit!?😉 Et cela semble si prometteur! As-tu lu Smara de Michel Vieuchange? C'est certes plus au sud, c'est plus blanc que bleu, plus terrible, lui y a laissé la vie, c'est là qu'est "mon" Maroc mais ce pays offre tellement (et je le connais si peu)...
LA Lacalo Globetrotter ·
Bonsoir Catherine, 🙂

Quel plaisir de te lire. Et en plus un carnet sur le Maroc...😇 Tanger... j'y suis retournée cette année, et le charme une fois de plus n'a pas encore opéré... Je ne sais pas, je n'arrive pas à retrouver ces lieux embellis par mon imagination au fil de mes lectures. Et vu sous des trombes d'eau, ça n'a pas arrangé pas les choses ! Il n'y avait plus le bleu et la lumière de ces tableaux de Matisse... Le site reste cependant magique avec Gibraltar en face et les parfums du Maroc sont déjà bien présents...

Bon, on te suit à Chaouen...😏
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
JE Jeansellier Globetrotter ·
bonjour Ming ,

J'etais à Chaouen ( Chefchaouen ) en avril dernier . J' attends tes photos avec impatience , c'est un coin adorable . Si tu as le temps fait un saut à Asilah egalement , tres facile en grand taxi depuis Tanger .

bon séjour Jean
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci à tous.

@ Voyajou, c'est mon 1er carnet depuis 5 ans car mes voyages sont trop anciens. Là, c'est tout frais et j'avais envie d'essayer, mais ceux qui s'y sont collés savent combien c'est difficile (et tellement personnel !) Je n'étais pas sûre d'avoir matière à faire quelque chose avec ce tout petit carnet... (Pas lu le livre que tu cites.)

@ Pierre123, tu fais partie de ceux qui m'ont donné envie d'aller là-bas avec ton carnet.... (Et Michagadir, avec ses photos de Chefchaouen.)

@ Jeansellier, j'aurais aimé aller à Asilah mais n'y suis pas allée.
LA Lacalo Globetrotter ·
Mais c'est ça qui est bien dans les carnets ... c'est justement cette part personnelle ...

La description de Chaouen, tu la trouves dans tous les guides. Mais le regard de Ming2, il n'est que dans son carnet !😉
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
CA Cambrousse Globetrotter ·
et oui, c'est bien cela que l'on cherche dans les récits les blogs ect ..... un autre regard ....

en petit PS : qui aurait l'expérience de balade bus + randos avec tente femme solo au Maroc (65 ans 😉) ???
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MO Mong1 Globetrotter ·
Chaouen « La Bleue »

C’est une maison bleue, etc... chanterait Maxime.

Enfin, j’y suis !!! Le bleu de mes rêves. Chefchaouen ou Chaouen pour les intimes... petite ville d’environ 40 000 habitants qui possède la plus poétique des médinas. En berbère, son nom signifie « Regarde les cornes » en raison des 2 pics montagneux contre lesquels elle se blottit, à 600 m d’altitude.

Chouf ! 😉

(Vue depuis le donjon de la kasbah)

Mon chauffeur de taxi conduisait bien et me laisse à l’entrée de la médina, on est tout de suite sur la grande place « Uta-El-Hammam », pas de problème pour trouver mon petit hôtel (« Dar Mounir »), à 2 pas de la kasbah. L’endroit est charmant avec une jolie terrasse sur le toit, ma chambre possède une salle de bains couleur miel en « Tadelakt », cet enduit qui donne aux murs un aspect ciré, les jeunes de la réception sont sympa. (Il n'est pas sur le Guide du Routard, j’en profite pour remercier Cambrousse qui l’avait conseillé sur le forum.)

J’ai prévu de passer 3 jours 1/2, ça pourra sembler beaucoup pour certains car c’est assez petit et il n’y a rien de spécial à visiter, mais ce bleu me fascine... j’ai envie de me balader tranquillement et d’en faire le tour, plusieurs fois. Je ne me lasserai pas d’observer ces ruelles, à toute heure du jour, de photographier ces nuances, ces détails...

Portes cloutées majestueuses ou modestes, adorables petites fontaines toujours animées, fenêtres et grilles en fer forgé de style arabo-andalou, qui rappellent que la ville était occupée par les Espagnols dans les années 20 jusqu’à l’indépendance. Voûtes et arcades recouvertes de vigne qui jouent avec le soleil, clairs-obscurs, recoins et impasses qui mènent à l’entrée d’une habitation, je flâne émerveillée dans cet univers aux formes douces, parfois arrondies, aux murs que l’on a envie de caresser par endroits, comme des moutons....



















« Le moindre dessin d’arabesque, effacé par le temps au dessus de quelque porte antique, - et même seulement la simple chaux blanche, la vieille chaux blanche jetée en suaire sur quelque muraille en ruine, - me plonge dans des rêveries de passé mystérieux, fait vibrer en moi je ne sais quelle fibre enfouie… » (Pierre LOTI : Au Maroc)



Les murs sont badigeonnés de chaux et de pigments que l’on expose dans des sacs devant les échoppes, cavernes d’Ali Baba où je ne manquerai pas d’acheter un petit sachet indigo en souvenir, symphonie de bleu qui rivalise avec le ciel et me donnerait envie de me mettre à l’aquarelle. Impression de sérénité qui appelle à la contemplation, le bleu se décline jusqu’au mauve, subtil, tendre, vaporeux ou soutenu et s’étale même sur le sol. Impression de fraîcheur quand certains bleus givrés ressemblent à des icebergs, l’entrée basse des maisons à des igloos...







(Au détour d'une ruelle, à même le sol, des bobines de fil)

Je grimpe les innombrables marches, redescends, certaines ruelles sont si escarpées que je renonce en me demandant comment font les vieillards chaounis en babouches sur les galets polis et glissants, quelque soit le temps... Par endroits le haut des maisons a gardé sa couleur ocre. Ocre comme la kasbah que l’on peut visiter, mais à part son jardin, le plus intéressant est la vue du haut de son donjon. (Y aller de préférence en fin de soirée pour la lumière.)







A côté de la kasbah, la mosquée et son minaret octogonal date du 15ème siècle et a été restaurée. Chefchaouen est une ville sainte, autrefois interdite aux chrétiens, on compte une vingtaine de petites mosquées. L’appel du muezzin aux alentours de 5 heures du matin est particulièrement impressionnant, dans cet endroit encaissé... Les enfants jouent tard le soir dans les ruelles mais l'hôtel est calme, pourtant mon sommeil est léger. Toutes les nuits, j'entends un âne braire au milieu de la nuit, bruit qui me paraît bien insolite la 1ère fois !

(Les ânes approvisionnent les commerces en boissons et bouteilles de gaz)

A 8 h ou 9 h du matin il n’y a presque personne sur la place, le soleil se lève à peine au dessus de la montagne, certaines rues sont très à l’ombre, les terrasses des cafés s’installent. Je ne tiens pas en place...

Je savais que photographier les gens serait difficile, contrairement à l’Asie qui me comble en matière d’approche et de portraits, d’ailleurs je n’ai emmené qu’un compact... Ne pas m’encombrer, ni encombrer mon esprit... Le simple va-et-vient du zoom, résonne comme une indiscrétion et semble me montrer du doigt.





S’asseoir sur une marche et respirer cette quiétude, choisir son décor, s’arrêter un instant à l’angle d’une ruelle en espérant que quelqu’un apparaisse et tenter de se fondre dans le mur... Point de Shéhérazade à Chefchaouen où les femmes portent soit la tenue du Rif (tissu rayé et chapeau de paille à pompons), soit djellaba et foulard. Me contenter de silhouettes, personnages de dos, laisser filer la vie... Photos instantanées. Voleuse d’images quand même, quand certains regards se croisent, même de loin. De toute façon le décor est magnifique et se passerait presque de personnages, si je n’aimais autant ça... Et puis il y a les chats, très nombreux, qui sommeillent sur les pierres chaudes, témoins de mes errances.



Je croise plusieurs fois des personnes portant de grands plateaux en bois recouverts de linge, ce sont des galettes de pain (« kesra »), que l’on amène à cuire dans un four communal. Il y en a plusieurs dans la médina, on peut les remarquer aux tas de branches entassées devant la porte, et à la cheminée noircie. J'adore ce pain...

Les boutiques sont présentes, tapis de laine, couvertures etc. (il y a quelques ateliers de tissage), mais il n'y a aucune sollicitation. Certains trouveront peut-être que l'endroit est devenu trop touristique mais on peut toujours s'éloigner, d'ailleurs impossible de se perdre dans cette médina. Le soir les terrasses de la place se remplissent, j’imagine que pendant les vacances d'été ça doit être infernal. Quelle ambiance étonnante ! Les habitués chaounis se retrouvent et discutent sur les bancs devant la kasbah, les visiteurs se prennent en photo près du grand cèdre, les routards portent le sarouel. Seuls un ou deux cafés sont restés « couleur locale », l'un bordé d'arbres (aux troncs à moitié peints en bleu) est occupé par les hommes, juste à côté des terrasses touristiques. J'aspire à plus de tranquillité une fois la surprise passée, mais je craque tout de même pour la déco et la vue du resto « Aladin » en hauteur, qui est assez tranquille, et pour sa pastilla qui est excellente.

(Vue depuis le resto « Aladin »)

J'attendais le jeudi, jour de marché déplacé dans la ville nouvelle avec impatience, mais il me paraît moche et je repars aussi sec dans la médina... (Pas la peine d'organiser son séjour en fonction de ce jour là ou du lundi.) Au final, j'aurai tout de même rempli ma carte mémoire (insuffisante) de tout ce bleu et n'ai trouvé qu'une boutique pour en racheter une... Ouf !

Triste de quitter cet endroit si paisible et si joli...

(.../...)
CA Cambrousse Globetrotter ·
superbe

merci pour le voyage

je me suis baladée au Maroc l'an dernier avec "au Maroc" de P.Loti. 😉 ... J'aime ces approches. je prépare souvent mes voyages ainsi
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
MO Mong1 Globetrotter ·
- Mon hôtel : « Dar Mounir »





(D'autres photos sur Chaouen, plus tard... 🙂)
KA Kate Globetrotter ·
Oui ! S'il te plaît !... Dessine-nous encore du bleu ! 🙂

As-tu ramené de cette splendide poudre ? Je n'ai jamais trouvé de bleu équivalent en France, que ce soit en teinture ou peinture... Manque toujours ce soupçon de violet qui en fait la profondeur et l'éclat.
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
MO Mong1 Globetrotter ·
(Suite Chefchaouen)





































(Bois de chauffage pour le hammam)





(La mosquée))























MO Mong1 Globetrotter ·
Oui, oui j'ai ramené un petit sachet indigo, ça devait coûter dans les 4DH à peine... 🙂 (Je pense tout de même qu'on en trouve en France, beaucoup plus cher évidemment, il me semble en avoir vu en poudre quand je faisais des mosaïques.)

- (Suite et dernières photos de Chefchaouen :)

... Porte d'entrée de la ville (qui se décline en divers objets-souvenirs)































VI Viléna Veteran ·
Bonjour Catherine,

Très joli récit d'une plume virtuelle inspirée et où j'ai retrouvé les sensations ressenties lors de mes séjours à Tanger.
Je suis Charlie.

https://secure.avaaz.org/fr/gaza_blockade_fr/?cJNFVcb

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_Ministre_de_la_Justice_et_des_Libertes_Mustapha_Ramid_Que_justice_soit_faite/?sNxSXbb
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci... Je ne pensais pas aimer autant Tanger, en si peu de temps... Je m'étais mise "en condition" pour l'aborder, pour essayer de ne pas passer "à côté". Je m'étais documentée, avais lu des récits. Et ça a marché... Son charme n'est peut-être pas évident au 1er regard, il y a ce que l'on voit et ce que l'on imagine, son passé encore bien présent. Je n'ai pas ressenti de nostalgie, comme je l'avais lu (la nostalgie est pour ceux qui ont vécu et regrettent un certain passé), mais une certaine ambiance, indéfinissable...

-Photo du "Théâtre Cervantes", (Espagnol comme son nom l'indique), vestige du passé culturel de la ville, autrefois très important et totalement à l'abandon aujourd'hui.

(A suivre... quand j'aurai écrit le texte 😉 : Tétouan)
DO Dolma Globetrotter ·
J'aime le bleu J'aime les mots Ming, j'aime lire tes mots brodés de bleu... J'aime quand la lecture invite à l'écriture Ming, tes lectures te font écrire, pour mon plus grand plaisir...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MO Mong1 Globetrotter ·
Hé, hé, merci Dolma d'avoir ajouté ton petit couplet, toi qui aimes écrire et qui n'écris plus beaucoup dans cette rubrique...
TR Trostang Globetrotter ·
Merci Catherine, c'est tout simplement magnifique!
LA Lacalo Globetrotter ·
Superbes ces photos. Cette ville si particulière par la couleur de ses murs et son calme se prête bien à la flanerie. Tu as su au travers de tes photos capter toute l'essence de cette médina pleine de charme.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
CL Claireflo Regular ·
Bonjour Catherine,

C'est un vrai plaisir de te lire et d'admirer tes photos ! Je suis pressée de voir la suite : Tetouan !
claire
IB IBsiglo Regular ·
Salut Ming2, j'ai pris un bleu fabuleux à Asilah c'est une zaoui, la photo en attachée. le bleu est le pays de ma vie, je le prends et ne laisse rien pour demain, le bleu est le pays où ma pensée devient muette pour laisser mon cœur réfléchir. cordialement
J'ai tous les instants mais je n'ai pas le temps.
SO Songhai73 Globetrotter ·
Bonjour merci pour tout ce bleu... dire qu'après plus de 20 voyages au Maroc , je ne suis pas encore allée vers ce si bel endroit ! tes photos et ton récit me donne encore plus envie d'y aller ! francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion! Khalil Gibran
AL Alanay Veteran ·
Quel beau récit ! Quelles belles photos !

Merci pour ce beau partage
Carnets de voyage : voir mon profil (Lanzarote - New York - Namibie - Vietnam - Angkor - Ouest USA)
MO Moushika Globetrotter ·
Tout ce BLEU , c'est BEAU !!!!

C'est sûr, quand je retourne au Maroc, je vais à Chefchaouen .

Tu parles très bien de Tanger aussi .

J'attends les photos de Tétouan, une ville que j'aime beaucoup , elle aussi .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci pour les derniers commentaires. Contente que ça vous plaise.

@Songhai : Fais comme moi... 😉 J'avais déjà craqué sur des photos de Chefchaouen sans envisager d'y aller, et puis tout d'un coup, le voyage s'est imposé. 🙂 Quand j'ai vu le petit carnet de Pierre123 (aux alentours d'Avril), j'ai regardé une carte et j'ai réservé mon billet de suite ! (J'ai choisi d'y aller en Septembre, mais c'était long !)

@Claireflo : Tu me mets la pression pour la suite... (toi qui vis à Tétouan)

La suite arrive... (moins colorée)
MO Mong1 Globetrotter ·
Tétouan « L’Andalouse »

Mauvais temps à Tétouan... J’arrive sous un ciel très noir, la « Colombe blanche », cité des peintres et des poètes, fait grise mine et moi aussi...

Le trajet en taxi depuis Chefchaouen a été un cauchemar pendant les 15 premiers km (ou plus). Je suis devant et la descente est extrêmement dangereuse, précipice et virages, cette fois je n’échappe pas à la peur (vraiment peur), et sais combien le nombre de morts sur les routes est élevé au Maroc... Mohamed a une tête sympathique qui inspire confiance, mais n’a pas l’air de connaître la pédale de frein et coupe les virages... Devant, une voiture fait des écarts, un bus complètement inconscient double une voiture face à nous, une autre fois nous mordons le bas côté et nous arrêtons... Il ne parle qu’espagnol et devant mes « Atencion ! Lentamente, lentamente ! » me montre (en conduisant d’une main), sa carte de chauffeur. 30 ans de métier. Ça ne me rassure pas... Ni le fait qu’il me dit rouler « seulement » à 60. (Dans ce gymkhana ça me semble énorme !) Les jurons fusent contre les autres chauffeurs, il me regarde sans arrêt en me disant « Pobrecita », apparemment il a l’air vraiment désolé, mais ne ralentit pas pour autant... J’aurais dû monter derrière, peut-être aurais-je eu moins peur !

Une heure de trajet environ et nous arrivons vers 10h et demie, 11h. Petit coup de téléphone au « Riad Dalia » où j’ai réservé 2 nuits, et un jeune de l’hôtel très sympa (en stage pour 2 mois) vient me chercher à pied à l’entrée de la médina. Il pleut un peu, le début de la rue est très commerçant, encombré, et je peine à le suivre avec ma valise à roulettes. Accueil avec un thé à la menthe, le petit riad me plaît beaucoup et date du 18e siècle (300 ans !), ma chambre avec salle de bains est immense, toute en longueur. On dirait une suite, avec son petit salon meublé à la marocaine, tapis de laine, canapé et rideaux épais au style assez chargé, un grand coffre en bois, un haut plafond et des portes majestueuses.

Je grimpe de suite sur la terrasse prendre quelques photos. La vue avec la médina au pied de la montagne est jolie, même sous un ciel gris, elle me fait penser à un tas de morceaux de sucre...





De l’autre côté on aperçoit de loin (à droite des arbres) la place Hassan II (Feddan) où se trouve le Palais Royal. (Je suis passée devant en arrivant et en traînant ma valise.)



Petit tour de repérage à pied autour de mon riad, pas trop envie de m’éloigner. Le temps n’est pas propice aux balades et photos, les rues aux nombreux passages voûtés me paraissent sombres et ne sont pas engageantes... Dommage, car ces pierres ont du charme et la médina est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Tous les monuments historiques ont une plaque explicative, souvent écrite en espagnol.

Médina. Médine. Chaque pierre est un livre Aussi ancien que les fables Chaque rue est une histoire Aussi compliquée que la nuit Chaque maison est un roman Aux pages grignotées par des rats. (Tahar Ben Jelloun : Jénine et autres poèmes.)









(Fontaine à côté du riad)

Ma 1ère rencontre après quelques pas, me redonne tout de même le sourire. Une jolie petite fille me dit bonjour avec sa copine, puis fait demi-tour et me demande de la photographier... (Je n’en reviens pas !)





Le lendemain matin, le jeune de l’hôtel me montre le chemin des tanneries pas très loin, puis me laisse seule. Il est un peu moins de 10h, sur le trajet peu de boutiques sont ouvertes, on est samedi. Un ou 2 Marocains travaillent autour des cuves, je m’avance timidement. L’un d’eux m’encourage à faire le tour, en montant quelques marches on a effectivement un meilleur point de vue.















J'avais visité celles de Fès, dont les souvenirs me reviennent. Celles-ci sont petites mais les conditions de travail restent les mêmes, aussi ingrates, dans la puanteur des cuves... En gros, les peaux sont d’abord débarrassées de leurs poils, puis trempées dans les cuves remplies de fientes de pigeons pour les assouplir, puis dans de la chaux. Ensuite lavées et teintées avec des colorants naturels, puis tannées et mises à sécher.

Tout près, une boutique de peaux vient juste d'ouvrir. La laine récupérée servira à remplir les matelas et les poufs.



Mes pas me mènent un peu au hasard, quartier des menuisiers, vanneries, une rue qui fait brocante, Souk El Houts (petite place de tissus près des murailles), mais c’est difficile de s’y retrouver dans ce labyrinthe. J'essaie de me repérer grâce aux minarets, la Grande mosquée est proche. Je fais plusieurs allers-retours à l'hôtel entre deux averses, mon appareil photo se mouille pour rien, je me perds à chaque fois alors que je suis tout près... Curieusement, je ne suis pas trop embêtée par les « faux guides », un ou deux m'abordent sans insister (ils m'ont vue arriver avec le jeune de l'hôtel), mais malgré mon refus et mon envie d'être seule, j’ai l’impression de passer à côté d’endroits intéressants.

Au Souk El Fouki, petite place animée à côté d'un joli minaret, éclate un début de bagarre entre un passant et un vendeur... le ton monte vite, les autres s'en mêlent, je ne traîne pas.



(Souk El Fouki : Le bon pain marocain...)

En continuant je tombe sur ces enseignes de boutiques d’instruments de musique traditionnels pour mariages.



Puis ces meubles colorés qui me surprennent... Je n’en ai jamais vu de la sorte, ça s’ouvre et... ça me fait penser à une espèce de palanquin.







Je suis un peu déçue de ma journée, principalement à cause du temps. Je ne suis pas très à l’aise dans cette médina plutôt déserte (jour de prière et pluie), après mes 3 jours de rêve à Chefchaouen... Au riad, il pleut sur le carrelage du petit patio depuis le toit en verre... les gouttes se mêlent au bruit de la petite fontaine intérieure. J'apprends que l'eau est gratuite et provient d'une source. Je discute tranquillement avec le fils du propriétaire qui s'occupe de la réception, il est fier de me montrer de beaux livres de peinture sur Tétouan. Il est ami avec plusieurs peintres photographiés sur le livre, c’est la première école de Beaux-Arts du Maroc. Certaines peintures me plaisent beaucoup, les styles sont variés. Dîner agréable sur place avec une Japonaise, le menu est à 100 DH. (Pas question de sortir du riad, et il y a peu d'endroits pour se restaurer.)

Le lendemain matin, ciel bleu et retour sur Tanger. En quittant Tétouan je vois la ville d’un autre œil...

(La place du Palais Royal)

Je suis ravie, un ami du riad a accepté de m'emmener en voiture avec sa fille d’une dizaine d'années pour lui montrer Tanger. Intelligente et curieuse, elle semble contente de pratiquer le français, son père a pas mal voyagé en Europe et a même accueilli des touristes qui voulaient apprendre l'arabe. On discutera tout au long du trajet, tous les trois. Les paysages d'oliviers défilent, les petits troupeaux de chèvres, les vendeurs de poteries ou d'oignons au bord des routes... L’ambiance est familiale, détendue, extrêmement agréable. Je me sens bien avec eux et aimerais prolonger ce moment, continuer de rouler... Ce sera une bien jolie rencontre pour finir, une jolie façon de rejoindre Tanger.

Je décolle de Tanger le lendemain... enchantée par ces 8 jours. 🙂
CL Claireflo Regular ·
Quel dommage que tu n'ai pas vu Tetouan sous le soleil ! Le temps y est très changeant mais ... cela fait partie de son charme 😉 Les boîtes de bois peint sont destinées à transporter la mariée lors des mariages traditionnels. Elles sont louées pour les cérémonies. J'espère que tu auras apprécié ta visite malgré la pluie !
claire
MO Mong1 Globetrotter ·
C'est bien ce que je pensais pour les meubles peints, qui m'ont (vaguement) évoqué les palanquins asiatiques...

J'ai apprécié... après un petit temps d'adaptation. (Je râlais surtout pour les photos) Aucune médina ne se ressemble, celle-ci a effectivement un charme particulier.
LA Lacalo Globetrotter ·
Bonjour Catherine,

Comme Claire, je regrette que tu n'aies pas pu voir cette médina sous le soleil qui apporte toute la lumière et la chaleur pour magnifier ces lieux. Si toutes les médinas du Maroc ont la même organisation, elles sont toutes différentes par la couleur des murs, les ornementations des portes, les hauteurs des maisons ... Mais celle de Tetouan reste une de mes préférées ..

Merci en tous cas de ce carnet qui nous montre ce Maroc qu'on aime. Très belles tes photos !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
KA Kate Globetrotter ·
J’aurais dû monter derrière, peut-être aurais-je eu moins peur !

Non c'est pire ! Tu ne vois pas la mort arriver en face ! 😛

C'est drôle, lors de mon arrivée à Tétouan la première fois, moi aussi j'ai été déçue. Et ton récit me rappelle des souvenirs: un temps gris et triste (anormal pour la saison), une bagarre générale qui a éclaté devant un bar où nous buvions tranquillement notre thé et pour finir un hôtel sordide ! Comme entrée en matière, c'était pas terrible... Mais le charme de la ville a eu raison de notre mauvaise humeur: ses façades Art Déco sont magnifiques, sa médina ne ressemble à aucune autre, les ruelles sont vivantes... Tétouan vaut vraiment le détour.

Cette lumière donne à tes photos une ambiance particulière. Je trouve d'ailleurs qu'elles correspondent bien à la ville.
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
HA Halo Veteran ·
Bonsoir Ming, Je t'ai lue avec attention et surtout j'ai bien rêvé devant tes photos... Celles de Chefchaouen en particulier sont splendides et on sent que tu as dû passer de longues heures heureuses à déambuler et photographier... Tu mets très bien en valeur dans ton récit l'importance du ressenti quand on aborde une ville, ce qui fera une découverte réussie ou manquée : notre humeur ce jour là, l'idée qu'on s'est faite de la ville avant de venir, les livres qu'on a lus ou pas, le temps qu'on s'accorde, notre disponibilité d'esprit... Une belle incitation à voyager lentement car on voit comment ta perception de chaque ville évolue au fil des jours. Merci pour ce beau carnet.
CA CatherineGil Globetrotter ·
Superbe écriture et superbes photos . Merci Ming 🙂
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
VO Voyajou Globetrotter ·
Snif(2).

C’est dommage que le texte soit haché (gâché🤪😇😊😉; bon y en a assez pour ne pas me faire shooter?) par des images, aussi bleues soient-elles dans l’écrin délicatement ton sur ton que leur offre VF, alors que tu écris comme peignent les impressionnistes.

A regarder seulement les photos on voit trois belles villes mais ce sont tes mots ou plutôt, au-delà des mots, en particulier à Chefchaouen, la musique des phrases qui nous (te?) révèle… laquelle est la plus belle.

Une photo m’intrigue: le gamin qui mordille le mocassin exerce-t-il dans la cordonnerie? Ou bien en use-t-il comme d’un instrument? Ou encore, est-il en rage parce que ça fait vingt-trois fois que tu rates son portrait?

Adolescent, j’associais Tanger à Tangerine Dream (ça reposait de Camus, figure imposée). Tangerine Dream: Stratosfear http://www.youtube.com/watch?v=2w8VsvJ40sM

Dis, quand (re)partiras-tu?
DO Dolma Globetrotter ·
C’est dommage que le texte soit haché (gâché🤪😇😊😉; bon y en a assez pour ne pas me faire shooter?) par des images

Je n'avais pas osé l'écrire 😊 mais je le pense très fort 🙂. Pas besoin d'images pour ces mots bleus-là...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
LA Lacalo Globetrotter ·
Bonjour Dolma et Voyajou 🙂

Le texte se passerait sans problème de photos, mais je trouve cependant que celles qui sont présentées ici sont bien l'écho de ce qui est écrit. Tout en douceur, Ming a su saisir ces personnages dans leur vie quotidienne sans les déranger. Et je vous assure que dans ce pays c'est très difficile à faire ! Ou en nous montrant certains détails ( porte, fenêtre, lettres ) elle nous entraine dans sa rêverie. Ce sont là de vrais tableaux impressionnistes, qui me parlent, tout comme ses mots bleus ...
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
VO Voyajou Globetrotter ·
Votre Excellence, Madame l'Ambassadrice, Madame La Caïde du Rif,

Pour ma part il s'agissait surtout de signifier combien j'étais touché par l'écriture. Ceci étant, vous n'ignorez pas que l'image, le hiéroglyphe, ont précédé l'écriture et, à ce titre, peuvent être tenus pour des genres mineurs, la bienséance ne m'autorisant pas à écrire primaires.

(Yo&Co: 😉) parenthèse2 (je lis en ce moment la vie de Lennon imaginée par Foenkinos, d'où Yoko🤪)

P.S. Toi qui est du pays, le gamin, avec sa godasse, il a une rage de dents?😏
MO Mong1 Globetrotter ·
@Voyajou : Je comprends ta remarque (et la prends comme un compliment)...... 🙂 Je sais que (comme Dolma et d'autres) tu préfères les mots aux images.

Je me suis interrogée sur la mise en page et j'ai eu envie de mettre les photos de Chefchaouen à la suite du texte, mais ça faisait trop "bloc"... Et je voulais qu'elles soient en grand (car je les aime mes photos de Chefchaouen ! 😉)

Tanger, "Tangerine Dream"... Beaucoup de musiciens des années 60, 70 ont été influencés par cette ville. (Le groupe est né en 67). Brian Jones y a enregistré un disque (style "Trance") en 69, "The Pipes of Pan at Jajouka", après avoir entendu des musiciens de la région du Rif.

Merci pour les commentaires précédents, Kate, Halo, CatherineGil et Yolande. Ça me fait plaisir de voir que vous vous intéressez à ce petit carnet, que ce soit pour le texte ou les photos. J'attendais beaucoup de ce voyage, je l'ai fantasmé (j'ai eu le temps, j'avais réservé plus de 4 mois avant ! Et je n'ai pas été déçue... Il s'est imposé de façon si évidente, que je savais qu'il compterait, si petit soit-il, et que peu de choses pourraient entamer mon moral. La préparation, l'état d'esprit, c'est vrai que tout compte. C'est vrai aussi qu'on ne voit pas les choses de la même façon sous un ciel bleu ou sous un ciel gris, mais l'essentiel était atteint.

Je repartirais bien, là, tout de suite... (Enfin, je suis encore là-bas !)
MO Mong1 Globetrotter ·
Au fait, le gamin qui mordillait sa babouche (c'est une gamine), et je ne l'intéresse absolument pas... elle est bien trop occupée à jouer (ou plutôt poursuivre) des chats ! 😉

(Photo ratée...)
VI Viléna Veteran ·
Photo du "Théâtre Cervantes", (Espagnol comme son nom l'indique), vestige du passé culturel de la ville, autrefois très important et totalement à l'abandon aujourd'hui.

Bonjour Catherine,

Il était question de le rénover il y a déjà quelques temps... Rien apparemment n'a donc été fait dans ce sens?
Je suis Charlie.

https://secure.avaaz.org/fr/gaza_blockade_fr/?cJNFVcb

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_Ministre_de_la_Justice_et_des_Libertes_Mustapha_Ramid_Que_justice_soit_faite/?sNxSXbb
VA Vazyvite Globetrotter ·
Chefchaouen reste aussi pour nous un bon souvenir en Avril de cette année. Mon circuit a été fait rien que pour y passer d'ailleurs, je voulais absolument voir çà 😛 et puis quelle tranquillité pour les touristes qui peuvent enfin se promener sans sollicitations permanentes !

Terrasse de La Casa Aladin vue depuis la place 😛

Tous mes voyages sur : http://www.vazyvite.com/

" Psychologiquement instable donc je ne réponds de rien" : Sa Maman
MO Mong1 Globetrotter ·
Bonjour Viléna,

J'ai vu en effet un encart publicitaire sur un prospectus (peut-être sur le programme de la "Cinémathèque du Rif", ou du festival "Tanjazz" qui démarrait 2 jours après mon retour), avec écrit : "Sauvons le théâtre Cervantes"... Apparemment une pétition lancée par une association culturelle. Les travaux représentent beaucoup d'argent et le théâtre appartient à l'Etat espagnol.

La culture se développe à nouveau (la librairie des Colonnes qui accueillait tous les écrivains connus a été rachetée par Pierre Bergé) et l'endroit fait partie de ces endroits mythiques de Tanger. Alors peut-être qu'un jour...

Pour l'instant, l'endroit est assez tristounet... (et difficile à photographier.)
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Vazyvite 🙂 Le café bordé d'arbres est celui dont je parlais, essentiellement fréquenté de Marocains. Quant à Aladin, dont l'entrée est derrière, j'y ai vu finalement peu de touristes, pourtant on y mange bien et ses terrasses ont une belle vue, l'une devant sur la place et l'autre un étage au dessus, sur la montagne...







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