bonjour Audrey, Richard, Greensnow et Djalma,
après un temps "off", je viens de relire cette discussion, qui finalement n'est pas trop polémique .. plutôt intéressante.
comment quantifier, qualifier l'insécurité dans tel ou tel lieu, tel ou tel pays ? vaste débat.
je retiens parmi vos commentaires celui-ci, venant de Greensnow :
Greensnow dit, le 7 novembre : "Même en faisant attention, cela n'empêche pas le danger car c'est soudain, rapide et surtout pas prévisible" cqfd ?
je prendrais cette simple phrase comme l'une des plus importantes de cette discussion.
Elle est de manière également valable à Paris, Bogota, en cent villes ou dans mille campagnes du monde. je crois que nous sommes tous d'accord avec ça.
Le Népal n'est certes pas plus dangereux qu'un autre pays, il l'est sans doute moins que l'Inde. Les népalais que j'ai rencontrés étaient tous sympathiques et bienveillants, serviables .. mais va savoir ce qui peut se passer avec l'alcool (mentionné plus haut) et en terrain familier pour eux ..
une maxime dit, je crois, "ne pas aller au devant du danger" .. elle peut aussi synthétiser nos interventions.
je cotoie souvent en voyage de plus jeunes que moi. les jeunes femmes qui voyagent sont de deux catégories :
- les audacieuses, insouciantes, enjouées, communicantes et "partantes pour l'aventure", même si cette aventure est assez banale et limitée, par exemple cotoyer un autochtone, plutôt jeune lui aussi, qui s'improvise leur guide local pour la journée (et souvent, si la journée est sympa, pour le lendemain ...)
- les prudentes, plus timides, sur leurs gardes, réservées, avec qui le contact est plus difficile (ce fut le cas de la jeune femme sur l'ile Perenthian en Malaisie. je me trouvais aussi en Malaisie lorsque c'est arrivé ... elle a fait confiance à deux cousins aux apparences inoffensives et cordiales. j'imagine moi aussi cette jolie jeune femme, pétrifiée d'horreur lorsque le monde s'est soudain renversé autour d'elle ... son sort me glace chaque fois que j'y pense, je n'ose imaginer ce film d'horreur, ce massacre abominable, d'autant qu'elle était très certainement prudente et discrète). -voir photo-
au fond, ce qu'il faut savoir, c'est qu'aucun de ces deux profils ne place ces jeunes femmes hors du danger. tout bêtement pour la raison citée plus haut en gras. les choses basculent très vite et peu d'entre nous, d'entre ces femmes-proies, ont le flair et la perspicacité d'un chien ...
ce qui est certain, c'est que voyager à deux ou trois réduit grandement le danger. le trio peut aussi discuter in situ de l'attitude louche de l'autochtone rencontré le matin même, et corriger rapidement le tir.
Je transformerai une autre phrase prononcée dans cette conversation : Sortir seule au milieu de la nuit dans une ville étrangère, apparemment vide, offre t'il un intérêt véritable ? Je me suis trouvé quinze fois dans ma vie dans des situations étranges et, avec le recul, dangereuses, et le frisson que j'ai eu a posteriori ne me procure pas de véritable plaisir. Je n'ai pas été vaillant, juste un brin inconscient. Et j'ai sans doute eu de la chance, parce que j'étais un homme.
Ai-je mieux répondu à ton commentaire, Audrey ?
ci-dessous, la photo de Stéphanie Forey, qui perdit la vie sur l'ile de Tioman, en Malaisie, autour du 5 mai 2011.

Paco
"les hommes sont aujourd'hui convaincus qu'ils volent .." René Char
Des souvenirs j'en ai d'autres, mais je les perds, car on démolit mes repères ..