Suède veuf grincheux Saab Ove… Nan j'déconne…
L'avantage d'aller au cinéma pendant les matchs de foot, c'est qu'on vous accueille à bras ouverts et qu'on vous fait bénéficier de réducs, y compris le weekend. Non seulement, vous avez le choix entre les vingt premières rangées, mais vous vous surprenez, qui plus outre, à pardonner à la mamie de l'avant-dernière rangée qui tente en vain d'éteindre son portable alors quel le film commence...
C'est dans un contexte hivernal que se débattent sans grand optimisme les habitants d'une copropriété quasi fantomatique, paumée dans un coin de Suède, et présidée par Ove, un sexagénaire solitaire, rustique au premier abord, pétri de principes, mais qui s'avère être un teigneux de la pire engeance, un sociopathe cynique et méchant.
Ove s'assure quotidiennement que les portes de la résidence sont verrouillées comme il se doit, que les vélos sont parqués dans les caves destinées à cet effet, que le chihuahua de la blonde peroxydée ne pisse pas dans l'allée… Il tyrannise les chats errants, traite de connard la fange des conducteurs d'Audi alors que sa religion l'empêche de conduire autre chose qu'une Saab, envoie sur les roses sa voisine qui l'enjoint de l'aider à régler son problème de chauffage...
Les multiples travellings arrière nous permettent de comprendre pourquoi le personnage est devenu ce misanthrope carabiné. Ove est devenu revêche et suicidaire depuis qu'il a perdu sa femme. Certaines scènes sont à la limite du kitsch, chargées de mélancolie, mais sans verser dans le larmoyant.
Le seul moment où l'histoire vire au conte de fée improbable, c'est à l'apparition de la nouvelle voisine, d'origine iranienne, qui parvient à faire d'un emmerdeur, atrabilaire patenté, un papy au grand coeur.
Mais on passe finalement un bon moment avec ce film, souvent désopilant (tiré du roman de Fredrik Backman), qui se résume en une simple et modeste leçon d'espérance... en l'homme, rien que ça.
Original post
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)









