Voyage au Maghreb, juillet 2011
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LS
Bonjour la famille !

Après de joyeuses aventures au Moyen Orient en 2008-2009 (trois gros carnets de voyages ici, ici, ici et là), je reprends enfin la route ! Pour être tout à fait exact, je vais passer quelques semaines de l'autre côté de la Méditerranée (Algérie, Tunisie) pour retrouver les sensations, impressions, le bonheur de la vadrouille. Le voyage en Inde, qui devait avoir lieu en 2010 (mais qui a été repoussé, pour valider le concours de l'agrégation en sciences économiques et sociales), devrait se faire en 2012.. si Dieu le veut :)

Bref en route ! Il y a énormément de choses à voir/à dire me semble-t-il, d'autant plus en cette merveilleuse année de révoltes. Je n'ajoute rien pour ceux qui m'ont déjà lu ; pour les autres (que j'invite à lire, ou à tenter/commencer de lire mes précédents carnets) les choses se font donc en quasi-direct, je me débrouille en arabe, je pars sans vêtements ni bagages comme toujours, seul. On s'efforcera de s'ouvrir aux pays et aux gens rencontrés, histoire d'en cerner les beautés et richesses. Yallah !
LS Lsttx Regular ·
Abladi 2011, un petit tour au Maghreb Bonsoir la famille ! Après un exemplaire sacrifice l'an passé (voyage indien annulé pour travailler les concours de l'enseignement, depuis validés), je suis de retour sur les routes. Ce mois de juillet sera consacré aux bleds (balad, pays, ablad au pluriel) de l'autre côté de la Méditerranée, en Algérie et Tunisie tout d'abord.

Pour le coup, la route reste bien incertaine. On verra sur place, normal.

Il y a quelques précisions à apporter. Le choix de partir au Maghreb, d'abord, s'est fait sous la contrainte de ne pas pouvoir consacrer de temps à l'apprentissage d'une nouvelle langue car les concours ne se sont achevés que début juillet. On a l'arabe sous le coude, comme chacun sait, et il conviendra tout de même de le rôder puisque les langues parlées en Algérie et en Tunisie, loin d'être semblables, sont fort éloignées du saoudien, du yéménite (c'est un euphémisme). Autre élément important, j'ai eu le bonheur de travailler cette année sur l'histoire de l'Empire colonial français dans le cadre de la préparation de l'agrégation en sciences économiques et sociales ; il me tarde tout à fait de confronter mes connaissances livresques au terrain. Enfin, l'extraordinaire enchaînement des événements à partir du suicide de Mohammed Bouazizi en décembre 2010 confère à mes destinations une force bien particulière. Open-hommages et hourras à venir ! Un petit mois sur la route jusqu'à début août où le ramadhan compliquera la mobilité, il s'agit donc bien d'un petit tour de piste pour se remettre en forme. Et c'est (re)parti !
FA Farma Regular ·
J'ai peur qu'en afrique du nord les gens préfèrent te parler en français plutôt qu'en arabe sharqi... (de même que je ne parlerai pas en québécois à un américain... mais tant qu'à faire, en anglais)

Tiens nous au courant de ton périple ^^
CA Cambrousse Globetrotter ·
🙂 et bien bonne route, (et bravo pour tes concours); je suivrais ton voyage avec plaisir en ce mois de juillet.
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
LS Lsttx Regular ·
ah ah ouais, tu dois avoir raison ! je fantasme tout à fait, durant ces derniers jours de préparation. j'imagine/j'espère tellement retrouver les bleds pommés d'oman, quand je vadrouillais à vélo :) on verra !

@cambrousse : merci :)
RE Revoyage2011 ·
le ramadhan compliquera la mobilité, il s'agit donc bien d'un petit tour de piste

Détrompe toi mon ami, la période du ramadhan est propice aux echanges et à la connaissance de notre culture;

ne prévoit surtout pas un retour a cause du ramadhan, tu passeras sérieusement a coté de choses magnifiques.

ton coté aventurier te facilitera bien la vie.

bienvenue parmis ta famille.
Sud Algérien : aventure et émerveillement.
LS Lsttx Regular ·
merci khey ! tu as raison, le ramadhan est tout à fait riche en découvertes culturelles. D'ailleurs je l'avais joyeusement (ou non joyeusement) vécu en 2009 en Palestine, Syrie, Turquie. C'est intéressant, donc, mais pour quelqu'un qui bouge beaucoup c'est plus embarrassant qu'autre chose (à moins que la fête le soir vale vraiment le coup ! on m'a dit qu'au Caire c'était incroyable, je ne demande qu'à tester Oran rompant le jeune en liesse :))

départ demain soir, arrivée à Djerba ! on commencera par la Tunisie donc.
KI Kirikou123 ·
ah ah ouais, tu dois avoir raison ! je fantasme tout à fait, durant ces derniers jours de préparation. j'imagine/j'espère tellement retrouver les bleds pommés d'oman, quand je vadrouillais à vélo :) on verra !

@cambrousse : merci :)

Ce serait sympa de nous faire un petit contre rendu à votre retour...
MI Michagadir Veteran ·
" ..... les bleds pommés ..." Les bleds paumés.
LS Lsttx Regular ·
ah mais je le fais en direct, mon compte rendu ! jour après jour :) va voir mes précédents carnets de bord pour te donner une idée...

michagadir > oops, right. les fruits, tout ça :o
RE Revoyage2011 ·
le caire, damas, istanbul ou encore marrakech : c'est le top au ramadhan, vraiment incroyable,

oran, c'est plus calme, tu seras le bienvenue khouya

à bientot.
Sud Algérien : aventure et émerveillement.
CE Cerine456 ·
jcomte aussi faire comme toi, partir en tunisie en routard puis le maroc en prenant le train (en esperant qu'il marche tjrs) ;jai deja fait thailande et canada comme ça cette année ;)
LS Lsttx Regular ·
cool :) best way pour découvrir les gens, right ! par contre ma chère, je suis dans le sud tunisien depuis 3 jours et pour une femme seule cela risque d'être un peu gênant, compliqué si tu n'as pas de voiture. La Tunisie très originale (par rapport à ses voisins) sur les droits de femmes certes, m'enfin...

D'ailleurs je transmets mon premier (et bien modeste) papier, que j'avais oublié de mettre sur VF ! pardon pour ce petit retard. Love!
LS Lsttx Regular ·
Djerba en douceur

Des discussions improvisées dès l’attente pour l’enregistrement des bagages à l’aéroport, quelques numéros échangés dans l’avion, un soulèvement des voyageurs lorsque le pilote annonce que l’on se posera finalement d’abord à Monastir puis à Djerba (il annulera, face à l’hostilité). Avant même l’air chaud et humide de Djerba, à la sortie de l’avion ce 7 juillet 2011, il y avait comme quelque chose de nouveau dans l’atmosphère. Tunisie !

Afficher Un petit tour au Maghreb sur une carte plus grande Il faisait beau, chaud à mon lever. J’ai erré un petit peu, sonné de retrouver ma liberté totale de mouvements en pays étranger, et ai fait quelques achats pratiques ; des sacs (je suis parti de Paris avec encore moins qu’en 2009 : quatre livres sous le bras, le passeport et la carte de crédit dans la poche), un joli haut, un peu à manger. J’ai réalisé que j’explorais par là le cœur de Djerba, Houmt as-Souk. Djerba est une île située au sud-est de la Tunisie, qui jouit d’un climat tout à fait propice au tourisme (brise l’été, douces températures l’hiver ; la pêche y est également fort développée), petite (30km sur 30 environ) et qui compte quelques ensembles urbains développés où vivent ses 150.000 habitants. Sa capitale, Houmt as-Souk, a de jolies petites ruelles qui font le lien entre les places où l’on retrouve immanquablement des cafés publics, ses anciens sur les chaises. Ravissant, le cœur de la ville est tout de même pleinement consacré au tourisme, les boutiques vendant surtout des souvenirs, babioles etc. J’étais un peu mitigé, du coup. Difficile de se faire oublier et d’observer quand on vous suit du regard, guette vos coups d’yeux en raison du faible nombre de touristes présents ces jours-ci. J’ai quitté la ville.

Modeste hôtel, à l'architecture (magnifique) typique de l'île La preuve ! Un peu plus loin, l'une des mosquées d'Hamt as-Souk Dans les ruelles, jolies mais désertes, d'où l'angoisse (relative :o) Et donc là, une place-à-bledards-au-café Djerba a connu ces dernières décennies un développement touristique colossal, qui s’est précisément concentré sur sa zone littorale nord-est, et qui se concrétise dans la succession de complexes hôteliers les pieds dans l’eau. Déposé au nord de la « zone touristique », je l’ai quasiment complètement parcourue à pied, marchant sur la plage. Il faisait beau, le vent rendait la chaleur agréable, et j’ai pu voir à hauteur d’homme la transition entre la zone publique, où quelques familles tunisiennes venaient se baigner, et les carrés de sable réservés aux touristes étrangers. Sentiments partagés, la tentation de cracher sur les-méchants-tour-opérateurs-exploitant-les-pauvres-autochtones ne sachant faire oublier que ce tourisme de masse, industriel, emploie à tour de bras des djerbiens. Pour des « emplois de serviteurs », dirait André Gorz ? On peut en débattre. S’émouvoir, regretter qu’il y ait quelque chose de violent dans ces interactions. J’ai quitté la plage.

La plage publique, au nord-est de l'île Un peu plus loin, les bunkers avec notamment des chameaux volleyeurs :nerd: et ici des pairs poussant des cris forts en jouant sur la plage Djerba est donc surtout connue pour ses plages, ainsi, mais il se trouve qu’elle compte un petit paquet de choses intéressantes dans son inland. On aura largement le temps de revenir sur les richesses du pays ; culturelle, historique, ethnique notamment. Dès ce premier jour, il y avait tout de même de quoi être frappé par les nombreux signes de la présence juive en ces terres précocement islamisées, par la puissance tout à fait réjouissante des Berbères qui ont quasiment peuplé en continu l’île (même si cela dut passer par le schisme kharidjite de l’Islam, après la conquête musulmane). Mais la journée, qui avait commencé plutôt mollement, fut ensoleillée par une série de rencontres. Des chauffeurs de taxi, un serveur dans un restaurant à midi, des vendeurs de rue. Des discussions simples, sympathiques dans la mesure où on me fit systématiquement un accueil mesuré, doux, juste agréable. J’ai repensé à l’Egypte, ai avoué notamment à Ahmed (chauffeur de taxi n°3) avoir été surpris que les djerbiens, qui vivent essentiellement du tourisme, ne soient pas plus insistants auprès des étrangers comme c’est tout à fait le cas au Caire ou (surtout) à Louxor. On a plusieurs fois évoqué les événements, les difficultés économiques de ces six derniers mois. Il faisait beau, je faisais mes petites visites et à chaque fois conversais avec le même plaisir avec un frère. Le bras par la fenêtre, retrouvant mes jouissives sensations.

Midoun, l'autre grande ville de l'île. Son marché du vendredi fait l'unanimité (ce qui expliquait le désert à Houmt as-Souk, quelques heures plus tôt) Un peu plus tard un peu plus loin, visite du "musée trad" dans une merveilleuse baraque à l'ancienne Les vrais s'y attendaient ! Dédicace à Kuwait city notamment (souvenir flash). Les petites notices font particulièrement plaiz, ceci dit. Par exemple, ici : scène de la Hijba, aka on enlève la fiancée de son futur mari pour la faire belle. "Elle enduit quotidiennement tout son corps de miel (gelée royale) et d'argile douce, et plusieurs lavages dans la journée. Le but ? Avoir la peau la plus blanche, la plus douce, la plus soyeuse. En même temps, elle est nourrie exclusivement de produits qui donnent de l'embonpoint : devenir ainsi, le plus vite, la plus grasse et la plus laiteuse possible. Tels sont les critères esthétiques sur lesquels elle sera jugée lorsqu'elle apparaîtra en public le jour de son mariage" :love: Notons enfin, globalement, une forme de recul, voire d'ironie dans les notices. Quelque chose d'inimaginable dans le Golfe par exemple ! Enfin, au bar du musée, la visite achevée. Seul et mangeant quelques patisseries achetées à Midoun (la Tunisie m'a réconcilié avec les halwa, si si), je me suis regardé 2-3 clips de rnb irakien. Premier gros gros kiff du voyage :) Epilogue 1/2 : l'île est liée au pays par une "voie" bétonnée de 35km (à la Bahreinienne :o) Epilogue 2/2 : c'est après avoir quitté Djerba qu'on réalise la fertilité de ses terres ! Une fois sur le continent, ce n'est guère plus la teuf.
CE Cerine456 ·
non ya juste des regards mais aucun pb pour une fille seule , faut pas rendre les choses sombres plus kelles ne sont, puis c la tunisie, pas bnaghkok et c certainement pas la peur ou les appréhensions des autres ki guideront ma vie;)
LS Lsttx Regular ·
si tu n'as pas de voiture, tu as besoin des autres. si tu as besoin des autres et que tu es une fille, il peut y avoir des gênes, des complications :) ce ne sont pas juste des regards, tu sais. c'est dans l'air, c'est une ambiance. Tu as déjà voyagé dans des pays musulmans du maghreb-machrek ? sans vouloir faire de généralités bien sûr (c'est pas le genre de la maison :o)
MA Mahiska Regular ·
Salut, J'ai découvert il y a une heure tes précédents voyages. Bravo! Je n'ai pas encore tout lu car je bosse demain, mais je vais le faire dans les prochains jours. Et je vais suivre ton nouveau trip avec attention. Bonne route!
LS Lsttx Regular ·
ah merci, c'est gentil et cela me fait plaisir :)

j'en profite pour transmettre le lien d'une vidéo (prise un peu à l'arrache :o) mise en ligne sur facebook tout à l'heure : http://www.facebook.com/video/video.php?v=106739889423010&comments

c'était hier matin ! et voilà le deuxième article de ce carnet de voyage.

Transition révolutionnaire On avait quitté Djerba ce vendredi après midi, histoire de dormir un peu plus au sud, à Tataouine, d’où l’on pourrait attaquer le lendemain l’exploration de cette région spécifique du pays. Il y a quelques points sur lesquels il me semble bon de revenir.

Alors AUCUN RAPPORT certes, mais j'avais besoin d'une photo entre deux paragraphes :o souq de tataouine

D’abord ath thoura, la révolution, et il est au passage tout à fait plaisant que ce soit les camarades tunisiens qui m’aient enseigné le terme. Quelques signes à Djerba (des tags surtout, en dehors d’Houmt as-Souk), mais surtout dans les discussions avec les chauffeurs de taxis, les commerçants. L’insécurité des événements aidant, le tourisme s’est effondré en Tunisie depuis le début de l’année et à Djerba, où l’on a modérément participé à la fête (i.e. pas de manifestations, business oblige), on n’a pas tardé à sentir les effets catastrophiques de la révolte pour l’image pacifiée et ronronnante du pays. Alors cela commence à revenir, amdullah (nb je surprends particulièrement mes interlocuteurs avec mes versions littérales, insha Allah, al hamdu lillah), mais l’économie dont 7% du PIB dépendent du tourisme souffre du changement, des troubles aujourd’hui bien passés.

Photo prise sur le continent, mais c'est l'idée.

C’est arrivé à Tataouine que j’ai pu voir des mes propres yeux les marques de la révolte, particulièrement forte dans cette région qui souffre économiquement plus que les autres (on reviendra là-dessus). A vrai dire, une modeste connaissance de l’arabe suffisait pour comprendre qu’une place entière recouverte de tags faisant référence au « 14 janvier » ou à « la maison du peuple » (dar ach cha’b). Je me suis approché de cette sorte d’hôtel de ville, ai commencé à discuter avec quelques uns des hommes présents cette fin d’après midi. Très vite je découvrais une salle de réunion tapissée de photos de la révolution (à Tunis surtout), les trois jeunes martyrs de Tataouine et je me lançais même dans une passionnante discussion avec Khabir Moncef, jeune président du comité local de l’Association de défense des droits de l’homme. Où l’on apprend, de lui et de la secrétaire générale (à peine plus âgée que lui, 22 ans peut être), que les formations pour les « observateurs » des futures élections (24 octobre, Assemblée constituante pour ceux qui ne suivent plus la situation outre-mer) battent leur plein depuis fin mai, que des ONGs occidentales ou des officiels égyptiens (des bureaucrates :o) viennent filer des coups de main, que la multitude des partis politiques (on en compte plus de 80 en tout, au taquet pour cet automne) tente de récupérer plus ou moins clairement le travail « d’information » de l’association. « Même avec de l’argent », soupire Khabir. Bravo, merci, continuez, pardon pour Sarkozy (sauf pour la Libye). Je reste assez impressionné par le courage de ces adultes qui sortent à peine de l’adolescence, héros anonymes d’une révolution dont j’ai le bonheur de percevoir certains des signes concrets. Un peu plus tard (le lendemain matin, samedi), un kopain m’assure que l’avant/après se lit sur le visage des gens. Le mien, en tout cas, rayonnait d'enthousiasme.

La fameuse place un peu plus à droite Dar cha'b, 14 janfi (janvier :o) Dans la salle des réunions, un drapeau tunisien derrière "les 3", on les connaît dans toute la région (un jeune m'en parlera le lendemain, 50km plus loin, comme s'il était d'une des familles) Bouazizi ! J'en profite pour saluer ma proposition de donner àla promotion Sciences Po Lille 2001 le nom du martyr tunisien. La tentative a échoué, la plupart de mes pairs ignorant vraisemblablement de qui il s'agissait :/ On termine ce petit panorama avec une note plus positive :) superbe photo originale

Un autre point qu’on voulait aborder avant de reprendre le récit du voyage, c’est un premier BIGUP aux frères et sœurs berbères qu’on n’imaginait pas, gouffre culturel aidant, aborder avant l’Algérie, les Kabyles etc. Djerba, ainsi, a d’abord été peuplée des sympathiques en question (il y a 3000 ans environ, carrément) avant de subir les invasions des Phéniciens, des Vandales, des Arabes… Face à l’islamisation que ces derniers portent, les Berbères la font un peu à l’iranienne en se convertissant mais tout en développant leur propre branche (c’est le « schisme kharidjite » évoqué plus tôt, comme si tout le monde savait ce que c’était). On tient ici à lancer de premiers éléments culturels, car la suite du voyage sera riche, à court-terme notamment, en références à cette culture, à ses gens, ses langues. Il convenait, nous semble-t-il, d’étoffer quelque peu le propos avant même de continuer. Voilà, c’est fait.

Pas d'inquiétudes, il va y en avoir des photos berbères :) alors on conclut avec la famille à Tataouine, et près de la place le siège de cette "association des jeunes diplômés sans travail", situation idéal-typique des difficultés économiques du pays. Enfin, l'inévitable "maison du peuple" un peu partout dans le coin.
FA Fangui Veteran ·
Bonjour CERINE ,

Depuis 30 ans j'ai vécu et voyagé dans le Maghreb et le Moyen-Orient souvent seule et plusieurs fois par an ! C'est tout à fait possible : ne te laisse pas alarmer ! Quelques précautions à prendre simplement ; pas de tenues sexy , ne pas faire du stop ........

Bien sûr , tu seras sollicitée ; à toi de tenir les opportuns à distance avec le sourire , mais fermement.......

Le respect des autres et un peu de bon sens sont les clés d'un voyage réussi
fangui

http://fanaumaroc.canalblog.com/
LS Lsttx Regular ·
ah mais on va me faire passer pour un vieux con :o je précise

j'ai passé les 4 derniers jours dans le sud tunisien, complètement libre, faisant du stop, discutant avec plein de gens (merveilleux). ceci est impossible pour une femme seule. Il est sûrement tout à fait possible de voyager seule sans voiture, dans cette région par exemple (j'arrive à Sfax, au centre-est ; 2è ville du pays, on perçoit vite le libéralisme, en comparaison à Tataouine et cie) ; mais sans tous ces échanges, qui à mes yeux sont la matière première de l'expérience.

Mais ce doit être tout à fait possible, en effet ; je me corrige un petit peu ainsi.
LS Lsttx Regular ·
10 juillet 2011 Des bleds au bled Le sud de la Tunisie, d'un point de vue géographique, est de prime abord relativement homogène. As Sahara, le désert, c'est à dire le vide avec de temps en temps quelques dunes (tout le monde se rappelle al rub' al khali, le désert de la péninsule arabique un coup horrible - un coup sublime ?). Sauf qu'une petite chaîne de montagnes, partant pas loin de la mer et s'étalant presque jusqu'à la frontière libyenne, vient rompre cette monotonie sur plusieurs dizaines de kilomètres. Et qui dit montagne dit ? Peuple des montagnes ! Ah ah yallah !

Afficher Un petit tour au Maghreb sur une carte plus grande

Samedi 9, départ tôt de Tataouine pour quelques expéditions dans la région. On reprend un louage comme la veille de Djerba, taxi collectif (dolmuç en Turquie, bijou au Yémen etc. les vrais savent :o) menant au ksar ouled soltane. Les ksour (pluriel de ksar) sont en fait des sortes de villages fortifiés qui contiennent chacun un paquet de greniers (ghorfas) où l'on planque récoltes et richesses, à l'abri, dans les montagnes, des dangers (à l'époque, surtout les nomades du désert). Ces planques sont donc intrinsèquement liées à l'histoire des Berbères, encore une fois véritables "autochtones" de la région (si ce mot à un sens, vues les étendues temporelles) et qui ont appris au fil du temps à s'adapter successivement aux différents envahisseurs. Well en l’occurrence, le ksar ouled soltane est moins défensif que pratique, si je puis dire, construit par des arabes (des plaines, donc) qui avaient saisi les vertus pratiques de ces garages-à-choses-précieuses (unepièceàlouer.com :nerd:).Ces savantes explications apparaissent tout à fait compréhensibles, me semble-t-il, à la présentation des photos de l'ensemble, assez superbement préservé. Les ghorfas en question sont même encore utilisés par quelques familles du bled, dont le sympathique... Soltan, rencontré sur place, vivant des aquarelles qu'il produit sur place et vend aux touristes (qui se font rares ces temps-ci, on l'a vu). Il allait à Tataouine pour quelques courses, j'y retournais après ma visite alors sommes-nous gaiement repartis, dans un louage évidemment, discutant principalement de la thoura. Il m'aurait montré les locaux du petit-tyran-local que les villageois ont brûlé en janvier si nous avions eu plus de temps ; en route il m'expliqua les pénibles concrétisations de la corruption locale (voilà bien un point sur lequel il semble possible de parler de vrai changement depuis janvier, en tout cas à l'échelle de Soltan : la fin des nécessaires "autorisations de travail", du racket légal). Il regardait par la fenêtre le paysage singulier de la région, souriant. "Bien sûr que cela va prendre du temps. Il faut de la patience, du travail en continu."

Parti de Tataouine, les reliefs apparaissent Youpi le ksar !

L'isolement des localités visitées, ce samedi matin, expliquent qu'il m'a fallu vite limiter mes choix. Après ksar ouled soltane, j'allais à Douiret, un village qui était lui bien 100% berbère, 100% abandonné (les habitants ont bougé quelques centaines de mètres plus bas, il y a quelques décennies) bref 100% ghetto avec la promesse de découvrir l'un des plus anciens bleds du coin. Et il est en effet fort classe, perché sur sa petite colline, assez isolé et en hauteur pour assurer la protection des anciens habitants tout en envoyant plusieurs ghorfas utiles aussi, je ne l'ai point évoqué plus haut, pendant les vacances scolaires (:nerd:) lorsque l'on accompagne les chèvres brouter un peu plus loin (le village est ainsi un peu délaissé, or les ghorfas protègent efficacement). Bref aujourd'hui deux familles seulement occupent encore Douiret al qadim (la vieille, vs al jadid), qui a tout de même en partie été reconvertie par une association locale en lieu d'accueil de visiteurs à travers notamment des chambres d'hôtes. A vrai dire la vue, le charme du vieux village n'étaient pas grand chose en comparaison avec ce qui arrivait.

Ancienne en approche ! Une route d'un gros km sépare les deux Douiret. J'avoue être partagé au sujet du réaménagement du bled. Il est ainsi entretenu, maintenu vivant en quelque sorte, mais perd quelque peu de son charme, inévitablement... Et donc la vue tranquille. Photo un peu comme à Mardin, Turquie kurde :)

D'abord je suis allé voir les Libyens réfugiés qui occupaient un petit espace un peu plus bas. Des voisins qui ont rejoint la Tunisie à cause de la guerre, on en compte plus de 70.000 (ndlr en France, MM. Sarkozy ou Gueant ont évoqué de sérieux problèmes d'immigration tunisienne - au point de menacer les accords de Schengen - face aux quelques milliers d'hommes franchissant la Méditerranée) et il est vrai qu'à Djerba, le sujet avait été évoqué avec quelques interlocuteurs. On compte des réfugiés sur l'île, donc, mais surtout dans des camps du sud est de la Tunisie, comme à Douiret où je n'avais rien à dire face au malheur des quelques Libyens rencontrés (beaucoup d'enfants, des pères, quelques mères, un homme défiguré). Ils ont eau, nourriture, de l'argent envoyé "par le Qatar" et "Dubaï", comme me le confirmait l'un d'entre eux un peu plus tard. L'aide des Tunisiens, de l'armée tunisienne sont précieuses, la situation humanitaire difficile mais pas catastrophique. A Douiret en tout cas, on vit en espérant qu'al magnoun (le fou) ne sera bientôt plus qu'un fantôme abandonné par les quelques responsables du régime qui le soutiennent encore aujourd'hui. J'ai rejoint la nouvelle Douiret par la marche, sous le soleil, troublé par ces rencontres. L'isolement du bled signifiait que j'allais devoir bien attendre avant de rejoindre Tataouine ; j'ai attendu. Sous un arbre, rejoint par deux jeunes hommes. Berbères, de Tunis, s'étant rendus... au bled (Douiret!) pendant les vacances, un mariage la semaine prochaine aidant. Nous avons discuté, j'ai rencontré quelques amis des alentours (l'un d'entre eux tenait un magnifique bureau de poste, tout petit dans ce bout du monde) et puis le temps passait, il était bien 11h30 maintenant et pourtant l'agacement ou la gêne que suscitent toujours chez moi des imprévus ou des délais par rapport à l'emploi du temps prévu disparaissaient de façon progressive, diffuse. On était bien à l'ombre, finalement, et mes deux sympathiques pairs prenaient eux même le temps de ne rien faire, heureux de se poser un petit peu au village loin du travail dans la capitale. Alors j'ai cessé de surveiller la montre, j'ai pris un plaisir fou à les regarder bouger et parler, lorsqu'entre eux, cet incompréhensible langage qui est le leur (aussi lointain de moi que des Tunisiens arabes de Tataouine, pour donner une idée) ; j'ai eu le bonheur de manger le couscous (masha Allah!) avec les quatre générations présentes à la maison ce jour là, de partager le même plat avec des anciens qui ont connu l'occupation française (et parlaient la langue, du coup, presque plus que les jeunes). Quand une voiture sortie de nulle part a fini par m'embarquer, m'arrachant du bout du monde, j'avais bien réalisé que le bonheur passait en bien des occasions par l'émancipation des contraintes, des pressions. Un peu d'espace, pour jouir du bled :)

Le "camp" des réfugiés libyens Ah ah la famille ! Dans le Sud, au passage, les beaux hommes (je pense à Ahmed, à gauche ; la photo ne lui rend certes point justice) se font moins rares que les belles femmes. Tranquillous. Pas réussi à accrocher la poste dans le cadre, ceci dit (juste à droite :p)

Une partie certaine de l'après midi fut passée dans les louages, quittant le Sud profond pour la partie supérieure de la région jusque là parcourue. J'arrivais, courant comme souvent en voyage lorsque j'essaie de boucler mes programmes à bout de souffle (mais la satisfaction est immense, quand ça passe ; tac flashbacks turco-émirati), car il convenait tout à fait d'enchaîner deux rapides visites avant de rejoindre Douz, 100km plus loin, porte du désert où il était prévu de passer la nuit. Well tout se passa bien au début, pour Matmata : ce village inconnu il y a encore 60 ans fut découvert par les locaux puis rendu célèbre par George Lucas (qui y tourna des scènes des épisodes 4, 1 puis 2 de Star Wars - si je ne m'abuse) (ça fait un peu le mec qui les a enchaînés d'un coup, et dans le bon ordre en plus hein ah ah). C'est en fait qu'en raison du sol particulier (de l'argile tendre mêlé à du sable), nos amis berbères avaient décidé de creuser leurs habitations à même le paysage, donnant aujourd'hui l'impression que le village a été bombardé. Quelques cratères restent encore aujourd'hui occupés, mais ce sont surtout les hôtels et associations locales qui ont flairé l'affaire, transformant d'ailleurs quelque peu le bled en parc d'attractions.

Et nous voilà repartis, longeant plus ou moins cette chaîne de petits reliefs vers le nord-ouest Voilà Matmata. A priori, rien de génial... (à part le nom :nerd:) Il faut se pencher au-dessus des cratères pour apprécier l'ingéniosité des anciens habitants Du coup, certains ont eu la bonne idée de taper dans l'une de ces anciennes demeures troglodytes un "musée berbère" (featuring notamment la reconstitution d'un salon ghetto) Au bled, le famous hôtel Sidi Driss envoie posters, pancartes et même horrible déco style R2D2 :mdr: la photo en l'occurence permet néanmoins d'avoir une bonne idée de la disposition des différentes "chambres"

La deuxième visite, ce devait être Tamezret, un bled 10-15km plus loin qu'il s'agissait de rejoindre par auto-stop (à partir de 16h, les louages se font rares en dehors des grands axes; le soleil se couche vers 19h30 ici). J'ai surtout eu le droit à une longue marche, très décidé que j'étais (refus des nombreuses propositions de guides de Matmata de me pousser jusqu'à Tamezret, voire Douz, pour de bien larges sommes), dans un paysage certes tout à fait agréable mais le soleil tapant tout à fait aussi. L'étape fut validée en plusieurs temps, quelques voitures me poussant quelque peu avant qu'un camion de chantier (à l'omanaise !) m'embarque pour un peu plus loin encore (à chaque fois, mes collègues n'allaient pas jusqu'à Tamezret ; il n'y avait vraiment quasiment plus de trafic). Après une joyeuse discussion avec l'embardée (ils étaient 3 à l'avant, deux à l'air), j'ai repris en rigolant le chemin jusqu'à que le chauffeur du camion vienne me récupérer quelques minutes plus tard... à bord d'une camionnette toute croulante. L'ami s'était pris d'amitié pour mon humble personne, et s'attacha à me déposer à Tamezret même (à la syrienne), non sans m'obliger à promettre que je ne tenterais pas d'attaquer Tamezret - Douz à pied (95km environ) avec les 2h de jour à peine qui restaient. Visitant le très charmant petit village, tout joyeux de cette succession de rencontres en cette belle seconde journée tunisienne, je pris le temps de prendre quelques photos, une vidéo pour la belle vue des alentours. Sans me douter que j'allais au devant de quelque chose d'inimaginable, d'immense !

J'avais "viens donc faire un tour à lambé" dans la tête, et je me disais qu'il valait mieux être pommé dans un paysage pareil qu'avec des repères dans un coin moche :o Ah ah la superbe rencontre :) ils avaient cet air ahuri, typique des omanais quand je faisais le tour du pays à vélo sous 30°c Enfin arrivé à Tamezret, al hamdu lillah. De petites jolies ruelles et une jolie situation ! La vidéo ci-après donne une jolie idée, je crois, de la vue dont l'on dispose à son sommet.

le lien de la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=y-PpvVvBNXI
FA Farma Regular ·
Ouah la chance, Tamezret est l'une des dernières poches berberophones en Tunisie (avec Djerba, Guellala par ex). Cela aurait été super que tu filmes l'un d'entre eux en train de parler berbère. Maalich, faut que je me force à y aller pour le faire xD
FA Fangui Veteran ·


ceci est impossible pour une femme seule. Il est sûrement tout à fait possible de voyager seule sans voiture, dans cette région par exemple (j'arrive à Sfax, au centre-est ; 2è ville du pays, on perçoit vite le libéralisme, en comparaison à Tataouine et cie) ; mais sans tous ces échanges, qui à mes yeux sont la matière première de l'expérience.

Et pourtant , j'ai l'impression d'avoir déjà fait tout cela , bien avant votre naissance.............
fangui

http://fanaumaroc.canalblog.com/
MA Mahiska Regular ·
Bonsoir Françoise,

Vous dites que vous avez visité les mêmes lieux "bien avant sa naissance". Donc cela a pu changer en plus que 22 ans, non? 🙂. Ou peut-être pas, je ne sais pas. Mais dire qu'il est bourré de préjugés, je trouve cela un peu fort.

Jérémie était juste sorti de l'adolescence quand il a visité le Moyen-Orient (son profil affiche 22 ans, donc il n'avait que 19 ans en 2008), et il repart sur la route. Son profil me donne l'impression qu'il n'a pas de préjugés, au contraire. Peut-être un ressenti sur certaines choses, différent du votre, tout simplement. Mais je me trompe peut-être!!!!!!!!!!!

Jérémie, à toi de répondre! 😉

Amicalement, Valérie
FA Fangui Veteran ·
Bonjour,

Il y avait un peu d'humour............

Oui , le Maghreb a beaucoup changé , mais plutôt dans le sens d'une bonne évolution de la condition féminine (surtout en Tunisie) , même si on n'est loin du compte et il est bien plus facile d'y voyager en tant que femme et moins surprennant pour la population locale .Pour info , j'ai vécu jeune en Tunisie deux ans dans un bled paumé de mentalité traditionnelle où les habitants étaient stupéfaits de voir une femme jeune (j'avais 23 ans) travailler et vivre seule ! Et encore plus stupéfaits de constater que mon père ne m'avait pas reniée !Depuis , je suis retourné plusieurs fois en Tunisie et j'ai constaté l'évolution des mentalités

Ceci dit , j'ai beaucoup de sympathie pour Jérémie et j'admire beaucoup son esprit d'entreprise à son âge et je le félicite chaleureusement pour son esprit de découverte

Quand je parlais de préjugés , c'est quand en réponse à une question d'une jeune fille , il disait que voyager seule dans le Sud tunisien risquait d'être gênant .Vu son sexe , je ne comprends pas bien comment il peut avoir se ressenti ? Une femme pourra toujours discuter avec les hommes , mais le contraire n'est pas évident partout ..........

J'entends très souvent dire en France qu'il est difficile , voire risqué , pour une ou pluisieurs femmes seules de voyager dans les pays musulmans et je m'élève vigoureusement contre ce préjugé qui risque de décourager des filles aussi entreprenantes que Jérémie........

D'alleurs , même dans un pays où la condition de la femme est encore très difficile , une occidentale n'est pas censée se comporter une locale , moyennant quelques conduites de bon sens dont j'ai parlées plus haut

Voyager en Tunisie n'est quand même pas une grande aventure ..........et j'encourage les filles jeunes et seules à ne pas se priver d'y aller ; le seul danger : les Bezznes ! Celui-là est très réel pour ............le coeur

Bon voyage à Jérémie dont je suivrai les aventures avec le plus grand plaisir !
fangui

http://fanaumaroc.canalblog.com/
RE Revoyage2011 ·
slt jeremie

je suis avec plaisir ton périble et je te souhaite une bonne continuation 😉, ,

juste une question : comment prépares tu ton circuit ??? à l'avance (itinéraire déja tracé), selon les occasions ou selon l'avis et les recommandations des autochtones ???
Sud Algérien : aventure et émerveillement.
LS Lsttx Regular ·
Bonjour :)

Merci pour ces précisions intéressantes, merci Valérie aussi pour cette défense héroïque !! Vous avez raison, le "bezzness" est en fait une menace qui semble bien réelle ; précisons qu'il s'agit d'hommes locaux qui parviennent à gagner le coeur d'occidentales pour ensuite leur extorquer de l'argent (voire immigrer ? ça me fait fait froid dans le dos, pensant à Eric Besson et sa stigmatisation des "mariages gris").

Fangui, je pense que vous parlez surtout du Maroc que vous connaissez très bien ? Je ne le connais, moi, pas du tout. Les discours généraux, de toutes façons, me semblent difficilles à tenir : la loi tunisienne est peut être bien plus proche de chez nous qu'en Algérie au sujet des femmes (ce que vous résumiez par "une bonne évolution de la condition féminine"), mais il y a un monde entre les différentes régions du pays ! Je n'ai même pas encore vu Tunis, qui semble très proche de chez nous (c'est ce qu'on m'a dit), mais je n'ai pas vu de femmes seules sans voiles dans les rues de Tataouine (sans parler des bleds adjacents), alors qu'une très jolie jeune femme fringuée de façon tout à fait "occidentale", assise pas loin de moi dans le cybercafé de Kasserine où je me trouve maintenant (centre-ouest du pays), m'a fait de l'oeil (je lui rends bien). (elle est partie maintenant, damned).

Bref je pensais au sud, aux villages que l'on rejoint par transports collectifs. Vous dites avoir vécu dans un bled et vous y être bien intégrée, masha Allah !! :) ça m'impressionne et montre en effet que c'est possible. Aurons nous le bonheur d'avoir des détails sur cette expérience ? Convenez vous qu'il s'agit d'autre chose, par rapport au fait de débarquer, d'être mobile ? Dans le sud, les rues, les commerces, les hotels sont occupés par des hommes ; on ne considérera jamais vraiment une femme comme l'égale d'un homme (à formuler avec plus de nuances). En Tunisie comme en France, d'ailleurs (peut être un peu moins)... Enfin et surtout, mon propos n'est pas de dire que voyager seule au pays est dangereux (je ne le pense pas, et nous sommes d'accord à ce sujet) ; mais que les normes sociales empêcheront probablement une femme seule de vivre des expériences d'échanges sincères, honnêtes, "au feeling" comme j'ai tellement le bonheur de le faire ces jours ci.

Bref je persiste et signe, pour le sud. J'ai vécu ces derniers jours dans l'est, plus "libérale" et où surtout on peut visiter de grandes villes (Monastir, Sousse, El Jem...) seul(e). Là pour une femme seule, cela semble tout à fait faisable. Restent les transports collectifs... !

Enfin sur les préjugés, j'admets tout à fait en être bourré au sujet des pays arabes. Et vous savez quoi ? Non seulement ils sont basés sur mon expérience passée (donc ce ne sont pas des préjugés qui tombent du ciel, mais tirés d'interprétations si je puis dire), mais en plus ils sont très positifs :)

(ma copine s'est assise à nouveau en face, youpi)

et voici le troisième article, le plus grandiose jusque là je pense !! :) ai hâte de vous lire à ce sujet (et sur les autres)

Jérémie-happy
LS Lsttx Regular ·
ahlan frère, re :)

je fais vraiment les choses à l'arrache ! en fait je suis parti de France avec seulement quelques bouquins (deux super guides pour la Tunisie, un seulement pour l'Algérie - il faudra que j'en trouve un autre à Tunis insha allah, et un autre secret :o)

j'ai donc plein de destinations touristiques que j'imagine visiter, et ensuite je me laisse porter par les événements (i.e insha allah kheyr). Y compris les conseils de la famille (des autochtones), en effet ! Par exemple là je suis coincé à Kasserine (ouest tunisien) après avoir suivi de mauvais conseils :nerd: mais c'est un exemple qui ne fait point honneur aux kopains qui m'ont tant donné ces premiers jours :)
LS Lsttx Regular ·
12 juillet 2011 Un mariage berbère Samedi 9, 19h, Tamezret. J'ai fait mon petit tour, mes photos, et j'attaque à nouveau à pied, malgré ma promesse à Ahmed, la route vers Douz. Je ne comptais pas pour autant me taper les 90 bornes seul, alors que le soleil se couchait, et mon intention était simplement de guetter, au bout du village, la voiture providentielle. J'ai attendu un petit bout, discuté avec quelques hommes qui m'ont confirmé qu'il n'y avait ici ni hôtel ni ébauche de restaurant, et puis résigné je suis aller m'affaler à la table d'un de ces petits bars sur le bord de la route, tellement présents (et le plus souvent occupés) ici. Un coca, des chips, j'avais repéré une cabane qui ferait l'affaire et je mangeais sans grand enthousiasme, méditant sur les leçons de mon humble échec. C'est alors qu'ont débarqué plusieurs hommes, parlant plutôt fort, rigolant, annonçant le café pour tout le monde (café avec des amandes d'ailleurs, un truc spécial) et s'attablant près de moi. Il s'agissait en fait de frères-oncles-amis qui comptaient parmi les plus proches de Lassad, un homme du bled qui allait... se marier. C'est qu'en haut du village, lorsque je prenais mes photos, j'avais bien entendu un bruit au loin (on ne l'entend pas sur la vidéo du précédent papier, à cause du vent) qui laissait effectivement penser qu'une teuf était en cours. C'était bien un mariage, c'était bien le soir même qu'avait lieu la cérémonie, et c'était bien moi qu'on invitait pour le dîner, la fête et la nuit. Assis à la terrasse, alors que le jour tombait, je pris très légèrement la mesure du miracle qui s'accomplissait.

A peine annoncée, la soirée allait commencer LOURD avec le dîner en famille :love:

Walid fut mon principal interlocuteur. A peine plus âgé que moi, travaillant comme son frère à Tunis, il avait le bonheur de parler plutôt habilement le français, se chargeant du coup pour l'ensemble des épisodes que j'allais vivre de taper à ma destination de savantes précisions et compliquées explications. Avec l'oncle Mohammed, le frère et le cousin Khalid (qui travaille à Matmata, comme Mo), nous nous sommes donc rendus chez Walid pour une introduction fracassante à la famille entière, qui m'a accueilli comme si cette incrust' avait été prévue de longue date. Les femmes surtout, la jeune sœur étaient d'une gentillesse assez stupéfiante mais surtout tapaient des blagues, me posaient des questions bref jouaient une partition tout à fait différente de ce qui a pu être connu au Machrek (je pense surtout au Yémen). Nous avons tout de même mangé entre hommes, à l'air (il faisait bon maintenant), très très joliment d'ailleurs : le couscous était de mise comme à midi à Douiret (la routine :p de la semoule nature avec des pois chiches, quelques poivrons et de la sauce (marka) pour "mouiller" les cuillerées, selon le goût de chacun), mais il avait le très bon goût d'être froid, accompagnant merveilleusement un plat de magarounis (i.e des pâtes :nerd:) saucé à la harissa (purée de piments rouges ; assez forte, on en met partout ici). Des bouts de viande à droite à gauche, du gouga (coca :napo:) ou des jus de fruit et surtout du petit lait de chèvre (l'ben), frais (en France on se le procure au marché ou en magasin, plutôt qu'avec sa chèvre dans le jardin) ! Et des pêches de Gabès (50km au nord) au dessert, dans le même esprit que les pastèques-melons qu'on avait dégustés le midi à Douiret.

La grande soeur de Walid avait opté pour quasi 100% de la tenue trad

Le gros de la soirée devait débuter vers 22h. On a évoqué la première étape, aperçue de loin (le tour du village avec quelques musiciens), et celle à laquelle j'eus le grand honneur-plaisir d'assister était en fait très codée, se déroulant en plusieurs étapes distinctes. Dans un premier temps, hommes et femmes prennent place de part et d'autre du lieu de la soirée (en l'occurrence une sorte de grande place, à l'air libre), le lien entre les deux étant assumé par le "super groupe qu'on a fait venir de Gabès" (un clavier, 4 tambours, un darbouka, et successivement un lezoud puis un zoukra, sortes de clarinettes). La musique commence vers 22h, les plus téméraires (i.e. les enfants) se lançant sur la piste de danse au centre, puis vers 22h30 on fait venir d'abord les mères-filles VIPs (qui rejoignent les autres, mais ont elles droit à l'interruption du groupe et à l'annonce de leur arrivée par des tambours et un zoukra, voir la vidéo ci-dessous) puis vient la mariée, Dalila, cachée sous un drap blanc entre 6 autres femmes (dont Myriem, la soeur de Walid d'ailleurs). La musique reprend pour deux heures environ, et Lassad débarque sans effet particulier (il rejoint ceux qui dansaient) ; petit à petit les gens se décoincent, si je puis dire, et se motivent à faire une petite démo chorégraphique. Enfin vers 1h, le groupe cesse de jouer pour une sorte de cérémonie qui conclue cette soirée dansante : Lassad, entouré de 6 hommes encapuchés (grr), va trouver Dalila parmi les 7 femmes cachées sous le drap.

THIS IS THE PLACE Une bonne heure de solitude pour le groupe... jusqu'à qu'on puisse commencer à parler de "foule" sur le dancefloor :) Entre temps, "les sept" avaient fait leur entrée. On aura compris, du coup, que Dalila ne dansera pas de la soirée...

Lien de la vidéo (pas mal !!) : http://www.youtube.com/watch?v=QrIRDrKWYHM&feature=player_embedded

J'ai décrit cela de façon assez factuelle, froide car la restitution des différentes étapes, encore une fois très distinguées les unes des autres, m'apparassait important. Il est, cela dit, évident que j'étais dans un état extraordinaire, émerveillé à la fois par la beauté des gens présents (certaines femmes avaient des parures fabuleuses), les danses ghettos, la musique bien brute... Et puis, outre l'émotion esthétique, il y avait tout de même ce sentiment puissant d'assister à quelque chose de secret, caché ; on m'avait intégré au groupe en quelques heures, comme si ma présence allait de soi, comme si cet accueil fabuleux n'exigeait pas d'effort particulier de la part de Walid, Khalid et compagnie. Invité à parler autour de moi au cours de la cérémonie, planqué que j'étais dans un coin, puis à prendre des photos, on a même fini par me pousser sur le dancefloor, tapant d'improbables moves franco-berbero-sémitiques. Les mains prises par ceux qui m'entouraient, je remarquais en regardant un petit peu autour de moi que l'on ne tiltait quasiment pas sur cette situation surréaliste, géniale, inoubliable. Eux dansaient gaiement, moi j'étais sur une autre planète.

J'ai gardé mes photos préférées pour la fin :) voici le très beau Lassad ! qui rayonnait de bonheur, c'en était impressionnant d'ailleurs. J'ai certes trop zoomé, sur ces photos prises en plein mouvements... mais cela rend pas mal, je trouve.

Lassad avait cette sorte de sabre, distinguant le marié. Là desus il simule un duel avec son frère (très beau aussi, en blanc) Revoilà le frère, sur les épaules de Walid. Photo prise au milieu du combat !! Ah il faut bien s'arrêter de danser... pour la conclusion. Face aux hommes, une muraille féminine fait obstacle aux "7" cachées sous le drap. Lassad gagne, à la fin :) youpi !
SO Sonia9244 ·
Bonsoir ,

Comment vas tu avec la chaleur ? tu dois vivre des moments très sympas ? Un grand merci à toi , pour tes narrations et tes belles photos . comment fais tu ? tu as un ordi portable ? ou tu vas les cyber ? SINOn tu compte partir en Algerie quand ? J'y serai à partir du 16 juillet , du côté d'Alger et de la Kabylie . si t'as besoin , tu me contactes . BOn séjour , et pleins de belles aventures ! A PLUS . sonia .
FA Fangui Veteran ·
(ma copine s'est assise à nouveau en face, youpi)

J'ai oublié de vous dire qu'il existe aussi des bezzness au féminin, tout aussi redoutables...........Généralement elles sont fringuées de manière occidentale.............😄

J'ai parcouru en individuelle Maroc , Tunisie , Algérie , Egypte , Turquie , Syrie , Jordanie , ..........cela me donne un certain recul sur les différences entre ces pays et le fait d'y être une femme

Je n'ai jamais dit que c'était aussi cool que voyager en Europe , mais avec des précautions vestimentaires , une absence de familiarité déplacée et un peu de bon sens une femme peut voyager dans les pays musulmans , pays que j'adore et où je retourne régulièrement.Une touriste n'a pas à s"aligner sur la condition féminine locale ! Les campagnes et le Sud sont toujours en retard sur l'évolution des moeurs (comme chez nous) ce qui ne veut pas dire que cela ne change pas

Vos images de Tunisie me font chaud au coeur .........Si vous passez par la côte nord je vous conseille Raf Raf et Ghar El Melh entre Tunis et Bizerte

Bon voyage à vous et je suivrai avec plaisir vos aventures
fangui

http://fanaumaroc.canalblog.com/
LS Lsttx Regular ·
Ahlan :)

Chaleur difficile indeed, mais ça va plutôt en bord de mer (Monastir, Sousse, Sfax, Tunis) grâce au vent agréable. Je suis dans la capitale, là, et ce n'est pas trop pénible :) ma partie tunisienne se finit doucement, plein de choses magnifiques à raconter ! Je passe 2-3h par jour à écrire - mettre en ligne - mettre en forme mes récits, que je publie sur mon blog (VF supporte mal google map par exemple... alors que cela permet vachement bien de repérer mon trajet je trouve !). Dans des cybers donc, quand il y a des cybers !! Et quand je ne passe pas la nuit chez des kopains :)

Masha Allah c'est justement demain que je devrais gagner les îles (Al Jazaïr, le nom arabe de l'Algérie ndlr - pour les profanes bien sûr :p) ! Merci pour ta proposition, je te contacte sûrement ces prochains jours du coup :)
LS Lsttx Regular ·
ah ah oui merci pour ce message d'avertissement !! je me tiens sur mes gardes :D vous avez l'exclu, d'ailleurs (je ne l'ai pas évoqué dans mes carnets) : une autre jeune femme, certes repérée du coin de l'oeil, est carrément venue me demander de lui envoyer une invit' facebook :love: à l'iranienne, ya habib !!

Merci pour vos précisions et vos gentils mots. A très bientôt !
LS Lsttx Regular ·
Fin de partie méridionale (1/2) Ces deux premiers jours tunisiens avaient été follement bons, mais le programme était chargé et il se trouve que le reste du Sud du pays compte des coins à la fois moins denses, plus accessibles et qui consommèrent relativement moins de temps ces dimanche 10 et lundi 11. D’où cette sorte de joyeuse fuite, direction Sousse et la mer Méditerranée.

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On a quitté Tamerzet avec de grosses bises et plein de merci, ce dimanche, et je n’ai finalement pas trop attendu pour qu’une voiture allant à Douz me prenne en chemin. Il s’agissait d’un kopain travaillant sur place, qui revenait de Djerba et avec qui j’ai discuté du désert, de la révolution, du tourisme. Car Douz est en fait une sorte de porte du désert, petite ville d’où partent les excursions de plusieurs jours organisées par les chameliers qui vivent là bas. J’avais à l’origine prévu d’y passer quelques heures, mais le long temps finalement à Tamezret et surtout la perspective de goûter à nouveau aux sables dans quelques semaines (en Algérie) m’ont poussé à enchaîner, direction Tozeur.

Rares photos du transit... notons qu'on a bien laissé derrière nous les montagnes, pour le désert. On longe, avant d'arriver à Tozeur, un grand lac salé dont l'eau s'est évaporée : le chott el jerid.

Tozeur est une destination bien connue des occidentaux. La ville, véritable oasis au cœur d’une région inhospitalière (mais dont les températures, l’hiver, expliquent son attrait), compte l’une des plus grandes palmeraies du pays et a notamment une vieille ville (médina) bien conservée. Arrivé sur place en fin d’après midi, notant l’écrasante chaleur (la quarantaine de degré, allez), ma petite balade a plutôt mal débuté : non seulement l’été n’est pas du tout propice aux voyages touristiques à Tozeur, mais encore une fois l’année 2011 est particulièrement mauvaise pour le secteur, l’oasis étant concernée comme tout le monde. Du coup on m’a sauté dessus, sifflé et dans cette ambiance il était donc impossible de discuter de façon relativement apaisée, désintéressée avec un local. La traversée de la vieille ville s’est donc faite sans grande euphorie, tachant de semer non sans amour ni respect les innombrables guides officieux que compte Tozeur. Et pourtant, heureusement, le vent a fini par tourner. Le signal a même été bien islamique, puisque je me suis rendu dans une des nombreuses mosquées de la ville nouvelle, tapant une petite prière solitaire comme je n’en avais point fait depuis bien longtemps. Je retrouvais, outre les sensations, la délicieuse climatisation de la salle des prières (cf. les mosquées du Golfe qui sont souvent des îlots de frais dans la fournaise) et eut même le plaisir de partager ma joie avec un bledard du coin (me demandant comment c’avait été, au moment où je sortais de la masjid, je lui répondais en faisant un geste de purification avec le sourire). Plus loin, plus tard, marchant alors que j’étais assez épuisé, je réalisais le caractère quelque peu irréel d’une ville touristique sans touristes (calèches occupées par les habitants et leurs familles, hôtels vides, certaines rues défoncées) et prenais du coup conscience des immenses difficultés de la grande ville de l’ouest tunisien. Vers 21h, j’avais acheté un sandwich que je dégustais assis sur le trottoir, alors que les rues désertes pendant l’après midi à cause de la chaleur connaissaient maintenant une grande activité. Il y avait comme un goût du Caire, ou de Luxor ce soir là, et j’étais assez touché par ce visage d’abord insoupçonné de la ville.

Ah ah voilà qui résume bien je crois ma première impression de Tozeur C'est au XIVè siècle que le clan El Hadef, enrichi grâce aux caravanes marchandes, a lancé la construction de ce quartier dont l'architecture en briques est la marque de fabrique. Les ruelles étant étroites, la chaleur y pénètre à peine... il fait bon, dans la vieille ville :) La mosquée de la rédemption ce soir là :o Cet épisode m'a donné par la suite une pêche d'enfer (pardon pour la photo, mais la lumière était vraiment belle) Un peu plus tard, traînant dans les quartiers. Saleté frappante, s'il fallait donc résumer.

Fin de partie méridionale (2/2)

C’est vraiment ce lundi 11 que je quitte le Sud de la Tunisie avec de longs trajets en louages d’ouest en est. Au bout du chemin, c’est le début d’une nouvelle phase avec l’arrivée à Sfax, au bord de la mer. Un transit plutôt tranquille, sans grandes surprises pour clore cette magnifique première partie.

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J’ai quitté assez tard Tozeur, m’étant appliqué sur la rédaction des papiers précédents (mes soirées se font souvent dans les cyber-cafés, quand cyber-café il y a). Pour rejoindre la east coast, je suis passé par Gafsa, un point sur les routes des caravanes dans le désert tunisien. Les Romains avaient d’ailleurs bien développé le bled, à l’époque (IIè siècle) Capsa, puis quelques siècles plus tard les musulmans en prenaient le contrôle. Curieusement, Gafsa a plusieurs fois tenté par la suite de s’émanciper de toute autorité, les différentes révoltes tribales engendrant à chaque fois de violentes répressions qui condamnèrent l’oasis au déclin. Jusqu’à… la découverte du phosphate à la fin du XIXè, dans la région, qui redonne à Gafsa un peu d’énergie. Aujourd’hui, la ville frappe surtout par son dénuement, impression d’ailleurs accentuée par l’insupportable chaleur (un peu comme à Zzor, en Syrie), et je ne tardais point avant de trouver un louage pour Sfax, une centaine de kilomètres plus à l’est. Y arrivant en fin d’après midi, la brise marine adoucissait considérablement les températures. Une autre chose débutait.

La thoura est passée par Tozeur, for sure ! La révolte s'est notamment cristallisée sur Fathi Kalifa, potentat local qui voulait privatiser le local assumant le rôle de gare des louages Vers Gafsa. On a bien quitté les montagnes

A Gafsa, il y a une seule et curieuse trace du joli passé romain : deux piscines creusées au beau milieu de la ville Du coup, avec cette chaleur... on ne le voit pas sur la photo (il aurait fallu zoomer hard) mais quelques inscriptions latines viennent représenter

En route vers Sfax, on ne passe pas loin de montagnes qui appartiennent à une chaîne essentiellement algérienne. La frontière n'est pas loin (50km à l'ouest à peine).
LS Lsttx Regular ·
Un peu de profondeur historique (1/2)

Le centre-est de la Tunisie contient un bon paquet de villes riches en histoire, superbes medinas, jolies plages, zones touristiques. Surtout, ces nombreuses étapes sont particulièrement proches les unes des autres (une dizaine de kilomètres à chaque fois) et ont pu être enchaînées de façon assez efficace donc assez jouissive. Où l'on prend conscience, principalement, de la puissance historique du pays !

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On était arrivé lundi 9 en fin de journée à Sfax, qui est en fait la deuxième pays et qui, de façon assez agréable, semble d'abord bien incarner le clivage un peu forcé nord/sud du pays : grandes avenues bien rangées, beaucoup de gens dans les rues le soir, jeunes femmes comme "libérées" et surtout précisément plus jolies que ce qu'on a pu voir jusque là (les hommes tenaient esthétiquement le haut du tableau, mais les forces s'équilibrent !)... La ville a elle aussi une histoire singulière, sa medina ayant connu une prospérité sous les premiers musulmans (IX-XXè siècle) avant de tomber dans une certaine torpeur jusqu'aux XVII-XVIIIè siècle. Elle devient alors deuxième ville de Tunisie, grâce au commerce maritime bientôt concentré sur Marseille, Gênes notamment. Les Français (protectorat de 1881 à 1956) investissent pleinement le lieu, bâtissant une ville nouvelle aux côtés de la madina (la transition est d'ailleurs très rapide entre les deux quartiers, chose surprenante et plutôt sympathique). Le phosphate de Gafsa y est exporté par le port, de même que les olives, les textiles.

L'une des portes de la vieille ville ; pas ma meilleure photo ever, pardon :o Au coeur de la medina, la vieille mosquée... qui n'est ouverte qu'au moment des prières. WRONG ! Les ruelles, désertées, ont un drôle de charme La nouvelle ville a plusieurs bâtiments typiquement coloniaux, si je puis dire. L'hôtel de ville, par exemple. Ou celui-ci, qu'occupe aujourd'hui le Consulat français (il y a certes matière à discussion) De façon assez inédite, ce n'est pas vraiment la visite même de Sfax qui fut heureuse mais quelques rencontres sous bien des aspects emblêmatiques. Sans vouloir taper de généralisations douteuses, ces instants ont donné une image assez superbe, complexe d'une ville de 750.000 habitants (10 millions dans tout le pays) qui fut quittée le lendemain matin. D'abord, alors que je vaquais dans la vieille ville, une jeune jolie femme, non voilée, a engagé la conversation ; Toufah (pomme en arabe) m'avait d'abord vu dans le bus Gafsa-Sfax, puis croisé par hasard dans la medina. Nous avons marché un peu, parlant en français, et Mlle (32 ans, non mariée) lâcha, face à mes interrogations sur le regard que l'on pourrait porter sur elle, ne pas aimer "un seul Tunisien"... La jeune femme, bien consciente du relatif libéralisme de Sfax (je lui disais être deux jours avant à Tataouine), ne souffrait pas moins du conservatisme social, rigolant à mon évocation de Tunis comme l'endroit rêvé pour la jeunesse féminine ("c'est même plus que l'égalité !", souria-t-elle). Quelques mètres à peine plus loin, de façon du coup vraiment frappante, un vieil homme avec un visage fatigué, un peu de ventre et une canne (il marchait avec peine) m'arrêta dans un français quasiment parfait. Mohammed avait passé plus de 15 ans à Paris, travaillant en France avant de retourner au bled dans les années 1980 auprès de sa mère qui perdit alors la vie. A nouveau pleinement Tunisien depuis, il me dit assez durement "s'emmerder ici" (dixit), ne trouvant plus "les bonnes personnes" là où la vaste société parisienne avait fait son bonheur, semblait-il. Question de mentalité, grommelait-il. Il y a bien la famille, les enfants en fait (divorcé), mais il y avait surtout beaucoup d'amertume, de frustration. Autre chose que Toufah, pour d'autres raisons. Je repris ma route seul. J'ai rencontré un autre Mohammed, un peu plus tard. La nuit était tombée et j'avais décidé de me mettre bien culinairement, après ces derniers repas "pris en route" et pas vraiment à la hauteur des couscous de Douiret ou Tamezret. J'ai donc débarqué dans un restaurant assez chic, en tongues, où il n'y avait pas grand monde et dont l'unique serveur cessa de me donner du "Monsieur" après mes supplications. A chaque (belle, bonne) assiette qu'il apportait, Mo s'arrêtait un peu plus pour discuter, certes étonné-ravi de mon "parcours", ma démarche (comme quasiment tout le monde ici :)), mais surtout au bout d'un moment pour confier ses réflexions, son avis sur tel ou tel point. Ne manquant pas de l'interroger sur la thoura, j'eus le droit à d'intéressantes et désagréables réflexions à l'égard des "gens de Gafsa", ces veaux du Sud qui ne savent pas se contrôler et ont connu une plus grande insécurité, du coup, lors des semaines tendues début 2011. Nous avons, plus sereinement, parlé de Sfax, des relations entre la France et la Tunisie. Il avait un beau visage, une immense gentillesse, semblait ne plus porter ses habits de travail, semblant se confier sans plus vraiment de gêne à mon grand plaisir.

Du jasmin ! Il se vend beaucoup dans les rues, et les hommes en portent à l'oreille gauche, droite ou accroché à la chemise selon leurs "intentions" (célibataire, casé ?.. :o) Shuf les sièges en cachemire :nerd: GHETTO Masha Allah l'entrée fracassante accompagnant une salade : olives, thon-piments-huile d'olive, "doigts de fatma" (feuilles de brick farcies avec un peu de viande et de fromage) et concombres ! La photo de la (très bonne) dorade ne rendait pas aussi bien :o De retour à l'hôtel, délicieuse discussion avec M., officier de police parlant quasi-parfaitement français... et récitant sans prévenir certains des poêmes dont il est l'auteur :love: Attirés par une musique dans une rue adjacente, nous sommes tombés sur une cérémonie de mariage (décidément!) fidèle à la tradition des îles Kerkennah, situées au large de Sfax. Un truc plus "freestyle" qu'à Temzeret, avec beaucoup de femmes sans voiles notamment (différence la plus aisément visible). Longue vie la famille ! (nb: oui, les deux types au premier plan font l'ouverture en dansant :love:) J'ai connu mardi un merveilleux enchaînement de visites, comme je les aime lorsqu'ils sont faits avec rigueur, sans bâclage.. El Jem dans la matinée, à 40km au nord de Sfax. La ville n'est pas située au bord de la mer, expliquant l'insupportable chaleur qu'il y régnait alors (et encore, ce doit être pire vers 14h), mais compte deux superbes attractions : un amphithéâtre romain et un musée archéologique. Thysdrus (nom antique) est en effet l'occasion de taper un gros BIGUP aux Romains, qui développèrent la cité surtout aux Ier-IIè siècles avec nouveaux quartiers, demeures privées, ateliers de mosaïstes et, donc, un amphithéâtre qui était tout de même svp le troisième du monde romain après Rome et Campoue (30.000 spectateurs, plus que comptait la ville d'habitants..) ! J'en profite donc pour faire un léger point historique, d'autant plus que le récit a été plutôt timide en la matière depuis le début. Les Romains, ils s'imposent vraiment dans le coin au III-IIè siècle avant Jezuz, mettant fin à l'hégémonie de Carthage sur l'actuelle Tunisie (on va en parler un peu plus tard, de Carthage). Débarquant pleinement sur place (établissement d'une zone tampon avec la Méditerranée, puis de l'Afrique consulaire juste avant Jezuz, comprenant également le nord ouest de la Tunisie ; puis pleine colonisation), les Romains développent un buenal réseau de villes (fondations de la nouvelle Djerba, Sfax, El Jem, Monastir, Sousse, à l'intérieur et dans le Nord tout à fait également) et de routes. Les Vandales (des germains :o) mettront fin à la teuf au Vè siècle, débordant d'ailleurs sur Rome qu'ils pilleront peu de temps après (455, merci bien). Well donc merci et à bientôt les Romains, dont le musée d'El Jem expose quelques sublimes mosaïques découvertes dans le coin. Une bien belle étape, ma foi ! Voici le fort majestueux amphithéâtre. Et tout d'un coup, je rencontre mes premiers collègues : il y a bien d'autres touristes en Tunisie !.. Magnifique petit épisode sur place. Visitant, je tombe sur ce groupe d'ouvriers faisant une pause (soleil hardcore...). Mon "zalamalek" + "saha" (santé, bonap) leur suffit pour m'inviter à les rejoindre autour de la pastèque. Ceci n'était pas compris dans le ticket d'entrée :love: J'avoue ne pas avoir été particulièrement ému par l'édifice, certes imposant. La classe tout de même. La grande classe ! J'y étais à 48h près :) Un peu plus tard, dans le très joli musée Certaines des mosaïques font bien 5m sur 5, incroyablement bien conservées

"Dionysos enfant chevauchant une tigresse" :love:

Un peu de profondeur historique (2/2)

On continue le petit tour du centre-est de la Tunisie, "Sahel" riche en jolies et riches villes du littoral (ou pas). Après Sfax et El Jem, Mahdia, Monastir, Sousse et Kairouan ! Et on garde le rythme :)

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En regagnant la mer pour Mahdia, c'est retour aux origines islamiques (:nerd:). Et quelles origines ! La ville fut en fait la première capitale de l'empire Fatimide, cette dynastie qui a fondé le Caire. Début XXè, venus d'Algérie, les dissidents (contestation des Abbassides, qui avaient écarté les Omeyyades et transféré la capitale de l'Empire musulman de Syrie à Baghdad) enlèvent Kairouan (visitée quelques heures plus tard, patience) puis fondent Mahdia en 909 qu'ils abandonnent à peine un demi-siècle plus tard (la rançon de la croissante gloire). Du coup Mahdia a un côté très puissant, lié à cette histoire fabuleuse, alors même que sa medina n'est pas si développée et qu'il n'en reste pas grand chose. A vrai dire c'est surtout le cadre magnifique (cap Africa, qui est en fait un bout de terre qui se prolonge vers la Méditerranée ; comme une rampe de lancement, un peu :napo:), le calme de la vieille ville qui ont rendu l'étape si agréable.

"As Skifa al Kahla", "porche obscur" marquant l'entrée de la medina. L'une des rares traces de la ville fondée au Xè siècle... si elle n'en avait que les matériaux, reconstruite au XVIè :o Ah ce devait être tout à fait superbe, à l'époque :) merci les Espagnols de Charles Quint qui ont tout rasé après bombardement au XVIè.. Du toit, on aperçoit les superbes plages de la ville. Les hôtels bourrins s'y concentrent. Et de l'autre côté, la vieille ville s'étend joliment Le couscous de poisson au déjeuner !! :cool: la sauce avait été servie direct avec la semoule, chaud chaud :o Alors je ne fais pas du tout honneur à la grande mosquée, mais celle-ci 1. n'est qu'une reconstruction il y a 50 ans de l'old school, 2. n'est ouverte qu'aux heures de prière ² Je me suis davantage appliqué par la suite, tapant une petite balade le long du rivage :) Le petit carré d'eau est en fait le port d'origine de la ville Fatimide !! Ghetto ghetto ! Avec un cimetière autour Je me trouvais alors sur le "borj el kebir", forteresse construite à la fin du XVIè au bout de la medina La jolie vue qui va avec. On finit avec les ruelles de la vieille ville : il y a bien quelques grands axes avec boutiques touristiques Mais on se perd vite, tranquillou Youpi.

Enchaînement quasi sans transition, quelques heures plus tard : nous voici à Monastir, à nouveau au bord de la mer. Le nom est assez familier car les infrastructures touristiques sont très développées, la beauté des plages aidant. Ceci dit, la ville elle même n'a pas de glorieux passé ou d'épisodes historiques particulièrement marquant... Il s'agit surtout de la ville natale d'Habib Bourguiba, père de l'indépendance (membre du Destour, parti de la Constitution pro-autonomie dans le cadre du protectorat, puis créateur du Néo-Destour en 1934, quelques années avant d'appeler puis d'obtenir l'indépendance, à force de publications et surtout de tournées internationales, forcé à l'exil par les autorités françaises) qui est revenu y vivre lorsque Ben Ali le déposa en 1987. Ceci dit, Monastir n'est pas "que" la ville du premier Président tunisien et le ribat (sorte de monastère fortifié) au bord de la mer atteste de la notoriété passée de l'ancienne Ruspina (nom antique). Difficile toutefois, en quittant la ville après quelques heures à peine, de trouver autre chose que les plages pour comprendre ce qui retient tant de touristes plus de quelques nuits (c'est un autre tourisme, dirait-on plus simplement).

Et nous voici à la timide Monastir, dont le fier Ribat et la surprenante (car petite!) "grande mosquée" représentent tout de même. Les Tunisiens aussi ont le droit de profiter des belles plages de Monastir :napo: Prise du haut du ribat, la photo montre un peu l'intérieur de celui-ci + la mausolée de Bourguiba au second plan Le voici, plutôt fier ! Imposant une épouvantable marche, sans ombre.. Mon portable a eu la mauvaise idée de me laisser alors tomber, ne pouvant montrer la délicate organisation de l'intérieur : tombes de la famille, tombe d'Habib, chambre discrètement décorée avec des effets personnels du Président... Plaiz !

La journée avançait, et si j'avais gagné Sousse avant que le soleil se couche c'est surtout aux premières heures de mercredi 13 que je visitais la ville. A vrai dire, la troisième ville du pays m'a fait très forte impression et ce timing plutôt original (visite assez solitaire de l'immense vieille ville, Jerusalem-style) a grandement aidé à rendre la visite vraiment superbe. Non seulement les ruelles de la medina sont charmantes, très étendues et surtout pleines d'activités (souq jusqu'à 22h, repris dès 8h ! là où l'on remballe généralement les affaires en début d'après midi ailleurs) , mais Sousse compte quelques superbes monuments. La gloire est venue principalement des Aghlabides (la dynastie musulmane gérant l'Ifriqiya, la région maghrébine dans la bouche des Arabes, avant les Fatimides) qui lui donnent sa medina, son ribat et sa grande mosquée tout à fait superbe (1250 years old svp). La plus belle vieille ville jusque là, Tunis n'a qu'à bien se tenir !

Dans un coin de la medina de Sousse, deux puissants monuments : le ribat Et la jama'a, la grande mosquée. Qui n'a pas de minaret, puisque le "nador" (la tour de guet) du ribat faisait l'affaire, pour l'appel ! Mais on l'aura compris, Sousse tire surtout sa beauté de ses superbes ruelles parfois couvertes La vieille ville compte, en outre, quelques merveilles bien planquées : zaouïas (petites mosquées, ou sanctuaires d'hommes saints), anciens caravanserails... ainsi que, plus classiquement, de jolies mosquées. Revoici le ribat, qu'on a pu pénétrer (:vice:) Construit au XVIIIè, il s'agit du plus vieil édifice de la medina Surtout, le premier "étage" envoie quelques cellules pour les moines-combattants, et surtout une salle de prière qui, en restant debout tout ce temps, est aujourd'hui la plus vieille du continent :cool: ! La preuve :o (le mihrab, qui indique la direction de la Mecque) Juste à côté, la mosquée représente tout de même bien avec une jolie cour intérieure Une salle des prières assez modeste, calme. Petit détail, pas de tapis ici (à Kairouan non plus, ça ne le fait pas trop) mais des espèces de paillassons un peu cheap :o Un petit dernier tour par les ruelles, allez :)

Le joyeux tour s'est conclu assez magnifiquement avec Kairouan, en fin de matinée. Si le nom dit quelque chose, c'est peut être qu'il s'agit de la quatrième ville sainte de l'Islam, de façon plus certaine le lieu musulman le plus sacré du continent africain : débarquant chez les Berbères dès 670 (ndlr l'Hégire est en 622), le conquérant du Maghreb Oqba Ibn Nafi fonde "le camp", al Qarawin. La famille (les Berbères :p) résiste puit se fait écraser, et Kairouan devient du coup le centre de propagation de l'islam en Ifriqiya que ne remettent pas en cause les Fatimides, offrant à la ville une prospérité quasi-continue jusqu'à l'invasion des Hilaliens au XIè siècle (envoyés par les Fatimides... du Caire, right, en punition à une rebellion des Zirides qui avaient pris le relai sur place). La vieille ville compte du coup un nombre fou de mosquées (Abu Dhabi n'a qu'à bien se tenir, en densité :p) dont la grandiose jama'a (probablement précisé dans de précédents papiers, mais il est bon de le rappeler : le nom se forme à partir de la base verbale "se rassembler", et a donné son nom au jour saint musulman, le vendredi... i.e. le jour où l'on se rassemble) dont la beauté de l'édifice me coupa proprement le souffle (une impression qui n'avait pas été ressentie depuis longtemps). La balade dans la médina avait été tout à fait paisible, et assis dans la salle des prières, bercé par la mélodie des fidèles priant à voix basse, je m'allongeais un petit peu, tout heureux de cet enchaînement assez magnifique de visites.

L'une des "bab" (porte de la medina)

La medina de Kairouan est plutôt charmante, peu "touristique" Il y a surtout un parfum un peu plus islamique qu'ailleurs, des hommes barbus étant fréquemment croisés (si si c'est un signe de religiosité) Mais les différents points d'intérêt de la vieille ville ne pèsent point grand chose à côté de la grande mosquée Dont l'intérieur est sublime (ici le minaret) Si Oqba s'empressa évidemment de fonder un mosquée dès 670, "la grande" fut bâtie par les Aghlabides, au IXè siècle. Ca va quand même, 12 siècles d'âge :o Dans la salle des prières (interdite d'accès pour les infidèles, comme beaucoup des importants lieux islamiques du pays), le plus joli est le calme, l'ambiance bien muslim-croyant-à-donf. Allez tout de même, quelques autres attractions de la vieille ville : l'une des innombrables mosquées "Le chameau réduit en esclavage"... en fait on force le pauvre bougre à tourner en rond all day long pour récupérer de l'eau d'un puits (au centre de la petite pièce) nommé "Barouta"... Selon la légende, l'eau serait tout à fait sacrée, jumélée (:nerd:) avec l'eau de zem zem (voir mon papier sur la Mecque, google "La Mecque ouverte"). et, enfin, l'une des superbes zaouïas de la medina (de l'extérieur, impossible d'imaginer de telles maisons). A noter que je n'ai point visité celle très populaire de Sidi Sahab, partenaire de route du Prophète carrément, et où les locaux viennent volontiers se recueillirent ou demander quelques divines faveurs. Un louage fut trouvé trop rapidement !
LI Libed3 Veteran ·
Je découvre ce récit aujourd'hui, je suis absolument ravie de retrouver quelques lieux découverts il y a un peu plus d'un an, enrichis de tes précieux commentaires. Quel plaisir, merci. 🙂
LS Lsttx Regular ·
ah merci ça me fait très plaisir !! :) aurais tu écrit un carnet, pris des photos ?

je vais quitter le pays demain ou après demain et ai fait quelques choix discriminants (des impasses, kwa). Par exemple Hammamet, dont je serais heureux d'avoir un feeling about.
LI Libed3 Veteran ·
Un carnet non, j'en ai été empêchée. Bien que, j'ai pu quand même noter exactement la même chose que toi au musée de Guellala. D'où le constat qu'il est bien difficile de faire le bon choix d'un compagnon de route. Des photos oui, et curieusement, parfois les mêmes "point de vues" que les tiennes, mais uniquement du sud. Je ne suis pas allée plus haut que Gafsa. A Tozeur, (et même ailleurs) je me suis laissée embarquer, mais, à propos de vos échanges sur les femmes seules, j'aurais découvert bien plus de choses si je l'avais été. Un enfant m'a prise par la main et m'a montré comment il jouait avec l'architecture.
CE Cerine456 ·
"Une touriste n'a pas à s"aligner sur la condition féminine locale "

désolée mais là tu te trompe completement, faut respecter le pays que l'on visite et shabiller en conséquence, ne pas chercher a les provoquer ou choquer ; on visite un pays pour comprendre un pays et non pas imposer son style de vie parcque dans ce cas là on est pas fait pour partir a la rencontre de l'autre , à souvrir lesprit ;
FA Fangui Veteran ·
Tu ne sais pas lire ? C'est exactement ce que j'ai dit dans mes messages sur la tenue vestimentaire.........

Mais , je ne fais pas le Ramadan , je bois de l'alcool si j'en ai envie , je ne porte pas de fichu sur la tête sauf si je rentre dans une mosquée et je ne m'efface pas devant les hommes avec humilité...........et j'assume tout à fait ma religion d'origine et la fierté de mon propre pays

Et surtout je tiens beaucoup à ce que les hommes aient avec moi la conduite respectueuse qu'ils revendiquent des étrangers pour leur propre femme !!! Parce que sur ce chapitre , il y aurait beaucoup à redire............
fangui

http://fanaumaroc.canalblog.com/
LA Lacalo Globetrotter ·
Bonsoir,

Je ne vois pas en quoi s'habiller à l'européenne empêche d'aller au devant des autres ??? Avoir une tenue décente et respectueuse : oui ! Mais comme chez soi ...

La barrière sera plutôt la langue, sûrement pas la tenue. D'ailleurs, pour prendre l'exemple du Maroc où je vis, beaucoup de Marocaines ne portent plus la djellabah et le foulard ! et la télévision et les transmissions des films étrangers sont dans tous les foyers, et donc sont bien familiarisés avec nos façons de vivre.

Comprendre un pays, c'est observer, parler avec ses habitants, pas les singer.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
LS Lsttx Regular ·
merci pour ces précisions intéressantes :)

et les jolies photos ! ah si je me souviens bien, les cailloux dans le mur c'est comme la fontaine à Rome c'est ça ? C'est un type "de l'association de la medina" qui me l'avait assuré, déçu par la suite que je tienne à tout voir by myself, y compris si cela me fait passer à côté de certaines choses (les "pourboires officieux" me restent souvent à travers la gorge ; 1 ou 2 fois, dans le nord, en une semaine)
LS Lsttx Regular ·
"habillée à l'européenne" est une expression très large :) j'imagine que des tenues très serrées (mais pour les hommes aussi, le short à la mosquée quoi :o) peuvent nuire à une douce relation avec les locaux...

bon par contre je ne sais pas si c'est mon carnet (qui s'efforce pourtant d'être riche en paix et amour) mais oh les femmes au desus et si nous nous écrivions avec douceur et délicatesse ? :) d'autant plus que votre différend est dû à un simple malentendu..

Bon là dessus je vous propose un nouveau papier :) l'un de mes préférés depuis le début, grâce à une magnifique étape qui fera plaiz aux fans des Romains :love:
LS Lsttx Regular ·
16 juillet 2011 Dernier petit crochet avant le Nord

De Kairouan, je n’étais plus qu’à quelques kilomètres de la capitale tunisienne que j’allais bien finir un jour par gagner. Ceci dit, c’est autant par zèle que par espoir de retrouver un peu de sensations ghettos (découverte de bleds pommés, jolies rencontres) après l’enchaînement de visites académiques – certes jouissif – que je m’autorisai mercredi 13 – mardi 14, une ultime bouclette par l’ouest du pays avant de rejoindre Tunis. L’intuition avait été bonne !

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A priori, pourtant, les choses furent poussivement engagées. Quittant Kairouan en milieu de journée, je gagnais Sbeitla, à nouveau bien loin du rivage, où je déjeunais assez paisiblement (chez un type sympathique qui avait collé des stickers « TF1 » dans son restaurant, allez savoir pourquoi). Grand mal m’en prit à première vue, car je manquai par là le dernier bus pour Al Kef, la ville du nord ouest du pays que je souhaitais rejoindre pour y dormir. Il n’était que 15h, mais les distances et surtout le paysage (le centre-ouest de la Tunisie renoue largement avec les montagnes, proximité avec l’Algérie aidant) expliquaient l’impasse dans laquelle je me trouvai alors. Dans un ultime espoir, j’ai pris un louage pour Kasserine, un peu plus loin au sud-ouest, où je pourrais éventuellement attraper un dernier-dernier bus ou taxi collectif… mais sur place, je réalisais bien être coincé dans l’inland tunisien, ayant pêché dans mon humble organisation.

Les jolies plaines réchauffent le cœur, tout de même (surtout avec des vaches dedans) Près de Sbeitla, sur le bord de la route, des ruines romaines assez réputées... moi, j'avais un site plus important en tête (suspens)

Mon après midi à Kasserine fut pourtant fort réussie. Il n’y a pas grand-chose pour les touristes, non (la ville a surtout donné son nom à « la bataille » de février 1943 qui vit l’Afrika Korps de Rommel mettre cher aux Alliés), mais il se trouve que Sidi Bouzid, l’épicentre de la révolution tunisienne, n’est qu’à quelques kilomètres et que Kasserine a vécu de bien pénibles semaines début 2011. Discutant avec quelques kopains à la station des bus puis dans le centre-ville, on me conseilla de me rendre dans un quartier populaire où plusieurs graves affrontements avaient causé la mort de nombreux jeunes Tunisiens. Sur place, je pris quelques photos, discutai avec quelques jeunes présents. Kasserine a lourdement payé.

Le chauffeur de taxi, assez roublard, fit soudainement une mine grave en me montrant l'endroit. "La police est venue tirer sur les gamins jusque là" Au centre du rond-point, un hommage aux "42 martyrs", de Kasserine ou de Thala (30km au nord-ouest). Pour rappel, la révolution a fait environ 300 morts dans le pays. "Ya chahid ya habib", tag dont la sublime formule n'est pas traduisible : "ya" s'use pour appeler, apostropher quelqu'un ("ô", de façon un peu antique) ; "chahid" le martyr, "habib" le copain, ami, "mon cher".

La journée de jeudi ne fut pas plus « efficace », si je puis dire. Quittant Kasserine pour le Kef, je n’ai atteint l’ancienne Sicca qu’en fin de matinée malgré la distance moyenne (80km), attente-louage (précision importante, pour ceux ne m’ayant pas lu auparavant : dans les taxis collectifs, on ne part que quand la voiture est pleine !) et route sinueuse aidant. C’est que la ville est située à presque 800m d’altitude, joliment installée sur une colline d’où elle surplombe superbement la vallée. Sicca, donc, fut fondée par Carthage (dont on va vite reparler) en 500 av. JC puis passa sous contrôle numide (des Berbères menés notamment par Jugurtha contrôlant une bonne partie de l’Afrique du Nord avec le consentement de Rome avant de se faire écraser par l’Empire, IIè siècle avant JC), romain, vandale, byzantin, arabe… Avant de gagner une certaine indépendance au Xè siècle, à laquelle mettront fin Ottomans (XVè) puis Français (XIXè-XXè). Assez joliment, la vieille ville du Kef témoigne non sans une certaine timidité de ces diverses influences, comptant notamment dans ses murs de nombreuses mosquées comme quelques synagogues et même une basilique. La medina est surtout située dans un cadre superbe, et son éprouvante ascension fut tout à fait récompensée par les puissantes vues.

Aucun rapport, mais KOOKOO ! un peu fatigué, après tant d'aventures. Notons le VERY ORIENTAL haut, acquis à Mahdia (le magnifique bled méritait parfaitement un pécuniaire soutien) Et nous voici roulant lentement mais gaiement vers le Kef Kef où les signes de la thoura sont très présents Etant parvenu au sommet de la ville (non sans galère, 30°c merci), voilà l'intérieur de la Casbah avec fort et porte batis par les Ottomans au XVIIè C'est surtout la vue qui claque, à gauche et à droite Une vieille ville bien délaissée, or moi j'aime bien me balader tout seul alors youpi. Voilà l'étonnante citadelle qui aurait été bâtie au IVè siècle puis convertie en église sous les Byzantins. La Casbah derrière. La descente fut plus agréable que la montée :) quelques jolies discussions en passant, avant de reprendre la route

Ayant mangé sur le pouce (comme la veille au soir), j’ai pris un bus en début d’après midi pour Tunis. Sauf que je me fis jeter en route, ayant l’intention de visiter un site archéologique assez renommé et qui a le bonheur de se trouver dans un bled pommé, à l’écart de l’axe principal de circulation. Dougga, tel est son nom (bisou aux marseillais), a en fait une histoire antérieure aux Romains, l’environnement favorable (site facile à défendre, sources à proximité, terres fertiles) aidant. Mais l’occupation puis la colonisation (IIIè siècle), couplées à une sorte de surenchère de dons entre habitants particulièrement motivés (le plus sympathique dans cette histoire est que les colons et les autochtones semblent avoir très bien cohabité, et en fin de compte la citoyenneté fut même donnée à tout le monde), ont fait de la ville, ancrée elle aussi dans un magnifique paysage, une place forte. Quelques siècles plus tard pourtant, les Byzantins la réinvestissent à peine, mais de façon heureuse cet oubli, non sans que persiste une occupation quasi-permanente depuis 2000 ans (des paysans vivent au milieu des ruines jusqu’au débarquement des archéologues fin XIXè, ah ah !), a favorisé une conservation qui est proprement incroyable. Car on peut l’annoncer sans transition, la visite du site fut probablement la plus belle de ruines romaines ever (et pourtant j’en ai vu au Machrek, si je puis me permettre). Il y a la conservation, donc, mais aussi (et surtout ?) cette vallée de fou autour (a.k.a effet Maiden Saleh), l’ambiance bledarde-rurale, ma solitude sur place, la beauté des temples… Les photos parlent d’elles même.

Le trajet jusqu'à Dougga avait annoncé le paysage de fou Nous y voilà. On commence avec un étonnant mausolée libyco-punique, qui témoigne de la richesse pré-romaine du site (IIè siècle avant JC) En fait la montée en gammes fut magnifiquement progressive. D'abord, le joyeux sentiment qu'inspirent quelques unes des (énormes!) maisons très préservées Là dessus, le reste de la ville se dévoile peu à peu, avec toujours le décor de fou (à ne jamais oublier :nerd:) : les thermes L' amphithéatre de 3500 places, mignon comme tout :love: L'un des très nombreux temples... Mais je ne me suis mis à accélérer le pas, chanter-crier (symptomes de GROS KIFF), que lorsque j'ai commencé ma route vers le Capitole :fou: L'aspect vraiment magnifique de Dougga, c'est bien qu'on s'y croit (pour une fois, j'ai envie de dire) ! Ces ruelles qui mènent au centre spirituel et politique de la ville, les maisons qu'on imagine tellement facilement à gauche à droite... und voilà, 10m de haut :COOL: avec le petit forum adjacent, que bâtirent au côté du Capitole les Byzantins :love: Un peu plus loin, le joli Arc d'Alexandre Sévère. Ce cadre, la famille, ce cadre !! Et on termine avec le magnifique Temple de Junon-Caelestis :)

Je chantais-hurlais déjà, quittant le site archéologique inoubliable. Alors vous pouvez imaginer mon état d’euphorie lorsque ce sont des ouvriers en camion qui m’ont ramené sur l’axe routier Kef – Tunis, puis à peine quelques minutes plus tard lorsque Karim et Ali, de Tunis, m’ont embarqué en stop pour la capitale. Ah ça, cet ultime crochet avant le Nord fut bien sublime !

Le Temple de Junon-Caelestis, avec le Capitole au second plan Magnifique retour à l'entrée du site par les champs Suivi d'un non moins superbe début de marche dans un cadre de rêve (et les bestiaux !) que vient exploser de bonheur le très glamour couple Karim-Ali (ça fait un peu "photo avec papa et maman à la plage") :love:
LS Lsttx Regular ·
Les deux visages de Tunis

Tunis. Si c’est vraiment la journée du vendredi 15 qui font consacrée à la visite de la capitale et de ses grands alentours, mon arrivée la veille au soir fut tout à fait superbe, étant déposé par Karim sur l’avenue Bourguiba, artère de la ville nouvelle qui avait été noire de monde à plusieurs reprises l’hiver dernier. Au passage, voyant de mes propres yeux les Champs Elysées tunisiens, je ressentis une émotion immense, ayant d’ailleurs le bonheur de pouvoir la partager de suite avec le kopain. J’y étais.

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Lever tôt, ce vendredi, pour une visite de la vieille ville d’ores et déjà dans les annales puisque celle-ci dura plus de 3h. Trois heures à fouiller, regarder, se perdre, s’émerveiller dans un espace certes immense mais qui regorge de réjouissantes surprises. Ainsi la medina de Tunis est-elle à premier abord bien à la hauteur de son statut, représentant fièrement une ville qui assume le rôle de capitale du pays depuis plus de huit siècles. C’est que Tunès, qui a longtemps été un simple « satellite » de Carthage (visité l’après midi), gagne en puissance à partir de l’arrivée des Arabes au VIIè siècle : Mahdia, Kairouan déclineront bientôt, là où la situation de Tunis lui permet d’éviter les violences des Hilaliens (qui détruisent Mahdia au XIè siècle sur ordre des Fatimides, comme on l’a vu) et, sous le règne des Hafsides (à partir du XIIIè), connaît une prospérité dont témoigne aujourd’hui encore la medina. La vieille ville, justement, frappe d’abord par son immense taille (1km sur 250m, contre 500m sur 100 à peine pour Mahdia ou 500m sur 200 à Sfax) et éblouit par le nombre de trésors dont elle recèle (mosquées, résidences ou palais privés, mausolées…). A cette force, cependant, faut-il mettre en parallèle les faiblesses liées à cette meme immense taille : grands axes très touristiques, et surtout hétérogénéité frappante (ruelles trads riches en commerces, couvertes ou non, grande mosquée au centre… mais un peu plus loin quartier refait, à l’air libre, ou grandes traversées en reconstruction). Ainsi après mûres réflexions, il convient de ne point déloger la magnifique medina de Sousse du haut du podium national. Le nombre de photos à Tunis, ceci dit, force le respect.

L'avenue Bourguiba se prolonge sur un bon kilomètre, pour déboucher sur l'une des portes de la vieille ville, Bab al Bahr L'un de ses axes principaux, qui mène à la grande mosquée, est über touristique La mosquée Zitouna, puisqu'on parle d'elle, est quasiment fermée à la visite (horaires limitées, espace ridicule où les touristes sont cantonnés, sans pouvoir pénétrer la cour et encore moins la salle des prières). Heureusement qu'on a le mot magique ANA MUSLIM ! Impossible derrière, d'ailleurs, de s'affranchir du ticket d'entrée (quand bien même j'explique vouloir soutenir l'économie en tant que touriste, etc.) L'édifice actuel date des Aghlabides, IXè comme à Kairouan, sur les ruines également d'une première mosquée du VIIè siècle. Les Turcs embellirent un peu le truc au XVIIè. Notons enfin qu'on a ici aussi le droit aux paillassons cheap :nerd: et que Zitouna signifie "olivier", car la légende veut que se trouvait sur le site l'arbre en question (les olives-olivettes de Tunisie sont très très cultivées, c'était limite la marque de fabrique économique du protectorat ndlr) Nous voilà repartis dans les ruelles, un peu plus loin cette fois Et c'est là que commence le spectacle ! Il a bien fallu faire une sélection photographique, notamment parmi les dars, ces maisons privées parfois richement décorées dont on ne devine rien de l'intérieur en passant devant. Nous avons également repéré quelques jolies portes :love: Ah le sympathique lieu ! Ibn Khaldoun, le grand philosophe-voyageur (au moins), est né à Tunis en 1332 et a donné son nom à la modeste madrassa où il commença ses études coraniques. Je sais ce que vous pensez, il aurait pu se garer ailleurs :nerd: Un mausolée assez incroyablement planqué dans la vieille ville. Y reposent tout de même les beys, souverains (rois, kind of) de la dynastie husseinite (1700-1957, plus de ça avec la République !) Un nouveau dar, un peu plus loin, dont le jardin gagnerait à être chwaï entretenu :o BACK TO THE SOUQ :nerd: Voilà qui illustre un peu mon sentiment ambivalent, au sujet de la medina : dans des rues pareilles (fort jolies, en outre), au nord, on s'y trouve officiellement encore. Mais quel rapport avec un autre quartier, à fortiori le centre historique ? C'est néanmoins dans le coin que je fis l'une de mes plus belles visites, celle du dar Lasram (du nom de son propriétaire, fonctionnaire militaire du XVIIIè qui s'était fait donc plaiz) aujourd'hui occupé par l'association Sauvegarde de la medina. Il faut d'importances précisions, à ce sujet : la vieille ville a été, reste menacée par un abandon certain. Il y a d'une part une émigration rurale, forte à partir de l'indépendance, tandis que les bourgeois partaient s'exiler dans les banlieues résidentielles en emportant les décors intérieurs voire les facades, lorsque ce ne sont pas des antiquaires qui passèrent par là. Il a fallu que l'Unesco intervienne, ainsi que des associations comme celle en question. Une chose est sûre : avec 4 étages et des pièces d'un luxe vertigineux, les kopains ont de bons locaux :love: On conclue avec l'histoire plus récente de Tunis, qui a joué un rôle considérable dans la Révolution de l'hiver dernier. D'une part ce tag du franco-algérien Bilal, qui se cache derrière le "zoo project" (hommage aux martyrs de la Révolution dans les rues de Tunis, les médias français en ont fort parlé) D'autre part, la poursuite des mouvements (une Révolution se fait en continu, on reviendra là dessus) avec ce vendredi une manifestation prévue Place de la Kasba (extrême-ouest de la medina). Présence sécuritaire massive, en tout cas, pour un rassemblement qui fut un semi-échec (beaucoup de Tunisiens semblent estimer que le temps des manifestations est passé, qu'il faut reprendre le travail en attendre patiemment les élections d'octobre ; "l'anarchie" risquant de profiter aux radicaux, religieux ou non) Et on finit par une simple évocation de la "nouvelle ville" qui fut surtout construite par les Français au premier XXè siècle. Le théâtre municipal (qui donnait, les deux soirs où je fus présents, des concerts de musique arabe) se trouve sur le boulevard Bourguiba même.

Si ce réjouissant visage a laissé place à un autre, le jour même, c’est pour un ensemble de raisons qui sont à la fois imputables à mon humble (et/mais aimable) personne (galères techniques, mauvaise organisation) mais aussi à la capitale même : infrastructures frustrantes, sites décevants et isolés les uns des autres. Car après avoir mangé vite-fait, je me suis rendu dans la banlieue ouest de la ville dont le Musée Bardo contient, outre quelques pièces puniques (Carthage), un très lourd catalogue de mosaïques romaines. Encore faudrait-il que la gestion des travaux qui affectent l��établissement soit moins bordélique (80% des collections inaccessibles, ya Allah !). Le Bardo prend cher, désolé pour les puristes. Quelques mosaïques et puis khalas :/

Faut dire qu'1 km de marche au soleil (station de métro "Bardo" fermée, ya rly !) + 20% seulement des salles ouvertes, ça vous change un homme :nerd:

Allez, pour la beauté du geste : Letriomphe de Dionysos, mosaïque avec des allégories des quatre saisons. Et il y en a des milliers d'autre dans le genre, parait-il :fou:

Il fut décidé de ne point en tenir rigueur à la capitale, et joyeuse humeur + optimisme furent rigoureusement conservés pour aller à l’autre bout du grand, grand Tunis (l’agglomération compte 2 millions d’habitants et ses sites peuvent être séparés de plus de 10km), à plus d’une heure plus loin via le tramway et le train de banlieue plutôt sympathiques. Carthage. La ville, fondée par les Phéniciens (remember Tyr, Liban !) vers le IXè siècle avant JC, va devenir un centre d’influence considérable au point de dominer la Méditerranée au IVè-IIIè siècles avant JC. Le centre du monde, jusqu’à que Rome y mette fin de façon laborieuse (3 « guerres puniques » seront nécessaires, aux IIIè et IIè siècles avant JC ; c’est Hannibal de Carthage qui avait remporté la seconde, traversant notamment les Pyrénées puis les Alpes avec 90.000 fantassins, 12.000 cavaliers et 37 éléphants !.. avant de fatalement hésiter avant de marcher sur Rome, 215 avant JC) et carrément violente (le Sénat ordonne la destruction totale de la cité, dont le sol est maudit). César décide néanmoins d’y établir quelques temps plus tard une nouvelle Carthage, romaine donc, qui connaîtra prospérité aux IIè et IIIè siècles après JC avant qu’un assoupissement certain s’empare de la cité, peu développée par les Byzantins avant d’être carrément détruite par les Arabes à leur arrivée fin VIIè (les pierres et blocs de marbre serviront à construire Tunis). Well donc un ex-centre du monde, sur le papier la visite devait être magnifique, d’autant plus que Carthage surplombait vraiment de façon idyllique le Golfe de Tunis. Sauf que les Romains puis les Arabes ont tout détruit ! Il ne reste quasiment rien de la mythique cité, quelques blocs de pierre avec la belle vue certes mais qui ne méritent franchement pas la pénible excursion que l’isolement du site impose. J’étais bien blasé, ma foi.

Le "métro" est en fait un tramway avec quelques lignes Il est joliment complété par le "TGM", Tunis Goulette Marsa, qui pousse vers le nord-est du grand Tunis (zommez sur la carte google, pour vous donner une idée des distances) Et voilà Carthage, merci d'être passé. Pardon pour cette violence :o Heureusement qu'il y a un petit musée sur le site :napo: une reconstitution de la punique Carthage, well... On y trouve tout de même une jolie mosaïque représentant les noces de Neptune et d'Amymoné :)

Dans le fond, la dernière étape de l’après midi s’est bien accordée avec l’ambiance quelque peu morose : il s’agit du célèbre village de Sidi Bou Saïd, perché sur les falaises surplombant le Golfe, et que les cartes postales, le soin des autorités coloniales à conserver cet îlot orientaliste (le bled est protégé depuis 1915), et quelques illustres fans (Flaubert, Chateaubriand, Gide, Beauvoir, Foucault, le peintre suisse Paul Klee…) ont rendu célèbre. Well c’est un Disneyland touristique avec de certes jolies vues, j’ai pris quelques photos et suis parti en courant !

J'ai décidé, dans un élan humaniste, de ne publier que les photos jolies et aimables de Sidi Bou Saïd. Celles qui collent à l'image trad du village, yani (i mean). Nous avons donc testé pour vous :nerd: les hôtels pépers et leurs terrasses de luxe (pas regardé la carte, mais le loyer doit se faire sentir sur le prix du schweppes) (je précise que je ne bois pas de schweppes :nerd:) Des plages et une jolie baie avec des bateaux de riches. La belle vie quoi (ou pas)

Alors Tunis, une capitale pas tout à fait à la hauteur des espérances ? Que nenni ! Loin d'avoir conservé en moi la frustration qu'ont suscité mes visites "hors les murs" de l'après midi, je garde une image tout de même assez superbe de la capitale. C'était jeudi soir, déambulant sur l'avenue Bourguiba, m'émerveillant de la joyeuse vie qui régnait alors en ces (désormais mythiques) lieux. Ce fut vendredi soir, à nouveau, rentrant de Sidi Bou Saïd, traînant un peu sur cet axe central sur lequel il est si bon, quand la température a baissé, de flâner. Touché par la beauté des gens de la capitale, qui s'approchent si joliment de la synthèse Occident-Orient source de puissants fantasmes chez moi ; m'émerveillant de ces kiosques dont l'offre de presse est pléthorique, de ces cinémas, de ces librairies franco-arabophones, des terrasses où l'on discute jusque tard dans la nuit, de ces commerces qui restent ouverts, de cette vie nocturne que l'on prépare avec précaution. Voilà bien le visage qui reste, de Tunis, la jolie capitale du merveilleux pays.

SIDI BOU SAÏD SAURA VOUS SEDUIRE :nerd: just joking Lors de la magnifique arrivée, jeudi soir. We was there ! :love:
KI Kidokan15 ·
excusez moi je me permet de vous corriger une erreur ( balad, pays, bouldan au pluriel ) bonne continuation
LS Lsttx Regular ·
oui tu as raison khey ! ça la fout d'autant plus mal que c'est le titre du carnet :D une kopine me l'avait fait remarquer sur le blog direct mais je n'avais pas pris le temps de vérifier... damned, c'est en plus l'un des tous premiers mots que j'ai appris en arabe, il y a quelques années alors que je débutais !!!

Je transmets le dernier billet de Tunisie. Les nouvelles seront bientôt algériennes :) love!
LS Lsttx Regular ·
18 juillet 2011 Epilogue tunisien

Deux jolies villes du Nord du pays, quelques drôles de rencontre et un déjeuner pour l'Histoire : la partie tunisienne du voyage s'est achevée ce samedi 16 juillet, tranquillement.

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J'ai quitté Tunis assez tard, ayant quelques formalités à expédier avant l'Algérie (achat d'un deuxième guide papier, pour l'honneur, et surtout beaucoup de cash car les cartes bancaires étrangères ne passent pas ou presque de l'autre côté de la frontière). J'étais tout de même, al hamdu lillah, arrivé à Bizerte pour le déjeuner. La visite fut très sympathique, pour tout un tas de raison. D'abord un bon timing, puisque j'eus environ 2-3h pour explorer et manger avant le départ de mon bus pour la frontière algérienne (ndlr : se renseigner sur le bus suivant est quasi-systématiquement la première chose faite, anywhere) et que j'eus la chance de plutôt bien exploiter ce court temps. Ensuite, la vieille ville de Bizerte est très charmante, comme assoupie, s'offrant facilement à la visite. Surtout, le point le plus au nord de l'Afrique (si si) a une histoire assez attachante : comptoir phénicien, carthaginois puis colonie romaine (Hippo Diarrythus), elle doit ses vieux murs aux Aghlabides (que l'on connaît bien maintenant, right) puis subit au second millénaire (sic) les affrontements entre Espagnols, Turcs puis Français qui investirent massivement le bled, faisant de Bizerte l'une de ses principales bases maritimes en Afrique du Nord. Au point d'ailleurs que les troupes ne s'en retirèrent qu'en 1961-63, plus de cinq ans après l'indépendance, à un prix incroyable (affrontements à balles réelles dans la ville, plusieurs centaines de mort) ! Après avoir flâné plutôt joliment ici et là, je décidai de me lâcher sur ce qui devait être mon dernier repas en Tunisie : je me rendis au Sport Nautique, restaurant dont la renommée est nationale.

Le très joli port trad de Bizerte, avec les murs de la Kasba fondée par les Ottomans au XVIIè Et voilà de l'autre côté Les remparts de la Kasba, de plus près (plein de jolies places comme celle-ci, youpi) Dans la medina, la grande mosquée est bien planquée - et petite Une vue de Bizerte, depuis le surplombant "fort espagnol" que j'aurais dû prendre en photo car il est mignon comme tout Retour dans la vieille ville, direction l'une des places principales de Bizerte, où se tient le marché au pied d'une de ses mosquées :) Mais attention l'heure n'est plus aux photos touristiques car nous voici arrivés au restau :fou: entrée salade de tomate-oignon + olives-harissa toi même tu sais :cool: service GHETTO le kopainserveur, amusé par ma crasse ignorance culinaire, finit par me montrer un des poissons (attrapé par la queue, ya rly) : "celui là ça ira ?" :nerd: Le cadre évidemment p.i.m.p avec dans le coin des types sur la terrasse surplombant le port, lunettes de soleil un peu comme dans Le Parrain. J'imagine bien les gras colons, à l'époque. Je crois que c'était de la serre :o avec du riz, des frites (toujours) et la mechouia, i.e. salade tunisienne de tomates, poivrons, oignons et aubergines grillés-hachés-assaisonnés d'huile d'olive et d'harissa (of course :o)

A peine remis de ces culinaires émotions, j'étais en route pour Tabarka. La ville, à quelques kilomètres de la frontière, organise depuis une quarantaine d'années un festival de jazz qui a gagné une notoriété mondiale (remplacé depuis 2010 par un festival de salsa, are u kiddin?) et dispose d'un très joli coin aménagé au bord de l'eau (corniche, petit port de plaisance, loisirs..). Arrivé en fin d'après midi (il y a bien 200 bornes depuis Bizerte, et plus on se rapproche de l'Algérie plus la route gagne les montagnes), j'étais assez heureux que cette image assez paisible des familles dînant sur les terrasses, les gamins jouant au foot ou sur la plage, soit l'ultime d'un pays qui m'a apporté tant de joies.

La très jolie route, jusqu'à Tabarka Les bateaux tranquillous avec la lumière de fin de journée. Notez le fort au second plan, bâti par les génois qui contrôlèrent la cité du XVIè au XVIIIè La paisible plage Plein de petits playgrounds. Il y avait même un match de tennis officiel juste à côté :love: On ne l'a pas beaucoup vu, Habib Bourguiba. Sa statue se trouve au centre de Tabarka, parcouru jusqu'à tard par les djeunz du coin

Ceci dit la route fut loin d'être sans histoires ! Dans un drôle d'enchaînement, j'ai vécu lors de ces dernières heures tunisiennes de bien singuliers épisodes. Tout d'abord partant de Bizerte, le trajet s'est fait dans un bus parfaitement bondé, en notoire surcharge (à la grande colère d'un des responsables de la ligne de bus, qui ne voulait pas nous laisser partir), en raison du grand nombre de militaires quittant la base locale pour le weekend dans leurs bleds respectifs. L'ambiance était franchement joyeuse, l'anarchie semblant tout à fait ravir les jeunes pousses, et le côté surréel de la situation donna au reste du voyage une grande beauté, d'autant plus que les arrêts au bord de la sublime route et les silhouettes carrées s'éloignant du véhicule pour rejoindre les villages haut perchés rythmaient joliment l'aventure. Celle-ci prit un autre tour dans les dernières dizaines de kilomètres avant Tabarka, moins ludique dans la mesure où la diminution du trafic entraînait, pour le voyageur indépendant, l'obligation d'enchaîner les louages jusqu'à destination. L'heure, cependant, avançait, et en arrivant vers 16h à Ouechtata (véridique) je pris bien conscience de la forte probabilité d'avoir à dormir sur place (ce qui compliquerait mon départ pour l'Algérie le lendemain)... et décidai donc de partir à pied, attaquant les 20 dernières bornes seul jusqu'à qu'une voiture daigne me prendre en stop (à la Tamezret, ah ah!). J'ai ainsi marché, assez longuement pour laisser derrière moi toute trace de ville et me retrouver plus ou moins au milieu des forêts bordant la route, jusqu'à que deux policiers viennent mettre fin à ma belle échappée. D'abord pour me protéger des loups (ah ah), ensuite me révélant que des braquages arrivaient parfois en cette région frontalière, et qu'il était mal avisé pour quelqu'un de seul, à fortiori un touriste, de s'y aventurer ainsi alors que le soleil se couchait. D'abord assez choqué par mon arrestation (ah ça, qu'on ne touche pas à ma sacro-sainte liberté de mouvement ! j'étais surtout préoccupé par le timing), j'oscillais entre l'agacement envers les kopainflics et l'espoir que leur promesse VO de me trouver un véhicule n'ait été un simple argument pour que je finisse par monter à l'arrière de l'une des deux mobylettes, m'obligeant à faire machine arrière (poste de Ouechtata). Le policier qui s'était montré le plus sévère à mon égard me dit d'attendre un peu, partit seul dans la ville chercher un louage spezial pour le touriste qui m'emmena bel et bien à Tabarka. Allez, pardon pour mon impatience et sans rancune les kopains. La famille a le dernier mot amoureux !

Dans le bus de Bizerte, mission trouve-le-moyen-de-poser-tes-pieds-sans-ruiner-ton-sac :mdr: dans le rétro, l'épaule blanche est celle du conducteur Malheureusement pas de photos pour illustrer ma rocambolesque aventure policière. Mais j'en ai du superbe paysage, entre Bizerte et Tabarka ! Les cueilleurs sont les petits points de couleur sur la surface verte :) "il y a des sangliers", m'a-t-on aussi dit au début :nerd: Ouechtata forever !

La conclusion de ces 8 jours tunisiens me pousse naturellement à taper une esquisse de synthèse, revenant sur la très grande quantité de magnifiques petits épisodes s'étant enchaînés cette longue semaine. Y repensant, je reste frappé par l'équilibre assez miraculeux qui fut maintenu entre les superbes rencontres, dialogues, échanges et les visites de sites d'une richesse forçant le respect. Comme si les douceurs avaient su passer d'une sphère à l'autre, sans qu'à aucun moment je ne me mette à regretter d'avoir trop de l'un ou de l'autre (c'est alors, après plein de rencontres, qu'une visite de fou intervenait - Dougga - ou à l'inverse - Sfax, Kasserine). Serait-cela, la clé de mon bonheur tunisien ? Cette alchimie s'est construite très régulièrement, conservant sur un plan émotionnel la force quasi-inimaginable des inoubliables premiers jours.

Pour finir, je vous propose donc une sélection very personnal d'inclassables photos :) à Tunis, les frères ensemble ! (ndlr drapeaux tunisien, algérien et du CNT libyen) Dans un cybercafé de Tabarka. Tous les jeunes sur facebook, parfois pour s'essuyer les yeux indeed ! Rappelons, au sujet de la femme (car j'y pense, là), que le libéralisme assumé du code legislatif tunisien ne saurait balayer facilement, même après plusieurs décennies, les structures sociales profondément patriarcales. On a certes moins senti ces dernières à Tunis, et encore... SI SI ! on est là pour représenter :cool: Avenue Bourguiba, Ministère de l'intérieur sur la gauche (d'où le char, les barbelés et les nombreux soldats avec fusil en bandoulière) Pantalon fashion accroché à la porte d'une mosquée (vieux Tunis) Dougga :) Quittou ! Les chats affamés font cruellement partie du paysage tunisien, particulièrement dans les medinas.

Sur la Tunisie elle même, il y a tout de même de quoi être franchement optimiste. Voilà un pays qui, avant même la pérennisation de la présence française au XXè siècle, avait étonné les observateurs par la force des structures sociales et le niveau plutôt bon, relativement, de l'instruction, l'existence précoce d'une élite lettrée que le colonisateur ne fit que développer par la suite. Avec Bourguiba, le pays a eu un despote à l’œuvre impressionnante, d'une importance historique écrasante dans de nombreux domaines économiques et sociaux (surtout sociaux : maîtrise remarquable de la démographie, développement puissant de l'instruction scolaire, libéralisation de la législation relative à la femme). La libéralisation économique, principalement mise en œuvre sous Ben Ali, a elle aussi produit de remarquables fruits qui ne demandent qu'un soupçon d'efforts supplémentaires, en partie institutionnels, pour donner aux Tunisiens des emplois stables, une économie viable sur le long-terme, un modèle de développement soutenable et souhaitable. Avec la sublime Révolution de l'hiver dernier, gageons qu'un premier pas a été engagé sur cette belle voie. Demain, peut être bien, la Tunisie redeviendra ce phare que l'antique Carthage fut pour la Méditerranée des siècles durant.

Mahdia A Sfax, j'ai eu le plaisir de visiter le Consulat français qui exposait des affiches réalisées par les étudiants de l'institut supérieur des beaux arts de Tunis. Le thème ? Cha'b yourid ! ("le peuple veut", chant de la Révolution) On se réveille, la France ! Les librairies, à Tunis notamment, font très plaisir. Au Kef Allez la famille, paix et amour :)
VI Vifi ·
merci khey ! tu as raison, le ramadhan est tout à fait riche en découvertes culturelles. D'ailleurs je l'avais joyeusement (ou non joyeusement) vécu en 2009 en Palestine, Syrie, Turquie. C'est intéressant, donc, mais pour quelqu'un qui bouge beaucoup c'est plus embarrassant qu'autre chose (à moins que la fête le soir vale vraiment le coup ! on m'a dit qu'au Caire c'était incroyable, je ne demande qu'à tester Oran rompant le jeune en liesse :))

départ demain soir, arrivée à Djerba ! on commencera par la Tunisie donc.

bonjour

khey???

je ne sais pas comment tu comptes le prononcer lorsque tu seras en Algérie, mais je crois que kho serait plus compréhensible, voire akhi si tu veux te la raconter....😛

sinon, la période n'est pas vraiment fameuse, tu vas te retrouver avec tous les enfants français d'immigrés....surtout à Oran 😄😄
VI Vifi ·
cool :) best way pour découvrir les gens, right ! par contre ma chère, je suis dans le sud tunisien depuis 3 jours et pour une femme seule cela risque d'être un peu gênant, compliqué si tu n'as pas de voiture. La Tunisie très originale (par rapport à ses voisins) sur les droits de femmes certes, m'enfin...

D'ailleurs je transmets mon premier (et bien modeste) papier, que j'avais oublié de mettre sur VF ! pardon pour ce petit retard. Love!

Bonjour

je ne pense pas que cela soit gênant : j'ai voyagé seule en Tunisie au Maroc et en Algérie (car il s'agit bien de cela : traverser des pays à forte image paternaliste concernant le rapport qu'ils ont à la femme.... 🙂 c'est très "PC" ce que je dis 😛) je n'ai eu aucun problème....on est beaucoup plus respectées ....en tant qu'étrangères.... ce n'est que mon expérience....après certaines fois, valait mieux que je ne comprenne pas l'arabe.....m'enfin

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