Voyager au Vietnam en solo, à moto, sans savoir conduire: c’est possible!
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Il existe une sorte d’extra-terrestres qui ne conduisent pas de moto ni de scooter, voyagent seules, veulent visiter plus que ce que les jambes permettent, et pas que en voiture ... C’est alors direction le siège arrière d’un 2 roues motorisé !

Pour assurer un circuit un peu long et très déterminé, mieux vaut une organisation préalable.

C’est ce que j’ai fait pour une ballade de 6 jours en moto, tout le long de la frontière Nord, de Sapa à Cao Bang, en passant par les incontournables. (merci Larsay pour les conseils de trajet ! Extraordinaire !) J’ai eu un peu de mal à trouver une agence qui fasse ce tour avec une « vraie » moto, pour une personne seule, en passagère. J’en ai contacté plusieurs et l’une d’entre elles (GP Travel, je me permet de la nommer) m’a orientée vers « Flamingo Travel », agence spécialisée motards à Hanoi. Une belle réussite, dans le top 5 des beaux jours de mon séjour. (Merci Asia7 de m’avoir assuré que c’était une bonne proposition ! ) Les échanges par mails étaient très professionnels, et en même temps amicaux, certaines réponses envoyées à des heures très tardives de Hanoi. Un casque, un blouson de route et vêtements de pluie m'ont été prêtés. Le pilote, jeune, dynamique, parlait couramment anglais. Il était manifestement content de ce voyage pourtant fait déjà plusieurs fois, et prenait -presque- autant de photos que moi. (il m’a demandé de filmer avec son Iphone un passage sur une pente bien boueuse, qu’il a envoyé à ses copains de facebook, et j’ai eu droit à la traduction des réponses, admiratives des paysages malgré la piètre vidéo) Il aimait piloter sa moto tout en prenant soin de ne pas trop me secouer. La bonne humeur était au rendez-vous. En bonus, le jour où on est arrivé de bonne heure à Xinman, il m’a offert une virée non prévue, quelques heures sur des routes de montagne pas faciles, glissantes de pluie et de boue pour me faire admirer des endroits qu’il connaissait. 6 jours trop courts, alternant le soleil, la pluie intermittente ou pas, la brume matinale fantomatique qui dégage petit à petits les montagnes, des rizières qui couvrent des pans entiers de montagne, des étendues de théiers… des paysages époustouflants à 360°.

Mais en improvisation locale c’est possible aussi : les responsables des guesthouses, des voyageurs rencontrés... sont souvent des bons conseillers :

- A Mu Cang Chai la propriétaire a fait appel à un chauffeur qu’elle connaissait, et le lendemain matin, c’était parti pour une journée de visites des nombreuses rizières aux alentours. Lorsque la route s’est avérée trop boueuse, glissante et pentue pour avancer, un « collègue » nous attendait avec une moto mieux équipée, appelé d’un coup de téléphone bien anticipé. A la descente, reprise du premier véhicule. - A Sapa c’est une rencontre sympathique au cours d’un petit déjeuner : un Australien, ancien propriétaire d’une GH à Sapa, connaît la région comme sa poche. Il est marié à une Vietnamienne du village d’à côté, dont le frère serait certainement ravi d’être mon chauffeur. Un coup de téléphone, un croquis élaboré sur le « plan » fourni par l’hôtel, 1/2 heure plus tard on est en route. Journées dans des paysages de rizières impressionnants , certaines déjà récoltées, d’autres pas encore, un patchwork bien dessiné. Magnifique, sur des routes peu fréquentées. - A Cat Ba un voisin de la homestay est interpellé, aussitôt la demande faite aussitôt départ pour un tour de l’île en scooter, avec un arrêt au parc national pour grimper au « peak » et un autre à un village de pêcheur. Belle route, surtout la partie côtière ! - A Trang An : C’est le propriétaire de la GH, et son beau père, qui ont assuré les ballades dans la campagne, visite des temples, des alentours de Tam Coc, Hoa Lu ... et tours en barque évidemment. 2 très belles journées encore. - A Hué: C’est un Monsieur plus tout jeune, parlant un français impeccable, connu du propriétaire de la GH, qui m’a emmené visiter 2 anciens tombeaux royaux, retour à l’heure du coucher du soleil sur la rivière des parfums au pied de la pagode de la Dame Blanche. En cours de route, j’ai eu droit à un Ave Maria, chanté à tue-tête tout en roulant pour preuve de son passage à l’école des sœurs catholiques françaises de Hué ! - Pour rejoindre Hoi An j’ai préféré faire le trajet en 2 jours par la route Ho Chi Minh plutôt que de longer la côte. (cela m’avait été conseillé par un voyageur à Cat Ba) Dans un premier temps, contact avec « le Family Riders » J’ai rencontré une jeune femme de cette famille, épatante de gentillesse et d’attention. Mais les scooters qui restaient disponibles ne faisaient pas ce trajet ces jours-là, l’annonce de fortes pluies rendant la route trop mauvaise. (et la météo pluvieuse s’est avérée exacte ..) Elle m’a conseillé les « Hue Riders ». Un coup de téléphone dans l’après-midi , un rendez-vous le soir même, une bière plus tard le départ est fixé au lendemain matin. J’ai fait le trajet avec un Monsieur étonnamment âgé, parlant assez bien l’anglais, en tout cas suffisamment pour me raconter, lors de plusieurs arrêts, des événements qu’il avait lui-même vécu sur ces lieux pendant la guerre. Séquence émotion inattendue sur un très beau parcours de montagne.

Et bien sûr, usage sans modération des xe om, entre autre à Hanoi (on cherche son chemin, on regarde le nom des rues d’un air perplexe puis son téléphone où s’affiche «maps me», et un chauffeur s’arrête qui fait un signe interrogatif suivi de « where do you want to go ? » Facile ! Et on attrape vite le réflexe de serrer les genoux…, et pour arriver au lac Babe les xe om attendent à l’arrêt du bus de Cho Ra pour continuer jusqu’au lac. (Celui qui m’a emmenée s’arrête en route pour me présenter sa famille, et boire un thé. J’en profite pour sortir de mon sac les prunes que j’avais achetées au marché de Cao Bang, qu’ils ont l’air d’apprécier. Moi je n’arrivais pas à les avaler …. cette spécialité de Cao Bang est très salée, (et pas sucrée comme j’ai cru) et avec l’acidité des fruits, c’est … redoutable. Je leur ai laissé le sachet avec un plaisir réciproque.)

Pour conclure, j’ai trouvé remarquable que, à 2 reprises, les agences qui ne pouvaient pas répondre à ma demande m’orientent vers des collègues concurrents. Leur priorité était clairement de m’aider à réaliser le trajet, selon ma demande, sans me forcer la main.

Les chauffeurs étaient toujours attentionnés, au point d’avoir un vêtement de pluie (genre plastique coloré à usage presque unique qu’on trouve partout) à me proposer chaque fois qu’ il y en a eu besoin, essayaient de discuter, par geste si besoin, le sourire bien accroché, et n’étaient pas avares de leur temps ! Les arrêts photos, contemplation, admiration, ont été fort nombreux, sans rechigner (un toc toc sur l’épaule du pilote suivi de « picture !» suffisait) La sécurité était bien présente, testée à quelques reprises. Pareil pour les xe om en ville.

J’ai trouvé facile de me déplacer ainsi, la solution est dans le contact, les discussions, les demandes dans les GH …. Elle arrive rapidement, efficace, et tout le monde est content. Cette gentillesse j’ai eu l’occasion de la rencontrer ailleurs, dans la rue lorsque je demandais mon chemin, dans les restaurants, GH et hôtels (pour ces derniers, lorsque des enfants jouaient dans la pièce, ou qu’un bébé dormait, je sortais ma botte secrète: sur mon téléphone, des photos de mon petit fils ! Ça déclenche automatiquement le sourire et l’intérêt !)

Ce sont là les trajets faits en moto / scooter, mais il y en a eu évidemment bien d’autres faits de façon plus habituelles dans des bien belles régions.

Et il y a eu aussi, bien sûr, des situations moins enthousiasmantes, agaçantes, voir pas cool -pendant un mois 1/2 c’est imparable- mais pas suffisamment importantes pour gâcher les relations ni le plaisir du voyage.

Si c’était à refaire ? je ferai tout pareil, bien sûr, sans hésitation !

A+ CL
BA Barefoot Veteran ·
Très sympa ce compte rendu et une très chouette façon d'aller à la découverte d'un pays par soi même à travers et avec l'aide de vos GH. Pas fan non plus des xi muoi ( prunes séchées salées.) 🙂
AL Alzako68 Regular ·
Merci 😏 Pour "mes" prunes, elles n'étaient pas séchées, sur le marché de Cao Bang des jeunes femmes les coupaient en 2, dénoyautaient, et passaient une baguette trempée dans du sel (que j'avais pris pour du sucre) en les resserrant. Étrange, ça fait se hérisser toutes les papilles ! surtout quand on s'attend à une friandise ... et ils en font plusieurs version !! A+ CL
BA Barefoot Veteran ·
Prunes dénoyautées salees...j'imagine le truc. Ça devrait pas donner un sucre /sale ? 😏 Merci pour le partage.
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Merci 😏 Pour "mes" prunes, elles n'étaient pas séchées, sur le marché de Cao Bang des jeunes femmes les coupaient en 2, dénoyautaient, et passaient une baguette trempée dans du sel (que j'avais pris pour du sucre) en les resserrant. Étrange, ça fait se hérisser toutes les papilles ! surtout quand on s'attend à une friandise ... et ils en font plusieurs version !! A+ CL

Bienvenue au club de l'Amazing Asie En Thaïlande je me suis fait piéger les papilles Pas salées: Sucrées ET pimentées Au bout de la 3° je m'y suis fait

Chapeau (conique) pour le périple !
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
LA Larsay Globetrotter ·
Les Viets ont une curieuse habitude : manger des fruits pas murs avec du sel et du poivre (ils aiment bien aussi la bìere chaude !). Ceci dit, à Hanoi, il y a des stands (rue Ly Quoc Su par ex.) qui vendent un tas de fruits confits délicieux (en gouter un avant d'acheter, car certains sont très épicés). Je fais macérer pendant des semaines des prunes confites douces dans de l'alcool de riz et ça me donne un breuvage délicieus ! 🙂
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
AS Asia7 Globetrotter ·
Bonjour Christine,

Quel agréable retour😏.

Vous avez vraiment bien profité de ce beau voyage et c'est bien mérité! Votre empathie, votre conciliance et votre joie de vivre y sont pour beaucoup dans la réussite de votre expédition. Bravo à vous qui avez su faire de ce périple votre voyage.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
SO Softhard Veteran ·
Les Viets ont une curieuse habitude : manger des fruits pas murs avec du sel et du poivre ...

Ils aiment le croquant et l'acidité du fruit, afin d'atténuer celle-ci, ils ajoutent du sel & piment pour faire ressortir le sucre et éviter le souci du transit intestinal. 😏 En Amérique du sud, c'est pareil.

AL Alzako68 Regular ·
merci pour le coup de chapeau, pointu, en paille, melon ou claque, ça fait toujours plaisir. Les xui moi -ou apparentées- je n'ai pas poussé la dégustation au delà de la première. peut-être qu'en insistant ou en rajoutant du piment ... A+cl
AL Alzako68 Regular ·
Les Viets ont une curieuse habitude : manger des fruits pas murs avec du sel et du poivre (ils aiment bien aussi la bìere chaude !). Ceci dit, à Hanoi, il y a des stands (rue Ly Quoc Su par ex.) qui vendent un tas de fruits confits délicieux (en gouter un avant d'acheter, car certains sont très épicés). Je fais macérer pendant des semaines des prunes confites douces dans de l'alcool de riz et ça me donne un breuvage délicieus ! 🙂

Houlà ! dur la vie d'expat 😎 Je n'ai pas vu ces stands à Hanoi, dommage, j'aurai bien essayé ces fruits confits, mais "raisonnablement épicés" . Ce qu'on m'a donné, à Cat Ba, à faire macérer dans l'alcool de riz, c'est des écorces "Tam Gui Nghien" (?), ça transforme la happy water en "medicine" bonne pour tous les maux . Testée et appréciée, mais pas d'avis quant à l'efficacité. Reste à trouver de l'alcool de riz en France.

Encore une fois merci pour vos conseils, et pour tous les messages que vous postez, abondante source d'inspiration. A+CL

Photo : rizière élaborée un lendemain de prune 😏
AS Asia7 Globetrotter ·
Ce qu'on m'a donné, à Cat Ba, à faire macérer dans l'alcool de riz, c'est des écorces "Tam Gui Nghien" (?) Burretiodendron tonkinense

, ça transforme la happy water en "medicine" bonne pour tous les maux le foie et les reins. Reste à trouver de l'alcool de riz en France. Pour vous, dans le 13° à Paris, chercher le Ruou Nep Moi
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AL Alzako68 Regular ·
Bonjour Christine,

Quel agréable retour😏.

Vous avez vraiment bien profité de ce beau voyage et c'est bien mérité! Votre empathie, votre conciliance et votre joie de vivre y sont pour beaucoup dans la réussite de votre expédition. Bravo à vous qui avez su faire de ce périple votre voyage.

Fabienne bonjour,

Effectivement, j'ai pris un très grand plaisir à ce voyage. Empathie est une fidèle compagne de voyage, les relations sont plus simples et plus vraies avec elle. Et les prises de tête sont aussi souvent évitées.😄 Quant au mérite, je n'en ai aucun, j'ai lu de très bons conseils, suivis au plus près si possible ! Et je mets vos nombreux post dans le lot... Bon voyages à venir ! A+CL

(photo 1 un peu mal cadrée, mais à peine 😕 )
AS Asia7 Globetrotter ·
Pas si mal cadrées que çà puisque j'y trouve l'essentiel pour moi😉.

Merci de cette attention!
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AL Alzako68 Regular ·
Ce qu'on m'a donné, à Cat Ba, à faire macérer dans l'alcool de riz, c'est des écorces "Tam Gui Nghien" (?) Burretiodendron tonkinense

, ça transforme la happy water en "medicine" bonne pour tous les maux le foie et les reins. Reste à trouver de l'alcool de riz en France. Pour vous, dans le 13° à Paris, chercher le Ruou Nep Moi

Ça c'est une réponse rapide !!! Mais d'où connaissez-vous tout ça !! Une encyclopédie sur les ethnies, et maintenant en pharmacopée 😉 Je vais me mettre en quête !

A+ CL
AS Asia7 Globetrotter ·
Une petite recette donnée par mes amis de là bas, ils se reconnaîtront😏. Elle s'inspire du Tao Meo des Hmongs (littéralement Pomme des H’Mong) à l'alcool de maïs dans lequel on a laissé macérer des petites pommes . Larsay la connait lui aussi...il me semble..😉

A défaut des fruits confits de Larsay, faire macérer (longtemps, oubliez le ce serra mieux) des pommes pas trop mures (pour l'acidité) avec le Ruou et un peu de sucre...à la mode confiture de vieux garçon...servir sur des glaçons, c 'est top. Pour varier j'en fait également du tout fruit d'été.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AL Alzako68 Regular ·
😄 😄 Je vais tester tout ça ! Ça changera du rhum de Madagascar le Ruou Nep Moi, c'est celui qui fait 45° ? (vu sur internet, sur le site du commerce vietnamien que j'avais trouvé il y a peu à Ivry)

Cependant, pour la prune, je reste adepte de la bouteille de derrière les fagots de nos villages 😇 Merci ! A+ CL
AS Asia7 Globetrotter ·
Oui, c'est çà, entre 40° et 45°...çà rappe😏
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
LA Larsay Globetrotter ·
Les Viets sont très forts pour la pharmacopée naturelle, héritée des Chinois. Certaines décoctions, comme celle de Cat Ba, marchent très bien pour la digestion, etc. D'autres (serpents, squelettes de gros lézards, etc.) sont censés renforcer le zizi (les Chinois sont des malades des aphrodisiaques) mais je doute que ça marche ; jamais essayé ! 😏
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
AL Alzako68 Regular ·
Les Viets sont très forts pour la pharmacopée naturelle, héritée des Chinois. Certaines décoctions, comme celle de Cat Ba, marchent très bien pour la digestion, etc. D'autres (serpents, squelettes de gros lézards, etc.) sont censés renforcer le zizi (les Chinois sont des malades des aphrodisiaques) mais je doute que ça marche ; jamais essayé ! 😏

Des serpents, j'en ai vus dans des bocaux d'alcool de riz. De même, chez un apiculteur, des frelons asiatiques (sans jeu de mot 😉) qui attaquent et dévorent les abeilles dans les ruchers ! Venin redoutable.

Faut vraiment vouloir attraper la force de son ennemi !

A+CL

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