-Hello ! Taxi !
(Ah, j'ai comme l'impression que ça va nous suivre, ça...)
How much ?
-Pipty taousan
(Ah ok, pipty... je sens que ça va être simple)
Thank you !
-You welcom
Apres le sri lanka, la thailande et la malaisie-borneo l’an passé (CR sur le forum !), cap cet été sur l’indonesie (java-bali-lombok ) pour 3 semaines de decouvertes à 5 avec nos 3 ados (14-14-16)!
Fruit des experiences des uns et des autres recoltées notamment sur ce forum, voici donc pour info, le circuit effectué ; à mon tour donc de repondre bien modestement avec plaisir aux questions et commentaires que ce recit pourra susciter !! ( détails des couts, photos, en MP pour ceux qui le souhaiteraient )
J1 : geneve ->zurich--> singapour ->denpasar -nuit à kuta (bali)
Vol avec singapore airlines booke des janvier pour beneficier du meilleur tarif ; comme prevu service irreprochable, B777-300 derniere generation avec le top de l’equipement video-audio
Kuta : hotel adi dharma : au calme bien qu’ au centre de kuta, belle piscine, chambres correctes
J2 -J3 : surf à kuta : nos fils voulaient absolument "essayer" le surf : kuta est le spot idéal pour les debutants ; etant completement novices, ils ont pris une leçon le premier jour, mais le second on a loué des surfs a prix derisoire sur la plage et ils se sont vraiment amusés et se sont debrouilles seuls sans difficulté !
Tanah lot : en taxi, pour arriver comme tout le monde pour le coucher du soleil ; d’accord c’est vraiment surpeuplé, mais le site est magnifique !
Bien qu’etant effectivement infesté d’australiens plus ou moins surfers et/ou buveurs de bintang, de boutiques billabong-rip curl occidentales et d’echoppes de souvenirs peudo-balinais ; kuta ne nous a pas deplu, contrairement aux avis "classiques" ; meme l’ambiance sur la plage pourtant assez bondée est sympa, avec un melange de touristes et d’indonesiens qui viennent vous prendre en photo, des vendeurs de tout et de rien pas trop agressifs, et des couchers de soleil magnifiques
J4 : vol jogjakarta -prambanan - nuit borobudur
Pour la partie java, on voulait abolument limiter au maximum les longs transferts en voiture et les aleas ; je suis donc passé par une agence locale (globalaventure) pour enchainer "rapidement" prambanan-borobudur-jogjakarta et bromo-kawaijen ; donc vol denpasar -jogjakarta à midi, visite de prambanan l’am, passage vers la coulee de lave du merapi et nuit à l’hotel manohara à borobudur ; le lendemain matin visite de borobudur, puis voiture jusque jogjakarta, vol jogjakarta ->surabaya, voiture pour finir jusqu’au lava view lodge au pied du bromo ; le lendemain matin bromo, puis route jusqu’a sempol au pied du kawa ijen ; le surlendemain matin kawa ijen, puis voiture+ferry -->bali -pemuteran ; rythme donc assez soutenu, 3 jours avec lever matinal mais finalement pas trop fatigant car tout s’est bien enchaine, avant une partie plus "cool " sur bali
Les vols interieurs que l’on a empruntes (dps ->jog (garuda), jog ->surabaya (batavia), et plus tard dps --> mataram (merpati) se sont deroules sans problème bien que toutes les compagnies indonesiennes soient blacklistées ; l’ etat des appareils ne nous a pas specialement inquietes, et on a juste eu un peu de retard assez classique apparemment - pour les billets, utilisation de travelindo.com (avec paiement via paypal ) sans aucun souci
Prambanan: un des candi vient juste d’etre rouvert au public, suite à la renovation consecutive au tremblement de terre de 2006; ne pas hesiter a prendre un des guides francophones à l’entree ;
Merapi : la vue sur la "coulée de lave" est decevante (pas de lave, juste en fait les stygmates de la derniere eruption =coulée de boue) ;donc pas d’interet (sauf pour ceux qui veulent faire le sommet)
Nuit à borobudur : le manohara est super bien situé (acces à pied au temple ) ; chambres "moyennes" (ça sent l’hotel impersonnel destiné plutot aux groupes), restaurant moyen idem - permet surtout d’arriver tres tot (= avant les groupes ) à borobudur
J5 :borobudur- jogjakarta - vol surabaya- voiture --> semoro lawang (lava view)
Comme tous les guides conseillent d’arriver tot à borobudur, c’est finalement beaucoup plus peuplé à 8h du matin qu’à 10 h ! ; en evitant les hordes de touristes, on parvient à prendre des photos magnifiques, car le site est quand meme "incontournable "
Sur la route vers jogjakarta, visite possible d’ateliers de travail de l’argent -interessant -
Jogjakarta: nous avons juste "traverse" le craton (batiments peu spectaculaires, beaucoup de parties non visitables), passé un peu de temps au marche aux oiseaux, et tenté le becak ; bien sur, c’est tres court et "superficiel", mais on n’ pas regrette d’avoir passé si peu de temps à jog, vs ce qu’on a pu voir plus tard
Le vol jog-->surabaya permet d’eviter les 8h de voiture jusqu’a malang ; cela dit le trajet surabaya-->bromo (cemoro lawang ) est quand meme long (route cotiere bondée) ; on a fait un stop à sidoarjo ( = volcan de boue, voir reportage thalassa en juin ) et sommes arrives vers 21h au lava view hotel
Lava view lodge : chambres ( ="suite " familale pour nous 5 ) propres, assez basiques; de toute maniere, c’est lever le lendemain matin vers 4h, donc on ne s’attarde pas à l’hotel!)
J6 : bromo - voiture --> arabica home stay sempol
Le lever du soleil sur le bromo depuis le mont penanjakan est vraiment à faire ; bien sur, on est environ 300 à y monter tous ensemble en 4*4 et à attendre ce moment, mais en se concentrant sur le panorama ... . Idem, la balade à dos de mulet dans la mer de cendres de la caldeira pour acceder ensuite au bromo, la montee des quelques q marches, et le spectacle du cratere fumant du bromo lui-meme sont incontournables ...
En reprenanant la voiture dans la matinee, on arrive sans problème dans l’apres midi à sempol pour se rendre le lendemain au kawa ijen ;;;
Arabica home stay à sempol : hotel vraiment basique ; principal atout = dans une plantation de cafe, ce qui permet de se balader dans le village associé a cette plantation, de faire le tour des plantations et de l’usine de traitement ..., apparemment l’autre hotel de sempol ( catimor ) a été recemment rénové et serait "mieux" (dixit notre guide ) ; mais idem, de toute maniere on ne fait qu’y dormir pour se lever le lendemain aux aurores ...
J7 : kawa ijen - voiture+ferry--> bali -nuit jubawa home stay pemuteran
Kawa ijen : la montee au cratere est facile (maxi 1h30 ) ; la faire absolument le plus tot possible, car permet des lors de descendre au fond du cratere sans trop de soucis avec les vapeurs de soufre ; on a croisé pas mal de personnes qui etaient parties plus tard et de ce fait n’ont pas pu ou voulu descendre (car trop enfumé), ce qui est pourtant "indispensable" ; tout ce qu’on peut lire sur le kawa ijen (le volcan lui -meme, le lac "d’acide", les conditions d’extraction du soufre hallucinantes avec les porteurs vehiculant des charges de 80kg ) on l’ a vraiment ressenti ; cela dit, le site est frequente au ¾ par des francais (merci nicolas hulot - ) et le contraste entre les nombreux frenchies parfois surequipes pour descendre dans le cratere et les porteurs indonesiens en tongues est quand meme saisissant ; prevoir des cigarettes et des bonbons pour les porteurs (de toute maniere ils vous le reclameront, que vous souhaitiez ou non les photographier )
En reprenant ensuite la route depuis sempol jusqu’au ferry de ketapang, on arrive sans problème à pemuteran dans l’apres mdi ....
Pemuteran : bien qu’ayant tente de reserver plus de 2 mois avant le depart, j’ai eu beaucoup de difficultes pour trouver un hebergement à pemuteran ; on a finalement atterri au jubawa home stay qui est d’abord un resto + dive center proposant egalement des bungalows tres chouettes dans un petit jardin; detail : ne pas oublier les boules quies si on veut dormir un peu, car basse cour et "hotel " ne font qu’un ( chant des coqs toute la nuit ...) -
J8 : snorkeling pulau menjangan
Le but de notre stop a pemuteran etait le snorkeling à pulau menjangan : des sorties sont organisées sans problème quotidiennement, incluant transport- bateau-equimement -repas le mdi- permis pour la reserve ...) ; mon avis perso est que les fonds sous marins (snorkeling ) sont tres beaux (corail non abime), sans etre exceptionnels (c’est vrai qu’après sipadan en malaisie, on devient difficile !), les tarifs pratiques sont excessifs et les sorties "trop encadrées" ( on suit le guide, on fait demi tour sur ordre, le bateau repart à telle heure, ....)
La plage de pemuteran (sable noir ) nous a bien plus plu, les possibilites d’hebergement restreintes font que la frequentation touristique y est faible ! - par hasard, on est tombe sur l’hotel adi assri qui vient d’ouvrir pres du "port" et du village de pecheurs : super resto pres de la plage, accueil excellent : allez y !
J9 : voiture -->ubud (via danau bratan)
Avant de repartir de pemuteran, on est passe au reef seen aquatics (dive center + bungalows+ "turtle hatchery" ) - peu de tortues visibles, mais en arrivant tot le matin, on peut "participer" au relachement de jeunes tortues sur la plage ; à la sortie de pemuteran, le pura pulaki est à voir (macaques en bord de mer, pas de touristes, ...)
Pour le transport pemuteran -->ubud, le jubawa nous avait trouve un transport au tarif "excessif", ils profitent sans doute de l’isolement de pemuteran (et du fait que les touristes n’y viennent que l’ete ) pour faire monter les prix ...
Route jusqu’a ubud via lacs tamblingan, bedugul et danau bratan : le temple ulu danu dans son paysage de carte postale est bien entendu à voir, mais c’est quand meme un peu trop infeste de touristes ; juste avant bedugul, s’arreter au "strawberry stop" (c’est dans le LP ) si on veut se faire une orgie de fraises ....
Ubud : vu le nombre "illimite" d’hebergements possibles à ubud, j’avais croise le classement du site tripadvisor (90 hotels à ubud !) avec notre budget pour lancer ma recherche : je suis "tombe " ainsi sur le saren indah, et là bingo !: l’hotel est situe juste au sud de monkey forest (donc au calme, mais pas loin du centre ), au milieu des rizieres, chambres magnifiques, belle piscine ... :que du bonheur ! - de plus il est juste à cote du resto lakaleke qui est egalement magnifique et qui propose certains soirs ( ca tombait bien pour nous) un spectacle de kecak dance remarquable
J10 +J11 : ubud + VTT kintamani ->ubud ; yeh pulu + goa gadja
La balade vtt (proposée par plusieurs agences ) est vraiment à faire : elle permet à la fois de traverser des villages à l’écart des "grands" axes, de parcourir les rizieres sur des chemins, le tout sur un parcours d’environ 35 km tres facile car tout en descente depuis les environs de kintamani; le seul côté un peu "technique" : slalomer entre les rizières à l’arrivée vers ubud - c’est une bonne alternative pour se balader pour nous 5 qui ne pouvions pas louer de scooters . On a pu s’arreter au temple gunung kawi
Parmi les multiples spectacles de danses, nous avons assiste aux classiques "legong et barong" au palais royal ; bien arriver à l’avance pour avoir une place correcte si on veut voir quelque chose ... ; evidemment hyper - touristique, et à choisir kecak dance plus spectaculaire (car nombreux danseurs autour d’un feu)
Parmi les restaurants testés : le repute wayan cafe : si on veut du smoked duck, il faut le commander avant - tester aussi pour changer de la bintang, le rose de bali plutot honnete !
J12 : ubud ->denpasar ; avion ->mataram (lombok ) -nuit sengiggi
Pour notre partie sur lombok, voulant à la fois inclure le rinjani + quelques jours à kuta sans avoir a galerer à l’arrivee à mataram, je suis passé par l’agence locale rinjanitrekking qui a à la fois "organisé" le trek et fourni une voiture + chauffeur pour faire mataram -sengiggi-senaru, et qu’on a ensuite conserve pour faire senaru -> cemoro lawang-kuta, les balades autour de kuta, et qui nous a déposé a l’embarcadère des gilis (bangsal )
Nuit au puri saron : beaux bungalows, belle piscine
J13 :voiture sengiggi ->senaru -trek rinjani ; nuit pos IV
Pour le trek, nous n’avions ni le temps ni forcement le souhait de faire le sommet via donc le circuit "classique" 3j-2n (rappel : on a 3 ados ); on s’est donc contenté de l’aller retour senaru <-> cratere (2j-1n) ; le denivellé est assez important, mais finalement pas si difficile contrairement à nos craintes: en partant à 10h, on est montes jusqu’ au bord du cratere en environ 5h, ce qui fait qu’en comptant les arrets, on a eu le temps de voir le fabuleux coucher du soleil depuis le cratere, et de redescendre dormir au pos IV (200m sous le cratere) ; le lendemain matin, on est remonté voir le lever su soleil, et on avait tout redescendu pour midi ; le chemin est tres frequente par les indonesiens qui vont frequemment sejourner au bord du lac segara anak et est de ce fait bien "balisé;" ; des bonnes baskets suffisent pour la partie qu’on a faite ; d’ailleurs notre guide et les porteurs (et d’autres indonesiens croises) montent en tongues ... ; bien prevoir des vetements chauds ( on dort à 2600m ...) et profiter de la vue .( plus belle d’ailleurs au coucher qu’au lever du soleil selon nous) ...
J14 : redescente rinjani -> senaru ; voiture -->kuta via cembalu lawang (route magnifique, paysages tres varies, pas un touriste)
Kuta : novotel : hotel magnifique mais isolé ; ne surtout pas y rester le soir (resto hors de prix ...) Par contre le ptit déj ***; en cherchant un peu on arrive à trouver un transport jusque kuta ; parmi les restos testes, c’est le family cafe que nous avons prefere (pour le cadre, le poisson ...)
J15 -J16 plages alentours de kuta ( tanjung aan, mawun, mawi, selong blanak) - combat sasak pres de praya
Les plages à l’est et à l’ouest de kuta sont magnifiques, quasi desertes ... pour combien de temps encore ?.... on a en plus eu la chance de passer à selong blanak alors qu’ un mariage sasak etait celebré sur la plage et dans le village ...
Notre chauffeur nous a également guidé vers un village ou se déroulait un "stickfight"(seulement en août) ; pas un seul touriste à la ronde, et notre presence a davantage intrigué les sasaks que les combats eux-memes !
J17 : kuta ->bangsal (via sasak village rembitan, labupi, mataram ), ; bateau ->gili trawangan
Entre kuta et mataram, on s’est arretés (decrit dans le routard) au sasak village de rembitan et à lapubi (sculpture sur bois ) ; comme partout ailleurs à lombok, nous a semblé plus "authentique", moins "touristique" qu’a bali
Arrivés à bangsal, vus les avertissemets du LP, on est directement alles negocier au bureau du port un bateau pour 5 jusqu’ a gili trawangan ( sans souci finalement)
J18- J19 gili trawangan
Hotel : beach house - meme en m’y prenant 2 mois à l’avance, j’ai un peu galéré pour trouver l’hebergement souhaite à gili trawangan ; finalement, on a atterri au beach house qui est d’abord un excellent resto, mais possède egalement des bungalows ; les plus eloignes de la plage permettent de dormir tranquillement malgre la chaude ambiance musicale nocturne en provenance du bar tir na nog tout proche, certains possedent même une petite piscine privee .... (bon, on ne s’est pas prives...) ; cela dit, par rapport à ce que j’avais pu lire voire craindre, trawangan c’est quand meme pas ibiza ou saint trop !
Le tour de l’ile à vélo (enfin en poussant le velo dans le sable ...) est a faire ; aucun risque de deshydratation : plusieurs haltes sympathiques avec sofas face à la mer .....
Pour le snorkeling, on a prefere, à 5, louer un bateau pour la journee plutot que de prendre un "snorkeling tour classique" (pas plus cher, et ca evite de se retrouver à 20 sur le meme spot ) ; le bateau est utile autour de trawangan, car pas mal de courant (donc pas evident de partir du bord ni revenir à la nage à cause du courant ) ; les coraux sont assez abimes, on n’a pas trouve (là ou le bateau a stoppé) une super-densite ni variété de poissons (ah, la malaisie!), mais on a vu des tortues !
J20 : speedboat gilicat -->padangbai ; voiture ->jimbaran ; surf kuta
Le trajet en speedboat jusque padangbai via gilicat dure environ 1h30 (via bangsal) - ça secoue pas mal (donc se placer tout de suite à l’arriere du bateau !) Et eviter de prendre le blue water qui arrive a benoa ce qui rallonge d’une heure le trajet maritime; en partant à 11h de gili, on est arrives vers 15h à jimbaran, le temps de faire une derniere seance de surf à kuta (bali) !:
Jimbaran : hotel puri bamboo : belle piscine, au calme, chambres spacieuses
On a bien sur termine par un resto de poissons sur la plage de jimbaran (secteur proche du puri bambu ) ; bien touristique, carte identique pour tous les retos, mais quand meme bien agreable au bord de l’eau (ne pas hésiter à demander un "discount", ils le font tous ! ) ;
J21 :denpasar- singapour-zurich -geneve
Voilà c’est terminé ...En resume, 3 semaines tres contrastées entre java, bali et lombok, avec en commun le sourire, la facilite pour tout organiser sur place, des paysages hors du commun ; meme si le "programme" était assez soutenu, on n’ a quand meme pas passé trop de temps dans les transports, et on a pu se "poser" regulierement " - aucune "mauvaise surprise" ni galère, aucun souci alimentaire, des super hotels : on est murs pour sumatra, flores, sulawesi, komodo, sumba, alor, ..... !!!
Just sharing a bit about a place we loved in Sulawesi, in an area that’s almost unknown to Western tourists.
Afni and Ilak, a lovely Indonesian couple, built two bungalows on a beach on Banggai Island (the main island of the Banggai archipelago).
The Banggai Islands are an archipelago east of Sulawesi, off the coast of Luwuk. The main island is quite large, with a small town and several villages. From there, you can head to other smaller islands. There are diving spots, snorkeling, paradise-like beaches, Bajo villages, and more.
However, there’s no dive center that I know of, no restaurants for Westerners. Very few people speak English—if anyone at all on the smaller islands.
There are still some tourist facilities, though. But since no information is available in English, it remains mostly a destination for local Indonesian tourism for now. That’s what makes it so charming.
When we went there, the bungalows were already built, but the place wasn’t officially open yet because some essential amenities (kitchen, bathroom) were missing.
So we’d walk 20 minutes to the nearby village to shower and eat at our hosts’ house.
Now it seems all the amenities are finished, and it’s officially open.
We spent about ten days there, on Banggai Island and Mbuang Mbuang Island.
Mbuang Mbuang has stunning lagoons, diving and snorkeling spots, and a hidden jellyfish lake (don’t believe those who say there are only 5 or 6 in the world—they’re forgetting to count this one!). It’s also a bit of an adventure, since:
- No one speaks English in the village
- There was no phone signal (so no Google Translate to help communicate)
- No restaurants (not even a warung!)
- Ferries don’t run every day
But the locals are incredibly kind and ready to help, so you never feel lost.
In short, it’s a destination to visit soon—it has all the makings of a new tourist hotspot.
You’ll need plenty of time, though, as the journeys are long, especially if you want to explore islands beyond Banggai.
Like anywhere off the beaten path, don’t expect all the Western-style services.
To get there, the easiest way is to fly to Luwuk (there are flights from Makassar and Manado) and take an overnight ferry.
Bienvenue sur mon nouveau carnet de voyage. Nous partons cette fois vers une destination que je voulais visiter depuis longtemps : l'Indonésie.
Ce sont surtout les volcans de Java qui nous attiraient, le Ijen et le Bromo, ainsi que le site de Borobudur, que je rêvais de voir depuis que j'ai lu un geo à son sujet en 1998.
Nous couplerons cette visite avec Bali, dont on nous a dit le plus grand bien.
En ce début juin 2017, le prix des billets sont assez chers. Nous nous posons la question suivante : par où arriver ?
Jakarta ? Les avis indiquent une ville fatigante, représentant peu d'intérêt…
Bali ? Les billets sont très chers…
Kuala Lumpur en Malaisie ? Les billets sont très peu chers mais cela m'embête de visiter cette ville et laisser de côté le reste du pays…
Singapour ? C'est bon marché (les billets) et il y a plein de choses à voir. Les vols Singap'-Bali sont également bon marché !!
Nous validons donc Singapour comme point d'entrée.
Nous choisissons Turkish, une nouvelle fois pour les prix, les connexions et le service irréprochable.
Notre itinéraire sera le suivant :
Samedi 4/06 : Marseille-Istanbul-Singapour
Dimanche 5/06 : Arrivée à Singapour en soirée
Lundi 6/06 : Visite de Singapour
Mardi 7/06 : Visite de Singapour, vol pour Bali en soirée
Mercredi 8/06 : Visite de Ubud
Jeudi 9/06 : Visite du lac Bratan, Bedugul et sa région
Vendredi 10/06 : Lac Batur et sa région
Samedi 11/06 : Gianyar, Klungkung
Dimanche 12/06 : Mengwi et Tanah Lot, départ pour Java
Lundi 13/06 : Visite du Kawah Ijen et départ pour Cemoro lawang (bromo)
Mardi 14/06 : Visite du Bromo et repos à Cemoro Lawang
Mercredi 15/06 : Route pour Surabaya et vol vers Jogjakarta
Jeudi 16/06 : Visite de Borobudur, Prambanan et Jogjakarta
Vendredi 17/06 : Vol pour Singapour et visite de Singapour
Samedi 18/06 : Visite de Singapour et vol retour vers la France
Dimanche 19/06 : Arrivée à Marseille
Le budget :
A la louche car je n'ai hélas plus le détail.
Les vols :
Marseille-Singapour sur Turkish (30kg de bagages en soute, réservation de siège gratuite, repas gratuits) 666€/pers
Singapour-Denpasar sur Garuda : 112€/pers
Surabaya-Jogjakarta sur Garuda : 45€/pers
Jogjakarta-Singapour sur Silkair : 80€/pers
Les hôtels :
Singapour : 70€/nuit : Hotel 81 Heritage : une perle : super propre et emplacement super. Accueil fantastique.
Ubud : Bali Dream Resort : agréable, service super, emplacement bien, accueil formidable, bon petit dej (40€/nuit)
Ijen : nuit gratuite dans la voiture et sur le sentier de rando
Bromo : 10€/nuit chambre propre mais simple, mais très glauque (inclus dans le tour)
Surabaya : 30€/nuit, hôtel de rêve : Hotel Indies Heritage Prawirotaman
Les tours :
Indotravelteam, agence de Pierrick Bigot, un français installé là bas : une agence recommandée pour le sérieux. Rien n'est laissé au hasard. Nous avons été conquis. Sur Bali, il ne fait appel qu'à des chauffeurs javanais afin de ne pas participer à la "mafia locale" attrape touriste.
A Bali : voiture avec chauffeur : 50€/jour. C'est cher mais on ne regrette pas Hapy, notre chauffeur formidable (réservé via Indotravelteam).
Tour Bali-Ijen-Bromo-Surabaya (transports, visites, entrées, nuitées et certains repas) 9000K IDR = 200€/pers
Jogjakarta : Bodobudur et Prambanan sunrise : 35€ (chauffeur/pers) avec Losari Tour
Entrée à Borobudur : 35€/pers (scandale !!)
Entrée à Prambanan : 27€/pers (scandale bis !!)
Visites à Bali : tout est payant : temples, rizières, location de sarong…(entre 2 et 6€/pers)
Les frais de repas :
De 3 à 15€/pers selon les boissons, les plats choisis.
Tous ces tours ont été réservés par Internet, assez facilement.
Pour les hôtels, c'était booking.com
Pour les vols : "kayak" pour comparer et le site de la compagnie pour acheter (toujours)
Voici maintenant le circuit jour par jour.
Samedi 4 juin
Marseille-Istanbul-Singapour
Nous arrivons à Marignane et nous nous enregistrons rapidement. C'est le 1er jour du ramadan et il y a du monde sur le vol TK 1368 de 17h55.
Le vol part à l'heure, arrive à l'heure et le service est topissime. Repas délicieux, nombreux films sur video personnelle. J'adore cette compagnie !!
Le transit à Istanbul est agréable. Resto pas chers et bons, boutiques ouvertes H24… Les 3h40 de correspondance passent vite.
A 2h00 du mat, nous redécollons vers Singapour.
Dimanche 5 juin
Arrivée à Singapour
Le vol se pose avec presque une heure d'avance.
Nous débarquons en un temps record, passons douane et immigration en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, et arrivons au métro.
Nous galérons un peu pour acheter les tickets car il faut de petites coupures et aller aux distributeurs électroniques. Une gentille dame du guichet nous fait la monnaie.
Nous optons pour des pass journée.
Une fois nos billets en proche, la ligne directe du métro super clean nous emmène à 300m de l'hôtel, en plein quartier malais.
Nous sommes épuisés et allons manger un bout dans un resto en bas de la rue … pas top, il faut le dire. Nous avons chaud et soif, ils ne servent que de l'eau chaude (du type, celle du thé…)
Nous allons nous coucher un peu déçus.
Lundi 6 juin :
Singapour, quartier colonial et business district
Météo : soleil, humidité, chaleur étouffante.
Nous trouvons un café pour le petit déj. C'est très américanisé, mais ça passe bien (omelette, crêpes, café…)
Puis nous descendons vers le sud par Beach Road.
Nous entrons dans le Raffle Hotel (mythique), passons près du National Museum, puis longeons la rivière Singapour.
Nous visitons le très beau musée des civilisations asiatiques (très beau et très climatisé)
Nous ensuite manger dans un food court (chose à faire)
L'après midi, c'est photo avec le Merlion, montée au sommet du Marina Bay Sand pour boire un verre tout en haut, au bar. On ne nous refoule pas malgré nos shorts. Nous sommes bien placés pour photographier la belle piscine à débordement réservée aux clients de l'hôtel.
La balade qui fait le tour coûte 20€/pers… ça ne vaut pas le coup. La vue du bar est la même.
Après être redescendus, nous visitons les Garden by the Bay et ses 2 serres grandioses.
A la nuit tombée, les arbres s'illuminent. Le spectacle son et lumière commence.
Nous retournons au Marina Bay Sand, dans le centre commercial attenant et mangeons dans un resto de Dumplings excellent.
Puis le métro nous ramène à l'hôtel.
Quelle belle journée !!
Ce matin, il pleut. Et ça ne s'arrête pas.
Après le petit déj dans un café du même type que la veille, nous montons à Little India, munis de nos parapluies. C'est la mousson !!
Nous visitons les temples, très beaux, assistons à des prières et passons un très beau moment malgré la pluie tenace.
Nous sommes transportés en Inde, sauf que c'est propre ici…
Après avoir avalé des dumplings, nous rentrons à l'hôtel et prenons un uber (15€) vers l'aéroport Changi.
A 17h00, notre vol Garuda décolle vers Denpasar Bali.
Nous arrivons vers 21h et sortons en 1h30 de l'aérogare.
Notre chauffeur nous attend et nous emmène à Ubud, où une bonne nuit de sommeil nous attend.
étant moins touristique, nous avons préféré l'ile de rinca a l'ile de komodo et en effet.......nous sommes tranquilles, mais bon comme prévu, les dragons dorment a l'entrée du parc.
Alors, avec un guide nous faisons le tour de l'ile, enfin un petit bout.........l'ile est aride, la chaleur est accablante et seuls des palmiers et des cactus y poussent aisément .
Au bout d'une heure de marche, le premier varan actif fait son apparition suivant de 20M d'intervalle un buffle boitillant qu'il avait attaqué une semaine auparavant.
Voyant notre guide interrogatif et tres interessé, nous comprenons que la situation est anormal .
Alors que le varan est supposé attendre la mort de sa proie et le dévorer une fois purulent, celui ci le suit pas a pas tout en se rapprochant et finissant par lui tourner autour.
Drôle d'impression que de voir ce buffle sentir la mort venir par gengrène ainsi que le varan vouloir en finir avec lui coute que coute.
nous allons finallement assister a une première mondiale que même les scientifiques spécialisés ne verront pas, ...........le combat d'un dragon de komodo et d'un buffle !!!! incroyable !!!!!!!
Pendant une heure de combat et de round d'observation ou le varan saute a la gueule du buffle, le pourchasse a vive allure, le blesse...........arrive l'impensable !!!!
................le buffle dans un sursaut d'orgeuil encorne et éventre le varan alors que ce dernier lui gicle a la gueule.
Le reptile durement bléssé finit péniblement en rempant a l'ombre d'un arbre qui n'en donnait pas .
Quand au buffle épuisé, il ne lui restait plus qu'une semaine a vivre par gangrène..........................
Quelles émotions et quel spectacle, et oui..........j'en avais oublié de boire depuis au moins une heure sous ce soleil de plomb!!!!
A notre retour a labuhanbajo sur flores, nous sommes plébiscités et la responsable du centre de komodo se deplace pour visionner nos films.............avec ceci se créee une atmosphère malsaine de gens qui parlent argent et d'autres qui reclament une copie de nos films !!!!!
On ne se prépare pas a ce genre de chose et la négation fût notre réponse, as t'on eu raison??
"Hello Mister Loïc" (photos et vidéos de Lombok)
(merci aux modérateurs de laisser mon titre original: "Hello Mister" est à Lombok ce que "Mabuhay" est aux Philippines et "Hello Mister Loïc" c'est justement toute la symbolique de ce carnet)
Préambule
Après la
L’après midi passe entre rires, retrouvailles et distribution de cadeaux. Rumaji n’en revient pas de toutes ces photos, il faut dire que c’était le but recherché. Il me montre également les changements dans sa maison : un nouveau lit (chouette !), et surtout une cuisine et une salle de bains qu’il vient juste de terminer juste avant que j’arrive. Plus besoin de traverser tout le village pour aller se laver chez papa-maman ou chez leur voisine Ida.
Le soir arrive. On entend de la musique chez le voisin, la télé gueule à tout va alors on s’invite. Nous ne sommes pas les seuls…
Première nuit chez Rumaji. Toujours aussi difficile de dormir, les chiens errants ayant décidé de se battre juste devant la maison. On a beau les chasser avec des pierres, ils reviennent. Ils se calment au lever du jour pour laisser la place au coq qui prend le relai… Bah, dans quelques jours, je pense que je serai tellement crevé que je dormirai mieux….
Allons faire un tour à l’école du village. Rumawe, le frère de Rumaji, a repris des études à la fac pour être instit, pour l’instant il est stagiaire.
Mon « ndai cambai cambai », trouvé sur internet, et qui veut dire « no problem » en Sasak a marqué les enfants et ils le répètent sans cesse :
Rumaji me prend en photo dans la salle des profs
A côté de l’école, le gouvernement a décidé de construire un lycée. Pour cela, le gouvernement n’emploie pas d’ouvriers, n’a pas recours à la sous-traitance, il embauche tout simplement les gens du village, et pour être sûr qu’il y ait du travail pour tous, chacun travaille sur le chantier à tour de rôle et est rémunéré à la semaine.
La météo n’est pas extraordinaire, le ciel est assez gris, le temps est peu propice à la photo.
Il pleut, il pleut, il pleut ! Nous sommes bloqués par la pluie, ou plutôt par la boue ! Les chemins sont impraticables…
Mais ce n’est pas grave, je m’y attendais de toutes façons. Alors je vis mes journées au rythme de la population locale… c'est-à-dire profiter tranquillement du temps qui passe:
Ici l’éternel sujet de la peau blanche, chacun étant en admiration devant la peau de l’autre…
Là, c’est une petite distribution de photos dans le village voisin.
Ou bien séance photos chez Rumaji
Ou dehors avec les gamins
Ou encore à faire les cons sur la bruga (abri sous lequel les Sasak passent la majeure partie de leur temps)
Je ne suis jamais seul
Vous remarquerez
1/ que les Sasak sont très démonstratifs quand ils apprécient quelqu'un, ici je suis avec le voisin de Rumaji
2/ que Rumaji a accroché au mur les photos et planisphère que je lui avais envoyés par la poste l'année dernière 🙂
La pluie se calme. Avec mon p'tit frère, nous décidons d’aller voir ses langoustes. Délicieux moment, Rumaji est un vrai comédien.
(Si quelqu'un arrive à remettre les vidéos dans le bon sens, sans avoir de décalage entre le son et l'image, je suis preneur... Désolé pour le torticolis sur certains passages...🤪)
Un autre délicieux moment : la préparation des langoustes, et une discussion sur les ressources mondiales en énergie !
Ce soir il y a un festival de musique locale. Un groupe est venu de Lombok-Est.
Il y a aussi un concours de danse mené par des danseuses qui désignent de jeunes volontaires pour tenter de les séduire par des danses qui font oublier que nous sommes dans le pays le plus musulman du monde !
Les jours passent... Aujourd’hui il y a un mariage chez des voisins. Tout le monde a reçu son petit carton d’invitation, y compris le mien, personnalisé à mon nom. Les mariages, c’est aussi l’occasion de pratiquer les traditions ancestrales, telles que la circoncision. Rumaji a tout filmé mais je vous épargnerai de la vidéo…
Et puis bien entendu on nous invite à manger – aie aie aie, toujours aussi pimentée, la cuisine à Lombok !
Voila les mariés
On se demande si c’est moi ou si ce sont les mariés qui sont le plus remarqués… En tout cas le marié fait tout pour se retenir de se marrer. Vous remarquerez que les invités n’ont pas besoin de se prendre la tête avec le paraître : ici pas de costard-cravate…
Et puis en fin de mariage, c’est une longue série de poignées de mains
Tiens, et si je me mariais moi aussi ?
Depuis quelques jours, Rumaji est couvert de boutons.
« C’est mon allergie qui revient »
« Et ça revient souvent ? »
« Non, la dernière fois c’était en août, quand tu étais là »
« Ah, ben alors tu dois être allergique à moi ! »
« Non, je suis allergique comme mon père. C’est lorsque je mange certains trucs. L’année dernière, le médecin a dit à mon père que pour se soigner, il fallait qu’il mange du poulpe tous les jours. Comme il est allergique au poulpe, il en a mangé, mangé, mangé, l’allergie est montée à son maximum puis elle a disparu tout d’un coup. Depuis il est guéri. Il faudrait que je fasse pareil mais j’ai un peu peur… »
« Je n’ai rien contre la médecine traditionnelle mais en attendant, on va aller en ville acheter des médicaments, ce sera déjà pas mal »
Et hop, en scooter. Le dispensaire est à une vingtaine de kilomètres. En route, nous nous arrêtons à ce qu’on pourrait appeler chez nous une sous-préfecture. Avant de venir à Lombok, j’avais téléphoné à Rumaji pour lui dire de préparer les documents pour qu’il se fasse une carte d’identité, en prévision de notre grand voyage de juin prochain sur les îles de Sumbawa, Florès et peut-être Sumba, car j’en ai marre de payer une amende (ou plutôt un bakchich) à chaque contrôle de police parce qu'il est "sans-papiers"... Pas de file d’attente, Rumaji ressort au bout de quelques minutes avec une belle carte d’identité plastifiée avec son prénom, son statut matrimonial, son métier (pêcheur) et sa religion… mais je ne vois nulle part un nom de famille ! ça ne doit pas être trop important ici…
Nous arrivons donc au dispensaire. Beaucoup de monde, et bien sûr tous les yeux sont braqués sur le touriste. Je demande au médecin s’il y a beaucoup de cas de malaria.
« Oui, plein »
« Gloups… Heu, Rumaji, tu es vraiment sûr que dans ton village il n’y a aucun cas de malaria ? »
« Zéro »
« J’espère bien car je n’ai pas pris mon traitement ! »
Le médecin nous remet une ordonnance et nous voici à la pharmacie. 2-3 minutes de conversation et mon Rumaji repart avec le n° de téléphone de la pharmacienne… trop facile !
Bon allez, on rentre à la maison. Je ressors la caméra, qui, après cette prise de vue, tombera en panne pendant plusieurs jours
Aujourd’hui vendredi, jour de prière. Tous les hommes du village se rendent à la mosquée. Pendant ce temps je reste avec les femmes et les enfants.
Pourtant, peu après, je suis rejoint par Mohammed, tandis que d’autres courent vers la mosquée car ils sont à la bourre.
« Qu’est ce que tu fais là ? La prière a commencé ! »
« santi, santi… je vais y aller, tout à l’heure… »
« tu as l’air d’avoir vachement envie »
Il finit enfin par y aller… 2 minutes avant la fin.
Une fois la prière terminée, je raconte l’épisode Mohammed à Rumaji
« Pas de problème. La prière n’est pas obligatoire »
« Et si on ne fait pas la prière, on n’a pas de problème avec ses voisins et le qu’en-dira-t’on ? »
« Non, pas avec les voisins, juste avec Dieu ! C’est comme chez vous en Europe, des touristes m’ont dit que vous étiez nombreux à ne pas aller à l’Eglise. Chez nous c’est pareil, on prie quand on en a envie »
C’est donc eux les musulmans intégristes de Lombok dont parlent tout le temps les Balinais…
Les habitants retournent tout naturellement à leurs occupations, comme ici la culture des algues.
Ou la préparation des filets de pêche
La météo s’améliore chaque jour. Nous allons pouvoir rejouer un peu aux touristes comme l’an dernier. Je veux retourner à Kuta pour rencontrer Pierre, un Français qui vit là-bas, afin de rencontrer l’auteur de ce blog que je dévore assidûment chaque jour lorsque je suis en France. Grâce à lui, j’ai ma dose quotidienne de Lombok, même si parfois la piqûre est un peu douloureuse lorsqu’on a droit au bulletin météo ou à quelques photos prises au bord de plages désertes, surtout lorsqu’on est soi-même au boulot… Bref très sympa, il nous invite au resto Rumaji et moi, puis nous passons l’après-midi à discuter de ce choix de vie, au milieu du chantier que sera sa future maison, une magnifique demeure avec une vue hollywoodienne sur toute la baie de Kuta. Je repars de chez Pierre en me disant que mon propre rêve n’est pas si irréaliste que cela. Merci Pierre.
Nous voici au marché de Kuta. Jaloux des photos du blog de MisterThib, il fallait que je prenne ma revanche ;-)
Bien pratique ce marché, on peut même se faire ausculter par un « médecin » qui essaye ensuite de vous refourguer n’importe quoi, comme par exemple des pilules ayant les mêmes propriétés que le viagra...
« Djigidgidgidjik bagus ! » me dit-elle sans aucune retenue
Décidément ces Sasak n'ont pas tant d'interdits religieux on dirait !
Petit arrêt miam avec un nouvel ami rencontré la veille au soir et qui va nous emmener voir des chutes d’eau chez lui.
Heureusement que j’ai dit « zéro chili » car j’ai encore une fois la langue en feu… Rumaji adore se moquer de moi lorsque je commence à faire le loup de Tex Avery...
Je suis curieux de voir ces chutes d’eau, d’autant que d’après la patronne de notre hôtel, il n’y a jamais eu de chutes d’eau à Kuta.
En route ! J’adopte la coutume locale qui consiste à monter à 3 sur un scooter. Ah que j’aime ces moments où je me sens si loin de notre France ultra-sécuritaire ! Désormais je n’ai plus un Sasak à dos mais bel et bien une paire de Sasak-oches ! 😏
Nous voici arrivés mais il faut encore faire 1km à pieds à travers les champs
Puis remonter la rivière
Mais qu’est-ce qu’elle m’a raconté, l’hôtelière, y’a bien une cascade ici ! En fait, en raison des pluies abondantes de ces derniers jours, la chute d’eau s’est formée. Mais en fait elle se forme rarement, certaines années elle est à peine visible.
Et que ça saute !
Rumaji découvre la thalasso. Il faut dire que par chez lui, c’est bien trop sec pour qu’il y ait des chutes d’eau.
Notre nouvel ami (j’ai oublié son nom) nous propose d’aller prendre le café chez lui. Nous rebroussons donc chemin et arrivons dans une petite maison au toit de paille. Il m’explique qu’il vient de commencer un travail de serveur dans le restaurant où nous l’avons rencontré, et qu’il est payé... 6€ par mois, en attendant de faire ses preuves. Ensuite, son salaire devrait doubler chaque mois. Mais en juin prochain, il a décidé de s’expatrier 2 ans au Brunei, afin de mieux gagner sa vie.
Pendant que nous sirotons ce « kopi-Lombok », un jeune Sasak arrive, essouflé et transpirant. Il s’appelle Yeks.
« On m’a dit qu’il y a avait un touriste ici alors je me suis dépêché pour venir. Je veux devenir guide alors je souhaite pratiquer mon anglais avec toi ».
« Ndai Cambai Cambai » (no problem), lui dis-je en Sasak. Ce Ndai Cambai Cambai, il fait mouche à tous les coups : un touriste qui parle Indonésien c’est déjà rare, alors un qui parle le Sasak !
« J’habite en haut de cette colline. Si tu veux on monte, tu auras une belle vue sur Kuta »
J’accepte, ça me permettra de comparer avec la vue dont bénéficie ce chanceux de Pierre à quelques kilomètres de là.
Nous voici arrivés. Il est très fier d’avoir réussi à faire monter un touriste jusque là (le tout premier) et me présente à sa maman, admirative de voir son fiston discuter naturellement en anglais avec moi. Et puis comme il n'y a jamais un touriste dans le coin (nous ne sommes pourtant qu'à 2 km de Kuta...) ça lui permet de pratiquer un peu son anglais sans avoir besoin de se rendre sur la plage de Kuta.
Bon, la vue depuis la terrasse de Pierre est nettement mieux. Pour se consoler, il y a plein de cocotiers alors Yeks va m’en chercher une.
Yeks veut aller à l’Université mais il m’explique qu’il faut qu’il attende que son buffle soit suffisamment gros pour pouvoir en tirer un bon prix. Ses parents misent tout ce qu’ils possèdent dans l’avenir de leur fils. Avant de se quitter, Yeks veut absolument mon n° de téléphone pour m’appeler le jour où il sera guide. En attendant, j’ai pris le sien : si vous êtes sur Kuta, et souhaiter vous écarter des sentiers battus où vous ne croiserez aucun touriste, et tout ça à 2-3 kms de Kuta, pourquoi ne pas faire appel à notre apprenti guide ? (tel 087865092881)
Il nous reste un peu de temps alors je propose à Rumaji de retourner sur la belle plage de Tanjung Ann, histoire de compléter les photos de mon site car la lumière est bonne. Bien qu'ayant déjà été sur cette plage, il accepte bien volontiers d'y retourner car tout comme moi, il adore les plages désertes.
Quelle différence avec août dernier, tout est blanc, bleu et vert
De retour à Kuta Lombok, nous assistons à un spectacle de combat Sasak au bâton
A Kuta, nous croisons enfin quelques touristes, ça fait une semaine que je n’en avais pas vu un ! Comme l’année dernière, Rumaji se précipite sur eux et leur pose plein de questions, comme à ce Vincent (Rumaji n’arrive pas à prononcer son prénom: "Baaasooo Baaasoooo"... "non, VIN-CENT... VINCENT" 😎) qui, comme moi l'année dernière, a fui cette horreur de Kuta Bali.
Comme je suis parti pratiquement sans aucun vêtement de rechange, j’en profite pour en acheter quelques-uns. Je négocie un pantalon, un T-shirt Lombok pour moi et un T-shirt Bintang pour mon petit frère. J’aime pas trop faire la pub pour de la bière, je trouve que ça fait lourdingue (genre supporter de football…) mais le rouge va super-bien à Rumaji, et il faut qu'il soit tout beau pour le Bau Nyale... Tout ça pour 8 euros. Vous comprendrez pourquoi il est donc judicieux de partir en formule ultra light lorsqu’on part en Indonésie !
Oui, le Bau Nyale vient de commencer. Le Bau Nyale c’est le plus grand festival Sasak de l’année. C’est une longue tradition, voici les explications de Rumaji : un jour, la déesse Putri Mandalika, tellement triste de ne pouvoir choisir l’un ou l’autre de ses prétendants qui se battaient pour elle, s’est jetée à la mer du haut d’une falaise. Depuis, chaque année, pendant 2 jours que les Sasak déterminent grâce à la position des astres, ses cheveux réapparaissent dans l’océan, sous forme de vers marin. C’est un phénomène naturel très curieux, pendant ces 2 jours, et juste pendant 2 heures, très tôt le matin, la mer se remplit de ces vers marins, puis ils disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés. Pendant ces 2 heures, les Sasak les ramassent avec des épuisettes pour… les manger ! C’est assez immonde comme bestiole, et franchement rien que la vue de ces horreurs vertes me donne la nausée… beurk, je ne pourrai jamais être candidat à Fear Factor !
Il y a 2 Bau Nyale : un à Kuta, mentionné dans les guides, et un autre, beaucoup plus important, un peu plus à l’Est. Rumaji ne veut rater sous aucun prétexte le Bau Nyale et nous quittons donc Kuta pour rejoindre Lombok Est. Le temps est splendide, et, enfin, alors que je ne l’ai jamais aussi bien vu, même en saison sèche, le Volcan Rinjani est libéré de sa gangue habituelle de nuages.
Pour se rendre au Bau Nyale, c’est plutôt folklo (ma caméra a décidé de fonctionner à nouveau, alors pour une fois je laisse le guidon à mon petit frère… caméra embarquée ! Avec les pluies de ces derniers jours, les chemins sont particulièrement défoncés…)
Et pourtant, des milliers et des milliers de Sasak se rendent au Bau Nyale et la circulation est dense, ça me change de l’été où nous ne croisons absolument personne dans le coin.
En chemin, nous en profitons pour nous arrêter dans un charmant petit village que je ne connaissais pas.
Je demande à Rumaji s’il peut se renseigner, plus tard, s’il y a encore des terrains à vendre dans le coin. Je dis encore car Lombok est actuellement le théâtre de toutes les spéculations. L’aéroport international devrait être achevé d’ici 2010 (selon les rumeurs, confirmées par internet), et il devrait avoir 2 fois la capacité de celui de Bali… Je ne sais pas ce que deviendra ce petit coin isolé, loin de tout, mais une chose est sûre, c’est que si j’achète un terrain maintenant, il y a peu de risques que je me prenne un bouillon. Et puis j’aime tellement cet endroit… l’aimerais-je autant après 2010 ??
Sous une bruga, j’aperçois un Sasak avec une sorte de guitare. Allons-y ! La prise de vue est difficile en raison du contraste entre la lumière très forte et l’ombre de la bruga et leur peau très sombre…
Nous voici arrivés au Bau Nyale. Rumaji me dit qu’il n’y a pas grand monde pour l’instant (heu... moi ça me suffit), ce soir la plage sera complètement remplie.
Quel contraste avec l’été dernier !
Je suis un peu déçu du Bau Nyale. Les traditions se perdent… Certes, les Sasak continuent à ramasser le Nyale
Et on peut prendre quelques clichés marrants… à défaut d’être réussis !
Mais le Bau Nyale est désormais devenu avant toute chose un immense champ de drague pour les jeunes Sasak. Pendant les 4 jours de festivités, les interdits religieux tombent un peu et les relations filles-garçons sont plus faciles. Je comprends maintenant pourquoi mon Rumaji aime tant le Bau Nyale…. (Au passage, notre séducteur Sasak cherche une petite copine française, alors pour lui rendre service, et bien que ce soit contraire à mes principes, il m'a demandé de diffuser ses coordonnées à toute jeune demoiselle souhaitant visiter sa belle région... et + si affinités 😉)
Avec ma peau blanche, je n’ai pas beaucoup d’efforts à faire pour trouver une volontaire…
Mais je vous rassure, ce sont justes quelques gamineries, histoire de discuter un peu et de prendre quelques photos…
Par contre, pas un seul touriste. Je n’étais pas forcément très à l’aise, seul touriste parmi ces milliers de Sasak (si, j’en ai aperçu 2 du haut d’une falaise, c’est tout)… alors je ne lâche pas Rumaji d’une semelle…
Rentrons à la maison. J’adore ce petit village. Je suis presque un habitant maintenant, je peux photographier et filmer librement, et, sachant que je reviens en juin, on n’arrête pas de me demander des photos. Je suis obligé parfois de dire « photos finies ! » Mais qu'il est agréable de voyager dans des contrées ou les habitants vous demandent une photo et non un euro...
Mon « no problem » en langue Sasak a toujours autant de succès chez les enfants
J’en profite pour trinquer avec Papa Rumaji, qui me propose d’acheter le bout de terrain à côté de chez lui afin d’y construire ma future maison.
1000€ le terrain et 10000€ pour construire une maison très correcte… pourquoi pas ? Mais j’aurai peut-être du mal à la louer car elle est un peu trop entourée de voisins et beaucoup de touristes sont aussi demandeurs de calme… A voir ! Mais en tout cas l’investissement n’est pas insurmontable, et, même si c’est risqué (l’acte de propriété sera à son nom, comme la loi Indonésienne le préconise), en définitive je risque quoi ? Le prix d’une voiture…
Ce soir, je pars à la pêche au filet avec mon frère Rumawe (ben oui, c’est le frère de Rumaji, donc c’est mon frère et je suis « Uncle Loïc » pour ses deux filles Paulina et Paulini… vous saisissez ?)
Le lendemain matin, Rumawe retourne chercher les filets qu’il a posés la veille. Bonne pioche ! Il ramène plein de poissons. Pas besoin d’aller au marché, la vente se fait directement au bateau.
Et le Mont Rinjani qui offre encore le même spectacle !
Nous allons pouvoir nous régaler, pour le petit déjeuner, d’un festin de poissons. Mais avant, il faut aussi régaler les langoustes ! Rumaji découpe donc des poissons en petits dés.
Et nous partons ensemble les distribuer à ses langoustes
(Petite pause Rumaji-Rinjani en passant. « Lolo surtout n’oublies pas de me ramener mes photos en juin ! »)
Au passage il vérifie leur état de santé. N’oublions pas que c’est son gagne-pain !
Et nous croisons Papa qui revient de sa récolte d’algues
Qu’il faut ensuite décharger pour les faire sécher au soleil
Comme la belle-sœur de Rumaji vient d’accoucher, Air (la femme de Rumaji) est à la maternité et donc, pour une fois, c’est Rumaji qui cuisine, encouragé par Herna, la fille du voisin, qui m’aime beaucoup !
Il y a trop à manger…
« Tu sais, Rumaji, depuis que je te connais, je mange chez moi en France du poisson et du riz presque tous les jours »
« Et moi, depuis que je te connais, je mange davantage de légumes ! »
Pendant que je fais une petite grasse matinée, Rumaji en profite pour faire les photos de famille. Voici ses 2 nièces jumelles, Paulina et Paulini, ses progrès en photo sont largement visibles.
La météo étant toujours de la partie, je décide de faire le programme que j’avais promis à Rumaji (comme tout Capricorne qui se respecte, il a une immense soif de dévouvertes!): il s'agit d'aller explorer ces petites îles au Nord Est de Lombok. Elles sont au pied du Rinjani, donc le risque de pluie est important, mais au pire, nous ferons demi-tour…
En route pour Gili Sulat ! Vous remarquerez que Rumaji a mon appareil autour du cou car il aime de plus en plus son nouveau hobby de photographe… J’essaye de lui apprendre à cadrer mieux, à ne pas bouger… déjà il a bien pigé qu’il fallait toujours avoir le soleil dans le dos pour avoir de plus belles couleurs.
Gili Sulat n’a rien d’extraordinaire mais bon, l’excursion est sympa quand même. Elle me permet en outre de tester mon appareil photo de plongée, mais la photographie sous-marine, c’est tout un art… Et comme celle que j’avais prises à Socotra, elles sont plutôt nulles, surtout au niveau des couleurs qui, sauf peut-être 2-3 photos, ne rendent vraiment rien du tout. Ça vient de moi ou de l’appareil ? Plus tard, lorsque je le montrerai à un vendeur à Hong-Kong, il me dira que c’est juste un jouet pour enfants… et d’essayer de me refourguer un nouvel appareil à 800€ tout de même ! J’ai un doute, tout de même, mon Sealife n’a pas l’air d’être si mal mais bon…
Rumaji veut avoir une photo de lui sous l'eau (bien, chef!)
Retour à la maison (encore !). Nous passons par des petites routes qui traversent d’innombrables villages Sasak. C’est Ubud, le trafic et les boutiques à souvenir en moins (dommage que le temps soit couvert)
C’est fou ce que 20 petits kms peuvent changer la météo du tout au tout. Alors qu’il pleut 20km au Nord, ici grand soleil. Je croise le voisin de Rumaji (j’ai oublié son prénom), le papa de Herna … Il part « jarring » (pêcher au filet)
Nous avons encore les photos des jeunes mariés à distribuer. Nous les avions croisés par hasard l’année dernière. Ils sont dans le village voisin, nous partons à pieds à leur recherche car ce village n'est accessible qu'à pieds.
Les jeunes mariés ne sont pas là, probablement partis travailler, alors on remet les photos à la voisine
Il faut dire qu’il y a beaucoup de travail en ce moment dans les champs, car la saison des pluies (très marquée cette année) rend les terres fertiles
Au retour, nous traversons quelques jolis terrains, malheureusement déjà vendus… tant pis pour moi !
Pour me consoler, j’admire la vue sur les pêcheurs au travail
La veille de mon départ, le soleil a bien entendu décidé de me narguer, alors Rumaji et moi, toujours avides de découvertes, décidons de partir encore explorer des endroits proches de chez lui, que ni lui ni moi ne connaissons, et qui bien entendu ne sont traités dans aucun guide.
En route, nous rattrapons ses voisins. On raconte des conneries, mais même sans parler indonésien, je pense que vous comprendrez le thème général de la conversation…
Nous arrivons encore dans un charmant village bordé d’une plage de sable blanc. Dommage qu’on soit déjà en fin d’après-midi, la lumière n’est pas excellente.
Laissez vous bercer par le mouvement des vagues….
Je laisse à mon Capricorne-rêveur de petit frère le soin de terminer ce carnet de voyage...
Allez je me lance : après le carnet philippin , voici le carnet indonésien retraçant une semaine passée au sein du parc de Komodo .
J’espère qu’il pourra aider les futurs voyageurs et les aidera à patienter jusque là .
Pour les nouveaux venus, nous voyageons en famille avec nos enfants qui avaient 15 ans au moment du voyage , qui s’est déroulé pendant les vacances de la Toussaint 2017 (une semaine à Komodo et une semaine à Bali essentiellement dans la région d’Ubud pendant la fête de Galungan )
Ce voyage fut le premier pour nous en Asie (et vous avez pu constater qu’il ne fut pas le dernier).
Il a été fait en autonomie sans passer par une agence mais tout a été programmé et booké en avance.
Aller à Komodo pour un premier séjour asiatique n’est pas forcément très commun mais je rêvais de rencontrer et si possible de nager/plonger avec des raies manta. Plus voir les fameux dragons, ça ne se refuse pas c'est unique ...
Cela fut un bon prétexte pour ma fille et moi , après un baptême réalisé au Mexique en 2013, de passer notre Openwater à Marseille en juillet 2017 en prévision .
Les hommes ne nous ont pas suivies (hélas pour notre porte monnaie , vu qu'au final ils ont décidé de plonger à Komodo et sans certification cela revient le double/plongée ... )
Pourquoi une semaine à Komodo ? Pour prendre le temps d’apprécier à sa juste valeur ce parc réputé pour être une destination phare pour les amoureux de plongée et snorkeling et bien en profiter.
Après une nuit proche de Labuan Bajo ( qui se trouve sur l’ile de Florès et qui est le port de départ pour le parc de Komodo) , nous avons fait une croisière de 4 jours/3 nuits puis deux jours de plongée en dormant sur l’ile de Sebayur directement au sein du parc national.
Mais pourquoi donc aller aux Célèbes (Sulawesi en Indonésien) ?
Parce j'ai toujours rêvé des Célèbes 🙂
A part ça, voici quelques arguments plus convaincants :
Parmi les nombreuses raisons d'aller jusqu'aux lointaines Célèbes :
- découvrir la riche et surprenante culture Toraja, en particulier ses cérémonies funéraires
- buller dans l'archipel paradisiaque des Togians frangé de récifs coralliens et y taquiner le poisson,
- nager avec les méduse multicolores (non urticantes 😉 ), une expérience unique
- rencontrer des habitants adorables dans des villages isolés sur des iles du bout du monde
- nager au milieu des tortues et requins le long du célèbre tombant de Bunaken, l'un des meilleurs spots du monde d'après les spécialistes
- partir à la recherche de l'étrange tarsier, qui ne vit qu'ici et à Bohol, une ile des Philippines- parcourir le pays Minahasa et ses volcans
- randonner dans la forêt de Lore LIndu à la recherche de ses étonnants mégalithes à la façon ile de Paques
- se baigner le long des immenses plages désertes de la région de Bira
- rencontrer le si chaleureux peuple indonésien et ses multiples ethnies- nager avec les requins baleines.. et beaucoup d'autres raisons
Si quelques uns de ces arguments vous ont convaincus, suivez moi pour cette traversée sud-nord de Sulawesi en photos
Avant de commencer la traversée, quelques infos générales de présentation des Célèbes et du contexte du voyage ... que vous pouvez sauter pour aller directement à l'EPISODE 1 Makassar" avec ses photos :
Pour commencer à découvrir Sulawesi, à l'est de Bornéo, dont l'ile principale a une forme si étrange, il faut du temps, les trajets sont interminables, les bateaux sont incertains, le centre de l'ile est une zone de montagnes longtemps infranchissables (pour aller du nord au sud il fallait passer pas la mer). Pour donner une idée, il faut 5-6 jours par la route de Makassar a Manado (cf carte avec notre trajet terre-mer ... les petites huttes sont nos haltes).
- Voyage réalisé en couple: c'est notre 3ème voyage en Indonésie après Java-Bali-Lombok et Flores-Komodo, environ 10ème en Asie du Sud-Est
Depuis un 4eme voyage a été effectué aux Moluques, les fameuses iles aux Epices dont le nom m'a aussi longtemps fait réver🙂. Cf mon carnet de voyage "Les Moluques: splendeurs (et galères) d'un archipel inconnu des touristes"
voyageforum.com/...-touristes-d9181018/. ... les Moluques sont vraiment inconnues des touristes (rencontrés 4 en 3 semaines)
- En septembre (en 25 jours), un bon mois coté météo et avec très peu de touristes, ce qui
permet de ne jamais réserver quoi que ce soit, il y a de la place partout (logements, transports, ...) . De toute façon Sulawesi n'est pas une destination très touristique ... bien que les Togians vont rapidement le devenir depuis qu'un aéroport à ouvert à proximité 🤪 (sans avions lors de notre passage 🙂)
- Ce voyage a déjà 2 ans, le carnet a été réalisé grâce aux notes que j'ai prises sur place (nom d’hôtels, de lieux, horaires, ...) et à ce que mémoire n'a pas oublié.
- Si certains préparent leur voyage aux Célèbes, vous trouverez des infos pratiques regroupées à la fin.
Trajet prévu/réalisé
Arrivée par Jakarta-Makassar, retour Manado-Kuala Lumpur
Trajet prévu : Makassar - Bira - Pays Toraja - Togians - forêt de Lore Lindu - région de Gorontalo, peut-être Tumbak - Pays Minahasa / Tangkoko / Tomohon /- Manado
- La forêt de Lore-Lindu et ses mégalithes me tentait beaucoup, mais est abandonnée par manque de temps, sauf a courir tout le temps, ce qui n'est pas dans nos habitudes.
- Idem pour Dongalla (région de Palu) décimé depuis par un séisme et un tsunami en sept 2018. Le trajet Poso Palu est vraiment trop long, ça nous a découragé 😛
- On n'a jamais mis le lac de Senkang avec ses villages lacustres à notre programme, car on est allé au merveilleux lac Inle en Birmanie 2 ans plus tôt .. et on a eu peur d'être déçu tant la barre a été mise haute au lac Inle 😊
Finalement, la région de Gorontalo sera supprimée , ainsi que Tumbak et les volcans du pays Minahasa
Bunaken sera ajouté : les raisons de ces changements sont décrites au fil de l'eau dans le carnet.
Jusqu'au dernier jour avant le départ, on aurait aimé passer qqs jours dans la région de Bira tout au sud de l'ile, on y renonce finalement la veille de notre départ, on n'aura pas le temps d'aller partout.
Pour les logements et les transports, on voit au jour le jour comme d'habitude : ça a tjs marché ... à l'exception quasi-systématique d'une nuit lors de chacun de nos voyages. Il y a tjs un jour ou le trajet est plus long que prévu, ce qui nous fait arriver de nuit, ou la guesthouse repérée n'existe pas, ou est fermée ... Sur le coup c'est une galère, on se demande se qu'on fait ici ... puis dès qu'on a trouvé un arrangement, il nous reste le souvenir d'un moment difficile, mais c'est aussi ce qui fait le charme d'un voyage !
Assez discuté, c'est parti pour Makassar
Viendront ensuite le Pays Toraja, les iles Togians, le pays Minahasa (et le tarsier🙂) et l'ile de Bunaken
EPISODE 1 : Makassar
Après une arrivée à Makassar dans la matinée, le 1er objectif est de prendre le bus de nuit pour Rantepao (pays Toraja) et donc d'aller acheter des billets.
Il y a 3 terminaux de bus a Makassar, coup de chance le Terminal Daya pour le nord de l'ile (donc le pays Toraja) se situe sur la route de l’aéroport au centre ville. Il suffit donc de prendre le bus aéroport-centre ville pour qqs roupies et de se faire déposer au terminal.
Plusieurs compagnies proposent des bus VIP pour Rantepao, on en choisit une au hasard, après s'être assuré que ce bus avait bien 3 sièges frontaux (au lieu de 4 comme ds tous les bus) et des gros sièges couchettes :
Il est 10h, le bus part vers 21h, ça nous laisse un peu de temps pour une rapide visite de Makassar. (aussi appelée Ujung Pandang) et pour se remettre dans l'ambiance si chaleureuse de l'Indonésie
Donc direction Paotere en taxi, le vieux port commercial au nord de la ville.
Le port est très plaisant, on se croirait dans une petite ville alors que Makassar a 2 millions d'habitants. Balade sur les quais très animés, avec le marché aux poissons, qqs petits canaux, mais le clou du spectacle est l'alignement des voiliers de commerce bugi tout en bois.
Ensuite direction le centre ville (Port Rotterdam) en becak, un tuktuk à pédales (c'est le moyen de transport des habitants de Paotere)
On passe par des petites rues très animées avec des marchés on l'on peut trouver de tout, y compris des chèvres vivantes (bien plus sympa que ce qu'on découvrira plus tard au marché de Tomohon 🏴☠️ 😮 photos a venir)
ça fait envie à beaucoup d'entre vous .. mais pas de bol, j'aime pas les bananes 🙁 :
En s'approchant du centre, on serre un peu les fesses au milieu de la circulation plus dense, mais tout se passe bien
Quelques touristes arpentent la place devant le Fort Rotterdam, mais il n'a pas l'air en très bon état : on s'en passera donc et on préfère flaner au hasard dans des ruelles et en bord de mer au milieu des vendeurs de jus de fruits frais ... un délice comme toujours, des jeunes qui dansent, chantent ... un moment agréable. Rien d'extraordinaire, mais on aime bien se plonger dans cette ambiance locale.
Concours de Hijab ? En tout cas cas, le sud de l'ile est bien musulman (à Sulawesi, les musulmans, les catholiques, les protestants et les animistes se partagent les différentes régions) :
Pour finir la journée avant de prendre le bus de nuit, un petit repas-apéro avec coucher du soleil sur les cocotiers de la petite ile en face :
Après cette rapide visite de Makassar, on retrouve notre bus de nuit qui est bien un VIP avec 3 fauteuils de front seulement. Très confortable, j'ai de quoi allonger mes longues jambes. Une bonne nuit, un arrêt pipi-boisson-repas au milieu, et nous voila au pays Toraja au lever du jour.
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
D'habitude, je sévis plutôt dans la rubrique "Indonésie" de VF, où il y a beaucoup d'interrogations. Mais aujourd'hui, pour changer, je vais essayer de synthétiser dans ce carnet de voyage toutes les infos que je donne habituellement.
En général, la première question qu'on se pose avant de partir là-bas, c'est lesquelles des 17.000 îles et îlots du pays faut-il choisir ? Pour une première découverte de l'Indonésie, et après avoir longuement pensé nous rendre sur Sulawesi, nous avons finalement tranché en choisissant Java puis Flores, et un peu Bali pour terminer.
Pourquoi ce choix ? J'ai pris trois guides et j'ai épluché les forums, puis j'ai fait une liste des plus beaux sites indonésiens selon ces différentes sources : l'île où ces merveilles sont les plus "concentrées" est Java, qui se trouve également être la moins chère pour les billets d'avion (nous sommes 4 quand même : Marie ma femme, et nos fils Victor 10 ans et Arthur 8 ans).
Quant à Flores, notre but en y allant est double. D'une part, sortir des sentiers battus : elle s'y prête bien car elle est plus reculée. En effet, les touristes se contentent généralement de faire le triptyque Java-Bali-Lombok mais poussent rarement plus loin. D'autre part, Flores est bordée à l'ouest par le Parc marin de Komodo, réputé sublime.
Enfin, nous prévoyons deux jours de battement en fin de séjour, histoire de ne pas rater notre avion pour la France en cas d'imprévu, au départ de Denpasar : ce sera l'occasion de jeter un œil sur Bali, réputée mais sur-fréquentée paraît-il en juillet.
En résumé, notre programme (qui variera finalement une fois sur place à cause des impondérables) est donc le suivant :
Java : temples et volcans (8 jours)
Parc marin de Komodo : croisière d'île en île, dragons, villages de pêcheurs etc. (3 jours)
Flores : la moitié ouest de l'île puis le volcan Kelimutu et les villages du peuple Lio (5 jours)
L'îlot de Kanawa dans le parc de Komodo (8 jours)
Bali (2 jours)
A ce programme s'ajoutent un jour par-ci un jour par-là, en guise de transitions et de trajets, pour un total d'à peu près un mois.
LES TEMPLES : BOROBUDUR ET PRAMBANAN
Sitôt sortis de l'aéroport de Yogya (prononcer Djodja), les chauffeurs de taxis, officiels ou pas, nous tombent dessus. Nous en choisissons un qui a l'air sympa et contrairement à bien des pays, les autres n'insistent pas.
Il nous emmène à Borobudur où nous avons réservé deux chambres longtemps à l'avance dans le fameux Manohara Hotel : situé dans l'enceinte du temple de Borobudur, il permet à un nombre limité de privilégiés, à savoir tous ses clients, d'y accéder avant le lever du jour, alors que le gros des visiteurs doit attendre l'ouverture du site à 9 heures pour y entrer.
Il est minuit et après une trentaine d'heures passées dans les avions et les aéroports, sans compter la fatigue due au décalage horaire, nous allons enfin pouvoir dormir un peu. Mais quatre heures seulement, car le réveil est prévu très tôt afin de ne pas rater le spectacle du lever de soleil sur le temple.
BOROBUDUR LE BOUDDHISTE
C'est donc à l'état de zombies et avec nos frontales que, après la sonnerie de ce fichu réveil, nous prenons le chemin du temple depuis l'hôtel. Nous en montons les marches abruptes et arrivons à son sommet. Il y a un peu de monde mais pas trop. Petit à petit, le soleil va se lever et nous laisser un souvenir impérissable.
L'édifice, qui est le plus grand temple bouddhiste de la planète, est cerné par des volcans majestueux et domine palmiers et rizières. A ses pieds, on aperçoit la végétation exotique nappée de brume. Deux impressionnants volcans terminent ce paysage, et c'est exactement entre eux deux que le soleil va se lever.
Les sculptures du temple se dessinent d'abord en ombres chinoises avant de prendre une teinte orangée sous les premiers rayons du soleil.
Mais ce qui nous surprend le plus, c'est l'ambiance quasi- mystique qui règne là-haut. Le paysage est en effet sublimé par le calme ambiant, car contrairement à bien d'autres sites touristiques, ici chacun respecte scrupuleusement ce lieu sacré, et chuchote donc. Quelques bouddhistes chantent sereinement, ce qui achève de rendre le moment inoubliable.
A bientôt onze et neuf ans, Victor et Arthur sont éblouis par le spectacle auquel ils viennent d'assister. Toutefois, leur estomac ne leur fait pas oublier que nous nous sommes levés très tôt sans manger. Aussi, taraudés par la faim, ils demandent à rentrer à l'hôtel pour le petit déjeuner.
PRAMBANAN L'HINDOUISTE
Tout comme Borobudur non loin duquel il est situé, le temple de Prambanan est classé par l'UNESCO au patrimoine de l'humanité. Ce temple hindouiste, merveille de l'art javanais du IXe siècle, nous impressionne par la délicatesse de ses nombreuses sculptures.
Le site est assez vaste et nous prenons le temps de le visiter malgré la forte chaleur qui nous accable.
La lumière dure de la mi-journée ne le rend pas aussi féérique que Borobudur, que nous avons eu la chance de pouvoir visiter dès les premiers rayons du soleil.
De plus, l'heure de notre visite n'étant pas aussi indue que celle à laquelle nous avons découvert Borobudur, il y a du coup nettement plus de monde.
Mais le site reste agréable car ce n'est pas non plus la grande foule. Nous passons le reste de l'après-midi à déambuler tranquillement au milieu des vestiges de ce superbe temple.
Au final, Prambanan est impressionnant. Mais le lever du soleil sur Borobudur et la nature qui l'entoure est tellement beau que si c'était à refaire, nous visiterions Prambanan en premier et Borobudur en second, le lendemain au lever du soleil.
La veille, le courant était bien passé avec le chauffeur que nous avions rencontré à l'aéroport de Yogya et qui nous avait emmenés à Borobudur. Avant de le quitter, nous lui avions donc proposé de poursuivre la route ensemble quand nous aurions terminé la visite de Borobudur, ce qu'il avait accepté.
C'est donc lui qui vient de nous faire découvrir Prambanan, et qui va nous emmener jusqu'à la ville de Solo. Nous aimons bien voyager de cette manière, conduits en voiture par un local. Ça nous permet de faire les trajets tout en discutant : le chauffeur nous explique plein de choses intéressantes sur son pays, que cela concerne l'aspect touristique (les sites visités etc.) ou l'aspect pratique (la vie quotidienne avec sa famille...).
Le reste du temps, nous prenons généralement les moyens de transports locaux : trains, bus, tuks-tuks etc, grâce auxquels nous nous sentons en immersion dans le pays.
La route entre Yogya et Solo est très fréquentée, par des voitures et des deux-roues qui conduisent évidemment n'importe comment. A plusieurs reprises tout au long du trajet, nous devons d'ailleurs calmer les ardeurs de notre ami javanais au volant car il conduit lui aussi à l'indonésienne. Or, nous avons prévu d'arriver entiers à Solo ! Ce qui sera finalement le cas à la fin de la journée.
Une fois n'est pas coutume, nous allons dormir non pas dans un hôtel local mais à l'hôtel Ibis de Solo, histoire de se reposer enfin un peu après l'interminable voyage depuis la France, le décalage horaire et la longue journée de découvertes que nous venons de vivre. En plus, Victor et Arthur vont pouvoir se délasser un peu dans la petite piscine de l'hôtel. On dormira à la roots une autre fois...
Le lendemain, après une bonne nuit de récupération, nous prenons le train pour Malang. Le voyage dure six heures que nous mettons à profit à la fois pour découvrir les paysages et nous reposer.
La bonne surprise, c'est que le train n'est pas bondé. La mauvaise, c'est qu'en revenant des toilettes situées à quelques mètres seulement de nous, Victor nous informe que la porte du train à côté de laquelle il vient juste de passer est grande ouverte ! Nous vérifions et en effet, n'importe qui pourrait tomber là, alors que le train roule vite.
Juste avant d'arriver, les hauts-parleurs crachent un message que nous croyons vaguement comprendre : il y aurait plusieurs gares à Malang, mais nous ne savons pas à laquelle nous sommes censés descendre. C'est ennuyeux car nous avons rendez-vous à la gare avec un chauffeur qui nous a été conseillé par une amie depuis la France, nous ne voulons donc pas le rater. Nous demandons de l'aide aux autres passagers, qui nous expliquent avec un sourire permanent que notre gare, c'est la deuxième. Nous les remercions chaleureusement car nous avions prévu de descendre à la première !
Une fois arrivés, nous rencontrons notre nouveau chauffeur, Slamet. Lui aussi est incroyablement souriant, comme tous les locaux que nous avons rencontrés depuis hier. Cette délicieuse particularité indonésienne se vérifiera sans exception pendant un mois, jusqu'à la fin de notre séjour.
Voilà pour les temples de Java. Si vous avez eu le courage de tout lire jusque-là, alors bravo et merci ! Les volcans javanais, puis Flores et Komodo vont suivre rapidement, ainsi que toutes les infos pratiques pour ceux que ça pourrait intéresser...
Vidéo (2 mn) : volcans, temples, petits villages de pêcheurs, îles paradisiaques : l'Indonésie dans toute sa splendeur en vidéo (2 mn)
...
C'est parti pour un nouveau carnet de voyage, cette fois pour un petit mois à Sulawesi, une des îles d'Indonésie qui commence à faire parler d'elle mais encore très bien préservée.
Nos carnets de voyage précédents :
3 semaines au Myanmar
Un mois au Laos
Que faire à Hoi An : suivez le guide (activités, restaurants, logement, etc)
Six semaines aux Philippines avec Les Gros Sacs (mars / avril 2017)
Pour rappel, nous sommes actuellement en tour du monde depuis le 1er septembre 2016. Nous avons déjà parcouru le Sri Lanka, le Myanmar, la Thaïlande du Nord, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, les Philippines, Singapour, l'Indonésie et nous sommes maintenant en Australie🙂
Le contexte :
- Du 19 mai au 12 juin 2017
- En couple
- 9ème destination de notre tour du monde
- Les Gros Sacs = Nous = Anaïs & Florent 🙂
Sommaire du carnet :
- Rantepao et le pays Toraja
- Tentena
- Les îles Togians
- Gorontalo
- Tumbak
Un joli sourire en guise d'introduction, comme un premier témoignage de la gentillesse des balinais …
Plantons le décor. Nous sommes tout au nord de l'île de Bali dans la région rurale de Sangsit et plus précisément dans l'enceinte du Pura Beji, un temple hindouiste parmi tant d'autres.
Cette sympathique jeune femme portant une corbeille d'offrandes est tout simplement venue la déposer au pied de l'autel, afin de vénérer les dieux.
Une scène presque banale à Bali, tant l'observation du rituel des offrandes aux divinités est si courante et en tous lieux : dans les temples bien sûr mais aussi autour des sanctuaires, au bord des routes et des rues, dans les champs et jusque dans les modestes autels présents presque dans chaque cour d'habitation.
Les balinais sont donc fervents d'offrandes … Quant à l'île de Bali, elle offre aux visiteurs ses paysages, sa culture et son atmosphère à nulle autre pareille. Voilà ce que je me propose de vous faire partager avec le récit de mon récent périple à travers cette île.
Des temples aux rizières ainsi que bien d'autres aspects sont au programme ... tellement un voyage à Bali s'avère riche en découvertes dépaysantes.
--
Un rituel quotidien
Revenons à présent à la séance d'offrandes … La jeune femme s'avance vers l'autel et y place son aumône : des fleurs posées sur des feuilles de palmiers tressées et quelques bâtons d'encens, ils se consument lentement laissant échapper de fines colonnes de fumées qui embaument l'atmosphère.
Faisons nous discret et laissons-là se recueillir en compagnie de son petit garçon agenouillé auprès d'elle.
Sur la droite, un jeune couple en élégant habits de cérémonie se prépare à poser pour une photo souvenir. Une robe et une tunique au rouge éclatant, des ourlets et une coiffe dorés qui brillent sous le soleil… ce sont des jeunes mariés parés de tenues traditionnelles.
Comme ce n'est pas pour mon objectif qu'ils posent et ne faisant pas parti des invités à la cérémonie, là aussi, je reste en retrait et cadre donc la scène avec un plan large.
La vue a l'intérêt de montrer également l'architecture typique d'un temple balinais avec les multiples statues de divinités qui le décorent.
De l'autre côté, il y a, entre autre, la classique porte d'entrée des temples (Pura en langue locale) avec ce porche en forme de tour pyramidale fendue et séparée en deux parties.
Les hindouistes balinais tolèrent l'entrée au sein de leur temples des visiteurs non hindouistes, mais en dehors des grandes cérémonies et avec une autre condition : le port d'un sarong autour de la ceinture et des jambes.
Bon, n'étant pas un habitué du port d'une telle « jupe » locale, l'aide de notre très disponible accompagnateur Guntur me sera d'une grande utilité, il va avec doigté ajuster correctement ce fameux sarong autour de ma taille ... afin que je ne paraisse pas trop ridicule !
Ce temple rural Beji est dédié aux divinités des cultures irriguées autant dire principalement à la culture du riz, d'ailleurs un large panorama de rizières s'étend sur la gauche de l'enceinte du temple.
--
Leçon de riziculture
Une plus ample connaissance de la culture du riz, nous la ferons parmi d'autres rizières, celles situées autour du village de Tunjuk, plus à l'intérieur de l'île.
Et il n'y a pas mieux pour en savoir un peu plus sur cette culture que de côtoyer les planteurs de riz et surtout de participer à leur travail. Là, il va falloir mettre la main à la pâte … c'est à dire plonger les mains dans la boue !
Cela commence d'abord par la préparation du terrain. Et en avant ! avec cette paire de buffles d'eau.
Ici, il ne faut pas avoir peur de se mouiller et hop, me voilà les pieds dans la boue visqueuse et glissante.
Pourvu que les buffles ne s'emballent pas … ce serait le bain de boue assuré ! Mais les animaux connaissent leur boulot et puis, il y a aussi à mes côtés leur maître dont ils suivent, pas à pas, les directives.
Avancer dans la rizière afin de préparer le terrain pour la plantation, ça fait ploc, ploc et re-ploc … et ça éclabousse quelque peu !
Le tour de manège terminé, passons au repiquage des plants. Par manque d'expérience, j'enfonce sans doute un peu trop les plants : « Stop ! Stop !» me dit à chaque fois le planteur certifié. Alors que le rang commence à prendre forme, je crois avoir enfin compris le bon geste et la bonne profondeur pour que le plant de riz prenne racines …
En remerciant mon instructeur, avec un sourire de complicité je lui donne rendez-vous dans 3 mois … ce sera le moment de récolter le fruit de mes plants !
Bon, trêve de plaisanterie, il temps de se rincer copieusement, les mains, les jambes et les pieds.
Justement, entre chaque parcelle, il y a de l'eau ruisselant le long de larges caniveaux, c'est bien pratique pour se libérer de cette boue si collante.
Mais en fait, cette eau courante est surtout canalisée pour l'irrigation des rizières. Ce système de canaux particulièrement sophistiqué qui répartie équitablement l'eau entre toutes les parcelles cultivées a même fait l'objet d'une reconnaissance internationale pour sa haute ingéniosité. En effet, le subak, le nom de ce système est classé depuis 2012 au patrimoine de l'Unesco, rien que ça !
Un autre système, pas mal conçu (mais pas encore reconnu par les instances du patrimoine !) est constitué de cet ensemble d'épouvantails. Nous l'avons découvert lors d'une visite dans une autre rizière où les grains de riz arrivaient à maturation.
Afin d'effrayer les oiseaux, grands amateurs de riz comme tous les balinais, ces épouvantails sont mobiles.
Comme des marionnettes, ils sont reliés par un complexe système de cordes qu'actionne un homme posté dans la cabane que l'on aperçoit en fond d'image.
En longeant cette rizière, voilà que toutes ces silhouettes fantomatiques se mettent en mouvement … je crois bien que le gardien en nous observant si intéressés par son mécanisme anti-prédateurs s'est un peu amusé à mettre en action toutes ses marionnettes.
Des rizières, il y en a bien sûr un peu partout dans les campagnes de Bali. Rizières en plateau ou rizières en terrasses, les plus spectaculaires, les plus photogéniques.
Avec le climat chaud et humide de la région, les paysans balinais parviennent à réaliser trois récoltes par an … le riz, le principal gagne pain (enfin, gagne riz devrait-on dire ici !) des agriculteurs balinais.
Mais au fait, ce moyen ancestral de labourage des rizières avec les buffles est-il encore très pratiqué dans les rizières à Bali ? C'est la question que je me pose après cette expérience sur ce terrain (boueux !).
Et notre accompagnateur Gun de me répondre : « Pour la plupart des rizières, les agriculteurs utilisent maintenant des engins mécanisés mais dans les endroits escarpés, sur certaines parcelles en terrasses, les buffles sont parfois encore utilisés.. ».
--
Procession et festivités balinaises
De la musique, des chants, des statues portées à bras d'hommes et une foule colorée et bien ordonnée défile sur une petite route près de la rizière nous nous trouvons toujours à Tunjunk.
La musique des gongs nous a attiré au bord de la route et nous voilà assistants au passage de cette procession.
Chez les hindouistes balinais, environ 90 % de la population, les occasions de célébrations, de festivités et de processions sont presque infinies … les étapes de la vie, de la naissance à la mort en passant par le mariage, la fête de chaque divinité et de chacun des temples des villages. Des temples, au minimum il y en a trois par village et quelque soit l'importance de la cité :
- Le pura puseh, le temple originel dédié aux fondateurs du village
- Le pura desa consacré aux esprits protecteurs
- le pura dalem, le temple de la mort
Sur « l'île des dieux », on implore également le ciel pour l'obtention de récoltes abondantes et encore pour bien d'autres occasions … Alors, il n'est pas étonnant de voir presque quotidiennement de tels rassemblements hauts en couleur lorsqu'on parcoure Bali.
Et cette procession, à quoi était-elle dédiée ? Euh ? En fait, je n'en saurai rien !
--
Une démonstration de l'art de la vannerie
Au centre du village, nous poursuivons nos rencontres à la découverte des traditions balinaises avec à présent une initiation à la confection des offrandes. Les balinais sont experts en art du tressage et du pliage des tiges végétales et des feuilles de palmiers.
Il faut les observer agir avec une dextérité étonnante, et quelle rapidité pour obtenir une composition ou une jolie coupelle végétale. Reconnaissons que ces femmes ont de l'entraînement car chaque jour elles confectionnent de telles réalisations pour leurs offrandes du matin.
Il n'y a pas que les femmes qui excellent dans l'art de la vannerie, les hommes aussi à l'image de cet homme âgé qui va me montrer et me diriger dans la confection d'un plateau à offrandes. On fait chevaucher une lamelle sur l'autre et ainsi de suite … sauf que cela paraît facile en théorie mais j'avoue avoir bien eu besoin d'aide pour achever correctement ce tout simple carré tressé, enfin merci pour cette prise en mains.
Au delà des simples corbeilles tressées, la pratique de la vannerie artistique est mise en valeur lors des fêtes balinaises de Galungan-Kunigan.
Un hasard de dates a fait que notre séjour à Bali s'est déroulé quelques jours après ces festivités, les plus importantes de tout le calendrier festif balinais. Elles durent une dizaine de jours et sont particulièrement animées.
Ainsi, nous avons pu admirer les nombreuses décorations qui ornaient encore les rues des villages. Certes, ces compositions végétales étaient une peu desséchées mais elles gardaient toute leur splendeur.
De hautes tiges de bambous forment de véritables haies d'honneur le long des routes et rues, toutes embellies par ces bouquets et ces compositions joliment réalisées. Voici un bon témoignage de la maîtrise par les balinais de l'art de la vannerie.
--
En classe, avec les écoliers du village
Cela peut surprendre, mais la visite de la ferme et des rizières de Tunjuk est couplée avec la visite de l'école du village !
Nous voilà débarquant dans la cour de récréation puis à l'intérieur d'une classe. Sitôt entrés, les écoliers rieurs se lèvent pour nous accueillir et se mettent à chanter un refrain enfantin dans un français teinté d'un petit accent indonésien. Une scène attendrissante qui semble très bien rodée …
Il fleure bon dans cette classe de primaire l'ambiance des écoles d'antan : le tableau noir, la poussière de la craie … et les cahiers traditionnels, je n'ai vu aucun écran ni tablette numérique sur les pupitres.
--
Tanah Lot, comme un air de Mont-Saint-Michel … en mode balinais
On doit le reconnaître, un tel site a de quoi enthousiasmer les visiteurs, d'ailleurs le temple Pura Tanah Lot est le plus fréquenté de la côte sud de l'île.
N'est-il pas pittoresque ce temple perché sur son rocher battu par les vagues et isolé à marée haute ? Un décor qui n'est pas sans évoquer la silhouette de notre cher site-monument des côtes normandes.
L'assaut répété des vagues est tellement destructeur que la base du rocher a été solidifié afin de protéger l'édifice religieux d'un risque d'effondrement …
C'est en fin d'après midi que la foule des visiteurs est la plus importante car la lumière du coucher de soleil teinte d'or le site. A condition qu'il n'y ait pas trop de nuages !
Nous avons eu droit a quelques belles éclaircies avec des rayons de soleil parvenant à se jouer des bancs de nuages mais pour le spectacle visuel d'un embrasement général, rochers, temple et horizon marin …. ce n'était pas le bon jour !
Ici, les grèves sont faites de sable volcanique sombre blanchit par l'écume des flots, quant aux falaises, elles sont impressionnantes, hautes et dangereuses. D'ailleurs, il y a déjà eu de dramatiques chutes accidentelles parmi les amateurs de selfies … trop occupés à soigner le cadrage et pas assez attentifs au trait de côte sous leurs pieds !Aussi, les autorités ont placé des barrières et des drapeaux rouges le long de ces à-pics à risque.
Et si le lieu est tant fréquenté, tout le monde n'a pas le même motif de visite.
Il y a d'abord les Balinais qui viennent ici en pèlerinage offrir quelques offrandes à leurs divinités, ce sont bien sûr celles de la mer qui sont vénérées.
Les visiteurs les plus nombreux doivent être les touristes surtout en fin d'après midi. Des vacanciers très attendus par les marchands de souvenirs postés en nombre tout le long des ruelles d'accès au site.
Et puis il y a quelques surfeurs qui viennent là tutoyer les vagues à l'image de celui que l'on peut voir sur la photo … Bali, l'île des temples hindouistes mais aussi (et surtout, pour certains) un « must » pour la pratique du surf.
--
Pêcheurs et jukung
Je ne suis pas sûr que les pêcheurs de cette côte où la mer est toujours agitée de vagues apprécient autant les gros rouleaux que les surfeurs, mais ils font avec.
Leurs embarcations traditionnelles, les jukung paraissent cependant assez stables avec leurs balanciers de chaque côté, elles donnent l'image de sommaires catamarans de bois et de bambous.
Nous en verrons de plus près sur une côte beaucoup plus calme, au nord de l'île.
A Permuteran, une partie de la plage de sable gris fait office de petit port de pêche où sont alignés quelques jukung.
C'est un petit matin calme, les eaux sont lisses et reflètent une mosaïque de teintes bigarrées, celles des coques des embarcations.
Une homme aborde le rivage, il rentre d'une partie de pêche avec seulement quelques poissons, apparemment il n'est pas trop satisfait de ses prises …
Dans ces eaux, ce sont des sardines, des vivaneaux, des mahi-mahi et des thons qui sont le plus souvent pêchés … quand les conditions sont favorables.
Les jukungsont souvent équipés de lampes pour les séances de pêche nocturne et on le voit certains sont décorés avec soins. De la couleur mais également des dessins comme cette tête de gros poisson, la mâchoire grande ouverte avec des dents acérées prêtes à en découdre … de quoi effrayer les autres poissons !
A côté des frêles jukung, il y a des structures de pêche bien plus grosses composées d'un savant agencement de bambous qui évoquent bien plus un échafaudage ou un radeau géant qu'un bateau destiné à la pêche en mer.
Permuteran est aussi une petite station balnéaire tranquille baignée par les eaux d'un lagon intéressant à explorer, snorkeling ou pongée avec bouteilles, mais pour cette dernière activité il faut se rendre (en jukung) un peu plus loin, au-delà de la barrière de corail, vers les fonds sous-marins très renommés de l'île Pulau Menjangan, située à 7 km au large.
Petit retour sur un peu moins de 4 semaines en Sulawesi, vacances orientées plongée et même « découverte plongée » en ce qui me concerne.
Nous avons commencé par l’ile de Bunaken au nord, où j’ai pu passer le PADI Open Water chez Froggies. Nous avons ensuite enchainé avec quelques jours dans le pays Toraja et nous avons fini par une semaine sur l’ile d’Hoga, à Wakatobi.
Programme effectif des 3 semaines
1 24.10.2015 Départ GVA 17h50
2 25.10.2015 Arrivée SIN dans l’après-midi, visite, nuit au Carlton City Hotel, top !
3 26.10.2015 Vol pour Manado à 9h20 avec Silk Air, transfert à Bunaken organisé par Froggies
4 27.10.2015 Bunaken #1 : PADI 100% théorie
5 28.10.2015 Bunaken #2 : PADI 50% théorie + 1ere plongée
6 29.10.2015 Bunaken #3 : 2 plongées
7 30.10.2015 Bunaken #4 : 3 plongées
8 31.10.2015 Bunaken #5 : 3 plongées
9 01.11.2015 Vol pour Makassar avec Lion Air , bus de nuit pour Rantepao (Charisma, très bien)
10 02.11.2015 Pays Toraja #1 : arrivée le matin vers 6h00, partage d'un guide avec voiture en 4, cout: 900000 rp, 225000 each au total. Visite d'une cérémonie, top, + visite Kete Kesu et Londa
11 03.11.2015 Pays Toraja #2 : location de scooter (70000rp). Visite du nord, Batutumonga, top, dommage rizières pas green + baby graves entre Batutumonga et Tikala, chouette. Très sympa à faire en 2 roues.
12 04.11.2015 Pays Toraja #3 : scooter toute la journée, sud et nord. Nord clairement + sympa. Lemo, moyen. Scoot est très bien pour visiter la région
13 05.11.2015 Pays Toraja #4 : bus de jour pour Makassar (Metro permai, bien), Ibis budget de l’aéroport, 34 euros, pratique !!
14 06.11.2015 UPG-WNI à 10h00 avec Wings Air, vol très bien, arrivée à Hoga en fin d’aprém
15 07.11.2015 Wakatobi #1 : 2 plongées
16 08.11.2015 Wakatobi #2 : 2 plongées
17 09.11.2015 Wakatobi #3 : 2 plongées
18 10.11.2015 Wakatobi #4 : 1 plongées
19 11.11.2015 Wakatobi #5 : 2 plongées
20 12.11.2015 Wakatobi #6 : 2 plongées
21 13.11.2015 Wakatobi #7 : 2 plongées
22 14.11.2015 Wangi Wangi : Patuno resort, 600k par nuit incl. 2 pdj, lunch et souper. Snorkeling à Cemara beach OK
23 15.11.2015 Vol WNI-UPG à 10h45 avec Wings Air, vol très bien. Visite de Makassar et nuit à l’Ibis Budget de l’aéroport
24 16.11.2015 Vol Makassar-SIN à 11h40 avec Silk Air, nuit à SIN au Scarlet Hotel (décevant)
25 17.11.2015 Départ de SIN à 23h55
26 18.11.2015 Arrivée GVA 10h10
On a adoré
La plongée : c’était tout nouveau pour moi, donc je ne peux pas comparer avec d’autres sites mais c’était vraiment magnifique, plein de choses à voir !!
Bunaken : gros coup de cœur en ce qui me concerne, les « walls » sont vraiment magnifiques, beaucoup de tortues, requins, etc … et de l’excellent snorkeling juste en face de Froggies !!
Froggies justement : pro, confortable et excellente ambiance. Seule la bouffe pourrait être (légèrement) plus variée.
Wakatobi : plus précisément l’ile d’Hoga. Un peu long pour y arriver mais les 8 jours passés en mode « Robinson », en compagnie de Geertje et des quelques autres guests (Daniel, si tu nous regardes…), étaient hors du temps, priceless !! Plongées globalement un poil moins sympa qu’à Bunaken (avis perso et subjectif) mais c’est aussi là où on a vu des dauphins (furtivement et de loin certes, mais quand même) et surtout un mémorable banc de stingrays, moment magique !!
Les gens en Sulawesi: globalement très gentil, avec le sourire, toujours à vouloir se faire prendre en photo avec vous, on voit clairement que le tourisme de masse n’est pas encore arrivé dans cette partie de l’Indonésie, sympa !
La bouffe : lors de mon premier voyage en Indonésie j’avais fait une overdose de nasi goreng. Cette fois-ci c’était beaucoup mieux, on s’est régalé !!
On a aimé, mais nettement moins quand même
Pays Toraja : alors certes, c’était sympa malgré tout, un peu long pour y arriver, en plus ce n’était pas forcement la bonne saison, les rizières n’étant plus vraiment vertes en cette période de l’année… Après 5 jours de rêves sur notre petite ile de Bunaken j’ai eu un peu de mal à me mettre en mode « voyage » et retrouver tout ce monde, ce bruit, cette pollution omniprésente… bref, passé cette transition un peu pénible, on a trouvé intéressant de pouvoir assister à une cérémonie de funérailles et de visiter la région autour de Rantepao. J’avais lu tellement de retours dithyrambiques sur Rantepao qu’une fois arrivé sur place on a été un peu déçu, c’est sale, pollué et pas très charmant. Les sites à visiter sont sympa mais pas « wahou » non plus. En revanche on a vraiment aimé parcourir les campagnes alentours en scooter. Les spécialités culinaires sont sympa aussi, on a adoré le Pa'piong (poulet cuit dans du bambou) du Poppies hotel !! Initialement on avait prévu de rester 5 jours, au final 3 jours nous ont paru bien suffisants.
Makassar : on n’en attendait pas beaucoup, du coup on a été plutôt déçu en bien!! C’est sale et pollué, ça on le savait. En revanche nous avons trouvé les gens super sympa (le long de la « Croisette » locale) et nous y avons très bien mangé (New Dinar Seafood). A faire uniquement entre 2 avions.
On n’a pas aimé
La pollution : de l’air, des sols, de la mer. Pas de ramassage des déchets, aucune éducation des gens, triste...
Les fumeurs : omniprésents, partout, tout le temps, même dans les lieux de restauration …
Les coqs déréglés qui commencent leur cirque à 2h00 ...
Conclusion
Des vacances qui passent trop vite … on serait bien resté 1 mois de plus … voir 3 ou 4 !! Nous avons délibérément fait le choix de ne pas faire le « tour » classique Manado-Makassar ou inversement via les iles Togians, afin de limiter les transports et de mieux profiter des lieux où nous étions !! Je reviens surtout avec une envie renouvelée de retourner en Indonésie, un jour, plus tard, afin de continuer à découvrir d’autres lieux de ces magnifiques territoires ...
Budget : environ 3500 euros au total (vols, logements, plongées, etc…)
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006...
Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée.
Pas le bateau, me dis-tu ?
Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait.
L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris...
Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques.
Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir.
Pourquoi encore l'avion ?
Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable...
Tu as consulté une carte et tu as vu une route ?
Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence).
Cinq heures du mat’, en route !
Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant.
Et pourquoi donc s’il vous plaît ?
Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant !
Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé !
Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt.
Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement !
Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge.
Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!!
Des papous interviennent :
calme-toi mister !
Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est !
La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse :
tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège...
Soupir !!!
Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant !
Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ?
Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air...
Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine...
Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas.
Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands !
Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena.
Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté...
Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi...
Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit :
je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça !
Perso je respecte cette attitude...
Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion.
Est-ce un bien, ou est-ce un mal ?
Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ?
Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné :
la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre...
J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout...
Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin.
Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade !
Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet...
Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller.
Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet :
il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album...
On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival :
aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)...
On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre...
La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas.
Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos...
Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé.
Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne !
Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois :
quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains !
On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter...
La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même :
un jouet pour garçons !
On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins.
On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle...
Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore.
Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse !
Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire).
Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ?
C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme !
Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé.
Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche...
Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères.
L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal.
Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus...
Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne :
quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées !
Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super.
Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même...
Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était.
Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars...
Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ».
En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu...
Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir.
Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder...
Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer...
Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore.
Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire !
On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ?
Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère.
Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi !
Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus.
Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer...
Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas.
En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf !
L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi.
À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même...
Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport...
Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom.
Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard...
On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt.
Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein...
Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim !
On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme...
Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée...
Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne.
On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires !
Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts.
Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours.
Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ?
Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq !
Quel temps il fait chez vous ?
Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir !
Ah bon ? Chez nous il fait soleil !
Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille !
Ici village A, bien reçu !
Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie...
Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil...
Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles.
Chef, vous habitiez ici à l’époque ?
Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué !
Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ?
Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté !
Et ?
Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis !
Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs :
mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ?
Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient !
À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse :
et vous chef, vous étiez cannibale ?
Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant !
Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet...
J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant.
En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge...
Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau.
Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès.
Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ?
Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien !
Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains !
Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé !
Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ?
Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous !
Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi...
À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir...
Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère...
Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux?
C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque).
Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour !
(à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
Un texte tiré de mon blog, je me suis bien marré à l'écrire et j'espère que vous en ferez de même à le lire...
PREMIER TOME, CHAPITRE III
La frontière indo-malaise...
Je la passai sans peine, à bord d'un beau bateau en bois. Le douanier moustachu m'appose le tampon d'entrée, tout va bien, il ne me reste plus qu'à attendre le ferry qui est censé m'emmener, pour ceux qui dormaient lors du précédent chapitre, de Bornéo à Sulawesi. Ch'ais pas pourquoi mais je me dis qu'il va être en retard...
En me promenant dans le port j'avise un panneau où il est écrit « désolé, le bateau est en retard de... », mais rien de précisé.
M'ouais, pour qu'ils soient allés jusqu'à faire un panneau à ce sujet m'est avis que les retards en question doivent pas être rares et même fréquents, ça confirme mes craintes. Et, le temps s'écoulant sans voir le bout d'une proue pointer le bout de son nez, mes craintes se trouvent en effet, et justifiées, et confirmées, et entérinées.
La salle d'attente est bondée d'une joyeuse pagaille. Ça clope bien sûr dans tous les coins et dans tous les sens, ça tchatche assis sur les bancs en plastiques durs ou par terre, la marmaille crie et court un peu partout, les déchets, jetés n'importe où et n'importe comment, s'amoncellent rapidement. J'avise une place de libre et m'installe, espérons que l'attente ne dure pas trop parce que le plastique dur précédemment cité n'est pas très confortable pour mes petites fesses qui, pour jolies qu'elles soient aux dires de certaines, n'en sont pas moins pas très rembourrées.
Je suis le seul pâlot et bien sûr je ne passe pas inaperçu, et très vite me voilà à donner quelques interviews car les indonésiens sont extrêmement curieux à notre sujet. Les sujets évoqués sont souvent les mêmes, à savoir en premier lieu de quel pays on vient, son nom, si on est marié et si on a des enfants ; et en second lieu des questions d'ordre plus général sur la vie dans les pays occidentaux, notamment l'histoire des quatre saisons. J'ai remarqué que ça les travaillait beaucoup car eux n'en ont que deux, la sèche et la mouillée, et puis ils ont du mal à conceptualiser la notion d'hiver. Quand je leur explique que c'est comme le compartiment à glace d'un frigo mais à grande échelle, et que, s'ils veulent venir un jour dans nos pays (vu que ça aussi ça revient souvent dans les conversations et que c'est même carrément un de leurs grands rêves), il faut qu'ils commencent par s'entraîner à dormir dans ledit compartiment, je déclenche des mouvements d'horreur, eux qui ont froid dès que la température descend en dessous des 28 degrés.
Tout d'un coup ça commence à s'agiter et je comprends que le paquebot est là. J'ai dit paquebot ironiquement, mais en fait c'en est bel et bien un qui s'offre à mon regard médusé, j'en tombe à la renverse !
Oui, un bateau de croisière, comme dans la série bien connue, un vrai de vrai avec sept ou huit ponts, ben ça alors, j'aurais pas cru...
Made in Allemagne m'apprend-on fièrement, gage, s'il en est, de sérieux.
Et de maintenance indonésienne, ajouté-je en mon for intérieur, là ça doit être un peu moins sérieux à mon avis...
Le bateau accoste, bon, allez, on y va. Mais en fait non, on peut pas y aller, l'accès à la jetée est barrée par de grandes grilles. Toute la foule se presse, dans une ambiance très cage aux fauves, et ça pousse, ça pressurise, ça bain de foule à qui mieux mieux, mais en pure perte car ça passe quand même pas, c'est bel et bien bloqué d'une barrière infranchissable en métal forgé à toute épreuve d'un bon quatre mètres de haut.
Des gens commencent à descendre et certains indos, des jeunes bien sûr, escaladent déjà les grilles et se précipitent à l'assaut. J'en vois même un qui est en train de grimper par la corde d'amarrage, ça n'a l'air de rien en le disant mais imaginez-vous quand même que la corde en question n'est pas droite mais en position oblique (donc le gars monte couché les quatre fers en l'air), et que le fier pourfendeur des océans fait huit étages de haut...
Puis soudain comme une clameur, on vient de lâcher les fauves, les grilles ont été ouvertes !
Ça court dans tous les sens, ça se précipite à hue et à dia, la bousculade est inimaginable pour l'occidental non averti et seuls les hommes valides y participent, on n'y voit ni un vieillard, ni une femme, ni un gamin. C'est qu'il faut être costaud pour cette confrontation, t'as pas intérêt à tomber mon pote car tu te retrouverais piétiné en deux-deux. Tu joues ta vie quoi...
Vu d'en haut ça ferait comme un grand V à l'envers formé de centaines d'individus, V qui se rétrécit devant la passerelle d'abordage et ondule au gré, non pas du vent, mais des efforts des composants du V pour se frayer un passage. La raison de cet empressement c'est qu'ils veulent tous choper un bon coin dans la classe économie, et quand on sait que la compagnie vend plus de tickets qu'il n'y a de places on comprend cet empressement. On le comprend par contre moins quand on voit la fameuse classe mais n'anticipons pas, nous n'en sommes pas encore arrivés à ce stade du récit...
Kelas ekonomi comme ils disent, pas cher, pas de numéro, pas de lit, pas de matelas, compter dix euros ou moins par vingt quatre heures, c'est la classe qu'utilisent la majorité des indos.
Si vous aviez vu la tête que je faisais au milieu de tout ça ! C'est que je m'étais bêtement laissé happer par la marée humaine et n'avais plus eu d'autre choix que de suivre la vague, une fois entré dans le maelström on ne le quitte plus...
Une petite anecdote mignonne :
sur les escaliers qui mènent au saint des saints (le pont économie) il y a un garde avec un gros bâton qui latte tout le monde sans distinction. Bim Bam Boum, tiens père/oncle/frère aîné et le reste de la famille, ça va t'apprendre à vivre ! Comme dit plus haut vu que j'étais encore bleusaille dans cet exercice de survie en milieu hostile je m'étais mis dans la première mêlée, sans réfléchir, l'instinct grégaire du mouton de Panurge à l'état pur quoi. Et je vois le moustachu avec son bâton, mal engagée l'affaire. Arrive mon tour, il lève son bâton, je me crispe pour accompagner le coup et... il m'épargne, magnanimité probablement due au fait que je suis un bule (prononcez boulé, ça veut dire albinos ou face de craie, c'est comme ça qu'ils nous appellent).
En tout cas, quand on voit ça alors qu'il s'agit simplement de monter à bord, on peut imaginer ce qu'il se passerait s'il y avait un vrai problème et que leurs vies étaient réellement en jeu. Remarque, si le bateau coulait je verrais assez bien les employés fermer les portes du pont économie (comme dans Titanic) parce que de toute façon il n'y a pas assez de places dans les canoës de sauvetage. Ils le font d'ailleurs tout le temps lors du contrôle des billets après chaque escale, au mépris de toutes les règles de sécurité (il faut dire à leur décharge qu'il y a beaucoup de gruge), une raison de plus qui explique pourquoi lors de mes voyages ultérieurs j'avais intégré qu'il valait mieux dormir au niveau du pont supérieur. Ben oui, s'il y a un problème pas de cohue, je suis juste à côté des chaloupes, il a l'air bête comme ça le naps mais il gamberge quand même un peu des fois.
Une raison de plus dis-tu naps ? Mais quelles étaient les raisons premières ?
Ah c'est bien, y en a au moins qui suit ! Les raisons premières, elles sont évoquées, et même dévoilées, n'ayons pas peur des mots, dans ce qui suit...
À force d'embarquements tous plus chaotiques les uns que les autres, et après certaines expériences de voyage dont il va être question, j'avais fini par comprendre qu'en fait il faut laisser passer la première vague de locaux et que ça ne sert a rien de s'affoler pour les places. Parce que tu dors où tu peux, mais surtout pas au pont économie. Ça crie et ça braille jusqu'à pas d'heure, et à cinq heures et demi du mat' ça redémarre avec la télé à fond, le premier réveillé l'allume. C'est parti, tout le monde se lève, retour à la case cris et braillage. Ils fument tous comme des pompiers, crachent partout et jettent leurs détritus où bon leur semble, et si t'es pas loin des chiottes t'as gagné le pompon, tu pourras chanter de tête « le bruit et l'odeur » à la fin de la traversée. Ça pue, il fait chaud, vraiment pas l'idée qu'on se fait d'une croisière dans l'archipel indonésien qui, comme il est pourtant écrit dans les prospectus touristiques qui se respectent, est « le plus grand archipel du monde dont chaque île est comme une perle qui s'égrène sur une mer d'émeraude ».
Z'ont pas du voir les employés balancer les sacs d'ordures à la baille ceux qui ont écrit ça ! Je me rappelle, la première fois que je les ai vus faire...
Le gars ficelle de gros sacs poubelle, après avoir balayé un peu partout et réuni, sans mentir ou presque, des tas d'ordures si hauts qu'on dirait des immeubles, puis, par une écoutille au préalable ouverte, balance le tout à l'eau. J'ouvre des yeux effarés et le gars me regarde, ben quoi, qu'est ce qu'il y a le bule, t'as jamais vu ça ou quoi ?
Ben non, j'avais jamais vu ça...
Un peu partout dans le bateau il y a des panneaux où il est écrit « ne jetez pas les ordures à la mer », mais je crois qu'ils auraient dû ajouter « laissez nous donc le faire pour vous, chers estimables et estimés passagers ».
Et plus tard, en discutant avec des gens qui habitent des îles plus ou moins sur le parcours de ces tas de ferraille et d'immondices flottants, j'apprendrai que souvent les sacs en question se retrouvent éventrés sur les plages, sympa...
Une fois que tu t'es trouvé une place peinarde dans un couloir tu y installes ta natte que tu avais achetée au préalable, et là tu es déjà un peu plus au calme (si tant est que tu as réussi à trouver un coin pas trop bondé).
T'as pas de natte ? Quel étourdi tu fais ! Ben va falloir dormir à même le sol alors...
Remarque normalement d'après le règlement, qu'il m'a été donné de lire, chaque passager en classe économie a droit à un matelas gratuitement. Mais tu connais la différence entre la théorie et la pratique, et souvent l'équipage les loue. Quoique des fois en la jouant fine j'ai eu réussi à en obtenir un sans payer, mais encore faut-il qu'il en reste car c'est loin d'être toujours le cas.
Bon, après tout ça y a le problème de la bouffe...
Il faut avant la traversée avoir eu la présence d'esprit d'acheter des provisions, sinon on est condamné à faire la queue misérablement, dans une atmosphère de réfectoire de prison et de loi de la jungle car ça coupe la file d'attente à tout va, pour obtenir le Saint Graal, à savoir : un peu de riz blanc, deux haricots cuisinés à l'eau et une tête de poisson. La visite des cuisines est par contre hautement recommandée si on a sa bouffe et en conséquence pas besoin de manger ce qui sort de ladite cuisine. Notamment les cuistots, bottes en caoutchouc aux pieds, ça vaut le coup d'œil !
Ensuite, la douche...
Les douches économie font plus penser à des chiottes qu'autre chose, là par contre je te les recommande pas. Les douches des troisième classe, un peu mieux mais encore assez réminiscentes d'un lieu d'aisance, le problème étant que les indos, quand ils ne pissent pas directement dans l'entrée (sur le mur ou par terre, ça dépend de la sensibilité de chacun et tous les goûts sont dans la nature), ont la sale habitude de pisser dans la douche (sans la rincer bien sûr), au lieu d'aller pisser dans les toilettes qui sont juste à côté, va comprendre pourquoi.
La bonne combine :
les douches de l'équipage au deuxième pont. Les seules à être relativement propres, car d'une part comme ce sont les leurs ils y font gaffe, et d'autre part la populace ignorant leur existence se trouve par là même dans l'incapacité d'y exporter son incontinence.
Une fois ces formalités accomplies tu vas voir venir à toi les locaux, si ce n'était déjà fait. Ils travaillent en équipe, quand l'une a fini de t'interviewer une autre arrive, l'ennui étant que les questions sont quasiment toujours les mêmes.
Au début c'est rigolo mais au bout de la dixième escouade ça lasse un peu dirais-je.
Le problème c'est que je n'ai pas le cœur de les rabrouer. Déjà ils ont de tels sourires désarmants que je n'arrive pas à les envoyer promener, et puis je me dis que je suis dans leur pays, qu'ils n'ont pas souvent, si jamais, l'occasion de rencontrer un étranger, qui plus est un spécimen qui parle leur langue, et aussi que, si pour moi c'est la ixième interview, pour le ou les gars qui sont en face c'est la première. Soupir, allons-y...
Et ne crois pas y échapper en faisant semblant de lire. J'ai essayé, ça les arrête pas, le keum te chope le bras :
hé mister, mister s'appelle comment ? Mister vient d'où ? etc.
Si tu fais style tu dors ça peut marcher, mais c'est pas gagné non plus. La seule chose qui les stoppe à coup sûr c'est si tu manges, parce que chez eux c'est pas poli de parler à quelqu'un en train de se sustenter, sauf que tu imagines bien qu'on ne peut pas se livrer à cette activité toute la journée, surtout si on a vu les cuisines quelques lignes plus haut.
Après, des fois on rigole, et pas qu'un peu ! Un petit pot pourri des sujets de discussion ? Je vous préviens, ça va chauffer, j’espère que les enfants sont couchés. Et quand à vous, tenez-vous bien...
Donc après les questions d'usage sur la famille etc. (voir plus haut), ça dégénère assez vite sur en dessous de la ceinture, sujet qui les intéresse vivement s'il en est, on pourrait même dire que ça les passionne (normal vu qu'il s'agit de passion). Pour commencer ils te demandent souvent si c'est vrai que chez nous les filles sont gratuites et que l'amour est libre. Et de là ça enchaîne...
Dis mister, chez toi quand vous faites Tac Tac, vous faites ça n'importe où dans la rue ?
Meuhhh non, quand même, on n'est pas des animaux !
Hé mister, c'est vrai que vous les bules vous avez des bicous plus gros que les nôtres (ça, ça les travaille à mort) ?
Ben je sais pas, j'ai jamais vu les vôtres...
Le mien, il est comme mon gros orteil mister !
Et moi mister, le mien il fait 12 centimètres !
Ah oui, en effet...
Mais toi mister le tien il est comme le bras, je l'ai vu dans les films !
Attention, les gars que t'as vu dans ces films c'était pas moi, et puis moi il est comme ma cuisse, comme le bras c'est petite taille !
Là le mec te regarde avec des yeux mi-admiratifs, mi-horrifiés, et tu te sens obligé de lui dire que tu plaisantais...
Une autre :
mister, comment on fait pour tenir longtemps quand on fait Boum Boum ? Parce que moi deux minutes et c'est fini, j'arrive pas plus...
Du coup on se lance dans un petit cours sur le sujet, mais que je ne rapporterai pas ici parce que je sens que je vais me faire engueuler.
Des fois ça dérive sur le :
mister connaît l'huile de cobra ?
Nan, c'est quoi ?
C'est de l'huile qui vient des USA, on s'en badigeonne le tchitchou et il devient plus gros. Je viens d'en acheter une bouteille, qu'est-ce que mister en pense ?
Fais voir...
Sur la bouteille on lit les précautions et recommandations d'usage mais, même si les ricains prennent parfois des libertés avec la version oxfordienne de leur langue, c'est écrit dans un si mauvais anglais que je doute que ça provienne des États-Unis...
Autre variante, bio celle-là :
mister, tu connais les feuilles de l'arbre machin chose qu'ils ont en Irian Jaya ?
Non, c'est pour quoi ?
Ben tu t'en enveloppes le zbibou et après un moment il double de taille !
Ça a l'air pas mal, père devrait essayer !
Non, ma femme est plus toute jeune la pauvre (car le type en question devait bien avoir la cinquantaine), je peux pas lui faire ça !
Encore une :
moi mister, quand je taquine la belette je mets deux capotes, comme ça mon truc il est plus gros !
Oui en effet, quelques microns de plus, y a pas de petit gain !
Il est temps de changer de sujet, pas que je me fasse accuser non plus de n'avoir que des conversations d'obsédé :
mister, il y a le soleil dans le pays de mister ?
Oui, bien sûr !
Et la lune ?
De même !
Et les étoiles ?
En effet !
Le gars ne dit plus rien, et je vois qu'il gamberge...
J'ajoute, pour finir et avant qu'on ne me traite de raciste et/ou de je ne sais quelles bêtises, que je ne me moque pas des indos, je les aime bien, même si leurs manières puériles peuvent devenir un peu fatigantes à la longue. Nous aurions sûrement les mêmes conversations que celles évoquées plus haut si, comme eux, nous n'étions pas ou peu allés à l'école, avions été élevés dans un système où tout est fait pour éviter qu'on s'ouvre l'esprit, et vivions dans des îles où on est loin de tout et n'a aucune ouverture sur l'étranger. Et puis de toute façon, la valeur d'un homme ne se mesure pas au nombre d'années qu'il a passé à l'école, ni à sa fortune. C'est un peuple jeune qui adore se marrer, ils sont très demandeurs à ce niveau avec tout ce que ça implique de bon comme de mauvais (le bon c'est que la vie n'y est pas triste, le mauvais c'est que certains aiment bien se moquer et à fortiori des étrangers, et aussi qu’il y a un énorme manque de sérieux généralisé dans le pays avec les conséquences qu’on devine sans peine), et hyper bon public à tel point que naps et ses vannes à deux balles se prend des fois pour le comique du siècle.
Une dernière, pour la route :
mais vous savez les gars, chez nous nos femmes elles sont pas faites comme les vôtres en Indo !
Ah bon ?
Ben oui, leur truc il est pas vertical mais horizontal !
Mais comment vous faites alors ?
On se débrouille, on se met sur le côté, tout ça quoi...
Ah dis donc, ça doit pas être évident !
Meuhhh non, je plaisantais voyons !
Et tout finit dans des rires, c'est l'Indonésie...
Après tout ça une bonne nuit de récupération quand même, tu l'as bien méritée !
Quoique si tu te sens y a encore la séance de cinéma de vingt heures trente. Annoncée au micro, elle met en scène de belles actrices (dixit le message), et il s'agit ni plus ni moins d'un film de fesses. Oh, pas un gros truc bien hard et bien sale mais une bonne pellicule érotique de derrière les fagots, et de quoi se rincer l’œil comme tu peux imaginer. Je le sais de source sûre car j'en ai été spectateur, et gratuitement en plus, un soir où un membre de l’équipage m'avait invité à visionner l'un de ces chefs-d’œuvre cinématographiques. Ça avait été intéressant, pas pour le film, parce que ce genre de choses ne m’intéressent pas en tant que spectateur (je préfère être acteur, mais sans spectateurs, je sais pas si tu me suis) et que j’étais parti au bout dix minutes, mais bien plutôt pour l'ambiance, très masculine, très moustachue et très enfumée. En indonésien ils appellent ça un échauffement, échauffement pour quoi je ne saurais dire vu la promiscuité qui règne à bord et vu que les toilettes ne sont pas très inspirants pour une galipette à deux ou un soulagement en solo.
Il est temps maintenant d'aller te coucher, tu as eu une journée bien remplie !
Vers quatre heures du matin le micro beugle en distorsion l'appel à la prière (où quasi personne ne va mais au moins les apparences sont sauves, faut pas oublier qu'on est en terre musulmane), puis sur le coup des six heures tes voisins d'infortune vont te réveiller car c'est l'heure du petit déj', qu'ils ne manqueraient pour rien au monde et on les comprend : du riz blanc mal cuit, un œuf dur et un peu de sauce qui pique, ça excite les papilles tout ça et il serait dommage que mister loupe ce mets de choix parce qu’il dort.
Dans certains bateaux il y a une grande affiche avec des photos de types qui ont la tronche explosée, et pas qu'un peu. Commentaire en bas :
voilà ce qui arrive aux pickpockets !!!
Discussion avec d'autres passagers :
oui, l'autre jour ils ont chopé un voleur et ils l'ont jeté par dessus bord. Mais ils ont quand même prévenu le Kapten (capitaine) le lendemain.
Ah bin ça va, sauf que le Kapten il a pas détourné le bateau pour autant. Et même s'il l'avait fait, sans coordonnées GPS tu penses un peu s'il aurait trouvé le pauvre gars...
Alors tu multiplies tout ça par le nombre de jours pour lesquels tu as signé et tu obtiens une croisière inoubliable, crois-moi. Surtout que je t'ai pas tout dit (et ne te le dirai pas quoi qu'il en soit, ça remplirait des volumes entiers), il y a aussi les armées de cafards, les escales, et bien sûr le meilleur pour la fin : tous les imprévus genre un moteur qui tombe en panne ou le bateau qui se tanque sur un récif de corail, voilà qui met du piment dans une vie jusque là un peu morne et tristounette...
Quoi ? Tu veux que je détaille ? Soupir encore, j'aurais dû rien dire. Bon, allez, c'est reparti !
Alors les cafards, ou les blattes, je sais pas trop (je suis pas entomologiste), sont légions. Les gros on les voit rarement, ils se planquent dans la cale. Par contre il y a donc ces légions de plus petits, sont-ce leurs rejetons, ou sont-ce une autre espèce, va savoir, mais ce que je sais c'est qu'ils courent partout et que contrairement à leurs aînés ou cousins les gros qui, eux, ne sortent pas quand il y a de la lumière (d'où la bonne combine de dormir la lumière allumée quand on est dans une chambre qui en est infestée, merci qui une nouvelle fois ?), ceux-là ont du développer une photophilie et s'adapter au fait que la lumière ne s'éteint jamais à bord (je te l'avais pas dit ? Exact, voici donc l'oubli réparé) et sont actifs vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C'est d'ailleurs à cette époque que j'avais pris le réflexe de vite refermer mon sac après l'avoir ouvert, pas envie d'avoir des passagers clandestins...
Ce sont ce genre de choses qui nous rapprochent, nous les hommes des villes où la nature fait cruellement défaut et qui en sommes si cruellement coupés, de la même nature et de ses beautés insondables, sont-y pas mignons les petits cafardous ?
Les escales, je m'en étais fait une justement pendant ce voyage et l'embarquement, vu d'en haut, ça valait vraiment le détour. Un ras de marée, un tsunami de têtes aux cheveux noirs essayant de monter à bord dans un beau ballet synchronisé en V majeur. Il y en a, les petits malins, qui essaient de tricher en escaladant la passerelle par les côtés. D'autres, arc-boutés sous leur charge, ne voient pas ce qui se passe devant eux mais poussent de bon cœur. Plus tous le reste de la troupe, sans oublier le moustachu bastonneur. Le plus surprenant étant que ça a l'air de bien leur plaire ce contact humain poussé à l'extrême, car on ne décèle que rarement de l'énervement ou des invectives.
Bon et sinon, tu avais été au courant de l'Umsini qui s'était planté sur un récif de corail à Nabire en 2001 ? Je parie que non, en France ça n'avait même pas dû paraître dans la rubrique des chiens écrasés, pourtant ici je t'assure que ça avait été l'événement de l'année.
Imagine l'Umsini en question, 140 m de long sur genre 30 ou 40 de large, 8 ponts, 2000 personnes à bord (enfin 2000 places, le nombre de passagers exact restant une inconnue dans cette savante équation), et évidemment tout l’équipement moderne qui va avec, GPS, cartes marines très précises etc. (t'es déjà allé dans la cabine de pilotage ? C'est intéressant), du bon matériel en somme. Seulement voilà, et désolé de persifler à nouveau mais tu commences à y être habitué, les officiers, je les connais les gabarits, ils sont souvent avec des filles.
D'où je tiens cette information ?
Je la tiens du fait qu'à ma grande époque (c'est à dire l'époque où la topographie de ces bateaux n'a plus eu de secret pour moi) je dormais quasiment à chaque fois dans le havre de paix et de tranquillité recouvert d'une moelleuse moquette qu'offre le petit couloir derrière leurs quartiers (au niveau du pont supérieur, ne t'inquiète pas, quoi qu'il arrive je ne suis jamais loin des chaloupes, je te l'ai déjà dit), et je voyais souvent passer ces messieurs avec des filles disons légères, pour ne pas dire de joie, d'après les locaux elles paient leur voyage en nature. Il m'a bien semblé voir aussi de la bibine, genre l'officier, dans son bel uniforme immaculé, une boutanche à la main et le rire gras, faisant pénétrer une créature (avant de pénétrer dans la créature j'imagine, mais je m'égare), que je subodorais n'être pas de sa famille, dans sa chambre.
Et quel rapport avec l’affaire qui nous intéresse ?
Patience, j’y viens…
Tout ça pour dire que, malgré le GPS et tout le reste, ils ont trouvé moyen de planter leur paquebot sur un récif de corail et le rafiot resta là, plus possible de le bouger. Je subodore encore, et c'est là qu'intervient le persiflage précédemment cité, que le type en charge du bateau à ce moment devait soit être bourré, soit occupé à lutiner une petite, soit les deux à la fois, soit carrément déjà parti au septième ciel et dans ces instants-là, comme chacun sait, les responsabilités sont le cadet de nos soucis, ainsi est faite la race humaine (je me sens obligé de rajouter un peu de philosophie pour ne pas qu'on m'accuse d'évoluer au ras des pâquerettes, vu que je viens quand même de révéler certains aspects on ne peut plus triviaux de nos petites existences terrestres)...
Gros titres dans les journaux, et grosse histoire au niveau national. Tentative de sortir le tcharafi, avec six cordes grosses comme le bras (je cite, d'après la feuille de choux), et devine quoi ?
Elles ont cassé !!!
Ben oui, pense un peu, six cordes pour un bateau comme ça, c'est comme si tu voulais tracter une voiture avec un fil à rôti...
Le temps passa et ça a fini par faire une semaine que le machin était tanqué. D'après les journaux les passagers encore à bord (car ils n'avaient pas tous été évacués) avaient tout ce dont ils avaient besoin à disposition (nourriture, eau etc.), ce dont je doute fort.
Pourquoi n'avaient-ils pas tous quitté le navire ?
Paraît-il que c'était rapport à ce qu'ils avaient payé leur ticket jusqu'à Jayapura (qui était encore à facile un bon jour et demi de traversée) et qu'ils ne voulaient pas le perdre, parce que le service après-vente, tu me suis.
Au final ils ont quand même réussi à sortir Umsini de sa prison corallienne, et il est parti à Singapour pour une révision.
Pourquoi Singapour ?
Ben c'est qu'il avait besoin d'une sacrée remise en état après toutes ces émotions et ma foi, les indos sont peut-être fiers de leur pays mais ils en connaissent aussi les limites au niveau fiabilité, si tu vois ce que je veux dire...
L'intéressant c'est que je l'ai repris une fois cet Umsini, un peu après la catastrophe. Ce que j'y ai vu me fait dire qu'à mon humble avis les indos restés à bord lors des événements ont dû stresser, et pas qu'un peu, car tout était cassé, et pas qu'un peu non plus. Je sais que même dans les autres bateaux beaucoup de choses sont hors d'usage, comme les robinets que j'ai remarqué ne pas tenir plus que cinq ans après la mise en service (les ayant presque tous pris leurs tas de ferraille j'ai pu me livrer à quelques comparaisons, dans un esprit évidemment rigoureusement scientifique), les pommeaux de douche disparus, les portes qui ne ferment plus, les pissotières vrillées (ils pissent des cailloux les indos ? Non, je t'ai déjà dit qu'ils pissent dans les douches. Dans les pissotières ils vident leurs bols de nouilles, ça bouche, la maintenance débouche mais ça revide des nouilles et ça rebouche, et fatalement au bout d'un moment la maintenance aussi elle en a plein les nouilles et elle laisse tomber. Ensuite certains malins doivent s'amuser à finir le boulot et ça donne des urinoirs qui pendent sur leur tuyau d'évacuation) etc. ; mais là, c'était pas comparable. Car je l'avais déjà pris avant l'accident cet Umsini et donc je le connaissais, c'est le quatrième plus vieux de la flotte et partant de ce fait il était déjà bien moisi, mais pas à ce point : des tags partout, les lampes explosées, les parois des douches fracassées, les portes dégondées et pour se laver il n'y avait plus qu'un gros jerrycan qu'on remplissait au tuyau...
Bon, je vous livre en vrac toutes ces considérations, mais je vais vous en demander à vous aussi de la considération, souvenez-vous qu'à l'époque où ce récit se déroule je n'avais pas été informé de tous ces paramètres vu que je n'en étais encore qu'à mon voyage inaugural. Et en conséquence je vous prierai de ne pas trop vous moquer de la maladresse dont je vais faire preuve dans les pages qui suivent, car j'allais de surprises en surprises, ou plutôt de chocs en chocs, retour à l'action proprement dite.
Après avoir passé l'homme au bâton, et après avoir survécu à la montée de la passerelle comme certains survivent à la descente des marches à Cannes, je me retrouvai dans la place. Tout de suite j'essaie de monter sur les ponts supérieurs, probablement mû par une certaine intuition car je vous jure sur la tête de Pelni que je n'avais pas lu le texte ci-dessus. Le satpam (sorte de garde) m'arrête.
Hep, mister va où ?
Ben en haut, ça se voit pas ?
Fais voir ton ticket !
Le voilà monsieur !
Désolé mister, c'est réservé aux passagers classe !
Là, je me sens obligé de faire une petite précision. Il n'a pas insinué que je n'étais pas classe, et n'aurait pas osé d'ailleurs vu ma prestance latine naturelle. Passager classe est une traduction littérale de l'indonésien et ça veut dire passager de première, deuxième ou troisième classe, par opposition au passager de classe économie que je suis et qu'ils appellent passager économie. Ce petit point de détail précisé revenons au récit...
M'étant donc fait éconduire poliment il ne me restait plus, tel Daniel entrant dans la cage aux lions, qu'à prendre une grande inspiration et me jeter à l'eau du pont ekonomi.
Bobobobobo, le tableau, comment vous décrire ça ? Ça va être dur car le vocabulaire humain est souvent trop limité par rapport la réalité…
Il s'agit d'un grand dortoir, avec des séries de genre de strapontins surélevés (normal pour des strapontins me direz-vous, et vous avez raison) sur lesquels s'entassent des grappes humaines. C'est noir de monde, il y en a partout. Sur les promontoires comme j'ai dit, mais aussi à côté, en dessous, dans les couloirs, devant les chiottes, partout vous dis-je ! Plus des gens qui vont et viennent plus ou moins chargés de colis, sacs, ballots et que sais-je encore. Ça braille, ça hèle, ça rigole, ça fuse dans tous les sens, et bien sûr ça se moque de mister qui a l'air bien paumé au milieu de toute cette agitation baignant dans une atmosphère moite, mélange d'humidité, de fumée de kretek et d'autres fumets plus ou moins identifiables.
Au moins la situation est claire, même si j'avais voulu dormir là-dedans j'aurais pas pu car il n'y a tout bonnement plus une place, sauf peut être un demi mètre carré pile à côté des latrines mais ça va, je passe mon tour.
Je traverse tout l'étage, même constat partout. À l'avant du bateau il y a un escalier, mais il est bloqué par une grille cadenassée et les indos me disent :
non mister, là c'est pour les passagers classe (même remarque que précédemment) !
Que faire ?
Je tente les escaliers extérieurs, ça passe, j'arrive sur le pont supérieur. Je vais et je viens comme dit la chanson, c'est occupé partout sauf à des endroits en plein cagnard. Je compte trois portes, elles donnent sur des halls qui mènent aux escaliers intérieurs. Une a l'avant, elle est fermée à double tour. Une au milieu, elle est ouverte mais c'est, une fois de plus, noir de monde. Une à l'arrière, idem.
Pas le choix, on va cuire au soleil…
Je déroule mon tapis de sol, et me prépare à goûter un repos bien mérité après toutes ces émotions. De courte durée qu'il sera le repos, car voilà déjà la famille hello mister qui s'annonce.
Ça démarre, au début ils me parlent timidement dans un anglais plus qu'approximatif et la plupart du temps limité à « where from ? » (d'où tu es ?) et « what is your name ? », quand pas seulement « name ? ».
Puis ils se détendent quand ils voient que je maîtrise leur langue.
Chouette, un mister qui parle indonésien !
Pour les conversations voir plus haut, je vais pas recommencer...
Remarque, j'avais oublié de mentionner un autre sujet qui les intéresse particulièrement à savoir la question de l'argent. Bon ça va, j'ai compris, je reprends...
Combien gagne mister ?
Là c'est difficile de répondre. Je ne veux pas mentir mais je ne peux pas non plus le leur dire, pensez donc qu'un mois de SMIC de l'époque ça faisait plus qu'un an de salaire local. Il faut noyer le poisson :
euhhhh ben tu sais, si je te disais combien on gagne chez nous ça te semblerait beaucoup, mais faut voir qu'en France tout est cher donc au final c'est un peu pareil, un café ça vaut tant, un paquet de clopes (la référence ultime dans le coin) c'est tant etc., et autres pirouettes du même acabit, la plupart du temps ça marche et ça me permet d'éviter de cracher le morceau.
Et un dollar ça fait combien de roupies mister ?
Je sais pas trop, chez moi on n'a pas des dollars, on a des francs !
Ah bon ? Je croyais que vous aviez des dollars. Mais vous faites pas partie de l'Amérique alors ? Pourtant vous parlez anglais ?
Non, pas vraiment ! L'Amérique c'est le contient américain et nous c'est le continent européen, entre les deux y a genre 6000 bornes d'océan Atlantique. Et quant à la langue, on parle français. Tiens, écoute :
je lui baragouine deux trois phrases dans notre belle langue, histoire qu'il comprenne qu'elle n'a rien à voir avec ce pauvre dialecte qu'est l'anglais.
S'ils ne sont pas très calés en géopolitique, au niveau foot en revanche ils en savent beaucoup plus que moi qui ne m'intéresse pas du tout, mais alors pas du tout, à ce sport. Ils connaissent les noms de la plupart des joueurs des grandes équipes européennes et sont au courant des derniers matches de la ligue je ne sais quoi. En plus la France avec un grand F venait de gagner la coupe du monde, et le prestige des tricolores rejaillissait en plein sur ma modeste personne.
Mister est français ? ZINEDINE ZI-DANE !!!!!!!!
Plus connu que Chirac le Zinedine, et en plus il est musulman, d'où admiration-identification encore plus forte. Et ils ne comprennent pas que perso je m'en tamponne le coquillart de tout ça.
Mister doit être fier d'être champion du monde !
Fier de quoi ? Moi je suis champion de rien du tout !
Mais si voyons, le pays de mister a gagné la coupe !
Bah ! J'ai rien gagné du tout, et d'une j'étais pas sur le stade, et de deux j'ai pas touché la prime !
Abîme d'incompréhension...
Autre sujet d'interrogations, le billet d’avion.
Il a coûté combien ?
Là c'est plus facile, je dis la vérité tout en néguant (noyer en provençal) le poiscaille :
je peux pas dire, je n'ai volé que jusqu'à Bangkok et j'ai fini par la route et la mer, atterrir directement à Jakarta ça revient trop cher !
OK mais quand même mister, vous avez des sous vous autres en Europe !
Oui, mais c’est pas tombé du ciel, figure-toi que par chez moi on bosse. Dans le temps on était aussi pauvres que vous, voire pire parce que chez nous il fait pas chaud toute l'année et que la nature est pas aussi généreuse qu'ici, il y avait même des famines. Ici, on plante une branche dans la terre et sans s'en occuper elle prend racine et donne un arbre. En France si tu veux des récoltes t'as intérêt à te bouger, et t'as intérêt à stocker en vue de l'hiver !
Pourquoi mister ?
Pourquoi ? Tout simplement parce que l'hiver y a rien qui pousse, il fait trop froid. Vous ici, vous êtes des fainéants, je le sais, vous dites de vous-mêmes que vous avez la « budaya santai » (culture du laisser aller) !
Gros rires des locaux, ils savent bien que c'est vrai...
Quand vous bossez une journée, le temps où vous travaillez vraiment c'est à peine une heure ou deux, et le boulot que vous faites il est pas droit parce que vous vous en foutez, vrai ou faux ?
Re-rires...
Si aujourd'hui vous avez bien gagné, demain vous n'irez pas travailler et vous vous la coulerez douce tant que les sous dureront, pas vrai ? Et dans les campagnes, souvent vous envoyez les femmes travailler les champs et vous les mecs vous restez au village à fumer la kretek et à boire du café, me trompé-je ?
Ah ben dis donc mister, tu connais bien la culture indonésienne !
Connaître bien je sais pas, mais disons que je suis pas aveugle...
Bon bien sûr je schématise, mais ce que je veux leur faire comprendre, sans rentrer dans un cours d'économie mondiale appliquée, c'est qu'on n'a rien sans rien et que c'est pas le tout que de vouloir avoir des sous, encore faut-il s'en donner les moyens.
Oui, mais ici c'est dur mister, y a la corruption et tout le reste !
En France aussi il y en avait, seulement mes ancêtres se sont battus et ont fait des révolutions, et le gouvernement a été obligé de partager un peu plus équitablement les richesses. Vous ici vous êtes trop dociles, vos dirigeants vous marchent de longue sur la face et vous ne dites jamais rien, tout ce que vous savez faire c'est vos petits plans et vos petites combines en douce !
C'est vrai mister, mais quand même...
Quand même de quoi ? Et les chinois alors ? - là j'enfonce le clou - Les chinois, ils sont arrivés ici en Indo à l'époque où la Chine crevait à moitié de faim, et ils avaient pas un radis. Et qu'est ce qu'ils ont fait ? Ils ont travaillé, et travaillé, et travaillé, comme des chinois quoi. Le résultat ? Beaucoup sont devenus riches alors que dans le même temps vous, qui êtes pourtant dans votre pays, vous n'avez rien fait et êtes toujours aussi pauvres, CQFD... Je comprends que vous n'aimiez pas trop bosser, mais dans ce cas il faut en accepter les conséquences et ne pas se plaindre ensuite !
En fait, jusqu'à il n'y a encore pas si longtemps ils acceptaient parfaitement vu qu'ils ne connaissaient que ça. Puis sont arrivés la télé, les films américains à deux balles, les médias, et ils ont commencé à voir comment on vivait dans nos pays. De là la donne a changé, sans parler du fait que tous ces films leur donnent une vision fausse de l'Occident car ce n'est pas tout le monde qui a une limousine de dix mètres de long et vit dans un duplex de 200 mètres carrés. Ils ne me croient d'ailleurs jamais quand je leur dis que je n'ai qu'un vélo, mister est riche et il a une belle voiture, c'est bien connu du reste, tout le monde sait ça en Indo. De nos jours Internet et les téléphones portables en ont remis une couche, mais en 1999 on n'en était pas encore arrivé à ce point et le moment n'est donc pas encore venu d'en parler...
Dernier sujet d'importance, la religion.
C'est quoi la religion de mister ?
Oulalah, question difficile ! Disons que je suis croyant en ce sens que je suis convaincu qu'il existe quelque chose de supérieur à l'homme et que je respecte toutes les religions, mais je n'adhère à aucune !
Pourquoi ?
Parce que même si la base est valable je pense que de nos jours elles sont toutes corrompues. Trop d'argent, trop de pouvoir, trop de combines, ça fait bien longtemps que le souffle des origines s'est perdu.
Mais alors quand tu seras mort comment tu vas faire ? Elle va aller où ton âme ? Parce que si t'as pas de religion tu vas aller en enfer !
En es-tu bien sûr ? Pour moi on n'est pas jugé vis à vis de sa religion, mais vis à vis du bien et du mal qu'on a fait. J'ai rencontré des tas de croyants qui étaient de sales types, et en contrepartie des athées qui étaient de supers mecs !
Oui mister, mais faut quand même choisir une religion, c'est important !
Je vous fais grâce de la suite de ces discussions hautement théologiques, et notamment de la question de la pertinence ou non de la carotte et du bâton suivant les époques et les civilisations, une fois de plus un abîme d'incompréhension s'ouvre et laissons le Bon Dieu se gratter la tête pour savoir où il va me caser après ma mort...
Et ainsi de suite, et ainsi de suite jusqu'à ce que, satisfaits, ils s'en aillent pour laisser la place à leurs confrères. Une équipe, une deuxième, une troisième et au bout de la je sais pas combientième je sature et déclare forfait, je m'allonge et fais celui qui dort...
Un peu plus tard, tiens, des occidentaux !
Ils ont du monter à un port antérieur car je ne les avais pas encore vus. En anglais dans le texte :
Salut !
Salut !
Les politesses d'usage puis on parle de trucs de blancs, de choses et d'autres comme on dit. Ils me demandent :
mais tu dors où ?
Ici même, sur ce tapis de sol sur lequel on est assis en train de cuire, et vous ?
Nous, on est en première (mazette ! Me dis-je en mon for intérieur). Tu veux venir dans notre cabine ? Tu peux même prendre une douche si tu veux, on a une salle de bain.
Ça c'est pas de refus, merci beaucoup, parce que les douches économie j'avais décidé d'en bifurquer !
Pas mal du tout ces cabines de première, si un jour j'ai une cops ça me dirait bien de m'en payer une, c'est romantique à souhait. Petite chambre à deux lits, salle de bain perso, tout ce qu'il faut pour ce genre d'aventure. Mais on n'en est pas là hélas, et après un moment je quitte mes hôtes et retourne à ma solitude (qui n'est pas si solitaire que ça si vous me suivez toujours).
Viens l'heure de la graille et je descends à la cantine. Queue d'un kilomètre de long et vas-y que je te pousse et te repousse et te passe devant, sainte patience. Le résultat est une maigre et peu ragoûtante pitance que je mange, pas par plaisir mais parce qu'il faut bien se sustenter. Et ne me dites pas que je suis un blanquet délicat parce que les locaux eux aussi se plaignent, et ils ont raison, le prix du billet est quand même assez élevé en regard des standards locaux et sans aller jusqu'à servir des filets mignon il ne serait pas très difficile de faire un petit effort et de balancer au moins une mauvaise sauce pour donner un peu de goût… Une fois fini ce festin digne d'Épicure je rapporte, comme un bon petit occidental que je suis, le plateau repas en fer cabossé là où je l'ai pris et m'aperçois que je suis bien le seul car les autres ont été abandonnés ici ou là un peu partout, j'en verrai même dans les chiottes.
Je remonte à mon palace sur le pont, le soleil a fini par tomber et la température aussi, y a du progrès. Ça repart de plus belle, mister par-ci, mister par-là, impossible d'être tranquille un moment. J'aimerais bien fixer l'horizon, les yeux perdus dans le vague, comme on dit dans les romans, histoire de voir l'effet que ça fait, mais impossible vous dis-je !
Tout d'un coup je me rappelle d'une conversation avec d'autres touristes qui m'avaient dit qu'ils avaient fini dans les cabines de sauvetage. Tiens oui, pas une mauvaise idée ça...
Normalement l'accès en est interdit mais comme disent les indos :
les règles c'est fait pour être transgressé !
Ahhhhhhhh, quel bonheur, enfin seul !
Je m'allonge et me détends….
Au bout de même pas cinq minutes :
hello misterrrrr !!!
Oh non, c'est pas possible, y en a qui m'ont suivi...
Cette fois ça suffit, tant pis si je passe pour l’étranger mal poli de service mais fini les interviews, j'en peux plus. Les gars m'interrogent, je réponds pas, désolé, j'ai déposé le bilan. Je finis par m'endormir, avec le ciel pour toit, une banquette en fibre pour lit, et une bonne demi-douzaine d'indos autour de moi qui, ayant trouvé la combine bonne, ont décidé de squatter là eux aussi.
Je passe sur la journée du lendemain parce qu'on m'a dit que dans les livres il fallait éviter les répétitions, paraît-il que ça lasse les lecteurs. Toujours est-il que les côtes s'annoncent, puis se dessinent pour de bon, et finalement nous voici arrivés au port de Pantoloan, à quelques kilomètres de Palu la capitale de la province de centre Sulawesi.
Ça faisait déjà bien une heure que les indos s'entassaient devant les portes et jouaient au pousse-pousse, mais j'avais décliné l'offre et attendis sagement qu'on ait réellement accosté avant de me rejeter dans la mêlée, chat échaudé craint l’eau froide !
Pourquoi naps, pour descendre aussi c'est le foutoir ?
D'après vous ? Sans commentaires, surtout que c'est plus coton dans ce sens vu les lois de la gravité...
Une fois sur le plancher des vaches moins deux je l'embrasse, à l'instar de l'autre hypocrite que ses amis mafieux vont bientôt canoniser (quoi ? Je suis vraiment vilain de parler ainsi du saint homme et de la sainte institution qu'il représente ? Ouais t'as raison, j'espère qu'ils me donneront l'absolution quand j'expliquerai mieux le fond de ma pensée d'ici quelques chapitres). Je m'abstins toutefois, le sol étant, comme toujours dans ce genre d'endroit, vraiment trop immonde. Un mélange de boue, mégots de clopes, résidus de mouchages à la rugbyman et déchets en tous genres, tant pis pour la sainte canonisation.
À ce stade je m'étais juré et, croyez-le ou pas, bien juré, que jamais au grand jamais plus jamais ça ! Sans savoir que c'était loin d'être la dernière, que je finirai par m'y habituer, par devenir un spécialiste de cet exercice de haute voltige, et même, même par apprécier...
Et la Pelni me direz-vous ? Je vous l'ai déjà présentée en fait, et il n'a d'ailleurs été question que d'elle tout au long de ce chapitre, c'est le nom de la compagnie qui opère ces bateaux.
Bon mais là pour l'instant ma préoccupation était de tracer la route le plus vite que possible, et d'oublier ce traumatisme dans mes petites îles avec vue sur l'équateur...
et voilà après un mois sommes de retour chez nous ...
Je ne connaissais pas l 'Indonésie , mais j'avais hate d'y aller car ce pays semble fasciner tant de voyageurs que ma curiosité n'a pu résister longtemps ...
Comme souvent , tout est relatif , ce qui est transcendant pour certains semble fade pour d'autres et un voyage réussi dépend des expériences et des rencontres , de la météo , de se coéquipiers etc ... etc ...
Nos objectifs :
JAVA est arrivée à SURABAYA , volcan Bromo , Mallang , volcan Kawa Ijen , parc de Baluran pendant une semaine
Puis passage du détroit de bali , cote sud jusqu à Denpasar et 2 nuits à Kuta ...
Enfin et c'était l'objectif principal de cette découverte vol Denpassar - Makassar - Bira -ile de Likuang - Sengkang- pays torraja- Pendolo- lac Poso - Tentena - Ampana - iles togeans - Gorontalo - Manado et les iles Bunaken 3 semaines ...
L'impression générale :
Très beaux paysages que ce soit Java est , Bali et Sulawesi ....le peuple est très agréable , pas une seule prise de tete en un mois malgré la coruption des policiers de la route à Bali , le marchandage parfois apre avec les hoteliers et guides et chauffeurs de taxis et bémos où tuk tuk ....
J 'ai bien aimé la nourriture locale riz , poisson ( ikan ) , ayam ( poulet) et la multitude de fruits peu connus , certains délicieux , d'autres au gout étrange ...
La santé a été au top malgré qu'on a gouté très souvent les repas sur les marchés locaux ...
Au retour néanmoins il a fallu traiter une infection de plaies due à des érraflures sur le corail .
J'ai trouvé la vie vraiment bon marché malgré le taux de change assez défavorable de l'euro ...1 euro= 11700 rupiah
L'indonésie est un pays a majorité musulman mais réelement ce n est pas un problème , pas le moindre souci pour les photos meme les femmes ne sont pas affolées par les photos , les mosquées ne sont pas spécialement attirantes donc meme pas tenté d en visiter une ... les paysages sont superbes mer et surtout sous l'eau ...
Les photos ils en raffolent et meme en re-demandent : j 'ai souvent fait des photos pour faire plaisir tant la demande était pressante . autant dire que les portaits en Indo c'est pas un problème ....
Mes préférences :
SULAWESI , plus sauvage , la culture torraja et les iles togeans , Manado une ville agréable ...
JAVA , le volcan Kawa Ijen , le site naturel du parc de bromo , la ville de, Malang et ses environs
BALI , la vie noctune de Kuta , un soir ça suffit ...
Bali reste pour moi une ile à découvrir en couple ce sera pour une autre fois ...
Surpris par :
l'état de la mer parfois très sale en surface , meme dans un paradis comme les TOGEANS
( courants marins amenants des détritus )
Mon carnet sera rédigé jour par jour au fur et à mesure de mon temps disponible ...
Nous sommes partis à 4 sapeurs pompiers amateurs de snorkeling , de découvertes , de belles plages pour nager , de nouritures locales , de petits treks et aussi de faire la fete un peu quand l'occasion s'en présente ...
Avons privilégié 2 fois la location de voiture avec chauffeur
( à quatre on gagne du temps et ça ne revient pas plus cher que les transports locaux )
Pour les Togeans nous avons loué une banca avec son "captain" pour vagabonder d' ile en ile ( très sympa ) et pas tres cher : 8,5 euro par personne et par jour ...
Conclusion :
Un super voyage de découverte , avec des amis , qui m'a permis "d'accrocher " , avec ce pays tellement cher à de nombreux voyageurs , amoureux de l'Asie du Sud est - et m'a donné l'envie d'y revenir très vite ....
Je choisirais Bali avec mon épouse car elle va adorer , je tenterais de l'amener sur les sentiers sasaks de Lombock mais c'est pas gagné d'avance et pour moi ce sera encore des coins plus sauvages que Sulawesi , les iles , les pecheurs , les petits paradis perdus ...et j'en connais déjà ...
Bien que je n'aime pas faire de comparaisons je dois dire que mon pays de coeur , l'Ethiopie n'est pas pret de perdre sa première place ... mais ça c'est une autre histoire ...l 'Afrique a un coté envoutant et mystérieux ...
Le Yémen aussi reste loin devant car 10 ans après je peux pas oublier ce pays des mile et une nuits !
Bon ça y est on est partis pour un mois !
Portrait des co-équipiers : photo 1 de G à D : Joan, Jacques, Nicolas , Chris
Jacques : 65 ans , un ami de longue date avec qui nous avons partagé plusieurs voyages dans des pays insolites : Ethiopie , ladakh en Inde , sikkim en Inde , il est retraité sapeur pompier et en plus on a bossé ensemble quand il était en activité ; aime les petits treks , la découverte , et voyager à son rythme ...et faire des achats de babioles à revendre sur les marchés !
Joan : sapeur pompier , 30 ans - on travaille dans la meme caserne ; c est un jeune sportif , franc et direct - j'aime beaucoup la spontanéité de Joan meme si parfois ça lui joue des mauvais tours , c'est un garçon très adapté aux voyages qui a déjà pas mal de destinations à son actif - il voyage à l 'économie ( surement en relation avec ses moyens ) - on a des points communs : il voyage avec ses potes et aussi avec sa copine .
Nicolas : sapeur pompier , 34 ans - travaille aussi avec moi dans le meme centre de secours - c 'est un sportif accompli surtout dans son rayon la boxe - il a décroché le titre de champion mondial dans sa catégorie lors des Jeux Mondiaux Sapeurs Pompiers-Police l 'an dernier à Vancouver - bref un vrai garde du corps pour les 2 anciens - mais rien ne laisse paraitre cette force tranquille - on a voyagé ensemble au Sikkim - et cette année particularité il est parti en congés sans solde 3 mois en Asie - c'est le seul célibataire " officiel " du groupe et je vous en dis pas plus sur ses motivations à découvrir l'Asie et son peuple ...
Christian : chris06 sur VF - je serai le narrateur du périple - sapeur pompier , 55 ans pas encore retraité merci Raffarin , cliquez sur mon profil pour en savoir plus ...
Lundi 3 Mai 2010 : vol de NICE à KUALA LUMPUR c est le départ !
Départ de Nice par vol Emirates direction Dubai - le vol est désormais direct , plus d'escale à Rome ...
Nous sommes 3 au départ car notre copain Nicolas est déjà aux Philippines depuis un mois !
On doit en théorie se retrouver à Kuala Lumpur demain ...je dis bien en théorie car Nico a dèjà eu tant d'aventures aux Philippines que je suis un peu incertain sur note RDV à Kuala Lumpur ...
Atterrissage de nuit à DUBAI : toujours aussi impresionnant l'approche de nuit de cette ville au bord du désert ...
L'aéroport de Dubai n'a plus de secrets pour aucun de nous trois , il y a 2 heures à trainer ce n'est pas très long ...
Première surprise du voyage et première petite frayeur : sommes sur la piste depuis 3h30 du matin et toujours pas de décollage ...Que se passe t-il ? Problème technique nous répond l'hotesse ...en fait il s'agit d'un problème sur un ordinateur de bord et la réparation prendra 3 heures ....Ce n'est finalement que vers 6h30 du matin avec 3 heures de retard que le 777 s'arrache au sol des Emirats ...Un rapide calcul et tout va bien , il n'y aurra pas de conséquences pour la suite du trip .
Le vol se passe bien et vers 16 h on se pose à Kuala Lumpur en Malaisie .
Le service à bord d' Emirates subit aussi la crise car les repas sont de plus en plus simples ...
Joan trouve de suite le bus pour le centre- ville et après une bonne heure de trajet nous voilà à Chinatown à notre hotel où l'on retrouve Nicolas arrivant de Manille . Première étape remplie !
Nous passons la soirée au restaurant panoramique de la tour de TV - Nous avions réservé le repas du soir et j'ai bien aimé la vue des Twin Towers et de la ville de KL la nuit , depuis le restaurant tournant - bon repas aussi style buffet , avec beaucoup de choix et non stop - le vin est en sus et le prix du repas est quand meme de 30 euros environ tete !
rentrée à pied à l'hotel pour digérer un peu , l'atmosphère est chaude et humide comme d'hab dans ces pays .
Nous avons nos chambres ( très clean ) au d' Oriental Inn sur chinatown pour 50 MYR - A Chinatown beaucoup de choses en vente à des prix défiant toute concurence mais plus faux que ça y a pas !
Mardi 4 mai : cap sur JAVA en indonésie - nuit dans le parc de BROMO photo 2 caldeira du Bromo
Bonne nuit de sommeil réparatrice du vol depuis Nice et ce matin , tous à pieds pour la gare de bus vers LCCT le terminal low cost de Air Asia . Petite surprise la gare des bus est en travaux et c'est dans la rue sur la grande place qu il faut attendre le bus direct pour LCCT ...Avec Jacques on va se boire un café sur bar de la grand place , en attendant le bus .
Celui est ponctuel et Joan et Nico qui attendaient à l'arret nous appelent à grands cris pour le départ !
une heure de route encore et nous voilà au LCCT - Cet aéroport est super moderne et bien pratique - L 'embarquement se fait sans problèmes et ponctuel vers 10h30 take off pour SURABAYA dans un airbus flambant neuf de AIR ASIA pour moins de 50 euros le trajet ...
Deux heures trente de vol et voilà l'ile de Madura et l'approche de JAVA . A nous l'Indonésie ! ! !
Change à l'aéroport de SURABAYA après avoir comparé un peu les différents bureaux , le meilleur taux est juste dehors à 11700 pour un euro ...on ne retrouvera plus ce taux tout au long du mois et on a bien fait de changer le maximum ...
L'euro est en perte de vitesse , pas bon pour les voyages tout ça !
Notre chauffeur est sympa : il s'appelle PARLANG et nous attend devant la sortie des arrivées - un minibus digne de ce nom nous attend sur le parking au grand soulagement de Jacques qui aime bien son petit confort ....
Nous prenons de suite la route pour le sud , pour l'étape de ce soir à Cemoro lavang objectif de demain parc de BROMO TENGER SEMERU . Arret sur le site du volcan de boue qui a ensevelli un village entier : impressionant les geysers de boue au loin et quelle chaleur sur la digue d'ou l'on peut observer le spectacle . Quelques indos essayent de nous faire payer un droit de vue de la digue mais nous ignorons totalement ce genre de racket ...
C'est de nuit que nous arrivons à CEMORO LAVANG et c'est bien dommage car le paysage est de plus en plus beau au fur et à mesure que l'on monte vers le BROMO .
On s'installe dans un petit cottage au Cafe Lava Hostel réservé par internet - ...300.000 / la chambre twin avec breakfast
Dans la soirée Parlang nous emmene au bureau des guides où nous négocions notre jeep pour demain : montée au Penanjakang , puis piste vers le Bromo , retour à Cemoro Lavang pour le breakfast et le chauffeur nous accompagnera jusqu au bout de la piste dans la caldeira , notre but étant de trekker jusqu'à la piste qui se trouve sur la face sud de la caldeira ...Parlang fera le tour et nous rejoindra au petit village trouvé sur la carte au bourt de la piste .
Repas du soir dans un petit warung proche du Lava Hostel ( Nasi goreng) et Première Bintang bien fraiche .
on traine pas ce soir pour se coucher car demain lever matinal pour etre au lever du soleil sur le sommet !
Jeudi 6 Mai : journée dans la caldeira du Bromo - nuit à MALANG
lever très matinal , 4 heures du matin , après avoir reçu un coup de fil de la famille niçoise à 3h15 du mat ( mon fiston éthiopien n'a pas encore compris le décalage horaire ...)
le jeep pour nous emmener à Penajakan est là et une agitation regne dans le village , nous ne serons pas seuls c est sur !
il faut presque une heure de trajet par une petite piste pour y arriver : la foule est dense et tout le monde dans la pénombre attend le soleil sur les volacans Nous passons deux heures avec le paysage connu de carte postale : mont batok devant , avec le Bromo qui fume beaucoup et en toile de fond le majestueux volcan Semeru qui ce natin n'émettra que deux timides hoquets avec panache pour la grande joie des photographes ...La caldeira à nos pieds est vaste et très verdoyante en cette fin de saison des pluies ...
Par une piste en mauvais état nous descendons dans la caldeira près du mont batok et c est en une petite heure de marche que nous allons au Bromo . La fin de la marche se fait par une volée d'escaliers assez raides te nous voilà au bord du caratere du bromo qui fume pas mal - De nombreuses personnes font la montee avec des mules qui sont louées par les gens du coin ...
Nous retournons sensuite prendre notre petit déj au lava hostel , et notre chauffeur comme convenu nous conduit dans la caldeira coté est jusqu'à la fin de la piste carrossable .C'est une très belle marche de 2 heures environ dans un cadre hyper verdoyant que nous faisons pour rejoindre la petite route menant à MALANG de l'autre coté de la caldeira .
BNous ne trouvons pas le village de Jemplang où nous devions retrouver Parlang et le minibus et decidond donc de continuer jusqu au village de NGADAS .
Le paysage est superbe , beaucoup de cultures en étage à flanc de montagne , la région est tres prospère en fruits et légumes .
A NGADAS nous trouvons un petit warung pour un bon repas local complété par des fruits . Parlang nous retrouve facilement dans ce village où le passage de 4 "bullé " n est pas courrant !
Vers 15 heures sommes à MALANG une agréable ville de montagne où nous descendons à l hotel Hélios 150.000 la twin bien confortable petit déj inclus .
Ballade en ville au centre appelé alun alun , grand jardin central et plein de monde en cette fin d'après midi , montreurs de singes acrobates , serpents , ballons et fontaine avec en face la grande mosquée de la ville .Le Pasar Besar ( marché aux oiseaux est sympa à voir et typique , nous allons ensuite au marché aux fleurs tout proche )
Pour le soir c est en tricycle négocié que nous essayons de trouver l'adresse d'un resto sympa ...Joan monte a la place de notre pédaleur qui n en peux plus telement il est vieux ...
Finalement on ne trouve pas le resto recherché mais un autre qui a le meme nom et qui fera l'affaire ...
On goute à la spécialité du coin , le martabak , sorte de chausson fourré à la viande oignons légumes . moi j'ai choisi un nasi Rawong et un ecxellent jus de fraises
notre repas de ce soir nous a couté environ 5 euros à 4 !
Retour en tricycle , négocié par Joan qui va devenir acharné en marchandage mais ça lui plait bien ça ...
Arret dans un café internet proche de l hotel où je donne des nouvelles à tout mon petit monde resté en France 1h30 de connexion 6000 RP- couchés vers minuit ...
Vendredi 7 Mai : matinée dans les montagnes de Malang puis route vers SEMPOL près du Kawa Ijen .
Ce matin prenons le petit déj à notre hotel ( compris dans le prix de la chambre ) En regle générale les petits dejeuners en Indo ce n est pas un cadeau : café où il y a à boire et à manger , le mieux est de choisir le thé , deux toasts rachitiques de pain de mie , et un peu de confiture enfin de quelquechose de chimique sans aucun gout mais très colloré . Parfois on a des fruits de saison et là ça sauve le petit déj ...
Nicolas est parti vers Western Union ( problèmes de trésorerie) plus recherche d une laverie express ...
Le reste du groupe allons au marché principal de la ville . Jacques me sauve la défiguration car pas encore assez habitué avec cette putain de circulation à gauche je me suis engagé et suis passé à 5 cm du rétro d'un camion qui m'aurrait pas fait de cadeau si Jacques ne m'avait stoppé à temps avec son bras ! Merci Papy ...sans toi Marité ne m 'aurrai pas reconnu ! Va falloir que je fasse gaffe !
Le marché est très actif plein de fruits , légumes , viande , poissons etc ...Nous achetons 3 ananas , des starfruits et des dokis fruits gris de la grosseur d un oeuf de pigeon déjà goutés hier dans le petit warung de Ngadas . Joan trouve une cuiller en bois local à 2000 ( pour tourner la polenta ) 0,2 euros c'est sur en France y a pas .
Vers 9 heures on démarre pour les sources chaudes de BATU , mignon petit village de montagne à une heure de route agréable de Malang . en fait c'est à SONGORITI que se trouve ce complexe d'eau marron et chaude avec quelques jets "massants " où nous passons une heure de détente ( 15000 / personne )
Il est temps de prendre la route vers Ijen - arret en route au temple de SINGOSARI ( un seul monument dans un grand jardin luxuraint mais rien de plus à voir - Une trentaine de kilomètres plus loin on s'arrete dans un warung pour notre repas de midi . Je prends un BAKSO compur avec riz dans une feuille de bananier et on fini les fruits achetés ce matin au marché .
Le reste de la journée sera de la route agreable car nous sommes bien instalés dans notre minibus à l'aise pour étendre les jambes et somnoler parfois ...
Arret café biscuits dans une station d essence : en Indo les stations sont full tout le temps ; des queues de cyclos , de camions , de tuk tuk , bref une demi heure c est la moyenne pour faire son plein !
la nuit tombe et après une erreur de trajet de parlang nous attaquons la partie montagneuse et plus sinueuse - la végétation est très dense : arrivée à l'ARABIKA homestay vers 2 heures qui sera notre gite étape de ce soir . Payé 170.000la twin , eau chaude par système gaz , repas simple riz sauce tomate oeuf frit - douche , journal de bord et dodo ...
On a eu today OTTo le patron de l agence de location de notre minibus au téléphone et il est ok pour la modif du programme qu on a décidé ensemble : au lieu d'aller vers le parc de ALAS Purwo , diffille d'acces ne cette saison on gardera le minibus jusqu à DENPASAR moyenat juste le rajout du prix du ferry aller retour entre JAVA et BALI - Cela nous permettra de visiter le parc de BALURAN au nord et de garder le bus jusqu à BALI .
Samedi 8 mai : un site à voir absolument ... cratère du kawa Ijen ( photo 4 )et les porteurs de souffre
Au réveil le paysage est superbe : en fait l'Arabika homestay est au milieu d'une plantation de café - on déjeune sur la terrasse puis sans trainer nous partons pour le kawa ijen ...
La route traverse des plantations de café et vers la fin est très étroite avec végétation luxuriante jusqu 'à Pos Palduting le point d'entrée du sentier vers le volcan .
Ici on paye le droit d'entrée dans le parc national . Le sentier jusqu' au bord du cratère est assez raide surtout au début il y a 3,3 kilomètres en tout .
Aux 2/3 du parcours se trouve le poste de pesée où les porteurs de souffre pèsent leur charge pour etre payés puis le sentier est moins raide plutot à flanc de montagne et on arrive au bord du cratère . Le paysage est plus désertique mais la vue du lac bleu turquoise au fond entouré par les volutes de souffre est merveilleuse . Je conseille à tout le monde surtout en début de saison de partir le plus tot possible car très vite les nuages arrivent dans la matinée ...Jacques décide de nous attendre en haut et avec Joan et Nicolas on attaque la descente vers l'enfer du kawa ijen ...
J'ai bien fait de prendre un masque parce que en bas ça peut vraiment se gater . Tout dépend du vent et s il tourne à un moment on se retrouve pris dans le nuage de souffre et là c est pas le pied . Au début la descente est cool et trop lente car il faut sans arret croiser les porteurs hyper-chargés et les laisser passer car c est vraiment un travail inhumain que de remonter ces paniers chargés de blocs de souffre jusqu à la gueule ! Arrivés près de la source de souffre liquide d un jaune -rouge éclatant le vent tourne . je vois Nicolas et Joan avec leurs masques sur le visage se faufiler dans le goulet , j'attends plus haut que le nuage change de direction et j en profite pour faire quelques photos . Au bout de 10 minutes ça se dissipe et je descends au fond . Je suis tout près de la source et j 'entends les travailleurs casser les plaques de souffre près du lac turquoise ...soudain re-virement du vent et le nuage me revient dessus - petit moment d'angoisse car l'air est irrespirable , je mets vite mon masque et me planque dans un trou à coté d'autres ouvriers eux n ont qu un mouchoir sur le visage . Les yeux commencent à me piquer de trop et je remonte pour échapper au nuage irritant . je me demande où sont passés Nico et Joan ... mais en fait ils étaient déjà remontés . A la limite du nuage je reste encore 10 minutes pour faire des photos et c est la remontée de une bonne demi-heure . Quand je resords du cratère il pleut un peu et tout le monde a mis les kways pour la redescente . On arrive juste au parking car la pluie c est parti bien fort maintenant . On décide donc de manger au resto sous la tonelle . le nasi goreng est super bon et le dessert ce sera un durian le fruit qui fait penser à un camembert ayant passé 2 jours au soleil ! L'odeur est plutot dégueulasse mais le fruit est bon quoique l arrière gout ...( en fait on mange ce qu il y a autour des gros noyaux à l'interieur de la coque du fruit )
La redescente vers Banyuwangui se fait sous un déluge par une toute petite route enfouie au milieu de fougères arborescentes geantes . Nous avons pris un couple de hollandais que nous laisserons au ferry de Ketapang - Sur la cote la pluie n est plus qu un mauvais souvenir il fait meme très chaud ! On s'arrete dans un petit cyber café pour réserver nos 2 nuits à bali . Joan et Nicolas très interressés par le choix des chambres et de l'endroit , se chargent de cette mission et trouvent de quoi loger tout le monde 2 nuits à Kuta au grand dam de Jacques qui préférait Sanur .
Pour moi pas de problème , je nai jamais mis les pieds à Bali donc pas de préférences ... Nous continuons la route vers le nord pour le parc de BALURAN où nous avons l'intention de passer la dernière nuit sur JAVA .L'entrée est au bord de la route principale . C'est un parc de savane type africaine avec au fond les montagnes volcaniques et au nord bordé par la plage de mangroves . Nous roulons jusqu 'à BEKOL mais l'hébergement est vraiment très très rudimentaire et il n'y a pas le moindre espoir de manger quoi que ce soit ... Encore un petit espoir car il existe des bungalows sur le bord de la mer quelques kilomètres plus loin : tout est full et en plus pas vraiment génial comme endroit . Dans la savane on réussit à approcher des sortes de biches ... A la tombée de la nuit nous décidons de revenir dormir près de l'embarcadère pour Bali vers Ketapang qui n' est pas si loin ...Trouvé hotel INDAH à Ketapang , négocié 2 chambres grand luxe pour 170.000 la twin petit déj inclus et surtout trouvé un petit warung sympa mais avec dessert surprenant : pankake banane avec fromage rapé fondu dessus ( très bizarre )
Les textos passent bien d 'ici avec la France et ce soir ce sera soirée échange de textos avec ma petite famille en France et mes frères ...puis muzic , lecture et dodo ...
(puisque vous m'avez demandé plus de texte, c'est chose faite ...et avec les photos....bonne lecture !!!)
Finis les embouteillages, la pollution et la vie trépidante javanaise, nous voici arrivés depuis le debut d'apres midi, avec mon pote Brice, en papouasie , à Sentani près de Jayapura.
Les visages ont changé, les têtes sont plus rondes, les cheveux crépus et les dents usées par l'acidité de la noix de bétel.
Les papous sont de petites tailles même si ici , vivent encore beaucoup d'indonésiens venus de java.
Nous partons demain faire un aller-retour sur Jayapura y réserver un vol pour Wamena et récupérer notre laisser passer indispensable(surat jalan) pour pouvoir continuer notre route.
L'air est saturé en humidité, la température avoisine les 35°, autant dire que l'on est trempés du matin au soir et que la douche(casserole) n'y change rien.
Bon...il est temps pour nous de nous rendre a Wamena....ce que nous effectuons avec un petit vol d'une heure et demi.
A Wamena, comme dans le reste des villes de papua, les indonésiens rapportés de java et d'ailleurs dû a la politique de sédentarisation du gouvernement contribuent aux changements de mode de vie des papous.
Ainsi la ville est a la croisée des civilisations....Pendant que des papous pantalons-baskets arborent fièrement un t.shirt troué de thierry henry ou ronaldo importé de jakarta, d'autres d'un autre temps, arrivant tout droit de la jungle munis de leurs coupe-coupe, se distinguent avec un très léger étui pénien!!!
Tout est contraste......les maisons bétonnées aux toits tolés cotoient les huttes paillées traditionnelles en campagne, alors qu'en ville, ...l'eglise flirte gentillement avec la mosquée.
En l'espace de 2 minutes, on peut tout aussi bien s'imaginer dans une bourgade quelconque d'indonésie, ou plonger tout droit dans le néolithique.
Ces 2 derniers jours, nous préparons tranquillement notre périple d'une quarantaine de jours dans la vallée de balliem et chez les korowais, et visitons aussi quelques villages Dani.Ces derniers ont mis un pied et demi dans notre civilisation , seuls les vieux papous perpetuent les traditions avec bien sur aujourd'hui, la notion de l'argent en plus.....Ils sont très amicaux et attachants et un tantinet plus timides que les indos.
Nous acquérons l'autorisation de territoire (surat jalan) sans aucun problème auprès de la police locale.
le concours de massacre de moustiques dans la chambre avec Brice est en cours......mais d'ou sortent ils !!!!
Nos sacs sont prêts mais nous avons dû nous séparer de quelques affaires, surtout vestimentaire pour alléger notre sac et nos épaules qui vont être contraintes a dure epreuve.Nous les laissons a Santani, elles nous épargnent aussi de payer une surtaxe a l'aéroport.
Afin de préparer nos treks du mieux possible, nous venons d'acheter sardines en boite, céréales, café, sucre, nouilles et 4 kg de riz, en plus du lyophilisé rapporté de france, qui s'avèrent indispensables mais rajoutent du poids a nos sacs.
Nous prévoyons aussi duvet, couverture de survie, cape de pluie, médicaments, filtre a céramique, couverts et gamelles pour cuisiner, bâche de protection, , moustiquaire, ....et le strict minimum vestimentaire.
Nous estimons donc commencer par un trek d'une dizaine de jours avec porteurs a travers la montagne dans les tribus yali, ethnies de chasseurs cueilleurs.
L 'excitation monte....on ne sait du tout ce qui nous attend......
Les transports sont les pires qu'il soit...jamais vu pires poubelles ailleurs !!!!!!
Le tableau de bord est absent, mais en option, un bidon faisant office de réservoir tapit le plancher corrodé.
La rouille, présente partout, traverse les tôles.
Les sièges sont déchiquetés , toutes lumières et poignées restent aux abonnées absentes depuis bien longtemps.
On peut clairement penser que ce sont des troisièmes generations.......
Aujourd'hui, on s'est entassés a 17 dans une toyota break...ce sont de vraies bétailleres!!!
Faut pas perdre de place alors Brice avait le levier de vitesse entre les jambes, et moi, j'ai fini le trajet a l'exterieur, ...maintenu a l'arrière comme je pouvais.
On est d'ailleurs tombés en panne d'essence.....sans jauge, c'est pas evident!!!
Bon que je decrive un peu ses occupants...
Devant moi, un jeune, casquette en arrière style rappeur avec T.shirt troue.
Toujours devant, un rasta, dredlogs et bonnet jamaicain sur la tête.
Légèrement sur la gauche, un type, torse nû , la quarantaine, une plume jaune sur le front attachée par une ficelle.
Encore plus a gauche, une mère allétant son enfant de 3 ans tout en fumant une clope!!!
Un autre type aussi, portant un maillot de foot passé de quelques années et aborant un collier de coquillage imposant au cou.......
Et juste a cote de moi, un vieux...a poil, la peau frippée, portant son cache sexe....et un parapluie!!!
A qui donner la prime de la distinction ??????
Puisque je parle vestimentaire......a noter que le made in china en europe est de bonne qualité....comparé a la merde qu'ils leur balancent ici.....mais oui les chinois peuvent faire encore plus merdique que merdique!!!!!
Nous partons ce matin en solitaire en vue d'y effectuer un trek de plusieurs jours .Nous essaieront de trouver des porteurs en arrivant dans le premier village, tomisa......
......Et a notre arrivée dans ce hameau, les papous se rassemblent autour de nous avec une curiosité a notre égard très inattendue.Quand nous avancons d'un pas, le cercle papou recule en poussant des hoooo...craintifs.Les enfants fuyent en pleurant retrouver les bras de leurs mères.
Apres de longues minutes avec le chef du village, nous tombons d'accord sur un prix pour dormir dans la chapelle, a même la paille...et les puces!!!
Le lendemain, 2 porteurs nous accompagnent...seulement 1h, car nous entrons dans la jungle et en territoire ennemi, ainsi ....les porteurs risquant leur vie, doivent nous laisser seuls, pas de cadeaux entre tribus!!!
Ils nous assurent cépendant que nous les blancs, ne risquons rien!!!
C'est donc comme cela que nous nous retrouvons seuls, sans porteurs, avec des sacs de plus de 20 kg sur les épaules dans le but de rallier le village de Pong.
L'enfer vert allait parler....
Pendant une dizaine de jours, nous effectuons une trentaine de km quotidiennement dans un univers terrible sans connaitre auparavant le relief puisqu'aucune carte ne mentionne la topographie du coin.
Ainsi, nous grimpons jusqu'a 3300m d'altitude dans une jungle éxuberante ou les arbres sont rongés et etouffés par les attaques incessantes de l'humidité, des plantes parasites, des lichens et des épaisses mousses.
Sans cesse nous montons et descendons des montagnes en gravitant des murs de pierres, en chevauchant troncs et racines.
Les seules zones plates sont des marécages ou la boue nous vient jusqu'au genoux.
Il faut ramper sous des arbres, marcher en équilibre sur des troncs surplombants des rivières ou la moindre erreur peut être fatale.
la mousse recouvre tout, troncs, pierres, racines , créeant un univers ultrat glissant et un sol en suspension ou parfois nous passons une jambe a travers.
bref, c'est un mélange de boue, de racines, de troncs, de pierres dans une jungle de montagne complètement hallucinante.
Pour le bivouac, nous essayons de trouver une zone a peu près plate .
Ensuite, nous débitons un jeune arbre en 4 pour réaliser l'ossature de notre campement a laquelle nous tendons une bâche au dessus.
Apres avoir attaché nos capes sur les cotés, nous couvrons le sol, de feuilles et d'une bâche, pour limiter la remontée de l'humidité.
Ensuite vient le moment de se faire un feu (parfois 1h pour l'allumer) et de se faire la popote pour le soir et le lendemain midi....riz sardines, pates et produits lyophilises.
Point de vue sommeil....on se contente de ce que l'on a....parfois les duvets sont trempés, et a 3000m, ca caille!!!
Nous attendons le 6 ème jour pour se laver dans une rivière, a proximité d'une grotte ou l'on crêche.C'est un grand moment de bonheur....on en profite aussi pour laver nos fringues puantes.
Bon...., le pire moment revient au matin lorsqu'on doit enfiler ses chaussettes et chaussures trempées, boueuses et froides.
Nous n'avons jamais trouvé le village de pong car apres 6 jours passés dans la jungle sans avoir croisé personne et sans savoir combien de temps il était encore nécessaire pour y parvenir, errintes, nous faisons le choix de rebrousser chemin de peur aussi de ne pas être sur la bonne piste. Nous croisons plus tard pour la premiere fois une famille papou....tous surpris de se retrouver là...au milieu de rien.
Ils nous informent apres un bon serrage de main que le village de pong n'est pas très loin...mais ça veut dire quoi pas très loin??...
Je ne pense pas qu'il existe pire jungle que celle ci ailleurs....même a 3300m là ou les autres jungles laissent place aux roches ou petits arbustes, ici....la jungle est la même, exubérante, les arbres tombant sous les attaques climatiques et végétales.
Chaque pas, chaque appui, chaque prise nécessite un maximum de concentration dans un milieux ultra glissant avec des pluies très fréquentes.Nous ne comptons plus les chutes!!!
La moindre entorse ou piqure vénimeuse serait catastrophique a quelques jours de marche de wamena.
A Wamena justement, nous arrivons.....errintes!!!
Alors nous restons plusieurs jours pour désinfecter nos plaies, soigner les ampoules, surveiller les multitudes de coupures aux mains et jambes.Brice ressent aussi le besoin de reposer ses 2 genoux et moi....mon tendon d'achile droit qui m'a fait souffrir au moins pendant 30km hier.On aurait dit que l'on revenait de la guerre du vietnam hier.....on en rigole bien!!!!
Nous nous sommes jetés sur le coca (pas de bières ici) et on a mangé comme 4 hier soir!!!!!
J'ai dû me rendre 2 fois a l'hôpital pour réaliser des soins afin de résorber mes 4 infections aux jambes.De bonnes egratinures a l'origine qui se sont infectées a cause de mouches venant s'agglutiner dessus.
bon....l'hosto, ..c'est folklo !!!.....je raconte...
Des taches et trainées de sang sur des murs attaqués par l'humidité
Des compresses imbibées de sang sur un sol dégueulasse
Un médecin pas très rigoureux qui asceptise les pansements une fois sur deux
Des locaux qui rentrent et qui sortent des salles comme dans un moulin
Des infirmières papous maladroites qui ne savent pas tenir des cotons au bout d'une pince.
Il faut vraiment ouvrir grand les yeux pour s'assurer que les soins soient effectués dans les meilleurs conditions.
Bon...on ne peut pas tout avoir....les soins et medocs sont gratuits!!!!
Afin de soigner mon talon d'achille.....je me suis rendu a la pharmacie et aie du montrer sur mon corps la différence entre un tendon et un muscle.Pour le pharmacien, tout était muscles!!! il ignorait l'existence des tendons et ligaments, et c'est la 2 ème boutique que je faisais!!!!
Alors, en feuilletant son larousse des medocs, j'ai retrouvé le voltarène qu'il possédait de plus, en rayon...
Tout sourire, le pharmacien m'a remercié plusieurs fois et m'a pris en photo avec lui!!!! dingue!!!!
Pendant ce temps, Brice revenait de la poste sans avoir pu poster son courrier....pénurie de timbres!!!
Pas de timbres avant une semaine lui dit le postier avant de rajouter.....et il y a beaucoup de vols chez nous!!!
durant ces quelques jours, nous organisons notre trek en pays korowai.....
Le premier guide que nous rencontrons, mr MARTINUS, se perd dans les chiffres et nous propose 15 jours pour 1 milliard de roupies, avant de retomber a 100 millions....petite erreur d'un zero....rien que ça!!!!
.....et 10 mn apres, notre trek ne vaut plus que 37 millions.....impossible de faire confiance a un tel loulou.....j'imagine même pas dans la jungle!!!!
Nous organisons finallement notre trek avec mr PELNIUS....encore un sacre coco!!!! Lors de notre deuxième pourparler, il finit par prendre une douche dans notre chambre et nous laisse son slip a sécher !!!
Je ne peux plus mettre mes chaussures...ce n'est pas une tendinite mais serait une ou plusieurs microfractures au talon d'achille, enfin je pense.....
Je préfère cela car je peux marcher en botte sans problème.
Nous arrivons a Dekai avec notre guide qui a essayé de nous faire payer sa surtaxe de poids a l'aéroport en s'eclipsant au bon moment.Mais raté, on ne lâche rien alors Pelnus une fois revenu, se met a bouder et finit par payer.A notre arrivée a Dekai, nous decouvrons notre piece de vie chez un pote du guide.Un lino pourri posé sur un plancher ou les cafards gravitent.Les murs sont à peine plus épais qu'une planche de balza.Je vais d'ailleurs malencontreusement casser un pan de mur!!C'est le grand départ pour le trek, tout est prêt....sauf pelnus qui s'est assez logiquement fait tirer son portable (il ne savait de toute façon pas s'en servir).
Alors une armée de potes a motos se deploient pour faire justice eux même en vue de récupérer l'appareil.......qui ne sera pas retrouvé et nous perdons une journee.Pendant ce temps, pelnus dort.....quel pacha!!!! puis il boude !!!!
Le lendemain matin au départ.....
Bon, cher guide....explique nous, tu as prévu 5 porteurs pour 7 gros sacs.....comment comptes tu faire?? Alors il boude.....longtemps !!!!!!
Effectivement.....il y a un problème, ainsi nous récuperons 2 porteurs de plus qui sautent dans la benne du camion qui nous conduit au point de départ du trek .Le camion fait un simple demi tour et stop....et vient le grand moment ou pelnus en seigneur pointe du doigt dans une direction et lance....dekai, ...c'est par là !!! On se met tous a rire, ..le pauvre , il a pas vu le demi tour du camion!!! Alors on comprend qu'il est pas né avec une boussole dans le cerveau.ça craint brice pour la jungle, non?? OUI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Après une heure de marche, pelnus nous demande si nous possédons des coupe-coupe....et bien non, c'est a toi de prévoir mon pote!!!
Ainsi ni le guide ni les 7 porteurs n'en détiennent!!! on hallucine!!!!
Nous nous arrétons pour manger....pendant 3H, rien que ça !!!.......3/4 d'heure pour trier le riz !!!!!
On reprend ensuite la marche pendant.....20 mn pour traverser une rivière, de l'eau jusqu'aux mollets seulement.....et installons le campement !!!
Quelle organisation!!!!
la tente fournie par le guide juste montée, ....le temps se dechaine et la pluie s'invite dans notre etroit foyer. une tente passoire!!!!!
Alors que l'on avait preté a notre imbécile de guide, nos bâches, car il n'avait rien prevu...on lui reprend de furie!!!!!
Ainsi , sous une pluie battante et dans l'obscurité, je coupe et débite de jeunes arbres et avec brice, nous étendons la bache dessus la tente.Le mal est fait, nous dormons dans des duvets trempés!!!!
Pelnus, notre guide, est considéré par ses pairs de wamena comme un des meilleurs de la vallée....c'est dire le niveau!!!
Pour brice et moi, c'est le pire guide que nous avons pû rencontrer parmi nos differents voyages....et de loin.Les critères papuas sont très différents du reste du monde!!!
Alors qu'il a plu toute la nuit, nous redécouvrons la rivière.....qui s'est métamorphosée en fleuve!!! pas grave, on l'a passée hier soir mais.....cher guide, il y a t'il d'autres fleuves a traverser aujourd'hui ???
Oui, repond t'il en ricanant....deux a traverser et plus importants!!!
Avec brice , on est montés en regime!!!
....bon alors, on fait quoi now, on laisse le fleuve monter derrière nous et on continue la marche pour rester bloquer entre deux fleuves...et combien de temps??? Alors, il boude...et quant il boude, tu peux toujours causer..., c'est peine perdue !!!!!
Alors qu'il pleut sans discontinuer, sans son accord , nous prenons la décision de faire demi tour dans la minute, ....mais le fleuve est il traversable??
Discrètement, les porteurs approuvent notre décision, mais quelle inconscience du guide!!!
Les porteurs, alors entament la traversée...de l'eau jusqu'au cou, les sacs sur la tête, accrochant fermement leurs pieds musclés sur les roches face au courant !!!
mais comment font ils??? c'est vrai qu'ils ont des pieds larges et ecrasés avec les doigts de pieds tres écartés, ...mais quand même!!!
Brice, devant moi, se retrouve a l'horizontal dans l'eau et ne pouvant plus faire face au courant, lâche la main de son porteur et finit a la nage....par chance, au bon endroit du courant....ouf!!!
Notre tarlouze de guide, retire son petit pantalon pour ne pas le mouiller, le pose sur sa tête et se fait aider d'un porteur sur toute la traversée.....pffff !! Il se permet même de se faire masser par ses porteurs ou se faire porter son savon a la rivière de temps en temps.
L'apres midi, nous portons quelques affaires, un porteur étant victime de la malaria.
Pour espérer voir les korowais...une dernière option s'offre a nous, chartériser un longboat...pour 12 millions de roupies!!!
c'est chose faite, pendant ces 2 jours, nous remontons le fleuve cirek non sans mal.Nous passons la premiere nuit a binam sans oublier de passer a la police locale pour le fameux surat jalan .
.....et là, .... nous assistons a une scène surréaliste en arrivant a MABOUL le lendemain:
Comme a l'accoutumée dans chaque village lorsque nous arrivons, les locaux curieux et en nombre, nous entourent.......
Mais ce soir........
..........une dispute eclate entre 2 familles korowai.
Le mari, peut être fauché, se fait reprocher de ne pas avoir payé sa dote de 5 cochons, 2 millions de rupiah, un coupe coupe et des colliers de coquillages pour les parents de sa femme.
vous suivez toujours??
La tension est palpable, des mots qui se durcissent....et ca tourne en pujilat!!!
Des coups partent puis tout le village se disperse en courant dans tous les sens, certains en poussant des cris aigus...ah ou - ah ou - ah ou, .... ou ah eh - ou ah eh- ......et le village s'embrase!!!!
les hommes s'arment en quelques secondes de leurs arcs , et les fleches fusent ...et nous, ...on nous tire par les bras en quatrieme vitesse pour se foutre a l'abri.
Mais quelle scène hallucinante!!!
Ce matin....nous retrouvons une fleche plantée sur notre bungalow.
Va t'on pouvoir partir ce matin, car nos nouveaux porteurs du village seront disponibles que si une entente est trouvée dans le village.
oui......c'est ok !!!
Nous arrivons dans l'apres midi chez une famille korowai qui niche dans un arbre a 10 mètres de haut après quelques heures de marche.
On y monte par de simples encoches taillées dans un tronc assez fin.
Le plancher irrégulier de la tree-house laisse entrevoir la végétation 10 mètres plus bas.
Des peaux de serpents, plumes, carapaces de tortues, nageoires de poissons ou ossements de cochons ou casoars ornent le plafond.
2 pièces séparent la cabane, celle des hommes et celles des femmes.
Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!
Les korowais sont au premier abord craintifs, communiquent ensuite en souriant et une fois rassurés, prennent plaisir a nous inviter dans leur demeure, et nous expliquer grâce a un second guide indonésien-papou, leur façon de vivre.
Les femmes seins nus portent un pagne, tandis que les hommes se suffisent d'une feuille sur le penis...replié en 2 !!! aie!!!
Nous partageons leur repas du soir.....vers de sagou, criquets, et des gros vers blancs(sagou) coincés entre 2 pâtes de sagou, genre sandwich!!!
Chacun possède son propre feu pour cuisiner, allumé en 30 secondes a l'aide d'un rotin et d'un morceau de bois.impressionnant de rapidité!!!
aujourd'hui, on les suit dans la jungle.....et on en prend plein les yeux!!!!
La journée commence par l'abattage d'un sagoutier a l'aide d'une hâche en pierre.Un serpent, marre d'être secoué, tombe soudainement du haut du palmier.Alors les femmes, , en poussant des cris, se jettent dans la boue pour retrouver la pauvre bête.A mains nus, elles finissent par cueillirent l'animal qui finira..... dans nos petits estomacs.
Une fois le sagoutier tombé, les hommes choisissent le meilleur tronçon et les femmes broient ensuite la pulpe a l'aide d'un outil de leur invention.Cette phase est très physique et nécessite au moins 2H de temps. Ensuite, grâce a des techniques ancéstrales, ils fabriquent a l'aide de feuilles, tiges, et branches, un long bac incurvé , avec un filtre a son commencement.Ils mélangent ensuite la pulpe de sagou a l'eau, puis versent le contenu dans ce grand recipient.Le filtre ne laisse passer que l'eau blanchâtre qui finira par déposer une pâte blanche très compacte.....LE SAGOU !!
Les hommes fabriquent pendant ce temps des pièges ingénieux pour la chasse au casoar et cochon sauvage et pour la pêche. (photos préparation sagou+peche en attente du retour de brice).Nous amorçons une bataille de pulpes de sagou et les korowais ne tardent pas a se prendre au jeu. Nous partageons un grand moment de joie et de fou rire, oui...quel bon moment, on ne peut même plus les arreter !!!
Les enfants de 2 ans s'essaient au coupe coupe ou a la hâche , ...et une fille de 8 ans a notre réveil a 5h du matin, fume des bangs !!!!!!!!!!
Les sourires, l'envie de faire partager, les crises de fou-rires alimentent nos appetits.
Nous avons dormi cette nuit dans une tree-house de 10m de haut, pas la meilleure nuit qui soit, avec l'ancien qui alimente son feu toute la nuit, le chien qui jape ou la mémé qui tousse et crache. Le plancher laissait apparaitre la végétation 10 mètres plus bas et la cabane bougeait a chaque deplacement.....mais ce fût une belle experience, et sans cafards ni moustiques pour une fois!!!!!
De temps en temps, de beaux chants aigus nous arrivent aux oreilles, puis nous découvrons des papous presque nus, arcs et fleches en bandoulière sortir de la jungle. C'est toujours un moment très fort, ou deux mondes, deux civilisations avec 4000 ans d'écart se rencontrent, se dévisagent !!! Nous déconvrons dans une tree-house une femme victime de la gangrène, rongée a une jambe et portant dans ses bras un bébé.Par l'intermédiaire du guide, j'explique a son mari que si sa femme ne va pas a l'hôpital, elle mourra....Mais ici, on ne va pas a l'hosto!!!!
Vivre et partager quelques instants avec ces hommes, femmes et enfants durant cette semaine fût une experience exceptionnelle.
Merci a vous, korowais, qui vivez dans un autre temps, toujours en harmonie avec la nature, et qui transmettez vos valeurs et votre savoir de générations en générations.
Dans un monde ou le superficiel grandit, ...nous avons rencontré de simples gens qui ont su nous faire apprecier leur style de vie grâce a une extrème générosité et gentillesse.
Lors du dernier jour, pour l'anecdote, nous avons acheté un cacatoes pour 4 euros a un gamin qui l'avait délogé de son nid.Tout heureux de lui redonner sa liberté, brice monte a 3m de haut pendant que je filme......
....il lâche la bête.....qui plonge la tête la premiere dans l'herbe!!!
Ils lui avaient coupé une aile....dégoutés, on leur revend l'oiseau ......chit !!!
C'est notre guide qui a racheté la bête pour la ramener en ville, finir sa vie dans une cage.Bravo pour un guide!!!! Il a de plus, ramené un arc et des fleches que nous avons dû négocier a sa place......on peut se demander qui sont les touristes et qui est le guide!!!! Question faune justement, ..les oiseaux et insectes sont rois.
Aigles, perroquets, toucans, cacatoés, perruches peuplent la jungle et on a pu apercevoir jusqu'a 30 cacatoes voler ensemble.
Les insectes sont énormes, difformes, multicolores et omniprésents.
Et vint ce fameux retour en bateau sur dekai....
A l'origine, une journée devait suffir..mais c'était sans compter sur l'habilité et la maitrise du boat man.....incroyable!!!
Toute la journee, ses choix de navigation restent aléatoires, il manque de nous faire chavirer stupidement ou cale son moteur pour de multiples raisons.....parce qu'il a un joujou mais ne sait pas s'en servir!!!
Bon...il finit par casser son lanceur...a 2 reprises !!!
......et c'est plus tard le carburateur qui lache!!!
De nuit alors, armés d'une lampe de poche au milieu du fleuve, nous tentons d'apercevoir une cabane ou passer la nuit.Ce sera chose faite mais pas sans mal....le lendemain..le longboat avance mais manque de puissance....jusqu'a la panne de gasoil!!
apres 2h de rames (bouts de bois) a contre courant, il faut se rendre a l'évidence, c'est peine perdue...
le boatman part alors dans la jungle rallier un village et reviendra 4h30 après a bord d'un autre bateau et d'un bidon de gasoil.
Notre bateau ne démarrant toujours pas , on se fait tracter par le second...qui tombe en panne a son tour, puis c'est l'un puis l'autre....une vingtaine de pannes plus tard , nous arrivons enfin....
nous revenons sur Dekai....
Ce dimanche , la messe se déroule dans notre chambre.........qui sert aussi de dortoir pour tribus de passage.
les hommes se mettent ensuite a la couture et les femmes préparent a manger dans la cuisine située dans le poulailler et la porcherie.je déconne pas!!!
Allez.... je decris une mamie a coté de moi...elle est vétue d'un twed (jupe écossaise style set de table des annees 60), d'un maillot de foot, d'un bonnet mi peruvien, mi jamaicain et de tongues a fleurs.
Un homme aussi...porte une épingle a nourrice a l'oreille....
Bon....c'est un peu tout ça la papouasie....c'est déconcertant, envoutant, déroutant!!!! Il faut ainsi avoir une sacre pêche et une bonne dose de patience. la papousie...faut pas la subir!!!
Bon nous devons quitter Dekai pour rejoindre Wamena puis Jayapura....mais c'est pas simple!!!
Dimanche, il n'y avait pas de vol pour Wamena.
Lundi...un vol, mais jamais vu l'avion.
Hier, nous attendons a l'aeroport de7h a 14h , mais l'avion promis ne viendra pas.
Aujourd'hui 3 vols étaient prévus, puis 0, puis 1 ou 2, puis aucun!!! Un vol d'une autre compagnie a ete affrêté au dernier moment...on s'est mis sur le coup grâce a une connaissance du guide sans divulguer l'info....ça se passe comme ça ici!!!!
Personne ne sait jamais rien , faut avoir des nerfs d'acier, même les pilotes ne sont pas informés!!!
Des noms sont effacés des listes pour en ajouter d'autres via les backchiches, un avion qui vient mais qui ne vient plus, la météo changeante......et aucune organisation!!! Les papous sédentarisés ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts et font donc la queue au guichet de l'aéroport puis s'eclipsent une fois arrivés en face du fonctionnaire.... alors je leur demande s' ils prennent l'avion et me répondent que non, bon...et bien excusez moi mais vous devez quitter la queue!!!!! Dans les warums( petits restos), ils viennent, s'assoient, ne parlent pas, observent....mais ne commandent rien et.... soudainement, s'en vont sans raisons comme celles qui les ont amené là !!!! Surprenant aussi d'observer les papous a la tâche qui n'ont absolument aucune notion du travail pour la plupart. Pour simple exemple, rouler une brouette quasiment vide sur une planche est un calvaire et de ridicules trous ou cailloux sont un obstacle insurmontable.Incroyable....n'ayant connu que la jungle avant, ce monde est finallement nouveau pour eux. On peut aussi se ballader sur la piste pendant un décollage ou rentrer et sortir de l'aéroport comme au bon vouloir....
En papouasie, demain signifie peut être, demain ou dans 15 jours, ...ils n'ont aucune notion de temps , de distance et ne connaissent pas leur age.Durant ce séjour, a l'exception de wamena, nous avons dû nous passer de lits , salles de bain, chaises ou tables et.....de toilettes!!! Brice a dû mettre parfois beaucoup de temps aux " jungle toilet" car il devait soit se coltiner un papou sur sa route ou devait changer de coin après avoir été repéré.....!!!! Le fossé c'est pas mal, ...mais après des pluies diluviennes, ....tu cherches plûtot vers les bananiers!!!
"jam karek" signifie....temps élastique !!! une expression qui n'existe pas dans notre language.....
Pour conclure ce chapitre ....les cafards cohabitaient dans notre avion, un twin otter de retour a wamena, et lors de l'ouverture des soutes... un rat resistait a la capture des bagagistes....pieds nus.
bon...on espere avoir un vol demain pour les moluques et Ambon.......
Euh mais on est en 2009... effectivement... j'avais promis à "LolodesIles" de le faire à mon retour, mais comme j'ai jamais été doué pour raconté mes périples, et que je cours toujours après le temps, je ne l'ait pas fait, honte à moi... et Lolo m'a relancé dernièrement dans un post, je me devais donc de réagir, car il le vaut bien...
Je me lance,
Commençons par le début, je suis parti seul pour la 1ére fois en Indonésie du 12 oct au 26 nov 2007.
J'ai jamais été accro aux voyages trop bien planifiés, et comme là je partais seul, je pouvais me laisser aller et suivre mes envies.
Arrivée à Jakarta, direct avion pour Bali.
BALI
Arrivée à Bali, taxi direction Kuta, je voulais voir par moi même ce fameux ou infâme endroit...
Un trafic monstre, j'ai failli fuir et donc faire parti des "+1 Kuta trop touristique", j'y suis resté quelques jours, et c'est en m'y perdant que j'ai appris à apprécier Kuta...
Après direction Ubud, j'ai adoré ! J'pourrai y rester des semaines, l'art, l'artisanat, les paysages...
Je suis tombé sur le récit de Lolo en cherchant des infos sur les îles de l'Est... c'est bien c'que j'pensai, c'est là où il faut aller ! Je le contact, il me file les coordonnés de Mr Subhi (loueur de scooter) et des conseils (achètes des cartes détaillées au Mall de Mataram...)...
LOMBOK
Je n'y suis pas aller direct, avant petit arrêt d'1 semaine à Gili Trawagan... quoi... 1 semaine... il faut 3heures pour faire le tour complet de l'île, et en moonwalk avec un vent contraire... mais quand on aime on ne compte pas !
Sur place j'ai sympathisé avec plusieurs locaux et je suis parti avec l'un d'eux visiter Lombok. Comme il avait des amis sur Mataram j'ai pu découvrir le coté "underground" de Mataram... lors de ces visites plusieurs personnes m'ont conseillés de partir rapidement vers l'est car la mousson y commencerait plutôt. Donc j'ai suivi leurs conseils et filer direct de Mataram à Labuhan Lombok (le port du ferry pour Sumbawa).
SUMBAWA
Me voila à Poto Tano, de là direction Sumbawa Besar.
Je ne sais pas où je l'avait lu, la route est vraiment sympa, peu de circulation, bon revêtement, Yepa... j'vais pouvoir "tester" le potentiel du 110cc de Mr Subhi... ahhhh... pas pour longtemps, grosse averse, je m'arrête dans un petit warung sur pilotis.
Là 1er vrais contact avec un population pas trop habitués aux touristes ; donc curiosité, naturel, gentillesse mais aussi problèmes de communication, distance de certains ; mais heureusement un motard qui s'est arrêté parle un peu anglais et s'improvise interprète. La pluie ne s'arrêtant pas et la nuit tombant on me conseil d'aller dans un losmen à 5min, voyant que ça me contrarie Irwan (le motard interprète) me propose de le suivre jusqu'à Sumbawa Besar, cool, lest go.
Allez suivre de nuit, sous la pluie (on voyait rien à plus de 5m), un Indonésien en Tiger 250, c'est compliqué, surtout quand on traverse des flaques d'eau qui vous arrivent jusqu'aux pédales et qui font caler le moteur, encore plus quand on n'a conduit que des scooter automatique et qu'on veut redémarrer en première, bref je le perds... Bon y'a qu'à rester sur la bonne route... A un moment une moto fait demi-tour à ma hauteur et me rattrape c'est Irwan, qui m'expliquera plus tard qu'il ne s'était pas aperçu tout de suite que je ne le suivait plus (pour ceux qui on fait ou qui vont faire ce trajet, en plein jour c'est vraiment de la rigolade !). Donc on arrive enfin à Sumbawa Besar, nikel y'a un hôtel à l'entrée de la ville, Irwan négocie la chambre pour moi, j'insiste pour l'inviter à manger, et pour commencer : dua the "panas panas" manis (2 thés très très chauds sucrés), chacun, car on est trempés !
Après le repas la pluie s'arrêtant enfin, on fait un tour de la ville by night.
Irwan est d'un autre village mais a de la famille ici et m'invite chez eux, accueil simple mais chaleureux !
J'aurai bien passé plus de temps ici mais je voulais arrivé le plus vite possible à Komodo afin de prendre des photos des grosses bébêtes mais sans pluie...
Le lendemain direction Sape pour le ferry.
Sumbawa est une ile qu'on est trop nombreux à traverser en coup de vent et s'est bien dommage car elle mérite bien plusieurs jours de découverte.
Une journée de route, ponctuée d'arrêts, pluie mais rien de méchant, miam-miam et surtout photo. Au centre de Sumbawa on croisse souvent des singes qui vivent en bordure de la route, mais impossible de les voir de près, j'ai eu beau essayer cacahuète, gâteau, fruits (rien à voir avec leurs potes de la Monkey Forest d'Ubud)
Arrivé à Sapé je vais direct au ferry pour acheter le billet et connaitre l'horaire, mais vas faire comprendre cela au préposé qui ne parle pas anglais, et qui te réponds en indonésien (Cf Bourvil dans Le Corniaud) mais heureusement un voyageur qui est là parle anglais et s'improvise interprète (et 1 de plus). Il me donne les infos nécessaire me conseille d'aller au losmen à l'entrée du port et en profite pour me dire que si je veux faire une excursion à Komodo il peu me l'organiser.
Le lendemain matin ferry pour Labuhanbajo.
J'avais lu dans le routard que les Balinais étaient très curieux et n'hésitaient pas à regarder par dessus vos épaules pour voir ce que vous lisez, je ne suis pas assez resté à Bali pour voir cela, mais c'est exactement ce qui s'est passé lors de cette traversé. J'avais apportez un hors série de Geo spécial Indiens d'Amérique et plusieurs voyageurs m'ont demandés de quoi ça parlait et mon même emprunter la revue.
FLORES
J'ai finalement accepter l'excursion Komodo de Lee (l'interprète de la veille) car il n'a jamais été insistant et le contact passait bien, j'ai même pas chercher à négocier le prix 1 200 000Idr pour 2 jours en bateau Komodo + Rinca tout inclus dont les entrées.
Je ne m'attarde pas sur Komodo car Google en sait bien plus que moi, mais j'ai pu approcher les varans de près et faire pleins de photos. Le voyage en bateau était agréable et je ne me suis pas ennuyé malgré que le capitaine et le matelot ne parlaient pas anglais. Snorkeling, baignade, pèche bref le classique de ce type d'excursion Komodo...
Le plus cool c'est que Lee m'a invité quelques jours chez lui, dans une petite île village Pulau Misa (1000 habitants) au large de Labuhanbajo. C'est une toute petite île peuplée de Bugis venu de Sulawesi (sauf Lee l'immigré qui lui vient de Sumbawa mais qui est marié à une locale et qui ont 3 enfants), île sans eau courante, ni électricité (sauf quelques voisins qui ont des groupes électrogène... frimeurs... et qui la revende... capitalistes) ni téléphone filaire (les mobiles eux passent sans problèmes), ni internet...
Super contacts !
Malgré que personne ne parle anglais ni moi Indonésien on arrive à se comprendre, par exemple pour se faire prendre en photo (ils adorent ça, enfants comme adultes) ils m'interpellaient "Miss Miss photo"... euh... Miss... j'ai les cheveux courts... pas un look ni un physique qui pourrait prêter à confusion... bon l'essentiel étend de se faire comprendre !
Un couple célébrant sont pèlerinage à la Mecque (1200$ pax) ont organisés une cérémonie où toute l'île était invité (moi aussi, et j'ai même eu droit a mon lot de gâteaux en partant) ; ça m'a interpellé ; entre les billets d'avion la nourriture et les boissons, ça doit représenter un très gros budget (même si tout les habitants ne viennent pas). Lee m'a expliqué l'importance du pèlerinage pour de nombreux habitants, qui aident soit financièrement, soit nourriture/boisson, soit logistique, car c'est une chance et un honneur d'y aller et/ou d'aider d'autre musulmans à y aller !
Ces quelques jours passer ici, et les discussions que j'ai pu avoir avec Lee, mon appris à relativiser !
Comme tout bon français, je me plains et critique constamment (c'est des fois nécessaire et ça permet de faire avancer), donc me voila un soir à critiquer notre système médical et scolaire (surtout études supérieurs), en faisant cette éternelle comparaison Public/Privé... y'en a que pour les riches... à cela Lee me répond : regard mon fils (le plus âgé de ses enfants) sera bientôt trop âgé pour continué à être scolarisé sur l'île, donc il devra aller à Labuhanbajo, soit il fera l'aller retour chaque jours donc bateau à payer, soit être hébergé là-bas, dans tous les cas ça va nous demander de l'argent, d'autant plus que sa sœur elle aussi devra bientôt faire de même, financièrement ça deviendra très compliqué. Je trouve le niveau à Labuhanbajo pas très haut donc je voudrai les envoyer chez ma famille à Sumbawa, où ils enseignent l'anglais, nais c'est encore plus cher, je pourrais malheureusement pas y envoyer tout mes enfants, et je ne te parle pas des études niveau lycée ou université...
...la claque...
Ma dernière a des problèmes d'allergies, j'ai été voir plusieurs médecins dont le plus compétent de Labuhanbajo, qui facture 150 000idr piqure et consultation, mais les problèmes sont encore là malgré la piqure, le traitement et les contres-indications alimentaire, donc là je reviens de Sumbawa où j'ai vu un autre médecin. 150 000idr c'est rien pour nous, mais là-bas la sécu n'existe pas et le salaire de base et de 1 000 000idr...
...la claque...
J'ai bien fait de ne pas négocier le forfait Komodo de Lee, je pense qu'il fera bon usage du bénéfice. Contrairement à beaucoup de "vendeurs" qui utilisent leurs difficultés ; vraies ou fausses ; comme arguments commercial, Lee ne m'en n'avait jamais parlé. Du coup je voulais donner un peu plus, mais j'ai un principe, quand on invite quelqu'un chez soi on n'attend pas d'argent en retour, et le fait de donner de l'argent directement à son hôte peu dénaturer les rapports voir même vexer, une invitation n'est pas un acte commercial !
J'ai finalement trouvé comment contribuer, à plusieurs reprises Lee m'avait demandé si j'avais du linge à laver, j'ai donc fini par accepter, lorsqu'il me le ramène, je lui demande combien je dois... rien... j'insiste... si tu veux donner quelque chose va voir ma femme c'est elle qui a tout fait... donc j'ai pu lui donner en ayant une bonne excuse avec mes quelques mots d'indonésien (elle ne parle pas anglais).
A y repenser je pense que c'était la bonne manière, car je suis parti en excursion sur une île voisine Pulau Kanawa (superbe petite ile, avec quelques bungalow et un restaurant, idéal pour snorkeling et s'isoler) et c'est sa femme, les enfants et leurs copains qui sont venus me rechercher, et j'ai eu beau insister elle n'a pas voulue manger ou boire quoique se soit et il m'a fallu persévérer pour offrir des boissons aux enfants (et encore 2 canettes pour 4 enfants).
Je serai bien resté plus longtemps, mais toute bonne chose a une fin !
Lee me raccompagne récupérer mon scooter à Labuhanbajo et me recommande de conduire prudemment car "t'es comme un petit frère maintenant"... touchant... et conseil perspicace car Flores est une île montagneuse donc routes sinueuses, pas toujours en bonnes état, surtout celles du nord qui ne sont que partiellement goudronnées !
Je roule en direction de Bajawa que je veux atteindre avant la nuit. Je m'arrête pour faire le plein chez un des innombrables particuliers qui vendent de l'essence au bord des routes.
Selamat siang... dua liter... berapa harga... je paie... la femme qui me sert ne parle pas anglais, et tente de me faire comprendre autre chose, on utilise alors le langage des signes... mes 2 mains ouvertes vers le ciel, bras légèrement tendues vers l'avant et paupières mi-fermées (quoi ?)... sa main droite entièrement ouverte paume vers le bas (attends attends)... elle se dirige vers sa maison qui se trouve en hauteur et appel quelqu'un... un homme arrive ; lui parle anglais :
- il te faut autre chose ?
- non,
- tu vas où ?
- Bajawa,
- viens boire un café chez moi,
- merci mais je bois pas de café,
- un thé alors,
- ok, il faut combien de temps pour arriver à Bajawa ?
- 1h maybee 2h... tu es d'où ?
- Prancis,
- really ?, j'ai bossé pendant plusieurs années à Bali pour un patron français très sympa.
Il me fait visiter sa plantation ; en fait celle de ses beaux-parents car il habite chez eux avec sa femme (qui m'a servi l'essence) et leur fils ; ils déforestent légalement afin de cultiver.
- t'aime les ananas ?
- oui,
Il se baisse, prends ça machette et en coupe un au sol.
- viens on va le manger chez ma famille qui habite plus haut. En partant rapidement tu pourras être à Bajawa avant la nuit, mais si tu veux tu peux passer la nuit chez moi.
- why not ?
Cette nuit à durée 2 semaines !
Car après quelques jours passer chez lui on est parti avec un de ses jeune voisin (Rusmin) visité Flores.
Ces quelques jours mon aussi fait réfléchir.
Chez Helldy qui habite entre Wairana et Aimere ; comme chez Lee ; pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de téléphone fixe et les mobiles ne passent pas ! Flores ne manquant pas d'eau, ils s'approvisionnent facilement, et utilisent la bonne vielle méthode de la faire bouillir avant de la consommée, s'est relativement simple, mais ça demande du temps et quand on est impatient ou intrépide comme moi, on est vite rappelé à l'ordre par son petit estomac occidentalisé. Rien de bien méchant mais assez pour me montrer l'extrême importance des deux robinets d'eau POTABLE que j'ai toujours connus !
Sans électricité pas de télé, mais s'est pas si mal, car comme il n'y a pas non plus de téléphone, les gens sont obligés de se voir constamment ! Je n'avais pas perçu ça chez Lee, mais ici c'est flagrant ! Un soir où on étaient chez les parents de Rusmin (ses voisins les plus proches) j'ai questionné Helldy, pour savoir si c'était habituel... il leur traduit ma question, et tous me répondent :
- bien oui, pourquoi en France c'est différent ?
- bien oui, c'était le cas avant, mais maintenant toutes les maisons sont barricadées, les animaux clôturés, et de moins en moins de personnes se soucient de leurs voisins. En France c'est même un sport national que d'être en mauvais termes avec ses voisins, y'a même une émission télé sur le sujet. Chaque jour des personnes âgées décèdent seul chez elle sans que personne sans aperçoivent, il y à même eut 10 000 décès pendant un été caniculaire,
- bien ici c'est impossible, on vit en famille dans la même maison ou sur le même terrain. On s'entraide entre voisin et même sans se connaitre.
Après ces quelques jours passer ici à visiter les alentour et les nombreux amis et la grande famille de Helldy, on est partis direction Bajawa, où on à visiter le village traditionnel de Bena.
Puis les sources d'eau très chaudes de Soa. En rentant des sources Rusmin se loupe à un carrefour et se fait une grosse frayeur avec le scoot de Mr Subhi, aucunes égratignures au pilote ni à la machine, mais séance de fou rire entre Helldy et moi qui le suivions et qui avons vu en direct live ce louper, là une moto s'arrête, c'est quelqu'un de la famille d'Helldy (quand je vous disais grande famille) qui habite à coté et qui insiste pour nous inviter. On accepte, ce sont des gens aux faibles moyens, mais qui se plient en quatre pour vous recevoir dans les meilleurs conditions, ne buvant pas de café il n'ont pas d'autre chose à me proposer, et sont gênés, je comprends qu'ils vont envoyer quelqu'un pour acheter thé ou jus, maintenant c'est moi qui suis gêné, j'insiste pour avoir un café en expliquant que je ne suis pas allergique donc que je peux en boire et que s'est plus convivial de boire tous la même chose.
Après Bajawa direction Riung pour voir les 7 îles. La route est sinueuse partiellement goudronnée, il faut donc rouler prudemment et doucement, comme on est 3 chauffeurs pour 2 scooters, on se relaye, et c'est plutôt bien car en plus de l'état des routes il fait très chaud, et ils savent comment conduire dans de telle conditions et se transformer en TomTom pour trouver la bonne route ou un raccourci.
C'est cool de voyager avec des Indonésiens, qui eux aussi sont en touriste, (Helldy et Rusmin ne sont jamais venus ici) comme Flores compte beaucoup de dialectes ils Bahasa Indonesia, donc les locaux comprennent tout de suite qu'ils viennent d'un autre endroit, et on donc droit aux même questions que moi. Ça les flattent ! Helldy m'explique alors, que lorsqu'il vivait à Bali, ça l'énervait que lorsqu'il saluait un touriste celui-ci ne lui répondait pas toujours. Je lui explique que c'est un peu normal car en tant que touriste on est constamment questionnés... ok je comprends mais ça vous empêchent pas d'être poli, quand quelqu'un te demande si ça va, tu peut être un minimum poli et lui répondre et surtout lui demandé si lui aussi va bien !... Ça m'a donné à réfléchir et depuis je réponds même aux vendeurs des magasins de tailleurs qui vous accostent dans toutes les langues...
Un soir dans un warung de Riung, on croise un groupe de 3 Français, Helldy me demande pourquoi je vais pas leurs parler, je lui explique qu'à écouter leurs discussions il ne me sentait pas opportun de
les interrompre et que je trouvai plus logique ; surtout quand on fait autant de kilomètres ; de parler avec des locaux. Riung étant petit on les recroissent le lendemain sur une des île, Helldy passant à coté d'eux les saluts en français, il revient vers moi : t'avais raison, quand je leurs ai demandés : et vous ça va ? Je pensais qu'ils allaient me répondre oui et toi ? Que je puis leur répondre : comme-ci comme-ça (il adorait la sonorité de cette formule), mais ils m'ont pas répondus, ça m'énerve...
C'est vrais qu'on est programmé comme ça, et c'est dommage qu'à 10 sur une petite île on ne prennent même pas le peine de se dire bonjour.
Après Riung direction Moni via Nangapande, où Rusmin nous abandonne pour rentrer chez lui. C'était la première fois qu'il voyageait en "touriste" et avec des "grands" (il avait 17ans) et c'était sympa de voir ces réactions ! Il nous a laissé en nous promettant de téléphoner le soir une fois arrivé, afin de nous rassurer et d'avoir des nouvelles du village, ce qu'il à fait 24 heures plus tard, normal : il n'a pas de réseau par chez lui et Indonesian Time oblige !
Indonesian Time : c'est une expression que nous avions avec Helldy pour illustrer le décalage horaire, pas celui des faisceaux horaire, mais celui de la perception de l'heure en fonction des pays. On a tous connus :
- le ferry de 10h00 qui part à 13h15 = Indonesian time;
- l'avion de 10h00 qui part à l'heure = French time ;
- le train de 10h00 qui part l'heure mais dont les portes ferment 1min avant = Germain time...
A Moni on croise Brian un ami à Helldy (quand je vous disais nombreux amis), il aimerait nous inviter mais là il est occupé et ça maison est en travaux, on lui propose de venir ce soir à notre hôtel qui fait aussi restaurant et qui est à 2 pas de chez lui, ça a pas l'air de le motiver, finalement on décide de se retrouver chez un de leur ami commun. Helldy me demande :
- c'est possible que tu achètes le poulet pour ce soir ?
- bien oui.
On suit Brian qui s'arrête dans 2, 3 maisons, à un moment ou je prenais des photos, ils me demandent de rentrer :
- celui là il te semble bien ?
- heu.... c'est vous les spécialistes... quand je choisi des poulets ils sont dans une barquette sous cellophane... pas en train de courir au milieu du poulailler...
Soirée avec Arak (alcool local a base de palme) et karaoké chez un voisin qui a équipé son salon avec synthétiseur, micro, Tv et grosse sono à faire trembler les murs, il a un orchestre et anime des mariages. J'ai filmé Helldy chantant un classic romantique Indonésien, sa femme à bien appréciée.
Ils m'ont fait part de leurs projets d'avenir, Brian fait construire des bungalows, un autre passionné de moto rêve d'avoir une affaire de location de scooter, mais comme l'investissement est important il envisage plutôt de faire "bureau de change" (ou webcafe quand il y internet à Moni). Helldy lui aussi envisage de construire quelques bungalows en bord de plage vers Aimere. J'espère que leurs projets vont aboutir mais qu'ils n'y perdent pas leur gentillesse !
En rentrant à l'hôtel, Helldy m'expliqua : Brian est musulman donc il mange Hallal, c'est pour cela qu'on a achetés et fait préparer le poulet, ça ne nous déranges pas de manger Halal, et il boit de l'alcool avec nous, on vit ensemble malgré les tensions entre communautés au niveau national !
Lors de la visite des lacs du Kilimuntu on à croisés un jeune couple Espagnol qu'on avait rencontré a Bena (village traditionnel prés de Bajawa) ; le monde est petit ; ou ce son les touristes qui vont tous aux mêmes endroits; c'est plutôt ça, car c'est pas la première foi que ça arrive.
Après Moni, on est rentrés chez Helldy.
Rusmin avait raconté le périple qu'il avait vécu et était impatient de connaitre la suite.
J'ai pris congés de mes hôtes le lendemain sans oublié de faire le plein d'essence, c'était quand même pour ça que je m'étais arrêté !
Il était malheureusement temps de rentrer vers l'Ouest !
Donc retour à Labuhanbajo, pour passer la nuit, là j'ai consulté le même docteur que le fille à Lee. J'avais choppé une allergie à quelque chose, j'ai jamais pu savoir a quoi, rien de grave, juste quelques plaque de boutons sur les bras et dans le dos, qui persistaient depuis une semaine et qui me démangeaient la nuit... et j'ai horreur qu'on me dérange pendant mon sommeil... donc j'ai aussi eu droit à la piqure et aux mêmes contre-indications alimentaire et au même tarif 150 000idr...
Après une bonne nuit grâce à la piqure, ferry pour Sapé.
SUMBAWA
Comme je suis quelqu'un de prévoyant et d'extrêmement organisé (avec la piqure comme excuse), je n'avais pas retiré d'argent à Labuhanbajo : un dés seul endroit avec Ende, où j'ai trouvé ; et c'est pas faute d'avoir cherché; un DAB acceptant les cartes international ! (Pour internet c'est encore plus simple un seul et unique accès trouvé à Ende avec une connexion n'affichant que les 10 premiers messages de Gmail ). Je savais qu'il n'y avait pas de DAB à Sapé car j'en avait déjà cherché à l'aller, pas de soucis j'en trouverai un à Bima (la deuxième plus grosses villes de Sumbawa) où je passe la nuit... hé bien non, j'ai eu beau quadriller la ville et essayer tout ce qui ressemblait à un DAB ou à une banque... j'ai dû racler le fond de mes poches cette nuit là... J'ai finalement trouvé un DAB le lendemain sur ma route; à Dompu; de toute façon je savais qu'il y en avait UN à Sumbawa Besar. J'exagère un peu, il me restait de quoi tenir plusieurs jours, mais c'est bizarre cette impression de manquer d'argent alors qu'avec la même somme des locaux vivent 1 semaine voir plus !
A Sumbawa Besar j'ai re-séjourné 2 nuits dans l'hôtel où Irwan m'avait accompagné, je l'ai contacté mais malheureusement on n'a pas pu se revoir. De toute façons, on ne reste jamais seul longtemps en Indonésie ! Ce soir là je me suis fait invité par un groupe de travailleur qui séjournaient à l'hôtel, malgré qu'ils ne parlaient pas anglais, et que je bahasa Indonesia comme une vache Française, on a réussi à se comprendre, aidé il est vrais par les photos et les vidéos que j'avais prises lors de ce voyage ou d'autres qui sont stockées sur mon gsm, et aidé aussi par du Arak...
Le lendemain je suis parti en excursion snorkeling improvisée ! J'avais vu sur ma carte qu'il y avait une ile proche de Sumbawa Besar avec un plongeur en légende, ni une ni deux je suis partir au village le plus proche où on m'a directement dirigé vers un habitant qui possède un "speed boat" (en fait c'est un vieux petit Zodiac, qui est le plus rapide du village). Ils m'ont organisé cette excursion comme des pros, non pas comme des pros, mais comme les simples pécheurs qu'ils sont et qui se font un honneur de vous recevoir ! Combien d'excursions organisées par des "pros" ne correspondent pas aux belles promesses annoncées et affichées ? Beaucoup trop ! Ici le capitaine a fait ce qu'il a annoncé, avec envie, quand je lui ai demandé si il était possible de voir des requins, il m'a dit que c'était rare mais il m'a quand même emmené dans 2 lieux où on pouvait en apercevoir et il a même snorkeler avec moi pour me guider. On n'a pas vu de requins, mais les fonds et la vie sous-marine sont plutôt sympa.
Le lendemain direction Poto Tano, je m'arrêtes au petit warung sur pilotis du trajet aller où j'avais rencontré Irwan. La serveuse me reconnait, M'OFFRE à boire et a manger, me présente à ses amis, elle vient de Lombok et est ici depuis quelques mois pour travailler.
A un moment je me retourne:
- C'est possible d'aller en excursion dans une des petites iles là-bas ?
- Je sais pas, vas te renseigner dans le village à coté.
Aussitôt dit aussitôt fait, me voila dans le village où on me dirige vers le seul habitant qui parle anglais, avec qui je négocie l'excursion pour le lendemain.
Là par-contre les fonds marin sont plutôt dégradés donc moins de vie sous-marine, le bateau étant équipé d'un compresseur permettant de plongé en profondeur, on me propose d'essayer.. bien oui...
Là aussi "l'anglais du village" (j'ai oublié sont nom) snorkel avec moi.
La veille j'avais discuter avec lui, il m'avait invité à boire un thé chez lui, c'est un musulman pratiquant, portant djellaba barbe, on était dans la pièce où il fait ces prières, on parlait de religion, il me questionnait sur le nombre de musulmans en France, comment ils pratiquaient, comment on les percevaient... à un moment il me dit :
- je suis contre les terroristes et les extrémistes, ce ne sont pas de vrais pratiquants car on est tous frères : Musulman, Chrétien et Juif !
J'aimerai entendre ça plus souvent !
Après ces bonnes paroles, ferry pour Lombok, arrêt snorkeling à Perama Island, puis à Mataram pour rendre le scooter à Mr Subhi et ferry de nuit pour Bali.
Quelques jours à Ubud pour faire mes emplettes, et retour à Paris...
Voila j'espère ne pas avoir été trop long ou anecdotique, et que ce récit vous donnera envie de découvrir ce super pays !
Il y a 2 ans, j'ai fait une rencontre qui a bouleversé ma façon de voyager, avec un pêcheur de l'île Lombok, qui est mon p'tit frère maintenant.
J'ai pu raconter tout ça, les anciens de VF s'en souviendront, dans mon premier carnet "Sasak story".
Même tempérament, même passion pour la géographie, même rêves de voyages (sauf que moi j'ai la chance de pouvoir en réaliser pas mal!), même goûts pour les endroits isolés, même signe astrologique (j'y crois pas mais là quand même...), même philosophie de la vie permettant de se détacher pas mal du matériel pour se consacrer à l'Essentiel, évidemment deux têtes-en-l'air comme c'est pas permis, enfin plein de mêmes et j'en oublie !
Par contre pas du tout les mêmes vies. Lui, son bureau comme il dit, c'est la mer. Il est éleveur de langoustes et cultivateur d'algues.
Tour à tour, on se prête mutuellement à un jeu qu'on aime bien, une sorte de "Vis ma Vie" pour reprendre l'émission de télé...
En 2007, je lui ai fait découvrir un peu son île, Lombok, car il n'avait jamais pu sortir de son village, faute de moyens de transport dans cette région isolée du sud de Lombok. Faute de moyens tout court aussi...
La vie de touriste: il a trouvé ça pas mal ! C'était toujours très rigolo: des regards curieux du genre "qu'est ce qu'ils foutent ensemble ces 2 là?", et moi qui répondais à chaque fois, histoire de mettre un peu plus le trouble: "bah, touriste français, touriste sasak"! Et ça finissait immanquablement en éclats de rire, en "viens boire le café", "viens manger à la maison", etc...
Et puis ça a un petit peu démystifié ses idées sur les touristes, puisqu'il pensait jusque là que nous étions tous comme les milliardaires des séries B Indonésiennes qui passent à longueur de temps... Il a l'esprit naturellement grand ouvert, mais ces petites échappées l'ont certainement ouvert un peu plus.
Les mois ont passé... Je suis revenu dans son village en février 2008, où là j'ai fait le "vis ma vie" dans l'autre sens: 2 semaines au village, embourbé dans la saison des pluies, pour vivre avec les villageois, à leur rythme. Un voyage sans programme, sans réellement grand chose à visiter, je n'y allais pas pour ça. Mais juste pour vivre une vie qui m'est si lointaine... j'ai raconté ça dans mon autre carnet "hello Mister Loïc", puisque bien sûr maintenant on ne dit plus "Hello Mister", ou "Hello tourist", ou "Hello Bule"... je suis le français le plus connu du village 😉
Alors ben depuis, les liens se forcément tissés avec les habitants, particulièrement avec mon p'tit frère bien sûr, puisqu'on peut dire qu'on a gardé les vaches langoustes ensemble !
Ah, au fait, pour ceux qui connaissent pas, il s'appelle Rumaji mon petit frère.
De longs mois ont passé... et je suis revenu l'été 2008 tenir la promesse que j'avais faite un an avant: je lui avais proposé cette idée folle de voyager ensemble pendant 1 mois, de réaliser son rêve, ou plutôt notre rêve. Car moi aussi je rêve, c’est une nouvelle forme de Voyage pour moi : voyager avec un local, mais pas un guide professionnel, un simple pêcheur, un touriste Sasak qui baroude avec un touriste Français, comme 2 frères… voyager avec un Indonésien, c’est voyager comme je n’ai jamais voyagé auparavant, une découverte d’un pays qui va m���ouvrir ses portes encore plus facilement.
Le rêve du pêcheur.
Pendant un an, je lui ai téléphoné régulièrement, en lui posant à chaque fois la question :
« Tu es toujours partant pour partir 1 mois ensemble en juin prochain ? »
« Oui, bien sûr » me répondait-il à chaque fois
Mais j’avais toujours l’appréhension qu’il finisse par me dire non, car ce n’est pas facile de stopper son travail, de vivre sans sa
famille, de changer de vie, pendant 1 mois. A plusieurs reprises, je lui ai dit de bien anticiper son absence, notamment confier la gestion des langoustes et des algues à son frère et à son père. Je craignais qu’il finisse par se rendre à l’évidence qu’il lui est
impossible de partir si loin et si longtemps.
Lorsque je suis arrivé dans son village, oui, il était prêt, fin prêt, encore plus prêt que je ne pouvais l’espérer : dans sa maison, je retrouve mes photos accrochées au mur, le planisphère que je lui ai offert et j’ai même droit à un message de bienvenue :
Il a également pris soin de vendre toutes ses langoustes et toutes ses algues avant que j’arrive…
« Ainsi nous pouvons partir l’esprit libre. Je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour s’occuper de mes langoustes ! »
Tout vendre… Je n’y avais même pas pensé. Il ira loin ce petit.
Alors justement nous allons partir loin. En scooter de location, nous allons parcourir 3000km pendant 5 semaines, nous menant, à travers les routes défoncées et au gré des ferrys schedules, vers les îles de Sumbawa, Komodo, Florès et Sumba.
Quelle balade! La meilleure depuis le début. J'ai commencé dans les montagnes pour descendre sur la côte sud. Magnifique. La jungle, puis le littoral. Coup de coeur pour l'endroit et les gens. J'ai rencontré des gens super. Ca change vraiment tout de pouvoir baragouiner trois mots de bahasa indonesia. Je crois que je vais retourner dans un de ces villages, toujours à pied mais par un autre chemin, moins escarpé. Mes chaussures ne vont pas tarder à rendre grâce. Eux, ils marchent souvent pieds nus; c'est impressionnant avec quelle agilité, même en portant de lourdes charges. J'adore les contacts que me procurent la marche à pied. Marcher a pied permet des contacts complètement différents avec les gens. Et de me rendre dans des coins inaccessibles autrement. L'autre jour, j'ai marché en compagnie de quatre enfants qui sont allés rendre visite à leur père dans un autre village. Nous avons marché ensemble pratiquement toute la journée et le soir j'ai dormi dans leur famille. Les gens ont des notions des distances et du temps très approximatives. Par exemple, en chemin, on nous a annoncé que le village où nous nous rendions était à 3 kms, soit deux heures de marche. Quand t'entend ca, sachant que le chemin longe le bord de mer et que c'est plat...tu comprends qu'il y a quelque chose qui ne colle pas, mais quoi?... J'ai été surprise par le dénuement à l'est: du tapioca, des patates douces, essentiellement. Parfois du maïs. Du riz bien sûr mais il vient de l'ouest de l'ile et encore; je crois qu'il provient d'autres provinces d'Indonésie. Et puis, dans certains villages du littoral, ce ne sont pas des pêcheurs: ce sont des gens des montagnes qui sont descendus s'installer sur la côte; donc il n'y a pas de poisson à table alors que l'océan est devant eux. En conséquence, leur régime alimentaire est pauvre et monotone. Alors que le climat semble idéal pour les cultures, ce n'est l'abondance nulle part. Même à Kalabahi. Sur les marchés de la ville, on trouve quelques tomates, des bananes, des clémentines. Mais pas en très grosses quantités, et pour les clémentines, même pas tous les jours. Il est rare de voir un ananas parmi les étalages, et encore, c'est bien souvent le seul du marché. Ca manque cruellement de variété. Quand je passe la nuit chez des gens; j'amène toujours quelque chose. Ils mâchent beaucoup de noix de bétel et c'est le cadeau usuel, mais je préfère donner autre chose. Quand tu vois les enfants qui mâchent du bétel et fument déjà à douze ans, ça fait mal au coeur. J'évite aussi d'offrir des cigarettes pour la même raison. Il me reste le choix entre du thé, du café, ou du sucre. Le kilo de sucre est assez cher pour eux. Les enfants travaillent très tôt, et les mariages ont lieu assez jeunes. Il n'est pas rare de rencontrer un femme de 23 ans qui a déjà trois enfants. Parfois j'ai eu l'impression d'être en Afrique, meme si c'est un continent que je ne connais pas. Tant par les traits du visage et les coiffures que par la sècheresse de certains paysages, comme entre Kiralela et Koilela. On aurait dit de la savane, avec de hautes herbes jaunes et seches, quelques eucalyptus pelés. Et puis d'un coup, on tombe sur une mangrove, et au détour d'un rocher, soudain apparaît la mer. Des rochers, une plage de sable noir succède à une plage de sable blanc. Et il n'y a personne. Tu peux marcher pendant des kilometres sans croiser personne. Ils sont tres étonnés de me voir voyager seule; et marcher à pied, encore plus. Parfois, je sens qu'ils vivent mon arrivée davantage comme une "apparition". Qu'ils ne comprennent pas bien ce que je fais là, comment j'ai pu atteindre cet endroit sans être accompagnée. Voire même qu'ils se demandent si je suis bien un être humain? Il y a beaucoup de superstitions. Les croyances animistes sont très fortes. Par exemple, tu ne dois pas dire:"je m'en vais", quand tu quittes un lieu; c'est sensé porter malheur. Même si tu as l'intention de ne jamais y revenir, il faut dire: "je reviens", ou "je reviendrais". Il y a des moments vraiment hors du temps. Hier, pendant une longue marche sans rencontrer quiconque; j'ai croisé des hommes avec leurs arcs et leurs flèches. Ils m'ont salué d'un signe de tête, sans un mot, avec un air de défiance. Comme s'ils n'étaient pas bien sûre que je sois réelle. Je venais de quitter le bas-côté du chemin où je n'avais même pas pris la peine de me cacher, pour faire pipi. Etant donné le peu d'affluence dans les parages; je ne risquais pas grand chose; au pire le coup d'oeil innocent d'un oiseau. Enfin, c'est ce que je croyais! Moins de deux minutes plus tard, j'ai croisé les chasseurs. J'ai réalisé qu'à deux minutes près, la situation aurait pu être un peu plus critique. Non pas tant pour l'embarras d'être vue les fesses à l'air, mais simplement si j'avais émergé du fourré au moment où ils approchaient et qu'ils s'étaient sentis surpris; je me serais peut-être pris une flèche!
Plus haut dans les montagnes, une femme qui arrivait seule en sens inverse, est partie en courant quand je lui ai dit bonjour et elle ne s'est pas retournée. A-t'elle crû voir un fantôme? Je ne le saurais jamais, mais quand j'ai raconté ça au village suivant où ils m'avaient invité à faire une halte, ils ont tous rigolé. J'aime beaucoup dormir dans les villages, c'est convivial...et ça change tous les jours! Un soir dans une famille musulmane, le lendemain chez des chrétiens... L'autre soir, à Buraga, j'ai été invitée a dormir dans une famille chrétienne; la grand mère venait de décéder. Ils m'ont emmenés à la veillée funèbre dans une maison voisine; des jeunes gens fabriquaient le cercueil dans la cour, j'étais assez gênée et intimidée, mais pour eux, ma présence semblait allait de soi... après quelques minutes de recueillement, le silence s'est brisé, on s'est tous assis sous le porche, quelqu'un a empoigné une guitare, et ils chantaient tous, battaient le rythme avec les mains...
Après 5 semaines de vacances en Asie du Sud Est cet été - dont 4 passés en Indonésie : Sumatra, Java et Bali - voici mes commentaires et une sorte de pot pourri d'infos sur les villes que j'ai pu visiter en Indonésie (en retour de toutes les informations que ce forum a pu m'apporter) :
############################################
########### Medan
############################################
Ville polluée et bruyante ... moto, voiture et camion à chaque coin de rue ... fumée ... fumée ... bouchon monstre en ville en fin d’après midi. Aucun charme selon moi succession de boutique ( de vente de jantes de voitures, de pièces ...) dans une crasse pas possible ... On m'avait prévenu et bien je confirme Medan passez votre chemin ...
Visite :
- La grande mosquée : Nous n'avons pas pu visiter l'intérieur (prière) de la mosquée mais elle est plutôt belle de l'extérieur ... un peu petite par rapport à son nom ...
Comme d'habitude en Indonésie donation à l'entrée ... nous on a laissé 4.000 IRD par personne ...
La mosquée est en centre ville donc la encore pas agréable du tout puisqu'il y a du bruit, du bruit ... et pas beaucoup d'ombres : quasiment aucun arbre dans cette ville bétonnée ...
- Le palais du Sultan : idem gratuit mais donation à l’entrée. Rien de spectaculaire ... l'extérieur est regardable mais l'intérieur est en complet désaccord ... c'est vide de chez vide ...
Hôtel :
On a du dormir a Medan (notre vol a été annulé et reporté au lendemain suivant donc on a pris une adresse correct dans le routard).
Le Danau Toba Hôtel :
Hôtel bien. Propre. Chambre très confortable avec tout l'équipement nécessaire ...
Une très belle piscine dont les personnes extérieures à l'hôtel peuvent aussi profiter en payant l'accès (pour les gens de l'hôtel c'est gratuit)
Le restaurant de l'hôtel sert une nourriture plutôt bonne. Le petit déjeuner (inclus) est sous forme de buffet : riz, légumes, fruits ... correct.
Internet (salle business) avec pleins d’adaptateurs pour mobile de toutes marques : pratique quand on est en voyage d’affaires ...
Ce que l'on aimé : Rien de spécial à vrai dire ... peut être le salon lounge à l'aéroport où on était au calme (lol) et les gens relativement détendu par rapport à l'environnement dans lequel y vivent.
Ce que l’on n’a pas aimé :
- le bruit
- la pollution
- le manque d'espace vert
En bref Medan ne sert (à un touriste) qu'à atterrir ou décoller ...
Assez pauvre et assez sale comme ville ... Beaucoup moins de voitures et de camions qu'à Medan mais la rue principale connait du passage ... Trottoir quasiment inexistant ou défoncé ou rempli de détritus en tout genre ... En bref la « ville » n’est pas belle du tout ... ce qui est intéressant dans ce coin ce sont les alentours puisqu’il y a un volcan pas loin : le Sibayak.
Visite :
En fait ici c'est les alentours qu'il faut visiter ...
Au programme cascade, hotsprings et parc naturel ...
Possibilité aussi de balades / randonnées dans le parc national.
De nombreux singes en liberté visible sur la route entre Medan et Berastagi (surtout à la fin du trajet)
Hôtel:
On est descendu au Sibayak International hôtel.
Personnel très sympathique.
450.000 IDR car on est arrivé sans réserver (on a du donc payer le prix fort !) petit déjeuner inclus.
Ne pas hésiter à négocier le prix de la chambre (premier prix annoncé 750.000 IDR)
Hôtel convenable plutôt propre et bien entretenu (mis à part la piscine à l'eau verdâtre ...)
Le restaurant de l'hôtel est plutôt bon. Les prix bas. Par contre la déco kitchissime au possible ...
Ce que l'on a aimé :
- Les alentours plutôt vert et relativement calme
- Baignade aux Hotsprings (attention par contre après on sent le souffre ... surtout les maillots pendant plusieurs jours ...). Au passage vous allez être regarder sous tous les angles ... apparemment ce n’est pas commun de voir des européens dans ces Hotsprings ...
- Le marché avec ses fruits et légumes frais : beaucoup de mandarine dans cette région. Et célèbre aussi pour ces fruits de la passion : j'ai gouté et je les trouve un peu fadasse ...
- Le berastagi tea sorte de the avec miel, gingembre, anis étoilé, coriandre, cardamone et clous de girofle ... excellent !
Ce que l’on n’a pas aimé :
- Le manque d'entretient des bâtiments ou route en ville
- Les crottes de chevaux dans la rue principale et la crasse ambiante ...
Info prix :
- Une balade en voiture avec chauffeur une demi-apres midi coute env. 140 000 IDR au départ de Berastagi
- Trajet en taxi Medan Berastagi 400 000 IDR
- Resto Padang en ville comptez 8 000 IDR pour un repas par personne
Le trajet Berastagi Lac Toba par le nord du lac est sympa. Très beau paysage pendant le trajet.
Au départ beaucoup de plantation de mandarine ... puis du café en arrivant vers Parapat .
En chemin beaucoup d'églises car contrairement à Medan cette région est catholique.
On peut voir aussi l'ancien palais royal ... pas mal et aussi la cascade Sipiso : très impressionnante et belle avec un très beau panorama à gauche. Compter 45min aller retour si vous souhaitez voir la cascade de près.
Le trajet Berastagi Parapat laisse aussi progressivement apparaitre une vue plongeante sur le lac très impressionnante ... ca ressemble « un peu » à la Suisse, Lausanne ... La vue sur le lac est magnifique.
Sinon maintenant Samosir ou tuktuk :
Endroit calme et agréable ... finit les camions et voitures toutes les secondes ...
L'ile est belle et à du charme. Pleins de maison batak qui ont connu leur heure de gloire j’imagine mais ont encore beaucoup de cachet .
On vous proposera souvent sur cette ile le magic mushroom. Je n'ai pas essayé mais je pense qu'il faut éviter !
Visite :
- Hotsprings à l'opposé de Tuktuk (compter 2, 5h en moto)
- Baignade dans le lac
- Balade en vélo ou moto
- Maisons et palais Bataks à visiter
- A voir en fin d'après midi (pour le coucher du soleil) : une montée sur la colline en face de tuktuk ... vous découvrirez toute cette partie de l'ile : les filets sur le lac, les rizières et toute la presqu'ile de tuktuk. Endroit vraiment chouette. Par contre la route pour y accéder est en mauvaise état ... mais ne pas hésiter à y aller la vue / le panorama est à tomber !
Ce que l'on a aimé:
- Les gens très gentils
- Les belles maisons Bataks
- L'ambiance bonne enfant
- Les balades au crépuscule dans tuktuk avec la vue sur le lac ...
- Les baignades dans le lac
Ce que l’on n’a pas aimé :
- Personnellement j'ai gouté une sorte de bière locale fabriqué à partir d'un arbre ou cactus un truc de ce genre ... gout horrible. Ce Beuvrages doit être consommé dans la journée ... il est donc fabriqué de façon artisanale et consommé chez l'habitant ou le bar du coin ...
Par contre du coup expérience avec les habitants vraiment top.
- La ville (qui est la capital administrative de l’ile) qui se trouve proche des hotsprings : sale, sale et .... sale.
Hôtel :
On logeait au liberta : 60 000 IDR la nuit ... à ce prix difficile d'apporter une critique ...
Chambre assez propre : seul bémol les toilettes à la turc sa sent fort ...
Petit déjeuner non inclus (au prix de la chambre ....) mais très bon et peu cher
Restaurant du liberta cuisine plutôt bonne et prix très doux. Seul bémol l'attente ... très longue ... et pas synchronisé sur tous les convives .... On peut se retrouver au dessert pendant que l'autre commence l'entrée ...
Ne pas donner aussi votre linge. Le service Laundry est vraiment comment dire ... pas bon ... on voit que ce sont des mecs qui font la lessive !
Mr Moon est très sympathique. Par contre ses acolytes (personnel) ne m'inspire pas confiance ... mais on n’a pas eu à se plaindre si ce n'est que chaque matin et chaque soir on avait droit à tour de rôle (mais vraiment un par un - espacé de 2 min) ....where do you go ... do you need a motobike ... a transport ...bref ...
On a visité aussi le Samosir Cottages à la fin de notre séjour. L’hôtel à l’air vraiment bien.
De belle chambre et une belle vue sur le lac. L’endroit a complètement été refait il y a quelques semaines. Belle salle de réception et la cuisine au restaurant est très bonne. Prix du restaurant doux.
Info prix :
Trajet en taxi Berastagi Parapat 450 000 IDR
Location de scooter 70 000 IDR avec essence (manuel)
Trajet en taxi Parapat Medan par la route "direct" sans passez par berastagi : 80 000 IDR par personne par contre le taxi doit partir plein (7 places). Se renseigner à votre hôtel à Samosir ou à Parapat sur le quai.
Traversé Parapat Samosir 7 000 IDR on paye dans le bateau ; Durée de la traversée 30 min par beau temps.
Bourg un peu en altitude où il fait très bon.
La ville est un peu pentu ... avec le fort au milieu ...
Du coup on ne voit pas toute la ville d'un coup mais par à-coups ... ce qui est très bien ...
Ici c'est la religion musulmane qui domine. Donc beaucoup de mosquées.
La ville est globalement propre et entretenu. (mis a part le zoo).
Les visites :
- le fort : on ne voit en fait pas grand chose en haut car il y a des arbres ...
- le zoo : en piteuse état ... les pauvres animaux ...
- la place de l'horloge : très animé en journée comme le soir où tout le monde se retrouve sur la place pour un marché improvisé ...
Les environs :
- Le lac Maninjo : très beau de haut comme au pied du lac.
Possibilité de loger sur les rives et baignades aussi.
Endroit très agréable. Y aller à la journée
- Balade en moto et boucle de Bukkitingi jusqu'a Battuksinktar et le pays mimangs : très belle maisons Mimangs sur le chemin.
Beaucoup de rizières aussi. En chemin pas mal d'arrêt touristique (genre panorama sur une vallée ...) mais très mal entretenu ... c'est ici qu'on sent bien que l'Indonésie a subi une perte de fréquentation touristiques ...
Y aller à la journée
De la canne à sucre aussi dans cette région et donc possibilité de voir la fabrication du sucre roux.
Ce que l'on a aimé:
- Les gens très ouvert aux dialogues
- Les environs : le lac maninjo
Ce que l’on n’a pas aimé :
- Le Mézin qui nous réveil de 4:30 jusqu'a 8:00 ... affreux ... je pèse mes mots !
Hôtel :
Orchid hotel : on a eu une chambre éco car tout était complet ailleurs ... 75 000 IDR la chambre
Très spartiate ! Propreté laisse à désirer.
Le personnel est plutôt sympa
Petit dej infect ou plutôt très très gras ... tranche de pain panné dans 10000 litres de beurre avec une confiture et du Beurre !
Restaurant on a testé le Hills (l'ancien Novotel de la ville) on a eu droit un spectacle le soir et la nourriture était plutôt bonne. Prix correct pour le cadre.
Info prix :
Trajet Padang (aéroport) Bukittinggi en taxi
Ville plate qui a subi beaucoup de dégâts lors du tremblement de terre de 2006.
J'ai été un peu déçu par Yogyakarta. Je m'attendais à une ville verte et boisé ... une Florance de l'Indonésie ... rien de cela ...
Comme d'habitude en Indonésie bruit, voiture, trafic partout, rue étroite ...
Seul point positif la vieille ville ou la il n'y a pas de trafic puisqu'il s’agit de passage pour piétons (ou moto).
Mais la vieille ville ressemble par moment plus à des ruines qu'à une ville : Beaucoup de bâtiments délabrés ... certes le tremblement de terres y est pour quelque chose .... Mais ... aussi le manque d’entretien ...
Le Kraton .. maouis ... bof bof
La rue principale où se concentre tous les commerces et Malls ... maouis ... bof bof
Yogja ne nous a pas emballé ...
Par contre Borobudur : site exceptionnel et magique.
De jour comme de nuit (on dormait à l'hôtel situé dans le parc) l'édifice est splendide.
Visite:
Le kraton
La vieille ville : les palais, les bains ... et les marchés (oiseaux ...)
Le silver village
Spectacle de danse
Les ateliers de batiks et de fabrication de marionnettes.
Borobudur
Prabanan
Ce que l'on a aime :
- Borobudur
- Borobudur
- Borobudur
- Les chauffeurs de becaks très sympa et je leur tire mon chapeau pour le travail qu'il effectue.
Pour l'histoire un chauffeur de becak nous expliquait qu'il louait son becack car il n'avait pas les moyens de l'acheter : il nous donne alors le prix d'un becaks : 100 euros et on reste bouche baie.
Ce que l’on n’a pas aimé :
Ici plutôt moins aimé : le Prabanan en mauvaise état et le site un peu "vide"
Hôtel:
Le Phœnix hôtel - le grand Mercure. 40 EUR la nuit mais très bon rapport qualité prix
Chambre impeccable propre, très belle piscine. La bâtisse est splendide puisqu'il s'agit d'une vielle maison coloniale réaménagé.
Un lieu plein de cachet et de charme.
Le restaurant de l'hôtel offre une cuisine très bonne à un prix correct.
Le petit dej inclus est pantagruélique : buffet ultra complet ... on est callé pour toute la journée !
Ville immense, polluée (pour pas changer) ... pas grand chose à voir si ce n'est que les malls géants (mais vide ...)
Passage obligé pour nous car nous allions au Bromo ... nous avons donc choisi le vol Yogja Surabaya avec Lion Air qui au passage a été une de mes plus grosses frayeurs de ma vie en avion ...Lion air donc je déconseille ...
Le Bromo est l’endroit que je me faisais (avant mon voyage) de l'Indonésie : Naturel et impressionnant.
Endroit magique. Même si il y a des centaines de touristes au lever du soleil n'hésitez pas à vous réveiller à 4:00 pour découvrir la vue sur les 3 volcans : le bromo biensur mais aussi le Batok et le Semeru depuis le mont qui se trouve en face.
Ce qui est intéressant ce sont les changements de lumières et donc de couleurs pendant toute la montée du soleil. Chose que vous ne verrez pas si vous y allez en pleine journée. De plus vous montez dans la nuit et donc vous découvrez ce panorama petit à petit avec le lever du jour. Moment unique ....
Prévoir par contre une bonne veste (vous pouvez aussi en louer une à votre hôtel) et une écharpe (on en a acheté à 10.000IDR)
Apres le lever du soleil vous irez sur le Bromo même. Ascension facile et spectacle à la hauteur du volcan.
Au passage quand vous aller au Bromo en sortant de Surabaya vous passerez devant le "nouveau" volcan de boue : Lusi
Endroit complètement fou ... des maisons engloutis par des litres de boues : on ne distingue plus que quelques toits ... une digue de plusieurs mètres pour éviter que la boue se propage ...on se croirait dans un mauvais film et pourtant c'est la réalité.
"Droit d'entrée" sur la digue par les riverains modique (15.000 IDR)
Embouteillage monstre par contre car beaucoup de voiture s'arrêtent et le volcan a aussi englouti une portion de l'autoroute ...
S'armer donc de patience ...
Hôtel :
Yochi : chambre correct avec sanitaire commun pour certaines chambres ...
Le restaurant de l'hôtel sert une cuisine correct mais comme d'habitude (en général en Indonésie) très désordonné et très longue attente .... Prix doux
Info prix:
Bromo en 4x4 300.000 IDR la jeep (de 6) donc n'hésitez pas si vous n'êtes pas complet à trouver des "amis".
Droit d’entrée : on a pas très bien compris ca devait être 20.000 par personne mais au final on a payé 30.000 pour toute la jeep ! Conseil surtout ne payer qu’à l’entrée ! Ne pas payer le chauffeur ou votre guesthouse .
Pour aller au Bromo on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya : 500.000 IDR la journée
Endroit certes reculé par rapport aux autres villes de Java puisque ce volcan est a l'extrême Est... mais allez voir ce volcan !
Le Kawa Ijen a été pour moi LE moment FORT de tout mon voyage en Indonésie.
La montée n'est pas très difficile. Compter 1h30 de montée, y aller à son rythme, il y a de la pente mais elle est plutôt douce (ce n'est pas le col du taibit de la Réunion pour celles et ceux qui connaissaient !)
Arrivé la haut c'est tout simplement magique ... un lac de couleur bleue vert ... qui est en fait un beau lac d'acide !
En chemin vous croiserait des dizaines de porteurs de souffres ...
Ces hommes sont surhumains ... ils portent plusieurs dizaines de kg de souffres ... dans des conditions extrêmes !
On sort humble du Kawa Ijen ...
Prévoir quelques friandises pour les porteurs de souffres ou de l'eau ... ca leur fera plaisir !
Autres visites :
Vous pouvez aussi après ou avant vous détendre aux Hotsprings et aller voir la cascade assez impressionnante car on la voit de haut juste en face et non en dessous comme d'habitude ... Les litres d'eaux tombant donnent le vertige ...
Endroit surprenant et très agréable ....
Dans cette région on cultive aussi le café ... vous pourrez donc découvrir toutes les étapes dans la fabrication de celui ci ...
Hôtel :
2 hôtels seulement proches du Kawa Ijen et donc réservation plus que nécessaire ...
Nous n’avions pas réservé .... On a donc dormi chez l'habitant ... 100.000 IDR la chambre ... rudimentaire mais on ne fait pas les difficile a 12000Km de chez nous ... dans un endroit comme celui ci ...
Info prix:
Pour aller au Kawa Ijen on a décidé de louer une voiture avec chauffeur au départ de Surabaya - Bromo puis Kawa Ijen : 500 000 IDR la journée
Droit d’entrée modique pour le kawa Ijen de mémoire 15.000 IDR par personne.
Pour Bali:
Je ferai un commentaire sur toutes les villes que nous avons visitées plus tard dans un autre post...
Et de manière générale en Indonésie :
- A votre arrivée acheter une carte SIM : la carte SIMPATI coute 15.000 IDR (1eur env.) avec un crédit de 5.000 IDR. Pratique pour appeler vos proches et les gens sur place.
- La réservation d'hôtel peut se faire sur place en appelant simplement. Aucune avance demandée si ce n'est que d'arriver avant une certaine heure.
- Tout se négocie même les chambres d'hôtels ! et surtout les transports !
- Peu de distributeur acceptant les cartes VISA ou MASTERCARD dans les villes non touristique (comparé aux autres pays d'Asie du SE) ... donc prévoir toujours des euros . Idem pour les traveller check . Très peu de bureaux de changes. Même à Bali on a galéré pour trouver un ATM à candi casa : il n'y en a pas et donc il faut aller à Ampulara (30 min de voitures) et il n'y a qu'un ATM qui accepte les cartes étrangères ... donc je le répète toujours avoir un peu de cash !
- Enfin prévoir du papier toilette (pour les WC hors hotels) car contrairement aux autres pays d'Asie vous n'en trouverez pas dans 95% des cas ...
Ma conclusion à chaud :
On a trouvé que le pays était un peu sinistré dans le sens où beaucoup d'établissement/sites touristiques ont fermé leurs portes ou ne sont plus entretenus ...
On voit clairement le sur dimensionnement de certains lieux en parking ... alors qu'il y a une dizaine de personnes tout au plus ....
C'est la chose qui m'a le plus marqué en Indonésie ... le coté sinistré ...
C'est en cela que je dirai que notre impression général sur l'Indonésie a été mitigée ...
Mitigé car d'un coté on a des grandes mégapoles comme Jakarta ou Surabaya complètement immonde, sans espace verts ... sans charme tout simplement ... et de l'autres des lieux magiques comme le Kawa Ijen ...
La pollution, le bruit et le manque d'espace verts (beaucoup plus que dans d'autres pays d'Asie du sud Est ) nous a complètement déstabilisé les premiers jours ... J'ai même durant un trajet Yogjakarta Borobudur eu la trachée toute irritée (brulé) tellement que l'air est polluée : chose qui ne m'étais jamais arrivé en Asie du Sud Est (même à Bangkok !)
Heureusement que certains sites sont extraordinaires et les gens très gentils et généreux .
Bonjour à tous, ma chérie et moi même sommes revenus il y a déjà 3 semaines d'un petit voyage de 15 jours à Bali et lombok, du 04/09 au 19/09. Comme je l'avais promis, je vous fais un petit compte rendu.
Nous avions établi un itinéraire très partiel et savions juste que nous allions rester 5 jours à UBUD, puis partir à LOMBOK pour faire les GILIS, le RINJANI et KUTA. Mission accomplie, je vous raconte tout celà dans l'ordre et avec le maximum de prix.
Nos GUIDES: Le LONELY PLANET, un guide HACHETTE, le petit futé
Départ de PARIS le 04/09 à 12h00, voyage avec MALAYSIA AIRLINES (billet aller retour à 1080 euros par pers.)L'avion est à moitié vide (ou à moitié plein, comme vous voulez). Nous disposons donc de 5 sièges pour nous deux ce qui nous permet de voyager assez confortablement.
Arrivée à 06h00 à kuala lumpur et transit de 3 heures, pour une arrivée finale à Denpasar le vendredi 05/09 à 12h et quelques.
A l'aéroport, le taux de change est de 13250 roupies pour un euro. Petite précision, nous avions 1500 euros en liquide, pas de dollar ni de traveller, mais l'oeil aux aguets!!😉 Nous n'avons bien sûr, pas tout changé d'un coup. Toujours pour info, les banques font du change au taux officiel et plus interessant, le problème étant leus heures d'ouvertures et leur rareté (du moins à UBUD)
Départ pour UBUD en taxi pour 130 000 roupies.Les taxis officiels au comptoir de l'aéroport prenaient 175000 roupies je crois, mais si vous marchez un petit peu, vous serez accosté par plein de mecs qui vous proposent de vous emmener et ouverts à la discussion. Je vous précise que ni ma chérie ni moi ne sommes doués pour marchander.
Arrivée à UBUD après 2 heures de route environ. En chemion nous avions passé un coup de fils dans plusieurs hôtels que nous avions selectionné, mais ils étaient complets. Alors après un coup d'oeil dans le guide, nous avons opté pour KETUT'S PLACE à 300 000 roupies la nuit.L'hoetel est en bordure de vallée, il s'agit d'une habitation typiquement balinaise. Les chambres sont spacieuses et propres et l'hôtel organise deux fois par semaine un buffet balinais. Ca tombe bien, il y en avait un le soir de notre arrivée, nous avons donc commencé notre séjour par une orgie...
Dodo très tôt et reveil tardif le lendemain
06/09. Visite d'UBUD (temples, marché...) et en route pour une ballade décrite dans le lonely, dont je ne me souviens plus du nom. Pour info, cette ballade n'était pas top, elle commence bien, mais l'itinéraire est pas super précis et ça finit par de la route.
07/09: Location d'une moto automatique (on l'a prise pour 3 jours, à 40000 roupies par jour assurance au 1/3 comprise) et en route pour le PURA TANAH LOT, sur la côte ouest. Découverte des rizières et des marchés locaux. Découverte aussi de l'approximation de la signalisation, mais on s'est pas trop perdu.
08/09: Départ pour jatilui depuis ubud, c'est vraiment très agréable de se perdre sur les routes secondaires. La région de jatilui est superbe, le paysage y est sculpté par les rizières. Nuit au PRANA DEWI montain resort. C'est un hôtel absolument magnifique, avec des villas privatives de très bon goût, à l'intèrieur tout en bois précieux et à la salle de bain à l'air libre. Nuit à 46 dollars, c'était le prix annoncé au téléphone, et quand ils nous ont attribué la villa, ils nous ont en ont donné une de catégorie supèrieure...tout bénèf donc.
09/09; visite du temple à proximité de l'hôtel puis route jusqu'à munduk. C'est là qu'on s'aperçoit que les routes peuvent avoir un pourcentage de pente vachement important!!🤪 Retour à UBUD et dernière nuit sur place. Le taux de change étant moins interessant à LOMBOK, on a changé tous nos euros à UBUD. (à lombok, c'était plutôt autour d'un euro= 12500 roupies voires moins)
10/09 au 13/09: Départ le matin tôt pour PADANGBAIfert en speed boat (600 000 roupies par pers/ je crois) pour GILI TRAWANGAN. Traversée en 1h30 environ. je pense que c'est la meilleure solution pour se rendre aux gilis, c'est la plus simple en tous cas, mais aussi la plus chère. Le prix comprend bien sûr le transfert UBUD/PADANGBAI.
Arrivée à TRAWANGAN et recherhce d'un logement de charme, que nous ne trouvons pas et nous décidons donc de nous rendre à GILI MENO, ce qui était notre idée d'origine.
Après avoir mal négocié auprès des locaux nous faisons la traversée jusqu'à MENO (je préfère pas vous dire combien on a payé, mais ça nous a évité d'attendre la navette qui fait toutes les îles et qui ne partaient que 03 heures après notre arrivée.)
On a fait tous les hôtels de MENO, et finalement on s'est installé dans la partie NORD OUEST de l'île, dans une petite chambre au 2ème étage d'une maison traditionnelle. L'hôtel a été crée par un japonais et est très écolo. 150 000 roupies la nuit.
La plage qui borde l'hôtel donne sur un récif coralien idéal pour le snorkling, mais pas très confortable pour les pieds. Le resto de l'hôtel est pas top, nous prenons nos quartiers au café DIANA qui se trouve à 200 mètres de l'hôtel. Personnel super sympa et bouffe d'un super rapport qualité prix.De plus, couchers de soleil de rêve sur le GUNUNG AGUNG.
Durant notre séjour sur MENO, nous avons fait de la plongée, sur des spots plutôt pas mal.
En discutant avec un des gars du café, nous avons pu organiser notre trek pour le RINJANI car il avait un membre de sa famille (ou peut-être juste une vague connaissance) qui organisait ces treks depuis de nombreuses années. Nous pensions que c'était un bon plan, mais avec le recul, on s'est un peu fait enfler.
Je vous explique: Nous avons opté pour un TREK 2 jours une nuit. Il n'était pas question d'aller jusqu'au sommet, mais seulement jusqu'au cratère. Il nous fallait également le transfert de meno jusqu'à SENARU.Puis, après le trek, le transfert de SENARU jusqu'à KUTA LOMBOK. Il n'y a eu aucun problème d'organisation, nous n'étions que ma chérie et moi avec un guide et un porteur. Le hic, c'est que ça nous a coûté 1 500 000 roupies par personne, ce qui me semble très cher, bien que notre "intermédiaire" nous ait juré que c'était un bon prix.
13/09: transfert meno/senaru, découverte de senaru et des cascades. Le guide était compris dans notre package, même si un guide n'est pas vraiment nécéssaire pour faire les cascades. (baignade inoubliable néanmoins). Nuit dans un hôtel abominable (Après discussions, l'organisateur du trek a accepté que l'on soit surclassé dans une chambre de catégorie supèrieure, je vous explique pas la tronche de la chambre...).
14/09 départ pour le cratère du rinjani, 6 heures de montée et 2000 mètres de dénivelé. Vision extraordinaire lorsque l'on débouche sur le cratère, c'est vraiment super impressionnant. Le temps se couvre, mais on bénéficie d'un beau coucher de soleil, qui nous permet d'apercevoir le GUNUNG AGUNG de BALI et de couleurs magnifiques sur le cratère. Le vent se lève et commence à souffler super fort. La nuit va être agitée (enfin surtout la tente...) Mais nos guides nous ont trouvé le seul endroit un peu protègé. Resultat, le matin, les dix tentes qui nous entrourent se sont plus ou moins envolées, alors que la notre est intact!😛
15/09. Départ le matin et redescente sur SENARU. 4 heures, les muscles fatiguent et les courbatures promettent d'être douloureuses.(en fait, elles seront affreuses et ne nous quitterons qu'après 3 jours de souffrance..) Arrivée à SENARU en fin de matinée, dernière baignade dans les canaux d'irriguation ey départ pour KUTA que nous atteignons après 04 heures de route.
Après les deux nuits que nous venons de passer, nous optons pour le NOVOTEL de KUTA. Il est bien situé, la plage est très sympa. Seul point noir, il est un peu vieillissant et NOVOTEL attend vraissemblablement l'année prochaine pour entamer un ravalement complet.(qui correspondra peu ou prou avec l'ouverture de l'aéroport international) Celà reste quand même un hôtel de bonne qualité.
Nous optons pour une chambre standard qui donne sur la lagune (qui n'est lagune que 4 heures par jour environ, à marée haute). Nous négocions la nuit à 80 dollars US la chambre au lieu de 100. nous y resterons 4 nuits. On a pas mal dépensé à KUTA, car on s'est fait faire des soins au SPA du NOVOTEL, on a fait une journée plongée et on a pris une leçon de surf. On a également loué une moto non automatique pour 30 000 roupies par jour sans assurance (apparamment, ils ne connaissent pas l'assurance là bas). On explore les environs de KUTA, la côte est déchiquetée et magnifique, les plages y sont superbes. On a dépensé ce qui restait de nos 1500 euros, qui nous ont quand même permis de tenir 15 jours là bas à deux, tout compris et sans se priver.
19/09. On s'envole de LOMBOK pour BALI. Le prix du billet d'avion par personne est de l'ordre de 440 000 roupies. On est allé en taxi de KUTA à MATARAM (le même chauffeur que celui qui nous avait emmené de SENARU, transfert pour 90 000 roupies je crois). 30 minutes de vol dans un petit avions bi-moteur à hélice. Ensuite, 3 heures d'attente à BALI et départ pour KUALA LUMPUR. 6 heures de transit, on en a profité pour aller faire un petit coucou et un peu de shopping aux tours PETRONAS. Puis envol pour paris où nous arrivons le 20/09 au petit matin...qu'il fait froid!!
Quelques impressions: Les paysages indonésiens sont magnifiques, les gens super souriants, et c'est vraiment une destination de rêve...
Seuls hics:On a parfois l'impression d'être des porte-monnaies sur patte, et on ne sait évidemment jamais si on pait vraiment le "juste prix" (n'est ce pas philippe risoli). Mais bon, vu le taux de change, il est parfois délicat de négocier pour économiser 2 euros...Les vendeurs ambulants de KUTA sont super collants...en même temps, ils n'hésitent pas à répondre franchement aux questions qu'on leur pose, et retrouvent alors leurs âmes d'enfants...
A plus pour un prochanin voyage, si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas.
Samedi 30 Janvier 1999 - Partis de Nice dès l'aube, nous sommes arrivés à Amsterdam pour un vol "Garuda Indonesia" à destination de l'île de Sumatra. Un certain retard vient d'être annoncé : notre long-courrier ne quitte le sol hollandais que sept longues heures plus tard, à la suite de l'avarie d'une pompe hydraulique... De la salle d'attente, nous avons vu plusieurs employés chargés de boîtes à outils monter à bord, et comble du comique, le dernier armé d'une ventouse-débouche canalisations !
Les passagers de ce vol Amsterdam-Java sont en majorité de robustes hollandais en goguette... Insupportables. Ils circulent dans les étroits couloirs du Boeing, s'interpellant à pleins poumons, trinquant de leurs bouteilles de whisky achetées avant l'embarquement qu'ils abandonneront vides dans les allées de l'appareil, juste avant de débarquer sur la piste de Jakarta.
Nous arrivons dans un chaos indescriptible, rien n'a été prévu pour accueillir les nombreux voyageurs en transit, comme nous en attente d'un vol pour Sumatra. Nous avons bien sûr raté la correspondance qui s'est envolée depuis longtemps. On court dans l'immense dédale de couloirs à la recherche d'un guichet où nous espérons obtenir des détails sur la suite du voyage. C'est un peu au hasard qu'on finit par avoir nos coupons de vol Jakarta-Medan, prévu le lendemain lundi 1er février, vers 7h du matin.
Nous sommes une vingtaine de laissés pour compte. Enfin, un bus nous transporte jusqu'à un hôtel où chambres et repas ont été préparés à notre intention. Une cinquantaine d'heures après notre départ de Nice, nous posons le pied sur le sol de Sumatra !
Le correspondant de Nouvelles Frontières à Medan, Christophe, nous attend à l'hôtel Tiara afin de préparer la suite du voyage. Il nous pilote en ville dans sa voiture aux sombres vitres teintées dont il verrouille automatiquement les portières dès le démarrage. Il tient à nous faire déjeuner dans un restaurant "très bien pour vous", dit-il, "où vous serez bien servis"... Un Mc Do ! C'est vraiment pour ne pas lui faire de peine que nous acceptons de faire honneur au fast-food international.
Medan, capitale de Sumatra, est une ville d'importance moyenne (1 million d'habitants), la circulation automobile n'a rien de comparable à celle de l'Inde, et nous semble un peu endormie. Un musée, une mosquée et le palais du sultan, c'est à peu près tout ce qu'on peut visiter en une matinée. Peu de touristes, pour ne pas dire que nous sommes les seuls.
Première étape : au nord-est de l'île, destination Bukit-Lawang, en voiture avec chauffeur. Célèbre pour sa réserve animalière des orangs-outangs, ce village vit essentiellement du tourisme de passage. Nous sommes logés dans un charmant "losmen" situé au bord de la rivière Bohorok, une chambre ouverte sur la nature foisonnante, où insectes et bestioles viennent nous rendre visite. Un gros crapaud a élu domicile sur le tapis au pied du lit... Ne pas le déranger, et si c'était un prince charmant ensorcelé ?...
Il faut s'inscrire et payer pour un droit d'entrée dans la forêt refuge des grands singes roux protégés par la World Wildlife Foundation. On marche le long de la rivière au milieu d'une végétation touffue. Une étroite pirogue manoeuvrée par un câble tendu d'une rive à l'autre pour traverser le torrent, et nous progressons sur les pentes boueuses de la colline qui abrite les animaux surveillés comme des trésors par les employés de la réserve. Ces derniers emportent des seaux remplis de friandises : indifférents, les singes malicieux se dissimulent sur les hautes branches des arbres et observent ces humains qui sont à l'affût d'une vaine photo.
On repart plutôt déçu de ce trek attrape-touristes... La redescente sur un sentier transformé en toboggan de boue gluante est laborieuse, mais des jeunes garçons se proposent d'aider quelques personnes en difficulté, moyennant un petit backchich... Classique.
Les paysages sont magnifiques, montagnes et rivière noyées dans la brume du soir, les petites maisons blanches aux toits pointus s'alignent sur les rives comme sur un dessin d'enfant. Soirée et nuit dans un murmure d'eau et d'insectes bourdonnants. Notre royal crapaud sort pour un festin nocturne en se dandinant avec grâce...
Voici un résumé de notre séjour en Indonésie du 13 setptembre au 12 octobre 2003.
Les prix données à titre indicatif sont en Roupies (1 Euro = 9600Rp).
Notre voyage était axé autour d'une croisière plongée de 15 jours du côté d'Alor (est de Florès) et de Komodo (ouest de Florès) suivi d'une semaine à Bali.
Nous sommes arrivés à Bali et sommes restés une journée à Sanur qui est est très tranquille et reposante. Actuellement Bali souffre encore beaucoup de l'attentat de 2002 et les touristes sont vraiment peu nombreux. C'est même un peu triste le soir car la majorité des restaurants sont presque vides! Nous y avons testé le Parigata hotel pour notre 1ère nuit (chic à 300.000 avec piscine, petit déjeuner buffet, lit king size! etc...) et le Keke homestay sympa et simple à 75.000... Nous avons fait une journée d'excursion en voiture avec Putu qui parle français et est déjà référencé sur le site. Il est très facile de trouver un taxi sur place pour 250.000 maximum la journée de 8H: Kim Sarwata (Denpasar) tél mobile: 081 239 58613 Jerry (Ubud) c/o restaurant Satris Tél: 973279
Nous avons fait un petit tour du côté de Jimbaran qui est un petit village de pêcheurs à côté de l'aéroport avec un marché au poisson assez rustique et une plage encombrée de bateaux en plus ou moins bon état (a voir sans plus). Nous avons filé ensuite au sud ouest vers le spot de surf à côté du temple d'Uluwatu.
Si vous n'avez jamais vu de surfeurs, allez-y car les vagues sont belles et le décor falaise original. Pour le temple, il ne nous a pas emerveillé mais il paraît qu'il est plus beau le soir au coucher du soleil... Malgré tout, cela vaut le déplacement ne serait-ce que pour la vue assez spectaculaire du haut des falaises.
Nous avons pris ensuite l'avion pour Maumere (île de Florès) avec la compagnie Merpati (500.000/pers) qui est une ville sans grand intérêt et sommes allés directement à Moni au pied du volcan Kelimutu (nous aimons les volcans!). Il faut compter 3H de route en voiture (35.000/pers) ou 3H30 à 4H en bus (15.000/pers).
A Moni, nous avons passé la nuit chez John qui est très sympa et propose des chambres rustiques, d'une propreté correcte et avec de l'eau! (25000Rp/nuit + petit déj. pour 2). Il fait aussi un repas végétarien copieux pour 15000/pers et s'occupe de vous réserver le bémo de 4H du matin pour l'excursion au volcan (15000Rp/pers)... mais les nuages sont parfois tenaces! La redescente matinale le long des rizières est très sympa et permet de rencontrer les autochtones (compter 2H sur route goudronnée).
De retour à Maumere, nous avons embarqué sur notre bateau de croisière devant l'hotel Sao Wisata situé au bord de la mer à 5Km à l'est de Maumere (Correct sans plus avec des chambres de 95000Rp à 150000Rp et un personnel très gentil et d'excellentes noodle soup!).
Nous sommes donc partis ensuite pour une croisière de plongée avec Komodoalordive (www.komodoalordive.com) qui est cher mais fiable. Les plongées du côté d'Alor et de Komodo sont très belles mais les amateurs de gros seront déçus! (Il est même conseillé d'emporter une loupe!).Certaines plongées du côté de Komodo sont délicates (courants très violents) et le sud est même très froid (22°c! au lieu des 27/28°c habituels au nord). Dans l'ensemble, les coraux durs et mous sont en très bon état et la variété de poissons est importante. Il y a aussi beaucoup de nudibranches superbes, et une quantité impressionante de toute petites crevettes, araignées, crabes etc... Quand à la visite des varans de Komodo, il faut y aller si c'est votre première visite (c'était notre cas) mais bon... les poissons sont plus beaux!
Nous sommes ensuite retournés à Bali qui nous a bien plu malgré l'aspect très mercantile d'Ubud et de ses boutiques... Nous avons aprécié la grâce des femmes Balinaises dans leur offrandes permanentes et avons pu assister à de belles cérémonies qui sont vraiment spectaculaires! (une crémation et la cérémonie de la pleine lune en particulier).
A Ubud les spectacles de danse sont superbes (on y est allé trois fois!) et nous avons testé les massages deux fois! (un peu douloureux... mais très bien aussi). Pour les danses, je vous recommande les troupes "Spirit of Bali" et "Sekaa Jegog Yowana Swara" ainsi que le Kesak and fire dance chaque vendredi soir au Pura Dalem. Pour les massages le" Body work shop" et le " Nur" en face. Côté nourriture, nous nous sommes régalés de cochon grillé (babi guling) à ne pas manquer! au Ibu Oka face au Ubud Palace (le midi seulement). Nous avons visité plusieurs temples dont celui du lac Bratan (joli cadre) mais notre préféré est le Batukaru (en pleine nature). Nous ne sommes pas allés au Besakhi ou l'acceuil est dit agressif dans les guides et cela nous a été confirmé par des français sur place!
Nous rentriions tous les soirs à Ubud au Aslilodge qui est très confortable mais à l'écart de tout. Vu la densité de touristes, il y a un choix énorme du losmen bon marché aux resort grand luxe! a vous de jouer.
Nous sommes donc enchantés de notre voyage et le conseillons vivement bien que ceux ayant connu Bali dans les années 80 soient probablement déçus...
Admirer des paysages volcaniques à couper le souffle tout en rencontrant les vaillants porteurs de soufre, voilà ce que permet de découvrir une randonnée sur les versants du volcan Kawah Ijen, un volcan situé sur l'île indonésienne de Java.
De la beauté des panoramas au respect qu'inspire le labeur des forçats du soufre …
Un récit complété ensuite par la rencontre d'autres travailleurs, ceux des plantations de café et d'hévéas des terres fertiles, au pied de l'imposante montagne volcanique.
--
Un réveil en pleine nuit qui vous tire du lit à 3 heures du mat … cela à de quoi vous faire lever d'un mauvais pied ! Sauf si la journée qui débute prévoit des découvertes et des rencontres hors du commun. A priori, c'est ce qui est annoncé pour ce jour de dépaysement parmi les hauteurs de cette région située dans la partie Est de l'île de Java.
Le petit déjeuner sera vite avalé, déjà notre 4x4 nous attend pour le départ de l'aventure.
La nuit tropicale est douce et sombre, seuls quelques éclairages blafards tranchent dans le noir de la nuit. Il y a bien ces quelques scooters et ces fourgonnettes qui toutes se dirigent vers le centre ville de Ketapang, probablement en direction du marché local où les gens commencent toujours à s'activer de très bonne heure.
Ma photo, prise à la volée depuis notre véhicule est certes floue : le manque de luminosité, l'effet de vitesse … mais finalement elle rend bien compte de notre état de conscience du moment qui hésite entre un demi-sommeil et un demi-éveil nous avons les yeux encore embrumés par cette nuit de repos, un peu courte !
Côté ambiance sonore, se mêlent le bruit des véhicules pétaradants et l'appel à la prière du muezzin dont les chants nasillards retentissent dans les rues de l'agglomération.
Passé le centre ville, voilà que notre conducteur vire vers la droite en prenant une route qui serpente tout en s'élevant progressivement.
Maintenant la ligne d'horizon devient plus claire et prend en seulement quelques minutes une splendide teinte rose orangée, le ciel étant en partie dégagé entre un fin croissant de lune et quelques bancs de brume.
A présent le trajet vers les sommets nous fait traverser une forêt. Une succession de virages et les phares de notre 4x4 d'éclairer d'une lumière dorée les bords de cette route particulièrement sinueuse : de hauts arbres tropicaux, des lianes et d'impressionnantes fougères géantes.
La clarté du jour naissant arrive vite sous ces latitudes. Il fait tout à fait jour lorsque nous arrivons au terminus de la route, au poste de Pos Paltuding : un sol de terre et de cendres en guise de parking, quelques abris et hangars et un panneau indicateur. Il souhaite en indonésien la bienvenue aux visiteurs : « Selamat Datang ... ». On pourrait le traduire au sens figuré : « et maintenant, pour l'ascension, bon courage à vous ! » En effet, la randonnée/grimpette qui nous attend va durer environ 1 heure et demi avec un tracé constamment en pente sur 3 kilomètres …
Même si le début de la piste paraît facile, un large chemin en léger faux plat, il faut gérer sa « course » sur le flanc de cette montagne volcanique et surtout ne pas partir trop vite …
Parmi les randonneurs, certains s'équipent de bâtons de marche, ça aide un peu, enfin surtout pour le mental.
Ainsi les pas se succèdent et crissent sur ce sol de cendres et de graviers sombres.
Sur les pentes de ce volcan Kawah Ijen, il n'y a qu'un seul chemin en direction du cratère, les randonneurs d'un jour doivent donc le partager avec les travailleurs du soufre … et cela à l'intéressant effet de faciliter les contacts.
Quelques sourires en guise d'introduction et voilà que j'engage la conversation avec mon voisin de marche.
Il s'appelle Jatim. Lui n'est pas en balade découverte mais il est là pour gagner sa vie et celle de sa famille.
« Ça fait 10 ans que je travaille ici » me dit-il. « Deux fois par jour je grimpe et transporte du soufre, tous les jours sauf le vendredi ... » (jour de prière, il est musulman).
« Avec ce chariot, je porte environ 200 kilos de soufre à chaque trajet ».
L'homme est décontracté et souriant, il débute sa journée et n'est sans doute pas encore harassé par ce travail épuisant.
Comme on le constate, il est chaudement habillé : bonnet et sweat-shirt, les petits matins sont relativement frais sur les pentes du volcan et c'est tant mieux pour tout le monde, travailleurs et randonneurs … ces bonnes conditions de température sont idéales pour cette ascension.
A mesure que l'on monte, les rencontres se multiplient comme avec cet autre ramasseur de soufre, lui, il marche pieds nus, étonnant et courageux !
Ou encore cet autre qui lui, descend déjà ses paniers chargés de blocs de soufre. On imagine qu'il a du partir bien avant la levée du jour car il n'est que 6h 15 du matin. Ainsi certains de ces ramasseurs débutent leur journée dès 3 heures du matin, cela leur permet s'ils sont suffisamment résistants d'effectuer jusqu'à trois voyages par jour.
Faux-plats, courbes, pentes, virages, raidillons, lacets et encore montées … je vous épargne l'énumération de tous les tronçons de ce tracé à l'assaut de ce versant abrupte.
Arrive maintenant un lieu où la plupart des grimpeurs, ouvriers du soufre ou visiteurs, font une pause sur ce parcours. C'est comme un camp de base, en haute montagne.
Autour de cet abris de fortune, chacun peut reprendre son souffle comme ce porteur, bouche ouverte et traits tirés. Un visage qui exprime déjà une certaine fatigue après seulement une partie de l'ascension et à vide !
De l'air également, ces pneus de chariot en ont besoin, un meilleur gonflage permet de mieux rouler une fois le chargement effectué.
D'autres s'hydratent à gorge déployée ou se restaurent d'un bol de riz ou d'une banane.
A proximité, il y a deux compères qui fument chacun leur cigarette les fumeurs comprendront facilement ce petit plaisir mais c'est encore une agression pour leurs poumons déjà fragilisés par les vapeurs volcaniques, si toxiques.
Pour nous tous, il vaut mieux que l'arrêt ne s'éternise pas trop longtemps, on risquerait d'y perdre le rythme de la montée.
Parvenue à ce point du chemin, le paysage s'ouvre sur les alentours. Malgré la brume matinale, les sommets volcaniques environnants se dévoilent. Il y là, juste en face, la haute silhouette du Merapi (2800 mètres) ainsi que celle encore plus haute du volcan Raung (3332 m), le Kawah Ijen culmine, quant à lui, à 2368 m.
Allez ! Encore quelques efforts pour y parvenir, du moins au bord du cratère.
Et pendant ce temps, il y en a qui bosse vraiment dur. Tractant, poussant puis retenant leur lourd chargement.
Je m'écarte du passage laissant la totalité du chemin à ce travailleur. Ici, la priorité n'étant pas seulement à ceux qui montent … mais bien à ceux qui travaillent et quelque soit le sens !
De la brume à … un nuage qui fleure l'humidité mais surtout fortement le soufre. Son opacité tamise encore plus les rayons de ce soleil matinal. Voilà un aspect qui séduit l'amateur de photo que je suis. Pas mal l'effet de ces arbres sur le relief émoussé de ce versant. Le voile de brouillard qui nimbe ces arbres n'est pas sans m'évoquer l'aspect d'une estampe (chinoise) javanaise … avec imagination, bien sûr !
Il nous faut encore gravir une dernière pente … et ça y est, on est maintenant en vue du cratère de ce fameux Kawah Ijen.
Il est tout juste sept heure du matin et on est presque surpris d'y être enfin arrivé tout en haut de cette crête, on s'en faisait une telle montagne de cette grimpée !
La vue est à couper le souffle, vraiment, dans tous les sens du terme ! En contrebas, par intermittence, les fumerolles émanant du volcan nous laissent entrevoir un grand lac bleuté. Il ne suffit plus que le soleil soit un peu plus généreux pour parfaire le tableau.
Quelques minutes plus tard et quelques pas de plus sur cette crête, voilà que la vue se dégage sur cet étonnant lac volcanique, le plus acide du monde avec un pH à 0,2, les chimistes comprendront !
Une étendue lacustre qui s'étend sur 600 mètres et qui à une de ses extrémités à été canalisée par un parapet. Il empêche l'eau acidifiée de se déverser en trop grande quantité dans les ruisseaux des versants du volcan.
Le volcan est toujours actif et crache ses émanations de gaz toxiques : dioxyde de soufre, sulfure d'hydrogène et autre gaz chlorhydrique ... c'est dans cette atmosphère particulièrement nocive que travaillent nos galériens du soufre.
On les aperçoit tout en bas sur la photo, au bord du lac, comme de minuscules silhouettes s'activant au milieu des vapeurs sulfureuses.
Une vue prise avec le zoom permet de mieux les distinguer. Là, nos vaillants mineurs creusent à la barre à mine les concrétions de soufre, les détachant des parois en de gros blocs.
Un système de canalisations a été installée à même la roche afin de concentrer les vapeurs soufrées émises à environ 200°C, cela permet d'accélérer le processus de cristallisation et de concrétion du soufre … de là à dire que le travail est devenu facile, qui oserait l'affirmer !
Car après avoir détaché les plaques de soufre, il faut les remonter ! En regardant la verticalité et le dénivelé … on souffre déjà à imaginer le labeur inhumain des porteurs avec ces 60 à 80 kilos de soufre juchés sur les épaules.
Il faut les voir accéder après de tels efforts sur les hauteurs de la crête. Les traits marqués et le souffle court.
Même si pour chaque photo prise je demande à ces travailleurs leur autorisation, une hésitation me traverse à ce moment l'esprit. Est-ce bien correct de les photographier ? N'est-ce pas un peu de voyeurisme ?
Enfin, prenons le comme un témoignage sur ce travail digne d'une autre époque et ayons avec beaucoup d'humilité un grand respect pour ces hommes qui forcent notre admiration.
Devant moi apparaît maintenant cet homme au visage presque détendu (photo ci-dessus), il marque un arrêt le temps de la photo. Je suis surpris par la relative fraîcheur de son apparence … incroyable, il ne donne pas l'impression d'être fatigué ! Sans doute l'effet de l'entraînement et d'une parfaite condition physique.
Je vois dans un de ses paniers qu'il dispose d'un masque protecteur vis à vis des fumerolles nocives quand beaucoup de ses collègues ne se protègent seulement qu'avec un simple foulard posé devant leur nez et leur bouche !
Ici, sur cette partie de la crête, les ramasseurs de soufre se rassemblent avant de descendre avec leur chargement. Certains s’attellent à marteler les blocs afin de les diviser en morceaux de plus petites tailles. De cette façon, ils sont plus faciles à transporter dans les paniers ou dans les sacs posés sur les chariots et puis ainsi, on peut en transporter un peu plus à chaque parcours. Le salaire n'en sera que plus important ...
Depuis le début de l'observation du va-et-vient de ces travailleurs, une interrogation me brûle les lèvres : mais combien peuvent gagner ces pauvres larbins ?
Par décence, je ne me vois pas leur poser directement la question mais la réponse me viendra finalement de notre accompagnateur.
Ce soufre qui est destiné à l'industrie chimique, cosmétique ou du médicament … leur est payé 1000 roupies indonésiennes le kilo. Et donc en faisant la conversion, cela donne en euro à peine 5 euros pour une charge moyenne de 70 kilos. Soit pour deux parcours journaliers, autour de 10 euro quotidien !
Avec les chariots portant 200 kilos de soufre cela fait plus, bien sûr. Une somme qui peut paraître dérisoire au vu de la pénibilité de ce travail mais cela représente aussi un salaire journalier plus élevé que celui d'autres ouvriers indonésiens travaillant dans l'agriculture ou le bâtiment.
Lors de la descente, le hasard nous a fait croiser à deux reprises ces deux ramasseurs .
Le jeune porteur que l'on voit à gauche semblait avoir quelques difficultés à communiquer mais il avait la bravoure et la volonté de vouloir surmonter son handicap en effectuant ce travail pour gagner sa vie. Alors qu'il marque un arrêt, juste le temps de faire pivoter la charge d'une épaule à l'autre, j'ai compris qu'il voulait me signaler qu'il préférait le transport du soufre sur ses épaules que par l'utilisation d'un chariot.
A chacun ses préférences, car le ramasseur que l'on voit à droite sur la photo, Arsono de son prénom, m'a confié être particulièrement satisfait de ce moyen de transport à roues. Et pour me le prouver, le voilà qu'il me montre une de ses épaules dont la peau était toute tuméfiée par des années de port de ces satanés paniers de soufre … comme des stigmates du portage de soufre.
« Je dois bien avoir près de 230 kilos de soufre sur ce chariot » me dit-il fièrement.
L'introduction il y environ deux ans des chariots a permis l'extraction de quantités plus importantes de soufre par cette armada d'ouvriers, on serait ainsi passé d'environ 14 tonnes extraites auparavant à quelques 20 tonnes de soufre « récoltées » annuellement.
Ensuite, Arsono me vente l'option indispensable de ces chariots : les freins ! Car dans les passages très pentus, sans ces fameux freins, le poids du chargement aurait vite fait d'entraîner vers le ravin la précieuse cargaison de soufre …
Afin d'avoir un petit aperçu de ce que représente le travail d'Arsono, spontanément, je lui demande si je peux prendre son chariot en mains … sur quelques mètres, je ne suis pas fou ! Il sourit et me dit « Ok ! ».
Le faux plat est doux ici, ce sera parfait pour tenter l'expérience.
Déjà, il faut soulever la charge avant de la pousser d'un bon coup de rein … et encore c'est un faux plat descendant, puis après, bien tester les freins qui grincent afin d'être prêt à un emballement soudain de l'engin.
Bon, quelques mètres m'ont suffit … je dois manquer de technique et surtout d'entraînement, quel labeur de forçat !
J'avoue que je n'ai pas demandé à l'autre compère d'essayer de porter ses paniers sur mes épaules … trop dur, j'en serais certainement bien incapable. C'est tellement plus lourd que mon petit sac à dos !
L'ambiance de ces rencontres entre porteurs et randonneurs se déroule dans la bonne humeur et les échanges sont spontanés et sympathiques. Il n'y pas ici, enfin pas encore, l'obligation de « payer » chaque photos prise … bien entendu, les « héros » du soufre apprécient quelques gestes de la part des visiteurs : un peu de nourriture, un objet ou de l'argent …
Pas très enclin, par principe, à monnayer ces rencontres, je préfère remercier par de petits gestes. Je n'ai pas grand chose à offrir dans mon sac mais finalement l'un me remerciera de lui donner une pomme et l'autre un paquet de biscuits qu'il dévorera lors d'une pause.
Pour ces porteurs, un autre moyen d'arrondir un peu leurs fins de mois est de proposer aux visiteurs d'un jour quelques sculptures sur bloc de soufre. Un souvenir artistique aux effluves d'un drôle de parfum.
--
Descendre les pentes du volcan est bien entendu plus facile que de monter … enfin, presque ! Certes on fatigue moins mais il faut tout de même faire très attention, le dénivelé par endroits vous entraîne et la piste est recouverte de graviers volcaniques qui ont la fâcheuse tendance à rouler sous les semelles.
D'une glissade à une chute, certains en font parfois l'amère expérience ! Et là, il y a toujours un ramasseur de soufre dans les parages qui avec son chariot vide propose de jouer les taxis. Transporter un randonneurs ayant chuté ou épuisé rapporte certainement plus que le transport du soufre !
Au fait, certains d'entre vous doivent se demander qu'elle est la difficulté réelle de cette randonnée/découverte du Kawah Ijen ?
J'ai envie de vous faire une réponse tout en nuance dite de Normand (que je ne suis pas !) ou de personne née sous le signe de la Balance (ce que je suis !).
Tout dépend de votre condition physique et de votre état de santé …
Si vous êtes amateur de courses en montagne de plus de deux heures, vous ne trouverez aucune réelle difficulté à cette randonnée, la pente est régulière et la piste souvent large et en bon état (par temps sec).
En revanche, si vous n'utilisez pour vous déplacer (volontairement ou sous contrainte physique) que votre voiture ou les transports publics et que vous choisissez à chaque fois qu'ils se présentent, les tapis roulants, les escalators et autres ascenseurs … alors là, une montée vers la crête du volcan pourra vous paraître une véritable épreuve !
--
Suite du récit avec la rencontre d'autres travailleurs des contreforts du volcan -->
ANTRI, ANTRIAN: Mot indonesien definissant l'acte de se mettre en file indiennedevant un guichet, porte ou tout acces etroit suivant le principe du premier arrive premier servi.
Dans la pratique concept absolument incomprehensible pour la majorite des Indonesiens.
Specimen, constantes, habituellement rencontres dans la situation precitee.
Je ne m, attarderai pas sur les ferry le sujet ayant deja ete expose ici mieux que je ne saurais le faire, non plus sur les minibus qui deservent les zones rurales tout bon voyageur en ce pays ayant son lot d'histoires plus hilarantes les unes que les autres a ce sujet ( roue qui se detache en route, volant qui reste entre les mains du conducteur a l'entree d'un virage, siege qui se desoude, mamie ensevelie sous les sacs de riz, tout les voyageurs qui font la hola de l'avant vers l'arriere a chaque nid de poule etc etc dst...)mon propos etant juste de decripter certains comportements de voyageurs une fois l'effet de masse entre en jeu.
Tout commence au guichet...
LE DRIBBLEUR
originelement issu des grands espaces ouverts, en cas de queue dans un espace a largeur limitee (si la largeur n, est pas un probleme il passe directement en premiere ligne) il cherche opiniatrement a doubler meme si c'est impossible, un coup a gauche un coup a droite avec la constance d'un attaquant des lakers. Sa petite taille l'empeche de faire carriere dans le basket et c'est bien triste, en tant que defenseur prevoir ses mouvements est une tache difficile mais oh combien divertissante. Si il reussit a vous passer vous pouvez en profiter pour analyser son style a l'oeuvre devant sa victime suivante afin de parfaire votre defense.
alim:pocari sweat et mizone probablement.
LE REMORA
generalement male, petit et de conception ectomorphique il ne peut compter ni sur son agilite ni sur sa vitesse pour se frayer un passage et se choisi un champion auquel il reste colle par derriere coute que coute afin d'acceder a son but.
alim:baso, kaki tiga
ce qui nous amene a une espece proche mais differente par ses motivations:
LE BAJINGAN
(Espece gravement menacee par la generalisation des ruang khusus wanita et donc a proteger)
de Bajing:ecureuil (et dans ecureuil il y a...) Joli terme indo pour definir celui que la pression sociale, doublee d'un faible pouvoir d'achat empeche d'exprimer pleinement sa libido galopante. Meme mode operationnel que le remora sauf que le champion est une championne. Le bajingan apprecie tout particulierement les ecosystemes denses des grandes villes et plus particulierement les bus kota qui roulent portes ouvertes, indispensable en cas de necessite de fuite rapide pour eviter le linchage instantane.
Ne surtout pas sous estimer le risque de lynchage en indonesie (hakiman umum) a titre d'exemple la semaine derniere a sumatra utara des policiers se sont presentes dans une maison pour arreter un suspect, la femme du dit suspect a hurle AU VOLEUR par la fenetre aussitot une foule s'est formee, bilan un flic mort tabasse avant meme d'avoir eu le temps de rectifier l'affirmation et un suspect en fuite grace a madame, c'est beau l'amour...
Une sous espece de bajingan "bajingan oreus" qui se distingue du precedent par un pouvoir d'achat plus eleve qui lui permet de pratiquer une promiscuite plus consensuelle(en un seul mot) sinon desiree.
alim:obat kuat, pasak bumi etc...
LE MILLE PATTES 'processionari juvenilii'
Groupe d'adolescentes souvent en uniforme qui se deplace en colonne a la queue leu leu en se tenant mutuellement par les hanches. Si elle vous double ca peut etre impressionant mais pas bien grave le segment de tete se chargeant de prendre les tickets de l'entite au complet. Espece defensive et farouche mais qui peut se transformer en predatrice redoutable une fois lachee dans un centre commercial en groupe de 2 ou 3 (abg nakalensis), proie favorite du bajingan quand elle se retrouve isolee. Le pire scenario pour uns section de mille pattes separee du groupe: avoir un dribbleur a son flanc en meme temps qu'un ecureuil derriere elle
alim:milo et nutri sari.
LE JORDAN
Vous avez dejoue tous les pieges pour acceder au guichet, c'etait sans compter sur ce sportif aux reflexes de bretteur, surgissant de nulle part il pose sa main, pourvue d'un billet, dans l'ouverture du panneau vitre alors que vous etes deja en train de passer votre commande DUNK!!! vous etes fait. et oui ici plus que n'importe ou la nature a horreur du vide.
espece unisexe mais plutot masculine quand meme.
Arrive sur le quai de la gare voici qu'entre votre train ekonomi et vous faites connaissance avec , en plus des especes deja citees.
LE SPIDERMAN laba laba acrobatii
proche du jordan et du dribbleur il se colle aux parois du train a proximite des portes une fois celui ci suffisament ralenti et tente de se faufiler par le cote pendant que les passagers descendent, indifferent au risque de chute et de pietinement qui s'ensuivrait, une fois qu'il a reussi une percee il est immediatement suivi par aspiration par une theorie de dribbleurs, deux especes pionnieres immediatement suivies par d'autres especes opportunistes comme le mille pattes ou le remora. Notons que ces categories ne sont pas exclusives les unes des autres le dribbleur peut aisement muter en jordan voir en spiderman si l'environnement s'y prete, le jordan qui vous a grille tout a l'heure au guichet peut faire un redoutable spiderman une fois le train en gare.
Pour etre honnete il faut preciser que l'infame butor pret a pietiner veuve et orphelin si necessaire pendant la competition deviendra, si il est assis a vos cotes durant le trajet, un compagnon affable dont la conversation, si elle n'est pas forcement passionante, sera agreable et souvent rigolote.
LE"THINK OUTSIDE THE BOX"
a l'arrivee du train en gare il se rue entre les deux paires de rails, les portes retant ouvertes des deux cotes il est sur d'etre le premier a rentrer, ce qui vaut bien le risque de se faire dechiqueter entre deux trains.Loin d'etre un egoiste il assure une fonction fondamentale:son entree a contre sens du flux des voyageurs sortant occasionne un ralentissement indispensable a l'homme araignee et ses suiveurs assurant un chasse croise harmonieux par la porte de 80 cm de large, comme on peut constater tout marche en symbiose.
LE TOURISTE "bule albinensis'
Il se fait prendre dans tous les pieges cites, son education lui interdit de bousculer les vieilles dames et il finit irremediablement dernier a monter dans le train, son gros sac a dos l'empeche de se faufiler efficacement mais peut se transformer en arme redoutable dans le sens de la descente si il se decide a utiliser a son profit la loi de la force d'inertie. Il serait avise de verifier qu'il n'est pas rete un remora colle a son sac apres etre sorti du train, inutile de s'encombrer d'un poids supplementaire.
Une fois assis il fera connaissance avec une espece attendrissante:
LE PETIT POUCET
Pour lui un espace aseptise est un envirronement terriblement hostile. Pour se rassurer il a toujours quelques victuailles conditionnees dans du plastique qu'il disperse scientifiquement sur le sol autour de lui ainsi que par la fenetre aisi si le bus ou le train a un probleme il pourra toujours retrouver son chemin par ses propres moyens.
alim:bonbons, biscuits tout ce qui est suremballe en fait, si il est a cours de munitions les nombreux vendeurs ambulants sont la pour lui sauver la mise.
NGAMEN :attention espece parasite ne remplissant aucune fonction si ce n'est de rajouter encore un peu plus de bordel si ca ne suffisait pas
Action de massacrer au yukulele des airs populaires devant une audience qui n'a rien demande en echange de billets, cigarettes... sevit principalement dans les bus et les etals de bouffe de rue, sa cible privilegiee est l'occidental, touriste ou expat peut importe de toute maniere il est incapable de faire la difference, dont tout le monde sait qu'il a"banyak uang" cad multimillionaire. Ne le haissez pas une place en enfer lui est reservee de toute facon.
j'arrete la pour le moment. IL reste un peu a dire sur les vols en avion aussi mais la je suis pris d'une envie soudaine de manger un burung dara dans le fumet des gaz d'echappement au son du yukulele.
ku tak bisah, ku tak bisah jauuuuuuu jauuuuuuu jauuuuuuuu dari muuuu croiiing croinnng croiiing
Voici le carnet de route de mon voyage effectué sur Bali aux alentours de Aout-Septembre 2009
J'espère qu'il pourra vous aider à préparer votre future voyage 😉
Nous sommes partis en couple (jeunes trentenaires 😎)
J'ai moi même préparé le voyage en m'aidant du forum principalement.
Avant de partir, nous avons réservé les billets d'avion bien sur et deux hôtels (un pour être tranquille à l'arrivée après 18h de voyage... l'autre pour se faire plaisir et finir en beauté le séjour 😇)
Pour le reste, improvisation sur place selon nos envies, même si bien sur, j'avais énormément potassé et noté qlq adresses avant de partir 😛
J'ai acheté deux guides avant de partir :
- GuidesVoir (édition Hachette) Bali et Lombok
- Le Guide du Routard : Bali Lombok Edition 2009/2010, afin de compléter le premier guide que j'avais acheté
Réservation faite depuis la France
- Billet d'avion A/R Paris - Denpasar via Kuala Lumpur avec Malaysia Airlines : 875€
- Hotel Mimosa Jimbaran Boutique Resort : réservation faite sur AsiaRooms.com pour nos 2 premières nuits sur Bali
- Hotel Alila Ubud : réservation faite sur AsiaRooms.com pour nos 2 dernières nuits sur Bali
Nous sommes partis 21 jours.
Je voulais un maximum de temps afin de pouvoir découvrir et profiter un maximum de Bali, avoir le temps d'aller sur les Gilis et Lombok, et voir le volcan du Kawa Ijen sur Java.
Au final, j'ai pu faire ce que j'avais prévu, excepté Lombok.
Nous avons retiré 1500 euros avant de partir.
Change fait sur place à Kuta (dans un bureau de change officiel) et à Lovina (directement à l'hotel) : en moyenne 1€ = 14 000 Rp.
Notre parcours :J1 - Départ de PARIS avec Malaysia Airlines Le voyage se déroule impeccablement : repas moyen mais grand choix de films à la demande, TV personnel..J2 - Arrivée à l'aéroport de DENPASAR (Sud de Bali) J'ai été agréablement par la rapidité des douanes; paiement du visa; change de qlq euros afin de payer un taxi (nous ferons le reste du change en ville -> moins cher)
Transfert en taxi jusque JIMBARAN à notre hotel
Mimosa Jimbaran Boutique Resort : petit dej copieux et bon, joli villa, piscine fraiche, un peu excentré mais possible d'aller à la plage en marchant (environ 20mn à pied), location de scooter sur place possible, restaurants à proximité.
A faire à Jimbaran : barbecue sur la plage face au coucher de soleil ***J3 - Balade dans KUTA - Temple ULUWATU - Nuit sur Jimbaran location d'un scooter à la journée : 60 000 Rp avec Rudy (tel : 08123917683 / +62 361 702242 – mail : blue_marlincafe@yahoo.co.id - il possède également le restaurant le ‘Blue Marlin Cafe’ à Jimbaran).
A faire :
- Kuta : initiation au surf, massage sur la plage, shopping au marché (je comprends pourquoi on me disait de partir avec les valises vides !!! )
- temple d'Uluwatu : le temple n'a pas grand intérêt si ce n'est sa situation...y aller en fin d'après-midi pour voir le coucher de soleil sur la mer et le spectacle Kecak qui s'y joue chaque soir à 18h00 (prix : 50 000 Rp) ***J4 - Nous prenons un chauffeur à la journée (500 000 Rp) afin de nous emmener à AMEDNous profitons de la route pour visiter :
- CELUK * : orfèverie, achat d'un bracelet en argent
- KLUNGKUNG ** : visite du Kerta Gosa (palais de justice)
- GOA LAWAH ** : Temple devant une grotte abritant des chauves souris
- PADANGBAI **: joli petit port de peche. Nous avons eu la chance de tomber sur une crémation à notre arrivée.
- TIRTAGANGGA *** : Magnifique jardin aquatique. Possibilité de s'y baigner.
A AMED, nous trouvons une chambre au WawaWewe 2 qui se situe plus exactement sur Lipah Amed (prix : 500 000 Rp )
L'endroit est charmant : qlq bungalows disséminés dans un joli jardin ombragé, petite piscine à débordement, accès sur la plage pour du snorkelling (pas exceptionnelle mais sympa qd meme)J5 - AMED - CULIK - AMED Nous louons un scooter pour nous promener sur la cote (la route fait des montagnes russes) et aller voir les belles rizières en terrasse de Culik.
Le soir, nous mangeons au Waeni's Restaurant (recommandé par le routard), nous sommes déçus et meme un peu malade le lendemain... 🤪J6 - AMED (snorkelling, balade en scooter, détente au bord de la piscine) Nous partons avec un pecheur et son bateau pour une sortie snorkelling sur une épave japonaise qui est proche de la cote : endroit superbe, faune et flore abondante, très accessible en masque et tuba.
A faire sur Amed :
- louer un scooter et se balader le long de la cote et vers les rizières de Culik
- voir les salières et acheter en souvenir un petit sachet de sel marin
- admirer le magnifique coucher de soleil sur le volcan Agung (virage en hauteur entre le Waeni's et le Café Batan Waru)
- observer la vie des balinais dans les rizières, les femmes qui remontent les routes d'Amed avec des sceaux chargés sur la tete, les enfants prendre leur bain dans les ruisseaux, voir les voiles multicolores des bateaux de pecheurs s'étaler sur la mer...
Le soir, nous mangeons au Café Batan Waru : excellente nourriture. Possibilité d'y trouver un chauffeur ou de louer un scooter également.
Coordonnée : Amed beach, Bunutan, Karangasem. Mr Nyoman YASA - 081 7971 0558
Impression : j'avais vu pas mal de gens critiqué Amed sur le forum... personnellement, nous avons adoré ces qlq jours passés sur la cote. Ici, l'ambiance est paisible. On y découvre une facette bien plus authentique de la vie balinaise. La cote est très sèche, paysage aride mais les plages de sable noir et la vue sur le volcan Agung ont également bcp de charme 😇J7 - AMED - GILI TRAWANGAN Nous avons négocié une traversée en speed boat depuis Amed avec un intermédiaire du WawaWewe2.
La traversée nous a couté 1 000 000 Rp/pers Aller/Retour. Ca fait cher mais au moins c'est rapide et pratique. Départ 9h avec le 'Amed Sea' - Arrivée 10h30.
Contact pour le Amed Sea : APEL +62 81 236 207 848 ou encore 0363 23460.
Sur Gili Trawangan, on débarque sur la plage (le ponton sur la jetée n'est pas utilisé par les bateaux...)
On prend un cidomo (petite charrette tirée par un cheval) afin de nous éloigner du "centre ville" qui est blindé de bars et de touristes (bruyant...) et allons à la recherche d'un hotel vers le nord de l'ile, beaucoup plus calme et tranquille.
Nous avons la chance de trouver une chambre au Alam Gili.
L'endroit est superbe, le personnel adorable, la chambre sublime 😇 , la nourriture très bonne (surtout les chicken satay !😊) mais la piscine inabordable (eau gelée)...
On mange sur de petites tables face à la mer, les pieds dans le sable.
Coucher de soleil sur les volcans de Bali.. et Levée de soleil sur les volcans de Lombok... bref vous comprendrez que la vue est assez unique.
Alam Gili : tel +62 370 630466 – reservation@alamgili.com
Prix : 75 USD the sea view room Duyung – 55 USD les gardens bungalowsJ8 à J10 - GILI TRAWANGAN - Restaurant du Coral Beach I : excellente pizza
- snorkelling en face d'Alam Gili : faunes assez variés, nous avons réussi à voir une tortue une fois
- balade à cheval à travers l'ile : fantastique, sensation de liberté mais à réserver aux gens qui savent faire du cheval à priori... (j'étais seule sur le cheval et un gars "suivait" à pied – prix : 350 000/h)
- trip snorkelling avec un bateau à fond de verre : le fond de verre ne sert pas à grand chose mais le trip vaut le coup pour aller voir les tortues vers Gili Meno et le superbe 'coral garden' vers Gili Air 😎 (prix : 550 000 Rp)
- balade dans le centre ville : vaut sa réputation..bruyant...alcool et champignons magiques à volonté...mais à faire une fois histoire de faire sa propre opinion et si vous voulez boire un verre dans un endroit 'branché' 😉
- Dino bar : ce bar possède une petite association protectrice des tortues; ils élèvent des tortues jusqu'à l'age de un an et les relachent en mer.
Impression : nous avons adoré ces qlq jours passés sur Gili Trawangan dans la quiétude du nord de l'ile. Mais je pense qu'il en aurait été autrement si nous avions dû dormir plus vers le centre...
Par contre, il est vrai que l'accès à la mer sur cette partie de l'ile n'est pas évidente à cause des nombreux rochers qui affleurent dès que la mer redescend un peu. Pas pratique du tout pour la baignade mais pour ceux qui souhaitent faire du snorkelling, une fois la barrière de rocher passée, l'endroit permet de voir de jolies choses. Attention cependant aux courants qui sont très forts...J11 - GILI TRAWANGAN - AMED - SIDEMEN Le bateau 'Amed Sea' est revenu nous chercher sur Gili Air. Petit arret à Lombok pour formalité administrative et nous revoila de retour sur Amed.
Le temps de manger un bout et nous repartons avec notre chauffeur, rencontré au Café Batan Waru, vers Sidemen.
La route pour y aller est sublime (jolis petits villages, rizières, traversée du volcan, on aperçoit le long des routes les pierres volcaniques extraites pour la construction des temples, ..)
Sidemen présente de belles rizières en terrasse au creux d'une espèce de petite vallée au fond duquel s'écoule une jolie rivière.
Nous prenons une chambre au Uma Agung Villa : jolis chambres en dur surplombant la petite vallée. Tranquilité et Calme sont les maitres mots.
Uma Agung : Sidemen – tel 0363 41672 - Prix : 350 000 Rp (soit environ 25 euros la nuit)
Peu de touristes dans le coin, l'endroit est vraiment reposant. Le soir on entend les insectes et les geckos chantés.. on se croirait dans une jungle 🙂
Nous profitons de la fin d'après-midi pour faire une petite balade dans les rizières.J12 - SIDEMEN - BESAKIH - Lac BATUR - LOVINA Nous partons le matin en promenade avec un guide dans les rizières (125 000 rp pour 2h30 de trekking , réservé par l’hotel) :
la balade est fantastique; le jeune guide, fort sympathique, nous explique plein de choses et nous fait gouter aux fruits et produits du coin (cacao frais, magnioc, cacahuète, snake fruit, ..). Nous rentrons ravis et le panier plein par sa mère que nous avons rencontré et qui nous a offert un énorme sac de cacahuètes ! ADORABLE !! 😇😊
voici ces coordonnées (je vous le conseille vraiment) : Gaid Wayan Ledang - tel : 085 337 013 566
Appelez le directement ou sinon demandez le à l'hotel 😉
Notre chauffeur d'Amed est revenu nous chercher pour partir vers le Pura Agung Besakih.
Visite du 'Mother temple', très touristique, le temps est bien gris ici car en montagne. Cependant la balade vaut le coup je trouve si on prend la peine de grimper jusqu'en haut où la vue sur l'ensemble est impressionnante. Prix : 10 000 Rp.
Très belle opportunité d'acheter des sarongs à l'arrivée car le parking est cerné de boutiques 😛
Par contre, ne pas se faire avoir quand on vous dit qu'un guide est obligatoire ou qu'il faut payer pour monter les marches... 🤪😠 arnaques décritent dans le guide du routard.
Après Besakih, notre chauffeur nous propose un restaurant pour manger en face du volcan et du lac Batur.
La vue est imprenable à partir de ce restaurant en terrasse mais la nourriture est de très médiocre qualité... le temps de profiter du panorama et je suis heureuse de repartir de ce trou à touriste ! 😛🤪
Le soir tombe vite (18h30) et nous devons trouver un hotel à Lovina.
Nous trouvons et négocions une chambre au Suma hotel : chambre petite, salle de bain pas terrible, décoration assez kitsch mais pour une nuit çà suffira 😮 (prix : 250 000 Rp)
Cependant leur restaurant est très bon, la piscine fort agréable et leur jardin magnifiquement entretenu ! 😎
Suma Hotel : Kalibukbuk - Lovina – Banyualit – tel : 0362 41566 – Singaraja
www.sumahotel.com - sumalovina@hotmail.comJ13 - LOVINA - KUBUTAMBAHAN - AIR SANIH - GIT GIT - PEMUTERAN Grosse journée 😄
Nous partons assez tot le matin en direction en direction du temple situé à Kubutambahan : ce temple a la particularité d'avoir un cycliste hollandais à vélo représenté sur l'un de ses flancs. La visite n'est pas transcendante mais si vous etes dans le coin pourquoi pas (donation libre pour l'entrée)... 😛
Ensuite nous allons nous rafraichir aux sources naturelles de Air Sanih (entrée payante modique). L'endroit est agréable pour se détendre et se rafraichir. Les enfants viennent ici comme on vient à la piscine municipale. 🙂
Possibilité de grignoter/boire sur place, toilettes, vestiaires et casiers à dispo.
Nous enchainons avec la balade vers la cascade de Git Git : endroit agréable et rafraichissant également ! warung en terrasse pour manger et au moins une centaines de boutiques le long du chemin qui mène à la cascade et permettra d'assouvir votre soif de shopping 😛😎
Nous arrivons en fin d'après-midi sur Pemuteran (nord ouest de Bali).
Ici les hotels sont plus rares, le premier que nous voulons (Amertha Bali Villa) est complet. Le second (Mimpi Resort Menjangan) ne nous plait pas car prix exhorbitant, chambre ayant besoin d'un rafraichissement, impression d'un hotel fantome tellement il est vide...
Pour finir, nous tombons presque par hasard sur le Novus Gawana Resort qui se trouve à coté du Mimpi, au fin fond d'une route caillouteuse.
Nous tombons immédiatement sous le charme des bungalows : petites maisons à grenier au milieu des arbres à fleur de tiaré, jolie piscine à débordement face à la mangrove, éloignée de la route et donc au calme, ... personnel charmant, nourriture bonne mais menu un peu trop sophistiqué à mon gout, Spa de grande qualité, club de plongée attenant.J14 à J15 - PEMUTERAN A faire :
- Snorkelling vers l'ile de Menjangan
- balade à cheval à travers la foret et la mangrove (cerfs, écureuils, singes, oiseaux, ...)
- massage 😊J16 - PEMUTERAN - KAWA IJEN (ile de JAVA) - PEMUTERAN Afin de gagner une journée et d'éviter de se stresser à tout organiser 😇🤪, nous avons choisi d'organiser notre excursion à partir de l'hôtel.
L'expédition pour aller voir le volcan du Kawa Ijen sur Java nous a couté 2 700 000 Rp soit environ 95 euros par personne. Pas donné mais vu le temps économisé, le cout du transport, pas de nuit supplémentaire à prévoir sur Java, je pense qu’on s’en tire pas mal au final.
L’excursion du Kawa Ijen était une expérience extraordinaire, que ce soit pour le paysage ou la rencontre avec les porteurs de soufre… 😇
La randonnée est accessible à tout le monde. Il faut compter 1h30 de grimpe bien sec.
Ensuite si vous souhaitez descendre dans le cratère, plusieurs précautions à prendre :
- Faire attention de ne pas gêner les porteurs dans leur marche
- Avoir un masque pour se protéger des vapeurs toxiques (brule les poumons…)
- Avoir de bonnes chaussures : descente et remontée du cratère assez rude qd même.
A Paltuding, on peut acheter à boire et à manger pour les porteurs. Eviter les cigarettes qui ne feraient que réduire encore plus leur durée de vie.
Les porteurs vous proposeront également d’acheter des morceaux de soufre sculptés ou naturels. Prévoir de la monnaie.
- Prévoir un k-way et un petit pull, il fait frais le matin !
Comme je voulais arriver le plus tôt possible au départ de la randonnée, nous sommes partis à 3h30 du matin (eh oui ! sous la pleine lune, magique) du Novus Gawana. A 15h, nous étions de retour sur Pemuteran.J17 – PEMUTERAN – MUNDUK waterfall – Lac TAMBLINGAN / BUYAN – Lac BRATAN – KUTA Nous quittons à regret le Novus Gawana. Ce soir, nous dormirons sur KUTA.
En chemin, avec notre chauffeur, nous allons voir la jolie cascade sur Munduk.
Petit arrêt face aux deux lacs mitoyens de Tamblingan et Buyan. Le temps à partir d’ici sera très humide et de plus en plus pluvieux.
Arrivée au Lac Bratan, nous visitons le temple Pura Ulun Danu Bratan sous la brume…
A cause de la pluie, nous nous réfugions plus loin dans un petit marché qui est l’occasion de faire de bonnes emplettes souvenirs (tableau, épice, masque, tong, …)
Nous arrivons à Kuta et tournons un peu avant de trouver un hôtel qui nous convient : Bamboo hôtel (qui est d’ailleurs encore en travaux. Cet hôtel appartient et se situe à coté du « Villa de Daun » sur Jalan Legian)
Chambre récente, petite mais joliement décorée. Insonorisation moyenne. Petit déjeuner servi sous forme de box à cause des travaux. Prix : 377 280 Rp.J18 – KUTA Nous profitons de notre petit séjour à Kuta pour faire des achats.
Nous louons une fois de plus un scooter pour faire le tour de la ville.
Nous passons une agréable matinée au WaterBoom Park (parc d’attraction nautique : grand toboggan, bouée, jeux divers, …)
Massage dans un salon : entre 60 000 et 85 000 Rp
Nuit au Bamboo hôtel.
Impression : Kuta mérite sa réputation. Plutot agréable en journée, elle se transforme le soir : c'est blindé de bars, boite de nuit, australiens avec leur biere à la main, dealers de marijuana, ...
J'ai apprécié la ville de jour pour sa plage et faire du shopping. Pour le reste, j'étais contente de quitter la ville. Trop bruyante, , trop occidentalisé, embouteillages permanents, ambiance pas toujours saine (alcool, drogue, surveillance dans chaque hotel à la recherche de bombe à cause des attentats, ...)J19 – KUTA – BALI BIRD PARK - UBUD Départ à 8h30 de Kuta avec un chauffeur.
Arrêt au Bali Bird Park ***: superbe parc avec de beaux oiseaux de différentes espèces, beau jardin, spectacle d’aigles, etc.
Arrivée à UBUD, nous nous installons à notre hôtel réservé depuis la France : Alila Ubud.
L’hotel est placé au milieu des rizières, à qlq km du centre d’Ubud.
Accueil parfait. Une belle surprise nous attend à notre arrivée, au lieu de la chambre demandée, on nous a donné une des magnifiques villas de l’hotel !
La villa est sublime : tout en bois, joli terrasse donnant sur la petite vallée, des singes y passent le matin. Grande chambre. Grande salle de bain avec double évier et douche. Baignoire en extérieur au milieu d’un bassin de poissons rouges, avec pétales de rose et sel marin à dispo. Machine expresso dans la chambre, Tv avec multimédia à disposition (musique et film), coffre fort, etc. bref tout le confort possible.
Nous prenons la navette gratuite de l’hôtel pour nous rendre dans le centre d’Ubud. Ici, nous louons un scooter pour plus de liberté.
Location scooter avec Nyoman Sudana – ‘Kope rental’ – tel 0361 7870274.
Chaque soir, sont joués différents spectacles. Nous achetons nos billets dans la rue pour le spectacle de danse joué devant le temple faisant face au fameux Lotus Café. Prix : 80 000 Rp.J20 – UBUD Détente et massage au SPA de l’hotel.
Petit marché d’Ubud (dur dur de négocier ici, nous n’achetons pas grand chose ; penser à monter à l’étage, y’a moins de touristes !)
Le soir, nous assistons à un spectacle de Wayang Kulit (shadow puppet play – se joue le mercredi/jeudi et dimanche à 20h au Oka Kartini galerie d’art sur Ubud). Prix : 50 000 Rp.J21 – UBUD – AEROPORT DE DENPASAR Dernière matinée de détente à Alila Ubud.
Départ à 14h30 en taxi pour rejoindre l’aéroport où notre avion décolle à 19h20.
Chauffeur d’Ubud : I Ketut Sanuara – tel 0828 395 2710 – sanuara_07@yahoo.co.idJ21 – Vol BALI – PARIS. Fin du voyage...
Impression retour :
Nous avons adoré Bali ! les gens sont d'une gentillesse incroyable et sont très touchants.
Beaucoup de choses à voir. Bali, ce n'est pas une ile avec des plages seulement comme je le pensais avant. L'intérieur est très riche, que ce soit culturel (temple, artisanat, danses ..) ou non (rizières, volcan, mangrove, fonds marins, lac, cascade, ..)
Avant de partir, je me demandais s'il était vraiment nécessaire de réserver nos hôtels à cette période qui est très touristique.. finalement, tout s'est bien passé. Les seuls endroits où l'on a un peu galéré si je puis dire, c'est Kuta (plein d'hôtels mais soit complet, très moche ou trop cher...), Pemuteran (peu d'hôtels et très cher....) et Gili Trawangan (car l'ile est petite et donc vite "blindée")
Pour se déplacer dans l'ile :
- pour les grandes distances, le mieux est de louer un chauffeur à la journée. Prix : entre 200 000 et 500 000 Rp environ.
- pour les petites distances, louer un scooter. Prix : entre 40 000 et 60 000 Rp la journée
Pratique :
- connaitre qlq mots d'indonésien (bonjour, merci, aurevoir), et notamment 'Sudah' (pour dire déjà fait/déja acheté) ou 'Tidak' (pour dire non) 😛
- penser à négocier pour TOUT ! 😇
- prévoir 20 euros pour payer le visa à l'aéroport et garder 150 000 Rp pour le retour (taxes)
- amener des masques protecteur si vous prévoyez de faire le Kawa Ijen afin de se protéger un maximum des vapeurs toxiques
- ramener si possible vos palmes et masques pour être tranquille (sinon vous en trouverez toujours sur place à louer..)
- acheter un sarong (joli souvenir et vous servira pour visiter chaque temple)
- venir avec la valise vide car y'a pleins de belles choses et de fringues pas cher sur place !!! 😊😇
- prévoir de petites palmes ou des chaussures en plastique pour marcher dans l'eau et ne pas se blesser les pieds sur les coraux
"Peu de carnets sur l'Indonesie. Nias est une destination peu connue."
Muhamad m'a chatouille l'envie de glisser ici quelques souvenirs de mon sejour a Nias cet ete.
Bon, le commentaire ci-dessus ne m'etait pas adresse. La derniere discussion de RaGamuffin avait un peu derape au gout de certain(e)s. Alors, il lui suggerait de mettre en valeur sa plume pour nous conter son sejour a Nias sans trop nous gaver de prix. (Minta ampun harga harga di sini. Pitie! Tant de prix, ca fait tourner la tete et aussi la page...😛)
Je vais devancer un peu Raga en esperant qu'il ne m'en tiendra pas rigueur. La couronne lui appartient incontestablement. Nos deux experiences et relations a l'ile devraient au contraire se completer.
Nias, ca commence le soir par l'achat du billet ferry a Sibolga. Apres un long trajet en bus de Parapat (5 heures de route), je me rends directement a l'embarcadaire.
Depuis quelques temps, il n'y a plus 3 departs par semaine pour Teluk Dalam, au Sud de Nias. La traversee ne se fait plus qu'une fois par semaine (souvent annulee). Il ne reste qu'a prendre le ferry pour Gunung Sitoli, au nord: depart tous les jours, sauf le dimanche.
D'habitude, je ne fais pas dans le luxe, mais la, je me prends un billets Executive (100 000rp au lieu de 66 000 en eco), petit luxe appreciable. En Eco, en journee, je veux bien, mais je viens de me faire vendaliser ma valise dans le bus de Parapat (cerita yang lain - ca, c'est une autre histoire), et au guichet, on m'a bien dit de surveiller mon sac.
Petit detail pour ceux qui envisagent de prendre ce ferry: il faut 2 photocopies de passeport, une pour l'aller et une pour le retour. Si vous n'en avez pas, quelqu'un se fera une piece en vous conduisant a une photcopieuse d'un coup de moto..
Et aussi, en plus du billet, a l'entree du port, vous aurez une taxe a payer, je crois de 4000rp.
Pres de l'embarcadaire, il y a un restau ou on peut manger ou acheter quelque chose pour le bateau.
Classe eco: Ca grouille de partout. On se croirait dans la calle du Titanic. Quoi que chacun a son siege "inclinable", probablement en piteux etat.
Classe executive: petite salle fermee avec TV et air conditionne.... Aiaiailllle!!! Miracle, la clim est tres bien reglee. On la sent a peine. La tele, par contre..... Au volume de rigueur mais je suis tres patiente.
Je m'installe comme tout le monde. He he! Ici, c'est le bon plan. La salle est a moitier vide. On a 3 sieges par personne. Un tiers des passagers, et ce sont principalement des femmes, se preparent un petit coin par terre pour la nuit. Elles etalent leur natte, moi je m'etale sur mes trois sieges. Elles ont amene leur gros oreiller, moi, mon appui-tete gonflable pour l'avion. Elles ont leur paniers remplis de virtuailles, moi ma valise cadenassee a mon siege. Elles enlevent leur voile pour dormir, moi, mes verres de contact.
Ils ont tous besoin de la tele a fond pour dormir, MOI PAS!
Depart officiel a 20h. Ca commence a bouger a 21h, pour une longue traversee de 10 heures.
La tele etouffe le bruit du moteur. (La mer est calme. On oublie qu'on est dans un bateau.) La nouvelle du jour en boucle parle du terroriste Malaisien mais je n'y comprends rien. Qu'y a-t-il de plus frustrant? Le bruit qui empeche de dormir ou l'envie non assouvie de comprendre ce qui se repete avec insistance a la tele. La tele restera a fond toute la nuit... Au retour, je peux vous dire que je me suis levee pour la baisser. A l'aller, je n'avais pas ose.
Arrivee a Gunung Sitoli vers 7h30 du matin.
Je ne vous ai pas encore dit le but de mon voyage. La plupart des touristes viennent a Nias pour faire du surf. Pourtant, je ne m'attendais pas a voir autant de surfeurs... Moi, ce sont les villages traditionnels qui m'ont mene ici. Au Nord, il y a les maisons ovales, et au sud, les maisons en forme de navires. Ne restant que 4 jours sur l'ile, je me suis limitee aux maisons du sud. Donc, arrivee a Gunung Sitoli apres 5 heures de bus, 10 heures de ferry, je prends le premier "panier-motorise" (il y a plus de legumes et de marchandise dans le bus que d'humains) pour encore pres de 4 heures de route. Bonne nouvelle: les routes ont ete en partie refaites apres le tsunami de 2004.
Un jour, je me suis fait cette reflexion:
MIEUX VAUT-IL ETRE A L'INTERIEUR DU BRUIT OU A L'EXTERIEUR DU BRUIT?"
Il faudra que je lance le debat sur le forum.
Allez, je vois le bout du tunnel. En 20mn de moto, je suis a Pantai Sorake. La moto me depose devant quelques bungalows en beton!!! Aucun charme. J'ai du tirer le mauvais chiffre. J'ai atterri a la case "Faites demi-tour, vous vous etes trompee de paradis" ou d'ile. Pour la premiere fois, je commence a faire la grimace.... Le bunga-beton est tout poussiereux. Oulala, je suis dans le site "fantomes en Indonesie"!!! Prete a reprendre ma valise pour je ne sais ou, une jeune femme insiste pour que je visite SON bunga-beton, petit frere de l'autre. Meme style, meme epoque "aftertsunami", tout neuf... ca sent encore l'humidite...Et puis, et puis non... la terrace est super sympa, vue sur la mer a 2 pas. La Vague a surfeurs que je decouvrirai le lendemain est a 100m a droite, la plage de sable dore a 100m a gauche. Juste en face, c'est roquailleux mais tres beau.
Je disais La Vague a surfeurs, car ils sont tous agglutines sur quelques vagues. Je me demande pourquoi ils sont venus jusqu'ici. Au moins, ils font vivre une petite partie de l'ile. Je decouvre aussi le lendemain que mon bungalow sur pilotis est un des premiers d'une longue succession de bungalows sur la plage. Et de notre cote, c'est calme, car un peu plus loin, les surfeurs, a la hauteur de leur reputation, sont de bruyants fetards.
Mais ici, ce n'est pas Kuta-Bali. Rien a voir. Ici, pas de boite de nuit, pas de shopping. Ca reste paisible.
Mauvaise surprise depuis que je suis a Sumatra: les locations de moto, avec ou sans chauffeur sont beaucoup plus cheres qu'a Bali ou Jogja. 300 000rp pour une journee avec chauffeur, plus dejeuner pour deux, ca depasse mon budjet. Surtout que les journees finissent souvent vers 3h... Donc, je decidais de me deplacer a pied et en bus. Les gens sont tres complaisants. Ils te donnent toutes les indications necessaires pour que tu puisses te debrouiller toute seule. Le LP mentionnait que le personnel des hotels n'etait pas tres accueillant. Je ne sais pas ce qu'il en est des autres hotels, mais le jeune couple qui tient le bungalow ou j'etais est adorable: Linda et Sikomi, Hotel Toho.
VISITES DES VILLAGES AUX MAISONS-NAVIRES
Premier village: HILIAMAETA
En longeant le plage de l'hotel, on rejoint un village de pecheurs. De la, il faut traverser la route et suivre le long chemin en ligne droite jusqu'au sommet de la colline.
- Vous allez ou?
- La-haut.
- Au village!
- Et oui, au village.
Ce qui compte toujours et avant tout, c'est le parcours, la balade, les rencontres, plus que la destination. Pas de maisons-navires mais ce que je vois me surprend agreablement: de jolies maisons sur pilotis face a la falaise. Et puis BOUM! En haut, une plateforme et le choc: un village fantastique comme on n'en voit que dans les reves. (Connaissez-vous le film "Reves" de Kurosawa?) Je suis propulsee dans un monde parallele. Chaque voyage a CE momemt magique qui surgit au coin du chemin. Je n'en dirai pas plus. Il faut le decouvrir par soi-meme. Juste une ou deux photos peut-etre en esperant ne pas gacher le bonheur de decouvrir.
La, un jeune homme me propose de rentrer dans sa maison. Il me presente sa famille puis me propose de m'amener visiter d'autres villages. Nous nous mettons d'accord pour le prix. La journee etant bien entamee, tarif demi-journee. Il reste encore aujourd'hui beaucoup de villages aux maisons-navires, toujours situees en haut des collines. Bawomataluo, Hilisimaetano, Babunahunu, Botohilitano... Il y a beaucoup a voir et le mieux est d'etre accompagne par quelqu'un d'un des villages.
Mon jeune "guide", Tao (qui n'est pas guide, en fait) me propose de sejourner chez lui avec sa famille afin de partager la vie du village. Nous nous mettons d'accord cote finances. Connaissant l'engrenage dans lequel on peut tomber lorsqu'on est "invite" en Indonesie, voici ce que je lui propose:
Au losmen, je paie 50, pour manger, beaucoup moins, alors 100 000rp pour une journee et une nuit tout compris, ca te va?
Pour eux, c'est une somme non negligeable et je ferai en sorte de la lui donner le lendemain afin qu'il ne la depense pas pour faire un festin en mon honneur. Je precise que je ne veux pas qu'ils fassent quoi que ce soit de special pour moi. Tao ajoute qu'ils sont tres pauvres et que le repas sera simple. Accord conclu et rendez-vous au losmen dans deux jours. Je passerai ma derniere nuit chez eux.
Lendemain: plage et promenade a pied dans les environs.
Surlendemain: Tao vient me chercher. Arrive chez lui, il me confie a sa soeur de 20 ans, Yerinulo avant de partir travailler. Il travaille dans un des hotels de la plage et touche un salaire miserable.
Tous les enfants et les jeunes filles du village viennent me faire la fete. Je leur apprends a faire des origami avec du papier rapporte du Japon. Ils me chantent des chansons d'eglise (Ils sont tous chretiens sur cette ile) Moi, je suis a peine baptisee, alors je leur apprends "Tombe la pluie". Vous savez? "Ya que mon p'tit freeeere qu'est sous la goutieeeere..." Si vous entendez cette chanson a Hiliamaeta, vous saurez d'ou ca vient.
Il y a aussi oncles, tantes, cousins, voisins... J'ai du mal a comprendre qui est qui et ce n'est que le soir que, chacun rentrant chez lui, je me retrouve avec ceux qui vivent sous ce toit. Il y a 3 freres, leur femme et leurs enfants et une soeur pas mariee et aussi les parents.
La cuisine se fait dans la maison au feu de bois (ou plutot de noix de coco) (ma serviette de toilette embaumera demain!). J'aurais aime aider et les voir preparer le repas, mais on me dit de me reposer en compagnie des autres. Le repas est en effet tres simple, peu releve: un bouillon avec du poisson et aussi ce legume vert que l'on retrouve partout (ce sont en verite des feuilles d'arbre bouillies). Le tout bien-sur servi avec du riz.
Le soir, Yerinulo m'installe un matelas, des draps tout propres et une moustiquaire. J'ai beau insister pour qu'ils ne se donnent pas de peine, on prend bien soin de moi.
Le lendemain, moment inoubliable: le bain a la riviere.
Au village, il n'y a pas l'eau courante. IL faut aller la chercher a la riviere. Alors, lorsqu'on va au bain, on amene des jerricans. La encore, je me sens un vrai boulet (bule boulet). Je comprendrai vite pourquoi je n'ai pas droit a mon jerrican: j'appartiens a "l'espece derapante". Yerinulo et ma petite copine de 5 ans qui me suit partout m'accompagnent a la riviere.Il faut suivre un sentier pendant 10mn. Nous sommes devorees par les moustiques. Il a plu la veille toute la journee et toute la nuit. "Licin!" Ca glisse! Yerinulo me tient fermement. (Une main de libre en moins, un jerrican de moins pour le village). Apres quelques derapages de ma part, nous voila enfin arrivees a la petite clairiere deja animee de femmes frottant le linge tout en papotant.
Le bain a la riviere, en fait, ca se passe comme ca: un baquet en beton a ete construit pour recueillir l'eau qui ruisselle de la montagne. Et voila le "mandi"! Par terre, ils ont aussi fait une plaque de beton mais ca glisse enormement. Il faut rester pres du baquet. Ca n'a pas manque, une fois lavee, rincee, un pas en arriere, et zoun elle (moi) s'etale sur la plaque verdatre de mousse et de vegetation... Aussitot redressee, une multitude de mains s'empressent de me debarasser de ces immondices - une nuee de parasites gloutons me restituant une peau de bule tachetee de piqures de moustiques... Elles etaient toutes sur moi, hilares.
Retour. Nous retrouvons le long escalier qui ramene au village. Tous les hommes se sont mis au travail. La tache consiste a descendre de lourdes pierres de taille. Protege de son t-shirt ou bien torse nu, chacun fait plusieurs aller-retour. Mais d'ou viennent ces pierres? Que vont-ils en faires? Construire une pyramide en bas? Je reste muette et mes questions en suspend.
Je vais faire un tour dans le village. Les gens me regardent, m'interpellent, une dame m'appelle:
- "Vous pouvez m'enfiler cette aiguille?"
Ah! Au moins, j'aurais servi a quelque chose en ce village: J'ai enfile une aiguille.
En debut d'apres-midi, Yerinulo m'accompagne a Teluk Dalam d'ou je reprends mon voyage en sens inverse.
Sur la deuxieme photo, on apercoit un homme descendant l'escalier une grosse pierre sur le dos.
Quatre jours pour faire Pau/Rubiah !!! On l’a mérité, notre île déserte !
Il y a quelques mois, je fais part à Louloute de l’envie démangeante d’aller faire un petit tour en Indonésie et de commencer par une petite virée sur une île. Mon homme n’est pas du tout démangé par cette même envie, mais alors pas du tout. Sur une île ? lui qui est plus à l’aise dans un champs de maïs ou sur les pentes d’une montagne ne voit pas très bien la chose. Mais je lui vend l’affaire en lui vantant les mérites de la jungle, des volcans… et Ok, l’année prochaine, on ira où il veut. En attendant, il pourra préparer ses chaussures de marche, mais aussi les palmes, masque et tuba.
Le voyage commence le 17 juillet au matin avec les infos sur France Inter « Attentat dans deux hôtels de luxe à Jakarta ». Histoire de se rassurer, on se dit que les choses ne sont jamais aussi calmes que le lendemain d’un attentat, et que de toutes façon, ce n’est pas dans les Guest House où l’on va que les terroristes vont perdre du temps. On boucle les sacs (avec masque et palmes) et on part donc tranquillou. Premier décollage : Paris CDG.
Arrivé la bas, merci Air France pour les horaires qu’il a fallu modifier en dernière minute, on a juste 10h30 d’attente à Roissy, génial !!!
En fait, ça passe vite. On est déjà en voyage, dans un aéroport. Il suffit d’aller aux départs des lignes pour le Sénégal ou le Mali. Quelques touristes, quelques hommes avec des mallettes, mais surtout des familles qui retournent au pays, des femmes de toute beauté en boubous colorés, leurs gamins sur leur « 31 ». Elles discutent, elles rient, se fâchent après les gamins surexcités. Leurs hommes ne sont pas loin, tout beaux aussi, dans leur costume.
Au bout d’un bon moment, passage de la douane et de la fouille, et on rejoint le salon Air France, privilège qu’on a la chance d’avoir. Je ne suis pas vraiment pour les privilèges, mais de temps en temps, ma foi, c’est pas mal. On ne se refuse pas une petite coupe de champagne, c’est pas sur Aceh qu’on prendra souvent l’apéro. Le temps passe très vite et vient l’heure d’embarquer.
Surprise ! Dans sa grande bonté et surtout parce que le vol est surbooké, Air France nous surclasse en première, et ce jusqu’à Jakarta via Canton. Deuxième décollage.
Ne me demandez pas pourquoi on est allé jusqu’à Jakarta pour aller sur Sumatra au lieu de passer comme tout le monde par Kuala Lumpur : on s’est planté, c’est tout.
Bref, une nuit en première classe, faut essayer, ça vaut le coup. Service à la carte, petits chaussons, nappe blanche, des vrais petits pots de confitures pour le petit déj, et surtout dormir allongé !
L’arrivée à Canton est assez spéciale. L’enregistrement n’étant pas fait jusqu’au bout, il faudrait aller à un comptoir, mais évidemment, on n’a pas de visa. Un homme de l’aéroport récupère les passeports d’une trentaine de personnes en transit et on nous fait attendre dans le grand hall après le service de douane. Longtemps après, l’homme revient. Il n’arrive pas à prononcer les noms, c’est donc avec les photos qu’on récupérera nos précieux documents et les cartes d’enregistrement.
Finalement, on embarque pour Jakarta, toujours en première (on s’habitue au confort), et troisième décollage après avoir attendu que l’orage soit passé. Un ciel d’une rare noirceur.
Il fait presque nuit et on a du mal à se rendre compte si c’est le matin ou le soir… avec le décalage, on ne sait plus ; ça fait bizarre, on a juste passé une nuit dans un avion et c’est déjà le soir. Où est passée la journée du 18 juillet ?
On arrive à Jakarta, du brouillard dans les yeux. Il fait chaud et moite. Un taxi, une douche, un lit. Avant de fermer les yeux, vérification : oui, l’eau tourne bien à l’envers quand on vide le lavabo, ou en tout cas, on a bien voulu le voir, Coriolis n’avait pas tord. Retour à l’aéroport le lendemain matin un peu plus frais (pas la météo, nos têtes !).
Le hall des départs ressemble davantage à un hall de gare qu’à celui d’un d’aéroport. Normal, avec toutes ces îles, le réseau aérien est assez développé et ça grouille de partout. Des cartons, des valises, des sacs… On est très en avance et on s’est habitué aux privilèges. Les salons VIP ne nous sont normalement pas accessibles. Le premier nous est refusé sur présentation de notre carte. Mais le deuxième est plus facile, on y rentre comme si de rien n’était, la tête haute, on ne montre rien et on ne nous demande rien.
Quatrième décollage avec la « Garuda » black listée en Europe. L’avion est nickel, les stewards parfaits, le vol se fait en douceur. On a même pu voir le lac Toba avec son île de Samosir au milieu. Impressionnant. Petite escale à Medan, et cinquième décollage. Le paysage vu d’avion est plein de promesses. De la forêt, de la forêt et encore de la forêt. Par endroit, au milieu de rien, une fumée monte vers le ciel. Qui est en train de faire du feu perdu au milieu de rien ?
De temps en temps, près de quelques villages, de grands carrés très rectilignes qui se succèdent et d’un vert différent, des plantations de palmiers à huile. La forêt semble grignotée par ces hectares d’arbres de même nature.
Les reliefs s’estompent, la forêt s’éclaircie pour laisser place aux rizières, un vert vif presque fluo apparaît, d’autres carrés sont du brun de la terre ou du jaune de la paille de riz. La mer n’est pas loin. On comprend les dégâts du Tsunami. La montagne, puis une grande plaine, presque dénuée d’arbres ou autre volume, au même niveau que la mer. La vague a vite fait d’envahir l’espace, rien pour l’arrêter.
Atterrissage en douceur, ça y est, c’en est fini pour l’avion.
Direction hôtel Prapat.
Jamais en 2004 j’aurais cru mettre un jour les pieds dans cette ville. Banda Aceh… un nom de ville à la résonance tellement terrible. Entre les conflits et le tsunami, rien ne leur a été épargné. Pourtant, l’atmosphère y est paisible et sereine. Les femmes bien que presque toutes voilées, semblent jouir d’une liberté identique à la notre, les couples se promènent main dans la main, les jeunes sont au café en bandes mixtes, le marché regorge de poissons et de fruits de toutes couleurs… la vie comme partout ailleurs.
Le lendemain, direction l’aéroport en becek, ces sortes de side-car d’une autre époque, pétaradant et fumant comme pas deux, nos sacs accrochés de part et d’autres.
L’avion des copains que l’on doit retrouver est presque à l’heure, juste une petite demie heure de retard. Avec impatience, on guette les têtes… ça y est, le crâne visible de loin du père… puis sa femme puis enfin les enfants. Cela fait tout drôle de se retrouver ensemble, là bas au bout du monde. On est un peu tous sur les rotules, mais heureux. Ils sont partis de France en même temps que nous, mais nettement plus futés, sont passés par Kuala Lumpur.
Un taxi nous emmène à l’embarcadère au nouveau port de Banda Aceh pour Pulau Weh. Le bateau est là, dernier trajet pense t’on. La mer est d’un bleu superbe, plus sombre que celui du ciel, le soleil tape fort, la brise maritime fait du bien. L’île s’approche rapidement.
Un autre copain, Pierre, qui devait nous retrouver à l’arrivée n’est pas là, pas grave, encore une petite heure de taxi pour Iboï. A 7 personnes plus les sacs dans la voiture, on se sent très proches les uns des autres. Et enfin, ¾ d’heure après, je regarde ma copine : « on y est ! » Enfin presque. Pierre nous avait donné RDV chez Yulia. C’est pas compliqué, c’est au bout du chemin. On charge les sacs sur le dos sous un soleil torride, et on commence les 200m qui nous séparent de la GH. Au bout de 200m, un autre panneau Yulia : 150 m. On monte, on descend, on fatigue, on ruisselle. Un autre panneau : encore 200m et ainsi de suite pendant ce qui nous semble représenter des Km.
Le bout du chemin, le fin de l’enfer, la fin du trajet enfin : « Isa, on est arrivé ». Personne. Juste un Indo qui vient nous voir. « Vous cherchez Pierre ? Il est en face, sur l’île. Je vous y emmène en bateau». Effectivement, en face de nous, une autre petite île. Il nous a bien mené en bateau, d’ailleurs. Notre copain lui avait demandé de nous dire de l’attendre.
On recharge les sacs, montons dans le bateau et franchissons les 200m qui nous séparent de la petite île de Rubiah. « Isa, je crois que ce coup ci, c’est le bon ». Effectivement, un bateau s’approche de nous, Pierre agite les bras. Il était venu nous chercher à l’embarcadère mais nous avait loupés de peu.
Cinq avions, deux bateaux, un becek, trois taxis… et nous voilà arrivés au paradis. Des copains, une famille indonésienne qui habite sur l’île, quelques bungalows et la toilette au puit, des petites plages de sable, une mer avec tous les tons de bleus outremer, des cocotiers qui se penchent au dessus de l’eau. Si c’est pas le bonheur, ça y ressemble fortement !