
Quel heureux hasard ! Une fête ! Ils sont en train de cuisinier du babi, non non pas d'affolement "babi" c'est du porc en Indonésien. Mon petit frère, musulman, est impressionné, c’est la première fois qu’il voit des gens manger du porc… c’est donc une cérémonie chrétienne ici.
J’accepte l’assiette qu’on me propose, pfou c’est hyper gras, ils ont tout laissé, même la couenne, mais bon, avec du riz ça passe à peu près…
Ils nous disent qu'il faut rester, que la cérémonie ne fait que commencer et qu’ils attendent plein de monde, qui doivent arriver des villages voisins.
En effet, voilà un village qui arrive. Chaque village doit apporter un animal (qui ne sera pas sacrifié, malgré les apparences…), tantôt un porc, tantôt un buffle. Bon, mais où vont-ils ? Suivons-les…

Nous arrivons sur une sorte de place centrale remplie de monde

Les hommes sont en tenue traditionnelle, et ils se baladent tout le temps avec un long couteau autour de la taille (un peu comme les habitants de Sanaa, la capitale du Yemen)

Rumaji est impressionné car à Lombok, les Sasak qui se trimbalent avec un couteau sur eux sont des « very very bad people »…
Heu… Oulla on se calme !! 😏

Sur la place centrale, on amène un porc, la pauvre bête est entourée d’une foule en liesse, et de dangereux couteaux sont brandis en l’air, je me dis que son heure est arrivée mais non semble t’il…

Puis un autre village arrive avec un buffle et un porc cette fois

Et hop à leur tour ils sortent les couteaux et le cri de guerre 😮

Et hop moi je sors l’appareil photo… vous remarquerez le nombre de crânes de buffle qui ornent cette maison… ben, z'ont pas l’air d’être végétariens ici… Admirez également le rouge intense des lèvres de ces femmes qui mâchouillent à longueur de journée des noix de Bethel.

Justement, on me propose d’essayer. Bah, ça peut être pas mal de me faire prendre en photo avec la bouche rouge, en train de mâchouiller des Bethel ! Mais c’est vraiment trop amer ce truc, je suis obligé de tout recracher, dans la rigolade générale…
Certains ont déjà commencé à déjeuner (pourtant il ne doit être guère plus de 10h)

Encore un autre village qui arrive

On resterait bien mais c’est pas tout ça, le ferry qui nous ramène à Sumbawa est dans 4 jours, il nous faut continuer si on veut visiter Sumba un minimum.
(Edit 2009: alors figurez-vous que par un extraordinaire hasard, un habitant de ce village a vu les vidéos sur youtube et m'a contacté! Il vit expatrié en Hollande et il a reconnu avec joie sa maison et ses voisins ! Alors je lui ai envoyé toutes les photos que j'avais prises du village et des villageois et il leur a amenées lors de son dernier voyage au pays en avril dernier. Une belle histoire non? 🙂)
Allez, c'est pas tout ça, en route mauvaise troupe !

Nous voici arrivés sur la plage de Rua.

Jolie plage mais bon, rien d’exceptionnel (mais non, mais non, je ne pas un touriste blasé...😉), et comme la carte du Lonelyplanet montre une route qui longe la côte, nous décidons de la suivre en scooter pour voir s’il y en a de plus belles.
Passage par un petit village où il semblerait que ce soit l’heure de passer à table… ( à noter qu'une fois rentré en France j'ai trouvé plein de vidéos de porcs prises par Rumaji, ben oui pour lui c'est un animal exotique! 🙂)

Tandis que les plus jeunes nous indiquent le chemin de la plage

Pas un hôtel dans le coin, à part un complexe de luxe que nous n’irons même pas voir… nous continuons donc en direction de Pero, où il est indiqué dans mon bouquin un hébergement chez l’habitant.
La route se dégrade rapidement, pour se transformer d’abord en chemin pierreux... puis en un parcours de trial infernal ! Le scooter ne va pas tenir le coup c’est sûr, et je crains la crevaison, dans un endroit très peu habité en plus… La région que nous traversons est très pauvre, les habitants nous regardent avec des yeux tout ronds, pas facile de demander son chemin quand ils ne parlent même pas le Bahasa Indonesia (ils n’arrivent pas à comprendre Rumaji…), voire même certains qui semblent avoir peur de nous et s’enfuient (y compris des adultes !).
Ah là, c’est clair, le coin n'est pas touristique du tout ! Mais le parcours est tellement hard que dans le flipp, je n’ai pas
pensé à prendre de photos. Encore une fois, le Lonelyplanet a été plus qu’optimiste sur l’existence de cette « route »… 🤪
Nous arrivons à

Entre nous, je vous avouerais que j’ai de plus en plus de mal à filmer, Rumaji s’est trouvé un nouveau jouet qu’il me prête de plus en plus rarement…

Le chef du village revient nous voir. Il n’a pas l’air content, je comprends pas trop, il me dit « merokok », je lui réponds
que je ne fume pas, ensuite je comprends « dilarang », et je demande à Rumaji ce que j’ai fait « d’interdit »
Rumaji me dit qu’il faut absolument que je fasse une distribution de cigarettes, c’est écrit dans les lois du village. Ah bon… j’ai
bien l’impression d’être la vache à lait du jour mais Rumaji traduit les explications du chef qui me dit que non, tout visiteur doit offrir quelque chose, même les gens des villages voisins, quand ils se rendent visite entre eux, ils doivent amener quelque chose, c'est la tradition. En fait, c'est comme chez nous, ça se fait pas de venir les mains vides quoi 🙂
Donc, si j’ai bien compris je suis hors-la-loi… Pas d’autre choix que d’aller dans l’épicerie la plus proche car le chef ne veut pas me lâcher la grappe. Pas de chance je n’ai qu’un gros billet de 50000 sur moi (4€) et l’épicier n’arrive pas à me rendre la monnaie sur la recette du jour. Rumaji me propose de faire sa propre provision de clopes pour la semaine, et l’épicier me fera l’appoint en bonbons. Il faut savoir que le bonbon, en Indonésie, constitue une monnaie comme une autre, et c’est bien pratique, car on manque souvent de pièces pour faire l’appoint. Ce sont bien sûr les enfants qui encaisseront cette « monnaie ».
Les enfants nous amènent sur leur belle plage

Rumaji discute avec les autochtones… Il apprendra qu’ici, pour se marier, il faut donner en guise de dot 5 buffles, une dizaine de
chevaux, des porcs… Sachant que mariage rime avant tout avec argent en Indonésie, ça coûte une fortune de se marier ici, avec une somme pareille Rumaji pense qu’il pourrait avoir 10 femmes à Lombok 😎 (sachant que la polygamie est autorisée... heureusement je n'aurai pas trop de mal, pendant le voyage, à le convaincre qu'il y a mieux à faire dans la vie que d'avoir plusieurs femmes...)

Plus tard, de retour à l’hôtel, je lirai dans le guide qu’on reporte de très nombreuses agressions à Tosi et qu’il vaut mieux passer son chemin. Je pense que de nombreux touristes ont du faire mon erreur, à savoir refuser de faire la distribution de cigarettes (ou de noix de Bethel) et, n’ayant pas de Rumaji sous la main pour traduire, ils se sont fait agresser car ici c'est apparemment hors-la-loi… N’oublions pas que ces charmants habitants portent sur eux des couteaux qui ne servent pas uniquement à la décoration ! 😇

Retour à Pero. Le port de Pero est formé par une langue de sable naturelle qu’on ne peut traverser qu’à marée basse

Il y a du vent ces jours-ci, la mer est forte

Nous partons cette fois du côté de Wainyapu (ne pas confondre avec Waingapu), sur les conseils de Cédric. Nous longeons
l’Avenue des Champs Elysées

Avenue fréquentée par des jeunes voyous Sasak en scooter…

Nous voici arrivés dans une belle crique

Et les tombes du village de Rattenggaro nous dominent

Rumaji a filmé mais il faut vraiment que je lui apprenne à moins bouger quand il filme... ça fait mal à la t��te 😕
Le village de Rattenggaro

Pareil, on s’asseoit avec le chef, on remplit le livre d’or, on donne un billet… tiens ils ne demandent pas de cigarettes eux !
Juste en face, le village de Wanyapu dont vous apercevez les toits qui dépassent des arbres

Au loin, j’aperçois des habitants qui viennent laver leur véhicule…

Enfin, nous retournons à Péro, et, pendant que Rumaji fait la sieste dans la chambre d’hôtes, je passerai une partie de l’après-midi avec les habitants, exerçant ainsi mon Bahasa Indonesia sans mon traducteur Sasak à portée de main…

Bon, mon hôte, qui connait bien les schedules des ferries, me confirme que le bateau qui nous ramène à Sumbawa c’est bien demain. Il reste encore une bonne semaine avant que je rentre en France, mais je sens que Rumaji en a sa claque, et il me parle sans arrêt du programme barbecue-plage-guitare-traditionnelle qu’il m’a concocté lorsqu'on rentre chez nous à Lombok… et puis il a raison après ce périple en scooter, ça ne nous fera pas de mal de nous ressourcer avant que je rentre en France.
Nous montons donc à Waikelo, le port à l’Ouest de Sumba. Arrivés au port, nous apprenons que le bateau du mardi est annulé, car la mer est trop forte, et que, peut-être, il y aura un autre ferry… samedi ! 🏴☠️
Ouah, j’ai bien fait de prévoir une semaine de mou, par contre le programme Sasak prévu par Rumaji c'est mort, donc pour notre barbecue c'est heu... grillé…
En plus, j’ai plus un rond… L’ATM le plus proche est à Waikabubak, à 60km d’ici, pas le choix… Nous passerons la nuit à Waikabubak. Et vlan encore 60 km 🏴☠️
Ce soir, Rumaji est vraiment fatigué. Je l’emmène chez le docteur, qui me dit que nous devrions quand même aller demain à l’hôpital pour faire le test de la malaria… Je rétorque que quand même on n’a pas croisé un moustique, et mes tablettes de Savarine sont restées au fond du sac pendant tout le voyage… Non, pas de fièvre, c’est juste une grosse fatigue, mais ce soir mon petit Rumaji est vraiment frigorifié.
Le lendemain matin, ça ne va pas mieux, il est complètement dans le coltar… Bon, ben on va aller à l’hosto alors… Nous arrivons à l’hôpital de Waikabukak, mon pauvre petit frère tient à peine debout, il fait peine à voir. Il y a pas mal de monde et nous attendons assez longtemps.
Enfin, le résultat du test…. POSITIF 😮
Quoi ?? positif ??? Rumaji a la malaria !!
Je suis désespéré et peut-être encore plus inquiet que lui, même s'il m’explique qu’à Lombok c’est assez fréquent aussi (comme quoi…). Inutile de vous dire combien je culpabilise à cet instant.... Dans quel état vais-je ramener?
Nous rencontrons un docteur qui enfin va me rassurer un peu : c’est la forme bénigne de la malaria, ça se soigne bien. Ouf… Elle me demande où nous sommes allés à Sumba, et elle me dit que c’est certainement à Tosi que Rumaji a chopé la malaria.
Dans ce village, les cas sont très fréquents et les personnes fatiguées ou affaiblies peuvent avoir la malaria sans même se faire piquer par un moustique…
Elle nous envoie à la pharmacie où nous achetons le traitement, environ 130 000R (10€), ça aurait coûté 10 fois ce prix que
j’aurai bien sûr payé sans hésiter mais quand même, ça doit représenter une sacré somme pour les habitants de ces villages isolés qui vivent avec pas grand-chose.
Dans notre malheur, nous avons de la chance d’être bloqués à Sumba jusqu’à samedi. Et le destin qui nous a obligés à revenir à Waikabukak, juste pour retirer de l’argent… Quand je pense, si Rumaji avait sa crise de malaria sur le ferry… 😐
Le traitement va durer 3 jours : des pilules à prendre 3 fois par jour et surtout une bonne piquouse dans les fesses matin et
soir ! On peut dire qu'on le connait l'hôpital de Waikabubak !!
Rumaji va passer cette première journée au lit, dans la chambre d’hôtel, mais il sera à peu près sur pieds dès le lendemain pour accepter d'aller à la plage.
Nous retournons donc du côté de Rua, mais cette fois sur une autre plage que nous ne connaissons pas. Bonne pioche, la plage est superbe.

Bon, ça va moyen en fait, c’est quand même pas la grande forme…

Laissons le petit se reposer et partons à la chasse… aux photos !

Un petit troupeau de buffles à l’ombre des cocotiers…

Des pêcheurs…

Aaah, Rumaji a fini sa sieste, ça va nettement mieux, aurait-il adopté le port du couteau lui aussi ?

Et il finit enfin par quitter sa polaire…

La plage n’est pas très fréquentée…

Ah si, on croise une fille avec son frère, bien le look !

Elle nous a bien plu cette plage, et elle n’est pas trop loin de Waikabubak, alors ma foi on y retournera le lendemain… après l’habituelle séance de piqûre que Rumaji adore…
Mais le traitement est efficace, et mon Tintin Reporter a retrouvé sa langue ! (même s'il parle un peu trop loin de la caméra...)

Hourra il est guéri !🙂 Et aujourd’hui la mer est encore plus belle qu’hier

Non loin de là, dans les champs, un enfant et son père surveillent le troupeau

Tandis qu'un autre enfant est occupé à pêcher

Et finalement tous les gamins du village voisin finiront par rappliquer… après de nombreux demi-tours car ils avaient peur de moi

Après cette belle journée, il faut retourner à Waikelo pour prendre le ferry tant attendu…
Mais en arrivant au port, nous avons droit une fois de plus à un « besok mungkin » (vous savez, le fameux « demain
peut-être » ) 🙁
Aie… demain, ça fait dimanche ça, et moi j’ai mon avion pour la France mercredi… ça commence à devenir chaud, il n’y a plus le choix, il va falloir traverser Sumbawa en un jour… et espérer que le bateau soit bien là demain, car 1 jour de plus et je peux dire adieu à mon vol retour… (c’est pas que j’ai envie de rentrer mais le devoir m'appelle 🙁).
Le ferry étant annoncé demain à 7h, nous restons donc à Waikelo. Nous allons occuper cette dernière journée à nous reposer
(encore !) sur la plage de Waikelo.
Là, juste à côté du port, des pêcheurs se sont install��s temporairement et vivent dans des grottes naturelles creusées par la mer.

De loin, ils vont nous observer pendant quelques temps, puis, timidement, viendront s’asseoir à côté de moi… Rumaji, caméra au poing, se découvre ethnologue.

Décidément, le Sasak pacifiste a fini par adopter les coutumes locales ! (z'ont pas perdu le Nord, les pêcheurs ont quand même cherché à me vendre un couteau atrocement cher...)

Nous disons au revoir à nos amis qui vont passer la nuit en mer

Sans oublier d’admirer le coucher du soleil.

Ce matin, c’est dimanche. Alors, ferry ou pas ferry ?
Je suis un peu anxieux… Il est 7h et pas de ferry en vue, mais on nous assure qu’il va arriver. 🤪
3 heures passent… enfin le voici ! Ouf !
Mais il faut encore le décharger… 2 heures…
Mais surtout, après, il faut le remplir… Et comme mardi le ferry a été annulé, il y a monde qui comme nous attend le ferry de samedi (enfin, de dimanche…) depuis plusieurs jours… Donc ça fait du monde tout ça !
Il faudra… 6 heures pour remplir le ferry. Tout ça parce qu’il faudra charger, à la main, des tonnes et des tonnes de bananes… 😠
Pendant ce temps, des enfants nous vendent des trucs à grignoter dans le bateau

On finit par démarrer vers 18h, le ferry est blindé, nous ne sommes pas rassurés…

En plus, le vent s’est levé à nouveau… Après 30 minutes de voyage, le capitaine annonce au micro que le voyage mettra plus de temps que d’habitude, car la mer est forte et il doit redoubler de prudence… super rassurant non ?
Je vous l'avais dit, Sumba est une île qui se mérite ! 🙂