quel rdt votre livre culte (en rapport avec voyage) ?
pour ma part voici un livre qui a sans doute confirmé mon attrait les voyages :
l'usage du monde de Nicolas Bouvier.
si un livre vous a plu (mais vraiment très très beaucoup plu) n'hésitez pas à communiquer votre liste ici. merci
Je pensais qu il avait deja ete mentionne mais, en fait, non. Donc, je vais en parler un petit peu.
C est un film de J. Jarmusch qui, comme tous les films de Jarmusch, est tres bon.
C est une nuit sur terre ou, plus precisement, en 5 endroits differents sur terre. 5 villes : New York, Los Angeles, Paris, Rome et Helsinki.
Chaque scene se deroule simultanement dans un taxi. C est en sorte 5 courts metrages enchaines melangeant beaucoup d originalite, d humour et de drame humain. Le scenario est cousu de fil d or et les acteurs sont quasi parfaits.
J ai particulierement aime les histoires se deroulant a Rome et Helsinki, surtout Helsinki.
Dans un autre style, mais toujours de Jarmusch, Broken flowers. Mini Road Movie avec un Bill Muray incarnant un personnage aussi vide que sa vie, qui part sur les traces de ses anciennes conquetes au son du jazz des Ethiopiques. Occasion pour lui de se replonger dans son passee dont les protagonistes le font s eloigner a chaque fois un peu plus de la femme qu il pensait rencontrer, et, en meme temps, lui permettent de confronter sa vie a ce qu elle aurait pu etre.
Le sujet a été maintes fois évoqué sur ce forum donnant lieu à quelques polémiques
suivant les experiences vécues.
Il s'agit ici d'un livre de Philippe Papinet & laurent Passicousset
preface de jean Claude Guillebaud
"Vivre avec les Vietnamiens"
editions L'archipel -23 euros .
Les auteurs ont parcouru le Vietnam pendant vingt ans et y relatent leurs
experiences personnelles ( rapports avec locaux et administration ).
Apres l'avoir feuilleté , il m'a semblé interessant et je l'ai acheté.
Autre bouquin :
DangThuy tram - les carnets retrouvés 1968-1970 editions philippe picquine 18,50 euros Journal d'une jeune femme de 23 ans s'enrolant comme volontaire et travaillant comme medecin dans un hopital avant de se faire tuer .
Autre bouquin :
DangThuy tram - les carnets retrouvés 1968-1970 editions philippe picquine 18,50 euros Journal d'une jeune femme de 23 ans s'enrolant comme volontaire et travaillant comme medecin dans un hopital avant de se faire tuer .

Avec Fernando Meirelles, il n'y a pas de demi-mesure. Je n'avais pas du tout apprécié sa fameuse Cité de Dieu, qui banalisait la violence des quartiers brésiliens à force d'empiler les scènes de tuerie. C'est que ce cinéaste brésilien semble doté d'une sacrée personnalité, toujours sur le fil du rasoir, au bord du goufre, et il lui suffit d'un rien pour passer du chef-d'oeuvre au nanar.
The Constant Gardener, voilà son chef-d'oeuvre. L'ironie de l'histoire, c'est qu'il aura fallu attendre l'intrusion d'un réalisateur brésilien pour que la nouvelle vague de cinéma américain engagé réussisse enfin quelque chose. Si cet adaptation de John Le Carré est un succès, c'est qu'il évite le didactique, le schématique, l'obsession de la démonstration qui plombait Syriana et autres Good night, and good luck. Meirelles préfère s'intéresser aux êtres humains, à leurs sentiments, à leurs réactions face à un système implacable. Pourquoi les Américains sont incapables de faire ça actuellement ? Peut-être à cause de l'urgence de leur combat, cette urgence à dire - et non faire sentir - l'obsénité de leur pouvoir politique. Meirelles, lui, porte un oeil extérieur, et peut-être plus distant, sur les problèmes du monde anglo-saxon (puisque c'est de l'Angleterre qu'il s'agit ici, et non des États-Unis), et peut s'intéresser un peu plus aux relation humaines. Au passage, il réussit là où il avait échoué en parlant de son propre pays... comme les Américains, en somme !
Il est difficile de parler de l'intrigue sans trop en révéler, mais comme le suspens n'est finalement pas le ressort le plus important du film, allons-y gaiement. Au fond, c'est une histoire d'amour et de deuil. Justin, un fonctionnaire du Haut Commissariat britannique, est muté au Kenya. Pour sa jeune épouse, Tessa, c'est l'occasion de redoubler d'effort dans son combat passionné pour les droits de l'homme. Sans en parler à son mari, elle enquête sur une multinationale pharmaceutique qui teste des médicaments sur les habitants des bidonvilles... Justin, lui, a une vision plus résignée de la misère du monde, et son métier lui impose un certain devoir de réserve, ce qui l'éloigne toujours plus de sa femme. Mais quand Tessa est retrouvée sauvagement assassinée avec son ami médecin, il refuse de croire au crime passionnel, et décide d'enquêter sur le meurtre. Cette enquête va décupler chez lui une sorte d'amour post-mortem pour son épouse...
Passons sur l'excellente performance des acteurs. C'est surtout la réalisation qui est éclatante. Alors que la surexposition peut facilement pousser au cliché, elle sert ici à sublimer une vision de l'Afrique à la fois belle et terrible. Certains pourront se poser une question morale : peut-on esthétiser l'horreur ? Une question qui se posait également dans Le Cauchemar de Darwin, l'impressionnant documentaire qui fait maintenant l'objet d'une polémique. Eh bien, dans The Constant Gardener, le pari est réussi. Quand le clipesque Lord of War se vautrait dans le cliché et la pire caricature de l'Afrique, tout chez Meirelles n'est que délicatesse et poésie. D'une vue saisissante du bidonville kenyan à celle du désert soudanais, on est pris dans ce tourbillon, dans ce bouillonnement de vie, une vie qui a bien peu de valeur en ces lieux mais qui garde la beauté désespérée de l'éphémère. Le tout, relevé par une bande son de grande classe, notamment la musique, africaine ou pas. Je me suis senti plongé dans ce bouillonnement des villes africaines... et même s'il s'agit de l'autre bout du continent, j'ai eu l'impression de revivre certaines sensations de mon adolescence entre Yamoussoukro et Abidjan.
C'est vers la fin que le film se recentre sur le thriller politique. Certains trouvent que c'est la moins bonne partie ; personnellement, j'estime que Meirelles remplit très bien sa mission, pas loin d'égaler le maître absolu du cinéma américain et du film à dossier, Michael Mann. Et la conclusion du film est l'occasion de revenir sur cet amour que Justin éprouve pour son épouse décédée, sans tomber dans l'eau de rose, avec, encore une fois, un sens du poétique poignant et désespéré.

"Il a donné la plus belle image d'une Afrique pleine d'espoir"
Disparition d'un grand humaniste avec appareil photo
Un pionnier de la photographie en Afrique est mort. Le célèbre photographe malien Malick Sidibé, né en 1935 dans une famille peule à Soloba, petit village au cercle de Yanfolila (région de Sikasso dans le sud du Mali), s'est éteint à Bamako le 14 avril des suites d'un cancer. Il avait 80 ans. Ses photos tiennent l'euphorie d'une époque révolue : en 1957, trois ans avant l'indépendance de son pays, il est le seul reporter de Bamako à couvrir tous les événements, fêtes et surprises-parties. Cinq ans plus tard, le "Studio Malick" ouvre ses portes à Bagadadji, quartier central dans la capitale malienne. Malick Sidibé a photographié les nuits chaudes à Bamako, les fêtes et les joies où la jeunesse découvrait les danses modernes venues d'Europe et de Cuba, en s'habillant à la mode occidentale...
Dans son œuvre, Sidibé a immortalisé un Mali d'une époque plus joyeuse et insouciante, les années 1960, dans ses premières années après l'indépendance et avant le premier coup d'Etat en 1968, lorsque la jeunesse de Bamako (comme celle dans toutes les grandes villes africaines) était encore pleine d'optimisme et avait foi en un brillant avenir, une époque où le sentiment d'être déconnecté du reste du monde, n'était pas encore aussi répandu qu'il le fut plus tard. Bref, à travers les photos prises dans son studio au cours des années '50 et '60, il avait livré un travail remarquable sur "une période importante de l'histoire africaine, qui fut une étape d'émancipation, de bouleversements culturels, de fierté et d'espoir pour l'avenir", avait souligné le jury PhotoEspaña en lui attribuant son prix en 2009. Pas du tout le seul prix concédé à lui : l'œuvre de Malick Sidibé avait été récompensée de surcroît par le Lion d'Or à la Biennale de Venise, les prix Hasselblad, très prestigieux (il est le premier Africain à recevoir cette récompense), et du Centre International de la Photographie, New York.
Ce qui caractérise son travail de cette époque-là, ce sont ses photos de portrait : dans l'entourage privé, aux parties des jeunes gens épris de musique, dans le cercle d'amis où les photographiés prenaient des poses tout exprès. C'est prinicipalement la vie des gens simples qu'il a conservée, d'un regard des faits, presque affectueux et toujours plein de beauté...
Malick Sidibé, surnommé "l'œil de Bamako", est un des photographes maliens les plus connus à l'étranger, avec Seydou Keïta, considéré comme un des plus grands portraitistes de la seconde moitié du 20e siècle, premier artiste africain exposé seul au Grand Palais, à Paris, pour une rétrospective jusqu'en juillet.
"Malick Sidibé est un grand. Il a documenté la vie bamakoise, avec des photos qui ont une valeur incontournable", a rappelé Samuel Sidibé, directeur du Musée national de Bamako et délégué général de la Biennale africaine de la photographie, où l'artiste avait été mis en l'honneur dès la première édition de l'événement, en 1994...
Il y a quelques années déjà, Malick Sidibé a abandonné la photographie à cause de sa maladie. Pendant cinq années, il a lutté contre le cancer. Le jeudi passé, Sidibé est décédé à l'hôpital Gabriel Touré à Bamako... Paix à son âme !
Hery
www.gallery51.com/...9&fotograafid=47
www.artnet.com/artists/malick-sidibe/
owning-my-truth.com/...-sidib%C3%A9-b-19356
www.theguardian.com/...936-2016-in-pictures
Disparition d'un grand humaniste avec appareil photo
Un pionnier de la photographie en Afrique est mort. Le célèbre photographe malien Malick Sidibé, né en 1935 dans une famille peule à Soloba, petit village au cercle de Yanfolila (région de Sikasso dans le sud du Mali), s'est éteint à Bamako le 14 avril des suites d'un cancer. Il avait 80 ans. Ses photos tiennent l'euphorie d'une époque révolue : en 1957, trois ans avant l'indépendance de son pays, il est le seul reporter de Bamako à couvrir tous les événements, fêtes et surprises-parties. Cinq ans plus tard, le "Studio Malick" ouvre ses portes à Bagadadji, quartier central dans la capitale malienne. Malick Sidibé a photographié les nuits chaudes à Bamako, les fêtes et les joies où la jeunesse découvrait les danses modernes venues d'Europe et de Cuba, en s'habillant à la mode occidentale...
Dans son œuvre, Sidibé a immortalisé un Mali d'une époque plus joyeuse et insouciante, les années 1960, dans ses premières années après l'indépendance et avant le premier coup d'Etat en 1968, lorsque la jeunesse de Bamako (comme celle dans toutes les grandes villes africaines) était encore pleine d'optimisme et avait foi en un brillant avenir, une époque où le sentiment d'être déconnecté du reste du monde, n'était pas encore aussi répandu qu'il le fut plus tard. Bref, à travers les photos prises dans son studio au cours des années '50 et '60, il avait livré un travail remarquable sur "une période importante de l'histoire africaine, qui fut une étape d'émancipation, de bouleversements culturels, de fierté et d'espoir pour l'avenir", avait souligné le jury PhotoEspaña en lui attribuant son prix en 2009. Pas du tout le seul prix concédé à lui : l'œuvre de Malick Sidibé avait été récompensée de surcroît par le Lion d'Or à la Biennale de Venise, les prix Hasselblad, très prestigieux (il est le premier Africain à recevoir cette récompense), et du Centre International de la Photographie, New York.
Ce qui caractérise son travail de cette époque-là, ce sont ses photos de portrait : dans l'entourage privé, aux parties des jeunes gens épris de musique, dans le cercle d'amis où les photographiés prenaient des poses tout exprès. C'est prinicipalement la vie des gens simples qu'il a conservée, d'un regard des faits, presque affectueux et toujours plein de beauté...
Malick Sidibé, surnommé "l'œil de Bamako", est un des photographes maliens les plus connus à l'étranger, avec Seydou Keïta, considéré comme un des plus grands portraitistes de la seconde moitié du 20e siècle, premier artiste africain exposé seul au Grand Palais, à Paris, pour une rétrospective jusqu'en juillet.
"Malick Sidibé est un grand. Il a documenté la vie bamakoise, avec des photos qui ont une valeur incontournable", a rappelé Samuel Sidibé, directeur du Musée national de Bamako et délégué général de la Biennale africaine de la photographie, où l'artiste avait été mis en l'honneur dès la première édition de l'événement, en 1994...
Il y a quelques années déjà, Malick Sidibé a abandonné la photographie à cause de sa maladie. Pendant cinq années, il a lutté contre le cancer. Le jeudi passé, Sidibé est décédé à l'hôpital Gabriel Touré à Bamako... Paix à son âme !
Hery
www.gallery51.com/...9&fotograafid=47
www.artnet.com/artists/malick-sidibe/
owning-my-truth.com/...-sidib%C3%A9-b-19356
www.theguardian.com/...936-2016-in-pictures

Bonjour à tous,
Je recherche de nouveaux romans ayant un rapport avec la vie aux USA. Il y avait déjà quelques postes qui donnaient de nombreuses idées et je me suis permis de faire un résumé de ces postes pour avoir une liste bien visible pour ceux que ça intéresse...
Si vous connaissez d’autres romans je suis très intéressé, j’adore lire sur un pays avant de le visiter.
Bonne lecture !
Ouest :
Tales of the City (Chroniques de San Francisco en francais) de Armistead Maupin. (Aquilegia) Les livres d'Edward Abbey (Désert Solitaire, le Gang de la Clef à Molette et Un Fou Ordinaire...).(Vnoa) Colorado Saga (le titre original en anglais est Centennial) de James Michener. (Sedonax) The Adventures of Tom Sawyer et The Adventures of Huckleberry Finn, de Mark Twain.(Tokala) Far West de Meriwether Lewis.(Aquilegia) Les romans de Louis L'Amour. (Lisedenise) Sur la route" de Kerouac. (Boumbastic) La ruée vers l’or en Californie de Léon Lemonnier. (Cochize) Sacajawea, d'Anna Lee Waldo. (Nalesnik) Far West, volume 1 - Piste de l'ouest; volume 2 - le Grand Retour; de Lewis et Clark. (Aquilegia) Le Gang de la Clef à Molette d' Edward Abbey (sylvie66) Les livres de Jim Harrisson (Sarahn) Les livres de Nancy Houston (Sarahn) Motel blues de bill bryson (goave) Balades au paradis de sam shepard. (goave) Edward Abbey qui était ranger dans le parc des Arches à Moab "Désert solitaire". (krikri6792)
Recommandations de (Colorianne) : American Vertigo de Bernard Henri Levy Ishi, testament du dernier indien sauvage de l'Amerique du nord par Kroeber Theodora Porteurs de peaux, le voleur du temps et Là où dansent les morts de Tony Hillerman Enterre mon coeur à Wounded Knee par Dee Brown Des souris et des hommes de John Steinbeck Les livres de Jack London
New york:
24 heures avant la nuit" de David Benioff (Panisse) Livres de Paul Auster (anne75015) Livres de Jérôme Charyn (anne75015) "A Tree Grows in Brooklyn", de Betty Smith. (tagnon) "Butterfield 8" de John O'Hara.( tagnon)
Recommandations de (hery): Don DeLillo : Falling Man. Un must ! Roddy Doyle : Oh, Play that Thing ! (en allm. Jazztime) Henry Roth : Requiem pour Harlem Baldwin, James : Harlem Quartet Truman Capote : Petit-déjeuner chez Tiffany. Son adaptation cinématographique est culte ! Tout le monde la connaît ! Michael Cunningham : Speciman Days (en allm. Helle Tage) Jonathan Lethem : Forteresse de solitude Jonathan Lethem : Les Orphelins de Brooklyn. Lethem est une recommandation personnelle ! Jerome D. Salinger : L'Attrape-Cœurs. Livre culte ! Philip Roth : La bête qui meurt Siri Hustvedt : Tout ce que j’aimais. Un tuyau ! Michael Chabon : Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay Jonathan Franzen : Les Corrections E.L. Doctorow : Cité de Dieu Hubert Selby : Last Exit Brooklyn ! Bret Easton Ellis : Glamorama Isaac B. Singer : Shadows on the Hudson (en allm. Schatten über dem Hudson) Paul Auster : Trilogie newyorkaise Paul Auster : Brooklyn follies (en allm. Die Brooklyn-Revue). Grandiose ! Paul Auster : Oracle Night (en allm. Die Nacht des Orakels)
Je recherche de nouveaux romans ayant un rapport avec la vie aux USA. Il y avait déjà quelques postes qui donnaient de nombreuses idées et je me suis permis de faire un résumé de ces postes pour avoir une liste bien visible pour ceux que ça intéresse...
Si vous connaissez d’autres romans je suis très intéressé, j’adore lire sur un pays avant de le visiter.
Bonne lecture !
Ouest :
Tales of the City (Chroniques de San Francisco en francais) de Armistead Maupin. (Aquilegia) Les livres d'Edward Abbey (Désert Solitaire, le Gang de la Clef à Molette et Un Fou Ordinaire...).(Vnoa) Colorado Saga (le titre original en anglais est Centennial) de James Michener. (Sedonax) The Adventures of Tom Sawyer et The Adventures of Huckleberry Finn, de Mark Twain.(Tokala) Far West de Meriwether Lewis.(Aquilegia) Les romans de Louis L'Amour. (Lisedenise) Sur la route" de Kerouac. (Boumbastic) La ruée vers l’or en Californie de Léon Lemonnier. (Cochize) Sacajawea, d'Anna Lee Waldo. (Nalesnik) Far West, volume 1 - Piste de l'ouest; volume 2 - le Grand Retour; de Lewis et Clark. (Aquilegia) Le Gang de la Clef à Molette d' Edward Abbey (sylvie66) Les livres de Jim Harrisson (Sarahn) Les livres de Nancy Houston (Sarahn) Motel blues de bill bryson (goave) Balades au paradis de sam shepard. (goave) Edward Abbey qui était ranger dans le parc des Arches à Moab "Désert solitaire". (krikri6792)
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New york:
24 heures avant la nuit" de David Benioff (Panisse) Livres de Paul Auster (anne75015) Livres de Jérôme Charyn (anne75015) "A Tree Grows in Brooklyn", de Betty Smith. (tagnon) "Butterfield 8" de John O'Hara.( tagnon)
Recommandations de (hery): Don DeLillo : Falling Man. Un must ! Roddy Doyle : Oh, Play that Thing ! (en allm. Jazztime) Henry Roth : Requiem pour Harlem Baldwin, James : Harlem Quartet Truman Capote : Petit-déjeuner chez Tiffany. Son adaptation cinématographique est culte ! Tout le monde la connaît ! Michael Cunningham : Speciman Days (en allm. Helle Tage) Jonathan Lethem : Forteresse de solitude Jonathan Lethem : Les Orphelins de Brooklyn. Lethem est une recommandation personnelle ! Jerome D. Salinger : L'Attrape-Cœurs. Livre culte ! Philip Roth : La bête qui meurt Siri Hustvedt : Tout ce que j’aimais. Un tuyau ! Michael Chabon : Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay Jonathan Franzen : Les Corrections E.L. Doctorow : Cité de Dieu Hubert Selby : Last Exit Brooklyn ! Bret Easton Ellis : Glamorama Isaac B. Singer : Shadows on the Hudson (en allm. Schatten über dem Hudson) Paul Auster : Trilogie newyorkaise Paul Auster : Brooklyn follies (en allm. Die Brooklyn-Revue). Grandiose ! Paul Auster : Oracle Night (en allm. Die Nacht des Orakels)
Bonjour,
Je prépare une série documentaire où l'on découvrirait une ville en la sillonant avec un taxi, dont le chauffeur et les clients qui se succèderont toute la journée nous en feront apparaîre toutes les facettes. L'originalité est que je confronterai dans chaque épisode 2 villes, qui se ressemblent ou qui s'opposent, le principal étant qu'au bout du compte une certaine notion d'universalité ressorte de l'épisode. Il faudrait créer des ponts entre les 2 villes, sans qu'ils ne soient trop évident... En bref, que l'on soit surpris par cette mise en relation des 2 villes qui nous en fera alors découvrir d'autres facettes, au-delà des clichés que l'on pourrait avoir. Je fais appel à vous pour me faire parvenir vos idées. Quells villes souhaiteriez-vous voir mises en parallèle? Pourquoi? Quels liens pourrait-il exister entre elles, ...
Merci beaucoup pour votre aide,
Guillaume g_estivie@yahoo.fr
Je prépare une série documentaire où l'on découvrirait une ville en la sillonant avec un taxi, dont le chauffeur et les clients qui se succèderont toute la journée nous en feront apparaîre toutes les facettes. L'originalité est que je confronterai dans chaque épisode 2 villes, qui se ressemblent ou qui s'opposent, le principal étant qu'au bout du compte une certaine notion d'universalité ressorte de l'épisode. Il faudrait créer des ponts entre les 2 villes, sans qu'ils ne soient trop évident... En bref, que l'on soit surpris par cette mise en relation des 2 villes qui nous en fera alors découvrir d'autres facettes, au-delà des clichés que l'on pourrait avoir. Je fais appel à vous pour me faire parvenir vos idées. Quells villes souhaiteriez-vous voir mises en parallèle? Pourquoi? Quels liens pourrait-il exister entre elles, ...
Merci beaucoup pour votre aide,
Guillaume g_estivie@yahoo.fr
Décidemment toujours une excuse pour venir traîner sur Voyageforum .... 🏴☠️ et pour quelqu'un qui veut prendre du recul ..... 🤪😕😉, mais je ne résiste pas au plaisir de vous tenir au courant d'un bouquin, qui me fait particulièrement plaisir quant à son édition .......😇 qui vient de sortir sur Bangkok et sa vie nocturne, et ceux qui comme moi aiment particulièrement l'ambiance des nuits thailandaises dans la capitale auront de quoi se documenter, à moins que vous ne me demandiez des tuyaux ou m'accompagniez la prochaine fois dans mes sorties dans cette ville magique ouverte aux accrocs du noctambulisme ......
LIVRE - C’est beau Bangkok, la nuit !
Florence Compain et Cyril Payen, deux journalistes français basés en Thaïlande, viennent de publier un livre finement écrit. Entre nouvelles et reportage, Bangkok, la nuit entraîne le lecteur dans une enivrante déambulation nocturne dont on ressort grisé
C’est beau une ville la nuit ! Enfin, pas toujours quand il s’agit de Bangkok. Mais, le soir venu, la capitale thaïlandaise offre en tout cas un paysage absolument détonant. Cela n’a pas échappé aux regards de Florence Compain, correspondante du Figaro à Bangkok, et de Cyril Payen, reporter pour Le Nouvel Obs et RTL en Thaïlande. Les deux journalistes français viennent en effet de publier un magnifique livre intitulé : Bangkok, la nuit. Ecrit sous la forme de nouvelles, les reportages proposent une déambulation nocturne dans la mégalopole asiatique. On passe ainsi d’un bar chinois lors du coucher de soleil sur le Chao Phraya River à la folie des paris des courses folles de motos trafiquées, du concert furieux du mythique groupe Carabao, au combat du siècle de boxe thaï à Lumpini entre Nong Toom, le boxeur kathoey, et Anaconda, la fierté de l’Isan. Vibrante sarabande de mots On navigue du temple à Patpong, aux parcs sales et tranquilles du petit matin. On croise des prostituées filles, des garçons transformés en femmes, des vendeurs ambulants, un éléphant sur le bitume, des accidentés de la route, des moines, des handicapés... Tout est bruit, fureur, chaleur, odeurs ! C’est le Bangkok que l’on connaît ou celui que l’on imagine, décrit à quatre mains sous la délicate patte littéraire de Florence et Cyril. Fins connaisseurs de la ville dans laquelle ils résident depuis une dizaine d’années, les deux reporters entraînent le lecteur dans une vibrante sarabande de mots, d’images et de sons. Avec eux, les anecdotes et les détails foisonnent, et l’on peut enfin ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure mais qu’on ne voit pas dans la nuit de Bangkok. Source : Hervé HEYRAUD. (LPJ - Bangkok) 20 avril 2006
Bangkok, la nuit Editions Philippe Picquier, 224 pages. Se le procurer en France ? Chez l’éditeur – 18 euros http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=391&cid= Sur www.fnac.com – 15 euros Sur www.amazon.fr – 16, 50 euros
Bonne lecture et surtout bonne errance dans Bangkok by night ...... 😛
LIVRE - C’est beau Bangkok, la nuit !
Florence Compain et Cyril Payen, deux journalistes français basés en Thaïlande, viennent de publier un livre finement écrit. Entre nouvelles et reportage, Bangkok, la nuit entraîne le lecteur dans une enivrante déambulation nocturne dont on ressort grisé
C’est beau une ville la nuit ! Enfin, pas toujours quand il s’agit de Bangkok. Mais, le soir venu, la capitale thaïlandaise offre en tout cas un paysage absolument détonant. Cela n’a pas échappé aux regards de Florence Compain, correspondante du Figaro à Bangkok, et de Cyril Payen, reporter pour Le Nouvel Obs et RTL en Thaïlande. Les deux journalistes français viennent en effet de publier un magnifique livre intitulé : Bangkok, la nuit. Ecrit sous la forme de nouvelles, les reportages proposent une déambulation nocturne dans la mégalopole asiatique. On passe ainsi d’un bar chinois lors du coucher de soleil sur le Chao Phraya River à la folie des paris des courses folles de motos trafiquées, du concert furieux du mythique groupe Carabao, au combat du siècle de boxe thaï à Lumpini entre Nong Toom, le boxeur kathoey, et Anaconda, la fierté de l’Isan. Vibrante sarabande de mots On navigue du temple à Patpong, aux parcs sales et tranquilles du petit matin. On croise des prostituées filles, des garçons transformés en femmes, des vendeurs ambulants, un éléphant sur le bitume, des accidentés de la route, des moines, des handicapés... Tout est bruit, fureur, chaleur, odeurs ! C’est le Bangkok que l’on connaît ou celui que l’on imagine, décrit à quatre mains sous la délicate patte littéraire de Florence et Cyril. Fins connaisseurs de la ville dans laquelle ils résident depuis une dizaine d’années, les deux reporters entraînent le lecteur dans une vibrante sarabande de mots, d’images et de sons. Avec eux, les anecdotes et les détails foisonnent, et l’on peut enfin ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure mais qu’on ne voit pas dans la nuit de Bangkok. Source : Hervé HEYRAUD. (LPJ - Bangkok) 20 avril 2006
Bangkok, la nuit Editions Philippe Picquier, 224 pages. Se le procurer en France ? Chez l’éditeur – 18 euros http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=391&cid= Sur www.fnac.com – 15 euros Sur www.amazon.fr – 16, 50 euros
Bonne lecture et surtout bonne errance dans Bangkok by night ...... 😛
Bonjour,
Je crois qu'on a pas encore évoqué ce fim récent. Je viens de le voir, tout à l'heure.
Et je ne le regrette pas. C'est un bon film.
Je n'ai pas encore fait de recherches mais bp de scènes ont été tournées en extérieure, les paysages urbains et désertiques font authentiques.
J'ai eu peur du début de prestation de Matt Demon mais finalement on croit en son personnage.
Quant à l'histoire, qui dénonce les conivences CIA/grands groupes d'hydrocarbures US dans le Golfe persique et aux alentours, elle est tres crédible, même si certains aspects paraissent hyperbolés (assassinat d'un héritier au trone d'un émirat du golfe, via satellite et missile de croisière ; mais aussi côté idéalisé de cet héritier qui veut rendre ''l'independance'' à son pays et le developper en le modernisant).
Ce film, qui imbrique plusieurs histoires qui se recoupent logiquement et assez facilement, dénonce bien des aspects de la lutte pour le controle des gisements dans le monde, avec les accords secrets, la corruption, les trahisons, les manipulations nonbreuses...
Enfin, tous les noms de pays et de villes sont réels, celui de l'émirat en question n'étant pas cité. Je précise cela car je viens de voir Le Terminal avec son horrible Crakhovia ou une ineptie proche.
Vous, qu'en avez-vous pensé ?
Je crois qu'on a pas encore évoqué ce fim récent. Je viens de le voir, tout à l'heure.
Et je ne le regrette pas. C'est un bon film.
Je n'ai pas encore fait de recherches mais bp de scènes ont été tournées en extérieure, les paysages urbains et désertiques font authentiques.
J'ai eu peur du début de prestation de Matt Demon mais finalement on croit en son personnage.
Quant à l'histoire, qui dénonce les conivences CIA/grands groupes d'hydrocarbures US dans le Golfe persique et aux alentours, elle est tres crédible, même si certains aspects paraissent hyperbolés (assassinat d'un héritier au trone d'un émirat du golfe, via satellite et missile de croisière ; mais aussi côté idéalisé de cet héritier qui veut rendre ''l'independance'' à son pays et le developper en le modernisant).
Ce film, qui imbrique plusieurs histoires qui se recoupent logiquement et assez facilement, dénonce bien des aspects de la lutte pour le controle des gisements dans le monde, avec les accords secrets, la corruption, les trahisons, les manipulations nonbreuses...
Enfin, tous les noms de pays et de villes sont réels, celui de l'émirat en question n'étant pas cité. Je précise cela car je viens de voir Le Terminal avec son horrible Crakhovia ou une ineptie proche.
Vous, qu'en avez-vous pensé ?
"400 pages of verbal pyrotechnics and animal magic" — The Times
"Bulawayo leans into exaggeration and irony to tell hard truths. *Glory* is jam-packed with comedy and farce, poking fun at an autocratic regime while illustrating the absurdity and surreal nature of a police state." — The Guardian
The cruelty and savagery of Zimbabwe’s (and Africa’s in general) "powerful animals"
Zimbabwean author NoViolet Bulawayo has written a novel that illustrates better than any documentary the complexity of colonial legacy. In doing so, she revisits George Orwell’s Animal Farm. Her novel *Glory* is a political satire about Zimbabwe—and it’s brimming with humor.
For thirty years, Zimbabwe has been stagnating under Robert Mugabe’s presidency. Human rights violations, corruption, and international sanctions have kept the population mired in poverty and oppression, while the regime exploits the meager earnings of the economy. As the 2017 elections approach, a power struggle erupts over the succession of the very elderly Father of the Nation (Mugabe). On the streets, people hope for long-awaited reforms; the people feel their moment has come.
And indeed, the army ousts Mugabe and his wife—"with her Gucci heels" (p.32)—who was positioning herself for the presidency. Hopes are dashed, however. The generals install former vice-president Emmerson Mnangagwa in power; the regime merely changes faces, but the problems remain the same.
In the novel, the country is called "Jidada, with a -da and another -da" (p.1); there’s no mistaking that this fictional state is Zimbabwe.
For *Glory*, her second novel, NoViolet Bulawayo invents a whole series of codes whose strength lies precisely in how easy they are to decipher. Like George Orwell’s Animal Farm, the characters populating Bulawayo’s universe aren’t humans but horses, goats, or crocodiles with all-too-human traits. Mugabe and Mnangagwa are horses, the spiritual leader is a pig, the soldiers are all bloodthirsty dogs, while the populace consists of goats, chickens, donkeys, and cats. The shift to the animal world serves only to better grasp the laws of despotism—and to ridicule real-life models. On one hand, the animals are humanized: they tweet, torture, travel in private jets. On the other, their greed, stupidity, and brutality stem from their animal nature.
It’s the old trick of fable: dressing men in animal disguises to make them easier to recognize. That’s how Orwell, in Animal Farm, traced how the promise of liberation from the Russian Revolution turned into Stalinist terror. In his 1945 fable, George Orwell describes how the animals of a farm drive out their farmer to organize the exploitation themselves, collectively. For a time, they truly taste freedom, but a clique of pigs ends up taking control. The central figures of the Soviet story—Stalin, Trotsky, Molotov—were easily recognizable.
Yet Bulawayo departs sharply from Orwell. She’s less concerned with precision and the force of argument than with satirical exaggeration. The deposed president is a senile old man who believes he can control even the sun’s course. The new stallion in power is a greedy debaucher. His soldiers sniff respectfully at his tail and backside.
In Bulawayo’s *Glory*, things are more complicated, but her novel also tells of a failed, incomplete liberation. In the author’s Animal Farm, Jidada, the colonial exploiters are followed by new forms of oppression. Because the former liberators become tyrants themselves. And because global power dynamics persist in neocolonial structures.
Wouldn’t that be enough to fuel a deeply depressing narrative? No—Bulawayo turns it into a blazing satire, full of wit and uncompromising criticism of power, a thread running through contemporary (not just) Zimbabwean history. The old warhorses in NoViolet Bulawayo’s Jidada, who continue to act as pack leaders, are easily recognizable as caricatures of the longtime dictator Robert Mugabe and his successor, current president Emmerson Mnangagwa.
The plot kicks off in high gear with independence day festivities. From the crack of dawn, everyone waits on Jidada Square for the Old Horse, the Father of the Nation and former liberator, whose reign "was nearing all of—not one, not two, not three, but four solid decades" (p.1). Everywhere, the colors of the Jidada Party shine; everywhere, true supporters cheer. Even the scorching sun plays its part: "At this point the sun, upon seeing arrive the leader who was decreed by God himself to rule and rule and keep ruling, a leader who'd in turn decreed the very sun to head his cheerleading squad, took a deep, deep breath and thoroughly blazed to impress" (p.2).
Finally, the Old Horse’s luxury carriage approaches "with the slowness of a hearse" (p.2), and "hoping to catch a glimpse of the legendary Father of the Nation," which causes "the animals fell over themselves like intoxicated frogs" (p.2). The sovereign’s speech is delayed a moment longer: "what I really want is a nap," groans the Old Horse as he takes his seat with such care "like his backside was made of expensive porcelain" (p.6).
Meanwhile, Bulawayo parades his entourage: the president’s wife (who earns her doctorate at Jidada University faster than "you could say diss, for dissertation. Tholukuthi it was as easy as ordering from a KFC drive-through, or perhaps even easier being that it was cheaper than KFC; it in fact cost her nothing and the degree actually came with a zero-calorie Diet Coke and a purple straw" (p.41), and she’s now known as Dr Sweet Mother. The cabinet includes "the Minister of the Revolution, the Minister of Corruption, the Minister of Order, the Minister of Things, the Minister of Nothing, the Minister of Propaganda, the Minister of Homophobic Affairs, the Minister of Disinformation and the Minister of Looting" (p.9). And of course the vice-president, who will soon become interim president when the Old Horse finally kicks the bucket—and then settle in as the new long-term president, who in the novel is called Tuvius Delight Shasha, or "Tuvy" for short (p.253), none other than Emmerson Mnangagwa. It’s him Bulawayo reserves her most merciless character description for.
"New Dispensation" (p.109) is Tuvy’s slogan for Jidada, and he loves repeating it so much he even named his parrot after it ("So inspired was Tuvy by the realisation that he rechristened his new pet parrot with the name New Dispensation—tholukuthi the bird having been acquired explicitly for the purposes of tweeting eulogies and accordingly glorifying the Saviour throughout the airs and skies of the nation. Tuvy then went on to hire a lecturer in English from the University of Jidada to teach New Dispensation to say the phrase 'New Dispensation'" p.110). But Tuvy’s Zimbabwe remains a nation without free, fair, and credible elections ("#freefairncredibleelection" p.161), and the promised equal treatment applies only insofar as Zimbabweans now queue up without discrimination in endless lines—and everyone is as poor as the next in the "queuenation" (p.283). Except for the powerful. They can "yes, tholukuthi, her immeasurable riches theirs to take. And take they did—
just take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take" (p.249-250).
In short: Bulawayo brilliantly depicts how former independence fighters become exploiters themselves. And how the country threatens to suffocate under the weight of corruption and repression. But she also literally stages the polyphony with which the people oppose imposed obedience to the official line.
Controversial online discussions keep interrupting the narrative—dialogues and social threads (see photo below) that Bulawayo masterfully integrates. From a literary standpoint, it’s a brilliant idea. And it shows, above all, that the author’s sympathy—so likeable—goes to all those who refuse to let their dream of true freedom be stolen, not even by the corrupt elites of their own country.
In the book’s acknowledgments, the first tribute goes to "The Jidadas of the world, clamouring for freedom on many fronts—A luta continua." (p.401) This reflects the realization that, not only in Jidada-Zimbabwe but in many other corners of the world, the end of colonial domination is still far from meaning the freedom hoped for by the vast majority of people. But it also means, more broadly, that this freedom must be won "on many fronts" (see above), both domestically and geopolitically.
That’s precisely what *Glory* so vividly highlights: how complex the project behind the term "postcolonialism" really is. With *Glory*, Bulawayo also delivers a scathing critique of the persistence of colonial mindsets in the West.
In the novel, the murder of George Floyd, racist police violence, and white-supremacist ideology in Trump’s United States perfectly illustrate the persistence of racism. It’s especially in the final chapters that Bulawayo lets Jidada’s inhabitants explicitly and unflinchingly criticize a neocolonial world order:
"It was not lost on us how the West, which loved to 'save' Africa and announce every action to the whole world, did so with one limb while manipulating, looting and fleecing us with the rest of its limbs so that more money in fact poured out of the continent than trickled in." (p.376)
"It was no mistake that multinational corporations yearly reaped and shipped colossal profits from Africa back to their countries as had been the case during colonial times. Even the sticks and stones would tell you that the African earth at any given time howled and shook and heaved from the extraction of its precious minerals that rarely benefited its own miserable children." (p.376)
"(...) we vowed to wage yet another war for Africa's second Liberation from neocolonial oppression. From exploitation. From plunder. From Western dominion. From indignity. From Abuse. We wanted real freedom. We wanted greedy, thieving paws off our wealth. We wanted Justice. We wanted a new world; we wanted a brand-new world so much we didn't sleep a wink that night." (p.377)
The Jidadas of this world must fight two enemies: Western neocolonialism and the autocratic instrumentalization of that argument; the persistence of Western racism and the populist appropriation of that humiliation by tyrants from their own ranks. Neither of these obstacles to freedom diminishes the historical and current guilt of the other. But the path to postcolonial liberation must overcome all these forms of oppression. After all, the colonizers didn’t bequeath democracies to formerly dominated nations, but instability and the principles of oppression and exploitation—which the so-called liberators have also internalized. Yet the fact that a satirical novel can capture the complexity of historical relationships while remaining, despite all the darkness of the subject, hilarious—well, that’s truly astonishing.
Finally, *Glory* ties into a major trauma in Zimbabwe’s post-independence history: the so-called Gukurahundi massacres. Between 1983 and 1987, tens of thousands of civilians were murdered by Mugabe’s bloody henchmen, most of them Ndebele. The State Security Minister and head of secret services at the time? You guessed it—Emmerson Mnangagwa.
When *Glory* turns to the massacres, the novel’s tone shifts completely. The story is now told through the narrative of the goat called Destiny, who, like NoViolet Bulawayo herself, left her home country at 18 for the United States and only returned after 13 years. In the book, the city of Bulawayo becomes a village where Destiny retraces her family’s history—and learns that part of it was also brutally murdered during the massacres.
The abuse of power and life under a dictatorship, dispossession, and a fiercely proud awareness of the psychological wounds and emotional vulnerability of a uprooted and disenfranchised people who had to forge a new language—a new set of names—to express their lived experiences are at the heart of this wonderful Zimbabwean author’s literary work, NoViolet Bulawayo. Shortly after her studies, she was already writing short stories about postcolonial power dynamics in Africa. But her playful, masterful, and often unconventional approach to language also plays a key role in her work. With virtuosity, she shifts from cynical images of power-obsessed elites to compassionate descriptions of the people’s suffering, ending with a hopeful sermon on courage—the courage to break free from fear and thus gain the strength for change ("And every one of them understood that whatever they heard within those hearts was the new national anthem, tholukuthi an anthem that spoke of the kind of glory that burns eternal and glows with living light." p.400). This novel is a genuine pleasure to read. And it’s exceptional. Good, African...
Book info (original English and German translation):
NoViolet Bulawayo. Glory. Chatto & Windus, 2022. NoViolet Bulawayo. Glory. Suhrkamp, 2023.
Hery
The books (in English, in German)
Author NoViolet Bulawayo, Zimbabwe
Threads (p.164-165)
"Bulawayo leans into exaggeration and irony to tell hard truths. *Glory* is jam-packed with comedy and farce, poking fun at an autocratic regime while illustrating the absurdity and surreal nature of a police state." — The Guardian
The cruelty and savagery of Zimbabwe’s (and Africa’s in general) "powerful animals"
Zimbabwean author NoViolet Bulawayo has written a novel that illustrates better than any documentary the complexity of colonial legacy. In doing so, she revisits George Orwell’s Animal Farm. Her novel *Glory* is a political satire about Zimbabwe—and it’s brimming with humor.
For thirty years, Zimbabwe has been stagnating under Robert Mugabe’s presidency. Human rights violations, corruption, and international sanctions have kept the population mired in poverty and oppression, while the regime exploits the meager earnings of the economy. As the 2017 elections approach, a power struggle erupts over the succession of the very elderly Father of the Nation (Mugabe). On the streets, people hope for long-awaited reforms; the people feel their moment has come.
And indeed, the army ousts Mugabe and his wife—"with her Gucci heels" (p.32)—who was positioning herself for the presidency. Hopes are dashed, however. The generals install former vice-president Emmerson Mnangagwa in power; the regime merely changes faces, but the problems remain the same.
In the novel, the country is called "Jidada, with a -da and another -da" (p.1); there’s no mistaking that this fictional state is Zimbabwe.
For *Glory*, her second novel, NoViolet Bulawayo invents a whole series of codes whose strength lies precisely in how easy they are to decipher. Like George Orwell’s Animal Farm, the characters populating Bulawayo’s universe aren’t humans but horses, goats, or crocodiles with all-too-human traits. Mugabe and Mnangagwa are horses, the spiritual leader is a pig, the soldiers are all bloodthirsty dogs, while the populace consists of goats, chickens, donkeys, and cats. The shift to the animal world serves only to better grasp the laws of despotism—and to ridicule real-life models. On one hand, the animals are humanized: they tweet, torture, travel in private jets. On the other, their greed, stupidity, and brutality stem from their animal nature.
It’s the old trick of fable: dressing men in animal disguises to make them easier to recognize. That’s how Orwell, in Animal Farm, traced how the promise of liberation from the Russian Revolution turned into Stalinist terror. In his 1945 fable, George Orwell describes how the animals of a farm drive out their farmer to organize the exploitation themselves, collectively. For a time, they truly taste freedom, but a clique of pigs ends up taking control. The central figures of the Soviet story—Stalin, Trotsky, Molotov—were easily recognizable.
Yet Bulawayo departs sharply from Orwell. She’s less concerned with precision and the force of argument than with satirical exaggeration. The deposed president is a senile old man who believes he can control even the sun’s course. The new stallion in power is a greedy debaucher. His soldiers sniff respectfully at his tail and backside.
In Bulawayo’s *Glory*, things are more complicated, but her novel also tells of a failed, incomplete liberation. In the author’s Animal Farm, Jidada, the colonial exploiters are followed by new forms of oppression. Because the former liberators become tyrants themselves. And because global power dynamics persist in neocolonial structures.
Wouldn’t that be enough to fuel a deeply depressing narrative? No—Bulawayo turns it into a blazing satire, full of wit and uncompromising criticism of power, a thread running through contemporary (not just) Zimbabwean history. The old warhorses in NoViolet Bulawayo’s Jidada, who continue to act as pack leaders, are easily recognizable as caricatures of the longtime dictator Robert Mugabe and his successor, current president Emmerson Mnangagwa.
The plot kicks off in high gear with independence day festivities. From the crack of dawn, everyone waits on Jidada Square for the Old Horse, the Father of the Nation and former liberator, whose reign "was nearing all of—not one, not two, not three, but four solid decades" (p.1). Everywhere, the colors of the Jidada Party shine; everywhere, true supporters cheer. Even the scorching sun plays its part: "At this point the sun, upon seeing arrive the leader who was decreed by God himself to rule and rule and keep ruling, a leader who'd in turn decreed the very sun to head his cheerleading squad, took a deep, deep breath and thoroughly blazed to impress" (p.2).
Finally, the Old Horse’s luxury carriage approaches "with the slowness of a hearse" (p.2), and "hoping to catch a glimpse of the legendary Father of the Nation," which causes "the animals fell over themselves like intoxicated frogs" (p.2). The sovereign’s speech is delayed a moment longer: "what I really want is a nap," groans the Old Horse as he takes his seat with such care "like his backside was made of expensive porcelain" (p.6).
Meanwhile, Bulawayo parades his entourage: the president’s wife (who earns her doctorate at Jidada University faster than "you could say diss, for dissertation. Tholukuthi it was as easy as ordering from a KFC drive-through, or perhaps even easier being that it was cheaper than KFC; it in fact cost her nothing and the degree actually came with a zero-calorie Diet Coke and a purple straw" (p.41), and she’s now known as Dr Sweet Mother. The cabinet includes "the Minister of the Revolution, the Minister of Corruption, the Minister of Order, the Minister of Things, the Minister of Nothing, the Minister of Propaganda, the Minister of Homophobic Affairs, the Minister of Disinformation and the Minister of Looting" (p.9). And of course the vice-president, who will soon become interim president when the Old Horse finally kicks the bucket—and then settle in as the new long-term president, who in the novel is called Tuvius Delight Shasha, or "Tuvy" for short (p.253), none other than Emmerson Mnangagwa. It’s him Bulawayo reserves her most merciless character description for.
"New Dispensation" (p.109) is Tuvy’s slogan for Jidada, and he loves repeating it so much he even named his parrot after it ("So inspired was Tuvy by the realisation that he rechristened his new pet parrot with the name New Dispensation—tholukuthi the bird having been acquired explicitly for the purposes of tweeting eulogies and accordingly glorifying the Saviour throughout the airs and skies of the nation. Tuvy then went on to hire a lecturer in English from the University of Jidada to teach New Dispensation to say the phrase 'New Dispensation'" p.110). But Tuvy’s Zimbabwe remains a nation without free, fair, and credible elections ("#freefairncredibleelection" p.161), and the promised equal treatment applies only insofar as Zimbabweans now queue up without discrimination in endless lines—and everyone is as poor as the next in the "queuenation" (p.283). Except for the powerful. They can "yes, tholukuthi, her immeasurable riches theirs to take. And take they did—
just take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take—take" (p.249-250).
In short: Bulawayo brilliantly depicts how former independence fighters become exploiters themselves. And how the country threatens to suffocate under the weight of corruption and repression. But she also literally stages the polyphony with which the people oppose imposed obedience to the official line.
Controversial online discussions keep interrupting the narrative—dialogues and social threads (see photo below) that Bulawayo masterfully integrates. From a literary standpoint, it’s a brilliant idea. And it shows, above all, that the author’s sympathy—so likeable—goes to all those who refuse to let their dream of true freedom be stolen, not even by the corrupt elites of their own country.
In the book’s acknowledgments, the first tribute goes to "The Jidadas of the world, clamouring for freedom on many fronts—A luta continua." (p.401) This reflects the realization that, not only in Jidada-Zimbabwe but in many other corners of the world, the end of colonial domination is still far from meaning the freedom hoped for by the vast majority of people. But it also means, more broadly, that this freedom must be won "on many fronts" (see above), both domestically and geopolitically.
That’s precisely what *Glory* so vividly highlights: how complex the project behind the term "postcolonialism" really is. With *Glory*, Bulawayo also delivers a scathing critique of the persistence of colonial mindsets in the West.
In the novel, the murder of George Floyd, racist police violence, and white-supremacist ideology in Trump’s United States perfectly illustrate the persistence of racism. It’s especially in the final chapters that Bulawayo lets Jidada’s inhabitants explicitly and unflinchingly criticize a neocolonial world order:
"It was not lost on us how the West, which loved to 'save' Africa and announce every action to the whole world, did so with one limb while manipulating, looting and fleecing us with the rest of its limbs so that more money in fact poured out of the continent than trickled in." (p.376)
"It was no mistake that multinational corporations yearly reaped and shipped colossal profits from Africa back to their countries as had been the case during colonial times. Even the sticks and stones would tell you that the African earth at any given time howled and shook and heaved from the extraction of its precious minerals that rarely benefited its own miserable children." (p.376)
"(...) we vowed to wage yet another war for Africa's second Liberation from neocolonial oppression. From exploitation. From plunder. From Western dominion. From indignity. From Abuse. We wanted real freedom. We wanted greedy, thieving paws off our wealth. We wanted Justice. We wanted a new world; we wanted a brand-new world so much we didn't sleep a wink that night." (p.377)
The Jidadas of this world must fight two enemies: Western neocolonialism and the autocratic instrumentalization of that argument; the persistence of Western racism and the populist appropriation of that humiliation by tyrants from their own ranks. Neither of these obstacles to freedom diminishes the historical and current guilt of the other. But the path to postcolonial liberation must overcome all these forms of oppression. After all, the colonizers didn’t bequeath democracies to formerly dominated nations, but instability and the principles of oppression and exploitation—which the so-called liberators have also internalized. Yet the fact that a satirical novel can capture the complexity of historical relationships while remaining, despite all the darkness of the subject, hilarious—well, that’s truly astonishing.
Finally, *Glory* ties into a major trauma in Zimbabwe’s post-independence history: the so-called Gukurahundi massacres. Between 1983 and 1987, tens of thousands of civilians were murdered by Mugabe’s bloody henchmen, most of them Ndebele. The State Security Minister and head of secret services at the time? You guessed it—Emmerson Mnangagwa.
When *Glory* turns to the massacres, the novel’s tone shifts completely. The story is now told through the narrative of the goat called Destiny, who, like NoViolet Bulawayo herself, left her home country at 18 for the United States and only returned after 13 years. In the book, the city of Bulawayo becomes a village where Destiny retraces her family’s history—and learns that part of it was also brutally murdered during the massacres.
The abuse of power and life under a dictatorship, dispossession, and a fiercely proud awareness of the psychological wounds and emotional vulnerability of a uprooted and disenfranchised people who had to forge a new language—a new set of names—to express their lived experiences are at the heart of this wonderful Zimbabwean author’s literary work, NoViolet Bulawayo. Shortly after her studies, she was already writing short stories about postcolonial power dynamics in Africa. But her playful, masterful, and often unconventional approach to language also plays a key role in her work. With virtuosity, she shifts from cynical images of power-obsessed elites to compassionate descriptions of the people’s suffering, ending with a hopeful sermon on courage—the courage to break free from fear and thus gain the strength for change ("And every one of them understood that whatever they heard within those hearts was the new national anthem, tholukuthi an anthem that spoke of the kind of glory that burns eternal and glows with living light." p.400). This novel is a genuine pleasure to read. And it’s exceptional. Good, African...
Book info (original English and German translation):
NoViolet Bulawayo. Glory. Chatto & Windus, 2022. NoViolet Bulawayo. Glory. Suhrkamp, 2023.
Hery
The books (in English, in German)
Author NoViolet Bulawayo, Zimbabwe
Threads (p.164-165)Bonsoir
Pour les amateurs, jeudi 29 juin à 20h50 sur France 5, un documentaire d'Antoine de Maximy sur la Thailande.
Pour les amateurs, jeudi 29 juin à 20h50 sur France 5, un documentaire d'Antoine de Maximy sur la Thailande.
Qu'est-ce que la liberté ? La question est en filigrane tout au long de ce beau portrait de femme...
Barbara, médecin pédiatre, empathique... douce et énigmatique, obligée à un exil intérieur dans l'Allemagne de l'est des années 80 qu'elle veut quitter coûte que coûte...
Le film commence avec son arrivée résignée dans un hôpital vétuste d'une petite ville au bord de la Baltique... et s'achève avec son retour, volontaire, dans ce même endroit. L'histoire suit des vies fragiles, cabossées dans les décors un peu glauques, un peu vieillots de cette époque, où même les salauds ont des fêlures.
Une actrice magnifique incarne Barbara. Méfiante, révoltée, toujours digne malgré la surveillance intrusive, hostile, humiliante dont elle fait l'objet. L'objectif est de passer à l'ouest avec l'aide d'un amant dont on la devine très amoureuse.... Dure et butée, elle ne baisse la garde que devant les adolescents détruits dont elle a la charge.
Petit à petit, une étrange relation se construit avec un de ses collègues, médecin dont on ne sait au début s'il est chargé de l'apprivoiser pour mieux la surveiller, ou s'il est réellement troublé. Ce trouble fait doucement son chemin en elle. Elle observe ce qu'il suscite, ce qu'il transforme, ce qu'il fait naitre, ce qu'il renforce. Et de quoi il la détourne, imperceptiblement...
L'histoire bascule lorsque son amant de l'ouest, qu'elle arrive à rencontrer clandestinement, lui dit : "lorsque tu seras de l'autre côté tu n'auras plus besoin de travailler, j'ai assez d'argent pour cela." Est-ce ce dont elle a envie ? Minuscule faille dans laquelle le doute se glisse, s'accroche, s'enracine...
Le jour arrive où toutes les conditions du départ sont réunies : argent, passeur, nuit propice et mer démontée. Que va t'elle décider ?
Qu'est-ce que la liberté... Aller et venir à sa guise dans un pays libre, ou être fidèle à soi-même dans un pays contraint ?
...
Barbara, médecin pédiatre, empathique... douce et énigmatique, obligée à un exil intérieur dans l'Allemagne de l'est des années 80 qu'elle veut quitter coûte que coûte...
Le film commence avec son arrivée résignée dans un hôpital vétuste d'une petite ville au bord de la Baltique... et s'achève avec son retour, volontaire, dans ce même endroit. L'histoire suit des vies fragiles, cabossées dans les décors un peu glauques, un peu vieillots de cette époque, où même les salauds ont des fêlures.
Une actrice magnifique incarne Barbara. Méfiante, révoltée, toujours digne malgré la surveillance intrusive, hostile, humiliante dont elle fait l'objet. L'objectif est de passer à l'ouest avec l'aide d'un amant dont on la devine très amoureuse.... Dure et butée, elle ne baisse la garde que devant les adolescents détruits dont elle a la charge.
Petit à petit, une étrange relation se construit avec un de ses collègues, médecin dont on ne sait au début s'il est chargé de l'apprivoiser pour mieux la surveiller, ou s'il est réellement troublé. Ce trouble fait doucement son chemin en elle. Elle observe ce qu'il suscite, ce qu'il transforme, ce qu'il fait naitre, ce qu'il renforce. Et de quoi il la détourne, imperceptiblement...
L'histoire bascule lorsque son amant de l'ouest, qu'elle arrive à rencontrer clandestinement, lui dit : "lorsque tu seras de l'autre côté tu n'auras plus besoin de travailler, j'ai assez d'argent pour cela." Est-ce ce dont elle a envie ? Minuscule faille dans laquelle le doute se glisse, s'accroche, s'enracine...
Le jour arrive où toutes les conditions du départ sont réunies : argent, passeur, nuit propice et mer démontée. Que va t'elle décider ?
Qu'est-ce que la liberté... Aller et venir à sa guise dans un pays libre, ou être fidèle à soi-même dans un pays contraint ?
...

je sors perplexe de la projection du très attendu (ou très décrié, au choix) dernier né d'apichatpong weerasethakul : oncle boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. palme d'or à cannes cette année, à vrai dire à la surprise générale, aussi bien du côté des critiques que des "simples" spectateurs, cet oncle semblait diviser tant par son fond (y en a-t-il seulement un ?) que par sa forme.
d'ordinaire, le cinéma asiatique m'émeut plutôt (et ce bien qu'il soit difficile de comparer des films aussi disparates que yi-yi, in the mood for love, john john, memories of murder, millenium mambo, l'odeur de la papaye verte ou les gens de la rizière) par sa finesse, son acuité, sa lumière etc., mais là, les bras m'en tombent.
à part deux ou trois scènes effectivement jolies, comme celle du repas où apparaît le fantôme de la femme de boonmee, ou celles montrant ces singes bizarres aux yeux rouges, j'ai trouvé (très personnellement) qu'il n'y avait rien, ou presque, à retirer de ce film. je me suis complètement laissée tromper par la bande-annonce, autrement plus rythmée et poétique que le film qu'elle résume, et quand on pense que tim burton y a vu "un rêve étrange et beau", j'en suis à me demander s'il n'avait pas pris des champis à l'oeil avec gaspar noé avant la projection presse. oui, "soudain le vide". c'est à peu près ce que j'ai ressenti.
pour ceux qui l'ont vu, qu'en avez-vous pensé ? en lisant les réactions des spectateurs sur internet (soit outrées, soit positivement extatiques face à ce chef-d'oeuvre), j'en viens à me dire que je n'ai décidément rien compris au cinéma (en général) si je ne suis pas parvenue à apprécier toute la magie contenue dans cet oncle boonmee. sans doute devais-je être une mouche dans une vie antérieure... 😕
d'ordinaire, le cinéma asiatique m'émeut plutôt (et ce bien qu'il soit difficile de comparer des films aussi disparates que yi-yi, in the mood for love, john john, memories of murder, millenium mambo, l'odeur de la papaye verte ou les gens de la rizière) par sa finesse, son acuité, sa lumière etc., mais là, les bras m'en tombent.
à part deux ou trois scènes effectivement jolies, comme celle du repas où apparaît le fantôme de la femme de boonmee, ou celles montrant ces singes bizarres aux yeux rouges, j'ai trouvé (très personnellement) qu'il n'y avait rien, ou presque, à retirer de ce film. je me suis complètement laissée tromper par la bande-annonce, autrement plus rythmée et poétique que le film qu'elle résume, et quand on pense que tim burton y a vu "un rêve étrange et beau", j'en suis à me demander s'il n'avait pas pris des champis à l'oeil avec gaspar noé avant la projection presse. oui, "soudain le vide". c'est à peu près ce que j'ai ressenti.
pour ceux qui l'ont vu, qu'en avez-vous pensé ? en lisant les réactions des spectateurs sur internet (soit outrées, soit positivement extatiques face à ce chef-d'oeuvre), j'en viens à me dire que je n'ai décidément rien compris au cinéma (en général) si je ne suis pas parvenue à apprécier toute la magie contenue dans cet oncle boonmee. sans doute devais-je être une mouche dans une vie antérieure... 😕
Voici un cinéaste philippin à suivre : Brillante MENDOZA
Vient de sortir "LOLA", le road movie de deux grand-mères pour enterrer leurs petits-fils respectifs, sans moyens financiers. Un état de la société philippine dans ses aspects les plus noirs mais aussi solidaires.
A voir aussi 2 films plus anciens :
- "JOHN JOHN" sur la problématique de l'adoption par de riches étrangers qui privilégie, malgré la pauvreté, la prise en charge sur place par des familles aimantes - "LE MASSEUR" sur la prostitution masculine, faire commerce de ses charmes comme seule alternative pour s'en sortir
Vient de sortir "LOLA", le road movie de deux grand-mères pour enterrer leurs petits-fils respectifs, sans moyens financiers. Un état de la société philippine dans ses aspects les plus noirs mais aussi solidaires.
A voir aussi 2 films plus anciens :
- "JOHN JOHN" sur la problématique de l'adoption par de riches étrangers qui privilégie, malgré la pauvreté, la prise en charge sur place par des familles aimantes - "LE MASSEUR" sur la prostitution masculine, faire commerce de ses charmes comme seule alternative pour s'en sortir
Le livre n'est pas encore traduit en français, mais il le sera.
Aura-t-il le même titre, A un chevreuil ressemble mon amour ?
Prélude : trois voix juvéniles en proie à la fièvre dans un hôpital clos, sombre, désert. Orah, Avram et Ilan. Israël pendant la guerre des six jours.
Orah devait partir avec son fils Ofer en randonnée dans les montagnes de Galilée, les sacs étaient prêts, l'itinéraire tracé, mais Ofer a au dernier moment décidé de se porter volontaire pour une opération militaire en Cisjordanie. Elle l'accompagne, rentre chez eux, cuisine frénétiquement des quantités énormes de tous les plats préférés de son fils, jette tout, appelle son chauffeur de taxi attitré, y charge les deux sacs à dos, passe à Tel Aviv chez cette épave humaine d'Avram, le porte jusqu'au taxi et se fait conduire jusqu'au nord du pays. Pendant tout le livre, ils vont marcher, trébucher, et parler, se parler et parfois s'entendre, de mieux en mieux.
Peu avant la parution de l'ouvrage en Italie, Fabio Fazio avait interviewé David Grossman et lui avait demandé : "La fuite est-elle vraiment la seule façon de survivre en Israël ?" L'auteur avait souri (ce sourire de Grossman...), puis "non". Non. Parce que ce n'est pas une fuite. C'est d'une part une idée un peu folle : tant qu'elle marchera, tant qu'elle racontera Ofer, tant qu'ils parleront d'Ofer, il ne lui arrivera rien. C'est d'autre part le refus de se soumettre à l'engrenage bien huilé de l'armée israélienne : un mort, un coup de sonnette, les officiers et le psychologue récitant leur texte de circonstances appris par coeur et consignant un cadavre aux proches ; s'ils le tuent, il est à eux, qu'ils se débrouillent.
J'entendais récemment que lorsque la matière rencontre l'anti-matière il se produit un fantastique dégagement d'énergie. Il me semble qu'à l'échelle humaine lorsque la douleur et l'angoisse rencontrent la douceur et la tendresse, l'énergie dégagée est équivalente. Et dans cet exercice, Grossman est un génie.
Catherine
Aura-t-il le même titre, A un chevreuil ressemble mon amour ?
Prélude : trois voix juvéniles en proie à la fièvre dans un hôpital clos, sombre, désert. Orah, Avram et Ilan. Israël pendant la guerre des six jours.
Orah devait partir avec son fils Ofer en randonnée dans les montagnes de Galilée, les sacs étaient prêts, l'itinéraire tracé, mais Ofer a au dernier moment décidé de se porter volontaire pour une opération militaire en Cisjordanie. Elle l'accompagne, rentre chez eux, cuisine frénétiquement des quantités énormes de tous les plats préférés de son fils, jette tout, appelle son chauffeur de taxi attitré, y charge les deux sacs à dos, passe à Tel Aviv chez cette épave humaine d'Avram, le porte jusqu'au taxi et se fait conduire jusqu'au nord du pays. Pendant tout le livre, ils vont marcher, trébucher, et parler, se parler et parfois s'entendre, de mieux en mieux.
Peu avant la parution de l'ouvrage en Italie, Fabio Fazio avait interviewé David Grossman et lui avait demandé : "La fuite est-elle vraiment la seule façon de survivre en Israël ?" L'auteur avait souri (ce sourire de Grossman...), puis "non". Non. Parce que ce n'est pas une fuite. C'est d'une part une idée un peu folle : tant qu'elle marchera, tant qu'elle racontera Ofer, tant qu'ils parleront d'Ofer, il ne lui arrivera rien. C'est d'autre part le refus de se soumettre à l'engrenage bien huilé de l'armée israélienne : un mort, un coup de sonnette, les officiers et le psychologue récitant leur texte de circonstances appris par coeur et consignant un cadavre aux proches ; s'ils le tuent, il est à eux, qu'ils se débrouillent.
J'entendais récemment que lorsque la matière rencontre l'anti-matière il se produit un fantastique dégagement d'énergie. Il me semble qu'à l'échelle humaine lorsque la douleur et l'angoisse rencontrent la douceur et la tendresse, l'énergie dégagée est équivalente. Et dans cet exercice, Grossman est un génie.
Catherine
Bonjour à tous,
Je commence une liste de lectures (et de films à voir) ayant pour thème ou comme lieu de l'action New York.
Qui aurait des titres à me conseiller, connus ou moins connus ? je m'intéresse autant aux oeuvres "classiques" qu'aux créations plus contemporaines, aux romans, aux livres de socio, d'histoire, aux polar...
Merci d'avance pour vos réponses
Christine
Si on se faisait des films....à quoi ils ressembleraient???
J'en ai un pour ce soir:
A la réalisation: Wong Kar Wai... (avec son magicien photo Christopher Doyle)..; la musique serait de Loreena Mc Kennith, le scénario serait basé sur "Le riz de Rangoon" de Frédéric Marinacce, avec en personnage principal Alessio Boni - ou Gabriel Garcia Bernal- et aussi Eva Green...
J'en ai un pour ce soir:
A la réalisation: Wong Kar Wai... (avec son magicien photo Christopher Doyle)..; la musique serait de Loreena Mc Kennith, le scénario serait basé sur "Le riz de Rangoon" de Frédéric Marinacce, avec en personnage principal Alessio Boni - ou Gabriel Garcia Bernal- et aussi Eva Green...
Salut,
Je pense que nous avons été nombreux à regarder l'emission hier soir sur France 3 : "Faut pas rêver". Qu'en avez vous pensé ? Je vous donnerai mon humble avis par la suite !
Biquette 🙂
Je pense que nous avons été nombreux à regarder l'emission hier soir sur France 3 : "Faut pas rêver". Qu'en avez vous pensé ? Je vous donnerai mon humble avis par la suite !
Biquette 🙂
ayant été en voyage au vietnam en avril, j aimerais en savoir plus sur la culture actuelle et passée du vietnam, pouvez-vous me conseiller des livres, romans, documentaires, nouvelles, etc....
merci d'avance
merci d'avance
J'attendais le film de Wong Kar Wai avec d'autant plus d'impatience que je suis une fan de Ashes of Time, Chungking Express et Fallen Angels... que In the mood for love m'avait laissé sur ma faim, malgré son esthétique superbe et sa musique entêtante; et 2046, m'avait paru trop éthéré et énigmatique pour combler tout à fait mon attente.
Allez savoir pourquoi... cette fois, la magie n'a pas pris. Est-ce parce que je savais que ce n'était plus Christopher Doyle à la photo? Les fleurs en plastique m'ont semblé soudain trop voyantes et de mauvais goût, les ralentis un plagiat raté de ce que j'avais vu dans les films précédents, les gros plans sur les visages trop répétitifs, impropres à montrer une émotion qui ne veut pas naître...
Non pas que Jude Law s'offre mal à la caméra; il n'est jamais aussi exquis qu'en coeur fêlé! Non pas que Rachel Weisz manque d'énergie en garce colérique et brisée, non pas que Nathalie Portman manque de chien dans son interprétation (c'est elle que j'ai trouvé la plus solaire)... Ni encore, que David Stratairn joue de mauvaise grâce un rôle ingrat; il est impeccable. La seule que j'ai trouvé un peu fade, c'est Norah Jones, à une exception près... un sourire esquissé à la faveur du sommeil, autant dire une milliseconde du film...
Mais l'ensemble m'a paru manquer d'étincelle et de poésie.
Comme si, après avoir agité des clefs du paradis en pierres précieuses, WKW agitait maintenant des clefs en toc devant nos mirettes...
Dommage. J'aurais adoré me laisser emporter...
J'espère qu'il y en a qui ont aîmé le film?! A en croire la presse, les critiques assermentés y ont trouvé leur bonheur... Pour ma part, je me prend à souhaiter le retour de Christopher Doyle, et à espérer que WKW recommence à filmer des visages asiatiques, sur lesquels les émotions retenues, dans un raffinement subtil, offrent une palette plus intense, profonde, mystérieuse, sur lesquels, elles vibrent avant même qu'on entende un mot, sur lesquelles elles explosent de façon exacerbée, radicale, lorsqu'elles sont exprimées... nous jettant en patûre à une émotion brute.
Là, j'ai eu l'impression de voir une succession de clichés. Filmé par un metteur en scène talentueux, certes, et sous la houlette d'un directeur de la photo chevronné ( n'assassinons pas trop vite Darius Khondji!)... mais pas une oeuvre majeure.
Il a peut-être gagné ses galons à Hollywood... mais les gaspiller à Las Vegas, c'est un peu cheap...
A voir quand même...
J'espère qu'il y en a qui ont aîmé le film?! A en croire la presse, les critiques assermentés y ont trouvé leur bonheur... Pour ma part, je me prend à souhaiter le retour de Christopher Doyle, et à espérer que WKW recommence à filmer des visages asiatiques, sur lesquels les émotions retenues, dans un raffinement subtil, offrent une palette plus intense, profonde, mystérieuse, sur lesquels, elles vibrent avant même qu'on entende un mot, sur lesquelles elles explosent de façon exacerbée, radicale, lorsqu'elles sont exprimées... nous jettant en patûre à une émotion brute.
Là, j'ai eu l'impression de voir une succession de clichés. Filmé par un metteur en scène talentueux, certes, et sous la houlette d'un directeur de la photo chevronné ( n'assassinons pas trop vite Darius Khondji!)... mais pas une oeuvre majeure.
Il a peut-être gagné ses galons à Hollywood... mais les gaspiller à Las Vegas, c'est un peu cheap...
A voir quand même...
Pour les mélomanes de la musique malienne,
pour les intéressés (de toute nature) du Mali !!!
Je vous signale une nouvelle émission radio, accessible sur le web et portant sur la musique malienne en temps de crise (Growing Into Music in 21st Century Bamako). Produite par Afropop dans le cadre de ses s��ries “Hip Deep”, elle est accompagnée d'interviews avec Lucy Durán (ethnomusicologue, maître de conférences en musique africaine, SOAS Université de Londres) et Gregory Mann (professeur d'histoire à Columbia University, New York), d’un blog (Bamako Photo Essay) et de deux clips vidéo (You Gotta See These Kids!) pour nous présenter trois des plus talentueux enfants griots en ville, de 7 à 12 ans, pratiquer la musique :
http://www.afropop.org/29167/hip-deep-in-mali-growing-into-music-in-21st-century-bamako/
Une deuxième émission sur “la situation actuelle des Touaregs” (The Tuareg Predicament) propose des interviews avec Susan Rasmussen (professeure d’anthropologie à l’Université de Houston) et Andy Morgan (journaliste anglais et spécialiste de musique touarègue ; voir aussi http://www.andymorganwrites.com/) :
http://www.afropop.org/28431/hip-deep-in-mali-the-tuareg-predicament/
Toutes les deux émissions sont en anglais.
Bonne écoute, bonne lecture, enjoy the videos !
Hery
Je vous signale une nouvelle émission radio, accessible sur le web et portant sur la musique malienne en temps de crise (Growing Into Music in 21st Century Bamako). Produite par Afropop dans le cadre de ses s��ries “Hip Deep”, elle est accompagnée d'interviews avec Lucy Durán (ethnomusicologue, maître de conférences en musique africaine, SOAS Université de Londres) et Gregory Mann (professeur d'histoire à Columbia University, New York), d’un blog (Bamako Photo Essay) et de deux clips vidéo (You Gotta See These Kids!) pour nous présenter trois des plus talentueux enfants griots en ville, de 7 à 12 ans, pratiquer la musique :
http://www.afropop.org/29167/hip-deep-in-mali-growing-into-music-in-21st-century-bamako/
Une deuxième émission sur “la situation actuelle des Touaregs” (The Tuareg Predicament) propose des interviews avec Susan Rasmussen (professeure d’anthropologie à l’Université de Houston) et Andy Morgan (journaliste anglais et spécialiste de musique touarègue ; voir aussi http://www.andymorganwrites.com/) :
http://www.afropop.org/28431/hip-deep-in-mali-the-tuareg-predicament/
Toutes les deux émissions sont en anglais.
Bonne écoute, bonne lecture, enjoy the videos !
Hery
Ode à l’Amour
André Gorz 2006. Lettre à D. Histoire d’un Amour. Paris : Editions Galilée .
" Tu viens juste d’avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment, je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. " (1 ; en bas de page la magnifique traduction allemande)
Ainsi commence ce récit court, lettre d’amour et ode ardente et émouvante à une femme à la fois, témoignage d’un incroyable et admirable amour, exceptionnel par sa longévité et par sa ferveur. Auteur : André Gorz, essayiste, philosophe sartrien, penseur radical (le socialisme est mort dans la mesure où il se considère comme système) et pourfendeur du capitalisme et de la société de consommation (Critique du Capitalisme quotidien), fondateur d’une écologie politique (Ecologie et Politique), théoricien d’un concept libéral et émancipateur, c.à.d. d’une liberté qui dit au revoir à une tradition industrielle des gauchistes et qui redécouvre une morale politique de l’autonomie et de l’esprit civique (Adieux au Prolétariat ; Les Chemins du Paradis), bref, intellectuel qui laisse une foule d’ouvrages qu’il faut lire et relire ...
Dans Lettre à D., André Gorz récapitule les 58 ans de son histoire commune vécue aux côtés de son épouse, D(orine), Anglaise, rencontrée un soir hivernal en 1947 à Lausanne, et invitée pour aller danser (Nous nous sommes revus. Nous sommes encore allés danser. [...] Je me suis dit : " Nous sommes faits pour nous entendre. " Au bout de notre troisième ou quatrième sortie, je t'ai enfin embrassée ; p.9-10) ; il ne l’a plus jamais quittée. Ensuite, déménagement à Paris, existence incertaine d'abord, manque d’argent, mariage, premiers boulots, déménagements, premier livre (Le Traître), revers de fortune, désillusions, rupture avec Sartre, illusion de mai '68, voyages et invitations à l’étranger ... Le tout tourne autour de ses activités d’écrivain, Dorine joue les seconds rôles, le soutient et supporte, pleine de dévouement. Les deux s’efforcent de laisser construire son œuvre. Elle est sa première lectrice, détractrice importante également (à la fin de sa vie, il qualifie son œuvre de celle de Dorine aussi) ... Jusqu’au choc de la maladie de Dorine, extrêmement douloureuse et incurable (p.71) : une arachnoïdite, affection évolutive contractée à la suite à d’une injection de lipiodol lors d’une opération (p.74). Après, une nouvelle vie : il quitte tout pour assister son épouse. Il ne pense qu’à elle, seulement à elle, qui l’a soutenu toutes les années. Il ne veut plus " remettre l’existence à plus tard " (p.82).
Lettre à D. est un texte touchant, extraordinaire, une grandiose déclaration d’amour, un discours sur l’amour (sans révéler des intimités), bouquin d’un amant qui parle de l’amour sincère (au lieu d’y réfléchir seulement), qui exprime l’amour, qui montre sa force, aussi sa subversive.
" Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble. " (2)
Ainsi s’arrête le récit, mots aptes à une inscription tombale. Après la lecture de ce petit livre, on ne peut pas s’imagner que l’un survive à la mort de l’autre. Cela devrait s'avérer : en septembre '07, André Gorz, 84 ans, et sa flamme Dorine, 83 ans, se sont suicidés ensemble à leur domicile. On les a retrouvés, tous deux côté à côté ...
hgb
(1) " Bald wirst Du jetzt zweiundachtzig sein. Du bist um sechs Zentimeter kleiner geworden, Du wiegst nur noch fünfundvierzig Kilo, und immer noch bist Du schön, graziös und begehrenswert. Seit achtundfünfzig Jahren leben wir nun zusammen, und ich liebe Dich mehr denn je. Kürzlich habe ich mich von neuem in Dich verliebt, und wieder trage ich in meiner Brust diese zehrende Leere, die einzig die Wärme Deines Körpers an dem meinen auszufüllen vermag. " (p.5)
(2) " Jeder von uns möchte den anderen nicht überleben müssen. Oft haben wir uns gesagt, dass wir, sollten wir wundersamerweise ein zweites Leben haben, es zusammen verbringen möchten. " (p.84)
Les indications de page se réfèrent à l’édition allemande !
André Gorz 2006. Lettre à D. Histoire d’un Amour. Paris : Editions Galilée .
" Tu viens juste d’avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment, je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. " (1 ; en bas de page la magnifique traduction allemande)
Ainsi commence ce récit court, lettre d’amour et ode ardente et émouvante à une femme à la fois, témoignage d’un incroyable et admirable amour, exceptionnel par sa longévité et par sa ferveur. Auteur : André Gorz, essayiste, philosophe sartrien, penseur radical (le socialisme est mort dans la mesure où il se considère comme système) et pourfendeur du capitalisme et de la société de consommation (Critique du Capitalisme quotidien), fondateur d’une écologie politique (Ecologie et Politique), théoricien d’un concept libéral et émancipateur, c.à.d. d’une liberté qui dit au revoir à une tradition industrielle des gauchistes et qui redécouvre une morale politique de l’autonomie et de l’esprit civique (Adieux au Prolétariat ; Les Chemins du Paradis), bref, intellectuel qui laisse une foule d’ouvrages qu’il faut lire et relire ...
Dans Lettre à D., André Gorz récapitule les 58 ans de son histoire commune vécue aux côtés de son épouse, D(orine), Anglaise, rencontrée un soir hivernal en 1947 à Lausanne, et invitée pour aller danser (Nous nous sommes revus. Nous sommes encore allés danser. [...] Je me suis dit : " Nous sommes faits pour nous entendre. " Au bout de notre troisième ou quatrième sortie, je t'ai enfin embrassée ; p.9-10) ; il ne l’a plus jamais quittée. Ensuite, déménagement à Paris, existence incertaine d'abord, manque d’argent, mariage, premiers boulots, déménagements, premier livre (Le Traître), revers de fortune, désillusions, rupture avec Sartre, illusion de mai '68, voyages et invitations à l’étranger ... Le tout tourne autour de ses activités d’écrivain, Dorine joue les seconds rôles, le soutient et supporte, pleine de dévouement. Les deux s’efforcent de laisser construire son œuvre. Elle est sa première lectrice, détractrice importante également (à la fin de sa vie, il qualifie son œuvre de celle de Dorine aussi) ... Jusqu’au choc de la maladie de Dorine, extrêmement douloureuse et incurable (p.71) : une arachnoïdite, affection évolutive contractée à la suite à d’une injection de lipiodol lors d’une opération (p.74). Après, une nouvelle vie : il quitte tout pour assister son épouse. Il ne pense qu’à elle, seulement à elle, qui l’a soutenu toutes les années. Il ne veut plus " remettre l’existence à plus tard " (p.82).
Lettre à D. est un texte touchant, extraordinaire, une grandiose déclaration d’amour, un discours sur l’amour (sans révéler des intimités), bouquin d’un amant qui parle de l’amour sincère (au lieu d’y réfléchir seulement), qui exprime l’amour, qui montre sa force, aussi sa subversive.
" Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble. " (2)
Ainsi s’arrête le récit, mots aptes à une inscription tombale. Après la lecture de ce petit livre, on ne peut pas s’imagner que l’un survive à la mort de l’autre. Cela devrait s'avérer : en septembre '07, André Gorz, 84 ans, et sa flamme Dorine, 83 ans, se sont suicidés ensemble à leur domicile. On les a retrouvés, tous deux côté à côté ...
hgb
(1) " Bald wirst Du jetzt zweiundachtzig sein. Du bist um sechs Zentimeter kleiner geworden, Du wiegst nur noch fünfundvierzig Kilo, und immer noch bist Du schön, graziös und begehrenswert. Seit achtundfünfzig Jahren leben wir nun zusammen, und ich liebe Dich mehr denn je. Kürzlich habe ich mich von neuem in Dich verliebt, und wieder trage ich in meiner Brust diese zehrende Leere, die einzig die Wärme Deines Körpers an dem meinen auszufüllen vermag. " (p.5)
(2) " Jeder von uns möchte den anderen nicht überleben müssen. Oft haben wir uns gesagt, dass wir, sollten wir wundersamerweise ein zweites Leben haben, es zusammen verbringen möchten. " (p.84)
Les indications de page se réfèrent à l’édition allemande !
J'viens de voir la présentation du nouveau film de seann pen qui "a l'air" pas mal du tout, c Into The Wild.
Un jeune qui part a la découverte du monde et de lui même. Histoire vrai dont l'issue est bien sombre...c juste un ressenti en ayant vu la bande annonce, a voir il sort le 9 janvier prochain...
Franchement moi j'ai bien aimer.....Etendre parler Thai, la musique la singha.....En plus c'est realiste(pour le sujet qu'ils traitent evidement).....
Salut,
Quels films latino-américains vous ont le plus plu??
Merci pour vos réponses!! 😉
Quels films latino-américains vous ont le plus plu??
Merci pour vos réponses!! 😉
« Fuir l’ignoble bêtise des assis » n’est pas le slogan d’une pub Quechua pour des chaussures de randonnée mais le sens que donnait Rimbaud à la marche. Une définition que Sylvain Tesson, dont le dernier bouquin est sorti il y a quelques semaines, trouve certainement pertinente.
Sauf erreur, l’ouvrage n’a pas encore été commenté dans cette rubrique. Alors je me lance…
Son titre Sur les chemins noirs fait référence aux petits chemins paumés, non balisés, truffés de ronces et d’orties d’où l’on ressort en général, les avant-bras rongés par les démangeaisons, les mollets ensanglantés, et que personnellement je n’emprunte que si je suis derrière un débroussailleur fiable, d’1,90 m au moins, à qui je fais jurer sur la vie de sa mère qu’il n’y a ni serpent sauteur ni prédateur en vue.
Bon, disons le d’emblée, et d’une Tesson m’énerve et de deux je paye pour être énervée. Voilà des années que ça dure. J’ai quasiment tous ses bouquins dans ma bibliothèque. Et il va sans dire que l’Everest de l’exaspération est atteint lorsqu’on m’emprunte un de ses bouquins sans me le rendre.
Alors bien évidemment, quand j’ai appris qu’un nouvel opus venait de sortir, je me suis précipitée en librairie pour raquer plein pot (15 €) pour le Gallimard, parce que patienter jusqu’à la version poche, ça aurait fait limite la fille cohérente... « Tu vas encore râler que c’est du fric foutu en l’air » m’a dit ma fille dont l’auteure fétiche est Jane Austen, et qui est aussi tentée par ce genre de littérature que par des séances de cuisson de gruau sur un réchau en Iakoutie ou de saut en parachute au dessus du Mont-Blanc… « T’occupe… »
La lecture du moment (un Zadie Smith en l’occurrence) fut abandonnée séance tenante.
Tesson est cet aventurier qu’on ne présente plus (du moins sur ce forum). Né avec une mappemonde en guise de cerveau, le quadra qui a la baroude dans le sang a traversé à cloche-pied, à dos de chameau, à la nage, en side-car etc. les déserts les plus arides, les taïgas les plus hostiles, des forêts infestées de sales bestioles, franchi des cols inaccessibles, des sommets vierges etc. jusqu’au jour où il a dévissé du sommet… d’un balcon, je crois.
« J’avais rêvé cette balade de France dans un lit, je m’étais levé pour l’accomplir, elle s’achevait. C’était un voyage né d’une chute. »
Nous voilà donc embarqués avec Tesson, des boulons en guise d’articulations, crapahutant non pas dans le Hoggar ni au fin fond du Sahara, mais entre la Provence et le Cotentin en passant par les Cévennes, le Massif central et la Champagne, souvent solitaire, parfois rejoint par des potes.
Ses aphorismes m’insupportent, tout comme son agitation effrénée à courir la planète, ne faisant là que déplacer son corps dans un espace. En revanche, l’introspection née d’une quasi sédentarité sur les rives du lac Baïkal m’avait enchantée. La force de caractère du gaillard force en tout cas l’admiration. A part ça, je trouve irritant que, peu importe l’aventure dans laquelle il nous embarque, il finisse toujours par se rengorger de ses contemplations sur la nature, en refaisant régulièrement les niveaux de vodka (sauf que, pour le coup, ordre de la Faculté oblige, il carbure au viandox), ressasser avec une légère condescendance les mêmes vérités faciles contre la modernité (notamment les nouvelles technologies : « Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut »), contre l’urbanisme (« le rêve pavillonnaire moucheta le territoire ») et bien d’autres cancers qui rongent la planète. On en revient toujours au même constat : Tesson ne dit pas grand chose, mais il le fait avec tant de magnificence et de fulgurances qu’on emprunterait bien son disque dur qui, lui, ne semble pas avoir été endommagé par la chute ! (« les buis luisaient, cirés de lumière »). A noter cependant au rayon nouveauté : l’auteur a choisi cette fois le passé (pas si) simple qui ne fait que renforcer l’effet ampoulé, voire sentencieux du texte.
La question qu’on se pose inévitablement en lisant le bouquin, c’est pourquoi et vers quoi marcher ? Pourquoi s’infliger six à neuf heures d’efforts physiques par jour ? Pourquoi aller de tel point géographique à l’autre ? Par masochisme, par plaisir, par besoin, pour dérouiller la carlingue, pour quitter, pour fuir, pour aller loin, ailleurs, d’un point d’interrogation à l’autre (de soi), pour rechercher l’authenticité, pour exorciser les craintes, les colères, les peines, pour s’extraire d’une identité encombrante, s’en inventer une nouvelle, pour relativiser, pour pousser les prises de conscience jusqu’à l’exacerbation, pour bifurquer, pour faire demi-tour, pour s’approprier la nature, saluer un ciel embrasé, lécher les gouttes d’une pluie d’orage, bâfrer des mûres sauvages, pour se faire courser par un chien…
La réponse de Tesson est livrée dès la page 18, ce qui évitera aux flemmards de s’enfiler tout le livre : « Mais la véritable raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d’un papier froissé, au fond de mon sac ». Et toc, suspense. Les curieux devront quand même aller jusqu’au bout. Je l’ai fait, moi, alors hein… et suis prête à récidiver à la prochaine occasion !
PS. S’il existe-t-il une Association des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson, je veux bien les coordonnées …
PS2. Merde, à quand un vrai grand roman de Tesson ?!
Sauf erreur, l’ouvrage n’a pas encore été commenté dans cette rubrique. Alors je me lance…
Son titre Sur les chemins noirs fait référence aux petits chemins paumés, non balisés, truffés de ronces et d’orties d’où l’on ressort en général, les avant-bras rongés par les démangeaisons, les mollets ensanglantés, et que personnellement je n’emprunte que si je suis derrière un débroussailleur fiable, d’1,90 m au moins, à qui je fais jurer sur la vie de sa mère qu’il n’y a ni serpent sauteur ni prédateur en vue.
Bon, disons le d’emblée, et d’une Tesson m’énerve et de deux je paye pour être énervée. Voilà des années que ça dure. J’ai quasiment tous ses bouquins dans ma bibliothèque. Et il va sans dire que l’Everest de l’exaspération est atteint lorsqu’on m’emprunte un de ses bouquins sans me le rendre.
Alors bien évidemment, quand j’ai appris qu’un nouvel opus venait de sortir, je me suis précipitée en librairie pour raquer plein pot (15 €) pour le Gallimard, parce que patienter jusqu’à la version poche, ça aurait fait limite la fille cohérente... « Tu vas encore râler que c’est du fric foutu en l’air » m’a dit ma fille dont l’auteure fétiche est Jane Austen, et qui est aussi tentée par ce genre de littérature que par des séances de cuisson de gruau sur un réchau en Iakoutie ou de saut en parachute au dessus du Mont-Blanc… « T’occupe… »
La lecture du moment (un Zadie Smith en l’occurrence) fut abandonnée séance tenante.
Tesson est cet aventurier qu’on ne présente plus (du moins sur ce forum). Né avec une mappemonde en guise de cerveau, le quadra qui a la baroude dans le sang a traversé à cloche-pied, à dos de chameau, à la nage, en side-car etc. les déserts les plus arides, les taïgas les plus hostiles, des forêts infestées de sales bestioles, franchi des cols inaccessibles, des sommets vierges etc. jusqu’au jour où il a dévissé du sommet… d’un balcon, je crois.
« J’avais rêvé cette balade de France dans un lit, je m’étais levé pour l’accomplir, elle s’achevait. C’était un voyage né d’une chute. »
Nous voilà donc embarqués avec Tesson, des boulons en guise d’articulations, crapahutant non pas dans le Hoggar ni au fin fond du Sahara, mais entre la Provence et le Cotentin en passant par les Cévennes, le Massif central et la Champagne, souvent solitaire, parfois rejoint par des potes.
Ses aphorismes m’insupportent, tout comme son agitation effrénée à courir la planète, ne faisant là que déplacer son corps dans un espace. En revanche, l’introspection née d’une quasi sédentarité sur les rives du lac Baïkal m’avait enchantée. La force de caractère du gaillard force en tout cas l’admiration. A part ça, je trouve irritant que, peu importe l’aventure dans laquelle il nous embarque, il finisse toujours par se rengorger de ses contemplations sur la nature, en refaisant régulièrement les niveaux de vodka (sauf que, pour le coup, ordre de la Faculté oblige, il carbure au viandox), ressasser avec une légère condescendance les mêmes vérités faciles contre la modernité (notamment les nouvelles technologies : « Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut »), contre l’urbanisme (« le rêve pavillonnaire moucheta le territoire ») et bien d’autres cancers qui rongent la planète. On en revient toujours au même constat : Tesson ne dit pas grand chose, mais il le fait avec tant de magnificence et de fulgurances qu’on emprunterait bien son disque dur qui, lui, ne semble pas avoir été endommagé par la chute ! (« les buis luisaient, cirés de lumière »). A noter cependant au rayon nouveauté : l’auteur a choisi cette fois le passé (pas si) simple qui ne fait que renforcer l’effet ampoulé, voire sentencieux du texte.
La question qu’on se pose inévitablement en lisant le bouquin, c’est pourquoi et vers quoi marcher ? Pourquoi s’infliger six à neuf heures d’efforts physiques par jour ? Pourquoi aller de tel point géographique à l’autre ? Par masochisme, par plaisir, par besoin, pour dérouiller la carlingue, pour quitter, pour fuir, pour aller loin, ailleurs, d’un point d’interrogation à l’autre (de soi), pour rechercher l’authenticité, pour exorciser les craintes, les colères, les peines, pour s’extraire d’une identité encombrante, s’en inventer une nouvelle, pour relativiser, pour pousser les prises de conscience jusqu’à l’exacerbation, pour bifurquer, pour faire demi-tour, pour s’approprier la nature, saluer un ciel embrasé, lécher les gouttes d’une pluie d’orage, bâfrer des mûres sauvages, pour se faire courser par un chien…
La réponse de Tesson est livrée dès la page 18, ce qui évitera aux flemmards de s’enfiler tout le livre : « Mais la véritable raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d’un papier froissé, au fond de mon sac ». Et toc, suspense. Les curieux devront quand même aller jusqu’au bout. Je l’ai fait, moi, alors hein… et suis prête à récidiver à la prochaine occasion !
PS. S’il existe-t-il une Association des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson, je veux bien les coordonnées …
PS2. Merde, à quand un vrai grand roman de Tesson ?!
On regardera donc l'Ile de CON DAO au Vietnam à partir de ce
soir sur TF1 avec " KOH LANTA " en 10ème Edition ! On verra
comment cela va donner comme difficultés pour les nouveaux
"naufragés" de cette série pour "survivre" sur cette Ile ? ... 😉
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« Allemand », c’est quoi ?!
Présentation du best-seller « Les Arpenteurs du monde » (titre original : « Die Vermessung der Welt », Mesurer le monde) de Daniel Kehlmann, voix jeune (33 ans) et prometteuse de la littérature allemande :
Le roman raconte les biographies de deux savants allemands du XIXe siècle, le aventurier-géologue-botaniste Alexander von Humboldt et l’astronome et génie des mathématiques, Carl Friedrich Gauß. Deux personnalités qui ne pourraient être plus différentes : l’une quitte la vie bourgeoise, se fraye un passage à travers la forêt vierge, trouve des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indigènes, gravit des volcans, et il n'aime pas les femmes ; l’autre, Gauß, étudie la probabilité, calcule l’orbite de la planète Cérès, préfère la vie bourgeoise et goûte celle d’un scientifique obsédé des nombres et formules (même dans la nuit de noces, il descend de sa mariée pour noter une formule mathématique qui lui est venu tout à coup à l’esprit), fonde une famille (même s’il ne s’intéresse que peu pour elle), et il a horreur de voyager. En relatant les épisodes marquants de la vie de l’explorateur et du mathématicien, Kehlmann peint ainsi deux caractères avec toutes leurs forces et leurs faiblesses qui peuvent être interprétés comme des caractéristiques typiques de la Créature nationale allemande. Cette déconstruction pleine d’esprit du sublime, qui du classicisme à aujourd’hui parcourt l’histoire allemande comme un fil rouge, n’a cependant rien d’irrévérencieux, pas du tout. Cet œuvre de Kehlmann n’est pas un roman historique, plutôt une satire au Classicisme Allemand et notamment à la Nature Allemande, question qui m’intéresse moi-même depuis mon adolescence ...
En référence à ce forum de voyage, il m’importe de vous présenter une petite phrase issue de ce roman, et qui m’est restée gravée dans la mémoire : Wer weit reise, ..., erfahre viele Dinge. Ein paar davon über sich selbst (p.180). Qui voyage beaucoup, ..., apprend beaucoup de choses. Et quelques-unes d’entre elles sur soi-même.
Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!!
hgb
* les indications de page font référence à l’édition de poche allemande (mars 2008).
Présentation du best-seller « Les Arpenteurs du monde » (titre original : « Die Vermessung der Welt », Mesurer le monde) de Daniel Kehlmann, voix jeune (33 ans) et prometteuse de la littérature allemande :
Le roman raconte les biographies de deux savants allemands du XIXe siècle, le aventurier-géologue-botaniste Alexander von Humboldt et l’astronome et génie des mathématiques, Carl Friedrich Gauß. Deux personnalités qui ne pourraient être plus différentes : l’une quitte la vie bourgeoise, se fraye un passage à travers la forêt vierge, trouve des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indigènes, gravit des volcans, et il n'aime pas les femmes ; l’autre, Gauß, étudie la probabilité, calcule l’orbite de la planète Cérès, préfère la vie bourgeoise et goûte celle d’un scientifique obsédé des nombres et formules (même dans la nuit de noces, il descend de sa mariée pour noter une formule mathématique qui lui est venu tout à coup à l’esprit), fonde une famille (même s’il ne s’intéresse que peu pour elle), et il a horreur de voyager. En relatant les épisodes marquants de la vie de l’explorateur et du mathématicien, Kehlmann peint ainsi deux caractères avec toutes leurs forces et leurs faiblesses qui peuvent être interprétés comme des caractéristiques typiques de la Créature nationale allemande. Cette déconstruction pleine d’esprit du sublime, qui du classicisme à aujourd’hui parcourt l’histoire allemande comme un fil rouge, n’a cependant rien d’irrévérencieux, pas du tout. Cet œuvre de Kehlmann n’est pas un roman historique, plutôt une satire au Classicisme Allemand et notamment à la Nature Allemande, question qui m’intéresse moi-même depuis mon adolescence ...
En référence à ce forum de voyage, il m’importe de vous présenter une petite phrase issue de ce roman, et qui m’est restée gravée dans la mémoire : Wer weit reise, ..., erfahre viele Dinge. Ein paar davon über sich selbst (p.180). Qui voyage beaucoup, ..., apprend beaucoup de choses. Et quelques-unes d’entre elles sur soi-même.
Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!!
hgb
* les indications de page font référence à l’édition de poche allemande (mars 2008).
Je n'ai pas trouvé de discussion sur Conrad.😮
Personnellement, c'est un de mes auteurs de voyage / aventure préféré. Parfois un peu noir, mais somme toute lucide, et en tout cas jamais pessimiste ni blasé ni moral. Et surtout des personnages tres denses, tres profonds, tres justes, dans lesquels le lecteur trouve toujours un écho de ce qu'i a pu voir, vivre, rencontrer notamment dans ses voyages. Et le bonhomme a eu une vie bien remplie (je soupconnerai Hugo Pratt de s'en être inspiré pour Corto Maltese...), qu'il distille par petit peu au gré de ses romans.
Moi j'adore... Et vous ?🙂
Personnellement, c'est un de mes auteurs de voyage / aventure préféré. Parfois un peu noir, mais somme toute lucide, et en tout cas jamais pessimiste ni blasé ni moral. Et surtout des personnages tres denses, tres profonds, tres justes, dans lesquels le lecteur trouve toujours un écho de ce qu'i a pu voir, vivre, rencontrer notamment dans ses voyages. Et le bonhomme a eu une vie bien remplie (je soupconnerai Hugo Pratt de s'en être inspiré pour Corto Maltese...), qu'il distille par petit peu au gré de ses romans.
Moi j'adore... Et vous ?🙂










