Oui, j'ai été très émue par ce voyage, ce pays, ce peuple (ces peuples ?).
Périple difficile, car les routes sont si mauvaises (dès que l'on sort des grands axes) et les distances si longues quant on les fait en bus locaux, pick up etc. seule façon de partager avec les Birmans les moyens de transport... Mais difficulté largement compensée par l'extrême gentillesse de tous, la bonne humeur du plus grand nombre, la solidarité (dès que je marchais seule sur une route, les motos et les voitures s'arrêtaient pour me demander si j'avais besoin d'aide !). Enfin, bref, tu connais tout ça puisque tu y es allé plusieurs fois.
Je suis allée dormir dans des villages Palaung, dans des villages Shan, j'ai discuté avec des Karen, des Mon etc. et, là encore, le contact a toujours été très chaleureux.
Evidemment, comme dans absolument tous les pays de la planète, business is business, et il vaut mieux (selon moi) se tenir éloigné des professionnels du tourisme.
Oui, j'étais à Rangoon pour le Nouvel An.
J'ai vécu le Water Festival avec eux, et suis restée, pendant des heures, précisément à l'endroit où la bombe a éclaté, entre autre à admirer la foule des jeunes sur les estrades reprenant à tue-tête et en choeur les tubes électroniques diffusés à plein son, tout en aspergeant les voitures à l'aide de centaines de tuyaux d'arrosage installés pour la circonstance... Je venais de partir quand ça a pété. Mais suis bouleversée par le contraste entre la désolation de ces nombreux morts et blessés et la joie (défoulement ?) débordante de ces gens dans les minutes qui précédaient.
Infinie tristesse en pensant à eux !
(je dis défoulement car les garçons d'habitude si "sages", s'habillent pour la circonstance en hard rock, punk et autres. Quant aux filles, délaissant leur longyi, elles sont nombreuses à porter mini jupes, haut moulant et décolleté, haut talons, maquillage racoleur... le tout, bien sûr, rangé promptement dès 18h30 sonné, heure de clôture du water festival)