J'ai été de Havre-Saint-Pierre à Blanc-Sablon aller-retour avec le Nordik Express en 95 et j'en ai gardé un souvenir inoubliable! Pas du Nordik lui-même, du moins pas du confort sur le bateau qui était minimal (c'est un porte-containers), mais ce n'était pas le but du voyage. Par contre les paysages, notamment dans les rigolets, étaient superbes, la lumière d'une pureté incroyable; les sternes arctiques nous ont accompagnés tout du long, ainsi que les dauphins et les marsouins.
Le bateau ravitaille tous les petits villages de la côte inaccessibles par la route et à chaque arrêt c'est une découverte. Harrington Harbour notamment, où l'on était arrivés vers 4 h 30 du matin (en août) au lever du soleil, avec ses trottoirs de bois; ou encore Tête-à-la-Baleine, Kegaska ou La Romaine; Saint-Augustin où l'on avait fait des provisions de thé du Labrador en se faisant littéralement dévorés par les petites mouches noires 🏴☠️. En cette saison, la chicoutai est partout et on s'était régalés!
Il y avait sur le bateau un peintre québécois que tu connais peut-être, Georges Dedoyard, qui était descendu à Harrington pour y passer huit jours et peindre (il avait fasciné notre fils de huit ans qui avait passé son temps à parler avec lui). C'est une bonne idée de s'arrêter dans l'un ou l'autre village et de reprendre le bateau au passage suivant.
Le Nordik fait aussi escale à Anticosti, un de mes endroits préférés au Québec. Par contre il serait vraiment dommage de ne pas y passer plusieurs jours.
Bref, tu as une excellente idée de vouloir aller par là-haut, c'est le bout du monde. Et pourquoi ne pas redescendre avec le Nordik?
Deux mots sur le « confort » de l'époque: on avait la cabine « la moins bruyante » c'est-à-dire pas tout à fait à fond de cale. Il y avait quatre couchettes superposées, installées perpendiculairement. En entrant la porte touchait la première couchette; deux casiers métalliques avec un rideau devant dont les anneaux glissaient sur leur tringle à chaque mouvement du bateau (on avait eu un peu de mer), à droite, à gauche, à droite, à gauche... 😕
Le bruit était en fait incroyable et les oreillers vibraient en permanence.
Il y avait quand même des lavabos et des douches, pas vraiment communes, avec un rideau devant chacune.
Mais pour rien au monde nous n'aurions échangé notre place dans le porte-containers pour une croisière de luxe.
J'oubliais le contact avec les habitants. Ils attendent souvent l'arrivée du bateau. Soit ce sont des femmes innues qui vendent des mocassins, soit tu te balades dans le village et tu discutes avec ceux que tu croises, soit, comme à Tête-à-la-Baleine (il me semble) on te propose de monter sur le plateau arrière d'un 4 x 4 et tu fonces sur la piste à tombeau ouvert jusqu'au village situé à une dizaine de kilomètres pour acheter de l'artisanat. Etc.
Si tu veux d'autres renseignements, n'hésite pas.
Pascale