leprophete..si tu as le temps, tu lis jusqu'au bout et tu verras qui est vraiment de Chateauvieux que ton raisonnement par rapport à lui ne tenait pas la route ....cet article reflete bien le gouffre existant entre un vrai business man et des politiques petits, mesquins dont l'intérêt personnel passe avant tout !....voilà pourquoi j'enrage !
Moutons, chèvres, bourricots (extrait du J.I.R) [7 mai 2005 - 08h59]
"La semaine commence avec la saga Air Austral et le passage devant la Sematra de Jacques de Chateauvieux, lequel est disposé à racheter les parts que possède Air France dans Air Austral. Merci de noter les forces en présence. Pour la Sematra, la Région, Paul Vergès, que l’on ne présente plus, Raymond Lauret itou, Alain Armand, encore libre, mais que fait la police ? Et Yasmina Pansbhaya de chez Freedom et puis, pour le Département, Nassimah Dindar, Jean-Louis Lagourgue et Jean-Luc Poudroux. En face, Jacques de Chateauvieux et Groupe Bourbon, ce qui représente un chiffre d’affaires mondial d’un milliard d’euros, un bénéfice net pour l’exercice 2004 de plus de 100 millions d’euros, un cash flow deux fois supérieur... Puis quelques machins à venir genre, en mai prochain, sans doute la vente de Score à Casino pour plus de 300 millions d’euros et l’entrée en bourse prochaine d’une filiale, CBO Territoria, laquelle gère le patrimoine foncier du groupe qui aura à investir pour la période 2005-2011 la bagatelle de 400 millions d’euros d’appartements et de bureaux sur les 3 600 hectares de réserve foncière de Groupe Bourbon dans le département... Vous comprendrez que cela puisse faire quelques jaloux, notamment chez les politicards locaux et certains grands Blancs réunionnais qui, à force de se bouffer le nez et de se regarder le nombril, en sont réduits à se lamenter d’avoir fait entrer chez eux un autre "prétentieux", un grand méchant loup façon béké antillais. C’est bien entendu de François Caillé dont je vous cause, lequel est par ailleurs président du Medef, c’est-à-dire chargé de défendre les intérêts des patrons typiquement réunionnais... Je vous laisse faire les commentaires. Mais revenons à nos moutons, chèvres et bourricots qui font la Sematra. Manque à l’appel Jean-Luc Poudroux, sous le prétexte qu’il n’était pas invité. Après vérifications, il apparaît que l’ex du conseil général et actuel maire de Saint-Leu n’a pas voulu se mouiller, tout simplement, tout bêtement. Ce qui ne devrait surprendre personne... Et la séance commence. De Chateauvieux ouvre le bal... Le propos est exclusivement financier, sans états d’âme, concis, clair, froid comme le ventre d’un lézard. "(...) Le groupe est là pour développer cette compagnie, pour gagner de l’argent, pas pour en perdre (...) ". C’est sans doute un peu hautain mais, de vous à moi, on le serait à moins. Faut savoir qu’en face Paul Vergès baille, s’endort, ouvre un œil, le referme, Nassimah Dindar se gratte le nez puis les tifs à la recherche d’une connerie à ne pas dire. L’exercice est périlleux, je vous le concède... Alain Armand interroge de Chateauvieux : "Que ferez-vous de la qualité de service public ? ". Ce qui ne manque pas de sel compte tenu d’une part des tarifs pratiqués par Air France et Air Austral, de l’autre pour qui connaît Alain Armand et sa formule magique : combien pour moi ?... C’est le moment que choisit Jean-Louis Lagourgue pour aller pisser. On ne le reverra plus. C’est beau le courage d’un grand blanc qui jaunit. Et je vous passe les détails du pitoyable, l’instant où les politiques accrochés à leurs jouets, à leurs maquettes d’avion, regardent avec inquiétude Chateauvieux leur expliquer qu’avec lui on ne jouera plus, qu’Air Austral deviendra une grande compagnie dotée d’un Airbus 380, que cette compagnie va leur échapper, qu’il faudra dorénavant rendre des comptes aux actionnaires et patati et patata... Alors et ce sera la question bête, de celles qui tuent, posée notamment par mâme Dindar : "Oui, mais votre société installée à Maurice n’est pas française"... Parce que la connerie est universelle, il sera pour aujourd’hui beaucoup pardonné à la présidente du conseil général, à condition toutefois qu’elle se dégage au plus vite des pattes de monsieur Paul sans pour autant aller s’entremailler dans les filets du sénateur maire de Saint-André. Vous l’aurez compris, la messe était dite. D’autant que le père Ethève fait son entrée et annonce pour demain une contre-proposition avec des investisseurs réunionnais, ah bon ! Arrive le lendemain. Ce sera une banque, le Crédit agricole mais d’investisseurs réunionnais nada, oualou. Pour le moment du moins. à ce moment-là, permettez-moi de plaindre sincèrement le pays. D’une part parce que le coup entre les deux vieux messieurs Vergès et Ethève était monté depuis bien longtemps, un an au moins, ce qui ridiculise gravement la présidente du Département, fragilise et mortifie Jacques de Chateauvieux qui est venu blablater pour rien devant les politiques. De l’autre, parce que la décision du Crédit agricole ne sera définitive qu’en juillet seulement et tout comme l’aurait fait de Chateauvieux, le Crédit agricole va se faire porter par l’une de ses usines à gaz installée à... Paris. Parce que dans trois ans seulement le Crédit agricole va se désengager, qu’il faudra bien trouver des investisseurs... réunionnais et que le choix du Crédit agricole comme sauveur de la patrie est pour le moins étonnant. De là à penser que de cette méthode de barbeaux marseillais le Crédit agricole attend soit un retour d’ascenseur régional soit une amélioration de son image, il y a un pas que nous sommes quelques-uns à franchir. Faut savoir en effet que cette banque, de loin la première dans l’île, 140 millions d’euros, 30 millions d’euros de bénéfices, s’est fait comme spécialité, comme son nom l’indique, de tondre encore plus régulièrement que les moutons les péquenots de France et de Navarre. Enfin, parce que le Crédit agricole ne va pas développer Air Austral comme l’aurait fait de Chateauvieux, mais simplement la maintenir dans un rôle de petit jouet régional, certes sagement géré, en bon père de famille, avec ses petits avions, avec ses petits trajets, entre les pattes des politicards du coin. Parce qu’il faut que je vous dise aussi qu’avant la réunion du conseil de surveillance et le vote en faveur du Crédit agricole, Paul Vergès, dans le bureau de Nassimah Dindar, en présence des Parisiens d’Air France, en a raconté une bien bonne : comment de Chateauvieux a été victime d’un règlement de comptes des gros Blancs et de raconter l’origine de la vendetta, laquelle remonte, selon lui, à la saga des familles sucrières, celle d’Emile Hugot, et de citer au passage quelques noms dont celui de Thiéblin qui, profitant du passage des parlementaires européens, vient le féliciter et avec lui la Sématra pour avoir écarté de Chateauvieux d’Air Austral. Thiéblin, un foie jaune... ? Si vous êtes surpris, appelez-moi, faute de place, il me reste encore quelques détails à vous raconter... J’ajouterai si vous le permettez un nom à la liste des foies jaunes... Celui de Christian Boyer de la Giroday, président de la caisse régionale du Crédit agricole, propriétaire terrien de cannes à sucre, cela va de soi, ami de trente ans de Jacques de Chateauvieux, d’autant plus copain que le Crédit agricole doit accompagner l’entrée en bourse de CBO Territoria, filiale de Bourbon ! Eh bien, le Christian s’est bien gardé d’informer Chateauvieux des petits arrangements Vergès, Ethève et Crédit agricole... On dit même, des malveillants sans doute, que le Christian se vante d’avoir démenti quasiment le jour même du crime certaines informations qui couraient ici et là sur le rachat des parts d’Air France par le Crédit agricole. Foie jaune, enfoiré mondain de banquier, comme on dit à Marseille, ou rigueur et déontologie de banquier ? à vous de choisir ? Faut que je vous dise enfin qu’il est tout de même étonnant que des politicards qui se sont plantés et se plantent encore régulièrement, gravement, depuis des décennies, sur tous les grands projets du département, sur l’avenir de ce pays, puissent encore donner des leçons de management et d’économie à des pointures comme celles de Groupe Bourbon. à titre d’exemple, je vous livre la dernière qui vient de tomber de la Région par le biais d’un rapport. Le dépassement des travaux de la route des Tamarins connu à ce jour sera de 215 millions d’euros, plus d’un milliard de francs, et le retard de deux ans au moins...
C’est toute la différence entre la gestion du pognon des autres, le sien et celui de ses actionnaires. Et je comprends de Chateauvieux qui leur disait : "Je préfère être à ma place, qu’à la vôtre"".