"City of life and death", film chinois
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GE
A quoi reconnait-on un grand film? Au générique de fin ! En effet, dès que les lumières de la salle s'allument, neuf fois sur dix les spectateurs dégagent vite fait en se fichant pas mal du nom de la script girl. Quelquefois, trop rarement à mon goût, il est impossible de quitter son fauteuil tant on a été stupéfait, anéanti d'émotions (ou pourquoi pas, ça m'est arrivé, fatigué d'avoir ri aux larmes durant une bonne partie de la projection)

Quand " City of life and death " s'est terminé, personne n'a pu se lever après les 2h15 d'intenses émotions que procure ce film chinois qui raconte la prise de Nankin, en 1937, par l'armée impériale japonaise. Avec un noir et blanc sans contrastes, une lumière toujours grise, comme si la ville et les hommes étaient pour l'éternité habillés de cendres, nous voici dans le ghetto de Varsovie, Oradour sur Glane, car Nankin fut tout celà à la fois, et même pire car il n'y a pas de limites à l'horreur. La force de ce film, qui ne se veut pas un documentaire historique, c'est de nous montrer les japonais comme des êtres ordinaires, des êtres humains tout simplement. Ce serait tellement plus rassurant si ces japonais n'avaient été que des monstres venus d'on ne sait où, mais, nous dit ce film chinois, la barbarie n'est pas le fait d'une nation en particulier, elle n'est pas programmée dans les gènes de sa population. La civilisation est un fil de soie sur lequel nous avançons en essayant de nous maintenir en équilibre, pour ne pas tomber d'un côté ou de l'autre ; quand le fil de soie se rompt, tout et tous s'écroulent, et il n'y pas d'autres choix que celui de sauver sa peau.

Dans Nankin occupé, des européens s'efforcent, parfois au péril de leurs vies, de sauver les chinois qui ont survécu au marteau pilon japonais. Ils feront tout leur possible pour éviter que les femmes ne deviennent des "dames de confort" pour la soldatesque. C'étaient les représentants de l'Allemagne nazie !

Le film se termine par le rire d'un enfant qui est sauvé, un rire qui se transforme en sanglots.

Au milieu de tous ces films fast food que l'on voit aujourd'hui, " City of life and death "est un film qui marque, difficile à oublier !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
AG Agentsmith Regular ·
J'ai vu ce film récemment, un choc, on en sort vraiment marqué, il faut dire que la violence des japonais est inouie, pas étonnant que les chinois ne soient pas très copains avec eux aujourd'hui... Dans la salle, quelques chinois, les filles étaient en larmes.

J'ai regardé l'estomac noué pendant toute la séance, et au sortir, j'avais besoin de marcher un peu....

Les japonais de cette époque étaient complètement fanatisés, prêts à tout, ils préféraient mourir plutôt que de perdre la face, la mort est un honneur, la défaite une honte. Ceci explique la dureté des combats et l'acharnement des japonais quelques années plus tard contre les américains sur l'île d'Okinawa et ailleurs....

Ce film est très dur, presque insupportable, mais il faut le voir pour saisir la psychologie humaine en temps de guerre, car quand la barbarie règne, "la vie est plus dure que la mort" comme le dit l'officier japonais à la fin.
Agent Smith: "I'm going to enjoy watching you die, Mr. Anderson"
GE Geob Veteran ·
La scène où l'on voit les japonais enterrer vivants des chinois n'est pas inventée. Elle a même été filmé par des militaires japonais au cours du sac effroyable de Nankin. J'ai vu ces documents, il y a bien longtemps, dans une émission de télévision de l'ORTF qui s'appelait Panorama, consacrée ce soir là à l'invasion japonaise de la Chine, présentée par Lucien Bodard dont la voix enfiévrée, fascinante, commenta des images d'horreur dont celle que l'on voit dans le film : des chinois jetés vivants dans un trou, les pelletées de terre, puis, en dernier plan, des militaires japonais qui piétinent joyeusement la terre comme pour bien finir le travail
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley

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