Bonsoir,
Nous revenons de N'Dangane (nous y étions mi-novembre), nous avons bourlingué au Sénégal ... étant de formation technique et dans le domaine du bâtiment et génie civil en belgique depuis 20 ans, je me suis intéressé aux modes locaux de constructions de type sénégalais ou européens ...
Certes il faut privilégier l'emploi de la main d'oeuvre locale mais je pense qu'il est préférable de superviser et d'être attentif à ce que l'on attend de la qualité de la construction et du prix que l'on consent à mettre ...
Pour info, d'après ce que j'ai pu voir, j'attire ton attention sur les points suivants :
- Au Sénégal, les blocs construits sur place, sur le chantier, sont soit de béton (mélange ciment+grenailles (pierrailles)+sable (de mer, plutôt la terre-sable se trouvant parfois sur le chantier) soit de mortier (mélange ciment+sable (donc sans pierrailles)). Il faut savoir qu'un bloc de mortier (et donc non de béton) est beaucoup plus poreux et beaucoup moins résistant ... Ainsi, en Europe un bloc de mortier est proscrit car non suffisement résistant ... Quasi tous les petits bâtiments construits par les sénégalais sont construits en blocs de mortier car moins couteux ...
- Le dosage préconisé du ciment pour la fabrication de mortier est de 3 à 4 parts de sable pour 1 part de ciment. Au moins, il y a de ciment, au moins le bloc est résistant et au plus il est poreux ... Au Sénégal, pour des raisons d'économie, certains économisent le ciment et puis les blocs s'éffritent (cas d'un bâtiment en arrêt de construction à N'Dangane Campement, par exemple ...). Pour du béton, un dosage traditionnel est de 350 kg de ciment par m3 de sable, soit une part de ciment pour 5 parts de mélange sable+pierrailles
- Au Sénégal, il n'y a bien souvent aucune membrane d'étanchéité posée au-dessus des blocs ou du béton enterré et en-dessous des blocs dits d'élévation (blocs au-dessus de niveau futur des terres adjacentes), d'où le risque de remontée d'humidité ascensionnelle ...
- Définir le type de fondation, sa largeur, sa profondeur ...
- Le cumul de blocs de mortier (et encore plus si les blocs comportent peu de ciment) et d'absence d'étanchéité peut entraîner une remontée de l'humidité du sol (plus important en saison des pluies et encore plus si le batiment se trouve dans une cuvette ...)(et avec le sel ...) dans les murs entraînant des problèmes d'efflorescences, d'éclatement du cimentage intérieur à la base des murs, d'éclatement des peintures, etc ... avec les inconvénients de devoir réagréer, repeindre, ... chaque année après la saison des pluies ... ce que certains européens font chaque année au sénégal ...
- Pour les tuyauteries, il faut les gainer pour les protéger au droit des passages dans les murs, à travers les dalles de béton, ... sinon après de 10 à 30 ans, il faudra en poser de nouvelles ... alors que la gaine (précaution préalable) ne coûte pas grand chose (certaines tuyauteries comme l'alpex sont prégainées)
- Pour les châssis, attention à la nécessaire battée ... à défaut de battée, si le chassis est côté pluie et vent et non protégé par le débordement de toiture, il faudra accepter d'avoir de l'eau qui chassée par la pluie peut passer de l'extérieur à l'intérieur ... avec les probèmes pour la tablette de fenêtre, de la peinture ou de l'enduit intérieur ... Le mode de construction de la batée peut être simplié et incorporé au châssis (cas parfois rencontré au sénégal lorsque le constructeur s'est inquiété de l'étanchéité du châssis ...)
- Pour le béton armé, veiller à ce que le fer à béton soit bien incorporé (enrobé) dans le béton (en moyenne il faut que le fer à béton soit à 3, 5 fois le diamètre du fer à béton par rapport à l'extérieur du béton). Vous avez sans nul doute vu beaucoup de bâtiments au Sénégal avec du béton éclaté ... De plus, ici aussi, au moins le béton contient de ciment, au plus le béton est poreux et donc le fer à béton sujet à la carbonatation qui conduit à l'éclatement du béton entourant le fer à béton
- Pour la toiture, attention à la chaleur des plaques métalliques ... la propagation de la chaleur dépendra des forme, hauteur et fermeture intérieure ... ce n'est pas que pour des raisons esthétiques que certaines toitures sont recouvertes de paillis (évite la propagation de la chaleur de la toiture métallique)
En bâtiment, les problèmes sont d'autant plus importants que le cumul d'erreurs est grand (exemple, châssis fermant mal, sans buttées, sans battées,
orienté côté pluies dominantes sans aucun débordement de toiture ...)
Comme pour tout projet en bâtiment, pensez aux finitions intérieures que vous souhaitez afin d'éviter des rajoutes inesthétiques ou de devoir casser ce qui vient d'être terminé (exemple, points lumineux, prises, type de revêtement de sol, type de finition des enduits muraux, ...)
Bref, sans vouloir nullement contrarier votre projet, il y a quelques précautions préalables à prendre pour éviter des désagréments et des coûts ultérieurs ...
Bien à vous, et je reste disponible pour d'autres questions