Contes et légendes du Vietnam
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
AS
Bonjour, Voici quelques contes et légendes, au Vietnam ils sont omniprésents, différents parfois dans la forme mais toujours en fond de vie.. ils décrivent la société à travers ses croyances, ses traditions et ... Certains contes font même partie de l'Histoire du pays.

Tam et Cam, Il y était une fois deux demi-sœurs l'une nommée Tam et l'autre Cam. Tam était la fille du père de la première épouse. Celle ci était morte lorsque l'enfant était encore jeune et son père prit une deuxième épouse. Quelques années plus tard, le père décèda en laissant Tam vivre seule avec sa belle-mère et sa demi-soeur.

La belle-mère et la demi-soeur traitaient la jeune fille sévèrement. Tam avait du travail toute la journée et jusque tard dans la nuit. Alors qu'il faisait complètement noir, elle devait s'occuper de porter de l'eau pour la cuisine, faire la lessive, cueillir des légumes et ramasser de la fougère d'eau pour la donner à manger aux porcs. Toute la nuit, elle passait beaucoup de temps à décortiquer le riz. Pendant que Tam travaillait sa soeur n'avait rien d'autre à faire que de jouer. Elle était très bien habillée et mangeait toujours les meilleurs aliments.

Un matin, la belle mère donna deux nasses une à Tam et une à Cam et leur a dit d'aller à la rizière pour capturer de minuscules crevettes et crabes. "Je donnerais un yem de tissu rouge à celle qui ramènera un panier rempli " promit t-elle.

Tam était très habile pour trouver des crevettes et des crabes dans la rizière et elle rempli rapidement son panier de pêche. Cam marcha à travers les rizière mais elle ne pu rien attraper. Elle regarda Tam et lui dit: "Oh, ma chère soeur, vos cheveux sont couvert de boue. Plongez dans l'étang pour vous laver ou vous serez réprimandé par notre mère à notre retour à la maison."

Croyant ce que sa sœur lui disait, Tam précipita dans l'étang pour se laver. Dès qu'elle fut parti, Cam vida le contenu du panier dans son propre panier de pêche et se hâta de rentrer à la maison demander le yem de tissu rouge.

Quand elle eut fini de se laver et au vu son panier vide Tam éclata en sanglots.

Un Bouddha qui était assis sur un lotus dans le ciel entendit ses sanglots et descendit près d'elle. «Pourquoi pleures-tu ?" demanda le Bouddha.

Tam, lui dit tout ce qui s'était passé et le la réconforta. "Sèches tes larmes. Regardes dans ton panier de pêche et de vois s'il reste quelque chose."

Tam se pencha sur le panier et le Bouddha dit: "Il y avait seulement une minuscule poisson "bông".(Goujon)

«Prends le poisson et met le dans l'étang près de chez toi. A chaque repas, tu devras y jeter un bol de riz pour le nourrir. Si tu souhaites qu'il monte à la surface pour manger le riz, tu devras l'appeler comme ceci :

Chers bông, chers bông, Remonte pour manger mon riz doré, Sans cela personne d'autre ne trouvera le goût agréable.

Au revoir mon enfant, je te souhaite bonne chance. "Après avoir dit cela le Bouddha disparu.

Tam mit le poisson dans l'étang comme on lui avait recommandé de le faire et chaque jour, après le déjeuner et le repas du soir, elle prit du riz pour le nourrir. Jour après jour, ainsi le poisson bông et la jeune fille devinrent de bons amis.

A voir Tam prendre du riz et le jeter dans l'étang, après chaque repas, la belle-mère eut des soupçons et dit à Cam de l'espionner. Cam s'était caché dans un buisson près de l'étang, quand Tam appela bông poissons elle mémorisa ses paroles et se sont précipités à sa mère pour lui dire le secret.

Ce soir-là, la belle-mère dit à Tam que demain elle devrait conduire les buffles à paître dans les champs en dehors de la ville.

"C'est maintenant la saison pour les légumes. Les Buffles ne peuvent pas paître dans le village. Demain, tu devras emmener les buffles à l'extérieur de la ville. Si tu vas paître dans le village, ils seront pris par les notables."

Tam se leva très tôt le lendemain matin pour conduire les buffles aux champs lointains. Quand elle eut disparu, Cam et sa mère prirent du riz et allèrent à l'étang, où elles appelèrent le poisson bông. Il monta à la surface où la femme l'attrapa. Ensuite elle le cuisina puis le mangea.

Le soir venu, Tam revint et après avoir mangé pris un peu de riz et se dirigea vers l'étang pour nourrir son ami. Elle a appela et appela encore et encore, mais elle ne vit que des gouttes de sang à la surface de l'eau. Tam su que quelque chose de terrible s'était passé et se mit à pleurer.

Le Bouddha apparu à ses côtés de nouveau. «Pourquoi pleures-tu cette fois-ci, mon enfant?"

Tam lui raconta toute l'histoire et le Bouddha dit "Ton poisson a été pêché et mangé. Maintenant, ne pleure plus. Il faut trouver les arrêtes du poissons et de les mettre dans quatre pots. Après avoir fait cela, tu devras enterrer les pots et en placer un à chacun des pieds de ton lit."

Tam chercha et chercha les arrêtes de son cher ami, mais ne les trouvait nulle part. Alors qu'elle cherchait encore et encore un coq est venu vers elle lui disant :

Cock-a-doodle-do, cock-a-doodle-do, Une poignée de riz, Et je trouve les arrêtes pour vous.

Tam lui donna du riz et quand il eut mangé se précipita dans la cuisine. En peu de temps, l'élégant volaille revint avec les arrêtes qu'il déposa aux pieds de Tam. La jeune fille mis les arrêtes dans quatre pots et en enterra un à chacun des pieds de son lit.

Quelques mois plus tard, le roi a proclama l'existence d'un grand festival. Tous les habitants du village de Tam allaient y participer et la route était bondé avec des gens richement vêtus en route vers la capitale. Cam et de sa mère parés de leurs plus beaux vêtements était prêtent à se joindre à eux. Lorsque la femme vit que Tam voulait également participer à la soirée de gala fit un clin d'oeil à Cam. Puis elle mélangea un panier de riz brut avec le panier de décortiqué, le riz que Tam avait trié la veille au soir. "Tu iras à la fête quand tu auras séparés chacun de ces grains de riz. Si il n'y a pas de riz lorsque nous rentrerons ce soir je te battrait."

Puis elle et sa fille rejoignirent les gens heureux sur le chemin de la fête laissant Tam solitaire à sa tâche. Elle commença à séparer le riz, mais elle savait que cela était désespérée et elle se mit à pleurer.

Une fois encore, le Bouddha apparu à ses côtés. "Pourquoi y a t-il des larmes dans les yeux?" a t-il demandé.

Tam lui expliqua que les grains de riz devaient être séparées et que le festival serait terminé avant qu'elle ait fini.

"Apportes tes paniers dans la cour"dit le Bouddha. "Je vais appeler les oiseaux pour t'aider. "

Les oiseaux virent picorer et voleter jusqu'à ce qu'en un rien de temps, ils eut divisé le riz et la cosse en deux paniers. différent. Pas un seul grain ils ne mangèrent mais lorsqu'ils s'envolèrent Tam se mit à pleurer de nouveau.

«Maintenant, pourquoi tu pleures?" demanda le Bouddha.

"Mes vêtements sont trop pauvres, je vous remercie pour votre aide, mais je ne peux pas aller habillé comme ça."

"Vas déterrer les quatre pots" ordonna le Bouddha. "Ensuite, tu auras tout ce qu'il te faut."

Tam obéi, déterra et ouvrit les pots. Dans le premier elle trouva une belle robe en soie, un Yem en soie et une écharpe du même tissu. Dans le deuxième pot elle trouva une paire de chaussures brodées qui d'une ruse de sa conception lui allait parfaitement. Quand elle ouvrit le troisième pot elle fut surprise d'y trouver un cheval miniature. Une fois dehors il grandi pour devenir un noble coursier. Dans le quatrième il y avait une selle richement. Elle alla laver et brosser ses cheveux jusqu'à ce qu'ils brille. Puis elle mit ses merveilleux vêtements neufs et se dirigea vers le festival.

Sur le chemin, elle a dû traverser un ruisseau, et une de ses chaussures brodées tomba à l'eau et coula. Elle était tellement pressé qu'elle ne pouvait pas s'arrêter pour chercher sa chaussure, alors elle enveloppa l'autre chaussure dans son foulard.

Peu de temps après, le roi et son entourage mené par deux éléphants, arriva à ce même endroit. Les éléphants refusèrent d'entrer dans l'eau baissèrent leurs défenses en barrissements. Le roi ordonna à ses disciples d'aller les chercher dans l'eau. L'un d'entre eux trouva la chaussure brodée et la porta au roi qui la regarda de près.

Enfin, il dit "La jeune fille qui portait une chaussure aussi belle que celle ci doit elle-même être très belle. Allons à la fête et retrouvons. la. Celle qui pourra la porter deviendra ma femme."

Il y eut beaucoup d'émotion quand toutes les femmes apprirent la décision du roi, toutes attendaient impatiemment leur tour pour essayer la chaussure.

Cam et sa mère essayèrent aussi mais sans succès, et quand ils virent Tam attendre patiemment près de là, elles commencèrent à la dénigrée. "Comment quelqu'un d'aussi commun que toi pourrait être la propriétaire d'une telle chaussure ? Et où as-tu voler ces beaux vêtements ?" Nous rentrons à la maison et s'il n'y a pas de riz à cuire je te battrais sévèrement."

Tam ne dit rien mais quand vint son tour d'essayer la chaussure elle lui alla parfaitement. Puis elle montra l'autre chaussure qu'elle avait soigneusement enveloppé dans son foulard et tout le monde sut qu'elle serait la future reine.

Le roi a ordonna à ses fonctionnaires d'emmener Tam au le palais dans un palanquin, elle fut emmené loin des regards furieux et jaloux de sa belle-mère et de sa demi-soeur.

Tam été très heureuse de vivre dans la citadelle avec le roi, mais elle n'avait jamais oublié son père. Comme la date anniversaire de sa mort était proche elle demanda au roi si elle pouvait retourner dans son village pour préparer une offrande.

Quand Cam et sa mère virent que Tam était de retour, jalouse elles échafaudèrent un mauvais plan. "Tu dois faire une offre de bétel à ton père" déclara la belle-mère. "Cet arbre de noix d'arec a les meilleures écrous. Tu grimpe vraiment bien, tu dois aller en haut de l'arbre et en rapporter quelques-unes."

Tam escalada l'arbre et quand elle se trouva à son sommet la belle-mère pris une hache commença à couper le tronc. Elle le secoua et Tam cria en alarme "Que se passe t'il ? Pourquoi secouez vous l'arbre de cette sorte ?"

"Il y a beaucoup de fourmis ici" dit la belle-mère. "Je suis en train de les chasser."

Elle continua à couper l'arbre jusqu'à ce qu'il tombe. Il se renversa dans un étang profond et la belle jeune femme se noya. Les deux méchant assassins prirent les vêtements de Tam et se rendirent à la citadelle. Là la belle mère expliqua le terrible «accident» au roi et lui offrit Cam en remplacement. Le roi était très malheureux mais il ne dit rien.

Tam une fois décédée s'était transformée en un oiseau Vang Anh. L'oiseau de retour au palais vit Cam laver les vêtements du roi près du puits. Elle appela "Ce sont les vêtements de mon mari. Sécher les vêtements sur le poteau et non pas sur la clôture de peur qu'ils ne soient déchirés."

Puis elle se rendit à la fenêtre de la chambre du roi en chantant. L'oiseau le suivait partout et le roi à qui Tam manquait grandement lui parla d'elle "Chers oiseaux, chers oiseaux, si vous êtes ma femme, s'il vous plaît venez à mon bras."

L'oiseau sauta sur sa manche. Le roi aimait tellement l'oiseau qu'il avait souvent oublié de manger ou de dormir et avait fait une cage en or. Il l'écoutait jour et nuit ignorait complètement Cam.

Cam alla parler à sa mère de l'oiseau. La femme affirma qu'elle devait le tuer et le manger puis trouver une histoire à raconter au roi. Cam attendit jusqu'à ce que le roi fut absent alors elle fit comme sa mère lui avait conseillé et jeta les plumes dans le jardin.

Quand le roi fut de retour il demanda des nouvelles de l'oiseau et Cam répondit : "J'ai eu une grande faim d'oiseau, j'ai eu tellement peu de viande pour le repas." Le roi ne dit rien.

Les plumes poussèrent dans un arbre et chaque fois que le roi venait sous les branches, se penchant il lui faisait un parasol d'ombre. Il fit placé un hamac sous l'arbre et chaque jour venait s'y reposer.

Cam n'était pas heureuse et encore une fois alla demander à sa mère quelques conseils :

"Il faut abattre l'arbre en secret. Utiliser le bois pour faire un métier à tisser et dis au roi que tu aimerais lui tisser une étoffe."

Un jour de tempête Cam abattit l'arbre et le transforma en un métier à tisser. Quand le roi lui demanda ce que cela signifiat elle dit que le vent avait soufflé trop fort et que maintenant elle tisserait pour lui sur ce métier fait du bois de son arbre. Quand elle s'assit au métier à tisser, il lui parla "Klick Klack, Klick Klack, vous avez pris mon mari. Je vais prendre vos yeux."

Le Cam terrifiée répéta à sa mère les mots du métier à tisser "Brûle le métier à tisser et porte ses cendres loin du palais" dit elle à sa fille.

Cam fit comme elle avait dit et jeta les cendres sur le côté de la route à une grande distance de la maison du roi. Les cendres alimentèrent un arbre qui à la belle saison se couvrit d'un enorme fruit doté d'une flagrance qui pouvait être senti de loin.

Une vieille femme qui a vendait de l'eau potable à proximité attiré par l'odeur vint sous l'arbre. Elle examina les fruits ouvrit sa poche et appela avec nostalgie "Chère Thi, tombe dans ma poche, je te garderai pour l'odeur, jamais je ne te mangerait."

Le fruit tomba dans sa poche et elle l'aima et le chéri, le conserva dans sa chambre pour regarder et sentir son parfum.

Chaque jour, la vieille femme se rendait à son étal, alors Tam quitta le fruit et nettoya la maison, mit les choses en ordre, le riz à cuire et fit une soupe de légumes du jardin. Puis elle est redevint toute petite et retourna à l'intérieur du fruit Thi.

La vieille femme curieuse était décidé à découvrir venait l'aider. Un matin, elle fit semblant d'aller à son stand et se cacha derrière un arbre près de la porte de derrière. Elle regarda à travers une fissure et vu sortir Tam du fruit Thi et grandir jusqu'à devenir une belle jeune fille. La vieille femme très heureuse se sont précipita dans la maison , décida de l'adopter. Elle déchira la peau du fruit et le jeta dehors. Tam vécu heureuse avec la vieille femme en l'aidant à la maison tous les jours. Elle préparait également des gâteaux et du bétel à vendre sur le stand.

Un jour, le roi a quitta sa citadelle traversant la campagne à cheval, il arriva à l'ancienne ferme. La vieille femme lui offrit de l'eau et du bétel et lorsqu'il l'accepta, il a vit que le bétel était rouler comme les ailes d'un aigle. Il se souvint que sa femme préparait bétel exactement de cette façon.

"Qui a préparé ce bétel ?" demanda t'il.

"Il a été fait par ma fille" répondit la vieille femme.

"Où est ta fille ? Permettez-moi de la voir."

La vieille femme appelée Tam. Quand elle arriva le roi reconnu son épouse bien-aimée. Le roi était très heureux et lorsque la vieille femme lui eut raconté toute l'histoire, il envoya ses serviteurs apporter une riche palanquin pour transporter sa femme à la citadelle.

Quand Cam vit que Tam était revenu, elle devint encore plus craintive, un jour elle demanda à sa demi-soeur le secret de sa grande beauté

"Veux tu devenir vraiment très belle ? demanda Tam. "Vient je vais te montrer comment faire." Tam demanda ses serviteurs de creuser un trou et de préparer un gros pot d'eau bouillante. "Si tu veux être belle, tu doit aller dans ce trou" dit Tam à la méchante demi-soeur.

Lorsque Cam fut dans le trou Tam es fonctionnaires versèrent l'eau bouillante dans le trou et sa demi-sœur rencontra la mort. Tam fit de sa chair un "mam", une délicieuse sauce et l'a envoyé à sa belle-mère en disant que c'était un cadeau de sa fille.

Chaque jour, la femme prenait ses accompagné de cette sauce, tout en commentant le délicieux goût. Un corbeau vint à sa maison, perchée sur le toit il dit "Délicieux ! La mère mange la chair de sa propre fille, Donnez-moi en un peu."

La belle-mère très en colère chassa l'oiseau au loin, mais le jour où le pot de "mam" fut presque vide, elle vit le crâne de sa fille et tomba raide morte.

L'arbalète Magique Grâce à l'arc offert par un génie, le roi An Duong Vuong arriva à défaire l'armée chinoise. Ne pouvant lutter à armes égales avec ce dernier, le général Chinois Triêu Dà dut faire la paix eté dépêcha son fils Trong Thuy à la cour de Au-Lac en gage de bonnes relations entre les deux apys. Trong Thuy arriva à conquérir le coeur de la fille du roi An Duong Vuong et devint ainsi le conseiller intime du roi.

Malgré l'affection et l'amour qu'il portait à sa femme My Chau, il ne perdait pas de vue la mission dont l'avait investi son père : neutraliser l'arme magique qui permettait d'assurer la suprématie du roi An Duong Vuong. Cet engin miraculeux était bien gardé dans un endroit connu seulement par le roi et sa fille. Celle ci, après maintes demandes insistantes de Trong Thuy, lui montra cette arme magique dont la gâchette était constituée par une griffe de la Tortue d'Or. Profitant d'un moment d'innatention de la princesse, Trong Thuy résussit à décrocher la griffe de la Tortue d'Or et la remplacer par un imitation similaire.

Puis, peu de temps après il prétextât la mauvaise santé de son père et demanda au roi de lui permettre de rentrer dans son pays. Avant son départ, il demanda à sa femme "Comment nous retrouver en cas de séparation brusquée ?" ; "Tu peux me repérer facilement car en cas d'urgence, je jetterai sur mon passage, les duvets blancs de mon manteau, lui répondit elle.

Convaincu que l'arme magique ne possédait plus les vertus dévastatrices, le général Chinois se lança à l'attaque du royaume de Au Lac. Toujours confiant en la puissance de son arc magique, le roi An Duong Vuong alla chercher son arme pour détruire les ennemis. Ayant constaté que l'arme était détraquée, le roi prit la fuite en sautant sur son cheval et en emmenant sa fille en croupe en direction de la mer. Arrivé près du rivage, il s'écria "Génie de la Tortue d'Or, venez à mon secours". Celui ci apparut aussitôt et pointa son index vers le roi en disant "L'ennemi est derrière vous, sur la croupe du cheval." Le roi se retourna, vit sa fille avec la traînée de plumes blanches semées sur la route qu'il avait suivie.

Furieux, il sortit son épée, tua My Chau et suivit le génie de la Tortue d'Or dans la mer. Guidé par les plumes d'oie, Trong Thuy vit le corp de sa femme morte sur la place. Le sang qui s'échappait fut ingrgité par les huîtres et se transforma en des perles. Désespéré Trong Thuy ramena le corps de sa femme à Co Loa et se suicida en se guêtrant dans un puits près de la tombe de My Châu.

Le gâteau du têt Le roi Hùng-Vuong avait trois épouses. Chacune d’elles donnèrent naissance à un garçon. Le fils de la première, Long, épousa Kim, orgueilleuse et jalouse. Le fils de la seconde, Hô`, épousa Ngoc, méchante et acariâtre envers son mari. Le fils de la troisième épouse, Van, vivait avec sa grand-mère maternelle car sa mère était décédée. Il s’occupait des travaux agricoles. Il pratiquait la culture sur brûlis, cultivait les légumes ou allait pêcher aux heures de loisir. La grand-mère le maria à Xuân, une demoiselle sage et laborieuse. Le couple menait une vie modeste mais heureuse. Van et son épouse furent un jour convoqués par le roi. A la cour, Van vit ses frères et leurs épouses habillés élégamment et parés de bijoux. Tout le monde se moquait d’eux et leur reprochèrent de se présenter au roi sous une apparence si modeste. Mais le roi se montra affectueux envers son fils Van, orphelin de mère. Accablé par la vieillesse et fatigué par un règne de 50 ans, le roi décida alors de céder le trône à celui capable de préparer les mets les plus savoureux. Les épouses des deux grands, confiantes en leur talent culinaire, étaient persuadées de gagner. Seuls, Van et Xuân étaient très inquiets.

Une nuit, dans un songe, Van vit sa mère. Celle-ci lui annonça qu’il serait l’élu du trône. Pour cela, il lui suffisait de faire un gâteau de riz gluant, en forme de carré avec de la viande et de la graisse au milieu qui symboliserait le cœur. Le gâteau carré représentait la terre car on croyait à cette époque que la terre était carrée. Van se réveilla et raconta le songe à sa femme. Le couple décida de confectionner ce gâteau, puis de le faire bouillir dans une marmite en argile cuite. Au jour fixé, les deux brus Kim et Ngoc offrirent au roi des plats coûteux. Mais ce dernier ne trouva rien d’exceptionnel à tous ces mets. Quant au gâteau offert par Van et Xuân, il ravit le roi par sa délicatesse et les symboles qu’il représentait. Le souverain combla Van de louanges et le désigna comme son digne successeur. Car, avant tout, il s’agissait de trouver la personne la plus à même de gouverner le pays avec sagesse.

Pourquoi la mer est saléeIl y a fort longtemps vivaient en Chine deux frères. Wang, l'aîné, était le plus fort et brimait sans cesse son cadet. À la mort de leur père, les choses ne s'arrangèrent pas et la vie devint intenable pour Wang-cadet. Wang-l'aîné accapara tout l'héritage du père : la belle maison, le buffle et tout le bien. Wang-cadet n'eut rien du tout et la misère s'installa bientôt dans sa maison.Un jour, il ne lui resta même plus un seul grain de riz. Il fut donc obligé de se rendre chez son frère pour ne pas mourir de faim. Arrivé sur place, il le salua et lui parla en ces termes : « Frère aîné, prête-moi un peu de riz. » Mais son frère, qui était très avare, refusa tout net de l'aider et le cadet repartit bredouille. Ne sachant que faire, Wang-cadet s'en alla pêcher au bord de la mer jaune. La chance n'était pas de son côté, car il ne parvint pas à attraper le plus petit poisson. Il rentrait chez lui les mains vides, la tête basse, le cœur lourd quand soudain, il aperçut une meule au milieu de la route. « Ça pourra toujours servir ! » pensa-t-il en ramassant la meule, et il la rapporta à la maison. Dès qu'elle l'aperçut, sa femme lui demanda : « As-tu fait bonne pêche ? Rapportes-tu beaucoup de poissons ? — Non, femme ! Il n'y a pas de poisson. Je t'ai apporté une meule. — Wang-cadet, tu sais bien que nous n'avons rien à moudre : il ne reste pas un seul grain à la maison. » Wang-cadet posa la meule par terre et, de dépit, lui donna un coup de pied. La meule se mit à tourner, à tourner et à moudre. Et il en sortait du sel, des quantités de sel. Elle tournait de plus en plus vite et il en sortait de plus en plus de sel. Wang-cadet et sa femme étaient tout contents de cette aubaine tandis que la meule tournait, tournait et le tas de sel grandissait, grandissait. Wang-cadet commençait à avoir peur et se demandait comment il pourrait bien arrêter la meule. Il pensait, réfléchissait, calculait, il ne trouvait aucun moyen. Soudain, il eut enfin l'idée de la retourner, et elle s'arrêta. À partir de ce jour, chaque fois qu'il manquait quelque chose dans la maison, Wang-cadet poussait la meule du pied et obtenait du sel qu'il échangeait avec ses voisins contre ce qui lui était nécessaire. Ils vécurent ainsi à l'abri du besoin, lui et sa femme. Mais le frère aîné apprit bien vite comment son cadet avait trouvé le bonheur et il fut assailli par l'envie. Il vint voir son frère et dit : « Frère-cadet, prête-moi donc ta meule. » Le frère cadet aurait préféré garder sa trouvaille pour lui, mais il avait un profond respect pour son frère aîné et il n'osa pas refuser. Wang-l'aîné était tellement pressé d'emporter la meule que Wang-cadet n'eut pas le temps de lui expliquer comment il fallait faire pour l'arrêter. Lorsqu'il voulut lui parler, ce dernier était déjà loin, emportant l'objet de sa convoitise. Très heureux, le frère aîné rapporta la meule chez lui et la poussa du pied. La meule se mit à tourner et à moudre du sel. Elle moulut sans relâche, de plus en plus vite. Le tas de sel grandissait, grandissait sans cesse. Il atteignit bien vite le toit de la maison. Les murs craquèrent. La maison allait s'écrouler. Wang-l'aîné prit peur. Il ne savait pas comment arrêter la meule. Il eut alors l'idée de la faire rouler hors de la maison, qui était sur une colline. La meule dévala la pente, roula jusque dans la mer et disparut dans les flots. Depuis ce temps-là, la meule continue à tourner au fond de la mer et à moudre du sel. Personne n'est allé la retourner. Et c'est pour cette raison que l'eau de la mer est salée.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Les montagnes jumelles de Quan Ba La légende raconte qu’il était une fois, dans ce pays, un bel homme H’mong qui avait le talent de se moucher les lèvres. Sa langue ressemblait au son d’un ruisseau, au son d’un oiseau, d’une forêt profonde et ainsi de suite. Il y a une fée dans le ciel appelée la belle fleur. Un jour, elle entendit le son de la flûte Hmong puis suivit le vent pour s’échapper au paradis et trouver quelqu’un se moquant les lèvres. Après être tombée amoureuse de l’homme H’mong, elle a ensuite décidé de rester sur cette terre avec son mari. Des années plus tard, ils ont un beau garçon. L’empereur de jade découvrit qu’elle s’était échappée dans le monde. Cela rend l’empereur ridiculement en colère. Puis il ordonne à son serviteur de descendre sur la terre et ramène la princesse au ciel. Mais son enfant est encore très petit. Elle la pria de rester dans la crèche mais personne ne céda. Abuser du mari seul pour nourrir son enfant, le lait de son fils manque de lait. Après cela, elle décida de laisser sa paire de seins sous le monde nourri au sein. La paire de seins se développe pour nourrir son bébé en grandissant. Plus tard, elle transformée en deux montagnes en forme de sein maternel Le lac Hoan Kiem La légende voudrait qu’une tortue d’or géante remit à un paysan, au XVème siècle, une épée magique pour combattre le peuple chinois. Une fois la paix revenue, alors que l’homme se promenait sur les rives du lac, la tortue récupéra son bien et disparue à jamais dans les profondeurs La légende de Ba Bé Il était une fois dans la province de Bac Kan... Chaque année, les habitants organisaient la fête Bouddhique (appelée Sans Prix). Des citoyens venant de partout se sont réunis. Un jour, une vieille lépreuse participait à la fête, ses vêtements étaient loqueteux, son corps malodorant, ce qui ennuyait tout le monde. La misérable femme a frappé à toutes les portes dans le village pour mendier. Cependant, ils ont refusé de l’aider de peur d'attraper de la lèpre. Heureusement, il y avait une bonne veuve habitant avec son fils. La veuve a invité la vieille à dîner et à rester la nuit chez elle. À minuit, tout à coup, la veuve et son fils ont été réveillés en étendant du bruit. Ils ouvrirent la porte de la cuisine, la lépreuse avait disparu, ils ont seulement vu un dragon. Ils ne purent se rendormir. Le lendemain matin, la vieille a dit : « Je ne suis pas homme. Je suis un dragon. Je suis une mendiante déguisée pour observer la charité du peuple. Tout le monde m’a repoussée, sauf votre fils et vous. Ils avaient fait entrer le loup dans la bergerie alors Bouddha les punissait en créant un déluge. Elle leur dit: quand la source d'eau commencera à affluer ici, vous devrez rapidement escalader la montagne. La mendiante remit à la veuve un grain de paddy et une poignée de cendres en lui demandant de les éparpiller autour de sa maison, en cas d'inondation, et de décortiquer le grain de paddy en retenant la belle. C’étaient deux précautions pour sauver leurs vies. Après la vieille disparu. Au cours de la journée suivante, alors que les gens se bousculent à la fête bouddhiste au milieu du village, brusquement, l'eau s’est mise à couler de partout. Ils sont montés sur les toits et les arbres. Mais le niveau d’eau s’est élevé. La vallée était inondée en quelques minutes. De nombreuses personnes sont mortes. La veuve et son fils ont couru à la montagne et ont jeté les deux balles de paddy dans l’eau. Magiquement, les deux balles sont devenues un grand bateau. Malgré la forte pluie, la famille de la veuve a embarqué. Ne demeurèrent que la veuve et son enfant qui survécurent grâce à la pirogue née de la balle de paddy et à leur maison entourée de cendres, devenue aujourd'hui l'île de Ba Goa ( l'île de la Veuve). Sur la montagne, ils avaient construit une petite tente. Plus tard, cet endroit est devenu un village peuplé, appelé Cinq Zones. La vallée s’est transformée en trois grands lacs, il est donc appelé Ba Be. L'eau circule trois lacs
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Légende de Pan Hou. C’est au douzième jour du douzième mois de l’année Jing Ding que l’empereur Zheng Zhong proclama l’existance de douze clans Yao dans la période de règne de l’empereur Ping Huang. Le décret informa la naissance du peuple Yao créé par un Chien Dragon qui avait un mètre de long avec une robe jaune rayée et qui ne ressemble en aucun cas à un chien ordinaire. Un jour le roi Kao Wang régnant dans un royaume ennemi déclara la guerre à l’empereur Ping Huang. Un conseil de ministre fut réuni et l’empereur demanda lequel de ses fidèles soldats pourra faire face à Kao Wang. Aucun volontaire ne se prononça et soudain un Chien Dragon du nom de Pan Hu se dressa devant l’Empereur, à la surprise générale. Il demanda à Ping Huang l’autorisation d’affronter le terrible Kao Wang. Comme c’était un chien Kao Wang ne pouvait pas se douter de ses intentions et pensait qu’il n’oserait pas toucher une créature plus faible que lui. Entendant ce discours, l’Empereur approuva la demande de Pan Hu et lui promit de donner la main de sa troisième fille s’il réussissait son devoir. Devant une telle bravoure, le prince du paradis, se sentait concerné donna à Pan Hu des médicaments afin qu’il survive contre la faim et le froid durant son chemin, Il ordonna également au prince la Tortue géante d’aider l’esprit de Pan Hu lors de sa traversée en mer. Après sept jours et sept nuits de voyage, Pan Hu arriva devant le palais du roi Kao Wang. En le voyant entrer, le roi s’exclama: « Ce Ping Huang doit avoir un cœur de pierre, il a un dragon-chien d’une beauté rare mais n’est pas capable de s’en occuper, c’est pourquoi il vient à nous! Sûrement que la défaite de Ping Wang va arriver. J’ai entendu dire qu’un cochon apportait le mal et qu’un chien apportait le bien, cela signifierait que ce chien va nous amener la prospérité et le bonheur ».Kao Wang l’amena dans une des plus luxueuses chambres de son palais et lui prodigua toutes les attentions en lui faisant apporter les mets les plus délicieux, en le chérissant comme s’il était un trésor d’une immense fortune, en lui laissant l’honneur de s’assoir à ses côtés lorsqu’il donnait des conférences. Quelques temps plus tard le roi ne se préoccupait plus des affaires de son royaume mais se consacrait à la luxure, c’était en ce moment qu’il devenait le plus vulnérable, que son autorité et son pouvoir le réduisait à un homme faible et inoffensif Pan Hu en profita pour l’attaquer et le tuer. Pan Hu avec la tête de Kao Wang entre sa gueule, retourna chez l’Empereur, en racontant l’histoire une fois arrivé au palais, Ping Wang lui dit « Nous sommes fiers de toi et te récompenser de ta bravoure , nous avons décidé de te transformer en prince, aussi je te donne la main de ma troisième fille ainsi tu pourras perpétuer la lignée de ton espèce »Il se maria avec la princesse et vivaient dans une maison, construite sous les ordres de Ping Huang dans la montagne Hui Ji, avec deux servantes pour s’occuper d’eux. Plusieurs années ont passées et la princesse donna naissance à six garçons et six filles. Apprenant la nouvelle, l’Empereur proclama une nouvelle race de gens qui s'appelait les Yao, parce qu’ils étaient crées par un chien et un humain, il permit à cette nouvelle race de s’appeler les Yao, aussi les descendants de cette race devrait porter les douze noms qui sont: Pan. Lee. Zhao. Liu. Deng. Yang. Chen. Tang. Zhu. Hu. Luo et Fong.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Le bétel et l'aréquier Sous le règne du quatrième roi Hung Vuong (du troisième, disent certains), un mandarin du nom de Cao avait deux fils, Tân et Lang, qui sans être jumeaux, se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, au point que leur propre mère les confondait entre eux. Ils étaient très beaux, ils s'aimaient tendrement et on ne les voyait jamais l'un sans l'autre.

Les deux frères étaient encore jeunes (de douze à quatorze ans, disent les uns ; dix-sept et dix-huit ans, selon les autres), quand un incendie enleva leurs parents avec tous leurs biens. Se trouvant du jour au lendemain sans ressources et sans amis, ils partirent ensemble chercher du travail au loin.Le hasard les fit frapper chez le mandarin Luu, un homme très pieux, qui avait connu leur père. Il les accueillit chez lui et se prit d'affection pour eux, d'autant qu'il n'avait point de fils, mais seulement une fille. Bientôt il voulut la donner à l'un des orphelins. Ces derniers étaient tous deux sensibles aux attraits de la jeune fille, qui, de son côté, ne savait comment choisir entre des garcons aussi semblables de visage et d'esprit ; ils rivalisaient d'ailleurs de générosité entre eux, chacun voulant céder à son frère la main de celle qu'il commencait à aimer. Le mandarin fit préparer par sa fille un repas à leur intention, espérant découvrir une solution au cours de la rencontre. Sur son ordre, la jeune fille apporta deux bols de bouillie de riz, avec une seule paire de baguettes et les leur présenta. Sans réfléchir, le cadet prit les baguettes et les offrit, comme il le devait, à son ainé. Le mandarin désigna ce dernier pour son gendre Dans son affection pour son frère et dans sa volonté de suivre son devoir, Lang triompha aisément du penchant qu'il avait pu éprouver pour celle qui devenait sa belle-soeur. Cependant Tân, tout à son nouveau bonheur, négligea les liens du sang et délaissa Lang. Celui-ci souffrit beaucoup dans son isolement, d'autant que les sentiments qu'il nourrissait pour son frère et sa belle-soeur étaient forts et purs. Un matin, n'y tenant plus, il quitta la maison commune. Longtemps il alla droit devant lui, insensible à la fatigue, jusqu'au moment où il rencontra un fleuve qu'il ne put traverser. Il s'assit sur la rive et, pensant à son pauvre sort, il mourut de douleur. Il fut métamorphose en une pierre. Quand son frère s'apercut de sa disparition, il comprit et se reprocha son égoisme. Plein de remords, il partit à sa recherche ; au bout de quelques jours de marche, il parvint au bord de la même rivière. Épuisé, il s'assit par terre, à côté de la pierre, contre laquelle il s'appuya. Il fut changé en un arbre au tronc droit terminé par une touffe de feuilles La femme, inconsolable de son absence, partit à son tour sur ses traces. Elle réussit à se trainer jusqu'au pied de cet arbre, qu'elle embrassa pour ne pas tomber, et pleura en pensant à son mari, jusqu'à en mourir. Elle fut transformée en une plante grimpante qui s'enroula autour du tronc élancé.

Avertis par un songe, les habitants de la region élevèrent un temple à la mémoire des trois amants malheureux ; sur le fronton, on pouvait lire ces caractères : Frères unis, époux fidèles. Plus tard, au cours de l'année de sécheresse exceptionnelle qui marqua la fin du règne du quatrième roi Hung Vuong tandis que tous les autres végétaux dépérissaient, l'arbre et sa liane demeuraient seuls verdoyants au milieu de la désolation environnante. A la nouvelle du prodige, de toutes parts les pèlerins affluèrent au temple.

Le roi lui-même s'y rendit et, ce fut alors qu'il apprit des notables du village l'histoire des trois métamorphoses. Il en fut frappé et, cherchant à pénétrer les intentions divines, il interrogea ses conseillers mais personne ne trouva de réponse. A la fin, le ministre de la justice, un grand et sage vieillard, dit au roi :

''Sire, quand on veut s'assurer de la consanguinité entre frères et soeurs, ou de la paternité d'un bâtard, on fait saigner les intéressés et l'on recueille leurs sangs dans le même bol. Si le mélange est intime après la coagulation, la réponse est positive. Nous pourrions peut-être écraser ensemble des feuilles de la plante grimpante avec un fruit de l'arbre et un fragment de cette pierre réduit en poudre ?...''

L'avis fut écouté, on chauffa la pierre, qui s'effrita, on broya le mélange, qui prit bientôt une belle couleur rouge : l'épreuve était concluante. Le vieux ministre conseilla alors à Hung Vuong de faire répandre la culture de ces deux plantes, et elles devinrent, sous les noms d'aréquier et de bétel, le symbole de l'amour fraternel et de l'amour conjugal. On commenca par faire mâcher les feuilles et les noix, avec un peu de chaux, par les jeunes mariés ou par les frères et soeurs, afin d'entretenir l'affection commune. Puis, l'habitude se propagea très vite de chiquer, dans toutes les rencontres, entre gens qui se connaissent ou veulent ''faire connaissance''. De nos jours, on trouve encore, surtout à la campagne, des amateurs pour ce mélange un peu grisant, qui peut paraitre amer pour un étranger, mais qui réserve à ses derniers amis sa fraicheur, son parfum et sa douceur mariée à sa légère amertume. Si la chique de bêtel était ainsi devenue l'entrée en matière de toute conversation, comme disait le vieil adage rythmé, l'usage en était particulièrement observé à l'occasion des grands événements de la vie : naissance, mariage, décès, ainsi que dans toutes les cérémonies religieuses, publiques ou privées. Pour un mort, un ancêtre, une divinité, la chique de bétel constituait, avec le bol d'eau fraiche, l'offrande la plus pure. Mais c'était autour du mariage et de l'amour que la coutume gardait sa signification première. Traditionnellement, tout entretien galant commençait par l'offre d'une chique de bêtel ; entre personnes de. sexes différents, c'était une invitation et une avance. En l'acceptant, vous vous engagiez, plus ou moins suivant les circonstances.

Il fallait donc savoir refuser, à l'occasion

L'invention des moustiques Il était une fois, dans une région lointaine du Viêt Nam, un jeune paysan, brave et généreux, prénommé Ngoc Tâm. Il avait une femme très belle et très élégante. Contrairement à son mari, qui était économe et laborieux elle était paresseuse et adorait le luxe. Malgré cela, Ngoc Tâm aimait son épouse et lui pardonnait tout. Malheureusement, cette union ne fut que de courte durée, car la jeune femme mourut brutalement un beau matin. Désespéré, Ngoc Tâm ne voulut pas se séparer du corps de son épouse et s'opposa à son ensevelissement Après avoir vendu ses biens, il s'embarqua avec le cercueil dans un petit bateau à voile, un sampan, et erra au gré du courant, n'ayant en tête aucune destination précise. Un jour, son sampan l'amena au pied d'une colline verdoyante et parfumée. Descendu à terre, il découvrit un paysage d'une grande beauté avec des fleurs rares et des arbres chargés de fruits variés. Il rencontra soudain un vieillard à la barbiche et aux longs cheveux blancs. Il se dégageait du vieil homme une grande sérénité et une miséricorde étonnante. Ngoc Tâm comprit qu'il avait devant lui un génie des lieux. Il se jeta à ses pieds, l'implorant de rendre la vie à sa femme. Pris de pitié, le génie lui dit : « Je vais exaucer tes vœux, car ton amour et ta douleur sont sincères. Mais puisses-tu ne pas le regretter plus tard ! » Puis il demanda au paysan d'ouvrir le cercueil, de se couper le bout du doigt et de laisser tomber trois gouttes de sang sur le corps de la défunte. Aussitôt, celle-ci ouvrit les yeux comme si elle sortait d'un long sommeil. Avant de partir, le génie s'adressa à la femme : « N'oublie pas tes devoirs d'épouse. Pense à l'amour que ton époux te porte et à son dévouement. Soyez heureux tous deux. » Pressé de regagner son foyer, Ngoc Tâm rama jour et nuit. Un soir, il dut accoster pour aller acheter des provisions. Pendant son absence, la grande barque d'un riche marchand vint s'amarrer à côté de la sienne. Frappé par la beauté de la jeune femme, le marchand entra en conversation avec elle, finit par la séduire et par l'emmener avec lui vers une nouvelle destination. À son retour, Ngoc Tâm, furieux, décida de se lancer à la poursuite du riche marchand. Il parvint à retrouver ce dernier après de longs mois de recherche. Il retrouva également sa femme et lui proposa de le rejoindre. Habituée à la vie luxueuse que lui offrait le marchand, celle-ci refusa. D'un coup, le paysan fut guéri de son amour et dit à sa femme : « Tu es libre de me quitter. Mais tu dois me rendre les trois gouttes de sang que j'ai versées sur ton corps pour te ranimer. » Heureuse de se débarrasser à si bon compte de son stupide mari, elle s'empressa de se piquer le doigt. Mais au moment où le sang commença à couler, elle s'écroula morte. Toutefois, elle ne pouvait pas se résigner à quitter définitivement ce monde. Elle y revint transformée en un minuscule insecte poursuivant sans relâche Ngoc Tâm, pour lui voler les trois gouttes de sang qui la ramèneraient à la vie humaine. C'est cet insecte que l'on appelle « moustique ».
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Le Dragon : « Long » Selon la légende, les Vietnamiens seraient les descendants du dragon Lạc Long Quân (créature de la mer) et de la fée Âu Cơ (créature de la montagne et de l’air) qui aurait donné naissance à 100 œufs dont seraient éclos 100 garçons. Le Dragon est aussi lié à la naissance du premier royaume de la nation, ce qui fait du Dragon la créature mythique la plus importante parmi les quatre animaux sacrés. Pour les Vietnamiens, le dragon symbolise le pouvoir, la noblesse et l’immortalité. Puisqu’il représente le pouvoir, c’est un symbole spécial des empereurs vietnamiens. Le dragon avec cinq griffes était réservé à l’usage impérial, tandis que celui avec quatre griffes était destiné à l’usage des dignitaires royaux et des hauts fonctionnaires de la cour. Pour les roturiers, leurs dragons ne peuvent avoir que trois griffes. Jadis habitait dans les eaux d'Halong un énorme dragon « grand comme le monde et haut comme le ciel ». Il était si grand que lorsqu'il se déployait, « son corps soutenait toute la terre d'Annam, son cœur était à Huê, ses membres s'étendaient entre les deux deltas du nord et du sud » . Un jour, les esprits des eaux décidèrent de le tuer, s'alliant à des hommes, à des poissons, à des esprits de l'air. Le dragon, méfiant, lança vers eux un jet de flammes ; son souffle était si puissant que tous demeurèrent pétrifiés pour l'éternité. Tinh, le génie des eaux contraires, fut transformé en rocher pointu ; le crapaud eut les pieds enracinés dans l'eau ; l'épouse du vent mauvais pu conserver son beau profil dans la roche ; la tortue laissa émerger son beau dos couvert de forêt. Ainsi naquit le paysage qui compose la baie d'Along aujourd'hui et qui en fait le lieu merveilleux que l'on connaît.

La Carpe « Chaque année à la saison des pluies, l'Empereur de Jade ordonnait aux dragons de faire jaillir de l'eau sur la terre pour permettre aux paysans de planter du riz. Comme les dragons n'étaient pas nombreux, ils avaient bien du mal à honorer leur tâche. C'est ainsi que les Paysans durent plusieurs fois supporter des sécheresses de plusieurs années. L'Empereur de Jade décida alors d’organiser un concours entre tous les animaux, et particulièrement entre les poissons et les crevettes, pour qu'ils puissent se transformer en dragons. Chaque animal devait franchir trois échelons de vagues. La tanche réussit à franchir la première vague mais échoua à la seconde. La crevette fut plus talentueuse, elle passa sans encombre les deux premiers et déjà les effets de la transformation en dragon se firent sentir. Les écailles lui couvrirent le corps, des pinces lui poussèrent sur la tête, mais lors du troisième saut elle échoua et retomba à la renverse si durement qu'elle planta la tête dans le sol, ses entrailles lui remontèrent à la tête et son dos resta courbé à tout jamais. Puis vint le tour de la carpe. Elle prit son élan et franchit d'un seul trait les trois échelons de vagues. Alors elle traversa en vainqueur la Porte de « Vu Mon » et se transforma en dragon comme promis. Depuis lors toute personne qui a une bonne chance est comparée à cette carpe victorieuse. »

Le Tigre et le Dragon En des temps très lointains, dans les belles montagnes du Vietnam, sous la dynastie des Hô, vivait un homme qui fuyait les Chinois. Il avait trouvé refuge dans une caverne et il y séjournât de nombreuses années en se nourrissant frugalement d’herbes et de graines trouvées aux alentours. Un jour en se baladant, il fut témoin d’une scène incroyable. Dans le ciel un dragon jaune jouait avec une perle et sur la terre un tigre blanc le regardait en sortant ses griffes. Le dragon fit mine de ne pas le voir, mais le tigre se mit à parler le premier en lui signifiant, sur un ton de menace, qu’il était le roi des animaux à poils. Le Dragon lui répondit qu’il était le roi des animaux à écailles et le premier des animaux symboliques. Le tigre comprit qu’il valait mieux ne pas s’y frotter mais se lançât dans un duel oratoire dans lequel chacun d’eux déversa des propos peu agréables. L’ermite qui avait suivi la conversation avec beaucoup d’intérêt se pressa d’aller voir un philosophe pour savoir lequel était le meilleur ? Tigre ou Dragon ? Le philosophe, après un temps de réflexion, lui fit comprendre, que la perfection réunit la force du tigre et l’esprit du dragon, et c’est bien la combinaison des deux principes qui permet la production d’animaux par le ciel et par la terre. Le premier est le tigre et le second le dragon. Comme dans le yin et le yang, il y a des parties de dragon dans le tigre, et des parties de tigre dans le dragon.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Bac Ma (cheval blanc) Une légende raconte que le roi Ly Thai Tô, qui régnait au XIe siècle sur les environs de Hanoï, avait en rêve aperçu un cheval blanc. Ce cheval était venu le prendre la nuit dans sa citadelle et l'avait conduit jusqu'à l'emplacement de la bataille contre les Mongols. Une fois cette bataille livrée, le cheval était à nouveau venu chercher le roi et l'avait emporté jusqu'au site qui devait devenir la nouvelle capitale, Thang Long. Pour le remercier, le roi fit édifier ce temple.

Le Carambolier Il était une fois deux frères qui se partagèrent un héritage, à la mort de leurs parents. L'aîné, cupide et avare, s'empara de tous les biens et laissa à son cadet et à sa femme seulement une paillote délabrée et un carambolier aux fruits juteux mais rabougris. Mais ces deux époux cadets ne s'en plaignaient guère et se contentaient de ce maigre avoir. Ils prenaient soin de leur carambolier et l'arrosaient sans cesse de manière que l'arbre reprit vigueur et porta une quantité de fruits. Quand les caramboles commencèrent de mûrir, un corbeau d'une taille extraordinaire venait chaque matin en manger. Il était impossible pour ce couple de l'en chasser quoi qu'il fît.

L'épouse navrée se lamentait: "Malheur à nous. Pauvres que nous sommes, nous comptons beaucoup sur ce que nous rapporte le carambolier et voilà que l'oiseau ravage tout. Nous connaîtrons probablement la faim". Miracle! Le corbeau entendit les lamentations, se pencha et répliqua d'une voix d'homme:" Des caramboles je mange, de l'or je rends, munissez - vous d'un sac de trois livres et suivez-moi pour en chercher". Apeurée, la femme se précipita dans la chaumière pour chercher son mari. Ils se concertèrent et décidèrent de coudre le sac suivant la mesure indiquée, dans l'attente d'un éventuel retour de l'oiseau.

Quelques jours plus tard, l'oiseau revînt, mangea tout son saoul de caramboles puis descendit de l'arbre pour inviter l'époux à prendre place sur son dos avec le sac. Puis ils disparurent ensemble à l'horizon. Effrayé, le cadet ferma les yeux. L'oiseau le transporta très loin avant d'atterrir sur une île déserte, remplie de pierres précieuses. Libre d'en prendre autant qu'il pût. Il remplit son sac et le corbeau le ramena chez lui. Depuis ce jour, le couple connut l'opulence, vivait dans des demeures luxueuses. Il venait en aide souvent aux pauvres. A l'occasion de la commémoration de la mort de ses parents, le couple invita l'aîné à venir chez lui. Plein de mépris pour le cadet, l'aîné chercha prétexte pour se dérober et exigea que le cadet tapissât le chemin de nattes et dorât le portail si ce dernier voulait le recevoir.

Le cadet respectueux de son aîné, s'exécuta selon le vœu de ce dernier. Celui-ci et son épouse furent surpris devant l'opulence et la richesse du couple cadet. Curieux, l'aîné chercha habilement à pénétrer le mystère. Son cadet, honnête et franc, n'hésita à lui raconter l'histoire du corbeau géant qui l'avait emmené chercher de l'or. Le couple aîné proposa d'échanger sa fortune contre seulement la paillote et le carambolier juteux. Les cadets obtempérèrent. Un jour, le corbeau revint manger des caramboles et fit la même recommandation: un sac de trois livres pour aller chercher de l'or. L'aîné, cupide et curieux, emmena deux gros sacs de six livres chacun et une fois sur place les remplit de l'or. Sur le chemin de retour, plié sous le poids démesuré de ces deux sacs, l'oiseau qui n'en pouvait plus, tangua et l'aîné fut balancé dans la mer et s'y noya.

L'aîné fut l'objet de beaucoup de mépris quand on connut l'histoire de son avidité et de sa cupidité. Dieu vient toujours en aide aux bons et punit toujours les méchants.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Génie des Montagnes & Génie des Fleuves Le dix-huitième roi Hùng Vuong avait une fille Mi Nuong, d'une extraordinaire beauté. Quand elle arriva à l'âge de se marier, sa réputation éclata encore davantage. Le roi décida de lui choisir un mari talentueux. Un jour, deux jeunes hommes, brillants d'intelligence et de beauté arrivèrent fortuitement en même temps et demandèrent la main de Mi Nuong. L'un s'appellait Son Tinh, génie des Hautes Montagnes et des Forêts Profondes, l'autre, Thuy Tinh, génie des Fleuves et des Mers Immenses. Le roi, embarassé, ne sut lequel choisir car tous les deux avaient des talents incomparables et une puissance infinie. Après un moment de réflexion, le roi les placa devant un défi: cent plateaux de riz gluant, un éléphant à neuf défenses, un coq à neuf ergots, un cheval à neuf crinières rouges. Celui qui apportait le tout le premier était l'époux de Mi Nuong. Le lendemain, dès l'aube, Son Tinh arriva le premier avec tous les présents et emmena la belle dans les montagnes. Thuy Tinh se présenta après, muni de toutes les offrandes mais la princesse était partie. Confus et furieux, Thuy Tinh s'élança, élevant le niveau des eaux, décidé de pénétrer dans les montagnes et d'enlever Mi Nuong. Son Tinhéleva le monts encore plus haut. Thuy Tinh déploya son génie, battit le rappel des vents, des tempêtes, des éclairs et de la foudre, ébranlant toute la montagne et la forêt. Son Tinh maintint les monts inébranlables. Thuy Tinh recourut aux troupes marines et s'élança avec le courant, donna massivement l'assaut. Son Tinh, avec des filets de fer, coupa la route des renforts, roula des rochers pour combler les âmes et écraser les monstres marins qui flottèrent à la dérive. Après trois jours et trois nuits, chaque jour battu davantage, Thuy Tinh se résigna à retirer ses troupes et à ramener les flots. Pour assurer sa tranquillité Son Tinh opéra le miracle d'élever les deux montagnes des époux au plus haut des demeures des Dieux. Plus tard, le peuple les appellera Montagne du Monsieur et Montagne de la Dame, au pied desquelles un temple fut dédié à Son Tinh et à Mi Nuong.

Thac Tac Tinh, la cascade de l'amour La légende raconte qu'une jeune fille de minorité Dao, Lau Lan, magnifique comme la forêt de Lan est tombée amoureuse d'un garçon du village mais leur bonheur n'a pas été long, le garçon No est pauvre, le père de la jeune fille avait prévu un riche mariage pour sa fille., , Fin tragique: Lau Lan et No se sont unis pour l'éternité se jetant du haut de la cascade.

Partout dans le Nord-Ouest, on danse le xoè. Mais c’est à Muong So que cette «spécialité» a pris naissance. La légende veut qu’un seigneur du nom de Đèo V ăn Ơn, fasciné par la grâce et par la souplesse des jeunes filles qui dansaient le xo è, ait décidé de créer trois troupes de danse. Les danseuses étaient alors choisies pour leur beauté, selon des critères de sélection que ne renieraient pas les organisateurs de concours de beauté…

L'enfant et le buffle Il y a fort longtemps, l’homme menait le buffle aux champs en le tirant par une corde attachée simplement à ses cornes. Cette tâche n’était pas toujours aisée car l’animal allait souvent où il voulait. Un jour, un paysan eut l’idée de passer un anneau dans ses naseaux et d’y nouer la corde. Depuis, le buffle a suivi docilement l’homme et l’a aidé dans de nombreux travaux agricoles. C’est ainsi que l’on confia, même la garde de l’animal apprivoisé aux enfants. Un jour, après une matinée de labeur, un jeune gardien laissa son buffle paître tranquillement à la lisière de la forêt. Survint un tigre. En ce temps, l’animal n’avait pas de rayures noires sur son magnifique pelage jaune. Le féroce animal s’étonna de l’obéissance du puissant buffle, que lui-même craignait, envers un si jeune enfant. Il lui demanda : - Buffle, pourquoi obéis-tu à ce frêle humain, toi dont la force égale la mienne ? Le buffle lui répondit : - Physiquement, le petit homme est faible, mais son intelligence est plus puissante que nos cornes et nos griffes ! Étonné, le tigre s’adressa alors au garçon : - Dis-moi, petit homme, où est donc cette “intelligence” qui effraye tant le puissant buffle ? Le petit gardien lui répondit sans perdre son sang-froid : - Monsieur le tigre, je n’ai pas apporté mon intelligence avec moi aujourd’hui. Je l’ai laissé à la maison. - Alors, va la chercher que je puisse me faire ma propre idée à son sujet, lui suggéra la tigre. - Mais tu vas profiter de mon absence pour dévorer mon buffle ! Si tu acceptes que je t’attache, j’irai chercher mon intelligence pour te la montrer. Le tigre hésita mais, poussé par la curiosité, il accepta la proposition. Le garçon demanda au tigre de s’aplatir contre un solide tronc d’arbre, il prit ensuite une longue corde et l’attacha solidement en faisant plusieurs tours autour de l’animal féroce et de l’arbre. Une fois qu’il eut fini, il prit un gros gourdin et se mit à battre le tigre, en s’exclamant : - Tiens, la voici mon intelligence, observe- là donc de près !! Sous les coups, le tigre se débattit de douleur et de rage. Il se débattit si violemment que sa peau fut brûlée, à force de frottements contre les cordes. Depuis ce jour, les tigres ont des rayures noires sur leur robe jaune. Le tigre parvint finalement à se dégager et s’enfuit dans la forêt sans demander son reste. Le buffle, qui assistait à la scène, fut pris d’un fou rire. Il riait en secouant si fortement sa lourde tête qu’il cogna sa mâchoire par terre à s’en casser les dents. Depuis ce jour, les buffles n’ont plus de dents à leur mâchoire supérieure !

Le Buffle Lors de la création du monde, l'homme était carnivore. De peur que le peuple ne prit l'habitude de tuer les animaux et finisse par devenir mauvais, l'Empereur de Jade décida un jour de lui fournir du riz. Un génie-mandarin de la cour royale fut envoyé sur terre avec un boisseau de graines de riz et cinq sacs d'herbe, il avait comme consigne de semer d'abord le riz, l'herbe ensuite. Arrivé très fatigué, ici-bas, le génie oublia les directives de l'Empereur et sema l'herbe en premier lieu. L'herbe poussa si vite, qu'en fort peu de temps, elle recouvrit la terre entière, ne laissant aucune place pour le riz. Mécontent de son envoyé distrait, l'Empereur de Jade l'exila définitivement dans le bas monde, non sans l'avoir préalablement transformé en buffle. Depuis, ce génie-buffle doit, en guise de punition, manger toute l'herbe qui se trouve à la surface de la terre. Tant qu'il n'aura pas rempli sa tâche, il ne pourra se libérer de cette corvée, ni reprendre sa forme initiale. Malheureusement pour lui, l'herbe a toujours poussé, si rapidement qu'il n'a jamais pu arriver au bout de sa peine. On dit que les buffles d'aujourd'hui sont les descendants de ce génie inattentif, malgré leur ténacité, n'ont pas encore réussi à se dégager de la divine sanction.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
La légende du Khène Il était une fois, un roi qui, fatigué par la chasse, se reposait dans la forêt. Soudain, des chants d’oiseau flottant dans le vent dissipèrent sa lassitude. Émerveillé, il dit à ses soldats : «Celui d’entre vous qui aura créé un instrument de musique capable de reproduire ces sons aura une récompense royale». Le chef de sa garde promet de le lui faire. Rentré chez lui, il passe de longues journées à réfléchir sans trouver de solution. Revenu à la forêt, il écoute les oiseaux, le vent et l’eau qui cascade. Soudain, une idée faillit dans son esprit : il coupe quelques roseaux et les adapte à une grosse racine d’arbre, inventant le khène.Le roi, se sent ragaillardi au son de cet instrument, il lui donne le nom de khène (repos et relaxation). Une autre explication sur l’origine du khène, moins poétique, serait plus vraisemblable. Il serait issu du vot, jouet paysan fait de flûtes de bambou qu’on fait tourner en l’air avec une ficelle, en le lançant d’une personne à une autre. Dans les croyances des H'Mong, le khène sert d’interprète entre le monde des vivants et celui des divinités. En plus d’être un instrument de musique, c’est le symbole de la fraternité entre les membres de la communauté.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Li Xi (étrennes) Jadis, un diable était souvent présent la nuit du Réveillon du Nouvel An. Il aimait bien taquiner les petits enfants qui dormaient en caressant leur tête pour les rendre fiévreux ou stupides. Pour éviter cette malchance, les parents devaient veiller toute la nuit pour s’occuper de leurs enfants et empêcher le diable. Un vieux couple plus de 50 ans était très inquiet pour leur fils et ne savait pas comment faire tandis que le Têt approchait de plus en plus. Un jour, 8 gentilles fées les informèrent du malheur qui devait arriver à leur fils. Puis ils se transformèrent en 8 pièces de monnaies et demandèrent à ce couple de les emballer dans un papier rouge pour ensuite les mettre à côté du fils dans le Réveillon. Quand le diable apparut, ces pièces étaient fortement brillantes et le diable, eu grande peur et s’enfuit à toutes jambes. Ayant connu cette histoire, tous les autres parents du village préparèrent 8 pièces de monnaies couvertes d’un papier rouge pour mettre à côté de leurs enfants en espérant que celles-ci chasseraient le diable et protégeraient les enfants.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Le génie du riz Jadis, les hommes n'avaient pour se nourrir que des racines et des fruits sauvages. La faim et la misère régnaient partout, d'autant que le nombre d’habitants sur la Terre ne cessait de croître et qu'il n'y avait plus, depuis longtemps, assez à manger pour tout le monde. Quand une année de sécheresse s'ajoutait à cela, la situation devenait dramatique. En ce temps- là, dans un village, vivait un jeune couple. L'homme voyait, avec anxiété, son épouse bien-aimée devenir chaque jour plus pâle et plus faible. "Nous ne pouvons attendre de mourir de faim sans rien faire", finit-il par déclarer. "Partons d'ici. Peut-être trouverons-nous, ailleurs dans le monde, de quoi nous nourrir." Ils errèrent longtemps jusqu'au jour où, trop épuisés pour continuer, ils durent s'arrêter. "Notre dernière heure est arrivée, j'en suis sûre", gémit la jeune femme éplorée en posant sa tête sur l'épaule de son mari. Au même instant, à quelques pas d'eux, une nuée d'oiseaux se posa sur le sol et se mit à picorer certains grains jaunes qui se trouvaient là. La jeune femme eut une idée. "Nous devrions peut-être essayer de manger ces grains, nous aussi? Puisqu'ils conviennent aux oiseaux, ils ne peuvent pas nous faire de mal. Et s'ils étaient empoisonnés, nos tourments prendraient fin plus vite!" Ils cueillirent quelques tiges sauvages et mangèrent les gros grains dorés. C'était du riz. Jamais encore ils n'avaient goûté quelque chose d'aussi savoureux ni d'aussi nourrissant. En un clin d'œil, leurs joues affaissées retrouvèrent leur rondeur, et ils se sentirent tous deux beaucoup plus forts et plus vigoureux qu'auparavant. Alors ils rentrèrent chez eux, apportant aux autres hommes ces grains merveilleux. Ils les semèrent, et bientôt la famine disparut sur Terre. En ce temps-là aussi, les grains de riz jaunes étaient bien plus gros qu'aujourd'hui. Il s'agissait, en effet, d'un présent des dieux qui avaient eu pitié des hommes dans la misère. Et ce riz prodigieux ne donnait point de peine aux gens : il suffisait de le semer et de tenir la maison propre. Après quoi, le riz rentrait tout seul des champs jusqu'à chez eux, à condition qu'on ait tendu une corde jusqu'à la paillote pour lui permettre de trouver son chemin. Mais il advint une fois qu'une femme paresseuse, qui n'avait pas fini de balayer sa maison à temps, reçut très mal le riz qui rentrait des champs. Elle se tenait encore sur le seuil, son balai à la main, quand elle le vit arriver. Furieuse, elle lui cria : "Qu'est-ce que tu fais là? Veux-tu bien attendre que j'aie terminé!" Le riz poursuivit tranquillement son chemin. Alors, la femme lui asséna un coup de balai. Elle n'aurait jamais dû faire une chose pareille. À l'instant où le balai sale toucha les grains immaculés, ceux-ci, de honte, explosèrent en milliers de morceaux minuscules. Trop tard pour regretter! À partir de ce jour, les hommes attendirent en vain que le riz rentre chez eux de lui-même. Ils durent le cultiver à la sueur de leur front et le soigner de leurs propres mains et l'abreuver d'eau. Malgré leur travail, ils ne récoltèrent plus que des grains minuscules. Si la pluie se faisait rare, les petites plantes se fanaient, et la faim, de nouveau, s'abattait sur les hommes. Une fois encore, l'empereur du Ciel eut pitié de ces malheureux et leur envoya le génie du riz, le vieux Lua. Lua apprit aux paysans à semer le riz, à repiquer les jeunes pousses tendres, à aménager des rizières avec des canaux d'irrigation et des diguettes. Il se montrait bon et patient. Toutefois, en raison de son âge, il lui arrivait aussi d'avoir des lubies. En temps normal, il parcourait les champs de l'aube au crépuscule et veillait à ce que tout soit en ordre. Quand les hommes apercevaient le petit vieux en guenilles qui arpentait les rizières en souriant et en marmonnant dans sa barbe, ils se chuchotaient les uns aux autres : "La récolte sera bonne, il y aura du riz pour tous, puisque Lua garde nos champs!" Mais quel malheur quand le vieillard se mettait à faire des siennes! Il paradait dans tout le pays, fanfaronnait, chantait à tue-tête et titubait sur ses jambes parce qu'il avait trop bu d'alcool de riz. C'était toujours fort mauvais signe. Les paysans hochaient tristement la tête et murmuraient soucieux : "Lua n'a de nouveau que des bêtises dans la tête, il se moque bien de nos champs!" Ils s'empressaient alors autour de lui pour essayer de lui plaire et lui portaient des offrandes dans l'espoir de retrouver ses faveurs. La plupart du temps, Lua se laissait fléchir et la paix et la tranquillité régnaient de nouveau dans le cœur des hommes. N'importe qui, encore aujourd'hui, peut apercevoir Lua en traversant les rizières prospères. Pas sous la forme d'un vieillard d'antan, non, mais sous celle des jeunes pousses vertes qui portent désormais son nom. (de notre cher ami Pierre)

Le fleuve d'argent Chuc Nu, l'une des plus belles parmi les filles de l'Empereur de Jade, était la plus adroite et la plus laborieuse. Chaque matin, elle allait retrouver son métier à tisser sur les bords du Fleuve d'Argent, et jusqu'au soir, ses pieds appuyaient sur les pédales, tandis que ses mains se renvoyaient la navette fuselée. C'était elle qui habillait toutes les tiên (immortelles) de la cour, et c'est pourquoi son métier mêlait sans relâche son bruit régulier à la chanson des flots d'argent. Tous les jours, le berger Nguu Lang menait paître les troupeaux de l'Empereur le long du fleuve. Tous les jours il voyait la diligente princesse à sa tâche, et il ne pouvait se lasser d'admirer la perfection de son visage et la grâce de ses mouvements. Or ce jeune pâtre était beau, si bien que Chuc Nu ne put demeurer longtemps insensible à ses regards. Et Nguu Lang n'osa croire à son bonheur. Quand L'Empereur de Jade s’aperçût de leur inclination mutuelle, il ne la contraria point, mais leur permit de s'épouser, exigeant seulement que chacun d'eux continuait son métier après leur mariage. Au milieu des délices partagées, Nguu Lang et Chuc Nu oublièrent hélas l'ordre de l'Empereur. Les paysages du ciel offraient leur cadre de rêve aux promenades sans fin des jeunes amoureux qui négligèrent complètement les travaux d'autrefois devenus sans attraits. Laissés à eux-mêmes, les troupeaux vagabondaient à travers les champs du ciel. Le métier ne faisait plus entendre son chant actif et les araignées venaient y tisser leurs toiles. L'Empereur de Jade se montra aussi sévère qu'il avait été bon. Il sépara les deux époux, qui durent reprendre leurs occupations, chacun d'un côté du Fleuve d'Argent. Et depuis lors, tous deux regardent pardessus la nappe lumineuse : loin l'un de l'autre, ils ne cessent de penser l'un à l'autre. Une fois par an, il leur est permis de se rencontrer : au septième mois, qui s'appelle des ''Ngâu'' (1). Chaque fois qu'ils se rencontrent, Nguu Lang et Chuc Nu versent des larmes de joie : ils pleurent de nouveau quand vient le moment de la séparation. C'est pourquoi les pluies tombent si abondamment au septième mois, les ''pluies de Ngau''. De plus, si vous allez à la campagne à cette époque de l'année, remarquez la disparition des corbeaux : ils sont montés au ciel pour porter le pont qui permet aux époux de se rejoindre.

Le crabe Da Trang Tous les matins, dès l'aube, Da Trang le chasseur quittait sa paillote et s’enfonçait dans la foret, avec son arc et ses flèches, pour ne rentrer que le soir, avec les bêtes qu'il avait tuées. Dans la journée, il lui arrivait de passer devant un sanctuaire et de rencontrer dans les environs deux serpents noirs tachetés de blanc. Au début, il en avait peur, mais comme ils ne lui faisaient aucun mal, il s'habitua vite à leur présence ; il finit par comprendre que c'étaient des serpents-génies, et déposa régulièrement du gibier au pied de l'autel. Un jour, en s'approchant, Da Trang entendit un grand bruit de feuilles et d'herbes fouettées. Il accourut et, voyant les deux serpents noirs attaqués par un serpent jaune bien plus gros qu'eux, il prit son arc et tira sur ce dernier, qui fut blessé à la tête et s'enfuit. L'un des deux serpents noirs se lanca à sa poursuite, tandis que l'autre, grièvement mordu, mourut peu après. Da Trang l'ensevelit soigneusement derrière le sanctuaire.La nuit, un génie lui apparut et lui dit : ''Vous m'avez sauvé des crocs de mon ennemi et vous avez rendu les derniers devoirs à ma femme. Voici le témoignage de ma gratitude. ''

Et Da Tràng vit le génie se transformer en un serpent : il ouvrit largement sa gueule et laissa tomber une perle qui luisait dans la nuit. Da Trang avait toujours entendu dire que la possession d'une perle de serpent génie permettait aux hommes de comprendre le langage des animaux ; il la mit donc dans sa bouche le lendemain matin avant de partir en chasse. À peine entré dans la foret, il entendit une voix qui descendait d'un arbre :''A droite, à deux cents pas, qui voit un daim ? A droite, à deux cents pas, qui voit ?'' C'était un corbeau qui le conseillait ainsi; Da Trang l'écouta et, quand il eut abattu sa proie, l'oiseau cria : ''N'oubliez pas ma récompense ! N'oubliez pas !'' Da Trang s’aperçut que de son côté le corbeau le comprenait. À sa question ''Que veux-tu ?'' l'autre répondit : ''Les entrailles ! Seulement les entrailles !'' Da Trang ne manqua pas de s'acquitter. Le lendemain, le corbeau revint et le renseigna de nouveau, et c'est ainsi qu'ils devinrent associés, Da Trang prenant toujours soin de déposer en un endroit convenu la part de son compagnon. Un jour, cette part fut dérobée par quelque bête avant l'arrivée du corbeau. Celui-ci crut à un oubli de Da Trang et vint se plaindre chez lui. L'homme protesta, tous deux finirent par se disputer ; le corbeau se mit insulter Da Tràng, et celui-ci, dans sa colère, lui décocha une flèche empoisonnée. Mais l'oiseau sut l'éviter et, s'envolant à tire-d'aile, il ramassa la flèche à l'endroit où elle était tombée, criant: ''On se vengera ! On se vengera !'' Quelques jours après, Da Tràng fut arrêté : on avait découvert sur le corps d'un noyé la flèche empoisonnée marquée à son nom. Malgré ses protestations, il fut jeté en prison. Quelqu'un qui fut bien étonné, ce fut le geôlier de notre chasseur : il l'entendit rire et parler tout seul. Il le crut fou, alors que Da Tràng causait tout simplement avec les bestioles de sa cellule, priant les moustiques et les punaises de ne pas le piquer, ou répondant à leurs appréciations sur la peau des prisonniers qui l'avaient précédé dans ces lieux... Une fois, il surprit une conversation entre qui racontaient comment plusieurs des greniers royaux, mal gardés, avaient été vidés par eux. Da Trang demanda immédiatement à voir le gouverneur de la prison. D'abord sceptique, ce dernier finit par signaler le fait et l'on s’aperçut que Da Trang n'avait pas menti. Peu après, des fourmis qui transportaient en hâte leurs œufs et leurs provisions dans les endroits élevés, interrogées par Da Trang, lui annoncèrent qu'une grosse crue était imminente Prévenu, le gouverneur s'empressa cette fois d'en référer au roi, qui fit prendre d'urgence les mesures nécessaires. Trois jours plus tard, les eaux du grand fleuve montèrent rapidement et débordèrent, inondant d'immenses régions. Le roi fit alors venir Da Tràng. Il apprit de sa bouche toute la vérité, depuis l'histoire des serpents jusqu'à la vengeance du corbeau, et put examiner la perle miraculeuse. Émerveillé, il vit immédiatement tout le parti qu'il pouvait en tirer dans l'intérêt général. Il comptait aussi découvrir pour son compte plus d'un secret de la nature et des merveilles ignorées du reste des hommes. Mais il ne voulut pas priver Da Tràng de sa perle et le garda près de lui, le consultant souvent, se faisant répéter tout ce qu'il entendait. Da Tràng vécut ainsi heureux entre son roi et les animaux de toute sorte, depuis les plus petits jusqu'aux plus grands, ceux qui volent, ceux qui marchent, ceux qui rampent. Au début, le roi se passionnait pour ces conversations, et y consacrait. une bonne partie de son temps. Il s’aperçut que les bêtes ne sont pas aussi simples qu'on le croit, que les hommes ont tort de les mépriser, à moins de se mépriser aussi eux-mêmes car elles leur ressemblent étrangement et chaque espèce forme un monde avec ses absurdités, ses cruautés et ses misères, tout à fait comparables à celles qui ornent les sociétés humaines. Puis il se lassa vite d'écouter ces bavardages. Dans l'espoir d'autres découvertes, il emmena Da Tràng avec lui dans de longues promenades en mer. Ils interrogèrent les poissons les plus divers, mais là encore, les entretiens intéressants étaient rares, et le roi ne tarda pas à constater que, tout comme les animaux de la terre, les habitants des eaux parlaient le plus souvent pour ne rien dire ou seulement pour faire du mal. Par un beau matin de printemps, laissant Da Trang se reposer à l'ombre d'une voile, le roi suivit des yeux les ébats d'une bande de dauphins. La brise ridait le calme visage de la mer, ensoleillée et faisait courir des paillettes éblouissantes. Tout à coup, Da Tràng prêta l'oreille et se pencha au-dessus de l'eau : une seiche nageait à côte de la barque royale et, tout en nageant, elle chantait d'un air joyeux : Nuage, nuage blanc, Qui nage, nage, lent, Dans les eaux bleues du ciel. C'était si drôle, cette seiche qui chantait en se balancant en cadence, presque à la surface, que Da Tràng éclata de rire : la perle glissa de sa bouche et tomba dans la mer L'émotion du roi fut vive, sans égaler le désespoir de Da Tràng. On nota l'emplacement, fit venir les meilleurs plongeurs du royaume, mais leurs recherches furent vaines, comme on pouvait le prévoir. Si le roi en éprouva des regrets sincères, ils ne furent pas durables : il avait ses occupations et d'autres distractions. Mais Da Tràng, lui, demeura inconsolable. Il y pensa jour et nuit, ne prit plus gout à rien, et malgré les bontés du monarque, qui n'oubliait pas les services rendus, il pleurait sans fin l'irréparable perte. A force de retourner dans son cerveau affaibli les moyens de retrouver son bien, il conçut l'idée de combler la mer. Il rassembla toute une armée d'ouvriers, qui chaque jour déversèrent sur la plage des centaines de charrettes de sable. Le roi le laissa faire d'abord par indulgence. Puis il dut arrêter la tentative insensée. Da Tràng se rongea et mourut sans avoir recouvré toute sa raison. Il exigea d'être enseveli à l'endroit même où il surveillait les travaux de comblement, face à la mer qui lui avait ravi son trésor.

Quand vous serez au bord de la mer, allez sur la plage, de bon matin, à la marée descendante ; vous y remarquerez d'innombrables petites boules de sable c'est l'oeuvre des crabes da-tràng, qui pullulent sous vos pas et qui, à la moindre alerte, disparaissent dans leurs trous. À l'aide de leurs pinces, ils roulent très rapidement le sable en boule, mais une seule vague suffit pour détruire tout leur travail. lls recommencent à creuser et à rouler, infatigables, amassant pour le temps qui dure jusqu’à la vague suivante.

On dit que l'âme inconsolée de Da Tràng, passée dans ce peuple de crabes minuscules, ne cesse de penser à la perle magique et poursuit sa tentative de combler la mer.

Da Tràng xe cat bê dông Nhoc minh mà chang nên công can gi. . . . . . . . . . Le da-tràng charrie du sable dans la Mer de l'Est Il peine et se dépense pour un résultat nul.

Ce proverbe en deux vers est cité chaque fois qu'on voit un homme se lancer dans une entreprise impossible, oubliant la mesure de ses forces et sa pauvre condition humaine. Nous disons encore plus brièvement : công da tràng, peine, labeur de da-tràng, pour qualifier des efforts dépensés en pure perte, et qu'on aurait pu s'épargner, avec un peu de sagesse et de modération.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
DA Dancoine Regular ·
Merci Fabienne pour ces fabuleux et jolis contes.
La musique est le seul plaisir sensuel sans vice.

joël
AS Asia7 Globetrotter ·
Bonjour Joël Une autre vision des choses lorsque l'on parcours ce pays, une forme d'évasion et de nouveau voyage bien agréable 😉 On ne peut que constater l' importante des légendes - où que l'on soit avec quelque groupe ethnique que l'on soit il y aura toujours une place pour le récit populaire plus ou moins fabuleux qui nous conduira sur le chemin onirique.

Les deux amis Il était une fois deux amis qui suivaient des cours chez un même vieux lettré du village. Ils étaient inséparables malgré leur différence de caractère. L’un, Luu Binh, était studieux, travailleur, d’un caractère profond. L’autre, Duong Lê, aimait surtout rire, s’amuser, et négligeait les leçons qu’il considérait comme une vraie corvée. Malgré les remontrances du vieux maître et les conseils de son ami, Duong Lê refusait de travailler sérieusement. Ce qui devait arriver arriva. Aux concours impériaux, Luu Binh fut reçu et nommé sur-le-champ mandarin dans une région située à plusieurs milles du village. Duong Lê échoua et abandonna définitivement les études. Les deux amis restèrent sans nouvelles l’un de l’autre pendant quelques années. Puis un jour, Luu Binh vit arriver dans son palais une sorte de clochard misérable. C’était son ami Duong Lê qui venait demander de l’aide. Mais Luu Binh le fit chasser sans ménagement, le traitant de fainéant, de paresseux, et de bon à rien. Humilié, rouge de colère, Duong Lê quitta le palais en jurant de se venger de l’homme qu’il avait cru , jusqu’à présent, être son meilleur ami. Plein de rage, il entra dans une auberge et se mit à boire. Une jeune femme, belle et distinguée, entra dans l’auberge juste à ce moment-là. Remarquant Duong Lê en train de boire plus que de raison, elle s’approcha de lui et dit : - Je vois que vous avez une grosse peine. Racontez-moi votre histoire et je pourrais peut-être vous aider. La douceur de cette jeune femme inspira confiance à Duong Lê qui se mit à lui raconter ce qui venait de se passer, ainsi que son farouche désir de vengeance. A son grand étonnement, Duong Lê se vit offrir une curieuse proposition : - Je m’appelle Châu Long. J’habite seule dans une grande maison non loin d’ici, dit la jeune femme. J’ai beaucoup de biens et je peux vous aider à réaliser votre vengeance. A une condition, vous allez travailler dur pour réussir aux prochains concours impériaux et devenir un mandarin d’un rang plus élevé que celui de votre ennemi. Ce sera votre vengeance. Duong Lê accepta la proposition et suivit la jeune femme dans sa villa. A partir de ce jour, il travailla jour et nuit, apprenant, révisant sans cesse, tandis que Châu Long était aux petits soins pour lui. Après trois ans de dur labeur, le jour du triomphe arriva. Duong Lê fut le premier lauréat des grands concours impériaux et nommé gouverneur d’une grande province. De retour à la maison, Duong Lê dit à Châu Long : - J’irai demain au palais de mon ennemi, et je serai curieux de voir sa réaction. J’aurai enfin ma vengeance. Châu Long dit : - Puisque tu ne seras pas là demain, permets-moi d’aller, dès ce soir, rendre visite à une amie. Je resterai, ensuite, quelques jours avec elle car nous ne nous sommes pas vues depuis fort longtemps. Duong Lê acquiesça à son désir, et aussitôt Châu Long se prépara à partir. Le lendemain Duong Lê se rendit au palais de son pire ennemi. Cette fois il fut reçu avec un immense respect et avec toute les honneur dus à son rang. Mais quelle ne fut sa surprise quand il vit Châu Long, elle-même, leur apporter le plateau de thé. Luu Binh regarda son ami et dit en souriant : - Je crois que vous connaissez Châu Long. C’est ma troisième femme ! Aussitôt Duong Lê comprit toute l’histoire. Il tomba à genoux devant son ami. et dit : - Pardon de t’avoir haï pendant toutes ces années. Tu avais envoyé Châu Long pour me sauver de ma déchéance. Tu as fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Tu es le meilleur ami qui puisse exister. Je te serai éternellement reconnaissant. Luu Binh releva son ami, puis les deux hommes éclatèrent de rire, sous le regard ravi de Châu Long. Luu Binh donna alors l’ordre aux domestiques de préparer un grand festin pour fêter ses retrouvailles et pour fêter le triomphe de l’amitié.

Le Mythe de la carpe Selon la légende, un empereur avait pour ambition de créer de nouveaux dragons car ces derniers apportent la pluie et favorisent les récoltes. Un jour, l’empereur convoqua tous les animaux de l’océan : ceux qui seront capable de sauter par-dessus trois portes de pluie seront transformés en dragon. Le premier ayant tenté sa chance était un poisson. Cependant, celui-ci réussi uniquement à passer la première porte. Le deuxième à essayer était un poisson-chat. Malheureusement, il se cogna la tête sur la seconde porte. C’est pourquoi le poisson-chat a une tête aplatie et l’empereur le récompensa avec des moustaches de dragon pour l’effort. Ensuite, les crevettes arrivèrent, mais elles ne dépassèrent que la seconde. Alors l’empereur les récompensa en les faisant ressembler à un dragon miniature. Enfin, fut le tour de la carpe. Celle-ci fut la seule à passer les trois portes de pluie, alors comme promis, la carpe fut transformée en dragon. Pour cette raison, les carpes symbolisent le succès, l’assiduité et la richesse, et l’éducation au Vietnam est symbolisée par trois portes
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
La création de l’homme : Au moment de sa création, la terre n’était qu’un amas chaotique et humide noyé dans l’obscurité. L’Empereur de Jade (génie du Ciel) y envoya alors deux déesses, le Soleil et la Lune, pour l’éclairer et la sécher. L’Empereur de Jade, après avoir édifié le monde, entreprit de créer les êtres et les choses. Avec les fragments éparpillés dans l’univers, il modela les animaux des plus grands aux plus petits. Ainsi, les animaux firent leur apparition sur la terre. Ensuite, l’Empereur de Jade fit extraire de la terre les substances les plus pures pour façonner l’homme. C’est pourquoi, à la différence des animaux, l’homme possède l’intelligence. Il confia cette tâche à douze déesses très habiles qu’on appelait matrones. C’était une tâche très délicate car il n’est pas aussi aisé de créer un être humain que de créer un animal. Chacune d’elles se vit confier une tâche : l’une modelait les oreilles, une autre les yeux, d’autres lui apprenaient à parler, à rire…Ainsi, tout mortel, dès sa naissance, a été façonné par les mains d’or de douze matrones qui lui ont donné une forme et lui ont appris à se conduire. C’est pourquoi les hommes diffèrent les uns des autres tant par leur caractère que par leur apparence physique !.

Les déesses Soleil et Lune : L’Empereur de Jade avait deux filles d’une grande beauté qu’il aimait beaucoup. Il leur confia la tâche d’inspecter à tour de rôle les affaires quotidiennes du monde terrestre et de lui rapporter ce qu’elles avaient vu et entendu. L’aînée des deux s’appelait Soleil. Elle se déplaçait dans un palanquin luxueux porté tantôt par deux vieillards, tantôt par deux jeunes hommes. Le groupe des porteurs âgés fournissaient un travail sérieux et la déesse Soleil rentrait de bonne heure après avoir fait le tour de la terre. Par contre, avec les jeunes porteurs, elle rentrait toujours tard car ceux-ci s’attardaient en chemin. Ceci explique pourquoi certains jours sont plus longs que d’autres. La Lune, la cadette, était d’humeur coquette et irritable. Elle s’abandonnait souvent à la colère et, à chaque fois, elle répondait une forte chaleur sur la terre. Comme elle s’arrêtait souvent en chemin pour se divertir, les terriens en souffraient énormément. Sur la terre vivait un jeune homme du nom de Quai. Orphelin, depuis son enfance, Quai était d’une taille gigantesque et d’une force herculéenne. Il se promit de punir la méchante Lune. Il alla se placer sur le sommet d’une montagne pour attendre son arrivée, un tas de sable se trouvait à ses côtés. Comme d’habitude, la déesse survola la terre de très près pour contempler la nature. Lorsqu’elle arriva à sa portée, Quai lui jeta en pleine figure plusieurs volées de sable. Etourdie par ce coup imprévu, elle dut s’élever dans les airs et s’éloigner du lieu. Ensuite, elle ne s’approcha plus de la terre. Son visage recouvert de sable, a perdu son brillant d’autrefois et son caractère est devenu plus doux, plus aimable, ce qui lui fit gagner la sympathie des hommes. Aujourd’hui, on dit que lorsque la déesse tourne son visage vers la terre, c’est la pleine Lune lorsqu’elle lui tourne le dos, c’est le premier ou le trentième jour du mois lorsque son visage est orienté vers la gauche ou la droite, c’est le premier ou le dernier quartier. Lorsqu’elle présente un halo, cela est dû au vent qui éparpille le sable et laisse entrevoir sa surface brillante d’autrefois.

Devenu vieux, le serpent change de peau : Au moment où l’Empereur de Jade créa l’homme, il décida que celui-ci ne connaîtrait pas la mort. Au terme de sa vie, il se placera immobile dans un coin et au bout d’un certain temps, sa peau se détachera de son corps et il reviendra à la vie, rajeuni. De l’autre côté, l’Empereur condamna les serpents à mourir pour leur cruauté. Un génie fut alors envoyé dans le bas monde pour exécuter l’ordre. Or, lorsqu’il toucha le sol par mégarde, il entra dans le repaire des serpents. A ce moment, les reptiles devinèrent ce pour quoi le génie était venu. Ils se rassemblèrent et cernèrent l’envoyé de l’Empereur de Jade en lui disant :

Si le génie ne prononce pas l’opposé de la décision de l’Empereur, c’est à dire « le serpent devenu vieux change de peau et l’homme devenu vieux va dans le cercueil », nous le combattrons jusqu’à la mort.

Devant l’attitude menaçante des serpents, le génie dut céder à leur demande. C’est pourquoi, devenu vieux l’homme meurt tandis que les serpents changent de peau et vivent éternellement.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Histoire de Ghi Au marché de Cày, dans le village de Truong luu, province de Hà linh, vivait un homme nommé Nghi qui avait la garde du marché. Après sa mort, il fut changé en démon, et le village lui éleva une chapelle où on lui sacrifiait deux fois par an. Si l’on y eût manqué, le village n’aurait eu aucun repos. Cette chapelle était située sur le chemin, et toute femme qui passait devant devait baisser son pantalon, sans cela il ne la laissait pas passer. Les marchandes qui allaient au marché devaient en faire autant, sans quoi elles auraient manqué leur vente. Un mandarin, nommé Dinh nhirt thân, qui allait exercer ses fonctions au Tonkin, passant par là apprit cette histoire de la bouche des gens du village. Il en rit et dit au génie : « Je vais dans le nord si tu me protèges, je te donnerai le titre d’oncle Nghi, gardien du marché, généralissime ». Enorgueilli par ce titre, l’oncle Nghi devint de plus en plus tracassier il faisait des apparitions dans les maisons, violentait les femmes. Lorsque le roi Thièu tri[ alla à Hà nôi pour recevoir l’investiture, il passa devant cette chapelle et demanda à quel génie elle était dédiée. Les gens du village lui racontèrent les méfaits de l’oncle Nghi, et Thièu tri ordonna de brûler la chapelle. Depuis, le village jouit de la tranquillité.

Histoire de Ly khac càn Sur les limites des provinces de Hà tinh et de Nghè an s’élève une grande montagne nommé Dai ngan, à laquelle on trouve accès par deux défilés appelés l’un Truùng mày, l’autre Truông bât. En arrière, elle touche au pays sauvage des dix mille éléphants en avant, aux pays habités. L’on va couper du bois dans ces montagnes les bûcherons se réunissent par bandes d’une cinquantaine et, arrivés au défilé, font un sacrifice. Du temps de la dynastie Le, un mandarin nommé Ly khac càn y fut envoyé avec une troupe de soldats pour couper du bois. Un jour, pendant que les ouvriers étaient au travail, il se coucha dans un hamac suspendu à un arbre un de ses hommes lui dit : « Il y a ici des tigres. » — « Laisse-moi me coucher où il me plaît, lui répondit-il, et va à tes affaires. » Le soldat une fois parti, survint un tigre qui se jeta sur le mandarin et, après une courte lutte, le tua et le mutila sans rien dévorer cependant. Le tigre ensuite s’accroupit sur le corps et attendit le retour des soldats. Quand les soldats revinrent de la forêt, ils virent que leur chef était mort ils relevèrent le cadavre et envoyèrent deux des leurs prévenir les autorités provinciales. Celles-ci vinrent faire l’enquête et, les faits une fois constatés, ordonnèrent de rapporter le corps pour lui faire des funérailles. Mais, alors, tous les tigres et les éléphants de la forêt se rassemblèrent, les tigres environnant le cortège sur l’arrière et les côtés, les éléphants barrant le chemin en avant. L’on envoya chercher d’autres troupes qui réussirent à disperser les bêtes sauvages et l’on ramena le corps de Ly khac cân, qui fut enterré près du chef-lieu de la province. Trois nuits après, les tigres de ces forêts se rassemblèrent en foule, déterrèrent le cercueil et le portèrent au défilé de la montagne où ils l’enterrèrent. Quand les personnes de la famille vinrent pour visiter le tombeau, elles le trouvèrent vide et apprirent des voisins ce qui s’était passé. On courut au défilé, où l’on retrouva le cercueil. Les autorités provinciales, à qui rapport fut fait de l’événement, ordonnèrent de laisser les choses comme elles étaient et pressentirent que cet enterrement par les tigres présageait un avenir brillant à la famille. Dès lors, Ly khâc Càn devint un esprit puissant ses descendants furent élevés aux plus hautes dignités tous ceux qui vont couper du bois dans la forêt lui font des sacrifices au moyen desquels ils obtiennent d’y vivre en paix. On lui a élevé un temple prés du défilé de la montagne, et, au commencement de chaque année, les bûcherons vont y faire des offrandes. Ly khac cân porte officiellement le titre de : vénérable génie surveillant des forêts des montagnes, mais il est connu dans le peuple sous le nom du vieillard au hamac.

Le Boi Mau et l'éléphant Quand la dynastie Lè eut perdu l’empire, un éléphant des écuries impériales se refusa à servir de nouveaux maîtres, et s’enfuit aux lieux de sa naissance, dans une gorge appelée le Truông dây thùng, où il trouva un ruisseau d’eau pure et abondance de fourrage. Cette éléphant avait été gratifié par un Empereur de trois colliers[52] d’or. Quand il eut demeuré de longues années dans les bois ces colliers se couvrirent de lichens. Or, tandis que l’éléphant s’enfuyait dans les forêts, son cornac, le dôi Mâu s’était retiré dans sa maison. Devenu vieux et âgé d’environ soixante-dix ans il alla dans la forêt cueillir des simples. Comme il s’était courbé pour arracher des racines, l’éléphant reconnut son ancien maître, et se précipita vers lui, l’entoura de sa trompe, abaissant ses défenses et versant des larmes. Mâu qui ne reconnaissait pas son éléphant fut épouvanté, craignant d’être écrasé par lui. L’autre cependant guidait sa main pour lui faire toucher ses colliers d’or, voulant qu’il les prît et en tirât parti. Màu reconnut alors l’éléphant, mais il ne savait comment faire pour lui enlever ses colliers et craignait de le blesser. La nuit vint sur ces entrefaites. Mâu se prosterna devant l’éléphant lui demandant de le laisser partir, mais l’autre n’en voulut rien faire. Vers la seconde veille Mâu se mit à se plaindre et dit : « Je suis vieux et débile, je ne puis rester dans cette forêt. » L’éléphant alors le campa sur son dos et le rapporta chez lui. À la quatrième veille ils arrivèrent. Les gens de la maison, à la vue de l’éléphant, furent saisis d’effroi Mâu leur dit : « Le Seigneur était autrefois de la suite de l’Empereur et je lui donnais mes soins. Il m’a rencontré dans la forêt et m’a ramené ici, n’ayez aucune crainte. » Ils prirent alors un porc qu’ils nourrissaient, en firent manger la chair à l’éléphant, et lui firent boire pour trois ligatures de vin. Le jour commençant à paraître, l’éléphant ne voulut pas demeurer davantage, il fit monter sur son dos le dôi Mâu et son fils et les ramena dans la forêt. Là il leur prenait toujours les mains et les portait sur ses colliers. Màu dit à son fils : le Seigneur me les donne, il me faut donc les prendre et, introduisant son couteau entre le collier et la peau de l’animal il en fit sauter deux. Le sang de l’éléphant coula en abondance et Màu ne voulut pas prendre le troisième collier. Il prit des plantes médicinales pour en frotter l’éléphant, ensuite le père et le fils lui firent leurs adieux et s’en retournèrent chargés d’une fortune. En ce temps-là régnaient les Tày son. Le roi Quang Trung apprit qu’un éléphant des Lè vivait encore dans la montagne il envoya des troupes à sa recherche, mais il avait disparu et l’on ne put s’emparer de lui.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Bonjour Fabienne Toujours un plaisir ces lectures Pour compléter en audio, une légende toujours d'actualité 😎

https://youtu.be/VYYglRGNM2I

Amicalement
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
TH Thuthiem Regular ·
Bonjour, j'adore, pas encore tout lu, mais j'aime beaucoup, merci beaucoup
"L'homme qui veut s'instruire doit lire d'abord, et puis voyager pour rectifier ce qu'il a appris
AS Asia7 Globetrotter ·
Histoire de la dame Hieu Au village de Linh chieu dông, à Thù duc, vivait une femme riche mais sans enfants du nom de Hièu. N’ayant personne à qui laisser sa fortune, elle bâtit la pagode de Hoa nghiêm et fit don d’un lot de terrain dans lequel tout le monde put venir enterrer ses morts. À sa mort elle alla s’incarner en Chine. Le nouveau-né portait inscrits sur la paume de sa main, en caractères rouges les mots suivants : La dame Hiéu, du village de Linh chiêu dông, dans la province de Gia dinh, royaume de l’extrême Midi. L’empereur de Chine, après s’être enquis des faits, fit des présents à la pagode de Hoa nghiém et demanda qu’on lui donnât la tablette de sa fondatrice, mais le village n’y consentit pas et lui en fit seulement fabriquer une copie.

Pour Martine😉 Le village de Linh Chieu: autrefois, village à quelques kilomètres de Saigon sur la route de Bièn hoa, c'est là: https://goo.gl/maps/FUgd4CkbqtZECLNo9

Dinh changé en rocher Dans la province de Nghê an, au village de Hoa duc se trouve une montagne nommée Dâu tuong (tête d’éléphant) qui confine à la mer. Sur cette montagne l’on voit un rocher qui a la forme d’une cloche et un autre qui a la forme d’une cymbale. Un certain Dinh, homme d’un esprit irrespectueux, vint en ce lieu et se mit, pour s’amuser, à frapper la cloche et la cymbale qui résonnèrent hautement. Au bout d’un instant il sortit de l’eau un homme au visage terrible, vêtu d’un habit rouge et tenant un sabre au poing. Il prit Dinh par la main et lui demanda : « Qui t’a ordonné de frapper cette cloche et cette cymbale ? » Dinh répondit : « Je les ai frappés pour m’amuser, personne ne me l’a commandé. » L’homme alors dit : « Tu es un drôle tu as frappé pour t’amuser, moi je te planterai là. » Il rentra dans l’eau et Dinh resta pétrifié sur place, ne pouvant ni bouger ni parler. Le lendemain des bûcherons qui passaient par là le virent pétrifié, incapable de répondre à leurs questions. Ils allèrent bien vite avertir ses parents qui se rendirent sur les lieux et firent pendant trois jours des prières mais Dinh restait toujours pétrifié. Au milieu de la troisième nuit, l’homme vêtu de rouge sortit des eaux et dit aux parents de Dinh : « Cette cloche et cette cymbale sont puissantes votre fils les a frappées sans raison et le son en est venu jusque dans les royaumes des eaux en punition de sa faute il se tiendra là pour servir d’exemple. Vous, retournez-vous-en. Si vous ne m’obéissez pas vous mourrez. » Il disparut. Le père et la mère effrayés abandonnèrent leur fils et s’en retournèrent. Depuis on va visiter cet endroit, mais nul n’a plus l’audace de frapper sur la cloche ou sur la cymbale.

Histoire des Nguyen... Nguyén trai était le premier ancêtre du roi Gia long il était gardien des forêts sous la dynastie Lé. Un jour, il alla avec sa troupe dans la forêt pour couper du bois les soldats trouvèrent un nid de serpents. La femelle, qui était de grande taille, fut entourée par les soldats qui cherchèrent à la tuer, mais elle put s’échapper. La nuit suivante, Nguyén trai vit en rêve une femme qui lui dit : « Je vous prie de me sauver moi et mes enfants et d’empêcher les soldats de nous tuer. » il se réveilla et pensa que les soldats, en coupant le bois, avaient peut-être fait du mal à quelqu’un, aussi, quand parut le jour, s’empressa-t-il de se rendre sur les lieux et de demander aux soldats s’ils n’avaient blessé personne. Ceux-ci lui répondirent que non. Nguyén trai revint à son campement et la nuit suivante fit encore le même rêve. Au matin, il retourna au chantier et vit que les soldats avaient tué le serpent femelle. Comme il s’en revenait, il trouva sur ses pas le serpent qui s’était transformé en une jolie petite fille pleurant au milieu du chemin. Il en eut pitié et l’emporta. Il l’éleva, et plus tard la donna pour femme au roi. La mère du roi avait mal aux yeux et nul ne pouvait venir à bout de la guérir. La jeune femme lui lécha les paupières et le mal disparut. La reine lui demanda comment elle avait ce pouvoir. Elle répondit que c’était un secret qu’elle tenait de sa famille. Par la suite, le roi eut mal à la langue la femme lui dit de tirer la langue pour qu’elle la lui guérit, mais elle la lui coupa avec les dents et le roi mourut de sa blessure. Les seigneurs de la cour firent tuer cette femme. Nguyén trai qui l’avait donnée au roi fut accusé et condamné à être enterré vivant avec un de ses soldats. On creusa une grande fosse où on les enferma, et l’on en boucha l’ouverture, les abandonnant à leur sort. La femme du soldat parvint à pénétrer dans cette prison, mais son mari était déjà mort. Nguyén trai lui dit : « Je suis condamné injustement, et ton mari aussi a péri à cause de moi. Soit ! mais tends la main, que j’y crache dedans pour servir de signe. » Il lui cracha dans la main. Elle s’en retourna chez elle et bientôt après devint enceinte et donna le jour à un fils qui fut la souche de la famille royale des Nguyén.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Merci Obéo 😏 https://goo.gl/maps/8HF6NkV6ceH9L4HF6

La création des montagnes

Quand le ciel et la terre commencèrent d’exister vivaient le seigneur Không lô et la dame Giâc hai. Không lô voulut épouser Giâc hai et alla lui faire sa cour. La dame lui dit : « Si vous voulez m’épouser il faut qu’en trois jours vous éleviez une montagne si haute que de son sommet l’on puisse voir toute la terre. J’en élèverai une moi aussi, si la vôtre est aussi haute que la mienne je vous épouserai. » Không lô accepta le marché et en trois jours bâtit une montagne la dame, de son côté, en avait bâti une celle de Không lô se trouva moins haute la dame la démolit à coups de pied et dit à Không lô de recommencer. Elle se retira sur la sienne pour y faire pénitence. Telle est, dit-on, l’origine de la montagne de Tàyninh C’est pour cette raison que dans les six provinces les femmes sont plus riches que les hommes. Cela fut prédit par un devin du haut pays, qui vint au moment où les Annamites commencèrent à s’établir dans le sud et ne voulut point y demeurer. L’on attribue à Không lô la formation de neuf collines, reste de la terre qu’il laissa tomber par suite de la rupture des fils qui suspendaient ses paniers. Không lô alla de nouveau se proposer en mariage à la dame retirée sur sa montagne. Elle consentit à l’épouser s’il venait faire la demande accompagné de cent personnes. Không lô se mit en chemin avec cette suite, mais au passage d’une rivière il ne sut comment faire passer son monde. Il tendit sur la rivière un bâton et les cinquante premiers étaient passés sans encombre, quand il se produisit un mouvement imprévu qui précipita les cinquante autres dans la rivière. La dame les tira d’affaire elle ordonna ensuite à Không lô de porter un grand bloc de silex pour qu’ils puissent s’asseoir et se sécher, mais elle refusa de l’épouser. Không lô, furieux, s’en alla bâtissant partout des montagnes et c’est là l’origine de celles de la Basse-Cochinchine.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
Dédicace 😉

Le Dàn Bâu - Monocorde

Une légende populaire raconte l'histoire d'une femme aveugle jouant sur le marché pour gagner sa vie pour sa famille alors que son mari était en guerre. De cette histoire basée sur des faits ou pas, il est vrai que le Đàn Bầu a toujours été joué par des musiciens aveugles. Dans un village pauvre de la campagne, un couple vivait avec leur vieille mère. Le fils, Truong Viên, fût appelé à joindre l’armée, et sa femme, Thi Phuong, prit soin de sa belle-mère. Quelques années passèrent, et Truong Viên n’était toujours pas revenu. Thi Phuong et sa belle-fille errèrent de région en région pour le retrouver. Malheureusement, les deux femmes croisèrent une bande de voleurs, et se firent tout voler. La jeune femme est même devenue aveugle. Mère et belle-fille durent alors mendier pour survivre. Un jour, touchée par la piété de Thi Phuong, une fée lui donna un monocorde et lui apprît à en jouer. Après, les deux malheureuses vagabondèrent en s’engageant dans une vie de chanteuses de rue, interprétant des œuvres traditionnels accompagnés d’un monocorde. C’est une des raisons pour lesquelles le hat xâm, ou chant des aveugles, un art populaire apparu au XIIIe siècle, et le dàn bâu, sont toujours intimement associés.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
DE Derviche666 Veteran ·
Bonjour,

Ça me gêne un peu d’intervenir (mais je le fais quand même). C’est bien de proposer ces petits contes (ça change des questions sur les bon plans et les problèmes d’avion, etc…) mais franchement je trouve la plupart de ces contes simplistes, ou parfois assez obscurs dans leur intérêt ou signification. Par exemple les histoires basiques (la meule de sel, la peau des serpents, …) racontées je suppose il y a longtemps par des paysans incultes pour expliquer certains phénomènes naturels. C’est poétique mais c’est niais. Je trouve que ça donne pas une image si flatteuse du Viêtnam. Comme si on parlait de la France qu’avec les histoires de la cigale et la fourmi, ou le petit chaperon rouge.

Je ne sais pas trop comment l’exprimer mais je trouve qu’il faudrait aussi évoquer le Viêtnam d’aujourd’hui avec la grandeur, la beauté, la familiarité, le tragique, les mesquineries, l’envie de vivre et l’énergie, la répression, la résilience, …

Quelque chose comme – entre autres, mais j’en connais pas d’autres non plus – « Histoire d’amour racontée avant l’aube » de Duong Thu Huong.
photos de voyage: " https://www.flickr.com/photos/franciswalter06/albums";
DA Dancoine Regular ·
Merci beaucoup Fabienne 😊... 😉
La musique est le seul plaisir sensuel sans vice.

joël
AS Asia7 Globetrotter ·
Bonjour,

Bonjour, Je suis désolée que vous ne trouviez pas votre compte à travers ces petits contes...

Ils ne sont absolument pas uniquement représentatifs de ce qu'est le Vietnam aujourd, hui! Mon idée n'était certainement pas de dépeindre le Vietnam au travers de ces récits. Ils peuvent cependant expliquer certaines croyances bien actuelles que le voyageur peut découvrir s'il va au delà des limites du simple tourisme. Je suis certaine que bon nombre auront compris çà!

Bien sur qu'ils sont parfois niais ...je préférerait dire simplistes! Il faut les remettre dans un contexte populaire...et à une époque donnée. Cependant, ils se transmettent encore de nos jours dans les campagnes et les villages...et font objet d'étude dans certaines universités! Ils font partie intégrante du patrimoine orale vietnamien, ils ont été heureusement répertoriés pour la plupart par Antony Landes - Sinologue. - Directeur du Collège des interprètes, de Saigon. - Administrateur des affaires indigènes. - Spécialiste de l'Indochine ce qui me conforte dans ma démarche de partage. Quand à l'inculture des paysans... vous devriez justement remarquer que malgré le manque de savoir, d’écriture et de lecture, ils arrivaient à transmettre tels nos propres paysans le faisaient il y a peu de siècles .

Maintenant et pour ne pas tout mélanger, ici c'est un partage de contes et légendes, Je vous invite à créer une rubrique où vous pourriez évoquer le Viêtnam d’aujourd’hui avec la grandeur, la beauté, la familiarité, le tragique, les mesquineries, l’envie de vivre et l’énergie, la répression, la résilience, …et je serai votre première lectrice.

« Histoire d’amour racontée avant l’aube » de Duong Thu Huong que vous évoquez en exemple compte 214 page et c'est un livre...
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
JO Jodelavega Veteran ·
Bonjour Fabienne,

On pourra rajouter, si tu le veux bien , ces deux CD-Rom ; ils ont une bonne trentaine d’années; je ne suis pas sûr qu'on puisse encore les trouver ..
LA Larsay Globetrotter ·
Précisions concernant l'arbalète magique : Quand le roi a voulu construire les murailles de sa capitale, disposées en spirales (d'où le nom qu'il lui a donné : Loa Than ("Ville en spirale"), que le peuple a baptisé ensuite Co Loa ("Ancienne spirale"), lesdites murailles s'écroulaient une fois à peine terminées. C'est alors que la divinité de la rivière proche lui envoie unetortue d'or qui le conseille dans la construction ; une fois celle-ci terminée, elle remet au roi la griffe magique de l'arbalète, qui, selon la légende , peut alors tuer 10 000 ennemis avec un seul carreau, "10 000" signifiant en Asie 'une multitude, voire l'infini, comme dans le célèbre slogan "10 000 ans de vie au président Hô Chi Minh"
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
LA Larsay Globetrotter ·
Les légendes sont parfois basées sur un fond de vérité historique. En ce qui concerne l'arbalètemagique par ex., elle symbolise le fait qu'à l'époque, Co Loa, avec ses murailles en spirale de 12 km de long sur 6 km de circonférence, 20-30 m d'épaisseur à la base et 6-10 au sommet, était imprenable ; de plus, on y a trouvé des centaines de pointes de flèches en bronze, ce qui prouve l'existence de forces importantes et d'une "industrie" de l'armement.
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
AS Asia7 Globetrotter ·
Bonjour,

Pour certaines légendes j'ai trouvé plusieurs versions Merci donc de ces précisions😏 Vous confortez ainsi que les légendes ont bien leur place encore aujourd'hui au Vietnam sans pour autant donner une image peu flatteuse du pays...

Bonne journée
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
DE Derviche666 Veteran ·
Bonjour,

Bon je dois avoir tort. En tout cas je suis assez hermétique à la forme de ces contes naïfs (qu’ils soient du Viêtnam ou d’ailleurs) . Je préfère la réalité historique d’une cité antique fortifiée ou d’un royaume perdu suite à une trahison familiale et royale. Mais j’arrête de piétiner vos carrés de rizière et je retourne sur le chemin.
photos de voyage: " https://www.flickr.com/photos/franciswalter06/albums";
JO Jodelavega Veteran ·
Bonjour,

Bon je dois avoir tort. En tout cas je suis assez hermétique à la forme de ces contes naïfs (qu’ils soient du Viêtnam ou d’ailleurs) . .

Ne pas non plus oublier qu 'ils sont ici, sur ce forum, en langue française qui n'est pas leur langue d'origine . Je suis persuadé que les lire en vietnamien avec une sensibilité vietnamienne en écoutant un peu de monocorde , instrument que le professeur Trương enseignait à Paris ...il y a de cela de nombreuses années ... 🙂
LA Larsay Globetrotter ·
Ben oui, vous avez tort, car non seulement de nombreux contes et légendes ont un fond de réalité, mais en plus, ils sont plus poétiques que celle-ci ! Voir la légende de la création du 1er royaume du Vietnam : la réalité est la prise de contrôle musclée du nord du pays par une tribu chinoise des environs de Canton, les Yue (déformation vietnamienne "Viêt") et la belle légende de Au Cô, fée du monde des montagnes, qui marrie le dragon maritime et accouche d'une grande poche de 100 oeufs, d'où éclosent 100 enfants, les ancêtres des Viêts. Plus près de nous, Jeanne d'Arc bergère est une belle légende ; jamais un membre de l'aristocratie française n'a gardé des moutons, et encore moins une bergère reçue par le roi de France
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
AS Asia7 Globetrotter ·
Les fonctionnaires

Un aspirant aux fonctions publiques prononça un jour ce serment : « Si lorsque j’aurai été nommé j’étends jamais la main pour recevoir un présent, puisse-t-elle se détacher du corps ! » Quelque temps après il fut fait huyên et l’on vint lui offrir des sommes pour qu’il s’intéressât à une affaire. N’osant à cause de son serment les recevoir avec la main, il les fit mettre sur un plateau qui pouvait sans inconvénient se détacher du corps....

Il y avait un phù (chef de district) , honnête homme qui ne recevait jamais de cadeaux. Il était inflexible sur ce point un jour, des gens à qui il avait fait gagner un gros procès voulurent lui en témoigner leur reconnaissance. Ils vinrent trouver sa femme et lui demandèrent d’accepter les présents que son mari refusait. La femme dit qu’elle n’oserait, mais que s’ils voulaient, ils lui donnassent un rat d’argent et que plus tard elle l’offrirait à son mari qui était né dans l’année du rat. Il fut fait comme il avait été dit. Quand le phù fut devenu vieux il se retira dans son pays, et comme il n’avait pas fait d’économies il fut rapidement réduit à la pauvreté. Sa femme lui montra alors le rat d’argent et lui raconta comment on le lui avait donné autrefois. Que ne leur as-tu dit que j’étais né dans l’année du buffle, soupira le pauvre phù😉
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
HE Henon21 Veteran ·
Bonjour Jacques

Vous écrivez "Ben oui, vous avez tort " , Cela n'est que votre avis personnel. Permettez aux gens de s'exprimer même si ils n'ont pas la même vision des choses. Encore une discussion qui va mal se terminer. Eric
HENON Eric
DE Derviche666 Veteran ·
Bonjour,

Il n’y a pas de problème. J’accepte d’avoir eu tort. Pas tort d’avoir une opinion différente, mais tort de transformer l’esprit de ce sujet d’une gentille compilation de contes et légendes en une discussion potentiellement polémique.
photos de voyage: " https://www.flickr.com/photos/franciswalter06/albums";
AS Asia7 Globetrotter ·
Pour moi pas de problème... 😏.

Et pour rire...😉

Le Niais Il y avait deux amis dont l’un avait un cheval et l’autre une barque. Un jour le propriétaire de la barque emprunta le cheval de son ami, lui fit faire une longue course et le rendit fourbu. L’autre résolut de se venger de ce mauvais tour. Il emprunta la barque et rama de toutes ses forces toute une journée sur le fleuve....

Un soldat du tram ( Corps de serviteurs publics chargés de la poste ) avait un message pressé à porter. On lui avait donné un cheval, mais il se contentait de courir derrière. Pourquoi ne montes-tu pas dessus ? lui cria-t-on. - À six pieds nous irons plus vite qu’à quatre, répondit-il.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
LA Larsay Globetrotter ·
Et une autre, la belle légende de Au Cô et des rois Hung:

Comme souvent en Histoire, il existe une légende vietnamienne des origines du premier royaume du Vietnam. Elle commence avec Đé Minh, un roi chinois dont la légende veut qu’il soit l’arrière-petit-fils d’un roi mythique, Shen Nong (vietnamien Thân Nông), « Divin Agriculteur », car c’est lui qui a enseigné aux Chinois les premières techniques agricoles – usage de la charrue et de la houe, et culture sur brûlis - et l’usage des plantes et herbes. Đé Minh fait une inspection de ses terres du sud, appelés Van Lang, « Le pays des Dragons rouges », une fédération de 15 tribus (il est probable que le vocable « dragons » provienne du fait que les crocodiles y pullulaient alors). Son fils Lôc Tuc lui succède sous le nom de Kinh Huong Vuong (vuong, de nos jours vua, est un ancien mot vietnamien signifiant « roi ») ; au Van Lang, il rencontre une fée immortelle des montagnes, avec laquelle il a un fils qui devient roi du Van Lang, rebaptisé Xich-Quy, le royaume couvre le sud de la Chine et le delta du fleuve Rouge. Capable de marcher sur l’eau aussi bien que sur la terre, Kinh Đuong épouse la fille du roi des Eaux, une grande divinité qui vit dans le lac Tong-ting dans l’actuelle province chinoise du Hunan. Ils ont un fils, Lac Long Quân (« Seigneur-dragon du Lac »), seigneur des Dragons aquatiques du pays des Lac comme son nom l’indique, dont la légende dit qu’il enseigne à ses sujets l’art du labour, des semailles, et la sériciculture. Un jour, la jeune et belle fée Âu Co, qui vit haut dans les montagnes, est menacée par un dragon et se transforme en grue pour le fuir. Lac Long Quân la voie et tue le dragon d’un coup de pierre. Ils se marient et elle accouche d’une grande poche contenant 100 œufs, d’où éclosent 100 garçons (d’où la très ancienne dénomination de l’Annam : « Le pays des cent familles »). Toutefois, son mari ne peut se passer de la vie sous-marine et désire retourner à la mer. Il propose donc à Âu Co de se séparer, chacun gardant cinquante enfants. Âu Co accepte. La légende explique le proverbe des Vietnamiens pour décrire leur origine :Con Rồng, cháu Tiên (« Fils de dragon, petits-fils de fée »).

L'aîné des fils qu’Âu Co a gardés monte sur le trône sous le nom de Kinh Duong Vuong, créant la grande dynastie des Hùng (2879-258 av. J.-C.) et baptisant le nord du Vietnam du nom de Van Lang ("lang" et "long", comme dans "Ha Long" sont d'anciens mots vietnamiens pour "dragon". Sa capitale est Phong Chau, près de Viêt Tri, à 80 kilomètres au nord-est de Hanoi et est toujours révérée par les Viet comme le berceau de leur pays D’après la légende, la dynastie des Hùng compte dix-huit rois, ce qui voudrait dire que chaque roi a régné pendant 145 ans ; soit la date de 2879 av. J.-C., soit le nombre de rois est faux. La fille du dernier roi Hùng est demandée en mariage par deux génies, Son Tinh, le génie des Montagnes, et Thuy Tinh, le génie des Eaux. Le roi donne la main de sa fille à Son Tinh. Furieux d’être éconduit, Thuy Tinh déclenche une pluie diluvienne pour noyer les jeunes époux, mais ils se réfugient sous un immense parasol ; il provoque alors une grande inondation, mais Son Tinh surélève les montagnes. Thuy Tinh est vaincu ; pour se venger, il provoque de grandes pluies tous les ans à même époque. La légende explique à la fois la géographie montagneuse du Tonkin et la périodicité de la mousson du nord. Elle veut ensuite que le dernier roi Hùng soit vaincu par An Duong, prince du Ba Thuc (257-208), qui donne au royaume le nom de Âu Lac (contraction du nom de ses ancêtres Âu Co et Lac Long Quân), dont la capitale est Cô Loa à 18 kilomètres au nord-est de Hanoi. Notons que la légende se retrouve plus ou moins chez d’autres races du Tonkin ; chez les Muong, ce sont deux oiseaux qui engendrent 100 œufs d’où naissent 100 enfants, dont la moitié va habiter la plaine et l’autre moitié les montagnes.
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
AS Asia7 Globetrotter ·
Le Roi-Singe Tôn Ngộ Không est une créature née de la pierre, enfantée par le Ciel et la Terre, et douée dans la lecture des signes. Devenu Roi des singes et régnant sur le Mont des Fleurs et des Fruits, le singe vivait dans le bonheur jusqu’au jour où l’idée de mourir rompit sa sérénité. Il partit alors à la recherche des Immortels afin de suivre leur enseignement et d’échapper lui aussi à la mort. C’est auprès d’un patriarche qu’il reçut l’Illumination et apprit les 72 transformations, notamment celle qui consiste à se démultiplier à partir d’un cheveu, ou bien celle qui permet de voler et de marcher sur les nuages. De retour chez lui, il protégea son peuple et lui enseigna l’art militaire. Il obtint des Rois-Dragons des quatre mers un bâton dont la taille pouvait varier selon la volonté du singe, ainsi qu’une tenue prestigieuse qui le caractérise. En quête de reconnaissance, il provoqua de nombreux bouleversements et suscita des plaintes déposées auprès de l’Empereur de Jade, qui gouverne le Monde des Cieux. Afin de le canaliser, l’Empereur lui confia la fonction de palefrenier des Écuries Célestes, ce qui flatta son orgueil : le singe s’était en effet lui-même surnommé « Te Thien Dai Thanh » (Grand Saint Égal du Ciel). Faisant intrusion dans la salle du Banquet réservée aux Immortels et auquel il n’avait pas été invité, il se permit de manger toutes les pêches d’immortalité prévues pour les invités. Il mit l’Empereur en rage et mena de nombreux combats contre ses officiers. Après qu’il eut mis le royaume du Ciel sens dessus dessous, Bouddha décida d’intervenir et enferma le singe sous une montagne. Au bout de cinq siècles, le singe fut libéré à la condition qu’il accompagne et protège un jeune moine chargé de trouver les Écritures saintes du bouddhisme pour les rapporter en Chine. Afin que le singe obéisse à son maître, tout méditatif et sans force physique, on lui plaça un anneau autour du crâne. Il suffisait à son maître de prononcer une prière pour que l’anneau se resserre : ainsi, le singe finissait par céder à la douleur et par obéir. Au fil de ses pérégrinations, le singe évolua vers plus de sagesse et de dévouement envers son maître, qui finalement reçut l’Illumination et l’immortalité après avoir surmonté 81 épreuves.
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
AS Asia7 Globetrotter ·
De TYTYNOIR31

POURQUOI LES CHIENS DÉTESTENT LES CHATS Extrait du livre Contes du Vietnam

Le chien frappe à tort Il était une fois un chien qui parlait le langage des hommes. Son maître l’aimait beaucoup ; depuis le temps que le chien gardait sa maison, il n’avait jamais eu à se plaindre de lui. Or un beau jour, il s’aperçoit qu’un morceau de saindoux a disparu de la cuisine. Il appelle le chien et le questionne. Le chien lui répond : « Tout à l’heure, j’ai vu le chat qui se léchait les babines. Un voleur de saindoux, ça ne peut être que lui et personne d autre ! » Le maitre ne le croit pas et le frappe. Le chien outre, se met à gémir : « Oh Ciel ! Vous plait-il, oh ciel Qu’un chat mange du saindoux, et qu’un chien en soit puni ? » Depuis, le chien est fâché contre le chat. Un jour de grand froid, alors que le chat somnole dans la cuisine, il s’en approche et le mord. Le chat sursaute et prend la fuite, renversant au passage une marmite à torréfier en terre cuite qui se brise en mille morceaux. Le maitre, très mécontent, questionne son chien qui répond : « Le chat courrait dans la cuisine, il a heurté la marmite qui s’est casée » Le maitre ne le croit pas plus. Il le frappe de nouveau, encore plus fort. Le Chien, outre, gémit : « Le chat à case la marmite a torréfier, Le chien accourt, il reçoit la raclée. » Depuis ce jour, les chiens détestent les chats
Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)
TY Tytynoir31 Regular ·
SI vous allez à Nha Trang: Le Rocher de la mère et de l’enfant: Il était une fois, deux époux qui venaient de se fixer dans la haute région d’une de ces provinces méridionales. Ils avaient un garçon de 5 ans. Comme les gens du lieu. Ils cultivaient la terre, élevaient la volaille et les cochons et allaient a la chasse. Grace aux richesses léguées par leurs parents, ils menaient une vie aisée. Un jour, le mari reçut la visite d’un Viel ami. C fut pour tous les 2 une joie de se revoir. Le nouveau venu dit « Je savais que vous étiez installes ici. Comme je suis de passage, j’en ai profité pour faire un saut chez vous afin de vous offrir cette paire d’oies ». Le maitre de maison demanda : « Il y a des siècles que je ne vous ai vu. Que faisiez-vous donc ? ». « Je voulais acquérir l’immortalité. Depuis 5 ans, je menais une vie d’anachorète *. Maintenant, je dois me rendre dans les montagnes ». *Moine se retirant de la société des hommes pour vivre en ermite, par opposition au cénobite, qui vit en communauté. (Le berceau de l'anachorétisme se situe dans le désert de Thébaïde en Haute-Égypte.) « Que ferez-vous dans les montagnes ? » « J’y cherche le santal. Lorsque vous accomplissez un vœu, il faut bruler du santal. Son parfum transmettra votre vœu jusqu’au palais Tam Thanh ou les immortels vous exauceront » Le maitre de maison reprit : « Comment arrivez-vous à découvrir le Santal dans l’immensité des bois ? » « Ce n’est pas complique. Mettez dans votre bouche une de ces granules. » Et il sortit de son sac un petit paquet de soie rouge écarlate dans lequel se trouvaient plusieurs petits grains. Il dit : « Ce sont des granules au pouvoir magique. Il m’a fallu plusieurs années pour les fabriquer. Si vous les gardez dans votre bouche, vous pourrez passer tout une année dans la forêt sans avoir besoin de manger. Ils vous préserveront de tous les dangers. Et même les fées viendront vous aider à trouver le Santal. Alors tous vos vœux seront exauces et vous deviendrez immortel. » Pendant que le visiteur vantait les pouvoirs surnaturels de ses granules, une lueur de convoitise brillait dans les yeux du maitre de maison. Celui-ci jetait des regards furtifs sur le petit paquet de soie rouge en se disant : « Je serais bien content de posséder ces grains qui me rendrait immortel. Il chercha à retenir son hôte chez lui. Un matin qu’ils jouaient aux échecs, le maitre de maison prit une pièce et dit : « Ces échecs sont un précieux héritage de mes parents. Ils sont en ivoire. Mais toutes les autres ne valent pas ce pion qui est en Emeraude. Il est d’une grande pureté et brille même dans les ténèbres. L’hôte prit le pion, le mania longuement entre ses doigts et dut reconnaitre que c’était un objet rare. Il pensa : « Si je pouvais l’avoir pour en faire présent a mon maitre. » Pendant la partie d’échecs. Nos 2 joueurs ne pensaient qu’au moyen d’entrer en possession, l’un des granules et l’autre du pion en Emeraude. Vint le jour du départ de l’hôte. La maitresse de maison prépara un bon repas pour le régaler. Lorsqu’elle eut terminé, elle appela son mari qui disparut dans la cuisine. Il en ressortit bientôt avec un plateau garni de victuailles et d’une bouteille d’alcool. Entre-temps, le charmant hôte subtilisa le pion qu’il cacha dans la manche de sa veste. Mais le voleur ne s’attendait pas à être vole. Apres avoir bien mange, il s’écroula dans un canapé. Voyant que le breuvage avait produit son effet, le maitre de maison fouilla dans le sac, prit le paquet de soie écarlate et se hâta de quitter la maison sans même prévenir sa femme. Lorsque l’hôte reprit ses sens, il ne retrouva point ses granules magiques ni son ami. Il s’enquit auprès de la maitresse de maison qui ne sut que répondre. Tristement, il se remit en route, résolu à récupérer son bien. Il chercha partout, franchissant une montagne, puis une autre sans que le traitre ami donnât signe de vie. Un jour, il grimpa sur une haute crête, fit un faux pas et bascula dans un ravin. La pièce d’échec en émeraude fut projetée sur le sol et se transforma en un bloc rocheux ; lui-même en un arbre dont les racines venaient enserrer le rocher pour le protéger. Mais revenons au maitre de maison qui, après avoir fait main basse sur les granules magiques partit à la recherche du précieux Santal. Suivant les instructions de son ami, il les mit un a un dans sa bouche, se fraya un passage à travers d’épais buissons, pénétra dans les forêts les plus profondes, franchit monts et vallées. Ses efforts furent vains. Découragé, il voulut rentrer, mais il ne reconnut plus le chemin. Le paquet de granules commençait à se vider. Il ne savait pas que lorsqu’il l’aurait épuisé, il serait transformé en fauve. Déjà son corps se couvrait de poils. Et le jour fatal arriva : il se métamorphosa en un tigre au pelage cendre. A la maison, sa femme et son enfant pleuraient sa disparition. Les flots de larmes qu’ils déversaient sur le sol y creusaient un petit canal. A la longue, la mère, l’enfant, les animaux de la basse-cour et domestiques furent mues en pierre. Le tigre cendre parvint finalement à trouver le chemin du retour. De loin, il aperçut la silhouette de sa femme, de son enfant, de son chien, de ses poules. En quelques bonds, il se trouva devant eux. Mais lorsqu’il vit que tous étaient de pierre, il rugit de douleur et bondit vers la brousse qui se referma sur lui. Il existe aujourd’hui au district de Khanh Duong, Province Khanh Hoa, au centre Vietnam connue pour sa station balnéaire de Nha Trang, un rocher qui prend la forme de deux êtres humains, l’un de plus grande taille que l’autre, on l’appelle le Rocher de la mère et de l’enfant. Tout autour, on voit d’autres rochers de la forme d’un chien, d’une poule, d’un mortier, d’un balai, d’une trousse de couture, etc… Il y a encore un bloc de pierre de forme carrée sur lequel sont dispose de petits galets. On suppose que ce soit l’échiquier auquel il manque le pion. Tout près de la coule le ruisseau des fées, Aux eaux intarissable car il est alimente par les larmes de la mère et l’enfant. Dans le ruisseau s’ébat une paire d’oies. Ce sont les petites oies que le visiteur avait offert à son hôte. Celles-ci n’ont pas été métamorphosées en pierre parce qu’elles n’appartenaient pas à la maison. Plus loin vers le Nord, on trouve le mont Tinh Son, dans la province de Phu Yen, un bloc de pierre surnomme Le Pion. Les gens du lieu vous diront que c’est le vestige de la pièce d’échecs volée. Tout près se dresse un arbre séculaire qui enserre de ses racines la pierre. Cet arbre représente le visiteur qui a volé le pion en Emeraude.
On commence a vieillir quand on arrête d'apprendre (Proverbe Japonais)
TY Tytynoir31 Regular ·
Hanoi et le lac de epée restituée L’histoire remonte à l’époque des Ming. La domination chinoise pesait lourdement sur le Vietnam. La population accablée d’impôts haïssait l’occupant. Dans le Than Hoa, district de Lam Son, des patriotes, avides de liberté, se soulevèrent. Mais les forces étaient par trop inégales et ils allaient de défaite en défaite. C’est alors que Long Quan, roi de l’empire des eaux décida d’intervenir. A cette époque vivait au Thanh Hoa un pécheur nomme Le Than. Une nuit, ou il relevait son filet il le sentit beaucoup plus lourd que de coutume. « Un gros poisson » pensa-t-il tout heureux. Mais ce n’était qu’une barre de fer qu’il rejeta a l’eau. Un peu plus tard, comme il levait à nouveau le filet, il y trouva la même barre de fer. Et ainsi 3 fois de suite. Surpris, il regarda de plus près cet objet insolite. -Oh ! Oh ! C’est une épée, s’écria-t-il A quelque temps de là, il rejoignit les volontaires de Lam Son. Un jour le commandant en chef Le Loi et quelques hommes de troupe entrèrent chez Than. La cabane était obscure, même en plein jour mais dans un coin brillait l’épée. Etonne, Le Loi s’en saisit et l’examinant, vit grave sur le métal ces mots : »Par la volonté du ciel. Cependant personne n’y attacha grande importance. Or, peu de temps après, Le Loi et ses lieutenants durent battre en retraite. Traversant une forêt, il aperçut soudain une étrange lumière au faite d’un banian. Grimpant aussitôt a l’arbre, il vit qu’elle provenait d’une poignée d’épée incrustée de Jade. C’est alors qu’il se souvint de l’épée vue chez Than. Le jour suivant, retrouvant le jeune pécheur, il lui fit part de sa découverte. Miracle! La poignée s’adaptait parfaitement à l’épée. -Mon prince, c’est le ciel qui vous l’envoie, s’écria Than. Nous jurons de vous suivre et de sacrifier notre vie pour l’indépendance de la Patrie. Des lors, l’épée sacrée aux mains de Le Loi décupla l’ardeur des soldats et fit merveille. Bientôt, tout le pays fut libéré. Un an après avoir chassé les Ming, Le Loi devenu roi, se promenait sur le lac de Ta Vong au cœur de la capitale, quand la barque royale vit soudain surgir des eaux une tortue d’or. -Je vous prie, dit-elle, de bien vouloir rendre à mon maitre Long Quan. Empereur du Royaume des Eaux, l’épée sacrée qu’il vous a confiée. Debout sur la barque, Le Loi sentit frémir l’épée qu’il portait toujours à la ceinture. Il la saisit et la jeta dans l’eau. La Tortue d’or l’avala et plongea. Pendant longtemps une clarté fulgurante sillonna la surface du lac. C’est de ce jour que le lac de Ta Vong a pris le nom de « Lac de l’épée » ou plus exactement « Lac de l’épée restituée »
On commence a vieillir quand on arrête d'apprendre (Proverbe Japonais)
TY Tytynoir31 Regular ·
(1/2) La citadelle de l’escargot et l’arbalète magique Song Hoang du côté de Co Loa à 18 km au nord-est de Hanoi, première capitale du Vietnam, Le Roi An Duong, ayant conquis le Van Lang, donna au pays le nom de « Au Lac ». Il établit sa capitale a Phong Khe et décida d’y élever une citadelle imprenable. La terre de la colline était, dit-on, « dure comme la pierre ». Les travailleurs s’acharnaient. Le roi et ses notables qui inspectaient les travaux se montraient satisfaits : cette forteresse résisterait aux pires typhons et aux plus terribles envahisseurs. Elle résista si bien que, peu de jours après, les murs s’effondrèrent mystérieusement comme un château de cartes. Le roi se rendit sur les lieux. La population interrogée disait qu’elle avait entendu des voix, des bruits souterrains, mais que, morte de peur, elle n’avait rien vu car elle n’osait même pas regarder ! Le roi ordonna de reprendre les travaux et d’achever coute que coute la construction. Les travailleurs reprirent leur tâche avec un effort redouble. Mais une seconde fois, les murailles tombèrent. Puis une troisième. Et les gens entendaient toujours mais n’osaient aller voir. Cette fois le roi s’adressa au ciel en faisant le tour de la citadelle détruite. Il vit venir à lui un vieillard qui lui dit : « Demain matin, rendez-vous sur la berge du fleuve. Un ambassadeur vous apportera un message qui vous permettra de construire votre citadelle. » Sur ces mots, le vieillard disparut. Le lendemain à l’aube, le roi se rendit sur les bords du fleuve. Quand le brouillard se dissipa, il vit de l’est nager vers lui une grande tortue d’or qui se présenta comme le génie Kim Quy (Tortue d’Or). Porte au palais sur un plateau d’or, le génie révéla au roi le secret de l’effondrement de la citadelle : « Au mont That Dieu vit un coq blanc vieux de centaines d’années dont l’esprit malfaisant peut prendre diverses formes. Les âmes errantes qui n’ont pu se fondre dans le grand Tout de l’Harmonie universelle et qui hante les cavernes et les grottes viennent le trouver par les nuits claires. C’est l’Eprit démoniaque du coq blanc qui les a jusqu’ici incites à détruire la citadelle. « Mais comment retrouver ce coq blanc ? -Il a été lie par le sort à la fille du propriétaire d’une auberge construite au pied du Mont That Dieu. C’est pourquoi son esprit maléfique prend souvent la forme d’un voyageur. Nous avons des chances de le retrouver là-bas » Le roi écouta le génie. Il dépêcha de nombreux soldats qui organisèrent une embuscade dans la forêt puis il se déguisa en voyageur ainsi que le génie. Le propriétaire de l’auberge refusa d’abord de les loger mais, devant leur insistance, il s’inclina. Pendant la nuit, des pas sourds se firent entendre, suivis de coups dans le mur et d’appel à la fille. Mais le génie les menaça et les pas s’éloignèrent. A l’approche du matin, sur les conseils du génie, le roi donna l’ordre à ses soldats d’attaquer. Les flèches sifflèrent. On entendit partout des cris de douleur. Puis les plaintes s’espacèrent. Au lever du soleil, les soldats du roi exhumèrent de nombreux ossements humains, les brulèrent et dispersèrent les cendres dans les ruisseaux. Le roi et le génie retournèrent alors à l’auberge et exigèrent du propriétaire que le coq blanc fut sacrifie au Ciel. Mais à peine eut-il la gorge tranchée que la fille du propriétaire tomba raide morte et qu’au même moment, un oiseau s’envola par la fenêtre. Le génie l’abattit, détruisant ainsi l’esprit du démon. Plus rien, n’empêcha des lors la citadelle d’être construite. Large de mille Truong, avec desaussi épaisses que hautes, elle reçut le nom de Citadelle de L’Escargot.
On commence a vieillir quand on arrête d'apprendre (Proverbe Japonais)
TY Tytynoir31 Regular ·
En fait, le nom de la citadelle est: Thành Cổ Loa (citadelle Co Loa), elle se trouvait au bord du fleuve Hoang (song Hoang signifiant fleuve jaune en vietnamien) Aujourd'hui, le fleuve Jaune à Co Loa n'est qu'un tronçon du fleuve qui a été rempli et rénové en canal d'irrigation.

Si la citadelle se dit aujourd'hui de l'escargot et porte aussi le nom de : thành ốc, (citadelle de l'escargot)c'est du à sa construction en spirale

(2/2) La citadelle de l’escargot et l’arbalète magique Song Hoang du côté de Co Loa à 18 km au nord-est de Hanoi, première capitale du Vietnam, Apres avoir aidé le roi An Duong a construire sa citadelle (la citadelle de l’escargot), le génie (King Quy) reprit sa forme initiale de tortue d’or. Mais avant de quitter le roi, la Tortue d’Or s’arrachant une griffe, la lui tendit en lui disant : « Mettez-la en guise de gâchette sur une arbalète et vous serez invincible, car à chaque flèche, vous pourrez abattre mille ennemis » Puis la Tortue s’éloigna, glissant sur le fleuve en direction de l’est. An Duong confia cette griffe a un de ses serviteurs experts en l’art de faire une arbalète. L’arme magique achevée, le roi la fit suspendre au-dessus de son lit et veilla lui-même sur elle. A cette époque, Trieu Da (Chao To), chef des tribus du Nam Hai en chine s’était déjà plusieurs fois livre à des incursions sur le territoire du « Au Lac », mais l’arbalète magique l’avait aussitôt découragé. Voyant qu’il ne gagnerait jamais par les armes, Trieu Da (Chao To) usa de la ruse. Il envoya son fils Trong Thuy porter a An Duong des offres de paix, avec l’intention secrète de détruire la fameuse arbalètes. Durant son séjour a la cour du roi, Trong Thuy eut l’occasion de rencontrer My Chau, fille préférée du souverain. Elle avait « les sourcils du bombyx et les yeux du phénix ».Son étrange beauté séduisit le jeune homme, qui de son cote lui fit grande impression. Les jeunes gens finirent par éprouver l’un pour l’autre un amour véritable. Il n’y eut pas d’endroit ou My Chau ne conduisit Trong T huy. Le roi ne voyait aucun mal a ces promenades sentimentales, et ne concevait aucun soupçon. Bien mieux, comprenant qu’ils s’aimaient, il leur permis de se marier. Une nuit ou le ciel étoilé les conviait aux confidences, les jeunes époux, assis sur une pierre blanche dans le jardin, contemplaient les hautes murailles de la citadelle : « Ma chère femme, dit Truong Thuy en caressant les cheveux de l’aimée, quel secret possède donc votre père pour être ainsi invincible ? » « Aucun secret, mon cher époux. Notre pays possède une forte citadelle, des fosses profonds, et dispose d’une arbalète magique qui peut abattre plus d’un millier d’ennemis avec une seule flèche. Qui oserait nous disputer la victoire ! » Truong Thuy fit semblant d’entendre pour la première fois l’histoire de l’arbalète et dit : « Comme je voudrais voir un tel prodige ! » Et My Chau, sans aucune hésitation, le conduisit dans la chambre de son père ou l’arme était suspendue. Elle alla même jusqu’à lui montrer la griffe de tortue et lui expliqua comment s’en servir. Trong Thuy l’écouta avec attention, observa longuement la gâchette et ses dimensions sans rien dire. Le jour suivant, il émit le vœu d’aller rendre visite à son père à qui il donna toutes précisions sur l’arbalète magique. Trieu Da ordonna à un habile spécialiste de lui fabriquer une gâchette en tous points semblables à celle de l’arbalète magique. La gâchette terminée, Trfong Thuy la dissimula dans ses vêtements et revint auprès de sa femme. An Duong, qui adorait sa fille, feta le retour de son gendre avec les meilleurs alcools. Truong Thuy but avec retenue mais le roi et My Chau s’enivrèrent. Alors, profitant de l’occasion, Trong Thuy s’introduisit dans la chambre du roi, s’empara de la griffe et mit à la place sa propre gâchette. Le lendemain, My Chau s’apercevant que son mari ne pouvait rester en place, l’interrogea sur son anxiété : « Je dois partir de nouveau, mon père m’ayant demande de revenir pour remplir une mission dans le nord. » My Chau, attristée, garda le silence : « Si des troubles éclataient par hasard ici, comment saurais-je ou vous rejoindre ? » Et My Chau répondit : « J’ai une robe de plumes d’oie. Désormais, de quelque cote que je parte, je sèmerai ces plumes sur mon chemin et vous saurez ou me retrouver. » Puis elle éclata en sanglots. De retour à Nam Hai, Truong Thuy remit la griffe de la Tortue d’Or a son père la joie éclata : « Cette fois, tout le « Au Lac » m’appartiendra ! » Peu après, il mobilisa ses troupes. An Duong, sur de son invincibilité, ne s’inquiéta guère. Il attendit que l’ennemi fut au pied des murailles pour mettre l’arbalète en action. Alors seulement, il s’aperçut de la substitution. Les troupes de Trieu Da enfoncèrent les portes. An Duong n’eut que le temps de sauter sur son cheval avec sa fille en croupe et de s’enfuir par une porte dérobée. Chau, elle aveuglée par l’amour, ne pensait qu’à semer son chemin de plumes d’oie. Apres des jours de fuite échevelée, ils atteignirent une colline dans le Nghe Thinh. Ils allaient descendre pour se reposer quand le roi aperçut l’armée ennemie. Désespéré, il se tourna vers la mer et appela le génie de la Tortue d’Or à son secours. Un vent violent souleva des nuages de poussières, secouant les forêts et le génie parut : « Roi, l’ennemi est en croupe derrière toi » An Duong alors compris. Fou de douleur, il prit son épée, tua My Chau et se précipita dans la mer. L’armée de Trieu Da s’empara de la Citadelle de l’Escargot. Quand a Truong Thuy, il s’en alla seul à la recherche de My Chau, suivant les plumes d’oie semées sur le chemin. Arrivée au bord de la mer, il vit le corps de sa femme dont la mort n’avait pu effacer la beauté. Il l’emporta pour l’inhumer dans la Citadelle de l’Escargot. Puis il se jeta dans un puits. Aujourd’hui encore, au village de Co Loa, devant le temple du roi An Duong existe le puits de Tran Thuy. Selon la légende, le sang de My Chau coulant jusqu’à la mer, les huitres qui le burent devinrent des huitres perlières. On dit que si on lave une de ces perles avec l’eau du « Puits de Trang Thuy :, elle prend un orient incomparable.
On commence a vieillir quand on arrête d'apprendre (Proverbe Japonais)
TY Tytynoir31 Regular ·
L’envie rend méchant Il était ne fois un petit gardien de buffles, orphelin de mère. Comment s’appelait-il, nul ne s’en souvient. On sait juste qu’il avait le cœur bon, que son père s’était remarie et avait d’autres enfants. Du matin au soir, le petit garçon bravait le soleil et la pluie pour s’occuper des buffles. Sa marâtre ne l’aimait guère et le houspillait sans cesse ; ses demi-frères le harcelait a tout propos. Il était le plus mal nourri et mal vêtu de la famille. Un jour à midi, le ventre criant famine, il marcha vers une tombe abandonnée, autour de laquelle poussaient des bananiers sauvages. Au moment où il tendait le bras, pour cueillir quelques bananes un démon lui cria : « Je vois bien que tu es sans le sou et affame, mais tant pis pour toi ! Tu n’a pas le droit de voler. Cette fois je passe outre, mais ne t’avise pas de recommencer » Epouvante, le pauvre garçon prit ses jambes à son cou et s’enfuit. Il s’arrêta au bord d’une rizière et implora le ciel en pleurant : « Pourquoi suis-je si pauvre et misérable ? Oh Ciel créateur de l’univers et des êtres sur terre. Faites un miracle et donnez-moi de quoi subsister ! » Un rayon de soleil illumina soudain une petite prairie. Quelque chose brillait au milieu de l’herbe. Le petit garçon accourut et ramassa une belle sapèque d’or. Tout heureux, il décida d’aller au marché pour acheter de la nourriture et des habits. En chemin. Il rencontra une vieille femme qui mendiait, la main tendue. Le petit garçon hésita un instant puis lui donna sa sapèque d’or. Bien qu’il ait aussi faim qu’auparavant, il était content de lui. Tout a coup, il entendit ses buffles s’agiter dans l’étang. Que se passait-il ? L’eau resplendissait de mille feux. Le petit garçon fit sortir ses buffles et n’en crut pas ses yeux : leurs poils étaient lestes de sapèques d’or. Il en prit quelques-unes et cacha les autres au fond de l’étang. A partir de ce jour, il put manger à sa fin et se vêtir correctement. Quand il avait besoin d’argent. Il fouillait le fond de l’étang et ramassait quelques sapèques. Intrigues par sa bonne mine, sa marâtre et ses frères firent le guet à tour de rôle pour percer le secret. Quand ils surent le trésor que cachait l’étang, ils s’armèrent d’un immense filet. Mais ils eurent beau racler le fond de l’étang dans tous les sens, le filet ne leur ramena qu’une boue nauséabonde. Le Ciel n’aide pas les méchants et jamais ne déçoit ceux dont le cœur est bon
On commence a vieillir quand on arrête d'apprendre (Proverbe Japonais)
LA Larsay Globetrotter ·
En voilà une autre, célèbre ! Le Vietnam compte 4 principaux Immortels (tu bât tu) (on en liste au total 12 et même 25, 13 hommes et 12 femmes). Contentons-nous des 4 principaux : Chu Dông Tu, premier patriarche du taoïsme, pauvre paysan qui découvre "La voie" (tao) et marrie une princesse avec laquelle il chevauche les nuages ou un dragon pour répandre ses bienfaits (son sanctuaire est situé dans la region de Hung Yen au sud de Hanoi) ; Thanh Viên Son Thanh, Dieu de la Montagne plus connu sous le nom Son Thinh et qui vainc Thuy Tinh, le dieu des Eaux ; la princess Liêu Hanh, esprit céleste et déesse-mère, et celui qui nous intéresse ici, le géant Thanh Giong.

La légende de Thanh Giong raconte qu’entre 1718 et 1631 av. J.-C., sous la dynastie des Hung, de terribles guerres ravagent le pays. La femme d'un couple de pauvres paysans marche sur une très grande empreinte de pied et devient miraculeusement enceinte, donnant le jour à un fils qu'elle appelle Tham Giong. Il devient un géant qui, protégé par une armure et montant un cheval de fer, repousse les envahisseurs chinois. Après ses victoires, il admire une dernière fois le paysage du haut du mont Vê Linh, près du village de Soc Son à 25 kilomètres au nord de Hanoi, et s’élance ensuite à cheval vers le ciel. Pour les Vietnamiens, c'est le premier héros à avoir combattu les Chinois. Sa statue en bronze au sommet du mont, appelé depuis le mont Giong, représentant l’envol du cheval et de son cavalier, est une grande réussite. La légende veut que le célèbre chapeau conique en feuilles de latanier, le nón, porté si élégamment par les Vietnamiennes, a pour origine le casque de la même forme que portait l’Immortel.
Méfiez-vous de la vie, car les ratés ne vous rateront pas!
LU Lucbertrand Globetrotter ·
Bonjour Obeo superbe ton petit conte, je ne sais pas si le terme superbe convient mais j'ai beaucoup aimé. Les contes de Fabienne très bien aussi, j'en lis un de temps en temps, il faut dire qu'il y a de la matière. Luc

Similar discussions

You might also like