Pour se reposer des Indiens... la formule est ambigue... Il y a l'Inde des villes et l'Inde de la campagne et l'Inde d'entre les deux, comme il y a la Chine de la campagne, la Chine des Villes et la Chine de l'entre deux... Comme il y eut, il n'y apas si longtemps de cela la France des villes, la France des campagnes et la France de l;entre deux... On pourrait meme dire la meme chose de l'Europe actuelle ... dans bien des aspects et pas tous tres glorieux...
Oui bien sur, c'est surement valable dans tous les pays. Mais en Inde, cette sensation est décuplée parce que les villes sont de vraies fourmillieres, rues grouillant de monde, bruits et sollicitations diverses. Comme un trop-plein de sensations. Alors, moi qui suis un vrai urbain, qui pourrait vivre toute ma vie dans le centre de Paris sans ressentir le besoin de m'évader, eh bien en Inde j'ai vraiment ressenti cette sensation de repos quand j'ai pu m'arreter un instant dans la campagne. Enfin le silence ! Enfin la tranquilité ! En particulier dans le désert autour de Jaisalmer, ou à Ranakpur, ou encore sur la route entre Khajuraho et Raneh Falls. Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas apprecié le remue-menage des villes... Mais une fois de temps en temps, j'aimais reprendre mon souffle loin de tout cela.
A vivre dans un village francais, un village chinois ou un village indien, il est evident que les relations humaines s'expriment a un niveau plus "convivial"... et nous laissent de plus beaux flambeaux a l'ame...
Pour moi, ce n'est pas aussi net. Par exemple, en France, je trouve que les relations de voisinage entre voisins de palier en ville peuvent etre tres conviviales, alors que certaines personnes en campagne se feront la guerre pour un ou deux metres carrés... Je trouve que l'image qu'on a du citadin mesquin et du généreux paysan est un peu un cliché. Mais c'est mon coté indecrottablement citadin qui ressort !
En Inde, je ne connais pas assez pour vraiment juger, mais ma premiere impression confirme tes dires : lors de mes quelques escapades en campagne, j'ai pu avoir un contact agreable et désinteressé avec des gens, chose que je n'ai pas pu faire en plusieurs semaines dans les villes (sauf Jaipur, pourtant pas la ville la plus tranquille, mais je m'y suis senti bien, à l'aise dans le bazar à tchatcher avec les marchands... sauf que ce contact-la n'etait evidemment pas désinteressé). Toutefois, je n'ai jamais pretendu que vivre dans un village indien n'etait pas plus agreable que vivre en ville : j'ai simplement voulu dire que ce n'est pas forcement representatif de "la vraie vie des vrais Indiens de l'Inde d'en-bas", comme aurait pu le dire notre cher Raffarin.
Il est faut de croire que tous les indiens qui s'entassent dans les villes sont plutot des urbains... sinon des campagnards et des villageois emigres, tous comme le furent nos grands parents et arriere grands parents, et en general pour les memes motifs...
C'est vrai que le terme que j'ai employé, "urbain", n'est pas forcement bien choisi. Mais ces gens ont beau etre originaires de la campagne, ils n'en vivent pas moins dans les villes, et c'est peut-etre ça, finalement, l'Indien le plus representatif : un gars de la campagne qui est venu s'installer en ville, qui a gardé ses traditions tout en étant attiré par cette modernité urbaine, qui est encore pauvre mais qui a l'espoir de profiter du boom economique des métropoles modernes. Ça me semble une bonne définition de ce qu'est l'Inde d'aujourd'hui...