Pacsman, Joya (Delphine),
quelques remarques :
mon meilleur ami s'est promené avec une compagne black (qu'il tenait par la main) entre New York et Montreal, il y a une vingtaine d'années et il fut surpris, ému, que souvent les afro-américains le saluent dans la rue d'un regard, d'un geste amical, que l'un d'entre eux lui dise direct :
"hi, brother !" (lorsqu'il m'en parle parfois, ses yeux sont illuminés) ..
une amie proche, américaine black du Bronx, me dit un jour "viens .. tu verras que même sans moi, à New York, tu n'auras aucun problème .."
bien sur, si tu tombes sur un camé, au mauvais moment .. donc vigilance, c'est vrai, Delphine.
mais une bonne dose de relaxation pour tant de souvenirs inoxydables : en Inde, mes roupies tombaient de ma poche dans le train, je ne m'étais rendu compte de rien, les indiens en face de moi me dirent "tu perds de l'argent"
pareil dans un autre endroit "ton billet va tomber de ta poche" ...
souvent, on est un peu déphasé lorsqu'un indien, dont on imagine le niveau de vie restreint, veut nous offrir un tchaé, un repas. c'est l'inverse qui est plus logique, même si on ne peut inviter "toute la misère du monde" .. à sa table (mais on peut donner quelques dizaines de roupies, chaque jour, ça ne nous fera pas vraiment défaut)
lorsqu'ils invitent : bien sur, pour eux, la fierté d'avoir un occidental (un français souvent) pour ami/relation, est réelle. en face de ce désir de connaître le voyageur, je crois qu'il faut savoir être à la hauteur, se comporter dignement, montrer de l'intérêt pour ses hôtes et du plaisir à leur compagnie.
je crois que c'est un minimum à apporter à des gens qui nous regardent comme nous avons regardé les GI américains en France en 1945, avec leurs clopes et leur chocolat (avec l'uniforme en plus !)
souvent, en Inde, trop de (très) jeunes voyageurs ne sont pas conscients de la "trace" qu'ils laissent. si tous pouvaient "mettre la barre un peu plus haut" dans la relation, dans leur comportement, le retour (feed back) serait encore multiplié par deux, trois ..
nous sommes tous, à un degré ou un autre, à un moment ou un autre, des ambassadeurs de notre pays d'origine, partout où nous allons.
pour en revenir à l'insécurité : elle peut exister, au moment où on s'y attend le moins, surtout si on est "fleur bleue", amoureux-bêta de tout, s'extasiant de tout à l'excès .. (j'ai vu de jeunes voyageurs réellement stupides en ce sens), en ivresse débile. donc se tenir un peu sur la réserve (comme le sont les indiens). cette insécurité ira en grandissant, c'est sur, dans les prochaines années, avec ce que voient de plus en plus de jeunes indiens (frustrés et écartelés entre plusieurs cultures) sur le net d'une part et ce qu'ils observent de nudité encore ici ou là (totalement impensable dans leur cultture et religion).
à la question que pose Pacsman, on peut encore répondre aujourd'hui "non", mais d'ici quinze ans, et progressivement, malheureusement "oui".
"il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en peut rêver votre philosophie". Hamlet.