Les problématiques de l'environnement, de l'écologie et/ou de la protection de la nature sont des sujets bien plus complexes et même polémiques qu'on pourrait croire.
Et pour commencer, le titre d'origine (que j'ai laissé dans ce post) est en soi la preuve d'une connaissance imparfaite du sujet : les ordures dans les lieux touristiques sont un problème d'environnement et pas un problème d'écologie en soi (pour ceux qui en douteraient, je recommande une petite recherche de la signification de ces deux mots)
Penser que des endroits souillés de détritus par des sagouins sont caractéristiques d'un comportement ou du manque d'évolution des mentalités en Malaisie est un raccourci que je trouve bien osé, même si les images montrées sont choquantes pour nous.
Mon intervention a pour but de tenter de remettre les choses un peu en perspective et de prendre un peu de recul sur ce sujet (on parle bien de la mentalité des Malaisiens vis à vis de l'environnement).
1. La volonté gouvernementale
De façon claire et nette, les autorités malaisiennes ont placé l'environnement dans les priorités de gestion du pays. Les choses ne sont pas encore rentrées dans la tête de tous les citoyens, car il faut environ 2 générations (une cinquantaine d'années) pour qu'une pression de communication continue change les mentalités de tout un pays.
Dans les états de Sabah et Sarawak, préserver la forêt est une action prioritaire (ce n'est pas le cas au Kalimantan, la partie indonésienne de l'île de Bornéo). Depuis des années, des budgets de recherche importants sont affectés à l'étude de l'équilibre écologique, et de la regénération des forêts secondaires dans l'objectif de sauver ce qui peut l'être et regénérer ce qui est possible. Ceux qui sont en Malaisie devraient visiter le FRIM (Forest Research Institute Malaysia) près de KL. Cela vaut bien une balade d'une journée, et il n'y a pas de papiers gras. et si vous êtes pasionnés par une question plus précise, n'hésitez pas à demander rendez-vous avec des chercheurs sur le sujet en question.
Pour parler de Parcs Nationaux, la réglementation pour les étrangers comme pour les locaux sur le Taman Negara sont très explicites et rigoureux, et les dérives somme celles rapportées n'existent pas.
2. Le tourisme local
Les Malaisiens (il y en a un dans les échanges qui avait confondu les Malaisiens et les malais qui ne représentent que 60% de la population en caractérisant les Malaisiens comme musulmans) n'étaient pas tellement des touristes dans leur propre pays. Ce phénomène des Malaisiens touristes chez eux est relativement récent et résulte d'un vaste programme promotionnel des autorités malasiennes. Ceux qui sont sur place on certainement remarqué la fameuse campagne Cuti-Cuti avec grandes affiches. Cela ne date que de la fin des années 90.
On commence à s'approcher des chiffres trouvés dans le monde (80% du tourisme est un tourisme de proximité), mais malheureusement, les mentalités et les moyens ne sont pas toujours exactement coordonnés avec l'augmentation de fréquentation.
Les premiers lieux à avoir été équipés (point de collecte des déchets, ramassage pour des centres de traitement, ...) sont les sites touristiques de première importance. Puisque nous parlons des sites naturels, on peut parler par exemple des Perentians déjà cités, de la région de Cherating, de Tioman, de Taman Negara, de Langkawi. Et dans ces hauts lieux touristiques internationaux, vous avez une proportion de touristes locaux de plus en plus grande.
Le tourisme intérieur en Malaisie dépend du MTPB (Malaysia Tourism Promotion Board), qui est un service qui ne dépend pas du même ministère que celui qui s'occupe de l'environnement et des ressources naturelles. Et comme dans tous les pays, la coordination interministérielle n'est pas obligatoriement très simple. Mais je peux vous assurer que la personne en charge du tourisme intérieur au MTPB (on arrive à des niveaux de hauts fonctionnaires), est parfaitement consciente des problèmes d'environnement et de sa préservation. Il est d'ailleurs resté pendant près de 5 ans en France comme Directeur de l'Office du Tourisme de Malaisie à Paris, a visité en long en large toute la France (ses enfants ont découvert la neige à Tignes sur le glacier) et ia protection de l'environnement fait partie de ses préoccupations dans le cadre du développement du tourisme intérieur (on est au coeur de notre sujet).
3. Office du Tourisme
Pour ceux qui sont à Paris (ou peuvent y passer) et sont intéressés par la Malaisie, je vous recommande de faire un saut à l'Office du Tourisme de Malaisie (29 rue des Pyramides).
Vous verrez qu'un très grande partie des brochures (j'aurais tendance à dire la majorité) met en avant les richesses naturelles du pays. Vous pourrez repartir avec des documents couvrant presque tous les aspects possibles de la nature qu'on peut découvrir dans le pays.
Un pays qui base le tourisme international sur la beauté de la nature ne peut pas ne pas s'être préoccupé de la préservation de cette nature. Et il est évident qu'il lutte contre toutes les actions qui seraient propres à mettre à mal cette nature et sa préservation.
Donc, la question de "prise de conscience" n'est même plus à poser, elle est déjà là à un certain niveau. La pénétration dans toutes les classes sociales est progressive et ne se fait pas en un ou deux ans. En France, cela a pris des dizaines d'années, et les efforts continuent d'être nécessaires. La Malaisie a démarré plus tard, en grande partie pour des raisons exprimées ci-dessus, et le travail est en cours.
Mais évidemment, des détritus laissés par une dizaine de personnes se verront toujours plus que ceux qui ne sont pas laissés par des centaines.
Et ce qui est regrettable est que l'action de nettoyage de ce lieu et l'aménagement de colelcte des détritus ne soit pas fait alors que le lieu est très fréquenté.