Périple à vélo: de Marans (Charente-Maritime) à Magné (Deux-Sèvres)
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MC
Et voilà comme je ne sais plus ce que j'ai écrit hier je risque de radoter ou pire encore de passer sur un ou des évènements importants de ce périple ce qui serait vraiment dommage. Levé à 08h00 pour partir à 11h00. Certains se demanderont ce que je peux bien faire pendant tout ce temps, je répondrai que je me le demande aussi. Mais soyez rassurés, aucune seconde n'est perdue ou mal utilisée. Cependant, même si je ne suis pas le premier levé, je suis toujours le dernier à partir. C'est un mystère que je n'explique pas. Donc départ de Marans où je n'ai pas vu l'ombre d'une plume de ces poules mythiques. Peut-être n'était-ce pas le jour? L'étape a été savamment calculée pour tenir compte de la chaleur exceptionnelle, de l'état de l'athlète en forme peut-être pas pleine mais presque et de la rareté des camping placés sur le parcours, j'ai visé Niort. Mais le seul camping, municipal de son état, est fermé, il reste celui de Magné dans le marais poitevin 10 km avant ou un autre 10 km après. Plein de sagesse et aidé dans ma décision par le vieux sage chinois, je choisi 10 km avant. De plus, il faut compter les arrêts dans chaque buvette pour boire un Coca Cola dont le cours varie suivant le standing de l'établissement de 2 à 3.90€, presque 100% d’amplitude ça fait un bel éventail, enfin quand on a soif. Et je ne compte pas les arrêts toutes les 20mn pour boire une grande gorgée d'eau. A part ça le chemin suit toute la journée la Sèvre Niortaise, une brave rivière sans courant bordée d'une multitude de petites maisons allant de la belle bâtisse en pierre de pays parfaitement restaurée au cabanon “Sam Suffit” fait de bric et de broc, tout cela jalonné par de nombreux pêcheurs, pique-niqueurs, toute une population bon enfant qui vient passer de beaux moments au bord de l'eau.



La rivière tanquille



Dissuasion, maltraitance animale ou Humour? Je penche pour la dernière hypothèse.

Je m’arrête près de 2 grand-mères qui pêchent l'anguille à la vermée, elles m’expliquent le principe: On enfile avec une aiguille des gros vers de terre sur un fil de laine. On forme une boule grosse comme un poing d’enfant et on met le tout à l'eau. Les anguilles gourmandes mais pas trop malines tentent d'avaler le tout et leurs dents s'accrochent sur le fil, il suffit alors de tirer pour sortir la bête de l'eau. Mes pêcheuses en ont déjà attrapé un beau spécimen qu’elles sont fières de me montrer. Elles me parlent même de l'utilisation possible d’un parapluie mais j'arrête là car ce serait trop long à expliquer. La proximité de l'eau est bien tentante et je me suis tout de même offert un bain dans la rivière. L'eau est très bonne, un peu chaude même, beaucoup plus froide par moment, phénomène certainement dû à des sources sous-marines, difficile à imaginer vu la sécheresse ambiante.



Le lieu de la baignade, je n'ai pas fait de selfie parce que je suis nul en selfie et que c'était un bain naturiste.



Ce n'est pas le Wild West mais presque.

Rencontre lors d'une halte Coca avec un autre cyclo randonneur de 76 ans. Mais un vrai, celui-là, il a tout fait, du Ju Jitsu à vélo, de l'entraînement dans une équipe cycliste connue des autres mais pas de moi. Intarissable. Nous nous sommes retrouvés au camping et là, avant que je n'ai pu prendre une douche, il vient déjà avec une bière. Puis n'ayant ni l'un ni l'autre de quoi nous sustenter, nous décidons d'aller à la crêperie voisine qui nous a été recommandée par la responsable du camping. Et là nous vivons une expérience que je ne souhaite à aucun d'entre vous. Arrivés sur place le patron nous demande si nous avons réservé et comme ce n'est pas le cas il nous répond gentiment mais fermement d'aller voir ailleurs car il a rempli son quota de clients. Pensant à une forme d'humour nous insistons, mais il est sérieux, il ne nous accepte pas. Il y a parait-il un restaurant de chaque côté du prochain feu tricolore à 200m de là. Pleins d'espoir nous nous rendons au du dit feu, mais catastrophe les estaminets sont tous les deux fermés. Là, nous abordons deux Indigènes, un homme et une femme corpulents mais vraisemblablement pas en couple qui nous conseillent le “Carré d'eau” à 500 m dans l'autre direction. Par prudence je téléphone et j’entends un répondeur me répondre, normal c'est son boulot, que le restaurant est fermé, appel désespéré chez un autre qui ne répond pas. Je vous laisse imaginer notre détresse. A ce moment, je propose de retourner à la crêperie et de faire part au patron de notre désarroi et lui demander de nous accepter tout de même. Cette bonne action pourra lui être comptée le jour du jugement dernier. J'ai l'impression de jouer ma dernière carte dans un moment crucial de mon existence. Après une longue hésitation et avoir pris l'avis du serveur, voilà un patron soucieux de son personnel, il nous accepte finalement en précisant que nous ne devrons pas être pressés. Ouf, il y a dans une vie des moments dramatiques qui trouvent une fin heureuse. Finalement nous serons servis presque aussi vite que les autres clients et nous avons très bien diné. Voilà, j'ai fait court pour ceux qui sont impatients.

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