Trajet en bateau, Thaïlande
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Un forumeur m'a suggéré de partager cette histoire, donc je le fais.

J'ai passé pas mal de temps sur Koh Lipe, Thailande du sud donc, en plein été, basse saison. Ce qui suit à eu lieu fin août.

Calme, reposant, tranquillou pendant un moment, bref, c'était sympa. Mais toute bonne chose à une fin et j'ai donc continué mon périple vers Singapour. Pour ce faire, je devais rejoindre l'aéroport de Bangkok, donc quitter Koh Lipe comme je suis venu, par la mer.

Sur le papier c'est très simple, un trajet en speed boat: c'est le truc de l'image ci-dessous, 3 ou 4 gros moteurs et des rangées de sièges, une sorte de bus des mers gonflé à l'EPO, surement un ami de Lance. Bref, il traverse la baie pendant 1h15 - 1h30, et habituellement la mer est calme, le soleil brille, et les moteurs crachent les décibels. Pas ce jour là.



Avant de partir, on distingue très nettement au large les gros gros nuages gris foncés qui cachent l'horizon. C'est pas la première fois, c'est de la pluie, rien de méchant. On nous dit juste qu'on sera surement un peu éclaboussés. Tu m'étonnes.

Bref, on démarre, et très vite la pluie arrive. Dans un premier temps, la stratégie de tous est d'essayer de se protéger de la pluie au mieux, pour être le moins mouillé possible (à défaut d'être le plus sec possible). A ce petit jeu, je me débrouille pas mal. Je suis installé à l'avant du bateau, assis par terre, de sorte que je ne dépasse pas la hauteur de la coque, ainsi, avec le vent généré par notre vitesse, l'eau passe au dessus de moi (oui parceque j'ai mesuré la vitesse du vent, fais un peut de physique et de mécanique des fluides avant de m'asseoir.) Les gouttes d'eau passent donc au dessus de ma tête pour aller se jeter sur les passagers qui eux sont sous le toit, mais comme il n'y a pas de protection de face, et que un bateau qui veut rentrer sur le continent, bah ça bouge, le toit ne sert strictement à rien , la pluie arrive à la quasi verticale. Ceci dit la fonction première de ce toit est surement d'éviter que les gentils touristes tout palichons qui viennent sur l'ile ne soient cramés force 12 par le soleil avant même d'arriver.

Bref, je m'écarte du sujet. Ca dure 10 minutes comme ça, et je me dis qu'à la fin, je devrais pas être si mouillé que ça. Erreur.

Les petites-moyennes vagues qui agitaient le bateau se transforment en moyennes-grosses qui le fond rebondir de plus en plus. A tel point qu'à chaque vague pratiquement maintenant, le bateau fend l'eau qui est projeté sur le pont avant … autrement dit sur ma pomme. Vraiment pourrie cette mécanique des fluides, des heures de calculs qui tombent à l'eau (à l'eau, haha, bref). Après deux belles vagues, je suis trempé des cheveux aux orteilles, du t-shirt au caleçon. Trempé pour trempé, je me redresse et fait face aux vagues à présent. Les voir arriver me permet d'anticiper les sauts du bateau, qui assis sur un planché en bois étaient … comment dire … comme un tuktuk qui traverse un champ de patates, compliqué pour mon derrière.

Bref. Le combo vent pluie se transforme en déferlante d'eau (de la pluie plus les vagues qui se brises sur le bateau) couplé à des rafales qui décuplent la taille des vagues, qui dépassent bientôt la hauteur du bateau. Du coup quand j'essaye de regarder l'horizon, je vois une île au loin, je vois l'eau tout près, je bois la tasse, île au loin, eau tout près, tasse, île au loin...

Cette île justement, se rapproche de nous, enfin le contraire plutôt, nous sommes en mer depuis 25-30 minutes, et nous nous arrêtons derrière cette petite îlounette (500m de long environ) où nous retrouvons tous les bateaux de pêche du coin qui sont venus pour une full moon party secrête, ou alors c'est pour se cacher de la tempête.

En effet, c'est beaucoup plus calme ici, si ce n'est de la musique techno-thai (si si, ça existe) qui provient d'un bateau de techno-pêche, leur spécialité doit être le poisson de couleur fluo. Fini les grosses vagues donc ici, juste un simple houle, et biensur, la pluie. Ah tient, le toit n'est plus inutile ici. Enfin si en fait, tout le monde est complètement douché déjà, (dommage que mon shampoing soit dans ma valise) donc plus vraiment nécessaire. Passons.

Le pilote du bateau et les deux autres gars d'équipage qui sont à l'arrière échangent des trucs en thaï. Incompréhensible forcément, mais ils n'ont plus la mine amusé des premières grosses vagues. Je comprends par la suite qu'ils parlent d'un des trois moteurs, qui semble t il dés ce moment là ne sera plus utilisé. Cassé, économie de carburant, réduction volontaire de la puissance, je n'en saurai jamais rien.

L'un de membres d'équipage s'avance à l'avant du bateau, soulève une plaque en bois et sort une batterie de gilets de sauvetage, un par personne, que tout le monde s'empresse de mettre, bien serré et tout comme il faut. Nous passons du club des T-shirts mouillés à la colonie de pingouins techtonik.

On pourrait se dire que c'est pour rassurer les touristes et les locaux un peu secoués, mais quand le pilote et ses deux collègues passent le gilet eux aussi, ça fait cogiter une seconde.

La météo ne se calme pas. Pourtant, les moteurs redémarrent, et le bateau se remet en route. Notons que le techno-bateau et ses copains eux ne bougent pas d'un centipouce. Quand je demande pourquoi eux ne partent pas, on me répond simplement en thanglais (version Thai de l'anglais) qu'on doit ramener d'autre personnes sur l'île après nous avoir ramenés sur le continent. D'accord. Raison suffisante pour mourrir, je prends.

On me fait signe de rester à l'intérieur et de ne pas me remettre à l'avant. Dommage, ça me donnait un bon point de vue. Pas de bol, vu que tout le monde est entassé, un des seuls endroits disponibles pour moi, c'est assis par terre à côté du pilote. Le mauvais point c'est que ma fesse gauche s'en est souvenue un moment, le bon point c'est que je suis aux premières loges pour voir la tête du pilote, et comment il se sert des manettes de gaz de chaque moteur. Intéressant, ça ressemble quand même fort à une playstation son truc.

En parlant truc, un truc que je n'ai pas anticipé en m'asseyant à ce qui ressemblait à un endroit pas trop pire, c'est la capacité des coréens qui sont assis à 50cm de mon oreille droite à crier, non hurler, à chaque petit saut du bateau… la-dite oreille sera bien vite anesthésiée pour le reste de la traversée.

Et c'est reparti donc, en pire. Par deux fois les vagues sont si grosses et le bateau si mal mené que l'on se retrouve à 45° (bon ok, j'avais pas de rapporteur sur moi à ce moment là, mais sérieux, au moins 45), et tout ce qui est sur le bateau, les sacs, les cartons de nourriture ou de matériel chinois chelou, et biensur les gens, se retrouvent projetés d'un côté du bateau. De l'intérieur, j'ai vraiment eu le sentiment qu'il ne manquait pas grand chose pour que l'on se retourne.

Pour m'en convaincre, il me suffisait de regarder le pilote, lâcher brusquement toutes les manettes de la playstation (=couper les moteurs) se lever de son siège et se cramponner au bord du bateau. Très rassurant.

A un moment, les deux mecs à l'arrière hurlent un truc. Le pilote coupe les moteurs, le bateau s'arrête. Tout le monde se lève pour voir ce qu'il va extirper des ellices, un sac en plastique? un gros poisson? un collègue pêcheur? Le monstre du Lochness découpé en rondelles? Après 2 minutes de baragouinage en Thaï et à se pencher au dessus d'un des moteurs, l'un des gars en ressort un morceau de filet de pêche. Ca devait surement bloquer l'un des moteurs.

5 minutes plus tard (qui soit dit en passant, en paraissaient plutôt 20, mais bon, je regardais ma montre régulièrement, et il ne s'est passé que 5 minutes), on se ré-arrête suite à des cris, toujours d'un des gugusses de derrière. Cette fois, ça va plus vite, en 30 secondes, il relève un des moteurs, et le pilote relance celui qui reste (c'est à ce moment là que je note qu'une des manettes de gaz n'était plus utilisée depuis notre départ de l'île).

C'est donc avec un seul moteur, et donc à pas d'escargot, ou plutôt vu le contexte, de tortue, que nous finissons la dernière demi-heure.

Tout le monde est soulagé quand, 10 minutes avant la terre ferme, le continent nous protège du vent, et donc les vagues se réduisent, la pluie est moins violente.

A l'arrivée, tout et tout le monde est complètement trempé, on se serait jeté dans l'eau avec nos sacs le résultat aurait été le même, heureusement que j'avais un sac étanche pour mon électronique, un pauvre monsieur regardait sa sacoche d'ordinateur portable comme s'il réfléchissait à la couleur de la tombe de son PC.

Enfin voilà, bilan : un sac de vêtement propres, mais trempés à l'eau de mer, donc sales et qui vont sentir bon dans 3-4h si je ne les sèche pas vite, un trajet de 2h30 au lieu d'1h30, mon oreille droite qui siffle (ces coréens …), et ma fesse gauche en compote.

Heureusement, j'ai enchainé sur 20h de train, enfin 18h+2 de retard, allongé, au calme, sans vagues, tout a eu le temps de bien sécher…

Mais sinon c'est super safe les trajets en speedboat pour rejoindre les petites îles, je vous les conseille, la meilleure attraction que j'ai faite en thailande!
Stef
BA Barbot Globetrotter ·
Bonjour Stef ,

MDR , excellent compte rendu on s'y croirait sauf que je suis pas mouiller . Tu t'en souviendra de ce voyage au moins tu as n'a eu pour ton argent rien à dire là-dessus .
@+ , Marco . On aura jamais assez de temps pour tout ce qu'on veut découvrir et comprendre dans nos voyages qu'on se le dise , Amis voyageurs .
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Bonjour Stef ,

MDR , excellent compte rendu on s'y croirait sauf que je suis pas mouiller . Tu t'en souviendra de ce voyage au moins tu as n'a eu pour ton argent rien à dire là-dessus .

Sawadee krap Marc,

+ 1 Ca fait du bien cette tranche d'humour Ca change de j'ai fait un tour d'elephant capricieux, de rafting bambou sans bambous, mangé des insectes qui piquent, loupé l'arnaqueuse de bangkok et de Phuket rejoint Hua-Hin sans repasser par bangkok.
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
AS Asiawis Globetrotter ·
beau report et belle ecriture, on se croirait presque a bord en te lisant
ST Stefride Regular ·
Merci pour vos retour, c'est toujours un plaisir de partager ses histoires et si ça peut divertir, encore mieux 😉
Stef

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