Treks en Birmanie
by Legatdaniel
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Original post
Je serai dans le nord est du Myanmar dans 15 jours. Avec l'intention de me ballader dans la région de Kyaukme - Hsipaw - Namhsan.
Si vous avez marché dans ce secteur en direction de villages de montagne.
Si vous avez des contacts à me refiler pour que l'expérience d'un trek en montagne devienne un vrai bon souvenir. . . alors je serai ravi de recevoir conseils et infos. Merci.
daniel
J'avais marché vers des villages de montagne près de Hsipaw, c'est très sympa a faire, par contre tu n'a pas besoin de guide, en sortant de Hsipaw tu prend une direction vers des villages que tu aperçois de loin et tu reviens en fin d'après midi.
Se sont des balades d'une journée bien sympa à faire.
Autour de Hsipaw et son histoire, balade à pied jusqu'aux différentes chutes d'eau.
L’histoire de Hsipaw est remarquable et interessante. Un livre « Twilight over Burma » écrit par la femme du dernier sawbwa la raconte en partie. Ils formaient le couple le plus charismatique de l’un des états d’Asie du sud-est dans les années cinquante. Les pages People au niveau international les avaient rendus célèbres à cause de leur relation. Le Sawbwa, dernier chef de file de l’un des états Shan étudiait l’ingénierie aux Etats-Unis lorsqu’il avait rencontré sa future femme, une étudiante autrichienne. Elle l’avait accompagné dans son état féodal qu’il voulait moderniser tant au niveau de ses mines, les différents moyens d’extraction, qu’au niveau de son agriculture et sylviculture. L’avènement au pouvoir du Général Ne Win en 1962 mis fin à ses espoirs. Il fut arrête après avoir visité la famille de son frère à Taunggyi et retenu prisonnier à Ba Htoo Myo à côté de Yaukshaw. Deux messages écrits sont restés comme unique preuve de son arrestation et de sa détention. On n’a jamais su ce qu’il est advenu de lui. L’armée et Ne Win lui-même a toujours nié qu’il avait été arrêté. Il le craignait car il était très populaire. Sa femme qui parlait couramment le birman et le shan pour remplir ses obligations à la cour vit aujourd’hui aux Etats-Unis où elle s’est retirée. Un neveu et une nièce du sawbwa entretiennent la maison de maitre qui surplombe un bras du fleuve Namtu (Doktawaddy).
A la pagode Mahamyatmuni, deux moines seulement sont là pour les services. Chaque quart de lune – tous les sept jours – ils doivent très tôt le matin à 4h00 laver le visage du Bouddha qui trône dans la pagode. Il y a autour de Hsipaw dans la campagne avoisinante des petites chutes d'eau à des distances appréciables pour les atteindre à pied. La première me surprend au détour d'un chemin après être allé visiter la pagode Bawgiyo. Elle se jette dans le vide du haut de la falaise en un filet à peine retenu qu'on pourrait le comparer à un voile de la mariée. Le bain de pied ne me suffit pas et j'arpente la roche vermoulue sur laquelle l'eau glisse depuis un bassin de retenue naturel qui a tout l'air d'une piscine. Une multitude de nids-de-poule gorgés d'eau suffisament imposants pour poser les fesses et les rafraîchir. Le chemin d'accès à la seconde cascade passe par un cimetière chinois situé à l'entrée de la bourgade. Entre terrains privés, cabanes isolées et rizières, le chemin se dessine tel un ruban qu'il nous faudrait suivre pour ouvrir la boite à malices que l'on aperçoit déjà depuis les champs. Celle-ci est plus large que le "voile de la mariée", le nom que l'on pourrait donner à la chute précédente. Il y en a effectivement deux principales qui se jouxtent. En approchant, une multitude collées les unes aux autres tissent un rideau tellement fin qu'il n'arrive pas à cacher la couleur sombre de la roche en arrière-plan. Je traverse quelques rizières où des équipes familiales coupent le riz et le fagotent en petites bottes avant de le passer à l'égreneuse avec le grain en sac d'un côté, la paille de riz au sol de l'autre. Il n'y a plus d'habitation devant moi. J'avise un bassin de retenue d'eau construit pour l'irrigation et je m'y plonge avec délices à l'aller comme au retour car il n'y pas moyen de se baigner à la chute trop puissante pour rester dessous. Elle en est même impressionante tellement l'eau s'écrase sur le sol avec force. Il faut dire qu'elle a de la hauteur et ricoche avant de retomber lourdement éclaboussant tout sur son passage. En cette fin de saison des pluies, la nature nous a doublement gâté en nous offrant deux belles cascades. Je repars en longeant la falaise et sillone quelques sentiers de traverse au hasard. Ceux-ci me conduisent à une fabrique artisanale de sucre de canne. Il y a des sacs qui n'ont pas trouvé preneur et sont en train de pourrir. La toile est mangée par l'humidité - la saison des pluies vient de s'achever - et les trois gars les remettent en sac avant de tenter d'en faire de l'alcool de canne à sucre (cachaça birmane). J'en ramasse des miettes que je prends grand plaisir à suçer. Ils m'invitent à en emmener. Je ne connais pas de reconstituants plus nourrissants que ces produits à base de canne à sucre qui ont été bouillis et rebouillis pendant des heures. La matière n'est pas raffinée mais je m'en fous. On peut parler de "gros sucre" comme si c'était du "gros sel". Elle est à l'état brut. Je me perds un peu plus loin dans une école monastique où les novices papillonnent par dizaine et annonent des "mister". Remis dans le droit chemin, je continue à pied en longeant la route principale que j'aperçois de loin. Il y a une source naturelle d'eau chaude 9 miles (=13 km) sur la route de Maymio, 5 miles (=8 km) après la pagode Bawgyio mais je préfère prendre congé de Hsipaw et ses environs quelques jours pour aller marcher plus loin du côté de Namshan distant de 48 miles soit près de 70 kilomètres.
Je sors de Hsipaw en camion pendant 10 km avant qu’il ne tourne vers la gauche et n’arrive dans une usine de briqueterie où je me perds. Je dois rebrousser chemin car j’ai dépassé la piste qui monte vers le « village des fleurs ». C’est le nom que porte le village traduit en français. Vient ensuite "le village de la montagne". Ça grimpe raide pendant 6h00. Je suis en nage et met à l'épreuve mes cuisses pour pousser et monter toujours plus haut. A ne pas entreprendre sans entraînement. Je n’arrête pas de me laisser dépasser par des motocyclettes qui montent des « chinoiseries », produits divers pas forcément de première nécessité mais qu’ils vont vendre aux Palaungs. Même si je voulais que l'un d'eux m'emmène, cela ne pourrait se faire tellement la dénivellation est ardue et pentue. L’un d’eux, palaung lui-même, me donne son contact pour passer la nuit mais je ne peux pas atteindre son village ce soir. C'est chez une charmante personne d'une cinquantaine d'année que je vais passer une nuit sans problème. Je la rencontre dans la maison familale avec ses parents, ses frères et soeurs, ses neveux et nièces mais elle dispose de son propre toit, les murs d'à côté où je peux disposer du premier étage avec un petit autel à Bouddha, un cierge allumé, tandis qu'elle reste au rez-de-chaussée avec sa petite fille. Etonnant mais elle se débrouille en anglais, shan, thaï et palaung, ce qui va être le cas de beaucoup de gens que je vais rencontrer. Les Palaungs ont un bon niveau d'éducation. Leur principale ressource est leur thé de bonne réputation qu'ils commercialisent eux-mêmes. Ils leur faut donc parler d'autres langues. Je passe une nuit sans souci, sans aucune intervention extérieure de qui que ce soit. Ma logeuse est sereine et je suis à l'abri tout comme elle peut l'être, hors d'atteinte de tous tracas d'ordre policier. Je continue le matin vers Khon Hulk et retrouve le motocycliste bienveillant à mon égard. Il y a même un monastère avec un gars en train de se doucher et baragouinant l'anglais qui se propose de me guider. Autant dire que je hâte le pas pour dépasser le village joliment agencé dont les habitants doivent tirer leurs ressources des aller-retour incessants à la frontière chinoise. Il se trouve à moitié chemin de Hsipaw jusqu'à Nam Hsan, huit heures à pied d'un côté comme de l'autre. Je suis maintenant sur le plateau et bénéficie d'un panorama splendide. Je vais un peu tourner comme sur moi-même dans les jours qui viennent car j'aperçois Nam Hsan de l'autre côté, à l'ouest. Des pans de montagnes habillés de vert - la couleur des plantations de thé qui font la réputation de la région - jaillissent et se recoupent à certains endroits font de cet endroit un cirque naturel merveilleux à contempler. Je me régale jusqu'à l'arrivée à Omtet, village Palaung pittoresque où je suis accueilli partout à bras ouverts. Je m'arrête dans une boutique où un agent de l'immigration très aimable et sympathique m'invite à me reposer. Il est en train d'entregistrer les coordonnées des locaux afin de leur établir des papiers d'identité dont ils contestent la nécessité. C'est une campagne nationale du genre: "Donnons une carte nationale d'ientité" à chacun. Elle procède d'une bonne volonté mais d'autres la pressentent comme une campagne pour ficher les individus. Ceux qui ne sortiront pas du coin n'auront nullement besoin de ces papiers. Ceux qui veulent se rendre à Mandalay ou Rangoun en ont besoin car les controles sont fréquents sur les routes. C'est bien la première fois que je copine avec un offcier d'immigration birman. Il est jeune et est arrivé ce matin de Nam Hsan. Le photographe chargé des photos d'identité arrive tôt demain matin. Je me rends au monastère où je suis invité à déjeuner. Le Supérieur me gâte avec tout ce qu'il peut m'offrir, thé, café, biscuits, toddy (sucre de canne). Il m'invite à rester pour la nuit. Je m'éclipse à contre coeur. En "fouillant" dans le village, je tombe sur un rassemblement familial dont j'ignore le motif. Cela ressemble à un repas de funérailles. Je refuse l'invitation à déjeuner mais les mains de vieilles palaungs coiffées et habillées traditionnellement en haut de l'escalier se tendent et m'appellent. La curiosité aidant, je me retrouve au premier étage en pleine réunion familiale, les hommes d'un côté buvant et fumant, les femmes de l'autre n'étant pas en reste. Peu de lumière pénètre cette salle où j'ai l'impression d'être plongé dans un autre siècle, le moyen-âge tel que nous le décrivait avec des photos ou des illustrations nos livres d'histoire. Le détail qui tue l'histoire et me rappelle à la réalité, c'est toute cette "quincaillerie multicolorée" d'objets de bric et de brac "made in China" accrochés aux murs ou les présents offerts à la jeune disparue décédée d'un cas rare de leucémie. L'ambiance n'est pas mortifère, ni celle endeuillée à laquelle l'on pourrait s'attendre même si la victime, une vingtaine d'année seulement, n'était qu'au seuil de sa vie d'adulte. Les membres de la famille se sont retrouvés et papotent gentillement, pas un mot plus haut que l'autre, en sirotant du thé tout simplement. Je retourne à mon officier d'immigration et prends congé de lui. Il me donne l'adresse de sa soeur dans son village natal où je peux passer la nuit. C'est le prochain village. En cours de chemin, je tombe nez-à-nez avec des cueuilleuses de thé toutes enturbannées, "thanakée", se taquinant et se moquant les unes les autres. Elles prennent la pose avant que je ne les quitte et les dépasse. A l'entrée du village, je suis invité à une assiette de riz par un groupe de moissonneurs. La journée finie, tout le monde se rassemble autour d'un repas, se remémorant les détails de la journée de labeur ou bien tout autre sujet de peu d'intérêt qui rassemble un large consencius à l'image de nos tables d'antan pendant les récoltes.
Je prends contact avec le premier moine que je rencontre à l'approche d'un joli monastère shan en bois noir. Il n'y pas de souci quant à mon hébergement. Nous prenons la douche à la tombée du jour quand un moine arrive dont je ne sais d'où m'intimant de le suivre après avoir vaguement parlementer avec mon hôte qui s'incline. Nous traversons deux ou trois rues avant de grimper l'escalier qui conduit à la pagode principale. La vue est magnifique et s'étend sur 360°. Il me demande d'attendre dehors tandis qu'il va parler au Supérieur qui décline la possibilité de m'héberger. Légèrement énervé - de quoi se mêle-t-il ? - je décide bien évidement de retourner dans le premier monastère. Il me suit. Un peu plus tard, il vient me chercher pour me conduire dans une maison où je suis accueilli pour la nuit. Je suis un peu dégoûté d'être balladé d'un endroit à l'autre sans trop savoir quel est le problème qui se pose même si mon expérience me dit que le fait d'être étranger explique tout. Je refuse naturellement le diner qui m'est offert et grimpe à l'étage assez rapidement à la lueur de la bougie. La bâtisse est énorme avec des pièces habitées ou laissées en désuétude. Une vieille dame monte un peu plus tard se coucher dans la chambre qui jouxte la mienne sans oublier de mettre une bougie sur l'autel sur lequel trône le Bouddha et au pied duquel je suis allongé les pieds tournés vers l'extérieur. Je partage le petit-déjeuner avec les quatre adultes présents, deux hommes et deux femmes, avant de quitter le lieu. J'apprends que j'ai finalement dormi chez la soeur de l'officier. J'ai décidé. Je veux éviter Nam Hsan alors que je pensais initialement y passer un moment de la journée et continuer ensuite. Il y a une guesthouse gérée par l'état et je n'ai pas envie qu'un emmerdeur vienne me poser des questions et casser les pieds sans compter que je devrais me rendre à l'office d'immigration si j'y suis poliment invité. Le parcours que je me concocte est magnifique à tous points de vue. Je commence à regarder l'autre versant du cirque, celui par lequel j'ai débuté ma marche. De petits sentiers m'emmènent entre vallons et collines. Je croise quelques cabanes dans lesquelles vivent les gens au milieu de leurs cultures vivrières de subsistance. Je ne manque pas de leur demander ma direction et soit ils me confirment le chemin à suivre, soit ils me réorientent et m'indiquent vers où me diriger. Je n'ai pour ultime but que de rattraper la route principale anciennement asphaltée qui permet la liaison Hsipaw-Nam Hsan (48 miles). J'ai aussi dans l'idée d'atteindre la pagode de Nam Hsan, environ 15 km plus au sud de la ville du même nom. Elle est perchée à une telle hauteur que ce doit être un bonheur d'assister à un coucher du soleil là-haut. Peu avant d'atteindre le goudron ou ce qu'il en reste, un gigantesque magnolia enrubanné abrite un petit autel dédié à Bouddha. A côté de l'arbre immense, un tumulus de briques rouges de taille moyenne en partie érasé, recouvert de lichens et mousses envahissantes, procure à l'endroit une once de religiosité. Il est vrai que l'arbre du Bouddha est "magnolia religiosis". Je pense aussi qu'un tel endroit naturel doit pouvoir servir à des dévotions aux Nats et qu'il est avant tout dédié à ce genre de manifestations. Je rejoins la route proche et commence à marcher en direction de Hsipaw. Je croise des camions qui montent. Vu l'état de la chaussée défonçée, combien de temps leur faut-il pour arriver jusqu'içi ? un jour ou deux ? J'ai fait aussi bien à pied. Je continue jusqu'à la bifurcation qui conduit vers la pagode et dépasse un hameau de maisonnées avant d'arriver dans le dernier village où je marque une courte pause et parle avec un moine anglophone. Le soleil baisse à l'horizon et j'entreprends l'ascension d'un escalier interminable, parallèle à la route, qui monte et aboutit aux pagodes. Sa forme épouse celle du ruban noir. A un virage correspond un changement de direction des marches. Il est impressionant. Au sommet, la pagode principale est sous les ors du soleil couchant. La couleur jaune des stupas change de nuance au fur et à mesure que l'astre lumineux décline. Ils vont même prendre des tons rougissants, ce qui me laisse pantois, car je n'avais pas remarqué ce rouge écarlate qui envelope certains pagodons. Plus le soleil tombe, plus le rouge s'assombrit. On pourrait le comparer au sang qui en cas d'oxygènation, s'épaissit et devient noir. Pourquoi tous les pagodons ne sont-ils pas ensanglantés ? Je me remémorre les "trois jours sanglants" (26/27/28 septembre 2007). Y-aurait-il un pagodon pour chaque victime des représailles ? Dans ce cas, on en est loin du (dé)compte (officiel de victimes) puisque tous dégoulinent de rouge écarlate. La référence aux événements de 2007 dans ce décor grandiose est un hommage aux victimes de la répression et dans un sens plus large aux atteintes à la liberté individuelle dans ce pays. Qui parle de liberté ? J'ai l'impression d'être seul sur le toit du monde, à mi chemin entre tout le monde et le nirvana. Tout autour de moi, à l'horizon, s'étend la magnificence. Cette vue générale n'a rien à envier à celle du Mont Sinaï où Moïse reçut les tables de la loi. Elle commande le respect et l'humilité et force l'admiration pour amorcer un début de contemplation. Je voudrais rester ici une éternité, rester attaché au rocher sur lequel je suis assis sans m'en détacher. C'est beau et tout la beauté générée par ce haut-lieu spirituel resplendit sur les êtres qui l'habitent. Les bhikkhunis ne comprennent pas que je sois encore dehors par ce froid de canard car tout lieu qui se mérite a aussi des inconvénients. Balayés par le vent, il n'assure aucune protection naturelle. Je le respire à fond, à pleins poumons même si je sens le froid me pénétrer le dos. Je repère un endroit près d'un Bouddha précieux en vert où je souhaite passer la nuit. Il y a un lit et mon duvet me suffira. Je ne suis pas sûr d'obtenir l'autorisation mais je pense qu'un tel lieu mérite une nuitée d'exception. La permission m'est accordée et je me réfugie dans mon antre. Je vais vivre, voir et dormir plusieurs nuits en une seule. Je suis en train de marcher / méditer sous le ciel étoilé éclairé par la lune, envelopé dans une couverture qui me protège du froid. Je suis le dernier allongé, le premier levé avant que l'astre lumineux ne daigne montrer les bouts de ses rayons. Inaudible tel le silence balayé par le vent qui souffle. Impossible endroit qu'il serait difficile d'imaginer si je ne l'avais pas vu. Je suis contrit de le quitter. Les nonnes m'auraient bien garder une nuit supplémentaire. Ce n'est pas si souvent qu'elles ont de la visite. Je quitte en cours de matinée et comme à l'habitude, je me lance dans des raccourcis hasardeux car je ne veux pas faire demi tour et redescendre l'escalier. Après deux heures de descente ardue sur un chemin qui se lit à peine à travers la végétation, je retombe sur la route à mi chemin entre Nam Hsan et Hsipaw. Je fais un bout en moto derrière un militaire qui s'arrête à ce qui sera dans quelques années une plantation de thé. Depuis quand l'armée investit-elle dans le thé ? Après une demie heure de marche, un petit camion finit par me ramasser et me déposer à la bifurcation Namtu-Hsipaw, portion de route qui est aussi utilisée depuis Lashio pour se rendre à Hsipaw. La nuit n'est pas bien loin et je ne risque pas d'avoir beaucoup de véhicules à cette heure avancée de la journée. Après avoir patienté à la sortie du village devant un monastère où la fête bat son plein, je m'éclipse à pied pour 16 miles (environ 25 km) de marche. Si je compte 7 km/h, j'y serai à coup sûr vers 10h00 ce soir, ce qui est encore une heure respectable pour rentrer à Hsipaw. Ne voilà-t-il pas qu'une mobylette avec deux jeunes s'arrêtent et insistent pour m'embarquer jusqu'à Hsipaw. Ils m'ont demandé où j'allais. La route est forçément en mauvais état et je crains pour les pneumatiques du deux-cycles "made in China" tout flambant neuf. Ils se rendent à Maymio où il sera revendu. Ils servent de transitaires et se payent une virée en prenant du bon temps. De l'argent de poche facile et beaucoup de plaisir en perspectives sur la route pour des jeunes birmans d'une vingtaine d'années. Ils semblent ignorer que je pèse plus lourd qu'un Birman. Il rare ici de voir une seule personne sur une motocyclette. C'est un moyen de transport familial et collectif. Je leur fais signe d'avancer mais ils ne me laisseront pas derrière. Je décide d'embarquer et me dis que s'ils m'avancent de quelques kilomètres, cela peut me faire gagner une heure à l'arrivée. Je pense qu'ils vont se rendre compte que faire toute la route ensemble ne sera pas possible. Je me trompe. A coeur vaillant, rien d'impossible. La progression est très lente. Le copain du propriètaire de la moto conduit avec attention, presque trop lentement même, si bien que l'on doit presque mettre pied à terre car on frôle le déséquilibre lorsque l'on évite les nids-de-poule. Nous arrivons deux heures plus tard à bon port. Ils sont même prêts à m'inviter à diner mais je préfère regagner Hsipaw à pied.
L’histoire de Hsipaw est remarquable et interessante. Un livre « Twilight over Burma » écrit par la femme du dernier sawbwa la raconte en partie. Ils formaient le couple le plus charismatique de l’un des états d’Asie du sud-est dans les années cinquante. Les pages People au niveau international les avaient rendus célèbres à cause de leur relation. Le Sawbwa, dernier chef de file de l’un des états Shan étudiait l’ingénierie aux Etats-Unis lorsqu’il avait rencontré sa future femme, une étudiante autrichienne. Elle l’avait accompagné dans son état féodal qu’il voulait moderniser tant au niveau de ses mines, les différents moyens d’extraction, qu’au niveau de son agriculture et sylviculture. L’avènement au pouvoir du Général Ne Win en 1962 mis fin à ses espoirs. Il fut arrête après avoir visité la famille de son frère à Taunggyi et retenu prisonnier à Ba Htoo Myo à côté de Yaukshaw. Deux messages écrits sont restés comme unique preuve de son arrestation et de sa détention. On n’a jamais su ce qu’il est advenu de lui. L’armée et Ne Win lui-même a toujours nié qu’il avait été arrêté. Il le craignait car il était très populaire. Sa femme qui parlait couramment le birman et le shan pour remplir ses obligations à la cour vit aujourd’hui aux Etats-Unis où elle s’est retirée. Un neveu et une nièce du sawbwa entretiennent la maison de maitre qui surplombe un bras du fleuve Namtu (Doktawaddy).
A la pagode Mahamyatmuni, deux moines seulement sont là pour les services. Chaque quart de lune – tous les sept jours – ils doivent très tôt le matin à 4h00 laver le visage du Bouddha qui trône dans la pagode. Il y a autour de Hsipaw dans la campagne avoisinante des petites chutes d'eau à des distances appréciables pour les atteindre à pied. La première me surprend au détour d'un chemin après être allé visiter la pagode Bawgiyo. Elle se jette dans le vide du haut de la falaise en un filet à peine retenu qu'on pourrait le comparer à un voile de la mariée. Le bain de pied ne me suffit pas et j'arpente la roche vermoulue sur laquelle l'eau glisse depuis un bassin de retenue naturel qui a tout l'air d'une piscine. Une multitude de nids-de-poule gorgés d'eau suffisament imposants pour poser les fesses et les rafraîchir. Le chemin d'accès à la seconde cascade passe par un cimetière chinois situé à l'entrée de la bourgade. Entre terrains privés, cabanes isolées et rizières, le chemin se dessine tel un ruban qu'il nous faudrait suivre pour ouvrir la boite à malices que l'on aperçoit déjà depuis les champs. Celle-ci est plus large que le "voile de la mariée", le nom que l'on pourrait donner à la chute précédente. Il y en a effectivement deux principales qui se jouxtent. En approchant, une multitude collées les unes aux autres tissent un rideau tellement fin qu'il n'arrive pas à cacher la couleur sombre de la roche en arrière-plan. Je traverse quelques rizières où des équipes familiales coupent le riz et le fagotent en petites bottes avant de le passer à l'égreneuse avec le grain en sac d'un côté, la paille de riz au sol de l'autre. Il n'y a plus d'habitation devant moi. J'avise un bassin de retenue d'eau construit pour l'irrigation et je m'y plonge avec délices à l'aller comme au retour car il n'y pas moyen de se baigner à la chute trop puissante pour rester dessous. Elle en est même impressionante tellement l'eau s'écrase sur le sol avec force. Il faut dire qu'elle a de la hauteur et ricoche avant de retomber lourdement éclaboussant tout sur son passage. En cette fin de saison des pluies, la nature nous a doublement gâté en nous offrant deux belles cascades. Je repars en longeant la falaise et sillone quelques sentiers de traverse au hasard. Ceux-ci me conduisent à une fabrique artisanale de sucre de canne. Il y a des sacs qui n'ont pas trouvé preneur et sont en train de pourrir. La toile est mangée par l'humidité - la saison des pluies vient de s'achever - et les trois gars les remettent en sac avant de tenter d'en faire de l'alcool de canne à sucre (cachaça birmane). J'en ramasse des miettes que je prends grand plaisir à suçer. Ils m'invitent à en emmener. Je ne connais pas de reconstituants plus nourrissants que ces produits à base de canne à sucre qui ont été bouillis et rebouillis pendant des heures. La matière n'est pas raffinée mais je m'en fous. On peut parler de "gros sucre" comme si c'était du "gros sel". Elle est à l'état brut. Je me perds un peu plus loin dans une école monastique où les novices papillonnent par dizaine et annonent des "mister". Remis dans le droit chemin, je continue à pied en longeant la route principale que j'aperçois de loin. Il y a une source naturelle d'eau chaude 9 miles (=13 km) sur la route de Maymio, 5 miles (=8 km) après la pagode Bawgyio mais je préfère prendre congé de Hsipaw et ses environs quelques jours pour aller marcher plus loin du côté de Namshan distant de 48 miles soit près de 70 kilomètres.
Je sors de Hsipaw en camion pendant 10 km avant qu’il ne tourne vers la gauche et n’arrive dans une usine de briqueterie où je me perds. Je dois rebrousser chemin car j’ai dépassé la piste qui monte vers le « village des fleurs ». C’est le nom que porte le village traduit en français. Vient ensuite "le village de la montagne". Ça grimpe raide pendant 6h00. Je suis en nage et met à l'épreuve mes cuisses pour pousser et monter toujours plus haut. A ne pas entreprendre sans entraînement. Je n’arrête pas de me laisser dépasser par des motocyclettes qui montent des « chinoiseries », produits divers pas forcément de première nécessité mais qu’ils vont vendre aux Palaungs. Même si je voulais que l'un d'eux m'emmène, cela ne pourrait se faire tellement la dénivellation est ardue et pentue. L’un d’eux, palaung lui-même, me donne son contact pour passer la nuit mais je ne peux pas atteindre son village ce soir. C'est chez une charmante personne d'une cinquantaine d'année que je vais passer une nuit sans problème. Je la rencontre dans la maison familale avec ses parents, ses frères et soeurs, ses neveux et nièces mais elle dispose de son propre toit, les murs d'à côté où je peux disposer du premier étage avec un petit autel à Bouddha, un cierge allumé, tandis qu'elle reste au rez-de-chaussée avec sa petite fille. Etonnant mais elle se débrouille en anglais, shan, thaï et palaung, ce qui va être le cas de beaucoup de gens que je vais rencontrer. Les Palaungs ont un bon niveau d'éducation. Leur principale ressource est leur thé de bonne réputation qu'ils commercialisent eux-mêmes. Ils leur faut donc parler d'autres langues. Je passe une nuit sans souci, sans aucune intervention extérieure de qui que ce soit. Ma logeuse est sereine et je suis à l'abri tout comme elle peut l'être, hors d'atteinte de tous tracas d'ordre policier. Je continue le matin vers Khon Hulk et retrouve le motocycliste bienveillant à mon égard. Il y a même un monastère avec un gars en train de se doucher et baragouinant l'anglais qui se propose de me guider. Autant dire que je hâte le pas pour dépasser le village joliment agencé dont les habitants doivent tirer leurs ressources des aller-retour incessants à la frontière chinoise. Il se trouve à moitié chemin de Hsipaw jusqu'à Nam Hsan, huit heures à pied d'un côté comme de l'autre. Je suis maintenant sur le plateau et bénéficie d'un panorama splendide. Je vais un peu tourner comme sur moi-même dans les jours qui viennent car j'aperçois Nam Hsan de l'autre côté, à l'ouest. Des pans de montagnes habillés de vert - la couleur des plantations de thé qui font la réputation de la région - jaillissent et se recoupent à certains endroits font de cet endroit un cirque naturel merveilleux à contempler. Je me régale jusqu'à l'arrivée à Omtet, village Palaung pittoresque où je suis accueilli partout à bras ouverts. Je m'arrête dans une boutique où un agent de l'immigration très aimable et sympathique m'invite à me reposer. Il est en train d'entregistrer les coordonnées des locaux afin de leur établir des papiers d'identité dont ils contestent la nécessité. C'est une campagne nationale du genre: "Donnons une carte nationale d'ientité" à chacun. Elle procède d'une bonne volonté mais d'autres la pressentent comme une campagne pour ficher les individus. Ceux qui ne sortiront pas du coin n'auront nullement besoin de ces papiers. Ceux qui veulent se rendre à Mandalay ou Rangoun en ont besoin car les controles sont fréquents sur les routes. C'est bien la première fois que je copine avec un offcier d'immigration birman. Il est jeune et est arrivé ce matin de Nam Hsan. Le photographe chargé des photos d'identité arrive tôt demain matin. Je me rends au monastère où je suis invité à déjeuner. Le Supérieur me gâte avec tout ce qu'il peut m'offrir, thé, café, biscuits, toddy (sucre de canne). Il m'invite à rester pour la nuit. Je m'éclipse à contre coeur. En "fouillant" dans le village, je tombe sur un rassemblement familial dont j'ignore le motif. Cela ressemble à un repas de funérailles. Je refuse l'invitation à déjeuner mais les mains de vieilles palaungs coiffées et habillées traditionnellement en haut de l'escalier se tendent et m'appellent. La curiosité aidant, je me retrouve au premier étage en pleine réunion familiale, les hommes d'un côté buvant et fumant, les femmes de l'autre n'étant pas en reste. Peu de lumière pénètre cette salle où j'ai l'impression d'être plongé dans un autre siècle, le moyen-âge tel que nous le décrivait avec des photos ou des illustrations nos livres d'histoire. Le détail qui tue l'histoire et me rappelle à la réalité, c'est toute cette "quincaillerie multicolorée" d'objets de bric et de brac "made in China" accrochés aux murs ou les présents offerts à la jeune disparue décédée d'un cas rare de leucémie. L'ambiance n'est pas mortifère, ni celle endeuillée à laquelle l'on pourrait s'attendre même si la victime, une vingtaine d'année seulement, n'était qu'au seuil de sa vie d'adulte. Les membres de la famille se sont retrouvés et papotent gentillement, pas un mot plus haut que l'autre, en sirotant du thé tout simplement. Je retourne à mon officier d'immigration et prends congé de lui. Il me donne l'adresse de sa soeur dans son village natal où je peux passer la nuit. C'est le prochain village. En cours de chemin, je tombe nez-à-nez avec des cueuilleuses de thé toutes enturbannées, "thanakée", se taquinant et se moquant les unes les autres. Elles prennent la pose avant que je ne les quitte et les dépasse. A l'entrée du village, je suis invité à une assiette de riz par un groupe de moissonneurs. La journée finie, tout le monde se rassemble autour d'un repas, se remémorant les détails de la journée de labeur ou bien tout autre sujet de peu d'intérêt qui rassemble un large consencius à l'image de nos tables d'antan pendant les récoltes.
Je prends contact avec le premier moine que je rencontre à l'approche d'un joli monastère shan en bois noir. Il n'y pas de souci quant à mon hébergement. Nous prenons la douche à la tombée du jour quand un moine arrive dont je ne sais d'où m'intimant de le suivre après avoir vaguement parlementer avec mon hôte qui s'incline. Nous traversons deux ou trois rues avant de grimper l'escalier qui conduit à la pagode principale. La vue est magnifique et s'étend sur 360°. Il me demande d'attendre dehors tandis qu'il va parler au Supérieur qui décline la possibilité de m'héberger. Légèrement énervé - de quoi se mêle-t-il ? - je décide bien évidement de retourner dans le premier monastère. Il me suit. Un peu plus tard, il vient me chercher pour me conduire dans une maison où je suis accueilli pour la nuit. Je suis un peu dégoûté d'être balladé d'un endroit à l'autre sans trop savoir quel est le problème qui se pose même si mon expérience me dit que le fait d'être étranger explique tout. Je refuse naturellement le diner qui m'est offert et grimpe à l'étage assez rapidement à la lueur de la bougie. La bâtisse est énorme avec des pièces habitées ou laissées en désuétude. Une vieille dame monte un peu plus tard se coucher dans la chambre qui jouxte la mienne sans oublier de mettre une bougie sur l'autel sur lequel trône le Bouddha et au pied duquel je suis allongé les pieds tournés vers l'extérieur. Je partage le petit-déjeuner avec les quatre adultes présents, deux hommes et deux femmes, avant de quitter le lieu. J'apprends que j'ai finalement dormi chez la soeur de l'officier. J'ai décidé. Je veux éviter Nam Hsan alors que je pensais initialement y passer un moment de la journée et continuer ensuite. Il y a une guesthouse gérée par l'état et je n'ai pas envie qu'un emmerdeur vienne me poser des questions et casser les pieds sans compter que je devrais me rendre à l'office d'immigration si j'y suis poliment invité. Le parcours que je me concocte est magnifique à tous points de vue. Je commence à regarder l'autre versant du cirque, celui par lequel j'ai débuté ma marche. De petits sentiers m'emmènent entre vallons et collines. Je croise quelques cabanes dans lesquelles vivent les gens au milieu de leurs cultures vivrières de subsistance. Je ne manque pas de leur demander ma direction et soit ils me confirment le chemin à suivre, soit ils me réorientent et m'indiquent vers où me diriger. Je n'ai pour ultime but que de rattraper la route principale anciennement asphaltée qui permet la liaison Hsipaw-Nam Hsan (48 miles). J'ai aussi dans l'idée d'atteindre la pagode de Nam Hsan, environ 15 km plus au sud de la ville du même nom. Elle est perchée à une telle hauteur que ce doit être un bonheur d'assister à un coucher du soleil là-haut. Peu avant d'atteindre le goudron ou ce qu'il en reste, un gigantesque magnolia enrubanné abrite un petit autel dédié à Bouddha. A côté de l'arbre immense, un tumulus de briques rouges de taille moyenne en partie érasé, recouvert de lichens et mousses envahissantes, procure à l'endroit une once de religiosité. Il est vrai que l'arbre du Bouddha est "magnolia religiosis". Je pense aussi qu'un tel endroit naturel doit pouvoir servir à des dévotions aux Nats et qu'il est avant tout dédié à ce genre de manifestations. Je rejoins la route proche et commence à marcher en direction de Hsipaw. Je croise des camions qui montent. Vu l'état de la chaussée défonçée, combien de temps leur faut-il pour arriver jusqu'içi ? un jour ou deux ? J'ai fait aussi bien à pied. Je continue jusqu'à la bifurcation qui conduit vers la pagode et dépasse un hameau de maisonnées avant d'arriver dans le dernier village où je marque une courte pause et parle avec un moine anglophone. Le soleil baisse à l'horizon et j'entreprends l'ascension d'un escalier interminable, parallèle à la route, qui monte et aboutit aux pagodes. Sa forme épouse celle du ruban noir. A un virage correspond un changement de direction des marches. Il est impressionant. Au sommet, la pagode principale est sous les ors du soleil couchant. La couleur jaune des stupas change de nuance au fur et à mesure que l'astre lumineux décline. Ils vont même prendre des tons rougissants, ce qui me laisse pantois, car je n'avais pas remarqué ce rouge écarlate qui envelope certains pagodons. Plus le soleil tombe, plus le rouge s'assombrit. On pourrait le comparer au sang qui en cas d'oxygènation, s'épaissit et devient noir. Pourquoi tous les pagodons ne sont-ils pas ensanglantés ? Je me remémorre les "trois jours sanglants" (26/27/28 septembre 2007). Y-aurait-il un pagodon pour chaque victime des représailles ? Dans ce cas, on en est loin du (dé)compte (officiel de victimes) puisque tous dégoulinent de rouge écarlate. La référence aux événements de 2007 dans ce décor grandiose est un hommage aux victimes de la répression et dans un sens plus large aux atteintes à la liberté individuelle dans ce pays. Qui parle de liberté ? J'ai l'impression d'être seul sur le toit du monde, à mi chemin entre tout le monde et le nirvana. Tout autour de moi, à l'horizon, s'étend la magnificence. Cette vue générale n'a rien à envier à celle du Mont Sinaï où Moïse reçut les tables de la loi. Elle commande le respect et l'humilité et force l'admiration pour amorcer un début de contemplation. Je voudrais rester ici une éternité, rester attaché au rocher sur lequel je suis assis sans m'en détacher. C'est beau et tout la beauté générée par ce haut-lieu spirituel resplendit sur les êtres qui l'habitent. Les bhikkhunis ne comprennent pas que je sois encore dehors par ce froid de canard car tout lieu qui se mérite a aussi des inconvénients. Balayés par le vent, il n'assure aucune protection naturelle. Je le respire à fond, à pleins poumons même si je sens le froid me pénétrer le dos. Je repère un endroit près d'un Bouddha précieux en vert où je souhaite passer la nuit. Il y a un lit et mon duvet me suffira. Je ne suis pas sûr d'obtenir l'autorisation mais je pense qu'un tel lieu mérite une nuitée d'exception. La permission m'est accordée et je me réfugie dans mon antre. Je vais vivre, voir et dormir plusieurs nuits en une seule. Je suis en train de marcher / méditer sous le ciel étoilé éclairé par la lune, envelopé dans une couverture qui me protège du froid. Je suis le dernier allongé, le premier levé avant que l'astre lumineux ne daigne montrer les bouts de ses rayons. Inaudible tel le silence balayé par le vent qui souffle. Impossible endroit qu'il serait difficile d'imaginer si je ne l'avais pas vu. Je suis contrit de le quitter. Les nonnes m'auraient bien garder une nuit supplémentaire. Ce n'est pas si souvent qu'elles ont de la visite. Je quitte en cours de matinée et comme à l'habitude, je me lance dans des raccourcis hasardeux car je ne veux pas faire demi tour et redescendre l'escalier. Après deux heures de descente ardue sur un chemin qui se lit à peine à travers la végétation, je retombe sur la route à mi chemin entre Nam Hsan et Hsipaw. Je fais un bout en moto derrière un militaire qui s'arrête à ce qui sera dans quelques années une plantation de thé. Depuis quand l'armée investit-elle dans le thé ? Après une demie heure de marche, un petit camion finit par me ramasser et me déposer à la bifurcation Namtu-Hsipaw, portion de route qui est aussi utilisée depuis Lashio pour se rendre à Hsipaw. La nuit n'est pas bien loin et je ne risque pas d'avoir beaucoup de véhicules à cette heure avancée de la journée. Après avoir patienté à la sortie du village devant un monastère où la fête bat son plein, je m'éclipse à pied pour 16 miles (environ 25 km) de marche. Si je compte 7 km/h, j'y serai à coup sûr vers 10h00 ce soir, ce qui est encore une heure respectable pour rentrer à Hsipaw. Ne voilà-t-il pas qu'une mobylette avec deux jeunes s'arrêtent et insistent pour m'embarquer jusqu'à Hsipaw. Ils m'ont demandé où j'allais. La route est forçément en mauvais état et je crains pour les pneumatiques du deux-cycles "made in China" tout flambant neuf. Ils se rendent à Maymio où il sera revendu. Ils servent de transitaires et se payent une virée en prenant du bon temps. De l'argent de poche facile et beaucoup de plaisir en perspectives sur la route pour des jeunes birmans d'une vingtaine d'années. Ils semblent ignorer que je pèse plus lourd qu'un Birman. Il rare ici de voir une seule personne sur une motocyclette. C'est un moyen de transport familial et collectif. Je leur fais signe d'avancer mais ils ne me laisseront pas derrière. Je décide d'embarquer et me dis que s'ils m'avancent de quelques kilomètres, cela peut me faire gagner une heure à l'arrivée. Je pense qu'ils vont se rendre compte que faire toute la route ensemble ne sera pas possible. Je me trompe. A coeur vaillant, rien d'impossible. La progression est très lente. Le copain du propriètaire de la moto conduit avec attention, presque trop lentement même, si bien que l'on doit presque mettre pied à terre car on frôle le déséquilibre lorsque l'on évite les nids-de-poule. Nous arrivons deux heures plus tard à bon port. Ils sont même prêts à m'inviter à diner mais je préfère regagner Hsipaw à pied.
Comme c'est beau la vie errante: Pour pays l'univers, pour loi sa volonté. Et surtout la chose énivrante: la Liberté ! la Liberté ! (Henri Meilhac (1831-1897) & Ludovic Halévy (1834-1908).
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hi there
I’m heading to Uzbekistan for three weeks from mid-September to mid-October 2026—a country I haven’t visited yet.
I’d love to do a few multi-day hikes in the mountains without going through a tour operator or hiring a guide. Has anyone here done this?
It doesn’t have to be all trekking; day hikes are great too.
I’m open to any tips!
Also, I see there are lots of train options if you book well in advance—does that only apply to the "fast" trains? Are there buses as well?
Thanks, community! 🙂
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hi how can I get internet when I arrive at Haneda? I mean in areas without free wifi. Is it more interesting to buy a SIM card? If so, at the airport? thanks for your help
Hi there,
I’m planning to do the Mercantour crossing following the Randoxygène route in mid-July. I’m used to hiking in the mountains, but I sometimes get vertigo, for example on ridges with drops on both sides. I wanted to check if there are any T4 or T3-T4 sections and find out if there are any very exposed passages—and if so, where—so I can plan an alternative route. Can anyone give me some info on this? Thanks!
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We're planning to go at the end of November/beginning of December to visit (with a rental car) and hike on La Palma and El Hierro for 15 full days, including 1 day for inter-island ferry transfers. What’s the best split between the two islands—8 days on La Palma and 6 on El Hierro, or even more time for La Palma? Should we have one or two home bases on La Palma? Thanks for your tips!
Annie
Hello,
In mid-November, we’ll be in Mindelo and Santo Antão.
We’ve booked transportation with Kapverden Tours.
One trip is from Porto Novo to Ponta do Sol, including the hike from Corda to Coculi.
What’s the trail like?
Then we’ll be staying in Ponta do Sol,
Here’s what we’re planning: A hike to Fontainhas—what’s the best direction, considering we’re not great with climbs? No problem with flat terrain or descents. Take an aluguer to Ribeira Grande and continue along the coastal road.
With the agency: An excursion to Cruzinha with a short walk. Return to Porto Novo via the path from Cova to… I’m not sure where yet, to pick up the car for Porto Novo, since we’ll be taking the ferry that evening. We’ll have a guide for this hike.
We’d love to spend a day in Tarrafal, but getting back requires a boat or taxi, and it’s really expensive!
We’re a couple, 78 and 76 years old. What do you think of this itinerary?
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Not very well known: Hokkaido Island has national parks that rival those in North America. Hiking there is free (even many mountain huts) and requires no formalities. These treks are described in the LP *Hiking in Japan* guide—you can just buy the Hokkaido PDF. It’s way better than Mount Fuji. Of course, everything depends on the weather, which is very unstable in the Japanese mountains (frequent strong winds). The trails are often obstacle courses.
The Daisetsu Zan traverse is a stunning hike through volcanic terrain with a remote section in the middle that requires at least one night of camping (there are basic huts for the rest, which is popular with Japanese hikers): 4 to 6 days.
The Shiretoko traverse takes 2 days with views including an island in Russia, but the ridge is brown bear territory—there are even more here than in Denali National Park in Alaska (brown bears and grizzlies are the same). I ran into 7 in just 6 hours of hiking!
I’m heading to Rebun and Rishiri Islands next.
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Hi,
Since I can't take on long treks, I'd love to know if there are any nice hikes around Pokhara—or maybe in another region of Nepal. Day hikes or two-day trips would be perfect.
Thanks in advance for your tips!
Hi everyone,
I’m leaving on Monday, August 3rd for my very first long-distance trek: the GR223 from Coutances to Mont Saint-Michel, over 6-7 days (~11-14 miles/day), solo.
I’m looking for tips from people who know this section well (Coutances → Regnéville-sur-Mer → Hauteville-sur-Mer → Bréhal → Granville → Genêts → bay crossing):
Budget-friendly accommodations: I’m struggling to find affordable stopover lodgings (a lot of what I find online are expensive vacation rentals, not really suited for a solo hiker). If you have any great spots (hostels, hiker-friendly B&Bs, nice campgrounds), I’d love to hear them! Bay crossing: Any feedback on guides/providers leaving from Genêts for the final crossing? General tips for a first long-distance trek: What you wish you’d known before your first time, pitfalls to avoid, etc.
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Hi,
We’re planning to do the 4-day trek from Mestia to Ushguli without an agency. The descriptions mention that there are accommodations at each stop, but we can’t find any details about them. Has anyone got info or feedback on this route?
Thanks
Cat, Bruno.
Thanks
Cat, Bruno.
I'm developing a free and open-source web app for planning walking and cycling trips (and even car trips). You can create a route by clicking directly on the map to add waypoints, and it can consist of multiple stages. The app provides tools to edit the stages and the overall route, and to display useful information (distances, altitudes, and elevation changes). A relief profile can be shown as a graph for a specific stage or the entire route.
Once the route is ready, it can be exported as a GPX file, which can then be used with a GPS or a mobile navigation app.
The app is built in JavaScript and runs entirely in the web browser. It uses the Leaflet library and several OpenStreetMap-based services. Initially developed for my personal needs (I enjoy hiking and cycle touring), I’d be happy to share it with anyone who might find it useful. It’s free to use, doesn’t require an account, and the source code is available.
Source code: https://github.com/patricklmarie/GPX-Route-Planner Online demo: https://patricklmarie.github.io/GPX-Route-Planner/
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Hi everyone!
New to this forum, I’m planning a pretty big project for 2028. I’m heading to Nepal to do a trek from Kathmandu all the way to Everest Base Camp (a cool 5,300 m 😄). This trek is a bit special because even though I’ll be part of a group, I’m going solo (so far, no problem—I’m used to it). But it’s my first real trek, and it’s also a humanitarian one: once I reach base camp, I’ll stay an extra week to help clean up the waste left by tens of thousands of climbers! Since I’m originally from South America, from two countries that share the Andes, I have a deep respect for mountains—they fascinate me. So Everest… it’s kind of the trip of a lifetime!
So, a little question for those who’ve done treks to Everest before… any tips for good mental preparation (I’m already working on the physical side)?
Thanks in advance for your advice! 🙂
New to this forum, I’m planning a pretty big project for 2028. I’m heading to Nepal to do a trek from Kathmandu all the way to Everest Base Camp (a cool 5,300 m 😄). This trek is a bit special because even though I’ll be part of a group, I’m going solo (so far, no problem—I’m used to it). But it’s my first real trek, and it’s also a humanitarian one: once I reach base camp, I’ll stay an extra week to help clean up the waste left by tens of thousands of climbers! Since I’m originally from South America, from two countries that share the Andes, I have a deep respect for mountains—they fascinate me. So Everest… it’s kind of the trip of a lifetime!
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We're planning to trek in Peru and Bolivia and would love to find some local agencies.
If you know any, could you share details on prices and, of course, the names of the agencies?
Which trek would you recommend?
Elocine
I'm heading out on a fully self-sufficient trek in Morocco (10 days) from Imilchil to Aghbalou.
Can I find screw-on gas canisters (Coleman, Primus) in Marrakech (any addresses?) or in villages between Imilchil and Aghbalou?
If not, are Butagaz canisters for camping gas (small 230g size) available?
Thanks in advance for your tips!
Hello, I’d like to embark on a little trip in my home country, Switzerland. I’ll start walking from La Cure, heading toward Le Noirmont first, then I’ll improvise my route—but it’ll probably follow the French border... at least as far as Lac de Joux.
I’ll decide day by day how much farther to go after that. My goal is to stay in nature as much as possible, wander around for as long as I can, and restock food in villages or towns along the way.
I’m thinking of mostly camping, but we’ll see if I end up in a hotel or another campsite depending on my route.
I’d love to reach La Chaux-de-Fonds on foot... maybe even Delémont. The whole thing should take about a week, give or take.
I’ll be bringing my dog, and I’m preparing for this as soon as I’m ready.
Any tips to make sure everything goes smoothly for us? Things I should know—or avoid? What about shepherds with their flocks of sheep? And isn’t hunting season open right now?
I’m not sure if what I’m planning is even doable, which is why I’m asking around.
This’ll be my first time doing something like this—wandering in nature *and* with a dog. I’m really excited for this adventure... and I need it. Thanks!
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Hello,
We’re really keen on ecosystems and want to hike in "natural" ancient forests—not planted woods or areas heavily degraded by human activity. Travel guides (like Lonely Planet) don’t provide much info on this. Could you point us to the most interesting spots? Thanks in advance for your tips. We wish you happy holidays and a fantastic 2026, full of discoveries! Claire and Albert
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Hi, this might not be the right section, but I’d like to know if it’s possible to start mountaineering with another person without necessarily hiring a guide. We’ve done quite a bit of hiking but not mountaineering—we’ll just do a half-day glacier course. After that, we were thinking of starting with La Grande Motte and the Pointe de la Traversière, which were recommended to us. Honestly, for things like roping up and knots, I’ll learn at home with lots of videos and a book.
Spots where we could pitch the tent near a stream
I’d love to know if anyone has done treks in the Rwenzori Mountains and how much it costs on average, what the infrastructure is like, the landscapes, and safety in the area. Thanks so much! I’m really looking forward to your replies.
Hi there,
I’m looking for half-day hikes near Karakol (not Jety-Oguz, since I’ll be heading there separately—max 30 minutes’ drive to the trailhead).
I can find longer treks, but nothing for a short outing!
So, if you’ve got any ideas...
Thanks! :)
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Hi everyone,
We’re leaving in 9 days for a two-week trip to Madeira, mainly to hike.
From my research, I’ve found that since last year, access to most trails—and systematically for the most popular ones—is now paid. You have to pay an access fee of 4.50 € per person per classified hike in 2026, and even 10.50 € for the most iconic hike: Pico Arieiro to Pico Ruivo. When paying, you also have to choose a day and a 30-minute time slot for your start time. Of course, this reservation is neither changeable nor refundable, even if the weather that day is terrible.
Personally, given the massive influx of tourists to the island in recent years, I don’t mind paying a fee to help maintain the trails. Similarly, setting a limit on the number of people who can hike them per day is certainly preferable to preserve this priceless heritage.
However, what’s much less fair is that in reality, most of the available spots are reserved: 1/ for Madeira residents (which is normal); 2/ for "economic operators" (meaning local tour operators). For example, if you’re a non-resident (independent tourist), no booking is possible for the Pico Arieiro hike for an early morning start before September! So, unfortunately, we’ll have to skip this hike. It’s the same issue for Ponta de São Lourenço, the 25 Fontes, Pico Ruivo... in short, all the most popular hikes. Oh well, we’ll skip those too!
So my question is: which hikes do you recommend where we won’t face the huge crowds that the others get? And where we can book the day before for the next day, taking the weather into account?
Finally, a quick accommodation question: we’ve booked the first week in Funchal, but I haven’t decided yet for the second week. Do you have any advice on where to stay in the south or north, preferably avoiding overly concrete-heavy and touristy spots?
Thanks in advance for your tips! 🙂
Pascal
We’re leaving in 9 days for a two-week trip to Madeira, mainly to hike.
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Personally, given the massive influx of tourists to the island in recent years, I don’t mind paying a fee to help maintain the trails. Similarly, setting a limit on the number of people who can hike them per day is certainly preferable to preserve this priceless heritage.
However, what’s much less fair is that in reality, most of the available spots are reserved: 1/ for Madeira residents (which is normal); 2/ for "economic operators" (meaning local tour operators). For example, if you’re a non-resident (independent tourist), no booking is possible for the Pico Arieiro hike for an early morning start before September! So, unfortunately, we’ll have to skip this hike. It’s the same issue for Ponta de São Lourenço, the 25 Fontes, Pico Ruivo... in short, all the most popular hikes. Oh well, we’ll skip those too!
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Thanks in advance for your tips! 🙂
Pascal
Hi there,
I’m reposting about the logistics for Samaria Gorge. I’d love to get recent info, especially about whether it’s possible to park my car in Omalos, do the hike, and then catch a bus back to my vehicle. In theory, it’s doable, but when you check the KTEL website, there aren’t any feasible schedules listed. If anyone has recently organized this with reliable, verified details, I’d really appreciate it. Thanks in advance!
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Hi there,
We’re flying from Montreal to Lyon this August to go hiking in the French Alps. We’ve rented a car and will be staying at campgrounds. We’re planning to do day hikes and want to stay a few days in one spot, do a few hikes, then move on to our next camping spot. Could you share your favorite spots or any recommendations for places to spend a few days with great hikes?
A few details: We arrive in early August and leave in early September. We’re looking for day hikes (or shorter), moderate difficulty, with a cumulative elevation gain of no more than 1000m, and of course, beautiful scenery! We’d prefer not to drive too much—maybe it’s best not to head too far south and deal with unnecessary heat? Along the same lines, if you know of any great campgrounds where we can start our hike directly without needing the car, we’d love to hear your suggestions!
Thanks! :-)
A few details: We arrive in early August and leave in early September. We’re looking for day hikes (or shorter), moderate difficulty, with a cumulative elevation gain of no more than 1000m, and of course, beautiful scenery! We’d prefer not to drive too much—maybe it’s best not to head too far south and deal with unnecessary heat? Along the same lines, if you know of any great campgrounds where we can start our hike directly without needing the car, we’d love to hear your suggestions!
Thanks! :-)
Hi there,
I’m planning to go hiking on this island and would like to know the best time to do it. I visited for a few days in November 2018—not for hiking but just to explore—and the weather wasn’t great, especially in the mountains. So, is a star-shaped itinerary doable if I rent a car and maybe use two different accommodations?
I’m not planning to join an organized group—just traveling with one other person and organizing things ourselves—unless you’d recommend a local agency or guide. Finally, even though I’ll be getting maps, a topo guide, and a GPS, I’d really appreciate your top hiking recommendations. Thanks so much for your tips!
I’m not planning to join an organized group—just traveling with one other person and organizing things ourselves—unless you’d recommend a local agency or guide. Finally, even though I’ll be getting maps, a topo guide, and a GPS, I’d really appreciate your top hiking recommendations. Thanks so much for your tips!
hi there,
I’m planning a trip around Cap Corse and the AGRIATES in 2026, from May 8th to 15th (there are still 2 spots left, by the way! Just DM me if you're interested).
I’d love to know which hikes are worth prioritizing in the AGRIATES. We’ll be staying in SALECCIA for two days as our base—what should we focus on from there? A round trip to IGNHU beach? Any other suggestions? For Ostricano, I think it’s too far for a round trip... Thanks for your tips! Have a great day, Anie, Toulouse
I’m planning a trip around Cap Corse and the AGRIATES in 2026, from May 8th to 15th (there are still 2 spots left, by the way! Just DM me if you're interested).
I’d love to know which hikes are worth prioritizing in the AGRIATES. We’ll be staying in SALECCIA for two days as our base—what should we focus on from there? A round trip to IGNHU beach? Any other suggestions? For Ostricano, I think it’s too far for a round trip... Thanks for your tips! Have a great day, Anie, Toulouse
Hi,
I’d like some advice on doing the Camino de Santiago—or part of it—from the Basque Country.
Best,
Hi there,
I’d like to get some info about the GR10 Pyrenees traverse. I need help planning the daily stages and accommodations—my wife isn’t an experienced hiker but walks a lot, so I’d like to schedule shorter walking days and thus a longer overall trip in terms of number of days.
Could anyone give me some help and advice? Best regards,
I’d like to get some info about the GR10 Pyrenees traverse. I need help planning the daily stages and accommodations—my wife isn’t an experienced hiker but walks a lot, so I’d like to schedule shorter walking days and thus a longer overall trip in terms of number of days.
Could anyone give me some help and advice? Best regards,
Hi there, I’m planning the Annapurna Circuit for March 2027 and I’m looking for a local agency with a local guide—preferably French-speaking—to arrange this trek for us. Any suggestions? Thanks
Hello!
We’re spending a few days in Toraja country at the end of May. We’d love to do a day trek—taking our time—on a route that’s stunning in terms of scenery, but not a level 5 in difficulty!
Any suggestions you can share, please?
Thanks in advance
Hi everyone,
I’d like to do the Mare a Mare Sud in May over 4 days. I’ve found quite a few places to stay along the route, but I’m stuck on the start and finish. I’ll be arriving by plane on Sunday evening and would like to start pretty early on Monday morning. Ideally, accommodation right at the trailhead (Alzu di Gallina) would be amazing, but I can’t find anything. Any tips? Also, for the transfer from Figari Airport to Porto Vecchio or Alzu di Gallina? At the end, I’d like to pick up a rental car—any advice on that too?
Thanks in advance!
Caro
I’d like to do the Mare a Mare Sud in May over 4 days. I’ve found quite a few places to stay along the route, but I’m stuck on the start and finish. I’ll be arriving by plane on Sunday evening and would like to start pretty early on Monday morning. Ideally, accommodation right at the trailhead (Alzu di Gallina) would be amazing, but I can’t find anything. Any tips? Also, for the transfer from Figari Airport to Porto Vecchio or Alzu di Gallina? At the end, I’d like to pick up a rental car—any advice on that too?
Thanks in advance!
Caro
I’m traveling solo by plane to Catania in May and plan to hike the northern side of Etna, starting from Linguaglossa where I’ll arrive by bus. After that, I’d love some info on how to get up to Piano Provenzana (shuttles or hitchhiking), since it seems there’s no public transport except in the summer. Can you sleep there in a free or cheap refuge, or camp? And how far up can you go without having to hire a guide? Thanks in advance. Bernard.





