Déjà dans l’avion nous étions impatients de retrouver l’Asie du sud est. Quand nous posons le pied a Bangkok, nous sommes tout a coup heureux de retrouver cette ville. De retour dans le quartier de Khaosan nous nous sentons comme a la maison et reprenons vite nos petites habitudes : hôtels, restos, massages… et sorties ! En effet, nous n’avons pas arrêté d’enchainer les soirées. Le premier jour nous nous sommes rendus à l’ambassade du Myanmar pour obtenir nos visas. Si nous sommes repartis sans nos passeports, nous ne sommes pas rentrés sans de nouveaux amis ! Et la soirée fut longue ! Cela aura eu des conséquences sur nos plans en anéantissant le programme culturel prévu initialement. Car comme nous vous l’avions annoncé nous avons retrouvé nos tres fameux « Doudous » qu’on ne présente plus et là aussi, la fête dura tard dans la nuit.
Apres avoir récupéré nous arrivons tout de même a dégager un peu de temps pour explorer des recoins de Bangkok que nous ne connaissions pas encore. C’est ainsi que nous visitons le musée Vinmamek, l’ancienne demeure du Roi Rama V. Il s’agirait de la plus grande maison en teck au monde. Le jardin est sublime et une fois à l’intérieur, nous n’en croyons pas nos yeux. Une vraie maison de roi. Aucune fausse note, aucun mauvais gout, les couleurs et les matières se marient à merveille. Un peu plus loin dans la ville, nous découvrons avec joie Chinatown, le quartier chinois. En arrivant, nous replongeons immédiatement dans nos souvenirs de l’empire du milieu, on s’y croirait ! Nous en profitons d’ailleurs pour y gouter quelques Dim-sum dont nous raffolons avant de nous perdre dans le dédale des ruelles encombrées par un nombre inimaginable de marchandises en tous genres.
Je saute quelques étapes (bus, frontière et compagnie) pour arriver au Cambodge (nous avons décidé d’y retourner sur un coup de tête) dans la ville de Battambang, 2ème ville du pays. L’activité à ne pas manquer, ici, c’est le bamboo train. Pour quoi ce nom ? Par ce que c’est précisément une planche de bambou entrainée par deux essieux sur une voie ferrée. L’assemblage est plus que précaire et j’avoue que je n’étais pas entièrement rassurée quand le moteur s’est mis en marche.Une fois en route, on a le vent dans les cheveux, l’air de la campagne sent bon, il fait un temps magnifique et bien que le bamboo train n’ait rien d’extraordinaire, on s’amuse énormément. Au fait, a votre avis si quelqu'un arrive en face, comment fait on ? Et bien on démonte !
A l’arrivée des enfants nous amènent chez eux pour nous montrer le serpent qu’ils ont capturé. On dirait un énorme boa, il est impressionnant ! Revenus a notre point de départ notre chauffeur de tuk-tuk nous propose de déguster a une spécialité locale, le rat grillé. Je dois admettre que l’odeur est agréable, mais ils n’arriveront pas à me convaincre d’y goûter. Julien en revanche se prête au jeu de bon cœur… Verdict : Il a trouvé ça délicieux !
Nous partons ensuite pour un site un peu excentré (Phnom Sampeu), a 12 km de la ville. C’est l’occasion de faire un peu d’exercice, cela faisait longtemps que je n’avais pas (pu) marché. Nous partons donc à pied pour l’ascension de cette petite montagne. Nous visitons des grottes fort jolies mais dont le passé sanglant (les khmer rouges y ont tués plus de 10.000 personnes) nous refroidi quelque peu. Au sommet, s’élève un joli temple, envahi par les singes, qui offre une belle vue panoramique sur les environs. Le lendemain nous poursuivons les excursions mais bien évidement à moto ! Après un petit déjeuner (ignoble) dans une gargote au bord de la route (on ne fait pas toujours de bons choix), le premier site en vu est le Wat Banan et sa montagne. Ils se trouvent à 22 km. La route est agréable, malgré un soleil de plomb. Quand nous arrivons sur place. S’élève devant nous un immense escalier. Des jeunes filles armées d’éventails proposent aux touristes de les escorter, promulguant même quelques massages en cours de route, en échange de quelques dollars. Au sommet, le temple en ruine offre un décor de cinéma, il y règne une atmosphère sereine et paisible qui donne à l’ endroit énormément de charme. Plus tard dans la journée, nous explorons le Wat Ek, au nord de Battambang. La route pour s’y rendre est sublime. Apres la visite, nous décidons de rentrer par les petites routes. Les enfants (et souvent même les adultes) nous sourient et nous saluent sur notre passage. Décidément, nous aimons ce pays !
Le soir venu, je suis épuisée d’avoir tant marché ! J’ai peine a croire que j’ai pu faire l’Himalaya il y a quelques mois a peine ! Ceci dit, c’est bon signe, je récupère ma mobilité.
Nous nous rendons ensuite dans une petite ville oubliée des touristes appelée Pursat. L’attrait principal de cette grosse bourgade est un village flottant qui se situe à peu près à 70km de là. Nous partons en tuk-tuk. Quand celui-ci s’engage sur le chemin qui mène au floating village, nous sommes assez surpris car les abords sont plutôt sales (nous apprendrons par la suite que ceci est du aux travaux en cours) et cela réveille les mauvais souvenirs que nous avons de celui de Siem Reap. Nous embarquons tout de même, mais étant en saison sèche, le niveau du lac a énormément baissé et l’eau saumâtre a une odeur pestilentielle. Fort heureusement, dès que nous avançons un peu vers des endroits plus profonds ces effets se dissipent et nous découvrons un village particulièrement intéressant et très vivant. Il y a un nombre de maisons incroyable (nous n’arriverons pas a savoir le chiffre exact). Nous passons devant des magasins et ateliers en tous genres dont certains sont des plus modernes et proposent téléphones portables dernier cris, téléviseurs et éléments de sono. Nous passons devant l’école et entendons les enfants réciter la leçon quand tout à coup nous arrivons devant l’église du village ! Dans ce pays a forte tendance bouddhiste, on peut dire que cela nous a beaucoup surpris.
A notre retour, nous partons promener dans Pursat. De jolis bâtiments attirent notre attention et c’est ainsi que nous pénétrons sans le savoir dans un monastère. Un des moines nous interpelle. Des cours ont lieu ici et après avoir discuté quelques instants, il insiste pour que nous allions dans les classes dialoguer avec les élèves. Nous nous prêtons volontiers au jeu. L’expérience fut très amusante et c’est un souvenir que nous ne risquons pas d’oublier. Nous regrettons d’ailleurs d’avoir déjà acheté notre billet de bus pour repartir le lendemain sinon nous serions revenus une journee de plus, pour partager encore davantage avec ces enfants et adolescents.
Apres Pursat, afin de nous diriger vers le sud, nous avons du faire étape à Phnom Penh. Arrivés à la mi-journée dans une guesthouse sympathique, nous flânons un peu dans les rues de la ville que nous avons plaisir à retrouver. Cependant, rien de nouveau à découvrir et nous ne nous y attardons pas plus. Des le lendemain matin nous sautons dans le bus en direction de Kâmpôt. Départ 9h30 et seulement 150 km à parcourir, nous pensons pouvoir profiter des joies de la mer le jour même. C’était sans compter sur la panne qui nous cloua près de 5heures en plein cagnard sur le bord de la route. Cela aura eu au moins l’avantage de nous faire faire des rencontres.
Dès le lendemain matin, c’est le scenario habituel : location de moto ! Nous commençons par visiter Kep, jolie ville côtière dont les crabes savoureux valent largement leur réputation. Apres avoir profité du littoral, nous partons dans les terres découvrir les plantations de poivre. Le poivre de Kâmpôt a la réputation de compter parmi les meilleurs poivres du monde rivalisant avec les célèbres poivres du Sichuan et de Cayenne. Une fois chez le producteur nous jetons notre dévolu sur du poivre blanc dont le parfum nous séduit. Cependant, reste à prouver que nous ayons fait une bonne affaire, il paraitrait que certains producteurs ne respectent pas les chartes de qualité ! Avoir… Nous avons tout de même pris plaisir en visitant l’exploitation. Dans les environs, nous visiterons également quelques grottes, escortés par des enfants qui jouent les apprentis guides.
C’est ainsi que se termine cette première de nos deux semaines au Cambodge, pays que nous avons, comme vous pouvez le constater, vraiment plaisir à retrouver.
La suite de nos aventures (passees ou futures) et toutes nos photos sur notre blog http://les-choux-chinois.over-blog.com/
Travel journals · Cambodge
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Bienvenue au pays du sourire !
13/01/2002
Ce voyage commence par une étape à Hanoï, d’où part notre correspondance pour Vientiane le lendemain.
Un charmant petit hôtel (d’état) nous accueille, sur la route principale de l’aéroport. Les seuls souvenirs que j’en conserve c’est que les services d’immigration du Viet Nam conservent les passeports des passagers en transit, que cet endroit est le royaume du klaxon, et que je vis mes premiers et habituels soucis gastriques.
14/01/2002 Premières impressions, la dolce vita de Vientiane ! Cette petite capitale possède un air de province : ses habitants montrent une certaine nonchalance (qui nous gagne!) et ne contient que 130 000 habitants. Il fait bon se promener sur les berges du Mékong, où des vendeurs de brochettes, de riz, de boissons s'installent à la tombée du jour, et admirer le coucher de soleil sur le fleuve mythique. C'est magnifique, avec les pécheurs sur leurs barques. Sur l'autre rive c'est la Thaïlande. Les jeunes laos (et laotiennes!) circulent en 2 roues. Subtil mélange de traditions et de modernité, sans complexe : jupes longues ornés de motifs traditionnels pour les femmes, avec casques de moto et portable !! Mais les laos sont moins « méridionaux » que les birmans ! Ils n'interpellent pas les touristes en pleine rue, avec charme et spontanéité. Les portails sont toujours ouverts à Vientiane et pèle mèle dans la rue on trouve des bonzes en robe orange, des chats, des chiens, des papillons, des routards.... Adresse à noter à Vientiane avant de s'enfoncer dans le Laos profond : le restaurant Nazim, de la communauté tamoule, sur le quai Fa Gnum. Correct.
15/01/2002 le Vat Sisaket : c'est le seul stupa intact à Vientiane, qui a échappé à la mise à sac par les Siam dans les années 18.... J'ai malheureusement encore trop à l'esprit les splendides pagodes birmanes et la dévotion installée autour.
Le Vat That Luang : c'est un très joli stupa doré, à la magnifique charpente et entouré d'un cloître. La ville est parsemée de pagodes et de monastères (reconstruits). Sékwassa un vat ?? le vat désigne l'enceinte où résident les moines bouddhistes. À éviter : l'expérience du massage à Vientiane (et peut être dans tout le Laos?). J'ai failli me faire broyer les os au Mixay Massages. Je vous rassure de suite, le massage n'a rien eu de tendancieux ou d'ambigü! C'était médical au possible !
à essayer le soir sur les berges du Mékong : les petits restaurants improvisés (à la condition de pouvoir vérifier que la nourriture est soit archi chimique, soit bien cuite), et les paillotes sur pilotis. Je me suis laissée tenter par un Tom Yam aux poissons du Mékong : traduction soupe épicée aux champignons, écorces de citrons, végétaux divers, le tout cuit avec des tronçons de poissons. J'ai vainement cherché l'extincteur, car j'ai immédiatement pris feu ! On peut se contenter de brochettes de boeuf ou du riz gluant ! Eric a été bien plus malin. Penser aussi à se couvrir la nuque, les bras et les jambes en dépit de la chaleur : les hordes de moustiques du Mékong vous attendent avec impatience. Et ceux-là vous transmettent le paludisme de souche 3 (dixit l'institut Pasteur !! ça m'avait fait rire).
16/01/2002 Trajet vers le Nord, et Lung Phra Bang. Il faut compter 9 heures de bus, et donc prévoir un départ tôt le matin si possible avant 7 heures. L'architecture de la banlieue de Vientiane est moche et complètement hétéroclite. Puis les rizières forment le principal paysage, jusqu'au district de Vang Vieng : c'est un long village au bord d'une rivière, bordé par des collines verdoyantes. On traverse ensuite le « fameux » district de Kasi (très décrié par le Ministère des affaires étrangères en France, avec de nombreuses mises en garde). Le paysage qui s'étend est formé par des montagnes immenses en pain de sucre. Au bord des routes, une végétation luxuriante de bananiers et de flamboyants. Certains endroits sont visiblement reboisés !! Les villages traversés sont faits de bois ou de bambous, sur pilotis, pour les périodes de mousson. Les enfants courent le long de la nationale, parfois à poil ! Sur quelques maisons au toit de chaume on aperçoit de paraboles!!
Luang Phra Bang On y parvient après plus de 10 heures de bus. Malgré les conditions un peu pénibles, les voyageurs laos du bus et le chauffeur montrent une grande gentillesse. Arrivés à Luang Phra Bang, il vaut mieux chercher d'autres touristes et se grouper pour aller vers les petits hôtels. Les réservations ne sont pas respectées. Les laos sont affables, mais devant les entourloupes sur les trajets ou les hôtels, il faut se montrer ferme.
17/01/2002 Luang Phra bang
La literie du VANIDA GH n'est pas au top, mais la maison et l'ameublement ont un certain cachet.
À voir : l'aumône quotidienne des moines en procession dans la rue principale. Il faut se lever à 5h30 et le défilé est magique. Un petit lao qui vend du riz gluant dans des feuilles de bananier m'échange une portion contre mon berlingot de lait concentré sucré. Il est ravi ! Visiblement il connaissait le contenu du berlingot ! Beaucoup de touristes donnent des offrandes aux moines. Attention les moines ne peuvent rien prendre de la main d'une femme.
Toutes les matinées, la ville de LPB se cache dans un brouillard épais et humide, où la température n'excède pas 20°C. Parfois le fameux crachin tonkinois suit ce brouillard. Puis vers midi le ciel se dégage et la chaleur arrive.
L'essentiel de la ville de LPB se situe sur une presqu'île, mais il est intéressant de s'enfoncer dans les petits faubourgs histoire de s'imprégner de la vie un peu plus authentique des laos. Je me doute bien que la presqu'île doit constituer un peu leur « Montmartre ». Dans toute la ville se succèdent de magnifiques pagodes, habitées et entretenues par les moines. Le site entier est classé au patrimoine mondial par l'Unesco. Les moines sont beaux, ils ont l'air doux, et heureux. Un chouette artisanat est aussi à découvrir au gré des rues.
La grotte des buddhas cassés de pak Ou : C'est l'occasion d'une splendide promenade en pirogue sur la rivière Nam Ou. Le mieux est encore de se grouper à plusieurs touristes, pour faire baisser un peu le prix de l'aller-retour, sauf si bien sur on ne souhaite pas renoncer à une totale tranquillité. Le hic : avant l'arrivée à la grotte, la pirogue fait halte dans un village qui a tout du supermarché à touristes, avec parcours imposé devant les échoppes de textiles et bijoux.
Pak Ou : le site consiste en l'amas de statuettes de buddha endommagées, dans deux grottes auxquelles on accède par de beaux escaliers. Ils sont entreposés là mais plus dignes d'être vénérés. On peut tout de même faire sa petite offrande. La lampe de poche est bien utile dans la seconde grotte qui est très sombre.
18/01/2002 Le départ vers Pakbeng : (vers le nord ouest) Une pirogue part chaque matin de la plage, entre 8h30 et 8h45. Les routards, les sacs, les laos s'entassent au fond de la pirogue à moteur. Pour les laos, cette saison est l'hiver, ils sont tous emmitouflés et encapuchonnés en particulier les enfants aux bouilles adorables. Certains portent même des gants de ski !! Le moteur fait un bruit d'enfer. Des engins appelés speed-boat naviguent également sur le Mékong. Ca ressemble à peu près à ça : une coque de pirogue traditionnelle sur laquelle est monté des moteurs superpuissants, qui font un boucan digne de la formule 1. La vitesse les transforme en bombes potentielles. Les occupants du speed-boat m'évoquent les playmobils, avec leurs casques et gilets de sauvetage.
Aujourd'hui la navigation sur le Mékong possède quelque chose de magique : les européens et les laos sont entassés sur un bateau qui remonte le fleuve; l'eau est vivante et certains passages sont rapides, entre de gros rochers et des bancs de sable, le tout entouré d'une végétation orgiaque. Une brume épaisse recouvre la forêt et l'eau marron du Mékong.
La vie des villages est organisée autour des arrêts des pirogues sur les berges. Je fais des échanges de berlingots de lait et d'échantillons de parfum. Passé midi, la brume se lève : on découvre d'autres pirogues, des potagers, des troupeaux de buffles, des cabanes. Devant, près de la cabine de pilotage, les laos qui accompagnent un moine ont installé une tablette en rotin rose et joliment décorée. Ils déjeunent tranquillement. De temps à autres, au gré du courant, le bateau s'agite.
Pakbeng : Le village consiste en une rue unique mais animée, où les petits commerces sont éclairés le soir à la bougie. Un générateur électrique permet tout de même au village de disposer du courant entre 18h30 et 22h30. Les restaurants et les GH du coin ont une ambiance très routards anglo-saxons avec guitare. Mais nous nous retrouvons dans l'exception ! Nous choisissons une chambre avec SDB et eau (froide bien sur) et terrasse magnifique sur le Mékong, au SALIKA GH (la plus belle de Pakbeng) et ce pour la somme astronomique de 10 USD. La piaule est impeccable. Il y a même une lampe pour le matin, quelle délicate attention ! Depuis quelques jours nous partageons la route avec une routarde française établie à Londres. Nous lui offrons un dessert de choix extra-luxe au Laos : un mini-mars.
19/01/2002 Le bateau du retour vers LPB :
C'est de bonne heure que nous repartons de Pakbeng, mais cette pirogue n'a été louée que par des touristes occidentaux, principalement anglo-saxons. L'ambiance n'est pas la même. Trois jeunes têtes brûlées d'israéliens sont du voyage. Ils se montrent assez exubérants ; la pirogue fait un arrêt de 10 mn sur le rivage : ils laissent derrière eux un amas de canettes au bord du Mékong. La pirogue démarre difficilement après quelques tours de manivelle et un nuage de fumée opaque. La redescente est juste ponctuée par la découverte d'une grosse araignée jaune qui laisse les touristes dans l'effroi car elle s'est réfugiée sous des planches. Séquence peur : Eric choisit de voyager sur le toit de la pirogue et je ne suis pas du tout rassurée, surtout lorsque l'embarcation traverse des zones de remous et de forts courants.
20/01/2002 Luang Phra Bang Je profite du marché pour me faire tailler un pantalon sur mesure, bleu et doré, orné de motifs à éléphants, pour l'équivalent de 60 Francs.
Luang Phra bang est écrasée par la chaleur ; on se réfugie dans la magnifique pagode vat Xieng Thong : elle se compose de plusieurs sanctuaires. Prévoir un droit d'entrée. Certains petits vats sont recouverts de mosaïque rouge et bleue, représentant des scènes de la vie du Buddha ou prince Siddharta Gautama. On en prend plein les yeux, cet art est magnifique. Je craque en particulier pour la grande mosaïque représentant l'arbre de vie. Un petit vat sert de remise où sont entreposés des buddhas debout les mains tendues vers le sol dans un geste très gracieux (la position dite de la pluie). On aperçoit aussi quelques pièces et billets de l'époque coloniale, des bas-reliefs, et au milieu un dragon monté sur des essieux de voiture formant ainsi un char. L'ambiance de cet Vat Xieng thong est paisible. Des enfants s'amusent sur leurs vélos, d'autres escaladent des arbres ou font fuir les poules.
Une musique nous attire un peu + loin : celle des percussions que font les bonzes sur leurs gongs et cymbales, touchante, harmonieuse et envoûtante. Certains moines s'occupent d'enfants en leur témoignant beaucoup de patience.
A faire à la fin de la journée, en dépit du côté « rendez vous des touristes » : on escalade le Vat Tham Phu Si qui domine la ville pour y admirer le coucher du soleil. L'endroit est rempli de touristes, c'est pas génial pour les photos, dans le viseur, on trouve des arbres ou des poteaux électriques !! Mais le coin donne un joli aperçu de la presqu'île. Prévoir un droit d'entrée, un peu cher pour ce que c'est. Personne ne pense à prendre le chemin du retour de l'autre côté du vat, où l'on peut admirer un joli buddha couché. Les paillottes du bord du mékong se disputent la clientèle de touristes. Ce n'est pas très authentique, mais ça a le mérite de présenter une bonne cuisine lao. Séquence frayeurs : en rentrant à l'hôtel, et en déposant les sacs à dos par terre, on découvre un petit bout de papier qui dépasse à l'extérieur d'un sac à dos : ce sont juste 3 billets de 100 USD qu'on avait planqué dans une lanière, de façon à éviter les vols par une fouille à l'intérieur du sac. Nous avons failli perdre ces 300 dollars, en prenant bêtement la décision de les cacher là et de les oublier !!! La douche de Vanida GH est dotée d'une installation électrique digne du 19ème siècle : des fils nus et des interrupteurs descellés sont dans la douche.
21/01/2002 Luang Phra Bang Certains touristes occidentaux pratiquent le Tai chi, dans les cours, ou près de vats; les laos ne connaissent pas cet art martial, le voir les rend hilares. A visiter : le Palais royal qui est devenu un musée depuis la déportation du prince héritier du Laos, vers une grotte au nord du pays où il périt avec le reste de sa famille. Cruel destin parfois que celui des princes ! Il laisse une bien belle demeure, avec tous ses meubles, son trône, ses statuettes de Buddha, ses costumes de prince, son gramophone et sa collection de disques. Je décide d'acheter de l'artisanat local sur le marché, ou bien de l'échanger parfois contre des petites fioles de parfum. On mange aussi sur le marché : des cuisinières proposent du bouillon de légumes, non épicé. J'ai juste le temps de faire signe avant qu'elles n'y versent de la viande crue. On passe la fin de la journée au Vat Aham, le soleil descend lentement, très loin de l'agitation occidentale. C'est aujourd'hui à cette heure, que je me suis sentie plongée dans le Laos profond : les enfants pédalent sur leurs vélos, les ados jouent au chinlon, sous le regard chaleureux et bienveillants des moines. Au bord de la route, toute une famille est rassemblée autour d'un feu où grillent quelques brochettes, à côté de leur étal.
22/01/2002 Retour à Vientiane, prévu à 6h du matin, en bus, au départ d'une gare routière quasi déserte. Au cours du trajet, je désespère devant le comportement parfois à la limite du mépris de certains touristes vis-à-vis des laos : un touriste scandinave laisse un sachet (visiblement sa poubelle) dans le bus en le quittant, pensant sans doute qu'un lao pourra bien le ramasser. Petite séquence frayeur (mais pas pour moi !!) :Le bus fait une halte dans un village du district de Vang vieng, où j'entreprends une petite marche histoire que mes jambes ne ressemblent pas à des poteaux électriques en arrivant à Vientiane. Devant une chaumière, deux femmes font la tambouille, entourée de jeunes enfants et d'un bébé. Je m'approche pour leur donner des berlingots de lait sucré. Dès qu'il me voit, le plus jeune des enfants crie d'effroi à ma vue et s'agrippe à sa mère !!
Séquence « un retraité français à Vientiane » : Nous arrivons à la Villa sisavad GH (pas la même qu'à notre arrivée au laos). Tong, le laotien à qui appartient la GH a visiblement vécu en France et parle très bien français. Tong fait quelques réparations de plomberie avant de nous laisser la chambre. Un français qui l'accompagne, la cinquantaine, un peu bedonnant, nous aborde pensant que nous sommes américains. Il est « jeune marié et expatrié » ici au Laos. Il a quitté la France après sa mise à la retraite de « CRS dans une banlieue paumée ». A écouter son discours désobligeant au possible sur son pays d'origine, j'en déduis qu'il est totalement inadapté à la France ; donc un pays tel que le Laos lui permet d'avoir la vie belle et facile d'un nabab, lorsqu'on est blanc. D'ailleurs il ne veut pas revenir en France, où sa famille « de souche » ne comprend pas cet exil ! Comme je le comprends : il vaut mieux vivre comme un prince au Laos que de se retrouver totalement paumé en France. Sa situation m'évoque le roman de G. Orwell, « une histoire birmane ».
23/01/2002 Vientiane On visite quelques vats, notamment le Pha Kew. Un petit tour amusant à la superette du quai Fa gnum appelée Minimart, où on trouve à peu près tout, y compris des cartes téléphoniques qui marchent !! Et qui permettent à Eric d'appeler la Corse pour rassurer sa petite famille.
Le marché du matin : il est situé sur l'avenue qui mène du Mékong au Patuxay, à droite. C'est une grande bâtisse, style usine, à 2 étages. C'est Le supermarché de Vientiane ! On y trouve quelques boutiques de fringues, de cosmétiques, de hifi et de produits ménagers, qu'on ne voit pas du tout en ville. On se traine du côté de l'artisanat lao, jupes, foulards, articles religieux bouddhistes, bois, bijoux en jade, montres, enfin des fournitures scolaires, des cosmétiques indiens, encore de la hifi japonaise et des perruques. Le 2ème étage, c'est surtout les sous vêtements, les tongues, Tshirts thaïs, et pompes en tous genres. A 16h30, nous décidons de profiter de la piscine de la villa sisavad GH. Nous trouvons un resto pour occidentaux, le Nam Phou, sur la place du même nom. La démarche reste exceptionnelle de notre part, bien moins authentique que le boui-boui lao ou la paillote, mais au moins on peut savourer des crudités-salade sans trop de risques. Bonne adresse aussi : le Just for fun restaurant. A priori végétarien, mais ouvert aux non-veg à la demande.
24/01/2002 Vientiane, dernière journée Nous marchons Eric et moi jusqu'au Patuxay. Il ressemble à un arc de triomphe. A l'intérieur on voit rapidement que le monument est inachevé. A l'intérieur, dans les étages du monument, des vendeurs laos ont investi le peu de place pour y mettre leur étal d'artisanat ou de T shirt. D'énormes câbles électriques parcourent le sommet du Patuxay. Une ribambelle d'enfants (d'une école ?) admire la vue sur la capitale. Je remarque que la ville est restée très boisée : bananiers, banians, palmiers et quelques gigantesques caoutchoucs. Pas étonnant qu'on trouve autant de papillons en plein centre ville ! On se traine – car il fait chaud – jusqu'au marché du matin, sur Lane Xang avenue, où j'achète 2 T shirts thaï complètement délire.
On engloutit de succulents rouleaux de printemps et le fameux laap, le plat traditionnel lao qui consiste en un ragoût de canard en morceaux, plus ou moins épicé selon le cuisto, avec ail, oignon, piment rouge, basilic et menthe. Très bon, à condition de faire un peu de tri (oui je sais je suis restée un peu cuisine française et j'ai un peu honte !). Le coucher du soleil sur le Mékong restera notre dernier aperçu de Vientiane. Des laos sont descendus sur une longue bande de terre au milieu du fleuve. Les buvettes du quai Fa Gnum commencent à s'installer pour le soir. Des jeunes filles proposent du lait de coco directement dans la noix. Ensuite, rien ne se perd ! On épluche l'écorce et on rape la chair de coco pour la cuisine. Le laos est le pays champion de la vente de sodas de toutes les couleurs et archi chimiques et sucrés. Je tente un mirinda vert, tandis que les moustiques entreprennent de me butiner le dessus des pieds.
25/01/2002 trajet en bus entre Vientiane et Savannakhet (Sud laos)
La route longe le Mékong, le trajet est plat, avec peu de virages, ce qui change du trajet Vientiane -LPB. A la sortie de Vientiane, j'aperçois 2 déchetteries où des employés font du tri. Le long de la route je remarque des surfaces importantes consacrées au reboisement. J'ignorais qu'un si petit pays avait déjà compris cet enjeu majeur de l'écologie. Partout au bord de la route, on trouve des buvettes avec des hamacs. Vers 8h du matin, le bus s'arrête et une ribambelle de petites vendeuses investissent le bus. Il n'y a pas vraiment le choix, comme petidèje mais c'est bon : brochette de foies de volaille et boulette de riz gluant !
Le second arrêt, à Thakket je suppose, est prévu vers 11h. Arrivée à Savannakhet vers 16h. La ville a l'air paisible et un peu moderne, et m'évoque Nyang Schwe, au bord du lac Inle, en Birmanie. La Sayamunkhum GH est une excellente surprise : la ghesthouse a été monté avec goût dans une vieille maison coloniale refaite, par un vieux militaire Lao qui a servi l'armée française. L'ambiance du patio est géniale et cool. Savannakhet a été construite sur u plan en damier, au bord du Mékong, par les français, qui y ont « importé » la communauté viet-namienne. Le culte catholique est à l'origine vietnamien, d'où l'église Ste Thérèse au centre de Savannakhet. On décide de trainer le long du Mékong et profiter d'un coucher de soleil magique. Les laos, en particulier les jeunes, nous abordent facilement pour discuter, qu'ils soient bègues ou qu'ils parlent un anglais déplorable, beaucoup font un effort impressionnant. Nous tentons le restaurant « les 4 saisons » conseillé par le GDR, entre nous soit dit une véritable arnaque culinaire. Soupe aux légumes insipide et spaghettis cuits à l'eau de vaisselle, recouverts d'une immonde sauce tomate sucrée. Une horreur. La cerise sur le gâteau si j'ose dire c'est un cafard énorme qui dort dans un coin.... en revenant sur nos pas, au milieu d'échoppes modestes, on aperçoit un magasin de location de dvd : comme dit Eric, les laos sont passés directement « du 19ème au 21ème siècle ».
26/01/2002 Savannakhet Ce matin, dans un resto chinois, j'ai honte mais je savoure un petit déjeuner « occidental » qui me fait beaucoup de bien. Muesli et yaourt. Nous partons explorer les principaux vats de la ville.
Le vat Sayaphoum : C'est le plus vieux de la province, construit en 1896, grand, paisible et rempli d'arbres. Nous sommes assis près d'une magnifique voûte d'arbres, près d'une grande volière. A l'intérieur, des perroquets aux couleurs magnifiques et des mainates à colerette jaune. Le fait d'écrire et de dessiner sur un carnet me « protège » et en même temps attise la curiosité des laos. Eric regarde un match de foot disputé par des enfants à l'intérieur du vat.
On erre du côté nord de la ville, où on découvre un autre vat. Il est rempli de moines et d'enfants, qui s'interpellent, dans une ambiance très cool. Un moine vient nous dire bonjour; sans complexe, en découvrant que nous sommes français, il nous demande de lui donner une leçon de français. Et là à l'improviste, nous partageons un moment exceptionnel. Sur un banc, abrité sous un arbre, Eric et moi tentons de lui apprendre quelques rudiments, via l'anglais. Nous sommes entourés d'enfants et de moines, mais la timidité disparaît. Je le sens intelligent; sa curiosité de la langue est impressionnante et il ne cède pas au découragement. C'est une magnifique leçon pour nous aussi. Ils sont curieux quand je leur montre une photo de famille; puis ils montrent aussi les leurs. Nous quittons notre moine et les enfants; je lui laisse un stylo noir, souvenir de notre passage. Mais, des années après, je me souviens de son perfectionnisme, de sa curiosité et de son ouverture d'esprit, et surtout de ces instants magiques où l'on découvre quelqu'un, pour la première fois.
Le soir, nous arrivons à une gargotte au bord du Mékong, après les heures les plus chaudes de la journée. Je réalise à quel point le laos doit être un pays insignifiant aux yeux de bien des occidentaux... et pourtant, loin de posséder un patrimoine tel que celui de l'Inde ou la Birmanie, nous avons croisé des habitants emprunts de gentillesse et de générosité. Si seulement je pouvais faire preuve d'autant de simplicité et de sérénité!
Le soleil disparaît dans la grisaille au dessus de la Thaïlande. D'après les propos que j'entends de laotiens vivant ici et parlant correctement l'anglais, le gouvernement communiste du Laos souhaite éviter aux habitants les bouleversements d'un capitalisme sauvage, comme en Thailande.
27/01/2002 trajet Savannakhet vers Paksé
Le départ de Savannakhet a lieu à 5h30, c'est un peu violent....le conducteur de tuktuk se plaint, une fois arrivé à la gare routière, que 6000 kips pour la course (pourtant prévus au départ) ce n'est pas assez. On refuse, alors il insiste en réclamant un café, qu'on n'a pas le coeur de lui refuser. Ensuite bureaucratie, à 5h30 du matin, un dimanche. Contrôle du 1er passeport, puis du second, et enfin, il fait souscrire une assurance transport ! Première fois que je voie ça ! Au fait en cas de décès lié à un accident de la route, on est remboursé de ... 80 francs.
Le bus est un vieux tacot qui ne possède plus aucune vitre. Je porte ma veste népalaise assez épaisse, mes vieilles kickers et un pantalon; mais Eric a choisi de voyager en T shirt, short et tongues. En attendant que le jour se lève, le bus est infesté de moustiques ! Après avoir ramassé quelques voyageurs laos à la bourre, qui tentent comme ils peuvent de tenir à 2 sur un siège, on décolle ... dans le froid. J'enfonce mes mains dans mes poches et je planque ma tête dans la capuche, mais Eric est au bord de la « congélation ». Puis le jour se lève un peu et la température monte, enfin.
D'abord la route est correcte et goudronnée. Mais le trajet Savannakhet-Paksé est en travaux sur de sérieux tronçons! On slalome de part et d'autres de la grande route en construction. C'est de la piste, et le bus soulève un nuage de poussière à chaque passage, ce qui incommode beaucoup les laos. Ils passent leur temps à s'épousseter furieusement et à se couvrir le visage. A chaque arrêt une ribambelle de petites marchandes sorties de nulle part se précipite vers le bus pour vendre aux voyageurs des oeufs durs, , boissons, des boulettes de riz gluant, des brochettes de poulet, des grenouilles et autre ANI (animaux non identifiés). Les affaires marchent bien.
Le trajet me paraît long, et ennuyeux. On traverse des endroits plutôt moches : rizières asséchées ou brûlées, taudis au bord de la route, villes du style far-ouest sordides où des chiens jaunes et squelettiques se battent dans la poussière, baraquements en bois abandonnés.... Les pompes à essence consistent en des bidons surmontés de bocaux, pour voir la couleur du carburant, le tout sous une ombrelle. La route en construction se poursuit : ce sont des ouvriers et ouvrières qui fabriquent (comme en Inde) la route de leurs mains, sans aide d'engins de BTP.
Puis nous arrivons, à Paksé, le bled qu'on peut décrire comme le plus sordide de tout le Laos. Le centre ville est loin, notre tuktuk avance, sous la chaleur, sur une longue route, avant de franchir un pont. Il nous largue devant la Vanapha GH, correcte. Je me cogne la tête sur la tôle en sortant de l'engin. Rien de grave, mais j'en ai tellement marre de ce trajet, de la fatigue et de la chaleur que je manque d'en pleurer.... Sous la douche, on se décrotte comme on peut. Il fait une telle chaleur que mon pantalon et ma veste népalaise sont secs en une nuit. Malgré la douche, je sens encore la poussière de la route accrochée à mes cheveux.
Nous explorons cette bourgade sordide sous une chaleur digne de l'enfer. Plus rien de commun avec la fraîcheur du nord du Laos. Nous ne trouvons d'ouvert qu'un boui-boui où on tente de reprendre des forces à l'aide de riz gluant froid et du pepsi chaud.... en fin d'après midi on cherche l'embarcadère pour l'île de Khong.
28/01/2002 trajet Paksé- Ban Sène – île de Khong
On attend pendant 2 heures, entassés, le départ du bateau. Départ à 9h. Le niveau de l'eau est très bas et le bateau est chargé – j'ignore depuis combien de temps il n'a pas plu.... Le bateau s'enlise mais le conducteur garde (volontairement ?) un visage serein. Il faut environ 7 h pour parvenir à Khong. Les vieilles laotiennes s'occupent des nombreux enfants et bébés à l'arrière de l'embarcation. Trois vigiles ou militaires se sont installés sur le toit. Au bout d'une heure 30 de navigation, on arrive à l'embarcadère de Champassak. Nous avons une petite hésitation quant à aller visiter les ruines Khmères de vat Phou, où se produit un festival entre le 25 et le 29 janvier. Sachant que nous prévoyons de visiter Angkor Vat à la fin du séjour, nous décidons de poursuivre notre route vers Khong. Parmi les touristes qui m'ont intéressée, je citerai notamment un jeune anglais, fou de l'Inde, qui me transmets son amour pour l'ancien joyau de la couronne Britannique.
On accoste à Ban Sène à 18h30. Un nique tuktuk nous embarque vers Khong et nous laisse devant un pont, indiquant d'un vague geste le « coin des ghesthouses ». Nous atterrissons à Pon's GH : très belle maison en bois, chambre ouvrant sur le Mékong, douche chaude et WC à chq étage. On déguste au restaurant d'à côté des rouleaux de printemps délicieux devant un lever de lune superbe.
29/01/2002 Don Khong – Ban Sène On décide de louer des vélos pour faire le tour de l'île; nous partons de Bn Khong (sud est de l'ile) vers le nord. On loue le vélo 10000 kips jusque 5 h du soir. Un peu d'exercice nous fait du bien, et l'île est somme toute assez plate. Nous faisons beaucoup de photos de rizières, d'enfants, de buffles et de vats. Les laos ont installés sur le devant de leurs vélos des paniers métalliques bien pratiques pour les sacs. A 10h30 du matin, le soleil est haut dans le ciel et la chaleur grimpe. Les bouteilles d'eau se vident! Nous arrivons à la petite ville de ban Sène (l'embarcadère) pour la pause de midi. Le menu du resto Duang Ta Vanh fait l'affaire. J'apprends l'expression « Sep laï » qui veut dire bon appétit !
Tout au long du voyage, selon que je trouve mon interlocuteur sympa, ou que je veux faire plaisir à un enfant, ou bien pour « débloquer » un petit marchandage, j'ai des petits échantillons de parfum avec moi. J'en distribue aussi rien que pour voir les expressions de surprise et les yeux qui se mettent à briller. A la fin de l'après midi je pédale sans force alors que le soleil me grille les bras ! Arrivant à notre point de retour, je slalome devant Eric et c'est le carambolage. Nous chutons tous les 2, heureusement rien de grave, mais il faut expliquer dans un anglais sommaire pourquoi la chaine du vélo pendouille !!! J'ai pris des couleurs ridicules, style « agricole » sur les jambes et les bras, et j'ai le visage rouge écrevisse. Avec un lao, je discute des combats d'animaux en tous genres dont les asiatiques sont particulièrement friands : combats de coqs, de chats, de chiens et même de scarabées.
30-01-2002 Don Khône et Dêt Le boss de notre ghesthouse propose un départ en pirogue vers Khône et Det, le matin, ce qui génère quelques négociations. Le départ a lieu à 7h30, l'athmosphère sur le Mékong est très douce. Des pécheurs aux chapeaux coniques avancent silencieusement sur leurs pirogues. Les paysages sont remplis de cocotiers, de baraques en bois sur pilotis. Dêt est un petit paradis, relié à Khône par un pont construit par les français.
L'île de Khône est aussi un petit coin paradisiaque, avec des cascades et des vasques où se baigner. Quelques jolies maisons coloniales subsistent. Khône et Dêt ne sont ni cimentées, ni électrifiées. Depuis Khône, on peut demander à des pirogues de nous amener vers des dauphins d'eau douce. Ca revient cher et je me pose la question : ils supportent la pollution ?? Je me baigne dans le Mékong, je le sais c'est une réaction stupide, mais je n'ai pas trop confiance en voyant la couleur de l'eau; comme si c'était forcément lié à la couleur !! L'île fonctionne aux lampes à pétrole à partir de 18h, coucher du soleil. La douche du soir à la lueur de la lampe a quelque chose de magique !!
31/01/2002 Don Khône Nous sommes au paradis du hamac; les laos s'y bercent à n'importe quelle heure de la journée. Nous consacrons ces deux jours à la marche, aux heures les moins chaudes, et à nous régaler de nouilles et de petits rouleaux de printemps.
1-02-2002 transport Khône - Paksé Départ à 8h en pirogue jusqu'à Ban Nakasang, et de la plus ou moins 3 h de bus jusqu'à cette sordide ville de Paksé. C'est notre dernier trajet sur le Mékong. L'arrivée se fait sur un « parking » de pirogues, devant la rue principale de Ban Nakasang, qu'on remonte à pied, une petite inquiétude au ventre : bus or not bus ??? On mate rapidement ; finalement un camion aménagé (comme à Madagascar mais en version lao) attend sur le côté gauche de la rue, enfin de la piste, quoi. Dans le bus qu'on va prendre, il y a le Laos tout entier : poules, canards, poissons, sacs de riz .... et quelques touristes « falangs » au milieu. Pour ce qui est du ticket rien d'affiché, mais c'est quand même prévu, un peu plutôt à la tête du client. On parcourt 30 mn de piste, comme à Madagascar, avec des trous énormes et à 4 km/heure. Puis tout le reste du trajet sur une belle route bien droite.
C'est notre dernière journée au Laos. Je regarde les petites marchandes, les huttes de paysans au bord de la rivière, les fameuses station-service(2 bidons sous abri équipés de tuyaux), les buffles dans les marécages. A l'approche de Paksé, un Lao croit flairer la bonne affaire en arrêtant le bus 2 km avant l'arrivée à la gare routière, en fait à 8 km de Paksé, et ainsi embarquer tous les touristes falangs jusqu'au centre ville. Les négociations aboutissent enfin à 3000 k par personne. On embarque tous. 5 mn après, panne sèche après une côte « béton », et arrêt à la station service. Les laos poussent le tuktuk pour le refaire démarrer. Panne suivante : un essieu pète. Tous les falangs embarquent alors dans d'autres tuktuk. Et on se retrouve ainsi à notre Vanapha GH, sous une chaleur et une poussière écrasantes, dans cette ville far-west toujours aussi sordide.... Un tour de même pas une heure à pied dans le centre me fracasse. Je suis à la recherche de quelques objets : hamac et panier à riz. Sur la route principale de Paksé, en ciment !, les enfants sortis de classe s'amusent avant le repas du soir. Je découvre un enfant avec des rollers aux pieds ! (pieds nus bien sur). Nous dînons au Maikhams, un resto chinois moderne et sans style, ambiance mariage anonyme, mais très bonne cuisine.
2/02/2008 vols Paksé - Vientianne - Phnom Penh
Certains prennent le premier métro. Pour nous ce matin là, de très bonne heure, ce fut le premier samlo (principe du tuktuk mais en vélo). Il a gagné sa journée en accompagnant 2 falangs à l' »aéroport international » de Paksé !
Le Laos nous laisse une impression de douceur et de tranquillité. C'est de loin le meilleur accueil de tous nos voyages. Nous dépensons nos derniers kips dans l'aéroport de Wattay, à Vientiane. J'aperçois dans un snack une part de pizza surgelée, avec une olive noire dessus. L'olive me fait fantasmer, après 3 semaines de bouffe asiatique. Je la paye cher, même si elle n'a que le goût d'une pizza surgelée. Le voyage continue à partir de 15h sur le sol cambodgien, à l'aéroport de Pochantong de Phnom Penh. Le service de visas touristes se fait sur place, il est très rapide et efficace : 1 formulaire, un passeport, 2 photos d'identité et basta. Le service vaut 20 USD. Direction le service des taxis de l'aéroport de Pochantong, à l'organisation quasi-germanique ! Chaque client présente un ticket estampillé, et avance dans l'ordre, vers son taxi, dans une file d'attente ! Nous avons choisi de loger au Café Freedom & Lodge. Mais notre taxi en connaît un autre et nous bassine pour nous embarquer ailleurs. J'en ai marre de me faire baratiner et je me montre ferme, quitte à manifester ouvertement que je descendrai sinon. Souvent avec les taxis ou les tuktuks c'est la même chose, il faut se montrer presque menaçant et ça me fatigue ... Le café Freedom & Lodge est situé au fond d'une impasse que personne ne saurait dessiner !! Au milieu de cette misère, on trouve quelques GH. Superbe terrasse sur le petit lac de Phnom Penh, musique anglo saxonne cool, GH élégante et clean sur pilotis, moustiquaire, douche perso, le tout tenu par un écossais dynamique, marié avec une thaï. On est loin de l'hôtel crade que nous prédisait le chauffeur de taxi. Quand on sort de l'impasse, une mosquée fait le coin, et on se retrouve sur l'artère principale de Phnom Penh. Une circulation de dingues par rapport à Vientiane !
On se décide pour une petite marche, autour du marché central, à l'architecture très originale. C'est le classique supermarché du Tiers monde où on vend de tout : fringues, légumes, poissons, artisanat, bijoux, hifi. Génial à voir, même si c'est déjà 17h passées et que beaucoup de commerçants commencent à fermer boutique. On part repérer le Vat Phnom, la colline centrale de Phnom Penh. Droit d'entrée 1 USD pour les falangs. Il y a un bel éléphant, et des petits singes dans les arbres. Les alentours sont très boisés. De retour au café Freedom & Lodge, je mange un repas à l'occidentale, avec des crudités ! Un super luxe.
3/02/2002 Phnom Penh
Aujourd'hui dimanche 3 février ont lieu des élections communales et beaucoup de sites ont fermé leurs portes. Le mieux reste encore une bonne marche le long du quai qui borde le Tonlé sap, aux allures de « Prom » comme disent les niçois. On y trouve quelques resto style colonial et rotin, très occidental. Au milieu quelques restos d'alimentation khmère, bien sympas, accueillants. Ici les taxis sont aussi des moto-taxis ! Comme ils gagnent mal leur journée, à cause des élections, ils se relaient pour nous demander où nous emmener. Mais ils sont souriants et pas insistants du tout. On passe devant le Musée national, la Pagode d'argent, le Palais royal, tous fermés. On trouve de jolies maisons coloniales. La guerre et le génocide (1975-1979) ont du raser et effacer beaucoup de sites. On trouve le « vieux marché et on s'y enfonce. Grandiose de couleurs, d'odeurs et d'images. Pourtant certains occidentaux pourraient s'évanouir à la vue de ce marché : entre les étals, cailloux, terre, détritus, déchets de légumes, et de très fortes effluves.
On crapahute après le repas jusqu'au Tuol Sleng, le musée du génocide. Absolument terrifiant. La folie monstrueuse des KR.
Tuol Sleng : petit historique Le génocide cambodgien a eu lieu entre 1975 et 1979. A l'origine, c'est une chouette petite école bâtie par les français. Après leur prise de pouvoir, les Khmers rouges ont transformé les bâtiments en prison et centre de torture. Les soldats vietnamiens qui ont découvert cette prison et libéré les 7 survivants du S21 ont tout laissé en l'état.
Brève description : l'ancienne école aujourd’hui musée est entourée de barbelés. Dans le bâtiment A, salles de torture. On y trouve aussi des lits ou plutôt des sommiers en métal, des piquets où les prisonniers étaient enchainés. Aux murs, les photos des détenus tels que les soldats vietnamiens les ont trouvés. On trouve d'innombrables photos dans le bâtiment B. C'est « Douch », le dirigeant du camp, qui les a prises. Il était particulièrement méticuleux en ce qui concernait la confection des dossiers individuels de ses détenus. Beaucoup de clichés ont été pris juste avant leur exécution. Des sourires ou des rictus étranges et dérangeants sont à jamais figés sur ces visages d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants préalablement torturés pour la plupart. Dans le bâtiment C, on traverses des mini-cellules construites à la va-vite, à l'aide de bois et de briques. Le bâtiment D : c'est plutôt l'horreur. Des photos prises au cours de torture... les visages et les corps sont parfois des bouillies de sang. Parfois, on voit des femmes avec leurs enfants. Méthodes : arrachage de dents, d'ongles, de sein, piqûres de scorpion, noyade, pendaison, fouets. Des photos encore, de l'arrivée des KR dans Phnom Penh, de l'évacuation ou plutôt de la déportation forcée de milliers de cambodgiens vers les campagnes. Dans une salle on trouve une oeuvre « originale » : des crânes humains empilés forment une carte du Cambodge, le Tonlé Sap qui traverse le pays est un long sillon de sang. Les 2 tiers de la population cambodgienne ont fini dans les charniers illustrés par le film désormais célèbre de « la déchirure ». Au cours de mes lectures, le témoignage de la française Laurence Picq, intitulé « au delà du ciel » a particulièrement marqué ma mémoire.
Pour se « changer » les idées, on file en moto taxi dans un endroit calme et boisé : le Vat Phnom. On traverse une capitale qui renait peu à peu après cette tragédie qui date de 23 ans. Le Vat est situé en centre ville en haut d'une colline boisée, et abrite une ferveur bien agréable. Les buddhas, les décorations sont belles et les offrandes généreuses, souvent des fruits ou des colliers de fleurs. Une femme rafraichit le visage de son petit garçon à la bassine d'eau bénite et parfumée à la fleur de lotus. Un éléphant vit au Vat phnom. Il est complètement libre, à l'ombre du vat, et il bouffe. Des petits singes peuplent aussi le parc. Des cambodgiens (plus très jeunes) font une partie de badmington. Des motos circulent avec des familles entières dessus.
4/02/2002 trajet en bateau sur le Tonlé Sap, vers Siem Reap
Nous quittons Phnom Penh à 7 h du matin, sur un grand speed boat confortable, mais très bruyant. La remontée du lac-rivière Tonlé sap jusqu'à Siem reap dure 5 heures. Brian, le proprio du Café freedom & Lodge nous a vendu un package à 24 dollars US par pers. pour 1 petit dèje, transfert jusqu'au port et remontée jusqu'à Siem reap. Les rives du Tonlé sap sont recouvertes de mangroves et de rizières. En approchant de Siem reap, le fleuve devient si large qu'un dirait une mer intérieure. L'arrivée à Siem Reap est désorganisée au possible, sous une chaleur éprouvante, mais dans un décor lacustre magnifique : maisons flottantes rafistolées avec des bidons en métal, pirogues pour faire les courses, jardins, poulaillers flottants ... tout est organisé de façon à vivre en permanence sur le Tonlé Sap, sans avoir à toucher terre. Les enfants ont leur propre petite embarcation à rames, ce sont de vrais petits hommes. Beaucoup de pêcheurs.
Sur la rive les taxis se bousculent et hèlent les touristes. Comme Brian nous l'avait promis, un jeune chauffeur nous attend pour nous emmener jusqu'au Popular GH. La route est cabossée, et ressemble plus à une piste. Popular GH : 1 chambre double avec SDB et WC, sans petit dèje : 5 dollars US. Il y a un ventilateur !! La bouffe européenne est chère, mais la bouffe khmère est douce et délicieuse, et ne coûte rien !! Principe du pass pour les temples d'Angkor : 40 dollars Us pour 3 jours de circuit, payable sur place à l'entrée (penser à fournir une photo d'identité), il faut ensuite trouver le chauffeur car le site s'étale sur des dizaines de km. Je décide de me faire masser en début de soirée. Les tarifs sont dérisoires. Ce sont des aveugles qui pratiquent en général cette profession, ce qui leur permet d'avoir un petit revenu. L'ambiance est agréable, au son de la flûte, la pièce abrite 5 tables de massage. Des khmers viennent régulièrement se faire masser. Je suis la seule falang, mais ça ne me dérange pas. Une heure de massage coûte 3 USD. Et au moins je ne sors pas de là fracassée comme à Vientiane !
Vers 19h, on peut visiter le marché du soir de Siem Reap, qui contient essentiellement de l'artisanat, et qui reste ouvert tard. Le livre de Maurice Glaize sur les temples d'Angkor est épais et me décourage. On décide d'aller manger en évitant le centre ville truffé de restaurants pour groupes de touristes. Les estropiés et les mendiants les guettent à l'entrée de ces cantines. Près d'un pont nous découvrons un restaurant-karaoké khmer plutôt classe (le son est bas !!). Les serveurs se jettent sur nous ! On constate être les seuls falangs de tout le resto, très bon, mais cher. C'est aussi l'inconvénient sans doute de se trouver sur un fabuleux site.
Il fait nuit tôt. La terrasse du popular GH est désertée à 9h du soir ; j'en profite seule ! Il ne reste plus que quelques employés et le boss de la ghest house qui regardent la télé.
5/02/2002 Angkor vat. en 1296, un voyageur chinois, Tchéou Ta Kouan, arrive à Angkor Thom. Il écrit alors ces mots, restés célèbres : « je salue la perfection ». Son récit décrit notamment les fabuleuses cérémonies royales qui se déroulaient sur le site : des remparts d'étendards et de fanions, cortèges de centaines de jeunes filles aux cheveux fleuris, défilés d'éléphants, troupes de femmes en armes, épouses et concubines dans des palanquins d'or, précédant le roi lui-même, brandissant son épée du haut d'un éléphant. Sans oublier les chants, la musique, les cierges ...
Les 5 tours d'Angkor Vat se dressent vers le ciel, bâtiments carrés qui s'imbriquent les uns dans les autres, un labyrinthe à l'architecture parfaite. Quelques bustes ont la tête sciée : les pillards de toutes les époques sont passés par là, y compris les khmers rouges dans leur folie dévastatrice. Les bas-relief couvrent les galeries et les couloirs, longues de parfois 800 m sur une largeur de 2 m. S'étalent les vies, les femmes, les danseuses, les guerres et les victoires du roi Jayavarman.
Le temple central est dédié à Vishnou et Shiva, mais quelques buddhas y sont placés et font l'objet de dévotion (encens et offrandes). 3 heures après nous partons vers Angkor Thom : on parvient au Bayon majestueux aux milliers de visages. En dépit de la chaleur écrasante, on admire la terrasse des éléphants, la terrasse du roi lépreux et le Palais royal.
Le Bayon : il se situe au coeur d'Angkor Thom; son nom signifie la « montagne magique » mais il reste entouré de mystère. Le Bayon consiste en une forêt de têtes gigantesques regardant dans toutes les directions : 200 visages aux yeux inquiétants et aux sourires énigmatiques. « Ils sont de proportion tellement surhumaines, ces masques sculptés en l'air, qu'il faut un moment pour les comprendre; ils sourient sous leurs grands nez plats et gardent les paupières mi-closes, avec je ne sais quelle féminité caduque; on dirait de vieilles dames discrètement narquoises; images auxquelles, depuis des siècles, ni le lent travail de la forêt, ni les lourdes pluies dissolvantes n'ont pu enlever l'expression, l'ironique bonhomie, plus inquiétante encore que le rictus des monstres de la Chine » (Pierre LOTI, Un pèlerin d'Angkor).
Le Bayon est formé d'une pyramide à 3 niveaux, haut de 43 mètres, une sorte de dédale. On ne parvient pas à se faire une idée du plan, on se sent en permanence observés par ces visages.
L'origine du Bayon : Après avoir longtemps cru à un lieu de culte dédié à Shiva ou Brahma, puis bouddhiste, les archéologues ont conclu qu'il s'agissait sans doute d'un temple édifié par Jayavarman 7 à une époque prise entre brahmanisme et bouddhisme. Les bas reliefs du Bayon méritent autant d'attention que ceux d'Angkor Vat : les sanglants exploits de l'armée angkorienne contre les Chams, la vie quotidienne des Khmers au 12ème siècle, la bataille du grand lac (le Tonlé sap).
Le Beantey Kdei ou « citadelle des cellules » : vaste monastère du 12ème siècle (époque phare de la civilisation d'Angkor). Le site a été dégagé de la végétation et remonté en 1920. L'entrée est gardée par des garudas (dieu-oiseaux), avant de parvenir à une entrée surmontée par 4 visages de Bodhisattva (qui deviendra Buddha). Le Beantey Kdei se différencie des autres pièces du site par ses fabuleux bas-reliefs, piliers et linteaux extrèmement bien conservés, ce qui permet d'apprécier tout le raffinement de la culture khmère. Le clou du site : la salle de danse où les dizaines d'apsaras dansaient pour le roi.
La piscine du Sras Srang : c'est un édifice gigantesque de 800 m sur 400 où les éléphants de la cour royale se baignaient....
Tha Phrom : c'est une splendeur que les premiers explorateurs occidentaux ont laissée envahie par les fromagers tentaculaires. Situé non loin du Tha Keo et construit par Jayavarman 7 en 1186. Les pierres qui constituaient le prestigieux Tha Phrom ont été disloquées et éparpillées par cette nature exubérante. Les graines du fromager sont dispersées par les oiseaux. L'arbre et ses racines sont puissants et immenses. Cet espace supposé être un « monastère du roi » abritait probablement dans les 12000 personnes, qui vivaient dans des conditions luxueuses. La forêt contribue à la magie du lieu.
6/02/2002 Siem Reap Le temple du Beantey Srei : c'est un joyau ciselé dans le moindre détail, dans un état de conservation impressionnant. C'est dans ce temple que l'écrivain Malraux essaya de dérober un linteau. La merveille attire trop de touristes, on se croirait dans le métro. Dommage.
Aujourd'hui, moyennant un petit supplément, le « driver » nous propose un circuit un peu en dehors des sentiers battus : la rivière aux mille nagas de Kbal Spean : la route est longue, dont en bonne partie non asphaltée, donc bien poussiéreuse. On y parvient bronzés et couverts de poussière. Prévoir une petite marche d'approche un peu costaud, parfois obscure, chargée de lianes et de milliers de papillons colorés. Les cars de tours-opérators évitent souvent cette étape un peu physique. Nous sommes donc peu nombreux sur le site, ouvert depuis peu de temps aux visiteurs.
On arrive à une cascade paradisiaque. Les papillons, les pierres gravées et amoncelées, la voûte de végétation créent une magie incomparable. Quelques bas reliefs apparaissent presque intacts. C'est un peu un jeu de piste. N devine un réseau d'irrigation élaboré, faits de bassins et de canaux taillés dans la pierre, où sont sculptés des bas reliefs brahmaniques et shivaïtes. Quelques touristes en ont profité pour se baigner, en respectant la magie du lieu. Il faut ensuite prévoir 1h30 de route en moto de retour jusqu'à Siem Reap.
En route vers le « groupe de Roluos »: Départ de Siem reap en milieu d'après midi; comme ce matin sur la route vers le Beantey Srei et les nagas, les sites se trouvent dans la campagne, au milieu des fermes, où des enfants courent tous nus sur les sentiers qui mènent aux rizières, avec à la main des cerfs-volants faits de 4 bouts de bois assemblés et du sachet plastic récupéré. Ingénieux ! On croise aussi un motard qui transporte 2 cochons d'au moins 80 kgs, posés en travers de son engin. C'est ça le Cambodge.
Le « groupe de Roluos» est constitué de 3 temples pré-angkoriens du 9ème siècle. La capitale du royaume khmer était appelée alors Hariharalaya (essayer de prononcer c'est amusant), installée à cet endroit, avant de prendre de l'essor et de migrer vers le nord. C'est à Roluos qu'apparaissent les premiers talents d'architecture et de sculpture khmères.
Lolei : Les 4 tours sont dans un triste état en dépit des jolis frontons. La végétation qui envahit le sommet et les reliefs et linteaux forment un curieux et sympathique mélange.
Preah Ko : C'est le temple funéraire de Jayavarman 2 et de ses ancêtres, édifié en premier dans le groupe de Roluos, probablement à proximité d'un palais royal disparu depuis. Le temple funéraire constitué d'un ensemble de 6 tours est dédié à Shiva (dont le symbole ou animal est le taureau).
Le Bakong est le + joli et le mieux conservé. J'aperçois un enfant qui grimpe dans un arbre haut de 3 étages pour y chercher des fruits. Élaboré en grès, en forme de temple-montagne, rappelant le Mont Méru, constitué de plusieurs étages selon la hiérarchie des divinités. Certains éléments ont été ajoutés par les Khmers à l'édifice, et reconstitués par les conservateurs français.
Petite spécificité angkorienne actuelle, apprise sur le site même : Le site des temples d'Angkor est une concession (ou tribu de guerre) faite par l'état cambodgien à l'hôtel Sokha, propriété de quelques hauts dignitaires cambodgiens mais surtout vietnamiens, qui ont délivré le pays de KR. L'hôtel Sokha a ensuite institué un droit ou « péage » exhorbitant de 40 dollars pour 3 jours de visite, et fait curieusement des bénéfices miraculeux. De tout cet argent apporté par les touristes en payant ce « pass », la Conservation d'Angkor n'en voit pas un kopeck. L'hôtel Sokha et quelques nantis du gouvernement cambodgien empochent presque tout. C'est un soulagement pour moi quelque par d'apprendre ces faits avant le dernier jour de visite : si je l'avais su avant je pense que j'aurais songé à boycotter le site.
7/02/2002 Siem Reap
C'est en visitant les temples d'Angkor que je perçois pour la première fois le pouvoir restreint de la photo et des descriptions sur mon carnet de voyage. Photographier les temples chargés de décorations et de détails, restituer leur intégralité, les lumières contrastées, la végétation, est une tâche difficile. Les temples d'Angkor sont un univers merveilleux en 3 D que la photo ou les mots ne restituent qu'en partie.
Le temple de Preah Khan est génial, immense et quasi désert, proche du Bayon, où on entre par un long sentier. C'est une véritable ville encerclée de douves, qui rappelle le Ta Phrom où la végétation a repris possession des lieux. Preah Khan devait signifier « l'épée sacrée du roi », était une ville habitée par 10000 personnes et de nombreuses danseuses. En dépit des pillages, et des saccages de statues bouddhistes par des brahmanistes du 13ème siècle, quelques bas reliefs et statues sont encore présentes. Le site abrite la célèbre scène du « barattage de la mer de lait » : les dieux et démons tirent le serpent mythique qui entoure la montagne, afin d'en retirer l'ambroisie.
Le bassin de Neak Pean est construit par Jayavarman 7, au 12ème siècle, en pleine civilisation khmère florissante. Des formes animales sculptées sur les temples et les bassins. Le lieu était constitué d'un immense bassin bordé d'escalier, où se dressait en son centre un sanctuaire posé sur une île. Le grand bassin était lui même entouré de 4 bassins plus petits et carrés. On peut dire que ce qu'il en reste aujourd'hui a bénéficié d'une restauration réussie. Le grand bassin passe pour être une réplique du lac himalayen Anatapta, où les pélerins venaient s'asperger d'eau sacrée, tandis que les 4 déversoirs symbolisent les sources des 4 grands fleuves sacrés, le Yang tsé, le Huang hé, le Mékong et le Chaidamuhé.
Neak pean
Le Ta Som : grandiose, il ressemble étrangement au ta Phrom par son atmosphère romantique et engloutie par la nature. Les banians et les fromagers ont entièrement pris possession de l'oeuvre humaine. Les khmers nous apprennent que se faire prendre en photo devant un monument ou un temple est devenu une tradition asiatique, qu'on soit chinois, japonais, cambodgien ou coréen. Un groupe de japonais se fait prendre en photo devant l'énorme banian de la porte sud. Une touriste incommodée par la chaleur sort un petit ventilateur de poche à piles. C'est à Ta Som que la fin du voyage se profile pour nous et que la mélancolie envahit peu à peu mes pensées.
Le Mébon oriental , au sud du Ta Phrom. C'est un temple en briques, entouré de 4 éléphants, et orné de motifs de la mythologie hindoue, situé sur une île, au centre du Baray oriental, un réservoir d'eau immense remplacé aujourd'hui par des rizières. L'édification du temple daterait de 950. La capitale se situait ici au 10ème siècle, fondée par le roi Rajendravarman. On y retrouve nos copains Shiva (sur son taureau), Skanda, Indra et même mon petit préféré, Ganesh (the god of good luck).
A la même époque fut édifié le Pre Rup, sorte de pyramide de briques formée par plusieurs niveaux, en fait un temple funéraire dédié à Shiva. L'usure du temps rend la perception de l'architecture initiale très difficile. On voudrait distinguer les tours et les galeries mais on n'y parvient pas.
Nous revenons en moto assomés par la chaleur. Nous offrons à nos chauffeurs à boire et des lingettes pour qu'il se décrassent de toute cette poussière ! Il me propose de réserver 2 places pour un spectacle d'une heure de danse khmère, à l'hôtel Koulen 2. Je suis tentée de découvrir, surtout pour les costumes et les postures. Je ne suis pas déçue; je n'accroche pas pour la musique et le son, mais les costumes sont éblouissants : jupes de soie colorées, diadèmes dorés à pointe qui rappellent étrangement les apsaras des temples.
8/02/2002 Siem Reap
Les blancs ici sont appelés falang ou farang, ce qui signifie long nez (ou occidental !). Nous avons regretté par la suite de ne pas avoir visité les villages et jardins flottants du Tonlé sap à proximité de Siem reap. Nous cherchons la croix rouge cambodgienne pour laisser des médicaments et leurs notices : le local est situé dans une petite maison, tout est sérieusement organisé, archives, ordinateurs pour inventorier les dons; nous sommes remerciés chaleureusement par la jeune équipe. Un tour au marché de l'artisanat me permet de faire cette acquisition, pour 43 dollars (négociés mais bof bof) qui ne m'a plus quittée depuis :
Séquence nostalgie : on boit un verre au Grand hôtel d'Angkor, magnifique bâtiment au style colonial : service impeccable, déco intérieure rétro, tapis, parquets, meubles en rotin, affiches encadrées, la piscine est une splendeur !! Le casse croute consiste en un thé Fauchon Assam + une part de tarte aux myrtilles et un jus d'orange, le tout pour 11 dollars !! Dans le salon d'à côté, une famille nombreuse de japonais déguste un monticule de pâtisseries, il doit y en avoir pour une fortune sur la table !! Amusant à demander en Asie : la bière Alain Delon !!
14/01/2002 Premières impressions, la dolce vita de Vientiane ! Cette petite capitale possède un air de province : ses habitants montrent une certaine nonchalance (qui nous gagne!) et ne contient que 130 000 habitants. Il fait bon se promener sur les berges du Mékong, où des vendeurs de brochettes, de riz, de boissons s'installent à la tombée du jour, et admirer le coucher de soleil sur le fleuve mythique. C'est magnifique, avec les pécheurs sur leurs barques. Sur l'autre rive c'est la Thaïlande. Les jeunes laos (et laotiennes!) circulent en 2 roues. Subtil mélange de traditions et de modernité, sans complexe : jupes longues ornés de motifs traditionnels pour les femmes, avec casques de moto et portable !! Mais les laos sont moins « méridionaux » que les birmans ! Ils n'interpellent pas les touristes en pleine rue, avec charme et spontanéité. Les portails sont toujours ouverts à Vientiane et pèle mèle dans la rue on trouve des bonzes en robe orange, des chats, des chiens, des papillons, des routards.... Adresse à noter à Vientiane avant de s'enfoncer dans le Laos profond : le restaurant Nazim, de la communauté tamoule, sur le quai Fa Gnum. Correct.
15/01/2002 le Vat Sisaket : c'est le seul stupa intact à Vientiane, qui a échappé à la mise à sac par les Siam dans les années 18.... J'ai malheureusement encore trop à l'esprit les splendides pagodes birmanes et la dévotion installée autour.
Le Vat That Luang : c'est un très joli stupa doré, à la magnifique charpente et entouré d'un cloître. La ville est parsemée de pagodes et de monastères (reconstruits). Sékwassa un vat ?? le vat désigne l'enceinte où résident les moines bouddhistes. À éviter : l'expérience du massage à Vientiane (et peut être dans tout le Laos?). J'ai failli me faire broyer les os au Mixay Massages. Je vous rassure de suite, le massage n'a rien eu de tendancieux ou d'ambigü! C'était médical au possible !
à essayer le soir sur les berges du Mékong : les petits restaurants improvisés (à la condition de pouvoir vérifier que la nourriture est soit archi chimique, soit bien cuite), et les paillotes sur pilotis. Je me suis laissée tenter par un Tom Yam aux poissons du Mékong : traduction soupe épicée aux champignons, écorces de citrons, végétaux divers, le tout cuit avec des tronçons de poissons. J'ai vainement cherché l'extincteur, car j'ai immédiatement pris feu ! On peut se contenter de brochettes de boeuf ou du riz gluant ! Eric a été bien plus malin. Penser aussi à se couvrir la nuque, les bras et les jambes en dépit de la chaleur : les hordes de moustiques du Mékong vous attendent avec impatience. Et ceux-là vous transmettent le paludisme de souche 3 (dixit l'institut Pasteur !! ça m'avait fait rire).
16/01/2002 Trajet vers le Nord, et Lung Phra Bang. Il faut compter 9 heures de bus, et donc prévoir un départ tôt le matin si possible avant 7 heures. L'architecture de la banlieue de Vientiane est moche et complètement hétéroclite. Puis les rizières forment le principal paysage, jusqu'au district de Vang Vieng : c'est un long village au bord d'une rivière, bordé par des collines verdoyantes. On traverse ensuite le « fameux » district de Kasi (très décrié par le Ministère des affaires étrangères en France, avec de nombreuses mises en garde). Le paysage qui s'étend est formé par des montagnes immenses en pain de sucre. Au bord des routes, une végétation luxuriante de bananiers et de flamboyants. Certains endroits sont visiblement reboisés !! Les villages traversés sont faits de bois ou de bambous, sur pilotis, pour les périodes de mousson. Les enfants courent le long de la nationale, parfois à poil ! Sur quelques maisons au toit de chaume on aperçoit de paraboles!!
Luang Phra Bang On y parvient après plus de 10 heures de bus. Malgré les conditions un peu pénibles, les voyageurs laos du bus et le chauffeur montrent une grande gentillesse. Arrivés à Luang Phra Bang, il vaut mieux chercher d'autres touristes et se grouper pour aller vers les petits hôtels. Les réservations ne sont pas respectées. Les laos sont affables, mais devant les entourloupes sur les trajets ou les hôtels, il faut se montrer ferme.
17/01/2002 Luang Phra bang
La literie du VANIDA GH n'est pas au top, mais la maison et l'ameublement ont un certain cachet.
À voir : l'aumône quotidienne des moines en procession dans la rue principale. Il faut se lever à 5h30 et le défilé est magique. Un petit lao qui vend du riz gluant dans des feuilles de bananier m'échange une portion contre mon berlingot de lait concentré sucré. Il est ravi ! Visiblement il connaissait le contenu du berlingot ! Beaucoup de touristes donnent des offrandes aux moines. Attention les moines ne peuvent rien prendre de la main d'une femme.
Toutes les matinées, la ville de LPB se cache dans un brouillard épais et humide, où la température n'excède pas 20°C. Parfois le fameux crachin tonkinois suit ce brouillard. Puis vers midi le ciel se dégage et la chaleur arrive.
L'essentiel de la ville de LPB se situe sur une presqu'île, mais il est intéressant de s'enfoncer dans les petits faubourgs histoire de s'imprégner de la vie un peu plus authentique des laos. Je me doute bien que la presqu'île doit constituer un peu leur « Montmartre ». Dans toute la ville se succèdent de magnifiques pagodes, habitées et entretenues par les moines. Le site entier est classé au patrimoine mondial par l'Unesco. Les moines sont beaux, ils ont l'air doux, et heureux. Un chouette artisanat est aussi à découvrir au gré des rues.
La grotte des buddhas cassés de pak Ou : C'est l'occasion d'une splendide promenade en pirogue sur la rivière Nam Ou. Le mieux est encore de se grouper à plusieurs touristes, pour faire baisser un peu le prix de l'aller-retour, sauf si bien sur on ne souhaite pas renoncer à une totale tranquillité. Le hic : avant l'arrivée à la grotte, la pirogue fait halte dans un village qui a tout du supermarché à touristes, avec parcours imposé devant les échoppes de textiles et bijoux.
Pak Ou : le site consiste en l'amas de statuettes de buddha endommagées, dans deux grottes auxquelles on accède par de beaux escaliers. Ils sont entreposés là mais plus dignes d'être vénérés. On peut tout de même faire sa petite offrande. La lampe de poche est bien utile dans la seconde grotte qui est très sombre.
18/01/2002 Le départ vers Pakbeng : (vers le nord ouest) Une pirogue part chaque matin de la plage, entre 8h30 et 8h45. Les routards, les sacs, les laos s'entassent au fond de la pirogue à moteur. Pour les laos, cette saison est l'hiver, ils sont tous emmitouflés et encapuchonnés en particulier les enfants aux bouilles adorables. Certains portent même des gants de ski !! Le moteur fait un bruit d'enfer. Des engins appelés speed-boat naviguent également sur le Mékong. Ca ressemble à peu près à ça : une coque de pirogue traditionnelle sur laquelle est monté des moteurs superpuissants, qui font un boucan digne de la formule 1. La vitesse les transforme en bombes potentielles. Les occupants du speed-boat m'évoquent les playmobils, avec leurs casques et gilets de sauvetage.
Aujourd'hui la navigation sur le Mékong possède quelque chose de magique : les européens et les laos sont entassés sur un bateau qui remonte le fleuve; l'eau est vivante et certains passages sont rapides, entre de gros rochers et des bancs de sable, le tout entouré d'une végétation orgiaque. Une brume épaisse recouvre la forêt et l'eau marron du Mékong.
La vie des villages est organisée autour des arrêts des pirogues sur les berges. Je fais des échanges de berlingots de lait et d'échantillons de parfum. Passé midi, la brume se lève : on découvre d'autres pirogues, des potagers, des troupeaux de buffles, des cabanes. Devant, près de la cabine de pilotage, les laos qui accompagnent un moine ont installé une tablette en rotin rose et joliment décorée. Ils déjeunent tranquillement. De temps à autres, au gré du courant, le bateau s'agite.
Pakbeng : Le village consiste en une rue unique mais animée, où les petits commerces sont éclairés le soir à la bougie. Un générateur électrique permet tout de même au village de disposer du courant entre 18h30 et 22h30. Les restaurants et les GH du coin ont une ambiance très routards anglo-saxons avec guitare. Mais nous nous retrouvons dans l'exception ! Nous choisissons une chambre avec SDB et eau (froide bien sur) et terrasse magnifique sur le Mékong, au SALIKA GH (la plus belle de Pakbeng) et ce pour la somme astronomique de 10 USD. La piaule est impeccable. Il y a même une lampe pour le matin, quelle délicate attention ! Depuis quelques jours nous partageons la route avec une routarde française établie à Londres. Nous lui offrons un dessert de choix extra-luxe au Laos : un mini-mars.
19/01/2002 Le bateau du retour vers LPB :
C'est de bonne heure que nous repartons de Pakbeng, mais cette pirogue n'a été louée que par des touristes occidentaux, principalement anglo-saxons. L'ambiance n'est pas la même. Trois jeunes têtes brûlées d'israéliens sont du voyage. Ils se montrent assez exubérants ; la pirogue fait un arrêt de 10 mn sur le rivage : ils laissent derrière eux un amas de canettes au bord du Mékong. La pirogue démarre difficilement après quelques tours de manivelle et un nuage de fumée opaque. La redescente est juste ponctuée par la découverte d'une grosse araignée jaune qui laisse les touristes dans l'effroi car elle s'est réfugiée sous des planches. Séquence peur : Eric choisit de voyager sur le toit de la pirogue et je ne suis pas du tout rassurée, surtout lorsque l'embarcation traverse des zones de remous et de forts courants.
20/01/2002 Luang Phra Bang Je profite du marché pour me faire tailler un pantalon sur mesure, bleu et doré, orné de motifs à éléphants, pour l'équivalent de 60 Francs.
Luang Phra bang est écrasée par la chaleur ; on se réfugie dans la magnifique pagode vat Xieng Thong : elle se compose de plusieurs sanctuaires. Prévoir un droit d'entrée. Certains petits vats sont recouverts de mosaïque rouge et bleue, représentant des scènes de la vie du Buddha ou prince Siddharta Gautama. On en prend plein les yeux, cet art est magnifique. Je craque en particulier pour la grande mosaïque représentant l'arbre de vie. Un petit vat sert de remise où sont entreposés des buddhas debout les mains tendues vers le sol dans un geste très gracieux (la position dite de la pluie). On aperçoit aussi quelques pièces et billets de l'époque coloniale, des bas-reliefs, et au milieu un dragon monté sur des essieux de voiture formant ainsi un char. L'ambiance de cet Vat Xieng thong est paisible. Des enfants s'amusent sur leurs vélos, d'autres escaladent des arbres ou font fuir les poules.
Une musique nous attire un peu + loin : celle des percussions que font les bonzes sur leurs gongs et cymbales, touchante, harmonieuse et envoûtante. Certains moines s'occupent d'enfants en leur témoignant beaucoup de patience.
A faire à la fin de la journée, en dépit du côté « rendez vous des touristes » : on escalade le Vat Tham Phu Si qui domine la ville pour y admirer le coucher du soleil. L'endroit est rempli de touristes, c'est pas génial pour les photos, dans le viseur, on trouve des arbres ou des poteaux électriques !! Mais le coin donne un joli aperçu de la presqu'île. Prévoir un droit d'entrée, un peu cher pour ce que c'est. Personne ne pense à prendre le chemin du retour de l'autre côté du vat, où l'on peut admirer un joli buddha couché. Les paillottes du bord du mékong se disputent la clientèle de touristes. Ce n'est pas très authentique, mais ça a le mérite de présenter une bonne cuisine lao. Séquence frayeurs : en rentrant à l'hôtel, et en déposant les sacs à dos par terre, on découvre un petit bout de papier qui dépasse à l'extérieur d'un sac à dos : ce sont juste 3 billets de 100 USD qu'on avait planqué dans une lanière, de façon à éviter les vols par une fouille à l'intérieur du sac. Nous avons failli perdre ces 300 dollars, en prenant bêtement la décision de les cacher là et de les oublier !!! La douche de Vanida GH est dotée d'une installation électrique digne du 19ème siècle : des fils nus et des interrupteurs descellés sont dans la douche.
21/01/2002 Luang Phra Bang Certains touristes occidentaux pratiquent le Tai chi, dans les cours, ou près de vats; les laos ne connaissent pas cet art martial, le voir les rend hilares. A visiter : le Palais royal qui est devenu un musée depuis la déportation du prince héritier du Laos, vers une grotte au nord du pays où il périt avec le reste de sa famille. Cruel destin parfois que celui des princes ! Il laisse une bien belle demeure, avec tous ses meubles, son trône, ses statuettes de Buddha, ses costumes de prince, son gramophone et sa collection de disques. Je décide d'acheter de l'artisanat local sur le marché, ou bien de l'échanger parfois contre des petites fioles de parfum. On mange aussi sur le marché : des cuisinières proposent du bouillon de légumes, non épicé. J'ai juste le temps de faire signe avant qu'elles n'y versent de la viande crue. On passe la fin de la journée au Vat Aham, le soleil descend lentement, très loin de l'agitation occidentale. C'est aujourd'hui à cette heure, que je me suis sentie plongée dans le Laos profond : les enfants pédalent sur leurs vélos, les ados jouent au chinlon, sous le regard chaleureux et bienveillants des moines. Au bord de la route, toute une famille est rassemblée autour d'un feu où grillent quelques brochettes, à côté de leur étal.
22/01/2002 Retour à Vientiane, prévu à 6h du matin, en bus, au départ d'une gare routière quasi déserte. Au cours du trajet, je désespère devant le comportement parfois à la limite du mépris de certains touristes vis-à-vis des laos : un touriste scandinave laisse un sachet (visiblement sa poubelle) dans le bus en le quittant, pensant sans doute qu'un lao pourra bien le ramasser. Petite séquence frayeur (mais pas pour moi !!) :Le bus fait une halte dans un village du district de Vang vieng, où j'entreprends une petite marche histoire que mes jambes ne ressemblent pas à des poteaux électriques en arrivant à Vientiane. Devant une chaumière, deux femmes font la tambouille, entourée de jeunes enfants et d'un bébé. Je m'approche pour leur donner des berlingots de lait sucré. Dès qu'il me voit, le plus jeune des enfants crie d'effroi à ma vue et s'agrippe à sa mère !!
Séquence « un retraité français à Vientiane » : Nous arrivons à la Villa sisavad GH (pas la même qu'à notre arrivée au laos). Tong, le laotien à qui appartient la GH a visiblement vécu en France et parle très bien français. Tong fait quelques réparations de plomberie avant de nous laisser la chambre. Un français qui l'accompagne, la cinquantaine, un peu bedonnant, nous aborde pensant que nous sommes américains. Il est « jeune marié et expatrié » ici au Laos. Il a quitté la France après sa mise à la retraite de « CRS dans une banlieue paumée ». A écouter son discours désobligeant au possible sur son pays d'origine, j'en déduis qu'il est totalement inadapté à la France ; donc un pays tel que le Laos lui permet d'avoir la vie belle et facile d'un nabab, lorsqu'on est blanc. D'ailleurs il ne veut pas revenir en France, où sa famille « de souche » ne comprend pas cet exil ! Comme je le comprends : il vaut mieux vivre comme un prince au Laos que de se retrouver totalement paumé en France. Sa situation m'évoque le roman de G. Orwell, « une histoire birmane ».
23/01/2002 Vientiane On visite quelques vats, notamment le Pha Kew. Un petit tour amusant à la superette du quai Fa gnum appelée Minimart, où on trouve à peu près tout, y compris des cartes téléphoniques qui marchent !! Et qui permettent à Eric d'appeler la Corse pour rassurer sa petite famille.
Le marché du matin : il est situé sur l'avenue qui mène du Mékong au Patuxay, à droite. C'est une grande bâtisse, style usine, à 2 étages. C'est Le supermarché de Vientiane ! On y trouve quelques boutiques de fringues, de cosmétiques, de hifi et de produits ménagers, qu'on ne voit pas du tout en ville. On se traine du côté de l'artisanat lao, jupes, foulards, articles religieux bouddhistes, bois, bijoux en jade, montres, enfin des fournitures scolaires, des cosmétiques indiens, encore de la hifi japonaise et des perruques. Le 2ème étage, c'est surtout les sous vêtements, les tongues, Tshirts thaïs, et pompes en tous genres. A 16h30, nous décidons de profiter de la piscine de la villa sisavad GH. Nous trouvons un resto pour occidentaux, le Nam Phou, sur la place du même nom. La démarche reste exceptionnelle de notre part, bien moins authentique que le boui-boui lao ou la paillote, mais au moins on peut savourer des crudités-salade sans trop de risques. Bonne adresse aussi : le Just for fun restaurant. A priori végétarien, mais ouvert aux non-veg à la demande.
24/01/2002 Vientiane, dernière journée Nous marchons Eric et moi jusqu'au Patuxay. Il ressemble à un arc de triomphe. A l'intérieur on voit rapidement que le monument est inachevé. A l'intérieur, dans les étages du monument, des vendeurs laos ont investi le peu de place pour y mettre leur étal d'artisanat ou de T shirt. D'énormes câbles électriques parcourent le sommet du Patuxay. Une ribambelle d'enfants (d'une école ?) admire la vue sur la capitale. Je remarque que la ville est restée très boisée : bananiers, banians, palmiers et quelques gigantesques caoutchoucs. Pas étonnant qu'on trouve autant de papillons en plein centre ville ! On se traine – car il fait chaud – jusqu'au marché du matin, sur Lane Xang avenue, où j'achète 2 T shirts thaï complètement délire.
On engloutit de succulents rouleaux de printemps et le fameux laap, le plat traditionnel lao qui consiste en un ragoût de canard en morceaux, plus ou moins épicé selon le cuisto, avec ail, oignon, piment rouge, basilic et menthe. Très bon, à condition de faire un peu de tri (oui je sais je suis restée un peu cuisine française et j'ai un peu honte !). Le coucher du soleil sur le Mékong restera notre dernier aperçu de Vientiane. Des laos sont descendus sur une longue bande de terre au milieu du fleuve. Les buvettes du quai Fa Gnum commencent à s'installer pour le soir. Des jeunes filles proposent du lait de coco directement dans la noix. Ensuite, rien ne se perd ! On épluche l'écorce et on rape la chair de coco pour la cuisine. Le laos est le pays champion de la vente de sodas de toutes les couleurs et archi chimiques et sucrés. Je tente un mirinda vert, tandis que les moustiques entreprennent de me butiner le dessus des pieds.
25/01/2002 trajet en bus entre Vientiane et Savannakhet (Sud laos)
La route longe le Mékong, le trajet est plat, avec peu de virages, ce qui change du trajet Vientiane -LPB. A la sortie de Vientiane, j'aperçois 2 déchetteries où des employés font du tri. Le long de la route je remarque des surfaces importantes consacrées au reboisement. J'ignorais qu'un si petit pays avait déjà compris cet enjeu majeur de l'écologie. Partout au bord de la route, on trouve des buvettes avec des hamacs. Vers 8h du matin, le bus s'arrête et une ribambelle de petites vendeuses investissent le bus. Il n'y a pas vraiment le choix, comme petidèje mais c'est bon : brochette de foies de volaille et boulette de riz gluant !
Le second arrêt, à Thakket je suppose, est prévu vers 11h. Arrivée à Savannakhet vers 16h. La ville a l'air paisible et un peu moderne, et m'évoque Nyang Schwe, au bord du lac Inle, en Birmanie. La Sayamunkhum GH est une excellente surprise : la ghesthouse a été monté avec goût dans une vieille maison coloniale refaite, par un vieux militaire Lao qui a servi l'armée française. L'ambiance du patio est géniale et cool. Savannakhet a été construite sur u plan en damier, au bord du Mékong, par les français, qui y ont « importé » la communauté viet-namienne. Le culte catholique est à l'origine vietnamien, d'où l'église Ste Thérèse au centre de Savannakhet. On décide de trainer le long du Mékong et profiter d'un coucher de soleil magique. Les laos, en particulier les jeunes, nous abordent facilement pour discuter, qu'ils soient bègues ou qu'ils parlent un anglais déplorable, beaucoup font un effort impressionnant. Nous tentons le restaurant « les 4 saisons » conseillé par le GDR, entre nous soit dit une véritable arnaque culinaire. Soupe aux légumes insipide et spaghettis cuits à l'eau de vaisselle, recouverts d'une immonde sauce tomate sucrée. Une horreur. La cerise sur le gâteau si j'ose dire c'est un cafard énorme qui dort dans un coin.... en revenant sur nos pas, au milieu d'échoppes modestes, on aperçoit un magasin de location de dvd : comme dit Eric, les laos sont passés directement « du 19ème au 21ème siècle ».
26/01/2002 Savannakhet Ce matin, dans un resto chinois, j'ai honte mais je savoure un petit déjeuner « occidental » qui me fait beaucoup de bien. Muesli et yaourt. Nous partons explorer les principaux vats de la ville.
Le vat Sayaphoum : C'est le plus vieux de la province, construit en 1896, grand, paisible et rempli d'arbres. Nous sommes assis près d'une magnifique voûte d'arbres, près d'une grande volière. A l'intérieur, des perroquets aux couleurs magnifiques et des mainates à colerette jaune. Le fait d'écrire et de dessiner sur un carnet me « protège » et en même temps attise la curiosité des laos. Eric regarde un match de foot disputé par des enfants à l'intérieur du vat.
On erre du côté nord de la ville, où on découvre un autre vat. Il est rempli de moines et d'enfants, qui s'interpellent, dans une ambiance très cool. Un moine vient nous dire bonjour; sans complexe, en découvrant que nous sommes français, il nous demande de lui donner une leçon de français. Et là à l'improviste, nous partageons un moment exceptionnel. Sur un banc, abrité sous un arbre, Eric et moi tentons de lui apprendre quelques rudiments, via l'anglais. Nous sommes entourés d'enfants et de moines, mais la timidité disparaît. Je le sens intelligent; sa curiosité de la langue est impressionnante et il ne cède pas au découragement. C'est une magnifique leçon pour nous aussi. Ils sont curieux quand je leur montre une photo de famille; puis ils montrent aussi les leurs. Nous quittons notre moine et les enfants; je lui laisse un stylo noir, souvenir de notre passage. Mais, des années après, je me souviens de son perfectionnisme, de sa curiosité et de son ouverture d'esprit, et surtout de ces instants magiques où l'on découvre quelqu'un, pour la première fois.
Le soir, nous arrivons à une gargotte au bord du Mékong, après les heures les plus chaudes de la journée. Je réalise à quel point le laos doit être un pays insignifiant aux yeux de bien des occidentaux... et pourtant, loin de posséder un patrimoine tel que celui de l'Inde ou la Birmanie, nous avons croisé des habitants emprunts de gentillesse et de générosité. Si seulement je pouvais faire preuve d'autant de simplicité et de sérénité!
Le soleil disparaît dans la grisaille au dessus de la Thaïlande. D'après les propos que j'entends de laotiens vivant ici et parlant correctement l'anglais, le gouvernement communiste du Laos souhaite éviter aux habitants les bouleversements d'un capitalisme sauvage, comme en Thailande.
27/01/2002 trajet Savannakhet vers Paksé
Le départ de Savannakhet a lieu à 5h30, c'est un peu violent....le conducteur de tuktuk se plaint, une fois arrivé à la gare routière, que 6000 kips pour la course (pourtant prévus au départ) ce n'est pas assez. On refuse, alors il insiste en réclamant un café, qu'on n'a pas le coeur de lui refuser. Ensuite bureaucratie, à 5h30 du matin, un dimanche. Contrôle du 1er passeport, puis du second, et enfin, il fait souscrire une assurance transport ! Première fois que je voie ça ! Au fait en cas de décès lié à un accident de la route, on est remboursé de ... 80 francs.
Le bus est un vieux tacot qui ne possède plus aucune vitre. Je porte ma veste népalaise assez épaisse, mes vieilles kickers et un pantalon; mais Eric a choisi de voyager en T shirt, short et tongues. En attendant que le jour se lève, le bus est infesté de moustiques ! Après avoir ramassé quelques voyageurs laos à la bourre, qui tentent comme ils peuvent de tenir à 2 sur un siège, on décolle ... dans le froid. J'enfonce mes mains dans mes poches et je planque ma tête dans la capuche, mais Eric est au bord de la « congélation ». Puis le jour se lève un peu et la température monte, enfin.
D'abord la route est correcte et goudronnée. Mais le trajet Savannakhet-Paksé est en travaux sur de sérieux tronçons! On slalome de part et d'autres de la grande route en construction. C'est de la piste, et le bus soulève un nuage de poussière à chaque passage, ce qui incommode beaucoup les laos. Ils passent leur temps à s'épousseter furieusement et à se couvrir le visage. A chaque arrêt une ribambelle de petites marchandes sorties de nulle part se précipite vers le bus pour vendre aux voyageurs des oeufs durs, , boissons, des boulettes de riz gluant, des brochettes de poulet, des grenouilles et autre ANI (animaux non identifiés). Les affaires marchent bien.
Le trajet me paraît long, et ennuyeux. On traverse des endroits plutôt moches : rizières asséchées ou brûlées, taudis au bord de la route, villes du style far-ouest sordides où des chiens jaunes et squelettiques se battent dans la poussière, baraquements en bois abandonnés.... Les pompes à essence consistent en des bidons surmontés de bocaux, pour voir la couleur du carburant, le tout sous une ombrelle. La route en construction se poursuit : ce sont des ouvriers et ouvrières qui fabriquent (comme en Inde) la route de leurs mains, sans aide d'engins de BTP.
Puis nous arrivons, à Paksé, le bled qu'on peut décrire comme le plus sordide de tout le Laos. Le centre ville est loin, notre tuktuk avance, sous la chaleur, sur une longue route, avant de franchir un pont. Il nous largue devant la Vanapha GH, correcte. Je me cogne la tête sur la tôle en sortant de l'engin. Rien de grave, mais j'en ai tellement marre de ce trajet, de la fatigue et de la chaleur que je manque d'en pleurer.... Sous la douche, on se décrotte comme on peut. Il fait une telle chaleur que mon pantalon et ma veste népalaise sont secs en une nuit. Malgré la douche, je sens encore la poussière de la route accrochée à mes cheveux.
Nous explorons cette bourgade sordide sous une chaleur digne de l'enfer. Plus rien de commun avec la fraîcheur du nord du Laos. Nous ne trouvons d'ouvert qu'un boui-boui où on tente de reprendre des forces à l'aide de riz gluant froid et du pepsi chaud.... en fin d'après midi on cherche l'embarcadère pour l'île de Khong.
28/01/2002 trajet Paksé- Ban Sène – île de Khong
On attend pendant 2 heures, entassés, le départ du bateau. Départ à 9h. Le niveau de l'eau est très bas et le bateau est chargé – j'ignore depuis combien de temps il n'a pas plu.... Le bateau s'enlise mais le conducteur garde (volontairement ?) un visage serein. Il faut environ 7 h pour parvenir à Khong. Les vieilles laotiennes s'occupent des nombreux enfants et bébés à l'arrière de l'embarcation. Trois vigiles ou militaires se sont installés sur le toit. Au bout d'une heure 30 de navigation, on arrive à l'embarcadère de Champassak. Nous avons une petite hésitation quant à aller visiter les ruines Khmères de vat Phou, où se produit un festival entre le 25 et le 29 janvier. Sachant que nous prévoyons de visiter Angkor Vat à la fin du séjour, nous décidons de poursuivre notre route vers Khong. Parmi les touristes qui m'ont intéressée, je citerai notamment un jeune anglais, fou de l'Inde, qui me transmets son amour pour l'ancien joyau de la couronne Britannique.
On accoste à Ban Sène à 18h30. Un nique tuktuk nous embarque vers Khong et nous laisse devant un pont, indiquant d'un vague geste le « coin des ghesthouses ». Nous atterrissons à Pon's GH : très belle maison en bois, chambre ouvrant sur le Mékong, douche chaude et WC à chq étage. On déguste au restaurant d'à côté des rouleaux de printemps délicieux devant un lever de lune superbe.
29/01/2002 Don Khong – Ban Sène On décide de louer des vélos pour faire le tour de l'île; nous partons de Bn Khong (sud est de l'ile) vers le nord. On loue le vélo 10000 kips jusque 5 h du soir. Un peu d'exercice nous fait du bien, et l'île est somme toute assez plate. Nous faisons beaucoup de photos de rizières, d'enfants, de buffles et de vats. Les laos ont installés sur le devant de leurs vélos des paniers métalliques bien pratiques pour les sacs. A 10h30 du matin, le soleil est haut dans le ciel et la chaleur grimpe. Les bouteilles d'eau se vident! Nous arrivons à la petite ville de ban Sène (l'embarcadère) pour la pause de midi. Le menu du resto Duang Ta Vanh fait l'affaire. J'apprends l'expression « Sep laï » qui veut dire bon appétit !
Tout au long du voyage, selon que je trouve mon interlocuteur sympa, ou que je veux faire plaisir à un enfant, ou bien pour « débloquer » un petit marchandage, j'ai des petits échantillons de parfum avec moi. J'en distribue aussi rien que pour voir les expressions de surprise et les yeux qui se mettent à briller. A la fin de l'après midi je pédale sans force alors que le soleil me grille les bras ! Arrivant à notre point de retour, je slalome devant Eric et c'est le carambolage. Nous chutons tous les 2, heureusement rien de grave, mais il faut expliquer dans un anglais sommaire pourquoi la chaine du vélo pendouille !!! J'ai pris des couleurs ridicules, style « agricole » sur les jambes et les bras, et j'ai le visage rouge écrevisse. Avec un lao, je discute des combats d'animaux en tous genres dont les asiatiques sont particulièrement friands : combats de coqs, de chats, de chiens et même de scarabées.
30-01-2002 Don Khône et Dêt Le boss de notre ghesthouse propose un départ en pirogue vers Khône et Det, le matin, ce qui génère quelques négociations. Le départ a lieu à 7h30, l'athmosphère sur le Mékong est très douce. Des pécheurs aux chapeaux coniques avancent silencieusement sur leurs pirogues. Les paysages sont remplis de cocotiers, de baraques en bois sur pilotis. Dêt est un petit paradis, relié à Khône par un pont construit par les français.
L'île de Khône est aussi un petit coin paradisiaque, avec des cascades et des vasques où se baigner. Quelques jolies maisons coloniales subsistent. Khône et Dêt ne sont ni cimentées, ni électrifiées. Depuis Khône, on peut demander à des pirogues de nous amener vers des dauphins d'eau douce. Ca revient cher et je me pose la question : ils supportent la pollution ?? Je me baigne dans le Mékong, je le sais c'est une réaction stupide, mais je n'ai pas trop confiance en voyant la couleur de l'eau; comme si c'était forcément lié à la couleur !! L'île fonctionne aux lampes à pétrole à partir de 18h, coucher du soleil. La douche du soir à la lueur de la lampe a quelque chose de magique !!
31/01/2002 Don Khône Nous sommes au paradis du hamac; les laos s'y bercent à n'importe quelle heure de la journée. Nous consacrons ces deux jours à la marche, aux heures les moins chaudes, et à nous régaler de nouilles et de petits rouleaux de printemps.
1-02-2002 transport Khône - Paksé Départ à 8h en pirogue jusqu'à Ban Nakasang, et de la plus ou moins 3 h de bus jusqu'à cette sordide ville de Paksé. C'est notre dernier trajet sur le Mékong. L'arrivée se fait sur un « parking » de pirogues, devant la rue principale de Ban Nakasang, qu'on remonte à pied, une petite inquiétude au ventre : bus or not bus ??? On mate rapidement ; finalement un camion aménagé (comme à Madagascar mais en version lao) attend sur le côté gauche de la rue, enfin de la piste, quoi. Dans le bus qu'on va prendre, il y a le Laos tout entier : poules, canards, poissons, sacs de riz .... et quelques touristes « falangs » au milieu. Pour ce qui est du ticket rien d'affiché, mais c'est quand même prévu, un peu plutôt à la tête du client. On parcourt 30 mn de piste, comme à Madagascar, avec des trous énormes et à 4 km/heure. Puis tout le reste du trajet sur une belle route bien droite.
C'est notre dernière journée au Laos. Je regarde les petites marchandes, les huttes de paysans au bord de la rivière, les fameuses station-service(2 bidons sous abri équipés de tuyaux), les buffles dans les marécages. A l'approche de Paksé, un Lao croit flairer la bonne affaire en arrêtant le bus 2 km avant l'arrivée à la gare routière, en fait à 8 km de Paksé, et ainsi embarquer tous les touristes falangs jusqu'au centre ville. Les négociations aboutissent enfin à 3000 k par personne. On embarque tous. 5 mn après, panne sèche après une côte « béton », et arrêt à la station service. Les laos poussent le tuktuk pour le refaire démarrer. Panne suivante : un essieu pète. Tous les falangs embarquent alors dans d'autres tuktuk. Et on se retrouve ainsi à notre Vanapha GH, sous une chaleur et une poussière écrasantes, dans cette ville far-west toujours aussi sordide.... Un tour de même pas une heure à pied dans le centre me fracasse. Je suis à la recherche de quelques objets : hamac et panier à riz. Sur la route principale de Paksé, en ciment !, les enfants sortis de classe s'amusent avant le repas du soir. Je découvre un enfant avec des rollers aux pieds ! (pieds nus bien sur). Nous dînons au Maikhams, un resto chinois moderne et sans style, ambiance mariage anonyme, mais très bonne cuisine.
2/02/2008 vols Paksé - Vientianne - Phnom Penh
Certains prennent le premier métro. Pour nous ce matin là, de très bonne heure, ce fut le premier samlo (principe du tuktuk mais en vélo). Il a gagné sa journée en accompagnant 2 falangs à l' »aéroport international » de Paksé !
Le Laos nous laisse une impression de douceur et de tranquillité. C'est de loin le meilleur accueil de tous nos voyages. Nous dépensons nos derniers kips dans l'aéroport de Wattay, à Vientiane. J'aperçois dans un snack une part de pizza surgelée, avec une olive noire dessus. L'olive me fait fantasmer, après 3 semaines de bouffe asiatique. Je la paye cher, même si elle n'a que le goût d'une pizza surgelée. Le voyage continue à partir de 15h sur le sol cambodgien, à l'aéroport de Pochantong de Phnom Penh. Le service de visas touristes se fait sur place, il est très rapide et efficace : 1 formulaire, un passeport, 2 photos d'identité et basta. Le service vaut 20 USD. Direction le service des taxis de l'aéroport de Pochantong, à l'organisation quasi-germanique ! Chaque client présente un ticket estampillé, et avance dans l'ordre, vers son taxi, dans une file d'attente ! Nous avons choisi de loger au Café Freedom & Lodge. Mais notre taxi en connaît un autre et nous bassine pour nous embarquer ailleurs. J'en ai marre de me faire baratiner et je me montre ferme, quitte à manifester ouvertement que je descendrai sinon. Souvent avec les taxis ou les tuktuks c'est la même chose, il faut se montrer presque menaçant et ça me fatigue ... Le café Freedom & Lodge est situé au fond d'une impasse que personne ne saurait dessiner !! Au milieu de cette misère, on trouve quelques GH. Superbe terrasse sur le petit lac de Phnom Penh, musique anglo saxonne cool, GH élégante et clean sur pilotis, moustiquaire, douche perso, le tout tenu par un écossais dynamique, marié avec une thaï. On est loin de l'hôtel crade que nous prédisait le chauffeur de taxi. Quand on sort de l'impasse, une mosquée fait le coin, et on se retrouve sur l'artère principale de Phnom Penh. Une circulation de dingues par rapport à Vientiane !
On se décide pour une petite marche, autour du marché central, à l'architecture très originale. C'est le classique supermarché du Tiers monde où on vend de tout : fringues, légumes, poissons, artisanat, bijoux, hifi. Génial à voir, même si c'est déjà 17h passées et que beaucoup de commerçants commencent à fermer boutique. On part repérer le Vat Phnom, la colline centrale de Phnom Penh. Droit d'entrée 1 USD pour les falangs. Il y a un bel éléphant, et des petits singes dans les arbres. Les alentours sont très boisés. De retour au café Freedom & Lodge, je mange un repas à l'occidentale, avec des crudités ! Un super luxe.
3/02/2002 Phnom Penh
Aujourd'hui dimanche 3 février ont lieu des élections communales et beaucoup de sites ont fermé leurs portes. Le mieux reste encore une bonne marche le long du quai qui borde le Tonlé sap, aux allures de « Prom » comme disent les niçois. On y trouve quelques resto style colonial et rotin, très occidental. Au milieu quelques restos d'alimentation khmère, bien sympas, accueillants. Ici les taxis sont aussi des moto-taxis ! Comme ils gagnent mal leur journée, à cause des élections, ils se relaient pour nous demander où nous emmener. Mais ils sont souriants et pas insistants du tout. On passe devant le Musée national, la Pagode d'argent, le Palais royal, tous fermés. On trouve de jolies maisons coloniales. La guerre et le génocide (1975-1979) ont du raser et effacer beaucoup de sites. On trouve le « vieux marché et on s'y enfonce. Grandiose de couleurs, d'odeurs et d'images. Pourtant certains occidentaux pourraient s'évanouir à la vue de ce marché : entre les étals, cailloux, terre, détritus, déchets de légumes, et de très fortes effluves.
On crapahute après le repas jusqu'au Tuol Sleng, le musée du génocide. Absolument terrifiant. La folie monstrueuse des KR.
Tuol Sleng : petit historique Le génocide cambodgien a eu lieu entre 1975 et 1979. A l'origine, c'est une chouette petite école bâtie par les français. Après leur prise de pouvoir, les Khmers rouges ont transformé les bâtiments en prison et centre de torture. Les soldats vietnamiens qui ont découvert cette prison et libéré les 7 survivants du S21 ont tout laissé en l'état.
Brève description : l'ancienne école aujourd’hui musée est entourée de barbelés. Dans le bâtiment A, salles de torture. On y trouve aussi des lits ou plutôt des sommiers en métal, des piquets où les prisonniers étaient enchainés. Aux murs, les photos des détenus tels que les soldats vietnamiens les ont trouvés. On trouve d'innombrables photos dans le bâtiment B. C'est « Douch », le dirigeant du camp, qui les a prises. Il était particulièrement méticuleux en ce qui concernait la confection des dossiers individuels de ses détenus. Beaucoup de clichés ont été pris juste avant leur exécution. Des sourires ou des rictus étranges et dérangeants sont à jamais figés sur ces visages d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants préalablement torturés pour la plupart. Dans le bâtiment C, on traverses des mini-cellules construites à la va-vite, à l'aide de bois et de briques. Le bâtiment D : c'est plutôt l'horreur. Des photos prises au cours de torture... les visages et les corps sont parfois des bouillies de sang. Parfois, on voit des femmes avec leurs enfants. Méthodes : arrachage de dents, d'ongles, de sein, piqûres de scorpion, noyade, pendaison, fouets. Des photos encore, de l'arrivée des KR dans Phnom Penh, de l'évacuation ou plutôt de la déportation forcée de milliers de cambodgiens vers les campagnes. Dans une salle on trouve une oeuvre « originale » : des crânes humains empilés forment une carte du Cambodge, le Tonlé Sap qui traverse le pays est un long sillon de sang. Les 2 tiers de la population cambodgienne ont fini dans les charniers illustrés par le film désormais célèbre de « la déchirure ». Au cours de mes lectures, le témoignage de la française Laurence Picq, intitulé « au delà du ciel » a particulièrement marqué ma mémoire.
Pour se « changer » les idées, on file en moto taxi dans un endroit calme et boisé : le Vat Phnom. On traverse une capitale qui renait peu à peu après cette tragédie qui date de 23 ans. Le Vat est situé en centre ville en haut d'une colline boisée, et abrite une ferveur bien agréable. Les buddhas, les décorations sont belles et les offrandes généreuses, souvent des fruits ou des colliers de fleurs. Une femme rafraichit le visage de son petit garçon à la bassine d'eau bénite et parfumée à la fleur de lotus. Un éléphant vit au Vat phnom. Il est complètement libre, à l'ombre du vat, et il bouffe. Des petits singes peuplent aussi le parc. Des cambodgiens (plus très jeunes) font une partie de badmington. Des motos circulent avec des familles entières dessus.
4/02/2002 trajet en bateau sur le Tonlé Sap, vers Siem Reap
Nous quittons Phnom Penh à 7 h du matin, sur un grand speed boat confortable, mais très bruyant. La remontée du lac-rivière Tonlé sap jusqu'à Siem reap dure 5 heures. Brian, le proprio du Café freedom & Lodge nous a vendu un package à 24 dollars US par pers. pour 1 petit dèje, transfert jusqu'au port et remontée jusqu'à Siem reap. Les rives du Tonlé sap sont recouvertes de mangroves et de rizières. En approchant de Siem reap, le fleuve devient si large qu'un dirait une mer intérieure. L'arrivée à Siem Reap est désorganisée au possible, sous une chaleur éprouvante, mais dans un décor lacustre magnifique : maisons flottantes rafistolées avec des bidons en métal, pirogues pour faire les courses, jardins, poulaillers flottants ... tout est organisé de façon à vivre en permanence sur le Tonlé Sap, sans avoir à toucher terre. Les enfants ont leur propre petite embarcation à rames, ce sont de vrais petits hommes. Beaucoup de pêcheurs.
Sur la rive les taxis se bousculent et hèlent les touristes. Comme Brian nous l'avait promis, un jeune chauffeur nous attend pour nous emmener jusqu'au Popular GH. La route est cabossée, et ressemble plus à une piste. Popular GH : 1 chambre double avec SDB et WC, sans petit dèje : 5 dollars US. Il y a un ventilateur !! La bouffe européenne est chère, mais la bouffe khmère est douce et délicieuse, et ne coûte rien !! Principe du pass pour les temples d'Angkor : 40 dollars Us pour 3 jours de circuit, payable sur place à l'entrée (penser à fournir une photo d'identité), il faut ensuite trouver le chauffeur car le site s'étale sur des dizaines de km. Je décide de me faire masser en début de soirée. Les tarifs sont dérisoires. Ce sont des aveugles qui pratiquent en général cette profession, ce qui leur permet d'avoir un petit revenu. L'ambiance est agréable, au son de la flûte, la pièce abrite 5 tables de massage. Des khmers viennent régulièrement se faire masser. Je suis la seule falang, mais ça ne me dérange pas. Une heure de massage coûte 3 USD. Et au moins je ne sors pas de là fracassée comme à Vientiane !
Vers 19h, on peut visiter le marché du soir de Siem Reap, qui contient essentiellement de l'artisanat, et qui reste ouvert tard. Le livre de Maurice Glaize sur les temples d'Angkor est épais et me décourage. On décide d'aller manger en évitant le centre ville truffé de restaurants pour groupes de touristes. Les estropiés et les mendiants les guettent à l'entrée de ces cantines. Près d'un pont nous découvrons un restaurant-karaoké khmer plutôt classe (le son est bas !!). Les serveurs se jettent sur nous ! On constate être les seuls falangs de tout le resto, très bon, mais cher. C'est aussi l'inconvénient sans doute de se trouver sur un fabuleux site.
Il fait nuit tôt. La terrasse du popular GH est désertée à 9h du soir ; j'en profite seule ! Il ne reste plus que quelques employés et le boss de la ghest house qui regardent la télé.
5/02/2002 Angkor vat. en 1296, un voyageur chinois, Tchéou Ta Kouan, arrive à Angkor Thom. Il écrit alors ces mots, restés célèbres : « je salue la perfection ». Son récit décrit notamment les fabuleuses cérémonies royales qui se déroulaient sur le site : des remparts d'étendards et de fanions, cortèges de centaines de jeunes filles aux cheveux fleuris, défilés d'éléphants, troupes de femmes en armes, épouses et concubines dans des palanquins d'or, précédant le roi lui-même, brandissant son épée du haut d'un éléphant. Sans oublier les chants, la musique, les cierges ...
Les 5 tours d'Angkor Vat se dressent vers le ciel, bâtiments carrés qui s'imbriquent les uns dans les autres, un labyrinthe à l'architecture parfaite. Quelques bustes ont la tête sciée : les pillards de toutes les époques sont passés par là, y compris les khmers rouges dans leur folie dévastatrice. Les bas-relief couvrent les galeries et les couloirs, longues de parfois 800 m sur une largeur de 2 m. S'étalent les vies, les femmes, les danseuses, les guerres et les victoires du roi Jayavarman.
Le temple central est dédié à Vishnou et Shiva, mais quelques buddhas y sont placés et font l'objet de dévotion (encens et offrandes). 3 heures après nous partons vers Angkor Thom : on parvient au Bayon majestueux aux milliers de visages. En dépit de la chaleur écrasante, on admire la terrasse des éléphants, la terrasse du roi lépreux et le Palais royal.
Le Bayon : il se situe au coeur d'Angkor Thom; son nom signifie la « montagne magique » mais il reste entouré de mystère. Le Bayon consiste en une forêt de têtes gigantesques regardant dans toutes les directions : 200 visages aux yeux inquiétants et aux sourires énigmatiques. « Ils sont de proportion tellement surhumaines, ces masques sculptés en l'air, qu'il faut un moment pour les comprendre; ils sourient sous leurs grands nez plats et gardent les paupières mi-closes, avec je ne sais quelle féminité caduque; on dirait de vieilles dames discrètement narquoises; images auxquelles, depuis des siècles, ni le lent travail de la forêt, ni les lourdes pluies dissolvantes n'ont pu enlever l'expression, l'ironique bonhomie, plus inquiétante encore que le rictus des monstres de la Chine » (Pierre LOTI, Un pèlerin d'Angkor).
Le Bayon est formé d'une pyramide à 3 niveaux, haut de 43 mètres, une sorte de dédale. On ne parvient pas à se faire une idée du plan, on se sent en permanence observés par ces visages.
L'origine du Bayon : Après avoir longtemps cru à un lieu de culte dédié à Shiva ou Brahma, puis bouddhiste, les archéologues ont conclu qu'il s'agissait sans doute d'un temple édifié par Jayavarman 7 à une époque prise entre brahmanisme et bouddhisme. Les bas reliefs du Bayon méritent autant d'attention que ceux d'Angkor Vat : les sanglants exploits de l'armée angkorienne contre les Chams, la vie quotidienne des Khmers au 12ème siècle, la bataille du grand lac (le Tonlé sap).
Le Beantey Kdei ou « citadelle des cellules » : vaste monastère du 12ème siècle (époque phare de la civilisation d'Angkor). Le site a été dégagé de la végétation et remonté en 1920. L'entrée est gardée par des garudas (dieu-oiseaux), avant de parvenir à une entrée surmontée par 4 visages de Bodhisattva (qui deviendra Buddha). Le Beantey Kdei se différencie des autres pièces du site par ses fabuleux bas-reliefs, piliers et linteaux extrèmement bien conservés, ce qui permet d'apprécier tout le raffinement de la culture khmère. Le clou du site : la salle de danse où les dizaines d'apsaras dansaient pour le roi.
La piscine du Sras Srang : c'est un édifice gigantesque de 800 m sur 400 où les éléphants de la cour royale se baignaient....
Tha Phrom : c'est une splendeur que les premiers explorateurs occidentaux ont laissée envahie par les fromagers tentaculaires. Situé non loin du Tha Keo et construit par Jayavarman 7 en 1186. Les pierres qui constituaient le prestigieux Tha Phrom ont été disloquées et éparpillées par cette nature exubérante. Les graines du fromager sont dispersées par les oiseaux. L'arbre et ses racines sont puissants et immenses. Cet espace supposé être un « monastère du roi » abritait probablement dans les 12000 personnes, qui vivaient dans des conditions luxueuses. La forêt contribue à la magie du lieu.
6/02/2002 Siem Reap Le temple du Beantey Srei : c'est un joyau ciselé dans le moindre détail, dans un état de conservation impressionnant. C'est dans ce temple que l'écrivain Malraux essaya de dérober un linteau. La merveille attire trop de touristes, on se croirait dans le métro. Dommage.
Aujourd'hui, moyennant un petit supplément, le « driver » nous propose un circuit un peu en dehors des sentiers battus : la rivière aux mille nagas de Kbal Spean : la route est longue, dont en bonne partie non asphaltée, donc bien poussiéreuse. On y parvient bronzés et couverts de poussière. Prévoir une petite marche d'approche un peu costaud, parfois obscure, chargée de lianes et de milliers de papillons colorés. Les cars de tours-opérators évitent souvent cette étape un peu physique. Nous sommes donc peu nombreux sur le site, ouvert depuis peu de temps aux visiteurs.
On arrive à une cascade paradisiaque. Les papillons, les pierres gravées et amoncelées, la voûte de végétation créent une magie incomparable. Quelques bas reliefs apparaissent presque intacts. C'est un peu un jeu de piste. N devine un réseau d'irrigation élaboré, faits de bassins et de canaux taillés dans la pierre, où sont sculptés des bas reliefs brahmaniques et shivaïtes. Quelques touristes en ont profité pour se baigner, en respectant la magie du lieu. Il faut ensuite prévoir 1h30 de route en moto de retour jusqu'à Siem Reap.
En route vers le « groupe de Roluos »: Départ de Siem reap en milieu d'après midi; comme ce matin sur la route vers le Beantey Srei et les nagas, les sites se trouvent dans la campagne, au milieu des fermes, où des enfants courent tous nus sur les sentiers qui mènent aux rizières, avec à la main des cerfs-volants faits de 4 bouts de bois assemblés et du sachet plastic récupéré. Ingénieux ! On croise aussi un motard qui transporte 2 cochons d'au moins 80 kgs, posés en travers de son engin. C'est ça le Cambodge.
Le « groupe de Roluos» est constitué de 3 temples pré-angkoriens du 9ème siècle. La capitale du royaume khmer était appelée alors Hariharalaya (essayer de prononcer c'est amusant), installée à cet endroit, avant de prendre de l'essor et de migrer vers le nord. C'est à Roluos qu'apparaissent les premiers talents d'architecture et de sculpture khmères.
Lolei : Les 4 tours sont dans un triste état en dépit des jolis frontons. La végétation qui envahit le sommet et les reliefs et linteaux forment un curieux et sympathique mélange.
Preah Ko : C'est le temple funéraire de Jayavarman 2 et de ses ancêtres, édifié en premier dans le groupe de Roluos, probablement à proximité d'un palais royal disparu depuis. Le temple funéraire constitué d'un ensemble de 6 tours est dédié à Shiva (dont le symbole ou animal est le taureau).
Le Bakong est le + joli et le mieux conservé. J'aperçois un enfant qui grimpe dans un arbre haut de 3 étages pour y chercher des fruits. Élaboré en grès, en forme de temple-montagne, rappelant le Mont Méru, constitué de plusieurs étages selon la hiérarchie des divinités. Certains éléments ont été ajoutés par les Khmers à l'édifice, et reconstitués par les conservateurs français.
Petite spécificité angkorienne actuelle, apprise sur le site même : Le site des temples d'Angkor est une concession (ou tribu de guerre) faite par l'état cambodgien à l'hôtel Sokha, propriété de quelques hauts dignitaires cambodgiens mais surtout vietnamiens, qui ont délivré le pays de KR. L'hôtel Sokha a ensuite institué un droit ou « péage » exhorbitant de 40 dollars pour 3 jours de visite, et fait curieusement des bénéfices miraculeux. De tout cet argent apporté par les touristes en payant ce « pass », la Conservation d'Angkor n'en voit pas un kopeck. L'hôtel Sokha et quelques nantis du gouvernement cambodgien empochent presque tout. C'est un soulagement pour moi quelque par d'apprendre ces faits avant le dernier jour de visite : si je l'avais su avant je pense que j'aurais songé à boycotter le site.
7/02/2002 Siem Reap
C'est en visitant les temples d'Angkor que je perçois pour la première fois le pouvoir restreint de la photo et des descriptions sur mon carnet de voyage. Photographier les temples chargés de décorations et de détails, restituer leur intégralité, les lumières contrastées, la végétation, est une tâche difficile. Les temples d'Angkor sont un univers merveilleux en 3 D que la photo ou les mots ne restituent qu'en partie.
Le temple de Preah Khan est génial, immense et quasi désert, proche du Bayon, où on entre par un long sentier. C'est une véritable ville encerclée de douves, qui rappelle le Ta Phrom où la végétation a repris possession des lieux. Preah Khan devait signifier « l'épée sacrée du roi », était une ville habitée par 10000 personnes et de nombreuses danseuses. En dépit des pillages, et des saccages de statues bouddhistes par des brahmanistes du 13ème siècle, quelques bas reliefs et statues sont encore présentes. Le site abrite la célèbre scène du « barattage de la mer de lait » : les dieux et démons tirent le serpent mythique qui entoure la montagne, afin d'en retirer l'ambroisie.
Le bassin de Neak Pean est construit par Jayavarman 7, au 12ème siècle, en pleine civilisation khmère florissante. Des formes animales sculptées sur les temples et les bassins. Le lieu était constitué d'un immense bassin bordé d'escalier, où se dressait en son centre un sanctuaire posé sur une île. Le grand bassin était lui même entouré de 4 bassins plus petits et carrés. On peut dire que ce qu'il en reste aujourd'hui a bénéficié d'une restauration réussie. Le grand bassin passe pour être une réplique du lac himalayen Anatapta, où les pélerins venaient s'asperger d'eau sacrée, tandis que les 4 déversoirs symbolisent les sources des 4 grands fleuves sacrés, le Yang tsé, le Huang hé, le Mékong et le Chaidamuhé.
Neak pean
Le Ta Som : grandiose, il ressemble étrangement au ta Phrom par son atmosphère romantique et engloutie par la nature. Les banians et les fromagers ont entièrement pris possession de l'oeuvre humaine. Les khmers nous apprennent que se faire prendre en photo devant un monument ou un temple est devenu une tradition asiatique, qu'on soit chinois, japonais, cambodgien ou coréen. Un groupe de japonais se fait prendre en photo devant l'énorme banian de la porte sud. Une touriste incommodée par la chaleur sort un petit ventilateur de poche à piles. C'est à Ta Som que la fin du voyage se profile pour nous et que la mélancolie envahit peu à peu mes pensées.
Le Mébon oriental , au sud du Ta Phrom. C'est un temple en briques, entouré de 4 éléphants, et orné de motifs de la mythologie hindoue, situé sur une île, au centre du Baray oriental, un réservoir d'eau immense remplacé aujourd'hui par des rizières. L'édification du temple daterait de 950. La capitale se situait ici au 10ème siècle, fondée par le roi Rajendravarman. On y retrouve nos copains Shiva (sur son taureau), Skanda, Indra et même mon petit préféré, Ganesh (the god of good luck).
A la même époque fut édifié le Pre Rup, sorte de pyramide de briques formée par plusieurs niveaux, en fait un temple funéraire dédié à Shiva. L'usure du temps rend la perception de l'architecture initiale très difficile. On voudrait distinguer les tours et les galeries mais on n'y parvient pas.
Nous revenons en moto assomés par la chaleur. Nous offrons à nos chauffeurs à boire et des lingettes pour qu'il se décrassent de toute cette poussière ! Il me propose de réserver 2 places pour un spectacle d'une heure de danse khmère, à l'hôtel Koulen 2. Je suis tentée de découvrir, surtout pour les costumes et les postures. Je ne suis pas déçue; je n'accroche pas pour la musique et le son, mais les costumes sont éblouissants : jupes de soie colorées, diadèmes dorés à pointe qui rappellent étrangement les apsaras des temples.
8/02/2002 Siem Reap
Les blancs ici sont appelés falang ou farang, ce qui signifie long nez (ou occidental !). Nous avons regretté par la suite de ne pas avoir visité les villages et jardins flottants du Tonlé sap à proximité de Siem reap. Nous cherchons la croix rouge cambodgienne pour laisser des médicaments et leurs notices : le local est situé dans une petite maison, tout est sérieusement organisé, archives, ordinateurs pour inventorier les dons; nous sommes remerciés chaleureusement par la jeune équipe. Un tour au marché de l'artisanat me permet de faire cette acquisition, pour 43 dollars (négociés mais bof bof) qui ne m'a plus quittée depuis :
Séquence nostalgie : on boit un verre au Grand hôtel d'Angkor, magnifique bâtiment au style colonial : service impeccable, déco intérieure rétro, tapis, parquets, meubles en rotin, affiches encadrées, la piscine est une splendeur !! Le casse croute consiste en un thé Fauchon Assam + une part de tarte aux myrtilles et un jus d'orange, le tout pour 11 dollars !! Dans le salon d'à côté, une famille nombreuse de japonais déguste un monticule de pâtisseries, il doit y en avoir pour une fortune sur la table !! Amusant à demander en Asie : la bière Alain Delon !!
Début du Carnet de Voyage Partie 1
Voici notre circuit : Arrivée Phnom -Penh (2 jours) Battambang (2 jours) Siem Reap, site d'Angkor, Roluos, Phnom Khulen (6 jours) Kompong-Cham (2 jours) Kratie, dauphins, ile Cham (2 jours) retour par Phnom Penh puis Kep, ile aux Lapins (3 jours) Phnom Penh, visite école (2 jours)
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre
Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !
Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre

Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Ca y est, je suis arrivee en Asie. Je ne suis pas la ou je voulais, mais j'y suis.
La journee du 23 octobre aurait pu mieux commencer. Mon homme partait en meme temps que moi de notre hotel a Paris pour aller bosser. A 6h15, on sort, il pose son sac et une merde de chien subreptissement se retrouve dessous (sous le sac). Mais non, c'est pas un mauvais presage.
Un bisou, les yeux en capote de fiacre, et on part chacun de notre cote.
Une heure apres, je suis a CDG, carrement en avance pour enregistrer. Il faut maintenant passer par des bornes. Impossible d'y arriver seule, ca ne passe pas. Un mec de l'aeroport m'aide, il m'enregistre pour Paris Amsterdam, mais ne peut pas le faire pour Amsterdam Bangkok. Ce gros malin me dit que l'avion doit etre deja complet. Je blanchi et il insiste : c'est comme ca, maintenant, tous les vols sont surbookes.
Je me vois mal passer des jours toute seule a Amsterdam.
Au comptoire, ils sont deja un peu plus malins, il y a certainement eu une selection dans les competences. La femme sympa me dit : mais non, puisque votre bagage va a Bangkok, vous y allez aussi. Il reste sans doute de la place. Vous enregistrerez de nouveau a Amsterdam, vous verrez, c'est tout simple. Soit !
Je reste donc sagement a la porte dont le numero corespond a celui de mon ticket d'embarquement. Il y a bien marque Amsterdam, mais pas grand monde. Une femme me dit que la porte est bien plus loin et que de toute facon, tous les vols pour Amsterdam sont retardes !
Je change donc de porte, me renseigne et un beau gars a l'allure de pilote me dit qu' on va embarquer, aucun retard. Trois minutes apres, ils annoncent plus d'1h30 de retard, et en fait, ils ne savent rien.
Je commence un peu a bouillir, je n'avais pas beaucoup de temps pour faire un nouvel enregistrement a Amsterdam.
Bref, apres etre restes longtemps coinces dans l'avion, on est parti et on est meme arrive a Amsterdam. Inquietude pour beaucoup de passagers. Tout le monde etait en transit, beaucoup savaient que leur avion etait deja loupe.
La famille a cote de moi allait aussi a Bangkok, on a fait equipe. Dans l'aeroport, un bordel sans nom, du monde partout, pas grand chose d'affiche, mais il fallait qu'on fasse tres vite.
Re-bref, on reussit a s'enregistrer tous les 6, avec juste un truc pour les bagages qu'on n'a pas trop compris.
On finit par trouver la porte, passer la securite... et monter dans cet enorme avion.
Ma place est devant les portes de secours. On nous donne plein d'instructions pour ces places en cas de pepin. Il faut etre valide, adulte, bien y voir (j'ai mis mes lunettes pour lire le truc) et aider le personnel navigant a evacuer les passagers. On se sent carrement investis d'une grande mission. Les deux russes a cote de moi ont compris encore moins de chose que moi, mais sur, on les aidera !!!.
11 heures apres, enfin, on atterrit. Passage de douane rapide, un douanier voyant la famille avec enfants est venu l'aider, et comme je suis devenue une "amie" de la famille, je suis passee avec. Ils allaient a l'hotel Sheraton, ils ont mis la meme chose sur ma fiche.
On atttend les bagages, on attend les bagages..... pas de bagages. Quelqu'un vient nous voir : vous venez d'Amsterdam ? vos bagages y sont restes. Bazard de bazard, je devai partir aussi sec en bus pour le Cambodge, c'est loupe. Avec la famille, on fait de nouveau equipe pour y comprendre quelque chose. On nous explique qu'ils sont censes arriver demain matin. Je demande a la femme si elle peut me les envoyer au Cambodge : non.
Voyant mon embarras, elle me dit de la suivre 10 m plus loin et me donne 50 dollars comme ca, sans recu ni rien en m'expliquant qu'elle ne peut le faire pour les autres passagers, on est trop a etre dans le meme cas..
Du coup, on prend un taxi et on file sur Bangkok au Sheraton. Si je veux une chambre, c'est 270 dollars...... j'irai ailleurs.
Finalement, on s'est balade toute la journee dans les canaux de Bangkok en bateau, flane dans les ruelles pour finir au bord de la piscine du Sheraton. Elle est pas belle la vie ????
Demain, si tout va bien, je prends la route khmere.
Voilà, il y a 2 jours il faisait 30° à Phnom penh et là il fait -8° dans mon petit village du centre de la France
à 1000m d'altitude... retour difficile !
Je viens de vivre 15 jours "magnifiques, merveilleux, grandioses" Kmao mon amie cambodgienne se moquerait encore de moi en me lisant... j'ai tant de fois répété ces mots...
15 jours c'est bien peu à côté de vos grands voyages de plusieurs mois mais ce fut malgré tout un voyage vraiment à part et on pari que j'en sais plus que beaucoup d'entre vous sur la culture, la cuisine, la vie quotidienne des cambodgiens?
Je suis partie avec Mme Ear et sa fille Kmao : elles sont arrivée en France avec toute leur famille en octobre 81 et je travaillais dans le centre d'hébergement provisoire où ils ont vécu 6 mois... Une amitié solide s'est tissée. Comme le fil de soie l'amitié cambodgienne est solide ! Kmao avait alors 4 ans ! Depuis quelques années Mme et Mr Ear retournaient régulièrement au cambodge dans leur petit villlage natal près de Battambang où une partie de leur famille vit encore, il y ont même fait construire une petite maison. Malheureusement Mr Ear est décédé il y a 1 an (à 66ans) Les boudhistes fêtent leur mort 100jours, 1an et 3 ans après leur départ. Une cérémonie importante était donc organisé le 6 décembre là-bas : c'était le but du voyage.
J'ai donc vécu 15 jours au milieu des oncles, tantes, cousins, cousines, amis, voisins de Kmao et de sa famille. Mr ear petit ouvrier d'usine en france faisait en plus de son travail la cueillette des cerises, abricots, pommes ... pour se payer les voyages au cambodge et aussi aider là-bas sa famille très pauvre. Kmao qui a hérité de la générosité de son père prend aujourd'hui le relais.
J'ai visité Phnom penh et notamment le musée S21 avec Kmao, son oncle, sa maman et sa tante : Ils n'y étaient jamais venu mais avaient si bien connu cette misérable période ! dans chaque pièce témoignages et récits de l'oncle, larmes des dames ... moments difficiles mais inoubliables Dans les rues de la ville leçon de générosité des amis qui donnent sans arret aux mendiants qui ne sollicitent pas uniquement les "peaux blanches" contrairement à ce qu'on pourrait croire.
Dans le petit village au milieu des rizières nous sommes reçu dans la joie par la famille, voisins, amis... vite une noix de coco, un jacquier... 2 jours de préparation pour la fête qui durera 2 jours aussi avec le dimanche 500 invités au repas ... et une peau blanche... à chaque instant les sourires, la prévenance, la joie pour eux de me voir m'intéresser à leurs coutumes ... Je dois participer à tout y compris aux offrandes aux bonzes chacun me guide, me montre : "tu ne dois pas les toucher", " tu dois te prosterner 3 fois"... Les enfants jouent avec un bout de ficelle et des boites de conserves ouvertes avec le couvercle... personne ne s'en inquiète... ici ils apprennent tôt l'indépendance et la débrouille... pendant 4 jours la musique "plein pot" arrose tout le village... je me balade, visite l'école, la pagode, les gens m'invitent à rentrer chez eux dans leur petite maison en bois sur piloti, m'offrent des fruits inconnu. Les mamies me parlent tres fort avec l'impression qu'ainsi je vais les comprendre... les enfants me touchent parce que j'ai des poils sur les bras... Kmao découvre le lieu exact de sa naissance (elle avait 2 ans quand ses parents ont fuit l'horreur), Tous réclame sa soeur Karen qui avait 7 ou 8 ans quand elle a quitté le cambodge et qui ne veut pas y retourner : JAMAIS m'a-t-elle dit un jour ! elle se souvient trop bien de la faim, de la peur, des cadavres partout... Après nous sommes parti vers angkor et phnom kolen avec toute une bande de cousins ( de 15 à 25 ans) qui n'y étaient jamais allé faute de moyen (Kmao et moi avons loué un van et 2 nuits en hôtel à Siam reap)
Puis retour sur phnom penh et retour en france...
Voilà un petit récit de ce voyage extraordinaire - Sachez qu'au Cambodge Il faut marchander partout y compris dans les belles et récentes boutiques de la capitale. On peut dormir à 7 dans une chambre à 2 lits sans problème.... Le traitement anti paludéen est utile uniquement si vous allez dans les forêts de la frontière thailandaise ou du nord est (CF un ami cambodgien qui travaille à l'institut pasteur de PP secteur paludisme) Il faut payer une taxe d'aeroport de 25 dollars avant de quitter le cambodge.
Si vous partez là-bas emportez des médicaments à offrir : un tube d'efferalgan est un cadeau précieux ! Ne croyez pas vous acheter des vetements sur place si comme moi vous mesurez 1m80 (pour une femme) et chaussez du 41 ! Prévoyiez des coupures de 500 ou 1000 riels (environ 0.10 ou 0.20 dollars) pour les mendiants ou les bonzes (se déchausser pour donner argent ou nourriture aux bonzes) Mangez dans la rue c'est bon et pas cher -
Bon voyage !
Je viens de vivre 15 jours "magnifiques, merveilleux, grandioses" Kmao mon amie cambodgienne se moquerait encore de moi en me lisant... j'ai tant de fois répété ces mots...
15 jours c'est bien peu à côté de vos grands voyages de plusieurs mois mais ce fut malgré tout un voyage vraiment à part et on pari que j'en sais plus que beaucoup d'entre vous sur la culture, la cuisine, la vie quotidienne des cambodgiens?
Je suis partie avec Mme Ear et sa fille Kmao : elles sont arrivée en France avec toute leur famille en octobre 81 et je travaillais dans le centre d'hébergement provisoire où ils ont vécu 6 mois... Une amitié solide s'est tissée. Comme le fil de soie l'amitié cambodgienne est solide ! Kmao avait alors 4 ans ! Depuis quelques années Mme et Mr Ear retournaient régulièrement au cambodge dans leur petit villlage natal près de Battambang où une partie de leur famille vit encore, il y ont même fait construire une petite maison. Malheureusement Mr Ear est décédé il y a 1 an (à 66ans) Les boudhistes fêtent leur mort 100jours, 1an et 3 ans après leur départ. Une cérémonie importante était donc organisé le 6 décembre là-bas : c'était le but du voyage.
J'ai donc vécu 15 jours au milieu des oncles, tantes, cousins, cousines, amis, voisins de Kmao et de sa famille. Mr ear petit ouvrier d'usine en france faisait en plus de son travail la cueillette des cerises, abricots, pommes ... pour se payer les voyages au cambodge et aussi aider là-bas sa famille très pauvre. Kmao qui a hérité de la générosité de son père prend aujourd'hui le relais.
J'ai visité Phnom penh et notamment le musée S21 avec Kmao, son oncle, sa maman et sa tante : Ils n'y étaient jamais venu mais avaient si bien connu cette misérable période ! dans chaque pièce témoignages et récits de l'oncle, larmes des dames ... moments difficiles mais inoubliables Dans les rues de la ville leçon de générosité des amis qui donnent sans arret aux mendiants qui ne sollicitent pas uniquement les "peaux blanches" contrairement à ce qu'on pourrait croire.
Dans le petit village au milieu des rizières nous sommes reçu dans la joie par la famille, voisins, amis... vite une noix de coco, un jacquier... 2 jours de préparation pour la fête qui durera 2 jours aussi avec le dimanche 500 invités au repas ... et une peau blanche... à chaque instant les sourires, la prévenance, la joie pour eux de me voir m'intéresser à leurs coutumes ... Je dois participer à tout y compris aux offrandes aux bonzes chacun me guide, me montre : "tu ne dois pas les toucher", " tu dois te prosterner 3 fois"... Les enfants jouent avec un bout de ficelle et des boites de conserves ouvertes avec le couvercle... personne ne s'en inquiète... ici ils apprennent tôt l'indépendance et la débrouille... pendant 4 jours la musique "plein pot" arrose tout le village... je me balade, visite l'école, la pagode, les gens m'invitent à rentrer chez eux dans leur petite maison en bois sur piloti, m'offrent des fruits inconnu. Les mamies me parlent tres fort avec l'impression qu'ainsi je vais les comprendre... les enfants me touchent parce que j'ai des poils sur les bras... Kmao découvre le lieu exact de sa naissance (elle avait 2 ans quand ses parents ont fuit l'horreur), Tous réclame sa soeur Karen qui avait 7 ou 8 ans quand elle a quitté le cambodge et qui ne veut pas y retourner : JAMAIS m'a-t-elle dit un jour ! elle se souvient trop bien de la faim, de la peur, des cadavres partout... Après nous sommes parti vers angkor et phnom kolen avec toute une bande de cousins ( de 15 à 25 ans) qui n'y étaient jamais allé faute de moyen (Kmao et moi avons loué un van et 2 nuits en hôtel à Siam reap)
Puis retour sur phnom penh et retour en france...
Voilà un petit récit de ce voyage extraordinaire - Sachez qu'au Cambodge Il faut marchander partout y compris dans les belles et récentes boutiques de la capitale. On peut dormir à 7 dans une chambre à 2 lits sans problème.... Le traitement anti paludéen est utile uniquement si vous allez dans les forêts de la frontière thailandaise ou du nord est (CF un ami cambodgien qui travaille à l'institut pasteur de PP secteur paludisme) Il faut payer une taxe d'aeroport de 25 dollars avant de quitter le cambodge.
Si vous partez là-bas emportez des médicaments à offrir : un tube d'efferalgan est un cadeau précieux ! Ne croyez pas vous acheter des vetements sur place si comme moi vous mesurez 1m80 (pour une femme) et chaussez du 41 ! Prévoyiez des coupures de 500 ou 1000 riels (environ 0.10 ou 0.20 dollars) pour les mendiants ou les bonzes (se déchausser pour donner argent ou nourriture aux bonzes) Mangez dans la rue c'est bon et pas cher -
Bon voyage !
Ladies and gentlemen,
approchez, approchez;
soyez les témoins éberlués des aventures rocambolesques de l'homme voyageur.
Rasé toutes les trois semaines, lavé presque tous les jours et jamais fatigué,
On pourrait vous dire que vous n'en reviendrez pas,
mais on préfère dire que vous y reviendrez un peu, beaucoup, à la folie.
La séparation d'avec Madro est encore toute fraiche. Une dernière douche chaude sans savoir quand sera la prochaine, un rapide coup d'oeil à la piscine dont je n'ai pas assez profité plus par paresse qu'autre chose, le temps de couper la climatisation qui maintenait la température de la chambre à des hauteurs tempérées et me voilà errant dans Siem Reap à la recherche d'une guesthouse (GH) à plus dans mes cordes. D'après le LP, la Naga GH est une de celles là. Dans ma nouvelle chambrée, un lit avec matelas, un ventilateur, une table basse et une prise de courant; en un mot, l'essentiel. Mais pour l'instant, l'essentiel est encore de s'y rendre. Le moyen le plus simple est le Tuk-tuk et en cinq minutes, me voilà rendu... ailleurs. Enfin c'est ce que je pensais car le tuk-tuk me dépose dans une rue qui est coupée sur toute la largeur par d'importants travaux. La chaussée, il n'y en a plus. A la place, un trou béant occupant une trentaine d'ouvriers qui travaillent en une journée plus que moi en un mois de Bank de Tokyo. Je vous entends déjà dire que je ne suis qu'un feignant mais ce n'est pas ça. C'est juste qu'entre travailler dans un bureau parisien huit heures par jour et excaver le sous-sol cambodgien, ce n'est pas vraiment la même affaire surtout quand il fait 35° à l'ombre et qu'il n'y a pas d'ombre, et que la poussière tuerait sur place un asthmatique moyen. La route est donc hors service pour les voitures, c'est logique. Et comme il n'y a même plus de trottoir, ça devrait aussi être interdit aux piétons, vélos et autres mobilettes. Seulement on est pas en France et la sécurité ici est plus un concept qu'une notion établie. Donc pour rejoindre mon hotel, il faut donc que je passe de planches en planches, chacune posée au dessus du vide dans un équilibre forcément précaire, avec mes kilos sur le dos. C'est pas un accès facile mais je suis sûr qu'avec un peu de pratique, je vais bientôt pouvoir sauter le trou en saut à la perche!
J'arrive donc à la GH en un seul morceau malgré l'adversité et commence à vider mon sac en vue d'écrire, forcément. Et bien ce faisant, tout d'un coup, je me rends compte d'un truc : qu'est ce que j'ai foutu de ma montre? Ca fait un an que je l'ai, que je la protège de l'eau car pas étanche car thaïlandaise bon marché, que je l'adore ma Philippe Patok. Et là, elle (me) manque. Un petit exercice de mémoire plus tard, ça y est, je sais!!! Je l'ai laissé à l'hotel fréquenté avec Madro et comme j'ai pris une douche avant de partir, j'ai dû m'en séparer temporairement et l'oublier comme un gland... Me revoilà donc au Day Inn hotel. J'explique donc mon cas simplement et avec assez de cohérence pour que le réceptionniste mette l'hotel à sac pour retrouver ma (pas si) précieuse. Seulement rien y fait, la chambre a été faite et plus rien de moi ne demeure hormi peut-être quelques poils ou cheveux tombés là avec honneur. Et comme je suis sûr de moi, j'insiste; mais non, ma montre est perdue, bordel!!!
Durant les 5 premiers mois de voyage, c'est d'ailleurs étonnant, mais j'ai toujours réussi à conserver l'ensemble de mes biens grace à un peu d'organisation, et là, c'est plus ou moins le début de la fin, si on excepte un gant de toilette perdu un peu plus tôt. Et c'est pas fini (à suivre...).
La journée prend donc une tournure négative et comme c'est par ma faute, ou celle de la personne qui nettoye les chambres, je n'ai de cesse de me traîter de tous les noms sur le chemin retour qui passera par le marché centrale pour m'acheter une toute nouvelle Rolox ainsi qu'un réveil car mon MP3 n'est finalement pas fiable...
De retour donc à l'hotel, je ne fais rien d'autre que de noircir des pages d'écriture pour mon plaisir (surtout quand c'est fini) et j'espère aussi pour le tient. Dans tout ça, je ne sais toujours pas ce que je fais le lendemain... J'ai le choix entre deux nouveaux temples perdus dans le nord du pays. En fait, le choix sera vite fait car j'avais rencontré plus tôt un type qui m'avait dit que la meilleure chose qu'il avait faite était la visite du Banteay Chhmar avec deux "h", un temple à moins de 100km à vol d'oiseau de Siem Reap, un jeu d'enfant. Je prends donc un billet de bus pour Sissophon, la ville la plus proche, puis continue à écrire, puis vais finalement dormir pour anticiper le réveil de 6h.
Le lendemain matin, je suis donc sur le pont à l'heure grace à mon nouveau super réveil en plastique à 5h50, heure à laquelle tous ceux qui travaillent à la GH se réveille aussi pour une longue journée oisive dans l'attente du client. Et quoi de mieux pour les journées oisives qu'une bouteille de whisky? Pffft, j'sais pas trop... Car j'ai en fait dans mon sac, depuis la veille, la bouteille à peine entamée qui avait été apportée par Madro depuis la France. Et comme ils n'ont pas voulu la récupérer malgré mon insistance, je la laisse lachement à un type d'une vingtaine d'années qui sort tout juste des bras de morphée. Tu parles d'une surprise pour le bonhomme!!! Un litre de whisky qui arrive tout cuit en bouche à l'heure où même le petit déjeuner hésite encore à sortir du lit. Je le préviens que c'est assez fort et que ce serait mieux pour lui d'attendre quelques heures avant de boire le précieux breuvage, je ne suis pas complètement irresponsable!! Un bus vient me prendre directement à l'hotel, il est presque plein, de touristes... C'est le bus qui relie Siem Reap à Bangkok, pas pour les cambodgiens... L'avantage, au moins, c'est qu'il ne s'arrêtera pas tous les kilomètres pour faire monter ou descendre quelqu'un.
Comme il est 6h, j'y finis ma nuit et ne suis réveillé qu'à 11h, heure à laquelle on s'arrête déjeuner dans un restoroute au milieu de nulle part. Comme je suis naturellement dans le cirage le plus complet, à cause de mon réveil éclair, je sors du bus la fleur au fusil avec simplement quelques baths et une cigarette, c'est tout. Tout le reste est dans le bus. Et alors que je fais connaissance avec un groupe de jeunes venus de Singapoure et qu'il me faut aller chercher quelque chose dans mes affaires, je monte dans un premier bus, pas le mien. Un deuxième, pas le mien non plus. Qu'est ce que c'est que ce bronx, il n'y a que deux cars sur le parking et aucuns d'eux ne correspond à mon bus qui a littéralement disparu!!!! Avec l'ensemble de mes affaires!!!! Ca dure 5 minute, 10 minutes, un quart d'heure, 20 minutes. Plus ca va et plus mon palpitant joue du Jembe. Est-ce qu'il va encore falloir que je m'insulte en silence, mais cette fois pour quelque chose de plus important qu'une fausse montre sans valeur? Je sens la panique monter. Mon passeport, mon cash, ma carte bleue, ma brosse à dents, tout le bordel manque à l'appel!!! Heureusement, après 25 minutes, le bus revient, apparemment d'une session de station service mais vu le temps que ça lui a pris, il a dû en faire des kilomètres pour trouver du fuel!! En retrouvant mon siège, bénit sois je, rien ne manque. Ouf!!!! Seulement, la prochaine fois c'est promis, quelques soient les circonstances, je garde mon trésor de guerre à portée de main. Une bonne frayeur donc, mais c'est apparemment comme ça qu'on progresse!!
Le reste du trajet sera vite avalé. A l'arrivée à Sissophon, je vous le donne en mille, je suis ENCORE le seul à descendre. Je dis au revoir à mes nouveaux potes singapouriens et leur promets de leur donner des nouvelles lorsque je serais à l'approche de chez eux, dans quelques mois. Excellent!!!
Je trouve facilement un hotel, c'est le métier qui rentre, et passe encore une fois l'après-midi devant l'ordi.
Le soir venu, il est temps d'aller chercher de quoi se restaurer. Je tourne dans Sissophon comme une âme en peine, impossible de trouver autre chose que des gargottes à la propreté douteuse. Est-ce que j'ai envie d'appeler les services sanitaires ou est-ce que j'ai juste envie de manger? Finalement, alors que je marche dans les rues en saluant tout le monde de 7 à 77 ans, une petite bonne femme m'interpelle : "food? food?". En gros, ça veut dire qu'elle et sa famille tiennent un resto mais faute de clients, ils ont fermé bien tôt. Je suis donc le seul à table alors que la famille vaque à ses activités, notamment le garage de leur 4X4 dans la pièce principale du restaurant où je suis exactement en train d'entamer mon curry au poulet. Ca a beau masquer les odeurs d'essence, pour la vue c'est bizarre, quand je lève les yeux, la bagnole parait occuper tout l'endroit. Je mange donc, salue mes hotes à l'issue pour ce repas frugal et atypique, et caresse quelques minutes le chat de la maison en m'étonnant que celui-ci ait une queue à l'inverse de 99% des chats qu'on croise en Asie du sud-est!. C'est le retour à l'hotel, le retour du sommeil.
Je suis debout bien plus tôt que prévu. Ma chambre dont la fenêtre est ouverte donne directement sur le centre de Sissophon et je ne sais pas si c'est parce que c'est aussi le weekend pour les cambodgiens mais dès 6h, la ville déverse un flot ininterrompu de musique traditionnelle à base de AYYYYY AYYYYYYYYYY. Pour moi c'est plutôt aïe aïe aïe, et me voilà debout. Le temps de me rendre compte que même la fenêtre fermée je ne pourrait gagner la guerre du bruit, c'est l'heure de l'expédition pour Banteay Chhmar et comme la route est dite "particulièrement mauvaise" dans le LP, je fais le choix de dégotter un chauffeur de moto qui pourra m'y conduire sur les 50 kilomètres de piste nous en séparant encore. Dégotter un chauffeur de moto? Facile au Cambodge!! A peine sorti de l'hotel, ils sont 3 à se disputer mes faveurs! Je choisis donc le moins cher même s'il ne parle pas un traitre mot d'anglais et c'est parti mon kiki!! Après 1km de route goudronnée pour sortir de la ville, on arrive au royaume de la poussière. Baignée par le soleil depuis de nombreux mois sans pluie, la piste est mi-sablonneuse mi-pierreuse, couleur ocre voire terre battue. Elle est également fréquentée par tout ce que le Cambodge compte de véhicules divers et variés. Du motoculteur surchargé au camion fou, tout y passe. Je dis camion fou car sur la piste, le camion est celui qui va le plus vite. Pour rester sur le même thème camionneur, chaque fois qu'on se fait doubler ou qu'on croise un camion, ou même une voiture, celui-ci lève un nuage de poussière qui pourrait recouvrir le continent européen!! Et comme mon chauffeur n'a de casque ni pour lui ni pour moi, à chaque fois, c'est une nouvelle épaisseur de poussière qui s'ajoute à la précédente des pieds à la tête. Si on compte en plus que pour parcourir les 50km, il nous a fallu deux heures quinze, de 8h à 10H15, vous comprenez sans mal que des camions, on a eu le temps d'en croiser quelques uns!!!
En arrivant au temple, comme on est plus sur la moto et qu'il fait pas loin de 40°, la transpiration vient se mèler à la poussière pour former une sorte de pâte. On a déjà vu plus plaisant!! Sur place, pas d'autre conducteur de moto, je suis le seul touriste. Je suis même obligé de réveiller la personne qui s'occupe de vendre les billets d'entrée quand elle n'est pas dans son hamac à l'ombre de sa guérite. Ca y est enfin donc, j'ai mon ticket, il est l'heure de se rendre compte. Le Banteay Chhmar a ceci de particulier que c'est un vrai champ de ruines. Par endroit, il y a encore des semblants de murs qui ressemblent à quelque chose mais entre eux, c'est un vrai bazar. Les pierres de plusieurs tonnes qui s'étalent au sol se comptent par milliers. Je suis parfois obligé d'avancer à quatre pattes pour ne pas me casser la figure mais au final, ça rend l'expérience unique. Alors que je visite, je suis persuadé d'être le découvreur du sîte, c'est en tout cas ce à quoi ça ressemble. C'est vraiment de l'Indiana Jones dans le texte!! Et puis seul au monde! Et puis sans eau!! Comme la tête de linotte que je suis, j'ai oublié de prendre de l'eau ce qui abrègera la visite après plus d'une heure, la chaleur rendant le tout bien trop épuisant et bien trop transpirant. C'est un coup à fondre littéralement au soleil, non merci!! On repassera. Plus tard, bien plus tard. C'est donc le moment de retrouver mon chauffeur pour une nouvelle séance de ventilateur géant matinée de poussière couleur Roland Garros.
2h15 à l'aller, 2h30 au retour. Pour 50 kilomètres!! Au moins si on a un accident, on aura le temps de le voir venir à cette vitesse!!
Au final, quand on retrouve la route bitumée, c'est une vraie libération, je remplis les oreilles du conducteur de cris de joie, on dirait qu'on a gagné la coupe du monde ou que le PSG est champion de France... (sic) Laissé devant l'hotel, je marche comme un cowboy. Près de 5 heures de bécane auront eu raison de ma démarche chaloupée! De plus, arrivé dans la chambre, c'est l'hallucination quand je me regarde dans le miroir après avoir enlevé ma sacrosainte casquette. Je suis un tas de poussière ambulant. Même de près sur les zones laissées découvertes pendant la "route", je n'aperçois même plus un pore de ma peau!! De la poussière, de la poussière et encore de la poussière!! Et quand j'enlève mes vêtements pour me jeter sous la douche froide, ce sont de vrais cumulo-nimbus qui s'échappent!!! Est-ce qu'il faut que je brule toutes mes fringues du jour? Peut-être mais peut-être pas, faut pas exagérer... En tout cas, même en omettant la douche, je suis rincé et ne ferais pas long feu. Après un retour dinatoire chez la famille de la veille, je suis couché en même temps que les khmers et c'est pour moi une vraie perf'!!
On est dimanche et comme la veille, la même musique sonne le tocsin dès 6h du matin alors que le soleil est une boule de feu naissante qu'on peut encore regarder à l'oeil nu. Le spectacle est chouette mais comme la veille je m'en serais bien passé!! De là, c'est le retour à Siem Reap par le même chemin que l'avant veille sauf que cette fois, le car qui était prévu à 9h arrive à 10h45, certains diraient que ça ressemble à la SNCF, je leur dirais juste que ça ressemble plus au Cambodge, pays où le cours du temps est tout relatif. Je suis en ville à 13h30, heure à laquelle je retourne à la Naga GH pour la deuxième fois en trois jours. Personne là n'a oublié ma tronche et surtout pas celui à qui j'ai refilé la bouteille de Whisky!!!! C'est donc à son invitation qu'on finira la bouteille qu'il avait déjà fort bien entamé avec ses potes et les autres employés de la GH. Parfaite façon de finir mon séjour ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est content! Le lendemain, il sera temps de se rapprocher du Laos en même temps que de célébrer mes 33 printemps, c'est la fête. Comme tous les jours...
La séparation d'avec Madro est encore toute fraiche. Une dernière douche chaude sans savoir quand sera la prochaine, un rapide coup d'oeil à la piscine dont je n'ai pas assez profité plus par paresse qu'autre chose, le temps de couper la climatisation qui maintenait la température de la chambre à des hauteurs tempérées et me voilà errant dans Siem Reap à la recherche d'une guesthouse (GH) à plus dans mes cordes. D'après le LP, la Naga GH est une de celles là. Dans ma nouvelle chambrée, un lit avec matelas, un ventilateur, une table basse et une prise de courant; en un mot, l'essentiel. Mais pour l'instant, l'essentiel est encore de s'y rendre. Le moyen le plus simple est le Tuk-tuk et en cinq minutes, me voilà rendu... ailleurs. Enfin c'est ce que je pensais car le tuk-tuk me dépose dans une rue qui est coupée sur toute la largeur par d'importants travaux. La chaussée, il n'y en a plus. A la place, un trou béant occupant une trentaine d'ouvriers qui travaillent en une journée plus que moi en un mois de Bank de Tokyo. Je vous entends déjà dire que je ne suis qu'un feignant mais ce n'est pas ça. C'est juste qu'entre travailler dans un bureau parisien huit heures par jour et excaver le sous-sol cambodgien, ce n'est pas vraiment la même affaire surtout quand il fait 35° à l'ombre et qu'il n'y a pas d'ombre, et que la poussière tuerait sur place un asthmatique moyen. La route est donc hors service pour les voitures, c'est logique. Et comme il n'y a même plus de trottoir, ça devrait aussi être interdit aux piétons, vélos et autres mobilettes. Seulement on est pas en France et la sécurité ici est plus un concept qu'une notion établie. Donc pour rejoindre mon hotel, il faut donc que je passe de planches en planches, chacune posée au dessus du vide dans un équilibre forcément précaire, avec mes kilos sur le dos. C'est pas un accès facile mais je suis sûr qu'avec un peu de pratique, je vais bientôt pouvoir sauter le trou en saut à la perche!
J'arrive donc à la GH en un seul morceau malgré l'adversité et commence à vider mon sac en vue d'écrire, forcément. Et bien ce faisant, tout d'un coup, je me rends compte d'un truc : qu'est ce que j'ai foutu de ma montre? Ca fait un an que je l'ai, que je la protège de l'eau car pas étanche car thaïlandaise bon marché, que je l'adore ma Philippe Patok. Et là, elle (me) manque. Un petit exercice de mémoire plus tard, ça y est, je sais!!! Je l'ai laissé à l'hotel fréquenté avec Madro et comme j'ai pris une douche avant de partir, j'ai dû m'en séparer temporairement et l'oublier comme un gland... Me revoilà donc au Day Inn hotel. J'explique donc mon cas simplement et avec assez de cohérence pour que le réceptionniste mette l'hotel à sac pour retrouver ma (pas si) précieuse. Seulement rien y fait, la chambre a été faite et plus rien de moi ne demeure hormi peut-être quelques poils ou cheveux tombés là avec honneur. Et comme je suis sûr de moi, j'insiste; mais non, ma montre est perdue, bordel!!!
Durant les 5 premiers mois de voyage, c'est d'ailleurs étonnant, mais j'ai toujours réussi à conserver l'ensemble de mes biens grace à un peu d'organisation, et là, c'est plus ou moins le début de la fin, si on excepte un gant de toilette perdu un peu plus tôt. Et c'est pas fini (à suivre...).
La journée prend donc une tournure négative et comme c'est par ma faute, ou celle de la personne qui nettoye les chambres, je n'ai de cesse de me traîter de tous les noms sur le chemin retour qui passera par le marché centrale pour m'acheter une toute nouvelle Rolox ainsi qu'un réveil car mon MP3 n'est finalement pas fiable...
De retour donc à l'hotel, je ne fais rien d'autre que de noircir des pages d'écriture pour mon plaisir (surtout quand c'est fini) et j'espère aussi pour le tient. Dans tout ça, je ne sais toujours pas ce que je fais le lendemain... J'ai le choix entre deux nouveaux temples perdus dans le nord du pays. En fait, le choix sera vite fait car j'avais rencontré plus tôt un type qui m'avait dit que la meilleure chose qu'il avait faite était la visite du Banteay Chhmar avec deux "h", un temple à moins de 100km à vol d'oiseau de Siem Reap, un jeu d'enfant. Je prends donc un billet de bus pour Sissophon, la ville la plus proche, puis continue à écrire, puis vais finalement dormir pour anticiper le réveil de 6h.
Le lendemain matin, je suis donc sur le pont à l'heure grace à mon nouveau super réveil en plastique à 5h50, heure à laquelle tous ceux qui travaillent à la GH se réveille aussi pour une longue journée oisive dans l'attente du client. Et quoi de mieux pour les journées oisives qu'une bouteille de whisky? Pffft, j'sais pas trop... Car j'ai en fait dans mon sac, depuis la veille, la bouteille à peine entamée qui avait été apportée par Madro depuis la France. Et comme ils n'ont pas voulu la récupérer malgré mon insistance, je la laisse lachement à un type d'une vingtaine d'années qui sort tout juste des bras de morphée. Tu parles d'une surprise pour le bonhomme!!! Un litre de whisky qui arrive tout cuit en bouche à l'heure où même le petit déjeuner hésite encore à sortir du lit. Je le préviens que c'est assez fort et que ce serait mieux pour lui d'attendre quelques heures avant de boire le précieux breuvage, je ne suis pas complètement irresponsable!! Un bus vient me prendre directement à l'hotel, il est presque plein, de touristes... C'est le bus qui relie Siem Reap à Bangkok, pas pour les cambodgiens... L'avantage, au moins, c'est qu'il ne s'arrêtera pas tous les kilomètres pour faire monter ou descendre quelqu'un.
Comme il est 6h, j'y finis ma nuit et ne suis réveillé qu'à 11h, heure à laquelle on s'arrête déjeuner dans un restoroute au milieu de nulle part. Comme je suis naturellement dans le cirage le plus complet, à cause de mon réveil éclair, je sors du bus la fleur au fusil avec simplement quelques baths et une cigarette, c'est tout. Tout le reste est dans le bus. Et alors que je fais connaissance avec un groupe de jeunes venus de Singapoure et qu'il me faut aller chercher quelque chose dans mes affaires, je monte dans un premier bus, pas le mien. Un deuxième, pas le mien non plus. Qu'est ce que c'est que ce bronx, il n'y a que deux cars sur le parking et aucuns d'eux ne correspond à mon bus qui a littéralement disparu!!!! Avec l'ensemble de mes affaires!!!! Ca dure 5 minute, 10 minutes, un quart d'heure, 20 minutes. Plus ca va et plus mon palpitant joue du Jembe. Est-ce qu'il va encore falloir que je m'insulte en silence, mais cette fois pour quelque chose de plus important qu'une fausse montre sans valeur? Je sens la panique monter. Mon passeport, mon cash, ma carte bleue, ma brosse à dents, tout le bordel manque à l'appel!!! Heureusement, après 25 minutes, le bus revient, apparemment d'une session de station service mais vu le temps que ça lui a pris, il a dû en faire des kilomètres pour trouver du fuel!! En retrouvant mon siège, bénit sois je, rien ne manque. Ouf!!!! Seulement, la prochaine fois c'est promis, quelques soient les circonstances, je garde mon trésor de guerre à portée de main. Une bonne frayeur donc, mais c'est apparemment comme ça qu'on progresse!!
Le reste du trajet sera vite avalé. A l'arrivée à Sissophon, je vous le donne en mille, je suis ENCORE le seul à descendre. Je dis au revoir à mes nouveaux potes singapouriens et leur promets de leur donner des nouvelles lorsque je serais à l'approche de chez eux, dans quelques mois. Excellent!!!
Je trouve facilement un hotel, c'est le métier qui rentre, et passe encore une fois l'après-midi devant l'ordi.
Le soir venu, il est temps d'aller chercher de quoi se restaurer. Je tourne dans Sissophon comme une âme en peine, impossible de trouver autre chose que des gargottes à la propreté douteuse. Est-ce que j'ai envie d'appeler les services sanitaires ou est-ce que j'ai juste envie de manger? Finalement, alors que je marche dans les rues en saluant tout le monde de 7 à 77 ans, une petite bonne femme m'interpelle : "food? food?". En gros, ça veut dire qu'elle et sa famille tiennent un resto mais faute de clients, ils ont fermé bien tôt. Je suis donc le seul à table alors que la famille vaque à ses activités, notamment le garage de leur 4X4 dans la pièce principale du restaurant où je suis exactement en train d'entamer mon curry au poulet. Ca a beau masquer les odeurs d'essence, pour la vue c'est bizarre, quand je lève les yeux, la bagnole parait occuper tout l'endroit. Je mange donc, salue mes hotes à l'issue pour ce repas frugal et atypique, et caresse quelques minutes le chat de la maison en m'étonnant que celui-ci ait une queue à l'inverse de 99% des chats qu'on croise en Asie du sud-est!. C'est le retour à l'hotel, le retour du sommeil.
Je suis debout bien plus tôt que prévu. Ma chambre dont la fenêtre est ouverte donne directement sur le centre de Sissophon et je ne sais pas si c'est parce que c'est aussi le weekend pour les cambodgiens mais dès 6h, la ville déverse un flot ininterrompu de musique traditionnelle à base de AYYYYY AYYYYYYYYYY. Pour moi c'est plutôt aïe aïe aïe, et me voilà debout. Le temps de me rendre compte que même la fenêtre fermée je ne pourrait gagner la guerre du bruit, c'est l'heure de l'expédition pour Banteay Chhmar et comme la route est dite "particulièrement mauvaise" dans le LP, je fais le choix de dégotter un chauffeur de moto qui pourra m'y conduire sur les 50 kilomètres de piste nous en séparant encore. Dégotter un chauffeur de moto? Facile au Cambodge!! A peine sorti de l'hotel, ils sont 3 à se disputer mes faveurs! Je choisis donc le moins cher même s'il ne parle pas un traitre mot d'anglais et c'est parti mon kiki!! Après 1km de route goudronnée pour sortir de la ville, on arrive au royaume de la poussière. Baignée par le soleil depuis de nombreux mois sans pluie, la piste est mi-sablonneuse mi-pierreuse, couleur ocre voire terre battue. Elle est également fréquentée par tout ce que le Cambodge compte de véhicules divers et variés. Du motoculteur surchargé au camion fou, tout y passe. Je dis camion fou car sur la piste, le camion est celui qui va le plus vite. Pour rester sur le même thème camionneur, chaque fois qu'on se fait doubler ou qu'on croise un camion, ou même une voiture, celui-ci lève un nuage de poussière qui pourrait recouvrir le continent européen!! Et comme mon chauffeur n'a de casque ni pour lui ni pour moi, à chaque fois, c'est une nouvelle épaisseur de poussière qui s'ajoute à la précédente des pieds à la tête. Si on compte en plus que pour parcourir les 50km, il nous a fallu deux heures quinze, de 8h à 10H15, vous comprenez sans mal que des camions, on a eu le temps d'en croiser quelques uns!!!
En arrivant au temple, comme on est plus sur la moto et qu'il fait pas loin de 40°, la transpiration vient se mèler à la poussière pour former une sorte de pâte. On a déjà vu plus plaisant!! Sur place, pas d'autre conducteur de moto, je suis le seul touriste. Je suis même obligé de réveiller la personne qui s'occupe de vendre les billets d'entrée quand elle n'est pas dans son hamac à l'ombre de sa guérite. Ca y est enfin donc, j'ai mon ticket, il est l'heure de se rendre compte. Le Banteay Chhmar a ceci de particulier que c'est un vrai champ de ruines. Par endroit, il y a encore des semblants de murs qui ressemblent à quelque chose mais entre eux, c'est un vrai bazar. Les pierres de plusieurs tonnes qui s'étalent au sol se comptent par milliers. Je suis parfois obligé d'avancer à quatre pattes pour ne pas me casser la figure mais au final, ça rend l'expérience unique. Alors que je visite, je suis persuadé d'être le découvreur du sîte, c'est en tout cas ce à quoi ça ressemble. C'est vraiment de l'Indiana Jones dans le texte!! Et puis seul au monde! Et puis sans eau!! Comme la tête de linotte que je suis, j'ai oublié de prendre de l'eau ce qui abrègera la visite après plus d'une heure, la chaleur rendant le tout bien trop épuisant et bien trop transpirant. C'est un coup à fondre littéralement au soleil, non merci!! On repassera. Plus tard, bien plus tard. C'est donc le moment de retrouver mon chauffeur pour une nouvelle séance de ventilateur géant matinée de poussière couleur Roland Garros.
2h15 à l'aller, 2h30 au retour. Pour 50 kilomètres!! Au moins si on a un accident, on aura le temps de le voir venir à cette vitesse!!
Au final, quand on retrouve la route bitumée, c'est une vraie libération, je remplis les oreilles du conducteur de cris de joie, on dirait qu'on a gagné la coupe du monde ou que le PSG est champion de France... (sic) Laissé devant l'hotel, je marche comme un cowboy. Près de 5 heures de bécane auront eu raison de ma démarche chaloupée! De plus, arrivé dans la chambre, c'est l'hallucination quand je me regarde dans le miroir après avoir enlevé ma sacrosainte casquette. Je suis un tas de poussière ambulant. Même de près sur les zones laissées découvertes pendant la "route", je n'aperçois même plus un pore de ma peau!! De la poussière, de la poussière et encore de la poussière!! Et quand j'enlève mes vêtements pour me jeter sous la douche froide, ce sont de vrais cumulo-nimbus qui s'échappent!!! Est-ce qu'il faut que je brule toutes mes fringues du jour? Peut-être mais peut-être pas, faut pas exagérer... En tout cas, même en omettant la douche, je suis rincé et ne ferais pas long feu. Après un retour dinatoire chez la famille de la veille, je suis couché en même temps que les khmers et c'est pour moi une vraie perf'!!
On est dimanche et comme la veille, la même musique sonne le tocsin dès 6h du matin alors que le soleil est une boule de feu naissante qu'on peut encore regarder à l'oeil nu. Le spectacle est chouette mais comme la veille je m'en serais bien passé!! De là, c'est le retour à Siem Reap par le même chemin que l'avant veille sauf que cette fois, le car qui était prévu à 9h arrive à 10h45, certains diraient que ça ressemble à la SNCF, je leur dirais juste que ça ressemble plus au Cambodge, pays où le cours du temps est tout relatif. Je suis en ville à 13h30, heure à laquelle je retourne à la Naga GH pour la deuxième fois en trois jours. Personne là n'a oublié ma tronche et surtout pas celui à qui j'ai refilé la bouteille de Whisky!!!! C'est donc à son invitation qu'on finira la bouteille qu'il avait déjà fort bien entamé avec ses potes et les autres employés de la GH. Parfaite façon de finir mon séjour ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est content! Le lendemain, il sera temps de se rapprocher du Laos en même temps que de célébrer mes 33 printemps, c'est la fête. Comme tous les jours...
Attention mesdames et messieurs, dans un instant, on va (re)commencer.
Installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment.
5, 4, 3, 2, 1, 0, partez, tous les projecteurs vont s'allumer,
Tout l'acteur va s'animer en même temps, et oui!!!! (merci Mr Fugain)
Aujourd'hui c'est jour de fête, devinez quoi, je célèbre mon 34ème printemps, et oui, 33 ans, ça nous rajeunit pas! Aujourd'hui, pas question que quoi que ce soit ne ternisse cette journée, je suis sur mon nuage. Et quoi de mieux pour fêter ça qu'une nouvelle journée de bus! J'aurais pû trainer mes guêtres encore 24 heures à Siem Reap mais j'ai déjà fait plus que le tour des alentours, sans compter que je ne connais personne dans le bled. C'est donc une nouvelle fois à l'aube que je suis tel l'escargot ma maison sur le dos, à l'attaque de la suite du parcours. Le temps de saluer l'aubergiste partageur de mon whisky et zou, m'y voilà! Dans le bus, j'ai de la place pour deux, j'ai l'impression en ce jour spécial d'être convoyé en limousine. En fermant les yeux et en y croyant bien fort, ça marche, je vous assure. Pas longtemps mais ça marche.
A l'intérieur, comme c'est une nouvelle fois un bus local, ils n'y sont pas nombreux, les gringos. Seul un français à l'accent reconnaissable entre mille quand il s'exprime dans la langue de Shakespeare se fait entendre. Il discute avec un allemand et tout le bus pourrait en profiter si les passagers avaient quelques notions d'anglais; le type braille ses expériences passées et remplit gentiment l'oreille de son interlocuteur. Durant l'heure qu'ils passent à converser ensemble, l'allemand se retrouve bloqué dans la position du mec qui pose les questions pendant que la franchouille se répend en explications. Et après une heure, l'allemand quitte le bus, dommage pour moi...
C'est donc à l'arrêt nourriture suivant que notre français se rend compte de notre présence conjointe dans le bus. Il se présente, c'est Jean-Pierre. Salut Jean-Pierre donc. Jean-Pierre est en vacances sans sa femme et prépare tout seul le voyage futur qu'il effectuera plus tard avec celle-ci. Et pendant ce temps là, madame doit tricoter des slips ou autre mais en tout cas, elle est pas là. Pendant toute la pause déjeuner, JP se raconte. Quand il mange, il se raconte. Quand il s'essuie la bouche, il se raconte.
JP habite l'ouest de la France. Il a été dans plus de 50 pays différents et j'ai l'impression que c'est la première chose qu'il dit dès qu'il rencontre quelqu'un sur son chemin. A ce niveau là, même s'il avait un cambodgien analphabète en face de lui, le pauvre y aurait quand même droit. JP parle aussi de son sîte internet dont j'ai oublié l'adresse et dont il est très fier (comme moi). Il y fait la description systématique de tous les restos et hotels qu'il visite et dans le chemin du retour au bus ne manque pas de prendre le restaurant en photo (pas comme moi). JP est plein d'anecdotes en tous genres, a la science infuse quite à remettre en question toutes les lois de l'univers. Pour JP, l'axe de rotation de la terre bouge avec le temps au point que l'équateur devient le pôle avant de redevenir l'équateur, bigre! Et quand JP développe une idée, c'est à prendre pour argent comptant, j'ai beau essayer d'en placer une, c'est à la limite de l'infaisabilité. Je suis dans la position de l'allemand et c'est pas un cadeau!! J'ai bien envie de dresser un rideau de fer entre lui et moi mais rien n'y fait!! JP explique sans honte à moi, le premier venu, que c'est un gros radin. Quand JP va au flunch en famille le week-end, il apporte nourriture et boissons parce que c'est moins cher. Quand JP va au Mc donald's en famille, il applique de re-chef la même méthode. JP c'est la reine des pinces, impossible de lui prendre quoi que ce soit quand il tient quelque chose entre ses gros doigts, même une miette, si c'est la sienne, c'est la sienne.
Au retour dans le bus, JP qui s'est pris d'affection pour moi, s'installe à côté de moi. Pas directement à côté, faut pas déconner, mais à portée de vue, suffisamment près en tout cas pour que ce soit le début de la fin... JP porte un short short, et malgré l'image qu'il rend déjà de lui, il commence à empiler les choses rédibitoires à mes yeux. JP, quand il porte son short dans le bus, se sent bien mieux lorsqu'il est assis les jambes écartées comme une danseuse étoile. Et du coin de l'oeil, je suis sûr que lorsque l'angle le permet, les bourses de JP s'offrent à la planète entière. Je ne peux le certifier car ce genre de point de vue n'est pas ma tasse de thé ou de quoi que ce soit d'autre mais je pense toucher la vérité du bout des doigts; c'est une image. JP en tout cas, si ce n'est pas vrai, pourra aisément me démentir car j'ai fait l'erreur de lui donner une de mes cartes de visite voyageuse à la valeur inestimable pour moi. JP a donc la couille exhibitionniste, carton rouge.
Pendant les quatre à cinq heures que dure la suite de la journée routière, JP ne me pose que deux à trois questions et quand cela se produit, ce n'est pas que JP a envie d'entendre une réponse, c'est juste pour étayer ce qu'il a à dire. Par exemple, il en vient à me demander combien de temps je compte voyager, et quand je lui sors la douce vérité (2 ans), il ne relève pas et poursuit son laïus. Et merde... Caramba, encore raté!!!! Carton rouge.
Nouvelle chose rédibitoire et première sur mon podium du coeur, alors que JP me perd dans ses histoires, je relève un vocabulaire outrageusement raciste. Au milieu du verbiage, mon oreille interne frémit à l'écoute du mot "bougnoule". Carton rouge!!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est là que je reprends la parole juste pour lui dire que ses vilains mots, il peut se les carrer où je pense et que si ça reviens dans la conversation à sens unique, je lui remonte ses pendantes jusqu'à la glotte. Ca refroidit un temps l'animal mais pas assez pour faire de lui un fan du mime Marceau, il repart dans son monologue. Et pendant ce temps, je vois venir la ville de Kratie arriver, et le fait que je vais me coltiner l'intolérable intolérant pendant tout mon séjour ici. Et merde... Seulement, comme je le disais, aujourd'hui c'est mon jour et, même si la vérité n'est pas belle à entendre, je prépare mon petit discours visant à lui dire qu'anniversaire ou pas, la route partagée aujourd'hui restera sans suite, en restant poli comme on m'a appris chez les bonnes soeurs.
Kratie arrive donc. Je retrouve à cette occasion le Mékong que j'avais laissé avec Madro à Phnom Pen, et aujourd'hui, comme on arrive peu avant 18h, le coucher de soleil sur le fleuve est un répit bien mérité et quelques grammes de beauté face à cette insulte à mon pays multiculturel de nature.
Arrive donc le moment des aux-revoirs avec JP. Alors que le bus s'arrête, nous sommes quelque peu entourés par des p'tits gars en mobylette qui veulent nous engrainer à rejoindre leur hotel. Circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles; je ne réfléchis même pas et cède au premier venu pour peu qu'il m'emmène loin de JP. En deux temps trois mouvements, je suis à l'arrière de la bécane vers l'hotel choisi face à la majestueuse rivière. En chemin, je précise bien à mon jeune chauffeur complice que si JP, que je lui ai montré, se pointe, l'hotel est plein. Je sais que ce n'est pas très fairplay ou très sympathique, mais je n'ai même pas eu le temps de rembarrer JP et j'ai bien droit à un cadeau d'anniversaire quand même!!! Ce sera ma tranquilité de corps et d'esprit.
La fin de journée sera bien calme volontairement; de toute façon à Kratie, c'est pas la capitale de la disco mobile. Un tour sur internet pour vous guêter nerveusement et je mets la viande dans le trochon. Bonne nuit, et JP, salut l'artiste!!
Le lendemain, on remet les compteurs à zéro et il est temps que je me reconcentre sur ce que je suis venu faire ici. Kratie, qui est donc sur le Mékong, héberge à quelques kilomètres une colonie de dauphins d'eau douce en voie d'extinction. C'est donc l'occasion de leur rendre visite tant qu'il est temps. Je me dégote donc un motocycliste pour me faire faire le tour du proprio avec avant les dauphins la visite des incontournables locaux.
On commence par un temple auquel on accède en montant quelques centaines de marches. Je pourrais m'en plaindre compte tenu de la chaleur et de l'effort à consentir mais depuis le Népal, chaque rangée de marche n'est plus qu'une bouchée de pain à gober. Depuis là-haut, le paysage est à tomber, le fleuve coulant lentement à ses pieds. C'est l'occasion de sêcher un ptit peu avant la suite...
La suite justement, c'est une série de longue paillottes sur pilotis enjambant le Mékong. C'est le rendez-vous des week-end festifs et nautiques pour les locaux mais comme on est mardi, l'endroit est quasi-désert à l'exception de quelques cambodgiens qui s'ébattent dans l'eau. Je ne pouvais logiquement pas rater l'occasion d'une première baignade fluviale pour mon grand bonheur et pour celui des locaux avec qui je sympathise. L'eau est calme et les hamacs profonds à ma sortie de l'eau. JP est déjà loin, la zénitude reprend ses droits. Forcément...
A l'issue, il est alors temps de rendre visite aux cétacés. Je grimpe donc sur un bateau dont le moteur ne sera jamais allumé. Les locaux ayant compris que les dauphins étaient une source de revenus constants, tout est fait en sorte pour que rien ne perturbe leur tranquilité. Le batelier manoeuvre doucement à la rame et comme il me l'avait promis, les dauphins sont là. Difficile de les voir au premier abord, plus ça va et plus je m'aguerris. Ils doivent être une vingtaine en tout et même s'ils ne s'approchent jamais du bateau ne serait-ce que par curiosité ou pour dire bonjour, chaque fois qu'on voit une nageoire dorsale sortir de l'eau, c'est les frissons qui me gagnent. Ma présence ici dure deux heures jusqu'à ce que le noir gagne le ciel, que le coucher de soleil s'évapore, suffisamment longtemps pour que je sois plus que rassasié des dauphins. En effet, je tire au maximum la possibilité de rester sur le bateau à la grande surprise du batelier plus habitué d'après ses dires, à des visites éclaires de moins d'une heure.
Le soir même, je retourne sur internet vous faire à tous une grosse bise et des tonnes de remerciements en réponse à tous les mails reçus la veille. J'en profite ici pour les réitérer. Merci!!!!!! Ca fait bien chaud au coeur quand on est perché à des milliers de kilomètres de tous les êtres chers. Ca compense aussi le froid glacial qui me saisi lorsque JP passe devant la GH dans laquelle je pianotte. Heureusement, il ne fait que passé...
Une fois fini, il est temps de réfléchir à la suite des évènements. Je dispose encore d'une semaine dans le pays au regard de mon visa et au regard de l'emploi du temps de Steve qui doit me rejoindre au sud Laos depuis Bangkok. Deux options s'offrent à moi, deux provinces. Je suis hésitant au possible car les deux possibilités recèlent de trésor. Je suis tellement perplexe que, au final, je ne vois d'autre alternative que de lancer la pièce pour savoir quel billet de bus acheter. Je vais donc partir vers le Ratanakiri le lendemain. C'est la région la plus isolée du pays, frontalière avec le Laos. Je prends donc mon billet et retourne sur le champ sur internet pour finir mes petites affaires. Et là, coup de théatre!!! Je reçois en direct un message de Steve m'indiquant qu'il est libre plus tôt que prévu et qu'on peut se retrouver sous quelques jours. Et merde, tant pis pour le Ratanakikri et son nom à consonnance malgache. Ce sera pour une autre fois, j'y étais presque. Mais je suis tellement impatient de retrouver une tête familière avec qui je peux employer un ton encore plus familier que le Laos, c'est finalement pour le lendemain. Je change donc mon billet et fais chauffer mon passeport. Laos nous voilà, et comme on dit dans les manifs, "sers les fesses, on arrive à toute vitesse"!!!!!!!
Aujourd'hui c'est jour de fête, devinez quoi, je célèbre mon 34ème printemps, et oui, 33 ans, ça nous rajeunit pas! Aujourd'hui, pas question que quoi que ce soit ne ternisse cette journée, je suis sur mon nuage. Et quoi de mieux pour fêter ça qu'une nouvelle journée de bus! J'aurais pû trainer mes guêtres encore 24 heures à Siem Reap mais j'ai déjà fait plus que le tour des alentours, sans compter que je ne connais personne dans le bled. C'est donc une nouvelle fois à l'aube que je suis tel l'escargot ma maison sur le dos, à l'attaque de la suite du parcours. Le temps de saluer l'aubergiste partageur de mon whisky et zou, m'y voilà! Dans le bus, j'ai de la place pour deux, j'ai l'impression en ce jour spécial d'être convoyé en limousine. En fermant les yeux et en y croyant bien fort, ça marche, je vous assure. Pas longtemps mais ça marche.
A l'intérieur, comme c'est une nouvelle fois un bus local, ils n'y sont pas nombreux, les gringos. Seul un français à l'accent reconnaissable entre mille quand il s'exprime dans la langue de Shakespeare se fait entendre. Il discute avec un allemand et tout le bus pourrait en profiter si les passagers avaient quelques notions d'anglais; le type braille ses expériences passées et remplit gentiment l'oreille de son interlocuteur. Durant l'heure qu'ils passent à converser ensemble, l'allemand se retrouve bloqué dans la position du mec qui pose les questions pendant que la franchouille se répend en explications. Et après une heure, l'allemand quitte le bus, dommage pour moi...
C'est donc à l'arrêt nourriture suivant que notre français se rend compte de notre présence conjointe dans le bus. Il se présente, c'est Jean-Pierre. Salut Jean-Pierre donc. Jean-Pierre est en vacances sans sa femme et prépare tout seul le voyage futur qu'il effectuera plus tard avec celle-ci. Et pendant ce temps là, madame doit tricoter des slips ou autre mais en tout cas, elle est pas là. Pendant toute la pause déjeuner, JP se raconte. Quand il mange, il se raconte. Quand il s'essuie la bouche, il se raconte.
JP habite l'ouest de la France. Il a été dans plus de 50 pays différents et j'ai l'impression que c'est la première chose qu'il dit dès qu'il rencontre quelqu'un sur son chemin. A ce niveau là, même s'il avait un cambodgien analphabète en face de lui, le pauvre y aurait quand même droit. JP parle aussi de son sîte internet dont j'ai oublié l'adresse et dont il est très fier (comme moi). Il y fait la description systématique de tous les restos et hotels qu'il visite et dans le chemin du retour au bus ne manque pas de prendre le restaurant en photo (pas comme moi). JP est plein d'anecdotes en tous genres, a la science infuse quite à remettre en question toutes les lois de l'univers. Pour JP, l'axe de rotation de la terre bouge avec le temps au point que l'équateur devient le pôle avant de redevenir l'équateur, bigre! Et quand JP développe une idée, c'est à prendre pour argent comptant, j'ai beau essayer d'en placer une, c'est à la limite de l'infaisabilité. Je suis dans la position de l'allemand et c'est pas un cadeau!! J'ai bien envie de dresser un rideau de fer entre lui et moi mais rien n'y fait!! JP explique sans honte à moi, le premier venu, que c'est un gros radin. Quand JP va au flunch en famille le week-end, il apporte nourriture et boissons parce que c'est moins cher. Quand JP va au Mc donald's en famille, il applique de re-chef la même méthode. JP c'est la reine des pinces, impossible de lui prendre quoi que ce soit quand il tient quelque chose entre ses gros doigts, même une miette, si c'est la sienne, c'est la sienne.
Au retour dans le bus, JP qui s'est pris d'affection pour moi, s'installe à côté de moi. Pas directement à côté, faut pas déconner, mais à portée de vue, suffisamment près en tout cas pour que ce soit le début de la fin... JP porte un short short, et malgré l'image qu'il rend déjà de lui, il commence à empiler les choses rédibitoires à mes yeux. JP, quand il porte son short dans le bus, se sent bien mieux lorsqu'il est assis les jambes écartées comme une danseuse étoile. Et du coin de l'oeil, je suis sûr que lorsque l'angle le permet, les bourses de JP s'offrent à la planète entière. Je ne peux le certifier car ce genre de point de vue n'est pas ma tasse de thé ou de quoi que ce soit d'autre mais je pense toucher la vérité du bout des doigts; c'est une image. JP en tout cas, si ce n'est pas vrai, pourra aisément me démentir car j'ai fait l'erreur de lui donner une de mes cartes de visite voyageuse à la valeur inestimable pour moi. JP a donc la couille exhibitionniste, carton rouge.
Pendant les quatre à cinq heures que dure la suite de la journée routière, JP ne me pose que deux à trois questions et quand cela se produit, ce n'est pas que JP a envie d'entendre une réponse, c'est juste pour étayer ce qu'il a à dire. Par exemple, il en vient à me demander combien de temps je compte voyager, et quand je lui sors la douce vérité (2 ans), il ne relève pas et poursuit son laïus. Et merde... Caramba, encore raté!!!! Carton rouge.
Nouvelle chose rédibitoire et première sur mon podium du coeur, alors que JP me perd dans ses histoires, je relève un vocabulaire outrageusement raciste. Au milieu du verbiage, mon oreille interne frémit à l'écoute du mot "bougnoule". Carton rouge!!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est là que je reprends la parole juste pour lui dire que ses vilains mots, il peut se les carrer où je pense et que si ça reviens dans la conversation à sens unique, je lui remonte ses pendantes jusqu'à la glotte. Ca refroidit un temps l'animal mais pas assez pour faire de lui un fan du mime Marceau, il repart dans son monologue. Et pendant ce temps, je vois venir la ville de Kratie arriver, et le fait que je vais me coltiner l'intolérable intolérant pendant tout mon séjour ici. Et merde... Seulement, comme je le disais, aujourd'hui c'est mon jour et, même si la vérité n'est pas belle à entendre, je prépare mon petit discours visant à lui dire qu'anniversaire ou pas, la route partagée aujourd'hui restera sans suite, en restant poli comme on m'a appris chez les bonnes soeurs.
Kratie arrive donc. Je retrouve à cette occasion le Mékong que j'avais laissé avec Madro à Phnom Pen, et aujourd'hui, comme on arrive peu avant 18h, le coucher de soleil sur le fleuve est un répit bien mérité et quelques grammes de beauté face à cette insulte à mon pays multiculturel de nature.
Arrive donc le moment des aux-revoirs avec JP. Alors que le bus s'arrête, nous sommes quelque peu entourés par des p'tits gars en mobylette qui veulent nous engrainer à rejoindre leur hotel. Circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles; je ne réfléchis même pas et cède au premier venu pour peu qu'il m'emmène loin de JP. En deux temps trois mouvements, je suis à l'arrière de la bécane vers l'hotel choisi face à la majestueuse rivière. En chemin, je précise bien à mon jeune chauffeur complice que si JP, que je lui ai montré, se pointe, l'hotel est plein. Je sais que ce n'est pas très fairplay ou très sympathique, mais je n'ai même pas eu le temps de rembarrer JP et j'ai bien droit à un cadeau d'anniversaire quand même!!! Ce sera ma tranquilité de corps et d'esprit.
La fin de journée sera bien calme volontairement; de toute façon à Kratie, c'est pas la capitale de la disco mobile. Un tour sur internet pour vous guêter nerveusement et je mets la viande dans le trochon. Bonne nuit, et JP, salut l'artiste!!
Le lendemain, on remet les compteurs à zéro et il est temps que je me reconcentre sur ce que je suis venu faire ici. Kratie, qui est donc sur le Mékong, héberge à quelques kilomètres une colonie de dauphins d'eau douce en voie d'extinction. C'est donc l'occasion de leur rendre visite tant qu'il est temps. Je me dégote donc un motocycliste pour me faire faire le tour du proprio avec avant les dauphins la visite des incontournables locaux.
On commence par un temple auquel on accède en montant quelques centaines de marches. Je pourrais m'en plaindre compte tenu de la chaleur et de l'effort à consentir mais depuis le Népal, chaque rangée de marche n'est plus qu'une bouchée de pain à gober. Depuis là-haut, le paysage est à tomber, le fleuve coulant lentement à ses pieds. C'est l'occasion de sêcher un ptit peu avant la suite...
La suite justement, c'est une série de longue paillottes sur pilotis enjambant le Mékong. C'est le rendez-vous des week-end festifs et nautiques pour les locaux mais comme on est mardi, l'endroit est quasi-désert à l'exception de quelques cambodgiens qui s'ébattent dans l'eau. Je ne pouvais logiquement pas rater l'occasion d'une première baignade fluviale pour mon grand bonheur et pour celui des locaux avec qui je sympathise. L'eau est calme et les hamacs profonds à ma sortie de l'eau. JP est déjà loin, la zénitude reprend ses droits. Forcément...
A l'issue, il est alors temps de rendre visite aux cétacés. Je grimpe donc sur un bateau dont le moteur ne sera jamais allumé. Les locaux ayant compris que les dauphins étaient une source de revenus constants, tout est fait en sorte pour que rien ne perturbe leur tranquilité. Le batelier manoeuvre doucement à la rame et comme il me l'avait promis, les dauphins sont là. Difficile de les voir au premier abord, plus ça va et plus je m'aguerris. Ils doivent être une vingtaine en tout et même s'ils ne s'approchent jamais du bateau ne serait-ce que par curiosité ou pour dire bonjour, chaque fois qu'on voit une nageoire dorsale sortir de l'eau, c'est les frissons qui me gagnent. Ma présence ici dure deux heures jusqu'à ce que le noir gagne le ciel, que le coucher de soleil s'évapore, suffisamment longtemps pour que je sois plus que rassasié des dauphins. En effet, je tire au maximum la possibilité de rester sur le bateau à la grande surprise du batelier plus habitué d'après ses dires, à des visites éclaires de moins d'une heure.
Le soir même, je retourne sur internet vous faire à tous une grosse bise et des tonnes de remerciements en réponse à tous les mails reçus la veille. J'en profite ici pour les réitérer. Merci!!!!!! Ca fait bien chaud au coeur quand on est perché à des milliers de kilomètres de tous les êtres chers. Ca compense aussi le froid glacial qui me saisi lorsque JP passe devant la GH dans laquelle je pianotte. Heureusement, il ne fait que passé...
Une fois fini, il est temps de réfléchir à la suite des évènements. Je dispose encore d'une semaine dans le pays au regard de mon visa et au regard de l'emploi du temps de Steve qui doit me rejoindre au sud Laos depuis Bangkok. Deux options s'offrent à moi, deux provinces. Je suis hésitant au possible car les deux possibilités recèlent de trésor. Je suis tellement perplexe que, au final, je ne vois d'autre alternative que de lancer la pièce pour savoir quel billet de bus acheter. Je vais donc partir vers le Ratanakiri le lendemain. C'est la région la plus isolée du pays, frontalière avec le Laos. Je prends donc mon billet et retourne sur le champ sur internet pour finir mes petites affaires. Et là, coup de théatre!!! Je reçois en direct un message de Steve m'indiquant qu'il est libre plus tôt que prévu et qu'on peut se retrouver sous quelques jours. Et merde, tant pis pour le Ratanakikri et son nom à consonnance malgache. Ce sera pour une autre fois, j'y étais presque. Mais je suis tellement impatient de retrouver une tête familière avec qui je peux employer un ton encore plus familier que le Laos, c'est finalement pour le lendemain. Je change donc mon billet et fais chauffer mon passeport. Laos nous voilà, et comme on dit dans les manifs, "sers les fesses, on arrive à toute vitesse"!!!!!!!
De sortie de plusieurs semaines de gueule de bois laossienne,
Je suis fin prêt pour vous montrer de quel bois je me chauffe.
Mon pote Steve est repartit vers des horizons tous thaïlandais,
Et moi, je redécouvre les plaisirs de l'écriture face à la page blanche.
Mise à part les histoires renversantes de scooters renversés, nous en étions restés à ce qui remonte maintenant à plus d'un mois, l'arrivée à Siem Reap et la visite annoncée des temples parmi les plus enchanteurs de la planète et de ses environs, ceux d'Angkhor et de sa banlieue de jadis. Vous avez donc repris votre place dans votre siège préféré, le printemps a renvoyé l'automne jusqu'à l'année prochaine, le PSG se remet à perdre des matchs par 3 buts d'écart, la normalité reprend ses droits. Seule chose qui a changé dans l'intervalle, j'ai soufflé mes 33 grains de riz et suis donc encore plus plein de sagesse qu'avant, mouvement sans doute contre-balancé par la perte de quelques cheveux supplémentaires, on ne peut pas tout avoir...
La ceinture de sécurité est donc attachée, tous les signaux sont au vert, on est prêt à partir. Veillez quand même à garder les bras à l'intérieur de la cabine, ça secoue pas mal! Après, je sais, ce n'est pas très pratique pour prendre des photos, mais sachez que ça aussi, je m'en charge, vous n'avez qu'à cliquer sur l'icone cambodgienne.
En Turquie, je suis allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Syrie, en Jordanie, je suis aussi allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Egypte, j'ai vu des tas de cailloux comme des montagnes. Au Népal, j'ai vu des montagnes faites de cailloux. En Thaïlande, ça s'est calmé. Mais au Cambodge... Ca repart dans la démesure
A Siem Reap, avec Maman et Pedro, on est donc comme je l'ai déjà décrit comme des coqs en pâte. Le soleil brille. Le est parti et au matin du 21, on rencontre notre nouveau guide Savout qui nous accompagnerapour les 5-6 jours suivants. Deja bien échaudés ou refroidis par le débit constant façon mitraillette de Le, Madro et moi étions bien impatients de rencontrer Savout et les premiers instants ont consisté à l'explication claire de nos souhaits : pas de cours magistral sur chaque micro-portion de bas-relief, les explications à l'intérieur des temples c'est mieux qu'à 100 mètres de distance, le minibus peut être un agréable moyen de locomotion si on a pas en permanence à se concentrer sur l'histoire de la moindre feuille tombée à terre ou sur le récit en douze volumes de ce qu'on peut voir en un clin d'oeil. Ca a l'air barbare comme procédé de dire à un guide même gentiment de la fermer quand c'est pas nécessaire, mais au moins ça a servi à quelque chose, Savout nous laisse bien souvent quartier libre tout en prenant la peine de décrire, dans la limite du raisonnable, l'essentiel de ce qu'il est intéressant de savoir.
J'en arrêterais donc là sur Savout en ajoutant que c'est un prénom assez facile à retenir sauf quand on s'appelle Bibi. Pour tenter de m'en souvenir, en gros malin que je suis, je me sers du français "sa voute". Seulement après quelques jours, je suis complètement paumé et ne cesse de l'appeler "ta soute". Et comme c'est pas son prénom, je comprends mieux maintenant pourquoi il ne tourne pas systématiquement la tête quand je l'interpelle... (sic)
Ce premier matin à Siem Reap, on est donc gonflé à bloc, avides de visites. Et on est pas deçu! En 5 heures de temps, on enchaine 4 temples différents!!! Tout ici étant dans un rayon assez restreint c'est facile de faire des sauts de puce d'un sîte à l'autre, c'est pour ça; on est pas des machines je vous rassure! A chaque visite, on prend le temps de flaner, de regarder les arbres centenaires, de dénicher l'angle parfait pour le cliché parfait itou, de boire un peu d'eau car malgré l'ombre forestière, il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière. D'ailleurs en parlant de glacière, on en a en permanence une dans le minibus et c'est pas du luxe si on excepte le fait qu'à l'intérieur on trouve aussi des petites lingettes jetables raffraichissantes qui font la joie des déchèteries pour peu qu'elles y finissent!
Les temples s'enfilent donc les uns après les autres entre chaleur extérieur et climatisation automobile.
A chaque nouvelle visite également, on est assailli par les gamins qui ont tous quelque chose à vendre : des babioles, des livres, des vêtements, etc... Et comme Maman et Pedro ont déjà craqué à l'appel de l'achat de souvenir, c'est maintenant mon tour de distribuer quelques billets. Je jète mon dévolu sur un pantalon de pêcheur à taille unique et une chemisette blanche de taille M. On quitte les environs dans la foulée et alors que l'on est dans la voiture, je me prends de faire une scéance d'essayage et bien m'en a pris. Ne réalisant pas que les cambodgiens font en moyenne 1m65 et 40kg, ma chemise est immettable, chez nous ce serait du 12 ans!!! Demi-tour, illaritée générale chez les petites vendeuses, l'échange se passe dans la joie et la bonne humeur. Et comme avant, à partir de maintenant je n'ai plus besoin de rien concernant mon trousseau, donc plus de dépense futile. Enfin on verra bien...
La dernière visite de la journée s'effectue à Ta Prohm et est, à n'en pas douter, un écarteur de mirettes en puissance. On arrive sur les lieux en traversant une grande terrasse pavée et la première chose qui saute aux yeux est un arbre qui pousse à travers la terrasse. Comme dirait Pierre Fulat, il est d'un assez beau gabarit! Ses racines explosent une à une les pierres environnantes pour couvrir une superficie plus grande que mon ancien appartement parisien. Après avoir vu celui-ci, on se prend à regarder les arbres plus particulièrement, et on constate qu'ici, la spécialité locale c'est pas le bonzaï!! En regardant vers la façade de Ta Prohm, on en remarque deux autres. Le premier est devant le temple et a poussé sans entraves. Derrière son tronc, une armée entière pourrait se cacher, il faudrait peut-être 20 personnes se donnant la main pour en faire le tour. Le deuxième est bizarrement installé; alors qu'on est devant la façade, celui-ci semble pousser tout contre celle-ci mais à l'intérieur du temple, faisant fi du toit s'il y en a un, faisant fi des murs de pierres de 3 mètres d'épaisseur et c'est bien ça qu'il y a ici. En entrant dans le temple, on comprend alors ce qui se passe et ce qui fait le renom de Ta Prohm : les frangipaniers et autres ficus ont été laissés tels quels par les archéologues permettant de voir la force avec laquelle les arbres servent du temple pour se structurer. Et ce 1er exemple à l'entrée est un exemple de choix si on en croit le nombre de japonais et autres coréens se faisant prendre en photo devant. Pour tout vous dire, il m'a fallu près de dix minutes pour pouvoir déclencher!! Même avec des cartons jaunes, c'est pas possible!!! Ils sont trop nombreux, et moi, trop bon trop con, comme d'hab'.
On passera près d'une heure et demi ici à slalomer entre les groupes et même dans ces conditions, c'est une tuerie intégrale. A chaque virage, on est le cul par terre, littéralement écrasé par la nature envahissante. Pour les connaisseurs, c'est pas un pays pour Jayce, c'est le royaume des monstro-plantes!!!!! Et la seule raison pour laquelle on repart de là, c'est qu'on a rien mangé depuis 7h30 du matin, qu'il est déjà 14h et qu'on se mettrait bien une fourchette garnie entre les dents. Si on ajoute en plus le fait que tous les visiteurs aillant mangés à un heure traditionnelle commencent à débarquer en masse, il est grand temps!!
On convient donc d'un retour à la case Siem Reap, d'un plouf dans la piscine ou d'une sieste après un repas bien mérité, et d'un rendez-vous avec Mazout (NDLR : c'est Savout mais c'est pour voir si vous suivez...) pour se délecter d'un coucher de soleil sur Angkhor Wat depuis une colline environnante.
Et à 17h, on est tout ragaillardi, il est l'or, l'or de se réveiller...
C'est donc un retour dans le minibus jusqu'aux pieds du Phnom Bakheng, le temple en haut de la colline. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas les seuls à avoir eu cette idée lumineuse décroissante du coucher de soleil... Pour accéder au sommet, il faut longer un petit chemin qui ressemble à cette heure au centre-ville de Bangkok! C'est la course des appareils photos pour déterminer qui aura la place la plus stratégique. Nous au sommet, on est pas pressé, ça grouille déjà. Un groupe d'une demi-douzaine d'éléphants attend patiemment le retour des appareils photos pour la descente au pas de pachiderme. C'est l'occasion d'aller taté la bêête. Aussi l'occasion de se rendre compte que la montée à dos d'éléphant coute plus cher que la descente, pas fous les cambodgiens, ils savent y faire!!!
Le coucher de soleil en lui-même est pas mal mais sans plus comme en conviendra aussi Madro ce qui n'arrange rien quand on le partage avec tous les appareils autofocus des environs. En tout cas, cette ballade aura eu le mérite de nous donner à voir un chouette point de vue mais qui n'est rien à côté du chemin retour lorsqu'on demande au chauffeur d'arrêter le van à hauteur d'Anghkor Wat éclairé de mille feux alors que la nuit est déjà tombée. Sublime!! Vivement demain!!
La soirée s'est vite enchaînée, nos corps meurtris par l'effort d'une journée de découverte (trop dur...). La soirée s'est vite enchaînée, nos corps alertés par le réveil du lendemain à 5H30 pour le lever de soleil à Angkhor Wat (trop dur...).
Le 22 commence donc à la nuit noire et tout le monde, y compris votre serviteur, est debout de bon pied bon oeil, plein d'entrain et d'expectative. On quitte l'hotel alors que tout le monde dort tranquille, du moins en apparence... En apparence car comme la veille au soir, j'ai l'impression que tous les touristes à 1000km à la ronde se sont donnés rendez-vous pour partager notre petit déjeuner! C'est la première fois qu'on pénètre dans l'enceinte du temple. A l'intérieur, les dimensions sont gigantesques, la perspective à couper le souffle et la lumière sublime. Malgré la foule des flashs qui crépitent, on arrive à se frayer un chemin jusqu'à avoir un petit lac à l'eau stagnante à nos pieds avec derrière le temple majestueux, et avec le reflet, ça fait deux trésors pour le prix d'un! Que demande le peuple? Deux heures à regarder le soleil se lever, voilà ce qu'il demande le peuple! Et en plus, il l'obtient!! Du coup, il est content le peuple!! A l'heure où on quitte le temple, on est quasiment les derniers à avoir assisté au lever de soleil. C'est l'heure où nous croisons ceux qui ne se sont pas levés aux aurores qui vont à leur tour s'entasser à notre place.
Nous, on quitte Angkhor Wat pour nous diriger vers un temple plus petit et peut-être plus tranquille, le Banteay Srei. C'est d'ailleurs un temple qui comme de nombreux autres temples des environs est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'UNESCO qui, s'ils ont une place de conservateur à mi-temps, je suis preneur. A bon entendeur... Et bien pas de bol, notre petit temple tout mignon, reputé pour ses sculptures fines comme de la dentelle, est également pris d'assault. Nom de dieu c'est pas possible!!!! Ils sont partout!!! Ahhhhh, elle est loin la Syrie... Pour ma part, submergé par le flot inninterrompu des visiteurs et la chaleur micro-ondesque, la visite se fera au pas de course. A l'extérieur du délicat édifice, de la musique se fait entendre. Un groupe de musiciens mutilés joue des airs traditionnels, et à l'ombre en plus. C'est plus qu'il n'en fallait! Ajoutez à cela de l'eau fraiche et une cloppe, ça fait du bien par où ça passe!
Et cette petite pause à l'ombre, il fallait bien ça car la suite du programme est orientée "sport". L'ascension d'une nouvelle colline est prévu par la face nord. A moins que ce soit la face sud. Pas sur... En tout cas 1200m, non pas de dénivelé mais de long, à gravir avec tous les 100m, un petit panneau indiquant combien il reste pour atteindre le "sommet", ça rassure le chaland. Et au sommet, l'intéret est multiple. Une rivière serpente lentement et dans le lit du ruisseau se trouve de nouvelles sculptures multi-centenaires. Un crocodile par ici, un vishnou par là, c'est plaisir. Mais ce qui est encore plus plaisir, c'est qu'ici, c'est la maison de milliers de papillons qui volent en tous sens. Il y en a tellement que certains ne savent plus où se poser et atterrissent avec légèreté soit sur mes bras, soit sur mes jambes, soit sur ma tête; jusqu'à trois papillons en même temps entre mon nez et mon front. - "Eh, papillons, il y a pas écrit piste d'atterrissage ici!! On restera là-haut le temps de sécher un peu et c'est pas du luxe! Déjà quand je marche, c'est rapidement les Grandes Eaux du Chateau de Versailles, alors imagine quand je gravis!!
Et le déjeuner dans tout ça? C'est pour maintenant. Comme la veille, il est 14H30 quand on arrive à table. Un croc, un plouf, une sieste, on est pas des boeufs et on peut pas gravir toute le journée!! Les après-midi sont douces à Siem Reap et les apéros avec Madro quotidiens grace à deux bouteilles de vins de nos contrées et une bouteille de whisky qu'on sera loin de finir, la faute sans doute au climat. Et ouais, on est ni en Ecosse, ni en Irlande.
On en arrive au 23, ça va vite. La journée va encore être marquée par quelques plats de résistance à commencer par la cité fortifiée d'Angkhor Thom, ancienne capitale khmer, peuplée jadis d'un million d'habitants quand Londres n'en comptait encre que 25.000. L'endroit, eu égard à son immense notoriété, est une nouvelle fois la proie de la foule et en son centre se trouve son joyau, le Bayon, qui arrive en tête ou pas loin des fréquentations. Et tout ce monde attire quoi, je vous le demande. Des p'tits vendeurs par centaines. Comme j'ai déjà acheté tout ce dont j'avais besoin, je me suis promis de ne pas céder à la pression des gamins qui nous suivent sur plusieurs centaines de mètres pour nous vendre fleurs ou bracelets. Et j'ai tenu bon!! Enfin jusqu'au stratagème d'une petite géniale. Elle me dit : - "Si je te bas au morpion, tu m'achètes mes cartes postales!" - "OK! Ca roule!" Je ne sais pas si quelqu'un a déjà perdu en jouant aux morpions mais c'est quasiment impossible, toutes les parties finissant par un match nul. C'est donc le jeu le plus con du monde à égalité avec la bataille. En plus, la gamine ne commence pas en mettant sa croix au centre comme chacun ferait, facile... Seulement je ne sais pas pourquoi, sans doute avais-je un peu de peine pour ma petite effrontée, mais moi non plus je ne me suis pas installé gracement dans la case du milieu, préférant choisir sans réfléchir un autre angle. Et bien en deux coups de cuillères à pot c'était réglé, je me suis fait explosé au morpion!!! Par une gamine de 8 ans!!!! Résultat des courses, j'ai 10 cartes postales cambodgiennes que je me traine depuis! Et ca fait plus d'un mois!! Comment j'ai pû perdre au morpion?!? Un moment d'absence sans doute... Mais la prochaine fois, je sais. Pas de pitié, je prendrais la case du milieu, y'a pas écrit que con là!!!
On a ensuite fini par rentrer au Bayon et dès la porte franchie, ç'en était fini de mes malheurs aux jeux et à nouveau la Claque. La spécificité du temple, ce sont les visages hauts de 2 mètres qui sont sculptés dans la roche. Il y en a des dizaines et ça donne un aspect mystique certain à l'ensembl? Vas-y je t'en prie. Je veux faire une photo, tu passes devant comme un conn..d, c'est pas grave? non...
En tout cas, avec Ta Prohm, le Bayon est la chose la plus remarquable de tout l'ensemble qui m'ait été donné de voir ici. Il faudrait que j'étoffe ma liste de superlatifs pour bien en retranscrire la mesure parce que WHAOUUUU!!! En plus, juste à côté, toujours sur le sîte d'Angkhor Thom, se trouve d'autres sîtes de beauté égale ou presque : la terrasse du roi lépreux et celle des éléphants. Au cours de cette visite, je rencontre deux moines avec lesquels je discute quelques minutes et ces deux moines, on les retrouve moins d'une heure plus tard pour la visite plus approfondie qu'au lever de soleil d'Angkhor Wat, le plus emblématique des temples. Chose surprenante, cette fois-ci, nous sommes pour ainsi dire tout seul dans le batiment. C'est à n'y rien comprendre... Ca me permettra de rediscuter avec mes amis drappés de jaune orangé et de prendre d'eux des clichés que je chéris. Merci les gars!!
Il est comme d'hab' 14h ou plus quand on va déjeuner. Cette fois-ci on choisit un endroit qui s'appelle le Butterfly Garden. C'est un resto niché dans un jardin qui a la particularité d'être une serre à papillons. Tout le jardin est entouré jusqu'au plafond d'une sorte de grande passoire en métal qui permet aux papillons de voleter gaiement devant les yeux de ceux qui s'en mettent plein la panse! La seule chose, c'est qu'il n'y a pas de steack de papillon ou de cuisse de papillon au menu mais soit!
L'après-midi est une nouvelle fois un joyeux vautrage entre lit en chambre climatisée et piscine en jardin fleuri. Mais la journée ne serait pas close sans un petit dessert : le coucher de soleil directement à Angkhor Wat et pas sur la colline maudite où les gens s'entassent comme sur une plage méditerranéenne. Encore une fois, un peu de monde et beaucoup de plaisir! Monbut nous permet de rester jusqu'à plus soif, jusqu'à la fermeture des portes.
Et quand t'as plus soif, t'as encore soif, apéro sur la terrasse, un dîner, un suppo et au lit! Le programme du lendemain a été un tantinet modifié par nos soins, le réveil sonnera aux aurores et on retournera à Ta Prohm admirer le lever de soleil sans la foule des badots, youpi!!!
Et comme prévu, paradis sur terre, on est quasiment les seuls, tu parles d'une différence énorme. Tout autour n'est qu'un festival de sons et lumières, le cri des oiseaux magnifiant le paysage. Dans ces cas-là, impossible de rêver à une grasse matinée, le rêve se passe éveillé, les yeux grands ouverts.
On poursuit la matinée avec la visite d'un grand bassin malheureusement à sec dû à la saison sèche. Saison sèche au dessus de la tête mais trempée sous le T-shirt, je ne vais pas revenir sur la chaleur...
Et après une ultime visite de temple, à nouveau superbe, dont j'ai malheureusement oublié le nom, il est temps de revenir à notre douce routine Dèj-piscine-sieste.
Ce 24 s'achève sur un tour en ville par la rencontre avec les Artisants d'Angkhor qui à longueur de journée, peignent, laquent, poncent, vernissent, sculptent, dorent à l'or fin les statuettes qui iront garnir les étagères des vendeurs de souvenirs de la ville. C'est d'autant plus agréable que pour l'occasion Tacrout laisse la place à un guide féminin, il était temps!!!
Un nouveau resto plus tard et on en a fini avec Siem Reap côté terre. Il est temps de voir la zone côté lac. En effet, au sud de Siem Reap s'étale le Tonle Sap, un lac qui s'alimente de l'eau du Mékong et qui entre la saison sèche et la saison humide voit sa superficie être multipliée par 4!!!!!
Le 25 est donc tout entier tourné vers lui. C'est donc vers 9h du matin qu'on embarque sur un petit bateau de bois en direction du bureau du parc national, lui même posé sur l'eau dans un village flottant où tout flotte de l'école au bureau de police. C'est là qu'on obtient notre sésame pour pénétrer Prek Toal, une biosphère considérée comme la première réserve d'oiseaux en Asie du sud-est. Pour ma part, je n'ai jamais été, et ça fait con de le dire, un grand fan d'oiseaux. En grand parisien, mes principales connaissances se limitent aux rats volants qu'on appelle aussi des pigeons et aux moineaux qui ont le mérite d'être plus petits et donc moins salissants quand une fiente vient à vous frapper au front. Mais ici, c'est une toute autre échelle. Il y a là notamment des grues, des cigognes, des ibis, des pélicans, des grues... Et le truc, c'est qu'ils sont partouts par dizaines voire par centaines. Quand le bateau navigue, les zozios s'envolent sur notre passage, c'est magnifique!
Comme d'habitude, et ce même si on est à des années lumières de notre rythme habituel, on s'arrête peu avant 15h pour déjeuner sur un restaurant flottant au milieu du lac. La vue est chouette mais ce qui détonne, c'est la faune locale. Dans un coin du restaurant trone une immense glacière bleue. Et à l'intérieur dort ou presque un boa de plusieurs mètres de long prêt à être cuisiner. Impossible de résister à la tentation de toucher l'animal pour moi. Un cambodgien passe alors derrière et lui ne résiste pas à la tentation de soulever le serpent de sa nouvelle et éphémère maison en plastique pour nous montrer son courage ou sa démence, au choix... Autre particularité du restaurant flottant, il y a là un enclos pour crocodiles. Ils sont une dizaine et ceux-là, pas moyen de les toucher!!!! En tout cas, ça a au moins le mérite d'être insolite pour nos yeux franchouillards, merci les crocos!!! Et considérant ce qu'on trouve ici, pour la baignade, ce sera pour un autre jour!!! Ou pas!!!!!!
On est finalement rentré à l'hotel à la nuit tombée et célébré ce qui est notre dernier soir ensemble, plus mon anniversaire à venir, non pas avec un gateau à la crème ou au chocolat mais avec une glace, ce qui est évidemment bien plus approprié ici bas. Parce que le chocolat ici, c'est un peu comme la nourriture casher à Gaza, s'il y en a, il y a forcément un piège...
Le lendemain, 26, ne sera qu'aux revoirs et bisous car Madro est parti bien de bonne heure. J'ai profité de ma chambre de nabab jusqu'à la dernière minute, c'est à dire 11H59 pour profiter de l'eau chaude, la clim et même un petit peu de télé. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois car le prochain mouvement prévu est un déménagement chez Naga GH (guesthouse) avec ses chambres à 3 dollars la nuit. Et à ce prix là, la télé et la clim', c'est tintin!!!
Merci de ta patience cher lecteur, chère lectrice, madame, mademoiselle, monsieur
Et s'il te reste ne serait-ce qu'un peu de forces, je t'avoue bien volontier que ce serait bien sympathique de pouvoir lire quelques commentaires encourageant. Je laisse des quantités astronomiques de mon temps sur la route pour te pondre des récits pas piqués des hannetons et quand je vois qu'ils disparaissent de la liste apr-ès trois jours car je ne récolte aucuns commentaires, c'est bien rageant quand je vois aussi les autres articles qui pour beaucoup ne sont qu'une énumération de noms d'hotels avec leur description sur deux lignes. Merci d'avance. Mon plaisir, c'est ton plaisir. Mi casa es su casa
Mise à part les histoires renversantes de scooters renversés, nous en étions restés à ce qui remonte maintenant à plus d'un mois, l'arrivée à Siem Reap et la visite annoncée des temples parmi les plus enchanteurs de la planète et de ses environs, ceux d'Angkhor et de sa banlieue de jadis. Vous avez donc repris votre place dans votre siège préféré, le printemps a renvoyé l'automne jusqu'à l'année prochaine, le PSG se remet à perdre des matchs par 3 buts d'écart, la normalité reprend ses droits. Seule chose qui a changé dans l'intervalle, j'ai soufflé mes 33 grains de riz et suis donc encore plus plein de sagesse qu'avant, mouvement sans doute contre-balancé par la perte de quelques cheveux supplémentaires, on ne peut pas tout avoir...
La ceinture de sécurité est donc attachée, tous les signaux sont au vert, on est prêt à partir. Veillez quand même à garder les bras à l'intérieur de la cabine, ça secoue pas mal! Après, je sais, ce n'est pas très pratique pour prendre des photos, mais sachez que ça aussi, je m'en charge, vous n'avez qu'à cliquer sur l'icone cambodgienne.
En Turquie, je suis allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Syrie, en Jordanie, je suis aussi allé et j'ai vu des cailloux de partout. En Egypte, j'ai vu des tas de cailloux comme des montagnes. Au Népal, j'ai vu des montagnes faites de cailloux. En Thaïlande, ça s'est calmé. Mais au Cambodge... Ca repart dans la démesure
A Siem Reap, avec Maman et Pedro, on est donc comme je l'ai déjà décrit comme des coqs en pâte. Le soleil brille. Le est parti et au matin du 21, on rencontre notre nouveau guide Savout qui nous accompagnerapour les 5-6 jours suivants. Deja bien échaudés ou refroidis par le débit constant façon mitraillette de Le, Madro et moi étions bien impatients de rencontrer Savout et les premiers instants ont consisté à l'explication claire de nos souhaits : pas de cours magistral sur chaque micro-portion de bas-relief, les explications à l'intérieur des temples c'est mieux qu'à 100 mètres de distance, le minibus peut être un agréable moyen de locomotion si on a pas en permanence à se concentrer sur l'histoire de la moindre feuille tombée à terre ou sur le récit en douze volumes de ce qu'on peut voir en un clin d'oeil. Ca a l'air barbare comme procédé de dire à un guide même gentiment de la fermer quand c'est pas nécessaire, mais au moins ça a servi à quelque chose, Savout nous laisse bien souvent quartier libre tout en prenant la peine de décrire, dans la limite du raisonnable, l'essentiel de ce qu'il est intéressant de savoir.
J'en arrêterais donc là sur Savout en ajoutant que c'est un prénom assez facile à retenir sauf quand on s'appelle Bibi. Pour tenter de m'en souvenir, en gros malin que je suis, je me sers du français "sa voute". Seulement après quelques jours, je suis complètement paumé et ne cesse de l'appeler "ta soute". Et comme c'est pas son prénom, je comprends mieux maintenant pourquoi il ne tourne pas systématiquement la tête quand je l'interpelle... (sic)
Ce premier matin à Siem Reap, on est donc gonflé à bloc, avides de visites. Et on est pas deçu! En 5 heures de temps, on enchaine 4 temples différents!!! Tout ici étant dans un rayon assez restreint c'est facile de faire des sauts de puce d'un sîte à l'autre, c'est pour ça; on est pas des machines je vous rassure! A chaque visite, on prend le temps de flaner, de regarder les arbres centenaires, de dénicher l'angle parfait pour le cliché parfait itou, de boire un peu d'eau car malgré l'ombre forestière, il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière. D'ailleurs en parlant de glacière, on en a en permanence une dans le minibus et c'est pas du luxe si on excepte le fait qu'à l'intérieur on trouve aussi des petites lingettes jetables raffraichissantes qui font la joie des déchèteries pour peu qu'elles y finissent!
Les temples s'enfilent donc les uns après les autres entre chaleur extérieur et climatisation automobile.
A chaque nouvelle visite également, on est assailli par les gamins qui ont tous quelque chose à vendre : des babioles, des livres, des vêtements, etc... Et comme Maman et Pedro ont déjà craqué à l'appel de l'achat de souvenir, c'est maintenant mon tour de distribuer quelques billets. Je jète mon dévolu sur un pantalon de pêcheur à taille unique et une chemisette blanche de taille M. On quitte les environs dans la foulée et alors que l'on est dans la voiture, je me prends de faire une scéance d'essayage et bien m'en a pris. Ne réalisant pas que les cambodgiens font en moyenne 1m65 et 40kg, ma chemise est immettable, chez nous ce serait du 12 ans!!! Demi-tour, illaritée générale chez les petites vendeuses, l'échange se passe dans la joie et la bonne humeur. Et comme avant, à partir de maintenant je n'ai plus besoin de rien concernant mon trousseau, donc plus de dépense futile. Enfin on verra bien...
La dernière visite de la journée s'effectue à Ta Prohm et est, à n'en pas douter, un écarteur de mirettes en puissance. On arrive sur les lieux en traversant une grande terrasse pavée et la première chose qui saute aux yeux est un arbre qui pousse à travers la terrasse. Comme dirait Pierre Fulat, il est d'un assez beau gabarit! Ses racines explosent une à une les pierres environnantes pour couvrir une superficie plus grande que mon ancien appartement parisien. Après avoir vu celui-ci, on se prend à regarder les arbres plus particulièrement, et on constate qu'ici, la spécialité locale c'est pas le bonzaï!! En regardant vers la façade de Ta Prohm, on en remarque deux autres. Le premier est devant le temple et a poussé sans entraves. Derrière son tronc, une armée entière pourrait se cacher, il faudrait peut-être 20 personnes se donnant la main pour en faire le tour. Le deuxième est bizarrement installé; alors qu'on est devant la façade, celui-ci semble pousser tout contre celle-ci mais à l'intérieur du temple, faisant fi du toit s'il y en a un, faisant fi des murs de pierres de 3 mètres d'épaisseur et c'est bien ça qu'il y a ici. En entrant dans le temple, on comprend alors ce qui se passe et ce qui fait le renom de Ta Prohm : les frangipaniers et autres ficus ont été laissés tels quels par les archéologues permettant de voir la force avec laquelle les arbres servent du temple pour se structurer. Et ce 1er exemple à l'entrée est un exemple de choix si on en croit le nombre de japonais et autres coréens se faisant prendre en photo devant. Pour tout vous dire, il m'a fallu près de dix minutes pour pouvoir déclencher!! Même avec des cartons jaunes, c'est pas possible!!! Ils sont trop nombreux, et moi, trop bon trop con, comme d'hab'.
On passera près d'une heure et demi ici à slalomer entre les groupes et même dans ces conditions, c'est une tuerie intégrale. A chaque virage, on est le cul par terre, littéralement écrasé par la nature envahissante. Pour les connaisseurs, c'est pas un pays pour Jayce, c'est le royaume des monstro-plantes!!!!! Et la seule raison pour laquelle on repart de là, c'est qu'on a rien mangé depuis 7h30 du matin, qu'il est déjà 14h et qu'on se mettrait bien une fourchette garnie entre les dents. Si on ajoute en plus le fait que tous les visiteurs aillant mangés à un heure traditionnelle commencent à débarquer en masse, il est grand temps!!
On convient donc d'un retour à la case Siem Reap, d'un plouf dans la piscine ou d'une sieste après un repas bien mérité, et d'un rendez-vous avec Mazout (NDLR : c'est Savout mais c'est pour voir si vous suivez...) pour se délecter d'un coucher de soleil sur Angkhor Wat depuis une colline environnante.
Et à 17h, on est tout ragaillardi, il est l'or, l'or de se réveiller...
C'est donc un retour dans le minibus jusqu'aux pieds du Phnom Bakheng, le temple en haut de la colline. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas les seuls à avoir eu cette idée lumineuse décroissante du coucher de soleil... Pour accéder au sommet, il faut longer un petit chemin qui ressemble à cette heure au centre-ville de Bangkok! C'est la course des appareils photos pour déterminer qui aura la place la plus stratégique. Nous au sommet, on est pas pressé, ça grouille déjà. Un groupe d'une demi-douzaine d'éléphants attend patiemment le retour des appareils photos pour la descente au pas de pachiderme. C'est l'occasion d'aller taté la bêête. Aussi l'occasion de se rendre compte que la montée à dos d'éléphant coute plus cher que la descente, pas fous les cambodgiens, ils savent y faire!!!
Le coucher de soleil en lui-même est pas mal mais sans plus comme en conviendra aussi Madro ce qui n'arrange rien quand on le partage avec tous les appareils autofocus des environs. En tout cas, cette ballade aura eu le mérite de nous donner à voir un chouette point de vue mais qui n'est rien à côté du chemin retour lorsqu'on demande au chauffeur d'arrêter le van à hauteur d'Anghkor Wat éclairé de mille feux alors que la nuit est déjà tombée. Sublime!! Vivement demain!!
La soirée s'est vite enchaînée, nos corps meurtris par l'effort d'une journée de découverte (trop dur...). La soirée s'est vite enchaînée, nos corps alertés par le réveil du lendemain à 5H30 pour le lever de soleil à Angkhor Wat (trop dur...).
Le 22 commence donc à la nuit noire et tout le monde, y compris votre serviteur, est debout de bon pied bon oeil, plein d'entrain et d'expectative. On quitte l'hotel alors que tout le monde dort tranquille, du moins en apparence... En apparence car comme la veille au soir, j'ai l'impression que tous les touristes à 1000km à la ronde se sont donnés rendez-vous pour partager notre petit déjeuner! C'est la première fois qu'on pénètre dans l'enceinte du temple. A l'intérieur, les dimensions sont gigantesques, la perspective à couper le souffle et la lumière sublime. Malgré la foule des flashs qui crépitent, on arrive à se frayer un chemin jusqu'à avoir un petit lac à l'eau stagnante à nos pieds avec derrière le temple majestueux, et avec le reflet, ça fait deux trésors pour le prix d'un! Que demande le peuple? Deux heures à regarder le soleil se lever, voilà ce qu'il demande le peuple! Et en plus, il l'obtient!! Du coup, il est content le peuple!! A l'heure où on quitte le temple, on est quasiment les derniers à avoir assisté au lever de soleil. C'est l'heure où nous croisons ceux qui ne se sont pas levés aux aurores qui vont à leur tour s'entasser à notre place.
Nous, on quitte Angkhor Wat pour nous diriger vers un temple plus petit et peut-être plus tranquille, le Banteay Srei. C'est d'ailleurs un temple qui comme de nombreux autres temples des environs est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'UNESCO qui, s'ils ont une place de conservateur à mi-temps, je suis preneur. A bon entendeur... Et bien pas de bol, notre petit temple tout mignon, reputé pour ses sculptures fines comme de la dentelle, est également pris d'assault. Nom de dieu c'est pas possible!!!! Ils sont partout!!! Ahhhhh, elle est loin la Syrie... Pour ma part, submergé par le flot inninterrompu des visiteurs et la chaleur micro-ondesque, la visite se fera au pas de course. A l'extérieur du délicat édifice, de la musique se fait entendre. Un groupe de musiciens mutilés joue des airs traditionnels, et à l'ombre en plus. C'est plus qu'il n'en fallait! Ajoutez à cela de l'eau fraiche et une cloppe, ça fait du bien par où ça passe!
Et cette petite pause à l'ombre, il fallait bien ça car la suite du programme est orientée "sport". L'ascension d'une nouvelle colline est prévu par la face nord. A moins que ce soit la face sud. Pas sur... En tout cas 1200m, non pas de dénivelé mais de long, à gravir avec tous les 100m, un petit panneau indiquant combien il reste pour atteindre le "sommet", ça rassure le chaland. Et au sommet, l'intéret est multiple. Une rivière serpente lentement et dans le lit du ruisseau se trouve de nouvelles sculptures multi-centenaires. Un crocodile par ici, un vishnou par là, c'est plaisir. Mais ce qui est encore plus plaisir, c'est qu'ici, c'est la maison de milliers de papillons qui volent en tous sens. Il y en a tellement que certains ne savent plus où se poser et atterrissent avec légèreté soit sur mes bras, soit sur mes jambes, soit sur ma tête; jusqu'à trois papillons en même temps entre mon nez et mon front. - "Eh, papillons, il y a pas écrit piste d'atterrissage ici!! On restera là-haut le temps de sécher un peu et c'est pas du luxe! Déjà quand je marche, c'est rapidement les Grandes Eaux du Chateau de Versailles, alors imagine quand je gravis!!
Et le déjeuner dans tout ça? C'est pour maintenant. Comme la veille, il est 14H30 quand on arrive à table. Un croc, un plouf, une sieste, on est pas des boeufs et on peut pas gravir toute le journée!! Les après-midi sont douces à Siem Reap et les apéros avec Madro quotidiens grace à deux bouteilles de vins de nos contrées et une bouteille de whisky qu'on sera loin de finir, la faute sans doute au climat. Et ouais, on est ni en Ecosse, ni en Irlande.
On en arrive au 23, ça va vite. La journée va encore être marquée par quelques plats de résistance à commencer par la cité fortifiée d'Angkhor Thom, ancienne capitale khmer, peuplée jadis d'un million d'habitants quand Londres n'en comptait encre que 25.000. L'endroit, eu égard à son immense notoriété, est une nouvelle fois la proie de la foule et en son centre se trouve son joyau, le Bayon, qui arrive en tête ou pas loin des fréquentations. Et tout ce monde attire quoi, je vous le demande. Des p'tits vendeurs par centaines. Comme j'ai déjà acheté tout ce dont j'avais besoin, je me suis promis de ne pas céder à la pression des gamins qui nous suivent sur plusieurs centaines de mètres pour nous vendre fleurs ou bracelets. Et j'ai tenu bon!! Enfin jusqu'au stratagème d'une petite géniale. Elle me dit : - "Si je te bas au morpion, tu m'achètes mes cartes postales!" - "OK! Ca roule!" Je ne sais pas si quelqu'un a déjà perdu en jouant aux morpions mais c'est quasiment impossible, toutes les parties finissant par un match nul. C'est donc le jeu le plus con du monde à égalité avec la bataille. En plus, la gamine ne commence pas en mettant sa croix au centre comme chacun ferait, facile... Seulement je ne sais pas pourquoi, sans doute avais-je un peu de peine pour ma petite effrontée, mais moi non plus je ne me suis pas installé gracement dans la case du milieu, préférant choisir sans réfléchir un autre angle. Et bien en deux coups de cuillères à pot c'était réglé, je me suis fait explosé au morpion!!! Par une gamine de 8 ans!!!! Résultat des courses, j'ai 10 cartes postales cambodgiennes que je me traine depuis! Et ca fait plus d'un mois!! Comment j'ai pû perdre au morpion?!? Un moment d'absence sans doute... Mais la prochaine fois, je sais. Pas de pitié, je prendrais la case du milieu, y'a pas écrit que con là!!!
On a ensuite fini par rentrer au Bayon et dès la porte franchie, ç'en était fini de mes malheurs aux jeux et à nouveau la Claque. La spécificité du temple, ce sont les visages hauts de 2 mètres qui sont sculptés dans la roche. Il y en a des dizaines et ça donne un aspect mystique certain à l'ensembl? Vas-y je t'en prie. Je veux faire une photo, tu passes devant comme un conn..d, c'est pas grave? non...
En tout cas, avec Ta Prohm, le Bayon est la chose la plus remarquable de tout l'ensemble qui m'ait été donné de voir ici. Il faudrait que j'étoffe ma liste de superlatifs pour bien en retranscrire la mesure parce que WHAOUUUU!!! En plus, juste à côté, toujours sur le sîte d'Angkhor Thom, se trouve d'autres sîtes de beauté égale ou presque : la terrasse du roi lépreux et celle des éléphants. Au cours de cette visite, je rencontre deux moines avec lesquels je discute quelques minutes et ces deux moines, on les retrouve moins d'une heure plus tard pour la visite plus approfondie qu'au lever de soleil d'Angkhor Wat, le plus emblématique des temples. Chose surprenante, cette fois-ci, nous sommes pour ainsi dire tout seul dans le batiment. C'est à n'y rien comprendre... Ca me permettra de rediscuter avec mes amis drappés de jaune orangé et de prendre d'eux des clichés que je chéris. Merci les gars!!
Il est comme d'hab' 14h ou plus quand on va déjeuner. Cette fois-ci on choisit un endroit qui s'appelle le Butterfly Garden. C'est un resto niché dans un jardin qui a la particularité d'être une serre à papillons. Tout le jardin est entouré jusqu'au plafond d'une sorte de grande passoire en métal qui permet aux papillons de voleter gaiement devant les yeux de ceux qui s'en mettent plein la panse! La seule chose, c'est qu'il n'y a pas de steack de papillon ou de cuisse de papillon au menu mais soit!
L'après-midi est une nouvelle fois un joyeux vautrage entre lit en chambre climatisée et piscine en jardin fleuri. Mais la journée ne serait pas close sans un petit dessert : le coucher de soleil directement à Angkhor Wat et pas sur la colline maudite où les gens s'entassent comme sur une plage méditerranéenne. Encore une fois, un peu de monde et beaucoup de plaisir! Monbut nous permet de rester jusqu'à plus soif, jusqu'à la fermeture des portes.
Et quand t'as plus soif, t'as encore soif, apéro sur la terrasse, un dîner, un suppo et au lit! Le programme du lendemain a été un tantinet modifié par nos soins, le réveil sonnera aux aurores et on retournera à Ta Prohm admirer le lever de soleil sans la foule des badots, youpi!!!
Et comme prévu, paradis sur terre, on est quasiment les seuls, tu parles d'une différence énorme. Tout autour n'est qu'un festival de sons et lumières, le cri des oiseaux magnifiant le paysage. Dans ces cas-là, impossible de rêver à une grasse matinée, le rêve se passe éveillé, les yeux grands ouverts.
On poursuit la matinée avec la visite d'un grand bassin malheureusement à sec dû à la saison sèche. Saison sèche au dessus de la tête mais trempée sous le T-shirt, je ne vais pas revenir sur la chaleur...
Et après une ultime visite de temple, à nouveau superbe, dont j'ai malheureusement oublié le nom, il est temps de revenir à notre douce routine Dèj-piscine-sieste.
Ce 24 s'achève sur un tour en ville par la rencontre avec les Artisants d'Angkhor qui à longueur de journée, peignent, laquent, poncent, vernissent, sculptent, dorent à l'or fin les statuettes qui iront garnir les étagères des vendeurs de souvenirs de la ville. C'est d'autant plus agréable que pour l'occasion Tacrout laisse la place à un guide féminin, il était temps!!!
Un nouveau resto plus tard et on en a fini avec Siem Reap côté terre. Il est temps de voir la zone côté lac. En effet, au sud de Siem Reap s'étale le Tonle Sap, un lac qui s'alimente de l'eau du Mékong et qui entre la saison sèche et la saison humide voit sa superficie être multipliée par 4!!!!!
Le 25 est donc tout entier tourné vers lui. C'est donc vers 9h du matin qu'on embarque sur un petit bateau de bois en direction du bureau du parc national, lui même posé sur l'eau dans un village flottant où tout flotte de l'école au bureau de police. C'est là qu'on obtient notre sésame pour pénétrer Prek Toal, une biosphère considérée comme la première réserve d'oiseaux en Asie du sud-est. Pour ma part, je n'ai jamais été, et ça fait con de le dire, un grand fan d'oiseaux. En grand parisien, mes principales connaissances se limitent aux rats volants qu'on appelle aussi des pigeons et aux moineaux qui ont le mérite d'être plus petits et donc moins salissants quand une fiente vient à vous frapper au front. Mais ici, c'est une toute autre échelle. Il y a là notamment des grues, des cigognes, des ibis, des pélicans, des grues... Et le truc, c'est qu'ils sont partouts par dizaines voire par centaines. Quand le bateau navigue, les zozios s'envolent sur notre passage, c'est magnifique!
Comme d'habitude, et ce même si on est à des années lumières de notre rythme habituel, on s'arrête peu avant 15h pour déjeuner sur un restaurant flottant au milieu du lac. La vue est chouette mais ce qui détonne, c'est la faune locale. Dans un coin du restaurant trone une immense glacière bleue. Et à l'intérieur dort ou presque un boa de plusieurs mètres de long prêt à être cuisiner. Impossible de résister à la tentation de toucher l'animal pour moi. Un cambodgien passe alors derrière et lui ne résiste pas à la tentation de soulever le serpent de sa nouvelle et éphémère maison en plastique pour nous montrer son courage ou sa démence, au choix... Autre particularité du restaurant flottant, il y a là un enclos pour crocodiles. Ils sont une dizaine et ceux-là, pas moyen de les toucher!!!! En tout cas, ça a au moins le mérite d'être insolite pour nos yeux franchouillards, merci les crocos!!! Et considérant ce qu'on trouve ici, pour la baignade, ce sera pour un autre jour!!! Ou pas!!!!!!
On est finalement rentré à l'hotel à la nuit tombée et célébré ce qui est notre dernier soir ensemble, plus mon anniversaire à venir, non pas avec un gateau à la crème ou au chocolat mais avec une glace, ce qui est évidemment bien plus approprié ici bas. Parce que le chocolat ici, c'est un peu comme la nourriture casher à Gaza, s'il y en a, il y a forcément un piège...
Le lendemain, 26, ne sera qu'aux revoirs et bisous car Madro est parti bien de bonne heure. J'ai profité de ma chambre de nabab jusqu'à la dernière minute, c'est à dire 11H59 pour profiter de l'eau chaude, la clim et même un petit peu de télé. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois car le prochain mouvement prévu est un déménagement chez Naga GH (guesthouse) avec ses chambres à 3 dollars la nuit. Et à ce prix là, la télé et la clim', c'est tintin!!!
Merci de ta patience cher lecteur, chère lectrice, madame, mademoiselle, monsieur
Et s'il te reste ne serait-ce qu'un peu de forces, je t'avoue bien volontier que ce serait bien sympathique de pouvoir lire quelques commentaires encourageant. Je laisse des quantités astronomiques de mon temps sur la route pour te pondre des récits pas piqués des hannetons et quand je vois qu'ils disparaissent de la liste apr-ès trois jours car je ne récolte aucuns commentaires, c'est bien rageant quand je vois aussi les autres articles qui pour beaucoup ne sont qu'une énumération de noms d'hotels avec leur description sur deux lignes. Merci d'avance. Mon plaisir, c'est ton plaisir. Mi casa es su casa
On descend dans la campagne en minivan, (intonation plate)
on descend dans la campagne en minivan, (intonation montante)
on descend dans la campagne, on descend dans la campagne, (qui monte qui monte)
on descend dans la campagne en minivan! (exclamation finale)
Tralala la youpi,
trala la youpi youpi ya!!!
Six jours passés à Phnom pen pour moi et quatre jours pour Madro, ça commence à faire! D'autant que Phnom Pen, c'est pas Istanbul, c'est pas Bangkok, une fois que tu en as fait le tour, si tu recommences, c'est forcément que tu es devenu subitement amnésique entre temps! Je ne vois pas d'autre explication. Et comme le programme est bien fait, nous nous sommes justement conduit en province, sur la route toute la sainte journée.
On s'en rend vite compte, moins vite pour moi qui ai pris l'habitude de dormir sur la banquette arrière, mais vite quand même.
Au cours de la matinée, le minibus s'arrête à une sorte de marché à Skuon. Rien de particulier jusque là. Mais en descendant on est assailli par des 'tites nenfants qui promènent amoureusement des mygales sur leurs vêtements. Les bestiaux font dans les 40 kilos et dans les 2 mètres de circonférence!!! Non, je déconne, disons plutot dans les 10 centimètres de long et c'est déjà pas mal. Elles ont tout l'attirail qui en font la grande favorite des arachnophobes : des petits yeux fourbes, de longues pattes poilues et la désagréable habitude de courir plutôt que de marcher! Dès qu'un touriste se présente, les gamines se font la course et tendent au premier venu leur animal de compagnie. Après, à chacun de voir s'il a envie de se faire grimper dessus par un cauchemard à huit pattes. Pedro passe son tour. Maman passe son tour. Il faut bien que quelqu'un s'y colle! C'est donc moi... On me pose une bestiole sur la main et la coquine se met à remonter le courant en direction du buste. Et elle gambade. Et elle gambade. Quand je veux la reprendre dans ma main en l'arrachant à mon T-shirt, la sauvageonne s'aggripe de toutes ses forces à l'aide de ses griffes pas assez longues pour transperser le T-shirt mais assez pour ne pas qu'on l'en déloge facilement! La bougresse a de la pogne en plus d'avoir de la cuisse!!!
Je comprends ensuite en regardant aux alentours qu'elle est surement beaucoup plus à l'aise sur moi que là où sont ses congénères. Skuon s'est fait une specialité dans l'araignée frite (du verbe frire). En effet, au milieu des stands, une femme est assise par terre gardant devant elle un grand plat creux dans lequel gisent des dizaines de mygales noircies par la cuisson. Pas la peine de préciser que pour le petit déjeuner local, tout le monde s'est abstenu cette fois, pas moyen que je sois l'exception à la règle, je sors de ma nuit et l'araignée frite n'est pas vraiment super sexy pour mes papilles à l'heure où j'ai déjà du mal à avaler des tartines!
Et le menu ne s'arrête pas là. Juste à côté de celle qui vend la friture à huit pattes se trouve une autre dame qui elle vend les sauterelles griées, elles aussi par dizaines voire plus. Amis des verrines et des petits fours... Nous une fois de plus, on passe notre tour. On remonte en voiture et après un tel programme, il faut qu'on se mette aux vers. Euh non, au vert!
On a donc rendez-vous d'abord dans une plantation d'hévéas puis dans un usine de latex pour voir toute la chaîne. La plantation d'hévéas, c'est mignon et pas très bandant. Des rangées d'arbres sur des kilomètres, en route vers l'usine.
A l'entrée de celle-ci, on nous donne des passes comme des VIP. La visite commence. A l'intérieur, ca a beau être ajouré, il fait une chaleur de bête. L'usine ne tourne pas à plein régime car les arbres sont au repos, pas comme les employés qui transpirent à sortir de machines des briques de latex brut de 40 kilos. Moi, si je fais çà une journée, à la fin c'est sûr, je fais 40 kilos!!!
A l'issue de la visite, on retourne en voiture sans recevoir un pneu ou des préservatifs en guise de cadeau, tant pis...
L'après-midi, on part visiter un nouveau temple angkhorien. Comme à son habitude, Le nous sort son exposé alors que nous restons plantés à l'entrée du site. Non loin de là, des vaches broutent paisiblement, je choisis les vaches et suis désolé pour Madro. A partir de ce moment là, de façon complètement implicite, on procède à une sorte de roulement pour que d'une part Le ne parle pas au vent (de toute façon il n'y a pas de vent, pas même une petite brise), et que d'autre part, chacun puisse reposer un temps soit peu ses esgourdes meurtries par un flot ininterrompu de paroles monocordes.
Au moment de rejoindre tout le petit monde dans le temple, je suis suivi par quelques jeunes filles qui veulent toutes me vendre de l'encens pour honorer Bouddha. A la première, je dis non merci. A la deuxième, non merci et ainsi de suite. Mais les gamines sont plus accrocheuses qu'un pitbull et alors que je suis maintenant dans l'enceinte du temple, voilà que les vieux s'en mèlent aussi jusqu'à rendre l'atmosphère sonore complètement irrespirables. J'en suis même à regretter de ne pas être resté avec Le!!! Au bout du compte, je craque, si on peut dire, et achète son encens à une petite fille. Et bien les autres ne sont pas découragées pour autant et me poursuivent comme une compétition pour honorer celle qui sera la plus insistante. C'en est trop, mon Karma va craquer, je tente une sortie. Et les filles aussi... Heureusement quand même, je parviens à garder mon calme même si ma visite est complètement ruinée de bruit. Quelques sourires plus tard, ce sont toutes mes amies toujours aussi collantes mais au moins dans un esprit plus joyeux. Ca va mieux et au moins on est prévenu, qu'à partir de maintenant, à l'approche des temples, c'est la foire d'empoigne pour vendre souvenirs, cartes postales & Cie. Il va falloir faire le vide un paquet de fois car jusqu'à présent, on a visité que trois ou quatre temples différents, disséminés dans la forêt et qu'il nous en reste une petite quinzaine dont les plus importants, les plus bondés, les plus vendeurs.
Après cette dernière visite du jour, il ne nous reste plus qu'à rejoindre Kampong Thom, notre ville étape pour la nuit. C'est la première fois qu'on change d'hotel et cette fois il n'est pas question de Phnom Pen ou siem Reap, et malgré nos gouts pour le luxe et les baignoires en or massif, il faut faire avec ce qu'on trouve... Attention, ce n'est quand même pas le formule1 du coin mais disons que la comparaison avec le Juliana n'est pas flateuse.
Quintessence de cette différence marquée, le petit déjeuner. A mon réveil, je croise déjà Maman qui en a fini. Elle a beau me mettre en garde sur l'omelette et le reste, je viens de me réveiller, j'ai mal aux yoeufs... A table, ne reste que Pedro, qui lui aussi reste sur sa faim. Il me met en garde itou, on verra bien... Mon assiette arrive, ça n'a pas l'air si crade. Seulement entre l'air et le gout, il y a un monde!!
Ca me rappelle une anecdote que j'avais oublié d'écrire jusque là. Quand j'étais avec Mary à Phang-Nga en Thaïlande, on avait chercher à se faire un petit déjeuner. Après avoir tournés en rond pendant près d'une heure, on avait fini dans un boui-boui de première. J'avais commandé deux tartines et Mary avait commandé une pizza aux saucisses (ahhhh, l'Allemagne...). Je ne m'en suis toujours pas remis et glousse de mémoire en me rappelant qu'elle a failli casser sa fourchette dedans, qu'elle a changé de couleur à la première bouchée et qu'on a été obligé de faire discrêtement appel au chien de la cuisinière pour nous rendre à l'évidence : c'est tellement imbouffable que même le chien n'en a pas voulu!!!!!!!!!!!!!!
Et bien cette fois avec Madro, c'est la même chose!! Et comme il n'y a pas de chien, impossible de faire la démonstration. Tant mieux pour le pauvre quadrupède!!! Heureusement qu'il nous reste des fruits de la veille dans la glacière, on pourra au moins se venger là-dessus! Et c'est pas grave si le sachets dans lequel sont contenus les fruits est crevé et donc plein d'eau provenant de la fonte des glaces, c'est de loin meilleur que toutes les omelettes de Kampong Thom réunies!!!
Et en voiture Simone, on est reparti! Dans la matinée, alors qu'on est sur la route depuis une petite heure, je me fais un petit challenge perso'. Le parle sans discontinuer depuis le départ et en mon fort intérieur, je me fais le pari que dans les 10 minutes qui viennent rien ne va changer. Si j'ai raison, je suis le seul qui gagne car je vais dormir à l'arrière. Si j'ai tort, tout le monde a gagné, c'est la loi du silence qui s'impose. Qu'est ce que tu penses qu'il se passa? Regarde ta montre et compte 10 minutes, tu te rendra compte que ça peut être très très très long... Et bien ça n'a pas manqué, 10 minutes de monologue ininterrompu plus tard, j'enjambe mon siège et ferme les yeux. C'est d'ailleurs étonnant de voir à quel vitesse un discourt énervant peu devenir subitement un discourt endormissant!!
Je suis tiré du sommeil par une Maman à bout de nerfs ou presque... Il faut dire qu'elle n'a pas de bol. Depuis le premier jour à Phnom Pen, chaque fois qu'on prend le minibus, elle est assise derrière à gauche de Le. Et comme celui ci se retourne pour nous parler, Maman est donc aux premières loges, difficile dans ces conditions d'éviter les balles. Pedro, lui est assis juste derrière Le qui n'est pas un hibou et ne peut donc pas tourner sa tête à 180 degrés. Il est donc le plus souvent en dehors du champ de vision de Le qui ne peut pas le regarder, tout au plus le voir. Moi, je suis un cran derrière, toujours entre deux siestes.
La suite, c'est deux nouveaux temples. Pour le premier d'entre eux, notre timing coïncide avec une classe cambodgienne qui le visite aussi. L'ambiance est bon enfant, les sourires automatiques. Dans le second, on ne croise que quelques touristes (5 ou 6, pas la mort...) qui vagabondent entre des arbres hauts comme des immeubles et des tours de pierres délicatement scuptées voilà 800 ans. Seule annecdote qui me revient à propos de ce temple, on y croise en plus d'un écein d'abeille collossal dont la surface bouge comme des vagues alors que chaque abeille fait bouger sa voisine et ainsi de suite, des fourmis rouges dont une me pique sur le pied. La piqure est douloureuse à souhait mais ça ne dure pas, heureusement que personne n'a marché dans une fourmillière, parce là...
Dernière étape de la journée pour laquelle il a encore fallu me sortir des nymbes. Un pont d'époque, c'est beau et nous occupe un quart d'heure, grand maximum.
Il est 14h quand on arrive à Siem Reap à l'hotel Day Inn. Rappelez-vous comment j'ai décrit l'arrivée à l'hotel de Phnom Pen; et bien multipliez par au moins 2 et le compte y est. A nouveau le portier. A nouveau le porteur. A nouveau la piscine. Mais là où les chambres du Juliana ressemblaient à du moyennement supérieur (plus je fume des Alain Delon, plus j'ai les critères et le melon qui enflent), ici ça ressemble à du supérieurement supérieur : Fleurs sur les lits, panier de fruits, la télécommande la plus évoluée que j'ai jamais vu pour tout contrôler, et pour finir, Madro sont au premier étage et ont droit à un petit balcon, moi, je suis au rez-de-chaussée avec une large terrasse donnant directement sur la piscine... Rien à ajouter si ce n'est qu'à partir de maintenant oubliez le tutoiement que je ne tolère plus.
Ajoutez à cela le fait qu'on dit "au revoir" à Le qui rentre à Phnom Pen, remplacé ici par un de ses collègues, le compte est bon. Il nous faudra bien une après-midi entière pour se faire à cette overdose d'over-choses.
Sachant qu'en plus à partir du lendemain, on entame le lourd, le très lourd, comme on dit ici la huitième merveille du monde, Anghkor Wat et ses environs... Ca fait chaud dans le slip!!
Quant à vous, mes p'tits candides, si ça vous fait ne serait-ce qu'un tant soit peu tiède dans le slip, c'est toujours ça que l'été n'aura pas et ça suffit à mon bonheur. C'est pas mentir que dire que vous me manquez, que j'ai souvent un lit king size dont je suis seul à profiter, que la piscine est assez grande pour nous tous. Au plaisir de vous voir ici ou ailleurs. C'est pas le choix qui manque. Grosses bises du haut de mes 32 ans et plus que demi.
Six jours passés à Phnom pen pour moi et quatre jours pour Madro, ça commence à faire! D'autant que Phnom Pen, c'est pas Istanbul, c'est pas Bangkok, une fois que tu en as fait le tour, si tu recommences, c'est forcément que tu es devenu subitement amnésique entre temps! Je ne vois pas d'autre explication. Et comme le programme est bien fait, nous nous sommes justement conduit en province, sur la route toute la sainte journée.
On s'en rend vite compte, moins vite pour moi qui ai pris l'habitude de dormir sur la banquette arrière, mais vite quand même.
Au cours de la matinée, le minibus s'arrête à une sorte de marché à Skuon. Rien de particulier jusque là. Mais en descendant on est assailli par des 'tites nenfants qui promènent amoureusement des mygales sur leurs vêtements. Les bestiaux font dans les 40 kilos et dans les 2 mètres de circonférence!!! Non, je déconne, disons plutot dans les 10 centimètres de long et c'est déjà pas mal. Elles ont tout l'attirail qui en font la grande favorite des arachnophobes : des petits yeux fourbes, de longues pattes poilues et la désagréable habitude de courir plutôt que de marcher! Dès qu'un touriste se présente, les gamines se font la course et tendent au premier venu leur animal de compagnie. Après, à chacun de voir s'il a envie de se faire grimper dessus par un cauchemard à huit pattes. Pedro passe son tour. Maman passe son tour. Il faut bien que quelqu'un s'y colle! C'est donc moi... On me pose une bestiole sur la main et la coquine se met à remonter le courant en direction du buste. Et elle gambade. Et elle gambade. Quand je veux la reprendre dans ma main en l'arrachant à mon T-shirt, la sauvageonne s'aggripe de toutes ses forces à l'aide de ses griffes pas assez longues pour transperser le T-shirt mais assez pour ne pas qu'on l'en déloge facilement! La bougresse a de la pogne en plus d'avoir de la cuisse!!!
Je comprends ensuite en regardant aux alentours qu'elle est surement beaucoup plus à l'aise sur moi que là où sont ses congénères. Skuon s'est fait une specialité dans l'araignée frite (du verbe frire). En effet, au milieu des stands, une femme est assise par terre gardant devant elle un grand plat creux dans lequel gisent des dizaines de mygales noircies par la cuisson. Pas la peine de préciser que pour le petit déjeuner local, tout le monde s'est abstenu cette fois, pas moyen que je sois l'exception à la règle, je sors de ma nuit et l'araignée frite n'est pas vraiment super sexy pour mes papilles à l'heure où j'ai déjà du mal à avaler des tartines!
Et le menu ne s'arrête pas là. Juste à côté de celle qui vend la friture à huit pattes se trouve une autre dame qui elle vend les sauterelles griées, elles aussi par dizaines voire plus. Amis des verrines et des petits fours... Nous une fois de plus, on passe notre tour. On remonte en voiture et après un tel programme, il faut qu'on se mette aux vers. Euh non, au vert!
On a donc rendez-vous d'abord dans une plantation d'hévéas puis dans un usine de latex pour voir toute la chaîne. La plantation d'hévéas, c'est mignon et pas très bandant. Des rangées d'arbres sur des kilomètres, en route vers l'usine.
A l'entrée de celle-ci, on nous donne des passes comme des VIP. La visite commence. A l'intérieur, ca a beau être ajouré, il fait une chaleur de bête. L'usine ne tourne pas à plein régime car les arbres sont au repos, pas comme les employés qui transpirent à sortir de machines des briques de latex brut de 40 kilos. Moi, si je fais çà une journée, à la fin c'est sûr, je fais 40 kilos!!!
A l'issue de la visite, on retourne en voiture sans recevoir un pneu ou des préservatifs en guise de cadeau, tant pis...
L'après-midi, on part visiter un nouveau temple angkhorien. Comme à son habitude, Le nous sort son exposé alors que nous restons plantés à l'entrée du site. Non loin de là, des vaches broutent paisiblement, je choisis les vaches et suis désolé pour Madro. A partir de ce moment là, de façon complètement implicite, on procède à une sorte de roulement pour que d'une part Le ne parle pas au vent (de toute façon il n'y a pas de vent, pas même une petite brise), et que d'autre part, chacun puisse reposer un temps soit peu ses esgourdes meurtries par un flot ininterrompu de paroles monocordes.
Au moment de rejoindre tout le petit monde dans le temple, je suis suivi par quelques jeunes filles qui veulent toutes me vendre de l'encens pour honorer Bouddha. A la première, je dis non merci. A la deuxième, non merci et ainsi de suite. Mais les gamines sont plus accrocheuses qu'un pitbull et alors que je suis maintenant dans l'enceinte du temple, voilà que les vieux s'en mèlent aussi jusqu'à rendre l'atmosphère sonore complètement irrespirables. J'en suis même à regretter de ne pas être resté avec Le!!! Au bout du compte, je craque, si on peut dire, et achète son encens à une petite fille. Et bien les autres ne sont pas découragées pour autant et me poursuivent comme une compétition pour honorer celle qui sera la plus insistante. C'en est trop, mon Karma va craquer, je tente une sortie. Et les filles aussi... Heureusement quand même, je parviens à garder mon calme même si ma visite est complètement ruinée de bruit. Quelques sourires plus tard, ce sont toutes mes amies toujours aussi collantes mais au moins dans un esprit plus joyeux. Ca va mieux et au moins on est prévenu, qu'à partir de maintenant, à l'approche des temples, c'est la foire d'empoigne pour vendre souvenirs, cartes postales & Cie. Il va falloir faire le vide un paquet de fois car jusqu'à présent, on a visité que trois ou quatre temples différents, disséminés dans la forêt et qu'il nous en reste une petite quinzaine dont les plus importants, les plus bondés, les plus vendeurs.
Après cette dernière visite du jour, il ne nous reste plus qu'à rejoindre Kampong Thom, notre ville étape pour la nuit. C'est la première fois qu'on change d'hotel et cette fois il n'est pas question de Phnom Pen ou siem Reap, et malgré nos gouts pour le luxe et les baignoires en or massif, il faut faire avec ce qu'on trouve... Attention, ce n'est quand même pas le formule1 du coin mais disons que la comparaison avec le Juliana n'est pas flateuse.
Quintessence de cette différence marquée, le petit déjeuner. A mon réveil, je croise déjà Maman qui en a fini. Elle a beau me mettre en garde sur l'omelette et le reste, je viens de me réveiller, j'ai mal aux yoeufs... A table, ne reste que Pedro, qui lui aussi reste sur sa faim. Il me met en garde itou, on verra bien... Mon assiette arrive, ça n'a pas l'air si crade. Seulement entre l'air et le gout, il y a un monde!!
Ca me rappelle une anecdote que j'avais oublié d'écrire jusque là. Quand j'étais avec Mary à Phang-Nga en Thaïlande, on avait chercher à se faire un petit déjeuner. Après avoir tournés en rond pendant près d'une heure, on avait fini dans un boui-boui de première. J'avais commandé deux tartines et Mary avait commandé une pizza aux saucisses (ahhhh, l'Allemagne...). Je ne m'en suis toujours pas remis et glousse de mémoire en me rappelant qu'elle a failli casser sa fourchette dedans, qu'elle a changé de couleur à la première bouchée et qu'on a été obligé de faire discrêtement appel au chien de la cuisinière pour nous rendre à l'évidence : c'est tellement imbouffable que même le chien n'en a pas voulu!!!!!!!!!!!!!!
Et bien cette fois avec Madro, c'est la même chose!! Et comme il n'y a pas de chien, impossible de faire la démonstration. Tant mieux pour le pauvre quadrupède!!! Heureusement qu'il nous reste des fruits de la veille dans la glacière, on pourra au moins se venger là-dessus! Et c'est pas grave si le sachets dans lequel sont contenus les fruits est crevé et donc plein d'eau provenant de la fonte des glaces, c'est de loin meilleur que toutes les omelettes de Kampong Thom réunies!!!
Et en voiture Simone, on est reparti! Dans la matinée, alors qu'on est sur la route depuis une petite heure, je me fais un petit challenge perso'. Le parle sans discontinuer depuis le départ et en mon fort intérieur, je me fais le pari que dans les 10 minutes qui viennent rien ne va changer. Si j'ai raison, je suis le seul qui gagne car je vais dormir à l'arrière. Si j'ai tort, tout le monde a gagné, c'est la loi du silence qui s'impose. Qu'est ce que tu penses qu'il se passa? Regarde ta montre et compte 10 minutes, tu te rendra compte que ça peut être très très très long... Et bien ça n'a pas manqué, 10 minutes de monologue ininterrompu plus tard, j'enjambe mon siège et ferme les yeux. C'est d'ailleurs étonnant de voir à quel vitesse un discourt énervant peu devenir subitement un discourt endormissant!!
Je suis tiré du sommeil par une Maman à bout de nerfs ou presque... Il faut dire qu'elle n'a pas de bol. Depuis le premier jour à Phnom Pen, chaque fois qu'on prend le minibus, elle est assise derrière à gauche de Le. Et comme celui ci se retourne pour nous parler, Maman est donc aux premières loges, difficile dans ces conditions d'éviter les balles. Pedro, lui est assis juste derrière Le qui n'est pas un hibou et ne peut donc pas tourner sa tête à 180 degrés. Il est donc le plus souvent en dehors du champ de vision de Le qui ne peut pas le regarder, tout au plus le voir. Moi, je suis un cran derrière, toujours entre deux siestes.
La suite, c'est deux nouveaux temples. Pour le premier d'entre eux, notre timing coïncide avec une classe cambodgienne qui le visite aussi. L'ambiance est bon enfant, les sourires automatiques. Dans le second, on ne croise que quelques touristes (5 ou 6, pas la mort...) qui vagabondent entre des arbres hauts comme des immeubles et des tours de pierres délicatement scuptées voilà 800 ans. Seule annecdote qui me revient à propos de ce temple, on y croise en plus d'un écein d'abeille collossal dont la surface bouge comme des vagues alors que chaque abeille fait bouger sa voisine et ainsi de suite, des fourmis rouges dont une me pique sur le pied. La piqure est douloureuse à souhait mais ça ne dure pas, heureusement que personne n'a marché dans une fourmillière, parce là...
Dernière étape de la journée pour laquelle il a encore fallu me sortir des nymbes. Un pont d'époque, c'est beau et nous occupe un quart d'heure, grand maximum.
Il est 14h quand on arrive à Siem Reap à l'hotel Day Inn. Rappelez-vous comment j'ai décrit l'arrivée à l'hotel de Phnom Pen; et bien multipliez par au moins 2 et le compte y est. A nouveau le portier. A nouveau le porteur. A nouveau la piscine. Mais là où les chambres du Juliana ressemblaient à du moyennement supérieur (plus je fume des Alain Delon, plus j'ai les critères et le melon qui enflent), ici ça ressemble à du supérieurement supérieur : Fleurs sur les lits, panier de fruits, la télécommande la plus évoluée que j'ai jamais vu pour tout contrôler, et pour finir, Madro sont au premier étage et ont droit à un petit balcon, moi, je suis au rez-de-chaussée avec une large terrasse donnant directement sur la piscine... Rien à ajouter si ce n'est qu'à partir de maintenant oubliez le tutoiement que je ne tolère plus.
Ajoutez à cela le fait qu'on dit "au revoir" à Le qui rentre à Phnom Pen, remplacé ici par un de ses collègues, le compte est bon. Il nous faudra bien une après-midi entière pour se faire à cette overdose d'over-choses.
Sachant qu'en plus à partir du lendemain, on entame le lourd, le très lourd, comme on dit ici la huitième merveille du monde, Anghkor Wat et ses environs... Ca fait chaud dans le slip!!
Quant à vous, mes p'tits candides, si ça vous fait ne serait-ce qu'un tant soit peu tiède dans le slip, c'est toujours ça que l'été n'aura pas et ça suffit à mon bonheur. C'est pas mentir que dire que vous me manquez, que j'ai souvent un lit king size dont je suis seul à profiter, que la piscine est assez grande pour nous tous. Au plaisir de vous voir ici ou ailleurs. C'est pas le choix qui manque. Grosses bises du haut de mes 32 ans et plus que demi.
Jusqu'à présent, je ne pouvais compter que sur mes dix doigts.
J'avais beau avoir fait partie de différentes équipes tout le long de la route, ce n'était chaque fois que temporaire, on ne se connaissait pas la veille, on s'éclate sur le moment, mais demain, on est sûr de rien...
Or, à partir d'aujourd'hui, tout change! Je reçois des renforts de poids en les personnes de ma mère chérie et son compagnon adoré Pierre dit Pédro. Le programme pour les 10 jours à venir est réglé comme du papier à musique et j'ai déjà hâte d'entamer la partition. En gros, cela va nous conduire de Phnom Pen à Siem Reap, base idéale pour la visite des temples angkhoriens.
Le premier changement auquel il faut que je me plies, c'est qu'il faut que je laisse derrière moi toutes mes auberges sans climatisation, sans eau chaude, sans petit déjeuner compris et sans piscine. Ca risque d'être compliqué au début mais il va bien falloir s'y faire... Dur, dur...
En ce matin de dimanche, je rejoins donc l'hotel Juliana pour attendre les tourtereaux.
Première chose louche en arrivant, il y a un préposé qui est là pour ouvrir la porte aux clients de l'hotel. J'ai vraiment pas l'habitude, ça cloche, j'ai l'impression que c'est Marcel Béliveau déguisé en cambodgien. Le costume et le maquillage sont vachement bien faits, c'est à s'y tromper, mais je ne suis pas dupe, à un moment où un autre, il va bien y avoir quelqu'un qui va surgir d'un recoin sombre en hurlant "suprise, surprise"!! Qui plus est, c'est tellement propre que j'ai l'impression d'être une tache sur la carte postale. C'est le royaume des valises à roulette et je débarque avec mes 18-20kg de sacs à dos! Il y a même un type qui insiste pour porter mon gros sac jusqu'à la chambre, sans déconner...
Deuxième bizarrerie, il y a un grand bassin à l'extérieur où les clients de l'hotel nagent en arborant un sourire de contentement ou se dorent au soleil sur des chaises longues molletonnées. Il parait qu'on appelle ça une piscine, il faut que je me souvienne! Sur le bord de la "piscine", il y a aussi un autre bassin, plus petit celui là, qui fait des bulles par milliers, mais là j'ai toujours pas compris... Il y a également une salle climatisée avec des instruments de musculation, mais là il faut pas me prendre pour ce que je ne suis pas, ça doit bien être un canulard!!! Ils ne m'ont pas regardé ou bien!!!
Je termine mon tour du propriétaire en accédant à ma chambre. C'est propre comme un soulier verni, si je devais passer mon doigt sur les étagères du haut, je suis convaincu que je ne ramasserais aucune poussière et peut-être même que mon doigt en ressortirait plus propre qu'avant, c'est dire!!! Les propriétaires ont troqué la douche douteuse par une baignoire rutilante comme je n'en ai pas eu à la maison depuis mes 10 ans. Je retrouve aussi les plaisirs de la vie sédentaires : les télécommandes. Une pour la télé et une pour la clim. Et comme il y a un room-service, c'est vraiment un coup à passer sa journée entre le plumard et la piscine! Gare au piège!!!
Ca me change tellement de mes hébergements habituels que je me mets à fumer des cigarettes "Alain Delon", ne reste plus qu'à voir si je vais me mettre à parler de moi à la troisième personne!
Je profite donc des plaisirs de ma nouvelle vie en attendant les compagnons d'échappée. Et autour de midi, ils arrivent tout beau tout chaud, et tout blanc aussi. Ca va changer, c'est moi qui vous l'dis! Avec eux arrive aussi Le (c'est pas une faute de frappe, le mec s'appelle "Le"). Il va être notre guide perso jusqu'à Siem Reap, il est courtois comme Gérard Holtz présentant le Téléthon et son français est compréhensible par tous pour peu qu'on fasse gaffe à ce qu'il dit, tant mieux! Mais aujourd'hui, premier jour du circuit, c'est quartier libre, à nous de jouer!
On prend donc un tuk-tuk pour rejoindre les bords du fleuve, boire une bière et déjeuner. Malgré le décallage horaire, pour moi aussi, tout le monde est en forme, un doux parfum de vacances flotte dans l'air. Le parfum de vacances, c'est plus ou moins le parfum du voyage avec de l'extra-confort en plus, comme une voiture avec des sièges en cuir ou une allemande avec des fesses en velours... C'est doux, c'est chaud et ça donne pas d'échardes quand on passe la main.
L'après-midi s'écoule tranquille, on revient à l'hotel à pieds en passant de marchés en marchés juste le temps de transpirer quelques litres. Heureusement, la piscine aura tôt fait de faire baisser la température pour autant que ce soit possible dans une eau à 30 degrés! Et toujours pas l'ombre d'une moustache de Béliveau à l'horizon!! Pour le reste, la fatigue des néocambodgiens se fait sentir après une journée passée entre avions et aéroports, on se quitte relativement tôt après le dîner, suffisamment tôt pour moi en tout cas pour jouer au millionnaire dans ma chambre de ministre.
Le lundi matin, c'est comme un vrai lundi matin, comme quand il faut se lever tôt parce qu'on a un travail. Sauf qu'ici le travail, c'est juste de se lever tôt... Notre guide nous attend à 8h, juste après avoir profité du buffet de petit-déjeuner qui s'étale sur des mètres et des mètres. Seulement, pour moi, un réveil avant 8h est synonyme de tête dans le rectum donc le buffet c'est bien mais dormir le plus tard possible (7h35), c'est mieux.
A 8h donc, tout le monde est sur le pont. C'est une expression, il n'y a pas de pont dans l'hotel, il faut quand même pas pousser... Maman et Pedro sont là, Le aussi, et avec nous Pham, notre chauffeur. Parce qu'en plus on a un chauffeur. Et qui dit chauffeur dit moyen de transport, c'est un minibus de douze personnes avec l'esprit vacances, sièges en cuir et climatisation de série. Notre première étape : une escapade en bateau d'une heure qui nous fait quitter Phnom Pen et sa frénésie de motocyclettes pour nous rendre dans un petit village rural spécialisé dans le tissage de la soie. Sympa comme tout. En plus, là bas on ne croise pas un touriste, les gens ont des sourires sincères qui remontent jusqu'aux oreilles quand ils nous croisent, on est entouré par les vélos et les vaches sur des chemins en terre, bienvenue au Cambodge! En plus, ce qui ne gache rien, j'ai l'impression qu'ici tout est photogénique, les gens, les animaux, les maisons, les arbres, etc. La ballade dure une paire d'heures, le temps pour Madro (contraction de Maman et Pédro, c'est plus rapide et plus rigolo) de rougir sous le soleil assassin. Il a pas fallu longtemps!!
Au retour à Phnom Pen, Lei qui nous a déjà tout raconté de la vie du fleuve dans les moindres détails nous amène à un resto des familles. Il y a des fontaines et des orchidées partout, le discourt à la troisième personne n'est vraiment pas loin
L'après-midi, comme Madro ont dit à l'agence de voyage qu'ils étaient très interressés par les marchés, on arpente de nouveaux étaux (un étal, des étaux?). Des fruits aux poissons séchés, des fleurs aux souvenirs de toutes sortes, rien ne manque même pas la compagnie de Le qui est toujours intarrissable d'histoires à tiroirs...
Le soir même, contre-coup du vol de la veille, on se quitte de bonne heure et de bonne humeur après s'être fait pêter le ventre au buffet dinatoire du Juliana. De la nourriture sur des dizaines de mètres, c'est pas bon pour mon régime... A l'issue, j'ai le ventre gonflé comme une femme enceinte de quatre mois, j'en profite donc pour squatter le bord de la piscine et voir le spectacle d'une douzaine de chauves-souris qui font des ronds au dessus de l'eau en gobant les moustiques avant de mettre la viande dans le torchon.
Le troisième jour, on attaque vraiment les visites. Le rencart est à 8h, il va falloir s'y habituer. Ce à quoi il va aussi falloir s'habituer, c'est que dès qu'on met un pied dans le minibus, Le entame son monologue... Et si tu veux en voir la fin, tu as vite fait d'avoir des toiles d'araignées sous les bras. Le type n'arrête jamais, sur un ton monocorde, et avec un accent dont il faut vraiment se concentrer pour saisir chaque mot. En d'autres termes, j'ai la migraine! En plus, comme en cette journée on fait le tour des incontournables de la capitale, il n'y a pas moyen de l'arrêter, c'est un 33 tonnes sans freins, pris dans une descente à 30°!
On débute avec la visite du musée national. J'ai une impression de vacances quand Le nous présente la petite bonne femme qui travaille ici et qui va donc tout nous dire. Tout nous dire, et merde... Heureusement cette dame fait dans les 1m50 et est donc à même de regarder Maman dans les yeux en nous laissant à Pierre et à moi un repos auditif tout provisoire. Ce la dit, elle aussi est en mode "non-stop" et j'ai vite fait d'aller visiter le musée de mon côté. Il faut dire qu'il n'est pas 9h du matin et que donc... Le musée est quand même interressant et il y un jardin fleurissant au centre où il fait bon faire la moule.
A la sortie, Le nous récupère, il est temps d'avancer. Direction le Palais Royal et la Pagode d'Argent. Ca promet... En y arrivant, Le se découvre une nouvelle mauvaise habitude : on reste à l'entrée pendant qu'il nous fait son laïus, ça dure assez de temps pour que la découverte du site se fasse au pas de charge parce que ça va fermer pour le déjeuner. Et comme on dit dans ces cas là, suivez le guide!! On file donc en vitesse à la Pagode d'Argent, et nouvel exemple, tout autour se trouve une fresque qui mesure des centaines de mètres et Le entreprend de nous raconter en détails ce qu'il s'y trouve alors que le temps presse. Ce n'est pas que ce n'est pas intéressant, mais l'essentiel c'est de profiter du spectacle avec mes yeux pas avec mes oreilles!! J'ai pas envie que quelqu'un nous lise un livre d'histoire illustré le nez planté devant un mur! Si je veux un livre, je vais à la bibliothèque, en plus à la bibliothèque, il est interdit de parler!
Vous avez l'impression que j'en rajoute, sachez que Madro est d'accord sur toute la ligne sur le fait que la pause déjeuner qui s'impose est une douce libération. Qui plus est, après le déjeuner, on s'accorde un break à l'hotel pour profiter d'une sieste avec clim' ou de la piscine en fumant une Alain Delon.
On se redonne rencart à 16h pour une leçon d'histoire contemporaine : le musée du génocide situé dans un ancien centre de détention et extermination appelé S21 sachant que le "S" en cambodgien est la première lettre du mot "tuer". Ca fait froid dans le dos, c'est que le début... Tout le long de la visite, de loin la plus captivante jusqu'alors, on parcourt les batiments laissés en l'état. Fils barbelés, instruments de torture, manuel du savoir-vivre du parfait prisonnier, photos de victimes, tout y est. Partout autour des batiments, des panneaux indiquent qu'il est interdit de sourire. De toute façon, rien ne s'y prête.
Pendant notre tour des horreurs génocidaires, je me demande comment un peuple aussi courtois, souriant, à l'apparence tellement pacifique à pu s'amputer de la sorte, tuant sans aucune forme de procès plus de 2 millions de personnes plus toutes celles décédées des conséquences des privations et autres "traitements de faveur". a l'époque, ça faisait en tout près de la moitié de la population. En quatre ans!!!
A l'issue de ce sinistre périple, je suis tout retourné. C'est comme si le panneau "interdiction de sourire" s'appliquait encore, et alors que nous sommes sur le chemin du retour vers l'hotel, on passe autour du stade olympique. Le nous dit que c'est le rendez-vous de la population en quête de sport, de dance, d'activités X ou Y. Ni une ni deux, je descends de la voiture pour aller m'imprêgner d'autre chose que de barbarie. Et la transition se fait d'elle-même, je retrouve les cambodgiens tels que je les vois c'est à dire qui distribuent des sourires plutot que des décharges électriques. Ca fait du bien! L'entrée au stade est gratuite pour peu qu'on arrive à se glisser entre deux grilles de portail. C'est folklo' bien comme il faut! Et en effet, à l'intérieur, les gradins sont remplis de centaines de personnes qui effectuent des chorégraphies sur des musiques endiablées sur fond de coucher de soleil. En plus, pas un gringo, ah si, moi.
Grace à cette petite encartade au programme, je rentre le coeur léger, et c'était pas gagné! Merci Le pour le conseil qui permet de retrouver l'appétit et de passer une bonne soirée!
Le quatrième jour, on part s'oxygéner à la campagne. Un bateau a été affrété pour qu'à l'issue d'une heure de navigation sur un long canal bordé de rizières, on aille visiter un temple, notre premier de l'époque pré-anckhorienne. Chapeau bas les khmers, il remonte au VIIIème siècle. Cette ballade est à nouveau l'occasion de rotir sous le soleil mais personne ne s'en plaint, ce serait dommage en plein mois de février!! Il sera temps de toute façon de se badigeonner de biafine au retour à l'hotel!
L'après-midi, c'est encore côté temple que ça se passe. Je vous épargne la description, vous gagnez au change si vous ne voulez pas passer quatre heures à lire un compte-rendu sur chaque brique! J'ai bien demandé à Le de s'en charger pour vous montrer de quel bois il se chauffe, non c'est une blague, vous ne tiendriez pas deux minutes! Après ça, on est de retour pour notre dernier soir à Phnom Pen. Un nouveau buffet pantagruellique et une nuit dans mon lit king-size plus tard, il faut prendre la route et quitter la capitale. On se rapproche d'Angkor, ça monte en puissance!!!!!
Il vous suffira de jeter un oeil aux photos pour vous rendre compte que dès le début, il y a du niveau, ça promet pour la suite!
Quant à moi, je file suivre les préceptes de la compagnie créole, sans chemiseuuuu, sans pantalonnnn. Il fait une chaleur de bête, peut-être la sentirez vous après que je vous ai fait des bises dégoulinantes. Santé!!!
Le premier changement auquel il faut que je me plies, c'est qu'il faut que je laisse derrière moi toutes mes auberges sans climatisation, sans eau chaude, sans petit déjeuner compris et sans piscine. Ca risque d'être compliqué au début mais il va bien falloir s'y faire... Dur, dur...
En ce matin de dimanche, je rejoins donc l'hotel Juliana pour attendre les tourtereaux.
Première chose louche en arrivant, il y a un préposé qui est là pour ouvrir la porte aux clients de l'hotel. J'ai vraiment pas l'habitude, ça cloche, j'ai l'impression que c'est Marcel Béliveau déguisé en cambodgien. Le costume et le maquillage sont vachement bien faits, c'est à s'y tromper, mais je ne suis pas dupe, à un moment où un autre, il va bien y avoir quelqu'un qui va surgir d'un recoin sombre en hurlant "suprise, surprise"!! Qui plus est, c'est tellement propre que j'ai l'impression d'être une tache sur la carte postale. C'est le royaume des valises à roulette et je débarque avec mes 18-20kg de sacs à dos! Il y a même un type qui insiste pour porter mon gros sac jusqu'à la chambre, sans déconner...
Deuxième bizarrerie, il y a un grand bassin à l'extérieur où les clients de l'hotel nagent en arborant un sourire de contentement ou se dorent au soleil sur des chaises longues molletonnées. Il parait qu'on appelle ça une piscine, il faut que je me souvienne! Sur le bord de la "piscine", il y a aussi un autre bassin, plus petit celui là, qui fait des bulles par milliers, mais là j'ai toujours pas compris... Il y a également une salle climatisée avec des instruments de musculation, mais là il faut pas me prendre pour ce que je ne suis pas, ça doit bien être un canulard!!! Ils ne m'ont pas regardé ou bien!!!
Je termine mon tour du propriétaire en accédant à ma chambre. C'est propre comme un soulier verni, si je devais passer mon doigt sur les étagères du haut, je suis convaincu que je ne ramasserais aucune poussière et peut-être même que mon doigt en ressortirait plus propre qu'avant, c'est dire!!! Les propriétaires ont troqué la douche douteuse par une baignoire rutilante comme je n'en ai pas eu à la maison depuis mes 10 ans. Je retrouve aussi les plaisirs de la vie sédentaires : les télécommandes. Une pour la télé et une pour la clim. Et comme il y a un room-service, c'est vraiment un coup à passer sa journée entre le plumard et la piscine! Gare au piège!!!
Ca me change tellement de mes hébergements habituels que je me mets à fumer des cigarettes "Alain Delon", ne reste plus qu'à voir si je vais me mettre à parler de moi à la troisième personne!
Je profite donc des plaisirs de ma nouvelle vie en attendant les compagnons d'échappée. Et autour de midi, ils arrivent tout beau tout chaud, et tout blanc aussi. Ca va changer, c'est moi qui vous l'dis! Avec eux arrive aussi Le (c'est pas une faute de frappe, le mec s'appelle "Le"). Il va être notre guide perso jusqu'à Siem Reap, il est courtois comme Gérard Holtz présentant le Téléthon et son français est compréhensible par tous pour peu qu'on fasse gaffe à ce qu'il dit, tant mieux! Mais aujourd'hui, premier jour du circuit, c'est quartier libre, à nous de jouer!
On prend donc un tuk-tuk pour rejoindre les bords du fleuve, boire une bière et déjeuner. Malgré le décallage horaire, pour moi aussi, tout le monde est en forme, un doux parfum de vacances flotte dans l'air. Le parfum de vacances, c'est plus ou moins le parfum du voyage avec de l'extra-confort en plus, comme une voiture avec des sièges en cuir ou une allemande avec des fesses en velours... C'est doux, c'est chaud et ça donne pas d'échardes quand on passe la main.
L'après-midi s'écoule tranquille, on revient à l'hotel à pieds en passant de marchés en marchés juste le temps de transpirer quelques litres. Heureusement, la piscine aura tôt fait de faire baisser la température pour autant que ce soit possible dans une eau à 30 degrés! Et toujours pas l'ombre d'une moustache de Béliveau à l'horizon!! Pour le reste, la fatigue des néocambodgiens se fait sentir après une journée passée entre avions et aéroports, on se quitte relativement tôt après le dîner, suffisamment tôt pour moi en tout cas pour jouer au millionnaire dans ma chambre de ministre.
Le lundi matin, c'est comme un vrai lundi matin, comme quand il faut se lever tôt parce qu'on a un travail. Sauf qu'ici le travail, c'est juste de se lever tôt... Notre guide nous attend à 8h, juste après avoir profité du buffet de petit-déjeuner qui s'étale sur des mètres et des mètres. Seulement, pour moi, un réveil avant 8h est synonyme de tête dans le rectum donc le buffet c'est bien mais dormir le plus tard possible (7h35), c'est mieux.
A 8h donc, tout le monde est sur le pont. C'est une expression, il n'y a pas de pont dans l'hotel, il faut quand même pas pousser... Maman et Pedro sont là, Le aussi, et avec nous Pham, notre chauffeur. Parce qu'en plus on a un chauffeur. Et qui dit chauffeur dit moyen de transport, c'est un minibus de douze personnes avec l'esprit vacances, sièges en cuir et climatisation de série. Notre première étape : une escapade en bateau d'une heure qui nous fait quitter Phnom Pen et sa frénésie de motocyclettes pour nous rendre dans un petit village rural spécialisé dans le tissage de la soie. Sympa comme tout. En plus, là bas on ne croise pas un touriste, les gens ont des sourires sincères qui remontent jusqu'aux oreilles quand ils nous croisent, on est entouré par les vélos et les vaches sur des chemins en terre, bienvenue au Cambodge! En plus, ce qui ne gache rien, j'ai l'impression qu'ici tout est photogénique, les gens, les animaux, les maisons, les arbres, etc. La ballade dure une paire d'heures, le temps pour Madro (contraction de Maman et Pédro, c'est plus rapide et plus rigolo) de rougir sous le soleil assassin. Il a pas fallu longtemps!!
Au retour à Phnom Pen, Lei qui nous a déjà tout raconté de la vie du fleuve dans les moindres détails nous amène à un resto des familles. Il y a des fontaines et des orchidées partout, le discourt à la troisième personne n'est vraiment pas loin
L'après-midi, comme Madro ont dit à l'agence de voyage qu'ils étaient très interressés par les marchés, on arpente de nouveaux étaux (un étal, des étaux?). Des fruits aux poissons séchés, des fleurs aux souvenirs de toutes sortes, rien ne manque même pas la compagnie de Le qui est toujours intarrissable d'histoires à tiroirs...
Le soir même, contre-coup du vol de la veille, on se quitte de bonne heure et de bonne humeur après s'être fait pêter le ventre au buffet dinatoire du Juliana. De la nourriture sur des dizaines de mètres, c'est pas bon pour mon régime... A l'issue, j'ai le ventre gonflé comme une femme enceinte de quatre mois, j'en profite donc pour squatter le bord de la piscine et voir le spectacle d'une douzaine de chauves-souris qui font des ronds au dessus de l'eau en gobant les moustiques avant de mettre la viande dans le torchon.
Le troisième jour, on attaque vraiment les visites. Le rencart est à 8h, il va falloir s'y habituer. Ce à quoi il va aussi falloir s'habituer, c'est que dès qu'on met un pied dans le minibus, Le entame son monologue... Et si tu veux en voir la fin, tu as vite fait d'avoir des toiles d'araignées sous les bras. Le type n'arrête jamais, sur un ton monocorde, et avec un accent dont il faut vraiment se concentrer pour saisir chaque mot. En d'autres termes, j'ai la migraine! En plus, comme en cette journée on fait le tour des incontournables de la capitale, il n'y a pas moyen de l'arrêter, c'est un 33 tonnes sans freins, pris dans une descente à 30°!
On débute avec la visite du musée national. J'ai une impression de vacances quand Le nous présente la petite bonne femme qui travaille ici et qui va donc tout nous dire. Tout nous dire, et merde... Heureusement cette dame fait dans les 1m50 et est donc à même de regarder Maman dans les yeux en nous laissant à Pierre et à moi un repos auditif tout provisoire. Ce la dit, elle aussi est en mode "non-stop" et j'ai vite fait d'aller visiter le musée de mon côté. Il faut dire qu'il n'est pas 9h du matin et que donc... Le musée est quand même interressant et il y un jardin fleurissant au centre où il fait bon faire la moule.
A la sortie, Le nous récupère, il est temps d'avancer. Direction le Palais Royal et la Pagode d'Argent. Ca promet... En y arrivant, Le se découvre une nouvelle mauvaise habitude : on reste à l'entrée pendant qu'il nous fait son laïus, ça dure assez de temps pour que la découverte du site se fasse au pas de charge parce que ça va fermer pour le déjeuner. Et comme on dit dans ces cas là, suivez le guide!! On file donc en vitesse à la Pagode d'Argent, et nouvel exemple, tout autour se trouve une fresque qui mesure des centaines de mètres et Le entreprend de nous raconter en détails ce qu'il s'y trouve alors que le temps presse. Ce n'est pas que ce n'est pas intéressant, mais l'essentiel c'est de profiter du spectacle avec mes yeux pas avec mes oreilles!! J'ai pas envie que quelqu'un nous lise un livre d'histoire illustré le nez planté devant un mur! Si je veux un livre, je vais à la bibliothèque, en plus à la bibliothèque, il est interdit de parler!
Vous avez l'impression que j'en rajoute, sachez que Madro est d'accord sur toute la ligne sur le fait que la pause déjeuner qui s'impose est une douce libération. Qui plus est, après le déjeuner, on s'accorde un break à l'hotel pour profiter d'une sieste avec clim' ou de la piscine en fumant une Alain Delon.
On se redonne rencart à 16h pour une leçon d'histoire contemporaine : le musée du génocide situé dans un ancien centre de détention et extermination appelé S21 sachant que le "S" en cambodgien est la première lettre du mot "tuer". Ca fait froid dans le dos, c'est que le début... Tout le long de la visite, de loin la plus captivante jusqu'alors, on parcourt les batiments laissés en l'état. Fils barbelés, instruments de torture, manuel du savoir-vivre du parfait prisonnier, photos de victimes, tout y est. Partout autour des batiments, des panneaux indiquent qu'il est interdit de sourire. De toute façon, rien ne s'y prête.
Pendant notre tour des horreurs génocidaires, je me demande comment un peuple aussi courtois, souriant, à l'apparence tellement pacifique à pu s'amputer de la sorte, tuant sans aucune forme de procès plus de 2 millions de personnes plus toutes celles décédées des conséquences des privations et autres "traitements de faveur". a l'époque, ça faisait en tout près de la moitié de la population. En quatre ans!!!
A l'issue de ce sinistre périple, je suis tout retourné. C'est comme si le panneau "interdiction de sourire" s'appliquait encore, et alors que nous sommes sur le chemin du retour vers l'hotel, on passe autour du stade olympique. Le nous dit que c'est le rendez-vous de la population en quête de sport, de dance, d'activités X ou Y. Ni une ni deux, je descends de la voiture pour aller m'imprêgner d'autre chose que de barbarie. Et la transition se fait d'elle-même, je retrouve les cambodgiens tels que je les vois c'est à dire qui distribuent des sourires plutot que des décharges électriques. Ca fait du bien! L'entrée au stade est gratuite pour peu qu'on arrive à se glisser entre deux grilles de portail. C'est folklo' bien comme il faut! Et en effet, à l'intérieur, les gradins sont remplis de centaines de personnes qui effectuent des chorégraphies sur des musiques endiablées sur fond de coucher de soleil. En plus, pas un gringo, ah si, moi.
Grace à cette petite encartade au programme, je rentre le coeur léger, et c'était pas gagné! Merci Le pour le conseil qui permet de retrouver l'appétit et de passer une bonne soirée!
Le quatrième jour, on part s'oxygéner à la campagne. Un bateau a été affrété pour qu'à l'issue d'une heure de navigation sur un long canal bordé de rizières, on aille visiter un temple, notre premier de l'époque pré-anckhorienne. Chapeau bas les khmers, il remonte au VIIIème siècle. Cette ballade est à nouveau l'occasion de rotir sous le soleil mais personne ne s'en plaint, ce serait dommage en plein mois de février!! Il sera temps de toute façon de se badigeonner de biafine au retour à l'hotel!
L'après-midi, c'est encore côté temple que ça se passe. Je vous épargne la description, vous gagnez au change si vous ne voulez pas passer quatre heures à lire un compte-rendu sur chaque brique! J'ai bien demandé à Le de s'en charger pour vous montrer de quel bois il se chauffe, non c'est une blague, vous ne tiendriez pas deux minutes! Après ça, on est de retour pour notre dernier soir à Phnom Pen. Un nouveau buffet pantagruellique et une nuit dans mon lit king-size plus tard, il faut prendre la route et quitter la capitale. On se rapproche d'Angkor, ça monte en puissance!!!!!
Il vous suffira de jeter un oeil aux photos pour vous rendre compte que dès le début, il y a du niveau, ça promet pour la suite!
Quant à moi, je file suivre les préceptes de la compagnie créole, sans chemiseuuuu, sans pantalonnnn. Il fait une chaleur de bête, peut-être la sentirez vous après que je vous ai fait des bises dégoulinantes. Santé!!!
Bill Haley, ça vous dit quelque chose?
Rock around the clock? Non?
C'est pourtant ce à quoi il a fallu que je m'astreigne pour mon dernier soir en Thailande.
Le bus vers Phnom Pen étant prévu au matin à 8h pour une journée délirante de quinze heures entre le transport et le passage de la douane, le moyen de subir le moins possible toute cette folie est de ne pas dormir la nuit précédente pour n'être qu'un boulet sur pattes à l'heure du départ.
J'ai donc été obligé de veiller et de faire coulisser les verres jusqu'à ma trombine (à coulisse, ohhh). Et à Bangkok, malgré l'interdiction de vente théorique de 2h du matin, c'est pas les jeux du cirque pour se mettre du liquide dans le gosier.
2h, c'est justement le moment où les bars commencent à servir les consommations dans des verres en plastique pour tromper la police qui n'est pas dupe et de ce fait, doit récupérer des pots de vin en liquide.
Jusqu'à 5h, j'ai donc fureté pour trouver des verres d'endroits en endroits pour finir à l'envers.
Et à 5h, enfin las de la musique de débiles, je suis rentré à mes quartiers pour mettre de l'ordre dans mes affaires et dans ma tête. ll a bien nécessité deux heures pour arriver à mes fins, la fatigue gagnant du terrain dans cette course perdue d'avance exprès.
Dans le bus qui est venu, merci, me chercher directement à mon aubeerge, j'ai respecté le plan à la lettre et suis tombé du sommeil du veille-tard. Je n'ai donc rien vu de la route et c'est tant pis, et on m'a réveillé à la frontière et c'est tant mieux. Il n'eut pas fallu que je ne compte que sur moi pour réussir à soulever les enclumes qui me servent de paupières... Il est 14h. Au passage de la douane, aucun souci. Comme d'habitude depuis le début du périple et bizarrement, aucun sac n'a été fouillé. De toute façon, je n'ai rien à cacher, je suis pas idiot.
En entrant au Cambodge, la ville frontière est étrange, les hotels-casinos se suivent les uns derrière les autres. C'est rutilant! Mais à y regarder de plus près, la misère est sur le pas de la porte, un spectacle que je n'avais pas trop vu en Thailande, les enfants sont pieds nus, en guenilles, un petit cours d'eau charrie les déchets comme un discourt du front national, ça fait froid dans le dos... C'est pas que je n'aime pas les bruits de botte, mais dans ma tête, c'est toujours Nathalie Portman qui les porte dans un défilé qui n'a rien d'un défilé militaire! Bref...
A Poipet, la ville frontalière (NDLR : et non frontiste donc, merci), tous les touristes qui était dans le bus jusqu'à la frontière restent ensemble sauf moi, j'ai l'impression d'être le vilain petit canard. En fait, il n'en est rien, c'est juste que tout le monde sauf moi sans exception va à Siem Reap visiter les temples anckhoriens alors que moi, je vais à Phnom Pen. Je les vois donc tous partir à bord du même bus que celui du départ. En ce qui me concerne, on me demande d'attendre... Entre l'envie de sommeil qui ne m'a pas laché d'une semelle et la chaleur (il fait plus de 30°), je me suis connu plus tonique... Après 30 minutes que j'ai passé à discuter avec un adorable petit vieux parlant un français parfait, un type vient me chercher en mobylette et me présente mon nouveau chauffeur à trois dents qui conduit une berline. Pas de bus donc mais une voiture, classe!! Seulement, il n'est pas question pour l'homme aux machoires de gruyère de ne partir à Phnom Pen qu'avec ma petite personne, il faut attendre d'autres clients. Il est 16h quand je commence à attendre. Pendant ce temps, des types chargent la voiture avec des centaines de kilos de marchandises. Et dire qu'il faut en plus trois autres personnes! Espérons qu'elles n'aient pas les mêmes sacs que moi!!! Tous les quarts d'heure, je demande à mon chauffeur dans combien de temps ils arrivent. Et à chaque fois, les réponses que j'obtiens sont identiques : "dans 15-20 minutes maximum." Comme ça pendant deux heures!!! Bienvenue au Cambodge, ça fait plaisir!
A 18h, la nuit, comme moi, tombe et enfin, une famille khmer se présente. Il est temps de partir enfin, plus que six heures de route! On quitte Poipet dans un nuage de poussière, cap au sud-est.
Ce trajet pendant lequel on traverse le Cambodge quasiment sur toute la longueur est l'occasion pour moi de découvrir si ce n'est le pays vu qu'il fait nuit, mais au moins la conduite et la vie le long des routes éclairées à la lueur de la lune quand elle est là. C'est donc par intermittence mais sachant que moi aussi, je me concentre sur ce qui se passe autour par intermittence, à savoir quand je ne dors pas.
D'abord ce qui fait drole, c'est que chaque voiture qui croise notre route nous fait soit des appels de phares soit est purement et simplement en plein phare. La conséquense c'est qu'à chaque fois je suis et j'imagine que pour le chauffeur c'est pareil, aveuglé et vois 36 chandelles pendant trois secondes. Si on conjugue ça au fait que la nuit, une moto sur trois n'a pas de lumière du tout, c'est la sécurité routière qui régale!! En plus, certaines motos ne se contentent pas d'être de simples bécannes, elles tirent derrière elles l'équivalent de caravanes montées sur trois tréteaux. En un mot, c'est showtime! En quatre mots, c'est la mort au tournant!! Ajoutez à cela le fait qu'il n'y a pas de trottoir et donc que les cambodgiens qui marchent, et ils sont 2-3, sont sur la chaussée, qu'il y a les boeufs, les mules, les chiens, les vélos, les enfants de tous ages, vous obtenez un sacré bordel. Un sacré bordel qui prend toute sa dimension quand le chauffeur, et il le fait sans arrêt, double à tout va, qu'un autre véhicule arrive en face ou pas!! Là, d'un coup, tu te rends compte que quand je dis la mort au tournant, c'est pas du chiqué! C'est pour ça que le plus simple pour moi, c'est encore de dormir, au moins alors, je ne sers pas les fesses à la moindre manoeuvre à la Charles Bronson!!!
Quoi qu'il en soit, on est en vie à l'arrivée, on a même pas réussi à rayer la carrosserie ou à attraper un cycliste avec un rétroviseur. C'est pas faute de ne pas être passé loin. Vivement que je conduise!!!
Il est minuit passé en arrivant à Phnom Pen et je n'ai pas été aussi frais de toute la journée. Je suis tellement content d'être là que je pête la forme; à moins que ça tienne au fait que j'ai roupillé tout le temps... Le chauffeur me dépose en centre-ville et la dernière chose que j'ai à faire en cette fastidieuse journée, c'est de trouver de l'oseille fraiche. En effet, qui dit nouveau pays dit nouvelle devise; si je veux pas dormir dehors, il va faloir que je ramasse.
En deux secondes, je trouve une moto-taxi, la direction : le distributeur le plus proche. Illico presto nous y sommes. Au distributeur, tout se déroule normalement jusqu'à l'étape finale au cours de laquelle le bandit manchot doit affiché les trois cerises et moi récupérer mon dû. Et bien mon dû, il est jamais venu... 2ème tentative, idem. 3ème tentative, re-rebelote. On tente une deuxième banque.
Re-première tentative, nada. Re-2ème tentative, que dalle...
Qu'est ce que c'est que ce bordel!?! Impossible de gratter le moindre billet! J'ai beau être muni de ma visa, je suis démuni... Résultat en attendant qu'il fasse jour, je trouve un hotel et la couleur de ma peau et de mon passeport aidant, je parviens quand même à dormir avec un toit au dessus de la tête, à crédit mais chut, c'est un secret...
Le matin suivant, ça ne répond pas, le fait d'avoir sommeillé toute la journée de la veille m'amène à ouvrir les yeux à 14h ou pas loin... Chienne de vie... Prenant mon courage à deux mains, je décide de mettre tout de suite fin au suspense financier. Je retourne au distributeur comme on va à la guerre, le couteau entre les dents. Et pas de bol pour l'histoire, le suspense prend vite fin, j'ai les poches pleines de dollars. Quant à savoir ce qui s'est passé la veille, la pô compris...
Entre parenthèses, en faisant court, c'est bizarre mais au Cambodge, ils ont beau avoir leur monnaie propre, si t'en as pour plus de deux euros à payer, c'est en dollars que ça se passe. T'as beau être à plus de 10.000 bornes des USA, ça se passe comme ça chez Mc Donald's!
L'arrivée de Môman et Mr Pedro (dit Gupi10) est imminente, c'est prévu pour le dimanche. Donc comme à partir de ce moment là, on va tout visiter de ce que Phnom Pen compte d'incontournables, je flane au gré du vent, ou plutôt au gré de l'ombre quand j'en trouve parce que du vent, y'en a pô et il fait une chaleur de bêête! C'est donc la fleur au fusil que ça se passe aujourd'hui. Tous les trois mètres, un conducteur de moto ou de tuk-tuk veut me faire accélérer le rythme mais c'est pas pour aujourd'hui!
Je rentre donc à l'hotel de bonne heure pour retrouver une façon de fonctionner un peu plus diurne. Mais même dans ces conditions, c'est pas gagné d'avance, vous connaissez l'animal.
Voilà donc pour ces premières impressions cambodgiennes, et encore une fois, désolé mais c'est pas un condensé, c'est un expensé! J'espère vous apporter la suite sur un plateau dans les deux jours à grand renfort de clichés dont je sais déjà qu'il y a du beau, du lourd. J'espère aussi que si avant de lire tu avais froid, tu transpires maintenant à grosses gouttes.
Je vous embrasse et vous colle tel un radiateur. Big bizous touloutout touloutout comme dirait feu-Carlos. A bientôt ou presque.
Dans le bus qui est venu, merci, me chercher directement à mon aubeerge, j'ai respecté le plan à la lettre et suis tombé du sommeil du veille-tard. Je n'ai donc rien vu de la route et c'est tant pis, et on m'a réveillé à la frontière et c'est tant mieux. Il n'eut pas fallu que je ne compte que sur moi pour réussir à soulever les enclumes qui me servent de paupières... Il est 14h. Au passage de la douane, aucun souci. Comme d'habitude depuis le début du périple et bizarrement, aucun sac n'a été fouillé. De toute façon, je n'ai rien à cacher, je suis pas idiot.
En entrant au Cambodge, la ville frontière est étrange, les hotels-casinos se suivent les uns derrière les autres. C'est rutilant! Mais à y regarder de plus près, la misère est sur le pas de la porte, un spectacle que je n'avais pas trop vu en Thailande, les enfants sont pieds nus, en guenilles, un petit cours d'eau charrie les déchets comme un discourt du front national, ça fait froid dans le dos... C'est pas que je n'aime pas les bruits de botte, mais dans ma tête, c'est toujours Nathalie Portman qui les porte dans un défilé qui n'a rien d'un défilé militaire! Bref...
A Poipet, la ville frontalière (NDLR : et non frontiste donc, merci), tous les touristes qui était dans le bus jusqu'à la frontière restent ensemble sauf moi, j'ai l'impression d'être le vilain petit canard. En fait, il n'en est rien, c'est juste que tout le monde sauf moi sans exception va à Siem Reap visiter les temples anckhoriens alors que moi, je vais à Phnom Pen. Je les vois donc tous partir à bord du même bus que celui du départ. En ce qui me concerne, on me demande d'attendre... Entre l'envie de sommeil qui ne m'a pas laché d'une semelle et la chaleur (il fait plus de 30°), je me suis connu plus tonique... Après 30 minutes que j'ai passé à discuter avec un adorable petit vieux parlant un français parfait, un type vient me chercher en mobylette et me présente mon nouveau chauffeur à trois dents qui conduit une berline. Pas de bus donc mais une voiture, classe!! Seulement, il n'est pas question pour l'homme aux machoires de gruyère de ne partir à Phnom Pen qu'avec ma petite personne, il faut attendre d'autres clients. Il est 16h quand je commence à attendre. Pendant ce temps, des types chargent la voiture avec des centaines de kilos de marchandises. Et dire qu'il faut en plus trois autres personnes! Espérons qu'elles n'aient pas les mêmes sacs que moi!!! Tous les quarts d'heure, je demande à mon chauffeur dans combien de temps ils arrivent. Et à chaque fois, les réponses que j'obtiens sont identiques : "dans 15-20 minutes maximum." Comme ça pendant deux heures!!! Bienvenue au Cambodge, ça fait plaisir!
A 18h, la nuit, comme moi, tombe et enfin, une famille khmer se présente. Il est temps de partir enfin, plus que six heures de route! On quitte Poipet dans un nuage de poussière, cap au sud-est.
Ce trajet pendant lequel on traverse le Cambodge quasiment sur toute la longueur est l'occasion pour moi de découvrir si ce n'est le pays vu qu'il fait nuit, mais au moins la conduite et la vie le long des routes éclairées à la lueur de la lune quand elle est là. C'est donc par intermittence mais sachant que moi aussi, je me concentre sur ce qui se passe autour par intermittence, à savoir quand je ne dors pas.
D'abord ce qui fait drole, c'est que chaque voiture qui croise notre route nous fait soit des appels de phares soit est purement et simplement en plein phare. La conséquense c'est qu'à chaque fois je suis et j'imagine que pour le chauffeur c'est pareil, aveuglé et vois 36 chandelles pendant trois secondes. Si on conjugue ça au fait que la nuit, une moto sur trois n'a pas de lumière du tout, c'est la sécurité routière qui régale!! En plus, certaines motos ne se contentent pas d'être de simples bécannes, elles tirent derrière elles l'équivalent de caravanes montées sur trois tréteaux. En un mot, c'est showtime! En quatre mots, c'est la mort au tournant!! Ajoutez à cela le fait qu'il n'y a pas de trottoir et donc que les cambodgiens qui marchent, et ils sont 2-3, sont sur la chaussée, qu'il y a les boeufs, les mules, les chiens, les vélos, les enfants de tous ages, vous obtenez un sacré bordel. Un sacré bordel qui prend toute sa dimension quand le chauffeur, et il le fait sans arrêt, double à tout va, qu'un autre véhicule arrive en face ou pas!! Là, d'un coup, tu te rends compte que quand je dis la mort au tournant, c'est pas du chiqué! C'est pour ça que le plus simple pour moi, c'est encore de dormir, au moins alors, je ne sers pas les fesses à la moindre manoeuvre à la Charles Bronson!!!
Quoi qu'il en soit, on est en vie à l'arrivée, on a même pas réussi à rayer la carrosserie ou à attraper un cycliste avec un rétroviseur. C'est pas faute de ne pas être passé loin. Vivement que je conduise!!!
Il est minuit passé en arrivant à Phnom Pen et je n'ai pas été aussi frais de toute la journée. Je suis tellement content d'être là que je pête la forme; à moins que ça tienne au fait que j'ai roupillé tout le temps... Le chauffeur me dépose en centre-ville et la dernière chose que j'ai à faire en cette fastidieuse journée, c'est de trouver de l'oseille fraiche. En effet, qui dit nouveau pays dit nouvelle devise; si je veux pas dormir dehors, il va faloir que je ramasse.
En deux secondes, je trouve une moto-taxi, la direction : le distributeur le plus proche. Illico presto nous y sommes. Au distributeur, tout se déroule normalement jusqu'à l'étape finale au cours de laquelle le bandit manchot doit affiché les trois cerises et moi récupérer mon dû. Et bien mon dû, il est jamais venu... 2ème tentative, idem. 3ème tentative, re-rebelote. On tente une deuxième banque.
Re-première tentative, nada. Re-2ème tentative, que dalle...
Qu'est ce que c'est que ce bordel!?! Impossible de gratter le moindre billet! J'ai beau être muni de ma visa, je suis démuni... Résultat en attendant qu'il fasse jour, je trouve un hotel et la couleur de ma peau et de mon passeport aidant, je parviens quand même à dormir avec un toit au dessus de la tête, à crédit mais chut, c'est un secret...
Le matin suivant, ça ne répond pas, le fait d'avoir sommeillé toute la journée de la veille m'amène à ouvrir les yeux à 14h ou pas loin... Chienne de vie... Prenant mon courage à deux mains, je décide de mettre tout de suite fin au suspense financier. Je retourne au distributeur comme on va à la guerre, le couteau entre les dents. Et pas de bol pour l'histoire, le suspense prend vite fin, j'ai les poches pleines de dollars. Quant à savoir ce qui s'est passé la veille, la pô compris...
Entre parenthèses, en faisant court, c'est bizarre mais au Cambodge, ils ont beau avoir leur monnaie propre, si t'en as pour plus de deux euros à payer, c'est en dollars que ça se passe. T'as beau être à plus de 10.000 bornes des USA, ça se passe comme ça chez Mc Donald's!
L'arrivée de Môman et Mr Pedro (dit Gupi10) est imminente, c'est prévu pour le dimanche. Donc comme à partir de ce moment là, on va tout visiter de ce que Phnom Pen compte d'incontournables, je flane au gré du vent, ou plutôt au gré de l'ombre quand j'en trouve parce que du vent, y'en a pô et il fait une chaleur de bêête! C'est donc la fleur au fusil que ça se passe aujourd'hui. Tous les trois mètres, un conducteur de moto ou de tuk-tuk veut me faire accélérer le rythme mais c'est pas pour aujourd'hui!
Je rentre donc à l'hotel de bonne heure pour retrouver une façon de fonctionner un peu plus diurne. Mais même dans ces conditions, c'est pas gagné d'avance, vous connaissez l'animal.
Voilà donc pour ces premières impressions cambodgiennes, et encore une fois, désolé mais c'est pas un condensé, c'est un expensé! J'espère vous apporter la suite sur un plateau dans les deux jours à grand renfort de clichés dont je sais déjà qu'il y a du beau, du lourd. J'espère aussi que si avant de lire tu avais froid, tu transpires maintenant à grosses gouttes.
Je vous embrasse et vous colle tel un radiateur. Big bizous touloutout touloutout comme dirait feu-Carlos. A bientôt ou presque.
Retour de SIEM REAP ANKOR début Février 2008 voici les renseignements pratiques :
AEROPORT VISA TRANSFERT en Ville Visa sur place pour 20 $ : Si vous ne voulez pas faire > 30 min de queue vous pouvez vous procurer avant votre départ un E-Visa pour 25$ http://evisa.mfaic.gov.kh/...x.php?language=fr_FR Taxe de sortie de 25$ à la sortie Attention à y penser N'acceptent pas les Riels, Euros ou Billets dollars trop vieux. Transfert en ville : Dans le prix de votre hébergement est compris le transfert depuis l'aéroport. Votre chauffeur vous attendra à la sortie.
ARGENT : le dollar est roi, même les petites vendeuses au bord de la route utilisent les dollars, tous le prix en dollar. Sinon 1$ = 3900 Riels Inutile de changer vos dollars on vous rendra la monnaie en RIELS si < 1$ DAB Distributeurs de billets (en dollar) partout mais CB acceptée dans grand hôtels ou quelques magasins pour touristes.
ANGKOR A 10-15 km de SIEM REAP Un moyen de locomotion est indispensable. Le site s'étend sur plusieurs dizaines de km. PASS : Pas de photos nécessaire : ils disposent de caméra numériques Tarif 20$/un jour - 50$ 3 jours - 60$ pour 7 jours Valable sur tous les temples y compris les "extérieurs" : Groupe ROLUOS (BAKONG); BANTEY SREI & KBAL SPEAN
DEPLACEMENTS Louer une Moto MAIS code de la route inconnu Les véhicules ne connaissent pas la priorité, on coupe les carrefours à gauche, pas d'assurance accident, ni vol etc VELO en location mais il fait chaud... TUK TUK : Une moto + une cariole à 2, 3 ou 4 places 20 km/h courant d'air rafraichissant 12$/j MOTO TAXI Si vous êtes seul assis derrière le chauffeur Moins confortable mais plus rapide (40 Km) Pour ces 2 derniers moyens le chauffeur vous conduit toute la journée, vous aide dans votre itinéraire, dans vos démarches, dans le choix des restaurants, dans vos achats etc Mais ce n'est pas un guide : il n'est pas autorisé à vous accompagner dans l'enceinte des temples. Chauffeur TUK-TUK ou MOTO TAXI FRANCOPHONE : KOSAL : tel 851 295 31 52 Mail : kosarito@yahoo.com DUREE des trajets Siem-Reap - ANGKOR = 25 minutes Siem-Reap Bantey Srei = 50 Min + 20 min pour KBAL SPEAN Siem Reap- Roluos = 30 Min Siem Reap - Embarcadère du Tonlesap = 40 minutes en saison seche
CHAUSSURES : Nu-pieds ou chaussures fermée Sauf KBAL SPEAN : nécessité de chaussures fermées pour une marche de 45 min par un sentier non aménagé en pleine forêt = grimpette ( je n'ose pas imaginer en saison des pluies !)
TOILETTES : présentes sur tous les sites Rarement payantes Sinon il n'y a que des arbres dans la forêt...
REPAS Des restaurants/Gargote partout sur le site Compter 3-4$ pour un copieux plat de riz + Viande + légumes ; 1$ le jus de fruit frais pressé. Penser à emmener son litre d'eau quotidien. HAMACS pour faire la sieste
HEBERGEMENT Pour les francophones PHNOM BOK HOTEL tel/fax +855 (0) 12 821 183 Mail : htb@free.fr Site http://phombok.free.fr Propriétaires FRANCAIS vous conseillerons et aiderons dans vos démarches SDB CLIM PISCINE 12-15$ Chambre avec PDJ INTERNET WI-FI Avantage/inconvénient : N'est pas au centre mais sur la N6 proche de la route d'ANGKOR . Prendre un TUK-TUK pour aller au centre de Siem reap.
INTERNET Haut débit : présent à SIEM REAP de 0.5 à 2$ de l'heure
ARNAQUE Visite du village flottant de pêcheurs sur le TONLESAP : Si vous n'êtes pas en groupe organisé : au milieu de la digue d'accés au lac un poste de péage 15$ pour 1.5 heure de navigation : A l'embarcadere vous ne choisissez pas votre embarcation. petit tour autour des maisons-bateau puis on vous dépose sur un ponton où sont élevés 3 crocodiles et 2 carpes. Vous êtes assaillis par les enfants mendiants et les touristes. et c'est tout = 55 minutes. Pour éviter accédez au lac par la route de ROLUOS avec des moto Taxi (seuls praticables) et louez directement une pirogue sur place doc.Bedel
AEROPORT VISA TRANSFERT en Ville Visa sur place pour 20 $ : Si vous ne voulez pas faire > 30 min de queue vous pouvez vous procurer avant votre départ un E-Visa pour 25$ http://evisa.mfaic.gov.kh/...x.php?language=fr_FR Taxe de sortie de 25$ à la sortie Attention à y penser N'acceptent pas les Riels, Euros ou Billets dollars trop vieux. Transfert en ville : Dans le prix de votre hébergement est compris le transfert depuis l'aéroport. Votre chauffeur vous attendra à la sortie.
ARGENT : le dollar est roi, même les petites vendeuses au bord de la route utilisent les dollars, tous le prix en dollar. Sinon 1$ = 3900 Riels Inutile de changer vos dollars on vous rendra la monnaie en RIELS si < 1$ DAB Distributeurs de billets (en dollar) partout mais CB acceptée dans grand hôtels ou quelques magasins pour touristes.
ANGKOR A 10-15 km de SIEM REAP Un moyen de locomotion est indispensable. Le site s'étend sur plusieurs dizaines de km. PASS : Pas de photos nécessaire : ils disposent de caméra numériques Tarif 20$/un jour - 50$ 3 jours - 60$ pour 7 jours Valable sur tous les temples y compris les "extérieurs" : Groupe ROLUOS (BAKONG); BANTEY SREI & KBAL SPEAN
DEPLACEMENTS Louer une Moto MAIS code de la route inconnu Les véhicules ne connaissent pas la priorité, on coupe les carrefours à gauche, pas d'assurance accident, ni vol etc VELO en location mais il fait chaud... TUK TUK : Une moto + une cariole à 2, 3 ou 4 places 20 km/h courant d'air rafraichissant 12$/j MOTO TAXI Si vous êtes seul assis derrière le chauffeur Moins confortable mais plus rapide (40 Km) Pour ces 2 derniers moyens le chauffeur vous conduit toute la journée, vous aide dans votre itinéraire, dans vos démarches, dans le choix des restaurants, dans vos achats etc Mais ce n'est pas un guide : il n'est pas autorisé à vous accompagner dans l'enceinte des temples. Chauffeur TUK-TUK ou MOTO TAXI FRANCOPHONE : KOSAL : tel 851 295 31 52 Mail : kosarito@yahoo.com DUREE des trajets Siem-Reap - ANGKOR = 25 minutes Siem-Reap Bantey Srei = 50 Min + 20 min pour KBAL SPEAN Siem Reap- Roluos = 30 Min Siem Reap - Embarcadère du Tonlesap = 40 minutes en saison seche
CHAUSSURES : Nu-pieds ou chaussures fermée Sauf KBAL SPEAN : nécessité de chaussures fermées pour une marche de 45 min par un sentier non aménagé en pleine forêt = grimpette ( je n'ose pas imaginer en saison des pluies !)
TOILETTES : présentes sur tous les sites Rarement payantes Sinon il n'y a que des arbres dans la forêt...
REPAS Des restaurants/Gargote partout sur le site Compter 3-4$ pour un copieux plat de riz + Viande + légumes ; 1$ le jus de fruit frais pressé. Penser à emmener son litre d'eau quotidien. HAMACS pour faire la sieste
HEBERGEMENT Pour les francophones PHNOM BOK HOTEL tel/fax +855 (0) 12 821 183 Mail : htb@free.fr Site http://phombok.free.fr Propriétaires FRANCAIS vous conseillerons et aiderons dans vos démarches SDB CLIM PISCINE 12-15$ Chambre avec PDJ INTERNET WI-FI Avantage/inconvénient : N'est pas au centre mais sur la N6 proche de la route d'ANGKOR . Prendre un TUK-TUK pour aller au centre de Siem reap.
INTERNET Haut débit : présent à SIEM REAP de 0.5 à 2$ de l'heure
ARNAQUE Visite du village flottant de pêcheurs sur le TONLESAP : Si vous n'êtes pas en groupe organisé : au milieu de la digue d'accés au lac un poste de péage 15$ pour 1.5 heure de navigation : A l'embarcadere vous ne choisissez pas votre embarcation. petit tour autour des maisons-bateau puis on vous dépose sur un ponton où sont élevés 3 crocodiles et 2 carpes. Vous êtes assaillis par les enfants mendiants et les touristes. et c'est tout = 55 minutes. Pour éviter accédez au lac par la route de ROLUOS avec des moto Taxi (seuls praticables) et louez directement une pirogue sur place doc.Bedel
Nous avons voyage' de ouest en est en traversant des champs asseche's -probablement des riziere qui attendent la mousson pour verdir. D' ímmenses pancartes longeaient la voie indiquant que ces champs avaient ete' nettoye's de mines mais ordonnaient aux paysans de rester a' l'écart de ceux qui ne l' étaient pas et les exhortaient a' ne pas s' aventurer hors des chemins reliant les champs entre eux. Le combat contre les mines anti-personnelles n'est toujours pas terminé. Le pays est loin d etre nettoye' de cette 'cochonnerie' car tous les soirs, des jeunes hommes, sans bras ou jambes de 15 a 25 ans viennent dans les quartiers ou' les touristes aiment souper, pour quemander. Ils sont mobiles grace a' un velo dont le siege est une planche et s íls sont pourvus de bras ils les utilise comme nous nos jambes pour pedaler. j'ai vu des hommes ampute's de leur 2 jambes mais qui avaient heureusement pu recevoir une prothese. ils sont nombreux et nous sollicitent pour leur acheter des livres sur le regime de Pol Pot.
Il y a quelques jours, s'ouvrait le jugement du numero 2 de Pol Pot et sa clique et le pays est tres excite' quant aux charges des responsables de ces atrocite's. Il y a beaucoup de journalistes devant le tribunal. Demain, j'irais faire un tour par la-bas.Le jour de l'ouverture du proces, il y a eu une grosse averse, ce qui, pour les cambodgiens annonce une mauvaise augure, d' apres le journal local.Quand je pense que Pol Pot mourrut de vielliesse dans son village natal ....
Nous sommes alle's visiter le champs qui avait servi aux khmer rouges (KR) pour y jeter les corps battus a' mort dans des fosses communes. Je crois que ton film 'La dechirure' parle de cet evenement. l'endroit etait impregne' de la douleur du passé. Nous l'avons ressenti et vu des ossements parmi des haillons qui avaient appartenus aux victimes des KR. les KR avaient acroche' des hauts parleurs pour camouffler les cris de douleurs arrache's a' ces pauvres paysans, hommes lettre's, politiciens et docteurs. Ils leur cassaient le crane á coup de massue afin d'economiser des balles. Tout le monde a d'une facon ou d'une autre souffert du regime des KR et c'est pour cela' qu' íl a fallu 30 ans pour que ce jugement ait lieu. le peuple cambodgien nétait pas pret a' assumer la verite' car il y a peu de familles qui n' ont pas, d'une facon ou d'une autre contribue' a' ces atrocite's. il a fallu attendre que la majorite' des sympathisant des KR soient morts car il y avait beaucoup de resistance de la part du peuple.
J'ai visité le musée national qui contenait une tres belle collection de buddhas khmers qui avaient été retrouvés enfouis et ainsi protégés du vandalisme des KR. Ils datent du 9eme au 17eme siecle et sont absolument magnifiques. A mon avis, ces buddhas sont les plus beaux de l'asie du sud-est. Curieusement, a' l'entrée, il y avait une pancarte qui priait les visiteurs de laisser leur chapeaux et leurs armes au vestiaire! A l'hotel aussi, il etait indiqué qu'il n'etait pas permis d'apporter des armes, des grenades et des seringues dans les chambres. On est au far-west ici! On voit bien que les vieilles habitudes guerrieres sont dures a' changer. Les armes á feux sont encore tres presentes au cambodge surtout parmi les paysans mais le gouvernement veut en finir avec cet heritage guerrier. Nous avons vu des pancartes encourageant les cambodgiens a' rendre leurs armes et munitions. Ca c' est la voie officielle du gouvernement. Ils organisent periodiquement une grande fete durant laquelle ils detruisent les armes rendues pour encourager d'autres a' le faire. Mais j'ai aussi appris quíl existe un champs hors de la ville, peu reglo, oú pour quelques dollars, on peut tirer des balles avec un AK 47 si on a envie de jouer á "Rambo". Il y a trop de 4x4 (1/4 des voitures le sont) et de misereux, enfants et estropie's pour vraiment avoir du plaisir a' se balader.Le soir, lorsqu'on sort pour aller dinner, on est confronte' a' une triste evidence: la pauvrete' extreme des meres cambodgiennes qui viennent e'taler leur be'be' sur le trottoire et nous demandent une piece. Le matin, comme le veut la coutume bouddhiste, l'aumone est faite par les moines tous les matins, (protegés du soleil par leur ombrelle).Ils se presentent devant les magasins et les cafés, l'expression paisible. ils sont touchants mais quand tu es au point de t'empiffrer de tartine au beurre et confiture, elle passe pas tant que tu ne sors ton porte-monnaie...j'ai aussi apercu un borgne qui tirait un aveugle avec une corde vers les tables et qui jouait une petite musique melancolique pour un billet.
Le trafic grouillant matin jusqu'au soir de camions aux ordures, de motos transportant des cochons gras et roses, couchés sur leur dos, mere avec bébé coincé entre le pere et la mere et le petit garcon debout, se tenant au guidon - sans casques, 2 bonzes, assis comme les femmes, a l'ancienne, un passager portant sur sa tete une vitre, aidé par le conducteur qui conduisait avec une main...
Ce qui m' horipille le plus, c'est de voir des gros lard europeéns avec des jeunes filles, toute menues et douces, bien qu 'íl y ait des rappels partout ou' les europeéns aiment ''se divertir" quíl est interdit d'abuser des jeunes filles et que les menottes sont pour toutes les tailles de poignets. en anglais, ce message est plus court et percutant.on peut aussi appeler un numero pour denoncer le vieux cochon. Et pourtant cela' n' empeche pas d 'ínnombrables salons de massage (= bordels) aux portes et fenetres fumées avec des noms explicite comme "le pussy" avec photos revelateurs de s'installer a' l'arriere des hotels.
La culture khmer est plus evidente a' siem reap qu' ici . le centre architectural d'angkor y est pour beaucoup et l'artisanat khmer ( la cuisine traditionnelle, la taille de pierre, la fabrication de la soie et le tissage, le travail sur bois et la peinture) est tres presant. La vie spirituelle, pas du tout vivante comme au laos ou en thailande.
C' est vraiment un triste pays...Beaucoup d'ONG s'occupent de remettre sur pieds ce pays qui a du mal, car il y a tant a' faire: aider les estropie's des mines et les orphelins, construire une infrastructure qui permettra le developpement économique du pays, augmenter la production de riz, l'éducation des enfants et des jeunes. La vie ici est tres chere et pourtant nous sommes entoure's de misereux qui vivent avec moins de 20 dollars par mois pour nourrir leur famille), une assiette de riz avec quelques legumes et une crevette coute 4 dollars, 2 dollars pour une grande bierre.
Mais j'ai quand meme eté temoin de quelques instants de grace comme lorsque j'ai vu ce petit garcon nu, courir sous la pluie et sauter dans les flaques d'eau lors d'une averse en riant de plaisir. Et lorsque le matin, je passe devant une jeune vendeuse de cacahouetes qui, plein d'amour pour son fils, le leve vers le ciel et l'embrasse sur son ventre .Et lui est aux anges. Tout les matins, je dois passer par une petite allée dans le complexe du temple bouddhiste et je vois les jeunes bonzes laver leur robes saffran apres qu íls aient fait leur quetes de riz pour la journée . il y en de tout les tons de jaunes pendues aux balustrades. Ils flottent dans le vent et c'est beau! Et le soir, sur une table, au fond d'une piece, un autel aux lumieres scintillantes fait concurrence aux images floues d 'une télé mal réglée. Le profane et le sacré se joint pour nous faire vibrer. Des chats, a' la queue courte avec comme un pompom au bout ( et non coupée comme je l'ai cru ) sortent timidement le soir pour manger ce que les bonzes etalent sur une nattes a' meme le sol. Ce n'est que du riz et quelques legumes. Les chats sont vegetariens comme la plupart des bonzes.
Les organisations non gouvernementales ont fait beaucoup de tord aux cambodgiens car ils sont devenus entierement dependant de la charite' occidentale. et le plus choquant est de voir des toyota a' 85000 dollars conduit par ces europe'ens et qui vivent dans des belles villas a' 2000 dollars par mois dans un pays ou' le salaire de base est 20 dollars par mois. ils sont sense's aider, pas profiter! j'ai vu dans une revue des annonces de vente de villas a' 1 millions. il y a moins de ONG au cambodge alors aujourd'hui les pigeons sont les touristes.
les cambodgiens ont toujours la main tendu pour de l'aide. nous les occidentaux, nous les avons habitue's a' cela'. ils n'ont aucune initiative. on les voit souvent assis, l'air beat dans l'attente de quelque chose.les khmers sont faineants et veulent que tout leur soit procure's. les vietnamiens ne les aiment pas et ne comprenent pas pourquoi ils ne travailent pas plus leur terre qui est tres fertile grace au mekong.
une derniere chose sur PP, les AK47 sont partout et les journeaux mentionaient tous les jours des meurtres cause's par des disputes domestiques, de rixes entre gangs ou simplement a' propos d'une prostitue'ee dans un karaoke qui ne voulait pas danser avec un tel.le samedi soir, la police met des barrages a' quelques rond-points et si on ne s'arrete pas, il y a un membre de la police, plus bas qui tire avec un AK 47 dans les roues. ils font du racket pour arrondir les fins de mois.
Il y a quelques jours, s'ouvrait le jugement du numero 2 de Pol Pot et sa clique et le pays est tres excite' quant aux charges des responsables de ces atrocite's. Il y a beaucoup de journalistes devant le tribunal. Demain, j'irais faire un tour par la-bas.Le jour de l'ouverture du proces, il y a eu une grosse averse, ce qui, pour les cambodgiens annonce une mauvaise augure, d' apres le journal local.Quand je pense que Pol Pot mourrut de vielliesse dans son village natal ....
Nous sommes alle's visiter le champs qui avait servi aux khmer rouges (KR) pour y jeter les corps battus a' mort dans des fosses communes. Je crois que ton film 'La dechirure' parle de cet evenement. l'endroit etait impregne' de la douleur du passé. Nous l'avons ressenti et vu des ossements parmi des haillons qui avaient appartenus aux victimes des KR. les KR avaient acroche' des hauts parleurs pour camouffler les cris de douleurs arrache's a' ces pauvres paysans, hommes lettre's, politiciens et docteurs. Ils leur cassaient le crane á coup de massue afin d'economiser des balles. Tout le monde a d'une facon ou d'une autre souffert du regime des KR et c'est pour cela' qu' íl a fallu 30 ans pour que ce jugement ait lieu. le peuple cambodgien nétait pas pret a' assumer la verite' car il y a peu de familles qui n' ont pas, d'une facon ou d'une autre contribue' a' ces atrocite's. il a fallu attendre que la majorite' des sympathisant des KR soient morts car il y avait beaucoup de resistance de la part du peuple.
J'ai visité le musée national qui contenait une tres belle collection de buddhas khmers qui avaient été retrouvés enfouis et ainsi protégés du vandalisme des KR. Ils datent du 9eme au 17eme siecle et sont absolument magnifiques. A mon avis, ces buddhas sont les plus beaux de l'asie du sud-est. Curieusement, a' l'entrée, il y avait une pancarte qui priait les visiteurs de laisser leur chapeaux et leurs armes au vestiaire! A l'hotel aussi, il etait indiqué qu'il n'etait pas permis d'apporter des armes, des grenades et des seringues dans les chambres. On est au far-west ici! On voit bien que les vieilles habitudes guerrieres sont dures a' changer. Les armes á feux sont encore tres presentes au cambodge surtout parmi les paysans mais le gouvernement veut en finir avec cet heritage guerrier. Nous avons vu des pancartes encourageant les cambodgiens a' rendre leurs armes et munitions. Ca c' est la voie officielle du gouvernement. Ils organisent periodiquement une grande fete durant laquelle ils detruisent les armes rendues pour encourager d'autres a' le faire. Mais j'ai aussi appris quíl existe un champs hors de la ville, peu reglo, oú pour quelques dollars, on peut tirer des balles avec un AK 47 si on a envie de jouer á "Rambo". Il y a trop de 4x4 (1/4 des voitures le sont) et de misereux, enfants et estropie's pour vraiment avoir du plaisir a' se balader.Le soir, lorsqu'on sort pour aller dinner, on est confronte' a' une triste evidence: la pauvrete' extreme des meres cambodgiennes qui viennent e'taler leur be'be' sur le trottoire et nous demandent une piece. Le matin, comme le veut la coutume bouddhiste, l'aumone est faite par les moines tous les matins, (protegés du soleil par leur ombrelle).Ils se presentent devant les magasins et les cafés, l'expression paisible. ils sont touchants mais quand tu es au point de t'empiffrer de tartine au beurre et confiture, elle passe pas tant que tu ne sors ton porte-monnaie...j'ai aussi apercu un borgne qui tirait un aveugle avec une corde vers les tables et qui jouait une petite musique melancolique pour un billet.
Le trafic grouillant matin jusqu'au soir de camions aux ordures, de motos transportant des cochons gras et roses, couchés sur leur dos, mere avec bébé coincé entre le pere et la mere et le petit garcon debout, se tenant au guidon - sans casques, 2 bonzes, assis comme les femmes, a l'ancienne, un passager portant sur sa tete une vitre, aidé par le conducteur qui conduisait avec une main...
Ce qui m' horipille le plus, c'est de voir des gros lard europeéns avec des jeunes filles, toute menues et douces, bien qu 'íl y ait des rappels partout ou' les europeéns aiment ''se divertir" quíl est interdit d'abuser des jeunes filles et que les menottes sont pour toutes les tailles de poignets. en anglais, ce message est plus court et percutant.on peut aussi appeler un numero pour denoncer le vieux cochon. Et pourtant cela' n' empeche pas d 'ínnombrables salons de massage (= bordels) aux portes et fenetres fumées avec des noms explicite comme "le pussy" avec photos revelateurs de s'installer a' l'arriere des hotels.
La culture khmer est plus evidente a' siem reap qu' ici . le centre architectural d'angkor y est pour beaucoup et l'artisanat khmer ( la cuisine traditionnelle, la taille de pierre, la fabrication de la soie et le tissage, le travail sur bois et la peinture) est tres presant. La vie spirituelle, pas du tout vivante comme au laos ou en thailande.
C' est vraiment un triste pays...Beaucoup d'ONG s'occupent de remettre sur pieds ce pays qui a du mal, car il y a tant a' faire: aider les estropie's des mines et les orphelins, construire une infrastructure qui permettra le developpement économique du pays, augmenter la production de riz, l'éducation des enfants et des jeunes. La vie ici est tres chere et pourtant nous sommes entoure's de misereux qui vivent avec moins de 20 dollars par mois pour nourrir leur famille), une assiette de riz avec quelques legumes et une crevette coute 4 dollars, 2 dollars pour une grande bierre.
Mais j'ai quand meme eté temoin de quelques instants de grace comme lorsque j'ai vu ce petit garcon nu, courir sous la pluie et sauter dans les flaques d'eau lors d'une averse en riant de plaisir. Et lorsque le matin, je passe devant une jeune vendeuse de cacahouetes qui, plein d'amour pour son fils, le leve vers le ciel et l'embrasse sur son ventre .Et lui est aux anges. Tout les matins, je dois passer par une petite allée dans le complexe du temple bouddhiste et je vois les jeunes bonzes laver leur robes saffran apres qu íls aient fait leur quetes de riz pour la journée . il y en de tout les tons de jaunes pendues aux balustrades. Ils flottent dans le vent et c'est beau! Et le soir, sur une table, au fond d'une piece, un autel aux lumieres scintillantes fait concurrence aux images floues d 'une télé mal réglée. Le profane et le sacré se joint pour nous faire vibrer. Des chats, a' la queue courte avec comme un pompom au bout ( et non coupée comme je l'ai cru ) sortent timidement le soir pour manger ce que les bonzes etalent sur une nattes a' meme le sol. Ce n'est que du riz et quelques legumes. Les chats sont vegetariens comme la plupart des bonzes.
Les organisations non gouvernementales ont fait beaucoup de tord aux cambodgiens car ils sont devenus entierement dependant de la charite' occidentale. et le plus choquant est de voir des toyota a' 85000 dollars conduit par ces europe'ens et qui vivent dans des belles villas a' 2000 dollars par mois dans un pays ou' le salaire de base est 20 dollars par mois. ils sont sense's aider, pas profiter! j'ai vu dans une revue des annonces de vente de villas a' 1 millions. il y a moins de ONG au cambodge alors aujourd'hui les pigeons sont les touristes.
les cambodgiens ont toujours la main tendu pour de l'aide. nous les occidentaux, nous les avons habitue's a' cela'. ils n'ont aucune initiative. on les voit souvent assis, l'air beat dans l'attente de quelque chose.les khmers sont faineants et veulent que tout leur soit procure's. les vietnamiens ne les aiment pas et ne comprenent pas pourquoi ils ne travailent pas plus leur terre qui est tres fertile grace au mekong.
une derniere chose sur PP, les AK47 sont partout et les journeaux mentionaient tous les jours des meurtres cause's par des disputes domestiques, de rixes entre gangs ou simplement a' propos d'une prostitue'ee dans un karaoke qui ne voulait pas danser avec un tel.le samedi soir, la police met des barrages a' quelques rond-points et si on ne s'arrete pas, il y a un membre de la police, plus bas qui tire avec un AK 47 dans les roues. ils font du racket pour arrondir les fins de mois.
en traversant un pont dans pakse, un homme conduit une moto, a cote de
lui dans une petite cariole de type cyclopousse, un enorme cochon se fait lentement balader tranquillement en train de dormir; il y a des images de voyage insolites comme celle la qui donne un petit gout sucre et plaisant au voyage, nous sommes en route pour le vat phu. sur la route qui mene au temple il pleut, juste en passant j entrapercoit un gros bouddha un peu kitsch a cote d un arbre et je fais promettre a mes parents de s arreter au retour pour le photographier/ juste a l entree du temple un couple d adolescent se balade romantiquement sous un parapluie. parfois ils se murmurent des mots a l'oreil je les regardes passer comme deux petits anges qui eclaire la journee un peu morne et pluvieuse/ mais dix minutes apres seulement, vient le beau temps et le soleil reapparait; il se met a faire tres chaud; on monte voire le temple, sur les marche il y a une deuxieme attraction imprevue entre les branche d un arbre une immense toile d araignee construite par une tisseuse enorme; des femmes preparent les fleurs que l on donne en offrande avec un sourire bienveillants elles saluent tous les touristes et leur montre la grosse araignee en rigolant de leurs reactions, quand il decouvre la bestiole il recule en poussant un petit cri de frayeur. au retour j ai le droit de m arretr pour prendre ma photo du bouddha qui medite a cote d un arbre et d une vache/ deux ans ont passe depuis mon voyage au laos, je me souviens toujours de ce grand bouddha adorable qui egaie la route pour aller au wat phu: et voila que j en perce le mystere, alors que je parle avec une francaise qui vit au laos de ce gros boudha qui m a tant fait sourire avec ces droles de couleurs, elle me raconte que c est son association qui a donne de la peinture au villageois du coin, et qu ensemble ils l ont un peu restaure mais a leurs manieres, selon leurs gouts... au grand dam de l unesco qui s est plaint par la suite::: elle a repondue que ce boudha appartenait au village et seulement au villageois... du coup depuis de nombreux touristes remarque ce bouddha un peu rigolos qui est devenu une attraction aupres des voyageurs
lui dans une petite cariole de type cyclopousse, un enorme cochon se fait lentement balader tranquillement en train de dormir; il y a des images de voyage insolites comme celle la qui donne un petit gout sucre et plaisant au voyage, nous sommes en route pour le vat phu. sur la route qui mene au temple il pleut, juste en passant j entrapercoit un gros bouddha un peu kitsch a cote d un arbre et je fais promettre a mes parents de s arreter au retour pour le photographier/ juste a l entree du temple un couple d adolescent se balade romantiquement sous un parapluie. parfois ils se murmurent des mots a l'oreil je les regardes passer comme deux petits anges qui eclaire la journee un peu morne et pluvieuse/ mais dix minutes apres seulement, vient le beau temps et le soleil reapparait; il se met a faire tres chaud; on monte voire le temple, sur les marche il y a une deuxieme attraction imprevue entre les branche d un arbre une immense toile d araignee construite par une tisseuse enorme; des femmes preparent les fleurs que l on donne en offrande avec un sourire bienveillants elles saluent tous les touristes et leur montre la grosse araignee en rigolant de leurs reactions, quand il decouvre la bestiole il recule en poussant un petit cri de frayeur. au retour j ai le droit de m arretr pour prendre ma photo du bouddha qui medite a cote d un arbre et d une vache/ deux ans ont passe depuis mon voyage au laos, je me souviens toujours de ce grand bouddha adorable qui egaie la route pour aller au wat phu: et voila que j en perce le mystere, alors que je parle avec une francaise qui vit au laos de ce gros boudha qui m a tant fait sourire avec ces droles de couleurs, elle me raconte que c est son association qui a donne de la peinture au villageois du coin, et qu ensemble ils l ont un peu restaure mais a leurs manieres, selon leurs gouts... au grand dam de l unesco qui s est plaint par la suite::: elle a repondue que ce boudha appartenait au village et seulement au villageois... du coup depuis de nombreux touristes remarque ce bouddha un peu rigolos qui est devenu une attraction aupres des voyageurs
pour oum touk, la fete des eaux Siem reap et les bords de la riviere se tarnsforme en parc d'attraction.
tous les alentours de siem reap, dom dek pou district... se rendent par milliers a siem reap. on s agglutine au bord de la riviere, les petites filles s'habillent comme des princesses, on pique nique en famille...les pirogues decorees de mille et un dragons font la course sur le petit bout de riviere de la ville. on monte sur les arbres sur les sculptures elephant pour assister au spectacle.
Autour des milliers de passants se promenent, achetent des ballons blanche neige ou de la belle et le clochard, les vendeurs de rue prepare des nouilles sautées, des brochettes...
une mini fete forraine propose de faire des tours de maneges, des carcasses de motos ou viennent se balancer les amoureux, les play boys....
Une mini grande roue ou s entasse les familles... il y a des jeux un peu partout
pour les petits et les grands. la fete des eaux c est une kermesse geante...
Le soir alors que des guirlandes decorent la riviere, on vient poser ses prothit sur l'eau on allume des bougies sur des petites embarcations en cartons ornées de dorure ou de fleurs et l on fait un voeu. la riviere brille de partout.
AU PAYS DU SOURIRE
Suite de notre voyage de 6 semaines cet été . Après avoir foulé le sol australien et affronté les grands espaces, nous voici au pays du sourire, retrouvant la vie grouillante d’Asie, le gentillesse de son peuple, le zen, les temples… et tant d’autres choses qui font de l’Asie, un continent que j’adore ! Volte face complet donc ! Le programme est restreint et nous n’avions pas la prétention de découvrir le Cambodge mais uniquement d’avoir un aperçu de Phnom Penh et surtout de savourer Angkor !
LE PERIPLE 10 juillet : Singapour / Phnom Penh 11 juillet : Visite de Phnom Penh : Palais royal et musée 12 juillet : Visite de Phnom Penh : Tuol sleng et marchés 13 juillet : Phnom Penh / Siem Reap 14 juillet : Siem reap 15 juillet : Angkor : petit circuit 16 juillet : Banteay srei, bamteay samré, ta som… 17 juillet : Orphelinat. Bakong, Lolei …Centre d’insertion de krousar thmey 18 juillet : Village du Tonle Sap. Campagne. Prasat Kravan, Preak Neak, Mebon 19 juillet : Siem reap. Cours de cuisine. Repos
GUIDES Lonely planet Routard A Angkor : livre de Maurice Glaize
BUDGET Coût total du voyage au Cambodge incluant les vols à partir de Singapour : 400 e par personne
TRANSPORTS
Aérien : Vol Jetstar Singapour / Phnom Penh : 75 e par pers Vol Jetstar Siem Reap / Singapour : 85 e par pers
Car P.P / Siem Reap Cie Mekong complet. On opte pour une nouvelle cie, très bien, clim, car bonne qualité : CN international travel. Quatre départs par jour : 7h30, 8h30, 12h30, 14h30 7$ par personne
Tuk-Tuk A Siem Reap : Deux tuk –tuk réservés de France : par l’intermédiaire de Mr VUTH . Excellent chauffeur, très disponible, discret, très cultivé, très branché temples et site d’Angkor. Avant l’entrée de chaque temple, il vous explique ce qu’il ne faut pas manquer. Francophone . Parle avec retenue de sa vie au temps des khmers rouges et du livre qu’il écrit à cet effet. Coordonnées : y.vuth @yahoo.com ou tel 012 201919. S’est fait accompagné par un jeune homme, francophone également (que Mr Vuth a pris son aile) : Phon Son . Adorable ! Il complète à merveille Mr Vuth et a très vite compris quand nous avons demandé une journée " campagne " ce que nous recherchions. Coordonnées : son-philippe@yahoo.com : tel 012 584846
Nous avons payé en tout : 62$ US pour les 4 jours ( nous n’avons pas souhaité utiliser de voiture mais avons tout fait en Tuk-Tuk
Tuk-Tuk en ville : Compter entre 1 et 3 $ en ville à Siem Reap.
HEBERGEMENT
A Phnom Penh : Hôtel Imprévu : COUP DE CŒUR ! ! ! 🙂🙂🙂 20$ le bungalow Tenu par deux français. A 8 km du centre, un vrai coin de paradis : des petits bungalows de 2 personnes, très propre avec clim, disséminés dans un immense jardin aux arbres centenaires. Immense piscine. Service et accueil impeccable ! Petit déjeuner en sus : 3, 5$ Repas du soir entre 4 et 7 $ ; très bonne cuisine nationale et internationale. Coordonnées : info@imprevu_resort.com : mobile : 012 655 440 : www.hotel-imprevu-resort.com
A Siem Reap : Green garden home guesthouse Chambre deluxe avec petit déjeuner : 28$ pour 3 pers. Bien située. Chambre défraîchie 😕. Accueil quelconque et service nonchalant( le 1e jour :3 serviettes puis 2 puis plus qu’une seule. Poubelle non vidées…) Son gros avantage : une magnifique piscine.
REPAS
Phnom Penh Friends( ONG) : prés musée national . Bénéfice pour former les enfants de la rue aux métiers de l’hôtellerie. Très bon repas, bien présenté, accueil sensas. Environ 4 à 7$ tout compris par repas.
Siem Reap Echoppes d’Angkor Environ 3 $ le prix d’une fried noddle ou d’un fried rice. Nous y mangerons tous les midis au milieu des enfants, de leur marchandage mais toujours dans la bonne humeur.
Le tigre de papier: coup de coeur🙂🙂🙂 Dans les petites rues animées du centre. Super ! Prix très corrects, bonne cuisine tant nationale qu’internationale (patron français). Accueil chaleureux. On vous recommande l’amok ! miam ! ! ! ! !
CHANGE $US acceptés partout ! Nombreux guichets à Siem reap
CLIMAT J’appréhendais la mousson mais nous souhaitions voir les rizières vertes, la végétation luxuriante…contrairement à notre voyage au Laos en février. Ce fut chose faite : superbe. Et la mousson : eh bien une grosse pluie qui oblige à s’abriter entre 30mn et 2h en fin de journée mais rien de dramatique. Pour les signes annonciateurs : pas de souci, le changement de la couleur du ciel se chargera de vous le faire savoir. Il fait néanmoins très, très chaud ! Soyez tôt sur les sites !
CARNET DE VOYAGE
11 juillet Nous sommes arrivés hier soir au Cambodge après 14 h d’attente à l’aéroport de Singapour + 3 h pour pour problème technique sur l’avion. Accueil sensas par l’hôtel Imprévu.
Aujourd’hui, visite de P.P Nous quittons l’hôtel et retrouvons avec bonheur le joyeux fratras des mobylettes, des Tuk-Tuk, embouteillages, anarchie de la circulation … On voit de suite que c’est un pays qui a beaucoup souffert
Palais royal de P.P et pagode d’argent : 6$. Attention fermeture entre 11h et 14h. Pas d’épaules nues ni de short trop court. Salle du trône, différents pavillons, stupas, pagode d’argent…
Repas à l’ONG " friends ", un bon moment et de douces saveurs !
Visite du musée national 8h- 17h 3$
Retour à l’hôtel où la piscine nous tend les bras ! ! ! Excellent repas
12 juillet Départ toujours aussi folklorique en Tuk-Tuk pour P.P .
Visite de Tuol Sleng ou S21, prison des khmers rouges. 8h-17h 2$ Visite éprouvante et émouvante. On a hésité et longuement parlé en famille . Le peuple cambodgien a énormément souffert de cette guerre. On souhaitait mieux le comprendre en abordant l’horreur des khmers rouges. Visite des cellules encore maculées de sang, larmes devant les milliers de portraits des prisonniers, effarement total devant les méthodes de torture que l’homme peut imaginer, incrédulité devant les témoignages de khmers qui ne regrettent rien… Pendant la visite, on ne s’est pas parlé, chacun est allé à son rythme, certains supportant moins bien que d’autres certaines salles et vice –versa… A peine franchi le portail, on se pose et on désamorce. Il s’en suivra de grands débats sur les idéologies… Le bilan : juste après la visite, certains ont regretté de l’avoir fait mais après plusieurs jours, tout le monde reconnaît que cela lui a beaucoup apporté pour comprendre les cambodgiens et notamment lors des discussions avec Mr Vuth qui a vécu cette horreur. En complément nous avons acheté sur place et lu : " le portail " et " ils ont d’abord tué mon père ".
Nouveau repas à Friends.
Arrêt au marché russe, très animé où se mélent étals d’artisanat, de soie, culinaires.. Les sacs vont encore s’alourdir !
Bienfaits de la piscine !
13 juillet Lever 5h pour un départ à 7h en car vers Siem Reap. C’est dimanche et le trafic est très perturbé par les différentes manifestations pour les 2 partis politiques puisque les élections approchent.
Nous quittons P.P à 9h et arriverons, après deux arrêts de 20mn, à S.R à 15h. Trajet très agréable au milieu des rizières, des villages qui jalonnent la route Le vendeur du billet nous propose notre arrivée, deux tuk-tuk qui nous attendraient pour 1$ chacun ; on doit lui payer la course à P.P . On hésite et trouve le système un peu bizarre 🤪 mais on ne craint pas grand chose pour le prix . On accepte. A l’arrivée, nous serons bien attendus comme prévu ! C’est simple l’Asie !😇
Nous sommes déposés à l’hôtel. nous disposons illico de la piscine.
Balade en ville au son des " tuk-tuk, monsieur " mais c’est quand même moins harcelant et plus souriant que les " calèches " en Egypte. On choisit le " tigre de papier " comme resto qui deviendra notre quartier général. Excellent repas !
14 juillet On s’est réservé cette journée pour démarrer en douceur. On commence par la visite du grand marché. On adore ça ! 🙂🙂🙂 On se balade au milieu des étals, des senteurs, on patauge dans la boue, le bruit des klaxons…. Le bonheur !
Visite aussi du vieux marché .
Nous déjeunons à L’Abacus car l’école hôtelière Salabai est fermée pour la semaine, dommage. C’est hors de prix, on nous y reprendra plus 😠!
Après-midi farniente et piscine, avant la balade du soir dans Siem reap .
En fin d’après-midi, nous avons rencontré Mr Vuth pour mettre au point nos 4 jours sur Angkor et ses environs. Très sympa !
15 juillet Départ 6h30 avant que la chaleur ne sévisse. Visite sur 4 jours d’Angkor : pass 3 j= 40$ ; 7 jours = 60$. Ils font la photo sur place.
Je ne vais pas vous décrire les temples uns à un, M.Glaize l’a fait et bien d’autres carnets de route ! et puis l’appréciation de chacun est très personnelle, même entre nous, nous avons eu des impressions différentes …On a, en tout cas, fait le choix d’en faire moins mais mieux et puis au bout de 4 jours, nous commencions à saturer et s’embrouiller . C’est vraiment un site qui demande à être vu et revu ! On a aimé cette ambiance mystérieuse, l’animation des échoppes, les dizaines d’enfants essayant de vous fourguer des babioles ( je ne peux pas vous dire combien de colliers, flûtes…on a ramenés ? mais devant un tel sourire ! ! ! ! ! ! !) Journée en tout cas épuisante !
16 juillet Et c’est reparti vers d’autres merveilles ! ! ! ! ! !😇
Aujourd’hui moins de temples mais plus de route au milieu des rizières. Magique !
Visite du musée de la mine, route de bamteay samré. 1$ par pers.
Retour dans l’après-midi car aujourd’hui c’est le déluge, la mousson s’éternise . Piscine !
On voulait aller au spectacle de marionnettes de la Noria mais Romain a une tourista.🏴☠️
17 juillet Après avoir acheté un sac de riz, on file vers l’orphelinat que j’avais contacté par mail le Chress village kandek ou www. socplsdo. org
Ils ne vivent que de donations car le gouvernement ne leur accorde rien. Accueil chaleureux ! Nous leur remettons le riz et les jouets que nous avons ramené de France. Nous visitons les lieux . Ils nous parlent de leur vie : leur quotidien, les difficultés, . C’est attachant et on aimerait tellement pouvoir faire plus🙁 ! N’hesitez pas à faire le detour !
Visite de 2 temples.
Arrêt dans une école d’insertion d’enfants et d’ado " krousar thmey " . Ils frappent le cuir et fabriquent des marionnettes. Nouvel accueil si chaleureux !🙂 petit spectacle de marionnettes, rien que pour nous, c’est touchant ! On s’étonne de les voir travailler si jeunes. On les questionnent mais ils trouvent cela tout à fait normal pour aider le centre et leur famille. Le tout avec le sourire. Un beau témoignage et une belle leçon pour nos ados tout émus . L’artisanat est très joli, ne vous en privez pas.
Retour vers 14h car l’état de Romain ne s’améliore pas !
18 juillet Aujourd’hui, nous voulons visiter la campagne. Mr Vuth veut absolument que nous visitions encore trois temples ( ah les puristes !) . On accepte. Son phon lui a parfaitement compris ce que nous recherchons dans cette journée ; il prend les choses en main, ce sera une réussite !
Visite du village flottant klong Cheas : 10$ par pers.🙂🙂 J’avais contacté Osmose mais ils ne travaillent pas à cette époque alors faute de grive…et malgré des échos par toujours favorables sur le forum, on se rabat sur klong cheas. On est seul et on va adorer ! Quelle vie, un autre univers ! ! ! ! Mais quelle misère !
Au retour, on sillonne la campagne, les temples, on voit vivre la population, on admire les rizières, la végétation …bref 100% réussi ! ! ! ! ! ! ! une belle expérience !🙂🙂🙂
De retour à l’hôtel, on quitte nos chauffeurs qui sont déjà des amis . Petit pincement au cœur ! Merci Mr Vuth et merci Son phon !🤪
19 juillet Dernière journée alors on se la joue cool !
On s’est inscrit par le biais du restaurant le " tigre de papier " à un cours de cuisine ! 11$ par pers : cours et la dégustation de son repas. On arrive à 10h, on choisit dans le menu l’entrée et le plat qu’on veut cuisiner puis départ pour le marché pour y faire ses achats.🙂 Etape suivante, revêtus de magnifiques tabliers 😉, tout le monde au fourneau. Epluchage…On s’applique mais il faut bien reconnaître, en toute modestie, qu’au bout de 3h le résultat est là : c’est appétissant et savoureux !😛 Nous sommes très fiers de nous et on a bien rigolé !Les quantités obtenus sont énormes, nous aurons beaucoup de mal à tout consommer. Bref un excellent moment, plein de découverte, de bonne humeur, instructif et ludique ! Et puis qu’est ce qu’on est fier maintenant de servir des nems et de l’amok entre autre ! Merci à Sophia, notre instructrice !
Après-midi farniente . Soirée valise ( ah j’adore !)
20 juillet Nous quittons le Cambodge via Singapour puis retour en France. Li ahs le Cambodge, on reviendra !
LES TEMPLES On a adoré : le Bayon pour ces visages énigmatiques mais surtout pour les heures que nous avons passé à déchiffrer les bas-reliefs : un vrai livre d’histoire ! : Angkor thom car on se sent rentrer dans un lieu mystérieux. : Ta Phrom car cela prouve que l’homme n’a jamais le dernier mot sur Dame Nature ! : Banteay Srei : Ta Som
On a adoré : Le Cambodge ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Suite de notre voyage de 6 semaines cet été . Après avoir foulé le sol australien et affronté les grands espaces, nous voici au pays du sourire, retrouvant la vie grouillante d’Asie, le gentillesse de son peuple, le zen, les temples… et tant d’autres choses qui font de l’Asie, un continent que j’adore ! Volte face complet donc ! Le programme est restreint et nous n’avions pas la prétention de découvrir le Cambodge mais uniquement d’avoir un aperçu de Phnom Penh et surtout de savourer Angkor !
LE PERIPLE 10 juillet : Singapour / Phnom Penh 11 juillet : Visite de Phnom Penh : Palais royal et musée 12 juillet : Visite de Phnom Penh : Tuol sleng et marchés 13 juillet : Phnom Penh / Siem Reap 14 juillet : Siem reap 15 juillet : Angkor : petit circuit 16 juillet : Banteay srei, bamteay samré, ta som… 17 juillet : Orphelinat. Bakong, Lolei …Centre d’insertion de krousar thmey 18 juillet : Village du Tonle Sap. Campagne. Prasat Kravan, Preak Neak, Mebon 19 juillet : Siem reap. Cours de cuisine. Repos
GUIDES Lonely planet Routard A Angkor : livre de Maurice Glaize
BUDGET Coût total du voyage au Cambodge incluant les vols à partir de Singapour : 400 e par personne
TRANSPORTS
Aérien : Vol Jetstar Singapour / Phnom Penh : 75 e par pers Vol Jetstar Siem Reap / Singapour : 85 e par pers
Car P.P / Siem Reap Cie Mekong complet. On opte pour une nouvelle cie, très bien, clim, car bonne qualité : CN international travel. Quatre départs par jour : 7h30, 8h30, 12h30, 14h30 7$ par personne
Tuk-Tuk A Siem Reap : Deux tuk –tuk réservés de France : par l’intermédiaire de Mr VUTH . Excellent chauffeur, très disponible, discret, très cultivé, très branché temples et site d’Angkor. Avant l’entrée de chaque temple, il vous explique ce qu’il ne faut pas manquer. Francophone . Parle avec retenue de sa vie au temps des khmers rouges et du livre qu’il écrit à cet effet. Coordonnées : y.vuth @yahoo.com ou tel 012 201919. S’est fait accompagné par un jeune homme, francophone également (que Mr Vuth a pris son aile) : Phon Son . Adorable ! Il complète à merveille Mr Vuth et a très vite compris quand nous avons demandé une journée " campagne " ce que nous recherchions. Coordonnées : son-philippe@yahoo.com : tel 012 584846
Nous avons payé en tout : 62$ US pour les 4 jours ( nous n’avons pas souhaité utiliser de voiture mais avons tout fait en Tuk-Tuk
Tuk-Tuk en ville : Compter entre 1 et 3 $ en ville à Siem Reap.
HEBERGEMENT
A Phnom Penh : Hôtel Imprévu : COUP DE CŒUR ! ! ! 🙂🙂🙂 20$ le bungalow Tenu par deux français. A 8 km du centre, un vrai coin de paradis : des petits bungalows de 2 personnes, très propre avec clim, disséminés dans un immense jardin aux arbres centenaires. Immense piscine. Service et accueil impeccable ! Petit déjeuner en sus : 3, 5$ Repas du soir entre 4 et 7 $ ; très bonne cuisine nationale et internationale. Coordonnées : info@imprevu_resort.com : mobile : 012 655 440 : www.hotel-imprevu-resort.com
A Siem Reap : Green garden home guesthouse Chambre deluxe avec petit déjeuner : 28$ pour 3 pers. Bien située. Chambre défraîchie 😕. Accueil quelconque et service nonchalant( le 1e jour :3 serviettes puis 2 puis plus qu’une seule. Poubelle non vidées…) Son gros avantage : une magnifique piscine.
REPAS
Phnom Penh Friends( ONG) : prés musée national . Bénéfice pour former les enfants de la rue aux métiers de l’hôtellerie. Très bon repas, bien présenté, accueil sensas. Environ 4 à 7$ tout compris par repas.
Siem Reap Echoppes d’Angkor Environ 3 $ le prix d’une fried noddle ou d’un fried rice. Nous y mangerons tous les midis au milieu des enfants, de leur marchandage mais toujours dans la bonne humeur.
Le tigre de papier: coup de coeur🙂🙂🙂 Dans les petites rues animées du centre. Super ! Prix très corrects, bonne cuisine tant nationale qu’internationale (patron français). Accueil chaleureux. On vous recommande l’amok ! miam ! ! ! ! !
CHANGE $US acceptés partout ! Nombreux guichets à Siem reap
CLIMAT J’appréhendais la mousson mais nous souhaitions voir les rizières vertes, la végétation luxuriante…contrairement à notre voyage au Laos en février. Ce fut chose faite : superbe. Et la mousson : eh bien une grosse pluie qui oblige à s’abriter entre 30mn et 2h en fin de journée mais rien de dramatique. Pour les signes annonciateurs : pas de souci, le changement de la couleur du ciel se chargera de vous le faire savoir. Il fait néanmoins très, très chaud ! Soyez tôt sur les sites !
CARNET DE VOYAGE
11 juillet Nous sommes arrivés hier soir au Cambodge après 14 h d’attente à l’aéroport de Singapour + 3 h pour pour problème technique sur l’avion. Accueil sensas par l’hôtel Imprévu.
Aujourd’hui, visite de P.P Nous quittons l’hôtel et retrouvons avec bonheur le joyeux fratras des mobylettes, des Tuk-Tuk, embouteillages, anarchie de la circulation … On voit de suite que c’est un pays qui a beaucoup souffert
Palais royal de P.P et pagode d’argent : 6$. Attention fermeture entre 11h et 14h. Pas d’épaules nues ni de short trop court. Salle du trône, différents pavillons, stupas, pagode d’argent…
Repas à l’ONG " friends ", un bon moment et de douces saveurs !
Visite du musée national 8h- 17h 3$
Retour à l’hôtel où la piscine nous tend les bras ! ! ! Excellent repas
12 juillet Départ toujours aussi folklorique en Tuk-Tuk pour P.P .
Visite de Tuol Sleng ou S21, prison des khmers rouges. 8h-17h 2$ Visite éprouvante et émouvante. On a hésité et longuement parlé en famille . Le peuple cambodgien a énormément souffert de cette guerre. On souhaitait mieux le comprendre en abordant l’horreur des khmers rouges. Visite des cellules encore maculées de sang, larmes devant les milliers de portraits des prisonniers, effarement total devant les méthodes de torture que l’homme peut imaginer, incrédulité devant les témoignages de khmers qui ne regrettent rien… Pendant la visite, on ne s’est pas parlé, chacun est allé à son rythme, certains supportant moins bien que d’autres certaines salles et vice –versa… A peine franchi le portail, on se pose et on désamorce. Il s’en suivra de grands débats sur les idéologies… Le bilan : juste après la visite, certains ont regretté de l’avoir fait mais après plusieurs jours, tout le monde reconnaît que cela lui a beaucoup apporté pour comprendre les cambodgiens et notamment lors des discussions avec Mr Vuth qui a vécu cette horreur. En complément nous avons acheté sur place et lu : " le portail " et " ils ont d’abord tué mon père ".
Nouveau repas à Friends.
Arrêt au marché russe, très animé où se mélent étals d’artisanat, de soie, culinaires.. Les sacs vont encore s’alourdir !
Bienfaits de la piscine !
13 juillet Lever 5h pour un départ à 7h en car vers Siem Reap. C’est dimanche et le trafic est très perturbé par les différentes manifestations pour les 2 partis politiques puisque les élections approchent.
Nous quittons P.P à 9h et arriverons, après deux arrêts de 20mn, à S.R à 15h. Trajet très agréable au milieu des rizières, des villages qui jalonnent la route Le vendeur du billet nous propose notre arrivée, deux tuk-tuk qui nous attendraient pour 1$ chacun ; on doit lui payer la course à P.P . On hésite et trouve le système un peu bizarre 🤪 mais on ne craint pas grand chose pour le prix . On accepte. A l’arrivée, nous serons bien attendus comme prévu ! C’est simple l’Asie !😇
Nous sommes déposés à l’hôtel. nous disposons illico de la piscine.
Balade en ville au son des " tuk-tuk, monsieur " mais c’est quand même moins harcelant et plus souriant que les " calèches " en Egypte. On choisit le " tigre de papier " comme resto qui deviendra notre quartier général. Excellent repas !
14 juillet On s’est réservé cette journée pour démarrer en douceur. On commence par la visite du grand marché. On adore ça ! 🙂🙂🙂 On se balade au milieu des étals, des senteurs, on patauge dans la boue, le bruit des klaxons…. Le bonheur !
Visite aussi du vieux marché .
Nous déjeunons à L’Abacus car l’école hôtelière Salabai est fermée pour la semaine, dommage. C’est hors de prix, on nous y reprendra plus 😠!
Après-midi farniente et piscine, avant la balade du soir dans Siem reap .
En fin d’après-midi, nous avons rencontré Mr Vuth pour mettre au point nos 4 jours sur Angkor et ses environs. Très sympa !
15 juillet Départ 6h30 avant que la chaleur ne sévisse. Visite sur 4 jours d’Angkor : pass 3 j= 40$ ; 7 jours = 60$. Ils font la photo sur place.
Je ne vais pas vous décrire les temples uns à un, M.Glaize l’a fait et bien d’autres carnets de route ! et puis l’appréciation de chacun est très personnelle, même entre nous, nous avons eu des impressions différentes …On a, en tout cas, fait le choix d’en faire moins mais mieux et puis au bout de 4 jours, nous commencions à saturer et s’embrouiller . C’est vraiment un site qui demande à être vu et revu ! On a aimé cette ambiance mystérieuse, l’animation des échoppes, les dizaines d’enfants essayant de vous fourguer des babioles ( je ne peux pas vous dire combien de colliers, flûtes…on a ramenés ? mais devant un tel sourire ! ! ! ! ! ! !) Journée en tout cas épuisante !
16 juillet Et c’est reparti vers d’autres merveilles ! ! ! ! ! !😇
Aujourd’hui moins de temples mais plus de route au milieu des rizières. Magique !
Visite du musée de la mine, route de bamteay samré. 1$ par pers.
Retour dans l’après-midi car aujourd’hui c’est le déluge, la mousson s’éternise . Piscine !
On voulait aller au spectacle de marionnettes de la Noria mais Romain a une tourista.🏴☠️
17 juillet Après avoir acheté un sac de riz, on file vers l’orphelinat que j’avais contacté par mail le Chress village kandek ou www. socplsdo. org
Ils ne vivent que de donations car le gouvernement ne leur accorde rien. Accueil chaleureux ! Nous leur remettons le riz et les jouets que nous avons ramené de France. Nous visitons les lieux . Ils nous parlent de leur vie : leur quotidien, les difficultés, . C’est attachant et on aimerait tellement pouvoir faire plus🙁 ! N’hesitez pas à faire le detour !
Visite de 2 temples.
Arrêt dans une école d’insertion d’enfants et d’ado " krousar thmey " . Ils frappent le cuir et fabriquent des marionnettes. Nouvel accueil si chaleureux !🙂 petit spectacle de marionnettes, rien que pour nous, c’est touchant ! On s’étonne de les voir travailler si jeunes. On les questionnent mais ils trouvent cela tout à fait normal pour aider le centre et leur famille. Le tout avec le sourire. Un beau témoignage et une belle leçon pour nos ados tout émus . L’artisanat est très joli, ne vous en privez pas.
Retour vers 14h car l’état de Romain ne s’améliore pas !
18 juillet Aujourd’hui, nous voulons visiter la campagne. Mr Vuth veut absolument que nous visitions encore trois temples ( ah les puristes !) . On accepte. Son phon lui a parfaitement compris ce que nous recherchons dans cette journée ; il prend les choses en main, ce sera une réussite !
Visite du village flottant klong Cheas : 10$ par pers.🙂🙂 J’avais contacté Osmose mais ils ne travaillent pas à cette époque alors faute de grive…et malgré des échos par toujours favorables sur le forum, on se rabat sur klong cheas. On est seul et on va adorer ! Quelle vie, un autre univers ! ! ! ! Mais quelle misère !
Au retour, on sillonne la campagne, les temples, on voit vivre la population, on admire les rizières, la végétation …bref 100% réussi ! ! ! ! ! ! ! une belle expérience !🙂🙂🙂
De retour à l’hôtel, on quitte nos chauffeurs qui sont déjà des amis . Petit pincement au cœur ! Merci Mr Vuth et merci Son phon !🤪
19 juillet Dernière journée alors on se la joue cool !
On s’est inscrit par le biais du restaurant le " tigre de papier " à un cours de cuisine ! 11$ par pers : cours et la dégustation de son repas. On arrive à 10h, on choisit dans le menu l’entrée et le plat qu’on veut cuisiner puis départ pour le marché pour y faire ses achats.🙂 Etape suivante, revêtus de magnifiques tabliers 😉, tout le monde au fourneau. Epluchage…On s’applique mais il faut bien reconnaître, en toute modestie, qu’au bout de 3h le résultat est là : c’est appétissant et savoureux !😛 Nous sommes très fiers de nous et on a bien rigolé !Les quantités obtenus sont énormes, nous aurons beaucoup de mal à tout consommer. Bref un excellent moment, plein de découverte, de bonne humeur, instructif et ludique ! Et puis qu’est ce qu’on est fier maintenant de servir des nems et de l’amok entre autre ! Merci à Sophia, notre instructrice !
Après-midi farniente . Soirée valise ( ah j’adore !)
20 juillet Nous quittons le Cambodge via Singapour puis retour en France. Li ahs le Cambodge, on reviendra !
LES TEMPLES On a adoré : le Bayon pour ces visages énigmatiques mais surtout pour les heures que nous avons passé à déchiffrer les bas-reliefs : un vrai livre d’histoire ! : Angkor thom car on se sent rentrer dans un lieu mystérieux. : Ta Phrom car cela prouve que l’homme n’a jamais le dernier mot sur Dame Nature ! : Banteay Srei : Ta Som
On a adoré : Le Cambodge ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
bonjour,
me voici de retour du cambodge avec mon mari et mes deux ados, 15 ans et 13 ans et voici notre periple dans ce si beau pays...
1ier jour 24/12/2007
arrivee de malaisie avec air asia a phnom penh - hotel phnom penh- sympa, le soir resto"comme a la maison" et bien je peux vous dire que, meme si j adore cuisiner, nous ne mangeons pas ainsi tous les jour, un verre de champagne, 7 plats, delicieux pour 25 dollars/pp
2ieme jour
vat phnom-musee national - palais royal - Fcc, resto retro, sympa avec vue sur le tonle sap et toute l animation autour.., une vrai detente apres les visites.., le soir resto indien tamrind resto, terrasse sur le toit, coussins moilleux, delicieux couscous, eh oui vivant a kl nous avons profite de manger un bon couscous..
3ieme jour
marche russe-psar themei - psar tuol tomp.-fabrique des bouddhas de prayuvong, re-resto fcc- le soir :resto indien shiva shakti, tres bon.
4ieme jour
6, 15h du mat direction le port pour prendre le bateau pour traverser le tonle sap vers siem reap. belle photos a prendre sur le toit du bateau le long de la riviere.., nous avions reserve un tuk tuk depuis siem reap et il etait la a nous attendre, ca c etait vraiment chouette, direction angkor palace resort, tres bel hotel avec une tres belle piscine- couche du soleil sur le phnong bakheng, tres beau, c etait pour nous un premier appercu de ce qui nous attandais dans les prochains jours...le soir resto : the red piano, a pubstreet, un cartier tres sympa avec des petits restos dans tous les coins...bonne ambiance
5ieme jour
visite de banteay-ta phnom-pre rup-kdei- re-red piano le soir
6ieme jour
musee national-fcc de sr, resto tres sympa, chers compare a ce que l on peut trouver a siem reap et tout n est pas si bon finalement-le soir 'resto indochine' plats=il manquait ce petit quelque chose qui fait que c est excellent, par contre le dessert au chocolat(belge je pense) etait delicieux...le cadre est tres tres sympa avec de belles couleurs rouges...
7ieme jour
debout a 4.30 pour aller voir le leve de soleil a angkor vat- sympa c est bien de le faire une fois mais cela ne m a pas marque, je pense que les couches de soleil sont plus beaux..-angkor thom-terrasse du roi lepreux et la terrasse des elephants-phimeanakas-baphuon-le soir; resto 'the temple', pubstreet, un endroit vraiment trop cool, spectacle de apsaras gratos, avec des plats kmers delicieux comme le amok, de poisons, poulet boeuf, trop bon, et une preparation de crab a mourire tellement que c est bon, et vraiment pas cher..
8ieme jour 31/12
prochain hotel, le sokhra, tres bel hotel mais j ai prefere le angkor palace, visite au village de soie puok-resto 'le tigre de papier'-bonne pizza, marche psar chaa-le reveillon c est fait au fcc, bar en igloo de glace, belle presentation de decoration, mais pas de bonne musique, l ambiance n etait pas top, le buffet indien, pas bien organise tout etait froid..comme les brochettes etc...mais bon, il y avait un ecran geant sur lequelle ils ont projecte 'jack-ass' mes ados ont trouve cela delirant....no comments....
9ieme jour 1/1/2008
psar chaa-souk cambodien tres tres sympa, il faut negosier mais les gens sont gentils et c est trop amusant d acheter toutes ces petites fantaisies, comme petits bracelets en argents, cuillieres etc-resto a midi au 'le malraux' tenu par un francais marie a un flamande. un monieur tres sympa, et les plats etaient tres bons, beau cadre etc..-visite des temples bakong-preah ko-resto le soir; cambodian bbq, dans la petite rue parallele a pubstreet, tres bon.
10ieme jour
visite au artisants locaux, sculpture en bois et gres 'les artisants d angkor'-visite du temple 'preah khan'
11ieme jour
nous nous sommes encore un peu balade sur le marche de chaa, profite de notre piscine, massage etc.. resto le soir au 'temple'
12ieme jour
retour a la casa.
mes moments forts au cambodge.
a l aeroport j ai trouve les gens plutot serieux, pas souriant, je dois dire que j ai habite a jakarta et maintenant a kuala lumpur, en faite, ils attendent compare a d autres pays d asie, que l on leurs fasse un sourire d abord et puis...c est un rayon de soleil de vous prennez de face...le long de tout notre voyage, je n ai pas cesse de passer a la periode de pol pot, en regardant les gens, je me suis dis, mais quelle courage..., mais je les ai basine de la phrase, 'a votre age, je n aurais pas pu visiter ce pays, interdit, pas possible vu les circonstance, a la tele nous avons tous vu ce qui y passait...
les temples, apres avoir vu macchu pichu au peru, les pierres j ai l empression qu elles me parlent....c est magique..
les restos, trop bon toutes la cuisine d asie.
le tuk tuk, un moyen ideal pour se sentir bien et avoir le temps de faire venir a soi ce que l on vient de voir. voici les coordonnees de notre chauffeur, qui ne parle pas francais mais anglais, Sovandy, appele "D", tel 00 855 12 51 68 95- ou 012 516 895 email sovandydriver@yahoo.com, il est serieux, toujours a l heure, trouve toujours une solution si necessaire, gentil, ...nous avons paye 20 dollars par jour
les dollars, (prennez des petits billets d un dollars le plus possible) la panique de ne pas avoir assez de cash, mais il y a de plus en plus d endroit ou l on peut payer avec la carte visa.
nous avons bien pris le temps de voir les temples sans le rush, nous partions vers 10h du matin ou bien meme apres le dejeuner pour profiter de l apres midi et le couche de soleil, belle couleur sur les temples pour faire de belles photos
voila, je pense n avoir rien oublie..ah si, merci a monsieur roger de m avoir encourage avant mon depart, parce que j avais un peu peur d avoir pris trop de jours sur place, que ma petite famille trouverai cela barbant et de n avoir pas assez de varietes dans les choses a voir, eh bien c est rate, nous avons tous adore...a vous maintenant !
si vous avez des questions, allez y c est avec plaisir que je vous aiderai..
nadine
me voici de retour du cambodge avec mon mari et mes deux ados, 15 ans et 13 ans et voici notre periple dans ce si beau pays...
1ier jour 24/12/2007
arrivee de malaisie avec air asia a phnom penh - hotel phnom penh- sympa, le soir resto"comme a la maison" et bien je peux vous dire que, meme si j adore cuisiner, nous ne mangeons pas ainsi tous les jour, un verre de champagne, 7 plats, delicieux pour 25 dollars/pp
2ieme jour
vat phnom-musee national - palais royal - Fcc, resto retro, sympa avec vue sur le tonle sap et toute l animation autour.., une vrai detente apres les visites.., le soir resto indien tamrind resto, terrasse sur le toit, coussins moilleux, delicieux couscous, eh oui vivant a kl nous avons profite de manger un bon couscous..
3ieme jour
marche russe-psar themei - psar tuol tomp.-fabrique des bouddhas de prayuvong, re-resto fcc- le soir :resto indien shiva shakti, tres bon.
4ieme jour
6, 15h du mat direction le port pour prendre le bateau pour traverser le tonle sap vers siem reap. belle photos a prendre sur le toit du bateau le long de la riviere.., nous avions reserve un tuk tuk depuis siem reap et il etait la a nous attendre, ca c etait vraiment chouette, direction angkor palace resort, tres bel hotel avec une tres belle piscine- couche du soleil sur le phnong bakheng, tres beau, c etait pour nous un premier appercu de ce qui nous attandais dans les prochains jours...le soir resto : the red piano, a pubstreet, un cartier tres sympa avec des petits restos dans tous les coins...bonne ambiance
5ieme jour
visite de banteay-ta phnom-pre rup-kdei- re-red piano le soir
6ieme jour
musee national-fcc de sr, resto tres sympa, chers compare a ce que l on peut trouver a siem reap et tout n est pas si bon finalement-le soir 'resto indochine' plats=il manquait ce petit quelque chose qui fait que c est excellent, par contre le dessert au chocolat(belge je pense) etait delicieux...le cadre est tres tres sympa avec de belles couleurs rouges...
7ieme jour
debout a 4.30 pour aller voir le leve de soleil a angkor vat- sympa c est bien de le faire une fois mais cela ne m a pas marque, je pense que les couches de soleil sont plus beaux..-angkor thom-terrasse du roi lepreux et la terrasse des elephants-phimeanakas-baphuon-le soir; resto 'the temple', pubstreet, un endroit vraiment trop cool, spectacle de apsaras gratos, avec des plats kmers delicieux comme le amok, de poisons, poulet boeuf, trop bon, et une preparation de crab a mourire tellement que c est bon, et vraiment pas cher..
8ieme jour 31/12
prochain hotel, le sokhra, tres bel hotel mais j ai prefere le angkor palace, visite au village de soie puok-resto 'le tigre de papier'-bonne pizza, marche psar chaa-le reveillon c est fait au fcc, bar en igloo de glace, belle presentation de decoration, mais pas de bonne musique, l ambiance n etait pas top, le buffet indien, pas bien organise tout etait froid..comme les brochettes etc...mais bon, il y avait un ecran geant sur lequelle ils ont projecte 'jack-ass' mes ados ont trouve cela delirant....no comments....
9ieme jour 1/1/2008
psar chaa-souk cambodien tres tres sympa, il faut negosier mais les gens sont gentils et c est trop amusant d acheter toutes ces petites fantaisies, comme petits bracelets en argents, cuillieres etc-resto a midi au 'le malraux' tenu par un francais marie a un flamande. un monieur tres sympa, et les plats etaient tres bons, beau cadre etc..-visite des temples bakong-preah ko-resto le soir; cambodian bbq, dans la petite rue parallele a pubstreet, tres bon.
10ieme jour
visite au artisants locaux, sculpture en bois et gres 'les artisants d angkor'-visite du temple 'preah khan'
11ieme jour
nous nous sommes encore un peu balade sur le marche de chaa, profite de notre piscine, massage etc.. resto le soir au 'temple'
12ieme jour
retour a la casa.
mes moments forts au cambodge.
a l aeroport j ai trouve les gens plutot serieux, pas souriant, je dois dire que j ai habite a jakarta et maintenant a kuala lumpur, en faite, ils attendent compare a d autres pays d asie, que l on leurs fasse un sourire d abord et puis...c est un rayon de soleil de vous prennez de face...le long de tout notre voyage, je n ai pas cesse de passer a la periode de pol pot, en regardant les gens, je me suis dis, mais quelle courage..., mais je les ai basine de la phrase, 'a votre age, je n aurais pas pu visiter ce pays, interdit, pas possible vu les circonstance, a la tele nous avons tous vu ce qui y passait...
les temples, apres avoir vu macchu pichu au peru, les pierres j ai l empression qu elles me parlent....c est magique..
les restos, trop bon toutes la cuisine d asie.
le tuk tuk, un moyen ideal pour se sentir bien et avoir le temps de faire venir a soi ce que l on vient de voir. voici les coordonnees de notre chauffeur, qui ne parle pas francais mais anglais, Sovandy, appele "D", tel 00 855 12 51 68 95- ou 012 516 895 email sovandydriver@yahoo.com, il est serieux, toujours a l heure, trouve toujours une solution si necessaire, gentil, ...nous avons paye 20 dollars par jour
les dollars, (prennez des petits billets d un dollars le plus possible) la panique de ne pas avoir assez de cash, mais il y a de plus en plus d endroit ou l on peut payer avec la carte visa.
nous avons bien pris le temps de voir les temples sans le rush, nous partions vers 10h du matin ou bien meme apres le dejeuner pour profiter de l apres midi et le couche de soleil, belle couleur sur les temples pour faire de belles photos
voila, je pense n avoir rien oublie..ah si, merci a monsieur roger de m avoir encourage avant mon depart, parce que j avais un peu peur d avoir pris trop de jours sur place, que ma petite famille trouverai cela barbant et de n avoir pas assez de varietes dans les choses a voir, eh bien c est rate, nous avons tous adore...a vous maintenant !
si vous avez des questions, allez y c est avec plaisir que je vous aiderai..
nadine
Apres un voyage en Thailande en 2006, nous voila de retour en famille avec nos filles de 5 et 8 ans au Cambodge en 2007.
Jour 1 - Départ Toulouse pour CDG, puis dans la foulée Bangkok et 3ème vol pour Phnom Penh (arrivée vers 16h et 6h de décalage horaire). Vols sans encombre et retard, on arrive à Bangkok, dans le fameux nouvel aéroport Suvarnabhumi.
Malgré les nombreux problèmes dénoncés en ce moment sur cet aéroport (qui vont obliger certainement une réouverture partiel de Dong Muang), tout nous a paru nickel : aucun retard sur 4 vols pris, un seul débarquement par bus, toilettes en nombre suffisant et toutes en fonctionnement, correspondance des bagages bien gérée par la Thai Airways. Il fait un peu penser au nouvel aérogare CDG, mais en plus grand, en un peu moins froid. Le hall des départs est immense, très long, avec des dizaines de boutiques, toutes plus belles et luxueuses les unes que les autres. Beaucoup de lieux pour manger également, du salon cosy, du japonais classieux, et même du fast food occidental ou local. L'architecture est un mélange de métal, de verre, de verdure et de bois pour pas mal de boutiques. Très beau et agréable. Bon, on a eu le temps de le visiter, avec plus de 4 heures de correspondance.
Vol entre Bangkok et Phnom Penh très rapide, les hotesses doivent speeder pour servir le repas dans ce laps de temps de une heure.
Arrivée à l'aéroport de Phnom Penh. A partir de la, c'est le grand inconnu pour nous tous. Première surprise, la quiétude qui règne dans cet aéroport. Le stand des visas est super organisé : on donne les papiers à un premier comptoir, les papiers passent ensuite à la chaine dans les mains de 5 personnes en gros, et on vous appelle au dernier comptoir pour récupérer et payer les 20 USD (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans, mais prévoir une photo quand même).
Ensuite passage de l'immigration, récupération des bagages et nous voilà lachés. L'aéroport très récent est à taille humaine et très très joli. Il nous rappelle celui de Bali il y a plus de 10 ans. La sortie se fait dans un calme étonnant : aucun rabatteur pour taxis, bus, tuk tuk. On choisit de se diriger vers un taxi avec cette arrivée nocturne à 19h30. On nous demande 7 USD, ce que j'avais lu sur le forum donc on ne discute pas et on monte. Le taxi quite l'aéroport et s'enfonce dans les avenues sombres. Il n'y a pas d'éclairage public au départ, ce qui donne une atmosphère assez étonnante. Seules les lumières des véhicules, des bâtiments, des échoppes permettent de distinguer quelquechose. Mais le tout reste assez sombre, et nous rappelle un peu à la route de l'aéroport de Kathmandu. A partir de quelques minutes, l'éclairage se densifie et on voit apparaître des lampadaires en fonctionnement. Après quelques tatonnements, le taxi trouve le Rega Home Guesthouse (cf. les adresses ci-après). Le taxi nous demandera avec sourire un petit billet de plus, vu le temps qu'il a mis à trouver notre guesthouse. Avec sourire, je lui réponds que bon, je paie le prix convenu à l'avance.
La résa faite par mail est bonne, il y a du monde, ca grouille dans le jardin restaurant. La patronne énergique qui parle français nous conduit à notre chambre au RDC. La chambre est très simple, propre, un peu sombre malgré le néon et un peu moite.
Petit déjeuner bien français avec baguette, beurre, confiture. Au cambodge, on trouve du pain, frais le matin, bien sec l'après midi. Un peu moins salé que chez nous, il demeure bon au petit déj. On démarre une petite ballade à pieds pour se rendre au Wat Phnom non loin de la. Bon en fait il est un peu plus loin que la carte ne le laissait supposer. Marcher lentement à pieds permet de suite de se mettre dans l'ambiance. Certaines rues sont encore complètement en terre, la plupart sont tout de même bitumées à cet endroit, mais il faut souvent marcher sur la route quand le trottoir est bloqué par un véhicule, des marchandises, des échoppes, des tas d'ordures ou des égouts à ciel ouvert. Les gens vaquent à leurs occupations sans trop faire attention à nous. Chaleur, poussière, odeurs pas toutes agréables et musique de fond des moteurs et klaxon font partie de ce premier visage de la ville.
Nous arrivons au Wat Phnom, un temple avec un stupa surmontant une petite colline en plein milieu d'un sens giratoire. L'herbe est grillée, jonchée de détritus. On emprunte le chemin montant à flanc de la petite colline. On verra plus tard qu'on arrive par l'arrière, l'avant étant équipé d'un grand escalier. De nombreux singes en liberté font leur petite vie à cet endroit, cherchant nourriture, s'amusant, se chamaillant ou se cherchant des puces. Quelques bancs ici ou la sont occupés par des hommes, femmes et enfants dont la plupart mendient à notre passage. Certains sont estropiés, handicapés, d'autres valides. Mais tous nous renvoient une image d'une misère qui nous frappe de plein fouet pour cette première sortie. Les filles sont de suite confrontées à ces images d'enfants en haillons, d'hommes estropiés. Elles ne semblent pas spécialement mal à l'aise, mais elles sont très intriguées, dans le sens où elles nous demandent pourquoi ils sont comme ca, ce qu'ils mendient, pourquoi on donne, pourquoi on ne donne pas... On a l'impression d'être retourné à Delhi, un dimanche après-midi il y a plus de 10 ans (le dimanche après-midi était très calme dans New Delhi).
En haut de la plateforme, un gardien nous demande 1 USD par personne, y compris pour les filles (alors que les temples visités plus tard sont gratuis pour les enfants). Pas de ticket, le gardien repart d'asseoir l'argent en poche...
Visite intérieure du temple, ca leur rappelle de suite les temples Thailandais de l'année dernière.
On redescent par les escaliers principaux. En bas, un pauvre éléphant stagne sous un arbre, servant de décor aux touristes voulant se faire prendre en photo à côté, moyennant quelques sous (2 ou 3 USD) au propriétaire. Nous passons pas mal de mendiants pour rejoindre un tuk tuk qui attendait la. Ne parlant pas englais, un autre lui vient en aide pour lui donner notre destination : le quai Sisowat, non loin du grand palais. Il fait chaud, on s'asseoit à une terrasse de petit restaurant (à droite du Sa Em Restaurant). On prendra quelques plats et une bouteille d'eau bien fraiche. Se mettre en terrasse sur le trottoir n'est pas forcément l'idéal si on souhaite manger un tranquilité. Non pas que la circulation du midi soit dense, pas du tout même, mais nombre de personnes passent sans insistance à la table : mendiants, enfants vendant des livres ou des souvenirs. C'est d'ailleurs exclusivement des enfants qui vendent dans la rue.
Le repas fini, on se rend à pieds au Grand Palais (3 USD/pers l'entrée, + 2 USD si on veut utiliser son appareil photo dans l'enceinte, et 5 USD de plus encore si on veut pouvoir utiliser sa caméra). Nos filles ne paieront pas. En revanche, elles interessent toujours autant certains asiatiques, comme ce groupe de cambodgiens (on pense) qui voudront prendre des photos d'elles avec eux. La plus petite, blonde et encore un peu potelée est de toutes les attentions, et se retrouve dans les bras d'inconnues souvent hilares et excitées en cette occasion. Elle n'est pas surprise, mais en revanche semble vite gênée.
On accepte avec sourire les photos, j'en profite pour en faire une aussi après tout, avec le photographe de surcroit, mais on ne tient pas trop à ce que notre petite souffre trop de ces attentions somme toutes gentilles. Quand les bras commencent à la serrer un peu trop pour l'emmener vers une autre personne du groupe par exemple, on fait comprendre que bon, c'est sympa, mais la "petite" n'a pas forcément super envie.
Dans l'après-midi, on retourne à la guesthouse histoire de retrouver un peu de calme, dans cette terrasse/jardin qui nous semble être un petit oasis perdu au beau milieu de cette grande ville dont nous n'avons pas vu grand chose encore.
On y achétera un billet de bus pour Siem Reap, 5 USD par personne, à la compagnie Rith Mony Bus (RMN), qu'on nous dira plus tard être une compagnie bon marché.
Jour 3 - Phnom Penh > Siem Reap
Départ 8h00 en tuk tuk pour le départ en bus. Le chauffeur nous emmène à l'endroit voulu sur les indications de l'hôtel. On s'attendait à une station de bus, celle proche du marché central. On sera en effet dans le quartier, mais le chauffeur de tuk tuk est interpellé par une personne en coin de rue nous demandant notre billet dans un assez bon anglais. Je lui passe les billets en toute confiance malgré le coin de rue, l'absence total d'identification de la personne (nom, badge de la compagnie de bus, etc...). Il y a bien un bus RMN non loin de la. Il revient et nous propose un bus avec départ 1/2h plus tard. Bon, ok, on attendra dans un petit resto local, où le petit déjeuner est bien sur à base de soupe de nouille, avec tables en formica et télé suspendue au mur.
Un nouveau bus au numéro indiqué se pointe à l'horizon. On s'apercevra plus tard que les bus du marché central ne sont pas tous à la même enseigne. Des grosses compagnies de "luxe" comme la Mekong Express ont droit à pas mal d'espace. Ceux de la GST ont juste un trottoir pour les arrivées. Le notre a juste un coin de rue non loin de la.
On ne saura pas si le bus avait l'air conditionné ou pas, mais il y faisait chaud en fin de voyage, au terme des 6 heures de route. Ceci étant, le voyage fut agréable et interessant car nous étions en première rangée (pas la plus sécu ceci dit en cas d'accident). Nos filles avaient du se rappeler les bus entre Bangkok et Trat et ont voyagé avec une grande patience, sans râler.
En cette saison, les paysages sont assez secs, et on aura raté les rizières vertes et mouillées.
La route est en bon état, bitumée partout maintenant. La halte permet de manger un peu (plats, fruits ou biscuits) et d'aller aux toilettes si besoin.
L'arrivée à Siem Reap se fait à l'entrée de la ville, dans la centrale de bus. La gare n'est pas du tout centrale et le tuk tuk est indispensable. A notre arrivée, le bus est encerclé et assailli par les chauffeurs de tuk tuk qui font également la promotion d'hôtels. Nous avions déjà réservé notre hôtel (Phnom Bok Hotel) et un chauffeur de tuk tuk nous attendait en brandissant notre nom sur un papier. Nous nous extirpons rapidement avec lui de la foule et embarquons dans le tuk tuk, pour le plus grand plaisir des filles. Le bol d'air sur le tuk tuk est un enchantement après les 6h de bus.
En peu de temps nous voilà à l'hotel. On prend les chambres. Les filles testerons la piscine peu de temps après ! Hélène, la manager de l'hôtel nous prodiguera de bons conseils sur la ville, les temples et les restaurants.
On testera l'un des restos les plus proches, celui du Freedom Hotel, qui est ouvert sur l'extérieur et séparé de l'hôtel. Excellent Amok de poisson et copieux. Une bonne adresse agréable qui nous aurait pourtant pas attiré sans recommendation.
Nous négocions avec le chauffeur de tuk tuk les 3 jours de visite des temples.
Jour 4 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Ca y est, depuis des années qu'on entend parlé de ces temples, on y va. Il fait presque frais en tuk tuk. On passe le péage, un péage digne de nos autoroutes avec des guichets pour acheter un pass d'un jour, de 3 jours ou d'une semaine. Nous paierons chacun 40 USD pour 3 jours. Nos filles ne paieront pas, ouf !
C'est parti, on a défini le circuit approximatif avec le chauffeur. A savoir (on ne le savait pas), le site est payant pour les visiteurs, mais sinon la zone des temples est une zone habitée, avec des maisons, des villages à certains endroits, et à chaque temple ou presque on trouve des boutiques, des petits restos simples, des vendeurs ambulants, la plupart du temps des enfants ou des jeunes.
Donc à chaque temple, on se retrouve avec environ 2 à 6 enfants à vous suivre quelques mètres pour vous proposer des souvenirs, livres en français ou anglais (des belles copies vendues 1 USD en anglais mais plus cher en français).
Au final on s'habitue et les vendeurs sont interdits dans les temples eux mêmes.
Pour cette première journée, nous décidons de visiter le matin, de rentrer à l'hôtel en mi journée pour se reposer et raffraichir les filles à la piscine, et de repartir pour Angkor Thom vers 16h.
Beaucoup de temples sont très endommagés, mais on est loin de ruines à même le sol. Beaucoup de pierres sont au sol, bloquant parfois le passage, mais nombre de murs, de toits, de tours sont encore bien là. Pas mal de renforts en bois soutiennent des murs ou portes. LEs temples ne se ressemblent pas tous, ce qui rend les visites toujours différentes. En milieu de matinée il y a pas mal de monde, mais on arrive toujours à se retrouver quasi seuls à un moment donnée, ou en se retirant dans un coin. Le monde n'est pas trop un problème en soit, hormis pour les photos, mais le plus gânant reste le bruit des groupes, et principalement des groupes de touristes asiatiques quand nous y étions. Chinois, corééns et/ou japonais débarquent avec la seule idée de prendre des photos toutes plus identiques les unes que les autres. On peut éviter ces groupes assez tôt le matin, le midi, et le soir. Nour arpentons ainsi la matinée dans divers temples, et le Tah Pronh est vraiment impressionnant. Les filles s'amusent beaucoup à marcher, enjamber les pierres, se cacher dans les dédalles, malgré la chaleur. Parfois, plus un bruit dans les temples, uniquement les bruits des oiseaux dans la végétation et le décor sauvage qui entoure les temples.
Le soir, petit tour dans le centre ville près du marché. Etonnant contraste. On assiste à une concentration de restos et bars. Beaucoup sont décorés avec beaucoup de goût et de classe, souvent par des décorateurs français. Ambiances loundge, ethnique, contemporain. Très beau, mais on est loin du cambodge majoritaire. Concentration de touristes, un vrai Saint Michel à Siem Reap. On tentera le Khmer Kitchen, mais on sera un peu déçu par le resto : nourriture classique, service "usine". Bref, bien pour les noctambules citadins, mais on n'a pas beaucoup aprécié.
Jour 5 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Cette fois ci, pour éviter de faire une heure de tuk tuk pour retourner et revenir a l'hôtel, et profiter de l'endroit, on a décidé de manger sur place dans l'une des gargottes proche des temples. Prix comparables aux restos d'en ville pour certaines. Je me suis régalé d'un petit poulet frit avec du riz et de l'ananas, excellent !
Ce soir, nous mangerons au Phnom Bok, même si ce n'est pas un restaurant. Nous ne connaissons pas d'avance le menu, mais nous faisons confiance à Hélène qui nous choisira un plat typique khmer. Ce sera une soupe avec pates de riz. Excellent et copieux. C'est vraiment une bonne adresse de logement.
Jour 6 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Au retour, une fille d'une dizaine d'année voire moins demande à notre chauffeur de la déposer quelquepart. On accepte avec plaisir. Dans le tuk tuk, elle nous propose même une barette pour notre fille qui a les cheveux en pagaille avec le vent. Du coup notre grande fille lui donne un petit bracelet symbolique en coton et de suite lui échange avec son bracelet plastique. Elle finit par s'endormir dans le tuk tuk. A notre arrivée à l'hôtel, notre tuk tuk la voir encore la, il avait oublié sa présence semble t'il. La fille semble un peu perdue, et se dirige dans le hall de l'hôtel, comme pour demander on ne sait quoi, elle ne le sait même pas elle même. Au final, après quelques questions de la part de Hélène, on va avoir confirmation qu'elle a fugué, qu'elle a quitté sa maison où elle s'est dite mal traitée. Elle sera nourrie à l'hôtel, tentera de se sauver de nouveau, avant d'être conduite à la police. On ne saura peut-être jamais ce qu'elle est devenue, mais il doit y en avoir un grand nombre dans le pays. Certains enfants sont mal traités, abusés dans leur village voire leur famille. La fugue est tout aussi dangereuse, elles peuvent très bien tomber entre les mains de personnes mal intentionnées qui vont les exploiter, les vendre et alimenter les réseaux du commerce sexuel.
Jour 7 - Siem Reap - Phnom Penh
Retour en bus par la Mekong compagnie.
Retour à notre guesthouse, la Rega. Mais problème, notre réservation a sauté. Notre nom a bonnement été effacé du tableau pendant notre virée à la mer et la GH est au complet. Le gars de la Rega nous propose alors l'hôtel d'un membre de la même famille à 100m de là. N'ayant pas trop le choix dans le quartie, nous le suivons dans une grande maison rénovée tout près de là. L'hôtel a ouvert recemment et a une allure d'hôtel chinois, sans trop d'âme et de style. En revanche, la chambre aux 2 grands lit est immense, avec clim, grande salle de bain, et hauteur sous plafond généreuse. C'est un peu ambiance hôtel chinois avec meubles en formica, mais finalement on n'a pas perdu au change. Les filles se défoulent, heureuses semble t-il de trouver enfin une chambre spacieuse où elles peuvent courir.
Après midi à Phomn Penh. On décide d'aller se ballader en fin d'après midi sur le quai Sisowat. C'est calme, paisible sur ce semblant de croisette. On est déjà mieux que le premier midi dans le même quartier. Nombre de cambodgiens se promènent que le quai, face à l'immense fleuve. Quelques enfants vendent toujours des livres, des marchands ambulants fournissent nourriture et boissons.
On décide de monter voir le fameux FCC dont on nous a vanté les mérites, un bar restaurant avec terrasses aux étages et vues sur le fleuve et le quai. Le lieu est couru par les occidentaux, touristes et expatriés. Plus cher qu'ailleurs, déco ambiance coloniale très belle. Tarifs plus chers, serveur qui se la joue sérieux et branché sans le sourire, avec en prime un erreur sur l'addition, bref on a vu, on y retournera pas, même si le lieu est bien.
Pour le repas, on va manger un peu plus loin au Bali Café, un restaurant indonésien. Cadre très sympa, soigné, agréable, calme, et plats excellents et pas chers. Bref une bonne adresse pour changer de la nourriture khmer.
Jour 8 - Phnom Penh - Sihanoukville
La compagnie Mekong Express propose de venir vous chercher a l'hôtel pour vous transporter jusqu'à la gare routière. Mais aucun minibus n'est passé. La patrone du Rega nous avait prévenu à l'avance, donc 10 minutes après l'heure prévu du minibus, on prend un tuk tuk pour se rendre à la station de bus.
La encore, petit encas, boisson, toilettes à l'intérieur, ce qui fait que le bus ne s'arretera pas du voyage. Le voyage durera 3h30.
Peu avant Sihanouk se trouve une énorme usine. Et pour la première fois au cambodge, on a vu des piétons prioritaires sur la route ! Bon il se trouve que c'était la sortie d'usine, avec des milliers de personnes qui sortaient à pieds et traversaient la route. L'attente a duré plusieurs minutes. Les femmes pour l'essentiel rentraient dans leur maison, ou allaient prendre des plats dans des stands de rue.
Nous arrivons à Sihanouk. Les rues sont très larges, la circulation tranquile, essentiellement des motos. C'est un grand calme comparé à Phnom Penh.
Ici peu de tuktuk, ou alors ils sont plus chers qu'à Phnom Penh. Du coup, on doit prendre 2 motodops pour se rendre à la guesthouse à Occeutal beach. Sur chaque moto dans l'ordre : un gros sac, le chauffeur, une fille et un adulte avec les petits sacs. Le trajet n'est pas très long, mais très agréable. Le vent nous raffraichit. Nous arrivons aux bungalows Occeutal Beachside Bungalows, c'est relativement sympa, propre, tenu par un français asiatique qui habite encore ne France, même si il est souvent la.
On prend les maillots et on fonce à la plage pas très loin de là : il suffit de traverser une petite route et prendre un grand chemin de terre où on débouche sur la plage.
Surpriiiiise ! On est loin de la plage calme et paradisiaque. Sur quelques centaines de mêtres sont alignés des parasols, des gros transats avec matelas et plein de touristes. Personne n'est allongé sur la plage, les gens se posent sur les matelas.
On fait de même et commandons un repas de midi. En fait, la consommation n'est pas franchement obligatoire.
En plus des touristes, il y a un balais ininterrompu de vendeurs ambulants proposant souvenirs et nourriture (crustacés, nems, fruits), ainsi que de mutilés, estropiés qui mendient de l'argent. On est loin du calme et de la tranquilité. C'en est même un peu saoulant. Ca n'empeche pas de nous baigner dans une mer très chaude, même si l'eau agitée ne paraît pas être d'une propreté impeccable.
Le soir à la tombée de la nuit, un autre balais habituel se met en route : les restos rentrent les matelas et sortent les tables basses et chaises ou fauteuils.
On peut donc manger direct sur le sable dans tous les restos de la plage. Bon c'est sympa, il fait bon, y'a pas mal de musique, mais attention àpas se mettre entre 2 enceintes qui ne joueraient pas la même musique !
Les vendeurs et estropiés quant à eux continuent leur circuit de tables en tables. Limite dur à supporter quand même cette vision des estropiés qui vont de table en table, sans mains, glissant sur les fesses, à genoux, au milieu de nous même, touristes "riches", valides, en train de siroter des boissons fraiches...
Jour 9 - Sihanoukville
Journée cool. Retour à la plage pour un petit dej. La plage est plus calme, c'est plus agréable. Plus on marche vers le nord, et moins il y a de touristes, et plus il y a de cambodgiens.
L'après midi, petit tour au marché de la ville, dans la pure tradition des marchés du pays : allées étroites, toits très bas, sombres, odorants, assez bordéliques, et grosse chaleur. Mais ca reste toujours un plaisir, un dépaysement complet, une ballade sans être interpellé, tranquile. Quelques achats dont des tongues pour les filles. Passage dans un petit supermarché au retour pour se faire plaisir avec des produits frais pour le 4h : des petits yaourts !
En ce moment c'est un long WE de congés pour les Cambodgiens, à l'occasion du nouvel an chinois. Du coup, la plage est bondée le soir....enfin rien à voir avec les plages de Mediterrannée, mais quand même... Par contre pas mal de cambodgiens, ce qui donne une plage très cosmopolite sympa.
Revers de la médaille avec tout ce peuple, l'eau ne fait vraiment plus très propre.
Jour 10 - Sihanoukville Bon il est temps de découvrir autre chose que cette plage touristique, trop touristique à notre goût. Parfois, il ne suffit pas d'aller très loin pour changer de décor. A l'occasion d'un petit footing la veille, j'étais tombé sur un tout petit village de pêcheurs, tout au nord de la plage. Sur cette plage, 2 ou 3 petits restos très modestes, sans musique, peu fréquentés. Le plage est plus blanc, plus propre et la mer est carrément plus limpide. En fait, la plage bondée possède une eau sale en comparaison, surement dû à la configuration, sa forme arrondie, et à la pollution des bateaux et quelques jets skis du WE. En famille nous y sommes allés avec 2 motodop à 3000R par trajet chacune. Le petit resto aux chaises bleues, tenue par une famille avec l'aide semble t'il d'un australien, surpassait ceux de la plage bondée : calme, belle, plus sauvage, cuisine simple et délicieuse dont le amok génial de la maman et enfin un pancake digne de ce nom par la fille. On y a testé petit dej et repas du midi. Jour 11 - Sihanoukville Bon on avait prévenu, on était venu là pour se la couler douce et que les filles profitent de la mer après les temples d'Angkor. Du coup qu'avons nous fait ce jour la ? Eh bien nous sommes retournés passer la journée sur ce bout de plage si agréable, et cette fois, nous avons testé le fameux petit resto familial matin, midi et même soir ! On est allé entre deux se ballader au petit village, traverser le pont et monter au dessus de la colline où se trouve le Queen Hill Resort, des bungalow genre "luxe" dont sont friands les cambodgiens aisés pour ce WE de fête. De l'autre côté de la colline, un autre plage encore plus calme, avec encore des petits restos. Franchement si vous aimez le calme, ca vaut le coup de s'y rendre en moto. Le soir nous avons demandé si nous pouvions donc manger dans notre petit resto. Ce fut une première pour nos hôtes, qui n'avaient pas l'habitude de voir des touristes le soir à cet endroit. Seul problème, nous n'aurions pas pu trouver des motodops pour nous ramener dans la nuit. Pas de soucis, la fille et son beau frère nous propose de nous ramener à notre hôtel après le repas. Donc on rapproche la table de la seule lumière disponible, on se régale d'un autre amok, et on rentre en discutant à la fraiche sur la moto avec nos chauffeurs. Vraiment une journée très agréable autant pour nous que pour les filles.
Jour 12 - Sihanoukville - Ile aux bambous
Aujourd'hui on prend le large ! On embarque nos masques et tubas et on prend place dans un bateau pour un boat-trip (30 US$ / adulte, 15 US$ / enfants). Au programme, petite dej au resto qui a vendu le programme, virée d'une journée en bateau, snorkelling (masque tuba) proche de 3 îles, pique nique barbecue sur l'île aux bambous (j'en ai d'ailleurs pas remarqué).
Première expérience des profondeurs pour nos filles, ca a été impressionnant, tellement impressionnant de voir ces formes sous marines avec coraux et poissons qu'elle n'ont plus remis la tête sous l'eau de la journée, là où c'était profond et sombre....
Bon les fonds marins ne sont pas ici aussi chouettes que ce qu'on avait pu voir sur Ko Tao en Thailande il y a nombre d'années, mais c'était bien sympa.
L'île aux bambous est très agréable si on imagine comment ca doit être une fois tous les bateaux de la journée partis. Il y a une petite guesthouse très basique avec resto sur la plage. Vraiment, on regrette de ne pas y avoir passé une nuit. On peut traverser l'île à pieds pour rejoindre une autre grande plage au sable jaune, avec la aussi un resto paumé. Vraiment bien, l'ainée de nos filles rêve d'y retourner dormir un jour...
Jour 13 - Sihanoukville - Phnom Penh Finis la farniente et les amoks sur la plage, il faut retourner à la capitale. 2 motodops pour nous emmener nous et nos bagages à la station de bus où attend le bus de la compagnie GST. Pas de soucis pour notre réservation, ce qui n'est pas le cas d'une famille cambodgienne débarquée après s'être installée dans le bus. Retour sur la capitale sans encombre, malgré les accidents vus le long de la route. L'arrêt casse croute est bien plus authentique que celui de la Meking Express. Notre grande fille et moi-même nous régalons d'un soupe typique à base de poisson et pates de riz. Même pas le temps de finir que le bus klaxonne déjà. Arrivés à l'arrêt de bus de la compagnie à Phnom Penh, tout près du marché central, le bus est entouré de motodops et tuktuk proposant leurs services. Une personne éloigne l'attroupement avec une petite trique. Juste quelques centimètres de gagnés au final. Les chauffeurs demandent facilement le double du prix normal touriste que nous avions l'habitude de payer quelques jours auparavant. Nous nous extrayons alors de la cohue pour aller trouver un tuktuk moins cher juste de l'autre côté de la rue. Retour à notre hôtel "chinois" proche de la Rega. Même chambre, et même excitation pour les filles. En revanche, nous retournons avec plaisir manger un bon petit plat mitonné à la francaise à la Rega, avec moelleux au chocolat pour contenter les filles (et nous même, mais chut!). L'après midi, on file en tultul au marché russe. Rien de russe en fait, mais le marché réputé pour acheter des souvenirs (artisanat, tissus, CD, DVD, etc...). C'est pas de la grande qualité, mais il y a de chouettes choses à ramener. Nous repartons avec des tissus, quelques babioles, un CD de musique traditionnelle cambodgienne. Jour 14 - Phnom Penh - Bangkok Tout a une fin. Les sacs bouclés, petit dej sur le pouce à la Rega, et on embarque pour 5USD dans un tuktuk direction l'aéroport. Ce sera notre dernière virée en tuktuk que les filles affectionnent tant. Et elles ont le temps d'en profiter, sachant que l'aéroport n'est pas tout près. Entrée dans le hall d'enregistrement climatisé et nickel, ca fait déjà un choc, et un petit air de retour à l'"occident". En revanche attention à la note salée de la taxe d'aéroport ! 50 USD par personne ! Pas moins que ca ! A nous 4 avec les filles, on fait donc chauffer la carte bleue de 76 USD ! Bon à savoir non ?
Et nous revoila à Bangkok, avec retour à notre camp de base habituel : le New Siam 2 et sa piscine qui plait tant aux filles.
Histoire de renouer avec la modernité, nous allons faire un tour du côté des "grands magasins". Au programme visite de la belle maison de Jim Thomson, emplètes modestes, resto simili japonais rapide, et visite du nouvel aquarium du Siam Paragon.

700 B pour nous 4 et quelques heures de visites sous-marines, mais au sec. Vraiment le plus grand complexe aquarium que nous ayons visité. Vraiment à faire pour des enfants, mais quand même interessant pour les adultes. Le clou de la visite consiste à pénétrer dans un tunnel vitré avec des poissons, des immenses raies et des requins tout autour et au dessus de soi. En prime, on a le repas des poissons apportés par des plongeurs. Impressionnant !
Jour 15 - Bangkok
Au programme, retour comme l'année passée au Wat Po pour voir le boudha couché qui avait tant impressionné les filles. Et il s'est avéré toujours aussi impressionnant d'ailleurs. En revanche pas mal de travaux sur le site, moins cool.
Mais avant cela, visite des klongs en long boat pour 700B. On a pris le circuit classique moyen, qui permet déjà d'avoir un bon aperçu, et de découvrir de belles maisons sur les canaux, et de la végétation insoupçonnée si près de Bangkok.
Jour 16 - Bangkok - Paris - Toulouse
Le vol du retour est le soir.
Journée cool, fin d'après midi, piscine pour les filles, et emplètes pour nous à tour de rôle, principalement des objets déco pour notre intérieur.
Taxi négocié sans compteur pour l'aéroport, et nous voila sur le retour... les têtes plein de souvenirs une nouvelle fois :-)
Et voila, un peu long désolé 😉 mais y'aurait tellement a raconter encore. Pour les infos plus pratiques, budget, ca se trouve sur mon site.
Jour 1 - Départ Toulouse pour CDG, puis dans la foulée Bangkok et 3ème vol pour Phnom Penh (arrivée vers 16h et 6h de décalage horaire). Vols sans encombre et retard, on arrive à Bangkok, dans le fameux nouvel aéroport Suvarnabhumi.
Malgré les nombreux problèmes dénoncés en ce moment sur cet aéroport (qui vont obliger certainement une réouverture partiel de Dong Muang), tout nous a paru nickel : aucun retard sur 4 vols pris, un seul débarquement par bus, toilettes en nombre suffisant et toutes en fonctionnement, correspondance des bagages bien gérée par la Thai Airways. Il fait un peu penser au nouvel aérogare CDG, mais en plus grand, en un peu moins froid. Le hall des départs est immense, très long, avec des dizaines de boutiques, toutes plus belles et luxueuses les unes que les autres. Beaucoup de lieux pour manger également, du salon cosy, du japonais classieux, et même du fast food occidental ou local. L'architecture est un mélange de métal, de verre, de verdure et de bois pour pas mal de boutiques. Très beau et agréable. Bon, on a eu le temps de le visiter, avec plus de 4 heures de correspondance.
Vol entre Bangkok et Phnom Penh très rapide, les hotesses doivent speeder pour servir le repas dans ce laps de temps de une heure.
Arrivée à l'aéroport de Phnom Penh. A partir de la, c'est le grand inconnu pour nous tous. Première surprise, la quiétude qui règne dans cet aéroport. Le stand des visas est super organisé : on donne les papiers à un premier comptoir, les papiers passent ensuite à la chaine dans les mains de 5 personnes en gros, et on vous appelle au dernier comptoir pour récupérer et payer les 20 USD (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans, mais prévoir une photo quand même).
Ensuite passage de l'immigration, récupération des bagages et nous voilà lachés. L'aéroport très récent est à taille humaine et très très joli. Il nous rappelle celui de Bali il y a plus de 10 ans. La sortie se fait dans un calme étonnant : aucun rabatteur pour taxis, bus, tuk tuk. On choisit de se diriger vers un taxi avec cette arrivée nocturne à 19h30. On nous demande 7 USD, ce que j'avais lu sur le forum donc on ne discute pas et on monte. Le taxi quite l'aéroport et s'enfonce dans les avenues sombres. Il n'y a pas d'éclairage public au départ, ce qui donne une atmosphère assez étonnante. Seules les lumières des véhicules, des bâtiments, des échoppes permettent de distinguer quelquechose. Mais le tout reste assez sombre, et nous rappelle un peu à la route de l'aéroport de Kathmandu. A partir de quelques minutes, l'éclairage se densifie et on voit apparaître des lampadaires en fonctionnement. Après quelques tatonnements, le taxi trouve le Rega Home Guesthouse (cf. les adresses ci-après). Le taxi nous demandera avec sourire un petit billet de plus, vu le temps qu'il a mis à trouver notre guesthouse. Avec sourire, je lui réponds que bon, je paie le prix convenu à l'avance.
La résa faite par mail est bonne, il y a du monde, ca grouille dans le jardin restaurant. La patronne énergique qui parle français nous conduit à notre chambre au RDC. La chambre est très simple, propre, un peu sombre malgré le néon et un peu moite.
Petit déjeuner bien français avec baguette, beurre, confiture. Au cambodge, on trouve du pain, frais le matin, bien sec l'après midi. Un peu moins salé que chez nous, il demeure bon au petit déj. On démarre une petite ballade à pieds pour se rendre au Wat Phnom non loin de la. Bon en fait il est un peu plus loin que la carte ne le laissait supposer. Marcher lentement à pieds permet de suite de se mettre dans l'ambiance. Certaines rues sont encore complètement en terre, la plupart sont tout de même bitumées à cet endroit, mais il faut souvent marcher sur la route quand le trottoir est bloqué par un véhicule, des marchandises, des échoppes, des tas d'ordures ou des égouts à ciel ouvert. Les gens vaquent à leurs occupations sans trop faire attention à nous. Chaleur, poussière, odeurs pas toutes agréables et musique de fond des moteurs et klaxon font partie de ce premier visage de la ville.
Nous arrivons au Wat Phnom, un temple avec un stupa surmontant une petite colline en plein milieu d'un sens giratoire. L'herbe est grillée, jonchée de détritus. On emprunte le chemin montant à flanc de la petite colline. On verra plus tard qu'on arrive par l'arrière, l'avant étant équipé d'un grand escalier. De nombreux singes en liberté font leur petite vie à cet endroit, cherchant nourriture, s'amusant, se chamaillant ou se cherchant des puces. Quelques bancs ici ou la sont occupés par des hommes, femmes et enfants dont la plupart mendient à notre passage. Certains sont estropiés, handicapés, d'autres valides. Mais tous nous renvoient une image d'une misère qui nous frappe de plein fouet pour cette première sortie. Les filles sont de suite confrontées à ces images d'enfants en haillons, d'hommes estropiés. Elles ne semblent pas spécialement mal à l'aise, mais elles sont très intriguées, dans le sens où elles nous demandent pourquoi ils sont comme ca, ce qu'ils mendient, pourquoi on donne, pourquoi on ne donne pas... On a l'impression d'être retourné à Delhi, un dimanche après-midi il y a plus de 10 ans (le dimanche après-midi était très calme dans New Delhi).
En haut de la plateforme, un gardien nous demande 1 USD par personne, y compris pour les filles (alors que les temples visités plus tard sont gratuis pour les enfants). Pas de ticket, le gardien repart d'asseoir l'argent en poche...
Visite intérieure du temple, ca leur rappelle de suite les temples Thailandais de l'année dernière.
On redescent par les escaliers principaux. En bas, un pauvre éléphant stagne sous un arbre, servant de décor aux touristes voulant se faire prendre en photo à côté, moyennant quelques sous (2 ou 3 USD) au propriétaire. Nous passons pas mal de mendiants pour rejoindre un tuk tuk qui attendait la. Ne parlant pas englais, un autre lui vient en aide pour lui donner notre destination : le quai Sisowat, non loin du grand palais. Il fait chaud, on s'asseoit à une terrasse de petit restaurant (à droite du Sa Em Restaurant). On prendra quelques plats et une bouteille d'eau bien fraiche. Se mettre en terrasse sur le trottoir n'est pas forcément l'idéal si on souhaite manger un tranquilité. Non pas que la circulation du midi soit dense, pas du tout même, mais nombre de personnes passent sans insistance à la table : mendiants, enfants vendant des livres ou des souvenirs. C'est d'ailleurs exclusivement des enfants qui vendent dans la rue.
Le repas fini, on se rend à pieds au Grand Palais (3 USD/pers l'entrée, + 2 USD si on veut utiliser son appareil photo dans l'enceinte, et 5 USD de plus encore si on veut pouvoir utiliser sa caméra). Nos filles ne paieront pas. En revanche, elles interessent toujours autant certains asiatiques, comme ce groupe de cambodgiens (on pense) qui voudront prendre des photos d'elles avec eux. La plus petite, blonde et encore un peu potelée est de toutes les attentions, et se retrouve dans les bras d'inconnues souvent hilares et excitées en cette occasion. Elle n'est pas surprise, mais en revanche semble vite gênée.
On accepte avec sourire les photos, j'en profite pour en faire une aussi après tout, avec le photographe de surcroit, mais on ne tient pas trop à ce que notre petite souffre trop de ces attentions somme toutes gentilles. Quand les bras commencent à la serrer un peu trop pour l'emmener vers une autre personne du groupe par exemple, on fait comprendre que bon, c'est sympa, mais la "petite" n'a pas forcément super envie.
Dans l'après-midi, on retourne à la guesthouse histoire de retrouver un peu de calme, dans cette terrasse/jardin qui nous semble être un petit oasis perdu au beau milieu de cette grande ville dont nous n'avons pas vu grand chose encore.
On y achétera un billet de bus pour Siem Reap, 5 USD par personne, à la compagnie Rith Mony Bus (RMN), qu'on nous dira plus tard être une compagnie bon marché.
Jour 3 - Phnom Penh > Siem Reap
Départ 8h00 en tuk tuk pour le départ en bus. Le chauffeur nous emmène à l'endroit voulu sur les indications de l'hôtel. On s'attendait à une station de bus, celle proche du marché central. On sera en effet dans le quartier, mais le chauffeur de tuk tuk est interpellé par une personne en coin de rue nous demandant notre billet dans un assez bon anglais. Je lui passe les billets en toute confiance malgré le coin de rue, l'absence total d'identification de la personne (nom, badge de la compagnie de bus, etc...). Il y a bien un bus RMN non loin de la. Il revient et nous propose un bus avec départ 1/2h plus tard. Bon, ok, on attendra dans un petit resto local, où le petit déjeuner est bien sur à base de soupe de nouille, avec tables en formica et télé suspendue au mur.
Un nouveau bus au numéro indiqué se pointe à l'horizon. On s'apercevra plus tard que les bus du marché central ne sont pas tous à la même enseigne. Des grosses compagnies de "luxe" comme la Mekong Express ont droit à pas mal d'espace. Ceux de la GST ont juste un trottoir pour les arrivées. Le notre a juste un coin de rue non loin de la.
On ne saura pas si le bus avait l'air conditionné ou pas, mais il y faisait chaud en fin de voyage, au terme des 6 heures de route. Ceci étant, le voyage fut agréable et interessant car nous étions en première rangée (pas la plus sécu ceci dit en cas d'accident). Nos filles avaient du se rappeler les bus entre Bangkok et Trat et ont voyagé avec une grande patience, sans râler.
En cette saison, les paysages sont assez secs, et on aura raté les rizières vertes et mouillées.
La route est en bon état, bitumée partout maintenant. La halte permet de manger un peu (plats, fruits ou biscuits) et d'aller aux toilettes si besoin.
L'arrivée à Siem Reap se fait à l'entrée de la ville, dans la centrale de bus. La gare n'est pas du tout centrale et le tuk tuk est indispensable. A notre arrivée, le bus est encerclé et assailli par les chauffeurs de tuk tuk qui font également la promotion d'hôtels. Nous avions déjà réservé notre hôtel (Phnom Bok Hotel) et un chauffeur de tuk tuk nous attendait en brandissant notre nom sur un papier. Nous nous extirpons rapidement avec lui de la foule et embarquons dans le tuk tuk, pour le plus grand plaisir des filles. Le bol d'air sur le tuk tuk est un enchantement après les 6h de bus.
En peu de temps nous voilà à l'hotel. On prend les chambres. Les filles testerons la piscine peu de temps après ! Hélène, la manager de l'hôtel nous prodiguera de bons conseils sur la ville, les temples et les restaurants.
On testera l'un des restos les plus proches, celui du Freedom Hotel, qui est ouvert sur l'extérieur et séparé de l'hôtel. Excellent Amok de poisson et copieux. Une bonne adresse agréable qui nous aurait pourtant pas attiré sans recommendation.
Nous négocions avec le chauffeur de tuk tuk les 3 jours de visite des temples.
Jour 4 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Ca y est, depuis des années qu'on entend parlé de ces temples, on y va. Il fait presque frais en tuk tuk. On passe le péage, un péage digne de nos autoroutes avec des guichets pour acheter un pass d'un jour, de 3 jours ou d'une semaine. Nous paierons chacun 40 USD pour 3 jours. Nos filles ne paieront pas, ouf !
C'est parti, on a défini le circuit approximatif avec le chauffeur. A savoir (on ne le savait pas), le site est payant pour les visiteurs, mais sinon la zone des temples est une zone habitée, avec des maisons, des villages à certains endroits, et à chaque temple ou presque on trouve des boutiques, des petits restos simples, des vendeurs ambulants, la plupart du temps des enfants ou des jeunes.
Donc à chaque temple, on se retrouve avec environ 2 à 6 enfants à vous suivre quelques mètres pour vous proposer des souvenirs, livres en français ou anglais (des belles copies vendues 1 USD en anglais mais plus cher en français).
Au final on s'habitue et les vendeurs sont interdits dans les temples eux mêmes.
Pour cette première journée, nous décidons de visiter le matin, de rentrer à l'hôtel en mi journée pour se reposer et raffraichir les filles à la piscine, et de repartir pour Angkor Thom vers 16h.
Beaucoup de temples sont très endommagés, mais on est loin de ruines à même le sol. Beaucoup de pierres sont au sol, bloquant parfois le passage, mais nombre de murs, de toits, de tours sont encore bien là. Pas mal de renforts en bois soutiennent des murs ou portes. LEs temples ne se ressemblent pas tous, ce qui rend les visites toujours différentes. En milieu de matinée il y a pas mal de monde, mais on arrive toujours à se retrouver quasi seuls à un moment donnée, ou en se retirant dans un coin. Le monde n'est pas trop un problème en soit, hormis pour les photos, mais le plus gânant reste le bruit des groupes, et principalement des groupes de touristes asiatiques quand nous y étions. Chinois, corééns et/ou japonais débarquent avec la seule idée de prendre des photos toutes plus identiques les unes que les autres. On peut éviter ces groupes assez tôt le matin, le midi, et le soir. Nour arpentons ainsi la matinée dans divers temples, et le Tah Pronh est vraiment impressionnant. Les filles s'amusent beaucoup à marcher, enjamber les pierres, se cacher dans les dédalles, malgré la chaleur. Parfois, plus un bruit dans les temples, uniquement les bruits des oiseaux dans la végétation et le décor sauvage qui entoure les temples.
Le soir, petit tour dans le centre ville près du marché. Etonnant contraste. On assiste à une concentration de restos et bars. Beaucoup sont décorés avec beaucoup de goût et de classe, souvent par des décorateurs français. Ambiances loundge, ethnique, contemporain. Très beau, mais on est loin du cambodge majoritaire. Concentration de touristes, un vrai Saint Michel à Siem Reap. On tentera le Khmer Kitchen, mais on sera un peu déçu par le resto : nourriture classique, service "usine". Bref, bien pour les noctambules citadins, mais on n'a pas beaucoup aprécié.
Jour 5 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Cette fois ci, pour éviter de faire une heure de tuk tuk pour retourner et revenir a l'hôtel, et profiter de l'endroit, on a décidé de manger sur place dans l'une des gargottes proche des temples. Prix comparables aux restos d'en ville pour certaines. Je me suis régalé d'un petit poulet frit avec du riz et de l'ananas, excellent !
Ce soir, nous mangerons au Phnom Bok, même si ce n'est pas un restaurant. Nous ne connaissons pas d'avance le menu, mais nous faisons confiance à Hélène qui nous choisira un plat typique khmer. Ce sera une soupe avec pates de riz. Excellent et copieux. C'est vraiment une bonne adresse de logement.
Jour 6 - Siem Reap - Temples d'Angkor
Au retour, une fille d'une dizaine d'année voire moins demande à notre chauffeur de la déposer quelquepart. On accepte avec plaisir. Dans le tuk tuk, elle nous propose même une barette pour notre fille qui a les cheveux en pagaille avec le vent. Du coup notre grande fille lui donne un petit bracelet symbolique en coton et de suite lui échange avec son bracelet plastique. Elle finit par s'endormir dans le tuk tuk. A notre arrivée à l'hôtel, notre tuk tuk la voir encore la, il avait oublié sa présence semble t'il. La fille semble un peu perdue, et se dirige dans le hall de l'hôtel, comme pour demander on ne sait quoi, elle ne le sait même pas elle même. Au final, après quelques questions de la part de Hélène, on va avoir confirmation qu'elle a fugué, qu'elle a quitté sa maison où elle s'est dite mal traitée. Elle sera nourrie à l'hôtel, tentera de se sauver de nouveau, avant d'être conduite à la police. On ne saura peut-être jamais ce qu'elle est devenue, mais il doit y en avoir un grand nombre dans le pays. Certains enfants sont mal traités, abusés dans leur village voire leur famille. La fugue est tout aussi dangereuse, elles peuvent très bien tomber entre les mains de personnes mal intentionnées qui vont les exploiter, les vendre et alimenter les réseaux du commerce sexuel.
Jour 7 - Siem Reap - Phnom Penh
Retour en bus par la Mekong compagnie.
Retour à notre guesthouse, la Rega. Mais problème, notre réservation a sauté. Notre nom a bonnement été effacé du tableau pendant notre virée à la mer et la GH est au complet. Le gars de la Rega nous propose alors l'hôtel d'un membre de la même famille à 100m de là. N'ayant pas trop le choix dans le quartie, nous le suivons dans une grande maison rénovée tout près de là. L'hôtel a ouvert recemment et a une allure d'hôtel chinois, sans trop d'âme et de style. En revanche, la chambre aux 2 grands lit est immense, avec clim, grande salle de bain, et hauteur sous plafond généreuse. C'est un peu ambiance hôtel chinois avec meubles en formica, mais finalement on n'a pas perdu au change. Les filles se défoulent, heureuses semble t-il de trouver enfin une chambre spacieuse où elles peuvent courir.
Après midi à Phomn Penh. On décide d'aller se ballader en fin d'après midi sur le quai Sisowat. C'est calme, paisible sur ce semblant de croisette. On est déjà mieux que le premier midi dans le même quartier. Nombre de cambodgiens se promènent que le quai, face à l'immense fleuve. Quelques enfants vendent toujours des livres, des marchands ambulants fournissent nourriture et boissons.
On décide de monter voir le fameux FCC dont on nous a vanté les mérites, un bar restaurant avec terrasses aux étages et vues sur le fleuve et le quai. Le lieu est couru par les occidentaux, touristes et expatriés. Plus cher qu'ailleurs, déco ambiance coloniale très belle. Tarifs plus chers, serveur qui se la joue sérieux et branché sans le sourire, avec en prime un erreur sur l'addition, bref on a vu, on y retournera pas, même si le lieu est bien.
Pour le repas, on va manger un peu plus loin au Bali Café, un restaurant indonésien. Cadre très sympa, soigné, agréable, calme, et plats excellents et pas chers. Bref une bonne adresse pour changer de la nourriture khmer.
Jour 8 - Phnom Penh - Sihanoukville
La compagnie Mekong Express propose de venir vous chercher a l'hôtel pour vous transporter jusqu'à la gare routière. Mais aucun minibus n'est passé. La patrone du Rega nous avait prévenu à l'avance, donc 10 minutes après l'heure prévu du minibus, on prend un tuk tuk pour se rendre à la station de bus.
La encore, petit encas, boisson, toilettes à l'intérieur, ce qui fait que le bus ne s'arretera pas du voyage. Le voyage durera 3h30.
Peu avant Sihanouk se trouve une énorme usine. Et pour la première fois au cambodge, on a vu des piétons prioritaires sur la route ! Bon il se trouve que c'était la sortie d'usine, avec des milliers de personnes qui sortaient à pieds et traversaient la route. L'attente a duré plusieurs minutes. Les femmes pour l'essentiel rentraient dans leur maison, ou allaient prendre des plats dans des stands de rue.
Nous arrivons à Sihanouk. Les rues sont très larges, la circulation tranquile, essentiellement des motos. C'est un grand calme comparé à Phnom Penh.
Ici peu de tuktuk, ou alors ils sont plus chers qu'à Phnom Penh. Du coup, on doit prendre 2 motodops pour se rendre à la guesthouse à Occeutal beach. Sur chaque moto dans l'ordre : un gros sac, le chauffeur, une fille et un adulte avec les petits sacs. Le trajet n'est pas très long, mais très agréable. Le vent nous raffraichit. Nous arrivons aux bungalows Occeutal Beachside Bungalows, c'est relativement sympa, propre, tenu par un français asiatique qui habite encore ne France, même si il est souvent la.
On prend les maillots et on fonce à la plage pas très loin de là : il suffit de traverser une petite route et prendre un grand chemin de terre où on débouche sur la plage.
Surpriiiiise ! On est loin de la plage calme et paradisiaque. Sur quelques centaines de mêtres sont alignés des parasols, des gros transats avec matelas et plein de touristes. Personne n'est allongé sur la plage, les gens se posent sur les matelas.
On fait de même et commandons un repas de midi. En fait, la consommation n'est pas franchement obligatoire.
En plus des touristes, il y a un balais ininterrompu de vendeurs ambulants proposant souvenirs et nourriture (crustacés, nems, fruits), ainsi que de mutilés, estropiés qui mendient de l'argent. On est loin du calme et de la tranquilité. C'en est même un peu saoulant. Ca n'empeche pas de nous baigner dans une mer très chaude, même si l'eau agitée ne paraît pas être d'une propreté impeccable.
Le soir à la tombée de la nuit, un autre balais habituel se met en route : les restos rentrent les matelas et sortent les tables basses et chaises ou fauteuils.
On peut donc manger direct sur le sable dans tous les restos de la plage. Bon c'est sympa, il fait bon, y'a pas mal de musique, mais attention àpas se mettre entre 2 enceintes qui ne joueraient pas la même musique !
Les vendeurs et estropiés quant à eux continuent leur circuit de tables en tables. Limite dur à supporter quand même cette vision des estropiés qui vont de table en table, sans mains, glissant sur les fesses, à genoux, au milieu de nous même, touristes "riches", valides, en train de siroter des boissons fraiches...
Jour 9 - Sihanoukville
Journée cool. Retour à la plage pour un petit dej. La plage est plus calme, c'est plus agréable. Plus on marche vers le nord, et moins il y a de touristes, et plus il y a de cambodgiens.
L'après midi, petit tour au marché de la ville, dans la pure tradition des marchés du pays : allées étroites, toits très bas, sombres, odorants, assez bordéliques, et grosse chaleur. Mais ca reste toujours un plaisir, un dépaysement complet, une ballade sans être interpellé, tranquile. Quelques achats dont des tongues pour les filles. Passage dans un petit supermarché au retour pour se faire plaisir avec des produits frais pour le 4h : des petits yaourts !
En ce moment c'est un long WE de congés pour les Cambodgiens, à l'occasion du nouvel an chinois. Du coup, la plage est bondée le soir....enfin rien à voir avec les plages de Mediterrannée, mais quand même... Par contre pas mal de cambodgiens, ce qui donne une plage très cosmopolite sympa.
Revers de la médaille avec tout ce peuple, l'eau ne fait vraiment plus très propre.Jour 10 - Sihanoukville Bon il est temps de découvrir autre chose que cette plage touristique, trop touristique à notre goût. Parfois, il ne suffit pas d'aller très loin pour changer de décor. A l'occasion d'un petit footing la veille, j'étais tombé sur un tout petit village de pêcheurs, tout au nord de la plage. Sur cette plage, 2 ou 3 petits restos très modestes, sans musique, peu fréquentés. Le plage est plus blanc, plus propre et la mer est carrément plus limpide. En fait, la plage bondée possède une eau sale en comparaison, surement dû à la configuration, sa forme arrondie, et à la pollution des bateaux et quelques jets skis du WE. En famille nous y sommes allés avec 2 motodop à 3000R par trajet chacune. Le petit resto aux chaises bleues, tenue par une famille avec l'aide semble t'il d'un australien, surpassait ceux de la plage bondée : calme, belle, plus sauvage, cuisine simple et délicieuse dont le amok génial de la maman et enfin un pancake digne de ce nom par la fille. On y a testé petit dej et repas du midi. Jour 11 - Sihanoukville Bon on avait prévenu, on était venu là pour se la couler douce et que les filles profitent de la mer après les temples d'Angkor. Du coup qu'avons nous fait ce jour la ? Eh bien nous sommes retournés passer la journée sur ce bout de plage si agréable, et cette fois, nous avons testé le fameux petit resto familial matin, midi et même soir ! On est allé entre deux se ballader au petit village, traverser le pont et monter au dessus de la colline où se trouve le Queen Hill Resort, des bungalow genre "luxe" dont sont friands les cambodgiens aisés pour ce WE de fête. De l'autre côté de la colline, un autre plage encore plus calme, avec encore des petits restos. Franchement si vous aimez le calme, ca vaut le coup de s'y rendre en moto. Le soir nous avons demandé si nous pouvions donc manger dans notre petit resto. Ce fut une première pour nos hôtes, qui n'avaient pas l'habitude de voir des touristes le soir à cet endroit. Seul problème, nous n'aurions pas pu trouver des motodops pour nous ramener dans la nuit. Pas de soucis, la fille et son beau frère nous propose de nous ramener à notre hôtel après le repas. Donc on rapproche la table de la seule lumière disponible, on se régale d'un autre amok, et on rentre en discutant à la fraiche sur la moto avec nos chauffeurs. Vraiment une journée très agréable autant pour nous que pour les filles.
Jour 12 - Sihanoukville - Ile aux bambous
Aujourd'hui on prend le large ! On embarque nos masques et tubas et on prend place dans un bateau pour un boat-trip (30 US$ / adulte, 15 US$ / enfants). Au programme, petite dej au resto qui a vendu le programme, virée d'une journée en bateau, snorkelling (masque tuba) proche de 3 îles, pique nique barbecue sur l'île aux bambous (j'en ai d'ailleurs pas remarqué).
Première expérience des profondeurs pour nos filles, ca a été impressionnant, tellement impressionnant de voir ces formes sous marines avec coraux et poissons qu'elle n'ont plus remis la tête sous l'eau de la journée, là où c'était profond et sombre....
Bon les fonds marins ne sont pas ici aussi chouettes que ce qu'on avait pu voir sur Ko Tao en Thailande il y a nombre d'années, mais c'était bien sympa.
L'île aux bambous est très agréable si on imagine comment ca doit être une fois tous les bateaux de la journée partis. Il y a une petite guesthouse très basique avec resto sur la plage. Vraiment, on regrette de ne pas y avoir passé une nuit. On peut traverser l'île à pieds pour rejoindre une autre grande plage au sable jaune, avec la aussi un resto paumé. Vraiment bien, l'ainée de nos filles rêve d'y retourner dormir un jour...Jour 13 - Sihanoukville - Phnom Penh Finis la farniente et les amoks sur la plage, il faut retourner à la capitale. 2 motodops pour nous emmener nous et nos bagages à la station de bus où attend le bus de la compagnie GST. Pas de soucis pour notre réservation, ce qui n'est pas le cas d'une famille cambodgienne débarquée après s'être installée dans le bus. Retour sur la capitale sans encombre, malgré les accidents vus le long de la route. L'arrêt casse croute est bien plus authentique que celui de la Meking Express. Notre grande fille et moi-même nous régalons d'un soupe typique à base de poisson et pates de riz. Même pas le temps de finir que le bus klaxonne déjà. Arrivés à l'arrêt de bus de la compagnie à Phnom Penh, tout près du marché central, le bus est entouré de motodops et tuktuk proposant leurs services. Une personne éloigne l'attroupement avec une petite trique. Juste quelques centimètres de gagnés au final. Les chauffeurs demandent facilement le double du prix normal touriste que nous avions l'habitude de payer quelques jours auparavant. Nous nous extrayons alors de la cohue pour aller trouver un tuktuk moins cher juste de l'autre côté de la rue. Retour à notre hôtel "chinois" proche de la Rega. Même chambre, et même excitation pour les filles. En revanche, nous retournons avec plaisir manger un bon petit plat mitonné à la francaise à la Rega, avec moelleux au chocolat pour contenter les filles (et nous même, mais chut!). L'après midi, on file en tultul au marché russe. Rien de russe en fait, mais le marché réputé pour acheter des souvenirs (artisanat, tissus, CD, DVD, etc...). C'est pas de la grande qualité, mais il y a de chouettes choses à ramener. Nous repartons avec des tissus, quelques babioles, un CD de musique traditionnelle cambodgienne. Jour 14 - Phnom Penh - Bangkok Tout a une fin. Les sacs bouclés, petit dej sur le pouce à la Rega, et on embarque pour 5USD dans un tuktuk direction l'aéroport. Ce sera notre dernière virée en tuktuk que les filles affectionnent tant. Et elles ont le temps d'en profiter, sachant que l'aéroport n'est pas tout près. Entrée dans le hall d'enregistrement climatisé et nickel, ca fait déjà un choc, et un petit air de retour à l'"occident". En revanche attention à la note salée de la taxe d'aéroport ! 50 USD par personne ! Pas moins que ca ! A nous 4 avec les filles, on fait donc chauffer la carte bleue de 76 USD ! Bon à savoir non ?
Et nous revoila à Bangkok, avec retour à notre camp de base habituel : le New Siam 2 et sa piscine qui plait tant aux filles.
Histoire de renouer avec la modernité, nous allons faire un tour du côté des "grands magasins". Au programme visite de la belle maison de Jim Thomson, emplètes modestes, resto simili japonais rapide, et visite du nouvel aquarium du Siam Paragon.

700 B pour nous 4 et quelques heures de visites sous-marines, mais au sec. Vraiment le plus grand complexe aquarium que nous ayons visité. Vraiment à faire pour des enfants, mais quand même interessant pour les adultes. Le clou de la visite consiste à pénétrer dans un tunnel vitré avec des poissons, des immenses raies et des requins tout autour et au dessus de soi. En prime, on a le repas des poissons apportés par des plongeurs. Impressionnant !Jour 15 - Bangkok
Au programme, retour comme l'année passée au Wat Po pour voir le boudha couché qui avait tant impressionné les filles. Et il s'est avéré toujours aussi impressionnant d'ailleurs. En revanche pas mal de travaux sur le site, moins cool.
Mais avant cela, visite des klongs en long boat pour 700B. On a pris le circuit classique moyen, qui permet déjà d'avoir un bon aperçu, et de découvrir de belles maisons sur les canaux, et de la végétation insoupçonnée si près de Bangkok.
Jour 16 - Bangkok - Paris - Toulouse
Le vol du retour est le soir.
Journée cool, fin d'après midi, piscine pour les filles, et emplètes pour nous à tour de rôle, principalement des objets déco pour notre intérieur.
Taxi négocié sans compteur pour l'aéroport, et nous voila sur le retour... les têtes plein de souvenirs une nouvelle fois :-)Et voila, un peu long désolé 😉 mais y'aurait tellement a raconter encore. Pour les infos plus pratiques, budget, ca se trouve sur mon site.
Salut a tous,
Après 15 jours de voyage en famille ( le premier ) je reviens différent des autres voyages passés, car je n’ai pas fait le même que d’habitude.
Chronologie Siem reap, acceuil à la « villa Loti », toujours aussi bien, grace à Daniel, le proprio et à au personnel, très « tops » Visite des temples : foule immense depuis 2 ans ( mon premier voyage), cela gâche un peu le plaisir de voir des centaines de japonais et coréens ; mais c’est toujours aussi merveilleux ! Conseil, visite le matin tôt, a midi, et le soir à la nuit tombante, moins de monde ! Ballade sur le Tonlé Sap, c’est simple, je le déconseille a tous, car ce n’est plus ce que c’était, c’est devenu une « merd..à touristes » dommage !!!!!!!!!!!!!!
Vélo, ballade, sieste, massage, resto, enfin tout ce qui donne du plaisir ; pour les parents, ma fille a adoré se faire masser ( c’est ma fille !!!!!!!!!!!!!no comment ) Rencontre avec Hialle et sa maman et deux repas pris ensemble, découverte physique de forumiste, ce fût deux soirées très agréables, ou les discussions partaient dans tout les sens, pour notre plus grand bonheur !
Départ bangkok, second choc pour mon épouse, ( elle a adoré cette ville et j’en suis très heureux, car c’est synonyme de retour ) Grand Palais, visite diverses, chao praya sur le bateau etc … Pour les gourmands ( buffet du marriot qui reste à mon gout le meilleur rapport qualité /prix, même comparé à celui de l’oriental)
Coup de téléphone a Alban et Robert ( je regrette de ne pas avoir appelé les autres à qui j’avais promis de le faire, mais pbs de logistique, perdu les numéros) ; voix et impressions de se connaître depuis longtemps ; moment bizarre et agréable !
Départ Kanchanaburi en taxi, ( négocié grâce à Alban ) je vous le recommande, le taxi …..pas Alban car on pourrait penser que nous sommes en ménage …… Là bas rencontre avec François Collier, et grâce à lui moment magique de la rencontre avec des éléphants, et surtout le bain dans la rivière, je le recommande a tous, c’est inoubliable !!!! François avait rendez vous avec un couple et des enfants, nous prenions le déjeuner ensemble, et c’est là qu’en parlant de VF, il me dit être Paqui18, moment cocasse, drôle et évidemment, nous avons échangé nos impressions, sur le forum et ses membres..
Visite des chutes « erawan » grand moment de marche, et de bain dans les chutes d’eau ; mais comment décrire des sensations physiques agréables, ou après 1h30 de marche, on plonge dans une eau douce, à la température idéale….
Ensuite pour finir, le périple, visite du temple aux tigres ; que dire ? Est ce bien, ou non ; pas de réponses a donner, sauf que ma fille a apprécié ; c’ets peut être le seul point positif !
Retour a BKK, en s’arrêtant à la ferma aux crocos de samphran et le jardin des orchidées qui le jouxte ; j’ai découvert qu’un croco est aussi rapide a prendre sa proie que certains membres du forum a agresser les autres ( humour …)
Ensuite BKK, découverte du Siam Paragon que j’ai vu en construction il y a deux ans et l’année dernière ; superbe réalisation Shopping shopping, shopping ……….. Visite temples, ballades klongs, massages, shopping, massage, ballade ….
Dernier soir diner à l’oriental, (table au bord de l’eau!!!), quel bonheur que ce moment de partage dans ce cadre magique !! samedi dernier jour de shopping et farniente ; grâce aux amis, j’ai pu garder la chambre jusqu’à 19h !!!
Voilà le récit édulcoré du voyage, car il manque presque tout à ce récit, les sensations, les moments de joies et autres, car cela, se partage difficilement ! Je mettrai des photos si les membres sont intéressés ; sinon j’en ai 750 sur mon ordi !
Chronologie Siem reap, acceuil à la « villa Loti », toujours aussi bien, grace à Daniel, le proprio et à au personnel, très « tops » Visite des temples : foule immense depuis 2 ans ( mon premier voyage), cela gâche un peu le plaisir de voir des centaines de japonais et coréens ; mais c’est toujours aussi merveilleux ! Conseil, visite le matin tôt, a midi, et le soir à la nuit tombante, moins de monde ! Ballade sur le Tonlé Sap, c’est simple, je le déconseille a tous, car ce n’est plus ce que c’était, c’est devenu une « merd..à touristes » dommage !!!!!!!!!!!!!!
Vélo, ballade, sieste, massage, resto, enfin tout ce qui donne du plaisir ; pour les parents, ma fille a adoré se faire masser ( c’est ma fille !!!!!!!!!!!!!no comment ) Rencontre avec Hialle et sa maman et deux repas pris ensemble, découverte physique de forumiste, ce fût deux soirées très agréables, ou les discussions partaient dans tout les sens, pour notre plus grand bonheur !
Départ bangkok, second choc pour mon épouse, ( elle a adoré cette ville et j’en suis très heureux, car c’est synonyme de retour ) Grand Palais, visite diverses, chao praya sur le bateau etc … Pour les gourmands ( buffet du marriot qui reste à mon gout le meilleur rapport qualité /prix, même comparé à celui de l’oriental)
Coup de téléphone a Alban et Robert ( je regrette de ne pas avoir appelé les autres à qui j’avais promis de le faire, mais pbs de logistique, perdu les numéros) ; voix et impressions de se connaître depuis longtemps ; moment bizarre et agréable !
Départ Kanchanaburi en taxi, ( négocié grâce à Alban ) je vous le recommande, le taxi …..pas Alban car on pourrait penser que nous sommes en ménage …… Là bas rencontre avec François Collier, et grâce à lui moment magique de la rencontre avec des éléphants, et surtout le bain dans la rivière, je le recommande a tous, c’est inoubliable !!!! François avait rendez vous avec un couple et des enfants, nous prenions le déjeuner ensemble, et c’est là qu’en parlant de VF, il me dit être Paqui18, moment cocasse, drôle et évidemment, nous avons échangé nos impressions, sur le forum et ses membres..
Visite des chutes « erawan » grand moment de marche, et de bain dans les chutes d’eau ; mais comment décrire des sensations physiques agréables, ou après 1h30 de marche, on plonge dans une eau douce, à la température idéale….
Ensuite pour finir, le périple, visite du temple aux tigres ; que dire ? Est ce bien, ou non ; pas de réponses a donner, sauf que ma fille a apprécié ; c’ets peut être le seul point positif !
Retour a BKK, en s’arrêtant à la ferma aux crocos de samphran et le jardin des orchidées qui le jouxte ; j’ai découvert qu’un croco est aussi rapide a prendre sa proie que certains membres du forum a agresser les autres ( humour …)
Ensuite BKK, découverte du Siam Paragon que j’ai vu en construction il y a deux ans et l’année dernière ; superbe réalisation Shopping shopping, shopping ……….. Visite temples, ballades klongs, massages, shopping, massage, ballade ….
Dernier soir diner à l’oriental, (table au bord de l’eau!!!), quel bonheur que ce moment de partage dans ce cadre magique !! samedi dernier jour de shopping et farniente ; grâce aux amis, j’ai pu garder la chambre jusqu’à 19h !!!
Voilà le récit édulcoré du voyage, car il manque presque tout à ce récit, les sensations, les moments de joies et autres, car cela, se partage difficilement ! Je mettrai des photos si les membres sont intéressés ; sinon j’en ai 750 sur mon ordi !
Mardi 12 / mercredi 13 août
Vol sans histoires jusqu’à Helsinki. Ensuite, vol de 9.40 pour BKK.
La fille assise à côté de nous, une scandinave, semble être en manque. Elle a des mouvements brusques, se gratte et n’arrête pas de bouger. Ma patience légendaire (ben quoi ?!) est mise à rude épreuve ... Finalement elle s’endort et nous fiche à peu près la paix.
Mercredi matin, nous atterrissons à BKK. J'ai envie d'embrasser le sol tellement je suis contente d'être de retour. Je n'en reviens pas .
La Baan Sabai GH est très chouette. Jolie terrasse, plein de plantes, de fontaines, de poissons à l’entrée. Seul point négatif : notre chambre se trouve au 4è étage … sans ascenseur. Spartiate mais propre.
Nous partons nous ballader un petit peu du côté du Grand Palais et du Lak Meuang, puis nous allons dîner à la Supatra River House : soft shell crab with green mango salad, crabe piquant (!!) en sauce, scampis au curry vert, langouste au jus de tamarin … et pour finir du riz collant et de la mangue.
Vol sans histoires jusqu’à Helsinki. Ensuite, vol de 9.40 pour BKK.
La fille assise à côté de nous, une scandinave, semble être en manque. Elle a des mouvements brusques, se gratte et n’arrête pas de bouger. Ma patience légendaire (ben quoi ?!) est mise à rude épreuve ... Finalement elle s’endort et nous fiche à peu près la paix.
Mercredi matin, nous atterrissons à BKK. J'ai envie d'embrasser le sol tellement je suis contente d'être de retour. Je n'en reviens pas .
La Baan Sabai GH est très chouette. Jolie terrasse, plein de plantes, de fontaines, de poissons à l’entrée. Seul point négatif : notre chambre se trouve au 4è étage … sans ascenseur. Spartiate mais propre.
Nous partons nous ballader un petit peu du côté du Grand Palais et du Lak Meuang, puis nous allons dîner à la Supatra River House : soft shell crab with green mango salad, crabe piquant (!!) en sauce, scampis au curry vert, langouste au jus de tamarin … et pour finir du riz collant et de la mangue.
Je rentre tout juste du Cambodge. Comme je me suis appuyée sur le forum pour construire mon voyage, à mon tour de faire un petit compte-rendu pour partager cette expérience. Peut-être certains d’entre-vous pourront s’appuyer dessus comme je l’ai fait avec d’autres carnets de voyage. (merci particulièrement à Jacques (Schnaeke67), Namast et Pascale (Hialle) sur qui je me suis appuyée pour construire mon voyage)
10 jours au Cambodge – fin septembre/début octobre à la fin de la saison des pluies.
Climat : - il fait chaud et humide mais c’est supportable (on n’a jamais utilisé la clim, le ventilo suffit). - Il a plu un peu tous les jours, surtout en fin d’après-midi et c’est très passager. Ca ne nous a pas du tout gêné. Au contraire, ça nous a permis de rencontrer la population en s’abritant dans un bar ou une boutique le temps que l’averse finisse. A cette saison la végétation est magnifique, les rizières explosent d’un vert tendre, il y a de l’eau partout et des enfants qui se baignent et rigolent dans les marres. Le ciel est tout à tour bleu, gris, violet, noir… Les couleurs et la lumière sont fantastiques pour les photos (et bon nombre de photographes amateurs jouent avec les reflets dans l’eau pour faire des photos des temples).
Circuit : - J1/ Phnom Penh : promenade dans la ville, Wat Phnom, Palais Royale, Pagode d’argent et farniente sur les quais Sisowath. On s’est assis sur le bord de l’eau et on a observé la vie et la ville. Et encore une fois, les couleurs sur le Tonlé Sap étaient magnifiques. Nous avons dormi à la Réga guesthouse (10 USD/jr): le cadre est sympa notamment pour son jardin, ils ne nous attendaient pas malgré la résa confirmée par mail et ils nous ont trouvé une chambre avec la clim cassée (peu importe on en a pas besoin). Prévoir des petites coupures de dollars avant d’arriver car nous n’avions que des billets de 50USD et on s’est embêté à trouver qq pour nous les changer. Impossible de prendre un tuc-tuc, il nous a fallu traverser la ville à pieds ! ça nous a permis de découvrir des endroits pittoresques et de s’imprégner de l’ambiance de la ville dès les 1eres heures.
- J2 / PP-SR : nous avons pris le bus, compagnie Mailine (5USD). Grand bus climatisé, nous n’étions que 7 dans le bus. Prévoir un pull pour le bus car la clim est forte. Malgré l’insistance de tous les passagers (nous étions les seuls étrangers), nous n’avons pas réussi à faire baisser la clim… environ 5h de trajet avec 2 arrêts (qq soit l’arrêt les toilettes sont tjs propres et on peut trouver des choses à manger). Paysages de rizière et d’eau tout le long du trajet, c’est très beau. Nous avions réservé au Phnom Bock Hotel (17USD/jr petit dèj compris). Nous avons été accueillie par Hélène et sa famille (famille franco-khmere). A peine arrivés, elle nous donne un plan de la ville, nous indique les choses à faire, les bons restaus, les prix pour un tuc-tuc ou autre… Elle est très prévenante et répond à toutes vos questions. L’hôtel est situé dans un quartier populaire un peu excentré du centre ville à côté d’un marché local (pas le vieux marché plus destiné aux touristes). L’hôtel a une petite piscine qui est bien agréable quand on rentre des temples. Je le recommande vivement ! On avait planifié de rester 3 jours à Siem Reap, nous y sommes restés 5 jours et on y serait bien resté un peu plus longtemps… Notre chauffeur de tuc-tuc pendant notre séjour à SR, bien entendu le célèbre « Kosal ». Je ne m’étendrai pas sur cette rencontre, il y a eu déjà tellement d’éloge à son égard sur VF… et il le vaut bien ! Il est gentil, serviable, souriant, il connaît très bien son pays et sa culture. C’est un livre ouvert et on peut lui poser toutes les questions. Il sait dénicher des petits coins sympas si vous lui dites ce que vous voulez faire ou voir… Bref son cahier de réservation est plein grâce à VF. Donc s’il n’est pas disponible pendant vos vacances, il nous fait dire qu’il connaît d’autres chauffeurs de tuc-tuc francophones vers qui vous orientez…
J3 à J6 : Angkor : le petit circuit, le grand circuit, Roluos, Bantay Srei, Bantay Samre, la rivière aux 1000 lingas, la forêt inondée (30USD/bateau qq soit le nbr de personnes, donc l’idéal est de se constituer un petit groupe pour partager les frais – 4h de navigation), Kompong phluck, le centre de la soie, les artisans d’Angkor, le spectacle des enfants à La Noria le mercredi soir… (J’en oublie sûrement). Prévoir 40USD/pers pour avoir le pass 3 jours pour visiter les temples. A notre goût, les meilleurs amok sont à côté du vieux marché au Khmeres Kitchen et le restau orange juste à côté. L’endroit le plus sympa et le plus insolite pour manger, un petit restau khmère dont Kosal connaît l’adresse, où on mange avec les doigts assis dans des hamacs au bord de l’eau. Les khmères viennent ici passer un agréable moment en mangeant, jouant aux cartes et en se baignant. C’est paisible et reposant, on y est resté presque tout l’après-midi… Je n'ai pas aimé les flots de touristes dans les temples les plus connus (il a fallu faire la queue à l'intérieur d'Angkor Vat, Bantay Srei et Angkor Tom). Heureusement notre super chauffeur de Tuc-Tuc nous a fait découvrir des temples qui ne sont pas sur la liste des tours opérateurs, où nous étions seuls, dans le silence avec le sentiment d'être les 1er européens à découvrir ces temples.
- J7 : départ pour Battabamg en bateau. 8h de navigation tantôt sur le toit, tantôt dans la cabine avec le bruit du moteur assourdissant. (15 USD/pers). Il y a des toilettes dans le bateau et un arrêt « ravitaillement » dans une maison flottante qui fait restau et boutique. On a eu du soleil (très fort, prévoir crème solaire et chapeau), de la pluie (ceux qui ont de la chance arrivent à rentrer dans la cabine mais comme c’est trop petit pour loger tout le monde, les moins chanceux doivent se partager une bâche de 2m² sur le toit qu’ils tiennent au-dessus de leur tête). A certains endroits la végétation est tellement dense que les branches pénètrent dans le bateau et viennent gifler les passagers (on s’est tous retrouvés agglutinés au centre pour se protéger). Mis à part ces conditions, les paysages sont magnifiques. D’abord le lac puis la rivière. On s’arrête dans des villages flottants pour faire descendre ou monter qq. La beauté des paysages vaut les conditions médiocres du voyage. A Battabamg, nous avons dormi au Chhaya hôtel (5USD/nuit). Nous avons été déçu : chambre avec des fenêtres qui donnent dans le couloir (ni les fenêtres de la chambre, ni celles du couloirs ne ferment donc difficile de dormir avec les bruits de la rue surtout qu’il y a un temple pas loin et qu’à partir de 3h du matin on entendait la musique et les chants…), pas d’eau chaude, propreté des draps louche… néanmoins ça reste une adresse bon marché qui peut convenir aux petits budgets. En fait nous avions prévu d’aller à Sihanoukville mais on a changé de programme en cours de route donc je ne mettais pas renseigner sur les hôtels au préalable. J’ai pris le 1er dans le Lonely, je n’aurai peut-être pas du… Franchement le 1er à soir à Battabamg, on se demande ce qu’on fait là. On est loin de « l’élégante cité fluviale » « charme de la capitale provinciale » avec ses maisons coloniales que nous décrit le Lonely. On envisage même de repartir dès le lendemain tellement le 1er contact avec la ville nous déçoit. On décide finalement de lui laisser une chance et on négocie avec un chauffeur de moto-dop pour nous faire visiter les alentours le lendemain. Et on a bien fait ! C’est une des plus belles matinées qu’on a passé. Tout d’abord nous sommes allés choisir notre petit-dèj au marché. Puis on s’est balladé en moto dans les rizières d’un vert tendre et éclatant, dans les petits villages, visite de plusieurs vat dont le Vat Banan au sommet d’une colline (358 marches à monter pour l’atteindre) d’où la vue est magnifique ! puis retour à Battabamg en bambou-train (c’est rigolo). Dans la ville nous avons flâné dans les rues. Sur les quais il y a des boutiques de sculpture sur bois et sur pierre. Les prix affichés correspondent au quart de ce qu’on peut voir à SR. Donc un conseil, si vous voulez ramener un boudha ou une apsara attendez d’être à Battabamg. Côté restau : nous avons particulièrement aimé le White Rose pour ses milk-shake aux fruits excellents et sa carte impressionnante ! Dans l’après-midi comme il s’est mis à pleuvoir nous sommes allés nous réfugier au Smokin’pot. La famille était installée devant le petit écran à regarder un combat de boxe cambodgienne. Ils nous ont expliqué que c’est un combat avec bcp d’enjeux car ce sont les 2 champions. On a fini par se prendre au jeu et on s’est installé avec eux pour regarder le match. Entre temps la nuit est tombée, on a décidé alors de rester manger sur place. Nous n’avons pas trouvé leur amok génial mais l’ambiance familiale du lieu nous a bcp plu. Ils proposent des cours de cuisine pour 8USD. Ca dure toute la matinée en commençant par aller acheter les produits au marché, puis cours de cuisine et dégustation. Ca avait l’air sympa, mais on n’a pas eu le temps…
- J9 : retour à PP en bus compagnie GST (5USD/pers). Grand bus climatisé (juste ce qu’il faut). Le bus part avec 30’ de retard et on mettra 5h30 pour rejoindre la capitale avec 2 arrêts. La route est relativement bonne. Retour à la Réga, cette fois on nous donne une chambre avec clim cassée (qu’on sera obligée de payer) et toilettes qui fuient avec de l’eau un peu partout dans l’entrée. Bref on n’est pas vraiment satisfait de la Réga, peut-être qu'on n'a pas eu de chance... Après midi farniente sur les rives du Tonlé Sap.
- J10 : visite du Musée Nationale. J’ai apprécié de le visiter après avoir vu les temples et que Kosal nous ait expliqué ce qu’on voit (Garruda, Naga, Vishnou, Boudha…), en plus il y a une très belle expo de photos. Ensuite nous avons flâné dans les petites galeries de peinture juste à proximité du musée et de l’école des beaux-arts. On s’est offert qq jolies toiles… puis détour par le marché russe pour finir les achats de souvenirs. Ensuite le déluge, en à peine 1h, les rues se sont transformées en rivière et le Wat Phnom est devenu une île isolée au milieu de la ville. Impressionnant ! Un restau qu’on a particulièrement apprécié : le Tabou sur les quais Sisowath. Bon rapport qualité/prix pour l’emplacement. Le restaurant est tenu par un cambodgien qui a habité longtemps à Marseille. Ca fait 4 mois que je suis partie de la France, ça fait du bien d’entendre le français « avé l’accent du sud »!
- J11 : À 6h du matin nous sommes devant l’hôtel à attendre notre taxi qui ne viendra jamais. Il nous reste 20’ pour aller à l’aéroport quand on se décide à louer 2 motodop sur lesquelles on entasse nos sacs à dos et nos souvenirs. Nos chauffeurs ont slalomé entre les voitures en klaxonnant après les tuc-tucs et les vélos pour nous laisser passer. Nous sommes arrivés juste à temps à l’aéroport pour enregistrer nos bagages, payer les 25 USD de taxe et embarquer dans l’avion.
Divers : - avoir toujours une carte de la ville sur soi. A PP comme à SR, souvent les chauffeurs de tuc-tucs nous disaient qu’ils connaissaient le lieu où on voulait aller (pour avoir la course) mais très rapidement on s’apercevait qu’ils ne savaient pas du tout. Donc je sortais ma carte pour leur montrer le chemin ! - nous n’avons eu aucun problème pour faire les visas sur place à l’arrivée (20USD/pers). Sauf que nous avions tous des gros billets et qu’ils n’avaient pas la monnaie (pour info, ils acceptent les yuans) - on trouve des distributeurs de billets (ATM) à peu près partout dans les grandes villes. Par contre j’ai eu la mauvaise surprise de voir les frais de banque en rentrant : il y a aussi bien une commission pour la banque cambodgienne que pour la banque française !! Il vaut mieux arriver avec son budget ou retirer tout d’un coup sur place ça évite les mauvaises surprises. - Contrairement à la Chine, il est très facile de communiquer. Bcp de gens parlent anglais ou même français.
NB : tout ceci n'étant qu'une expérience personnelle avec ma propre sensibilité. Ce qui peut plaire aux uns, peut ne pas plaire aux autres...
Ce pays nous a bcp plu tant par l’accueil des cambodgiens que par ces paysages. Nous avons fait de belles rencontres. Son nom de « pays du sourire » n’est pas galvaudé. Ca reste aujourd’hui un de mes plus beaux voyages.
10 jours au Cambodge – fin septembre/début octobre à la fin de la saison des pluies.
Climat : - il fait chaud et humide mais c’est supportable (on n’a jamais utilisé la clim, le ventilo suffit). - Il a plu un peu tous les jours, surtout en fin d’après-midi et c’est très passager. Ca ne nous a pas du tout gêné. Au contraire, ça nous a permis de rencontrer la population en s’abritant dans un bar ou une boutique le temps que l’averse finisse. A cette saison la végétation est magnifique, les rizières explosent d’un vert tendre, il y a de l’eau partout et des enfants qui se baignent et rigolent dans les marres. Le ciel est tout à tour bleu, gris, violet, noir… Les couleurs et la lumière sont fantastiques pour les photos (et bon nombre de photographes amateurs jouent avec les reflets dans l’eau pour faire des photos des temples).
Circuit : - J1/ Phnom Penh : promenade dans la ville, Wat Phnom, Palais Royale, Pagode d’argent et farniente sur les quais Sisowath. On s’est assis sur le bord de l’eau et on a observé la vie et la ville. Et encore une fois, les couleurs sur le Tonlé Sap étaient magnifiques. Nous avons dormi à la Réga guesthouse (10 USD/jr): le cadre est sympa notamment pour son jardin, ils ne nous attendaient pas malgré la résa confirmée par mail et ils nous ont trouvé une chambre avec la clim cassée (peu importe on en a pas besoin). Prévoir des petites coupures de dollars avant d’arriver car nous n’avions que des billets de 50USD et on s’est embêté à trouver qq pour nous les changer. Impossible de prendre un tuc-tuc, il nous a fallu traverser la ville à pieds ! ça nous a permis de découvrir des endroits pittoresques et de s’imprégner de l’ambiance de la ville dès les 1eres heures.
- J2 / PP-SR : nous avons pris le bus, compagnie Mailine (5USD). Grand bus climatisé, nous n’étions que 7 dans le bus. Prévoir un pull pour le bus car la clim est forte. Malgré l’insistance de tous les passagers (nous étions les seuls étrangers), nous n’avons pas réussi à faire baisser la clim… environ 5h de trajet avec 2 arrêts (qq soit l’arrêt les toilettes sont tjs propres et on peut trouver des choses à manger). Paysages de rizière et d’eau tout le long du trajet, c’est très beau. Nous avions réservé au Phnom Bock Hotel (17USD/jr petit dèj compris). Nous avons été accueillie par Hélène et sa famille (famille franco-khmere). A peine arrivés, elle nous donne un plan de la ville, nous indique les choses à faire, les bons restaus, les prix pour un tuc-tuc ou autre… Elle est très prévenante et répond à toutes vos questions. L’hôtel est situé dans un quartier populaire un peu excentré du centre ville à côté d’un marché local (pas le vieux marché plus destiné aux touristes). L’hôtel a une petite piscine qui est bien agréable quand on rentre des temples. Je le recommande vivement ! On avait planifié de rester 3 jours à Siem Reap, nous y sommes restés 5 jours et on y serait bien resté un peu plus longtemps… Notre chauffeur de tuc-tuc pendant notre séjour à SR, bien entendu le célèbre « Kosal ». Je ne m’étendrai pas sur cette rencontre, il y a eu déjà tellement d’éloge à son égard sur VF… et il le vaut bien ! Il est gentil, serviable, souriant, il connaît très bien son pays et sa culture. C’est un livre ouvert et on peut lui poser toutes les questions. Il sait dénicher des petits coins sympas si vous lui dites ce que vous voulez faire ou voir… Bref son cahier de réservation est plein grâce à VF. Donc s’il n’est pas disponible pendant vos vacances, il nous fait dire qu’il connaît d’autres chauffeurs de tuc-tuc francophones vers qui vous orientez…
J3 à J6 : Angkor : le petit circuit, le grand circuit, Roluos, Bantay Srei, Bantay Samre, la rivière aux 1000 lingas, la forêt inondée (30USD/bateau qq soit le nbr de personnes, donc l’idéal est de se constituer un petit groupe pour partager les frais – 4h de navigation), Kompong phluck, le centre de la soie, les artisans d’Angkor, le spectacle des enfants à La Noria le mercredi soir… (J’en oublie sûrement). Prévoir 40USD/pers pour avoir le pass 3 jours pour visiter les temples. A notre goût, les meilleurs amok sont à côté du vieux marché au Khmeres Kitchen et le restau orange juste à côté. L’endroit le plus sympa et le plus insolite pour manger, un petit restau khmère dont Kosal connaît l’adresse, où on mange avec les doigts assis dans des hamacs au bord de l’eau. Les khmères viennent ici passer un agréable moment en mangeant, jouant aux cartes et en se baignant. C’est paisible et reposant, on y est resté presque tout l’après-midi… Je n'ai pas aimé les flots de touristes dans les temples les plus connus (il a fallu faire la queue à l'intérieur d'Angkor Vat, Bantay Srei et Angkor Tom). Heureusement notre super chauffeur de Tuc-Tuc nous a fait découvrir des temples qui ne sont pas sur la liste des tours opérateurs, où nous étions seuls, dans le silence avec le sentiment d'être les 1er européens à découvrir ces temples.
- J7 : départ pour Battabamg en bateau. 8h de navigation tantôt sur le toit, tantôt dans la cabine avec le bruit du moteur assourdissant. (15 USD/pers). Il y a des toilettes dans le bateau et un arrêt « ravitaillement » dans une maison flottante qui fait restau et boutique. On a eu du soleil (très fort, prévoir crème solaire et chapeau), de la pluie (ceux qui ont de la chance arrivent à rentrer dans la cabine mais comme c’est trop petit pour loger tout le monde, les moins chanceux doivent se partager une bâche de 2m² sur le toit qu’ils tiennent au-dessus de leur tête). A certains endroits la végétation est tellement dense que les branches pénètrent dans le bateau et viennent gifler les passagers (on s’est tous retrouvés agglutinés au centre pour se protéger). Mis à part ces conditions, les paysages sont magnifiques. D’abord le lac puis la rivière. On s’arrête dans des villages flottants pour faire descendre ou monter qq. La beauté des paysages vaut les conditions médiocres du voyage. A Battabamg, nous avons dormi au Chhaya hôtel (5USD/nuit). Nous avons été déçu : chambre avec des fenêtres qui donnent dans le couloir (ni les fenêtres de la chambre, ni celles du couloirs ne ferment donc difficile de dormir avec les bruits de la rue surtout qu’il y a un temple pas loin et qu’à partir de 3h du matin on entendait la musique et les chants…), pas d’eau chaude, propreté des draps louche… néanmoins ça reste une adresse bon marché qui peut convenir aux petits budgets. En fait nous avions prévu d’aller à Sihanoukville mais on a changé de programme en cours de route donc je ne mettais pas renseigner sur les hôtels au préalable. J’ai pris le 1er dans le Lonely, je n’aurai peut-être pas du… Franchement le 1er à soir à Battabamg, on se demande ce qu’on fait là. On est loin de « l’élégante cité fluviale » « charme de la capitale provinciale » avec ses maisons coloniales que nous décrit le Lonely. On envisage même de repartir dès le lendemain tellement le 1er contact avec la ville nous déçoit. On décide finalement de lui laisser une chance et on négocie avec un chauffeur de moto-dop pour nous faire visiter les alentours le lendemain. Et on a bien fait ! C’est une des plus belles matinées qu’on a passé. Tout d’abord nous sommes allés choisir notre petit-dèj au marché. Puis on s’est balladé en moto dans les rizières d’un vert tendre et éclatant, dans les petits villages, visite de plusieurs vat dont le Vat Banan au sommet d’une colline (358 marches à monter pour l’atteindre) d’où la vue est magnifique ! puis retour à Battabamg en bambou-train (c’est rigolo). Dans la ville nous avons flâné dans les rues. Sur les quais il y a des boutiques de sculpture sur bois et sur pierre. Les prix affichés correspondent au quart de ce qu’on peut voir à SR. Donc un conseil, si vous voulez ramener un boudha ou une apsara attendez d’être à Battabamg. Côté restau : nous avons particulièrement aimé le White Rose pour ses milk-shake aux fruits excellents et sa carte impressionnante ! Dans l’après-midi comme il s’est mis à pleuvoir nous sommes allés nous réfugier au Smokin’pot. La famille était installée devant le petit écran à regarder un combat de boxe cambodgienne. Ils nous ont expliqué que c’est un combat avec bcp d’enjeux car ce sont les 2 champions. On a fini par se prendre au jeu et on s’est installé avec eux pour regarder le match. Entre temps la nuit est tombée, on a décidé alors de rester manger sur place. Nous n’avons pas trouvé leur amok génial mais l’ambiance familiale du lieu nous a bcp plu. Ils proposent des cours de cuisine pour 8USD. Ca dure toute la matinée en commençant par aller acheter les produits au marché, puis cours de cuisine et dégustation. Ca avait l’air sympa, mais on n’a pas eu le temps…
- J9 : retour à PP en bus compagnie GST (5USD/pers). Grand bus climatisé (juste ce qu’il faut). Le bus part avec 30’ de retard et on mettra 5h30 pour rejoindre la capitale avec 2 arrêts. La route est relativement bonne. Retour à la Réga, cette fois on nous donne une chambre avec clim cassée (qu’on sera obligée de payer) et toilettes qui fuient avec de l’eau un peu partout dans l’entrée. Bref on n’est pas vraiment satisfait de la Réga, peut-être qu'on n'a pas eu de chance... Après midi farniente sur les rives du Tonlé Sap.
- J10 : visite du Musée Nationale. J’ai apprécié de le visiter après avoir vu les temples et que Kosal nous ait expliqué ce qu’on voit (Garruda, Naga, Vishnou, Boudha…), en plus il y a une très belle expo de photos. Ensuite nous avons flâné dans les petites galeries de peinture juste à proximité du musée et de l’école des beaux-arts. On s’est offert qq jolies toiles… puis détour par le marché russe pour finir les achats de souvenirs. Ensuite le déluge, en à peine 1h, les rues se sont transformées en rivière et le Wat Phnom est devenu une île isolée au milieu de la ville. Impressionnant ! Un restau qu’on a particulièrement apprécié : le Tabou sur les quais Sisowath. Bon rapport qualité/prix pour l’emplacement. Le restaurant est tenu par un cambodgien qui a habité longtemps à Marseille. Ca fait 4 mois que je suis partie de la France, ça fait du bien d’entendre le français « avé l’accent du sud »!
- J11 : À 6h du matin nous sommes devant l’hôtel à attendre notre taxi qui ne viendra jamais. Il nous reste 20’ pour aller à l’aéroport quand on se décide à louer 2 motodop sur lesquelles on entasse nos sacs à dos et nos souvenirs. Nos chauffeurs ont slalomé entre les voitures en klaxonnant après les tuc-tucs et les vélos pour nous laisser passer. Nous sommes arrivés juste à temps à l’aéroport pour enregistrer nos bagages, payer les 25 USD de taxe et embarquer dans l’avion.
Divers : - avoir toujours une carte de la ville sur soi. A PP comme à SR, souvent les chauffeurs de tuc-tucs nous disaient qu’ils connaissaient le lieu où on voulait aller (pour avoir la course) mais très rapidement on s’apercevait qu’ils ne savaient pas du tout. Donc je sortais ma carte pour leur montrer le chemin ! - nous n’avons eu aucun problème pour faire les visas sur place à l’arrivée (20USD/pers). Sauf que nous avions tous des gros billets et qu’ils n’avaient pas la monnaie (pour info, ils acceptent les yuans) - on trouve des distributeurs de billets (ATM) à peu près partout dans les grandes villes. Par contre j’ai eu la mauvaise surprise de voir les frais de banque en rentrant : il y a aussi bien une commission pour la banque cambodgienne que pour la banque française !! Il vaut mieux arriver avec son budget ou retirer tout d’un coup sur place ça évite les mauvaises surprises. - Contrairement à la Chine, il est très facile de communiquer. Bcp de gens parlent anglais ou même français.
NB : tout ceci n'étant qu'une expérience personnelle avec ma propre sensibilité. Ce qui peut plaire aux uns, peut ne pas plaire aux autres...
Ce pays nous a bcp plu tant par l’accueil des cambodgiens que par ces paysages. Nous avons fait de belles rencontres. Son nom de « pays du sourire » n’est pas galvaudé. Ca reste aujourd’hui un de mes plus beaux voyages.
Saosedei à tous,
après vous avoir suivi pendant 6 mois et avoir lu toutes les discussions ayant attrait sur le CAMBODGE, j'ai pu concocter un merveilleux voyage de noc pour ma femme, qui ne se doutait pas quelle destination j'allais choisir. Alors voici qqs news, pour ceux que cela pourrait concerner et pour ceux qui comptent partir dans les prochains jours/mois.
comme bcp de voyageurs allant au Cambodge, nous avons attéri à Bangkok, où ns ns sommes reposés 3 jours dans le Menam Riverside Hotel. Pause plus que la bien-venue, après des semaines intenses pour la préparation de notre mariage. Pas grand chose à raconter, si ce n'est qu'on a visité le trucs touristiques de BKK, mégapole incroyablement grand en comparaison avec ce qu'on trouve au Cambodge... du coup Phnom Penh est tt rikiki quand on vient de Bangkok.
Arrivés à PP (avec Airasia), nous avons contacté Sam, un ami d'Alan, afin qu'il puisse nous emmener avec son tuk tuk sur l'Ile de la Soie dans la GH de Roger (la villa Koh Dach). Quelle bonne idée de commencer notre premier RDV avec le continent asiatique, loin des bruits de BKK et des villes fourmis comme PP. Il n'y a rien de plus beau que le Cambodge rural où nous avons appris nos bases de khmer, qui nous ont été fort utiles pour la suite du voyage. Le Khmer après deux jours sur l'ile de la soie, c'est kmien pan ha ! C'est un endroit très idyllique, très calme et vraiment parfait pr se ressourcer et pour se frotter aux Cambodgiens, qui sont vraiment tout sourire et très sympa. Il y a p-ê 3-4 femmes qui ns suivaient partt dès notre arrivée pr ns vendre des chales fabrqiués en Thailande, mais ce n'est pas harassant non plus. Nous avons pris le temps d'aller leur dire bonjour dans leur familles respectives, ce qui nous a donné l'occasion de faire qqs échanges et d'acheter qqs bricoles. Qd on a le temps, tt coule de source et vs serez souvent invités pr aller prendre un verre de thé tiède chez eux. Je vous le conseille. Je me souviens particulièrement de cette petite fille (enfin, petite, elle avait déjà près de 20 ans), qui parlait un bel anglais et était trop exité qu'on passe du temps chez elle et qui voulait nous raconter toute sa vie en 5 minutes. Que de la rigolade et de la bonne humeur... nous garderons cet échange comme le plus bel échange que nous avons eu durant le voyage. Pour info, la GH est sympa, mais il y fait très très chaud... en juin du moins. C'est vraiment super de pouvoir employer les vélos et de faire le tour de l'ile. On y mange bien, bien qu'on ait été surpris par le prix, qui est tt de fois comparable à ce qu'on peut trouver à PP. Merci à toi Roger de nous avoir donné l'info et bonne chance pour la suite de ta GH !

ensuite, ns avons découvert les charmes de PP, ses quaies, la vie et les mobilettes... encore et toujours les tuk tuk et autres mobilettes qui démarrent toutes à contresens... toutcela, c'est délicieusement bordelique. Au musée national, nous avons pris un guide francophone rien que pour nous deux, et bien nous en a pris, puisque ce fût une belle préparation pour la découverte Angkor par la suite, et tout particulièrement pour une explication détaillée entre l'hindouisme et le boudhisme. Deux religions qu'on ne connait pas tellement, étant européen et ne connaissant pas encore les délices de l'Asie.
ensuite 5 jours à SR... magnifique. Nous avons rencontré Kosal qui nous a guidé pendant tout notre séjour. Quelle aubaine d'avoir qqn de si charmant et francophone de surcroit. Il nous a emmené au village flottant et aux différents sites des Artisans d'Angkor. Le site avec les muriers et la production de la soie est particulèrement intéressant. Les magasins des artisans sont très bien soignés (quel design!), mais fort cher. Plusieurs discussions sur l'intérêt de cette organisation ot récemment été mené, donc je ne vais pas aller plus profondément dans ce sujet, il a déjà été abordé. 😉
pour aller à SR, on n'a pas pu prendre le bateau, car il n'y avait pas assez d'eau... donc c'est avec le bus, style mékong express, mais un peu moins cher (8$ au lieu de 10$). Le retour était avec une compagnie encore moins chère (6$), mais la qualité était en-dessus de tout. Ces 2 -3$ de plus en valent vraiment la peine !
Ah, les merveilles d'Angkor, c'était vraiment splendide, et 3 jours nous ont suffit amplement. Notre préféré c'était le Mebon Oriental, pour son calme, ses couchers de soleil où l'on est tout seul, car tt le monde va vers le Pre Rup tt proche où sur la colline grouillant de touristes. Il faut dire que nous n'avons pas vu bcp de touristes en juin... ns étions souvent (quasi) seuls sur les sites, interrompus de temps en temps par des groupes de touristes japonais, korréen ou autres porteurs de parapluies. Cela ne ns a pas dérangé, bien au contraire, c'est un réel plaisir de les voir défiler et repartir 10 minutes après. Cela donne un côté floklorique et vivant aux sites. Si on peut vs donner un conseil, prenez votre temps et savourez l'endroit. Surtt à Angkor Wat, quelle bonheur de se poser là une après-midi pour s'impregner de l'endroit et voir passer les gens. Le Ta Prohm est très chouette aussi, mais il y a d'autres plus petits temples avec autant d'arbres et de débris (Preah Pallay par exemple)... mais ce qui est gai au ta Prohm, c'est d'aller à la recherche de la tête d'Apsara entourée de racines... un vrai jeu de piste et quelle plaisir d'enfant quand on l'a enfin trouvé ! Un autre must be c'est la promenade sur les remparts... au calme, entouré des douves et de la nature... superbe. Notre seul regret ce sont les temples de Beng Méaléa que nous n'avons pas vu. C'était un peu loin et ns avons préféré prendre un peu de bon temps à SR et de laisser tomber l'excursion prévue pour les temples du groupe Roluos et de Beng Méaléa. C'était les 4 h en tuk tuk qui ns ont un peu rebuté... le voyage étant déjà assez fatiguant comme ca (se lever tot, prendre des bus etc etc... pr un voyage de noce il ne faut pas pousser le bouchon non plus). Au moins on aura qqchose à voir qd on reviendra 😉
de retour à PP, ns avons à nouveau pris notre temps pour bien apprécier la ville. Par chance il a commencé à pleuvoir, vu qu'on n'avait pas enc eu une goutte de pluie en 15 jours de voyages. C'est impressionant de rentrer du resto, les pieds dans l'eau, les rues étant inondées. Nous avons été plusieurs fois au Friends, resto d'un groupe australien qui travaille à la réinsertion des enfants de la rue. On n'a jamais aussi bien mangé que là-bas et en plus c'est pour une bonne oeuvre. C'est ce qu'on a essayé de faire durant tt le voyage... faire rouler nos dollars au profit de la population locale, mais surtt d'instances caricatives intéressntes, comme celle qui gère le friends.
nous avons vraiment apprécié d'avoir eu Sam et Kosal pour nous emmener en journée. Ils sont p-ê plus chers que quand on prend des tuk tuk anonymes, mais cela donne l'occasion d'apprendre à connaître des jeunes comme nous, d'apercevoir un peu plus la réalité du Cambodge... et puis on a vraiment bien aimé aller manger avec eux, dans des endroits moins jolis jolis, mais on y mangeait souvent mieux que dans les endroits design et branchés pour touristes. Avec cela, on nous sert gratuitement un peu de couleur et de culture locale ! Que demander de plus ?
finalement, on a terminé notre voyage par une petite escapade à Sihanoukville... délicieux de ne rien devoir faire, de nager, se promener et surtt manger sur la plage !
bref, un voyage de rêve, vs trouverez les premières photos sur www.flickr.com/photos/michmahool/ 😛😛😛
pour info, il a des mister-cash partt (PP, SR, Sihanoukville) !!! nous n'avons pas vu d'hotels intéressants à PP (nous sommes restés dans la catégorie de 10-20$), à SR nous étions au Phonm Bok, à conseiller vivement (piscine, chambres propres, proprios français très sympas) et à Sihanoukville on était au House of Malibu, très joli, mais très cher et personnel pas très sympa.
voilà les premières nouvelles du voyage... merci à Alan, Roger et Jacques pour vos conseils judicieux !
swa
ah, si je pouvais retourner à PP, j'irais certainement me balader en fin de journée sur les quais, avant d'aller me faire masser par les aveugles du seeing hands massage et terminer par la cuisine khmère (la meilleure que ns n'ayons jamais eu) avec un désomais célèbre "tukelok pi" !

après vous avoir suivi pendant 6 mois et avoir lu toutes les discussions ayant attrait sur le CAMBODGE, j'ai pu concocter un merveilleux voyage de noc pour ma femme, qui ne se doutait pas quelle destination j'allais choisir. Alors voici qqs news, pour ceux que cela pourrait concerner et pour ceux qui comptent partir dans les prochains jours/mois.
comme bcp de voyageurs allant au Cambodge, nous avons attéri à Bangkok, où ns ns sommes reposés 3 jours dans le Menam Riverside Hotel. Pause plus que la bien-venue, après des semaines intenses pour la préparation de notre mariage. Pas grand chose à raconter, si ce n'est qu'on a visité le trucs touristiques de BKK, mégapole incroyablement grand en comparaison avec ce qu'on trouve au Cambodge... du coup Phnom Penh est tt rikiki quand on vient de Bangkok.
Arrivés à PP (avec Airasia), nous avons contacté Sam, un ami d'Alan, afin qu'il puisse nous emmener avec son tuk tuk sur l'Ile de la Soie dans la GH de Roger (la villa Koh Dach). Quelle bonne idée de commencer notre premier RDV avec le continent asiatique, loin des bruits de BKK et des villes fourmis comme PP. Il n'y a rien de plus beau que le Cambodge rural où nous avons appris nos bases de khmer, qui nous ont été fort utiles pour la suite du voyage. Le Khmer après deux jours sur l'ile de la soie, c'est kmien pan ha ! C'est un endroit très idyllique, très calme et vraiment parfait pr se ressourcer et pour se frotter aux Cambodgiens, qui sont vraiment tout sourire et très sympa. Il y a p-ê 3-4 femmes qui ns suivaient partt dès notre arrivée pr ns vendre des chales fabrqiués en Thailande, mais ce n'est pas harassant non plus. Nous avons pris le temps d'aller leur dire bonjour dans leur familles respectives, ce qui nous a donné l'occasion de faire qqs échanges et d'acheter qqs bricoles. Qd on a le temps, tt coule de source et vs serez souvent invités pr aller prendre un verre de thé tiède chez eux. Je vous le conseille. Je me souviens particulièrement de cette petite fille (enfin, petite, elle avait déjà près de 20 ans), qui parlait un bel anglais et était trop exité qu'on passe du temps chez elle et qui voulait nous raconter toute sa vie en 5 minutes. Que de la rigolade et de la bonne humeur... nous garderons cet échange comme le plus bel échange que nous avons eu durant le voyage. Pour info, la GH est sympa, mais il y fait très très chaud... en juin du moins. C'est vraiment super de pouvoir employer les vélos et de faire le tour de l'ile. On y mange bien, bien qu'on ait été surpris par le prix, qui est tt de fois comparable à ce qu'on peut trouver à PP. Merci à toi Roger de nous avoir donné l'info et bonne chance pour la suite de ta GH !

ensuite, ns avons découvert les charmes de PP, ses quaies, la vie et les mobilettes... encore et toujours les tuk tuk et autres mobilettes qui démarrent toutes à contresens... toutcela, c'est délicieusement bordelique. Au musée national, nous avons pris un guide francophone rien que pour nous deux, et bien nous en a pris, puisque ce fût une belle préparation pour la découverte Angkor par la suite, et tout particulièrement pour une explication détaillée entre l'hindouisme et le boudhisme. Deux religions qu'on ne connait pas tellement, étant européen et ne connaissant pas encore les délices de l'Asie.
ensuite 5 jours à SR... magnifique. Nous avons rencontré Kosal qui nous a guidé pendant tout notre séjour. Quelle aubaine d'avoir qqn de si charmant et francophone de surcroit. Il nous a emmené au village flottant et aux différents sites des Artisans d'Angkor. Le site avec les muriers et la production de la soie est particulèrement intéressant. Les magasins des artisans sont très bien soignés (quel design!), mais fort cher. Plusieurs discussions sur l'intérêt de cette organisation ot récemment été mené, donc je ne vais pas aller plus profondément dans ce sujet, il a déjà été abordé. 😉
pour aller à SR, on n'a pas pu prendre le bateau, car il n'y avait pas assez d'eau... donc c'est avec le bus, style mékong express, mais un peu moins cher (8$ au lieu de 10$). Le retour était avec une compagnie encore moins chère (6$), mais la qualité était en-dessus de tout. Ces 2 -3$ de plus en valent vraiment la peine !
Ah, les merveilles d'Angkor, c'était vraiment splendide, et 3 jours nous ont suffit amplement. Notre préféré c'était le Mebon Oriental, pour son calme, ses couchers de soleil où l'on est tout seul, car tt le monde va vers le Pre Rup tt proche où sur la colline grouillant de touristes. Il faut dire que nous n'avons pas vu bcp de touristes en juin... ns étions souvent (quasi) seuls sur les sites, interrompus de temps en temps par des groupes de touristes japonais, korréen ou autres porteurs de parapluies. Cela ne ns a pas dérangé, bien au contraire, c'est un réel plaisir de les voir défiler et repartir 10 minutes après. Cela donne un côté floklorique et vivant aux sites. Si on peut vs donner un conseil, prenez votre temps et savourez l'endroit. Surtt à Angkor Wat, quelle bonheur de se poser là une après-midi pour s'impregner de l'endroit et voir passer les gens. Le Ta Prohm est très chouette aussi, mais il y a d'autres plus petits temples avec autant d'arbres et de débris (Preah Pallay par exemple)... mais ce qui est gai au ta Prohm, c'est d'aller à la recherche de la tête d'Apsara entourée de racines... un vrai jeu de piste et quelle plaisir d'enfant quand on l'a enfin trouvé ! Un autre must be c'est la promenade sur les remparts... au calme, entouré des douves et de la nature... superbe. Notre seul regret ce sont les temples de Beng Méaléa que nous n'avons pas vu. C'était un peu loin et ns avons préféré prendre un peu de bon temps à SR et de laisser tomber l'excursion prévue pour les temples du groupe Roluos et de Beng Méaléa. C'était les 4 h en tuk tuk qui ns ont un peu rebuté... le voyage étant déjà assez fatiguant comme ca (se lever tot, prendre des bus etc etc... pr un voyage de noce il ne faut pas pousser le bouchon non plus). Au moins on aura qqchose à voir qd on reviendra 😉
de retour à PP, ns avons à nouveau pris notre temps pour bien apprécier la ville. Par chance il a commencé à pleuvoir, vu qu'on n'avait pas enc eu une goutte de pluie en 15 jours de voyages. C'est impressionant de rentrer du resto, les pieds dans l'eau, les rues étant inondées. Nous avons été plusieurs fois au Friends, resto d'un groupe australien qui travaille à la réinsertion des enfants de la rue. On n'a jamais aussi bien mangé que là-bas et en plus c'est pour une bonne oeuvre. C'est ce qu'on a essayé de faire durant tt le voyage... faire rouler nos dollars au profit de la population locale, mais surtt d'instances caricatives intéressntes, comme celle qui gère le friends.
nous avons vraiment apprécié d'avoir eu Sam et Kosal pour nous emmener en journée. Ils sont p-ê plus chers que quand on prend des tuk tuk anonymes, mais cela donne l'occasion d'apprendre à connaître des jeunes comme nous, d'apercevoir un peu plus la réalité du Cambodge... et puis on a vraiment bien aimé aller manger avec eux, dans des endroits moins jolis jolis, mais on y mangeait souvent mieux que dans les endroits design et branchés pour touristes. Avec cela, on nous sert gratuitement un peu de couleur et de culture locale ! Que demander de plus ?
finalement, on a terminé notre voyage par une petite escapade à Sihanoukville... délicieux de ne rien devoir faire, de nager, se promener et surtt manger sur la plage !
bref, un voyage de rêve, vs trouverez les premières photos sur www.flickr.com/photos/michmahool/ 😛😛😛
pour info, il a des mister-cash partt (PP, SR, Sihanoukville) !!! nous n'avons pas vu d'hotels intéressants à PP (nous sommes restés dans la catégorie de 10-20$), à SR nous étions au Phonm Bok, à conseiller vivement (piscine, chambres propres, proprios français très sympas) et à Sihanoukville on était au House of Malibu, très joli, mais très cher et personnel pas très sympa.
voilà les premières nouvelles du voyage... merci à Alan, Roger et Jacques pour vos conseils judicieux !
swa
ah, si je pouvais retourner à PP, j'irais certainement me balader en fin de journée sur les quais, avant d'aller me faire masser par les aveugles du seeing hands massage et terminer par la cuisine khmère (la meilleure que ns n'ayons jamais eu) avec un désomais célèbre "tukelok pi" !

Après une assez longue journée à déambuler parmi les merveilleux temples du royaume d'Angkor, nous profitons quelques instants de la piscine de l'hôtel sous le regard des Apsara d'Angkor Wat et du roi Jayavarmann VII, représentés ici par de très nombreuses sculptures qui constituent également le signe distinctif de cette chaîne d'hôtels. La nuit tombe très tôt au Cambodge en cette période. Les sculptures s'allument une à une et laissent apparaître une sensation de mystère et de calme, de part l'eau qui ruisselle le long des sculptures et la végétation qui les recouvre. Nous quittons la tranquillité de notre hôtel pour rejoindre le centre ville et essayer de découvrir le petit village de Siem Reap.
Le visage du petit village paisible de Siem Reap, bordé par le royaume d'Angkor, évolue de jour en jour. La tranquillité, et l'authenticité, de Siem Reap, ne se retrouve plus dans les grandes artères du village. Le petit village agricole est devenu une ville faite pour les touristes. Sur ses principales artères, recouvertes d'un bitume étincelant, d'immenses hôtels se construisent. 300 chambres ici, 400 chambres par là. La ville s'organise pour que le touriste s'y sente bien. Ce n'est qu'à l'écart de ces quelques artères que l'on peut retrouver le caractère original de Siem Reap. Les ruelles sombres recouvertes de terre, les trottoirs presque inexistants, les moines qui déambulent, le trafic incessant des mototaxis qui vont vers le centre...
Bien que notre hôtel se trouve proche du centre, les ruelles et petites avenues qui l'entourent sont encore en terre. Ce soir, notre petite route semble particulièrement lisse, un peu comme si un lifting se préparait, elle semble propre et prête à accueillir son manteau de bitume pour une nouvelle vie. La petite rivière qui longe la route, est bordée d'arbre et parsemée de jolis ponts blancs. Les rambardes des ponts sont constituées de sculptures de yakshas portant le corps du nâga à 7 têtes, comme on peut les voir à l'entrée de la cité d'Angkor Thom. Pour rejoindre le centre ville, nous devons traverser cette rivière et prendre la route parallèle à la notre mais de l'autre coté. Après avoir traversé le pont, cette seconde route est vide, déserte, sans vie, sans lumière. Elle dégage l'odeur du bitume chaud qui vient d'être posé. Elle est encore fermée à toute circulation. Le bitume est tellement récent que nous y laisserons nos empruntes de pas en voulant rejoindre le trottoir. Nos chaussures sont marquées à vie par un bout de route de Siem Reap.
L'obscurité de notre route contraste avec la luminosité qui se dégage du centre que l'on aperçoit à quelques centaines de mètres devant nous. Avant d'arriver dans l'une des artères principales de Siem Reap, nous longeons quelques petits restaurants vides tapis dans la pénombre de notre route. Au centre ville, nous remontons l'avenue en prenant quelques renseignements sur les salons de massages, en essayant de trouver un restaurant sympathique et, en regardant les vitrines des magasins d'objets d'art du royaume d'Angkor. De l'autre coté de notre avenue se trouve un petit marché à moitié couvert. Beaucoup plus authentique que les quelques boutiques que nous avons pu voir, il regorge d'objets en tout genre, des sculptures de bouddha, de Jayavarman VII, des pierres semi-précieuses, des livres ou encore des tissus. Nous décidons d'y revenir plus tard dans la soirée, après avoir trouvé un distributeur d'argent et un restaurant pour dîner.
Sur le plan des distributeurs de billet, le Cambodge n'est pas comparable à des destinations plus classiques comme la Thaïlande. Certains guides précisent même qu'aucun distributeur de billet n'est présent dans ce royaume. Nous avons l'occasion d'utiliser l'un des premiers distributeurs de Siem Reap après avoir traversé tout le centre ville. Notre surprise fut grande de constater que la devise distribuée dans ces machines est le dollar et non le riel, la monnaie du Cambodge. Et, c'est également surprenant de voir la place du riel dans les échanges faces au dollar. Le riel n'est devenu qu'une subdivision du dollar. Les menus des restaurants, les boutiques de souvenirs, les marchés, les gens ne parlent qu'en dollar.
A force de marcher dans les rues de Siem Reap, le bitume qui s'est collé sous nos chaussures a perdu sa température qui le rendait souple. Il devient de plus en plus rigide et nos chaussures aussi. Nous décidons de faire une pause pour essayer de l'enlever avec un simple caillou qui traînait sur le sol. Je me retrouve pieds nus accroupi dans l'obscurité de cette rue, avec dans une main une chaussure, et dans l'autre main, un caillou qui me permet de gratter le bitume. La scène ne ressemble pas du tout à deux touristes en vadrouille mais plutôt à une scène préhistorique ayant pour objectif d'allumer un feu de camps. Bien que pouvant être insolite, cette scène n'attire l'attention de personne à l'exception d'un tout petit garçon qui vient à notre rencontre. Il ne doit pas avoir plus de deux ans, il est pied nu et vêtu simplement d'un petit short plus très blanc et d'un tee shirt orange plus très orange. Il est maintenant presque 22h et il semble être tout seul au milieu de Siem Reap.
Il nous regarde, nous sourit, rigole en mettant ses mains à son visage et en faisant de petites rotations avec son bassin. La scène qu'il regarde semble l'amuser beaucoup et probablement le change de son quotidien. Il ne nous parle pas et nous échangeons juste quelques sourires en même temps que je m'occupe de nos chaussures. De temps en temps, il change de place, comme pour mieux contempler la scène, pour avoir une vue différente. Entre deux sourires, son regard laisse percevoir ce que nous interprétons comme de la tristesse, du désarroi et un sentiment de solitude. Tout s'efface au sourire suivant. Pendant ces quelques instants, la seul chose qu'il nous laisse voir est le bonheur qu'il semble prendre à nous regarder, à être avec nous, des instants de bonheur qui ne semble pas faire parti de sa vie. Ces instants de simplicité, aussi court soient-ils, nous semble durer une éternité, nous semble s'être figé dans le temps comme si la vie autour de nous s'était complètement arrêté, comme si l'on avait appuyé sur la touche pause.
Après avoir difficilement réussi à enlever quelques morceaux de bitume de nos chaussures, nous décidons de repartir vers le centre, vers les endroits que nous avions repéré en début de soirée. D'un signe de la main et avec quelques nouveaux échanges de sourires, nous disons au revoir à notre enfant roi du royaume d'Angkor pensant qu'il allait rejoindre sa mère probablement occupé sur un stand du marché d'à coté. Il nous répond de la même manière et, entre deux sourires, laisse transparaître un nouveau sentiment de tristesse. Comme si cette rencontre était trop courte, qu'il avait encore des choses à partager avec nous, encore besoin de notre présence, ce sentiment de vouloir quelques choses mais ne pas pouvoir l'atteindre, ce sentiment de perdre le bonheur que l'on vient de découvrir.
En marchant vers le centre, nous nous retournons, pour dire au revoir une dernière fois à ce petit garçon. Il est resté là bas, à nous regarder nous éloigner de plus en plus. On ne connaît rien de lui, il ne connaît rien de nous, mais je suis convaincu que ces quelques minutes simples resteront gravées dans l'esprit de chacun. Nous retrouvons les boutiques et les restaurants que nous avons déjà vus. Nous arrivons dans l'avenue principale. L'obscurité des rues a été remplacée par un éclairage intense. La route et les trottoirs sont comme neuf. Nous ne somme plus très loin du centre. Il est là. Il nous attend. Il nous sourit. Il nous rejoint. Un peu surpris aux premiers abords, nous faisons un petit bout de chemin ensemble. De temps en temps, on le perd, il nous retrouve et nous marchons tous les trois dans les rues de Siem Reap.
Cela fait bien un quart d’heure maintenant que nous marchons avec notre petit roi et nous commençons à être très éloignés de l'endroit ou nous l'avons rencontré. Il continue à nous suivre comme si rien ni personne ne pouvait l'attendre quelque part. Cette sensation nous met mal à l'aise, il semble être bien dans sa ville, mais pour nous, avec notre vision d'européen, ce n'est ni l'heure ni l'endroit pour un enfant de 2 ans. On essai de discuter, de comprendre, mais le bonheur que portait son visage lors de notre rencontre a été remplacé par cette tristesse qui ne disparaît plus, comme si finalement, il n'y avait vraiment personnes à l'attendre quelque part. Ce petit garçon ne semblant pas pouvoir prononcer un mot, on se résigne et il continue à nous suivre.
Sa présence ne nous est pas désagréable, bien au contraire, mais on s'interroge sur la raison qui le pousse à nous suivre partout sans jamais rien nous demander. Sans doute un reflex de touriste trop habitué à être sollicité à longueur de journée pour quelques pièces de monnaie. On finit par se dire que finalement, c'est peut-être pour ça, mais qu'il ne sait comment nous le demander. Nos poches contiennent quelques pièces de Riel. On se dit que si c'est pour cela qu'il nous suit, au moins, il rentrera chez lui et, qu'il y sera mieux que dans la rue. On reste perplexe sur le montant à lui donner, la valeur de l'argent est tellement différente entre le Cambodge et l'Europe. Les touristes font tellement de ravage en donnant à tout va. Je lui tends quelques pièces dans ma main. Sans même les voir, juste par le cliquetis qu'elles produisent, il fait la moue et nous tourne la tête comme pour signifier son refus. Nous restons sans voix, rassuré de se dire que s'il nous a suivi jusque là ce n'est pas simplement par mendicité mais interrogatif sur le comportement de ce petit roi.
Nous continuons vers le centre à la recherche d'un restaurant. Le petit garçon est toujours avec nous. Bien que cela nous inquiète un peu, lui a l'air très content d'être là et pas spécialement envie que cela change. Au détour d'une rue, nous arrivons devant une boutique qui vend de tout et de rien. Une sorte d'épicerie de quartier sans devanture, juste un étalage comme au marché et des produits qui s'empilent jusqu'au plafond. Ici de la lessive, là des gâteaux... La dame qui s'occupe de cette boutique est assoupie sur une chaise à bascule et porte un chapeau conique sur la tête pour atténuer la lumière de sa boutique. Notre petit roi part devant nous jusqu'à s'arrêter devant cette boutique. Il se retourne vers nous et, en nous regardant, tend son bras vers l'intérieur de la boutique comme pour nous la faire découvrir. L'expression de son visage donne l'impression qu'il a enfin réussi à nous montrer ce qu'il cherchait à nous montrer depuis le début de notre rencontre. Ce n'est plus du bonheur, ce n'est plus de la tristesse, c'est un sentiment qu'il nous est difficile d'imaginer sur le visage d'un enfant de deux ans. Nous avons un peu de mal à comprendre. En s'approchant, il montre du doigt un étalage contenant de la nourriture. Nous comprenons qu'il veut juste manger quelques choses. Stupéfait par cette scène dont l'acteur principal n'a que deux ans, nous ne savons comment réagir, on se regarde et on reste sans voix.
La dame de la boutique n'a pas été réveillée par notre arrivée. La rue est calme, elle est juste éclairée par cette boutique. Tout autour de nous, les magasins sont fermés, les stores sont descendus. Il est tard. En dehors du centre, Siem Reap s'endort. Comprenant, que notre petit roi à faim, et un peu désarmé par cette situation, je me dirige vers les paquets de gâteaux exposés dans la boutique. Tout comme lorsque j'ai voulu lui donner quelques pièces de monnaie, notre petit roi nous fait comprendre que ce n'est pas cela qu'il veut. Nous sommes un peu perdus, déstabilisés. Il sait exactement ce qu'il veut et même si le dialogue a été difficile jusque là, cela ne semble plus être une difficulté maintenant. Il rentre dans la boutique. Balaye l'étalage des yeux. Fixe son regard vers une étagère. La montre du doigt. Se retourne pour me regarder en maintenant son bras en direction de l'étagère. Son visage s'est complètement transformé. Il se rempli d'un sentiment de désespoir qui nous glace. Un peu comme si après un effort énorme, il était à deux doit de renoncer. Notre enfant roi du royaume d'Angkor appelé aussi « le pays du sourire », pointe du doigt une boite de lait lyophilisé pour nouveau né.
Nous sommes stupéfaits et nous demandons si c’est vraiment pour lui, ce qu’il va bien pouvoir faire à son âge avec cette boîte, si ce n’est pas sa famille qui l’oblige à faire ça en s’appuyant sur les sentiments des étrangers. Des milliers d’images toutes faites nous passent par la tête. Ces images forgés par nos médias, par notre culture, parce qu’un jour le monde à tourné le dos au Cambodge. Nous ne savons pas comment réagir face à cette situation. On tourne sur nous même, on se regarde, s’interroge mais ne trouvons aucune solution à cette situation délicate. Nous décidons de poursuivre notre chemin avec ce petit garçon. Notre regard de la ville devient différent. Jusqu’à maintenant nous n’avions pas vraiment porté attention à la pauvreté et à la mendicité dans les rues de Siem Reap et c’est l’image qui nous est apparu en regardant ce petit garçon devant cette boite de lait lyophilisé.
En rejoignant, le restaurant, notre petit roi disparait. Nous n’avions pas fait attention jusque là que dans certaines rues de Siem Reap la mendicité est interdite, ou plutôt non tolérée, et que des barrières surveillées empêchent la population locale d’y entrer. A notre retour à l’hôtel, nous nous endormons avec ces interrogations qui restent encore aujourd’hui dans mon esprit : Quelle était la bonne solution ? Est-ce que la réaction de ce petit garçon était sincère ou forcée ? Qu’est-il devenu ? …
Le visage du petit village paisible de Siem Reap, bordé par le royaume d'Angkor, évolue de jour en jour. La tranquillité, et l'authenticité, de Siem Reap, ne se retrouve plus dans les grandes artères du village. Le petit village agricole est devenu une ville faite pour les touristes. Sur ses principales artères, recouvertes d'un bitume étincelant, d'immenses hôtels se construisent. 300 chambres ici, 400 chambres par là. La ville s'organise pour que le touriste s'y sente bien. Ce n'est qu'à l'écart de ces quelques artères que l'on peut retrouver le caractère original de Siem Reap. Les ruelles sombres recouvertes de terre, les trottoirs presque inexistants, les moines qui déambulent, le trafic incessant des mototaxis qui vont vers le centre...
Bien que notre hôtel se trouve proche du centre, les ruelles et petites avenues qui l'entourent sont encore en terre. Ce soir, notre petite route semble particulièrement lisse, un peu comme si un lifting se préparait, elle semble propre et prête à accueillir son manteau de bitume pour une nouvelle vie. La petite rivière qui longe la route, est bordée d'arbre et parsemée de jolis ponts blancs. Les rambardes des ponts sont constituées de sculptures de yakshas portant le corps du nâga à 7 têtes, comme on peut les voir à l'entrée de la cité d'Angkor Thom. Pour rejoindre le centre ville, nous devons traverser cette rivière et prendre la route parallèle à la notre mais de l'autre coté. Après avoir traversé le pont, cette seconde route est vide, déserte, sans vie, sans lumière. Elle dégage l'odeur du bitume chaud qui vient d'être posé. Elle est encore fermée à toute circulation. Le bitume est tellement récent que nous y laisserons nos empruntes de pas en voulant rejoindre le trottoir. Nos chaussures sont marquées à vie par un bout de route de Siem Reap.
L'obscurité de notre route contraste avec la luminosité qui se dégage du centre que l'on aperçoit à quelques centaines de mètres devant nous. Avant d'arriver dans l'une des artères principales de Siem Reap, nous longeons quelques petits restaurants vides tapis dans la pénombre de notre route. Au centre ville, nous remontons l'avenue en prenant quelques renseignements sur les salons de massages, en essayant de trouver un restaurant sympathique et, en regardant les vitrines des magasins d'objets d'art du royaume d'Angkor. De l'autre coté de notre avenue se trouve un petit marché à moitié couvert. Beaucoup plus authentique que les quelques boutiques que nous avons pu voir, il regorge d'objets en tout genre, des sculptures de bouddha, de Jayavarman VII, des pierres semi-précieuses, des livres ou encore des tissus. Nous décidons d'y revenir plus tard dans la soirée, après avoir trouvé un distributeur d'argent et un restaurant pour dîner.
Sur le plan des distributeurs de billet, le Cambodge n'est pas comparable à des destinations plus classiques comme la Thaïlande. Certains guides précisent même qu'aucun distributeur de billet n'est présent dans ce royaume. Nous avons l'occasion d'utiliser l'un des premiers distributeurs de Siem Reap après avoir traversé tout le centre ville. Notre surprise fut grande de constater que la devise distribuée dans ces machines est le dollar et non le riel, la monnaie du Cambodge. Et, c'est également surprenant de voir la place du riel dans les échanges faces au dollar. Le riel n'est devenu qu'une subdivision du dollar. Les menus des restaurants, les boutiques de souvenirs, les marchés, les gens ne parlent qu'en dollar.
A force de marcher dans les rues de Siem Reap, le bitume qui s'est collé sous nos chaussures a perdu sa température qui le rendait souple. Il devient de plus en plus rigide et nos chaussures aussi. Nous décidons de faire une pause pour essayer de l'enlever avec un simple caillou qui traînait sur le sol. Je me retrouve pieds nus accroupi dans l'obscurité de cette rue, avec dans une main une chaussure, et dans l'autre main, un caillou qui me permet de gratter le bitume. La scène ne ressemble pas du tout à deux touristes en vadrouille mais plutôt à une scène préhistorique ayant pour objectif d'allumer un feu de camps. Bien que pouvant être insolite, cette scène n'attire l'attention de personne à l'exception d'un tout petit garçon qui vient à notre rencontre. Il ne doit pas avoir plus de deux ans, il est pied nu et vêtu simplement d'un petit short plus très blanc et d'un tee shirt orange plus très orange. Il est maintenant presque 22h et il semble être tout seul au milieu de Siem Reap.
Il nous regarde, nous sourit, rigole en mettant ses mains à son visage et en faisant de petites rotations avec son bassin. La scène qu'il regarde semble l'amuser beaucoup et probablement le change de son quotidien. Il ne nous parle pas et nous échangeons juste quelques sourires en même temps que je m'occupe de nos chaussures. De temps en temps, il change de place, comme pour mieux contempler la scène, pour avoir une vue différente. Entre deux sourires, son regard laisse percevoir ce que nous interprétons comme de la tristesse, du désarroi et un sentiment de solitude. Tout s'efface au sourire suivant. Pendant ces quelques instants, la seul chose qu'il nous laisse voir est le bonheur qu'il semble prendre à nous regarder, à être avec nous, des instants de bonheur qui ne semble pas faire parti de sa vie. Ces instants de simplicité, aussi court soient-ils, nous semble durer une éternité, nous semble s'être figé dans le temps comme si la vie autour de nous s'était complètement arrêté, comme si l'on avait appuyé sur la touche pause.
Après avoir difficilement réussi à enlever quelques morceaux de bitume de nos chaussures, nous décidons de repartir vers le centre, vers les endroits que nous avions repéré en début de soirée. D'un signe de la main et avec quelques nouveaux échanges de sourires, nous disons au revoir à notre enfant roi du royaume d'Angkor pensant qu'il allait rejoindre sa mère probablement occupé sur un stand du marché d'à coté. Il nous répond de la même manière et, entre deux sourires, laisse transparaître un nouveau sentiment de tristesse. Comme si cette rencontre était trop courte, qu'il avait encore des choses à partager avec nous, encore besoin de notre présence, ce sentiment de vouloir quelques choses mais ne pas pouvoir l'atteindre, ce sentiment de perdre le bonheur que l'on vient de découvrir.
En marchant vers le centre, nous nous retournons, pour dire au revoir une dernière fois à ce petit garçon. Il est resté là bas, à nous regarder nous éloigner de plus en plus. On ne connaît rien de lui, il ne connaît rien de nous, mais je suis convaincu que ces quelques minutes simples resteront gravées dans l'esprit de chacun. Nous retrouvons les boutiques et les restaurants que nous avons déjà vus. Nous arrivons dans l'avenue principale. L'obscurité des rues a été remplacée par un éclairage intense. La route et les trottoirs sont comme neuf. Nous ne somme plus très loin du centre. Il est là. Il nous attend. Il nous sourit. Il nous rejoint. Un peu surpris aux premiers abords, nous faisons un petit bout de chemin ensemble. De temps en temps, on le perd, il nous retrouve et nous marchons tous les trois dans les rues de Siem Reap.
Cela fait bien un quart d’heure maintenant que nous marchons avec notre petit roi et nous commençons à être très éloignés de l'endroit ou nous l'avons rencontré. Il continue à nous suivre comme si rien ni personne ne pouvait l'attendre quelque part. Cette sensation nous met mal à l'aise, il semble être bien dans sa ville, mais pour nous, avec notre vision d'européen, ce n'est ni l'heure ni l'endroit pour un enfant de 2 ans. On essai de discuter, de comprendre, mais le bonheur que portait son visage lors de notre rencontre a été remplacé par cette tristesse qui ne disparaît plus, comme si finalement, il n'y avait vraiment personnes à l'attendre quelque part. Ce petit garçon ne semblant pas pouvoir prononcer un mot, on se résigne et il continue à nous suivre.
Sa présence ne nous est pas désagréable, bien au contraire, mais on s'interroge sur la raison qui le pousse à nous suivre partout sans jamais rien nous demander. Sans doute un reflex de touriste trop habitué à être sollicité à longueur de journée pour quelques pièces de monnaie. On finit par se dire que finalement, c'est peut-être pour ça, mais qu'il ne sait comment nous le demander. Nos poches contiennent quelques pièces de Riel. On se dit que si c'est pour cela qu'il nous suit, au moins, il rentrera chez lui et, qu'il y sera mieux que dans la rue. On reste perplexe sur le montant à lui donner, la valeur de l'argent est tellement différente entre le Cambodge et l'Europe. Les touristes font tellement de ravage en donnant à tout va. Je lui tends quelques pièces dans ma main. Sans même les voir, juste par le cliquetis qu'elles produisent, il fait la moue et nous tourne la tête comme pour signifier son refus. Nous restons sans voix, rassuré de se dire que s'il nous a suivi jusque là ce n'est pas simplement par mendicité mais interrogatif sur le comportement de ce petit roi.
Nous continuons vers le centre à la recherche d'un restaurant. Le petit garçon est toujours avec nous. Bien que cela nous inquiète un peu, lui a l'air très content d'être là et pas spécialement envie que cela change. Au détour d'une rue, nous arrivons devant une boutique qui vend de tout et de rien. Une sorte d'épicerie de quartier sans devanture, juste un étalage comme au marché et des produits qui s'empilent jusqu'au plafond. Ici de la lessive, là des gâteaux... La dame qui s'occupe de cette boutique est assoupie sur une chaise à bascule et porte un chapeau conique sur la tête pour atténuer la lumière de sa boutique. Notre petit roi part devant nous jusqu'à s'arrêter devant cette boutique. Il se retourne vers nous et, en nous regardant, tend son bras vers l'intérieur de la boutique comme pour nous la faire découvrir. L'expression de son visage donne l'impression qu'il a enfin réussi à nous montrer ce qu'il cherchait à nous montrer depuis le début de notre rencontre. Ce n'est plus du bonheur, ce n'est plus de la tristesse, c'est un sentiment qu'il nous est difficile d'imaginer sur le visage d'un enfant de deux ans. Nous avons un peu de mal à comprendre. En s'approchant, il montre du doigt un étalage contenant de la nourriture. Nous comprenons qu'il veut juste manger quelques choses. Stupéfait par cette scène dont l'acteur principal n'a que deux ans, nous ne savons comment réagir, on se regarde et on reste sans voix.
La dame de la boutique n'a pas été réveillée par notre arrivée. La rue est calme, elle est juste éclairée par cette boutique. Tout autour de nous, les magasins sont fermés, les stores sont descendus. Il est tard. En dehors du centre, Siem Reap s'endort. Comprenant, que notre petit roi à faim, et un peu désarmé par cette situation, je me dirige vers les paquets de gâteaux exposés dans la boutique. Tout comme lorsque j'ai voulu lui donner quelques pièces de monnaie, notre petit roi nous fait comprendre que ce n'est pas cela qu'il veut. Nous sommes un peu perdus, déstabilisés. Il sait exactement ce qu'il veut et même si le dialogue a été difficile jusque là, cela ne semble plus être une difficulté maintenant. Il rentre dans la boutique. Balaye l'étalage des yeux. Fixe son regard vers une étagère. La montre du doigt. Se retourne pour me regarder en maintenant son bras en direction de l'étagère. Son visage s'est complètement transformé. Il se rempli d'un sentiment de désespoir qui nous glace. Un peu comme si après un effort énorme, il était à deux doit de renoncer. Notre enfant roi du royaume d'Angkor appelé aussi « le pays du sourire », pointe du doigt une boite de lait lyophilisé pour nouveau né.
Nous sommes stupéfaits et nous demandons si c’est vraiment pour lui, ce qu’il va bien pouvoir faire à son âge avec cette boîte, si ce n’est pas sa famille qui l’oblige à faire ça en s’appuyant sur les sentiments des étrangers. Des milliers d’images toutes faites nous passent par la tête. Ces images forgés par nos médias, par notre culture, parce qu’un jour le monde à tourné le dos au Cambodge. Nous ne savons pas comment réagir face à cette situation. On tourne sur nous même, on se regarde, s’interroge mais ne trouvons aucune solution à cette situation délicate. Nous décidons de poursuivre notre chemin avec ce petit garçon. Notre regard de la ville devient différent. Jusqu’à maintenant nous n’avions pas vraiment porté attention à la pauvreté et à la mendicité dans les rues de Siem Reap et c’est l’image qui nous est apparu en regardant ce petit garçon devant cette boite de lait lyophilisé.
En rejoignant, le restaurant, notre petit roi disparait. Nous n’avions pas fait attention jusque là que dans certaines rues de Siem Reap la mendicité est interdite, ou plutôt non tolérée, et que des barrières surveillées empêchent la population locale d’y entrer. A notre retour à l’hôtel, nous nous endormons avec ces interrogations qui restent encore aujourd’hui dans mon esprit : Quelle était la bonne solution ? Est-ce que la réaction de ce petit garçon était sincère ou forcée ? Qu’est-il devenu ? …
en route dans la voiture d un ami
litteralement on se sert a l arriere il faut faire rentrer les 6 personnes dans la voiture.
je suis toujours etonner de voire cette route couleur rouille, avec sa superbe vegetation tropicale, ses palmiers et cocotiers pour nous synonyme d exotisme.
en route on s arrete pour manger un plat tous ensemble.
voila sisophon qui se dessine, ses rues couleurs rouilles la poussieres qui recouvre les murs des maisons sont petits parcs desuets pleins de detritus. on va s installer dans cet hotel avec un karaoke et les jeunes et jolies filles a l arriere qui font rever tous les mecs.
la veille du mariage a sisophon.
vivre au cambodge c est aussi assister a des mariages. des mariage haut en couleur, les maries changeant dix fois de tenu ainsi que les demoiselles d honneur, une robe rose rouge verte blanche violette... dans une petite piece tout le monde vient assister a la ceremonie. les deux maries ont ouvert un parapluie alors que l on chante la chanson triste du pere de la mariee qui a enfin trouver une chaussure pour ses pieds. des offrandes de partout fruit, friandises pour que le mariage soit beni de bouddha... les enfants passent la tete par la fenetre il y a une agitation incroyable dehors on installe les tables... une pluie diluvienne et le sol devient tout boueux. pas grave on danse quand meme les pieds nus dans la boue on dans e sur des tubes khmers autour d une table et de son pot de fleur. le jour j tout le voisinage est en ebullition c est la fete juste a cote les enfants vont et viennent les voisins viennent faire un tour les invites s installe au table au moins deux cents personne dans un petit carre de cour. on a ppendu des rideaux on ne voit plus l etable des cochons a l arriere. tout le monde boit plus que de raisons ca parle fort, tout le monde rit, d autres dansent la nourriture est bonne . les maries vont devoir s embrasser sur la joue. devant une assemblee de convives et tout le voisinage. toute timide la marie met ses mains autour du marie. puis elle fait un petit bisou a son epoux aui se retrouve avec les trace de rouge sur sa joue se qui fait rire toute l assemblee. les invite parte peu a peu. certains restent sur leurs chaises a dormir ils ont trop bu d autres vont danser. les maries reprennent leurs vetement de tous les jours, mais la fete n est pas fini. on doit partir refair trois heures de routes serres comme des sardines dans la voitures.
la veille du mariage a sisophon.
vivre au cambodge c est aussi assister a des mariages. des mariage haut en couleur, les maries changeant dix fois de tenu ainsi que les demoiselles d honneur, une robe rose rouge verte blanche violette... dans une petite piece tout le monde vient assister a la ceremonie. les deux maries ont ouvert un parapluie alors que l on chante la chanson triste du pere de la mariee qui a enfin trouver une chaussure pour ses pieds. des offrandes de partout fruit, friandises pour que le mariage soit beni de bouddha... les enfants passent la tete par la fenetre il y a une agitation incroyable dehors on installe les tables... une pluie diluvienne et le sol devient tout boueux. pas grave on danse quand meme les pieds nus dans la boue on dans e sur des tubes khmers autour d une table et de son pot de fleur. le jour j tout le voisinage est en ebullition c est la fete juste a cote les enfants vont et viennent les voisins viennent faire un tour les invites s installe au table au moins deux cents personne dans un petit carre de cour. on a ppendu des rideaux on ne voit plus l etable des cochons a l arriere. tout le monde boit plus que de raisons ca parle fort, tout le monde rit, d autres dansent la nourriture est bonne . les maries vont devoir s embrasser sur la joue. devant une assemblee de convives et tout le voisinage. toute timide la marie met ses mains autour du marie. puis elle fait un petit bisou a son epoux aui se retrouve avec les trace de rouge sur sa joue se qui fait rire toute l assemblee. les invite parte peu a peu. certains restent sur leurs chaises a dormir ils ont trop bu d autres vont danser. les maries reprennent leurs vetement de tous les jours, mais la fete n est pas fini. on doit partir refair trois heures de routes serres comme des sardines dans la voitures.
Ce lundi de février, on sort de notre grand hôtel type soviétique qui donne sur le Mékong à Kompong Cham pour reprendre notre route à bord d’une vieille « land cruiser ». Une roue est crevée, dommage. En riant, je me dis qu'une journée mal commencée finit toujours bien.
Les cambodgiens ont une technique très particulière pour réparer les crevaisons. Ils cherchent d'abord le trou de le chambre à air dans de l'eau (classique). Puis ils prennent un gros caoutchouc, l'appliquent au niveau du trou, mettent sous presse avec un petit godet dans lequel ils versent un liquide inflammable. Ils laissent brûler ensuite 1/4 d'heure, et ça y est, c'est fait. Zéro colle, juste de la chaleur. Ils sont remarquables, ils arrivent à réparer une roue de moto sans la démonter. J’en connais qui pourrait prendre quelques leçons de mécanique. On rechange la roue de secours et c'est reparti.
On remonte dans notre vieux 4x4 réparé. Direction Kampot à 350 Km, en comptant 50 Km/h de moyenne, on a le temps d’admirer le paysage. Une route un peu défoncée, les maisons en feuille de cocotier ou en bois, et sur pilotis tout le long, les rizières jaunies par le soleil. De temps en temps, on voit une cahute sous laquelle une vingtaine de batteries sont en train de se recharger pour donner un peu de clarté à l’unique néon qui éclairera chaque maison.
Petit détour au temple de Phnom Chisor. Près de 500 hautes marches que l’on gravit vaillamment en début d’après midi sous plus de 35 degrés, et en plein soleil. Une vue sur la plaine magnifique, mais écrasée par la chaleur. Une atmosphère magique règne dans ce temple. Il est presque en passe de s’effondrer, et quand on rentre à l’intérieur, protégé par un toit en tôle ondulée, on y découvre un petit buddha dans la fumée des bâton d’encens, avec une vielle femme Khmer, gardienne du temple. Ces lieux sont toujours emplis d’une grande sérénité et d’une grande spiritualité. Il s’y passe réellement quelque chose d’indéfinissable.
La descente des marches sera plus rapide. Sur la piste ocre et poussiéreuse du retour, il y a de nombreux artisans qui tissent la soie. Les métiers à tisser sont installés sous les maisons à pilotis, bien à l'ombre. On s'arrête dans une de ces maisons où vit toute une famille. On avance timidement, sans vouloir violer leur intimité, mais ils nous font signe d’avancer. Ces gens sont véritablement adorables, souriants et nous montrent comment ils font fonctionner leur métier à tisser. Sous cette maison, il y a 3 métiers sur lesquels sont tendus des mètres et des mètres de fils de trames de toutes les couleurs, des plus vives au plus chaudes. Cette famille est impressionnante. Tout le monde travaille. Une mamie toute ridée reprend la soie du rouet pour en faire les bobines qui iront dans les navettes en bois. Merci les vieilles roues de bicyclettes recyclées. Le gamin de 14 ans a une dextérité étonnante, et un sérieux de militaire. Avec les pieds, il actionne les pédales, avec la main droite il actionne une poulie qui lève ou baisse les fils impairs, et avec la main gauche, il actionne le peigne pour tasser la soie. La mère tisse avec les deux plus jeunes enfants sur les genoux. Le père, lui, démêle les fils de trame sur lesquels une poule avait tranquillement déféqué. Tout cela sur la terre battue, sous les maisons en pilotis, entre les animaux domestiques (vaches, poules ….) et en bord de piste. Et de ces conditions particulièrement "rustiques'', il en ressort un tissu d'une splendeur extraordinaire. Des mètres de soie sauvage, qui vont atterrir dans des boutiques de luxe, à des prix exorbitants.
Il se fait tard, on reprend la route. On a encore beaucoup de Km, ou plutôt, d'heures de route. Le soir arrive, la nuit tombe. Il faut imaginer une route de campagne, bordée de maisons, sans aucun éclairage ni lumière. Des hommes, des femmes, des gamins qui courent, des vélos, des motos avec des familles entière à califourchon, des vaches, des voitures, des taxis avec les galeries autant chargés de ballots que d’hommes et de femmes, des camions débordants de tous côtés. On se dit que c'est curieux qu'il n'y ait pas plus d'accident, mais Loran qui conduit le 4x4 est très doué pour slalomer entre tout le monde. Heureusement qu'il y a le klaxonne qui permet de se faire un peu de place et surtout de se faire entendre des gamins. Les heures passent. Il y a peu à peu moins de monde. La nuit est quasi noire. Sur la route, on aperçoit un gros branchage au milieu de la chaussée derrière un camion. Au Cambodge, il n'y a pas de triangle ou de gilet jaune fluorescent pour prévenir. C'est ainsi qu'on signale un problème, avec une branche de bananier. Et des camions en panne, ce n'est pas ce qui manque. On double donc le camion, pensant qu'il a crevé. En fait, de l'autre côté, on distingue une énorme masse au milieu de la route. C'est un taxi collectif qui ayant perdu le contrôle en roulant trop vite a heurté le bord d'un pont pour faire un tonneau ensuite. Il y avait bien évidemment des gens qui voyageaient perchés sur le toit du bus. Ils ont été éjectés avec une grande violence. On découvre alors l'horreur absolue. Le taxi collectif est sur le côté, complètement esquinté, les vitres en morceau. Autour, le sol est jonché de corps dementibulés, désarticulés, ensanglantés. Indescriptible. Le drame à l'état pur. Six morts. On est d'une impuissance totale. Juste tenir quelques minutes la main d'une femme qui respire encore en lui caressant le visage doucement. Dans ses yeux, une expression de peur, d’angoisse, de douleur. Lui dire quelques mots dans une langue qu’elle ne connaît pas semble assez vain, et pourtant, c’est la seule chose qu’on puisse faire. Lui parler doucement. Le plus surprenant, pas un cris, pas un gémissement, aucune panique, tout le monde reste calme. Le fatalisme total, beaucoup de dignité aussi. Juste une petite fille qui pleure. Il semble que le taxi ait essayé de l’éviter, d’où l’embardée sur ce pont. Au bout de 3/4 d'heure, pas de secours, pas de médecin, pas de pompier ...... difficile d'imaginer semblable situation en France. On apprend le lendemain que le chauffeur est vivant. Il a perdu un oeil et une jambe. Mais en plus, il a perdu son outil de travail, le taxi. Comme il est responsable de l'accident, il devra payer 2500 $ pour chaque mort, et les soins des blessés. Il a 6 morts sur la conscience, et la ruine devant lui. Il faudra qu'il paye, pas d'assurance. Quant aux blessés graves, il y a peu de chance qu'ils arrivent vivants à l'hôpital.
Voila. Le Cambodge, c'est aussi ça. Une gamine qui joue sur un pont ….. et quelques minutes après, le drame. Autre visage. On savait que ce pays nous procurerait quelques belles claques, mais on ne s’attendait pas à celle là.
Il se fait tard, on reprend la route. On a encore beaucoup de Km, ou plutôt, d'heures de route. Le soir arrive, la nuit tombe. Il faut imaginer une route de campagne, bordée de maisons, sans aucun éclairage ni lumière. Des hommes, des femmes, des gamins qui courent, des vélos, des motos avec des familles entière à califourchon, des vaches, des voitures, des taxis avec les galeries autant chargés de ballots que d’hommes et de femmes, des camions débordants de tous côtés. On se dit que c'est curieux qu'il n'y ait pas plus d'accident, mais Loran qui conduit le 4x4 est très doué pour slalomer entre tout le monde. Heureusement qu'il y a le klaxonne qui permet de se faire un peu de place et surtout de se faire entendre des gamins. Les heures passent. Il y a peu à peu moins de monde. La nuit est quasi noire. Sur la route, on aperçoit un gros branchage au milieu de la chaussée derrière un camion. Au Cambodge, il n'y a pas de triangle ou de gilet jaune fluorescent pour prévenir. C'est ainsi qu'on signale un problème, avec une branche de bananier. Et des camions en panne, ce n'est pas ce qui manque. On double donc le camion, pensant qu'il a crevé. En fait, de l'autre côté, on distingue une énorme masse au milieu de la route. C'est un taxi collectif qui ayant perdu le contrôle en roulant trop vite a heurté le bord d'un pont pour faire un tonneau ensuite. Il y avait bien évidemment des gens qui voyageaient perchés sur le toit du bus. Ils ont été éjectés avec une grande violence. On découvre alors l'horreur absolue. Le taxi collectif est sur le côté, complètement esquinté, les vitres en morceau. Autour, le sol est jonché de corps dementibulés, désarticulés, ensanglantés. Indescriptible. Le drame à l'état pur. Six morts. On est d'une impuissance totale. Juste tenir quelques minutes la main d'une femme qui respire encore en lui caressant le visage doucement. Dans ses yeux, une expression de peur, d’angoisse, de douleur. Lui dire quelques mots dans une langue qu’elle ne connaît pas semble assez vain, et pourtant, c’est la seule chose qu’on puisse faire. Lui parler doucement. Le plus surprenant, pas un cris, pas un gémissement, aucune panique, tout le monde reste calme. Le fatalisme total, beaucoup de dignité aussi. Juste une petite fille qui pleure. Il semble que le taxi ait essayé de l’éviter, d’où l’embardée sur ce pont. Au bout de 3/4 d'heure, pas de secours, pas de médecin, pas de pompier ...... difficile d'imaginer semblable situation en France. On apprend le lendemain que le chauffeur est vivant. Il a perdu un oeil et une jambe. Mais en plus, il a perdu son outil de travail, le taxi. Comme il est responsable de l'accident, il devra payer 2500 $ pour chaque mort, et les soins des blessés. Il a 6 morts sur la conscience, et la ruine devant lui. Il faudra qu'il paye, pas d'assurance. Quant aux blessés graves, il y a peu de chance qu'ils arrivent vivants à l'hôpital.
Voila. Le Cambodge, c'est aussi ça. Une gamine qui joue sur un pont ….. et quelques minutes après, le drame. Autre visage. On savait que ce pays nous procurerait quelques belles claques, mais on ne s’attendait pas à celle là.
« UNE JOURNEE COMME LES AUTRES ••.. OU PRESQUE»
Juillet 1976 - Camp de AUMANY - Région de Batambang
Dans ce camp, nous avions tous entre 13 et 25 ans et nous étions environ 300, répartis dans dix hangars de 30 personnes qui nous servaient de dortoir. La plupart d'entre nous, avions été réquisitionné dans la région de Batambang, certains, cependant venaient de Phnom Phen qu'ils avait dû quitter le 16 avril 1975 précipitamment, sous les directives des khmers rouges. Nous avions tous été séparés de nos familles et nous étions tous célibataire. Notre camp était divisé par une seule route en terre, deux hangars plus grands que les dortoirs servaient de cantine pour l'un et de salle de réunion pour l'autre. Il y avait aussi quelques maisons traditionnelles sur pilotis qu'occupaient leurs habitants d'origine, des paysans qui avec les soldats, généralement jeunes et issus de familles paysannes constituaient le peuple ancien; à leur tête, il y avait un chef de village, il représentait l'Angkar. Nous étions pour le peuple nouveau, pour l'Angkar : des citadins corrompus.
Les jours se suivaient et se ressemblaient. Notre vie était rythmée par un sifflet. A 4 h 30, nous nous levions avant le jour, et immédiatement nous devions prendre le chemin boueux que seule la lumière de la lune permettait de discerner. En cette saison des pluies; nous glissions et trébuchions, pieds nus dans cette gadoue; nous n'avions rien mangé depuis la veille, ou un bol d'eau chaude avec quelques grains de riz, nous avait été servi. A 5 h avant même le lever du soleil, chaque dortoir était sur un champ qui lui avait été attribué. Chacune d'entre-nous devait repiquer les jeunes pousses de riz sur une largeur d'environ 2 mètres, nous opérions ainsi sur des bandes de terrain d'environ 60 mètres. Courbées, les pieds dans l'eau et dans la boue, affamées, notre travail était d'accomplir ce geste presque mécanique, qui consiste à prendre de sa main droite, une pousse de riz se trouvant dans une gerbe portée sur le bras gauche, puis d'un mouvement oscillatoire, planter ces nouvelles pousses dans la terre molle à distance régulière. Lorsque la gerbe était terminée, il suffisait de tourner le regard, pour trouver à faible distance la gerbe qui lui succéderait, ainsi le travail ne connaissait pas de répit. Les sangsues s'accrochaient à nos pieds, à nos jambes, à cette époque, nous avions encore le droit de nous en débarrasser, à condition de rester dans l'alignement que les gardes, des paysans du peuple ancien, nous avait attribué. Il arrivait parfois qu'une sangsue s'accroche à l'un deux. On le voyait alors s'enfuir en courant, en gesticulant, en hurlant, puis venir vers la plus proche de lui pour lui demander de l'enlever, ce qui nous faisions toutes avec dégoûts, haine et révolte cachés. C'était ces mêmes personnes qui nous expliquaient dans les réunions de propagande que ces petites bêtes n'étaient rien par rapport au travail révolutionnaire à accomplir. Le travail s'arrêtait à 12 heures et reprenait à 13 heures. Durant ce temps, nous devions retourner au camp, pour manger une eau de riz accompagnée parfois de quelques feuilles et de trois grains de sel que nous posions sur la langue pour donner un peu de saveur. Selon l'emplacement de notre rizière, l'attente de la distribution, il arrivait que nous n'ayons pas le temps de manger, ou bien d'être condamné à avaler le bol brûlant, car il fallait obéir dans l'instant au coup de sifflet. A 13 heures, nous étions de nouveau au travail dans la rizière, les après-midis identiques à nos longues matinées s'achevaient à 18 heures, au moment où la nuit tombait.
Ce soir là, je rentrais heureuse car j'avais pu cacher dans mon sarong noir -tenue imposée par les Khmers rouges ;un crabe de terre et je savais que je pourrai le tourner - retourner rapidement dans les cendres encore chaudes du foyer sur lequel avait cuit ces quelques grains de riz que l'on nous donnait en guise de repas. Je ne trouve pas de traduction en langue française, pour vous dire ce que nous mangions, en fait, considérez 11itre d'eau, mettez un maximum de huit grains de riz, rajoutez de temps en temps, une feuille, une herbe quelconque, toujours sauvage ; voilà quel fut notre régime, nous n'avions jamais ni poisson, ni viande, ni fruit. De temps en temps nous sentions ces odeurs appétissantes, venant des habitats des soldats et du peuple ancien; aussi vous pouvez-vous imaginer mon bonheur en rentrant au camp ce soir là. Je ne changeais pas pour autant mes habitudes, d'abord trouver une flaque d'eau pour laver mon sarong, nous en avions deux, un pour changer l'autre, mais après une journée dans la boue, notre toile légère nous semblait aussi lourde qu'une carapace de tortue. Puis la toilette, nous nous lavions, comme nous lavions notre vêtement, en fait nous nous « déterrions », A 19 heures - le repas, je ne savais pas encore, si je devrais manger mon petit crabe cru. La cuisinière était une femme âgée de la campagne et avec ses consœurs, elle fermait les yeux de temps en temps sur des petits gestes qui étaient néanmoins interdits. Utiliser de la braise individuellement l'était aussi, de plus ces femmes faisaient preuve de courage et de générosité car si les soldats Khmers rouges l'avaient appris, elles auraient perdu immédiatement leur poste de travail pour un plus difficile. Ce soir là, était vraiment un soir de chance, mon crabe fut tourné - retourné sur la braise et je m'isolai du groupe pour le manger, cachée derrière le dortoir, ce bref moment me renvoya toute ma solitude. Ma famille adoptive était dans la région du Pursat à plus de cent kilomètres, impossible de les voir, d'avoir des nouvelles: étaient -ils encore en vie? Ils m'avaient envoyé à Batambang pour passer mon Bac car à Pursat, le lycée s'arrêtait au niveau première et je rageais intérieurement car pour moi la situation eut été moins mauvaise si les Khmers rouges avaient pris le pouvoir deux mois plus tard! Peut-être aurait-elle pu me faire parvenir un peu de poisson séché ou un peu de lait de coco, car à côté de ce qui était officiel, il était facile pour de l'or de corrompre le peuple ancien, le marché noir existait à petite échelle mais il existait ! Par delà tout, ce qui me manquait était l'affection que ma famille adoptive m'avait prodigué pendant 20 ans et l'idée que je ne les reverrai peut-être jamais plus. Je n'eu pas le temps de m'apitoyer sur mon sort, car déjà le coup de sifflet de la réunion quotidienne organisée par l'Angkar nous convoquait. Au bout de quelques minutes, accroupie et bercée par une sorte de litanie, je ressentis un violent coup dans les reins, assénée par une baguette de rotin tenue par un soldat Khmer rouge. Je venais de m'endormir, comme je m'endormais lorsque j'étais petite et repue, avant ce changement de monde. Je compris que les autres soirs, j'écoutai mes intestins se tordre de douleur et que cela me tenait en éveil, pour l'heure le crabe avait accompli sa mission et le soldat la sienne. Je me tordais de douleur car la baguette de rotin m'avait lacéré en plusieurs endroits le bas du dos. Je devais me concentrer et écouter. C'était mon amie Nary, qui faisait le bilan de sa journée, comme nous devions toutes et tous le faire dans la plus grande humilité. Nous ne pouvions rien critiquer, car nous étions nous même le seul objet de critique pour le Kampuchea Démocratique et son organisation l'Angkar. Nary n'avait pas assez travaillé disait-elle, elle avait 18 ans et elle pensait à Khéméa qu'elle avait connu avant l'exode et qui lui avait promis de l'épouser; où était-il? Cette question limitait sa productivité. Le responsable Khmer rouge lui dit qu'elle n'avait à s'inquiéter, si cet homme était un bon révolutionnaire, en accord avec l'Angkar et que, si ce n'était pas le cas, elle ne devait plus penser à lui. Pour les séances politiques et autocritiques, nous étions tous regroupés. Yen, un garçon de 15 ans environ, dit qu'il n'avait pas fini sa gerbe de riz et qu'il remerciait ses collèges de dortoir de l'avoir aidé. Un soldat le traitait de cochon impérialiste et de sale Youn, bien qu'il fut Khmère. Yen s'excusa en disant qu'il avait de la fièvre. Un autre soldat répondit: - « Tu dois travailler, même malade, ou alors, tu demandes au chef du village, une autorisation pour al/er au dispensaire ». Ces dispensaires étaient de véritables mouroirs, l'Angkar ne pouvait supporter l'improductivité du peuple nouveau, la mort était le seul remède que nous puissions attendre. Après la séance autocritique, venait souvent la séance politique. Il s'agissait toujours de bonnes paroles sur Pol Pot. Nous ne disions rien, mais nous ne comprenions pas d'avoir faim; nous produisions plus et nous magnions moins. Au Cambodge, avant cet homme, dont nous ne connaissions même pas le visage, tout le monde mangeait mieux et vivait mieux.
A 22 heures, comme chaque soir, un groupe de six militaires armés accompagnait les groupes de dortoir au battage du riz de la récolte précédente. Ce travail durait deux heures, au bout desquelles nous étions systématiquement fouillés. Pas un grain de riz ne devait échapper à l' Angkar. Enfin vers 24 heures, la journée se terminait, nous pouvions rejoindre notre dortoir; celles qui avaient une moustiquaire en arrivant, jouissaient d'un grand privilège, et nous les autres, leurs demandions de dormir avec elles, chose qu'elles acceptaient. Solidarité de la misère, et peut-être aussi moment d'humanité car nous ne pouvions avoir que très peu de contact relationnel entre nous. Ce n'était pas mon tour de garde du dortoir et je m'endormis aussitôt allongée. Un coup de sifilet retentit : la surveillante du dortoir qui était de l' Angkar nous donna ces consignes : « Il est 2 heures du matin, 1 'Angkar a besoin de vous, les crabes mangent les jeunes pousses de riz qui vous venez de planter. Il faut al/er rechercher et prendre les crabes. ». Dans la nuit, je n'en trouvais pas un seul, en ce qui concerne mes camarades, je l'ignore, tout comme j'ignore si celles qui en ont éventuellement trouvés, les ont mangés sur place. Fourbue, la seule chose dont je me souvienne: ce n'était pas le hasard qui m'avait fait trouver le crabe dans la journée et ma joie n'avait été que les prémices de cette corvée supplémentaire: ce surcroît de fatigue et le manque de sommeil. Tout cela cesserait-il un jour? C'est depuis ce jour que je ne crois plus en la chance.
A 4 heures du matin, nous retournions dans les dortoirs, personne ne manquait à l'appel. Une heure plus tard, dans nos vêtements trempés, nous étions dans la rizière pour une nouvelle journée de bagne.
Epilogue: Je suis arrivée en France en 1981 et depuis je n'ai jamais plus mangé un crabe. Témoignage pour« L'éléphant blanc »
Dans ce camp, nous avions tous entre 13 et 25 ans et nous étions environ 300, répartis dans dix hangars de 30 personnes qui nous servaient de dortoir. La plupart d'entre nous, avions été réquisitionné dans la région de Batambang, certains, cependant venaient de Phnom Phen qu'ils avait dû quitter le 16 avril 1975 précipitamment, sous les directives des khmers rouges. Nous avions tous été séparés de nos familles et nous étions tous célibataire. Notre camp était divisé par une seule route en terre, deux hangars plus grands que les dortoirs servaient de cantine pour l'un et de salle de réunion pour l'autre. Il y avait aussi quelques maisons traditionnelles sur pilotis qu'occupaient leurs habitants d'origine, des paysans qui avec les soldats, généralement jeunes et issus de familles paysannes constituaient le peuple ancien; à leur tête, il y avait un chef de village, il représentait l'Angkar. Nous étions pour le peuple nouveau, pour l'Angkar : des citadins corrompus.
Les jours se suivaient et se ressemblaient. Notre vie était rythmée par un sifflet. A 4 h 30, nous nous levions avant le jour, et immédiatement nous devions prendre le chemin boueux que seule la lumière de la lune permettait de discerner. En cette saison des pluies; nous glissions et trébuchions, pieds nus dans cette gadoue; nous n'avions rien mangé depuis la veille, ou un bol d'eau chaude avec quelques grains de riz, nous avait été servi. A 5 h avant même le lever du soleil, chaque dortoir était sur un champ qui lui avait été attribué. Chacune d'entre-nous devait repiquer les jeunes pousses de riz sur une largeur d'environ 2 mètres, nous opérions ainsi sur des bandes de terrain d'environ 60 mètres. Courbées, les pieds dans l'eau et dans la boue, affamées, notre travail était d'accomplir ce geste presque mécanique, qui consiste à prendre de sa main droite, une pousse de riz se trouvant dans une gerbe portée sur le bras gauche, puis d'un mouvement oscillatoire, planter ces nouvelles pousses dans la terre molle à distance régulière. Lorsque la gerbe était terminée, il suffisait de tourner le regard, pour trouver à faible distance la gerbe qui lui succéderait, ainsi le travail ne connaissait pas de répit. Les sangsues s'accrochaient à nos pieds, à nos jambes, à cette époque, nous avions encore le droit de nous en débarrasser, à condition de rester dans l'alignement que les gardes, des paysans du peuple ancien, nous avait attribué. Il arrivait parfois qu'une sangsue s'accroche à l'un deux. On le voyait alors s'enfuir en courant, en gesticulant, en hurlant, puis venir vers la plus proche de lui pour lui demander de l'enlever, ce qui nous faisions toutes avec dégoûts, haine et révolte cachés. C'était ces mêmes personnes qui nous expliquaient dans les réunions de propagande que ces petites bêtes n'étaient rien par rapport au travail révolutionnaire à accomplir. Le travail s'arrêtait à 12 heures et reprenait à 13 heures. Durant ce temps, nous devions retourner au camp, pour manger une eau de riz accompagnée parfois de quelques feuilles et de trois grains de sel que nous posions sur la langue pour donner un peu de saveur. Selon l'emplacement de notre rizière, l'attente de la distribution, il arrivait que nous n'ayons pas le temps de manger, ou bien d'être condamné à avaler le bol brûlant, car il fallait obéir dans l'instant au coup de sifflet. A 13 heures, nous étions de nouveau au travail dans la rizière, les après-midis identiques à nos longues matinées s'achevaient à 18 heures, au moment où la nuit tombait.
Ce soir là, je rentrais heureuse car j'avais pu cacher dans mon sarong noir -tenue imposée par les Khmers rouges ;un crabe de terre et je savais que je pourrai le tourner - retourner rapidement dans les cendres encore chaudes du foyer sur lequel avait cuit ces quelques grains de riz que l'on nous donnait en guise de repas. Je ne trouve pas de traduction en langue française, pour vous dire ce que nous mangions, en fait, considérez 11itre d'eau, mettez un maximum de huit grains de riz, rajoutez de temps en temps, une feuille, une herbe quelconque, toujours sauvage ; voilà quel fut notre régime, nous n'avions jamais ni poisson, ni viande, ni fruit. De temps en temps nous sentions ces odeurs appétissantes, venant des habitats des soldats et du peuple ancien; aussi vous pouvez-vous imaginer mon bonheur en rentrant au camp ce soir là. Je ne changeais pas pour autant mes habitudes, d'abord trouver une flaque d'eau pour laver mon sarong, nous en avions deux, un pour changer l'autre, mais après une journée dans la boue, notre toile légère nous semblait aussi lourde qu'une carapace de tortue. Puis la toilette, nous nous lavions, comme nous lavions notre vêtement, en fait nous nous « déterrions », A 19 heures - le repas, je ne savais pas encore, si je devrais manger mon petit crabe cru. La cuisinière était une femme âgée de la campagne et avec ses consœurs, elle fermait les yeux de temps en temps sur des petits gestes qui étaient néanmoins interdits. Utiliser de la braise individuellement l'était aussi, de plus ces femmes faisaient preuve de courage et de générosité car si les soldats Khmers rouges l'avaient appris, elles auraient perdu immédiatement leur poste de travail pour un plus difficile. Ce soir là, était vraiment un soir de chance, mon crabe fut tourné - retourné sur la braise et je m'isolai du groupe pour le manger, cachée derrière le dortoir, ce bref moment me renvoya toute ma solitude. Ma famille adoptive était dans la région du Pursat à plus de cent kilomètres, impossible de les voir, d'avoir des nouvelles: étaient -ils encore en vie? Ils m'avaient envoyé à Batambang pour passer mon Bac car à Pursat, le lycée s'arrêtait au niveau première et je rageais intérieurement car pour moi la situation eut été moins mauvaise si les Khmers rouges avaient pris le pouvoir deux mois plus tard! Peut-être aurait-elle pu me faire parvenir un peu de poisson séché ou un peu de lait de coco, car à côté de ce qui était officiel, il était facile pour de l'or de corrompre le peuple ancien, le marché noir existait à petite échelle mais il existait ! Par delà tout, ce qui me manquait était l'affection que ma famille adoptive m'avait prodigué pendant 20 ans et l'idée que je ne les reverrai peut-être jamais plus. Je n'eu pas le temps de m'apitoyer sur mon sort, car déjà le coup de sifflet de la réunion quotidienne organisée par l'Angkar nous convoquait. Au bout de quelques minutes, accroupie et bercée par une sorte de litanie, je ressentis un violent coup dans les reins, assénée par une baguette de rotin tenue par un soldat Khmer rouge. Je venais de m'endormir, comme je m'endormais lorsque j'étais petite et repue, avant ce changement de monde. Je compris que les autres soirs, j'écoutai mes intestins se tordre de douleur et que cela me tenait en éveil, pour l'heure le crabe avait accompli sa mission et le soldat la sienne. Je me tordais de douleur car la baguette de rotin m'avait lacéré en plusieurs endroits le bas du dos. Je devais me concentrer et écouter. C'était mon amie Nary, qui faisait le bilan de sa journée, comme nous devions toutes et tous le faire dans la plus grande humilité. Nous ne pouvions rien critiquer, car nous étions nous même le seul objet de critique pour le Kampuchea Démocratique et son organisation l'Angkar. Nary n'avait pas assez travaillé disait-elle, elle avait 18 ans et elle pensait à Khéméa qu'elle avait connu avant l'exode et qui lui avait promis de l'épouser; où était-il? Cette question limitait sa productivité. Le responsable Khmer rouge lui dit qu'elle n'avait à s'inquiéter, si cet homme était un bon révolutionnaire, en accord avec l'Angkar et que, si ce n'était pas le cas, elle ne devait plus penser à lui. Pour les séances politiques et autocritiques, nous étions tous regroupés. Yen, un garçon de 15 ans environ, dit qu'il n'avait pas fini sa gerbe de riz et qu'il remerciait ses collèges de dortoir de l'avoir aidé. Un soldat le traitait de cochon impérialiste et de sale Youn, bien qu'il fut Khmère. Yen s'excusa en disant qu'il avait de la fièvre. Un autre soldat répondit: - « Tu dois travailler, même malade, ou alors, tu demandes au chef du village, une autorisation pour al/er au dispensaire ». Ces dispensaires étaient de véritables mouroirs, l'Angkar ne pouvait supporter l'improductivité du peuple nouveau, la mort était le seul remède que nous puissions attendre. Après la séance autocritique, venait souvent la séance politique. Il s'agissait toujours de bonnes paroles sur Pol Pot. Nous ne disions rien, mais nous ne comprenions pas d'avoir faim; nous produisions plus et nous magnions moins. Au Cambodge, avant cet homme, dont nous ne connaissions même pas le visage, tout le monde mangeait mieux et vivait mieux.
A 22 heures, comme chaque soir, un groupe de six militaires armés accompagnait les groupes de dortoir au battage du riz de la récolte précédente. Ce travail durait deux heures, au bout desquelles nous étions systématiquement fouillés. Pas un grain de riz ne devait échapper à l' Angkar. Enfin vers 24 heures, la journée se terminait, nous pouvions rejoindre notre dortoir; celles qui avaient une moustiquaire en arrivant, jouissaient d'un grand privilège, et nous les autres, leurs demandions de dormir avec elles, chose qu'elles acceptaient. Solidarité de la misère, et peut-être aussi moment d'humanité car nous ne pouvions avoir que très peu de contact relationnel entre nous. Ce n'était pas mon tour de garde du dortoir et je m'endormis aussitôt allongée. Un coup de sifilet retentit : la surveillante du dortoir qui était de l' Angkar nous donna ces consignes : « Il est 2 heures du matin, 1 'Angkar a besoin de vous, les crabes mangent les jeunes pousses de riz qui vous venez de planter. Il faut al/er rechercher et prendre les crabes. ». Dans la nuit, je n'en trouvais pas un seul, en ce qui concerne mes camarades, je l'ignore, tout comme j'ignore si celles qui en ont éventuellement trouvés, les ont mangés sur place. Fourbue, la seule chose dont je me souvienne: ce n'était pas le hasard qui m'avait fait trouver le crabe dans la journée et ma joie n'avait été que les prémices de cette corvée supplémentaire: ce surcroît de fatigue et le manque de sommeil. Tout cela cesserait-il un jour? C'est depuis ce jour que je ne crois plus en la chance.
A 4 heures du matin, nous retournions dans les dortoirs, personne ne manquait à l'appel. Une heure plus tard, dans nos vêtements trempés, nous étions dans la rizière pour une nouvelle journée de bagne.
Epilogue: Je suis arrivée en France en 1981 et depuis je n'ai jamais plus mangé un crabe. Témoignage pour« L'éléphant blanc »
Quand on s’est vu la première fois, on s’est reconnu tout de suite. J’ai retrouvé immédiatement son français qui n’appartient qu’à lui mais que l’on comprend très bien, et son rire, unique. Le même qu’au téléphone quelques jours auparavant. Et on a découvert sans surprise ses yeux rieurs et ses traits emprunts d’une grande douceur. Pour lui, c’était facile de nous reconnaître. Une femme -ni jeune ni vieille- et sa mère –moins jeune, plus vieille-, à l’arrivée du Speed Boat au nord du Tonle Sap qui sépare presque en deux le Cambodge.
Faut dire qu’après en avoir beaucoup entendu parlé en bien sur VF, on le voulait pour nous, Kosal. On voulait ce Tuck-tuck driver de choc. Alors c’est donc quelques semaines avant de partir que je lui ai envoyé un mail lui demandant s’il était libre. Il me répond, je lui re-répond, il me re-re-répond ……, et ainsi de suite. Au fil des courriels, on discute un peu plus. Les échanges deviennent amicaux. Comme il apprend le français, il me demande de lui corriger ses lettres, et il me pose des questions de grammaire. Aïe, aïe, aïe. Je me replonge dans le bled pour expliquer la différence entre le « qui » et le « que ». Pas si facile, finalement. Et Kosal commence tous ses courriers par « Chère Pascale, vous êtes vraiment très gentille …… ». Que du bonheur. C’est pas si souvent qu’on nous dit ce genre de chose (même si c’est vrai –lol-).
Quelques jours avant de partir, l’envie me prend de lui passer un petit coup de fil. A l’autre bout de la planète, c’est des éclats de rire qui passent par les ondes téléphoniques. Il est très surpris, c’est rare qu’on l’appelle de si loin. Le courant est passé. On a hâte de se retrouver.
Alors quand on descend de ce bateau long et large comme un bus après y avoir passé 7 heures, après s’être envasé dans le Tonlé Sap parce que le niveau de l’eau est trop bas et qu’il n’y a pas de chenal, après avoir allègrement cramé au soleil sur le toit, on cherche des yeux dans cette foule de Tuck-tuck celui de Kosal. C’est d’abord son panneau que l’on voit : « bienvenue Pascale …. » Et aussitôt après, son visage rieur, et on se tombe quasiment dans les bras comme si l’on se connaissait de longue date, comme s’il y avait déjà des liens forts, et je reconnais sa voix emplie de rire. On monte à bord de son Tuck-tuck et nous voilà parti sur une piste ocre et très poussiéreuse, unique route pour rejoindre Siem Reap. C’est aussi notre première découverte de la campagne Cambodgienne, puisqu’on vient de quitter Phnom Penh. Des maisons tout le long de cette piste, des couleurs écrasées par la chaleur et le soleil. On double quelques motos chargées de famille entière. Et dire que des fois, on a l’impression d’être tassé dans la voiture quand on remonte sur Paris…… Il fait chaud, mais le grand avantage du tuck-tuck, c’est la ventilation permanente. C’est vraiment quelque chose à breveter. Sauf pour la poussière. On a vraiment le sentiment de « respirer » le Cambodge et nos poumons s’en emplissent. Kosal nous dépose à la guesthouse le temps de se rafraîchir un peu, et se propose de nous emmener faire un petit tour en ville. Il nous emmène dans un petit temple assez reculé, et comme il y avait de jeunes bonzes qui étaient présents, Kosal leur demande de nous ouvrir le temple rien que pour nous. Cette sensation des fois d’être privilégiés ….. et là, on fut impressionnées par la culture de notre driver, par sa connaissance de la religion, et par la passion qu’il a de la communiquer. Un vrai bonheur. Rendez-vous le lendemain matin à 7h30 pour découvrir Angkor. Au départ, on était un peu embêtées de faire lever si tôt notre driver. Il habite loin. C’était mal le connaître. Tous les matins, avant de prendre en charge des clients pour la journée, il prend des cours de français entre 6 et 7 heures à l’alliance française. Et pendant que les touristes visitent les temples, il fait ses exercices de français. Au départ, on pensait qu’il pourrait nous accompagner dans la visite des temples, mais en fait, il n’a pas le droit. Il n’est pas guide officiel. Chaque matin, pendant 4 jours, à 7h30, il est là, tout sourire. Il aide maman systématiquement à monter dans le tuck-tuck, d’une façon efficace et discrète, l’air de rien, prévenant. Et c’est parti, direction Angkor. Les premières visites, on les fit évidemment toutes seules. Kosal en profitait pour travailler. Et le repas de midi était toujours animé. Il avait quantité de questions sur la grammaire française, la conjugaison, les exceptions. Maman étant une ex prof de français à la retraite .… qui était le plus heureux des deux. L’un, la soif d’apprendre, l’autre, la soif d’enseigner. Très rapidement, entre le cours de français du matin, celui du midi, et les échanges en français toute la journée, les exercices devenaient inutiles. Il a donc voulu nous accompagner dans nos visites. Sachant qu’il n’en avait pas le droit, il rétorquait « Je suis avec une vieille dame, il faut que je l’aide ….. ». Et là, je n’avais plus qu’à les laisser discuter indéfiniment tous les deux. Maman, intello, avait potassé la civilisation de l'ancien Empire khmer, le développement sur le sol cambodgien d’un hindouisme adapté, et une forme particulière de bouddhisme, sous le règne de Jayavarman VII. Kosal connaissait tout cela. Et il n’avait pas son pareil pour nous montrer la petite sculpture, le détail d’un vêtement, le linteau d’une porte, les bijoux de telle ou telle déesse. On avait le sentiment qu’il connaissait les lieux par cœur. Kosal nous a fait rencontrer sa famille : sa femme et ses deux enfants. Le visage de sa femme est aussi radieux que le sien. Sa petite de 5 ans va à l’école dans le privé. Il n’y a pas d’école publique pour les petites classes au Cambodge. Mais il est conscient de l’importance de l’école pour ses enfants et qu’il faut démarrer tôt pour leur donner le maximum de chance. Alors il paye tous les mois 25$ pour sa petite. Quand on pense au revenu d’un tuck-tuck driver, c’est impressionnant.
Ces quatre jours furent du bonheur en barre. On était devenu complice, amis, frère et sœur, ….. peu importent les mots. Mais une question demeurait : comment cela se fait il que Kosal qui parle bien français, qui a beaucoup de culture et qui aime la partager ne soit pas guide officiel. C’est simple. Pour avoir la licence, il faut payer 2000$, et cette somme, il ne l’a pas. Alors c’est avec beaucoup de tristesse qu’on s’est séparé au bout de ce court séjour. Pour nous, Angkor ne se résumera pas à la beauté grandiose de ses temples. Pour nous, c’est la rencontre avec Kosal, et sûr qu'on se reverra .....
Alors quand on descend de ce bateau long et large comme un bus après y avoir passé 7 heures, après s’être envasé dans le Tonlé Sap parce que le niveau de l’eau est trop bas et qu’il n’y a pas de chenal, après avoir allègrement cramé au soleil sur le toit, on cherche des yeux dans cette foule de Tuck-tuck celui de Kosal. C’est d’abord son panneau que l’on voit : « bienvenue Pascale …. » Et aussitôt après, son visage rieur, et on se tombe quasiment dans les bras comme si l’on se connaissait de longue date, comme s’il y avait déjà des liens forts, et je reconnais sa voix emplie de rire. On monte à bord de son Tuck-tuck et nous voilà parti sur une piste ocre et très poussiéreuse, unique route pour rejoindre Siem Reap. C’est aussi notre première découverte de la campagne Cambodgienne, puisqu’on vient de quitter Phnom Penh. Des maisons tout le long de cette piste, des couleurs écrasées par la chaleur et le soleil. On double quelques motos chargées de famille entière. Et dire que des fois, on a l’impression d’être tassé dans la voiture quand on remonte sur Paris…… Il fait chaud, mais le grand avantage du tuck-tuck, c’est la ventilation permanente. C’est vraiment quelque chose à breveter. Sauf pour la poussière. On a vraiment le sentiment de « respirer » le Cambodge et nos poumons s’en emplissent. Kosal nous dépose à la guesthouse le temps de se rafraîchir un peu, et se propose de nous emmener faire un petit tour en ville. Il nous emmène dans un petit temple assez reculé, et comme il y avait de jeunes bonzes qui étaient présents, Kosal leur demande de nous ouvrir le temple rien que pour nous. Cette sensation des fois d’être privilégiés ….. et là, on fut impressionnées par la culture de notre driver, par sa connaissance de la religion, et par la passion qu’il a de la communiquer. Un vrai bonheur. Rendez-vous le lendemain matin à 7h30 pour découvrir Angkor. Au départ, on était un peu embêtées de faire lever si tôt notre driver. Il habite loin. C’était mal le connaître. Tous les matins, avant de prendre en charge des clients pour la journée, il prend des cours de français entre 6 et 7 heures à l’alliance française. Et pendant que les touristes visitent les temples, il fait ses exercices de français. Au départ, on pensait qu’il pourrait nous accompagner dans la visite des temples, mais en fait, il n’a pas le droit. Il n’est pas guide officiel. Chaque matin, pendant 4 jours, à 7h30, il est là, tout sourire. Il aide maman systématiquement à monter dans le tuck-tuck, d’une façon efficace et discrète, l’air de rien, prévenant. Et c’est parti, direction Angkor. Les premières visites, on les fit évidemment toutes seules. Kosal en profitait pour travailler. Et le repas de midi était toujours animé. Il avait quantité de questions sur la grammaire française, la conjugaison, les exceptions. Maman étant une ex prof de français à la retraite .… qui était le plus heureux des deux. L’un, la soif d’apprendre, l’autre, la soif d’enseigner. Très rapidement, entre le cours de français du matin, celui du midi, et les échanges en français toute la journée, les exercices devenaient inutiles. Il a donc voulu nous accompagner dans nos visites. Sachant qu’il n’en avait pas le droit, il rétorquait « Je suis avec une vieille dame, il faut que je l’aide ….. ». Et là, je n’avais plus qu’à les laisser discuter indéfiniment tous les deux. Maman, intello, avait potassé la civilisation de l'ancien Empire khmer, le développement sur le sol cambodgien d’un hindouisme adapté, et une forme particulière de bouddhisme, sous le règne de Jayavarman VII. Kosal connaissait tout cela. Et il n’avait pas son pareil pour nous montrer la petite sculpture, le détail d’un vêtement, le linteau d’une porte, les bijoux de telle ou telle déesse. On avait le sentiment qu’il connaissait les lieux par cœur. Kosal nous a fait rencontrer sa famille : sa femme et ses deux enfants. Le visage de sa femme est aussi radieux que le sien. Sa petite de 5 ans va à l’école dans le privé. Il n’y a pas d’école publique pour les petites classes au Cambodge. Mais il est conscient de l’importance de l’école pour ses enfants et qu’il faut démarrer tôt pour leur donner le maximum de chance. Alors il paye tous les mois 25$ pour sa petite. Quand on pense au revenu d’un tuck-tuck driver, c’est impressionnant.
Ces quatre jours furent du bonheur en barre. On était devenu complice, amis, frère et sœur, ….. peu importent les mots. Mais une question demeurait : comment cela se fait il que Kosal qui parle bien français, qui a beaucoup de culture et qui aime la partager ne soit pas guide officiel. C’est simple. Pour avoir la licence, il faut payer 2000$, et cette somme, il ne l’a pas. Alors c’est avec beaucoup de tristesse qu’on s’est séparé au bout de ce court séjour. Pour nous, Angkor ne se résumera pas à la beauté grandiose de ses temples. Pour nous, c’est la rencontre avec Kosal, et sûr qu'on se reverra .....
Lundi 25 Décembre 22h30, nous quittons le centre de Bangkok, Catherine, Nadine, Jean-François et moi avec le van que nous avons réservé; le chauffeur est jeune, , il vient d'en "griller une" avant de monter, il a l'air sùr de lui; les filles le trouvent un peu tendre" pour un tel voyage, on rassure, ce n'est pas la traversée de la Mongolie.Je suis placé dans sa diagonale, vision du tableau de bord et de son profil et je réalise rapidement que l'aiguille du compteur ne fonctionne pas, je me redresse un peu sur le siège.
Je contemple cette sortie de Bangkok découverte la veille en arrivant, voici les panneaux de l'aéroport, on le dépasse, direction sud-est; Trat, Hat Lek, frontière et Shanoukville; les lumières s'espacent, je note avec satisfaction que nous sommes sur une 4 voies.
Les filles commencent à organiser le couchage à l'arrière; réglage de la clim, oreillers, châles et petites chaussettes(c'est fragile ces petites choses), elles oublient un peu la conduite sport dans les rues de Bangkok, le rythme régulier du van doit les rassurer.
On parle encore un peu et puis les mots se font rares
Minuit trente, le chauffeur baille, je pense que cela va être une petite nuit!
Pause dans un 7/eleven dans une ville inconnue; je me dis "tiens, ils vendent aussi des amphétamines!" en faît c'était juste une carte téléphone qu'il installe en conduisant; je regarde de plus en plus la route.
Ce que je distingue des paysages ne me semble pas passionnant.
Un accident en face; camion couché, des caisses partout sur la route.
Pause dans une aire de service; hormis la chaleur, l'ambiance est connue; des ombres, les bruits plus marqués, les employés de la boutique un peu éteints mais qui retrouvent le sourire à notre arrivée; c'est donc vrai, nous ne sommes pas sur l' A6 à Beaune!!
C'est reparti; peu après un sifflement bizarre, le chauffeur s'agite, ouvre la fenêtre, referme, s'agite encore, le sifflement cesse; cela va vraiment, vraiment être une petite nuit!!
3 heures du matin, le van s'arrête dans une station service; le chauffeur nous explique qu'il va dormir ici afin de ne pas arriver trop tôt à la frontière; un peu avant j'ai vu un poste de militaires en faction; des camions sont garés autour, cela ressemble à une zone sécurisée, il doit être habitué au trajet.
Court repos et nous repartons: JF emerge un peu, les filles plus mollement, elles attendent peut être les croissants?
Nous dépassons Trat, le jour se lève sur cette mince bande côtière qui mène à la frontière, le paysage me fait penser à Koh Lanta, ou est-ce juste pour m'occuper l'esprit?
6 H30; nous y sommes, l'endroit est dèjà bien agité, nous essayons de faire assez bonne figure en descendant; il y a du mouvement autour du van, on nous propose des services que nous ne comprennons pas bien; le chauffeur intervient pour faire disposer les bagages sur une charette, puis il explique brièvement la marche à suivre, cela à l'air simple, un tip et il est déjà reparti!
Voici donc cet endroit qui m'avait tant occupé l'esprit durant la préparation du voyage.
Une sorte de check point charlie pour ceux qui ont connus les "joies" des pays de l'Est avant 1989; grandes barrières grillagées et hommes en armes.
Le bureau thaï de l'immigration est fermé, nous nous plaçons en bonne position; objectif: prendre le bateau de 8h00 pour Sihanoukville.
Quelques farangs autour de nous, certains tout droit sortis de KSR.
Nous prenons une boisson chaude dans une grande gamelle; les filles espèrent un thé; cela a la couleur du gas-oil, pas tout à fat le goût, on ne saura jamais.
7H00, le bureau ouvre, les formalités sont assez rapides; pendant ce temps dans le sens inverse une colonne de femmes cambodgiennes est parquée entre les barrières, en rang par deux, caisses et cuvettes remplies de choses à vendre au petit marché de l'autre côté, sorte d'Eldorado quotidien à atteindre.On sent bien que notre présence tempère un peu les agissements des militaires.
Les barrières s 'ouvrent, les femmes se précipitent vers la Thaïlande, nous marchons d'un bon pas vers le Cambodge.
Nous sommes rapidement encadrés par des prestataires de servces, nous essayons de garder une certaine distance, poliment
Passeports et visas sont déposés à l'immigration ; j'avais pensé que les visas électroniques pouvaient nous faire gagner du temps; mauvaise pioche!Nos documents passent et repassent de mains en mains; un les mets en tas, l'autre les étale sur la table; j'ai l'oeil sur la montre et l'autre sur les papiers qui bougent sans cesse; on croirait un jeu de bonneteau;"il est où le passeport? trouvez le et c'est gagné"
Nous laissons petit à petit un "prestataire" prendre des initiatives, ce n'est pas d'une efficacité folle mas on se sent moins seuls.
Ca y est !! nous avons les documents, prèts à foncer vers les véhicules pour nous emmener au port!STOP! un policier sort du bureau, l veut le 2ème exemplaire du visa, celui que nous devons garder; on donne, si j'avais ma carte vitale et ma licence de golf sur moi, j'aurais donné aussi; et c'est reparti;"il est où le passeport...???"
Enfin, sésames à la main, notre prestataire nous propose un véhicule les bagages sont chargés, attachés par une sangle dans un coffre qui ne ferme pas; je pense que nous allons rater le bateau; "no problem"
C'est parti, bienvenus sur le réseau routier du Cambodge; 6 dans la voiture, ils conduisent à deux: les amortisseurs finissent leur agonie, qu'ils reposent en paix, mais j'oublie qu'ici il y a la réincarnation. Faubourgs du port, nous n'avons pas bien le temps d'observer ce qu nous entoure, on sent bien quand même un autre pays!Notre prestataire nous enumère toutes ses activités; GH, chauffeur etc..il peut aller partout! si je lui demande les chateaux de la loire, il doit pouvoir le faire aussi.
8h15, nous entrons dans le port(c'est pas la Ciotat) le bateau est là, son retard nous enchante; l'équipage a peut-être été formé à la SNCM?
Attroupement autour de la voiture, on nous donne nos billets, on règle les prestations voiture, bagages, c'est un peu éxagéré sans doute mais le bateau est là: moche et vieux mais là, prèt à partir.Les autres "étrangers" sont là aussi; et si le bateau attendait, malgré tout, pour ne pas se priver de 200 ou 300$ payés par les "farangs" chaque jour? On ne se pose plus de questions; même les 4h de karaoké cambo vont nous paraître délicieuses: le bateau bouge, nous partons pour Sihanoukville
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre
Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Notre hôtel, face au Mékong, est assez particulier et ils auraient presque pu y tourner le film « Shining » de Stephen King (au niveau de l’ambiance, pas du climat). On se demande encore les raisons de sa présence dans cette ville qui, bien qu’étant la troisième du pays, nous semble s’apparenter davantage à un gros bourg. Sa façade doit faire peut-être plus de 50 m, et on le voit de très loin, depuis l’autre rive du Mékong. A l’intérieur, le hall ressemble à une véritable salle de bal, absolument immense. Mais on n’a pas croisé un seul client.

On sort rapidement de la ville et des routes goudronnées pour retrouver une piste qui nous amènera aux plantations d’hévéas. Enfin ….. si on y arrive. Au bout de quelques kilomètres, la piste est barrée par une sorte de grand chapiteau planté au milieu. Beaucoup de musique, beaucoup de monde, de la couleur … c’est un mariage, un de plus. C’est fou le nombre de Khmers qui se mariés pendant les 15 jours où nous sommes restés.
Finalement, après quelques kilomètres de détours, on se retrouve juste de l’autre côté de la noce. En voyage, des choses tout bêtes deviennent sympas, et ce détour nous fait rencontrer une fois de plus les khmers dans leur activité quotidienne, et nous rapprocher du Mékong. Les villages se partagent entre l’agriculture et la pêche, et se sont des défilés de barques qu’on aperçoit sur le fleuve, des gamins qui se baignent ou qui lavent et font boire leurs vaches, les passes à poisson installées sur les petits affluents.

On continue d’avaler la piste et sa poussière pour se retrouver dans un lieu particulièrement étrange, comme un sanctuaire d’animaux en béton, plus kitch les uns que les autres.
On est sur une grande esplanade en haut d’une petite colline, qui domine le Mékong. Ce fleuve est large, majestueux, splendide, et dessine des courbes immenses avec grâce. Le vert des îles et le bleu de l’eau et du ciel se mélangent. Le spectacle est comme sur les cartes postales. Et quand on se retourne, on voit des éléphants, des tigres, des girafes en béton peinturlurés…. entourés à la fois de vieux temples un peu (voire très) cassés, de quelques pagodes aux couleurs très, mais très vives. Au milieu, un petit groupe de jeunes bonzes qui nous demandent de les prendre en photos.
Un peu plus loin, un gigantesque tas d’ordures qui sont déversées dans la pente en dessous du temple, face au Mékong. Sur le tas, deux gamines. Au début, on les entend juste rire. Elles sont simplement en train de trier les détritus pour essayer de voir s’il y aurait des choses à récupérer. A quelques mètres, c’est un bruit de chute de tuiles qui nous inquiète. On lève la tête, et sur le fait du toit, c’est une course entre deux singes, qui se préoccupent assez peu des dégâts qu’ils occasionnent. Les liteaux apparaissent à travers le trou, et ce n’est certainement pas demain la veille que quelqu’un montera en haut de ce toit pour le réparer.
On reprend la piste sur quelques dizaines de kilomètres. Une piste toute droite, très longue, et très ocre. On se croirait dans un film … la poussière en plus.

Au bout de cette piste, le paysage devient très ordonné, on est au milieu des plantations d’hévéas. Des milliers d’arbres, plantées en alignement, des tracés très réguliers. Chaque arbre porte les cicatrices que lui fait consciencieusement le saigneur, le matin à l’aube. Accrochée à chaque tronc, une petite gamelle en terre récupère la précieuse sève qui donnera le caoutchouc cher à Michelin ou Goodyear. Mais, cette sève, c’est aussi les gants du chirurgien qui nous enlève l’appendicite ou qui permet de sortir « couvert ».
Ces forêts d’arbres blessés donnent une ambiance un peu particulière, un peu triste. Et en même temps, c’est un des endroits où les couleurs des arbres sont les plus contrastées et les plus vives. Les feuillages sont d’un vert particulièrement ardent et dense, et le soleil joue à travers. Les troncs sculptés par les différentes diagonales des cicatrices, sont de toute beauté et permettent un mélange de teintes marron, brun, châtain extraordinaire. De quoi laisser pantois les admirateurs de Land Art. Un paradoxe de plus.
Quand les plantations sont plus jeunes, les Khmers plantent entre les arbres du manioc. Les hévéas mettant 7 ans à être productifs, il est impossible d’attendre tranquillement que l’investissement soit rentable.
Sur des centaines d’hectares, on voit défiler les parcelles, et on finit évidemment par s’y perdre. Impossible de se repérer, et absolument aucun panneau. Mais comme on est rentré dans la plantation par le sud, avec un peu de chance, on devrait en ressortir par le sud aussi. Est-ce le flair de loran, ou un méga coup de bol, on retrouve au bout d’un certain temps notre piste.
On est en fin d’après midi, et c’est extraordinaire comme le changement de lumière modifie le paysage.
La piste défile de nouveau, et on rejoint les villages traversés quelques heures plus tôt. Mais contrairement au début de l’après midi où la chaleur pesait comme un couvercle et où l’on n’avait croisé pas grand monde, là, c’est une toute autre vie que l’on découvre. Les Khmers sont en pleine activité, et maman qui n’est plus très jeune fait un bond en arrière dans son enfance en retrouvant les batteuses. Identiques à celles qu’elle avait connues. D’un côté de la machine, les sac de riz se remplissent, de l’autre, la meule de paille monte et prend une belle forme oblongue, dorée sous le soleil qui baisse.
Les buffles arrachent ce qu’ils peuvent de petits morceaux de paille, un nuage de poussière énorme envahit le village, les gamins jouent dans tous les sens. Comme souvent, on a le vague sentiment d’être quasiment invisible et on reste immobile à les regarder, moment de vie de tous les jours pour eux, moment magique et unique pour nous. Comme d’habitude, ils nous rendent nos sourires avec une telle gentillesse, qu’on veut croire qu’on n’a pas trop dérangé ou fait les inquisiteurs.
Et une fois de plus, on repart à regret, laissant derrière nous les cambodgiens en plein travail. Un dernier regard par la vitre arrière du 4x4. Spectacle fascinant dans la lumière blonde du soleil couchant.
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On sort rapidement de la ville et des routes goudronnées pour retrouver une piste qui nous amènera aux plantations d’hévéas. Enfin ….. si on y arrive. Au bout de quelques kilomètres, la piste est barrée par une sorte de grand chapiteau planté au milieu. Beaucoup de musique, beaucoup de monde, de la couleur … c’est un mariage, un de plus. C’est fou le nombre de Khmers qui se mariés pendant les 15 jours où nous sommes restés.
Finalement, après quelques kilomètres de détours, on se retrouve juste de l’autre côté de la noce. En voyage, des choses tout bêtes deviennent sympas, et ce détour nous fait rencontrer une fois de plus les khmers dans leur activité quotidienne, et nous rapprocher du Mékong. Les villages se partagent entre l’agriculture et la pêche, et se sont des défilés de barques qu’on aperçoit sur le fleuve, des gamins qui se baignent ou qui lavent et font boire leurs vaches, les passes à poisson installées sur les petits affluents.

On continue d’avaler la piste et sa poussière pour se retrouver dans un lieu particulièrement étrange, comme un sanctuaire d’animaux en béton, plus kitch les uns que les autres.
On est sur une grande esplanade en haut d’une petite colline, qui domine le Mékong. Ce fleuve est large, majestueux, splendide, et dessine des courbes immenses avec grâce. Le vert des îles et le bleu de l’eau et du ciel se mélangent. Le spectacle est comme sur les cartes postales. Et quand on se retourne, on voit des éléphants, des tigres, des girafes en béton peinturlurés…. entourés à la fois de vieux temples un peu (voire très) cassés, de quelques pagodes aux couleurs très, mais très vives. Au milieu, un petit groupe de jeunes bonzes qui nous demandent de les prendre en photos.Un peu plus loin, un gigantesque tas d’ordures qui sont déversées dans la pente en dessous du temple, face au Mékong. Sur le tas, deux gamines. Au début, on les entend juste rire. Elles sont simplement en train de trier les détritus pour essayer de voir s’il y aurait des choses à récupérer. A quelques mètres, c’est un bruit de chute de tuiles qui nous inquiète. On lève la tête, et sur le fait du toit, c’est une course entre deux singes, qui se préoccupent assez peu des dégâts qu’ils occasionnent. Les liteaux apparaissent à travers le trou, et ce n’est certainement pas demain la veille que quelqu’un montera en haut de ce toit pour le réparer.
On reprend la piste sur quelques dizaines de kilomètres. Une piste toute droite, très longue, et très ocre. On se croirait dans un film … la poussière en plus.

Au bout de cette piste, le paysage devient très ordonné, on est au milieu des plantations d’hévéas. Des milliers d’arbres, plantées en alignement, des tracés très réguliers. Chaque arbre porte les cicatrices que lui fait consciencieusement le saigneur, le matin à l’aube. Accrochée à chaque tronc, une petite gamelle en terre récupère la précieuse sève qui donnera le caoutchouc cher à Michelin ou Goodyear. Mais, cette sève, c’est aussi les gants du chirurgien qui nous enlève l’appendicite ou qui permet de sortir « couvert ».
Ces forêts d’arbres blessés donnent une ambiance un peu particulière, un peu triste. Et en même temps, c’est un des endroits où les couleurs des arbres sont les plus contrastées et les plus vives. Les feuillages sont d’un vert particulièrement ardent et dense, et le soleil joue à travers. Les troncs sculptés par les différentes diagonales des cicatrices, sont de toute beauté et permettent un mélange de teintes marron, brun, châtain extraordinaire. De quoi laisser pantois les admirateurs de Land Art. Un paradoxe de plus.
Quand les plantations sont plus jeunes, les Khmers plantent entre les arbres du manioc. Les hévéas mettant 7 ans à être productifs, il est impossible d’attendre tranquillement que l’investissement soit rentable.
Sur des centaines d’hectares, on voit défiler les parcelles, et on finit évidemment par s’y perdre. Impossible de se repérer, et absolument aucun panneau. Mais comme on est rentré dans la plantation par le sud, avec un peu de chance, on devrait en ressortir par le sud aussi. Est-ce le flair de loran, ou un méga coup de bol, on retrouve au bout d’un certain temps notre piste.
On est en fin d’après midi, et c’est extraordinaire comme le changement de lumière modifie le paysage.
La piste défile de nouveau, et on rejoint les villages traversés quelques heures plus tôt. Mais contrairement au début de l’après midi où la chaleur pesait comme un couvercle et où l’on n’avait croisé pas grand monde, là, c’est une toute autre vie que l’on découvre. Les Khmers sont en pleine activité, et maman qui n’est plus très jeune fait un bond en arrière dans son enfance en retrouvant les batteuses. Identiques à celles qu’elle avait connues. D’un côté de la machine, les sac de riz se remplissent, de l’autre, la meule de paille monte et prend une belle forme oblongue, dorée sous le soleil qui baisse.

Les buffles arrachent ce qu’ils peuvent de petits morceaux de paille, un nuage de poussière énorme envahit le village, les gamins jouent dans tous les sens. Comme souvent, on a le vague sentiment d’être quasiment invisible et on reste immobile à les regarder, moment de vie de tous les jours pour eux, moment magique et unique pour nous. Comme d’habitude, ils nous rendent nos sourires avec une telle gentillesse, qu’on veut croire qu’on n’a pas trop dérangé ou fait les inquisiteurs.
Et une fois de plus, on repart à regret, laissant derrière nous les cambodgiens en plein travail. Un dernier regard par la vitre arrière du 4x4. Spectacle fascinant dans la lumière blonde du soleil couchant.
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