Travel journals · Asie du Nord-Est
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Many threads here are in French, the community’s main language. English translations are added over time.

TA
Taibalo 18 years ago
Jianshui, une vieille sur un banc
J’ai vu une de ces femmes dont la beauté et le talent lui avaient valu d’avoir les pieds bandés. Même si j’en eu très envie, je n’ai pas eu le courage de la prendre en photo. Je n’ai pas voulu retenir le temps qu’elle laissait passer, elle, admirée dans sa jeunesse puis, symbole d’une époque que le communisme voulait révolue, abandonnée et méprisée. Aujourd’hui, n’appartenant plus a aucun temps elle n’est plus qu’une petite vieille assise sur un banc ombragé. Alors je l’ai laissée sur ce banc, sa canne à ses côtés, pour aider ses petits pieds qui ont du mal à marcher.
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ME
Medsine 18 years ago · Elgage
Chine de l'Ouest (Kashgar-Dunhuang-Xi'an-Sichuan-Yunnan)
Bonjour a tous Nous terminons juste notre periple de 2 mois en Chine de l'Ouest. Comme nous avons bcp utilise les conseils du site, on renvoie l'ascenceur ... Voici nos bons?mauvais plans pour les villes de Kashgar - Dunhuang - Xi'an - Chengdu - Marches tibetaines et le Yunnan. Pour des infos plus vivantes cf notre site (http://www.faireuntour.com)

Ce qu’on a aime : 🙂 Kashgar. Le vieux quartier ouighour et le bazar. Le marche aux animaux est sympa sans plus, y arriver vers 10h pas avant pour l'animation. La karakorum highway depuis Kashgar jusqu'a Tachkorgan(Hotel traffic, OK, 110 yuan la nuit). (3j, 2nuit, 1200 yuan la voiture avec chauffeur) Le raisin frais et sec sans pepin de Turpan (2yuan par kilo ou 5 yuan par 500g) Les grottes Mogao a Dunhuang (120 yuan ou 60 pour les etudiants, visite guidee comprise). Transport CITS depuis Dunhuang 20 yuans/p aller retour, le minibus vous attend. La ville de Xian qui a conserve des vieux quartiers sympas dont le quartier musulman. La visite guidee de la Folk House (academy de peinture) a XIan sur Baihuanmen dans le quartier musulman. Le musee de Xian, le seul que nous ayions vu bien presente. La grande mosquee, bien sur l'armee enterree (y aller par le bus numero 306 pris a la gare routiere). A Chengdu l'Opera du Sichuan (via le Soma Hotel), la base de reproduction des pandas, le parc Renmin avec ses karaokes. Songpan et la route depuis Chengdu, impressionnante mais dangereuse (traffic hotel, a la gare routiere, OK, double a grand lit et salle de bain a 80yuans) Le parc Huanglong pres de Songpan mais tres cher (200 ou 150 yuans pour les etudiants). Y arriver tot par le bus public. Litang, pas encore trop touristique mais malheureusement ca va venir (le cote positif c'est qu'il y a maintenant des hotels corrects). La route Litang Zhongdian, superbe et pas si mauvaise qu'on le dit. Possibilite de faire la premiere etape au dela de Xiancheng (4h de plus) dans une petite ville pas touristique, habitants sur les collines tres accueillants. Lijiang, vieille ville bien restauree, homogene et ravissante avec ses canaux et petites ruelles. Tres touristique mais on arrive facilement a quitter la foule et l'authentique est au coin de la rue. Les gorges du saut du Tigre meme si on a pas randonne (le village de Qiatou s'appelle desormais le Tiger Leaping gorge village! Le prix de retour de Walnut Grove a Qiatou dans un minibus arrete sur la route est de 10 yuans/p. Dans l'autre sens on a negocie 50 yuans pour la voiture).

Ce qu’on a pas aime : 🙁 Les tarifs d'entree des sites, en inflation tres importante (le double de ceux indiques dans le routard de cette annee minimum!) Le passage du col de Torugart. Vraiment rien d'exceptionnel. Turpan et ses sites touristiques sans interet (en dehors de la Tuyuk Valley et de Jiahe peut etre) La nuit sous la yourte au bord du lac Karakol mais les paysages sont superbes (overdose de yourtes apres le Kirghistan). Les bus couchettes mais quand on a pas le choix, on arrive a dormir quand meme. La ville de Chengdu, trop etendue pour des pietons et sans vieux quartiers, ou on les a pas trouves. Leishan et son grand bouddha. En semaine ou en week end il y a vraiment trop de monde ou alors il faut dormir sur place pour y aller tres tot ou tres tard. Autre alternative faire juste la croisiere (50 yuans pour 30 minutes). Bus pour Chengdu a la sortie du site du bouddha, demander au triporteur ils savent. Zhongdian rebaptise Shangri La. La vieille ville est en reconstruction integrale. Mais si vous y allez, on recommande la Delamu Guesthouse and Cafe (du vrai cafe! mais cher), la patronne parle tres bien anglais et est tres sympa (gravage de CD pour 10 yuans, pas cher), 152 Jinglong Street, Old Town, a gauche de l'entree pour monter au moulin a priere geant. Dali, tres quelconque compare a Lijiang. Kunming, pire que Chengdu car meme pas de parcs sympas. Le marche aux oiseaux et aux fleurs (mais ou sont ils?) dans leurs seules vieilles rues est minable.

Bons plans : 😉 Preferer aller dans les hotels pour chinois, bien plus confort et souvent moins cher que les repaires a routard. Prendre le train si la periode le permet (en hard sleeper pour les grandes distances) bien plus confort que le bus, malgre parfois quelques blattes peu sympathiques (les couchettes du bas sont les seules ou on peut s'asseoir, celles du haut les seules ou les petites betes ne montent pas). A Kashgar, faire jouer la concurrence entre les differentes agences du Seman Hotel pour les excursions. A Kuche, Hotel MinMao sur la rue principale, top confort pour 100 yuans la chambre (non negociee). Petit restau ouighour en sortant a gauche super extra et super pas cher. A Dunhuang, le charley's Jones Cafe, rue de la gare routiere, accueil sympa en anglais et bonne cuisine. A Lanzhou, le grand hotel (tour) en face de la gare a gauche. Lobby classieux, chambre tout confort pour 108 yuans et restau bon et pas cher. A Xian, le Fu Du Hotel, 151 Dongyi Lu (croisement rue de la gare et Dongyi LU). Proche du centre, tres grande chambre tout confort, proprete pas au top quand meme, accueil sympa mais pas en anglais(120 yuans la chambre, non negociee). Bon restau de pates, a gauche en sortant (le deuxieme restau, on achete son ticket a l'entree et ils viennent vous apporter votre bol ensuite, 4 ou 5 yuans) Bon plan cadeau a Xian, acheter des peintures a l'academie de peinture, voir plus haut (beaucoup moins cher, meilleure qualite et plus de choix qu'ailleurs) et les envoyer par la poste, service d'empaquetage tres performant et pas cher (shipping plus lent mais beaucoup moins cher que par avion). A Chengdu, le Soma Hotel, 81 Nan Dajie, bus 16 ou 99 depuis la gare (98 yuans tout confort mais pas trop de lumiere), lecteur de DVD a louer, internet gratuit, restau pas cher, excursion possible. A Chengdu le restau vegetarien du temple Wenshu, delicieux et pas cher. A Litang, la snow Guesthouse, a peine finie, 100m avant la Crane Guesthouse (50 yuans la double, salle de bain commune encore propre avec cumulus) A Litang, le restau de Mr Zheng, dans la meme rue, meme cote, un peu plus loin, panneau en anglais sur la vitrine. Tres sympa il vous fera un plan de la ville et une bonne tambouille pour pas chere et sans mauvaise surprise. A Lijiang, A Liang Guesthouse, 110 Wenzhi Xiang, a l'est de la vieille ville, pres de la Carnation Guesthouse, petite pension charmante dans la vieille ville et famille tres gentille et parlant anglais. Chambre petite mais propre dont quelques unes avec salle de bain (50 yuans avec salle de bain). Peut vous faire aussi a diner pour 15 yuans par personne (tres tres bon rapport qualite prix). A Lijiang, restau Old Town Beef, 69 Xingi Jie, salle a l'etage, apres un petit pont de pierre, delicieux (best restaurant ecrit sur l'enseigne en bois). Le Mogao Shiku, 32 CHongren Xiang, a l'angle de la ruelle Wenhua (les meilleures aubergines de Chine, boeuf aux poivrons delicieux). A Dali, la Friends Guesthouse, bien plus sympa et moins cher que la MCA (50 yuans la double avec SDB), lecteur DVD a louer et plein de films et opera! Par contre evite la location de velo chere (30y la journee) et proceduriere. A Kunming, Hotel Yun Du, 152 Beijin Lu, pres de la gare, juste apres le fast food Dicos (bonne alternative a Mac Do). Anglais parle, service top, chambre tout confort pour 100 yuans. A Kunming, restau Heavenly Manas, quartier de l'universite, Wenhua Xiang, tres gros choix, bon et pas cher. A Kunming, quartier de l'universite, echange de bouquins, guide compris au Prague Cafe sur Wenlin Xie.

Mauvais plans : 😠 A Turpan, le John's Cafe, arnaqueur pour tout (pour nous, nous ont fait prendre le bus pour Dunhuang sur la route alors qu'on aurait pu le prendre et acheter nos billets pour moins chers a la gare routiere pour se partager le benef avec le chauffeur du bus!) Rester dans les hotels, guesthouse ou restau pour routard pour internet. Partout des cybercafes (wangba, reconnaissable au XX dans un carre) a 2 ou 3 yuans de l'heure. Se retrouver coincer fin aout car il est tres tres dur d'acheter des billets de train et meme de bus pour cause de retour de vacances. Choisir au hasard dans les restaux de Chengdu, tres risque! A Songpan, aller manger chez Emma's Kitchen (pas bon). Pour boire un verre c'est bien, elle est tres sympa parle bien anglais et est une mine d'info. Preferer la cuisine de Sarah, un peu plus loin sur la meme rue, celle de la gare routiere, bien meilleure. A Kangdin, la guesthouse Black Tent, service et confort deplorable par rapport au standard chinois. On a du escalader la grille pour repartir le matin car personne n'etait leve ni ne repondait a nos appels. A Lijiang, impossible de rentrer meme en feintant dans le village de Shuhe sans payer. Il y a des gardiens a toutes les entrees. Pour tous les sites de Lijiang et des environs il faut d'abord payer un billet global de 40 yuans avant de payer l'entree du site. A Dali, le premier restau cite par le Routard (Meizijing Jiujia) hyper cher et pas copieux (exemple, 40 yuans pour des champignons sautes, 15 yuans pour une omelette)

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TA
Taibalo 18 years ago
Tibet: entre deux mondes
Entre deux mondes

Trois jours et deux nuits dans un bus couchette Les odeurs de transpirations des pieds de mes voisins et des miens me brûlent les narines. La fumée de cigarette n'arrangeant rien. La route est longue et chaotique, les 1100 Km qui relient Schangri-La à Lhassa ne sont pas de tout repos, mais ils en valent vraiment la peine. Même si mes voisins puent des pieds, ils n'en restent pas moins amicaux et généreux. Nous partageons cigarettes et biscuits sans nous comprendre vraiment mais ce n'est pas le plus important. Nous montons et descendons des cols magnifiques a plus de 4000 mètres de hauteur. Des montagnes couvertes de cette neige dont la mémoire remonte aux anciens temps, des flans si abruptes qu'ils défient quiconque de les approcher, et partout du vert, du brun, des arbres et des cailloux. Nous entrons au Tibet et nous sommes passés sur le territoire des Dieux pour rejoindre le monde des Hommes.

Lhassa, ville sainte pour tout bouddhiste fervent ; les pèlerins arrivent par centaines souvent après de longues journées de dure marche pour aller prier devant le Potala ou se trouve la tombe des Daila Lama. Lhassa, ville sainte souillée par le monstre du communisme, qui devant cet édifice religieux, a plante son drapeau et dresse un monument à sa propre gloire pour bien signifier à ceux qui en douteraient que rien ne se fera sans lui. L'année dernière le monstre fêtait ses 40 années d'invasion ou de libération selon le point de vue. Libération qui a massacrée des moines qui ont osé dire qu'ils préféraient le Daïla Lama à Mao. Aujourd'hui encore ils se cachent pour me le dire...Ce n'est donc pas fini même si le tourisme se développe a grande vitesse, entraînant avec lui son cortège d’espoir et de mendiants.

Pour qui a de quoi s'offrir des excursions, le Tibet est très accessible dorénavant, pour les autres il faut ruser et avoir du temps. Malheureusement je n'avais plus de temps, alors je suis resté dans cette ville au coeur généreux et accueillant.

Ami touriste toi qui part au Tibet, laisse donc ce ‘‘guide du routard’’ qui ne te servira a rien, évite les cafés dans lesquels on te servira de la très onéreuse ‘‘western food’’, sort de ce quartier pour attrape nigauds et enfonce toi dans ces petites ruelles sombres au sourires ensoleillés. Tu y seras certainement mal assis, tu t'y sentiras comme un singe en cage mais tu seras bien accueilli. On te servira du thé au beurre de yack et tu y mangeras épicé a t'en faire péter les hémorroïdes, mais jamais tu n'oublieras le sourire de la tenancière et de ses convives.Je vous tire la langue en grimaçant en signe de bienvenue.
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KH
Khaldoun 19 years ago · Faka
La Chine, pot-pourri
Mon premier est:

Le permis tibétain: mythe, réalité ou...arnaque?

Au départ étaient, sur le Net, les sites officiels qui terrorisent : le permis tibétain est obligatoire, sous peine d’emprisonnement, d’acquittement d’une amende corsée et d’une expulsion automatique. Bigre ! En arrivant à Xining, la ville chinoise où l’aventure tibétaine commence sur les rails, je prends sagement le chemin d’un bureau intitulé sans complexe "Bureau du Permis Tibétain" et curieusement situé dans une chambre d’hôtel d’un chic établissement de la ville. Une jeune femme maigre, lunetteuse et revêche me reçoit, me confirme le châtiment qui m’est promis si je franchis les frontières du Tibet sans autorisation et me fait remplir une fiche, avant de me réclamer 500 yuans, l’équivalent de 50 euros, une coquette somme pour le chinois ordinaire. En contrepartie, j’ai quatre jours à patienter pour obtenir le précieux sésame.

Je passe les quatre jours sur les hauteurs de la splendide ville montagnarde de Xiahe, un sérénissime Moines-Bouddhistes-Land, et je redescends à Xining pour chercher mon papier. La même maigrichonne me tend mon permis officiel pour voyager au Tibet, que je parcours des yeux. Mais certains détails m’intriguent au plus haut point. Je la rappelle.

Primo, qui a signé et qui a tamponné le document ? La réponse fuse : une agence de voyages. Ah ! Et l’Etat chinois alors ? Le gouvernement, les autorités, la flicaille en gros, ça ne tamponne ni ne paraphe ni ne valide rien ? Ben non ! Sans sourciller mais le ton se faisant plus doux (plus aguicheur ?), la demoiselle m’explique que l’agence de voyages qui l’emploie rend un service aux routards en leur fournissant ce papier qui est accepté par la police du Tibet. Un papier valable 4 jours seulement ??? Réponse : au-delà, il faut solliciter sur place une autorisation supplémentaire. Elle me tend alors le plus naturellement du monde la carte de visite de ses collègues de Lhassa.

Deuxio, il est inscrit en bas du document, en anglais et de façon on ne peut plus explicite, « No fee and no commission ». Comme je n’ai pas Alzheimer, je signale à ma pédagogue que j’ai versé au préalable une petite brochette de billets de 100 yuans. Cette dernière se lance alors dans un inimaginable discours, un charivari verbal interminable, vaseux, inintelligible, mêlant allègrement le mandarin et l’anglais. Dieux immortels! Quel incroyable charabia ! A un moment, je me surprends à ne plus l’entendre du tout. Je plane, observant ses mimiques de guenon et le mouvement de ses lèvres qui ont l’épaisseur d’un sachet en plastique.

Tertio, qui est donc ce coéquipier que je me découvre? Sur le second volet de "mon permis", j’apprends que je voyage avec un japonais. Voyagerais-je avec un compagnon à l’insu de mon plein gré ? Suis-je le héros ignorant d’un épisode de la série "Mon ami le fantôme" ? En lui posant la question, j’éclate de rire. Un japonais ! Me v’là bien ! Est-ce au moins un gros bras chargé de la protection du VIP que je suis ? Je la préviens, l’index tendu: c’est la seule réponse que j’accepte ! Au lieu de quoi, elle m’explique sans rire que les routards en solo ne sont pas admis au Tibet. Il faut faire partie d’un groupe. Me voilà donc casé, intégré à une multitude.

Trêve de plaisanteries ! Je pose brusquement le permis sur le bureau et exige sur le champ le remboursement des frais. Chose surprenante, l’employée me les restitue immédiatement, sans ajouter un mot, le temps d’ouvrir un tiroir, et dans leur intégralité. Mon terrifiant regard a opéré. En battant le pavé à la sortie de l’hôtel, je me lance dans quelques réflexions. Les menaces webiennes de l’Ambassade Chinoise me reviennent. Qui, de sensé, souscrirait à un petit séjour dans les geôles chinoises ? Que faire ? Je suis dans un cas de figure inédit. J’ai la certitude qu’il y a grugeage derrière ce pseudo-permis mensonger, raturé et rédigé de façon scolaire. En même temps, il constituerait la preuve de ma bonne foi à un éventuel contrôle à Lhassa. Je reprends donc le chemin du Bureau et le récupère en marmonnant dans ma barbe (imaginaire).

Durant les 25 heures de trajet entre Xining et Lhassa, dans un train bondé mais neuf, propre et confortable, aucun contrôleur ne montre le bout de sa casquette. Des employés font bien de temps en temps une apparition, qui pour effectuer un brin de nettoyage dans le wagon, qui pour sermonner un voyageur indélicat. Mais sans plus. A l’arrivée à Lhassa, quelques agents de police sont en faction ici et là, observant et bavardant mais nullement préoccupés par les quelques occidentaux en mouvement vers la sortie de la gare.

Les deux premiers jours à Lhassa, ma certitude est acquise : les pandores se soucient comme de leur dernière chaussette de contrôler les étrangers. Dans une Lhassa vidée de son ancestrale spiritualité et livrée à un mercantilisme effréné (la densité d’échoppes et de magasins au m2 donne le tournis), les visiteurs sont accueillis dans la liesse et il n’est pas question de les détourner de leur vocation consumériste par de vulgaires tracas administratifs. Voulant en avoir le cœur net, je repère, situé à une poignée de mètres du Potala, le Bureau du Tourisme Tibétain, m’y engouffre et demande audience à un responsable. C’est une Dame de Fer version chinoise qui me reçoit. L’anglais impeccable, le verbe poli, le regard scrutateur, le sourire mesuré, elle m’écoute, s’empare du fameux "permis" que je finis par lui tendre, le parcourt et fronce les sourcils aussitôt. Ça sent le roussi, pronostique-je. Elle décroche son combiné et convoque illico l’attaché de l’agence à Lhassa. Ce dernier débarque en trombe et manque de s’étrangler en apprenant de quoi il retourne. Face à des questions et des remarques formulées précisément et sur un ton péremptoire, notre voyagiste se fait blême, perd son latin, bredouillant une succession de mots inintelligibles et offrant l’image rêvée au cinéma d’un truand démasqué. Je le vois soudain reprendre contenance et me faire un geste de repli. La "Procureur" me fait signe de le suivre pour régler le problème. Je m’exécute, non sans quelques réticences intérieures. Et avec raison ! Sitôt dehors, l’homme donne libre cours à sa colère, pestant et vociférant dans un langage auquel je ne comprends goutte évidemment. Descendus du taxi, que je lui laisse le soin de régler, nous faisons notre entrée dans une agence de voyages située au fond d’une cour circulaire entourée par les fenêtres d’un hôtel. Ce type, si j’ai bien compris, accueille des grappes de touristes occidentaux en tout-inclus auxquels, en plus des classiques de Lhassa et de ses environs, il refourgue au prix fort un chiffon intitulé "Permis tibétain". Jolie combine ! C’est de l’argent gagné à ne rien faire ! Et j’ai eu l’outrecuidance d’en dévoiler les ressorts au Bureau du Tourisme tibétain.

Je passe sur la rage du voyagiste (à vous vacciner contre les Agences de voyages !), ses trépignements et ses hurlements au téléphone à sa collègue de Xining, ses tentatives d’intimidation (en pure perte) et ses vaines concertations avec ses conseillers pour imaginer un prétexte valable pour ne pas rembourser.

Morale de l’histoire : le permis tibétain est aujourd’hui une arnaque, une juteuse affaire pour les agences de voyages qui jouent sur la peur et l’ignorance des voyageurs. J’ai circulé plusieurs semaines au Tibet, y compris dans des coins reculés et à toutes heures de la nuit, où j’étais seul et identifiable de loin. Je ne compte pas les estafettes de police en patrouille que j’ai croisées. Je n’ai pas été une seule fois inquiété.

Khaldoun
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YA
Yatra 19 years ago · Yangguizi
La Chine, un mythe en danger
Le Dernier Empereur, le Lotus Bleu… La Chine est l’objet de tous les fantasmes en occident. Préparer un voyage en Chine, c’est d’abord entretenir un mythe. Celui des jardins, des estampes, des temples bouddhistes, d’architecture millénaire, des pousse pousse… Arriver en Chine, c’est savoir oublier les mythes. Prenez Shanghai par exemple. L’aéroport – ultra moderne – est relié à la ville par le Maglev, le train le plus rapide du monde avec ses 430 km/h ! En 7 minutes, le bolide parcourt les 35 km reliant l’aéroport au quartier des affaires de Pudong, qui était, il y a encore 15 ans, une vaste zone de marécages… Pour rejoindre le centre, prenons donc le métro. Rame automatique, métro design, écran plasma qui déroule de longs écrans publicitaires, atmosphère climatisée qui contraste avec l’insupportable canicule extérieure… Shanghai serait-elle devenue un nouveau Manhattan oriental ? En apparence oui. Sauf que le salaire moyen des ¾ des habitants de cette mégapole de 18 millions d’âmes ne dépasse pas les 300 dollars par mois. Sauf que derrière la rue de Nanking où se bousculent les plus grandes enseignes internationales derrière des néons et des écrans géants brillent de milles feux se cachent, à quelques pâtés de maison, des quartiers insalubres où l’on vend des fruits à même le sol, où la terre fait concurrence au bitume dans des nids de poule transformés en fosses septiques... Là se déroule aussi toute une histoire de la Chine ancienne : celle des artisans, des coiffeurs, des marchés, des cyclo pousse… Deux mondes vivent côte à côte sans jamais se croiser. Les touristes en mal de Lotus Bleu se dirigeront vers la partie sauvegardée du Vieux Shanghai aux abords du magnifique jardin Yu. Et même si chaque maison est rénovée façon Disney Chinese style, même si la moindre demeure abrite un magasin de souvenirs ou un restaurant, le charme opère toujours dans ce quartier protégé luttant envers et contre tous contre l’envahisseur personnifié par d’immondes tours aux allures de HLM de la Courneuve fleurissant aux 4 coins de la ville. Malheureusement, au-delà de certains secteurs sauvegardés destinés aux touristes, les maisons traditionnelles disparaissent et les grues envahissent la ville.

« Cachez ce passé que je ne saurai voir »

Si le phénomène est inquiétant à Shanghai, il est carrément dramatique à Pékin. Les hutongs, ces vieux quartiers populaires de la capitale sont chaque jour un peu plus mangés par d’horribles tours dignes de l’époque soviétique. Exceptés quelques quartiers situés autour des lacs et de la Cité Interdite pour, encore une fois, satisfaire les touristes, tous les hutongs sont appelés à disparaître. Comme à l’époque de la Révolution culturelle, le gouvernement a fait sienne la devise : « cachez ce passé que je ne saurai voir ». Le passé, c’est mal. Le passé empêche la Chine de se développer. Détruisons le pour construire la Chine moderne semble être le leitmotiv de ce gouvernement qui n’a plus de communiste que le nom. Le passé a néanmoins un intérêt : celui de rameuter des touristes. Comme à Shanghai ou à Pékin, on sauvegarde quelques quartiers pittoresques exclusivement dédiés au tourisme et on détruit tout ce qui fait l’essence de cette Chine que l’on aime, l’authentique… Mais attention, les touristes que l’on chérit désormais en Chine, ce sont les Chinois ! Pour le gouvernement, les 300 millions de touristes potentiels de la classe moyenne (sur 1, 5 milliard d’habitants) sont une manne bien plus importante que celle représentée par les étrangers. Or, le nouveau touriste chinois est également un nouveau « riche » et son mot d’ordre est simple : CONSOMMER ! Au cœur du Vieux Shanghai, on trouve des galeries commerciales dignes des hypermarchés de banlieue occidentale! Même à Yangshuo, ancienne Mecque des routards du monde entier au cœur de l’une des plus belles régions du monde, les galeries commerciales font flores et les excursions sur la rivière Li sont devenues des autoroutes à bateau mouches climatisés où les touristes regardent les magnifiques « pains de sucres » à travers les vitres comme un film de Bruce Lee sur un écran plasma ! Des troupeaux de néo consommateurs envahissent des sites millénaires

Dans les sites touristiques comme la Cité Interdite, il vaut mieux arriver très tôt le matin. Et pour cause… Passé 11h, des dizaines de troupeaux de centaines de touristes chinois débarquent. Et quand un troupeau débarque, ça fait du bruit : mégaphones poussés au maximum, touristes qui hurlent comme des gamins, ombrelles multicolores qui vous cachent la vue, drapeaux bien hauts et cohue pour prendre des photos… « Je veux être prem’s », « nan, c’est moi » version mandarin, les coups de coudes pour être le premier dans le bus ou dans le train… Voyager en Chine est une expérience unique. A la fois culturelle et ethnologique. Ces néo consommateurs représentent une curiosité à eux seuls. Insupportables, mais incontournables, ils font partie de cette Chine moderne, speedée où être le premier passe avant tout autre considération. Le voyage devient pour eux une performance : voir 15 minutes la Grande Muraille et être un « brave », immortaliser un tailleur de jade derrière une vitre, sortir 2 minutes sur le pont d’un bateau mouche pour prendre quelques photos des « pains de sucre » de Guilin histoire de dire « j’y étais » et retourner tranquillement dans la salle climatisée et rassurante où tous les congénères mangent leur canard laqué… Néanmoins, au détour des chemins des vieux quartiers encore préservés des grandes villes ou sur les pistes des campagnes du Guangxi, on peut retrouver ce mode de vie millénaire où les sourires en disent plus que bien des conversations avec des Chinois « modernes ». Des marchés miséreux que les touristes ne voient que derrière les vitres de leur bus climatisé, des maisons délabrés dans les campagnes qui font davantage penser que l’on se balade dans le tiers-monde que dans la toute nouvelle troisième puissance économique mondiale. La spéculation immobilière qui poussent les pauvres vers les banlieues… Voilà le vrai visage de la Chine. En grattant un peu le vernis de Pudong ou de la Main Street de Yangshuo, on réalise qu’en Chine, tout n’est qu’apparence. Il faut faire bien. C’est bientôt les JO, il faut donner une image dynamique du pays. Hélas, ce n’est pas en donnant un coup de peinture sur une maison pourrie que les fondations tiendront plus longtemps. La troisième puissance économique mondiale, malgré tous les efforts qu’elle fait pour le faire oublier n’est finalement qu’un pays du tiers-monde où la majeure partie de la population vit dans la misère sous un régime autoritaire violant les droits de l’homme et asservissant le peuple tibétain. Cette civilisation multimillénaire, ce pays monde détenant un patrimoine culturel, naturel et architectural parmi les plus riches de la planète est en train de sombrer sous les assauts du « capitalisme d’état ». Bref, si vous voulez vivre le Lotus Bleu, dépêchez-vous, la Chine avec un grand C est, comme sa faune parmi la plus variée au monde, un pays en voie de disparition en vendant son âme au capitalisme le plus violent.
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YA
Yangguizi 19 years ago
Jiangxi, aux sources de la Révolution chinoise
Pour la fete nationale chinoise, et quelques jours apres le trentieme anniversaire de la mort du grand leader Mao Zedong, il fallait bien que je m'initie enfin aux joies du tourisme rouge et que je rehausse mon niveau ideologique qui avait eu tendance a chuter depuis quelques annees de vie shanghaienne. Une fois n'est pas coutume, je reste donc en Chine pour ces vacances d'octobre, ce qui est un excellent moyen de "rejoindre les larges masses".

J'ai donc pris hier un avion pour Nanchang, capitale de la province du Jiangxi, dans le sud-est du pays. Je n'avais pas prevu de commencer mon sejour en visitant la ville, et me suis donc rendu immediatement a la gare routiere, pour prendre un bus pour Jiujiang, au pied des monts Lushan. Ce fut un echec, une redoutable guerriere aux accents martiaux hurlant a qui voulait l'entendre qu'il n'y avait plus de place a bord des bus pour cette destination. Qu'a cela ne tienne, la gare ferroviaire n'etait pas tres loin, j'aurais sans doute plus de chance la-bas.

Il fut difficile de me frayer un chemin jusqu'a l'imposant edifice, encore plus difficile d'y entrer, mais j'ai malgre tout reussi a penetrer a l'interieur de l'immense salle ou se vendent les tickets. Quelques dizaines de milliers d'intrepides pionniers avaient apparemment eu la meme idee que moi, ce qui en ce jour de fete nationale n'est guere etonnant, et ma tentative ferroviaire se conclut donc elle aussi par un echec. Pas de train pour Jiujiang avant tard le soir. Qu'a cela ne tienne, la province est vaste, et les lieux de pelerinage revolutionnaire nombreux, et j'avais heureusement vaguement potasse une carte de la province avant de venir. J'ai donc achete un ticket pour Ji'an, deux heures et demie vers le sud.

J'ai profite du temps imparti pour avaler quelques raviolis en face de la gare, et admirer une serveuse qui portait un t-shirt sur lequel etait ecrit en gros et dans un francais sans faute "veux tu sortir avec moi?" Je suppose qu'il s'agit la d'une manifestation d'internationalisme proletarien et d'amitie entre les peuples, et ai pris cela pour un signe favorable. Un peu plus tard, un serveur est venu me faire la conversation et m'a rapidement dit qu'un des avantages de la Chine par rapport a la France, c'est qu'il y a un parti unique. "C'est plus efficace" me dit-il. Tres bien, j'etais donc sur la bonne voie.

J'ai fini par me re-engouffrer a l'interieur de la gare, ai attendu le train qui avait une heure de retard, et a l'issue d'un trajet sans encombre, suis arrive a Ji'an pour l'heure du diner. Un signe favorable supplementaire: j'ai fait le trajet assis a cote d'une fille originaire de Ruijin, petite ville revolutionnaire bien connue que je compte visiter prochainement.

Ville moche et sans interet, Ji'an n'etait pas autant animee que je l'aurais cru en ce soir de fete nationale. De surcroit, il me fut extraordinairement difficile de trouver un restaurant en centre ville, un fait plutot rare en Chine. Certes, un restaurant c'est une manifestation de confort bourgeois et ca represente donc tous les travers de la societe archaique dans laquelle la classe laborieuse se faisait - deja - exploiter par des consommateurs exploiteurs, mais bon, il faut bien prendre des forces quand meme avant de faire un pelerinage revolutionnaire.
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LU
Lula 19 years ago · Pampelichkaa
A Lhasa et c'est l'hiver (Tibet)
Avant toute chose, je souhaite signaler que pendant tout mon sejour au Tibet, je n ai pu avoir acces aux forums. Je pouvais lire vf et mes messages prives, mais participer n etait pas possible. De nombreux sites internet sont egalement censures. J ai du attendre d etre ici au Nepal pour poster ce texte Un exemple de la Grande Bienveillance de la Chine?

Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de venir ici ? Comme je ne peux voyager qu’en hiver, longtemps mais en hiver, j’avais simplement effacé de mon chemin celui du Tibet. Cette année pourtant, après qlq péripéties désagréables avec un voilier sur lequel j’avais embarqué comme équipière pour 6 mois de navigation entre transatlantiques et charter aux Caraïbes, je décidai donc de me réfugier loin de la mer et de mes désillusions et d aller au Tibet. On est en décembre, c’est la période la plus froide. A Chengdu, je me procure pour qlq euros, 11 euros, chaussures fourrées et veste en duvet, et des sous-vêtements neo-érotiques ... imprimés de Mickey. Et c’est parti. On m’avait dit : « Lhasa est une ville chinoise, il n’y a plus rien de tibétain, et trop de touristes ». Évidemment, il y a les chinois, et les rues nouvelles semblables à toutes celles des villes chinoises. Evidemment je ressens la domination chinoise, cet envahissement pesant, cet étouffement de la culture tibétaine, ce manque de respect des coutumes. Il y a le Potala, rehausse d un drapeau rouge, devant lequel s’étend cette esplanade communiste, et dont la visite enchinoisee se fait en sens inverse de celui des traditions bouddhistes. (Je n’y rentrerai pas par principe, je ne vais quand meme pas payer les chinois pour avoir le droit de voir le Potala! Ce serait un comble). Il y a ces monastères qui se reconstruisent lentement pour effacer les traces des massacres de l’armée rouge, il y a ces caméras devant l’esplanade du BarKhor, il y a ces policiers surveillant partout les pèlerins. Ça fout les boules. Mais on est en décembre et dans le quartier tibétain (je sais, c’est triste de dire quartier tibétain alors qu’on est dans la capitale du Tibet), il y a les… tibétains. Ils sont venus de partout, ils sont là, en costumes traditionnels, en famille, ils sont là en masse. Il y a en a tellement que la kora du Barkhor grouille de monde, un monde qui se bouscule en ânonnant les mantras, en faisant virevolter les moulins à prière. Une foule incroyable se dirige d un seul long mouvement interminable, dans le sens des aiguilles d’une montre, pour tourner autour du monastère principal de la ville. Je me laisse entraîner par le mouvement, je déambule, je tourne, et retourne, combien de fois ? je suis fascinée, ébahie, je nage en pleine hallucination. Je ne m’attendais pas à ça, personne ne m’avait dit, ou montré, personne. Devant l’entrée, les pèlerins les plus fervents, par centaine, s’agglutinent en prière : debout pieds nus sur une espèce de matelas rembourré pour les plus chanceux, directement sur le sol pour d’autres, mains jointes au-dessus de la Tête, puis devant le front, puis devant le cœur, puis à genoux, puis allongés face contre-terre, et hop, ils se relèvent, recommencent et recommencent. On n’entend que le frottement des mains sur le sol, protégées par un bout de carton ou de tissus, et le murmure des prières. De temps en temps, ils s’arrêtent pour contrôler le nombre de leurs inclinaisons grâce à leur mala, espece de chapelet, reprennent leur souffle, et recommencent. Le premier jour, je n’ai pas osé m’approcher. Pour rentrer dans le monastère, il fallait franchir ce mur de prières, tracer un chemin à travers ces gens. Je n’osais pas. Le lendemain, je longe le mur, humblement et je me retrouve à côté d’un moulin à prières imposant, sombre et doré, l’entrée est sensée être à côté. Pourtant la porte est fermée. Accroupie, n’osant pas retourner par le même chemin puisque j’aurais été dans le mauvais sens, je décide de regarder. Les pèlerins défilent sous mon nez, presque en courrant quand ils se tiennent à la poignée de cuivre du moulin, un tour, 2 tours, psalmodiant, murmurant, et me souriant à chaque fois que nos regards se rencontrent. Une femme me prend alors la main, et m’entraîne avec elle. Collée entre un vieillard et elle, les pieds buttant contre les irrégularités du sol et les talons des voisins, maladroite à concilier la vitesse de mon pas et celle de la roue, il n’était pas question de méditation ! A nouveau, ma main est saisie et je suis guidée entre les tapis, m’efforçant de ne pas écraser les mains, de ne pas butter contre un pied, de ne pas importuner une concentration, ma lente avancée m’a emmenée vers sa famille. Je ne sais pas où me mettre. Des enfants aux pommettes pourpres, sales à souhait, la goutte au nez me dévisagent avidement. Un homme, les cheveux gris en pétard, m’accueille avec un large sourire édenté. La femme aborde un manteau tibétain fourré, noir, une manche enlevée sur le côté et noué avec une ceinture, décoré d’un tissu léopard et aux rebords aux dessins traditionnels. Une beauté. C’est alors qu’une jeunette coiffée de tresses ornées de turquoises et d’argent me montre un coussin, bon, plutôt un bout de carton, me fait signe de m’asseoir et me tend un verre de thé au beurre. Aïe ! Le moment est venu de goutter à la spécialité locale. Prudemment, j’avale une gorgée. C’est bouillant. Et j’aime ça ! Et tout mon corps apprécie le liquide que je sens descendre lentement et qui me réchauffe. A cet instant, j’ai l’impression que la place entière me regarde. Tout le monde rigole ou sourit. Les génuflexions se sont arrêtées : mater une touriste paraît bien plus intéressant. Je me rendrai compte plus tard que chez les tibétains, la prière ou la récitation des mantras ou même les prostrations font partie intégrante de la vie et qu’il n’est pas impossible de s’interrompre pour discuter, boire un coup, ou reprendre son souffle. On peut cuisiner, vendre, conduire. Sauf qu’à ce moment-là je ne le sais pas et je me sens tellement gênée que je donnerai cher pour disparaître. Un homme montre ma tasse et dit : « good » en se marrant. « Yes, good ». Aussitôt, on me la remplit encore. Heureusement que j’aime ça ! Une femme alors me tend une thermo, je fais signe que non, pensant que qlq tasses de thé suffisent pour cette fois (par ce froid, moins je mets les fesses a l air, mieux je me porte) et je montre mon bol encore plein. Tout le monde se marre encore une fois, en faisant Non. Bien, y’a un traducteur dans le coin ? Elle me la colle d’office entre les doigts, joint les mains et m’entraîne une fois de plus vers le temple. Dans la thermo, il y a du beurre de yack fondu qui doit être versé dans les larges bougeoirs, alimentant les Buddhas de lumière et chaleur... Nous voilà donc parties, faisant le tour des statues et Tankas, une inclinaison par ci, une autre par là, et je joins les mains et je touche de mon front le rebord de certains chörten, et je frotte ma main à certaines étoffes, un peu de beurre de yack par ici, un peu de riz par là, des jiaos (un dixième de yuan) sont déposés devant presque chaque petit temple, et il y en a ! et on continue, très vite, presque au pas de course. L’essentiel est de passer devant toutes les entités, de ne rien louper, pas de prendre son temps et regarder. Une fois ressortie, je n’ai rien vu. J’ai la téte qui tourne au rythme des moulins à prières que j’ai agités, je nage dans une sorte de béatitude mystique dan laquelle m’a plongé ce parcours de prières et de ferveur auquel je ne m’attendais pas. La femme est heureuse, elle me sourit largement, son visage est serein. Et elle s’en va, agitant la main. Je me trouve un coin au soleil pour regarder, derrière le monastère, derrière les vendeurs, et aussi digérer ce qu’il vient de m’arriver. Raté. 2 secondes à peine s’écoulent et ma voisine ridée de profondes marques burinées, une très vieille femme, commence à me raconter sa vie… j’ai beau lui répondre en français que je ne comprends rien, elle parle et parle, ses beaux yeux malicieux plantés vers les miens. Elle attrape mes tresses, elle touche ma main, elle pointe ses doigts vers mes yeux clairs, retourne à mes bagues indiennes, me les enlève, les essaie, et heureusement pour moi elle a de trop gros doigts et me les remet. Puis elle touche mon pantalon qu’elle trouve visiblement trop léger puisqu’elle me montre en soulevant son manteau tibétain que dessous elle a d’autres nombreuses couches. A mon tour, je la regarde bien, je touche ses cheveux noués en nombreuses nattes, ses turquoises énormes, ses bouts de corail et d’argent cousus en deux longs pendentifs. Magnifique. Sourires, sourires, sourires. On me tape dans le dos. C’est une autre vieille qui me tend un bout bien pourri de carton. Je dois m’asseoir dessus, elle s’en va, n’en a plus besoin. Je le propose à ma voisine qui me fait comprendre que j’en ai plus besoin qu’elle, et que je vais avoir froid au cul si je reste assise ainsi sur la pierre. Je regarde autour de moi. Le soleil me fait mal aux yeux, mais je n’ose pas sortir mes lunettes de soleil ultra-truc : personne n’en porte. Il fait bon, tout le monde est tranquille, les moulins à prière tournent à l’infini, des mioches la goutte au nez jouent par terre, le temps s’est arrêté.
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YA
Yangguizi 20 years ago · Naps
Chine: Huangshan: trois expériences
Huangshan, les montagnes jaunes, dans la province chinoise de l'Anhui, est un des sites naturels les plus impressionnants de Chine, immortalisé par des générations de peintres qui ont su reproduire sur le papier les formes incroyables de ces montagnes émergeant de la brume.

Alléché par la réputation de ces lieux, il fallait bien évidemment que j'en aie le coeur net et que je le voie de mes propres yeux. Ce fut fait il y a deux ans et demi, en mai 2003, pendant les congés nationaux. Pendant cette période, la Chine est en principe inondée de millions de touristes découvrant leur pays, mais cette fois-là, Huangshan, à l'instar des autres lieux touristiques du pays était désert. C'était le pic du SRAS. La population des grandes métropoles était terrorisée, et tout était fait pour décourager ceux qui voulaient se déplacer. La plupart des avions étaient en plus annulés, faute de passagers. Mon voyage en Corée du Nord ayant été annulé au dernier moment (la Corée avait fermé hermétiquement sa frontière quelques jours avant le départ), il fallait trouver une solution de rechange dans l'urgence. Ce fut Huangshan, où je suis parti deux trois jours avec un ami.

Dès l'arrivée à l'aéroport, on était dans l'ambiance, avec un aérogare quasiment désert et des contrôles médicaux et des prises de température un peu partout. Idem à l'arrivée à l'aéroport de Huangshan. Ayant sympathisé avec deux autres francophones, nous partons tous les quatre au pied de la montagne pour dégoter un hôtel. Le temps était mauvais, on ne voyait rien. Le lendemain, nouveaux contrôles sanitaires avant d'attaquer la montagne à proprement parler. Les autorités avaient placé un cordon sanitaire strict autour de Huangshan, apparemment considéré comme une zone à protéger en priorité (vues l'absence de touristes et la faible densité de la population locale, on se demande bien pourquoi. Les équipes déployées auraient été plus utiles ailleurs).

Il pleuvait fort et on ne voyait rien du tout. On a malgré tout préféré monter à pieds plutôt qu'en téléphérique, espérant que le sommet était dégagé. Ce n'était hélas pas le cas. Il ne s'arrêtait quasiment pas de pleuvoir, et le brouillard très dense empêchait de voir quoi que ce soit. Il n'y avait pas grand monde au sommet, ce qui ne représentait qu'une maigre consolation. Histoire de passer le temps, on a fait quelques mauvaises blagues aux gens en leur faisant croire qu'on venait des zones les plus infectées (Hong Kong et Pékin), puis avons recherché un logement pour la nuit. Seul un hôtel était ouvert, et, malgré l'absence de touristes, les prix pratiqués étaient exorbitants. On a heureusement réussi à trouver un dortoir plus abordable. Le lendemain, rebelote, brouillard complet. On n'avait toujours rien vu de Huangshan, bien qu'on y ait déjà passé plus d'une journée. L'après-midi, une éclaircie très timide nous permit d'apercevoir le panorama de Beihai pendant quelques minutes, puis ce fut fini, et on reprit le téléphérique pour descendre. Echec donc.
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DE
DeCléricy 20 years ago · Naps
Yoùsse qui lé l'bateau? (mer de Chine)
Assoyez-vous toutes en rond les tits nenfants. Oncle Marsou y va vous raconter la fois oùsse qu’y a faite un fou de son lui-même.

Pour l'instant, Tonton flotte en mer de Chine, quèq’part au large de Subic Bay, au nord-ouest de Manille, à bord d’une chaloupe pontée de teck birman. Vingt-quatre mètre la barque! Tonton est aux anges depuis l’aube et la chaloupe au spinnaker et grande voile depuis peu. Michael le skipper évalue le rafiot à sept cent mille ‘’you esse’’ et compte ramener son joujou au port d’attache; le Royal Yacht Club de Hong Kong. Une balade de quatre jours et trois nuits.

Pour naviguer, il faut connaître l’art de faire le point. Autrement dit, savoir de yoùsse qu’on est sur la flotte quand ya pu de repères visuels. Sinon ce n’est plus de la navigation, mais d’la dérive! Mais pas n’importe comment! Ya la méthode ancienne, c'est-à-dire octant, boussole, chronomètre, compas, rapporteur d’angle et carte marine. Bref tout le bataclan vétuste. Depuis queuqu’années Michael utilise GPS, ordi en conversation avec les Spoutniks, radio satellite, compas électronique, cartes sur écran LCD, radar météo et sondeur de fond à écran sonar. D’la babiole de riche!

La bravade d’Oncle Marsou : faire le point avec la camelote à La Pérousse, à quelques degrés près, versus tout l’attirail électronique installé à bord. À moi l’honneur de la marine! À Michael la quincaillerie high tech! Si ya égalité, je suis promu Premier matelot au Long Cour et chacun paye une traite au barman.

L’objet de la gageure : une bouteille de scotch au bar de la Capitainerie de Hong Kong, au choix du vainqueur. Plusse… porter à haute voix un toast à l’honneur de la Cavalerie anglaise; To our women, to our horses and to those who ride them! (À nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent!). En plus de la voile, Michael pratique la selle anglaise.

En dehors de mes heures de quart (cé pas compliqué tenir la barre; tu cries… Michael vient icitte vite!!.... Ya un hénôôôrme porte-conteneur qui fonce drette sur nous autres!!!), j’occupe mes temps libres à la lecture du manuel d’instruction de l’octant, consulte les éphémérides de la mer de Chine et me familiarise avec les cartes marines. Oncle Marcel fait le bon élève et le professeur Michael teste l’apprenti matelot et répond à mes nombreuses questions.

Deuxième jour de navigation. Jour J! Il est 5 h 17 GMT. 13 h 17 à bord. J’annonce au capitaine que je suis fin prêt à relever le défi. La confiance gonflée autant que la grande voile, j’empoigne l’octant et monte sur le pont faire un clin d’œil au Soleil. Entre-temps Michael est à sa table à cartes, tapote sur l’ordi, manipule les boutons du GPS et jette un œil de temps à autre aux deux horloges du carré. Le temps de caler un rhum et manipuler la calculette, il inscrit deux coordonnées sur un bout de papier. - Alors Marcel, ça vient ce point? - J’y suis presque Capitaine. Encore une minute ou deux siouplait! Je retourne sur le pont relire à l’octant la latitude. À près d’un quart d’heure, je lui tends mon papier. Michael inscrit ses coordonnées sur la carte. - Voilà Marcel. Nous sommes par 117 degrés 52 minutes Longitude est de Greenwich et 16 degrés 14 minutes Latitude nord de l’équateur…. en mer de Chine du Sud, 214 kilomètres à l’ouest du cap philippin de Bolinao. Nous faisons route vers les récifs de Dangshao Qundao que nous laisserons par tribord dans deux jours. La barre est à NNO 349. Notre vitesse est de 6, 83 nœuds. Veux-tu connaître la température de l’eau en surface? Puis sur le visage de Michael se dessine lentement un sourire triomphant. Il s’esclaffe et, reprenant son flegme anglais, ajoute… - Pourtant!... - Pourtant quoi Capitaine? - Pourtant, on flotte matelot! Sous la ligne de flottaison, il y a environ trois mille mètres d’eau! - Bein j’vois bien qu’on flotte! Yé où le pôblème?... ?... ? - Le problème est que, selon ton papier, nous sommes à peu près… laisse-moi voir… hum… ici… voilà! Et toc… Michael pose son doigt sur la Mongolie de l’Est près d’un bled nommé Tamsagbulag. - Hein!!?... T’é sur?... Euh… J’veux dire… Vous êtes certain mon capitaine? - Non seulement je suis certain, mais également je t’avise que ce sera un Glenfiddich Speyside de 18 ans! - J’comprends pas?.... Glen…fortiche?.... spé…quèqu’chose? - Le scotch, by The Lord!!.... Je choisi un Glenfiddich single malt. À 72 dollars US la bouteille!... pourboire non compris! - Oh peuchère!

Bein bonyeu!…. J’avions perdu la gageure ciboire! Cinq jours plus tard lé tits nenfants, oncle Marsou sirotait un Glenfiddich 1981 Speyside, vieilli en fût de sherry, à Hong Kong en compagnie de Michael. Il me narguait, levant son verre à la santé de la Mongolie. Moi je songeais à Christophe Colomb en silence. Bein quoi!....Y s’croyait aux Indes cet autre capitaine lorsqu’ il débarqua sur une île des Bahamas aux Antilles le 12 octobre1492. Lui aussi utilisait du vieil attirail. Hier comme asteure ça vaut pas d’la chnoute ces patentes-là! Cé juste bon pour induire en erreur les honnêtes genses! DeCléricy
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YA
Yangguizi 20 years ago · Zabinouk
Tianmushan, ou le retour de la vengeance du haut-parleur (Chine)
Nous étions trois européens et une trentaine de chinois, tous collègues, pour participer à cette grande aventure qui allait nous mener dans les contrées les plus sauvages et inhospitalières du continent chinois. Certains, trop craintifs sans doute, avaient trouvé de bonnes excuses pour ne pas se joindre à nous lors de notre virée annuelle, et ont raté les expériences fabuleuses que nous avons accumulées pendant ce week-end. Les pauvres !

Le bus se mit donc en route samedi au petit matin, et nos deux guides ont commencé à se présenter et à essayer de nous faire rire, tandis que défilait le paysage ô combien monotone des plaines industrielles du Jiangnan, et tandis que l’équipage devait renoncer à diffuser les dvd de contrefaçon dont la qualité était trop mauvaise pour que le lecteur les passe jusqu’au bout. Quelques heures plus tard, après un déjeuner à Lin’an copieusement garni de pattes de poulet et autres carcasses animales, nous sommes arrivés à l’entrée du site de Tianmushan (la montagne de l’œil du ciel), où l’aventure allait enfin commencer.

A peine arrivés, nous avons été confrontés à notre première galère : il fallait attendre une demi-heure qu’un minibus passe nous prendre pour nous emmener du parking des bus à l’entrée du site à proprement parler. La guide locale, qui nous avait rejoint entre temps, a fait preuve d’un professionnalisme et d’un sang froid hors pair que je tiens à souligner, car elle a eu la présence d’esprit de nous faire avancer à marches forcées sur ce pénible trajet. Cela a bien entendu provoqué quelques remous parmi les fortes têtes de notre groupe, mais le résultat était bien-là : après dix minutes d’une pénible ascension sur une route goudronnée, nous sommes arrivés à l’entrée du temple.

Une fois sa visite terminée, des minibus passèrent nous prendre pour nous emmener au « sommet » de la « montagne », la route étant cette fois-ci bien moins goudronnée et beaucoup plus accidentée que la précédente. Des cris de terreur fusèrent à plusieurs reprises lorsque le minibus décolla de quelques centimètres avant de s’écraser lamentablement sur le sol boueux. Mais au bout de trois quart d’heures d’un enfer quasi absolu, nous sommes arrivés à bon port. Nous allions enfin pouvoir poser les pieds dans la forêt, dans le monde sauvage.

Ce fut un petit pas pour un homme, mais un grand bond pour un groupe qui avait enfin accompli le rêve de tout citadin : s’élever dans les hauteurs célestes pour fouler le sol d’une planète verte. Notre guide locale était équipée de la dernière technologie de pointe à cet effet. Finis les hauts parleurs rudimentaires qui firent les délices de deux générations de voyageurs intrépides dans les provinces chinoises. Cette guide-là était donc équipée d’une coiffe avec micro intégré, le haut parleur portatif devant être caché quelque part sous ses vêtements. Je n’ai malheureusement (mais est-ce vraiment un malheur ?) pas eu l’occasion de fouiller le corps pour éclaircir cette énigme technologique, et n’ai donc pu que constater son efficacité : Grâce à ce petit bijou, toute la forêt pouvait en théorie bénéficier des commentaires et conseils bienvenus de notre guide. Je dis bien en théorie, car hélas, d’autres guides accompagnant d’autres groupes étaient équipés d’une technologie équivalente, ou parfois un peu plus obsolète mais néanmoins en état de marche, et il était difficile de zapper entre tous ces passionnant programmes sonores.

« Il faut se dépêcher ou bien nous allons rater le dernier bus » nous expliqua notre guide d’un air martial. « Allons directement à l’essentiel » ajouta-t-elle dans une ultime démonstration de sa science organisationnelle. Je suis malheureusement très peu expérimenté en matière d’aventure et de tourisme, et j’ai donc suscité à plusieurs reprises l’ire contenue de notre chaperon. « Tu vas trop vite, tu vas te perdre » me dit-elle sèchement tandis que je me forçais à ralentir mon rythme pour ne pas laisser les collègues trop loin derrière moi, et risquer ainsi de me retrouver tout seul, perdu au milieu… du groupe qui nous précédait de quelques mètres. La honte ! A cause, ou plutôt grâce à son haut parleur, tout le monde pouvait entendre les réprimandes de mes bêtises. Je m’en suis donc tiré par une pirouette habile : « je vous promets de bien suivre le large chemin en pierre polie, et de m’arrêter et d’attendre vos conseils si jamais je tombe sur un embranchement ». Ca y est, cette fois j’étais passé du stade de novice absolu à celui de disciple assidu, et j’avais je pense en partie gagné l’estime de la guide. Profitant de cette liberté si chèrement acquise, j’en profitais pour engueuler les aventuriers des autres groupes que je croisais et qui crachaient à tire larigot, malgré l’interdiction de principe qui figurait à l’entrée du site. Ils faisaient semblant de ne pas comprendre bien sûr, mais leurs dialogues internes me faisaient toutefois comprendre que j’avais fait mouche. En général, cela finissait par un rire gêné.

Un peu plus loin, je suis tombé sur un obstacle de taille : des marches. Comment diable allais-je réussir à les passer ? J’ai essayé cette bonne vieille technique consistant à poser un pied devant l’autre et à faire en sorte que le pied avant repose un peu plus haut que celui de derrière, et ainsi de suite. Ma technique avait l’air de marcher sans encombre, quand tout d’un coup, l’accident se produisit : mon pied avant a glissé de quelques centimètres, et mon corps s’est incliné de cinq à dix degrés avant de se stabiliser à nouveau. Ouf, je l’avais échappé belle. J’entendis alors la guide hurler derrière moi : « attention c’est dangereux ici, tout le monde, faites bien attention où vous mettez les pieds » Personne n’a eu d’accident, et j’avoue tirer une certaine fierté de cet exploit, après tout, c’est un peu grâce à mon sacrifice que tout le monde a pu être averti du danger.

Plus loin, nous nous sommes tous arrêtés sur une plateforme, où de nombreux guides hurlaient au travers de leur haut-parleur leur amour de la nature devant des dizaines de voyageurs émerveillés. Que c’est beau la nature sauvage quand même, et c’est si calme par rapport à la ville. Pas de klaxons, pas de marteaux piqueurs, pas de musique sauvage, et les seuls hurlements qui fusaient ça et là étaient des hymnes à la beauté de la forêt. De gigantesques pancartes et banderoles multicolores vantaient un peu partout la beauté de la nature, au cas où quelques aventuriers distraits auraient oublié d’ouvrir les yeux. Que la nature est bien faite !

Non loin de là, nous sommes enfin arrivés au but ultime de notre voyage : un arbre, devant lequel nous fumes invités à nous extasier longuement et à faire de longues séances de photo. Vous vous demandez sans doute ce que cet arbre avait de particulier ? Et bien, croyez-le ou non, mais il avait été sélectionné pour être l’arbre roi de la forêt, et quelques statuettes ainsi qu’une petite clairière ont été aménagés autour. Il est vrai qu’une balade dans la forêt sauvage est beaucoup plus intéressante lorsqu’on a un but à atteindre, et un arbre roi de la forêt remplit ce rôle à merveille.

Au bout d’une bonne heure de ce périple haletant, nous sommes ressortis de la forêt par où nous étions arrivés, et avons longuement attendu qu’un minibus passe nous prendre.
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SL
Slaeinte 20 years ago · Yangguizi
La Chine "éternelle"
Recit par Christophe et Sophie de 6 semaines en Chine apres un passage en Mongolie: (pour la gallerie photo http://www.lespiedssurterre.org) Dimanche 21 Aout: Good morning China Levés tôt, on quitté à regret le pays du cheval pour entrer dans celui du vélo. Petite anecdote pour faire le lien entre les deux pays: les mongols n'aiment pas les chinois (en tous cas Zolo). Premièrement, ils ont mal digérés d'être sous l'égide Mandchou (1644-1912). La Mongolie intérieure reste d'ailleurs chinoise, et les déplacements de population font qu'il ne reste plus que 15 % de Mongols dans cette région. Deuxiemement, suite a la loi de l'enfant unique pour limiter les naissances en Chine, il s'est crée un déficit en femmes puisque nombre de filles furent sacrifiées (avortements, infanticides…), de nombreux chinois venant alors chercher leur femme en Mongolie. Ca laisse des traces…D'ailleurs entre parenthèse, les chinois risquent de se heurter dans quelques années au problème des retraites auquel nous faisons face en France actuellement, mais en puissance 10. La structure familiale étant maintenant calquée sur le modèle 4-2-1, l' enfant unique doit s'occuper de ces 2 parents et de ses 4 grands parents... La gérontologie a de beaux jours en Chine... A peine montés dans le train, trois chinois profitant de l'agitation générale de l'éscale ont éssayé de nous voler. Christophe gardait les bagages dans la cabine pendant que Sophie dépensait les derniers toubrouks en gateaux. Il discutait assis avec l'un des trois pensant avoir affaire à notre compagnon de cabine pendant que l'autre fouillait dans le sac sur la banquette superieure, le dernier faisant mine de retirer sa veste lui cachait la vue. Lorsqu'il s'en est apercu, ils se sont vite éclipsés aidés par le chef de cabine ( qui verifie normalement les tickets de ceux qui montent), qui lui demanda son billet l'empéchant ainsi de les rattraper…bonne entrée en matière! Heureusement rien n'a été volé et les objets de valeur se trouvaient au fond du sac, on restera désormais sur nos gardes. Nous avons ensuite recu la visite de Juliette que nous avions rencontrée au Vieux Campeur puis croisée a Moscou. Nous passons une partie du voyage avec elle, sa mère doit la retrouver a Pékin dans 30 heures. Le passage de la frontière fut moins long que l'entrée en Mongolie (seulement 4h) et nous a permis d'assister au changement des roues du train car les rails russes et mongoles n'ont pas le mème écartement que les autres. Le wagon est soulevés par de puissants bras leviers puis les essieux extraits et remplacés par d'autres. Les passages des frontières reste toujours stressant, on a l'impression de passer un examen d'entrée avec la peur d'avoir fait une bétise, les visages graves et les uniformes des douaniers ne font d'ailleurs que dramatiser la situation. Ca y est, nous voici en Chine! Au loin, des lumières nous laissent deviner une population bien plus nombreuse qu'en Mongolie. Au réveil, les usines et les odeurs de pollution confirmeront que la Chine demeure le pays le plus touché puisque 9 des 10 villes les plus polluées au monde s'y trouvent. Autre constatation, la moindre parcelle de terre cultivable est mise a profit car elle n'est pas suffisante pour nourrir la population entière, c'est donc avec amusement que nous apercevront des bordures de routes de 2 m2 plantées de tournesols!

Lundi 22 aout: 1.3 milliard de chinois, et nous et nous et nous… Juliette va se la couler douce quelques jours au Novotel, le rendez-vous est pris pour l'apero demain soir. Nous tentons d'arrêter des taxis sans succès, ils nous regardent mais ne nous prennent pas. C'est donc dans un moto-taxi ou rickshaw que nous iront a la guest, sorte de tricycle a moteur couvert avec 2 places a l'arrière dos au chauffeur. Avec nos 4 sacs, c'est assez folklorique. On ne s'attendait pas a cela avec nos vieux clichés de la Chine. Au lieu des milliers de vélos, des voitures, à la place d'une foule grouillante, des grandes avenues spacieuses et pour remplacer les pagodes, des immenses buildings ultra-modernes. C'est très loin de ce qu'on imaginait, on dirait une ville futuriste ou tout est bien organisé: de vastes pistes cyclables permettent aux derniers vélos et pousse-pousse de circuler facilement et des passages souterrains ou des ponts au-dessus des rues en facilitent la traversée. En Magasin ambulant revanche, un épais brouillard style 'smog' enveloppe la ville de sorte que la vue au loin se limite a un ciel gris-blanc. On a de la chance, y'a de la place à la guest, par contre ce sera dans une chambre de 5 personnes. Nous faisons alors la connaissance de Julie et Thibault, arrivés depuis 4 jours et un peu stressés par leurs premieres mésaventures et d'Estelle, amoureuse de la Chine qui fait une thèse sur l'art contemporain chinois (elle aura d'ailleurs la gentillesse de nous ramener en France quelques achats encombrants).

Mardi 23 aout: les hutongs La priorité de la journée: trouver un dentiste pour Christophe qui se plaint d'une carrie depuis le départ (le check du départ n'a pas été professionnel monsieur le dentiste parisien, on saura s'en souvenir). Nous montons dans notre premier taxi: un grillage sépare le conducteur des passagers, étonnant car Pekin dégage un sentiment de securité. Le cabinet, dans un quartier d'expatrié, est hyper moderne avec des écrans et appareils qu'on a pas encore chez nous. Le dentiste est syrien et compétent, verdict: des morceaux de viande coincés entre les dents sont a l'origine des douleurs, il va falloir apprendre a se servir du fil dentaire! Nous traversons ensuite le quartier des ambassades sans grand intérèt a part celui de croiser des militaires marchant d'un pas synchronisé et celui de Sanlitun, successions de bars occidentaux fréquentés par des occidentaux avec des tarifs occidentaux. Vous l'aurez compris, uniquement pour ceux qui ont du mal a quitter l'occident. Nous terminons la journée dans le quartier des 'hutongs', mot mongol designant ces ruelles qui traversent les anciennes habitations familiales chinoises, les "siheyuans" dont certaines datent de 1500. Une bonne partie a été détruite, les jeux olympiques de 2008 accèlérant le processus. Heureusement, les plus anciennes sont desormais protégées meme si les chinois les boudent de plus en plus pour le confort moderne des HLM. C'est a "vélo-taxi" que nous les visitons. La promenade est très agreable notamment autour du lac Houai Hu ou des terrasses meublées de sofas confortables n'attendent que nous. Des chinois se baignent tandis que d'autres pèchent a la ligne, il y a mème des touristes qui font du pédalos, d'ailleurs, ce n'est pas Sophie, notre voisine belge du Transsibérien que nous apercevons la avec Colai?... Incroyable, elle s'apprétait a passer sous le pont au moment ou nous passions dessus! Notre guide nous arreté pour visiter l'interieur. Cela ressemble un peu au modèle de la 'villa' romaine avec ses pièces d'habitation réparties autour d'une cour a ciel ouvert, reflet de cette vie communautaire ou grands parents, parents et enfants vivaient ensemble. Le Novotel se trouvant un peu loin a pieds, nous prenons un pousse-pousse pour nous y rendre, la négociation fut difficile mais le marché est conclu. Il nous dépose au coin de la rue en nous expliquant que c'est juste a droite. Après 10 bonnes minutes de marche, on réalise qu'on s'est bien fait avoir! On ne nous y reprendra plus. Juliette et sa mère nous font visiter l'hotel, y'a même une salle de sport et une piscine, maintenant qu'ils nous ont repéré, on va peut-etre pouvoir y aller incognito…

Mercredi 24 Aout: 'a biycletteeuh…' C'est décidé, aujourd'hui on loue des vélos. C'est tres agréable de circuler ainsi, il faut juste faire attention aux carrefours, aux piétons, et aux bus qui empruntent la piste. Une seule règle a integrer: la voiture est prioritaire sur le velo, lui même prioritaire sur le pieton. Sur le chemin qui nous mêne au parc du temple du Ciel, nous nous perdons dans des hutongs beaucoup moins touristiques que la veille et achetons notre pique-nique. Nous passons par hasard devant une belle entrée dont nous poussons la porte, c'est une école. La rentrée se prépare et une institutrice nous accueille gentiment pour nous faire la visite. L'école est tres bien équipée, un écran de télé par classe, une salle informatique au top et une cour de récreation bien fournie et dotée d'un revêtement plastique anti-bobos; il manque juste un détail: les enfants. Le parc Tiantan Gongyuan est grand et son centre est traversé par une ligne sur laquelle se trouve les temples. Destiné a garantir de bonnes moissons, il est caracteristique de l'architecture Ming, c'est-a-dire sans clous ni ciments, les pieces de bois s'emboitant les unes aux autres. Malheureusement, le principal, celui que l'on voit sur les étiquettes du baume du tigre, est fermé pour rénovation (comme de nombreux autres sites actuellement). Nous avons apprecié l'Autel circulaire et c'etait assez drole d'entendre tous ces chinois crier d'un bout a l'autre du Mur de l'écho cense repercuter le son a son opposé, une vraie cacophonie! Nous decidons ensuite de nous faire pomponner avec un massage d'une heure, on l'a bien mérité. Le massage a la chinoise est assez "musclé" mais c'est quand mème tres agréable. Le moment est aussi venu pour Christophe de tester le coiffeur chinois; nous en avions croisés qui exercaient leur art directement sur le trottoir mais il rentrera finallement dans une petite échope. Resultat: nous ne sommes pas loin de Bernard Jugnot dans les "Bronzés" (On n'a pas trouvé la traduction chinoise de "Ne coupez pas les pattes, s'il vous plait"). La réparation nocturne La fin d'après-midi nous ménera par hasard dans une ruelle commercante très chouette, Sophie commence a craquer sur les jolies robes longues fendues a col mao en soie "soi-disant 100%" et Christophe sur une affiche de Mao (a chacun son mao!). Nous nous sommes un peu perdus de nuit sur le retour, il est tard, c'est le moment que choisit Sophie pour dérailler juste avant de casser sa chaine. Heureusement, notre bonne étoile est là, un réparateur ambulant se trouvait a dix mètres!

Jeudi 25 Aout: Pas cool! Nous visitons aujourd'hui la cité interdite dont certains chinois auraient payé de leur vie l'entrée il y a moins d'un siècle. Malgré notre volonté de nous lever tôt pour en profiter "tranquillement", nous décollons un peu tard (8h30) et c'est au milieu des hordes de touristes chinois que nous essayons de nous faufiler. Le gouvernement chinois essaie en effet de promouvoir le tourisme en les invitant (pour ne pas dire en les sommant) à rester dans le pays. Résultat: partout nous croisons des groupes de 30 personnes reconnaissables à leur signe distinctif du style casquette rouge (ou bleue ou blanc ...) ou bien tee-shirt bleu (ou rouge, ou blanc…). Leur guide est en général équipé d'un micro et cela devient parfois insupportable lorsque l'on est cerné. Dans ces conditions-là, pas facile non plus de faire une photo: il faut parfois attendre la fin du défilé de personnes qui posent par une ou deux devant les monuments avant de pouvoir prendre un cliché, et patienter longtemps avant d'en obtenir un correct sans avoir quelqu'un qui nous passe sous le nez. Restez groupir ! On aborde ce lieu mythique via la porte de la paix céleste, terminant la place Tian'anmen oeuvre de Mao. Des tribunes permanentes jouxtent l'édifice et font face à cette place tristement célèbre depuis les manifs de 1989. Mao est d ailleurs l'objet d'un véritable culte, pin's, affiches, discours, de nombreux chinois gardent un profond respect pour leur ancien souverain, quoiqu'en disent les historiens. Il est donc normal que sa photo géante orne le passage pour la cité interdite. L'endroit est effectivement très beau (il vaut mieux puisque les empereurs et leur cour n'en sortaient quasiment jamais). Une fois de plus, de nombreux bâtiments sont en rénovation et, au vu des couleurs éclatantes des parties nouvellement restaurées, le résultat est prometteur. En tout cas, après 5h, nous, on était contents d'en sortir de la Cité Interdite... Nous prendrons un peu de hauteur au sommet de la colline du parc Jingshan Gongyan qui surplombe la Cité pour l'admirer dans son ensemble. Fatigués de cette journée, nous prenons un moto-taxi pour retourner Place Tian'anmen ou nous attendent nos vélos, garés dans un parking qui leur est reservé. Le chauffeur veut nous déposer au coin de la rue et refuse d'aller plus loin. Apres un dialogue de sourds, nous finirons a pieds après lui avoir payé la somme fixée au départ proportionnellement a la course effectuée, et na! La suite de la journée fut assez noire puisque nous avons eu des problèmes avec les chinois à deux reprises: Sophie s'est faite envoyée ballader par la tenancière de l'Internet Café, qui en plus d'être très désagréable, a essayé de la voler au passage, et Christophe a eu le malheur de donner l'argent avant de prendre la tranche de fruits secs (qui avait l'air délicieuse) vendue a un prix prohibitif. Refusant de payer une telle somme, le gourmand a voulu reprendre son billet mais il n'en était evidemment pas question, le vendeur s'est alors mis à hurler plus fort que Christophe et, n'étant pas en terrain conquis, nous sommes repartis les mains vides et le porte-monnaie allégé de 10 yuans! Le dernier point noir de la journée et non le moindre a fini de nous miner: toutes les données de la X-Drive (disque dur portable) ont disparu, c'est-à-dire la musique (pas grave) mais surtout les photos et les films de Mongolie et du Transsiberien.

Vendredi 26 Aout/ Samedi 27: La Grande Muraille Impression étrange au lever comme tous les matins depuis que nous sommes en Chine, fait-il beau ou le ciel est-il couvert? Le soleil peine à percer cette brume omniprésente et ce voile donne a Pékin des allures de ville futuriste victime de nos excès…En attendant notre bus pour se rendre a la Grande muraille, nous faisons la connaissance de Trixie qui envisage de s'installer a Pékin. Apres 4 heures de route, nous arrivons à Jinshanling et lui fixons rendez-vous le lendemain pour déguster un canard laqué, specialité de Pekin . La randonnée qui part d'ici dure 4/5 h pour rejoindre Simatai. Puisque nous avons prévu de bivouaquer sur la muraille (malgré l'interdiction tacite) nous laissons passer le flot de randonneurs pressés afin de pouvoir en profiter seuls. La muraille est impressionnante, elle serpente, descend puis grimpe a perte de vue dans un paysage sauvage, c'est d'autant plus incroyable au vue des 5000 kms qu'elle couvre! Pas étonnant que ce soit l'unique édifice humain visible depuis la lune. Sa construction débuta il y a 2000 ans sous la dynastie Quin (221-207 avant J-C) lors de l'unification de la Chine afin de se protéger des incursions des nomades (nos amis les mongols) mais elle ne remplit jamais sa fonction (les sentinelles étant très corruptibles). La première partie que nous avons parcourue est rénovée, mais d'autres endroits sont en ruine, et il faut parfois contourner les tours de guet tant le chemin est dangereux. La randonnée est fatigante car les marches sont de tailles inégales et tellement pentues qu'il faut parfois s'aider des mains. Elle nous récompense cependant par de magnifiques points de vue. Le bivouac est fortement déconseillé car des touristes sont morts foudroyés (un couple la semaine dernière!), les tours servant d'abris sont en effet les points culminants de la région, de véritables paratonnerres. Nous croisons un guide chinois francophone qui nous rassure sur la météo; il ne devrait pas y avoir d'orages par contre, tout en blaguant, il nous met en garde contre les loups de la région. Puis, une vieille vendeuse chinoise nous fait part de sa rencontre avec un serpent de 1.5m dans les ruines il y a tout juste 5 mns. Enfin deux adolescents très collants ont fait germé dans la tête de Sophie notre vulnérabilité sur ce mur au milieu de nulle part en cas d'agression nocturne. Squatt sur la Grande Muraille De toute façon, il est trop tard pour faire machine arrière, la nuit tombe. Nous choisissons une tour en bon état pour installer notre bivouac, nous cachons papiers et objets de valeurs entre les pierres (on ne sait jamais!), puis nous nous "régalons" des raviolis vapeur qui nous restaient de la veille. C'est alors que le ciel s'est assombri insidieusement nous privant du coucher de soleil espéré et laissant apercevoir au loin…des éclairs! Malheureusement, le vent ne tourne pas en notre faveur et c'est en quatrième vitesse que nous avons gonflé nos matelas, installé les duvets et regroupé autour de nous tout ce qui pouvait nous isoler d'un éventuel coup de foudre, les pierres sur lesquelles nous étions étant conductrices d'électricité. Blottis l'un contre l'autre en ayant pris soin de ne pas être en contact avec le sol et chaussés de nos pataugas aux semelles isolantes, nous avons attendu une bonne heure sur nos matelas d'air. Nous étions en plein coeur de l'orage, les éclairs frappaient tout autour (peut-être même sur notre tour) avec un bruit effroyable, illuminant par à-coups lucarnes et vieilles pierres, le vent apportait du sable venant de Gobi et la pluie s'engouffrait dans notre abris. Nous avons eu les chocottes mais quelle aventure! Nous avons finalement dormi aussi bien que sur les planches de bois des auberges de jeunesse. A notre retour à la guest-house, notre chambre de 5 était prise, il ne restait qu'un dortoir de 18 (2 ronfleurs plus de nombreux va et viens), et en plus Sophie s'est enrhumée! Dimanche 28 Aout: Ouille ca fait mal! Quelle surprise au petit-déjeûner de croiser le couple d'allemands pris en auto-stop en Mongolie! On n'aura pas le temps de discuter longtemps puisque Christophe s'est ouvert la main en pelant sa pomme avec le couteau suisse fraîchement aiguisé (Zolo avait bricolé le van avec!). Apres s'être retourné l'ongle du pouce, s'être arraché la peau du gros orteil, avoir été chez le dentiste et coupé la veille avec la même couteau, il récidive cette fois avec une profonde entaille qui pisse le sang. Y en a qui se sont vu attribuer des surnoms pour moins que ca… Malgré sa réticence, c'est a l'hôpital qu'il se fera soigner. Une anesthésie locale, quelques points de suture et un étourdissement plus tard, il ressortira avec pour consigne de se faire ôter les fils dans deux semaines! Nous ne changeons rien au programme et visitons le célèbre marché de Panjiayuan, ouvert seulement le week-end. Et là, on en a plein les yeux: meubles chinois splendides en acajou et en ébène, artisanat en tous genres (émaux, tissus, sculpture, boites, objets en jade, bijoux, bronze, peintures sur soie, etc…). Nous sommes surpris de voir aussi des grillons dans des cages rondes en bois, est-ce pour se délecter de leur mélodie ou de leur chair?! On commence à se renseigner sur le prix d'envoi du mètre-cube et on rêve de revenir un jour rien que pour faire du shopping. Nous déjeûnons le midi dans un restaurant ou l'on choisit son poisson dans l'aquarium. Apres l'avoir "péché", ils nous le montrent dans un sac encore vivant avant de l'emporter à la cuisine, sa dernière demeure, au moins on est sûrs de manger du poisson frais. Depuis que nous sommes en Chine, contrairement à la Mongolie, les saveurs sont multiples et il est parfois difficile de mettre un nom sur tel épice, tel mets ou tel plat. Nous découvrons de nouveaux légumes et fruits inconnus jusqu'alors et même des algues dans nos assiettes. En tout cas nous nous régalons. L'après-midi se terminera sur les Champs-Elysées chinois ou se tient tous les soirs un étalage un peu spécial, ici on peut déguster des mets originaux: brochettes de serpents, de larves, de criquets, de scorpions et même…d'hippocampes! Christophe testera le serpent qui, semble-t-il ressemble un peu au calamar.

Proverbe chinois du jour: "les chinois mangent tout ce qui a quatre pattes, sauf les tables et les chaises" Appétissant non... Lundi 29 Aout: Wo shi fa guo ren (je suis français) Dernière visite à ne pas rater avant de quitter Pékin: le palais d'été. Et pour cause, c'est magnifique. Son parc agrémenté d'un lac bordé de saules-pleureurs, ses temples, ses pavillons, ses ponts, et ses immenses galeries-promenades servaient de villégiatures à la cour impériale. Une fois de plus, le plus imposant des édifices se trouvant au sommet de la colline est fermé pour rénovation (un conseil: ne pas visiter Pékin a la veille des JO 2008). La ballade est vraiment agréable et nous croiserons des chinois occupés à nourrir des écureuils, à faire un récital classique ou à prendre des cours de valse en plein air. Les chinoises quand a elles se promènent souvent sous une ombrelle car contrairement aux européennes, pour être belle, il faut rester blanche. Palais d'Eté un peu coincé le couple impérial... Nous sommes tombés sous le charme de Pékin, une alliance réussie entre passé et modernité, calme des parcs et frénésie de la population. Il nous reste tout juste le temps de monter dans un taxi pour ramasser nos sacs à la guest et prendre le train de nuit pour Pingyao, c'est-à-dire, pas le temps de tomber sur un faux taxi qui cherche à nous arnaquer. Il nous avait vu venir de loin quand il nous a proposé ses services au sortir du palais. Apres avoir affiché son enseigne au dessus de sa voiture, il l'a discrètement retirée puis mis en marche un compteur trafiqué dont les yuans défilaient anormalement vite. A mi-chemin, Christophe a mis les pendules a l'heure mais le malhonnête n'a rien voulu savoir. Il s'est finalement arrêté lorsqu'il a compris qu'il allait avoir affaire à la police et s'en est allé sans demander son reste (au passage d'autres arnaques style bouteilles d'eau "minérale" remplies avec celle du robinet sont aussi courantes et peuvent coûter quelques desagréments gastriques). Avec l'augmentation du tourisme, arnaques en tout genre et vole à la tire (cf premier jour) semblent avoir autant prospéré que l'économie chinoise. Méfiance, méfiance. On monte dans un autre taxi cette fois très sympathique qui nous amusera de ses rots francs a répétition jusqu'à la gare. C'est parti pour notre premier train chinois. Celui-ci est propre et dispose d'un service de restauration ambulant. Les cabines ne sont pas cloisonnées et les lits superposés sont au nombre de trois. Nous faisons la rencontre de Hélene et William, sans doute les seuls chinois du train parlant le français et habitant a 10 minutes de chez nous (Vincennes)! Ils nous rendront bien service en téléphonant a la guest qui du coup nous attendra en taxi a la sortie du train ( à 5 h du mat ça peut aider). Si vous nous lisez, un petit coucou a tous les 2 et rendez- vous est pris à Paris pour un échange de recettes franco-chinoises. A 22 heures, les lumières s'éteignent sans avertissement, c'est l'heure de dormir, et pas question de lire, il n'y a pas de veilleuse individuelle.

Mardi 30 Aout: Pingyao Nous arrivons à l'aube dans les jolies ruelles encore endormies de la ville. Le soleil se lève et nous sommes complètement dépaysés par ce havre encore préservé de la modernité. Encerclée de ses remparts, Pingyao est une ville traditionnelle han extrêmement bien conservée. C'était un carrefour commercial prospère qui devint le centre financier de toute la Chine sous la dynastie Qing (1644-1911). Apres cette période faste, elle tomba dans la misère, et, pour notre plus grand bonheur, ne se modernisa pas par manque de fonds. En 1997, elle a été inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco. Notre guest house est ravissante. Jinjinglou Binguan est une ancienne demeure Han transformée en hôtel. Nous entrons dans une jolie cour fleurie ou se trouve un "chat de garde". Curieusement, nous verrons beaucoup de chats attachés à une laisse dans cette ville; cela ne plaît pas à Sophie mais c'est préférable de les voir ainsi plutôt que dans nos assiettes! Notre lit est immense, il occupe les trois pans du mur, 3m sur 2, et est doté d'un système de chauffe, une ouverture dans le muret en brique sous le lit permet d'y faire du feu. Avec nos vélos, nous jouons les Anquetil et parcourons la ville dans tous les sens, notamment la rue des "antiquités" qui n'en a que le nom puisque tous les étalages présentent les mêmes objets vieillis mais néanmoins très bien faits. Les chinois sont en effet experts pour les imitations et contrefaçons en tous genres, mais ça vous le saviez déjà. Le marchandage est de rigueur et nous repartirons avec une paire de patères en laiton (sans doute pas du bronze) et une boîte en laque. Nous passons par hasard devant une école, alertés par des choeurs d'enfants. Nous rentrons avec l'autorisation de jeter un coup d'oeil dans la classe. Horreur! Ils sont 60! Il paraît même qu'ils peuvent aller jusqu'a 70. L'enseignement et les élèves sont évidemment très différents par rapport a la France. C'est une éducation à la communiste: pas question de réfléchir, il s'agit d'un apprentissage base sur la mémorisation et l'absence de débat au sein de la classe. L'éducation chinoise ne s'est toujours pas remise des ravages de la Révolution culturelle quand, dans tout le pays, les enseignants furent battus ou tués puis souvent remplacés par des paysans ignorants. L'enseignement devint alors un instrument au service de l'endoctrinement des masses. Les élèves de leur côté obéissent au doigt et a l'oeil, un coup de sifflet dans la cour et ils sont ranges a égales distances, un second avertissement et on entend les mouches voler. Les enfants furent évidemment très intrigués par notre présence. Sophie peine à imaginer le travail de correction de la maîtresse. D'autre part, du fait de la loi sur l'enfant unique, de nombreuses familles en comptent en fait 3 ou 4, en province notamment, mais n'en déclarent qu'un pour éviter les représailles. En dehors de tout registre, ces enfants "officieux" n'ont donc pas accès a l'école (et au service militaire...), terrible handicap pour leur avenir. Des recensements sont en cours pour mettre un terme a cette situation. En fin d'après-midi nous tombons sur Thibaut et Julie, nos colocataires de Pékin. La Chine n'est décidément pas si grande que ça. Nous prévoyons de visiter un monastère fameux le lendemain. Une fois n'est pas coutume, a 5 euros le massage de 2 heures, une heure pour les pieds, une heure pour le "full body", on ne s'en lasse pas. Les restaurants vides ne nous inspirent pas et nous préférons dîner à une gargote dans la rue. Nous prenons des risques car l'hygiène laisse à désirer: le "cuisto" utilise la même pöele pour ces préparations et manipule les aliments avec ses mains sales et noircies par les flammes, mais le feu est fort et la cuisson suffisante pour éliminer bactéries et microbes. Nous mangeons attablés sur des chaises basses, au milieu des locaux surpris de nous voir ici et très amusés par la technique très personnelle de Sophie en ce qui concerne le maniement des baguettes: ça vole dans tous les sens…On en profite pour trinquer avec le tenancier qui nous fait goûter un alcool blanc a l'odeur d'alcool a brûler. gargotte

Mercredi 31 Aout: un p'tit bout d'occident Apres un petit déjeûner occidental avec Juliette et Thibaut (c'est-à-dire sans épice et sans riz!), nous partons visiter a vélo Shuanglin Sin, a 7 kms de la ville en nous aventurant sur la nationale. Les camions nous klaxonnent pour nous avertir et nous frôlent parfois de près. Le monastère renferme de somptueuses statues et figurines d'argiles peintes, certaines datant de 2000 ans. Les quatre "gardiens" à l'entrée sont très impressionnants et l'expression des visages est parfois si réelle que c'en est inquiétant (c'est Sophie qui écrit ce passage, vous l'aviez deviné…); on se croirait un peu dans "Le nom de la rose". Nous dînerons des lasagnes qui n'ont rien d'italienne dans notre petit bout d'occident de ce matin en compagnie de Thibaut et Julie qui retournent a Pékin ce soir. Ils attendaient déjà depuis une heure lorsque nous sommes arrivés à la gare, et pourtant nous monterons dans le train avant eux direction Xi'an. Bye-bye les amoureux, on se revoit a notre retour. Encore merci pour le colis! Le train n'est pas aussi propre que le précédent et cela devient franchement insupportable d'entendre les chinois se râcler la gorge a répétition et cracher partout, c'est une véritable manie chez eux sans parler de ceux qui pètent ou nous rôtent sous le nez, que ce soit au resto, dans le train, en pleine rue ou dans le taxi…!

Jeudi 1er septembre: "La Suisse, c'est dans quel pays?" A peine descendus du train, nous sommes abordés par des rabatteurs. Ils nous proposent un hôtel qui n'est pas mentionné dans notre guide car notre édition n'a pas été mise à jour et les infrastructures chinoises évoluent très rapidement depuis peu; des hôtels et guest house fleurissent un peu partout. Le rapport qualité/prix est intéressant, nous envoyons l'adresse a Juliette qui doit arriver avec sa mère dans 3 jours. Nous dégottons un petit restaurant qui ne paie pas de mine mais dont la cuisine est vraiment délicieuse et le sourire de la patronne honnête. Cela n'est pas souvent le cas et d'une manière générale les chinois nous donnent l'impression d'être très intéressés. Nous passons une bonne partie de la journée à l'achat de nos billets d'avion pour la Birmanie et pour Xi'an. Nous traversons la moitié de la ville pour nous rendre a une billetterie qui n'existe plus, une fois encore merci le Lonely! Nous nous rendons ensuite dans un hôtel de luxe dans l'espoir de trouver quelqu'un qui parle anglais. C'est chose faite sauf que la Birmanie, connais pas! Malgré nos schémas et un planisphère, ils "découvrent" un nouveau pays voisin. Ils ne savent pas non plus l'écrire en chinois pour faire des recherches. Le moment est d'ailleurs venu de vous raconter un peu comment se passe la communication dans un pays où l'anglais n'est pas très courant même dans les endroits touristiques. Les chinois s'évertuent à nous parler et à nous répondre dans leur langue alors que visiblement nous ne les comprenons pas, lorsque les onomatopées ( hein, hein, hum, hum, nin, nin) associées a quelques gestes ne suffisent plus et que nous en avons assez de jouer a "Dessiner c'est gagné", on passe au mime, et ça marche plutôt pas mal causant souvent une bonne crise de rire aux interlocuteurs. Apres s'être acharnés une heure, nous les abandonnons pour un hôtel encore plus luxueux, le Hyatt, ou le personnel nettement plus compétent n'en sera pas moins mauvais en géographie (l'une a même demandé a un Suisse qui voulait téléphoner chez lui:" Mais la Suisse, c'est dans quel pays?). Nous en sortirons néanmoins avec nos billets en main.

Vendredi 2 Septembre: la plus grande découverte du XXe siecle Nous partons visiter la célèbre armée enterrée qui a fait se développer la ville de Xi'an depuis sa découverte en 1974. Certains la considère comme la huitième merveille du monde (et les halles de Rungis alors?) Il faut pour cela prendre un bus a la gare routière. Nous n'étions pas les seuls à l'attendre. A l'ouverture des portes, un raz de marée humain s'est engouffré dans le bus, une véritable mêlée, la cocotte bordelaise nous commenterait Pierre Albaladejo. Petits et grands, jeunes et vieux, pas question de politesse ou de galanterie, c'est la jungle. Sophie a joué des coudes et nous a dégoté 2 places au fond du bus. L'armée des 6000 soldats de terre cuite est protégée sous des immenses hangars. Toute une partie reste à déterrer et on estime a 20000 le nombre de statues qui composent le tombeau de Qin Shihuangdi (= premier empereur), connu pour avoir unifié l'empire en 210 avant JC. Des archers, des arbalétriers et des fantassins ainsi que des chevaux (les chars en bois qu'ils tiraient ont disparu), sont ainsi livrés à nos yeux à l'endroit même où ils se trouvaient jadis, dans des couloirs souterrains de terre et de poutres autrefois recouverts d'un toit . Ils sont sculptés grandeur nature dans le détail: cheveux, coiffes, armures, mouvement du tissu et même expressions du visage. Il semblerait que les artisans se prenaient comme modèles mutuels. Leurs armes ne sont malheureusement pas visibles mais, chose incroyable, elles étaient recouvertes d'un produit les protégeant de la rouille si bien que les lames étaient encore aiguisées. Les chinois avaient donc découvert l'anticorrosif plus de 2000 ans avant nous!

Samedi 3 septembre: la tête dans les étoiles Nous prenons le bus direction Huashan, départ de l'ascension du Hua Shan, une des cinq montagnes sacrées de Chine. Le souci avec les bus chinois, c'est qu'ils ne partent que lorsqu'ils sont pleins; nous avons donc attendu une bonne heure! Cela permit à Sophie d'avoir le temps de visiter les toilettes publiques avant le départ. Les "Water closet" n'ont rien de "closed", c'est-à-dire qu'il n'y a pas de porte, juste une basse cloison, et encore ce n'est pas toujours le cas, bonjour l'intimité ! Voici le tableau: cinq femmes côte-à-côte accroupies (les toilettes sont "a la turque" bien sûr) faisant face à trois autres faisant la même chose pendant que des dames attendant leur tour debout devant elles. Sophie a donc fait "la petite commission" face à une femme faisant "la grosse commission". Globalement les toilettes sont sales et l'odeur tellement forte que l'apnée s'impose, imaginez l'odeur d'une litière à chat qui n'a pas été changée depuis 3 mois! Dans le car nous avons droit a la vidéo; d'abord des clips d'un kitsh comique puis Crazu kung fu, un film complètement délirant qui se passe sans problème du doublage. Christophe sent soudain une main sur sa cuisse gauche alors que Sophie se trouve à sa droite, une admiratrice ? Non non, un chinois puis sa voisine, intrigués par ses poils (ils sont quasiment imberbes) s'étaient permis de toucher sans autorisation! Cela faisait déjà un moment qu'ils nous dévisageaient car c'est vrai qu'au milieu de tous ces chinois on fait un peu tâche. D' ailleurs on a parfois l'impression d'être des bêtes de foire. Même si le tourisme se développe en Chine, les étrangers sont noyés dans la masse et nous attirons de nombreux regards. On nous demande même parfois de poser avec eux. L'entrée est très chère (10 euros) et si l'on veut emprunter le téléphérique, il nous en coûtera 6 par personne! De toute façon on avait prévu de faire la randonnée à pieds. Christophe en manque d'exercice a rempli le sac à dos avec nos affaires pour passer la nuit là-haut ainsi qu'avec les indispensables bouteilles d'eau, au total 15 kilos. Cela permet aussi de compenser la différence de condition physique et d'entraînement de Sophie. La voie est pavée et la pente progressive jusqu'a ce qu'on arrive au deuxième effet Kiss Cool, les marches. Les montagnes sont abruptes et la dénivellation importante puisque nous grimperons 1800 mètres sur 7, 5 km. La paroi est parfois tellement verticale que les marches très escarpées ressemblent parfois a une échelle et qu'il faut s'aider des chaînes qui la longent. C'est éreintant. Le chemin est ponctué de petites terrasses ou l'on peut boire ou se restaurer. Les prix sont assez chers mais l'approvisionnement est difficile car il se fait à dos d'hommes. Nous sommes a la foi admiratifs et apitoyés de voir ces bêtes de somme monter ou descendre avec leur fardeau sur le dos, certains ayant dépassé 50 ans. Une latte de bois équilibrée à ses extrémités par de lourds paquets repose sur leurs épaules causant au passage une déformation du dos très nette et des blessures à ceux dépourvus de protection. Nous avons croisé un vieil homme jouant de la flûte en même temps qu'il montait, alors que nous, nous cherchions notre "second souffle". Nous rencontrons aussi nos premiers taoïstes car les flancs jadis difficilement accessibles servirent de refuge aux moines. Sophie les trouve très beaux avec leurs cheveux relevés en chignon et leur tenue typique. Christophe n'a qu'à bien se tenir. Quelques mots à ce sujet: on dit du taoïsme que c'est la seule religion véritablement chinoise car née en Chine. Il était a l'origine une philosophie dont le "dao" en est le concept central: le dao dépasse les sens et la pensée; on ne peut l'appréhender qu'à travers une recherche mystique. Difficile de vous en dire plus puisque selon Lao-Tseu, son fondateur malgré lui, "le dao qui peut être exprimé n'est pas le véritable dao". Il faut organiser sa vie suivant le dao pour être en harmonie avec l'ordre naturel et l'univers (avis aux amateurs). Pour simplifier, le fameux concept du Yin et du yang, c'est eux. Nous arrivons a l'hôtel prévu vers 19 heures, épuisés. Les gens de l'hôtel, forts sympathiques, ont bien rigolé de Christophe imitant le cri de la poule pour leur faire comprendre qu'il désirait manger un oeuf (désolé, pas de vidéo…).

Dimanche 4 septembre: The sound of silence! Une fois de plus le lever de soleil n'est pas au rendez-vous, en fait c'est nous qui n'y sommes pas car Christophe n'a pas entendu sonner la montre et se lèvera une demi heure trop tard. C'est raté pour la tranquillité car nous sommes dimanche et les chinois aussi sont en week-end. Ils sont venus en nombre faire leur "pèlerinage" via le téléphérique ou, pour les plus courageux, en grimpant de nuit a l'aide de lampes torches. En tous cas ils sont là et on le sait! On les entend de loin s'appeler, parler ou crier pour que la montagne leur renvoie leur échos. De toute façon, les chinois d'une manière générale ne sont pas très discrets et parlent fort. Petit paradoxe des chinois, ils montent le Hua Shan avec des gants pour éviter de se salir les mains sur les chaînes, mais n'ont pas de lavabos aux toilettes (dont vous connaissez l'état); le chirurgien met un masque sur la bouche mais recoud la plaie sans gant, etc…. Nos muscles ne sont pas courbaturés, les étirements de la veille ont été efficaces, et nous sommes parés pour le tour des crêtes. Le panorama des pics est vertigineux. C'est, parait-il, la plus impressionnante des cinq montagnes sacrées; propice a la méditation des moines taoïstes et à leur isolement volontaire. Nos cuisses ont quand même souffert de la veille et par prudence nous rentrons en téléphérique. De retour à l'hôtel, nous retrouvons avec plaisir Juliette et sa mère Micheline. Nous leur avions donné notre hôtel, c'est toujours sympa de s'échanger les bons plans.

Lundi 5 Septembre: La loi des séries? On n'y croit pas. La ville de Xi'an, malgré sa réputation de berceau de civilisation (avec Constantinople, Rome et Athènes), ne nous inspire pas beaucoup, nous visiterons néanmoins le quartier musulman. Le shopping nous tente davantage et Sophie se fera plaisir en achetant une robe chinoise super sexy mais devra attendre son retour dans dix mois pour la passer. Micheline est en effet d'accord pour ramener ces quelques bricoles dans sa nouvelle valise. Nous embarquons dans l'avion a destination de Chengdu, ce qui nous évite 20 heures de train. Les dessins animés manga sur des écrans ont remplacé les hôtesses de l'air et leurs sempiternelles consignes de sécurité que plus personne ne regarde d'ailleurs. Cela nous met presque en confiance au vu des récents accidents d'avion.

Mardi 6 Septembre: une valse a trois temps? Chengdu forte de 11, 3 millions d'habitants n'en est pas moins agréable et plus respirable que Xi'an. Nous avons flâné dans un parc étonnant: le Renmin Gongyuan ou Parc du Peuple. Composé de bassins où d'énormes carpes koï se font nourrir, de bonzaïs et de beaux arbres auxquels sont suspendues des cages où des oiseaux-perroquets, des meinates, répètent des chansons chinoises. Le parc tient en fait sa singularité des chinois qui le fréquentent. Il abrite de nombreux salons de thé où le temps s'écoule doucement entre deux gorgées au rythme des parties d'échecs (chinois) et autres jeux de dominos que nous ne connaissons pas. Un peu plus loin des gens chantent au micro à tour de rôle, là ils dansent une sorte de valse au son des chanteurs volontaires; cela débouche d'ailleurs sur une véritable cacophonie. Il en ressort une grande convivialité et de la bonne humeur. La plupart sont des habitués, l'un d'eux est surnommé "celui Les echecs chinoisqui joue du saxophone", a invité Sophie à danser pendant que Christophe s'occupait de sa partenaire. Retraité a 47 ans, polyglotte (chinois, anglais, allemand et...français) et fan de cinéma français, il nous a surpris avec des citations de Rousseau, Voltaire et ...Gainsbourg! Etrange que ce personnage cultivé et ouvert sur le monde soit surveillé de près par le parti... (pas d'adresses e mail etc...).

Mercredi 7 Septembre: la nature baillonnée Nous partons en excursion pour quatre jours visiter la réserve naturelle de Jiuzhaigou a 10 heures de route dans le nord du Sichuan. L'aspect du bus ne nous inspire pas confiance d'autant plus que la route est dangereuse et que le moteur ne démarre pas. Nous partons avec 1/2 heure de retard au milieu de chinois fidèles à leur image: ils crachent dans le bus, fument et jettent leurs détritus à même le sol ou sur le fauteuil voisin. Résultat arrivés à destination: le sol est parsemé de bouteilles d'eau, de papier, de cosses de cacahuètes ou encore d'os de poulet! Nous montons sur des routes en lacets bordant des à-pics vertigineux. Le klaxon s'impose pour avertir ceux qui arrivent en sens inverse. Malgré tout, les camions se croisent dangereusement et le chauffeur répond au téléphone en conduisant; on n'est pas rassurés (surtout Sophie). Christophe ne cessera de lui répéter:'ne t'inquiète pas, le conducteur ne veut pas y passer non plus, alors, fais-lui confiance!" (pas évident tout de même). La vue est désolante: pour compenser les fréquents glissements de terrain dus au déboisement, la montagne est flanquée d'ignobles renforts croisés de fer et de ciment, à certains endroits ses flancs sont complètement recouverts d'une chape de béton avec des gouttières. Certains se sont déjà à moitié effondrés et, comme la nature finit toujours par reprendre ses droits, on se demande combien de temps cela va tenir. Néanmoins le bon goût est respecté car cela se marie assez bien avec les industries et chantiers affreux au fond de la vallée. Les 3/4 dernières heures de route nous offrent enfin de jolis paysages de montagne. Nous traversons de beaux villages aux maisons de bois près desquelles sèchent la paille ou les épis de maïs pendant que hommes, femmes et enfants travaillent aux champs. La serpe à la main, ils fauchent les blés comme il y a un siècle en France et transportent leur cueillette sur le dos dans d'énormes paniers en osier. Les boeufs ont la Chine c'est ça aussi !encore le collier d'épaule pour labourer la terre, on se croirait dans un tableau de Millet. Des images bucoliques défilent sous nos yeux. Sur le pas de porte un homme découpe de la viande, d'autres discutent accroupis (c'est leur position de repos), une femme embrasse son bébé, une autre se brosse les dents. Aux abords de Songpan l'allure des maisons devient tibétaine; faites de pierres grises et en bois peint dans le style mongol, elles n'ont rien à voir avec le style chinois excepté la forme du toit. Le Tibet dépasse en effet les limites administratives de la Chine et s'étend au nord-ouest du Sichuan. 4 millions de tibétains vivent en effet en dehors du Tibet "chinois", contre 2.7 dans la province. Enfin du ciel bleu!

Jeudi 8 au samedi 10 Septembre: une merveille de la nature Juste avant de se lancer a l'assaut du parc, Christophe dont la plaie est gonflée se fait retirer les points de sa coupure. Inquiétude. mer ou montagne ? On débarque à l'ouverture du parc au milieu d'un flot de touristes chinois qui arrivent par cars entiers, cela concorde avec le nombre hallucinant d'hôtels qui bordent la nationale (et ce n'est pas fini au vu des bâtiments en construction). Nous montons avec une navette vers le point le plus haut du parc a 3000m afin d'éviter le monde mais trop tard, ils sont déjà là, c'est un véritable fléau! Ils poussent, bousculent et prennent des photos à gogo. La foule gâche parfois des endroits pourtant magnifiques. Le parc est une somptueuse vallée alpine émaillée de lacs transparents aux multiples reflets allant du vert au bleu turquoise. D'un village tibétain au suivant, le chemin est parsemé de drapeaux de prières et de moulin à prières que le courant des torrents entraîne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Des arbres poussent au beau milieu du courant, des lacs ou des cascades foisonnantes. Nous emprunterons de temps en temps des chemins de traverse pour profiter seuls de ce splendide spectacle. Petite anecdote de la journée. Depuis le début de notre voyage, Sophie prend un malin plaisir à "marquer son territoire" en faisant pipi un peu partout: dans une gher, dans notre tente (et oui, il faisait froid dehors!), dans les parcs en ville (il paraît que la vessie d'une femme est plus petite que celle d'un homme, Christophe confirme) ou derrière un simple muret (un peu exhib tout de même la demoiselle), dedans dehors, le monde est son territoire. Toujours est-il que dans le parc de Jiuzaighou, elle a relevé le défi de le faire a 50 m des toilettes publiques. Ca ne passera pas cette fois-ci, le colosse de service était vigilant et après s'être régalé de la vue de son postérieur lui intimera l'ordre d'aller finir la chose avec les autres comme tout le monde. Et qu'on ne vous y reprenne pas. Nous passons la nuit chez l'habitant dans un village tibétain. La famille nous accueille à leur côté pour le dîner mais la discussion reste limitée. Sophie les fera rire en se trompant deux fois de porte en partant (depuis son départ elle a quelques difficultés à retrouver son sens de l'orientation, on a en fait établi une règle quand elle est seule: si tu penses que c'est à droite, va à gauche...). Après une longue journée de trajet dans un car beaucoup plus clean que le précédent, nous retrouvons notre guest ou Juju nous attend. moine bouddhiste tibetain-businessman-opticien Dimanche 11 Septembre: Pandi-panda Les quelque mille pandas qui vivent toujours en liberté se répartissent presque exclusivement au nord et nord-ouest du Sichuan. Les occasions d'apercevoir cet animal protégé dans leur milieu naturel sont rares et c'est pourquoi nous forcerons un peu la chance en nous rendant au centre de recherche et d'élevage du panda géant. Depuis plus d'un siècle les scientifiques, cherchent à savoir s'il appartient à la famille de l'ours ou du raton laveur, ou s'il relève d'une famille qui lui serait propre. C'est vrai que le panda géant a beaucoup de similitudes avec l'ours, par contre le red panda s'apparente davantage au raton laveur, encore un peu de patience, ils finiront bien par percer le mystère. Nous les avons vu manger, prendre un bain, jouer, dormir et materner. Une maman tenait son minuscule petit d'environ deux semaines, pas plus gros qu'un rat, étonnant quand on voit la taille de la mère. Les pandas rouges sont aussi très beaux mais plus petits, ils ne ressemblent pas aux autres, ce serait plutôt un croisement d'un renard avec un raton-laveur. Ces animaux robustes sont aujourd'hui en voie d'extinction. La démographie galopante est l'un des premiers facteurs à l'origine de leur disparition. Mais, les pandas sont aussi victimes de leur régime alimentaire. Ils consomment d'énormes quantités de nourriture, des bambous dont une vingtaine d'espèces seulement sur les 300 que compte la Chine. Leur taux de reproduction, très faible, représente la principale difficulté rencontrée par les scientifiques chargés de leur protection. De plus il n'est pas rare que les mères tuent leur premier bébé par manque d'expérience. Ce soir on sort, direction le théâtre de Chengdu, berceau de l'opéra du sichuan. Ses caractéristiques sont les numéros comiques (encore faut-il comprendre le chinois), les voix haut perchées (comme la plupart des chinois!), les rôles de travestis (question maquillage en tous cas), et parfois les acrobaties. Pour notre part nous avons été impressionnés par la dextérité d'une jeune femme dansant avec un diabolo et faisant tourner et sauter une table a l'aide de ses pieds. Un numéro ou les artistes changent de masques à tour de main de manière totalement imperceptible nous a aussi littéralement subjugués. C'est également la première fois qu'on assistait a un spectacle d'ombres chinoises. La soirée se terminera dans un restaurant abominable. Une des filles de la guest fêtait ses 25 ans, elle s'en souviendra. Hormis les plats qui étaient extrêmement épicés (ils mettent du piment partout), nous avons trouvé une tête de poulet ( avec son bec) dans le bouillon. Des clients se régalaient de têtes de lapins et les morceaux de viande en vitrine semblaient douteux (estomac, cou, abats en tous genres). Pour une fois nous étions soulagés qu'il n'y ait pas de carte de desserts... En tous cas, l'ambiance à la guest est vraiment sympa (mix and backpackers' guesthouse si vous passez dans le coin) et nous avons fait pas mal de connaissances, beaucoup de français comme depuis le début de notre voyage (Et oui on a de plus en plus la bougeotte dans l'hexagone...). joyeux anniversaire ...on se régale... Lundi 12 Septembre: Ca vaut pas une bourguignonne! Journée glande: tri des photos, carnet, shopping qui nous a amène a …Carrefour! On y a vu des choses assez surprenantes au rayon frais comme des tortues, des crabes, des crapeaux et même des taupes qui patientaient avant de finir en court-bouillon. Il y a moins de choix au Carrefour d'Athis!! Le soir, pour fêter notre séparation avec Juliette, on a essayé la fondue chinoise, specialité de Chengdu. C'est plutot "bof". Un buffet de dizaines d'ingrédients, dont certains nous sont totalement inconnus, est à notre disposition pour les mettre a cuire dans un bouillon au centre de la table. Nous avons bien évidemment demande "bulada" (pas épicé), le piment étant une constante de la cuisine regionale. Deux vins locaux achetés a Carrefour ont "agrémenté" le repas: "La grande muraille" et la "Dynastie Quing". Ils n'avaient de renommée que leurs noms qui en imposaient bien plus que le gôut! Nous partageons notre repas avec un personnage plutot original, Thomas, un quebequois qui a pour ambition de créer une fresque composé des photos de ses nombreuses rencontres arborant son visage… Christophe finira sa digestion au salon de massage avec option "scrapping", une sorte de peeling violent ou la crème est remplacée par un racloir qui laisse des traces semblables a des bleus! Il finira le dos plus marque qu'apres un France Angleterre. Heureusement qu'il n'a pas opté pour l'option cupping en plus, des coupes en verre chauffées et appliquées telles des ventouses sur le dos du patient. Bilan, notre pote quebequois a encore des grosses taches rondes 1 semaine après. Vivement la plage… Proverbe chinois sichuanais du jour: "manger épicé permet de faire sortir la chaleur du corps". Thomas délire Scrapping or cupping

Mardi 13 Septembre: L'araignée, l'araignée, est tombée dans la purée… Journée "logistique" dédiée a l'organisation de la suite du voyage. Départ le soir pour Leshan; on a decidé de zapper l'Emei Shan, autre montagne sacrée de Chine qui demandait trop de temps et dont les retours n'étaient pas tous positifs. Si Leshan est classée au patrimoine mondial de l'humanité, ce n'est pas le cas de notre chambre dans un hotel assez minable ou l'aspi n'avait pas du être passé depuis un bail. La seconde mauvaise surprise, Sophie l'avait déja répèrée dans l'obscurité, la porte a peine ouverte: l'éclairage de l'exterieur laissait apparaître en ombre chinoise un beau spécimen d'arachnide. Une araignée ENORME dans les 20 cm de circonférence trouvait la chambre a son goût, notre hote à du nous en débarasser a l'aide d'un balai. "Bonne nuit" lacha-t-il en quittant la chambre. Arachnidus vilainus

Mercredi 14 Septembre: Step by step Contrairement a ce que nous avait dit une canadienne qui avait du patienter 1h30 pour descendre au pieds du Da Fo, le plus grand Bouddha au monde, il n'y avait personne et nous en avons profité tranquillement. Sculpté dans la falaise et mesurant 71 mètres, il est régulierement repeint, ce qui lui donne un air "neuf" malgre ses 1300 ans. Nouvelle escroquerie déstinée aux touristes étrangers: dans la gargotte, il y avait 2 menus, un pour les chinois et un autre traduit en anglais. C'est en comparant les idéogammes que nous avons remarque une différence de prix de 50 %! Après discussion, le cuisto nous a finallement accordéles tarifs chinois avec le sourire. Le parc était parsemé de pagodes et de temples ainsi que de jolies poubelles. Les chinois sont en effet très doués pour les fondre dans l'environnement; l'idée nous est donc venue de nous lancer dans l'élaboration d'un reportage photographique sur les poubelles a travers le Monde, passionnant! Après 4 heures de bus nous arrivons a Ya Han. Drôle de ville qui s'anime curieusement le soir. Les édifices et les ponts sont décorés de guirlandes lumineuses donnant un air de fête aux terrasses et restaurants qui bordent la rivière. La fête, elle, a lieu en contrebas, sur la place de la musique ou des chinois de tous ages effectuent des chorégraphies de groupes rappelant un peu des cours de step en salle. L'ambiance est vraiment sympa, on se croirait presque dans une station balnéaire. Attention chat méchant ! Rocher ou poubelle ?

Jeudi 15 Septembre: Une journee de m….! Debout 6h30. Arrivée du bus a Luding 13 h, ville célèbre pour son épisode de la Longue Marche (1935) ou quelques soldats communistes avaient libèré un pont de l'emprise du Guomindang (Tchang Kai Chek). Nouveau départ a 16h pour Moxi, point du départ de la randonnée pour le glacier Hailuogou entouré de ses majestrueux sommets a plus de 6000, l'un des plus beaux de Chine et le plus bas d'Asie. Malheureusement, le trajet qui devait durer 2h nous en a pris 4. Un récent glissement de terrain a serieusement endommagé la route. Les chantiers en charge de dégager les effondrements créent de longues files d'attente dans les deux sens. En plus il fait pas beau.

Vendredi 16 Septembre: Allons enfants de la patrie… Levés 7h, le temps est couvert. Aucune amélioration en vue, on annule. On se retape 4h dans l'autre sens pour prendre un bus a Luding qui nous amènera en 2 heures a Kangding. Avec ses 2600 mêtres d'altitude, c'est le début de l'univers tibétain. Il pleuvouille, temps idéal pour visiter la lamasserie Nan Wu Si qui est en rénovation. Cela nous permettra néanmoins d'observer les menuisiers et peintres en plein boulot. Un vrai travail d'orfèvre, tout est fait a la main. Nous le parcourons sur fond de chants militaires puisqu'une caserne juxtaposée la lamasserie; Est ce volontaire? En tout cas aujourd'hui, c'est répétition et séance photo. Maison tibétaine Samedi 17 Septembre: le Far West Tibetain La route pour rejoindre Litang est très belle. Plaines et massifs majestueux se succèdent et des hameaux tibétains parsèment la campagne semblables à de petits chateaux de pierre. Nous avons plaisir a retrouver nos amis les yacks au milieu des tentes noires des nomades. Ca y est, nous avons dépassé notre record d'altitude en franchissant un col a 5000 mêtres et en dormant a Litang 4670 m. Barbouilles comme un lendemain de cuite avec un léger mal de tête, finalement on s'est plutot assez bien acclimaté a l'altitude. Litang, c'est un monde complétement hallucinant. On se croirait plongé en plein far west ou dans un épisode de Starsky et Hutch. Quel est le rapport nous direz vous. Les tibétains ont des looks déments: en plus de leur coiffe rouge nattée autour de la Calamity Jane et son cow-boy tête, ils arborent des lunettes de soleil énormes a la 70's genre Huggy-les-bons-tuyaux. En blouson de cuir ou manteau traditionnel, parfois en toge de moine, ils sillonent la ville sur le dos de leurs montures, leurs cheveux longs au vent genre John Wayne dans la chevauchée fantastique. Leur montures, des motos rutilantes, sont elles aussi "customisées": elles sont parées de fleurs en plastiques multicolores et des franges de cuir sont accrochées au guidon. Les "tashidelek" ont remplacé les "ni hao" et les marchés regorgent de peaux de yaks, loups et renards. La ville est colorée et les habitants accueillants: on est au Tibet! Nous flanons dans les rues et les marchés. Une petite séance de tire a la carabine nous vaudra l'attention d'une quinzaine de badauts, Sophie comptabilisant 2 ballons éclatés contre 0 pour Christophe. Nouvelle répartition des roles, Christophe à la cueillette et Sophie à la chasse… Nous finissons la journée en dînant a coté d'une tablée de 7 tibétains au visage buriné et au cheveu hirsute qui nous rappellent certains passages de "Greystock". Dimanche 18 Septembre: Pris au piege dans un palais! Lever 6h00, re-bus direction Xiangcheng: 8 heures! Sur le trajet, nous apercevons les traces de petits monuments destinés aux enterrements célestes (tianzang): la terre étant trop dure à creuser à ces hauteurs, et la religion tibetaine ne considérant le corps que comme un receptacle temporaire de l'ame, la tradition veut que, dans un acte ultime de générosité, on livre le corps du défunt a la nature, et aux vautours en particulier (Cf la derniere scène du film Himalaya). Les chinois ont longtemps interdit ces rites qualifiés de primitifs, tolérés maintenant depuis quelques années. Nous faisons la connaissance de Franck et Pascal, deux bigourdins de Lourdes ravivant a Christophe le souvenir du "beth ceu de Pau", aahhh montagnes pyreneeeeuuuu, vous êtes mes amours… même si il y a eu quelques infidelités himalayennes… On ésperait pouvoir enchainer directement avec le second bus mais on est pris au piège, il faut attendre demain matin, obligés de passer la nuit dans ce trou perdu. Une dame nous propose le lit dans sa guest house., c'est pas cher on y va. Quelle surprise quand nous sommes rentrés dans la maison; cette demeure tibetaine est minutieusement décorée du sol au plafond, pas un espace vide. C'est superbe, chaque piece étincelle de mille couleurs. C'est la première fois que nous dormons dans un palais pour moins de 2 euros! Deuxième surprise, après avoir traversé des rues sales ou vaches et cochons se promenent librement et mangent dans les poubelles renversées au pied des gargottes, nous montons au monastère Sang Pi luo bu ling. Mentionné dans aucun guide, c'est pourtant le plus beau que nous ayons vu jusqu'a présent. Nous avons accès a tous les recoins, chambres, cuisines, salles de prières…Le silence ambiant du a l'absence de touristes et les odeurs d'encens nous font apprecier la quiétude de l'endroit. Enivrant. A part les moines, il n'y a pas un visiteur, normal, quelle idée de venir se perdre dans cette ville-chantier! En tout cas la guest et le monastère valaient largement l'escale. Jamon, jamon Les 2 be 3 Lundi 19 Septembre: Y'en a marre! Départ pour Zongdian, la ville-étape que nous devions rejoindre hier: 10 heures de route. On s'est fait avoir sur ce coup-là. Le but de tous ces trajets en car était d'emprunter la magnifique route sud du Tibet, connue pour être une des plus hautes et des plus belles. Pas de bol, elle est coupée pour cause d'éboulement. Du coup, on prend 160 km dans la besace en plus soit 2 bonnes heures. En plus, le couple de derrière s'est mit a vomir tour a tour, repeignant le profil du bus (heureusement qu'ils n'etaient pas devant car avec la fenêtre ouverte ca aurait été sympa). A ce propos, malgré les multiples lacets, l'altitude et les apics, les odeurs de cigarette et la promiscuité, nous tenons le coup, toujours pas malade. Le rythme effrèné de ses derniers jours nous a soumis a dure école mais nous voila rodés. Par contre de la corne commence à se former sous nos fesses… Ah crème nivea, si tu étais la… Franck et Pascal nous mettent en garde concernant notre projet d'aller dans le sud du Yunnan: de gros foyers de grippe aviaire et porcine s'y sont déclarés récemment. Ajoutés a cela l'encephalite japonaise, la dengue et le palu en période de fin de mousson, ca commence à faire beaucoup. On va sans doute annuler le Xishuangbanna (seule véritable region tropicale de Chine). Par un concours de circonstances, on les perd et, sans le nom de leur hotel, impossible de les retrouver, on se rencontrera peut-être demain a la gare routière. La fin d'après-midi nous amenera au plus grand monastère du sud-Yunnan, poutant bien moins beau que notre dernière expérience en la matière. L'hotel est moyen et les commodités toujours aussi sales (et dire qu'ils se targaient d'avoir inventé la chasse d'eau…). Sophie commence a en avoir assez de ce manque de confort, des chiottes ou il faut faire de l'apnée pour ne pas être asphixié et des douches à l'eau tiède sans pression, les pieds sur les toilettes turques et la vue qui va avec. Elle pique sa gueulante, il va falloir augmenter le standard des chambres.

Mardi 20 Septembre: Les gorges du saut du tigre Bus a nouveau pour Qiatou à 3 heures de route de là, depart 7h00. Depuis notre départ de Chengdu, il y a une semaine, nous en sommes à une soixantaine d'heures de bus. La météo n'est pas bonne mais on se lance quand même à l'assaut des Gorges du Tigre. Nous laissons nos sacs chez Margot, une anglaise mariée a un chinois qui tient un café-consigne. Nous y rencontrons Antoine et Ulrike, un couple franco-germanique vivant a Berlin ainsi que d'autres jeunes francais en vadrouille. Ulrike, réalisatrice sur Arte est passionnée d'histoire, notamment celle de l'Allemagne de l'Est dont elle est issue, et Antoine est menuisier, spécialiste en chaises qui grincent. La gorge est la plus profonde du Monde, 3900 mètres séparent la rivière des plus hauts sommets (5600m). Le temps tourne finallement à l'éclaircie et le soleil traître ne nous épargnera pas. Une fois de plus (cf la grande muraille), METEO France n'a pas a rougir de la comparaison, METEO Chine, c'est la même. La ballade est très agreable malgré un passage difficile pour Sophie et un serpent glissant juste sous le pied de Christophe... Nous sommes à flanc de montagnes et le sentier est bordé d'une myriade de fleurs. Parfois nous traversons des forêts de bambous, puis de connifères, et découvrons une immense variété de plantes (médicinales parait-il). Nous sommes malheureusement totalement ignorant en la matière et incapables de mettre des noms dessus. Petite ombre à cette très belle journée, un local s'est approprié son rocher a flanc de falaise et réclame 8 yuans pour franchir le petit fil qui sépare sa propriété du sentier public, et jouir de la vue. On est trop souvent pris pour des pigeons, cette fois ci on dit stop. Le bougre se met en barrage, Christophe enlève ses lunettes, fais les gros yeux, mime l'attaque du dragon fulgurant (appris récemment dans un temple Shaolin) puis se mouche… les manoeuvres d'intimidation feront céder l'animal qui nous "laissera" passer non sans nous traiter de tous les noms d'oiseaux imaginables. Heureusement que l'affrontement n'a pas eu lieu, le précipice est vertigineux et après quelques clichés nous repartons sous la menace de finir menotés par la police. Mais oui bien sur, "Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu…" Nous passons la nuit a la Half-way guest-house, une demeure Naxi ou nous retrouvons les rencontres du matin. Pour soigner les coups de soleil Sophie a un remède miracle en l'absence de Biafine: le masque au yaourt. Quelques mots sur les Naxi, ceux que ca n'intèressent pas, passer directement au chapitre embuscade…Les Naxi sont une des minorités ethniques du Yunnan (qui en compte 26 officiellement et une cinquantaine officieusement) et, comme les Mosu voisins, sont organisés en sociétés matriarcales: les femmes, chefs de famille, gèrent le foyers et héritent des propriétés familiales. Leur langue en est d'ailleurs le reflet, exemple à travers l'utilisation des suffixes: pierre+suffixe féminin=énorme rocher, pierre+suffixe masculin=petit caillou, éloquent, non? On est bien loin de la tradition des pieds bandés, coutume cruelle qui consistait à mutiler les femmes pour qu'elles ne puissent pas s'éloigner du foyer. En leur conférant le statut de Femme, cela devint avec le temps un triste critère de beauté. Certaines avaient des pieds mesurant 7 cm! Leurs petites tailles déterminaient la valeur d'une épouse soumise et fidèle. Sophie tu chausses du combien? On ne joue pas avec la nourriture !

Mercredi 21 Septembre: embusquade Pas de pluie au reveil, le ciel est légèrement brumeux comme a l'habitude mais les quelques rayons lumineux qui percent au travers nous donnent bon espoir. Nous retrouvons le petit groupe de la veille pour le petit déjeûner puis chacun part de son coté. Déjà le soleil apparait et c'est d'un pas enthousiaste que nous entamons cette nouvelle journée de randonnée. Les gorges nous offrent un panorama splendide sur des reliefs aux sommets aiguisés; la lumière en contre-jour accentue l'impressionnante majesté des montagnes. Nous traversons quelques cascades et croisons des cabris peu farouches. Le soleil tape fort et de nouveaux coups de soleil menacent. En nous trompant de chemin, nous rencontrons a nouveau Antoine et Ulrike (cool, ils ont de la crème solaire!). Nous terminons ensemble la descente qui mène dans le fond des gorges. Le chemin est très pentu et assez glissant, nous essuierons tous les deux un petit dérapage controlé. Nous étions avertis qu'il fallait s'aquitter d'une taxe de 10 yuans pour dédommager les locaux de l'entretien du sentier, nous n'avons donc pas été surpris d'être arretés par une vieille dame au pied d'un panneau à l'allure "officielle". La rivière boueuse s'engouffre entre les falaises avec une puissance incroyable. C'est en fait le debut le Yangzy qui deviendra le Chang Jiang, (Yiang Tsé Kiang) le troisième plus grand fleuve au monde avec ses 6400 km de long (après l'Amazone et le Nil). Des descentes et des trous créent des tourbillons et des courants qui s'éclatent sur les rochers. Bien des inconscients ont tenté de les affronter, la plupart ne s'en sont pas sortis vivants, il faut être complétement fou pour s'imaginer vaîncre de tels rapides. Pas de rafting à l'horizon d'ailleurs… Nous décidons de longer un peu ces forces fluviales et de remonter un peu plus loin. C'est alors que nous tombons sur un "embouteillage" de 7 personnes. Une jeune femme au visage dure reclame 10 yuans pour traverser un misérable pont en bois de 3 mêtres de long, la raison évoquée: contribution pour la "maintenance" du pont! Cela n'est pas sans rappeler certaines taxes absurdes du Moyen-Age, sacré Graal… ou sans remonter si loin, l'épisode d'hier. Un jeune israélien est assis au milieu en signe de protestation empèchant ainsi les gens venant en sens inverse de traverser. Elle ne veut pas céder et essaie de le déloger. Il finit par abandonner mais nous forcerons tous le passage causant sa fuite rapide. Quelques mêtres plus loin, ayant rejoint son poste, elle a pris soin d'oter la petite échelle, qui n'est d'ailleurs d'aucune utilite pour escalader le rocher. Determinée a nous bloquer le passage, elle est assise en travers et nous attend de pied ferme des bouteilles de verre vides a la main. Amusée, Sophie filme la scène mais la vilaine ne l'entend pas comme ca et, munie de grosses pierres, commence à lui en balancer deux sans succès. Christophe et Antoine sont les premiers a s'avancer; n'ayant pas froid aux yeux, elle résiste farouchement. Ulrike s'approche aussi d'un peu trop près tout en filmant. C'est alors que, vontairement, l'hystérique lui donne un coup de pied qui envoie valser son camescope tout neuf ; il s'explose sur les rochers. Cette fois la guerre est déclarée: Ulrike furieuse est prête a passer aux mains mais les garcons interviennent de manière un peu plus musclée et, rageuse, la folle abandonne tout en continuant a protester ou a nous insulter. Un peu plus loin, un chinois habille en treillis attend a cote d'un pont minuscule qui permet d'accéder a une plate-forme dominant la rivière. Au mème titre que celui de la veille, il veut sans doute faire payer pour prendre une photo, c'est vraiment du racket! Ce sera sans nous, car le chemin dangereux, nous invite par prudence à remonter. C'est très escarpé et nous sommes en nage lorsque, au trois quart du chemin, nous nous arrétons pour recupérer. En regardant a droite Sophie lance: "Je crois que nous sommes attendus!". En effet, une autre jeune femme grassouillette au sourire narquois et le talkie-walkie a la main, attend avec trois autres types. Cette fois, impossible de forcer ce passage étroit: une grille fermée avec un cadenas et des taissons de bouteilles incrustés tout autour nous barrent la route. On est pris au piège. Un affrontement pourrait mal se terminer, le chemin fait un mêtre de large et surplombe un précipice. Impossible non plus de négocier, la fille déjà au courant, va nous faire payer pour le "droit de passage" d'en-bas. Ils sont organisés, on n'est pas en position de force. La pression monte et Ulrike craque. Arrivés en haut, nous nous remettons de nos émotions lorsque nous apercevons la "geolière", Ulrike dégaine son camescope qui, bien qu'esquinté, fonctionne encore. Ayant sans doute quelque chose à se reprocher (ou ne se touvant pas télégenique!), elle court se cacher dans les toilettes. Malgré le temps qui pressait pour chopper le dernier bus, nous l'y avons maintenue une demie heure avant de partir. La reponsable de tout se racket organise: Tina, femme imposante digne héritiaire de la société matriarchale naxi (tant pis pour ceux qui ont sauté la fin du paragraphe precedent…). Depuis sa guest-house du même nom, elle dirige toute la partie basse des gorges. Malheureusement pour nous, c'est aussi elle qui s'occupe des navettes en direction de Qiaotou et…qui fixe les prix. Pas un seul de ses employés n'acceptera de négocier avec nous. Refusants de se soumettre a cette "dictature", nous partons tous les quatre par la route en espérant faire du stop en chemin. Cela nous permettra d'apprendre qu'en dehors des tournesols, certains chinois cultivent aussi le cannabis! Tiens, bizarre, on a reussi a mettre un nom sur cette plante là!!! Il y a peu de passage; les seuls qui s'arrètent, travaillent sans doute pour Tina et nous réclament encore plus. Comme dans la culture chinoise, on ne doit jamais perdre la face, ils préfèrent s'asseoir sur un bon prix plutôt que de céder. Apres 45 mn de marche, Nous trouverons néanmoins quelqu'un qui nous déposera pour un prix correct, y'a pas que les chinois qui ont leur fièrté! Nous racontons nos mésaventures a Margot qui d'ailleurs nous avait déconseillé de nous arréter chez Tina. Son mari, chinois, tient la Sean's guest house voisine. Elle nous apprendra du coup des évènements récents très inquiétants: 2 chinois et un israeliens sont morts dans les gorges à l'endroit même ou nous avons eu nos démélés, étrange… Pas d'hésitation, on ne va pas laisser passer ça! On arrivera tard a Lijiang mais on va faire appel a la police. Le problème c'est qu'elle est déjà au courant de cela mais elle ferme les yeux. Comment ça, on remet en cause l'integrité de la police locale chinoise! Aidés pour la traduction par deux touristes canadiens d'origine chinoise, nous expliquons la situation à un policier qui n'a de légitimité que sa "police" inscrite en petit sur son tee-shirt. Il sort visiblement de la sieste au vue de son épis sur le haut du crâne et regarde la scène filmée par Sophie les bras croisés. Sans faire l'apologie de la police française, un policier de chez nous se serait déplacé pour demander des comptes. Peu surpris, il s'est contenté de nous demander a chacun d'écrire notre version et de faire une copie de la vidéo. Il fallut insister et menacer de téléphoner a notre ambassade ainsi qu'a la police de Lijiang, la grande ville voisine, pour qu'il nous assure que: "la loi sera respectée et les fautifs sanctionnés". De toute évidence, il essaie de nous faire abandonner et de désarmocer la situation. On le décide à nous amener chez Tina pour demander le remboursement des frais illégalement exigés ainsi qu'un dédommagement pour le camescope. Après avoir fait la copie des vidéos témoins, il n'a jamais voulu de confrontation avec Tina. Pas courageux le bougre, corrompu ou simple peur de la Matronne? Il a eu le culot de nous proposer d'y retourner le lendemain alors qu'il savait pertinement qu'un taxi nous attendait pour partir. Tout ce temps n'aura cependant pas été perdu en vain, puisque nous aurons au moins eu la satisfaction de faire bouger les choses (en plus de monter dans une voiture de police chinoise!), en éspèrant qu'il n'y ait pas d'autres "accidents" malencontreux. Un touriste suisse rencontré a Lijiang nous confirmera que les choses ne vont pas en rester là, puisque son guide a également déposé plaînte. Nous repartons tout de même avec la ferme intention d'avertir l'Ambassade et d'en informer les guides du routard et du Lonely. Petite surprise sympathique de la journée: Chistophe a retrouvé Pascal et Franck chez Sean's ou ils s'étaient rendu pour faire la copie. On devrait les revoir a Lijiang dans 2 ou 3 jours. Proverbe chinois du jour: "Les oeufs ne doivent pas se battre avec les cailloux"

Jeudi 22 Septembre: Un peu de repos Arrivés a 00h30 a Lijiang, nous traversons une ville éclairée qui semble très jolie. Trop fatigués pour faire un tour, on file à la guest oû Antoine et Ulrike ont déjà passé quelques jours. Comme nous sommes dans la vieille ville piétonnière, il n'y a pas de voiture, et surtout pas de klaxon, ce sont des oiseaux et les aboiement d'un chien qui nous réveilleront. A la lumière du jour, nous découvrons la vieille ville de Lijiang, un merveilleux dédale de ruelles pavées, de vieux batiments en bois, de canaux et de marches. On se croirait dans une petite Venise à la chinoise; elle est d'ailleurs classée "patrimoine mondial" depuis 1999 et c'est aussi la capitale du pays Naxi. Aujourd'hui, c'est donc ballade et léche-vitrine, les ruelles bien évidemment très touristiques sont bordées de boutiques de souvenirs et l'artisanat est très riche. Malgré sa petite taille, la vieille ville est un vrai labyrinthe, on s'y perd d'autant plus facilement qu'aucun nom de rue est indiqué. Dommage qu'il y ait tellement de touristes, mais c'est inévitable et compréhensible tant la ville recelle de charmes.

Vendredi 23 Septembre: Véronique et Davina On loue des vélos, direction Baisha, un petit village situé à 15 km de Lijiang. Constitué de maisons en pierres et torchis le long de rues boueuses, il s'en dégage une atmosphère paisible de campagne. Nous croisons beaucoup de vieilles femmes vétues à l'identique comme au temps de Mao: blouse et casquette bleus, une cape en T maintenant un grand panier d'osier dans le dos. C'est l'habit traditionnel naxi. Cela nous donnera aussi l'occasion d'assister à un spectacle des plus surprenants: un cours de gym a raquettes collectif! Sur la place, une quarantaine de personnes, en majorité des femmes du type "menagère de plus de cinquante ans", s'entrainent guidées par "un maitre de la raquette" au son d'une musique répétitive. Elles enchainent jeux de jambes et maitrisent bien balle et raquette. Spectacle rocambolesque, c'est vraiment très drôle de les regarder faire. L'équipe nationale de ping-pong à l'entrainement Samedi 24 Septembre: Pas sympa Départ pour Dali. Les paysages de plaines et de rizières sont vraiment très beaux au coucher de soleil. Petite galère arrivés a Dali a 22h. Il y a en fait 2 Dali, Xiaguan la nouvelle ville et Dali, la vieille ville, destination privilegiée des touristes. Le chauffeur qui a vu nos billets a oublié de nous indiquer quand descendre. Nous débarquons donc a Xiaguan avec un couple de retraités allemands dans le même cas, obligés de refaire une demi heure de taxi en sens inverse. On enrage contre les chinois et le manque d'interèt et de serviabilité manifeste qu'ils ont à l'égard des étrangers (au départ de Lijiang, après s'etre présentés trois fois à la porte d'embarquement inquiets du retard du bus, nous nous sommes résolus à suivre les recommendations de l'employés et a attendre à l'endroit qu'elle nous avait spécifié. Heureusement que les allemands sont venus nous chercher, la garce nous avait oublié et papotait avec sa collègue). Il est vrai qu'en France nous ne sommes pas renommés pour notre serviabilité envers les touristes étrangers, mais là nous sommes battus à plate couture! Heureusement, Dali est le lieu idéal pour se détendre et oublier quelques temps trains, avions et bus.

Dimanche 25 Septembre: Ca se ceuille le riz? Après avoir visiter les trois pagodes ou vivent de grosses grappes d'araignées sur les fils éléctriques, nous louons à nouveau des vélos pour faire le tour de l'Erhai Hu, le lac en forme d'oreille. Sur la route qui mène à l'embarcadaire, nous découvrons pour la première fois la forme qu'a le riz avant d'atterir dans notre assiette. Cela faisait un moment qu'on se posait la question: ca pousse comment le riz, sous la terre ou en grappe sur un arbre? On vous l'a dit, la botanique c'est pas notre truc. On ne riz pas, je suis sur que nous ne sommes pas les seuls… Et bien ni l'un, ni l'autre! Ca ressemble a des epis de blé et ca se récolte de la même façon sauf qu'en Chine tout se fait à l'ancienne. A part quelques uns qui disposent d'une machine pour récolter les grains, la plupart battent les épis dans d'immenses jarres en osier puis passent les grains au tamis pour filtrer les résidus de paille. On ne saura pas comment ils font pour oter la membrane qui couvre chaque grain, mystère… Après avoir traversé le lac en bateau, on débarque sur la rive est du lac. Il fait beau et on est tranquille, il n'y a pas de touristes et peu de circulation. Des pécheurs remontent leurs filets et les crevettes sèchent au soleil, ca pue! On s'arrète dans un village et nous nous promenons dans le marché. Les piments sont rois; les étals regorgent de fruits et de légumes posés quelques fois a même le sol. Les femmes avec leurs coiffes traditionnelles ne trainent pas de caddy mais portent un gros panier dans le dos, parfois si lourd qu'elles s'aident de la tête avec une sangle autour du front. En fin d'après-midi, les 55 km se font sentir et on dort dans le seul hotel du coin à Zhoucheng. Oncle Ben's

Lundi 26 Septembre: "Gandja-gandja" Aujourd'hui c'est jour de marché a Shapping. Très coloré avec ses étalages de tissus et de broderies, c'est surtout l'endroit ou sévissent les dealers du coin. Une paysanne d'environs 55 ans, un sac rempli de poireaux et de salades s'approche et, feignant de vendre une barette a cheveux nous sussure "gandja, gandja?".Oulala t'emballe pas mamie, c'est pas le genre de la maison. Mais miss Jamaica n'en n'est pas a son premier client et a plus d'une corde a son arc: "opium, opium" ajoute-t-elle. Oups, elle a touché une corde sensible, Corto maltèse enveloppé dans des volutes interdites au milieu de la Chine. Plus que Tintin et le lotus bleu, la Chine dans notre imaginaire c'est avant tout les vieux bars a opium qu'on retrouve dans les BD d'Hugo Pratt. Faut pas mourir idiots, allez, on la suit. On se retrouve affalé dans un vieux canapé à l'interieur de son salon obscur. Totalement novices en la matière et devant notre ignorance, elle sort sa pipe puis nous montre comment chauffer l'opium. Sophie stressée par la situation et le dealer pressé de retourner a ses affaires ne nous permettront pas de savourer pleinement les effets de ladite substance. On se sent quand meme très "zen" pour la séance photo souvenir devant son pied de cannabis. On achève les 40 km qui nous ramènent a Dali, la pluie en plus. La ville est très agréable bien que touristique, les rues piétonnes sont bordées de boutiques et de gargottes. A ce propos, comme dans beaucoup de pays d'Asie, les chinois vivent dehors, tout est toujours ouvert sur l'exterieur, les magasins comme les restaurants. Les trains de nuit étant complets, nous prenons le bus couchettes ce soir pour Kunming. Dealer local Aussi forts que les piments d'espelette

Mardi 27 Septembre: Coups de gueule 6 heures du matin, nous arrivons a Kunming après une soiree agitée. Lundi 26 Septembre au soir, flash-back: 20h00, on se présente à l'agence auprès de laquelle on a réservé le billet qui nous amène en taxi a la gare routière. Pour notre premier bus couchette, on a pris un première classe! Arrivés a la gare on poirotte avant d'être refilés à une dame a qui la fille de l'agence donne de l'argent. Elle nous demande de la suivre et nous voila partis pour 15 mn de marche avec nos sacs sur le dos, cool. On arrive à une autre gare ou d'autres personnes attendent mais toujours pas de bus à l'horizon. Puis on est a nouveau refourgués à une autre qui a son tour empoche l'argent et nous fait monter dans un taxi. Inquiètudes. D'habitude c'est assez carre quand on prend le bus: on se présente avec notre ticket à la porte d'embarquement et on nous indique dans lequel monter. La, on n'a toujours pas vu la couleur du billet. On arrive dans une sorte de terrain vague a peine éclairé avec plein de camions benne Dong Feng. Les autres chinois arrivent aussi en taxi. On attend avec le sentiment d'être dans l'illegalité comme peuvent l'être des refugiés ou des émigrants clandestins. On commence à s'ennerver et la barrière de la langue laisse nos questions sans réponses. Il est 21h30 lorsque le bus couchette se pointe. Le problème c'est que la catégorie correspond à de la troisième classe; il ne ressemble pas a celui qu'on nous avait montrè sur la photo. Comment expliquer à la bonne femme qui ne pipe pas un mot d'anglais qu'on a payé pour la catégorie supérieure. On se résigne et on s'installe dans des places pas trop mal compte tenu de la taille de Christophe. On attend que le bus se remplisse, les passagers arrivant au compte goutte par taxi. Sans pincettes, on nous fait comprendre de dégager. En plus, on s'apercoit qu'il n'y a qu'un chauffeur qui va conduire seul toute la nuit. Cette fois ca suffit! On pète les plombs et on décide de demander le remboursement des billets quitte à partir le lendemain, histoire de passer un savon à l'agence. Là c'est la panique. Elle nous refile 120 Y soit le prix de la bétaillère alors qu'on a payé 160 Y. On ne lache pas le morceau d'autant plus qu'on tombe sur un chinois faisant office d'interprète. Ca s'ennerve et téléphone à tout va. Il est 22h15 lorsqu'on nous trimbale à nouveau en taxi direction la première gare "officielle" du début. On retrouve enfin une vraie gare avec plein de vrais bus. Et on monte dans celui qui nous était réservé. Bizzare. Tous les intermédiaires s'y retrouvent aussi, elles se refilent le bébé pour savoir qui va payer nos billets. C'est plus notre affaire on est dedans et on n'en redescendra pas. Explications: pour se mettre 40 Y dans la poche soit la différence de prix entre les deux classes, ils ont éssayés de nous la mettre! Ras-le-bol, font chier les chinois! Ca commence à faire beaucoup, il faut se battre pour tout ici. Les prix sont systématiquement surevalués, on a l'impression d'être considéré comme des porte-feuilles ambulants et c'est le cas d'ailleurs. De vrais professionnels de l'éscroquerie aux talents très variés: racket, menus différents, bouteilles d'eau faussement capsulées, compteur taxi truqués, tentative de vol dans le transsibérien, changement de tarif au moment du réglement (2 doigts signifiant 20 et non pas 2, passage du yuan a l'euro)… Et on en a surement oublié, sacré "dépaysement" donc en 5 semaines surtout après la Mongolie ou les gens sont aimables, accueillants et honnètes! En plus, on n'est pas des cas isolés, nombre de voyageurs ont été victimes des mêmes arnaques. Cela va même jusqu'a des agressions, parfois mortelles. Bien sur on ne met pas tout le monde dans le même panier, nos excuses par avance a William et Helléne et aux nombreux chinois qui nous ont gratifié de leur sourire et de leur gentillesse mais on en avait assez du politiquement correct. Et tant qu'on y est, voici un autre coup de gueule: les chinois nous ont donné l'impression de bousiller leur magnifique pays (quand ce n'est pas déjà fait) aussi bien d'un point de vue naturel que culturel (cf les hutongs de Beijing). L'explosion démographique et l'urbanisation galopante ont eu raison de la faune et ont dénaturé de nombreux espaces (et le barrage des 3 gorges ne va pas arranger tout ca). De la même manière, une partie de leur riche héritage culturel est parti en fumée à cause des purges communistes. Merci Mao, le dictateur reste pourtant quasi vénéré comme un Dieu comme le démontre le nombre de pouce lévé à son évocation. Ohé, faut se réveiller, la révolution culturelle, les soi-disant 100 fleurs et tout le reste, faudrait pas oublier. Sans parler des minorités éthniques comme les Ouighours ou les Tibétains dont l' espace de liberté culturelle est réduit au minimum, juste suffisament pour attirer les touristes. "Quand la Chine s'éveillera", et ben elle réalisera ses erreurs. Sa réçente ouverture sur le monde, les JO 2008 et son entrée dans diverses institutions internationales semblent heureusement donner un nouvel élan au pays. On croise les doigts, ils répresentent quand même 1/5eme des habitants de la planète.

Mercredi 28 Septembre: "Super mamie" La guest est sympa, bien située avec une belle terrasse et l'ambiance est bonne. Nous retrouvons quelques personnes croisées à Chengdu et faisons la connaissance d'une mamie hors-normes, Solange. A 55ans, deux enfants et plusieurs petits enfants, elle décide de prendre son vélo et de parcourir seule le monde pendant 2 ans et demi. Bon il faut préciser qu'elle est prof de sport, marathonienne et que ce n'est pas sa première folie puisqu'elle a déjà fait l'Amérique du Sud a pieds pendant un an. Mais quand même, sacré bout de femme!

Jeudi 29 Septembre: La foret de Pierre Excursion a Shillin dénommée la forêt de Pierre en compagnie de Solange qui a abandonné son vélo pour la journée. Ces rochers surgis au milieu de la plaine sont les témoins d'un passé lointain ou l'endroit était recouvert par la mer il y a plusieurs milliers d'années. C'est un véritable labyrinthe et la ballade est agréable malgré les averses intermittentes; la mousson n'est pas encore terminée dans le sud. De nombreuses araignées ont tissé leur toile au milieu du passage. Après s'en être pris deux en pleine face, Christophe s'est arme d'une branche pour jouer le démineur. Shillin Vendredi 30 Septembre: Ce soir on va faire la java Sortie au lac Dian et visite des collines environnantes. Des moines taoistes ont jadis creusé la roche à flanc de falaise et amenagé des cavités qui leur servaient d'hébergement. RAS à part que sur le retour on s'est fait écrire nos prénoms sur des grains de riz, ca valait pas le coup de se taper 40 km! Quoique, on a fait une incroyable rencontre: Einstein, du moins son sosi italien. Einstein est toujours vivant ! Fait marquant de la journée: aujourd'hui c'est la fête nationale chinoise. Ils fêtent la fondation de la république populaire de Chine en 49. Cela ressemble a notre 14 juillet sauf que chez eux ca dure une semaine. Des lampions ont été installés dans toutes la ville et tous les chinois sont de sortie, c'est de la folie dans les rues, on se croirait dans le métro aux heures de pointe. La guest a organisé un spectacle musical typique du Yunnan qui finallement ressemble davantage a de la musique africaine avec percussions. On se retrouve une dizaine avec trois invités VIP: Christophe était en contact avec 3 rugbymen à vélo qui relient Paris a Aukland (cf leur site dans les liens), ils sont arrivés ce soir au bon moment pour l'apéro! Bouteille de vin, bières, alcool de riz, rhum et cointreau, direction la boite du coin. On vous laisse imaginer dans quel état on a fini… Cela fait 2 mois et demi qu'on n'a pas fait une bonne fiesta, qu'est ce que ca fait du bien.

Samedi 1 octobre: Gueule de bois Pas tant de bien que ça finalement, la bouche encore brulée par les dragons à répétition de la veille, le mal de tête obligatoire…On se remet difficilement de la veille, c'est bien fait on l'a bien cherché mais qu'est ce qu'on s'est marré! Comme il fait beau (depuis qu'on est dans le Yunnan, c'est pluie tous les jours), on tente une sortie dans le quartier musulman puis le marché aux fleurs et aux oiseaux oû on a d'ailleurs vu beaucoup de poissons (cherchez l'erreur). Petit massage en plein air par des aveugles, mais y'a vraiment trop de monde dans les rues, on rentre à la guest, la nuque endolorie en plus de la gueule de bois.

Dimanche 2 Octobre: Zaijian China 13h15 on quitte la Chine, direction la "Biere manie" nous disait Francois de vélovalie il y a 2 soirs... Pas facile un tour du monde
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YA
Yangguizi 20 years ago
Lugu Hu: J'ai fait un voyage en groupe!
Tout avait pourtant bien commencé lors de ce petit voyage de dix jours dans le Yunnan:

J'ai remarqué une jolie fille qui n'arrêtait pas de me faire de l'oeil dans la salle d'embarquement et en sortant de l'avion... mais qui malheureusement ne descendait pas à Kunming comme moi, mais au terminus,

Je me suis détruit la bouche en ingurgitant un ananas entier à Kunming,

Je me suis fait avoir en achetant une grenade pas assez mure, toujours à Kunming,

Je me suis engueulé pendant plus d'une heure avec des chauffeurs de taxi à l'aéroport de Dali, pour économiser quelques yuans et sauver la face, aidé en cela par un couple rencontré dans l'avion et pressé d'en découdre avec les locaux,

Je me suis donc retrouvé comme un con sur le parking de l'aéroport sans aucun moyen de locomotion disponible (y a pas de bus à l'aéroport de Dali) avant que n'arrive un taxi providentiel,

Je me suis cassé le nez dans une dizaine d'hôtels complets à Dali, avant de trouver miraculeusement un lit pourri à 10 yuans la nuit,

Je me suis retrouvé sous un orage cataclysmique en pleine ascension d'une colline boisée et boueuse au dessus de Dali, et en ai profité pour initier mes vêtements à la couleur marron qu'ils ignoraient jusqu'alors,

J'ai subi les sarcasmes des chinois qui me passaient juste au-dessus en télésiège et qui criaient "eh l'étranger, t'as pas vu qu'il pleut? ah ah ah" ou bien "laisse tomber, tu n'y arriveras jamais". Et bien si bande d'imbéciles j'y suis arrivé, et même en un temps record. Vous avez même dû me féliciter à mon arrivée😠,

Je me suis retrouvé dans un petit temple des bords du lac Erhai... en compagnie d'une armée de touristes chinois dont les guides équipés des derniers hauts parleurs à la mode ont parfaitement réussi leur mission de décourager les voyageurs individuels,

J'ai dû minutieusement expliquer, sur le bateau du retour, à un groupe de nankinois pourquoi il est plus intéressant de voyager seul, et pourquoi la liberté est si importante quand on voyage... sans malheureusement réussir à les convaincre (mission impossible),

Je me suis retrouvé pendant trois heures de bus de Dali à Lijiang assis à côté d'un type qui empestait le crottin de cheval et qui, ayant malheureusement remarqué que je parlais chinois, s'est cru obligé de raconter des stupidités pendant tout le voyage,

Je suis tombé sur une menteuse hors pair qui voulait absolument m'emmener dans un hôtel minable du nouveau Lijiang, en me jurant sur tous les saints du monde qu'on était bien dans le vieux Lijiang (la différence c'est pas très compliqué: le vieux Lijiang, ce sont des ruelles pavées et des maisons basses de style traditionnel, le nouveau Lijiang... c'est la Chine moderne bruyante et sale)

Je me suis perdu dans les rues du vieux Lijiang, ce qui est tout à fait normal d'après le Lonely Planet, mais n'en représente pas moins un affront considérable à mon amour propre,

Le ventre vide et les pieds et les jambes détruits, j'ai dû déambuler pendant une heure et demi pour trouver un restaurant qui accepte d'offrir une table à un voyageur seul (Lijiang, c'est une des densités de touristes les plus importantes au monde après Disneyland),

Le lendemain, j'ai partagé la table avec des jeunes du Sichuan bien sympathiques, mais qui ne m'avaient pas dit d'où ils venaient en m'invitant à les rejoindre pour déjeuner. Je ne l'ai su que trop tard... quelques minutes avant de voir arriver les premiers insectes et doufus pimentés sous mes yeux ébahis. Bon, au moins je peux maintenant dire que j'ai mangé des larves de libellule. Ca fera bien sur mon CV.

(suite dans un instant)
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YA
Yangguizi 21 years ago
Une semaine de ski à Nagano (Japon)
Voila, les vacances au ski c'est termine, je viens de rendre mon equipement et j'ai deux heures a tuer avant de prendre mon bus de nuit pour Osaka avant de decoller pour Shanghai.

Au cas ou le sujet interesserait les fous de glisse du forum, voici donc quelques petits commentaires sur cette semaine, ou plutot ces six jours de ski a Happo-One, la principale station de la vallee olympique de Hakuba, dans la prefecture de Nagano.

Presentation generale

Happo One est une des plus grandes stations japonaises, et donc asiatiques, et son domaine skiable n'est depasse que par Niseko (ile d'Hokkaido) et par un regroupement de petites stations non loin de Nagano. Happo One est dans la vallee de Hakuba qui a accueilli la plupart des epreuves de ski lors des JO de 1998. Happo One elle-meme a accueilli la descente et le Super G, ainsi que le saut a skis.

Le domaine skiable

Il ne faut pas s'y tromper. Malgre sa taille de geant compare aux autres stations d'Asie, Happo One a un domaine skiable assez modeste par rapport aux stations europeennes. Je dirais que sa taille est a peu pres equivalente aux stations familiales moyennes qu'on peut trouver dans les Alpes du Sud, et qui sont celles que je connais le mieux. Tres loin derriere les geants alpins, de France, de Suisse ou d'Autriche donc.

Ceci dit, il y a quand meme de quoi faire, et en une semaine je ne me suis pas vraiment ennuye, meme si vers la fin je commencais a me sentir a l'etroit.

Il y a des pistes pour debutants, pour intermediaires et pour skieurs confirmes. Il y en a en fait pour tous les gouts, et les pistes difficiles n'ont pas grand chose a envier a celles des Alpes, meme si on se situe peut etre un cran en dessous. Attention aux champs de bosses, ils sont reellement tres difficiles a descendre.

Pour ceux qui ont la bougeotte, il y a tout un tas d'autres stations, helas non connectees, dans le coin et facilement accessibles en navettes.

Les infrastructures.

Rien a dire de ce cote la, la densite de remontees mecaniques est tres forte, peut etre meme trop, car on n'a que l'embarras du choix pour aller d'un point A a un point B. Il y a un telecabine, et environ 30 telesieges (bi, tri ou quadri places). Aucun teleski par contre. Ca peut sembler beaucoup, mais beaucoup de ces telesieges sont assez courts et certains font double emploi.

Fait surprenant pour un europeen, beaucoup de ces telesieges sont demunis de garde corps, ce que je n'ai jamais vu nulle part ailleurs au monde. C'est etonnant pour un pays si a cheval sur la securite. Parmi les telesieges munis de garde corps, un seul dispose de repose pieds. On s'y fait assez vite.

La meteo

En six jours, j'ai eu un jour de grand beau temps (le premier) et de la neige plus ou moins dense les autres jours. Le tiers superieur de la montagne etait en permanence dans le brouillard, a part le premier jour, et ce brouillard descendait parfois jusqu'au pied des pistes. Je crois que cette meteo mediocre est normale pour la saison.

Malgre les bulletins meteo inquietants que je consultais quotidiennement avant de partir, il n'a pas fait froid du tout. Les temperatures etaient souvent annoncees entre - 15 mini et - 2 maxi, mais je n'ai vraiment pas souffert du froid, moi qui y suis en general plutot sensible. Meme la nuit etait plutot douce.

La qualite de la neige

Elle etait vraiement excellente, meme si les chutes continues de neige et la poudreuse qui en resultait y etaient sans doute pour quelque chose. L'epaisseur etait d'environ 3 metres, et je n'ai rencontre qu'exceptionnellement de petites plaques de verglas. D'une maniere generale, j'ai trouve la neige bien plus agreable que ce que j'ai pu connaitre en France.

Les pistes sont regulierement dammees, mais en raison des precipitations impressionnantes, il y avait bien sur des passages ou la poudreuse etait vraiment trop epaisse.

La frequentation

J'ai eu de la chance puisque je me suis retrouve hors des vacances japonaises et des periodes de pointe. Les pistes etaient donc tres peu frequentees. La queue la plus longue que j'ai du affronter aux remontees ne devait pas depasser une minute, et encore c'etait rare! La plupart du temps il n'y avait tout simplement personne. De fait, j'etais donc quasiment toujours tout seul sur les sieges.

Un tout petit peu plus de monde le dimanche, mais ca restait encore tres peu dense.

Il y avait beaucoup plus d'etrangers que ce a quoi je m'attendais. Des australiens en grande majorite, ce qui est assez logique puisque c'est le seul peuple d'un pays a fort pouvoir d'achat situe loin de domaines skiables d'envergure, surtout pendant l'ete austral.

Il y avait ensuite tous les skieurs de Chine (surtout des europeens comme moi, mais aussi des hong kongais et quelques continentaux) qui profitaient de la semaine de vacances du nouvel an chinois.

Et enfin quelques coreens, malaysiens et autres.

Je n'ai pas rencontre un seul resident d'Europe ou d'Amerique du Nord, ce qui est assez logique. Pourquoi iraient ils aussi loin pour skier? Il parait qu'il y a quand meme beaucoup de moniteurs canadiens.

Les australiens sont tellement nombreux ici qu'on les retrouve partout. Certains tiennent des bars, d'autres des agences de voyage, tandis que d'autres font la plonge dans les hotels.

Attention toutefois, il parait que cette station peut etre reellement bondee lors des vacances japonaises, et il vaut mieux alors l'eviter.

Le niveau des skieurs

Il y a en fait plus de surfeurs que de skieurs, alors qu'en Europe, ces derniers sont encore je crois plus nombreux.

Le niveau general est tres bon chez les pratiquants de ces ceux disciplines, meilleur qu'en France ou en Autriche. J'ai reellement ete bluffe, mais ca s'explique peut etre par le fait que tous les meilleurs viennent skier ici, et que les skieurs plus moyens vont ailleurs.

La nourriture

On ne vient pas ici pour faire un sejour gastronomique, et on mange en fait assez mal. La plupart des hotels servent de la nourriture occidentale, et les quelques restaurants et bars qui servent de la cuisine japonaise donnent dans le bas de gamme. C'est dommage.

Il y a une quantite de restaurants / cafeterias au pied, au milieu et au sommet des pistes. C'est assez mediocre en general. Notons quand meme la presence d'un McDo a mi hauteur, et d'un kebab tenu par deux turcs d'Istambul (tres sympas)!

Le village

Hakuba - Happo One est tres mignon et a un petit air alpin que n'ont pas les autres stations japonaises. Le paysage est idyllique, mais... ca manque sacrement d'animation. Peut etre est-ce different en periode de pointe.

Le village est tres eparpille, et les restaurants et bars sont assez rares et peu frequentes. Il n'y a absolument aucune ambiance, et la notion d'apres ski ne semble pas avoir penetre ce pays. La plupart des japonais vont aux nombreuses sources chaudes et ne semblent pas etre demandeurs d'autres activites.

La langue

Ce n'est pas une legende: les japonais parlent tres mal anglais. Je crois que c'est le pays que j'ai visite ou ils le parlaient le plus mal. Mais avec beaucoup de sourires, d'imagination et de patience, on arrive toujours a communiquer.

Les prix

Et oui, quand on parle de ski et de Japon, la question des prix revient evidemment tres souvent. Et bien, contrairement aux idees recues, ce n'est pas plus cher qu'en Europe! Quelques ordres de grandeur de ce que j'ai pu depenser:

Une nuit d'hotel en chambre individuelle, avec toilettes et douche privees: 53 euros. En chambre double ca revient evidemment moins cher, et il y a evidemment des logements equivalents moins chers que ca, mais que j'ignorais car j'etais limite par les informations disponibles sur internet. Il y a aussi des formules routard bien moins cheres, mais bon, apres une journee de ski, un peu de confort minimum ne fait pas de mal 🙂. Il y a evidemment des hotels tres chers a des prix astronomiques, mais je laisse ca aux amateurs.

Le forfait remontees: environ 23 euros la journee, si on prend plusieurs jours et si on l'achete via l'hotel (ils offrent tous des discounts). Je pense que c'est a peu pres equivalent aux tarifs europeens pour une station de taille equivalente.

La location de skis + chaussures: environ 16 euros la journee. Ce n'est pas tres cher, et encore, la plupart des hotels proposent aussi du materiel encore meilleur marche.

Les repas. C'est cher pour ce que c'est. En general de 5 a 10 euros le plat, mais on est difficilement rassasie avec un seul.

Les cocktails. Il y a de bons petits cocktails alcoolises japonais que je ne connaissais pas et qui sont tres abordables: environ 3 ou 4 euros.

Les transports. Il vaut mieux atterrir a Tokyo ou a Nagoya si on a le choix. J'ai malheureusement du voler sur Osaka qui est plus eloigne. Le train de nuit d'Osaka a Hakuba coute dans les 70 euros. Le bus de nuit environ 30.
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LU
Lula 21 years ago · Ginas
Des chinoiseries
Etrange rencontre que la mienne avec l’empire du milieu. Les jours s’ecoulent et je reste inlassablement stupÈfaite, entre l’admiration et l’incomprÈhension, ne sachant toujours pas si je l’aime, ce pays, ou si la diffÈrence culturelle, Ènorme, tellement Ènorme, m’impose une barriËre insurmontable, a la mesure de la dÈmesure de la Chine. Par ou commencer pour parler de cette immensitÈ? En vrac, alors. Les distances Èlastiques, le dÈfilÈ interminable des poids lourds, la proximitÈ constante, les hordes disciplinÈes dans les sites touristiques, le marchandage a donf, les chantiers de construction, les rÈcipients de thÈ vert, les villes tentaculaires, la pollution, les fumeurs invËtËrÈs, la consommation, le karaoke dans les cars, la manipulation mÈdiatique, les Ècoles a l’allure militaire, le taichi matinal, le messenger indÈchiffrable, les femmes en costumes traditionnels, Jackie Chan, les valses douces des anciens dans les parcs, les dÈfilÈs de commÈmoration, le contraste ville-campagne, le self-service des soupes de nouilles, les remËdes traditionnels, … J’ai tant d’images sous mes paupiËres, encore une fois, tant d’Ètonnements. Et, Les cabinets dentaires qui disposent facilement de 10 chaises a tortures dans une meme piËce. Les cybercafÈs ou je me suis parfois retrouvÈe entourÈe de plus d’une centaine de pc occupÈs par autant de teenagers enthousiastes et l’ouie ÈcartelÈe par les dÈcibels Èlectroniques des bruitages violents. Les toilettes pour femmes ou l’intimitÈ et sa pudeur sont exposÈes au-dessus d’une espËce de longue fosse Ètroite a peine compartimentÈe par un muret d’une vingtaine de cm, a l’odeur d’ammoniaque agressive, ou les utilisatrices en entrant retroussent leur pantalon et ou je m’harnache consciencieusement, sac, pantalon, contenu des poches, pq prÈparÈ pour etre sure que rien ne dÈgringolera, et prenant garde, surtout, surtout a ne rien toucher, ni froler. Les tables de restaurant prÈvues pour installer en cercle au moins une dizaine de personnes et ou il faut me caser, moi, seule, ou a peine accompagnÈe, puisque d’une seule personne et ou les regards d’incomprÈhension devant ma presque solitude me faisait sentir ma toute petite petitesse. Et les trains interminables dont il faut d’abord contenir les nombreux passagers en les entassant dans des salles d’attente obligatoires, que j’ai rencontrÈes de 2 types: option , et alors modernes, rigides, aux couleurs des Ècrans de tÈlÈvision et des panneaux , sous le regard vigilent de charmantes employÈes en uniforme et sifflet qui chassent fermement les mendiants et reprennent les oublieux qui confondraient les siËges avec leur lit ou oseraient allumer une cigarette ou feraient mine d’abandonner au sol un dÈtritus, le tout dans une tempÈrature maitrisÈe glacialement par l’air conditionnÈ. Ou ou cohue rime avec bordel, ou le sol disparait sous les dÈchirures de journaux servant de matelas, invisible a travers un rideau de papiers d’emballage, mÈgots, taches visqueuses, graines de tournesol, feuilles de thÈ macÈrÈes, pelure en tous genres et ou un employÈ au faciËs neutre et peu amene dÈploie un megaphone dans lequel il hurle de temps en temps les coordonnÈes incomprÈhensibles du train en partance, en passant entre les rangs, enjambant les corps, les sacs, dans la fumÈe de cigarettes agressives et la moiteur envoutante que les ventilateurs ont renoncÈe a vaincre. La gentillesse des villageois, leur insistante mais prudente curiositÈ devant ma petite prÈsence. Et cette question redondante, accompagnÈe d’un geste, un doigt d’abord pointÈ sur moi puis levÈ vers le ciel et qui dans le meilleur des cas, mais la, c’est plus que rare, s’accompagne d’un Juste une? Toute seule. Suivi d’un long ahhh. Combien de fois l’aurais-je entendu, cet Ètonnement vocal persistant? Suffisamment en tout cas pour pouvoir l’identifier les yeux fermÈs, sans gestuelle et y rÈpondre alors par le meme geste et le meme ahhh, mais sourire aux lËvres. Chine dÈmesurÈe ou il est difficile de concevoir un etre humain vivant seul, voyageant seul et surtout une femme. Alors, pour parer a ma supposÈe solitude, les femmes me prennent en main, exigent de mes voisins improvisÈs qu’ils leur cËdent leur place pour s’installer a cotÈ de moi et tenter de tailler une bavette pendant laquelle mon trop pauvre vocabulaire mandarin, wÓ h‚o, nÓ h‚o ma†? wÙ hÍn h‚o, wÙ cÛng f‚ guÛ lทi, nÓ ne†? wÙ ji‡o Lula, nÓ ji‡o shÍnme†? et quelques autres rÈpliques pour expliquer ou je vais et si je suis mariÈe… finalement, ne fait qu’embrouiller encore plus. Car comment faire comprendre a tous ces gens, le choix du voyage, quand dÈja parfois, je me sens tellement diffÈrente de mes supposÈs frËres blancs sÈdentaires? Et si l’anglais nous permet des Èchanges plus prÈcis, viennent alors de gentils sermons, ou conseils plutot, pour m’expliquer, que je dois trouver un ou une compagnon pour me soutenir, prendre soin de moi, parler, car c’est plus facile quand on est deux. Et quand je rigole en disant que je suis heureuse comme ca, que j’ai choisi cette route en solitaire, que sinon, je ne les aurais pas rencontrÈs, eux, qui ne m’auraient alors pas parlÈ, je sens leur scepticisme, je touche alors a un concept inconnu et un yes qui veut dire no ponctue la conversation. On est en Chine, non, il ne faut pas perdre la face, alors, on dit oui, meme si on n’a pas compris ce que l’ÈtrangÈre veut dire. EtrangËre. Je n’oublierai pas cette si jolie Ètudiante en droit international de Guyang, rencontrÈe dans un magasin ou je demandais ma route pour le parc… Elle se proposa pour me mettre dans le droit chemin, spontanÈment, puis m’accompagna jusqu a l’entrÈe, se prÈcipita pour payer 2 billets, et me fit faire la plus intÈressante des visites guidÈes, cherchant a tous moments a deviner mes attentes, m’expliquant les visiteurs du parc, les recoins du temple, les puits porte bonheur, la marche a l’aveuglette, une main tendue vers l’avant, pour qu’un voeu se rÈalise, les croyances gadgets qu’elle mÈprisait et sa vie de jeune fille de 20 ans, loin de son village natal, enthousiasmÈe par la modernitÈ. Et aussi des conseils: surtout ne pas manger dans les Èchoppes de la rue… ...Moi qui voulais lui proposer une soupe de nouilles avant de se quitter pour le dÈbut de son cours!

Suite plus tard, bien sur...
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YA
Yangguizi 21 years ago
Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins
Province du Gansu, Chine, mois de mai 2004

La semaine du Premier Mai, une des trois "golden weeks" chinoises est toujours l'occasion pour les mordus de voyage de s'évader de leur métro boulot dodo quotidien. En 2004, c'est sur la province du Gansu que j'ai jeté mon dévolu. Un nom mythique, Dunhuang, petit point noir sur la plupart des cartes, facilement repérable au milieu d'étendues désertiques m'attirait tout particulièrement. C'était une de ces destinations qui me faisait fantasmer, sans trop savoir pourquoi.

Le 30 avril au soir, donc, je prenais l'avion pour Lanzhou, capitale de la province. Absolument impossible de trouver un taxi pour m'emmener à l'aéroport ce soir-là, j'ai donc du trouver un bus en catastrophe, pour arriver in extremis à l'aéroport de Hongqiao une heure plus tard. C'est énorme en partant de la Place du Peuple! Une fois sur place, je me suis rendu compte que j'étais en veine puisque mon avion n'aurait a priori qu'une heure de retard. C'est peu pour un jour de départ en vacances. De l'autre aéroport de Shanghai, à l'autre bout du territoire municipal, une amie en partance pour la Malaysie me téléphone pour passer le temps, ayant elle six heures de retard à occuper. Pas très sympa de ma part de l'avoir ainsi narguée avec la quasi-ponctualité de mon vol...

Nous nous sommes donc posés à Lanzhou vers minuit, ayant un autre avion à attraper le lendemain aux aurores pour Dunhuang. Où passer la nuit? Nous nous concertons avec mon amie: sur les sièges de l'aéroport ou dans un hôtel? Ca doit bien se trouver un hôtel dans le coin. Oui effectivement, un sinistre bâtiment se trouvait bien à cinq minutes à pieds du terminal, et c'est dans une pénombre quasi absolue que nous nous sommes frayés un chemin vers l'hôtel. Un établissement dans le plus pur style chinois traditionnel... c'est-à-dire avec un immense hall, un personnel peu accueillant et des moquettes à la propreté plus que douteuse. Le tout plus que vraisemblablement géré par l'Etat. Et bien entendu l'indétronable paillasson dans l'ascenseur pour indiquer le jour de la semaine. Cette arrivée tardive m'a permis de percer un des plus épais secrets de la culture chinoise: les paillassons sont remplacés le matin, et non pas sur le coup de minuit, comme l'attestait la présence prolongée du paillasson de la journée qui venait de s'achever. Je suis méchant je sais, mais c'est parce qu'ils avaient refusé de nous octroyer une réduction alors que l'hôtel était probablement vide.

Le lendemain donc, trajet de jour de l'hôtel à l'aéroport. Comme l'endroit est laid! Comme toutes les zones aéroportuaires certes, mais quand on est aux portes de l'Asie Centrale, on ne peut qu'être déçu tant on s'attend à ne découvrir que du merveilleux.

Dans le bus nous amenant du terminal à l'avion, une famille chinoise me presse de questions sur les études à l'étranger, pour le bambin de la famille à qui on promet déjà un avenir doré alors qu'il n'a que sept ou huit ans. Mon intuition ne m'avait pas trompée, ils étaient bien de la région de Shanghai. Mais un peu de patience, d'ici quelques heures je pourrais enfin fréquenter une autre sorte de chinois.

Nous décollons enfin pour survoler une interminable région désertique. Nous sommes là aux marges du désert de Gobi s'étendant à perte de vue vers le nord. Un trajet par voie terrestre aurait été bien plus excitant mais avec une seule semaine de vacances, c'était malheureusement à exclure. C'est donc avec une facilité insultante que nous progressions à pas de géants vers l'ouest, survolant probablement des pistes caravanières enfouies depuis bien longtemps. De temps en temps, nous apercevions la route traversant la province, et pouvions distinguer de rares véhicules, dont les occupants devaient probablement lever les yeux au ciel pour jalouser la rapidité de notre trajet en avion.

La province du Gansu est tout en longueur. La traverser en avion de Lanzhou à Dunhuang prend deux heures. De l'autre côté de la masse continentale, c'est le temps qu'il faudrait pour traverser un bon bout d'Europe. Mais ici, en Asie Centrale (et oui, la région n'a peut-être pas un nom rigolo finissant en -istan, mais nous n'en sommes pas moins en Asie Centrale), c'est le temps qu'il faut pour traverser une province.

Nous atterrissons enfin sur le petit aéroport flambant neuf de Dunhuang. Le temps est nuageux et la température relativement fraîche. On m'aurait menti??? Des nuages dans le désert??? Prenons donc le taxi pour rejoindre le centre-ville et nous perdre enfin dans les vieilles ruelles de Dunhuang la musulmane. Courons vers ses bazars orientaux, ses mosquées, ses bâtisses intemporelles, allons donc enfin respirer l'atmosphère authentique de l'Asie Centrale éternelle. Oui, c'est bien ce qui devait nous attendre, nous ne pouvions pas avoir fait ce long voyage pour rien. Nous étions bien dans une oasis: cultures timides, quelques rangées d'arbre et surtout un désert menaçant de tous les côtés. Puisque nous étions dans une oasis, il devait bien y avoir une vraie ville traditionnelle quelque part non?

Nous sommes donc arrivés en ville. Une ville chinoise! Moderne, bruyante, et ressemblant à toutes les villes chinoises du pays. Aucune construction ancienne, un quadrillage de larges boulevards, des cybercafés, des bureaux, des publicités géantes, des néons, et des voitures. La ville de mes rêves avait en fait disparu depuis belle lurette. On m'aurait menti???

Après avoir pris un hôtel au hasard, on se promène et tombons sur "le" bazar de la ville. Certes, il était un peu moins chinois que les bazars de Chine de l'Est, certes, l'odeur du mouton y était largement plus forte que celle du doufu, certes, les hommes avaient des barbes rigolotes et des calotes blanches sur la tête. Mais quand même! Un bazar proprement organisé dans une large rue piétonne entièrement réaménagée, ça fait quand même... désordre. Apparemment, on est pas allés assez loin à l'Ouest. Il aurait fallu aller au moins jusqu'à Kashgar pour sortir de la Chine éternelle... et omniprésente. On a quand même fini par faire un repas de mouton (ça ne faut pas dire que nous avons suivi un guide armé d'un drapeau et d'un porte voix, au milieu d'un troupeau d'une vingtaine de touristes chinois, non non, c'était à prendre au sens propre du terme, nous avons vraiment mangé du mouton).

Une fois l'estomac rempli, et notre haleine en harmonie avec les senteurs locales, nous continuons à explorer fébrilement le centre-ville dans l'espoir de trouver quelque chose ayant au moins une apparence ancienne. Ou une mosquée, ou n'importe quoi qui nous démontre que l'avion n'avait pas volé dans la mauvaise direction pour nous ramener quelque part en Chine centrale. Ah oui, on a fini par trouver une toute petite mosquée, probablement très récente et sans doute destinée à satisfaire de quelconques quotas religieux. Dunhuang est une ville chinoise, mais on y voit quand même de très nombreux musulmans. Ce ne sont pas des ouighours comme ceux qu'on trouve plus à l'ouest, dans le Xinjiang. Oh il y a sans doute quelques ouighours ou tartares qui trainent parmi la population, mais la plupart de ces musulmans sont des hui, c'est-à-dire des descendants de chinois convertis. Note personnelle: quand ils le veulent vraiment, les chinois sont capables d'avoir de la barbe 🙂
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PH
Philobate 21 years ago · Masulsha
Les tribulations d'un Vfestiste en Chine
Bonsoir a tous ...

Ici en France il est 00h15 ..., je suis à 19h heure de mon décollage et je vient enfin de finir mes bagages ....

19 kg pour le bagage en soute et 12 kg pour le bagage a main, et mois qui aime vayagé legé, ... bon en même temps je part pour 6 mois et j'enmène mon matos sportif (escrime et ouais sa pèse ...)😄😄😄

Je vient de finir une petite fête avec mes parents et un pote de toujours et je suis dans un état proche de l'apesentheur ..., mais sa fait du bien, sa permet de vidé la tête ...

Shanghai ma parrut si loin pendant tant de mois et elle me parait si proche tous d'un coup, trop proche ?, l'histoire et mes postes le diront ...

Bon ce poste est juste pour commencer un file qui je l'éspère me suivra pendant mes périgrinations des 6 prochains moi (et ouais je vais pas me passé de VF ...)

Sa commence demain avec la première (?) rencontre VF organisé dans un avion avec le membre Kelaer !!!, ouais tant cas faire, j'aime rien faire comme les autres ... !!! 😏😏

Merci a tous ceux qui mon encouragé et aider a préparer ce voyage, notament Francois, SylvieF, Walinette, Nawal, EspritZen, Fabricia, Simba, Parva, Sandrine, Juju, n Loopkin, Béné et Alan (et tous les autres ...)

Mon prochain post sera soit de roissy soit de Shanghai ... !!! c'est partie pour de nouvelles aventure, j'ai un mélanges de sentiment dans la tête c'est pourtant pas la première fois que je part, mais dans ces conditions si ..., il vont rien comprendre a ce que je vais leurs dires ces pauvres chinois ..., alors en plus quand je vais leurs expliquer qu'il me faut une connection internet par ce que je suis accro à VF ....

Pleins de gros bisous à tous ...

Philo
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LA
Laplante 21 years ago
1er voyage en Chine du 12/2002 au 03/2003
From China. Décembre, Mars 2002, 2003 A travers ce récit, je voudrai vous faire partager mon voyage en Chine. Ce qui m’a décidé à partir ? Les différentes étapes de ce périple. Mes états d’âme. Les lettres des gens qui m’ont suivi à travers mon récit. Christophe Helin

Après un séjour en mai 2002, Julien revient en France épanoui, transcendé par ce qu’il a vu en Chine. Il Décide de repartir mais pour un an et persuade des amis de venir avec lui. Au début 7 étaient delà partie, pour finir à deux. Novembre 2002 grand départ et quinze jours après, je reçois ce mail qui s’intitule : La Chine en direct.

Salut chris, on est donc bien arrivé en chine, l'avion ne s'est pas écrasé ces l'essentiel, et aujourd'hui je vais me lancer dans un petit résumé de la situation. Donc on est arrivé maintenant depuis deux semaines, sur mon visage un sacré smille de retrouver l'air pollue de Shanghai, respirer à pleins poumons les dioxines chargées me remplit de joie. La Chine c'est avant toutes les odeurs, et à peine passé le portique de l'aéroport, j'avais l'impression de retrouver des vieux chaussons usés mais confortables... des chinois partout évidement, j'ai été trop heureux de voir que je captais un peu ce qui se racontait, un mot sur dix, mais c'est déjà pas mal. Les Chinois me disent sans arrêt que je m'en sors plutôt bien... je sais que ce n'est pas le cas, mais ça fait toujours plaisir de l'entendre : On prend une espèce de van pour regagner notre appartement, mon pote (Jean Charles) sur place est venu nous chercher, et déjà je mangeais du regard tout ce qui me tombait sous les yeux... je reconnais tout ici, les immeubles ravagés, les panneaux de pub partout, les voitures qui filent dans tous les sens, et les vélos... les vélos en veux-tu en voila, certains dont on se demande comment ils font encore pour avancer, la chaîne rouillée et les guidons en vrac, les portes bagages chargés à mort, des vélos à la Chinoise quoi... on arrive à notre appart, l'appart est autant en vrac que les vélos, ceci dit plutôt bien pour un appart chinois... mieux que celui de mon pote par exemple, tout était Un peu crade, voire carrément, mais à coté de ça on a du parquet dans toutes les chambres, une salle de bains raisonnable après nettoyage, et une cuisine presque convenable... on a donc passé nos premiers instants à nettoyer, voire un bon nombre d'heures, on vient d'ailleurs juste de terminer, faut dire qu'on a pris notre temps, rien que le frigo par exemple, je dois y avoir passe 6 heures de nettoyage, et je ne te parle pas des placards de la cuisine, tu rajoutes une heure pour chacun et tu es encore loin du compte... on a aussi fait un nombre pas croyable d'aller retour à carrefour, deux a trois fois par jours au moins, il a fallu tout acheter, et quand je dis tout, c'est tout, tout sauf les fringues que j'avais amenés... j'ai acheté deux oreillers, et une housse de couette, et un matelas vu que j'ai dormi les deux premières nuits sur le parquet avec ma couette, c'est aussi ça la chine, des matelas en béton : La première nuit c'est passé nickel, la deuxième j'ai eu un mal de dos de l'autre monde, du coup je suis retourné à carrouf me faire péter un matelas, un deux places, et mou, ce qui est carrément rare ici, tu verrais le lit à mon colloc, c'est des ressorts entre deux planches en bois... théoriquement on devrait finir de s'installer d'ici un ou deux jours, vivement qu'on se sente un peu chez nous... à part ça, que dire... on va tous les soirs manger au resto du père à dondon, la femme de mon pote qui vit ici, il refuse une fois sur deux de nous faire payer, c'est super gênant, du coup je lui ai dit que si je payais pas je ne reviendrais plus, il a sourit et il a prit mes 10 balles, j'y retourne demain, c'est bœuf au curry : moi je fais que parler aux gens, ça me fait trop plaisir, pour l'instant je ne progresse pas des masses vu que j'ai plutôt tendance à me reposer sur mes acquis, mais c'est déjà ça, je pensais rien savoir en chinois, mais quand je vois comment se débrouillent les autres, je me dis que je m'en sors pas mal... sinon, je passe pour un extra terrestre avec mes rollers, les gens arrêtent pas de me poser des questions, que je ne comprends pas, mais c'est pas grave, je communique c'est l'essentiel. c'est un plaisir de se balader dans les rues, tout le monde est en vélo c'est super agréable, je retrouve les sensations qui me manquaient, à savoir le cœur léger et le plaisir de la découverte : donc pas de problèmes pour le moment, sauf que dixit mon pote chinois, ça risque d'être un peu galère pour refaire les visas, je ne sais pas encore comment je vais faire, mais on va essayer de trouver une solution, visiblement il faut aller à HongKong ou je ne sais pas quoi, mais ça parait pas aussi simple qu'on le pensait... enfin... on verra bien... on va aussi se faire masser assez souvent, y'a rien de mieux pour apprendre à communiquer, et c'est super bon pour mon dos en morceaux : Sinon quoi d'autre, ici au pays des tangbao, des oeufs au vinaigre et des nouilles transparentes, pas grand chose, mais la vie suit son cours, je passe toujours quelques heures par jour au cybercafé, à tchatcher sur micro avec les Français restes à Nice, à boire du thé au citron, manger des soupes devant mon pc et écrire quelques mails... hier je me suis couché à 20h, j’étais trop crevé va savoir pourquoi... à minuit j’avais les yeux tellement ouverts que je n'ai pas réussi à les refermer, je me suis tourné et retourné dans mon lit pendant trois bonnes heures, et à 3h du mat, j'en ai eu marre, je suis sorti en catimini sans réveiller les copains, en mettant mes chaussures sans faire un bruit : après je suis sorti un peu, je suis allé discuter sur micro de 3h à 6h du mat, puis à 6h je suis allé manger des raviolis dans la rue, dans un quartier carrément à l'arrache, y avait plein de chinois qui me mataient mais j’étais content, la chine s'éveillait et j'ai mangé ça au bord de la rue, puis j'ai marche, et marche, pendant au moins 4h... c’était trop bon, j’ai vu des trucs que je n’avais jamais vu, des quartiers à l’abandon que tu imagines même pas, les trottoirs en vrac, c'est un signe caractéristique ici : J'ai donc marché, tellement que je me suis perdu, même avec la carte je ne reconnaissais rien, et quand enfin j'ai réussi à voir ou j'étais, je me suis rendu compte que j’étais revenu à 10m de la maison, mais impossible de reconnaître la rue, c'était hallucinant, je regarde ma carte, et je vois que je suis à coté de chez moi sans m'en rendre compte, ça fait bizarre, les rues se ressemblent mais tu peux passer trois fois au même endroit en ayant l'impression d'être à l'autre bout de la ville... toujours est-il j'ai marché des heures et je n'ai même pas exploré un centième de la ville, c'est encore plus immense que ce que je n'imaginais, la plus petite des rues est plus longue que jean Médecin, à l'aise... je suis rentré à la maison crevé comme un ravioli sans son jus, j'ai regardé le soleil se lever, puis je suis remonté à mon 12ième étage, les autres venaient de se lever et partaient pour l'ambassade, moi je me suis couché... voila en gros, ça c'était pour la petite tranche de vie... sinon pour le voyage en chine, je ne sais pas vraiment si c'est possible de s'en sortir sans parler chinois, en ville mes potes s'en sortent avec un dico et beaucoup de mime, mais je sais pas ce que ça peut donner à l'extérieur ou les gens doivent encore moins parler anglais, et moins qu'ici autant dire que c'est quasiment rien...mais je vais me renseigner et je te dirais ça, en tout cas je m'en sors en chinois, et c'est une belle victoire sur mes années précédentes d'inactivité... bon, je vais aller me chercher une soupe moi, et me finir devant un petit film en chinois... je te redonne des nouvelles dès que tu me réponds, à++ amigo à très bientôt julien dit "Ross le jaune" :

L’arrivée.

L’avion se pose et mes amis ne sont pas à l’aéroport. Je profite des derniers panneaux en anglais avant de rejoindre la ville en le bus. Comment déchiffrer hôtel en idéogramme, premier défi de ces 03 mois de périple, je laisse faire le hasard, enfin le rabatteur qui a su voir en moi un billet vert égaré. Avec mon translate de phrase toutes faites et ma calculette, je me retrouve dans un bel établissement qui met à mal mon budget voyage, mais l’épuisement à raison de moi. Ne me déplaise en déchirant ce brouillard au couteau, j’ai le droit à une magnifique vue sur le centre de la mégapole chinoise. Je redescends de suite avec ma première phrase en chinois : « wo hiao diannao » (je veux un ordinateur), pour annoncer mon arrivé à bon port, ensuite je retourne profiter du luxe de ma chambre avec un bain pour me délasser et dégourdir mes membres restés statiques aussi longtemps. La nuit tombe et je parcours ce vieux quartier au tour de l’hôtel, au milieu des gratte-ciel, ces maisons d’un autre temps ou ces immeubles d’un futur accéléré par ces dirigeants qui font de cette ville un anachronisme permanent. Je déambule laissant traîner mon regard attiré par ces halots de lumière à travers les fenêtres, les portes entrebâillées, autour d’un poêle à même le sol. Je salive déjà en regardant ces plats de pâtes préparés à la minute, m’attabler auprès d’eux pour pouvoir déjà déguster cette denrée rare qu’est le temps, mais pour une sécurité gastrique je me rabats vers un restaurant à l’enseigne bien lumineuse et remplie de monde, ne sachant même pas retrouver le signe désignant bœuf et riz, je me laisse aller pour ce qu’on veux bien me servir : une soupière avec des cubes de je ne sais quoi qui ressemble à de la guimauve et une bière pour faire descendre tout cela…

Welcome la Chine.

Voila déjà 3 jours que je suis arrivé. Tout va pour le mieux et je viens de rejoindre Julien et Michel, chez qui je peux loger. Cela me permet de voir venir les choses et de pouvoir m'acclimater doucement. Que puis-je vous dire commencer, comment vous décrire cet environnement, cette nouvelle vie qui démarre pour moi. Le contraste, voilà ce qui vous frappe en premier: ces immeubles, que dis-je ces tours au milieu de ces quartiers usés (il y a 20000 chantiers perpétuels dans la ville) cette mode occidentale qui envahie-le quotidien et se mélange à la culture ancestrale. Le savoir-vivre qu’ils n’ont pas, on vous bouscule, on vous double dans les files d’attente, dans l’avion à peine les roues posées ils sont tous debout, obliger de les faire rasseoir, dans la rue ça klaxonne à tout va et malgré tout cela il n’y a pas de bagarre. Ces méga stores qui ne font même pas concurrence aux petites échoppes. Le prix des hôtels 40euros en moyenne et le prix d’un repas dans la rue, qui varie entre 30 centimes et 1 euro, (d’ailleurs il y a les prix pour les Chinois, pour les touristes et les Japonais leurs ennemies de toujours), le Macdonald s'est 2, 5 euros, c’est cher pour eux. Il y a toujours un gardien jour & nuit dans chaque immeuble et il y a aussi un liftier dans chaque ascenseur jour & nuit, (la nuit il dort par terre et vous n'osez pas le réveiller pour appuyer sur le bouton), malgré tout cela il y a encore du chômage. J’ai trouvé une salle informatique avec 500 bécanes, je ne vous dis pas pour déchiffrer ce qu’il y a sur l'écran. En arrivant, j'ai déjà joué à Counter Strike (il y a des choses universels maintenant) et la pollution atmosphérique qui recouvre continuellement la ville d un épais brouillard. C’est inimaginable la vie sur cette planète... Je me crois encore dans un rêve, mal réveillé. Mais la réalité me rattrape vite quand vient-le moment de communiquer. Pour cela je me débrouille, je montre un point sur une carte, je présente une phrase toute faite déjà écrit sur mon phrase book et pour manger, je montre du doigt ou je cherche l'idéogramme qui veut dire bœuf, comme cela je ne prends pas de risque. Le plus dur va bientôt arriver, déchiffrer une destination sur les murs de la gare pour pouvoir prendre un billet de transport car il ne parle pas du tout anglais. Enfin en dehors de ces problèmes, j'espère pouvoir aller ou je veux… Semaine ordinaire sur la mégapole.

La pluie tombe sur la mégapole depuis quelques jours, c’est marrant comme toutes les capitales du monde se ressemblent sous la grisaille. Les tours de béton se mélangent au ciel, tout devient monotone et la vie prend un autre rythme. Le mien s'écoule comme celui de Julien et Michel. On se couche vers 4, 5 heures du matin pour ce lever vers 13 heures et on part en ville à la découverte de nouveaux quartiers à explorer. Jeudi nous sommes allés en banlieue shanghaillaise, à CAP 10000, un entrepôt qui abrite 10000 boutiques de fringues à des prix défiant toutes concurrence, j'en connais plus d'une qui serait heureuse. Je m'attarde dans le rayon des cuirs, ou je commence une séance d’essayage et la foule commence à s'agglutiner, car un blanc (occidental) de 1 m 93 dans une veste taille M, il y a de quoi faire rire. Je trouve mon bonheur, une gabardine en cuir du style le Rebel et les négociations débutent, après quelques minutes et 2 échantillons de parfum nous tombons sur un prix: 600 yuans (60 euros. J'ai le sentiment de m’être fait rouler, mais après renseignement on m’a dit que je m’en sortais bien. Nous sommes allés au cinéma voir HERO avec jet li en VO, heureusement qu’il y avait la femme d’un ami qui a pu nous traduire, car on aurait rien compris au film. Il faut que je vous dise aussi, une fois que vous avez goûtée aux salles chinoises, plus jamais vous ne pourrez vous en passer. Il y a les places ordinaires, comme partout. Mais pour 35 yuans vous avez le droit à un canapé 2 places avec une petite tablette, le pied ! . Malheureusement les sonneries de portable viennent gâcher le film car ils sonnent sans cesse dans la salle. Pour vous dire aussi, que les critères de sélection pour un poste de travail se font sur votre portable. Alors ils ont tous le dernier cri, ils sont fous ces chinois ! . Beaucoup de question comme celle ci reste sans réponse. La prostitution est interdite, alors pourquoi y a t'il autant de salon de coiffure? . Comment font-ils pour pouvoir se payer des voitures a 20000 euros? . Qui finance tous ces travaux dans la ville? . Pourquoi, y a t’il autant de prix qui diffère en fonction des gens? . Enfin !, cela ne nous empêche pas de vivre, et nous prenons le temps de savourer notre quotidien. J’ai quelquefois l'impression d'être arrivé-il y a une éternité, tant chaque regard, chaque moment reste à apprendre. Il y avait aussi hier soir une superstition, qui empêchait les filles de sortir la nuit à cause du mauvais esprit qui rodait, ils sont fous ces chinois ! Malgré la grisaille du jour, La nuit, la ville devient électrique les voies rapides sont couvertes de néons noirs, les immeubles multicolores, certaines rues brillent de milles feux et nous, nous déambulons, en taxi, en métro, à travers cette palette de peintre futuriste. Nous sommes allés en discothèque. Une usine recouverte d écran plasma et de spot-light. Les hommes en uniforme policier, reste vigilant au bon déroulement de la soirée, pas de collé serré, pas d’exhibition. Ils sont les derniers garants de l’esprit communiste. Techno à fond, on vous remplie le seau à champagne de cannettes de bière ou autres boissons aseptisées. Entrée gratuite pour les filles avant 9h30pm et à 2 heures du mat tout le monde dehors, ils sont fous ces chinois ! … 13000000 de chinois et moi et moi et moi…

Salut à vous, j espère que vous avez passe un bon réveillon de Noël et que vous avez été recouvert de cadeaux. Ici tout va bien, une vague de froid est venu recouvrir la ville et Noël s’est bien passé. Nous sommes allés dans un restaurant avec Jean Charles (un ami de Julien et Michel qui s’est installé ici), sa femme chinoise, leur petite fille, ses beaux-parents et nous. Pour l’occasion nous nous sommes bien habillés pour faire classe, on avait même les cigares made in China pour frimer jusqu’au bout. Comme nous avions réservé et qu’il n’y avait plus de place, ils ont viré des gens pour que l’on ait notre table. Le fait d’être blanc arrange pas mal de chose ici mais parfois ça peut être le contraire aussi. Nous avons mangé pour 15 euros ou tout était à volonté, mais nous sommes restés très traditionnels, roast-beefs et frites pour nous, la famille a mangé des fruits de mer. A 11h00 pm, nous sommes rentrés chez Jean Charles pour ouvrir une bouteille de champagne (qu’ils ont bu cul sec), ensuite il s’est déguisé en père Noël et nous nous sommes offerts quelques cadeaux, mais les parents de dondon (la femme de Jean Charles) ne comprennent pas grand chose car cette fête n’est pas ancrée dans leurs mœurs, même le Nouvel an chrétien; la fête la plus importante reste le nouvel an chinois qui se déroule début février cette année. J’ai profité de l’occasion pour offrir un lecteur DVD dernier cri à Julien et Michel pour les remercier de m’avoir héberger ces derniers jours, car ici cela ne vaut rien (60 euros). On en a profité pour acheter des DVD et pour vous rendre jaloux: Pour 100 yuans on en a 10 ce n’est pas la peine de s’en priver ou de les louer. J’ai "le seigneur des anneaux 02" en screener (film copié au cinéma sur camera vidéo de mauvaise qualité), j’ai "la chute du faucon noir" en VF, "spy games" et plein d’autre. On a vu aussi "Amélie Poulain 2" et oui ! Mais c est juste "un battement d aile de papillon" avec Audrey Tatou et Faudel qu’ils prennent pour la suite d’Amélie. Je dois vous raconter aussi cette dernière anecdote. Hier après midi nous sommes sortis dans la grande rue touristique et nous nous sommes arrêtés pour prendre un café dans un établissement fashion ou ça coûte plus cher que chez nous, à coté de nous 2 chinoises, le portable et la Heineken sur la table, la clope à la bouche (ce qui est rare ici) et pour passer le temps elles font du canevas, elles sont folles ces chinoises. Sinon la vie s écoule toujours paisiblement dans l’appartement. Une barre d’immeuble terni par la pollution parmi les autres qui longent une voie rapide dans le Nord-est de la ville. Leur appartement se situe au 12ème étage avec vue sur le centre ville et les tours de Pudong. Il y a un gardien et un liftier 24 heures sur 24, mais comme l’immeuble est fermé la nuit, il faut réveiller le gardien et remplir une main courant, ensuite si on veut prendre l’ascenseur il faut réveiller le liftier qui dort sur une planche entre deux chaise pour appuyer sur le bouton, alors nous, tous les soirs on se fait les 12 étages à pied pour le laisser dormir. Leur logement doit avoir une superficie de 90 m2, divise en 4 pièces avec terrasses couvertes, il y a du parquet dans toutes les pièces, équipé cuisine et de climatiseurs (ce qui est un luxe ici), car les amplitudes thermiques sont énormes ici, mais tout le monde ne vit pas dans le même luxe, les Chinois préfèrent vivre dans des appartements sans papier peint laissant le béton brut même sur le sol et faire des économies pour pouvoir consommer comme tout bon citoyen du monde moderne… Moi, j'aime lorsque le jour se lève sur la capitale et que la ville se transforme en fourmilière humaine, je regarde les gens aller et venir à travers la vitre de ma chambre enroulé dans mon duvet avec le froid qui vous garde éveiller, je résiste car je n’ai pas envie de m'endormir, je veux profiter de tout ce temps qui m’est offert et qui glisse trop vite entre les mains. J’ai envie de plein de chose et je ne suis même pas arrive à faire ce que je voulais, c est à dire apprendre un maximum de vocabulaire et savoir lire quelques idéogrammes, mais la hantise l'a emporté et dehors on se repose souvent sur Julien qui se débrouille très bien. On va aussi au supermarché Carrefour (hé, oui !) Pour nous les prix nous semblent corrects mais pour eux c’est un luxe que de venir ici. Ici où les rayons changent de place trois fois par semaine et il y a un responsable pour deux étagères, on ne peut avoir aucun repère. Sur les étalages de vin chinois (piquette) on y trouve des bouteilles de vin français vachement chère et le prix du café à diminuer d’un tiers en une semaine (tant mieux). Le plus intrigant c’est à la poissonnerie, il a bien sur l’éternel étalage de glace avec ses filets tout prêt, il y a aussi des aquariums avec tout sorte de poissons, étrilles, crevettes vivantes et il a des tortues d'eau et des limules, je ne savais pas que ça pouvait se manger, déjà il y a quelque temps je croyais que ça n existait que sur les bouquins d'histoire. Ce soir on est sorti dans un endroit ou aucun occidentaux n’étaient venu auparavant, comme quoi il y a encore des lieux à découvrir un peu partout sur cette planète. Une discothèque avec une piste de roller en parquet, salle d’arcade et piste de danse qui se transforme en karaoké avant 22 heures. On a refait le remake de la boum où on s'est éclaté (moi plus sur les rambardes), c’est marrant car tout le monde faisait de grand écart en me dépassant. Voilà les nouvelles, j’attends le prolongement de visa que j’ai fait aujourd’hui pour pouvoir rester jusqu’en mars et après direction Pékin. Je vous souhaite à tous un bon réveillon du nouvel an et plein de bonne chose...

Promenade pékinoise.

Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise… Promenade pékinoise.

Ici tout va bien le réveillon s’est bien passé, nous sommes retournés au même resto brésilien pour nous empiffrer à nouveau. Après, direction la discothèque pour le passage de la nouvelle année. Ce qui était marrant ce soir, c'était à minuit. 5, 4, 3, 2, 1, OUAIH et basta ! Car pour eux cela ne représente rien de particulier. Mais on a bien rigolé quand même. Je suis devenu un night-cluber plutôt qu'autre chose ces derniers jours. Le 03, nous avons invité des amis chinois pour faire un repas français, filet de bœuf, pommes de terre sautée et nous avons profité pour ouvrir la bouteille de bordeaux St Estephe 1997 et la bouteille de champagne, dernière sensation de France… Je suis arrivé dans la capitale chinoise, Pékin par excellence. Je suis descendu du train lundi matin ou il y faisait une chaleur à mourir, moi qui m’imaginais les trains indiens sans fenêtres et leurs couchettes en dur. Ce matin le ciel est bleu sur la capitale, la pollution n'a pas encore pointé le bout de son nez, le soleil donnait tout ce qu'il pouvait et la température extérieure était de 15 degrés Celsius...en dessous de zéro. Malgré cela j'ai ce sourire niais en descendant du wagon. Je repense à cette carte du monde que l'on vous déploie devant vos yeux à l'école primaire ou on vous demandait d'apprendre des noms de ville par cœur et de les restituer par la suite. J'y suis sur l'un d'eux, j'étais heureux tout simplement. Dans le train j'ai rencontré une personne qui parlait anglais. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut au bout du monde quelqu'un qui parle anglais. C'était une prof de philosophie, ne sachant pas ou loger sur Pékin, elle m'a proposé de la suivre à l'université ou je loge actuellement, je suis dans le dortoir des filles (non je déconne), il y a une guesthouse pour les profs de passage et j'ai pu avoir une chambre tout simplement. Pour commencer, je suis allé sur la place Tienanmen, lieu important pour son histoire et pressé de pouvoir la contempler du regard. Impressionnant, comme à la Havane et sa place José Marty ou eu lieu le grand discours Castriste avec le Ché et Sanfuego. Il y a quelque chose qu’y règne en ces lieux, je ne sais pas quoi, de l'émotion pour commencer, je repensais à tous les évènements qui s’y étaient produits, surtout cette image de ce chinois dresse devant cette colonne de chars, savoir qu'à cet instant il avait fois en ce qu'il pensait même si cela lui à coûter la vie par la suite. Je suis allé faire un tour au musée qui raconte l'histoire de la Chine, en fait ce n'est qu’un grand syndicat d'initiative multiculturel et multicouleur. Hier j'ai visité le Mausolée de Mao s'est tout, euh !, Mao Zedond, pareil, tel nos Invalides à nous avec Napoléon. Vous faites la queue pour traverser 2 pièces en 1 minute chrono, j'admirai ces paysans venus de loin pour cet instant unique, concrétiser du regard tout le symbole d'une vie, je suis resté là à les contempler tellement leurs regards en disaient long, ils se faisaient prendre en photo devant la grande bâtisse, pour marquer à jamais leur pèlerinage, ensuite je suis allé visiter la cité interdite, pareille, quelle magnificence cet endroit, je repensais aux films qui se mélange dans ma tête entre : Le dernier empereur, Kundum et little Buddha. Enfin le rêve était là, au bout du regard. Après je me suis promené dans les parcs adjacents et je regardais les gens patinés sur le lac. Journée logistique car cela faisait 2 jours que je cherchais une salle réseau et un billet d’avion pour Kashi à l'ouest de la chine à la frontière avec le Tadjikistan, car dimanche il y a un grand marché annuel et cela me permettra d’attaquer la route de la soie et fouler du pied le désert du Takla-makan… La visite de la capitale Chinoise continue. Summer palace, résidence d'été des empereurs ou j’ai pu traverser à pied le lac, qui était recouvert d’une énorme épaisseur de glace. Un chinois m’a demandé un stylo, je lui passe le mien et ce met à le graver. Ils se font vraiment de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ensuite je suis allé faire un tour au zoo, qui est très grand. J’ai pu enfin voir un panda, et plein d autres espèces d’animaux que je n’avais jamais pu observer auparavant. Vous allez me dire que la Chine n’est pas capitaliste, mais ils ont une drôle de façon de voir la vie. Chaque fois que vous voulez avancer pour voir des choses de plus en plus intéressantes, ils vous font rajouter quelques yuans. Ils ne perdent pas le nord ces gens là. La grande muraille, j'en ai parcouru 1, 5 km sur les quelques 7000 km qu’elle comprend, mais j'étais très déçu. Je m'imaginais autre chose, nous sommes allés voir les tombeaux de la dynastie Ming et pareille rien de fabuleux. Il y avait une parti fermée à cause de l'influence touristique qui détériore le site. Par contre pour vous faire dépenser de la devise, ils savent faire : L'usine de jade, de poterie et le centre de médecine chinoise ouvert depuis peu, for everybody. Vous avez le droit à une consultation gratuite. On vous touche l'avant bras, on vous scrute les yeux et on tire la langue. Pour moi, on m'a conseillé de prendre les pilules numéro 03 pour enlever les toxines de l’alcool, pour perdre du poids et me sentir moins fatigué, connerie ! . Ils savent vraiment faire du pognon avec n’importe quoi. Même si ce n'est pas du capitaliste, c’en est un chemin parallèle... J’avoue depuis que je suis sur la capitale, je suis allé de temps en temps chez Mac donald. Je suis impardonnable. Car mes repas chinois ne sont pas très équilibrés, je ne sais dire que nioro (bœuf) et mifan (riz). Demain je ne sais de ce qu'il sera fait. En tout cas je ne suis pas malade et j'en suis bien aise…

Ballade en pays Ouighours

Je suis à l'ouest de la Chine à la frontière Tadjik, Ouzbek et Kirghiz, légèrement au-dessus, l'Afghanistan, au nord du Cachemire et je suis vivant. Je ne faisais pas le fier dans l'aérogare à Urumqi, avec 6 heures d'attente pour le vol de Kashi, le fait d'arriver à 22 heures n'arrangeait pas les choses, je ne savais rien sur cette destination, je ne savais pas ou j'allais pouvoir me poser, je savais juste qu’aujourd’hui il y avait le plus grand marché d’Asie centrale. J'avais le cerveau qui travaillait pas mal, du à un mauvais rêve réalisé quelques jours auparavant. L'impression de devenir dingue ici car personne ne te comprend, ils parlent une langue que tu ne connais pas et tu te réfugies dans un monologue devant le miroir de l’hôtel. Pour passer le temps, je me suis assis dans un bar ou pour 20 yuans on vous sert une tasse de thé que l'on vous remplit d'eau chaude tous les 10 minutes, à la fin cela devient plus de l'eau aromatisée, j’ai bien du boire mon litre dans l'attente. Je me suis mis sérieusement à apprendre le mandarin, qui ne me sert à rien, car ici, on parle le Ouighours (langage d’origine turc), ils ont un alphabet arabique, certainement l’un des plus vieux de notre planète… L'angoisse est revenue au moment ou l'avion à poser son train d’atterrissage malgré le fait qu'un petit mongol me parle en anglais et des sourires partagés, pour me rassurer, je laissais confiance au hasard, car j'ai lu une fois quelque par ce dicton qui disait: "Le hasard est le moyen que s est donné Dieu pour voyager sur terre" et j'espérai qu'il serait exceptionnellement là aujourd’hui. Dans l'attente des bagages, il y avait une dame d'un certain age néo-zélandaise qui était seule et direct je vais l'accoster pour savoir si elle connaissait un hôtel, elle me répond positivement et qu'un guide venait la chercher, ouf ! Déjà un souci de moins. A l’hôtel je fais l'avare et l’on me propose une chambre à partager pour 40 yuans, je tombe sur une autre étrangère : Valérie qui refuse de céder, donc pas de problème on me trouve une autre chambre. Valérie 55 ans, mentonaise d'origine, seule, une GI (géographiquement instable) qui voyage depuis 4 mois à travers l'Asie centrale et qui bourlingue à travers le monde depuis 30 ans, une SDF de luxe, heureux était cet instant de pouvoir parler français. On bavarda une bonne partie de la nuit de voyage, de géographie et des dernières nouvelles du monde. J'en ai profité pour ouvrir une mignonnette de rhum que ma cousine m’a offert avant de partir. Il n’y avait pas meilleur moment pour en ouvrir une... Je me retourne dans mon lit, je vois qu'il faisait encore noir dehors, super !, je pouvais traîner encore au lit, le réveil sonne quelques instants après, il est 09 heures du mat, j'oubliais qu'il vivait à l'heure de Pékin qui se situe à 3 fuseaux horaires d'ici. Le jour se lève donc à 10h30 officiellement, il n'est que 08h30 à leur montre. Donc pour visiter la ville, je me suis joint à la Néo-zélandaise rencontrée la veille et son guide pour découvrir les merveilles d’Asie. Nous arrivons autour d’un grand foirail. Une fois encore je m’imagine dans cette machine à remonter le temps, 80 ans en arrière, dans le centre de la France, l’Auvergne et ses régions alentour ou se tenaient de grandes foires aux bestiaux. Il est très tôt et la vie s’active doucement. On découpe les moutons au bord de la route pour préparer les samosas et autres plats. On allume les fourneaux de terre cuite qui vont recevoir ces vasques énormes ou l'on va cuire le riz auquel on va additionner des oignons et quelques épices. Des gars font de grands gestes pour allonger de la pâte qui se transformera en spaghetti. Des feux prennent vie à droite et à gauche pour relever la température qui avoisine les -15. Tout le monde nous regarde, on ne s'échange quelques sourires, car je me sens tel un muet au royaume des sourds. Il y en a un, qui nous demande si nous sommes mariés, un autre veut échanger ses bottes en peau contre mes chaussures de marche, l'ambiance est bonne enfant. Après nous retournons en ville au grand bazar. Il y a environ 100000 personnes qui déboulent dans les artères de la ville pour ce jour sacré. Toutes les ethnies sont représentées, chinois, mongol, ouzbek, tadjik, kazakhs, tibétain, etc... Chaque visage a tant à raconter. Ce qui m'éclate le plus, ce sont ces vieux le visage marqué par la rudesse du temps avec leur grande barbe blanche, comme dans le film Himalaya. Tout le monde porte la chapka qui est signe de richesse et chacun ethnie a la sienne. Ici on vient vendre sa production de fruits, de légumes, il y a tout et n importe quoi, tout est bien réparti par secteur. A l'entrée c’est le bois, juste derrière chiens et chats qui viennent juste de naître. Sous les bâches, d’un coté ce sont les vêtements en peau de l'autre les pièces de moto. Sur les étalages de médecine on trouve des bocaux de différentes herbes, accroché à la devanture crâne de bélier, serpents et lézards séchés, médecine locale quoi. J'ai eu beau demandé des explications, mais rien ne m'a été dit. Ils prennent le temps de se faire couper les cheveux au bord de la route à coup de rasoir à main (made in local bien sur), de s'arrêter pour manger à de grandes tables qui font face au fourneau. Je les imagine raconter leurs petites histoires, discuter politique et regarder les filles. Leur vie quotidienne est extraordinaire à mes yeux. Dans l'après midi je retourne seul au marché à bestiaux. Je prends le temps de faire des photos et on vient roder autour de la boite à image, peut être qu'il me prendra en photo ce grand gaillard. Aujourd’hui il y avait 3 chameaux à vendre, on tond les moutons à la cisaille pour qu il soit plus beau, les jeunes montent les chevaux pour les exhiber. Les négociations se font au creux de l’oreille et j'en profite pour acheter un couteau local... J'en ai pris plein les yeux et ce fut une journée somptueuse. Il est 20h00, le soleil est encore là et l’appel de l'estomac se fait sentir... Petite anecdote, j'ai voulu payer avec des pièces chinoises avec lesquelles je faisais mes achats dans les capitales et celles-ci m'ont été refusées, parce qu'ici on ne règle qu'avec des billets, il y en a même de 1/100 d’yuans équivalent à 0, 0012 cts d'euro, incroyable non ! . Petite question: pourquoi n'y a t'il pas de pièce dans les pays pauvres? (réponse un peu plus loin). Lundi, je pars découvrir la vielle ville qui se dresse autour de la mosquée Idkah, ici l'islam est la religion dominante. Je me balade dans les rues et découvre le quartier Ouighour. Je regarde la vie s'écoulé. Les cordonniers sont alignés dos au soleil et s'affèrent à leur besogne. Les bouchers s'exercent sur leur billot à découper le mouton. Les coups de marteau résonnent à travers les ruelles pour donner forme aux futures bassines et autres ustensiles. On joue au billard le long des trottoirs, malgré le froid qui est toujours présent. J'étais loin d'imaginer que cette contrée était aussi accueillante, car ils sont très différents des chinois, qui gardent des traces du communisme sur leur visage et n'arrivent pas à afficher une simple joie. Les gens sont aimables et les sourires s'échangent facilement. On parle anglais même en dehors des hôtels, ce qui est surprennent. Les enfants m'accostent et retint cette éternel phrase: "Hello !, what's you're name". A 14 heures (midi ici), je m'explose le ventre pour 2, 5 yuans à coup de robao (raviole de mouton) et galette de céréale, une fois assis, on vous dépose la théière sur la table. Il faut respecter un petit rituel avant de boire : rincer la tasse avec un fond de thé puis le jeter dans un seau sous la table. Bien sur, c’est l'unique boisson en cette saison, on peut en consommer autant que l'on veut et c’est pareil dans tous les restaurants. Mardi: Après 4 heures de bus (de la rigolade), nous arrivons à Yarkand ville étape. Ici rien d'exceptionnel, si ce n'est la vie du peuple Ouighours replié dans leur quartier ou la vie s'écoule toujours autour d'un poêle, d'un billard. On travail, on recycle ce qui a déjà été recyclé. Qu'elle drôle de vie que la leur...

Mercredi: Bus local pour Hotan (car il y a des bus chinois plus luxueux), ici le chauffage de cabine s'est le tuyau d'échappement qui traverse le véhicule de par en par. Nous voyageons au sud du Takla-Makan désert. Au départ le long de la route, nous croisons plein de carrioles chargées, attelées à de petits ânes, tel un exode. Puis le paysage se dresse devant nous, tel un décor de cinéma. En fond d'écran se dessinent les contreforts de l'Himalaya, avec le Chogori à 8611 mètres et le Jiashuerbulumu à 8034 mètres comme sommets dominants, plateau, plaine désertique, dune enneigée. Le ruban d'asphalte se dresse tel un mètre bleu de maçonnerie tirer sur une feuille grise. Car ici tout n'est que nuance entre le ciel et la terre ; brume, poussière nous accompagne tout le trajet. Le long de celui ci apparaissent au milieu de nulle part des hameaux constitués de treillis en bois et de torchis ou l'on n'y retrouve poste de police et les contrôles ne manquent pas surtout pour la route qui bifurque sur le Tibet. Dans le bus on se sert et on regarde ce grand sec avec son bouquin à la main, on essaye de parler comme lui à travers quelques mots. Jeudi: Hotan, ville au sud du désert du Takla-Makan, selon le guide, on doit faire ses provisions pour aller plus loin. Petit cour d'histoire : Le XinJiang est une région autonome, pour moi un synonyme d'envahir mais plus soft, qui résonne mieux à l'oreille. Les Chinois sont venus ici pour se servir des ressources naturelles et mieux contrôler les pays frontaliers. Leur ville est construite autour du vieux faubourg Ouighour, à coup de préfabriqués, de béton et de néons multicolores, qui transforment la vieille ville en un ghetto sans mur, car les carrioles et les rickshaws sont interdits dans les grandes avenues sans vie (bien sur, il ne serait pas la, je ne pourrai pas communiquer avec vous en ce moment). Celle-ci s'écoule toujours autour d'une mosquée ou le bazar s'anime à coup de musique indienne et orientale qui hurlent à travers des haut-parleurs ou les membranes vivent leurs dernières heures. J'ai l'impression de parcourir un livre d'histoire sur l'ancienne Europe, tellement certain visage me semble familier et leur tenue vestimentaire me rappelle ces vieilles photos en noir et blanc que l'on garde en souvenir. Ici les paysans ont troqué leurs chapkas pour des toques turkmènes. Vendredi: aujourd'hui, nous partons à l'extérieur de la ville découvrir une silk factory ou nous rentrons comme dans moulin et ou personne ne nous interpelle. Ici règne un vacarme de tous les diables avec le bruit des métiers à tisser mécaniques, l'inspection du travail devrait venir y faire un tour histoire de réglementer tout cela. Je voyage ces derniers jours avec Valérie. Pour la définir, je dirai que sa maison c’est le monde, ses pièces préférées en ce moment, Damas (Syrie) et Kuala Lumpur (Indonésie), son luxe: ses 3 petits coussins pour agrémenter ses voyages en bus; son plaisir, quelques livres et la joie d'apprendre de nouvelle chose. Voila pour les nouvelles, les jours à venir ne vont être que déplacement de ville en ville, en début de semaine prochaine on se retrouvera en plein cœur de la chine, d'ici là ne soyez pas trop impatient et je vous souhaite à tous plein de bonne chose… Réponse de la question: parce que le métal aurait plus de valeur que la pièce elle-même, et il serait fondu pour le récupérer.

Ces jours que l’on marque d’une pierre blanche. Dimanche dernier, vous savez une de ces journées qui vous marqueront à jamais... Nous sommes au sud du Takla-makan désert, à Hotan. Cette ville est réputée pour son jade et autrefois pour ses tapis. Comme à Kachgar, le dimanche tous les villages alentour arrivent pour cette grande foire. Ici le marché envahi la route pour la journée, nous retrouvons à peu près les mêmes choses que le week-end précédent. Les tapis ont perdu de leurs qualités et leurs couleurs, le petit tour dans le grand bazar pour le dépaysement. Sur une esplanade pas loin de la mosquée. Il y a un attroupement chinois, un podium se dresse, des stands où l'on distribue des tracts, de la musique, des journalistes. Tout y est rassemblé pour un meeting. Des banderoles sont tendues entre des mâts, et nous découvrons des dessins très compréhensifs représentant des musulmans mal traités. Une propagande anti-islamique, tenu par l’administration chinoise. Je n'en revenais pas de voir que l'on pouvait éduquer un peuple ainsi. Je comprends les mises en garde sur le net et pourquoi il y a des attentats dans le coin. Je prends des photos de ces affiches, Valérie me met en garde car il y a beaucoup de policiers. Ca ne loupe pas, ils me sautent dessus et me réclament mon passeport pour commencer, je dis l’avoir laissé à l'hôtel. J’en vois un regarder mon appareil. La situation devient tendue, je m'extirpe de la foule qui m'entoure. Je réfléchis à toutes les éventualités, il faut que je retourne à l'hôtel car ils vont venir fouiller la chambre, mais ça va sembler très suspect. Delà on se rabat dans restaurant, bien sur nous sommes suivis et quelqu'un en civil s'assoit à notre table et se met à parler anglais, hasard. Valérie élève le ton pour qu'il s'en aille. Nous décidons de partir pour un autre restaurant. Toujours suivi, nous nous engouffrons dans un autre que nous connaissons et de la des policiers rentrent un par un en faisant mine de se servir du thé, de la une personne s'assoie près du poêle et nous observe quelque temps avant de laisse la place à un autre, j’en profite pour changer mon film discrètement sous la table. Apres manger nous sortons pour rejoindre l'hôtel. Un gros 4x4 de police stationne devant, je commençais à imaginer le pire. Mais rien n'était, heureux de trouver la chambre dans le même état qu'en sortant et mes pellicules dans mon sac. On pense à beaucoup de choses, si on avait pu, nous aurions quitté la ville de suite. J'ai crains pour mes films jusqu'à avoir quitter la ville. D’ailleurs ils ne me quitteront plus pour le reste du voyage. Nous pensons que des autorités ont demandé que l'on nous laisse la paix pour qu’il n’y ait pas de problème, car la Chine n'a pas besoin de mauvaise publicité en ce moment. Malgré cela je décide de retourner au bazar, car je sais que les Chinois ne pourront me suivre, dans les ruelles Ouighours et je profite pleinement de cette journée festive. Je trouve le marché aux bestiaux où il y avait 4 chameaux à vendre. Je fais un détour via le stone bazar car la ville est connue pour son jade de bonne qualité et des dealers de pierre vous accoste à la sauvette dans la rue. Après quelques emplettes, mon regard se pose sur ce pauvre parmi les autres. Je le voyais à quatre pattes en train de ramasser des raisins à moitié pourris tombés d'un étalage. Je ne pouvais supporter cette situation, j'avais beau être blindé contre tout cela mais rien n'y faisait. On a beau être conditionné par la télévision se retrouver devant cette situation m'était insupportable. Tout est si différent de l'Inde la religion aidant, ce peuple me semble si proche de nous, il est si différent des autres régions communistes. Il a su garder son éthique, ses convictions, sa joie de vivre, ils n'ont rien demandé à la Chine. C’est vraiment le dernier peuple d'Asie centrale. Je me déplace vers lui, l'interrompt dans sa recherche de nourriture et lui tend 4 malheureux yuans, il se redresse vers moi et me dit nerekme (merci en Ouighour), nerekme, nerekme et s'en retourne au sol, n'ayant de temps à perdre. L'émotion m'envahie et pour ne pas montrer mon désarroi, j'ai recours à mes lunettes pour recouvrir mes yeux qui trahissent ce moment de faiblesse. Je retourne à l'hôtel avec cette image dans ma tête qui ne me quitte plus. Le soir approche et nous retournons en ville pour manger. De petite échoppe mobile envahissent les carrefours le soir venant. On s'arrête pour une pou lao (riz, patate douce, poulet), qui ne coûte qu’un yuan, cinq avec la viande ; on nous trouve même des chaises pour que l'on puisse s'asseoir, ce peuple est vraiment extraordinaire. Par la suite je reste seul en ville pour distribuer des brosses à dent et autre savon que nous collections à travers nos chambres d'hôtel. A qui donner, sur quel critère dois-je me baser, comment reconnaître un pauvre qui vit avec moins d'un dollar par jour, d'un pauvre qui s'en sort à peine avec 2. Je donne tous les jiaos (demi-yuans) que je possède, j'achète quelques nourritures que je redonne par la suite et toujours ce regard, cette gentillesse et s'incline devant vous pour vous dire merci. De retour à la chambre je m'arrête pour la dernière fois dans cette petite boutique comme je faisais ces jours derniers pour acheter un futur cola (Coca cola local), j'aimais ce sourire que me lançaient la vendeuse et son mari à chaque fois que je passais devant. En payant, je lui offre un échantillon de parfum et demande à faire une photo. Oh lala ! branle bas de combat, il faut appeler les voisins, vite, vite, il y a le grand blanc qui veut se servir de sa boite à image. Tout le monde accoure pour être sur la photo. Apres la petite séance, ils m'offrent l'hospitalité et me voilà assis autour du poêle pour partager quelques instants. Il m'offre la cigarette que j'accepte, delà je sors quelques centimes d'euros pour leur offrir, voilà qu'ils m'offrent un samosa et des légumes pour l'accompagner, moi je renchéris avec 2 porte-clefs, ils s'en retournent avec un savon, puis ils ouvrent une bouteille de bière, puis 2, puis 3, pour trinquer. Je ne voulais pas en rester là, j'offre mon opinel au mari, quel couteau bizarre qu'il n'oublie pas d'exhiber à tout le monde. Ils me montrent la vidéo de leur mariage. Ils chantonnent à voie basse, les chansons qu'ils connaissent par cœur en même temps que la vidéo défilent sur cette vielle télé. Lui a 24 ans et elle 22, ils ont un petit garçon, qu'elle n'oublie pas de balancer dans son hamac d'une force assez violente, elle doit répéter des gestes qu'elle a du voir quelque part et les retranscrit bêtement sans se poser de question. Ils veulent que je refasse des photos et on s'en va au milieu de la route au milieu des quelques voitures qui passent, quelle rigolade qui entoure ce moment et je dois me décider à les laisser non sans regret... Quelle journée que celle ci, je retourne à l’hôtel et m'endors bien fatiguer la tête bien remplie...

Sur les traces de Marco Polo.

Nous voila lundi, dans le bus local et nous longeons le sud du désert sur ces longues lignes droites et l'après midi faisant, je pouvais pour la première fois me mettre pieds nus dans mes sandales. Nous logeons dans un petit hôtel de charme local avec le poêle au milieu de la chambre, le hic se sont les sanitaires, qui n’ont pas du être nettoyés depuis 6 bons mois. Ça s'est le résidu du communisme, tout le monde à peut être un travail, mais ils s'en foutent de tout, ils préfèrent glander devant cette nouvelle religion capitalisme : Qu'est la télévision... Le lendemain, le bus qui devait nous prendre est blindé et il ne veut même pas nous faire voyager dans l'allée centrale. Ne voulant pas rester un jour de plus, je décide de faire du stop. Apres 2h30 infructueuse on revient à la case départ et des bus couchettes stationnent devant la gare routière, ils vont sur Urumqi. Nous sommes partant et nous voila coincés dans une couchette de 60 cm de large sur 170 cm, ce n'est pas grave car la route que nous empruntons vaut le détour. Elle traverse le désert du sud au nord. Des heures durant nous ne voyons que du sable. Notre navire croise sur cette highway à travers cet océan de dunes, entretenues à la sueur de l'homme, car elles meurent d'envie d'envahir ce minuscule ruban d'asphalte. Ici pas de bulldozer, mais au milieu de nulle part des camps formés de roulotte où logent les ouvriers armés de pelle et à coup de balai nettoient la route quotidiennement. Il y a les jeux d'ombres qu'exerce le soleil sur le flan de celles-ci. De quoi faire rêver n'importe qui, moi je n'ai pas arrêté d'admirer le paysage, sachant bien que des merveilles comme ça ne me sont visibles au quotidien. Le long de cette ligne de vie, il y a des petits îlots, formés de petites bicoques entourées d'ordures, tel des décors inanimés de modélisme. On s'y arrête juste pour faire de la mécanique, ou un plein. Le soir arrivant, notre bus s'arrête à son tour dans l'un d’eux pour se ravitailler. Dur que de travailler dans un endroit pareil ou la vie ne s'anime uniquement le soir de 7 a 8 pour prendre les quelques pièces de voyageurs perdus. Le froid refait son apparition, les vitres du bus sont gelées et je cherche une position ou je puisse me reposer... Le matin faisant avec ces -15 degrés nous nous faisons balader de gare en gare pour rejoindre la prochaine ville étape. Nous nous décidons pour un train de nuit et la journée se passe à visiter la ville. Ici par exemple les changeurs de cash, n’ont même pas peur de racoler jusqu'à l'intérieur des banques et personne ne dit rien. L'attente du train se fait dans une salle ou chaque rangée correspond à l'un de. Quand l'heure approche, les gens se lèvent se pressent devant les barrières, se collent comme des animaux excités, la pression règne et quand celles- ci s'ouvrent, Ils courent, ils vous bousculent ayant peur de ne pas avoir de place, alors que tout le monde à une réservation et une place attribuée. 6h30 du mat, nous voila dans une petite gare perdue dans le Gansu, on squatte le temps d'un thé et de trouve un moyen de transport pour rejoindre Dunhuang, ville hyper touristique l'été. Super hôtel pour un super prix car nous sommes vraiment dans la morte saison. Apres 3 jours sans s'être lavés, on s'aperçoit qu'il faut attendre 20h00 pour avoir de l'eau chaude au robinet, les boules je vous dis pas. Le soir je me dépêche de rejoindre ce gros tas de sable ou il y a des dunes qui culminent jusqu'a 200 mètres d’altitude, j'arrive trop tard pour le coucher de soleil, ce ne sera que partie remise. Aujourd'hui, on part visiter les Mo Gao grottes ou il y a 45000 m2 de peinture bouddhiste, bien sur, il faut aligner les billets et Valérie en veut pour son argent, car pour elle tous ces sites touristiques payants sont nouveaux, avant, il n'y avait rien de tout ça a travers le monde, très bel endroit et ce magnifique bouddha assis de 35 mètres de haut, tel un Gulliver enfermé pour l'éternité. Deuxième tentative pour le coucher de soleil, j'ai oublié de vous dire, ils ont grillagé tout le site, pour faire encore de l'argent. Je passe par des chemins détournés pour arriver au même endroit et ne pas avoir encore à payer, qu'elle plaisir pour moi que de marcher dans cet endroit, gravir ces montagnes de sable, avec personne a l'horizon. Peut être qu'une petite bière aurait été l'apothéose, mais je n'en demande pas tant. Ici, les caravanes de chameaux ne se sont jamais arrêtées, elles ont juste troqué les cargaisons de soie, d'étoffe, pour des touristes en manque de sensation, mais moi je m'en fou, je suis heureux, je me laisse aller dans une dérive cérébrale et savoure le moment présent. Si le courage est au rendez-vous, demain matin j'y retourne pour le lever de soleil, malgré le froid, mais on verra ça tout à l'heure... Voila pour les dernières nouvelles et je vous dis à dans une semaine, de retour sur Shanghai j’y serai, pour le nouvel an chinois, d'ici portez-vous bien et savourez la vie au quotidien...

Retour à la vie communiste.

Nous venons d'arriver dans la deuxième capitale touristique de la Chine: Xi an. Beaucoup de route ces derniers jours, déjà samedi, il s'est mit à neiger et la route était verglacée. Les Chinois ont le cerveau ramolli, car ils s'en foutent et roulent toujours à la même vitesse, conséquence plein d'accidents le long de la route et au milieu des steppes, il n'y a pas grand monde pour vous ramasser, ils doivent aller au temple avant de décoller pour brûler quelques cierges et croire qu’il ne leur arrivera rien. Nous, on s'en sort bien, on est arrivé à bon port sans aucun dommage. Jayuang, une de ces grandes villes qui s'agrandie vitesse grand V, grâce à cette nouvelle économie qu'est le tourisme ils ont déjà construit des artères surdimensionnées avec rien autour aujourd'hui. Mais demain, hôtel, échoppes à souvenir et hypermarché y prendront place, elle voit très grand pour un avenir proche. On découvre la passe la plus à l'ouest de la grande muraille, que j'admirai tant sur les brochures avant de partir et légère déception quand je découvre le paysage. Sur la brochure c'est vachement bien cadré et ici il n'y a rien en plus. De plus sans guide on se fait un peu promener et je ne pourrais voir la grande muraille dans sa continuité, grosse déception pour moi, parce que je m'imaginais plein de chose dans ma tête et je voulais surtout rêver en vrai et pas à travers ces cartes postales, mais ainsi vont les voyages. Ensuite train de nuit, puis escale pour la journée à Langzou. Je suis agacé ces derniers jours par ce non-savoir-vivre, ce devoir patriotique, que de devoir plumer ces étrangers de passage, ces fonctionnaires et surtout ces femmes qui ne cherchent même pas à vous comprendre et se retournent pour ne pas avoir à croiser votre regard et vous font ce geste de la main pour vous repousser, que cela est énervant. Je me laisse imaginer une parade pour leur apprendre à vivre, à chaque fois que je serai repousser ainsi je devrai balancer une boule puante dans leur bureau, pour qu'ils comprennent le temps de ces quelques minutes mal odorantes... Puis retrain de nuit en place assise, très dur, on arrive quand même à avoir des couchettes une fois a bord. Je dois vous raconter une anecdote, ils sont fous ces chinois. Ils ont des lecteurs VCD (le VCD s'est un DVD de mauvaise qualité) en location dans les trains. Alors le gars passe dans le couloir pour faire votre choix, ensuite on vous installe ce lecteur de poche avec une batterie de voiture entre les jambes et vous voila parti pour une séance de cinéma miniature, vous êtes le pacha du wagon car tout le monde vient squatter autour de vous pour ne pas perdre une miette de ces éclairs de lumières traversant le wagon. En plus les VCD sont souvent des copies de mauvaise qualité. Vue d'un cerveau d'étranger calculateur, ça ne serait pas intéressant à exploiter, dans nos contrées. Aujourd'hui, visite de la 7ième merveille du monde: Terra quota, l'arme de terre cuite, très intéressant et très impressionnant, la journée les touristes visitent et la nuit les archéologues travaillent, ils ne perdent pas le nord ces chinois soit disant communiste. Les parasites que nous sommes, ce sont joints à un groupe de français qui avait leur interprète. En sortant, je voulais acheter des souvenirs, mais me faisant harceler par ces commerçants ambulants qu'ils veulent faire leur chiffre en cette saison de vache maigre, vous balancent des prix défiants toutes concurrences, je ne pouvais même pas marchander, parce que cela aurai été du vol, alors j'ai laissé tomber pour cette fois. Comme quoi on peut être bête parfois... Voila pour les nouvelles. Demain train pour Shanghai pour fêter le nouvel an chinois. Je vous dis à bientôt pur de nouvelle aventure. Et maintenant une page de pub...

Bonne année de la chèvre... Je reviens sur le voyage chronologiquement. A Xi an, sale histoire, en quittant l'hôtel je rends la carte magnétique et la femme de chambre descend rapidement pour montrer une taie d'oreiller tachée, je dois vous dire qu'ici on ne change pas les draps à chaque changement de client, alors un des gars de l'hôtel me demande de payer 10 yuans pour la tache, je commence à voir rouge, jamais je n'aurai pensé qu'on puisse vous faire payer une tache. Au jeu du plus con je commence à exceller. Je remonte dans la chambre, j'explose tous les shampooings et gels douche que je trouve et je lave ce morceau de tissu. Je redescends et le gars ne veut rien savoir, alors la je suis énervé, je préfère payer pour ne pas me retarder et je déchire la tête d'oreille dans le hall de l'hôtel et je la balance par terre. Enfin, je me retrouve dans le train et pareil pour une mauvaise compréhension car sur le tableau des horaires, le train part à 18h00 pour arriver à 11h00, j'ai bien regardé que tout le panneau d'indication était rédigé sur un cycle 24 heures et une fois arrivé à 11 heures du matin le train ne s'arrête pas, je me renseigne et j'apprends que l'on arrive à 23 heures le soir du réveillon. J'étais vert, je n'avais plus rien à manger. Heureusement que la veille au soir, j'ai offert des échantillons de parfum à la famille et un petit jouet au petit et ils m'ont donné un peu de leur repas. Dans le train et même ailleurs, je dis que je suis photographe pour des magazines, je ne vous dis pas le regard des gens qui s'écarquillent au fait de ces 2 mots et quand je sors un des appareils pour prendre une photo, ils se doivent de prendre leur plus belle posture. Je ne renie pas mon métier, mais ou bout du monde le fait de dire que vous êtes serveur, cela a l'air dégradant, car dans pas mal de pays, tout le monde est serveur au moins une fois dans sa vie, porter des assiettes tout le monde sait le faire, on gagne pas beaucoup et culturellement il ne faut pas sortir de St Cyr. Ils ne comprennent pas toujours comment cela peut être différent dans nos contrées et surtout comment un gars qui travaille dans la restauration puisse se payer un voyage comme celui-ci. Pour revenir sur une anecdote sur la photo, aujourd'hui j'ai croisé un photographe professionnel dans la rue commerçante de Shanghai, ça j'en suis sur car il avait 4 appareils photos au tour du cou (Leica m6, r5, r6 et Mamiya 6/6), tout cela d'une valeur de plus 20000 euros, il y en a qui n'ont pas peur. Il faut dire que la rue était noire de monde, tout le monde était de sortie, car ils ont tous reçu la petite enveloppe remplie de quelques yuans et comme les commerces comme par chez nous sont ouverts même les jours fériés pour récupérer l'argent en échange de quelques babioles... Jamais je n'ai entendu autant de bruit, jamais je n'ai vu autant de pétard, jamais je n'aurai cru qu'un changement de date puisse être aussi important. De 23h45 a 00h30, toute la ville est plonge dans vacarme qui dépasse bien les 90 décibels, un brouillard artificiel se crée, les gens se promènent avec des pétards en cartouchière tel Rambo ou autre guerrier et ils balancent ça partout, aux fenêtres des immeubles ou devant les entrées de celle-ci et les gens se regroupent pour assister à ce moment unique de l'année. Sincèrement, il a du être consommé 3 milliards de pétards et autres fusées, rien que sur Shanghai. Pour nous la vie devient assez pénible avec ces fêtes. Comme le nouvel an dure une semaine, ces derniers jours se passent ainsi: 13h00: lever. 15h00: promenade, shopping. 19h00: repas à l'appartement, à l'occidental, car Julien et Michel ont reçu 11 camemberts, 5 emmentals, herbe de Provence et 4 bouteilles de rouge. Sympa, ils m'ont attendu pour entamer tout cela. 20h00: massage, car on est épuise. 22h00: discothèque, ben oui ça dure une semaine. Dur dur, la vie au bout du monde. The China riviera. Comme on le dit bien chez nous, pas de nouvelle, bonne nouvelle. Apres Shanghai et le spring festival qui n'est pas fini et toutes ces soirées marquées par les feux d'artifices à répétition et une vie de night-cluber bien remplie, me revoilà dans le train direction plein sud et le soleil, c'est marrant de se retrouver devant la railwaystation, un mois plus tard et je n'appréhende plus de me retrouver seul face au problème, je me sens bien et préparé pour ne plus affronter une erreur de timing. Les rencontres à bord sont extraordinaires, il y a toujours quelqu'un à bord pour venir vous parler en anglais, pour montrer que lui il sait et pour moi de prendre des renseignements pour la suite. Les décors le long de la voie ferrée, me rappellent la France et surtout le nord, le plat pays, la grisaille, les maisons de briques rouges et les mares aux canards. Je descends à la gare de Guilin (Nice), comme chez nous, tout bon chinois doit y venir. Il y a une simili promenade des anglais avec ses palmiers le long du fleuve et ses montagnes particulières tel des cheminés dressées au milieu du paysage, parc, animation avec des funambulistes, des motos qui tournent dans une sphère de métal, tout pour amuser la galerie. Les restaurants cote cote terrasses ouvertes étalent sur le trottoir tout ce que vous pouvez y manger. Cela va des bacs remplis d'eau avec des carpes et autres poissons, écrevisses, gros clams, grenouilles, etc. Derrière les cages, avec des poules, faisans, pigeons, ragondins et le plus effrayant, les cages avec les chats et les autres ou j'ai fait des bons devant, celle des serpents. Je vous jure que ce n'est pas des conneries. Et puis quoi, on ne sait pas, à n'importe qu'elle heure de la journée, on peut très bien avoir envie de manger un ragoût de chat ou une brochette de serpent. Pour moi quoi qu'il en soit, je préfère le chat... Non je déconne, je reste dans les restaurants à bas prix et je n'ai pas envie d'essayer. Tan pis je mourrai bête, le soir tout y est éclaire, il y a une rue piétonne ou il y fait bon dépense quelques yuans après manger, tout pareil à chez nous. Ensuite j'ai pris le bus pour Yangshuo (St Tropez), après mettre assoupi, je regarde la route et je me crois sur celle qui rejoint le Muy à St Maxime, mais le décor lointain est différent, la ville n'est pas écrite sur toutes les cartes, mais vaut vraiment le détour, ici on ne vit que et par le tourisme, tout bon chinois qui veut survivre se doit de parler anglais, donc pas de problème de traduction. Il faut dire que toutes les villes balnéaires se ressemblent n'importe ou dans le monde. Première ville ou je trouve une chambre à un super tarif comme quoi. J'en profite pour acheter un pantalon léger et je déambule en sandale, je traîne, je bouquine, je regarde la vie s'écouler le long des berges pour recharger les accus en manque de soleil et de chaleur. Au loin ces montagnes usées par l'érosion, paysage féerique qui a su se faire exploiter. Je regarde les bateaux qui se suivent en fil indienne arriver de leur mini croisière, comme ceux sur le Mississipi ont fond plat mais sans ces grande roue à aube. Il y a des pêcheurs sur leur radeau de bambou avec leur cormoran qui ne pêche plus depuis longtemps et préfère se laisser prendre en photo pour quelques pièces. Aujourd'hui, visite à vélo entre ces grands pics, enfin de compte ou je pédale été recouvert à l’époque par la mer il y a des millions d'années, on roule sur les petits chemins entre les rizières, la rivière que l'on traverse à différents endroits sur des digues, les petits villages autochtones ou je découvre des gamins de 10 ans jouent de l'argent aux cartes avec les adultes, on me propose de m'attabler et je sors un billet de 1 jiao ce qui ne représente rien du tout et je vous dis pas la rigolade qui s'en suit. Je reste l’à les regarder jouer quelques instants. Bien sur des que vous posez votre vélo, il y a toujours quelqu'un pour vous vendre, une bouteille d'eau, des cartes postales ou autre babiole locale, tout le monde veut en profiter un peu... Bon voila pour les nouvelles, portez-vous bien.

Rien ne vaut tout l’or du monde.

Himalaya, je me souviens lorsque je t'ai vu pour la première fois, c'était du coté de Darjeeling et tu m'as laissé découvrir tes champs de théier et tes monastères Bouddhistes. La deuxième fois, c'était du coté de Gangtok, la vallée des fleurs et le Kangchenjunga comme toile de fond. Puis tu t'es caché derrière les nuages du coté de Katmandu et je n'ai pu voir ton plus haut sommet. Ensuite tu m'as laissé découvrir le Daulaughiri, l'Annapurna et j'ai pu descendre la Kaligandaki et découvrir le vrai visage des peuples que tu abrites. Pour finir avec les offrandes que l'on te verse à Hariwar et ou tu laisse sortir de tes entrailles les sources du Gange. Tu m'es réapparus lors de ma traversée du Takla-makan désert et tu me faisais obstacle. Te revoilà à nouveau depuis Dali et je reste ébahi devant tes décors somptueux et tes lever de soleil magique, comme sur l'Erbai lake, lumière cristalline qui se reflète comme un miroir sur l'eau et qui donne une autre dimension à la vie de tous les jours, les pêcheurs qui s'activent apparaissent tel un mirage dans l'éclat de tes rayons. Lijiang et sa vallée que tu protèges des nuages de tes sommets environnant et ou il y fait bon vivre... Voila le décors ou je suis depuis quelques jours. Mais pour en arriver la j'ai du voyager beaucoup ces derniers temps, depuis Yangshuo ou j'y ai laisse des visages types vietnamiens. Beaucoup de paysage fabuleux à travers les vitres du train ou du bus. Je me suis arrêté dans la stone Forest, amas de pierre laisser par l'érosion de la mer, il y a des millions d'années, site ou afflux tous les touristes chinois, enfin pour une fois je ne suis pas harcelé par les vendeurs et autres guides, je peux donc déambuler tranquillement à travers ce labyrinthe de pierre, j'y ai même vue 4 photographes chinois professionnels prendre des photos du site. Ensuite train pour Kunming, stop and go, le mauvais temps à fait son apparition, je décide de partir de suite sur Dali et là, l'Himalaya réapparaît devant moi, couvert mais grandiose, la ville ou je viens d'arriver ne me plait pas donc je décide de repartir le lendemain pour Linjiang. La petite anecdote, c’est que le soir je suis allé mange dans un resto local ou nous devions être 12 personnes, il y avait 9 français, comme quoi. C’est en repartant que j'ai pu admirer le lever de soleil sur le lac à travers les vitres du bus, cela valait bien son pesant d'or. Lijiang et sa super guesthouse, un peu excentre de la vielle ville mais pas chère, super clean et super bouffe chinoise, de quoi me remettre d'aplomb pour la suite du voyage. Hier soir c'était le festival des lanternes, la famille m'a attendu pour le repas. On a commencé par faire sauter quelques pétards devant la porte pour attirer les esprits et ensuite nous sommes passés à table qui était recouverte de plusieurs assiettes, avec du ragoût de pintade, escalopine de veau pané, bœuf aux épices, légumes et noix de cajou. Ce soir, j'étais l'invité et je me suis régalé, j'étais le dernier à finir parce que l'on n’arrêtait pas de me resservir et ils attendaient pour sortir de table, enfin les hommes vont dehors fumer la cigarette, les femmes restent pour faire propre, normal; Ensuite tout le monde se retrouve dans le salon, les plus jeunes regardent la télévision et les anciens jouent aux dominos, c'est un rami tout simplement et je suis là, à les regarder à coté du poêle. Qu'elle chance extraordinaire pour moi de pouvoir partager le quotidien de ces gens ! Ici, pourtant cette une société matriarcale (attention les hommes, il faut se tenir à carreau), ce sont les femmes qui dirigent, elles sont toutes types mongols, la peau mate, habillées pareil, blouse bleue, casquette mao, une peau de mouton recouvert de 7 anneaux représentant des étoiles pour se protéger du froid et un carcan en osier remplie de tout et de rien. Les jeunes filles ont un haut, blanc et rouge, autour de la taille un tablier jaune et elles n'arrêtent pas de papoter dans les rues de la vielle ville. Aujourd'hui, grande journée encore, je suis parti a vélo, enfin je me faisais tracter par les motoculteurs pour avancer sans me fatiguer et découvrir le petit bourg voisin Baishan et regarder la vie s'écouler, sans se faire accrocher au son des louquettes, louquettes, (look) des échoppes à souvenir. Ici on joue au croquet et je vous jure que c'est vrai à la Lyonnaise (jeu de boule), alors savoir si les origines du jeu sont françaises ou chinoises, il faudra ouvrir les livres d'histoire, (une photo offerte à celui qui me répondra juste). Ensuite, je continue la visite et je tombe sur: "Hello, I'm the famous doctor Hu", un grand docteur qui connaît aussi bien la médecine occidentale que chinoise, qui vit avec sa famille, son potager extraordinaire ou il y à des herbes uniques qui y poussent et la Dragon jade mountain en toile de fond derrière le village. Il est reconnu par les plus grands praticiens de la planète. "Ok, please seat", je ne risque rien car les consultations sont gratuites et on laisse ce que l'on veut, pas d'arnaque (dixit : les guides). Il me fait lire sa biographie, il est né en 1924 et c'était un pote a Alexandra David Neel qui lui a apprit l'anglais. Ensuite il me fait boire un thé aux herbes, puis, je visite son dispensaire, qui est recouvert de carte de visite du monde entier, je peux apercevoir le jardin ou il cultive des centaines de plantes, ainsi que son "bureau", salle ou est entrepose plein de seaux remplis d'herbes réduites en poudre. Pour finir, il me donne un petit sachet d'une de ses mixtures. Bien sur, sachant qu'il donne des consultations gratuites pour tout le monde, riche ou pauvre, je lui donne 100 yuans, car je sais que cela servira aux autres. Pour ensuite me remercier en français, il me remplit un autre sac de poudre, j'ai de quoi subvenir pour les mois à venir. Ensuite, je m'arrête manger, je laisse le soleil faire ses bienfait sur moi et de fil en aiguille on me propose de faire un billard sur une table d'un autre temps, enfin on s'amuse. Que d'émotion, pour moi et ce n'est pas fini, car je monte découvrir une région autonome du Tibet, pas besoin de ce fameux "travel alien permit" et des spectacles grandioses m'attendent encore. Je vais même rester quelques jours de plus pour profiter de cette vie... Voila pour les nouvelles, portez-vous bien et même si vous ne pouvez être là à coté de moi, je me laisse imaginer les réactions de chacun à travers mes pensées. A bientôt...

Il y a des jours comme ça.

Je dois vous raconter, cette petite escapade dans les Tiger leaping gorge. Pour comprendre, je vais recommencer chronologiquement. Je décolle le matin de Lijiang vers 11h00 pour me rendre à la gare routière, pour prendre le bus, selon les guides il y a un départ toutes les demi-heures. J'achète le ticket et on me dit que le prochain bus part à 14h00, ok j'accepte. Donc j'attends, je vais pour acheter un paquet de gâteau dans une supérette, arriver à la caisse on me dit qu'ils ne peuvent pas me vendre ce paquet, parce que le prix n'est pas marqué dessus, ok j'accepte, alors je me rabats sur une tablette de chocolat, produit de luxe ici. A 14h00 et des brouettes, le bus démarre et s'arrête 20 mètres plus loin, le chauffeur descend pour revenir 10 minutes plus tard. Voila que l'on fait demi-tour pour charger des affaires sur le toit. Ca y est, on part pour faire 100 mètres et faire le plein d'essence. Je commence à avoir la pression et le doute me vient à l'esprit. Si ce n’est pas la bonne direction me voila parti pour perdre la journée et revenir à la case départ. Pourtant j'ai demandé que l'on me pointe sur une carte la destination. Au bout d'une heure je vois un panneau et les idéogrammes indiquent la bonne direction, je peux enfin regarder le paysage et me laisse partir dans mes pensées. Le long de la route, village typique fait de brique de terre, les toits avec les extrémités sculptés, les femmes dans leur tenue locale portant sur elle un arc-en-ciel de couleur. La vallée, ses cultures en terrasse, le blé vert fait son apparition, et les colzas sont déjà fleuris. Qiaotou, ville du départ des gorges te voila, la bourgade s'étale le long de la rivière. A travers les vitres du bus, ce qui apparaît devant moi n'est que désolation, bâtiment dégueulasse et poussière: "welcome to déchargeland". La ville chinoise a été construite à l'arrache sur un axe routier, elle ne ressemble en rien au village que je viens de traverser, jamais je n'ai vu tant de saleté, de poussière, ils doivent l'accepter et les femmes ne s'affèrent plus à la lessive quotidienne. Le problème ! Le problème, c'est que depuis quelques jours j'imaginais les gorges, le décor et ce qui apparaît devant moi et loin de tout ce que je pouvais imaginer, ok j'accepte. Je me rabats sur la guesthouse que tout les routards parlent, de toute façon c’est la seule avec l'enseigne en anglais. La patronne 28 ans, dans des vêtements sales, les cheveux rêches: "ni hao (bonjour), je voudrai un lit". Mais rien ne se fait. Bon je m'attable et je commande une bière pour faire passer tout ça, on me sert avec des arachides qui on du être récolter en 1983, ok j'accepte. J'aimerai savoir ce qui se passe vraiment dans le cerveau ramolli d'un routard qui gagnent 10 fois le salaire d'un local et qui pour des économies de bout de chandelle, vient s'entasser dans un bouiboui pareil et qui en plus décrire cet endroit comme un lieu agréable à vivre. Je demande les toilettes, on m'indique que c'est dehors dans l'une des bâtisses à coté. Je descends dans la cour et par terre de la laine fraîchement tondue, un chien joue dedans, je le regarde et lui dis rigole pas car demain c’est toi qui sera à la place des moutons, ceux ci sont allongés un peu plus loin sans la tête et le sang coule encore des cadavres se répandant dans la cour. De l'autre coté des jeunes gens le chalumeau à la main finissent de nettoyer les têtes. Les latrines, un trou dans le sol, on peut pas se tromper, le mur est blanc marquer dessus WC, en rouge vif, car on ne pourrait aller dans le box juxtaposé, celui ou il y a les cochons. Les toilettes se trouvent dans la porcherie tout simplement, sur un autre mur est marqué: "hot sower ", au moins je ne pourrai pas me tromper pour la douche, je ne vous dis pas l'odeur qu'il y règne. On dirai: "Mad Max", la, pas ok ; la j'accepte plus. Je deviens fou, jamais, jamais, jamais, non jamais je n'aurai pu imaginer tout cela. Je comprends pourquoi les gens disent que les gorges sont magnifiques, car après une nuit ici, tout doit vous sembler radieux, fabuleux, magnifique. Comme il n'y a rien à faire, je retourne dans la salle qui sert de resto et je commande bière sur bière, oublier ce mauvais moment à passer et pour m'occuper, je prends mon cahier pour décrire ce que je vois. Derrière mon dos, on m'observe et on me demande: "what do you write"; J'explique ce que je décris, le joli village que vous habitez: "very beautiful"; "Ah, thank you". Je marmonne tout seul, fini les voyages, fini tout ça, une maison, une femme, des marmos, la téloche, le satellite et les chaînes de voyage. La soirée a débuté, je commande à manger et je regarde la table à coté, 2 hommes, 2 femmes, qui draguent qui en jouant aux cartes et 8 bouteilles de bière de 660 mml chacune ouverte, voila comment on fait passer le temps ici. Les autres sont autour de cette vasque en fonte ou il y a quelques blocs d'anthracites qui se consument. Je crois que l'on m'aurai décrit la ville correctement avant, j'aurai réfléchi à deux fois avant de venir. Vers 10h00, on dédaigne bien me montrer la chambre. Ca sent le poulailler humide. Heureusement que j'ai mon duvet pour me sentir bien. En m'allongeant, je découvre sous l'oreiller une lame de couteau de 20 cm. Ou suis-je tombe. Je m'assoupis en ne fermant qu'un oeil, de toute façon, dans la nuit résonne des feux d'artifices, pétards et les cochons hurlent certainement en attendant la mort. Le matin arrive bien péniblement, je vais pour redescendre dans les magnifiques toilettes de la résidence et vision de carnage, du sang de partout jusque dans les latrines, 3 cadavres de cochon au milieu de tout ça. On commence seulement à passer le jet d'eau; humm !, je me sens en appétit. Petit déjeuner tibétain, galette de blé et on prépare la tampsa : du beurre de yack qui est resté 6 mois sur le bord de la fenêtre et que l’on bat dans un roseau avec de l'eau chaude et des herbes, hummmm ! Que c’est pas bon, ces rance, pour moi c’est imbuvable ça me donne des relents d'estomac, pour eux c’est leur petit bonheur quotidien. Me voila frais comme un gardon pour attaquer les 20 km et 600 mètres de dénivelés. Enfin je parts pour découvrir ce magnifique site. Dans la monter, je marmonne tout ces évènements, avant de tomber en extase devant ce paysage extraordinaire, il faut croire que ce décor féerique valait tout cela. Le soir en rentrant, fatigue, je trouve mon bonheur dans des cannettes de coca. A la fin du repas, la patronne vient me voir et elle me demande ma main en mariage et que je m'installe ici, j'ai cru m'étrangler sur le moment. Le soir, on me change de chambre et je me retrouve au sous-sol dans la cuisine avec 4 chaises et une planche en guise de lit, ok j'accepte, je suis trop mort pour quoi que ce soit et à 10 yuans la nuit je ne vais pas faire le difficile... Par la suite je suis redescendu sur Linjiang, car il n'y a plus de route, ils sont en train de la refaire, pour rejoindre cette fameuse région autonome du Tibet, au lieu des 30 km restant on est obligé de prendre une déviation de 150 km ou 8 heures de route. J'ai préfère laisser tomber. Ps 01: Je ne sais pas comment vous percevez toute cette aventure, mais je vous jure que c’est ce que je vis au quotidien, car via les mails, vous pourriez me prendre pour un mythomane, car je voyage seul. Ps 02: Hervé de Nice a trouvé un début de réponse pour le jeu de boule. « Si je suis le premier à te le prouver, j’ai gagné une photo." Sur la foi de fouilles archéologiques à l'authenticité incontestable, Assyriens, Égyptiens et Chinois pourraient revendiquer la paternité des jeux de boules. Il est tout à fait possible qu'on y jouait quelque part sur la planète aux alentours de l'an 1000 avant Jésus-Christ, comme le montrent de récentes fouilles dans la province du Ho-Nam, en Chine.

Montagne sacrée et pèlerinage à la …

Et me revoilà sur la route, après ces dernières journées pleines d'émotion. Un bus couchette nous emmène de Lijiang à la frontière du Sichuan. Je me régale des paysages, des vallées verdoyantes, culture en terrasse et de ces petits villages le long de la route. En arrivant dans cette région, les petits villages étaient remplacés par des usines et autre centrale électrique (nucléaire, quoi). Dommage pour la vision, mais eux aussi ont le droit à la vie moderne et tout ce qui va avec. Apres le froid, la chaleur arrive à grande pompe et le problème dans le bus, ces qu'on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres car dans le convoi que nous formions avec d'autres véhicules, il y avait 2 camions qui transportaient des ruches et il y avait des abeilles dans tous les azimuts. Arrivé au bled nous voila bloqué pour la nuit, le prochain train ne part que demain. Donc je me retrouve avec 2 étudiants japonais et une israélienne pour partager gîte et couvert. De même pour le train, nous allons de vallée en vallée en coupant à travers les tunnels. Me voila à Emeishan et cette fameuse montagne sacrée. Je laisse les 2 étudiants qui eux ne viennent voir que le temple. Moi après un bon petit déjeuner: croissant, chocolat chaud, nutella. Non il ne faut pas abuser. C'était: sauté de bœuf avec du riz. Je pars en moto taxi, car j'ai loupé le bus et l'heure est déjà bien avancée. Donc après m’être fait rouler car le taxi s'est arrêté au milieu de nulle part pour renégocier la course, je fais semblant de marcher pour lui faire comprendre que je ne payerai pas plus. Il se dépêcha de revenir me prendre avant qu'un autre se fasse le reste de la course. Me voilà prêt pour affronter 2500 mètres de dénivelé sur 22 kilomètres de marche (au sens propre), de plus il faut payer l'entrée pour souffrir: 80 yuans, le comble. Je décolle à 500 mètres d'altitude, équipé seulement d’un petit sac et me reposant sur les petites échoppes le long du parcours qui veulent te refourguer une bouteille d'eau, canne de randonnée ou autre souvenir. Un escalier avec des milliers de marches, que dis-je, des dizaines de milliers de marches que je gravis une par une sans regarder le sommet pour ne pas me décourager, bête comme je suis, j'ai vidé une pellicule complète sur ces satanées marches. Apres 3 heures 30 de grimpette, fatigué, les genoux qui commencent à grincer, je me pose dans un de ces petits snacks qui bordent le long du tracé. Et je me fais matraquer à coup de 44 yuans l'assiette de riz et de légumes. Il n'y a vraiment pas de pitié dans ce monde. Ok tu m'as eu, tu as fait ton beurre. Je rencontre un petit vieux qui par la suite veux absolument que je lui achète ses crampons, car il me fait comprendre qu'il y a de la neige un peu plus haut. Des marches, toujours des marches et au fur et à mesure que j'avance, on m'annonce, il ne vous reste plus que 4 heures, il ne vous reste plus que 3 heures 30. Le froid se fait sentir et la neige est au rendez-vous, je mets ces fameux crampons et je continue doucement. Je suis seul depuis le début car les touristes préfèrent maintenant prendre les câbles cars. Je rachète à boire et le quart d'eau, on vous le facture 7, 8 parfois 10 yuans. Je rattrape des gens sur la fin du parcours, certains me suivent, veulent prouver leur supériorité et je les redouble sur une plate-forme car ils récupèrent leur souffle. Le sommet, ça y est, voilà 7h30 que je suis parti et heureux d’avoir réussi un exploit personnel. Content de voir que si je veux visiter le monastère, il me faut encore débourser quelques sous. Légèrement déçu de ce que j'attendais. Je me rabats sur un dortoir, "hello, one bed 90 yuans", désolé, mais la j'hausse le ton même français qu’ils comprennent à mon intonation de voix que je ne n’ai pas l’intention de me laisser faire, le moine le prend mal et après cette gueulante, le lit passe à 40, qu'est ce qu'on est pas obligé de faire pour pouvoir se loger, ils ont encore le culot de me demander mon passeport, qu'est ce que vous voulez en faire, vous croyez que je vais me barrer avec le matelas pourri que vous m'offrez. Je ne l'ai pas, enfin si, mais ne me cassez pas les pieds, sinon je vais voir ailleurs (ailleurs, où !), il n'y a qu'eux au sommet. Dans ces journées difficiles, on réfléchit et on cherche souvent des réponses à des questions bien loin de notre quotidien. Tout ce que je peux dire aujourd'hui: c’est qu'il n'y a pas de pitié sur cette planète et qu'il n'y a pas de religion qui tienne en ce monde. Juste des hommes et des femmes bon ou mauvais. Le soir repas léger, on vient s'asseoir, on essaye de discuter avec moi et me demander mon point de vue sur le conflit irakien imminent. Je ne traîne pas et je vais me coucher, mais le sommeil ne vient pas comme ça à 3077 mètres… 07h00 je saute du lit et je cours dehors car il y a encore les étoiles qui brillent, mais j'attends avec impatience le soleil, qui va faire son apparition sur cet océan de nuages, parsemés d'îlots qui ne sont que les sommets des montagnes avoisinantes. Très belle image, mais qui aura été mérité chèrement. A 8h00 je redescends comme un voleur et ces plaques de neige que j'avais laissé la veille, je me fais glisser dessus, avec quelques gamelles, ce que j'avais monté la veille en 2h30, je le dégringole en un peu moins d'une heure. Ne voulant plus laisser d'argent dans cette montagne, je redescends en bus, je reprends mon sac et je change de ville, bus, rebus et rerebus, pour finir sur un rickshaw vélo. Leshan me voilà, mais ne t'attend pas de moi que je verse ma devise pour tes sites touristiques et tes fameux Bouddhas, même si ce sont les plus grands du monde. Première turista, après un sorbet au poulet, en plus soit disant dans la région de la chine où on mange le mieux, je commande un morceau poulet, en imaginant qu'il allait me le préparer à la sauce locale. Non on le sort du congélateur, on le découpe sommairement et on me le sert froid encore congeler. Pour l'anecdote du jour: à l'hôtel on me retient 80 yuans pour la clef de la chambre, que je n'ai pas, car c’est une personne à l'étage avec un trousseau qui vous ouvre votre porte. Je suis assez fatigué et je préfère ne rien faire, je me paye une journée occidentale. Je réponds à mes mails, je mange une pizza et bois du coca, je vais dépenser quelques centimes dans une salle d'arcade et je regarde à la télévision les navets de film ou de feuilletons français sous titré en chinois qu'on leur a refourgué. Ce soir vers 18h30 les petits vieux sont de sortie dans la rue piétonne et s'exerce au tai chi, sabre à la main et tout cela dans une chorégraphie mal synchronisée. Le voyage s'achève bientôt et vous savez ce que j'aimerai bien maintenant: c’est une tranche de pain avec du camembert. A bientôt pour les dernières nouvelles.

Mésaventure. Salut à tous, je viens d'arriver sur la mégapole pour les quelques jours qui me restent à passer en Chine. Mais pour en arriver là j'ai eu une petite mésaventure, je vais vous la conter... Arrivé à Chengdu le 25/02, une ville surdimensionnée qui ne me donna pas l’envie de traîner surtout dans ce stress, Shanghai me suffit. Je me dirige vers la gare et avec chance je trouve un ticket de train pour le jour même. Le départ a lieu dans l'après midi, j'ai donc le temps pour faire un petit tour dans le quartier. Je mange, je fais du lèche vitrine, je me fais plaisir en allant me faire masser. Ce qui devait arriver, arriva, je ne vois pas l'heure passée et je loupe le train pour 2 minutes. Je m'énerve légèrement car j'aurai plus l'avoir si on ne m'avait pas fait traverser la gare en long en large et si tout le monde n'avait pas tripoté ce malheureux billet. Enfin, je ne peux que m'en vouloir. Je vais faire changer le billet pour un autre jour et l'on m'annonce qu'il n'y a plus de place dans les trains pour Shanghai pour les jours à venir. On me détourne via Xi an, avec un passe pour voyager sur la plate-forme. Départ le lendemain 08h00. Le wagon des hard seat est déjà plein, je me serre dans l'allée et m'assoie sur mon sac. On arrive à 3h00 pas problème, encore une fois je n'ai pas fait gaffe, ces 03h00 du mat... L'enfer commence malgré la sympathie que je partage avec mes compagnons d'infortune et je ne vous dis pas le regard des gens lorsqu'ils voient un blanc en 2ème classe ; le chariot de nourriture qui veut se frayer un chemin, le flot de gens qui veut arriver au w-c qui se trouve juste derrière moi. Au fur et à mesure des gares le train se remplit de plus belle. A un moment il est impossible d'ouvrir les portes et les gens grimpent par les fenêtres, les places au sol se rétrécissent heure par heure. A 17h00 je pète les plombs, il est impossible de finir le trajet dans ces conditions. Je décide de descendre à la prochaine gare, tan pis je finirai demain, pour descendre, le contrôleur et moi sommes obligés de repousser les gens qui escaladent les fenêtres, pour essayer d'ouvrir la porte. Impossible je m'énerve pour de bon je balance 2 gars pour pouvoir m'extraire à mon tour, lancer mon sac en sens inverse et passer par la fenêtre. Je me demande ou je suis, perdu dans le fin fond de la Chine. Dans la tête depuis la veille, je n'arrête pas de m'en vouloir à m'en couper l'appétit, comme quand on sait que l'on a fait une grosse boulette. La chance me sourit à nouveau, je trouve un train pour Shanghai. Dans cette gare perdue ou les chinois n'ont du voir qu'un blanc via la télévision, en faisant la queue pour un nouveau billet, car la vente des billets se fait de 07h10 a 08h10 et de 18h10 a 19h10. Je choisis une file, la mauvaise et les guichets ouvrent, il est 19h00, une fois après avoir batailler pour défendre ma place dans cette foule, j'ai mon billet sans place, les boules me voilà repartit pour 30 heures sur la plate-forme. Je n'en peux plus, je trouve un téléphone, j'appelle les amis a Shanghai et leurs explique et je les fais traîner au bout du fil car je suis exténué et je me réconforte à travers cette conversation. Je ne veux plus être emmerder et je me cale dans un coin de la gare. Bien sur 1 minute à peine, une quarantaine de personnes s'agglutine autour de moi, me dévisage me regarde écrire, me stresse. Le train arrive, je panique à l'avance de me taper 30 heures dans les même conditions. Arrivé à bord je trouve le contrôleur et pour quelques yuans de plus me trouve une couchette. J'apprécie l'eau pour me débarbouiller, et cette couchette dure. Ou je ne demande pas mon reste pour m'endormir. Plus jamais cela m'arrivera de prendre du bon temps. Pour 2 minutes, je me suis embarqué dans un voyage de 2 jours plein, pour 2 minutes. On est le 28 février, il est 05 heures du matin mon périple se fini... Shanghai me revoilà, un lit, une douche, des amis qui parlent français, un morceau d'emmental qui traîne dans le frigo depuis 3 semaines, un morceau de pain de mie, mais que demande le peuple. Je reprends des forces et nous nous racontons nos histoires. Car ici, l'appartement est devenu un vrai central téléphonique, ça n'arrête pas: "Michel est-la?, alors Julien ou inversement", en anglais en chinois et parfois même en français. Ca n'arrête pas. Attention les filles, 2 french lover sont arrivés sur la ville et ça se sait. Première photo du voyage que j'ai fait développer sur place, pour faire découvrir la Chine aux amis restés ici, dernière balade, dernier shopping, dernier resto, comme dimanche ou nous avons été invités par des amis chinois, nous nous sommes attablés pour 05 heures d'un repas bien arrosé et nous avons bu 26 bouteilles de bière (660mml) a 5... Voila comment ce fini ce périple. Ce seront les dernières nouvelles de mes tribulations... Je voulais dire merci à papa et maman qui ont réglé des petits problèmes laisser en France, ainsi que mon frère. Tous les lecteurs et leurs messages qui mon beaucoup touché et motiver à décrire du mieux que je pouvais le quotidien qui m'était réservé. J'espère que le rêve vous a accompagné à travers ces quelques lignes. Moi j'appréhende le blues de retour parmi vous, mais j'attends un bon repas à la Française. Merci et à tous à très bientôt... PS: Dites, vous n'auriez pas 100 euros à me dépanner pour un nouveau voyage.

Le retour

Ce matin, je rigolais dans la cuisine, préparant mon premier petit déjeuner devant les appareils électriques, le grill pain, la cafetière, le micro onde pour chauffer un peu de lait, que de luxe que notre vie occidentale. Comme fond sonore, j’ai retrouvé ce vieux vinyle à papa de salut les copains que j’ai mit et que je chantonnais dans les transports en commun chinois : «700 millions de chinois et moi et moi et moi » de jacques Dutronc. C’est rigolo car à l’époque dans sa chanson, il n’y en avait que 700 millions... Oui je prends le temps, oui je savoure la cuisine de maman, je reprends la route du bistro. Mon village que je regarde différemment, j’ai envie de le prendre en photo, pourquoi ? . Je ne sais pas. Je crois qu’en dehors des paysages que notre planète regorge, la vie est la même partout, elle s’écoule inexorablement que ce soit à Qiauto (Chine), Cenfuego (Cuba), Arusha (Tanzanie), Gangtok (Sikkim) et à Méru (Picardie). Ces vrai quel souci avons-nous en dehors de boire, dormir, manger et consommer... Les gens, la vie qui s’écoule au centre commercial ou je viens d’aller faire un tour, première remarque à voix haute devant une affiche ou femme dénudée s’exhibe pour promouvoir produit de consommation et le dernier souci de l’homme qu’est: Le cul, la relation sexuelle, biquotidienne, bimensuel, bisannuelles. Les gens me regardent; doucement Christophe, c’est fini les vacances. La première boutique ou j’étais prêt à lancer ce ni hao (bonjour), calme toi me dis-je, ces vraiment fini, tout le monde parle le même langage que toi, ici. Roi de la glande je suis, j’ai envie de faire plein de chose et je m’occupe les mains avec n’importe quoi. J’attends les photos avec impatience tout simplement. La vie ne s’arrête pas, pourtant j’ai envie de descendre du train de la vie quelques temps pour faire le point et le reprendre un peu plus tard. Mais cela est impossible. Les copains casés, la petite graine qu’ils lâchent chacun leur tour, temps de se responsabiliser un peu, car aujourd’hui le monde nous appartient … Le quotidien, un boulot et des fonds pour pouvoir rêver de nouvelles destinations. Il me reste quand même le temps et le plaisir de vous faire découvrir ce voyage…

FIN

Salut Christophe, Merci de ces belles histoires, pour le meilleur et le pire car c'est une réalité que tu vis au quotidien. Je me dis que pour toi, ton retour va être difficile, tu vas réaliser comment sont aussi les Français et eux ont moins le droit d'être aussi peu civiques. Nous les réputés ra- leurs, exigeants, intolérants, si peu courtois, et toujours autant racistes! Ne t'inquiète pas si tu te cherches encore, ta façon de voyager te l'apprend chaque jour et tu ne peux que t'enrichir. Te dire merci pour nous faire passer tes belles émotions qui nous rapprochent un peu de ces peuples. Nous aimons voyager avec tes écrits comme tu peux l'imaginer, et c'est toujours un grand plaisir. Alors bonne route et prend bien soin de toi dans ta poursuite... Pour ma part, j'aimerais vivre en partie ton expédition, surtout en ce moment! A bientôt de te lire, au fait ne change rien pour tes écrits, tout va bien, l'essentiel passe... Bises et pensées de nous trois et une très belle année enrichissante, n'est-ce pas? Marisa, Guillaume & Lothaire

Avant tout chose meilleure vœux bonne année et bonne santé et plein de bonne chose. Bref ! En tout cas ça me fait très plaisir d’avoir de tes nouvelles, c'est génial de pouvoir écrire com-me tu le fais. C'est comme si je lisais un livre par bribe c'est vraiment sympa ne change rien, et puis ça me fait voyager aussi. N'oublie pas de prendre plein de photo, et fait gaffe à toi. David.

Merci pour tes récits. Je suis au boulot quand je reçois le dernier. Quel contraste entre les mondes ! Je t'envie !!! Il faut vivre ses rêves, et c'est ce que tu fais. Je n'ai pas tant de choses à raconter. Il fait très froid ici, le paysage est recouvert de neige, je vais peut être aller skier demain. Mardi, je m'envole pour Paris où j'ai 3 jours de congrès. Rien de bien palpitant. Louis

J'espère que ton voyage se passe bien, toi l'intrépide explorateur de contrées parfois dangereuses comme le Tibet. Sans vouloir me faire passer pour ta grand-mère, fais attention lorsque tu ne connais pas toutes les différences entre toi et les autochtones qui peuvent engendrer des malentendus. Je me félicite souvent de connaître quelqu'un comme toi car ton état d'esprit est précieux parce que rare, attaché que tu es à d'autres valeurs que l'argent et tutti quanti. Continue sur cette voie-là et reviens-nous entier. A bientôt. Jean yves. Bravo et merci pour ton voyage que tu nous fais partager... t'es quand même un peu barjot mais bon tu fais ce que tu avais envie et c'est cool !!! C'est excellent de te voir t'émerveiller devant toutes ces choses que tu vois et ça me fait rêver... j'espère que tu nous emmèneras quelques photos en Corse... Ici, tout va bien c'est les vacances scolaires alors on a un peu plus de monde mais c'est quand même tranquille, il fait très beau et on a beaucoup de neige mais bon ça ne vaut pas : L’Himalaya... Bon tu rentres quand sur notre continent ??? Amuse-toi bien... A bientôt !!! Maëlig Que te dire à part merci Christophe, merci de nous faire partager tes aventures... Tu as raison, même si nous ne sommes pas la pour admirer tout cela en direct avec toi c très agréable de pouvoir ne serai ce que l'imaginer, pouvoir s'évader l'espace de quelques phrases de mon quotidien assez morne je dois bien te l'avouer car pour l'instant encore, je me borne à réviser mes examens. J'espère que tu en profiteras encore et que tu auras une petite pensée pour nous pauvres occidentaux enfermés dans nos habitudes. Même si mes mails se font rare il n'empêche que je pense souvent a toi et à toutes les merveilles que tu vois. J'espère qu'un fois de retour tu ne manqueras pas de faire un petit tour sur Nice de manière a ce que tu puisses m'en dire plus de vive voix. A bientôt et merci encore. Hervé Non, je ne me formalise pas si tu n'as pas le temps de me répondre et j'imagine que je te fatigue avec mes questions... En tout cas, je te lis avec de plus en plus de plaisir vu que tes comptes rendus sont de plus en plus poétiques et agréables. Surtout le dernier sur l'Himalaya: ça m'a fait un pincement au cœur de te savoir en un si beau lieu d'autant que jusqu'a présent, la plus belle chose que j'ai vu de ma vie, c'est ce lever de soleil sur le Kangchenjunga... Allez continue à me faire rêver, moi qui suis dans cette réalité ennuyeuse. J'espère que tu n'es pas trop fatigué et que tu t'alimentes bien. Prends soin de toi. Bisous. Julie Hé ! Oui il y a des jours comme ça où je suis particulièrement heureuse d'avoir de tes nouvelles et de me marrer toute seule devant mon ordi en les lisant. Quand je pense à tous nos petits soucis matériels du moment, ta pensée philosophique "une femme, une maison et des marmos" m'éclate ! J'ai l'impression que tu vis des moments exceptionnels et à toi. Je te remercie de nous les faire si souvent partager. Cela fait parfois rêver du bout du monde mais les détails calment très souvent ces envies quand comme moi on aime son confort minimum. Aussi pour le fin fond de la chine, je me contenterai d'admirer tes photos à ton retour. Malgré les petits tracas quotidiens, tout va bien et notre appart prend forme. Nous approchons de la fin et ta chambre (celle des amis) est presque prête! Cela ne nous empêchera pas de décompresser ensemble où que ce soit. A très bientôt. Nous attendons de te revoir avec impatience. Gros bisous. Isa & Laurent C'est génial, je garde tous tes textes pour que tu puisses publier un livre en les illustrant de tes photos. J'adore !!! Je voyage à fond !! C'est super, je t'envie à mort, même si je sais que je ne pourrai jamais au grand jamais faire ça !! Je suis à fond avec toi !! Vivement le prochain message. Raconte tout, tout !!! Gros bisous. Gaétane & Cédric

A bientôt.
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NA
Nawal 21 years ago · Croullebois
Festival Culturel du Tibet & des peuples de l'Himalaya en photos!
Festival Culturel du Tibet et des peuples de l’Himalaya Pagode du Bois de Vincennes à Paris

Bonjour,

Rapide compte rendu de cet extraordinaire Festival Tibétain, avec photos à l’appui essentiellement.

Bye. Nawal.

Ecouter un extrait (mp3) de chants à voix grave et d’une musique élaborée des moines de Gyuto.
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YA
Yangguizi 21 years ago · Katalina
Une manif' à Shanghai
Lorsqu'il y a un an et demi, j'ai prononcé en coréen les mots "ilbon goungouk djuyi leul tha do ra dja" (à bas l'impérialisme japonais) à Pyongyang, c'était bien entendu de l'humour, et je ne pensais pas que ce type de slogan pouvait encore fédérer les foules, 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Et pourtant, c'est exactement ce qui s'est passé aujourd'hui à Shanghai, comme parait-il dans d'autres grandes villes chinoises.

Tout a commencé lorsqu'il y a une ou deux semaines, des manuels scolaires japonais minimisant les crimes de guerre commis dans les années 30 et 40 ont été publiés, provoquant l'indignation de nombreux pays asiatiques. C'est quelque chose d'effectivement condamnable, et la polémique ressurgit régulièrement, à chaque nouvelle publication. Après une escalade verbale sino-japonaise, des manifestations anti-japonaises ont éclaté à Canton, ce à quoi les japonais ont répliqué en offrant des concessions d'exploitation à des sociétés japonaises dans des eaux territoriales disputées... et riches en hydrocarbures. Le contexte était donc mûr pour voir se manifester en Chine la haine anti-japonaise particulièrement aiguisée dans ce pays.

Des sms anti-japonais circulaient, et on parlait de ce qui s'était passé à Canton et allait se reproduire à Pékin et Shanghai.

Des manifestations "spontanées" étaient prévues ce week-end, et effectivement, vers 9 heures et demi, tandis que je pianotais sur mon ordinateur, j'ai entendu des manifestants défilant sous ma fenêtre. Ils n'étaient qu'une ou deux centaines, mais je me suis quand même habillé en vitesse et ai pris mon appareil photo pour descendre les rejoindre, et voir ce qui se passait.

Je les ai retrouvés un peu plus au sud, sur Yan'an Lu, où la manifestation avait pris une ampleur un peu plus importante. Ce n'est pas tous les jours que des manifestants défilent en Chine, et je ne voulais donc pas en perdre une miette. J'ai donc suivi le cortège vers l'Ouest et nous avons rapidement atteint la Place du Peuple, où convergeaient d'autres groupes de manifestants, qui mettaient toujours le cap vers l'Ouest. La manifestation avait déjà atteint une taille respectable (quelques milliers de gens), tandis que je mitraillais tout ce beau monde avec mon appareil photo/camescope.

Pour une manifestation "spontanée", je trouve que l'organisation était remarquable, les pancartes et banderolles étant particulièrement élaborées et nombreuses. De nombreux policiers encadraient le cortège, et facilitaient la progression des manifestants en bloquant les rues transversales. Etonnant pour une manifestation "spontanée"! En tout cas, tout était fait pour faciliter leur progression vers l'Ouest.

Les slogans et banderolles étaient plutôt variés. C'était un véritable défouloir anti-japonais. En anglais ou en chinois, on pouvait lire en vrac des slogans du genre:

"à bas le Japon"

"à bas les produits japonais" (avec une longue liste des marques à boycotter)

"souvenez-vous de votre histoire"

"compatriotes, remplissez votre devoir"

"déclarons la guerre aux japonais!"

"enculés de japonais"

"tuons les japonais"

"rendez nous les iles Diaoyu"

"à bas le militarisme japonais" (que de bons souvenirs qui remontent à la surface)

"à bas les porcs japonais"

"japonais, quittez la Chine!"

De nombreux drapeaux japonais barrés ou de mots "Japon" barrés étaient également affichés. La foule agitait également de nombreux drapeaux chinois de toutes les tailles, tout en avançant à bonne allure vers l'Ouest.

Régulièrement, la foule scandait des slogans du genre "aiwo zhonghua, dizhi rihuo" (nous aimons la Chine, boycottons les produits japonais" ou encore "kang ri" (les deux caractères résumant l'opposition au Japon pendant la guerre).

En me voyant filmer, de nombreux manifestants se tournaient vers moi en hurlant "fuck japanese". La moyenne d'âge était peu élevée. La plupart étaient des étudiants, et les + de 30 ans ne devaient représenter que 5 ou 10% de la manif'. Aux fenêtres, quelques personnes agées les saluaient, suscitant des ovations de la part des manifestants. Quelques voitures klaxonnaient parfois, mais on a du mal à dire si c'était pour marquer leur soutien ou pour se frayer un passage.

Un jeune me demanda ce que je pensais de leur action. Dans ce genre de circonstances, je m'efforce en général d'être neutre et ai répondu que je trouvais ça plutôt correct, mais que les violences qui avaient eu lieu à Canton étaient inadmissibles. "mais à Shanghai, vous vous comportez bien" ai-je conclu.

La manif' s'est arrêtée un moment pour huer une immense publicité pour Toyota. Intelligent!

La foule grossissait tandis que nous franchissions la Gaojia nord-sud, passions devant le site du Deuxième Congrès du Parti, puis devant le Palais des Expositions, le parc Jing'an, le croisement de Nanjing Lu, la ligne de métro aérien, et que nous nous éloignions du centre. Difficile d'estimer le nombre de manifestants, mais à mon avis ça dépassait les 20.000 ou 30.000. En montant sur un passage surélevé pour avoir une vue d'ensemble, je n'en voyais pas la fin. Après deux heures de marche, un cordon de policiers a bloqué Yan'an Lu et a orienté la foule vers le nord. La manifestation a donc emprunté Xianxia Lu. Oui bien sûr, c'était clair, l'objectif de la manif' était le Consulat du Japon, dans le quartier de Gubei. Malheureusement, à ce moment-là je suis tombé en panne de batteries, et n'ai pas pu filmer ni photographier la suite. C'est là que ça a commencé à dégénérer.

J'ai vu des manifestants lancer tout ce qui pouvait leur tomber sous la main (bouteilles, détritus, fruits, oeufs) contre des vitrines japonaises, surtout des petits restaurants Tepanyaki. Les restaurants étaient heureusement déserts, mais j'ai trouvé ça particulièrement débile, et je plains sincèrement les malheureux propriétaires sans doute chinois de ces restaurants. La foule s'est alors acharnée contre un de ces teppanyakis. J'étais aux premières loges, et je devais résister pour ne pas me faire pousser par la foule et me trouver sur la trajectoire des projecticles. L'un d'entre eux n'est d'ailleurs pas passé loin. Un grand chinois torse nu, avec des slogans peints sur le corps s'est alors approché, a saisi un vélo et l'a balancé sur la vitrine pour casser ce qui pouvait encore être cassé. La foule a alors hurlé et applaudi en scandant des slogans violemment anti-japonais. Je crois que cette occasion m'a permis d'observer quelque chose de très proche du degré zéro de l'intelligence, et le "courage" de ces casseurs était absolument pathétique, tandis que la foule continuait à envoyer des oeufs et des tomates. Mais ce qui était encore plus choquant c'était l'attitude de la police.

De nombreux policiers étaient là, à deux mètres de la vitrine, et aucun n'a levé le petit doigt pour empêcher les dégradations. Certains se curaient l'oreille (peut-être pour débloquer les circuits qui auraient permis au cerveau d'ordonner au corps du policier de réagir) tandis que les autres étaient parfaitement immobiles.

J'avoue que je n'ai pas osé intervenir car de toute façon ça n'aurait servi à rien et j'aurais pu avoir des problèmes, mais j'ai fait une grimace en regardant méchamment les gens qui applaudissaient ça, et j'espère que certains auront compris mon message. Minables!

En avançant, je voyais d'autres vitrines dévastées, avec des vélos parfois encastrés, et toujours des traces de fruits et d'oeufs un peu partout. Pendant ce temps-là, les pauvres du coin s'évertuaient à ramasser toutes les bouteilles vides dans de grands sacs, pour en tirer quelques yuans. Au moins, pour eux, c'était une aubaine. La concurrence était même telle que ces pauvres ont failli plusieurs fois se prendre des projectiles dans la tête, pour pouvoir être les premiers à ramasser les bouteilles vides. La scène était littéralement consternante.

S'ils en veulent tellement à ce qui est japonais, qu'ils commencent donc par détruire leurs propres appareils photos dernier cri ces cons! Un mauvais point donc pour les chinois et leur gouvernement qui laisse faire!!!

Un peu plus loin, la manif' avait atteint son objectif: le Consulat du Japon. Bien entendu, des centaines de policiers et de troupes anti-émeutes faisait barrage pour empêcher les gens d'approcher le gratte-ciel, et il n'y a pas vraiment eu de heurts. En m'approchant de la "ligne de front", j'ai senti à un moment donné un mouvement de foule et ai aperçu les troupes anti-émeutes réagir, mais il n'y a pas eu de violence. La marée humaine était cette fois impressionnante. Il y avait vraiment un monde fou: manifestants équipés de drapeaux et pancartes, manifestants "spontanés, curieux, badauds, et quelques rares étrangers.

La foule continuait à chanter l'hymne national (la Marche des Volontaires), chant de résistance composé pendant la Guerre, ainsi que quelques vieux tubes nationalistes (Jiefang Jun zhi ge - le Chant de l'Armée de Libération, Tuanjie jiu shi liliang - l'union fait la force, gechang zuguo - chantons la mère-patrie), et toujours les même slogans.

En m'éloignant un peu, je voyais de très nombreux renforts policiers qui finissaient d'encercler le périmètre. Sentant que la manif' touchait à sa fin, et étant déjà crevé, j'ai alors cherché une sortie et ai péniblement trouvé un taxi qui m'a finalement ramené chez moi après une heure d'embouteillages.

Il est probable que les médais chinois ne relaient rien de tout ça, même si à un moment j'ai vu quelque chose ressemblant à une équipe de télévision.
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DJ
Djamila65 21 years ago · Turbule
Carnet de voyage en Chine
Bonjour à tous,

J’ai décidé de vous faire partager mon périple en Asie et plus particulièrement en Chine mais aussi à Taiwan et au Japon. C’est un voyage que j’ai réalisé en 2001 d’une durée de 5 mois.

Tout d’abord je me présente, j’ai 36 ans et je travaille dans l’hôtellerie en réception, je suis également passionnée de cinéma mais depuis quelques années, j’ai envie de faire autre chose et cet “ autre chose “ c’est la réalisation de documentaire. Evidemment, on ne s’improvise pas du jour au lendemain réalisatrice, mais j’avais suivi un an auparavant un stage qui s’est avéré peu intéressant pour moi. Malgré un premier essai non fructueux en Amérique du sud avec une caméra non numérique, je ne me suis pas démontée.

Bref après avoir potassée des magazines et des bouquins sur le sujet, je me suis achetée une caméra vidéo et des accessoires notamment un micro et une bonnette (protection pour le micro ) très utiles pour les interviews. Je me suis entrainée chez moi 1 mois avant le départ.

Ce que j’aime dans les voyages, c’est de pouvoir rencontrer des gens et des modes de vie différents mais surtout de pouvoir vivre le quotidien de ces gens, c’est pour cette raison que je pars rarement ou jamais moins de 3 mois voire 6. Le summum du voyage pour moi c’est de pouvoir travailler dans le pays et pas forcément en tant que bénévole et c’est peut-être pour cela que je suis tombée par hasard dans l’hôtellerie qui était le moyen le plus facile pour travailler à l’étranger.

Il y a quelques années en 1997, je suis partie en Asie pour une durée indéterminée pour voyager et aussi faire du bénévolat. J’ai commencé par l’Inde, Le Népal, La Thailande, Le Myanmar, Le Laos, Hongkong, La Chine, Taiwan, Le Japon et retour par Les USA . Je me suis retrouvée à enseigner l’anglais au Japon puis à taiwan. Après presque 2 ans de voyage, je suis rentrée à paris avec l’intention de repartir pour parler de choses qui m’avaient titillées où intéressées durant ce voyage et notamment concernant La Chine et Taiwan.

J’avais envie de réaliser un documentaire sur les femmes de mon âge, célibataires mais en comparant la Chine et Taiwan. Car malgré leur différend, ces deux pays ont une une tradition commune. La plupart de mes étudiants à Taiwan étaient des femmes et en discutant avec elles, je me suis aperçue qu’elles étaient en même temps trés indépendantes mais aussi trés traditionnelles dans leur facon d’aborder les relations avec les hommes. Le mariage est trés idéalisé et en même temps elles sont trés diffiçiles . Elles ont des critères encore plus élevés que les miens et c’est peu dire.... Elles attendent le prince charmant et forcément elles se marient trés tard et j’avais aussi envie de voir le côté chinois. Voilà donc comment l’histoire a commencé. Sans avoir vraiment travaillé sur l’écriture du scénario, je suis partie en me disant qu’une fois sur place, j’aurai plus de temps pour y revenir.

Pour ce voyage, j’avais décidé de refaire le chemin à l’envers de ce que j’avais fait en 1998. Départ de HONGKONG, pour rejoindre la province du Yunnan, KUNMING, DALI, LIJIANG, ZHONDJIANG, la province du Sichuan, XIANCHENG, LITANG, KANDING, CHENGDU le tout en bus puis remonter vers la province du Gansu en bus ou en train LANZHOU puis direction le Xinjiang avec URUMQI, TURFAN, KASHGAR, de là, retour en sens inverse par YARKAND, HOTAN, le long du desert de TAKLAMATAN pour rejoindre GOLDMUD ou XINING puis LANZHOU et ensuite direction PEKIN, SHANGHAI puis GUILIN et YANGSHUO et de là, retour sur HONGKONG.

C’était à l’origine le trajet que je voulais suivre. Tout etait prêt pour le grand départ. A chaque fois que je pars je suis toujours excitée mais cette fois-ci j’étais aussi angoissée à l’idée de rater complèment et de me planter...

(à suivre...)
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GL
Glucrin 22 years ago · Pataugas
La 4eme dimension sur la muraille de chine!
🙂Salut a tous !

Il m'est arrive une aventure assez surrealiste hier lorsque je participais a une excursion de la Zhaolong Youth Hostel sur la grande muraille de chine. J'etais tranquillement avec des collegues ajiesques en train de contempler de magnifiques paysages lorsque tout a coup je me suis vu transporte dans l'autre dimension chere aux freres Bogdanov. Un haut-parleur innoportun s'est mis a passer de la musique dont les paroles furent: Helene, je m'appelle Helene, je suis une fille comme les autres....😮

VERIDIQUE. La musique de l'inoubliable serie Helene et les garcons etait diffusee sur la grande muraille de chine, d'ou une certaine stupeur ! L' experience heureusement ne dura qu'une minute environ et je pus alors revenir a la realite !

Gare aux voyageurs errant sur la grande muraille de chine, vous pourriez vivre ce type d'experience traumatisante egalement!🤪

A bon entendeur, a la prochaine!😉

DOM
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DA
Darkette 22 years ago
Au pays du Soleil levant
Konichiwa a tous les lecteurs ! 😏

Je viens de passer 30 mn a debuter mon recit et j ai fait une mauvaise manip ! 🏴‍☠️ j ai tout perdu ou presque, alors vous allez avoir quelque chose de + ou - condense et je modifirai + tard !

Voici donc mon recit sur le Japon : voyage sur 3 semaines.

dimanche 8 aout : Arrivee avec 1h30 de retard et avec 7 heures de decallage. Neanmoins, tout se passe superbement bien a tokyo. J ai du mal quand meme a me faire a la chaleur humide ambiante. La ville est immense, ici bien sur c, moi l etrangere. surtout que des touristes europeens, il y en a mais pas des masses comme j aurai pu m y attendre.

Lundi 09 : J ai visite mon premier temple a Asakusa au nord de Tokyo ou j y ai rencontre une francaise qui, comme moi, voyage seule. Nous avons fait ensemble une croisiere et visite un magnifique jardin ainsi que le Quartier de Ginza. Ginza, c est la ou ya tous les grands magasins de luxe et la France y est bien representee !

Le metro les premiers temps : tres galere, un peu complique et tous les jap ne parlent pas anglais mais ca y est je tient le bon bout

Il fait chaud comme chez nous mais surtout c l humidite qui tue, t es oblige de prendre 2 douches par jour tellement tu degoulines. A cote de ca ils te mettent la clim a fond dans les magasins et les restau, c des malades .

Mardi 10 : Je visite le palais imperial, enfin je devrais dire le jardin car le palais on on y a pas acces + Tokyo tower + Roppongi hills, d ou on a une vue magnifique de Tokyo sur 360 egres et du 52eme etage !

Satomi ma copine que j ai connu en suede ya 2 ans, elle, travaille toute la journee et on se rejoint le soir pour manger japonais et boire un verre, d ailleurs hier on s est torche au sake avec un de ses amis japonais et un cannois qui est une de mes connaissances et qui vit la depuis 2 ans.

mercredi 11 : je prends le train pour Nikko, ville historique. cest au nord ouest de tokyo. il faut 2 heures de train pour y acceder.

De la, on peut visiter toute une serie de temples, mais on peut aussi en prenant un bus pendant 40mn acceder a un immense lac, le Lac shizuki + a une superbe et magnifique cascade comme je les aime.

il se trouve que j ai sympathise avec une famille de taiwan et ils m ont conseille d aller plutot plus haut vers le lac et ensuite de redescendre visiter les temples. Ils m ont meme proposer leur compagnie, c donc avec joie que j ai acceptee et je les ai suivi. ils ont ete super sympa et apres la visite du temple le plus connu, le Toshogu Shrine, nous sommes alles dans un Onsen.

Onsen = bains publics, d un cote les hommes de l autre cote les femmes et tout le monde tout nu ! Tu prends d abord ta douche puis tu va dans un grand bain d eau hyper chaude = hot spring, ou tu t assoids, puis tu peux aller au jaccuzzi ou sauna ou dans un bain d eau chaude a l exterieur, l acces est libre dans les bains et tout ca pour 4 euros ! Apres, on a la peau douce et on se sent vraiment bien !

Jeudi 12 : je quitte Tokyo pour aller chez Trish, une copine autralienne, mariee a un japonais, mais avant je m arrete dans une autre ville historique qu est Kamakura pour visiter 3 temples dont un boudhique qui possede une immense statue de bouddah qui mesure 11m50.

Le soir, j arrive a la gare de shizuoka (180 km au sud ouest de Tokyo) vers 20h15 et trisha vient me chercher avec sa famille et 3 amis (2 japonais dont un qui vit a milan et une turque). ca promet d etre sympa...😄

Aie Aie Aie, Je suis hyper en retard dans mon recit mais vous en saurez plus plus tard, quand j aurai plus de temps pour ecrire

sayonara
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MA
Marsuetivo 23 years ago · Marsu
Tibet: épopée très longue avec photos
En fait avec Marsu (c Ivo qui ecrit la), on a ete faire un tour au Tibet, et on s'est dit qu'on allait raconter toutes ces belles choses. Alors on s'est laisse aller sur un clavier, il y a 6 pages. On espere que ca va vous plaire, et surtout vous donner envie d'aller faire un tour sur le pays du toit du monde.

Un rayon matinal éclaire doucement les terrasses de la vallée de KTM. Le vert éclatant mélangé aux couleurs dorées des tiges de riz coupées accompagnent notre regard sur la longue route menant à la terre interdite du Tibet. Nos corps ballottés de tous côtés sentent à peine les vibrations du bus tellement nos sens sont en éveil. Partout où notre regard se pose, nos yeux volent un instant de vie, captent un geste, un sourire, une moue pleine de rides jetant un regard tendre sur un petit enfant. Le travail des champs ne peux attendre, le riz doit être battu. D’un mouvement habile une femme au corps velouté dans son sari chatoyant, fait tournoyer autour de sa tête un long bâton, qu’elle abat de manière régulière sur les gerbes de riz posées a ses pieds. Mouvement lent, langoureusement rythmé, simplement naturel.

C’est le début du voyage, on a oublié la course poursuite dans Thamel, les taxis, la poussière, les combats de klaxons, les Tata imposants dans la lumière matinale, l’agitation qui les entoure, les visages curieux fixés sur les quelques occidentaux que nous sommes. Le Tata, c’est un monstre moderne qui trimballe les voyageurs et la marchandise, qui passe partout ou presque, coloré et chromé, au klaxon puissant, moyen de transport fonctionnel et multiforme, qui s’impose par sa présence à l’arrêt comme sur la route.

Des gens partout, sur les sièges, debout dans la travée, assis sur le toit, des hommes au teint couleur terre, des femmes portant des tissus aux milles nuances, des enfants souriants dans le vide, nous détaillant. Ce sont pour la plupart des gens de la terre, aux paniers chargés et aux mains calleuses, qui voyagent à travers le pays. L’aide du chauffeur, qui fait office de contrôleur, rameute les voyageurs en criant par la porte entrouverte, accroché d’une main, penché au dessus de la route. Il monte sur le toit pour encaisser le trajet, les billets croisés entre ses doigts, tape du poing sur la cabine pour signifier les arrêts au chauffeur, siffle pour aider à la manœuvre dans les parties délicates. Il est jeune et agile, son visage et lisse et souriant, il a de la prestance lorsqu’il se glisse par la porte. À l’approche d’un village, une jeune fille s’apprête à descendre : elle est jeune aussi, porte une robe punjabi aux couleurs miroitantes, elle se tient à coté de la porte, ses cheveux longs lâchés brillent dans le courant d’air, elle tient son sac d’une main, se tenant de l’autre, son bras frôlant le visage du jeune qui regarde dehors. Le Tata file, loin dessous c’est la rivière, des parcelles de riz, devant un village s’approche. Klaxon tonitruant, on rentre a vive allure, le jeune tape du poing. Freinage brusque, balancement des corps dans tout le bus, le coude de la jeune fille vient frapper le visage du jeune. Dans le même élan, elle descend du bus, son bras tendu vient laisser une caresse douce sur la joue du garçon, avec tendresse, pour s’excuser du choc, et plus encore car tout deux sont jeunes, mais enfermés dans la rigueur d’une société. Une fois sortie, c’est le plus beau de ses sourires qu’elle lui offre. Témoignage d’une jeunesse cloîtrée qui demande à vivre, ailleurs que dans l’instant furtif.

Un nuage de poussière s’élève devant nous laissant passer un rayon de lumière qui éclaire les montagnes drues et arides. Les strates semblables à des coulées de lave forment les montagnes des plateaux tibétains. La lumière glisse langoureusement dans les sillons de l’érosion de la dernière saison des pluies.

On a changé de monde, même si on garde en tête la longue montée dans la gorge, la rivière plusieurs centaines de mètres en contre bas, les pentes escarpées et encore boisées, la piste sinueuse accrochée aux flancs, l’eau qui ruisselle sur la roche. À quel moment sont apparues les premières pierres, quand ont disparus arbres, bambous plantes, terre grasse? L’aridité prend le dessus, la poussière s’élève derrière le véhicule, et malgré les cahots, les yeux parcourent chaque détail de ce nouveau monde, de ce grand vide qui nous aspire, de cet instant sorti du néant des mémoires et de l’imagination. Le toit du monde est sec, recouvrant d’une toile bleue tendue vers l’infini des pierres semées par un petit Poucet errant depuis l’éternité, laissant à penser que ici tout est sans repères. Ce petit Poucet, c’est celui que vous croiserez au bord de la route, jouant avec une roue de vélo, tirant sur un mégot ou bien que vous apercevrez sous l’habit d’un petit berger fouettant un âne, dirigeant un troupeau de chèvres, flattant un yack. C’est peut être la petite fille venant vous voir dans un village avec sa petite figure sale, ses yeux noirs de profondeur, mais éclatants d’une beauté intérieure. Le petit Poucet, c’est celui qui marche au fond de vous, qui vous cherche.

Shigatse

À l’aurore, l’air est frais à 4200 mètres, les rayons de soleil bataillent doucement pour réchauffer les parcelles de terre gelée. L’immense allée de bowling de 987 mètres de long par 24 de large, flanquée de part et d’autre de boutiques en tous genres, se dresse devant nous en jurant dans le décor. Lorsqu’on jette un coup d’œil à l’intérieur, nos yeux se butent sur des locaux vides, derrières les belles devantures à la gloire du communisme, les dépotoirs s’accumulent. Les tibétains avec leur allure rustre et sans façons font presque vulgaires dans ce décor aseptisé, leur beauté naturelle rehaussée par les rouges, turquoises et ambres ornant leurs cheveux n’arrivant pas à compenser cette incongruité. Caché entre deux majestueuses devantures, un discret bouiboui pointe devant une bande de joyeux nomades jouant avec ardeur à un jeu de dés sans signification pour nous. Ils font peu cas de notre passage, l’attrait du jeu étant plus fort. Nos pas nous mènent de nouveau devant une grande allée, plus sobre, bordée de pèlerins aux coiffures complexes et aux habits divers. Les moulins tournent, les Om mani padme hum fusent et sous nos yeux éblouis par la forte lumière des couleurs ocres, blanches et jaunes, le monastère de TashiLompo s’élève fier et majestueux devant nous.

Le chemin des pèlerins parsemé d’arbres divers nous entraîne dans son sillage, à l’assaut d’une bâtisse orange feu, précédée d’un escalier pentu et glissant menant à une porte masquée d’une tenture. Dans le désordre, les pèlerins surgissent du passage, le visage composé en prosternations, les lèvres marmonnant les Om mani padme hum de façon incessante, aucune cohésion dans la descente, tout le monde se lance de manière désordonnée, concentrés dans leur dévotion. On attaque l’escalier essayant de se faire un chemin au travers des pèlerins, intrus que nous sommes, je ressens une forme de rejet, spécialement lorsque nous arrivons à l’intérieur et que je nous sens coincés entre l’énorme Bouddha de 26 mètres et les pèlerins qui sont tous à leur adoration. Impressionnée par le regard perçant de Bouddha et l’émotion de la ferveur des pèlerins, je suis assaillie d’un sentiment de gène et de voyeurisme, qui me pousse à contourner respectueusement par la gauche et avec humilité cette immense force de spiritualité pour retourner à ma place, au grand air.

Un groupe attire le regard, ils sont une dizaine entre enfants, adultes et le Monk de la famille. Ils tranchent parmi les autres avec leurs cheveux scintillants finement tressés, ornés de parures de turquoises et d’ambres pour les femmes. Les hommes portent entremêlés dans leur grosses tresses de minces fils rouges ou noirs qui attirent l’œil comme un aimant, parfois au centre un énorme anneau en os de yack est glissé dans l’enroulement complexe de leur chevelure. Les gros manteaux doublés en fourrure de yack sont portés avec élégance, leurs habits sont simples mais raffinés, nomades de l’est ils se doivent d’être à l’abris des intempéries et des vents violents, ils sont beaux, plein de prestance, se tiennent droit pour montrer qu’ils sont fiers de leurs origines. Une seule manche couvre leur corps tandis que l’autre est artistiquement nouée autour de la taille. Difficile de deviner leur forme sous ces épaisseurs mais on arrive tout de même à percevoir leur grâce.

Parmi eux une petite princesse des hauts plateaux virevolte en tous sens avec espièglerie comme tous les enfants de son âge. Un petit manteau de soie rose lui cintre la taille, tombant en cascade de froufrou sur ses frêles chevilles. Ses délicates tresses remontées comme ceux de la princesse Léa contraste avec les cheveux noirs de jais du reste de la troupe par un semblant de reflets blond-roux. Un sourire resplendissant d’innocence reste suspendu à ses lèvres pendant qu’elle titille sa grand-mère au regard attendri appuyée sur un bâton qui supporte le poids de son âge.

Contraste entre âge et innocence, entre technologie et temps passé, entre Occident et Asie qui se mélangent dans une même dévotion. À leur suite deux personnes arrivent pour continuer le pèlerinage, pour mettre les dissemblances plus en évidence. Une jeune fille aux habits modernes, jeans moulant, pull échancré, coupe stylé, tient dans une main le beurre de yack qui sert à entretenir le feu des offrandes. De l’autre, elle soutient avec tendresse une autre main, plus usée, plus foncée, plus marquée par la vie. Lorsqu’on lève les yeux sur cette main on découvre une femme sans âge, aux rides souriantes cachées derrière une grosse paire de lunettes sortie d’une autre époque. Elle prend son bol nacré usé par les années pour puiser l’eau de la fontaine sacrée tandis que la jeune fille utilise sans broncher une vieille bouteille de Pepsi machouillée pour exécuter le même geste.

Les pas résonnent dans les petites ruelles du monastère, nous voilà entourés de jeunes, de vieux, de tibétains sans âge. Des voix rauques, des yeux curieux, une odeur de yack rance emplit leur aura comme une deuxième peau. Le croisement Asie-Occident se soude, les sourires se font hésitants, puis plein de franchise à la limite de la rigolade de part et d’autre. Échange de mots via le guide, échange d’écriture, curiosité dans les deux camps. L’un essayant de prononcer tant bien que mal dans la langue de l’autre. Intérêt des différences, les piercing, les cheveux blonds, les bijoux lourds, les vêtements tout est susceptible d’attirer l’attention de l’autre sans permettre d’en comprendre les significations profondes. Jeunesse insouciante qui prend le temps de connaître l’autre, de lire au fond de lui pour y trouver ce qu’il y a de meilleur, qui porte une attention sincère sans arrière pensée. Les adieux sont émouvants, l’impression d’avoir touché un bout de vie, d’âme, d’avoir trouvé des amis sincères qui n’attendent rien d’autre qu’un sourire provenant du cœur.

La cœur lourd, la tête pleine de sourire, de joie on découvre sous un nuage de poussière la petite ville de Gyatse. Ici tout est simple et grandiose de simplicité. Pas de fioriture à l’essence chinoise, juste la simplicité tibétaine malgré l’imposant fort dominant la ville. Le monastère dégage une atmosphère de grandeur, de sérénité qui nous prend dans ses filets. Les murs noirs aux mille représentations de Bouddha nous clouent sur place, nos petites lampes arrivent à peine a rendre la splendeur du lieu. Les pèlerins profitent de cette parcelle de lumière pour vénérer avec encore plus d’émotion ce dieu de la générosité.

Lhassa

Cinq jours que nos corps subissent les contre coups de la piste défoncée que notre jeep suit sans fin. Un sourire éclaire tout a coup le visage de notre chauffeur sans nom car malgré nos efforts la communication est impossible. Un sourire parce que devant nous se dresse enfin Lhassa, le but ultime de cette longue route. On a eu beau se le faire dire, on a essayé de se préparer mentalement mais le choc est grand, Lhassa n’est pas le reflet d’une petite ville paisible avec un temple aux consonances magiques, nous ramenant aux textes féeriques de Henrich Harrer ou Alexandra David-Neel, flanqué au centre de la ville comme on l’imaginait. C’est la première ville du Tibet autonome où il y a le moins de tibétains, son centre et ses environs sont remplis de chinois, l’allure en est chinoise. Cachées derrière les grandes devantures de magasins à rayons vides de monde, se dressent les petites rues sinueuses et pleines de vie du quartier tibétain dans une ville dite tibétaine. Découvrir les grandes artères chinoises nous donne l’impression de vivre dans deux univers parallèles, où les longs trottoirs luisants sont habités par les nomades mendiants qui regardent devant eux les fringues des boutiques de luxe comme s’il s’agissait d’habits d’extra-terrestre.

Une petite porte s’ouvre sur un grand couloir à ciel ouvert, la pénombre se mélange à la fumée et semble nous envelopper dans un doux cocon . Une rumeur s’élève au loin presque indescriptible, un petit chant imperceptible, des mots éparses incompréhensibles, les mains rudes pleines de sillons, sales, presque sans forme, se tendent vers nous. Dans l’autre main dans un tourbillon incessant, un moulin à prière tourne presque sans effort comme si une force ultime aidait au roulement. Au bout de la voie une essence de pin s’insinue dans nos narines, des dizaines de pèlerins assis de façon éparse, en structure finie mais chaotique, tournent d’un même rythme lancinant leur moulins tout en répétant de manière imperceptible le chant de leurs offrandes. Leurs regards sont souriants et accueillants, nos pas glissent doucement entre eux comme si nous nous promenions sur un nuage, le bien-être s’emparent de nous, sans nous sentir intrus ou malvenus. Nous laissons nos regards se fondre dans leurs yeux malins où toute une vie tient. Leur peau mate, durcie par le soleil, recueille les mystères d’une vie de nomade perdu au milieu des plateaux vides et silencieux. Les mains tendues égrainant les chapelets nous dirigent avec bonté vers l’immense moulin à prière tourné avec ferveur par des doigts calleux. De nouveau la pénombre nous oblige a plisser les yeux pour voir et sentir au travers des effluves les pèlerins assis en rond autour des moines à la voix sourde entonnant les prières. Des sourires invitant nous attirent a l’intérieur pour un tour dans un autre monde…..

On touche le cœur du Tibet, celui des anciens et des fervents religieux, force tranquille et combien reposante quand on connaît l’histoire ensanglantée du pays. Ces gens, cette cours des miracles fantastique, leur nombre, le mouvement des moulins omniprésent dans les yeux, leur son dans les oreilles, le balancement des corps, les bouches qui ruminent et mâchent, glaviots et chicots. Rentrer dans ce lieu, c’est renouer avec le Tibet antique, avec ses couleurs et ses traditions religieuses : il y a un sentiment très fort a vivre cela, a sentir tous ces regards pointés sur soi, cette bienveillance dont ils sont chargés alors que nous sommes des intrus. La bâche qui recouvre l’assemblée devient une tenture, les chaudrons fument de thé salé, et partout tournent les moulins, les tissus sont des trônes, les cartons deviennent tapis, ils sont beaux de leur age, de leur saleté, de leur difformités, et nous, nous sommes choquant de notre modernité, de notre regard pacifique et si éloigné de ce qu’ils connaissent. Nous sommes bercés du son des moulins, de ce marmonnement sorti de ces nombreuses bouches, de ces regards encore et toujours fixés sur nous. Cette tranquillité qu’ils sont capables de transmettre, laminant tout ce que nous croyons savoir, sur nous, sur les autres. Mon souhait le plus profond a alors été de ressentir cela au plus profond de moi, d’être en communion avec cette assemblée, en paix avec moi même également, avec les raisons du voyage. Nous n’avons pas su comment décrire, transmettre cet instant, ou bien plutôt ces instant, si forts que nous y sommes revenus, de même que nous n’avons pas voulu trahir le bien-être et la confiance de ces pèlerins en prenant des images qui n’auraient été que des reflets vides de sens.

Soir

On roule depuis des heures, les kilomètres s’accumulent au ralenti, la vallée s’allonge loin devant nous, bordée de collines. Des collines devant, des montagnes derrières, des sommets posés sur l’infini du plateau tibétain. Nous sommes assis, le programme télé dans le pare-brise est différent de celui des vitres arrières et des portières, le ronronnement du moteur, les vibrations et les cahots encore et toujours sont les seuls éléments réels. Dehors, c’est l’explosion des teintes, le grand feu d’artifice pour notre retour dans les plaines du Népal, la route du retour que nous avions parcourue au petit matin il y a peu, vers l’avant, en direction de Lhassa. Les rivières sont sages, gelées dans leur lit, les berges blanches de glace sont le présage d’un hiver proche et rude, bloquant la route et les cols, isolant cette partie du monde sous une cloche de froidure. On se croirait sur Mars, la planète rouge, le sol parsemé de caillasses, de rochers, modulé par les glissements de terrain sur les pentes arides, aux lignes cassées par les empilements en équilibres sur les promontoires, et si ce n’était des ruines ou bien des troupeaux éparpillés, on pourrait croire toute vie absente. Il faut imaginer une sorte de couloir, le fond de vallée, qui s’étire langoureusement en de larges virages, cerné par une haute dentelle décharnée, accessible par des pentes empierrées, des talus abrupts. Ces broderies semblent avoir été arrachées par des doigts géants, déchirées d’un mouvement brusque, laissant des cicatrices dans chaque profil de la roche, ouvrant des brèches, déformant les strates colorées, remontant du plus profond de la terre des couleurs chaudes et douces. Le soleil couchant renforce la teinte qui se nuance à l’infini, palette magique et folle, oxyde de fer, érosion, terres soulevées durant des siècles, offertes en pâture aux éléments naturels, aujourd`hui spectacle magique pour touristes en mal de vie. L’homme comme nous le connaissons ne peut vivre ici, mais on ne s’étonne plus de trouver ses maisons colorées, ses troupeaux éparpillés dans les collines, des enfants marchant dans la poussière, un panier en osier sur le dos. On regarde avec normalité un chariot chargé, un tracteur transportant vers nulle part une quinzaine de personnes, un cavalier tendu sur sa montures, des bottes colorées aux pieds. Mais nous nous émerveillons toujours autant, le charme agit toujours, comme des enfants à qui on raconte encore une même histoire. Nous sommes sans voix face à ce dernier cadeau, à ces couleurs, ces ombres, ces nappes de soleil surgissant dans un recoin, isolées dans l’ombre. Le lendemain, c’est le dernier col, les derniers nomades, devant nous en arc de cercle et chargés de blanc, les sommets du Tibet, du Népal et de l’Inde, pesant de tout leur poids sur le tissus de velours qui se tend au sol, creux et rondeurs, courbes de femme allongée, la peau brunie par le soleil, lissée par les ages. Pas de vent, les drapeaux de prières se laissent aller dans cet instant de répit, attendant la neige prochaine et le calme du plateau durant la période d’hiver. Quant à nous, nous amorçons notre descente vers la frontière, les gorges embrumées, les arbres suspendus au dessus du vide, les rizières et nous nous réjouissons de retrouver le Népal, avec au fond de la bouche, des yeux et du cœur des sensations éternelles.

Escapade au Tibet, 3 novembre - 15 novembre 2003

Marsu et Ivo pour Luc, Maeva, Ismaël, Chantal, Yves 😉
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SC
Scalpa 23 years ago
Shanghaï-Lhassa-Kaylash-Kashgar-Beijing
bonjour, c'est un peu long à mettre ici, alors je vous invite là-bas, mon carnet de route du tour de la Chine (le Sud, le Tibet et le Xinjiang surtout) au printemps dernier: pour le Tibet dont quelques jolis photos http://www.ifrance.fr/pascalbleunven/Chine/as.htm pour le Xinjiang, direct à Kashgar c'est: http://www.ifrance.fr/pascalbleunven/Chine/bj.htm et pour la Chine, la carte et le reste: http://www.ifrance.fr/pascalbleunven/Chine/index.htm Bonne visite
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