Shanti India... Mon 1er voyage...
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Mombaï, le 22 novembre 05 h 30 du mat’.

La première bouffée d’air, dès que les portes de l’avion se sont ouvertes, sentait… Je ne sais pas très bien quoi mais ça sentait ! Parfois bon, parfois mauvais. Les odeurs d’encens ou d’épices sont très agréables, seulement parfois elles se mélangent aux odeurs de j'sais pas quoi mais des odeurs bien moins agréable que le jasmin... Dans un état d’épuisement total, je suis dans le bus qui se dirige vers le centre ville. On traverse des bidonvilles, les vieilles baraques de bois partout, une crasse et une poussière incroyable, et puis des indiennes en saris ! Qu’est ce qu’elles sont belles et élégantes… Je flashe au maximum sur les couleurs, rose vif, rouge vermillon, bleu roi ou vert, nous sommes toujours si gris en Europe à côté… Dans le bus, je fais la connaissance de Luc, un belge de Ciney (bourgade célèbre pour sa bière !) chouette, ce n’est pas son premier voyage en Inde, nous passons la journée ensemble et il m’aide pour l’achat d’un ticket de train qui part le soir même pour Hospet, près d’Hampi dont j’ai entendu beaucoup de bien. Après qu’il ait déposé son sac à son hôtel, nous sommes partis visiter la ville, la fameuse «Gateway Of India», les rues pleines de monde, des mendiants partout, et les autres qui passent indiffèrent... Le look des gens est incroyable… Ce n’est que mon premier jour et je n’arrête pas d’écarquiller les yeux! Nous mangeons d’un simple mais bon p’tit plat, et je me retrouve déjà dans le train. Les couchettes sont déjà installées, deux autres touristes voyageurs au-dessus de moi se sont réveillés, je m’installe en faisant le moins de bruit possible, mais je ne m’endors pas facilement… Au matin je descends à Guntakal, et je reprends un autre train pour Hospet. Je papote avec une anglaise qui retourne demain chez elle, la pauvre, quelle horrible météo en Angleterre… La gare grouille encore de monde. Je m’achète un chaï, le thé indien aux épices, mon premier chaï est un délice, j’aime beaucoup 🙂 J’observe les coolies, ils font partie de l’image classique de l’Inde, ne portant qu’un pagne, maigres mais superbes, ils représentent toute la misère et la pauvreté du sous continent.

Encore quelques heures de train, et j’arrive enfin à Hospet. Je prends un rickshaw, ces taxis à trois roues comme les tuk tuk thaïlandais, et me voilà à Hampi.

"Hello postcards? Books? Hello Guest House?" me demandent les gosses... Je traverse le village, et me dirige vers la rivière, passe à côté d’un grand temple ressemblant à ceux que j’ai vu dans des livres de photos d’Inde, des statues de la mythologie Hindoue sculptées sur toutes les parois, les femmes en saris multicolores, des mômes sales et des hommes habillés un peu à l’européenne y entrent et sortent. Les rues sont en terre battue, la vie à l’air bien calme ici… Comme me l’avait conseillé l’Anglaise rencontrée à la gare, je vais chercher un guest house de l’autre côté de la rivière. J’attends la drôle de petite barque ronde en bambou, elle ne m’a pas l’air très solide et surtout pas très étanche… Mais ça à l’air d’aller! Les orteils sont bien un rien mouillés, je tiens mon sac sur mes genoux, accroupie, comme la dizaine d’autre personne dans la barque. Une fois cette traversée effectuée, je prends le petit chemin de gauche, à travers la campagne extraordinairement belle… Je croise une magnifique indienne vendant des pommes qu’elle porte dans un panier d’osier sur sa tête. "Namasté" me dit-elle, je ne résiste pas et lui en achète une. Sous le ciel bleu, sur ce chemin de terre rouge, mon sac est léger sur le dos. Je croque à pleine dent dans cette succulente pomme, je profite de tous mes sens de cet instant… Je suis heureuse comme un poisson dans l’eau. Après avoir visité quelques guest houses, je choisis le mignon "Roots n’Rock". La région d'Hampi est entouré de gros ou gigantesques rochers, c'est super joli. Au "Roots n’ Rock" je demande une chambre, et avant que je ne m’installe, comme la pièce n’était pas très clean, je dois attendre un moment qu’on la nettoie… Alors je prends une douche, bois un "mango lassi", boisson lactée à base de mangue, et papote avec d’autres voyageurs… Quand on vient m’annoncer que c’est prêt, je vois les murs recouverts de brun… Et voilà qu’on me dit que ça écarte les mouches… Après quelques secondes, je comprends que c’est de la bouse de vache!!! Comme mon budget ne me permet pas un hôtel à étoiles (d’ailleurs il n’y en a pas dans ce bled), je paie 10 jours 7 $, et installe mes affaires en prenant bien soin de ne pas toucher les murs encore frais de leur "peinture" locale… Une vache pointe son museau par la fenêtre toujours ouverte "Bonjour sacrée vache, si tu veux te lacher n'hésites pas...🤪"

25/11 Hier soir j’ai trouvé que les insectes faisaient un boucan d’enfer dans ma chambre, mais ce matin, j’ai trouvé trois grosses grenouilles ou crapauds, je ne suis pas experte en batracien, dont un juste à côté de mon oreiller !!! P’tit dèj’ pancake, café et salade de fruits du coin, c’est à dire banane, mangue et ananas et je m’en vais au village… Reprends le petit chemin de terre rouge bordé de palmiers de toutes sortes, la barque trop marante, et me voilà dans la rue principale. Installée à la terrasse d’un bui bui, je commande un lassi spécial, et rêve devant la vie de ce village… J’adoooore regarder la vie très colorée des indiens… Les rickshaws jaunes et noirs, les bus brinque ballants couverts de déités peintes à la main de couleurs vives, les gens vivant comme dans un autre siècle, les singes partout courant de toit en toit, les vaches se baladant comme de rien n’était, les enfants n’arrêtent pas de demander des "school pen", les mendiants n’arrêtent pas de mendier, et les vendeurs de toutes sortes d’essayer de vendre. "Banana? Good Banana!"

Je rencontre deux Français arrivant directement de Manali, petite ville tout au nord de l’Inde, quel bien fou de parler à nouveau sa langue maternelle… Ils cherchent un sympa guest house au calme, alors je leurs conseille là où je suis. On mange un thali, papotons encore et nous dirigeons vers la rivière. On s’est payé de ces fous rires dans la barque, et comme c’est contagieux, tous les passagers nous ont imités, ne comprenant rien au français, mais le rire de Françoise est décidément trop cocasse. Le lendemain, je me décide d’aller voir les temples parsemés dans la campagne avoisinante, une joli chemin rocailleux mène au « Vittala Temple » datant du début du 16ème siècle. Ce temple est le plus important et le mieux conservé, de plus ses colonnes merveilleusement sculptées sont creuses et chacune d’elles émet une note ! Dans la cour où je suis, se trouve le petit temple en forme de char, très connu et très photographié. Je prends des heures pour écrire car cet endroit, ce temple, est tellement beau que je relève tout le temps la tête pour rêver devant ces beautés… J’attends que le ciel se dégage pour prendre des photos, guettant chaque rayon de soleil… Je m’extasie en observant la nature, j’écoute les cris d’oiseaux parfois très étranges, et suis transportée dans un monde si serein et si relax par un vol de perroquet passant à quelques mètres au-dessus de ma tête. Je reste là à rêver pendant des heures et des heures… …/… Je suis revenue au village avec trois Italiens avec qui j’avais papoté un moment au temple, et c’est tant mieux, car à ce qu’il paraît, en fin de journée les chemins ne sont pas très surs pour une voyageuse solo. 28/11 La saison touristique commence petit à petit, de plus en plus de voyageurs arrivent des quatre coins du monde, et Hampi est un passage obligé dans cette partie de l’Inde. Beaucoup de voyageurs ont toujours un instrument de musique avec eux, un bel israélien joue de la guitare, un charmant italien ne quitte jamais son didgeridoo, et Olivier, le copain de Françoise joue des petites percussions. L’ambiance est souvent très très chouette. Les shiloms tournent, j’observe toujours les beautés de la nature, les papillons multicolores, les oiseaux jaunes et verts à taches blanches et aux longs becs, une grande abeille jaune et noire au corps très mince. L’espèce de gros choucas fait un boucan d’enfer pendant de longues minutes, il s’est installé dans le palmier où j’ai attaché mon hamac, dans lequel j’écris. Je ne l’oublie jamais sous les tropiques, je le trouve trop indispensable! Mais quand même après avoir "bien" déjeuné, j’ai loué un vélo, et suis partie me faire des muscles et perdre des kilos sur les chemins d’Hampi.

Il fait super chaud et humide, la mousson n’est pas encore terminée, mais c’est un endroit tellement superbe, on trouve de grosses statues de Ganesh ou de Shiva au croisement d’un petit chemin, ou des adorables petits temples au milieu de bananeraies ou palmeraies, vraiment splendides comme moments. Un petit écureuil crie comme un fou, peut être crie-t-il après sa dulcinée ? Les oiseaux chantent à cœur joie, époustouflants de beautés. J’observe ce que je pense être un pivert, ensuite mon regard s’arrête sur des petits perroquets, et sur d’autres sublimes oiseaux dont je n’ai pas la moindre idée du nom. L’écureuil n’a pas bougé, moi non plus d’ailleurs, j’écoute le vent frapper les feuilles de bananiers les unes contre les autres. Le ciel est tout bleu avec quelques tous petits nuages, et je suis installée à l’ombre, sur des grosses pierres de ce petit temple tout perdu. J’ai quasi fini ma bouteille d’eau, je vais devoir penser à bouger…../...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Coucou, Parvat...

Je suis plongée dans ce bain indien... Trois pages imprimées pour me rappeler mes impressions premières, il y a longtemps...

J'ai laissé un post pour toi dans "petites galères" cet après-midi.

A plus,
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
LE Lepiaf Globetrotter ·
J'ai beaucoup aimé le nettoyage de la chambre. Ma femme qui n'est pas chaude pour aller en Inde l'est encore moins maintenant. Pour ma part, j'ai encore plus envie d'y aller, merci.
DO Douya Veteran ·
Ah Parvat, toujours les bons mots pour retranscrire ces impressions toujours vivantes.

Et puis comble de bonheur, tes derniers posts font reference a des endroits que je viens de visiter. Donc je veux la suite de ton sejour a Hampi, le quartier Royal, queen bath et tout le reste.

Descends donc de ton hamac, et fais nous encore rever !
"Lorsque quelqu’un te blesse, tu devrais l’écrire sur le sable afin que le vent l’efface de ta mémoire mais lorsque quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi, tu dois l’écrire sur la pierre afin que le vent ne l’efface jamais." Proverbe Touareg
PA Parvat Globetrotter ·
Merci beaucoup, Piaf tu me fais bien rire!!!!

Queen bath? quartier royal? Je ne me souviens plus... C'était en 97... Mais voilà la suite :) Bonne lecture! :)

"Malgré la chaleur et les litres de sueurs s’évaporant aussitôt perdus, je profite du vélo pour me balader encore autour du village. Je voudrais que le temps s’arrête tellement je suis bien, tellement la nature, le paysage, est magnifique. Je rencontre Meera, ou Michèle il y a longtemps, une Belge vivant en Inde depuis 20 ans. Elle m’a offert un café dans un chouette bui bui, et je l’ai accompagné chez elle sur la colline. Dans une petite maison de bois à côté d’une jolie rivière, elle a arrangé un petit chez elle vraiment adorable. J’ai passé une bien belle fin d’après midi avec elle. Le lendemain, rebalade dans la campagne autour d’Hampi, visites d’autres temples, je dégouline encore sur ce vieux vélo inconfortable, mais quelle liberté, quel beau pays… La philosophie de vie des indiens est tellement différente de la nôtre, si cette vie ci n’est pas facile, la prochaine sera mieux ! En attendant faut bien faire avec, à quoi ça sert de s’énerver ? Shanti, comme on dit ici… Relax… Et pour être relax, comme je le suis… Enfin, quand il n’y a pas des vendeurs de toutes sortes me harcelant, mais ça n’arrive pas partout… Je me trouve encore une fois dans un petit temple qui semble oublié de tous… J’aime rester dans des endroits comme celui ci pendant des heures… J’adore la solitude, bien que j’aimerais tant une de mes amies ou le prince charmant près de moi, mais bon, être seule fait du bien aussi. Sur le chemin du retour, je m’arrête souvent pour prendre des photos tellement la lumière est monumentale. Au village, je rends le vélo, et dîne d’un fried rice vegetable. Je vais admirer le coucher de soleil, encore une fois sensationnel, et je rentre dormir. Mais qu’est ce que j’ai mal dormi… Le repas d’hier soir est passé bien difficilement… Ca devait m’arriver… J’ai une bonne tourista… Je reste dans mon hamac toute la journée, ne faisant rien du tout. Demain, Françoise et Olivier partent pour un petit village au bord de la mer à 8h de bus d’ici. Ils me disent que si je veux venir avec eux je suis la bienvenue, et avec tous les « ercefurils » que je me suis avalée, je devrais être plus ou moins ok demain…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
"Lundi 1/12 Après avoir traîné toute la journée, nous avons presque raté le dernier bus pour Hospet. Le délire ! Le bus était complet, et le toit était presque rempli de bagages, mais aussi de passagers ! Une allemande qui s’installe et le bus qui avance, on crie, tape sur la carrosserie pour que le conducteur stoppe, je grimpe à toute vitesse avec mon sac par le petit escalier à l’arrière, puis Olivier, mais ensuite le bus redémarre et n’a pas l’air de vouloir à nouveau s’arrêter pour que Françoise puisse monter. Enfin après plein de cris à nouveau, le voilà qui s’arrête une dernière fois. Françoise toute essoufflée s’assied à côté de moi. Je lui annonce un « Welcome on board »! Le coucher de soleil du toit de ce bus indien est le plus folklorique que j’ai jamais vu ! Il fallait faire attention aux branches d’arbres, et se baisser souvent. Les Indiens n’aiment pas trop que les occidentaux voyagent sur les toits, c’est les places les plus mortelles en cas d’accident… Arrivés à Hospet, on s’est trouvé un petit hôtel, Françoise à ronflé toute la nuit…Levé à 4h 30, je suis dans un état second… Le bus de 06h n’est jamais venu, Shanti... Celui de 9 heures non plus…. Shanti… 11h, un bus part pour Hubli, nous le prenons, il est presque vide, je ne parviens pas à dormir bien sur, ce n’est pas un bus à étoiles et fauteuils inclinables, mais avec l’Indien et sa poule ficelée dans un sac d’osier hurlant des cot cot non-stop, c’est très typique, authentique comme dirait un guide de voyage… Vive les voyages… Je suis crevée, épuisée… On s’engueule avec un coolie à l’arrivée à Hubli, mais on oublie vite et allons dans un resto air conditionné se rafraîchir. Quel pied l’air con après un voyage en bus indien ! Une heure après on reprend à nouveau un bus pour Gokarna, destination finale. On y arrive vers 20h. En descendant du bus, vêtue d’une panjabi dress si pratique, je vois une femme qui me regarde d’un sourire, et me fait un « Namasté » en joignant ses mains paume contre paume… Je suis sidérée… Je lui réponds pareil avec un très grand sourire… Quel accueil !!! Autre chose qu’à Hampi… Grâce à une coupure de courant, pour toute lumière brillent des centaines de petites bougies aux devantures des échoppes ou dans les maisons, l’atmosphère est grandiose… Les gens nous sourient et ne nous harcèlent pas. Nous rencontrons Marcel, que Françoise et Olivier ont croisés à Manali, et il nous indique un mignon petit guest house au bord de la plage du village. Seulement il ne reste qu’une chambre, demain une autre se libère, alors j’installe mon hamac entre deux piliers de la terrasse. J'entends le doux son de la mer, des vagues se jetant sur le sable, mais il fait nuit noire, je ne vois rien de la plage ou de la mer. Je m’endors comme un bébé…

3/12 Et bien j’ai délicieusement dormi ! Je vais prendre une douche dans la cabane de bois au milieu de la cocoteraie du jardin, pour être rudimentaire, elle est rudimentaire… Un robinet d’eau froide, un sceau, et voilà la douche… Je me savonne et me jète les sceaux d’eau froide, waouh, quel réveil tonique! Je n’ai encore fait que quelques pas dans ce village que mon impression d’hier n’a pas changé. Les gens sont souriants et accueillants, Gokarna est un village de Bhramane, la caste la plus haute, beaucoup d’hommes portent une cordelette blanche en travers du torse signifiant qu’ils sont devenus Bramine accompli. Quel calme… Je m’extasie devant un passant au parapluie noir contre le soleil, et ses énormes montures de lunettes, devant une vache qui passe nonchalamment, je contemple encore les saris multicolores des « belles » Indiennes, le temps est splendide, le vent de la mer est léger et délicieux… Je viens de terminer un muesli avec des fruits frais, et je termine mon mango lassi. Qu’est ce que je me sens bien ici… Ce matin, à la sortie du hamac, j’ai été regarder les pêcheurs tirant leur gigantesque filet, et j’ai médité quelques instants. Ensuite j’ai enfilé mon maillot, et je me suis laissé bercer par le gré des flots dans la mer merveilleusement calme comme une piscine. Quel bien fou, quel bonheur !"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
DO Douya Veteran ·
ahhh Gokarna, mon coup de coeur de la semaine derniere. Des que j'ai un peu de temps, j'ecrirais la version mousson-mer dechainee. Je n'ai donc pas eu la chance du hamac et bain de mer/soleil au reveil. Ce sont deux manieres de vivre un meme village paisible et tranquille.

La suite du voyage, c'est nord vers Goa ou sud vers Mangalore??

Attendons donc pour voir...
"Lorsque quelqu’un te blesse, tu devrais l’écrire sur le sable afin que le vent l’efface de ta mémoire mais lorsque quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi, tu dois l’écrire sur la pierre afin que le vent ne l’efface jamais." Proverbe Touareg
PA Parvat Globetrotter ·
La suite du voyage??? 😏😏😏 héhéhé... J'envie de te le dire mais non... surprise ;)

"Jeudi 4/12. J’ai encore dormi dans mon hamac cette nuit, tout comme Olivier et Françoise qui ne parvenaient pas à dormir dans leur chambre à cause de la chaleur. Encore une fois quel bonheur de se réveiller et de voir la mer, la plage et ses cocotiers… Nous partons déjeuner dans un petit resto au bord de la plage, mais quand nous étions en train de manger, un mort est passé à côté de nous sur un brancard porté par deux hommes, "encore un noyé" nous dit le patron... Nous laissons là le p’tit dèj’, et terminons notre café. Je laisse Françoise et Olivier faire leur petit tour en amoureux, et je vais me balader seule. Je suis un peu cafardeuse aujourd’hui, j’adore les voyages, mais seule est parfois fort seule… Qu’est ce que j’aimerais que mon bel australien soit près de moi… Notre histoire en Birmanie et Thaïlande ne date que d’un an, et depuis nous n’avons pas arrêté de nous écrire. D’ailleurs je lui ai donné l’adresse de la poste restante à Hampi, je devrais y retourner pour y chercher mon courrier en espérant qu’une lettre de lui m’attend… J'ai essayé de dormir dans ma nouvelle chambre, mais il y faisait bien trop chaud, alors je suis revenue dans mon hamac. Je n’ai pas encore été déjeuné, je regarde une petite barque voguant pas trop loin du rivage, sans doute des pêcheurs tardifs… De temps en temps, des passants se promènent sur la plage, soit des femmes dans leurs beaux saris, soit des enfants habillés de rose flashant, de vert pomme ou de jaune pétant. Les hommes portent toujours le longhi traditionnel noué de diverses manières, soit en caleçon comme Gandhi, soit en jupette, soit long. Et puis il y a toujours les vaches déambulant nonchalamment… Certaines ont leurs cornes peintes en roses, rouges ou oranges, leurs fronts aussi sont parfois peinturlurés… Quand on voit comment elles vivent, il vaut parfois mieux être une vache qu’un humain de basse caste dans ce pays… 6/12 Joyeuse St Nicolas! Mon hamac est mort cette nuit, je m’en suis offerte un nouveau, un très grand, 3 mètres sur 2m 50, en coton naturel très épais. Je l’ai déjà essayé bien sur, quel pied… Il est hyper confortable je n’en ai jamais eu de tel… 7/12, j’ai super bien dormi, le ciel est tout gris… 8/12, le ciel est toujours tout gris, et bien gris. Il a commencé à tomber des cordes à trois heures du mat’. Olivier, Françoise et moi avons du décrocher nos hamacs en 4éme vitesse et rentrer faire la chasse aux tiques qui ont envahi les chambres… 9/12, il tombe encore des cordes, des trombes d’eau plutôt, l’orage d’hier après midi est passé vraiment tout près. Il a craqué et déferlé sa puissance pendant de longues heures, et il pleut toujours… On attend la prochaine accalmie pour aller déjeuner. Aretha Franklin à fond dans les haut-parleurs… Le bonheur… Même s’il pleut dehors, qu’est ce que je suis bien... La porte de cette petite chambre est ouverte et les flaques, très rouge par l’argile de la terre, deviennent des mares de plus en plus grandes. Allongée sur le fin matelas, point de vue confort, l’Inde, c’est pas trop ça comme on peut s’y attendre, mais bon, tant que je ne me chope rien et que je reste propre moi-même... Ah, on dirait que la pluie se calme, pour combien de temps ? On verra bien. Je vais aller déjeuner dans le bon et mignon petit resto tibétain à 150 mètres d’ici. 10/12 Merci Bouddha et Shiva et tous vos potes, le soleil est revenu !!! Déjà hier soir la pluie s’est arrêtée juste pour le petit concert de tablas, harmonium et chants pour l’anniversaire d’un homme important du village. Cinq minutes c’était très bien, mais après 20 minutes… Je suis partie prendre ma revanche de Backgammon contre Eric, un Français qui est arrivé la semaine dernière. Et j’ai perdu !!! Mais bon, je manque de pratique… 11/12 Eric est parti hier en fin de journée 2, 3 jours à Om et Paradise beach. Je termine le livre « les fourmis » que Bertrand m’a prêté. Gravos…Hamac toute la journée. 12/12 Il faisait trop chaud pour rester dormir dans la chambre. J’ai encore super bien dormi dans mon hamac. Eric est repassé. P’tit dèj’ ensemble au tibétain. Ensuite nous sommes allés à la plage d'à côté, à Kudli beach. Qu'est ce que je souffre de coups de soleil !!! 13/12 Super gros fruit muesli au tibétain. Hamac, lessive, un coup de balai dans la chambre, hamac… Je m’écoute la Dernière Tentation du Christ de P. Gabriel. Coooool… Malgré la musique dans les oreilles, un grand singe fait un boucan d’enfer en sautant et courant sur le toit de paille juste au-dessus de ma tête. 14/12 Coucher sur la mer, de la presque pleine lune toute orange vers 6-7h du matin, superbe… Hamac toute la journée... 15/12 Coucher de la pleine lune 7h du mat’ hallucinant de beauté. J’ai commencé « les fourmis n°2 »../...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
...Pitié, Parvat !

Mon imprimante n'en peut plus de me restituer tes posts qui défilent à une allure vertigineuse depuis ce matin !!!Je n'ai pas le temps d'en lire un que déjà le suivant arrive... Quel souffle ! et qu'elle souffle elle aussi, celle qui écrit si joliment ces souvenirs d'une autre planète.

Et puis, non, ne souffle pas, continue... viiiiiiiiiiiiiite !!!

Merci, Déesse, à bientôt (caresse Kali de ma part et un bisou sur son petit nez)...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PI Pizzajp ·
salut parvat! et tous du forum!

quel grand bonheur de te lire encore une fois ! tes recits ainsi que ceus de douya sont toujours si precis et si pres de ce que j ai deja vecu il y si longtemps et si peux de temps aussi! comme tu peux le voir j ai changer de pseudo avec l autre je n arrivais pas a repondre ou a ecrire sur vf chaque fois l autorisation m etait refuser donc j ai pris un buffallo par les cornes!!! lol!moi ça fait 20 ans que je n avais pas remis les pieds a hampi (84) mais a ce que je vois en 95 ça n avait pas beaucoup changer a part qu a l epoque ont pouvaient vivre dans les temples de l autre cotèe de la riviere!! merci encore pour tes recits et continu a nous prommener en inde pendant que nous sommes en europe a faire des sous pour repartir cet hivers! jp
PA Parvat Globetrotter ·
Ca alors? Merci Jp, j't'envoie un privé...
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PA Parvat Globetrotter ·
"16/12 Ce fruit muesli à 15 roupettes est un régal. Journée courrier, il faut que je poste mes lettres. …/… Sur le retour je papote avec Cesca, une Australienne dont son copain anglais (black) est en tôle ici... J’explique. Une moppet a roulé sur le pied de son copain, et le conducteur indien a bien rigolé. Lui, a vu rouge et l’a poussé. Il est tombé. Mais fracturé au poignet, les flics sont venus… Et le voilà en prison jusqu'à ce qu’il paie une grosse amende...

Françoise et Bertrand ont été à Margao changer des tunes. Ils ont fait le plein pour moi, sympa! Je suis tranquille jusqu’après Noël. Je suis impatiente d’aller à Hampi pour y chercher mon courrier. Garry doit m’avoir répondu, mais il doit encore être trop tôt pour la recevoir.

17/12 Eric est revenu d’Om beach, nous partageons toujours une chambre, mais avons pris une plus grande qui vient de se liberer. Le couple de chouettes autrichiens est parti. Celle qu’on a maintenant est beaucoup plus clean que l’autre. Enfin, il ne faut pas trop regarder le mur, mais déjà on a un toit de tuiles, sans paille qui tombe tout le temps et puis 10 000 fois moins d’insectes aussi ! Le pied quoi ! Eric a du café et des filtres, et Marcel un chauffe-eau électrique, alors on vient de faire du bien bon café. Quelle foire pour le faire ! Mais Eric est ingénieux. Comme je me rends compte qu’il préfère rester seul (et sage !) j’ai arrêté de fantasmer sur lui, il est très chouette, très marrant, (très mignon et pas con) mais bon, tant pis (pour lui, comme pour moi! ;)) …/… La mer est super calme cet après-midi, j’ai été m’allonger longtemps sur son dos, les ondulations des vagues futures me transportaient allègrement, les bras en croix, l’eau ne venait pas déranger mon visage, et essayer de pénétrer dans mes narines, au gré des flots, je me laissais flotter sur son dos, quel bonheur ! Merci Bouddha, Ganesh, Krishna… ! Après ce délicieux moment de bien être, Eric et moi avons commencé une partie d’échecs, mais nous l’avons terminé après le repas du soir. Cette fois ci, je me suis offerte un pasta tomato sauce & cheese chez Prasad. J’adore la cuisine indienne, mais qu’est ce que c’est bon de retrouver un semblant de cuisine européenne parfois… De retour aux échecs, j’ai gagné !!! Ca fait plaisir quand même, c’est rare… J’ai porté mon film à développer, je suis bien impatiente… J’ai fais pas mal de photos du village cette après midi. J’ai aussi acheté de quoi décorer ma chambre, de grands tissus avec Ganesh, Krishna, et Kali. Je n’ai évidemment pas pu résister à un super joli bracelet en argent ciselé, décoré de turquoises et de lapis-lazuli. Bref, j’en ai dépensé des sous aujourd’hui… Une dernière partie de backgammon et dodo. 18/12 Réveil café, mer, nage et flottaison sur les flots tout calmes. Encore une bien belle journée qui commence... J'ai été chercher mes photos, mais je suis décue, le tirage est vraiment pas génial du tout... j'attendrai pour les prochains dévelopements... Avant de rentrer, je me prends encore un petit bain de mer, ensuite une douche, et Françoise arrive avec un shilom. "Nous ne sommes que trois ? J’en ai fait un bien chargé, je pensais qu’on était cinq". Elle l’allume, tire, me le passe, je tire comme Françoise m'a montré, avec le bout de chiffon humide contre mes lèvres, et j’ai à peine le temps de le donner à Eric que je sens ma tension chuter… Ca va, je suis assise… Boum Craaac!!! Ou je suis??? Je viens de tomber de ma chaise, la tête sur les graviers! La chaise en plastique éclatée! Encore heureux que je ne me sois pas blessée, j’aurais pu tomber sur les grosses pierres et me faire bien mal. Françoise a flippé, et cru que je faisais une crise d’épilepsie, elle m’a alors aspergé d’eau, pendant qu’Eric était mort de rire! Je me suis installée dans mon hamac et j’ai dormi jusqu’au matin... 19/12 Réveil tôt, pas trop bien dormi. Super dèj’ au bon petit resto des deux sœurs très mignonnes. Muesli fait maison, fruits frais (banane, ananas, papaye) lait, yoghourt et coffee shake. Le meilleur que j’ai jamais mangé !!! J’écoute Charlelie Couture, "Quand les feuilles tombaient le jardinier les remontait, quand les feuilles s'envolaient le jardinier les recollait… " J’adore… Je continue à chanter sur les flots, heureuse… "
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Parvat, tu racontes si bien : on te suit dans tes journées de farniente, au bord de l'océan indien, avec des potes plus ou moins recommandables (!)... Si ta maman t'avait vue tomber la tête sur le gravier ?

Bon. Passons. (c'est une maman qui t'écrit, pardon, mais les mères poules tremblent toutes pour leurs poussins).

Faire développer ses photos sur place, en Inde, il y a déjà quelques années, c'était prendre des risques. Leurs techniques ont dû s'améliorer depuis...

Ton post hier, plus les 6 pages de Douya ce matin : lectures qui me réjouissent et dont je profite à plein, car imprimées pour ne pas en perdre une miette !

Merci, Déesse, à bientôt la suite, je t'embrasse !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Merci Fabricia😎

"22/12 je crois… Certains jours, la solitude et la tristesse m’envahit… Cette foutue mélancolie de je ne sais quoi… La solitude dans les grandes villes, on peut comprendre, mais sur une plage tropicale, comment être triste ? Triste d’être seule, de ne pas pouvoir donner un amour qui déborde, autrement que par un grand sourire, ne pas pouvoir partager tendrement de si beaux paysages…. Et puis, je n’ai pas beaucoup de sous, comment vais-je tenir le coup? Je n’ai personne qui peut m’héberger quand je reviendrai au pays, si ce n’est quelques jours chez une amie, quelques jours chez une autre… On s’adore, mais je ne veux pas abuser, elles m’ont déjà hébergé tant de fois entre deux voyages… Il n’y a pas grand monde sur la plage, irais-je encore nager ? S’il était possible de faire l’amour avec la mer, je rentrerais dans les ordres des Océans… Elle est trop belle, fascinante, comme une piscine en ce moment, mais toujours dangereuse. C’est peut être juste une question de l’apprivoiser? Je sais qu’elle sent que je l’aime. J’aimerais bien y terminer mes jours d’humain, et renaître en dauphin… Mais qui sait ce que me réserve encore cette vie? Peut être, j’espère, des milliers d’aventures délirantes et bien belles? Ou peut être pas belles du tout, alors autant en profiter! Pour me consoler j’ai encore été me laisser flotter sur l’océan, encore et toujours… J’y suis trop bien…

24 décembre ! Petit dèj chez sister Souvarna, qui tient le délicieux «Mahalakshmi ice cream and cold drink» près du temple de Mahabaleswar, interdit aux non hindous car beaucoup trop sacré. Ce temple abrite le lingam que Ganesh a récupéré de Ravana, le roi de Lanka qui l’avait reçu de Shiva, en espérant ainsi avoir ses divins pouvoirs. Mais Shiva lui avait donné à condition qu’il rentre directement, et qu’il bâtisse un temple pour le lingam. Ravana ne put donc s’arrêter et déposer le lingam en chemin pour se reposer, sous peine de ne plus pouvoir le soulever. Les dieux, inquiets du pouvoir qu’aurait Râvana avec le Lingam, invoquèrent Ganesh, qui suggéra d’envoyer Varuna, le dieu des eaux, dans le ventre de Râvana, lui causant de petits problèmes… Ravana arriva à Gokarna, et comme son ventre le tordit de douleur, il demanda à un jeune brahmane qui passait par-là, qui n’était autre que Ganesh, de lui garder le Lingam quelques instants sans le déposer par terre. Mais il fut trop lourd pour lui, alors il rappela Râvana qui ne l’entendit pas, et déposa le Lingam au sol. Quand Râvana revient, comme il ne put soulever le Lingam, il piqua une de ses colères devant le pauvre garçon qui se changea en Ganesh. Celui ci expédia l’affreux Râvana d’un coup de pied dans les airs vers le Lanka. Et le Lingam est toujours ici, impossible à déplacer...

Sister Souvarna me raconte tout ça avec délice… Souvarna veut dire « sourire d’or », et ce prénom lui va comme un gant !!! Quand son p’tit resto est calme, nous papotons beaucoup de tout et de rien. Je l’ai fait rire aux éclats en lui disant que je ne tue aucun animal sauf… Les moustiques. Je suis bien désolée car elles m’aiment beaucoup ces bestioles, mais ce n’est pas réciproque… Ensuite rebalade dans le village, un petit chaï dans un bui bui du village… Qu’est ce que j’aime regarder la vie, la rue, les gens, le ciel bleu, les palmiers aux branches toutes vertes qui ont l’air de danser aux rythmes du vent…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
SA Sandrineinde Regular ·
Coucou chère Didi,

Dieu que c'est bon Parvat, de te lire, à travers tes posts, je suis en Inde, je retrouve certaines émotions, je suis sur cette terre tant aimée, merci, merci !!!

Bisous

Sandrine
FA Fabricia Globetrotter ·
"...ne pas pouvoir partager tendrement de si beaux paysages..."

Tristesse, nostalgie, solitude... Si bien exprimés, ces sentiments d'une voyageuse esseulée me vont droit au coeur.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PH Philobate Globetrotter ·
J'aime énormement tes texte, mais alors la le momant de solitude du début du dernier message, tellement réalistepour seux qui voyage seul !!!, le regrette tu honnètement ???

Bas ouais je suis jeune moi encore (remarque les ames n'nt pas d'ages) et bien qu'aimant tracer ma route seul, je me pose des question tant qu'as ma solitude en voyage (si tu préfert tu peut répondre en privée ...)

Philo
"J'ai refait tous les calculs, notre projet est irréalisable, il ne nous reste plus qu'une chose à faire, le réaliser". Latecoere dyslexique
PA Parvat Globetrotter ·
Merci encore à vous...😊🙂 Philo, jamais je n'ai eu à regretter un voyage! :) Et la solitude en voyage me tombait, de temps à autre, dessus quand je voyageais de longs mois. Mais heureusement ces moments de déprime ne duraient jamais longtemps, souvent, après deux ou trois mois toute seule je rencontrai quelqu'un... Attend la suite! 😏 Ou alors je me reprennais vite, les rencontres en voyages sont peut être courtes, mais tellement intenses et riches!!! 🙂
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Et bien vous êtes gâtés aujourd'hui! Après Fabricia, merveilleuse en Rickshaw dans les rues de Delhi, me voilà toujours sur la plage de Gokarna...

"Une Ambassador blanche passe, c’est rare de voir une voiture dans ce village. Des touristes en descendent, paient le chauffeur, et viennent vers moi avec un grand sourire. « Hello, do you know a nice guest house around here ? » Comme je reconnais l’accent français, je leur réponds que là où je suis, chez « Mabla », est très sympa, sur la plage même de Gokarna. Et je rentre avec Souad, jolie métis franco-tunisienne, et son copain Pierre. Après s’être installés, ils partent à Kudli beach passer l’après midi, je les accompagne. Là bas nous rencontrons un couple d’israélien, Eran et Dalhia. Il y a plein d’occidentaux sur cette plage, tranquille pour bronzer à l’aise en bikini. Sur la plage de Gokarna, la bronzette j’oublie, car de temps en temps vient se balader un groupe de touristes indiens, et ils adorent regarder les occidentales se baigner… Parfois ils restent plus d’une demi-heure sur la plage, espérant que je vais sortir de l’eau, ils pourront ainsi me voir en maillot… Mais j’adore l’eau, et reste en général bien plus d’une heure à me laisser flotter sur l’océan… Alors ils en ont marre de m’attendre et s’en vont… Parfois, voyant que je m’apprête à ressortir, ils courent en sens inverse, mais trop tard… Je suis déjà « chez moi » :o) De toute façon je mets un sarong autour de moi pour traverser la plage, mais une fois que je sors, l’effet sarong mouillé doit leur faire pareil qu’un tee shirt mouillé… Kudli beach est pleine d’occidentaux. J’en vois au bout de plage, à poil, faire du yoga… D’autres se fabriquent un maillot/string avec un bout de tissu… Je termine mon banana shake et je rejoins Souad et Pierre au soleil…/… De retour au guest, je pensais dîner d’un thali ou massala dosa comme tous les soirs, mais Eric et Marcel ont rapporté une tonne de fruits du marché ! Nous fêtons Noël sous les palmiers. Dino, Francisco, Marcel, Eric, Françoise, Bertrand, Souad, Pierre et moi ! Au menu : Ananas, bananes, pastèques, figues, papayes, petits pains au beurre de noix de cajou et beurre de cacahouètes… Rzzzz…

25/12 : Joyeux Noël !!! Souad me montre ses achats, dont un sari vert qu’elle me fait essayer… C’est super confortable, en plus d’être très élégant et féminin, mais le vert avec ma peau blanche ne me va pas. Et je n’oserais jamais porter. Ensuite j’essaie la panjabi dress, ou salwar kemiz. Cet ensemble pantalon robe et foulard, a l’air bien plus adapté à une voyageuse seule, et tout aussi confortable, si pas plus. Souad me laisse le porter le reste de la journée. Je m’en achèterai deux à Hospet, sur le chemin vers Hampi, départ demain à 7h du mat’, chercher mon courrier et je reviens. Garry doit m'avoir répondu!!! Qu'est ce que je suis impatiente de lire ses mots... Plus d'un an que nous nous sommes quittés, et je rêve toujours de lui comme une ado rêve de son prince charmant... Ce soir, c’est soirées un peu partout. Françoise et Bertrand s’en vont à Goa comme beaucoup d’autres, ils y resteront jusqu’après la nouvelle année. Mabla a fait venir des musiciens, c’est très sympa, mais assez endormant comme musique…

26/12 Dino me réveille avec un p’tit dèj’ assez spécial… Des boulettes de charas que Marcel à préparé avec du miel, noix de coco et sésame. J’irai à Hampi demain… Je rate le bus… Nathalie, une chouette corse, copine de Marcel, et moi, allons chercher de l’eau à la source, sur la colline qui faut traverser pour rejoindre la plage de Kudli. Nous nous arrêtons au retour, et allons jouer dans les vagues… Je traîne dans mon hamac le reste de la journée… Wailin, un maltais, est arrivé ce matin avec son didjouridou, Dino joue de la mandoline, Franciso de la guitare, et Vishu, copain indien à Marcel, joue des tablas… Dommage que je ne sache pas enregistrer, avec les oiseaux, les vagues se jetant sur le sable, c’est grandiose… Gananpaya, 6 ans, le fils de la maison, et sa sœur Smita, 5 ans, tapent dans leurs mains et rient de bonheur. Quelle chouette atmosphère…

27/12, 7h du mat'... J’attends le bus, bois un chai et déjeune d’un paquet de biscuit « Parle- G » un genre de petit beurre que je trempe dans le thé. Ca fait un délicieux petit en cas."
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DO Dolma Globetrotter ·
Que de mélancolie dans ces derniers récits...malgré tes sourires que l'on devine quelquefois, tu semblais triste à cette époque ; j'espère que ça ne durera pas et nous attendons la suite avec impatience ! Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
PA Parvat Globetrotter ·
"Hampi, 13 heures de bus plus tard… Le trajet fut bien long, mais très chouette! J’ai pas arrêté d’écouter mon walkman, la tête en dehors de la fenêtre, me régalant du paysage, les cheveux dans le vent. Pendant la moitié du trajet, le bus fut à moitié vide, j’avais toute la place pour allonger mes jambes. Installé dans mon hamac sur la terrasse d’un guest house du village, je viens d’aller dîner d’un veg’ thali. Je regarde les couleurs pastel du ciel, où quelques étoiles scintillent déjà. Demain c’est dimanche, je dois attendre lundi pour avoir mon courrier. Tant pis, j’irai à Hospet m’acheter une ou deux salwar kemiz…

Dimanche 28. Quelle chouette journée! J’ai pris le bus pour Hospet à une heure d’ici, cette fois il n’était pas complet, je n’ai pas pu aller sur le toit, dommage, c’était bien comique la dernière fois avec Françoise et Bertrand. Arrivée dans la petite ville, je me suis perdue sur les chemins de terre rouge, visité quelques boutiques, et j’ai rencontré un couple habitant à Hampi. La femme m’a aidé à choisir mes salwar kemiz, nous avons pris un chaï et une samosa, et nous sommes rentrés en rickshaw tous les trois jusque Hampi. Ils n’ont pas voulu que je paie ma place!!! Ils sont trop adorables ces indiens, quelle chouette voyage de retour. Lundi… YOUPIIIIIE ! J’ai reçu une lettre de Jeanique, et une de Garry!!! Toujours aussi cool et adorable. Il va passer Noël chez ses parents à Brisbane, ce n’est plus cette année que je le reverrai… Après un copieux banana pancake, je suis dans un temple tout mignon. Un voyageur me dépasse, un indien lui demande « Which country ? » Je l’entends répondre « Belgium, Francorchamps » !!! Ca alors !!! On a longtemps papoté Daniel et moi. Il va à Gokarna après la nouvelle année, mais en Enfield… Mmmh, j’dirais pas non pour une place sur sa moto…

Mardi 30. J’ai dormi dans mon hamac cette nuit, sous les millions d’étoiles. Je me suis réveillée super tôt, loué un vélo et je visite à nouveau les superbes temples disséminés dans la campagne. J’ai mon walkman qui gueule, comme ça les Indiens me laissent tranquille avec leurs which country incessants… Les temples et la campagne sont incroyables de beauté, mais c’est parfois pénible d’être accostée sans arrêt dans les temples les plus visités. Une heure après, j’éteins mon walkman, j’écoute et regarde de tous mes sens la nature si magnifique. Il doit être midi, je n’ai pas de montre, et suis installée dans un minuscule petit temple, sans grandes décorations et qui semble être oublié de tous. J’observe un bananier, dont l’énorme fleur, toute mauve, donne naissance à un régime d’une centaine de petites bananes encore vertes… Toujours des écureuils un peu partout, le soleil tape, je retrousse mon pantalon, m’installe sous les rayons chauds et fais une petite sieste… Plus tard, à la sortie du Temple des Eléphants, je recroise Daniel, le Belge sur son Enfield. On s’est donné rendez-vous pour dîner ensemble ce soir. Je continue ma balade sur ces chemins de terre rouge, bordés de palmiers, de gros rochers, pas un seul nuage n’est présent dans l’immensité du ciel, il fait chaud… Je m’arrête pour m’acheter de l’eau, remonte sur le vélo… Et cent mètres plus loin je stoppe net! Un drôle d’animal, une espèce de lézard, qui avance comme d’avant en arrière… Mais qu’est ce que c’est que ça? Un caméléon??? Mais oui!!! Waouuuuuh!!! Je sors mon appareil, viiite! Je ne veux pas le louper!!! Chouette, j’en ai pris deux, si elles sont réussies, ce sera le pied avec ce ciel tout bleu derrière, le beau vert des palmiers, le rouge de la terre… J’hallucine, qu’est ce que cette nature est belle…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Hampi ! Si Allah, Brahma ou n'importe qui d'autre le veut bien, j'irai enfin visiter cette ville fantastique, et la belle région que je ne connais pas encore.

Mais combien de temps a donc duré ce 1er voyage ? On a l'impression que tu as toute la vie devant toi, allongée dans un hamac, à attendre les lettres de ton prince charmant ?

C'est enchanteur. Merci, Déesse !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Héhéhé surprise! 😉

Bonne lecture!

"Hampi, 13 heures de bus plus tard… Le trajet fut bien long, mais très chouette ! J’ai pas arrêté d’écouter mon walkman, la tête en dehors de la fenêtre, me régalant du paysage, les cheveux dans le vent. Pendant la moitié du trajet, le bus fut à moitié vide, j’avais toute la place pour allonger mes jambes. Installé dans mon hamac sur la terrasse d’un guest house du village, je viens d’aller dîner d’un veg’ thali. Je regarde les couleurs pastel du ciel, où quelques étoiles scintillent déjà. Demain c’est dimanche, je dois attendre lundi pour avoir mon courrier. Tant pis, j’irai à Hospet m’acheter une ou deux salwar kemiz…

Dimanche 28. Quelle chouette journée ! J’ai pris le bus pour Hospet à une heure d’ici, cette fois il n’était pas complet, je n’ai pas pu aller sur le toit, dommage, c’était bien comique la dernière fois avec Françoise et Bertrand. Arrivée dans la petite ville, je me suis perdue sur les chemins de terre rouge, visité quelques boutiques, et j’ai rencontré un couple habitant à Hampi. La femme m’a aidé à choisir mes salwar kemiz, nous avons pris un chaï et une samosa, et nous sommes rentrés en rickshaw tous les trois jusque Hampi. Ils n’ont pas voulu que je paie ma place !!! Ils sont trop adorables ces indiens, quelle chouette voyage de retour. Lundi… YOUPIIIIIE ! J’ai reçu une lettre de Jeanique, et une de Garry !!! Toujours aussi cool et adorable. Il va passer Noël chez ses parents à Brisbane, ce n’est plus cette année que je le reverrai… Après un copieux banana pancake, je suis dans un temple tout mignon. Un voyageur me dépasse, un indien lui demande « Which country ? » Je l’entends répondre « Belgium, Francorchamps » !!! Ca alors !!! On a longtemps papoté Daniel et moi. Il va à Gokarna après la nouvelle année, mais en Enfield… Mmmh, j’dirais pas non pour une place sur sa moto…

Mardi 30. J’ai dormi dans mon hamac cette nuit, sous les millions d’étoiles. Je me suis réveillée super tôt, loué un vélo et je visite à nouveau les superbes temples disséminés dans la campagne. J’ai mon walkman qui gueule, comme ça les Indiens me laissent tranquille avec leurs which country incessants… Les temples et la campagne sont incroyables de beauté, mais c’est parfois pénible d’être accostée sans arrêt dans les temples les plus visités. Une heure après, j’éteins mon walkman, j’écoute et regarde de tous mes sens la nature si magnifique. Il doit être midi, je n’ai pas de montre, et suis installée dans un minuscule petit temple, sans grandes décorations et qui semble être oublié de tous. J’observe un bananier, dont l’énorme fleur, toute mauve, donne naissance à un régime d’une centaine de petites bananes encore vertes… Toujours des écureuils un peu partout, le soleil tape, je retrousse mon pantalon, m’installe sous les rayons chauds et fais une petite sieste… Plus tard, à la sortie du Temple des Eléphants, je recroise Daniel, le Belge sur son Enfield. On s’est donné rendez-vous pour dîner ensemble ce soir. Je continue ma balade sur ces chemins de terre rouge, bordés de palmiers, de gros rochers, pas un seul nuage n’est présent dans l’immensité du ciel, il fait chaud… Je m’arrête pour m’acheter de l’eau, remonte sur le vélo… Et cent mètres plus loin je stoppe net ! Un drôle d’animal, une espèce de lézard, qui avance comme d’avant en arrière… Mais qu’est ce que c’est que ça ? Un caméléon ??? Mais oui !!! Waouuuuuh !!! Je sors mon appareil, vite ! Je ne veux pas le louper !!! Chouette, j’en ai pris deux, si elles sont réussies, ce sera le pied avec ce ciel tout bleu derrière, le beau vert des palmiers, le rouge de la terre… J’hallucine, qu’est ce que cette nature est belle…

De retour dans la rue principale du village, je m’arrête pour un banana lassi au Ravi resto. Et, décidément, je rencontre à nouveau un belge ! Alain est de Ciney, c’est aussi son premier voyage en Inde. On se donne également rendez-vous ce soir, il fera connaissance de Daniel, trois compatriotes ensemble, c’est si rare… Je rentre prendre une douche, faire un break sieste hamac sur la terrasse… Au soir, retrouvaille avec Alain et Daniel, qui raconte son précédent voyage… Il est parti de Belgique en mobil home avec un copain. Après quelques mois ils sont arrivés au Turkménistan. Là ils ont revendu le mobil home, et pris l’avion jusqu’en Iran. Ensuite le bus, puis le train jusqu’en Inde. Ils se sont alors séparés, et Daniel a acheté une Enfield. Ne voulant pas se séparer de ce bel engin anglais datant des années 50, il l’a envoyé en Belgique, et on peut parfois l’apercevoir du côté de Vielsalm… Alain lui a une autre folie. Alors qu’il n’a quasi jamais fait de vélo, il veut s’en acheter un pour visiter l’Inde !!! Demain il ira voir à Hospet…

31 décembre. En musique de fond pour décrire cette dernière journée de l’an 1997 : Dick Annegarn ‘Sacré Géranium’… « Ah ce qu’on est bien, dans ces jardins, loin des engins, hein ? Pas besoin de sous pour être bien, pas besoin de vin, pour être saoul…. » Quelques sceaux d’eau froide pour me réveiller, et je pars rejoindre Alain et Daniel pour un p’tit dej’. Alain est tout fou d’aller s’acheter un vélo ! Et moi, je ne sais pas ce qui me prend mais je lui dis ‘Et bien, si tu m’en offre un, je vais avec toi !’ ‘Chiche ?’ Qu’il me répond… Euh… Chiche ! Et nous voilà partis tous les trois, sur l’Enfield jusqu'à Hospet. Daniel conduit, je suis derrière lui, et Alain est derrière moi… Quel pied la moto ! On traverse des paysages merveilleux, des villages minuscules ou les paysans ouvrent des yeux démesurés en me voyant en sandwich sur la moto… On rigole comme des fous !!! Dans un autre petit village, on s’arrête et buvons un chai à une roupie. Ce pays est vraiment magique… Ces habitants n’ont rien, mais pourtant ils ont un sourire incroyable, tellement communicatif. J’admire cette douceur de vivre… Arrivés à Hospet, au deuxième magasin de vélo, Alain trouve son bonheur. Mais rien pour moi… On cherche, on cherche mais sans succès. Tant pis on reviendra. Alain enfourche son vélo, Daniel et moi la moto, et nous repartons pour Hampi. Break douche sieste, et je rencontre Irit, jolie Israélienne qui loue la chambre à côté de la mienne. Le petit guest house ou je suis dispose de quatre chambres, toutes disposées sur le toit de la maison, avec une gigantesque terrasse et une douche à partager. La famille brahmane propriétaire des lieux est extraordinaire de gentillesse, et les deux filles aînées, Nitra et Citra, sont très belles, étonnantes de serviabilité et de politesse. Il y en a toujours une des deux qui vient de temps à autre, s’assurer que tout va bien, nous proposer un chaï ou un café. Au réveil du hamac, c’est un délice de les voir… Irit était installée dans mon hamac quand je suis arrivée, elle a bien eu raison d’en profiter tant que je n’y suis pas. Alain vient me chercher, et j’emmène Irit chez Daniel. La soirée s’annonce bien… On boit l’apéro avec un chouette couple de français, et un autre d’allemand. Alain a du rhum, d’autres de la bière, après un petit repas pour nous remonter, hop tournée de bang lassi dans un sympa petit jardin sous les palmiers d’Hampi. Alain, qui à un moment donné nous avait quittés pour papoter avec d’autres, revient complètement disjoncté. En pleine crise de parano, flippé comme tout ! Je l’ai accompagné à la porte de son hôtel tant bien que mal, et je suis retournée retrouver Irit, Daniel et compagnie. Ils iront ensemble à moto jusque Gokarna, et moi à vélo avec Alain ??? 350 bornes ? Je le croirai quand j’aurai le vélo… Je suis rentrée m’installer dans mon cher hamac. Irit m’a rejoint peu après, quel cool moment avec elle, assises dans le hamac, papoter et s’émerveiller devant le ciel tout étoilé, le soleil va bientôt se réveiller, quelques pétards explosent encore de ci de là, et autant de petits feux d’artifices… C’est toujours un spectacle fabuleux un lever de soleil, mais alors derrière les montagnes d’Hampi… Youpie !!! Rzzz… On rentre s’écrouler dans les bras de Morphée."
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
"1 janvier 98 Plus de rêve bizarre comme l’année dernière au Cambodge. Etrange, j’ai vraiment cru que 97 sera ma dernière année en cette vie… ‘Fin bon. Quel génial début d’année mes aïeux !!! Waouh ! Vers midi Irit est venue me réveiller avec des croissants de la ‘German Bakery’ et des couques suisses assez bien réussies. Avec le café de Nitra et son sourire prodigieux, mmmmh… Happy New year ! Daniel est arrivé peu après, nous annoncer qu’Alain avait plié bagage et disparu… Peut être le reverra-t-on dans le courant de la journée ? J’espère seulement qu’il va bien, et s’est remis de sa crise de parano… Pour le délirant trip à vélo, tant pis, c’est que ça ne devait pas se faire… La journée s’est passée tranquille, Daniel et Irit sont partis à Hospet, acheter de quoi fixer le sac à dos d’Irit sur la moto. Je traîne et j’écris, le cahier sur les genoux, repliée dans le hamac, j’écoute Tangerine Dream… Un groupe de singe s’approche… J’aime les observer, mais ne leur veux aucun mal… Par contre eux me semblent un rien agressif… Je range mes affaires, sors doucement du hamac car celui qui à l’air du chef de la bande arrive au bout de la terrasse… Ses copains fouillent ma poubelle, et grignotent le reste de pastèque… Je recule, et rentre dans ma chambre. Le gros malabar se tient à un mètre de moi, la porte de la chambre ouverte, et me regarde en grognant, montrant ses dents… Puis observe le hamac, et tout d’un coup il saute dedans, et prend ma banane avec mon passeport, billet d’avion, et le peu de sous qu’il me reste ! Ah non, pas ça ! Je sors en lui gueulant dessus, "Ma banane!!!!!" Il continue à grogner ! Je m’en fou ! Mais comme il s’enfuit je ramasse une petite noix de coco, et lui lance dessus ! Bien visé ! Il est fâché et grogne de plus belle, mais le choc lui fait lâcher sa prise, et je grimpe sur les toits des maisons voisines, rechercher mon précieux bien… Enfoiré de singe !"
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LO Lotusbleue Regular ·
Je suis toujours émerveillée de tes récits ! j'adore te lire et te relire... en attendant de se voir le 17 !

Je ne m'en lasse pas chaque mot est un régal, un délice je n'en perd pas une miette ... pfffff... je pense que je me serais fais caca dessus en voyant ce singe à ma porte ! Quel courage et présence d'esprit de lui balancer cette noix de coco !!!

Encore Parvat... dis raconte !!!

Bisous
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
PA Parvat Globetrotter ·
"2/1 J’ai quasi plus de voix… La faute à Irit qui n’arrête pas de remplir des shiloms, et je ne sais pas dire non… Ils préparent leurs affaires, et s’apprêtent pour la route jusque Gokarna, à moto. Paul, un anglais qui est parti hier pour le sud, a oublié son footprint (guide sur l’Inde), une brique bien lourde, mais bien complète. Je suis ravie de sa distraction, je n’avais aucun guide jusqu'à présent, je regardais dans ceux des autres voyageurs pour des infos… Bon, je range mes petites affaires, et je prends le bus pour Hospet. Là j’attrape tout de suite un bus pour Hubli. 4h de voyage relativement vite passé. J’hallucine encore devant la beauté des paysages, les bus plus colorés les uns que les autres qui nous dépassent en faisant hurler leurs klaxons, l’horrible état de la route, Daniel ne doit pas avoir facile… Je change de bus à Hubli et au premier arrêt pause pipi, en papotant avec le chauffeur et le conducteur je leur demande, avec un grand sourire bien sur, si je peux monter sur le toit du bus pour le reste du voyage… Je dois pas beaucoup insister ! Héhé, j’suis toute contente ! Quelle jubilation de pouvoir grimper et m’installer relax, tranquille, seule allongée sur le ventre, sur le toit de ce bus indien ! Voilà comment je passe les quatre dernières heures qui me séparent de Gokarna. Avec ma crève, c’est pas très malin, mais j’ai mis mon gros foulard autour du cou. Et puis, quel bonheur de visiter 160 km de route en hauteur, les cheveux au vent, le paysage à 360 degrés. Les têtes des gens qui m’aperçoivent valent tous les trésors du monde, le coucher de soleil sur les rizières en arrivant vers la côte également… J’observe et me délecte de regarder ces vieux bus peints religieusement qui nous dépassent, ou vice versa. Sur certains sont inscrits des ‘Hare Krishna’, sur d’autres ‘Om Nama Shiva’ ou encore ‘God Bless You’… Accompagnés de peintures de leur dieu favori. Grâce à ces divines protections, ils peuvent rouler comme des fous, rien ne leur arrivera ! Les dix derniers kilomètres ont été dangereux, vraiment. Les lignes électriques passaient parfois honnêtement à 20 cm au-dessus de ma tête… Je pouvais facilement être décapitée ou en tout cas, être éjectée du toit de ce vieux bus… Enfin, je suis bien arrivée, malgré que je n’ai plus de voix du tout… Le guest house de Mabla est complet, j’installe mon hamac sous la terrasse. Daniel et Irit ne sont pas encore arrivés, Françoise, Bertrand et Eric ne sont pas là. Je me demande si les deux motards vont arriver aujourd’hui… Je dis bonjour à Marcel, Nathalie, Dino et Francesco, achète une tola, et vais dîner d’un thali.

3/1, grasse mat’ du tonnerre, j’ouvre les yeux vers 10h 30! P’tit dèj’ comme d’hab chez l’adorable sister Souvarna, muesli fruit frais et coffee shake puis, je retourne chez Mabla et m’installe dans une chambre qui vient de se libérer. Celle que j’ai à présent est vraiment cool, avec un petit bureau. J’ai mis mon batik de danseuse au mur, plus les tissus de Ganesh, Krishna et Rada. Mes livres sur l’étagère, des nattes par terre, et le matelas recouvert d’un joli tissu. Ca devient mignon. Je pars nager, encore et encore faire la planche sur les flots en chantant, ensuite je reviens me sécher, prendre une douche, rêver devant la mer, et rebelotte dans les flots. Souad, Pierre, Sylvie et Max viennent de rentrer de Goa où ils ont été à des party non stop. Ils ont croisé Françoise et Bertrand. Avec Wailin, Nathalie, Marcel, Dino et Francesco, nous partons dîner tous ensemble. Nous avons l’impression d’être des amis de longues dates, c’est génial!"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
..Salam, Déesse !

Tandis que tu roulais sur le toit du bus, j'étais sur le dos d'un éléphant à Amber... Amusante coïncidence : nous avons écrit au même moment, aujourd'hui, nos souvenirs indiens.

La différence d'âge explique nos choix de transport... tout aussi pittoresque l'un que l'autre... J'en ai vus de ces bus bringueballants surmontés de joyeux passagers secoués dans les cahots et les ornières des routes défoncées !

Mais j'avais moins de temps que toi, il fallait brûler les étapes afin d'en voir un max : on y est retourné encore, dans ce si beau pays... plusieurs autres fois un peu partout !

Merci, Parvat, pour tes récits hauts en saveurs et en péripéties diverses ...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Namaskar Didi :)

C'est vrai que j'aime beaucoup moi aussi nos differences dans notre façon de voyager. Et la différence est enrichissante :) Ce voyage là j'avais le temps, mais ensuite j'y suis retournée chaque fois un seul petit mois... Mais dieu que c'est bon!!! 😄

"4/1 Pfff quelle nuit. Je me suis faite attaquée par je ne sais combien de moustiques ! J’ai compté 10 piqûres, rien que sur la joue gauche !!! Et je n’ai toujours pas retrouver ma voix. Marcel et Nathalie sont en sacré froid. Elle me demande de partager ma chambre quelques jours. Daniel et Irit arrivent avec l’Enfield pétaradante, ils prennent la dernière chambre de libre. Ce matin en allant vendre mon Pentax chez le photographe du coin, j’ai revu Randi et Christine que j’avais rencontré dans l’avion il y a plus d’un mois et demi. J’ai l’impression que cela fait des mois et des mois… Randi est indien, et Christine française. Ils se connaissent depuis 8 ans, elle est enceinte de 7 mois et demi ! Ils descendent vers le Kerala, où les parents de Randi ont une grande maison près de Cochin. Comme ils restent quelques jours à Gokarna, nous nous recroiserons, c’est bien petit comme endroit. Je commence à adorer de plus en plus ce petit village. Les habitants que je croise dans la rue, certains m’ont déjà vue, nous nous disons de bien sympathiques ‘Namaskar’, avec un grand sourire comme il se doit. J’ai réussi à avoir 8000 roupies de mon Pentax, le pied, comme je dépense à peine 100 roupies par jour, j’ai encore deux mois devant moi. Mon moral remonte en flèche ! Ca devenait pénible ce problème de pognon. Toujours devoir faire hyper gaffe, dîner au resto indien le moins cher du village… Mais ça va, je me débrouille bien. Ma chambre coûte 40 roupies que je partage souvent avec l’un ou l’une autre voyageuse, et se nourrir est très bon marché… 13 roupies pour un thali, 25 pour le muesli et le coffee shake du matin, 2 roupies le chaï… Nathalie dort déjà, je vais aller la rejoindre…

5/1 Vu que Nathalie a pris toute la place, au milieu de la nuit je suis partie regagner mon hamac. Wailin a veillé bien tard, jouant de son didjouridou sur la terrasse, Dino l’accompagnait à la mandoline, et Vanesh aux tablas. Je n’ai presque pas dormi. Je somnole toute la journée, dans mon hamac comme sur les flots, comme d’habitude, une bien belle habitude… Au soir, Christine est arrivée, me proposant de m’emmener demain vers Mysore en passant par Jog Falls. Ils ont loué une voiture, et sont donc tout à fait libres dans leur déplacement. Waouh, je suis ravie, mais je ne peux accepter d’aller à Mysore, une ville coûte plus cher qu’un village, et je dois faire trop attention à mes sous. Par contre Jog Falls, à 80 km d’ici me tente bien, je pourrais y dormir une nuit ou deux, et revenir en bus par la suite…

6/1 Réveil à 10h, j’en avais besoin. Christine est venue me chercher, j’ai pris deux, trois affaires, et nous avons rejoint Randi pour le petit dèj’. Vers midi nous nous sommes mis en route. Quand Randi ne roule pas, c’est moi qui roule, Christine conduit. Le paysage est extraordinairement beau… Je suis bien confortable sur la banquette arrière, et en prends plein les yeux et le cœur… Des paysannes plantent le riz, le dos courbé, les jambes dans l’eau, qu’est ce qu’elles travaillent dur… L’une d’elle a le visage tout ridé, mais quel corps musclé ! Je réalise mon bonheur de ne pas devoir travailler aussi durement… Quand elles ont fini aux champs, elles doivent s’occuper de leurs maris et enfants, entretenir la maison, et ne pas avoir une minute à elles… 6 janvier, le soleil tape par les fenêtres grandes ouvertes de la voiture, qu’est ce que je suis heureuse encore une fois… Je pense à mes amies en Belgique, elles doivent avoir bien froid… Arrivés à Jog falls, je m’offre un chicken curry ! Première fois que je mange de la viande depuis que je suis en Inde. On cherche un guest house et trouvons une chambre chez l’habitant. L’acceuil n’est pas le top, un indien accompagné de deux femmes blanches dont une enceinte… Ils ont beau dire qu’ils sont mariés, (et je suis la sœur de Christine ;)) les couples mixtes ne sont pas bien vu… On nous montre la chambre à 150 roupies, une pièce meublée juste de trois grands lits, la salle de bain se partage avec la famille. Rzzz…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Good afternoon, dear Parvat !

Tu m'as grillée de vitesse, sur ce coup-ci : j'allais monter dans le train en gare de Jaïpur...

Eh bien, j'y retourne...

A +, kisses...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
LO Lotusbleue Regular ·
Super je vais faire une grosse dodotte et je me délecte avant de ces quelques lignes... je vais rêver...

Gros bisous à toi, Parvat !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
PA Parvat Globetrotter ·
"7/1 Tranquille pépère, œufs sur le plat, jus d’orange frais et chaï dans un sympa petit resto surplombant les chutes ou un bel arc-en-ciel se dessine. On rêve en écoutant l’eau tomber, les oiseaux chanter et d’autres animaux dont je ne sais le nom. Cet endroit à l’air perdu dans la jungle, la rivière Sarasvatî, avant de déverser ses flots par dessus les rochers, dans le bassin à 300 mètres plus bas, se sépare en quatre cascades, dénommées Rani, Raja, Roarer et Rocket. La nature est féerique, la forêt prodigieuse, et les chants des oiseaux magiques… Après une petite balade, on se dit au revoir, Christine et Randy continuent leur route vers Cochin en passant par Mysore. Ils m’ont invité chez eux dans le Kerala, le frère de Christine arrive de France pour cinq semaines, ils vont louer un house boat, et visiter les backwaters durant 2 jours… A ce qu’il paraît, c’est de toute beauté… J’aimerais accepter leur invitation, mais je suis trop serrée point de vue sous, et ne veux pas compter sur eux pour quoi que ce soit… On s’échange les adresses, et on espère à bientôt… Je redemande un café, papote avec une australienne et un néo zélandais, et nous décidons de descendre les 1200 marches vers le joli bassin en bas des chutes ou déjà deux trois autres voyageurs se baignent. La descente n’en finit pas, la chaleur est écrasante d’humidité et la végétation luxuriante. Ce que j’aime donc les voyages! Nous nous rapprochons du joli bassin ou bientôt je vais pouvoir me rafraîchir dans l’eau limpide. Quel magnifique endroit, paradisiaque. Trois jeunes hommes sont en train de jouer, trois occidentaux bien bronzés, pas plus de 25 ans. L’un d’eux m’envoie un de ces sourires… Un peu à la Jack Nicholson (j’adore Nicholson ;)). On rentre dans l’eau, fraîche juste comme il faut, et commence à se lancer tous de l’eau les uns sur les autres comme des gosses :o) L’après midi se passe tranquille, heureuse comme un poisson dans l’eau, et j’attrape le bus de 17h pour Honavar, et de là un autre pour Gokarna. Quel trajet affreux !!! Bus complet et pas moyen d’aller sur le toit déjà bourré de sacs de toutes formes et de caisses de toutes grandeurs, donc j’ai du rester debout jusqu'à Honavar… mais bon, le bus pour Gokarna était quasi vide…

9/1 Qu’est ce que j’ai le moral à plat depuis hier… Terrible. (désolée cher carnet, j’t’ai oublié hier, hamac et farniente toute la journée) J’ai commencé à me poser de drôles de questions, style ‘ Pourquoi je vis ? Je pense à avoir une belle vie et puis après ? Qu’est ce que je fais d’intéressant ? Voyager est enrichissant, mais ne rapporte qu’à moi…’ Voilà une idée de mes états d’âmes…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
... Comment as-tu pu "survivre" à la vente de ton cher Pentax ?... J'en ai eu de la peine pour toi à l'idée de se séparer d'un objet si cher aux voyageurs... N'y avait-il aucun généreux mécène pour te prêter un peu de fric ? Bon, je te sais très philosophe, ces récits ont déjà largement prouvé ta sagesse.

Les belles chutes d'eau : tu les décris tellement bien que j'ai l'impression d'avoir été là, avec toi. Très vivant, ton carnet de bord, au jour le jour, avec des moments si gais, suivis de longues plages de déprime... Solitude, éloignement de ton pays et de tous ceux que tu aimes...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
LO Lotusbleue Regular ·
Oh, en effet avec ce carnet-là nous n'avons pas la même façon de voyager ma tite Parvat...mais quelle sensibilité au bout de tes mots !

Parfois... par tes phrases, la gaieté, la bonne humeur... tu t'es réveillée sans te poser de question... tu profites des moments sans penser à autre chose...

Et... il y a les mots, ceux qui s'étranglent dans le gosier, les oups de remake... les sempiternels mots étouffés :

J’ai commencé à me poser de drôles de questions, style ‘ Pourquoi je vis ? Je pense à avoir une belle vie et puis après ? Qu’est ce que je fais d’intéressant ? Voyager est enrichissant, mais ne rapporte qu’à moi…’ Voilà une idée de mes états d’âmes…"

Ceux qui te font prendre conscience qu'il y a autre chose... qu'il y a d'autres pensées... qu'il y a aussi la nostalgie... la remise en question ! Tes mots suivent le rythme de tes émotions... tu sais nous faire rire et nous émouvoir aussi !

Tu as le vague à l'âme... viens faire un tit tour vers les cigales... viens visiter la Sainte Baume... entends le chant... ksss ksss ksss !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
PA Parvat Globetrotter ·
Très chères Lotus et Fabricia, vos mots me scient... Merci tout plein...

Pour le Pentax, non cela ne m'a pas fait mal de le vendre car c'est un pote qui me devait des sous, à la place du cash il m'a donné cet appareil lourd et puis j'avais mon petit minolta qui me satisfaisait. Des sous à prêter? Oh non, comment aurais je pu les rembourser? Pas de domicile (ni même à Bxl), ni d'assurance santé, ni de compte en banque, partie avec 400$... Je ne voyagerais plus comme ca maintenant, mais je ne le regrette pas du tout! :)

V'là la suite, bonne lecture :)

"Je réponds à ce cher Garry si loin de mes yeux, mon dieu comme il me manque… Il est bon quand même de voyager avec un amoureux. Parfois, comme tout à l’heure pendant que je nageais, un couple s’engueule, alors je me dis que c’est tout aussi difficile de vivre à deux que seule. 11/1. Mais qu’est ce que je suis distraite !!! J’ai voulu aller à la poste, bien évidemment c’est fermé, nous sommes dimanche… N’empêche qu’il n’est pas facile de reconnaître un dimanche d’un mercredi ici… Hier, Françoise et Bertrand sont rentrés de Goa. Je suis toute contente de les retrouver !

Lundi 12 janvier 98. "Parvat ? Have you seen you pictures in the newspaper?" "Hein? What?" Francisco me réveille… Je suis encore dans les bras de Morphée qui me retient. "Have you seen your pictures in the newspaper ?" "What ?" "Have you… Wait" Il revient avec un journal du coin, et une photo de moi dans mon hamac en grand sur le 3eme page… ??? Je me souviens qu’il y a 15 jours, un couple de journaliste sont venus. Je n’avais pas vraiment fait attention à eux, ils papotaient avec Mabla. Et quand ils m’ont demandé s’ils pouvaient prendre une photo de moi, je n’ai pas été contre. Mais là c’est trop fort! Ce journal est en alphabet Kannada, la langue de l’état du Karnataka dans lequel se situe le village. Je suis sciée ! C’est trop gag! Je ne me trouve pas géniale dessus, mais comme la qualité n’est vraiment pas terrible, ca va, on ne me reconnaît pas trop ;o) En tout cas, c’est la nouvelle du jour qui fait le tour du village! Quand je rentre chez sister Souvarna, j’ai encore droit à quelques rires avec cette histoire ! Ils ont noté sous la photo "A Brezilian beauty, in her hamac in Kudlee beach" D’abord ils sont sourds, je leur ai dit Belgium, et pas Brazil, ensuite aveugle, une beauté brésilienne à côté de moi, euh… C’est pas vraiment pareil… :o) Et puis, je ne suis pas sur la plage de Kudlee, mais sur celle de Gokarna. L’article n’est pas flatteur du tout pour les voyageurs sac à dos… Il explique que nous ne dormons pas dans les hôtels, mais dans nos hamacs, ils ont fait des photos d’occidentaux autour d’un feu, et disent que nous ne mangeons pas dans les restos du coin, bref que nous n’aidons en rien l’économie du coin… "
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
"Pour fêter ça, nous décidons de faire vraiment un souper sur la plage, Pierre, Bertrand, Francisco, et Marcel s’occupe du bois pour le feu, Souad, Sylvie, Françoise, Nathalie et moi partons faire les courses. Plein de légumes et fruits en quantité pas possible. Au bout de la plage, les hommes ont fait le feu, et nous nous sommes tous mis à la pâte pour le souper. Ensuite, comme Bertrand a acheté quelques petites choses à Goa, il fait la distribution, et avec la mini chaîne hi-fi de Marcel, nous improvisons une petite party… Danser les pieds dans l’eau, nager avec la musique, nous rigolons comme des malades et faisons les zouaves. Au milieu de la nuit les pêcheurs reviennent. Pierre achète un gros poisson et le grille sur les braises. J’ai plus envie d’aller m’écrouler sur mon petit matelas que de manger du poisson…

14/1 Hier je me suis réveillée vers midi !!! Mabla m’a sorti su sommeil en m’apportant une lettre de ma chère Camille! J’ai passé l’après midi à lui répondre, et ce matin, je veux aller à la poste, mais c’est jour férié, j’irai demain. Je me replonge dans "Les fourmis n°2"… 15/1. Courrier envoyé. En me baladant dans le village, je vois une espèce de minuscule bijouterie… Je me demande combien cela reviendrait de me faire percer le nez… Ma curiosité est trop grande, je rentre… Le bijoutier n’est plus tout jeune, il papote avec un autre vieil homme. Ils ne parlent quasi pas l’anglais, et ne répondent pas à ma question mais m’invitent à m’asseoir. La boutique est faiblement éclairée par deux petites lampes à huile, les murs sont en bois, quelques petites étagères ou sont dispersés des pots en argent ciselé, ou une balance. On me montre deux ou trois différentes "noze ring" en or et en argent, le choix n’est pas énorme mais si j’en prends une, c’est en argent. J’en choisi une, voudrais savoir à combien elle est, mais je n’ai pas le temps d’insister, je me retrouve assise sur ce petit banc de bois, un de deux vieils hommes me prenant le nez d’une main, le bijou de l’autre, et hop en deux secondes il me perce le nez! Comme ca sans machine, ni rien, juste un bout de chiffon imbibé d’acool pour désinfecter, et on y va! Ca m’a fait un peu mal quand même, une larme a coulé, je ne pouvais pas l’empêcher. Mais je venais pas pour ca, moi! Je voulais juste savoir combien ca revenait! Bon, ca ne ma va pas si mal après tout… Combien? 120 roupies, ca ne crève pas mon budget…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Mon rêve : un petit (tout petit) diam dans la narine... Mais je n'ai jamais osé, et pourtant je trouve ça ravissant. Les jeunes femmes indiennes en portent moins, surtout celles de la classe moyenne, qui n'ont plus qu'une idée, ressembler aux américaines de leurs magazines de mode... Se faisant couper leurs superbes cheveux, abandonnant le sari ou le salwar-kamiz, les anneaux de cheville, les guirlandes de jasmin...

Ainsi, tu as eu les honneurs de la presse ? As-tu gardé la photo de la "Brezilian beauty" dans son hamac ?

Une anecdote de plus dans cette aventure de tes jeunes années. Puis-je me permettre de demander des nouvelles de Gary ?...
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
T'as tout à fait raison Fabricia, certaines jeunes filles indiennes veulent ressembler à des américaines des feuilletons télé. Dommage, c'est tellement joli :) Je ne mets ni bracelet ni bindi (ca m'ennuie) mais j'aime beaucoup me décoré les pieds de bagues et de bracelets aux chevilles... J'ai bien sur toujours le journal en joli alphabet Kannada, je devrais penser à acheter un scanner... Des nouvelles de Garry? Tu vas en avoir, attends la suite! ;) Mais je peux te dire qu'il est venu en Belgique en aout 99... :)
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
Tes admirateurs (dont je fais partie...) réclament haut et fort :

"PHOTO DE BREZILIAN GIRL DANS SON HAMAC"...

Vite, pour notre plaisir !!!
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
LA Laptitmarie Veteran ·
J'ai un scanner Parvat, je viens te chercher !!!!!!!
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal, .. Récit Bangladesh Récit Inde 2001
PA Parvat Globetrotter ·
J'l'oublierai pas tout à l'heure 😉 Patience chère Fabricia...

"Samedi 17 Hier soir j’étais invitée à un mariage entre une allemande et un kashmiri, très simple, mais très sympa. Le whisky coke tournait à flot… J’ai beaucoup papoté avec Latif, frère du marié, point de vue philosophie. Il tient un magasin de bijoux et autres souvenirs pour occidentaux dans un coin reculé du village, et vient d’arriver des montagnes. Souad et Pierre sont partis pour Cochin ce matin, et Sylvie et Vincent pour Goa puis Benares. J’ai retrouvé ma chambre, mon bureau, j’en profite, c’est bien cool le hamac, mais l’intimité d’une chambre, c’est bien aussi… Je vais préparer mon courrier pour lundi…

Dimanche 18. Tu parles, j’ai quasi rien fait… La faute à "Crazy Lazy" la chanson de Beverley Jo Scott. Dans l’après midi je crois Latif et vais boire un thé chez lui. Waouh, quelle caverne d’Ali Baba… Je flashe sur les statues en bronze de Bouddha, Tara, et autres déités, sur les bijoux, les colliers de turquoises et de corail et bagues ou broches assorties… Son kashmiri chaï est un délice, je lui emprunte une dizaine de shiloms pour essayer de les vendre avec un bénéfice, et je vais à Kudlee beach. …/… Mardi 20. Toutoubidou ! J’en ai vendu 8! Je me suis fait 1100 roupies de bénéf.!!! Le pied. Je suis retournée chez Latif hier, j’en ai repris une dizaine et lui ai filé les sous de ceux que j’ai vendu. J’m'écoute une cassette de Om chanting, je viens d’aller méditer et remercier les dieux de la terre au petit temple qui surplombe la plage. Il est tout petit ce temple mais je l’adore, peu de visiteurs s’y rendent. La vue sur l'immensité de la mer y est sublime... Le brahmane gardien du temple commence à me connaître, il ne me pose plus les sempiternelles questions et me laisse à mes rêveries…

Mercredi. Ce matin j’ai revu deux des mignons jeunes hommes qui se baignaient à Jog Falls. Adam est australien et son ami Craig, avec qui il voyage, est celui au sourire à la Jack Nicholson... Il vient de Durban en Afrique du Sud. Nous prenons notre petit dèj’ chez la sister ensemble, et je leur propose de venir voir s’il reste des chambres chez Mabla. "../...
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SA Sawaddeekha Veteran ·
Le premier truc que j'ai fait ce matin c'est me jeter sur VF, au lieu de me jeter sur mon boulot -- heureusement il fait calme !

J'adore tes récits et me voilà au nombre de ceux qui attendent la suite avec impatience ... 😇
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.
PA Parvat Globetrotter ·
Sawaddeekha, kop khun maak kha 😎

Voilà la suite!

"Celle juste à côté de moi est libre. Ils installent leurs affaires dans la petite chambre, et déplient leurs hamacs, quasi à côté du mien. La terrasse devient un peu comme un arbre de Noël avec tous ces hamacs qui pendent un peu partout. Déjà ceux de Françoise et Bertrand en plus du mien, et maintenant ceux de Craig et Adam, c’est vraiment gag à voir. Le mien est blanc - crème, mais d’autres sont bicolores orange et bleu ou vert et jaune. Nous sommes tous totalement relax dans nos jolis hamacs. Craig regarde dans ma direction. Me demandant à qui est ce qu’il peut bien faire ces doux yeux, ce ravissant regard et ce merveilleux sourire, je me retourne… Mais… Il n’y a personne derrière moi !!! Quoi ? C’est à moi qu’il adresse tout ça ? Mais il doit arrêter, J’ai 31 ans, lui 24 et ressemble à Brad Pitt comme deux gouttes d’eau… Un peu déconcertée, je pars prendre une douche… A peine de retour dans ma petite chambre, Craig vient me rejoindre…

Vendredi 30. Je ne sais par où commencer… La tête dans les vapeurs de… tendresse… Je ne vais pas détailler mes journées et nuits du début à la fin parce que bon quand même… ;o) (Il faudra attendre que mon livre paraisse Inch’Allah… :o)) Mais qu’est ce que j’aime la vie !!!! WAAAAAAOUH !!! Parfois nous nous réveillons au milieu de la nuit, et profitons de la mer tiède pour un bain sous les étoiles alors que tout le monde dort… On se câline et rêve devant le soleil qui pointe le bout de son nez, dans un dégradé pastel bleu orangé de toute beauté. D’autres fois, nous nous enfonçons dans la campagne et revenons rouge de terre des pieds à la tête… Ce n’est pas une belle histoire d’amour, mais une belle histoire de fesses… (et quelles fesses :o)) Adam est parti ce matin, Craig et lui pensaient continuer leur route ensemble, mais Craig préfère rester quelques temps de plus ici… Inutile de dire que je suis ravie !!! Aux anges !!! Le Nirvana n’est pas loin ! Il y a quelques jours, Giovanni est arrivé. Il enseigne le yoga depuis plus de 10 ans chez lui en Italie. En passant devant sa chambre, on le voit généralement dans des positions assez rocambolesques… Craig lui a demandé de lui donner cours de yoga, et hier nous avons commencé dès le réveil. Ca fait un bien fou. Encore ce matin pendant deux heures où Francisco et Wailin nous ont rejoint. Je suis à Kudlee beach en train de me faire dorer, je temps à autre je pratique l’un ou l’autre ‘asana’ (position de yoga). Tout à l’heure, sur le chemin pour venir à Kudlee, je m’étais arrêtée pour me restaurer, et je revois Trévor, que j’avais rencontré à Phnom Penh l’année passée !!! Trop délirant, qu’est ce que le monde est petit… J’adore cette ambiance, comme si nous étions tous frères et sœurs membres d’une même famille, la famille humaine..."
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SA Sawaddeekha Veteran ·
(soupir) ... ça fait rêver tout ça ...

😛
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.
PA Parvat Globetrotter ·
J'te raconte pas comme je rêve en réecrivant tout ça, célib' et de retour au pays... Aaaargh soupir... 😊😏
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PH Phil64 Globetrotter ·
Moi je l'ai vu !!!

L'article avec la photo de notre Parvat, brezilian beauty in ze hamac....🙂 vous n'aviez qu'à venir à Bruxelles ce WE !!!! 😉 et toc !

Parvat, ça y est je viens de rattraper mon retard sur ton carnet, je lis ça differement puisqu'on se connait un peu maintenant, je t'imagine mieux dans ce 1er voyage... j'attends la suite avec impatience...

Gros gros bisous
Phil Voyages du bout de mon pinceau...
PA Parvat Globetrotter ·
"Craig est parti à Margao aujourd’hui, changer des tunes. Je m’écoute une cassette de Om Chanting et suis sur un nuage, je plane, heureuse… En plus j’ai reçu une lettre de ma chère Jeanique ! Je m’empresse de lui répondre… J’espère que la vie est aussi belle pour elle que pour moi ! Elle me raconte l’anniversaire de son p’tit bout qui vient d’avoir 7 ans, et demain, c’est l’anniversaire de Panangaya, le fils de la maison qui lui aussi a 7 ans. Avec Françoise, Irit et Nathalie on fait une collecte, et nous allons au village chercher de quoi lui offrir des petits cadeaux. Ca change des courses habituelles, les commerçants sont tout plein de gentillesse quand on leur dit à qui on destine tout ça. Nous achetons une grande boite de crayons de couleurs avec du papier, une nouvelle balle de criquet, une casquette, et une balle magique. En rentrant nous faisons semblant de rien, et lui est tout fou en pensant à sa journée de demain… Sa sœur Smita a un an de moins, nous ne l’avons pas oubliée et bien que ce ne soit pas son anniversaire, nous lui avons acheté un costume pour sa poupée. Ils ont encore une petite sœur, Spourti, mais elle est encore trop petite pour sortir au soleil, c’est rare quand nous l’a voyons. …/… Je sors d’un petit bain de mer. Je chantonnais Stairway to Heaven, nageant au loin et me laissant revenir sur la plage, shanti shanti avec la marée, toujours flottant sur le dos…

3/2 Dès que nous avons fini nos deux heures de yoga quotidien et que nous avons vu Gananpaya, nous lui avons tous chanté un Happy Birthday en lui offrant les cadeaux bien emballés de papier coloré. Il était vraiment ému, tout mignon. Craig est rentré hier soir, belle surprise, je ne pensais le voir qu’aujourd’hui. Il m’a réveillée je vous dis pas comment… Il m’a fait de jolis compliments, sur mes formes, mon visage, j’ai fondu ! ;o) Moi qui suis parfois stupidement mal dans mon corps, qu’est ce que c’est agréable de recevoir de tels gentils mots par un superbe jeune homme… C’est vrai qu’en deux mois, j’ai pris de jolies couleurs et perdu qques kilos, toutoubidou :o) 6/2. Nous sommes souvent collés l’un à l’autre donc j’oublie un peu mon journal… Mais les journées se passent, se ressemblent mais ne sont jamais les mêmes. Après un café, Giovanni nous enseigne tous les jours le yoga pendant au moins deux heures, ensuite nous attendons un peu avant de prendre une douche, un bain de mer ou le p’tit dèj’ chez Sister Souvarna, le temps pour nos corps de se reposer. Enfin, entre les douches, les visites chez Souvarna et les bains de mer, nos corps n’ont pas fini de bouger… En plus Craig, chez lui à Durban faisait du Kick boxing, et comme l’entraînement lui manque le voilà pas qu’il m’a demandé hier soir de faire du kick boxing avec lui !!! Il est fou !!! Il a pas voulu que je dise non ! Et pas 5 minutes, bien une heure !!! Ensuite bain de mer, waouh… Ca crève cette kick boxing… Et lui est toujours en forme ! Je ne vais pas m’en plaindre mais bon… Trévor, l’australien rencontré à Phnom Penh et revu la semaine passée, vient de passer me dire bonjour… Il était tout gentil adorable. Et Craig est tout calme… 8/2. Emma, une chouette anglaise installée à Kudlee depuis deux mois, est venue hier après midi et a passé la nuit ici. On vient de finir nos cours de yoga… Je suis naze… Entre le Yoga, Craig, les bains de mer et le kick boxing, comme mon corps se donne à fond, pas étonnant que je sois crevée… J’écoute Gananpaya réciter ses leçons avec son grand-père, qui est bien sévère avec lui ! Pas question de se laisser distraire s’il veut devenir un bon Brahmane. L’est marrant le grand père… Tout maigrelet, sa cordelette de Brahmane bien visible autour du torse, les cheveux bien blancs, courts et aussi nombreux que ses rides sur son visage dur et basané. Il habite une petite maison dans la rue principale du village, alors que sa femme est toujours chez leur fils. La grand mère est toujours pieds nus le dos courbé, son sari mis n’importe comment, elle s’en fout de laisser entrevoir ses seins plus vraiment fermes du tout… Pour voir quelque chose, elle est obligée de porter une affreuse paire de lunettes à verres aussi épais qu’un pare brise. Mais c’est rare quand elle les porte… Je viens de recevoir une lettre de Garry, il me dit que je suis toujours la bienvenue chez lui quand je le désire, et qu’il espère vraiment m’accueillir. Il me raconte ses balades dans la féerique nature autour de Cairns, dans la ‘tropical rainforest’, et je lui raconte l’anniversaire de Gananpaya, ma photo dans le journal etc… Craig est parti quelques jours à Om beach, après Kudlee. Je vais aller me chercher un banana pineappleshake chez Sister Souvarna…"
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
SA Sawaddeekha Veteran ·
Mmmm il était bon le banana pineapple shake ?
"If you look like your passport photo, then in all probability you need the journey" - Earl Wilson.
PA Parvat Globetrotter ·
"Souvarna et moi devenons vraiment de chouettes copines ! Elle me gâte et me fait goûter ses crèmes à la glace toutes fraîches qu’elle fait elle-même, certaines agrémentées de noix de cajou, d’autres de morceaux d’ananas… On papote, elle me raconte que d’un côté, sa famille la presse pour qu’elle accepte un des nombreux prétendants qui viennent la demander en mariage, d’un autre, elle gagne bien sa vie avec le petit resto, et aide financièrement sa famille. De plus, elle n’a pas trop envie de se caser tout de suite, elle aime son indépendance, et son sourire d’or (la signification de son prénom), est ravageur et fait marcher la boutique du tonnerre ! Je reste souvent plus d’une heure ou deux, j’adore cet endroit, j’adore Souvarna. L’intérieur est petit, deux fenêtres et juste quelques tables de bois, deux bancs et 6, 7 chaises. Dehors, un genre de banc en béton est soudé au mur du resto. J’aime beaucoup y rêver, la vie qui passe est fabuleuse… Une paysanne d’une tribu particulière déambule sur la terre rouge du chemin, elle porte un fin sari vert aux bordures dorées, d’une manière très typique, accroché par un collier raz du cou, ce qui laisse les épaules, les bras, et le dos nus. Elle doit sans doute avoir autour de 40 ans et ses muscles sont fermes, sous sa peau bronzée on les voit distinctement travailler sous l’effort. Ses seins sont à peine recouverts du sari. Elle porte un énorme panier d’osier sur sa tête, qu’elle retient d’une seule main. Sa démarche est belle et élégante… Quel corps musclé… 9/2. Hier soir alors que je jouais dans les vagues, je me suis chopée je ne sais quoi dans l’oreille, elle bourdonne sans arrêt, pas cool, tant pis, ça passera bien petit à petit. …/… Je reviens de chez le toubib, je ne peux plus mettre ma tête dans l’eau… Mert’ alors moi qui n’arrête pas de faire la planche sur l’océan tellement j’aime ça… Kate et Phil, un couple d’irlandais arrivé la semaine passée, me font flipper… Il n’y a plus de place sur l’Europe par Koweit Airlines avant deux ou trois mois !!! Mais comment vais-je faire ??? Trévor me dit de téléphoner à Mac à Phnom Penh, c’est un ami commun et il a peut être du boulot pour moi dans son resto. Nous allons donc dans un phone shop, et je tel à Mac…. J’essaie toujours de porter une salwar kemiz quand je vais au village. J’aime ressentir le respect des indiens, c’est tellement différent que quand je porte des vêtements occidentaux ! L’homme qui tient le phone shop est lui aussi adorable. Chaque fois que je passe dans la rue et qu’il me voit, nous nous adressons un respectueux ‘Namaskar’. Parfois j’oublie que j’ai la peau blanche tellement les habitants sont accueillants ! …/… Toutoubidou !!! Mac m’accueille quand je veux, et bien sur qu’il a du boulot pour moi ! Je suis aux anges !!! Faut plus que je me trouve de quoi m’acheter un aller simple pour le Cambodge… J’ai encore un peu de sous, mais vraiment un peu…

10/2. Réveillée par Craig ! « Hello Bokkie, come with me to Om Beach, it’s like a paradise… » Je termine le café qu’il m’apporte au lit, fait un p’tit sac avec deux ou trois sarongs, ma brosse à dent, savon, un tee shirt, et hop on est parti. Om beach se trouve à 2h de marche d’ici. Nous ne passons par la plage de Kudlee, mais nous traversons des sortes de dunes, empruntons un petit chemin à travers des champs de maïs, de coton, des rizières pas très vertes à cause du manque de pluie. Au détour du petit chemin, un chaï shop semble perdu au milieu de nulle part. On s’arrête et buvons un chaï… Deux indiens papotent et fument des beedies à l’ombre de la petite échoppe tout en bois. Nous arrivons à Half Moon beach, déserte, juste une maison vide et cadenassée est cachée sous les palmiers. Un petit break dans l’eau, nus comme des vers, dieu ce que j’aime l’océan… Et encore mieux avec un bel homme prés de moi, personne d’autre que nous sur cette jolie plage de sable fin… Nous continuons notre chemin vers Om beach derrière la colline…"

Photos attachées: Sister Souvarna m'apportant un fruit muesli :) La paysanne qui passe en sari vert Le guest house ou je suis depuis début décembre, vue de la mer...
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
FA Fabricia Globetrotter ·
... et des glaces parfumées au fruit de la passion ?

Toutes ces choses ont un goût de paradis, Parvat : le Jardin des Délices... et les si jolies Indiennes dans leurs beaux saris, même les plus simples ont une allure royale.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Parvat Globetrotter ·
Oh que oui c'était pour moi, un jardin des délices...🙂

"Nous traversons une forêt de pin, d’eucalyptus et de je ne sais quoi. Le minuscule chemin n’est pas évident du tout. Nous faisons hyper gaffe pieds nus dans nos flip flaps. Qu’est ce que c’est beau !!! La mer entre les branches d’arbres de toutes sortes, le soleil qui tape entre les feuilles, le cris des oiseaux et d’un groupe de singes, dont je ne suis pas à l’aise de traverser et qui nous barre la route. Craig me prend par la main et les éloigne de son bâton. Un peu après nous arrivons enfin à Om beach, elle est bien comme son nom l’indique, en forme d’un joli Om… Magnifique… Je trouve pas de mots. Un petit resto a été construit récemment où un seul robinet distribue de l’eau douce pour toute la plage. Craig a la cabane d’un copain qui vient de partir, il l’a fabriquée en branches de palmiers et bouts de bois. Le sable est recouvert d’une bâche, ainsi que les feuilles formant le toit. Ce n’est pas bien grand, mais nous n’avons pas besoin d‘un château non plus, le ciel est notre toit ! Le monde est notre château…

Nous ne sommes pas plus d’une dizaine ici. La plage descend bien vite dans la mer, et à marée haute, les vagues sont énormes et peuvent être dangereuses… Prés des rochers tout à l’heure, je n’étais pas trop à l’aise quand même… La soirée se passe autour d’un grand feu sur la plage… Wailin est là, toujours avec son didjouridou, et il n’est pas le seul, deux autres voyageurs sont accompagnés de leur "didj’", ça donne un super génial petit concert improvisé… Craig et moi nous nous éclipsons dans la hutte, collés l’un à l’autre, son sac de couchage comme matelas et des sarongs au dessus de nous, je m’endors divinement dans ses bras, en regardant les milliards d’étoiles…

15 février. De retour au guest house de Mabla sur la plage de Gokarna. Nous retrouvons notre train train quotidien. Le yoga avec Giovanni le matin, et après un bain de mer, une douche; le traditionel fruit muesli de Sister Souvarna. Deux petites jeunes espagnoles de 20 ans craquent comme des folles sur Craig, ça le fait sourire, moi aussi. C’est vrai qu’il est très bel homme, un corps de rêve, très doux, des grands yeux forts bleus, ses cheveux blonds comme les blés, et son sourire Jack Nicholson… Je me demande toujours ce qu’il préfère chez une femme de 30 ans à une jeune de 20… Elles sont quand même plus jolies, et tout et tout, mais bon, je ne cherche pas à comprendre… Nous avons passé 4 jours superbes à Om beach, tout comme ici d’ailleurs mais c’est cool de changé de paysage un petit temps. J’ai perdu une flip flap dans la mer à Om beach, j’en ai trouvé une autre, mais c’est pas évident de marcher avec deux sandales différentes. J’ai encore halluciné sur le chemin du retour… Les paysans travaillaient dans les rizières devenues bien vertes par la petite pluie que nous avons eu droit une nuit (on a pas beaucoup dormi dans cette hutte cette nuit là !), les cocotiers un peu partout, le ciel tout bleu… J’ai ai encore pris plein les yeux… Je me régale d’observer la nature, les paysages merveilleux, si différents du pays du j’ai grandi… "
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)

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