Voyage de six semaines au Mexique
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

GR Greggig Regular ·
...de reprendre le compte rendu de ton voyage au Mexique évidemment! 😉
MI Michant Veteran ·
Bonjour Georges,

J’essaie de prendre quelques bonnes photos mais un couple de touristes arrive juste à ce moment et se plante devant le portail d’entrée et se mettent à admirer tout ébahis, la tête tournée vers le haut mettant très en évidence leurs grands chapeaux-brousse kaki ridicules.

Ah ces tourlos, quelle plaie! Promis juré, ce n'était pas moi qui m'étais planté devant le portail! Pourtant je porte aussi un "chapeau-brousse kaki ridicule" ! 😛😏

Sinon, j'attends (de retour d'Inde, moi aussi) avec plus ou moins de patience tes impressions sur Oaxaca! 😉
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mais avec une petite étape à Chiapa de Corzo avant d'y arriver!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Chiapa de Corzo

Nous trouvons les colectivos pour Chiapa de Corzo à l’arrêt des bus, là où nous avions été déposés venant de Palenque. La route vers Tuxtla Gutierrez est intéressante, nous traversons la montagne pour redescendre presque dans les plaines. Chiapa est encore à quelques 400 mètres d’altitude mais le climat est nettement plus chaud qu’à SCdlC. Nous sommes déposés à l’embranchement de Chiapa, ou plus exactement à quelques centaines de mètres. Avec la chaleur de mi-matinée, l’idée de faire de la marche à pied ne nous enchante guère mais heureusement, comme c’est dit dans le guide, il suffit de traverser la route – attention au trafic – pour attendre un colectivo allant à Chiapa. Simple comme bonjour.

La partie intéressante de Chiapa est minuscule. Il y a bien sûr l’embarcadère sur la rivière Grijalva qui est très belle. Mais le bateau, ce sera pour demain. La grande place centrale est …. grande, et assez déserte, et disons le assez stérile. Le monument La Pila tant vanté qui s’y trouve au milieu a été construit en 1562 dans le style Mudéjar. Si j’ai bien compris, c’était une fontaine mais l’eau ne coule pas. Il n’y a rien de tel pour décevoir un visiteur qu’une fontaine à l’arrêt, c’est comme une cascade qui s’avère être à sec quand on y arrive après des heures de marche. Donc, ça ne nous arrête qu’une dizaine de minutes, le temps d’essayer mon zoom sur deux Indiennes assises sur la place. Les photos ne sont pas très bonnes mais font tout de même bien voir ces beaux habits à thèmes fleurals que les Indiennes affectionnent tellement.

Dans les alentours immédiats, on trouve le marché couvert, pas ce qu’il y a de plus sensationnel, et minuscule de surcroît, et aussi le couvent de Santo Domingo. Il a une belle allure, vu de l’extérieur (photo), mais pas de chance, il est en réparation et ne peut se visiter.

Comme nous avons décidé de faire l’excursion du canyon du Sumidero le lendemain matin, nous avons pas mal de temps à tuer et nous décidons de nous rendre aux ruines qui se trouvent à 2 kms à l’est de la place centrale, ce qui ne devrait pas trop nous tuer. Les rues sont assez désertes, il fait déjà bien chaud et les gens restent chez eux, ça se comprend bien. Quand nous arrivons au Parc Archéologique, mauvaise surprise, on ne peut y entrer. Les femmes qui sont en train de casser la croûte derrière les grillages nous expliquent que c’est pour cause de réparations, suite à un séisme. Nous pouvons juste apercevoir quelques monticules qui ne semblent pas être aussi excitants que Teotihuacan ou Palenque, mais il faut savoir que c’est très vieux. Le site de Chiapa a été occupé depuis au moins 3500 ans et devait être un lieu de passage commercial et culturel entre diverses cultures indigènes - Olmèques, Zoque et Mixte, et plus loin encore les cultures de l’Amérique Centrale.

Le soir venant, nous nous retrouvons fatalement aux alentours de l’embarcadère. Il n’y a vraiment pas beaucoup de choix pour les restaurants. Le temps et la rivière coulent tranquillement….
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Chiapa de Corzo – Le canyon du Sumidero

Avant d’attaquer la nouvelle journée, je colle 2 photos de Y essayant hier soir une robe qu’une femme Tzotzil essayait de nous vendre, alors que nous étions dans un des quelques restaurants surplombant la rivière. C’est pour illustrer, une fois de plus, la beauté de ces textiles de toutes sortes qu’on trouve au Mexique. Les broderies florales se détachaient magnifiquement sur le fond noir de la robe 😎 (du coton ou de la laine, je ne me rappelle pas). Je dois dire que nous étions bien tentés de l’acheter, et à un prix très modeste.

Malheureusement, nous avions trouvé que la robe était un peu courte et la femme n’en avait pas d’autre. Cela me paraît étrange avec le recul du temps et maintenant que je vois les photos : la robe est bien seyante, non ? Nous étions peut-être trop sous l’impression, justifiée, que les Indiens sont le plus souvent assez petits … et pourtant Y n’est pas une grande personne ! Nous avons fini par acheter une jolie blouse (avec fleurs évidemment) pour 200 pesos. Ah, le dîner nous a coûté 415 pesos, c’était du poisson et des crevettes et c’était bon, arrosé de 2 ou 3 coronas. 😛

Après avoir pris un petit déjeuner matinal (200 pesos à deux), nous achetons nos billets pour l’excursion du fameux canyon : 250 pesos par personne ce qui est assez cher pour le Mexique. Mais nous attendons, et attendons, et attendons ….. Une heure passe, nous sommes toujours tout seuls et la lancha ne partira que quand il y aura assez de passagers. 🙁 Il y a de la place pour une bonne douzaine de personnes là-dedans !

Un touriste étranger arrive et patiente comme nous. C’est un Franco-Espagnol de Ronda, en Andalousie. Nous bavardons sur l’Andalousie, que nous aimons beaucoup. D’autres touristes arrivent, deux ou trois couples de Mexicains de Californie. Toujours pas assez nombreux pour lancer la lancha à l’eau, et il commence à faire chaud…. Nous négocions un supplément de 100 pesos chacun 😕 pour pouvoir commencer enfin notre excursion.

C’est peut-être le moment de parler un peu de cette rivière Grijalva. Elle tient son nom de l’un des premiers conquistadors Espagnols, Juan de Grijalva, qui était si je ne m’abuse l’un des compagnons de Hernán Cortés. Les noms locaux de la rivière sont Tabasco (ou Tavasco ?), comme l’état Mexicain du même nom, mais aussi Rio Chiapa ou Rio Mezcalapa. Sa source se trouve au Guatemala. L’un des restaurants de l’embarcadère de Chiapa de Corzo affiche une carte intéressante de l’état de Chiapas, où on voit bien comment la rivière coule dans une direction sud-est / nord-ouest, suivant l’orientation d’une cordillère traversant la frontière avec le Guatemala. La rivière débouche sur le Golfe du Mexique en aval de Villahermosa. Villahermosa où nous avons pu observer toutes ces eaux depuis notre avion, arrivant de Mexico…. Sur la carte, je montre (grossièrement) cette configuration du sud du Mexique.

Vous allez me dire : pourquoi ennuyer les gens avec tous ces détails ? Premièrement, ces détails m’intéressent beaucoup, j’écris suivant mes recherches personnelles et si cela ennuie les lecteurs, ils n’ont qu’à sauter au paragraphe suivant. Deuxièmement, cette rivière Grijalva est d’une importance fondamentale à plusieurs titres, en particulier en ce qui concerne l’histoire du Mexique et de l’Amérique Centrale. Elle formait plus ou moins une frontière entre l’empire Aztèque et les territoires Mayas (sans parler des autres groupes Indiens, c’est pour faire simple). Et plus loin dans le passé, elle a sans aucun doute facilité les échanges commerciaux et culturels entre toutes ces régions.

Revenons au canyon. Nous passons sous le grand pont enjambant la rivière, c’est la route vers Tuxtla Gutierrez. Après un point de contrôle (l’entrée du « parc »), nous entrons dans le gros du canyon, et oui, c’est impressionnant. Les falaises sont raides de chaque côté et atteignent à certains endroits plus de 1000 mètres de hauteur ! 😮😎

Nous nous arrêtons quelques instants sur le bord pour observer une famille de singes « araignées », qui se laissent paisiblement photographier. Un nombre d’oiseaux se perchent sur l’abondante végétation qui flotte pour pêcher. Il y a d’ailleurs bien plus que la végétation qui abonde, il est malheureusement impossible de ne pas remarquer les détritus de toutes sortes, charriés par la rivière. Nous sommes à l’ère du plastique, beûûh….. 😠

La sortie du canyon débouche sur une grande étendue d’eau, le réservoir du barrage de Chicoasén. Le paysage est vert et agréable à l’œil. Avant de faire demi-tour, nous faisons un arrêt rapide : on offre des boissons fraîches, de 2 ou 3 barques. Vu la chaleur, c’est tentant. Je prends une michelada pour 50 pesos (!), que je regrette quelques minutes plus tard. C’est un mélange de bière et de je ne sais trop quoi et c’est assez dégueulasse. 🙁 Pas mieux que les micheladas que j’avais essayées l’année précédente en Colombie.

En tout, la balade a duré plus de 2 heures. Le trajet faisait bien dans les 20-30 kms. Nous arrivons à Chiapa fatigués par la chaleur. Y m’en veut parce que je n’avais pas pensé à acheter une crème solaire et elle a pris un petit coup de soleil 😊 : l’horreur pour une Thaïe qui, comme tous ses compatriotes, est constamment angoissée par le teint foncé de sa peau !

Sur la place centrale, nous avons du mal à trouver de la place dans un colectivo pour Tuxtla Gutierrez. Il est midi, il y a beaucoup de monde et il fait un soleil, je ne vous dis pas ! En route : 30 pesos pour tous deux, ce n’est que 10-12 kms plus loin. A Tuxtla, nous prenons un taxi pour traverser la ville (60 pesos) jusqu’au terminal routier où nous attendons quelques heures notre bus pour Oaxaca.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca - Arrivée

Nous avions réservé nos billets de bus pour Oaxaca dans un bureau à SCdlC. On trouve ces bureaux dans toutes les grandes villes, ce qui est pratique quand on n’est pas trop sur avec l’internet. Le bus de nuit nous avait coûté 1720 pesos pour deux, soit 40 Euros par personne, une dépense non négligeable mais puisque ce n’est pas tous les jours, hein ? Nous n’avons plus qu’à attendre au terminal de Tuxtla…

C’est là que nous rencontrons cet Espagnol, que nous prenions tout d’abord pour un Mexicain, qui lui va à Guadalajara rejoindre son amie Mexicaine. Il semble avoir une certaine expérience du pays, et dit beaucoup de bien de Guadalajara. Authentique, pas de tourisme excessif. Il explique aussi que nous ne sommes pas, lui et moi, des gringos mais des güeros (ou weros). Le terme désigne une personne de teint clair (par opposition aux morenos de teint foncé) et dont les cheveux sont en principe blonds ou châtains, mais cette seconde condition ne semble pas être nécessaire en pratique. Assez clair de peau au départ mais avec le hâle léger que j’ai développé au long de tant d’années passées sous les tropiques, je rentre parfaitement dans cette catégorie et ne tranche pas trop comme étranger dans la foule.

C’est un bus de nuit. Espérons que la circulation soit fluide et qu’il n’y ait pas de véhicules gênants. Sur la route de SCdlC à Chiapa de Corzo, j’avais remarqué ces panneaux recommandant aux véhicules sans freinsde « suivre la ligne rouge » dans les descentes : « Vehículos sin frenos siguen la raya roja », et aux autres véhicules de laisser passer les véhicules sans freins : « Cedan el paso a vehículos sin frenos ». Rien de tel pour mettre les voyageurs en confiance !

Heureusement, la circulation est confortable, et en prime il n’y a même presque aucun de ces satanés « topes » qui nous avaient tant indisposés entre Palenque et SCdlC ! Le lever du jour nous trouve dans les dernières montagnes avant Oaxaca. Un petit taxi et nous voici arrivés à l’hôtel.

Raconter Oaxaca va être une tâche ardue. Il y a tellement à voir et à faire ! Nous y passons plusieurs jours : je propose de suivre simplement le fil de quelques photos au fur et à mesure que je les ai prises.

Nous sommes à quelques jours du fameux Día de Muertos et ça se remarque immédiatement. Il y a nettement plus de touristes étrangers que nous n’avons vus jusqu’ici, à l’exception de Teotihuacan. Le Día de Muertos à Oaxaca n’est pas encore complètement devenu une fête de gringos, comme la fête de Songkran est devenue une fête de « Farangs » à Bangkok, mais la tendance est claire.

Partout dans le centre ville, on voit des squelettes de toutes sortes, souvent disposés en décors cocasses pour que les badauds y prennent des photos souvenirs. Il y a foule partout, devant la cathédrale (photo) comme ailleurs.

Une chose qui saute aux yeux très vite, c’est qu’il y a une vie artistique vibrante dans cette ville. Quelques photos prises au Jardín Labastida, non loin du Templo de Santo Domingo, montre la diversité de tableaux et autres objets d’art en quête d’acquéreur.

Mais il n’y a pas que du moderne à l’offre. Sur le trottoir, cette vieille Indienne a étalé plusieurs blouses aux brodées magnifiques. Un couple d’Américains qui se disent connaisseurs de l’art indigène local sont ébahis. Ils disent qu’il est rare de trouver en ville les produits artisanaux de ce village en particulier (San Pedro Ixtlahuaca si je me rappelle bien). Nous nous contentons d’admirer la qualité du travail et laissons les Américains qui eux semblent décidés à faire un achat.

Voilà pour une première impression sur Oaxaca. Il me faudra plusieurs pages de plus pour « éponger » mes souvenirs de cette ville. A bientôt pour la suite !
FR Frmi31 Veteran ·
J'ai ramené beaucoup de chose du Mexique mais jamais je n'ai marchander car il faut bien que les gens vivent
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'ai ramené beaucoup de chose du Mexique mais jamais je n'ai marchander car il faut bien que les gens vivent

Bonjour Marie-Françoise,

C’est noble de ta part, mais pas nécessairement la meilleure attitude non plus. Certes, je ne suis pas pour discuter les prix jusqu’au dernier peso (ou roupie, ou baht etc). Il y a des gens qui se croient malins en marchandant comme des chiens, je ne suis pas de ces gens-là.

Mais un brin de négociation, avec le sourire, ça fait aussi souvent plaisir aux gens qui vendent leurs articles dans beaucoup de ces pays « exotiques », où les prix ne sont pas bien fixés au départ de toute façon. La négociation fait complètement partie du mode de vie des gens.

Le tout est de savoir où s’arrêter, s’il y a résistance ferme de l’autre côté par exemple. Et puis, on ne discute pas des prix pour des petits articles. L’idée ne me viendrait jamais d’essayer de rabattre le prix du kilo de mangues que j’achète dans la rue au Mexique, ou en Inde, ou en Thailande ! Mais chaque fois que je prends un transport local, par exemple, je demande le prix au départ et 9 fois sur dix j’essaie de le faire baisser (bien souvent le prix demandé est gonflé d’entrée parce que je suis un étranger).

Je suis bien d’accord avec toi que les gens ont aussi besoin de vivre et je ne suis pas radin avec ceux que je rencontre. Savoir marchander est une autre affaire.
FR Frmi31 Veteran ·
On voit bien que vous vivez en asie!
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
FR Frmi31 Veteran ·
Pour moi vivant en France le Mexique n'a rien d'un pays "exotique"
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Le marché de Zaachila

Commençons par un détail pratique, celui du petit déjeuner. Nous avons essayé 2 ou 3 endroits différents et sommes bien tombés. Il y a par exemple le Rincón del Búho, sur l’Avenida de la Independencia, à 600 mètres du Zócalo et un peu avant Nuestra Señora de la Merced. C’est super propre, la nourriture est excellente et le service impeccable. Pour 220 pesos, nous nous remplissons bien tous les deux.

Nous voici repus : il est temps de passer au côté « aventure-découverte » de notre séjour ! Par « aventure », je pense à une version douce de la chose, hein !

L’un des nombreux attraits de Oaxaca, c’est qu’il y a plusieurs petites excursions sympathiques à faire dans les vallées environnantes. La ville est encerclée par les montagnes de la Sierra Madre et il y a de fait 3 vallées principales à explorer, ce qui donne des possibilités nombreuses.

Nous sommes jeudi, c’est le jour du marché de Zaachila, une petite ville située, dans la Valle Grande au sud de Oaxaca. Nous prenons le bus local (9 pesos pp) pour cette petite excursion d’une quinzaine de kms de Oaxaca. Sur notre gauche, nous passons l’aéroport international. Sur place, il ne faut que quelques minutes pour arriver au marché et là, c’est la surprise : il y a une animation effervescente.

Le marché est centré autour d’une petite place immédiatement repérable par sa fontaine originale : le bassin est appareillé de briques aux motifs géométriques typiquement indigènes, et est surmonté d’une statue représentant un Indien en grand apparat – son couvre-chef est assez extraordinaire. Nous nous asseyons sur l’un des bancs (« au Mexique, il y a des tas de bancs publics ») pour observer la foule. Je prends des photos de personnes bien typées, hommes coiffés de sombreros et vieilles femmes qui ressembleraient presque à des vieilles femmes du pourtour méditerranéen. J’ai l’impression que les indigènes de la région, surtout des Zapotèques si je ne me trompe, sont nettement plus clairs de peau que d’autres. Je leur trouve les traits de visages presqu’Européens (du sud). L’atmosphère est très conviviale, les gens sont décontractés et souriants. Le vieil homme assis à côté de nous nous adresse la parole et nous nous engageons dans une petite discussion agréable jusqu’à l’arrivée de son épouse, une mignonne mémé comme celles que je voyais dans les montagnes de l’Italie du nord quand j’y allais en vacances dans ma jeunesse.

Je mentionnais les sombreros : il y en a de beaux étalages si jamais il nous en fallait encore un. Mais il y a de tout par ici : dindons, fleurs, fruits, et on fait la tambouille à plusieurs endroits, on peut s’asseoir pour manger et boire un coup. Et que dire de ces pains joliment décorés ? Jamais vu ça avant !

Après avoir bien exploré le marché, nous nous dirigeons vers l’église de Santa María qui se dresse à une centaine de mètres du marché, il y a une volée de marches pour y aller. Non, ce n’est pas pour visiter l’église, une fois n’est pas coutume (nous en avons assez vues, des églises !), mais c’est pour nous rendre au site archéologique juste un peu plus loin. Je suis bien conscient de ce que Zaachila ait un intérêt archéologique, c’était un centre important de la culture Zapotec, plus ou moins contemporain de la période de Monte Alban (qui ne se trouve qu’à quelques kms). Mais pour le dire franchement, nous aurions pu faire l’économie des 45 pesos que l’entrée nous coûte (par personne), donc une dépense totale de 4-5 Euros, parce qu’il n’y a pas vraiment grand-chose à voir à part un monticule. Les 2 tombes enfouies sous le monticule se visitent mais ça ne prend qu’une minute : il n’y a rien de vraiment frappant. Mais pas de regret, nous avons fait une modeste donation pour les efforts de recherche et de restauration du patrimoine du pays. Et puis l’endroit est très vert et agréable, agrémenté de beaux spécimens de cactus et de fleurs.

Sur le retour vers le marché, l’église de Santa María sedécoupe dramatiquement sur un ciel lourd de nuages.

Nous prenons un taxi collectif pour retourner à Oaxaca (17 pesos pp). Le soir, nous flânons du côté du Templo de Santo Domingo. Dans l’une des rues adjacentes, nous trouvons un petit restaurant minuscule où nous mangeons des tlayudas (125 pesos à deux). C’est une découverte : délicieux ! 😛

Une petite note sur les quelques marchés à voir autour de Oaxaca. Comme ils se tiennent à des jours différents et en général un seul jour donné de la semaine, le voyageur qui aurait l’intention de tous « les faire » aurait à séjourner une semaine entière à Oaxaca. Ce qui n’est pas difficile d’ailleurs, vu qu’il y a tant de choses à faire et à voir dans cette ville extraordinaire. Mais bien sûr, ce n’est pas jouable pour les « excités du calendrier », ceux qui veulent « faire le Mexique » en 10 jours….
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Le Templo de Santo Domingo de Guzmán

S’il y a une visite à faire à Oaxaca même, c’est à mon avis celle du Templo de Santo Domingo de Guzmán. Un exemple magnifique du style baroque Mexicain, cette église a été fondée par l’ordre Dominicain au milieu du 16-ème siècle. A l’intérieur, on est saisi par l’exubérance de l’ornementation, pour laquelle plus de 60,000 feuilles d’or ont été utilisées. 😇 Les voûtes, que dire ? Voyez simplement les photos et jugez par vous-mêmes. Personnellement, nous avons trouvé le tout absolument stupéfiant, renversant. Oui, c’est chargé, mais quelle beauté, quelle élégance ! 😎

Revenant vers le Zócalo, il y a plusieurs routes possibles, toutes les rues du centre ont quelque chose d’intéressant. Ici, une maison bien coquette. Là, une entrée peu banale : la « Calaveras Old School », soit la « Vieille Ecole des Crânes ». La peinture murale à droite de la porte ne laisse aucun doute sur le thème favori de l’endroit. Au hasard de plusieurs détours, nous arrivons aux abords du Mercado Benito Juárez. Il y a un peu de désordre comme sur tous les marchés, mais c’est loin d’être aussi sale que ce qu’on voit souvent en Inde (puisque nous en revenons tout juste).

Et naturellement, nous retombons sur le Zócalo. Il n’est pas possible de prendre de photo d’ensemble de la place, c’est trop encombré de toute part. Suffit-il de savoir que comme dans presque toutes les villes que j’ai vues au Mexique (et en Colombie), c’est un endroit particulièrement agréable où il fait bon flâner, et s’asseoir (oui, oui, vous le savez déjà : au Mexique, les bancs tralalala !) et regarder le monde passer.

Avec ça, il y a déjà moyen de passer le gros d’une journée tranquille à Oaxaca.🙂
MI Michant Veteran ·
Bonsoir,

Donc, en te lisant il y a de quoi passer une agréable semaine de découvertes à Oaxaca et ses environs. Entre Oaxaca et le Chiapas, qu'as-tu préféré?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonsoir,

Donc, en te lisant il y a de quoi passer une agréable semaine de découvertes à Oaxaca et ses environs. Entre Oaxaca et le Chiapas, qu'as-tu préféré?

Sans aucun doute! Je dirais que n'y aller que pour passer 3 jours serait extrêmement peu, mais au moins cela permettrait de 1) visiter la ville (le centre ville est faisable à pied mais on peut facilement y passer une journée entière), 2) faire une sortie (un marché voisin, ou bien Mitla et Hierve el Agua), et 3) visiter Monte Alban (extraordinaire, j'y viendrai).

Mais ce serait la course. Franchement, il faut consacrer au moins 4-5 jours sinon plus à cette ville et ses environs.

Quant à trancher entre Chiapas et Oaxaca, c'est difficile. Mais si on me pousse dur-dur, je donnerais la priorité à Oaxaca. Pourquoi? Parce qu'il y a tant à faire à partir d'une seule localité. Certes, SCdlC est sympa, il y a aussi des marchés indigènes aux alentours et le canyon du Sumidero peut se faire en excursion d'une petite journée à partir de SCdlC. Mais SCdlC est beaucoup plus petit que Oaxaca. Enfin, si on considère l'intérêt archéologique, Monte Alban est immédiatement à la sortie de Oaxaca tandis que Palenque demande 5-6 heures de transport pénible (donc pas une excursion qu'on fait dans la journée à partir de SCdlC, et retour).

D'autres auront bien sûr des opinions différentes!
FR Frmi31 Veteran ·
Le Mexique Colonial ne m'intéresse n'aime que les civilisations précolombiennes et les peuples actuels pas je
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
FR Frmi31 Veteran ·
Pardon mais ne sais m'exprimer autrement
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
MI Michant Veteran ·
Bonjour Georges,

OK, c'est vendu pour Oaxaca. Comme nous ne sommes ni des "excités du calendrier" (j'adore l'expression! 😉), ni des visiteurs marathoniens, nous consacrerons une semaine à Oaxaca qui allie héritage colonial et patrimoine précolombien. Merci encore pour ce carnet! 🙂

Michel
FR Frmi31 Veteran ·
J'ai l'habitude de ce forum ou le sport national est d'humilier l'autre ^pour le faire taire
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
JO Joss34 ·
J'ai l'habitude de ce forum ou le sport national est d'humilier l'autre ^pour le faire taire

C'est juste que tu as pour habitude de sortir des phrases condescendantes ou complètement hors-sujet alors que personne ne te demande rien. Tu n'aimes pas le Mexique "colonial" ni les églises catholiques parce que tu es protestante (NB: raisonnement à la con au passage), c'est ton choix, mais au final on s'en fout un peu. Par ailleurs désolé mais le Yucatan que tu fréquentes est très loin d'être authentique, c'est même plutôt l'usine à fric, et pour moi en forçant un peu ce n'est même pas vraiment le Mexique. Pour revenir au propos de l'auteur, Oaxaca mérite vraiment le détour, bien plus que le Chiapas selon moi.
FR Frmi31 Veteran ·
Chacun ses opinions et ses vacances
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Entretemps…..

Hmmmm, il y a de la dispute dans l’air, ces derniers messages….. 😠 J’espère que la gastronomie facilitera la réconciliation. Oaxaca a la réputation d’être un grand centre gastronomique du Mexique. Sans avoir visité les restaurants « chers », nous avons effectivement très bien mangé pendant notre séjour.

C’est un point personnel, mais cela fait partie de notre expérience du voyage : comme Y est Thaïe, cela présente parfois quelques problèmes quand il s’agit de l’alimentation. Je m’explique : d’une longue expérience des Thaïs, je crois pouvoir affirmer qu’en règle générale (ce qui permet quelques exceptions), ce sont des gens très peu ouverts aux cuisines différentes de la leur, et cela quelle que soit la classe sociale. Y ne fait pas exception. Il a fallu des années pour qu’elle commence à apprécier la cuisine Européenne (mais maintenant elle aime particulièrement les fromages !). Quand nous voyageons, il faut absolument, de temps à autre, qu’elle se réfugie dans un restaurant où elle puisse avoir du riz et du poisson, ou mieux : des crevettes.

Qu’à cela ne tienne, nous avons trouvé l’endroit idéal à Oaxaca. C’est au coin de Fray Bartolomé de Las Casas et Bustaramante, à 100 mètres du Zócalo, et ça s’appelle « Mariscos – La Red » (« Le Filet »). Ayant découvert ce restaurant « idéal » (du point de vue d’une Thaie), nous y sommes retournés plusieurs fois et nous n’avons jamais été déçus. Y a goûté toutes les recettes de crevettes, toujours avec du riz (photo), et en a été ravie. 🙂 Nourriture excellente, arrosée de quelques « Sol » bien fraîches, service aimable, clientèles sympathique (on bavarde facilement avec les tables d’à côté), et prix tout à fait acceptables (nous avons payé dans les 300 pesos à deux, soit 14 Euros).

Un autre point de repère, pour le petit déjeuner en particulier, c’est au coin du Zócalo, au début de la rue Miguel Hidalgo, et ça s’appelle Chili Guajili. J’y ai particulièrement apprécié les Tacos de Coloradito (100 pesos et servis avec un super jus d’orange, voir photo photo aussi d’un autre plat extra). C’est excellent, ça prend bien la bouche, surtout si on rajoute les petites sauces qu’on sert à côté. Ces petites sauces, détail amusant, Y les appelle « nam chim », ça lui rappelle exactement les petites sauces qu’on sert en Thaïlande. Ah, j'allais oublier: c'est aussi un bon endroit pour la wi-fi.

J’ai mentionné la « Sol ». Avec la « Corona » bien connue (pas le virus !), ce sont mes bières préférées au Mexique. Elles sont rafraîchissantes. 😛 J’ai goûté à quelques autres mais je n’ai jamais trouvé de bière vraiment excellente (j’avais la même expérience en Colombie). Je donnerai cependant une citation exceptionnelle à la bière « Indio », pour son nom d’abord, et pour cette édition spéciale « Bienvenidos – Edición Muertos » que je trouve assez cocasse (photo).

Ce qui nous ramène au thème central de notre séjour à Oaxaca, les festivités du « Día de Muertos ». Comment l’oublier ? C’est à tous les coins de rue. Le soir, par exemple, quelques visages bien typés parmi la foule qui s’ébat aux alentours de la cathédrale (photos). En revenant à notre hôtel, un peu en dehors du centre, nous tombons sur une fête locale. La photo est floue, à cause du manque de lumière (mon portable a ses limites), mais vous reconnaîtrez toutes ces cornes et masques de démons qui amusent tant.

Si jamais on voulait se mettre à la couleur locale, on pourrait ou bien se faire peindre le visage dans la rue, ou bien simplement s’acheter un masque, on en trouve partout.

Mais en dehors des squelettes et démons de tout acabit, il y a aussi l’animation un peu plus normale de la ville. Un soir, nous sommes attirés par la musique au milieu du Zócalo. Il y a tout un ensemble de musiciens performant sur le kiosque et ils sont super bons. Il y a une super atmosphère. 😎 Y se met à faire quelques pas de danse, au grand plaisir des spectateurs (elle impressionne toujours !). 😉 Nous lions conversation avec un couple d’Américains, des gens impeccables avec lesquels nous échangeons nos adresses respectives, mais comme cela arrive si souvent dans les voyages, on rencontre des gens avec lesquels on a des atomes crochus et malheureusement on se perd vite de vue…. 😐

Et les mercredis soirs, il y a un « danzón» entre le Zocalo et la cathédrale. Le « danzón « est une danse d’origine cubaine devenue très populaire au Mexique, mais cela semble être plutôt un bal populaire qu’une danse bien déterminée. Ce que nous voyons, ce serait plutôt de la salsa. Peu importe, les gens dansent ou regardent les gens danser. C’est relax et bon enfant. Ah, comme il fait bon vivre dans ce pays ! 🙂
MI Michant Veteran ·
Bonjour,

A propos du site archéologique de Zaachila, vous écrivez ceci:

Je suis bien conscient de ce que Zaachila ait un intérêt archéologique, c’était un centre important de la culture Zapotec, plus ou moins contemporain de la période de Monte Alban (qui ne se trouve qu’à quelques kms). Mais pour le dire franchement, nous aurions pu faire l’économie des 45 pesos que l’entrée nous coûte (par personne), donc une dépense totale de 4-5 Euros, parce qu’il n’y a pas vraiment grand-chose à voir à part un monticule. Les 2 tombes enfouies sous le monticule se visitent mais ça ne prend qu’une minute : il n’y a rien de vraiment frappant.

Ce que vous dîtes est confirmé par le Guide Vert, je cite:

« Que reste-t-il de la dernière capitale zapotèque, à part les pierres utilisées par les villageois comme matériau de construction et les morceaux de céramique ramassés par les enfants depuis des années? Le site se résume à quelques tumuli herbeux et à deux tombes mises au jour en 1962. »
FR Frmi31 Veteran ·
DUR dur ce confinement ::!!!!!!
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
ME Memphre Globetrotter ·
On ne va pas a Zaachila pour le site mais plutôt pour le marché.De mémoire il me semble que c.est le jeudi (à vérifier)
On met longtemps à devenir jeune...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
On ne va pas a Zaachila pour le site mais plutôt pour le marché.De mémoire il me semble que c.est le jeudi (à vérifier)

Le jeudi, c'est ça. Très chouette, le marché, et nous avons bien aimé le contact avec les gens (mais où au Mexique le contact n'est-il pas super sympathique?).

Je continuerai ce carnet dans les jours qui viennent, mais entretemps j'ai fort à faire avec mon voyage de retour en Europe (visiter ma mère qui a bien besoin de mon soutien vu la situation). Ce qui se passe avec les vols ces jours-ci, assez problématique. 😕
FR Frmi31 Veteran ·
Les frontières sont fermés
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Les frontières sont fermés

Je viens juste de vérifier sur le site France-Diplomatie, https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-et-son-reseau/actualites-du-ministere/informations-coronavirus-covid-19/coronavirus-les-reponses-a-vos-questions/

Je cite:

"Retour en France

Je suis un ressortissant français actuellement en déplacement temporaire à l’étranger. Dois-je rentrer immédiatement en France ?

A/ Si vous êtes Français résident au sein de l’espace européen (Union européenne, espace Schengen, Royaume-Uni).

Si vous êtes Français ayant une résidence habituelle hors de France mais au sein de l’espace européen, nous vous recommandons d’éviter des déplacements intra-européens, même pour revenir sur le territoire national, à moins que des raisons impératives ne vous y contraignent. Si plusieurs frontières terrestres devaient être franchies pour regagner la France, des retours directs par voie aérienne devraient, dans la mesure du possible, être privilégiés.

B/ Si vous êtes Français ayant votre résidence habituelle en dehors de l’espace européen.

Nous vous recommandons, dans les 30 jours à venir, d’éviter autant que possible les déplacements internationaux, même pour revenir sur le territoire national, à moins que des raisons impératives ne vous y contraignent. Si vous jugez nécessaire de rentrer en France, notamment au regard vos conditions sanitaires, vous devez vous faire connaître de nos ambassades et consulats dès que possible."

(J'ai mis quelques mots en gras)

Ce sont des "recommendations", même si elles sont fortes. Cela m'étonnerait fortement qu'on refuse à un citoyen Français le retour au pays, surtout si c'est pour visiter des parents âgés.
FR Frmi31 Veteran ·
pOK dans le cas de ma fille qui vit a 5km elle devrait pouvoir venir nous rendre visite vu notre âge
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
pOK dans le cas de ma fille qui vit a 5km elle devrait pouvoir venir nous rendre visite vu notre âge

Je pense qu'il vaut mieux laisser tomber ce hors-sujet pour revenir (je le promets) au thème de départ à savoir le Mexique.
NI Nimou74 Veteran ·
pOK dans le cas de ma fille qui vit a 5km elle devrait pouvoir venir nous rendre visite vu notre âge

Je pense qu'il vaut mieux laisser tomber ce hors-sujet pour revenir (je le promets) au thème de départ à savoir le Mexique.

ouiiii 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – La Vallée de Tlacolula

Bien que la petite ville de Tlacolula donne son nom au district, ce n’est peut-être pas elle-même qui attire le plus les voyageurs dans la vallée qui s’étire à l’est de Oaxaca, mais Mitla et Hierve el Agua. J’y reviendrai mais commençons malgré tout par Tlacolula où nous sommes allés le jour du marché. Ce n’est qu’à 30 kms de Oaxaca et on y va facilement en bus en moins d’une heure (20 pesos pp). Le tuk-tuk pour aller de la route principale (c’est la Pan-American) au centre-ville nous coûte 15 pesos.

Arrivés assez tôt le matin et en attendant que le marché s’anime, nous allons voir l’église. Le portail d’entrée montre clairement l’influence indigène (ici Zapotèque), comme c’était déjà le cas à Chamula (voir le passage à SCdlC). C’est coloré mais assez sobre. Il semble que les motifs principaux soient un arbre de vie et un motif végétal répété au-dessus du portail, des fleurs peut-être. Tout cela contraste avec le style un peu plus « Européen » de l’intérieur, du baroque assez chargé (de l’argent partout). Nous ne sommes pas vraiment impressionnés, ayant déjà vu un grand nombre d’églises Mexicaines magnifiques.

A vrai dire, le marché ne nous excite pas trop non plus et nous n’y restons pas très longtemps. Nous aurions peut-être été plus intéressés si nous n’avions pas vu le marché de Zaachila auparavant ! Nous continuons notre route vers Mitla, une douzaine de kms plus loin, en taxi cette fois mais au coût modique de 50 pesos.

Nous errons un peu dans des rues désertes et pas très attrayantes, cherchant notre hôtel qui se situe près de la zone archéologique sur les hauteurs de la ville. De l’hôtel, nous avons une belle vue sur les montagnes environnantes (photo). C’est dans ces montagnes que se trouve Hierve el Agua.

Nous mangeons pour 185 pesos dans un restaurant très modeste, en fait nous sommes pratiquement dans une maison privée, juste au-dessus de toutes les boutiques qui se groupent autour des ruines fameuses de Mitla. Il y a des pièces artisanales sympathiques. Comme d’habitude, ce sont les textiles qui m’impressionnent le plus, voyez ces « tapis » hauts en couleurs exposés en dehors d’une de ces boutiques. J’ai l’habitude de ne pas me jeter sur la première boutique venue, et c’est plus loin, en dehors du « marché », que je trouve ce que je cherche. De la rue (le « Camino Nacional ») on voit ces « tapis » et ces chemises pendues à des fils dans la cour d’une maison. Ce n’est pas vraiment un magasin mais nous entrons un peu hésitants. Un jeune homme nous y reçoit et nous fait une démonstration sur un métier à tisser, tout en bavardant avec sa mère …. pas en Espagnol. Nous apprécions la sobriété et les couleurs non-criantes des « mantenes », en fait censés être des dessus de table mais cela pourrait servir à autre chose (couvre-lits, rideaux ?). C’est ce qu’on voit sur le côté gauche de la photo. Comment résister à la tentation ?Nousfinissons par en acheter 2 pour 400 pesos après un petit brin de marchandage. Si je ne me trompe, c’est à peu près la moitié du prix demandé ailleurs.

Puisque je parle des « mantenes », je dois mentionner Huizache, un magasin bien connu de Oaxaca situé à mi-chemin entre le Zocalo et le Templo de Santo Domingo. On y trouve absolument de tout et d’excellente qualité, et il y a du choix. Plus cher bien sûr mais c’est le Mexique, ça reste très abordable. Nous y avions vu plusieurs de ces textiles magnifiques et nous nous étions dit que « la prochaine fois ». Et oui, ce sera donc pour la prochaine fois, pour faire des rideaux dans la maison de Y en Isan.

Retour à Mitla. Les bus de touristes affluent en cours de journée. C’est pour ces fameuses ruines. Nous avons eu le temps de nous promener et de voir l’église de San Pablo, plantée au milieu des ruines justement et sans le moindre doute bâtie avec des pierres recyclées. Entouré de cactus impressionnants, c’est assez graphique. De l’entrée de la zone archéologique, nous voyons très bien ces ruines bien connues qui ont dû être photographiées des milliers de fois (la photo avec la touriste au sac à dos rouge). C’est tellement le style des ruines qui cernent l’église, et ce n’est pas vraiment très grand. Du coup, nous décidons de faire l’impasse sur la visite payante, et faisons la petite économie de 75 pesos par personne. Vous me direz que ce n’est que même pas 4 euros, mais tout ça se multiplie, s’additionne, au bout de 6 semaines ça finit par titrer ! Bon, je reconnais que nous avons été un peu pingre, hahaha !

Nous retournons à l’église. J’adore la façade sobre, belles pierres rose et crème. L’intérieur n’a rien de vraiment bouleversant mais je remarque tout de même la statuaire religieuse qui pour une fois donne des visages basanés aux saints et aux saintes. L’influence indigène, évidemment, et cela me fait plaisir à voir. La robe blanche de la Vierge est magnifique.

Le soir, nous revenons sur la place centrale, à la recherche d’un restaurant. Il n’y a pas une animation trépidante dans ce patelin, et il n’y a pas abondance de lieux pour s’abreuver ou se restaurer. Nous nous installons dans la petite salle de La Ofrenda, qui jouxte l’hôtel Don Cenobio. Notre dîner est très bon pour 400 pesos, et comme le service était agréable nous laissons un pourboire de 50 pesos au jeune homme tout étonné.

Sur le retour vers notre hôtel, nous tombons sur une fête qui bat son plein sur le parvis de l’église. Nous sommes les seuls étrangers. On nous offre à boire. Assis sur les marches à l’entrée de l’église, nous savourons l’atmosphère joyeuse. Je prends des photos avec mon portable. C’est la nuit et la qualité des photos est minable, mais les examinant de plus près je leur trouve un cachet de peinture à l’huile ou d’aquarelle qui n’est pas sans intérêt artistique. Et le flou cadre bien avec l’esprit mystérieux d’une fête payenne.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – La Vallée de Tlacolula : Hierve el Agua

Le lendemain matin, nous nous lançons pour l’excursion de Hierve el Agua. Là où nous nous trouvons, dans la partie « haute » de Mitla près de la zone archéologique, c’est à un bon km de la route principale. Nos bagages sont légers mais comme nous ne savons pas vraiment où trouver le transport pour Hierve el Agua, nous arrêtons un tuk-tuk. 5 minutes et 20 pesos plus loin, nous voici à un »arrêt » de colectivos. C’est sympa, les colectivos, l’ennui c’est qu’il faut attendre qu’il soit plein avant de partir. L’attente est longue, les « clients » arrivent au compte-gouttes. Enfin, nous sommes en route, accompagnés d’un couple de Franco-Français – je veux dire par là ce genre de Français qu’on rencontre assez fréquemment qui sont incapables d’aligner 3 mots corrects dans une langue étrangère – et d’un autre couple qui s’avère être des Québécois, ce n’était pas évident au départ car la jeune femme parle parfaitement l’Espagnol et pratiquement sans accent. J’ai toujours eu de bons rapports avec les Québécois et ceux-ci confirment la règle. Il s’avère que ces gens viennent 2 ou 3 fois par an au Mexique. Lui est photographe free-lance, ça donne une certaine liberté de mouvement.

Le colectivo prend la route la plus courte, une bonne douzaine de kms pour arriver à Hierve el Agua. Une fois passé Xaaga, un tout petit patelin, en fait de route ce n’est plus qu’une mauvaise piste non goudronnée et ça secoue bien dans le colectivo. Nous serpentons à l’assaut de la montagne que j’avais prise en photo la veille, de l’hôtel, et nous avons des vues superbes sur la vallée en-dessous de nous. Il faut une bonne demi-heure pour arriver.

Nous n’avons rien mangé ce matin, pas même pris un café, la priorité est de nous restaurer. Il y a quelques cahutes devant l’entrée du site. Nous nous installons là où nous pensons avoir la chance de manger qqc de correct. La tenancière s’affaire tant bien que mal pour allumer le feu sous la plaque où elle va nous faire des « tlayudas », la fumée âcre qui résulte de ses efforts nous repousse aussi loin que possible de la « cuisine ». Voyez la photo, vous conviendrez que ce n’est pas une installation à 5 étoiles ! Mais ce qui en sort, une dizaine de minutes plus tard, ce sont des « tlayudas » absolument délicieuses. Ce plat est tellement bon, je vous en donne la photo. Si jamais vous passez par Oaxaca, ne manquez pas d’essayer ! Avec 2 jus d’orange, excellents, moi et Y nous en sommes pour un total de 235 pesos, ce qui est un poil cher pour le Mexique mais c’était bon, pas de regret.

L’entrée du site nous coûte 25 pesos pp, ça c’est presque donné ! Malheureusement, le temps a passé gentiment et il est déjà bien 9 heures passées quand nous arrivons à l’endroit tellement vanté pour sa beauté. Oui, sans la moindre hésitation, je dirai que c’est très beau. Il y a tout d’abord comme deux piscines naturelles bordant une cascade, le tout formé par les dépôts calcaires des eaux qui lessivent la montagne. Et ça surplombe un paysage d’une beauté saisissante. On ne se lasse pas de balayer des yeux les montagnes qui s’étirent de tous côtés. Montagnes sauvages, on imagine avec un petit frisson ce que serait de s’y aventurer pour quelques jours. Un Mexique mystérieux, intouché, du moins intouché par l’envahisseur…. On pense à ces descriptions répétées des voyages de Castaneda avec ses mentors Indiens, les « brujos » Don Juan et Don Genaro – il y a toujours des montagnes à l’infini, dangereuses et pleines de « pouvoir ». Du moins ce que cet auteur a bien voulu en raconter, car il a été extrêmement disputé et l’accusation de fraude reste suspendue en l’air.

Nous ne sommes pas les premiers à arriver sur les lieux. Il y a déjà une bonne centaine de gens qui occupent les endroits les plus scéniques. Don’t en particulier une femme en maillot de bain plantée au bord de la cascade, en plein milieu de ce qui serait autrement un tableau sensationnel. Une fois de plus, ce problème des gens qui accaparent les sites et ne pensent pas aux autres. C’est comme ces gens aux chapeaux ridicules qui monopolisaient l’entrée de l’église à Chamula…. En plus, cette femme est loin d’avoir un physique avantageux, impossible de prendre une photo passable. Peut-être qu’un coup de PhotoShop ? Mais je ne suis pas fana des grandes manipulations de photos…. Enfin, après une longue attente, j’ai la chance de pouvoir faire quelques photos à peu près correctes.

Allons voir plus loin. Il y a un sentier qui mène effectivement à une autre cascade à quelques 500 mètres du site principal. Nous arrivons sur un petit bassin d’où l’eau sort en bouillonnant (façon de dire car elle est froide). Sur fond de montagnes vert sombre, c’est assez irréel. Le sentier continue, et descend en bas des cascades. Je le fais tout seul car Y commence à être fatiguée. D’en bas, la vue sur la cascade est saisissante, même s’il n’y a aujourd’hui aucune goutte d’eau. Qu’est-ce que ça doit être après une bonne pluie !

Nous revenons à l’entrée du parc. Plusieurs bus sont sur le parking, à l’attente de tous ces touristes qui sans aucun doute sont venus tout droit de Oaxaca. En fait, bien que je ne sois pas très chaud pour les circuits organisés, prendre un de ces bus venant de Oaxaca, c’est peut-être la meilleure formule, tant qu’on prend le premier bus. On est alors sûr d’arriver parmi les premiers visiteurs et de mieux profiter de l’endroit.

Nous prenons un colectivo pour retourner à Mitla. C’est 50 pesos pp dans chaque sens, j’avais oublié de le dire. Nous y rencontrons un Franco-Colombien très sympathique, Nicolas, qqn qui a bien voyagé. Il confirme ce que j’avais déjà entendu dire, à savoir que les Mexicains sont plus ouverts que les Colombiens. Il dit avoir passé des années à Medellin sans que qui que ce soit lui ouvre sa porte….

Nous attendons une bonne heure à l’arrêt de bus de Mitla, il n’y a pas grande fréquence de transport. Enfin, un bus brinquebalant, nous payons 20 pesos pp pour retourner à Oaxaca. Un taxi pour 60 pesos jusqu’à notre nouvel hôtel, tout près du Mercado Benito Juárez. En fin d’après-midi, après un repos bien mérité, nous allons nous prendre une margarita bien tassée sur le Zocalo (300 pesos) et pour le dîner, oui, vous l’avez deviné, nous retournons à La Red. C’est que Y n’y a pas encore essayé toutes les recettes de crevettes !
ME Memphre Globetrotter ·
une margarita bien tassée sur le Zocalo (300 pesos)

A ce prix elle devait être bien tassée en effet…..
On met longtemps à devenir jeune...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
une margarita bien tassée sur le Zocalo (300 pesos)

A ce prix elle devait être bien tassée en effet…..

C'était une margarita chacun, moi et Y. Mais c'est sûr, 150 pesos c'est cher pour le Mexique. Il faut dire aussi que c'était dans l'un des bars les plus huppés du Zocalo, qu'il y avait quantité et dosage!

Je mentionnais ces "rafraîchissements" pour qu'on n'aille pas croire que je suis radin!
FR Frmi31 Veteran ·
Il n'y a pas que sur la RIviera Maya que tout est cher
Le Mexique pour toujours après de nomb Les chiens aboient la caravane passe
MI Michant Veteran ·
ce genre de Français qu’on rencontre assez fréquemment qui sont incapables d’aligner 3 mots corrects dans une langue étrangère

une femme en maillot de bain plantée au bord de la cascade, en plein milieu

ces gens aux chapeaux ridicules

des gens qui accaparent les sites et ne pensent pas aux autres

En plus, cette femme est loin d’avoir un physique avantageux

Que voulez-vous, rien ne va plus de nos jours, mon pôv monsieur ! 😎😇😛
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
ce genre de Français qu’on rencontre assez fréquemment qui sont incapables d’aligner 3 mots corrects dans une langue étrangère

une femme en maillot de bain plantée au bord de la cascade, en plein milieu

ces gens aux chapeaux ridicules

des gens qui accaparent les sites et ne pensent pas aux autres

En plus, cette femme est loin d’avoir un physique avantageux

Que voulez-vous, rien ne va plus de nos jours, mon pôv monsieur ! 😎😇😛

Eh oui, inutile de le nier, il y a des choses qui agacent dans la vie. Ce n'est pas que je m'y accroche de trop, il y a mieux à faire, mais pourquoi le cacher et prétendre que tout est rose-bonbon-parfait? Je pense que cela donne du relief au récit, d'ailleurs.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Il n'y a pas que sur la RIviera Maya que tout est cher

Je préciserai tout de même que cela a été une exception, qu'en général les choses sont nettement moins chères, et que je me suis peut-être même trompé sur la somme que nous avons payée pour ces deux (grandes) boissons. Après tout, on peut avoir la mémoire défaillante par moments.
ME Memphre Globetrotter ·
Après tout, on peut avoir la mémoire défaillante par moments.

Mettons plutôt apres un exces de ladite boisson…..

PS :Ce dernier hiver une Margarita coûtait entre 70 et 90 pesos….
On met longtemps à devenir jeune...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Après tout, on peut avoir la mémoire défaillante par moments.

Mettons plutôt apres un exces de ladite boisson…..

PS :Ce dernier hiver une Margarita coûtait entre 70 et 90 pesos….

Sans aucun doute, il s'agissait alors d'une double Margarita 🙂. J'ai dû confondre le prix payé pour deux commandes, moi et Y, pour le prix d'une seule commande. Mille excuses! 😊
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Monte Albán : Introduction

Je suis désolé pour cette confusion que j’ai créée à propos du prix d’une margarita commandée sur le Zócalo ! Les prix sur le Zócalo ne sont pas si élevés que ça, je me rappelle avoir mangé l’un des premiers jours au restaurant El Jardin, assez correct comme endroit. Certes, nous n’avions pas commandé ce qu’il y avait de plus cher sur la carte, nous nous étions contentés de « tamales », sans doute arrosés d’une bière, et ce n’était que 270 pesos pour deux personnes, soit 10 ou 12 Euros.

Nous avions pris un café au Café Brújula (« La Boussole »), recommandé par les guides, en fait pas le meilleur endroit parce que trop fréquenté, ce n’était que 70 pesos pour 2 (je n’avais pas été émerveillé par le café).

Allez chercher de tels prix dans une grande ville Européenne, ou peut-être même sur la Riviera Maya dont on nous rabat les oreilles !

Et si on s’écarte un peu du centre, ce qui ne prend que quelques minutes à pied, on trouve les endroits du cru. Nous nous étions aventurés un soir dans un bar pas loin du croisement C. Colón– C. Melchor Ocampo. Une douzaine de clients, tous Mexicains et d’aspect simple. Nous nous étions commandé un rhum au comptoir et avions rapidement lié conversation avec nos 2 ou 3 voisins, les gens étaient aussi amicaux que toujours selon notre expérience. Il n’y avait je crois que des hommes là-dedans mais comme toujours les gens se montraient respectueux vis-à-vis de Y. Puis nous avions commandé un mezcal, ce qui nous avait gagné des hochements approbateurs car « le mezcal se respecte ». Le patron nous avait servi d’une bouteille un peu crasseuse et non étiquetée, c’était ou de la gnole de basse qualité ou alors du bon jus comme les gens des campagnes savent le faire, en dehors des grands circuits commerciaux. Un homme nous avait invité à sa table, un musicien qui nous avait fait promettre d’aller le voir le lendemain dans un restaurant où il allait jouer. Nos consommations nous avaient coûté 80 pesos !

Cela fait maintenant plusieurs jours que nous sommes ici et nous nous y sentons bien. Flâner dans cette ville est un véritable plaisir. Mais nous avons encore du pain sur la planche, « hay mucho pan que rebanar ! », il nous reste au moins un site exceptionnel à visiter : Monte Albán. Nous trouvons facilement le bus pour y aller, à un coin de rue à quelques pas du Mercado Benito Juárez. Le tarif est de 60 pesos aller-retour par personne. Monte Albán n’est qu’à quelques kms juste en dehors de la ville, perché sur une colline qu’on voit bien quand on se rend à Zaachila ou à l’aéroport. L’entrée est 75 pesos par personne.

Je ne sais pas si je l’ai déjà dit, peu importe : les étrangers paient exactement les mêmes prix que les Mexicains, ce que je trouve digne d’être mentionné. Ça change agréablement des prix décuplés que les étrangers doivent payer pour les visites en Inde ou en Thaïlande, et ça renforce mon estime pour le Mexique !

Comme introduction, je ne vais pas me fatiguer, je vais simplement paraphraser Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Albán « Monte Albán est un important site archéologique qui a connu son apogée lors de la période zapotèque entre 200 et 600 apr. J.-C. mais qui aurait été fondé par le peuple olmèque. Il est situé … à 10 km de la ville d’Oaxaca de Juárez …. Cette cité est construite sur une surface artificiellement arasée au sommet d’une montagne surplombant de 400 m le niveau de la vallée (en réalité à 1 941 m d’altitude). »

Je serai loin de tarir de louanges pour le Mexique : il y a toujours une information d’excellente qualité disposée un peu partout sur les sites archéologiques et dans les musées. Voyez la photo du premier panneau du site. En trois langues s.v.p. : Espagnol, Anglais et ce que je pense être du Zapotèque. Avec une vue d’ensemble du site. On ne fait pas mieux. On nous dit entre autres qu’il s’agit du premier centre urbain important connu du continent Américain, rien de moins ! Monte Alban serait l’un des quelques sites au monde démontrant clairement le développement d’un état et d’un système de gouvernement (on pourrait penser ici à Angkor Wat au Cambodge mais Angkor est beaucoup plus récent). Juché sur cette colline, le système était basé sur les tributs payés par les diverses communautés agricoles des vallées de Oaxaca.

Je pense vous avoir mis l’eau à la bouche. Je vais faire une petite pause avant de continuer. Hasta luego amigos !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Monte Albán : Le site

Le site frappe par sa pureté quasi géométrique et par la sensation d’espace qu’on y ressent. C’est monumental mais reste léger. Nous avions eu la même impression à Teotihuacan, sachant bien qu’il s’agit d’une culture différente …. Mais peut-on douter qu’il y ait eu des influences dans un sens comme dans l’autre ? Les deux sites sont contemporains, en gros, allant du milieu du millénaire avant J.C. à la fin du premier millénaire de l’ère Chrétienne. Nous avons trouvé Palenque plus compact, par contre, restreint par une forêt vierge dense.

La place centrale de Monte Albán est parfaitement plate. Les Zapotèques avaient fait des efforts de terrassement évidents. Les bâtiments sont disposés tout autour ainsi que sur un axe central au milieu de la place. La première photo montre assez bien ce qu’on voit quand on vient du nord (c’est l’entrée officielle). Au fond sur la gauche, c’est la Plateforme Sud (PS). J’ai pris cette photo au moment de quitter les lieux et les visiteurs commençaient à affluer, mais même comme ça on voit bien que le site est loin d’être submergé. On n’est pas à Teotihuacan !

La deuxième photo, je l’ai prise plus tôt du haut de la PS et c’est donc une vue sur le nord – pas un chat ! Sur le côté est de la PS, il reste une belle stèle où figure ce que j’interprète comme un guerrier portant une coiffure abracadabrante. Et souriant ? Ce serait bien la première fois…. La sculpture est assez lourde mais loin d’être déplaisante.

Ma troisième photo, prise du haut de la PS : il s’agit du bâtiment sur le côté nord-ouest de la plateforme, c’est de ce côté là qu’on trouve les fameuses « Danzantes ». En arrière-plan, la vallée de Oaxaca et les montagnes. La photo suivante montre bien comment Monte Alban se dresse superbement au milieu de la vallée, et montre bien aussi que c’est bien plus vert que Teotihuacan. Mais moins que Palenque : plus on va vers le sud, plus on se trouve dans des zones pluvieuses – évident, mon cher Watson !

C’est pour cette verdeur (relative) et pour cette disposition atmosphérique en surplomb d’une vallée magnifique que je dirais, si on me pousse un peu, que c’est le site que j’ai préféré au Mexique (j’avais aussi visité Uxmal au Yucatán, il y a une éternité). C’est en tout cas un site remarquable, l’un des plus beaux que j’aie vus.

L’importance du site est évidente, et pas seulement pour les touristes ou les archéologues ! Descendant de la PS, nous tombons sur un cercle de personnes assises en tailleur, psalmodiant je ne sais quoi en se balançant d’avant en arrière. Ce ne sont ni des Indiens ni des métis, ce sont ou des « güeros» ou des étrangers, ce qui ne m’étonnerait pas. Sans doute des gens cherchant une expérience spirituelle dans un « lieu sacré ».

La dernière photo est celle d’une des « danzantes ». Ce sont quelques bas-reliefs de « danseurs », c’est en tout cas ce qu’on en pense, qu’on trouve en bas de la PS, sur son côté nord-ouest. Mêmes remarques que pour mon « guerrier souriant », ce n’est pas de la sculpture particulièrement fine.

Je vais vous laisser ici pour aujourd’hui. Nous avons repéré une cafétéria à côté du musée, à l’entrée du site, et nous n’avons encore rien mangé ce matin !

Je l’ai dit, j’ai particulièrement apprécié cette visite. Y aussi (elle ne parle pas beaucoup dans mon récit, il faudrait que je lui fasse plus de place ! 😉). Elle a aussi beaucoup aimé la verdure et …. les fleurs !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oaxaca – Monte Albán : Le musée

La cafétéria à l’arrière du musée a une terrasse agréable d’où on voit une partie de la vallée en contrebas. Nous commandons du café, que nous payons 150 pesos si je me rappelle bien. Un peu cher, mais c’est du vrai, du bon, et ce n’est pas l’endroit le moins cher de la ville non plus. Nous avons bien besoin de détendre nos jambes après avoir crapahuté à travers les ruines.

Le musée n’est pas énorme et se visite facilement en une demi-heure si on est pressé (mais une heure, c'est mieux). Il y a cependant pas mal de choses intéressantes à voir. Comme toujours, les poteries m’interpellent, comme partout ailleurs dans le monde. Les poteries et les textiles, vous avez remarqué ? Il n’y a pas que la gnole et les églises !

Le personnage de la première photo est affublé d’une de ces coiffures extravagantes, une fois de plus, c’est certainement un trait caractéristique de ces cultures indigènes d’accorder une importance particulière à sa chevelure et à ce qu’on porte par-dessus. Et si je ne m’abuse, c’est vrai pour d’autres cultures des Amériques, en tout cas les natifs de l’Amérique du Nord étaient bien connus pour cela aussi.

Je ne peux résister à vous coller la deuxième photo, une figure assez grotesque qui me fait penser à Butt-Head, l’un des héros d’une série télévisée d'animation américaine très populaire dans les années ’90. Un personnage qui ajoutait sa perfidie à la bêtise crasse du duo qu’il formait avec Beevies. 🙁😉 Allez, au cas où vous ne sauriez pas de quoi je parle, je vous mets aussi une image de Butt-Head, cela enrichira votre culture, hahaha !

Entre autres choses, le musée donne une description de l’écriture Zapotèque. On nous dit que c’était peut-être le premier système d’écriture de la Mésoamérique, une vaste région allant du nord du Mexique au Costa Rica et donc englobant les cultures Aztèque, Mixtèque, Olmèque, Zapotèque, Maya etc. Comme il n’y avait certainement aucune écriture plus au nord et que, plus au sud, les Incas n’en avaient pas non plus, il s’agirait donc de la première écriture des Amériques. Ce n’est pas rien ! On n’a pas vraiment complètement déchiffré cette écriture, mais il semble que c’était un assemblage de pictogrammes, de signes phonétiques et de signes abstraits. Il y aurait des parallèles à faire, au point de vue développement d’une écriture, avec l’Egypte ou la Chine…

Une autre explication intéressante concerne l’importance que les Zapotèques accordaient aux observations astronomiques et au développement de calendriers. On pense ici aux Mayas. Et puis, n’était-ce pas là des préoccupations qu’on retrouve dans toutes les civilisations antiques, Sumer, Babylone, la Chine etc ? En fin de compte, nous sommes tous les mêmes à travers le monde.

A l’entrée du musée, on voit aussi des exemples de modifications dentaires dans les vallées d’Oaxaca (il n’y avait pas que les crânes qu’on déformait). Première photo : incrustations sur une dentition Mixtèque. Deuxième photo : les dents limées et rayées d’une dentition dont on ne précise pas la culture). Aie aie aie, moi qui ai horreur d’aller chez le dentiste !

Mentionnons aussi cette exposition d’art moderne, un projet de céramique intitulé « Metamorfosis » d’un certain Fernando Peguero de Santa Maria Atzompa. Des pièces saisissantes qui font penser à des méduses. Et que dire de ces deux pièces de Lalo Martínez ? Un crâne bariolé sourie au passant, et voici un pot de fleurs original, orné d’une ribambelle de crânes. Ce seraient des cadeaux idéaux à rapporter à Tante Marie-Julie, non ? 😉

Les artistes Mexicains ne peuvent pas manquer d’inspiration ni d’imagination, leur héritage culturel est extraordinairement riche …. et assez torturé psychiquement parlant, il me semble ! 😇

Comme dans tous les musées, il y a une boutique attenante vendant tout un tas de souvenirs et de livres. Je n’y achète jamais de souvenirs, si jamais il y a quoi que ce soit de beau, c’est toujours cher. Par contre, les livres…. Je ne peux m’empêcher de fouiner, et j’ai besoin de lecture. Je m’achète « Una Realidad Aparte » de Carlos Castaneda. C’est le deuxième livre de la série sensationnelle qu’il a écrite dans les années ’60 et ’70 sur ses expériences initiatiques avec les sorciers Indiens Don Juan et Don Genaro. Expériences prétendues selon l’avis de beaucoup de gens, et j’en fais partie. Toujours est-il que c’est une lecture divertissante et m’y replonger, en Espagnol cette fois, c’est aussi une forme de voyage dans un imaginaire mésoaméricain.

Nous sommes de retour à Oaxaca en début d’après-midi. Nous avons un petit creux, alors direction le Mercado qui est juste à côté. Je ne sais pas comment s’appelait ce plat, sauce à base de chocolat sans doute, mais c’était bon et exactement ce qu’il me fallait ! 😛 Le prix du repas (deux personnes) : 150 pesos, et nous arrosons ça d’un bon jus d’orange à 30 pesos. Il nous reste des heures à flâner dans Oaxaca, ce qui n’est pas désagréable. En fin d’après-midi, deux margaritas nous coûtent ….. 150 pesos, eh oui ! 😉
AQ Aquilegia Globetrotter ·
Nous sommes de retour à Oaxaca en début d’après-midi. Nous avons un petit creux, alors direction le Mercado qui est juste à côté. Je ne sais pas comment s’appelait ce plat, sauce à base de chocolat sans doute, mais c’était bon et exactement ce qu’il me fallait !

Bonjour,

Comme j'avais explique dans une autre discussion, la sauce (dans ta photo), mole negro, est a base de piments meme qu'il y a un peu de chocolat parmi les ingredients. Un bon mole negro n'est pas doux, mais plutot un peu amer, epice, avec un saveur complique grace a un tas d'ingredients (dont piments, herbes, epices, noix, chocolat, et grains). La couleur noire vient surtout des grains de piments qu'on brule, plutot que le chocolat.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Comme j'avais explique dans une autre discussion, la sauce (dans ta photo), mole negro, est a base de piments meme qu'il y a un peu de chocolat parmi les ingredients. Un bon mole negro n'est pas doux, mais plutot un peu amer, epice, avec un saveur complique grace a un tas d'ingredients (dont piments, herbes, epices, noix, chocolat, et grains). La couleur noire vient surtout des grains de piments qu'on brule, plutot que le chocolat.

Ah, bon, merci pour tes explications. Effectivement, le goût n'est jamais doux mais plutôt un peu amer ou âcre. Les grains de piment qu'on brûle, intéressant ça….
ME Memphre Globetrotter ·
Bsr,

Je ne suis pas du tout adepte du mole negro…..il me semble que piments, chocolat et poulet ne vont pas tres bien ensemble…. Il ne faut pas confondre ''cuisine exotique', et gastronomie…. Je dois être tres exigeant…..!Le seul plat mexicain trouvant grâce à mes papilles ce sont les ''rellenos'' que ce soit au poulet, aux crevettes ou au bœuf….
On met longtemps à devenir jeune...
AQ Aquilegia Globetrotter ·
Voici une recette (en espagnol) pour le Mole Negro de Oaxaca. Meme si on ne lit pas l'espagnole, on peut voir que la preparation est assez complique avec beaucoup d'ingredients. Un ingredient important est le piment chilcahuatle, qui est presque impossible a trouver hors de l'etat de Oaxaca. Le Mole Negro est le bijou de la gastronomie de Oaxaca.

https://lossaboresdemexico.com/receta-mole-negro-de-oaxaca/
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bsr,

Je ne suis pas du tout adepte du mole negro…..il me semble que piments, chocolat et poulet ne vont pas tres bien ensemble…. Il ne faut pas confondre ''cuisine exotique', et gastronomie…. Je dois être tres exigeant…..!Le seul plat mexicain trouvant grâce à mes papilles ce sont les ''rellenos'' que ce soit au poulet, aux crevettes ou au bœuf….

Bonjour Francis,

Je ne suis pas surpris par ce que tu dis là. Ne pas confondre "cuisine exotique" et gastronomie…. il y a du vrai.

J'ai souvent exprimé mon appréciation de ce que nous trouvions à manger dans les régions que nous avons traversées au Mexique, mais nous n'avons pas toujours trouvé la nourriture excellente non plus. Et puis, c'est quand-même assez répétitif. Bon, les tortillas, c'est bien meilleur que les arepas qu'on trouve systématiquement sur son assiette en Colombie, mais ce n'est pas à mon humble avis aussi satisfaisant que du bon pain ou (pour ne pas rester Franco-Français) que les variétés de chapatis, parathas, puris etc qu'on trouve en Inde.

Et le fromage râpé qu'on sert un peu trop souvent par dessus les plats au Mexique, ce n'est pas une formule éblouissante non plus. Comme fromage, on peut repasser (Y en avait horreur).

On peut discuter des goûts et des couleurs, c'est évident, et chacun a son expérience propre. En gros, je dirai qu'on mange bien au Mexique (et pas cher) mais je n'ai cependant pas trouvé que c'était à la hauteur d'une "haute gastronomie" comme on le dit souvent dans les guides.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Voici une recette (en espagnol) pour le Mole Negro de Oaxaca. Meme si on ne lit pas l'espagnole, on peut voir que la preparation est assez complique avec beaucoup d'ingredients. Un ingredient important est le piment chilcahuatle, qui est presque impossible a trouver hors de l'etat de Oaxaca. Le Mole Negro est le bijou de la gastronomie de Oaxaca.

https://lossaboresdemexico.com/receta-mole-negro-de-oaxaca/

Quel mélange! Entre autres: des raisins secs (sultanas), de l'origan, des clous de girofle, de la cannelle, des feuilles d'avocat, des noix, des amandes, des cacahuètes etc... en plus bien sûr du chocolat et du piment. Il doit y avoir des centaines de recettes personnelles!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Nourriture

Comme nous sommes sur le sujet de la nourriture et en particulier du chocolat, c'est sûr, nous sommes au pays du chocolat (mot nahuatl "xoxolatl")! On torréfie les fèves de cacao dans plusieurs petites boutiques à Oaxaca, et ça fleure bon dans la rue! J'ai vu qu'on ajoutait des épices, de la cannelle et peut-être des clous de girofle? Plusieurs chocolateries servent des boissons à base de chocolat. Nous nous étions régalés d'un grand "chocomio" (si je me rappelle bien le nom), c'est cette grande coupe pleine d'un breuvage chocolaté bien crémeux, bien rafraîchissant. Il n'y a qu'à voir la concentration de Y à déguster ça, un véritable délice! 😛 (Qu'on m'excuse une fois de plus pour "masquer" son visage). Il fallait faire des efforts pour ne pas en prendre tous les jours, crainte de devenir "gorditos" comme beaucoup de Mexicains!

Un truc que j'ai toujours trouvé très bon, ce sont les "tamales": en voici un pris au marché central de Oaxaca. Super et ça nourrit son homme (50 pesos). 😛 …. Je parlais aussi de la Colombie: viande excellente mais de la viande et rien que de la viande et tous les jours? Et les "arepas" me sortaient des yeux. 🙁 Heureusement, il y avait souvent une bonne "sopita" en entrée et puis (c'est pour ça que j'en parle) des bons "tamales" aussi.

Ah, et puis ces fameuses margaritas prises sur le Zócalo ! J'en connais une qui savait apprécier. Salud! Hips! 😎😛😉

Similar discussions

You might also like