tous sauf Glatch... allez ne prend pas la mouche! Je blaguais... Tu vas pas la jouer susceptible, maintenant? Moi je trouve qu'on se marre bien ici, un peu comme dans "Le Petit Nicolas" à la récré, quand Alceste fait tomber sa tartine du côté de la confiture, parce que le Bouillon qui essayait de séparer deux élèves qui se battaient, l'a bousculé, que ça a fait marrer Eudes et que... bref...
Allez, une petite contribution...
Le voyageur Scoumoune
En quelque sorte, c'est un héros de la cata. Il n'a d'ailleurs pas besoin d'aller très loin pour provoquer le sort.
Distrait, un peu bordélique, et assez peu regardant sur la gravité des faits... il essaye de compenser son manque de baraka par une bonne composition quasi systématique. Ce qui fait qu'on le trouve sympa, avant de découvrir sa collection, déjà ancienne mais régulièrement mise à jour, de déboires en tous genres. Enfin, à ce point-là, le «manque de baraka» ressemble à s'y méprendre à de la scoumoune!
Il n'en connaît pas d'autre que lui, (son entourage non plus, d'ailleurs), qui attire avec autant de magnétisme: les bourdes, les obstacles, et le ridicule. Il se rend bien compte de la tournure des évènements mais demeure impuissant à en maîtriser le déroulement. La liste des ennuis est longue et la note salée, presque autant que celle des fringues dans la garde-robe de Mado -c'est dire!-
Sa distraction est légendaire parmi ses amis (oui, oui, il en a encore!) qui, partagés entre malice et appréhension, habitués aux situations critiques les plus cocasses, s'attendent à ce qu'en sa compagnie, un pépin arrive: Cela peut survenir n'importe quand, mais il est impossible d'anticiper quand cela va se produire. De fait, la moindre soirée à ses côtés peut réserver des surprises. Les cardiaques n'ont qu'à s'abstenir, car deux périls les guettent: Soit la crise cardiaque consécutive au fou rire, soit la crise cardiaque provoquée par un énerverment extrême. Dans tous les cas, il est formellement déconseillé aux cardiaques de fréquenter une personne de cette nature, s'ils tiennent à rester en bonne santé.
Ses aventures ne défrayent pas la chronique mais disons qu'il a la réputation de porter la poisse, réputation aussi solide qu'avérée. On en rigole pas forcément sur le moment, mais ça se bonnifie avec le temps, ce genre de truc, et ça devient... comme un conte de fées où les sortilèges se seraient téléscopés, sous le règne absolue de la fée Zizanie dont il serait le neveu. Dès qu'il entre quelque part, il fait des ravages. Non pas que les filles lui tombent dans les bras, mais plutôt que c'est tellement une catastrophe ambulante, le gars, que les bras leur en tombent, aux filles. Tiens, au cinéma par exemple: Il suffit qu'il arrive au guichet, après avoir fait la queue pendant presque trois quart d'heure dans le vent, le froid et la pluie (il a justement coincé son parapluie dans la porte de l'ascensseur en partant, et, bien qu'il l'aie toujours en main, celui-ci s'avère à présent rebelle à toute ouverture et finalement totalement inutile)... Yann, Matthieu, Fabrice et Gérard sont en retard. Soit disant coincés dans le métro. Tu parles! Plutôt bien au chaud dans un bar du quartier, tels qu'il les connaît...puisque de toute façon c'est lui qui est censé récupérer les billets. Et Philippe s'est désisté à la dernière minute... bref, le guichet à peine atteint, il n'y a soudain, comme par enchantement, plus aucune place disponible pour le film de leur choix! La salle affiche complet : les deux derniers tickets ont été vendus sous son nez. Oh, c'est pas si grave! Il a encore le choix: soit partir, (et, après s'être excusé auprès de ses amis, passer le reste de la soirée en tête à tête avec son ordinateur, qui, lui, au moins, ne fait pas la gueule) soit convaincre ses potes de faire contre mauvaise fortune bon coeur et aller voir un autre film... Imaginez le martyr, quand vous avez décidé de voir « Je suis une légende » avec Will Smith, et que vous vous retrouvez à visionner le documentaire « Les animaux amoureux »... Faut avouer, c'est pénible, quand même!
Il rend visite pour la première fois à une nana qu'il a rencontré sur internet. Comme elle habite loin (un coin perdu nommé l'Isle sur Sorgues) ; il a été entendu qu'il resterait pour le week-end, et rentrerait sur Paris dimanche en fin de journée. Pour aller chez elle, elle lui fait traverser un marché typique provençal, avec les vendeurs d'olives, de fromages de chèvre, et de charcuterie corse... paff! Une demi-heure après être descendu du TGV, il se fait tirer son portefeuille sur le marché! Voilà notre héros de la cata embarrassé à 100%, sans fric, sans carte bleue, dépendant d'une nana qui ne le connaît pas (et qui se demande si finalement, elle a vraiment envie de le connaître) tétanisé par l'angoisse, gâché de voir son week-end de détente se transformer légèrement en cauchemar et ses espoirs de séduction ruinés par la débâcle...
Avec lui, pas de routine, même au quotidien! Alors, vous imaginez, s'il s'agit de préparer un voyage! Alors, là, c'est de l'aventure to-ta-le !!!
Le jour où il doit amener son passeport au consulat pour sa demande de visa, il se rend compte que la date de validité de son passeport est dépassée depuis la semaine précédente. Heureusement, il s'en est apperçu avant d'arriver à l'Ambassade de l'Inde (et pour arriver jusqu'au guichet, là, c'est quelque chose! C'est pas de la gnognotte, comme pour entrer au cinéma, là c'est une matinée en-tiè-re qu'il faut !) Il réalise que finalement, une demi-journée de RTT ne sera pas suffisante pour tout régler! Paniqué, il contacte la préfecture pour demander à renouveller son passeport en urgence. Finalement, ça n'a pas l'air si compliqué. Il passe au tabac acheter un timbre fiscal en même temps que son paquet de clopes journalier, et s'engouffre dans le métro. Durant le trajet, rien à signaler. Il change juste de rame à cause d'un musicien braillard qui joue des morceaux tellement rétros que le ridicule fait sourire tous les passagers... s'endort presque... quand, soudain, deux stations plus loin, l'accordéon retentit à nouveau : le musicien aussi a changé de rame!... Non, c'est pas vrai?! Un peu contrarié, il se rue dehors à la station suivante et allume une clope ...
A la préfecture, la préposée semble aimable et efficace, tout se passe bien... mais... où est passé le timbre fiscal ? Il l'avait mis bien mis dans son portefeuille?! A moins que ce ne soit dans sa poche? Ou dans son paquet de clopes? Oh non... pas dans le paquet de clopes!... Il a fumé la dernière cigarette du paquet entamé avant de le jeter! La préposée lui envoie un bref sourire glacial, un rictus plutôt, rapide et menaçant comme l'éclair, lourd de reproches, genre « T'avises pas de me faire perdre mon temps ! ». Il fouille partout, mais rien à faire, le timbre fiscal s'est volatilisé!... Il est bon pour aller en acheter un autre!
Et ça, c'est que les préparatifs de voyage! Alors le voyage lui-même, vous imaginez?! Le truc bien, avec lui, c'est qu'on peut pas s'ennuyer, il se passe toujours quelque chose... Evidemment, il y a quelques inconvénients à être présent lors de la chose, (à choisir, ses potes préfèrent quand même n'en profiter que par un récit en différé) ...mais ça laisse des souvenirs, en tous cas!
Sa destination de prédilection : l'Afrique. Le continent noir est un tel concentré de misère qu'il a la sensation de voir sa scoumoune voler en éclat dès qu'il passe le seuil de l'aéroport. De plus, la fatalité s'accompagne ici de si francs éclats de rire, qu'il se sent rapidement chez lui, même si, aux yeux des locaux, il fait toujours figure de privilégié; et demeure, à son insu, une cible potentielle fort attirante pour les arnaques et les larçins. Il n'ira pas jusqu'à provoquer la chance, mais enfin, il rayonne. Ce qui n'empêche pas sa bonne humeur inoxydable de subir quelques baisses de régime, comme lorsqu'il s'est fait braquer trois fois de suite et dépouiller sur la plage en Jamaïque ou comme lorsqu'au Sénégal, il a été réveillé en pleine nuit par de virulents coups frappés à sa porte; qu'un type immense s'est rué dans la chambre, l'a empoigné par le col du tee-shirt qu'il venait de passer en hâte, l'a traîné sans ménagement jusqu'au lit en le couvrant de coups et le blessant au genou sur l'armature métallique du lit, jusqu'au moment où la petite voix érraillée du veilleur de l'hötel a retentit derrière le colosse, disant: « heu... je crois qu'on s'est trompé de chambre!!! » : Le type cherchait sa femme, laquelle, supposait-il, le trompait avec un autre type. Comme si cette brève explication équivalait à elle seule des excuses, le gars avait aussitôt tourné les talons, laissant notre voyageur malchanceux, écroûlé au pied du lit, sonné et saignant. Il n'y a vraiment qu'à lui que ça arrivait, ce genre de truc!
Malgré ces mésaventures, il aime particulièrement ce continent. Sa mauvaise étoile légendaire semble y briller moins fort; faut dire qu'il y a pas mal de concurrence. Il y a tellement de difficultés partout que les siennes deviennent anodines et passent inapperçues. Et s'il y a un truc qu'il déteste; c'est bien de se faire remarquer! Comme la fois où, dans un des resto indiens de la capitale, il avait commandé un palak paneer (un mélange d'épinard et de fromage qui se présente sous la forme peu glamour d'une purée verdâtre), un naan (du pain) et, à boire, un mango lassi... Il rentrait juste d'un voyage à Madagascar, et expliquait à ses potes Mathieu, Gérard, Yann et Fabrice assis en face de lui, (Philippe, comme d'habitude, s'était désisté à la dernière minute) comment se rendre au nord de l'île pour aller voir les baleines... (et comment, accessoirement, il avait profité d'une baignade dans une cascade pour voir si son passeport était waterproof) Enthousiaste, il accompagnait son récit de gestes exaltés. D'un revers de la main que n'aurait pas dédaigné Amélie Mauresmo, il avait envoyé valdinguer son verre de lassi, dont une partie du contenu s'était renversé dans son assiette. La moitié du verre, quand même! L'épais liquide orange répandu dans la purée verte créait une mare psychédélique que ses copains fixèrent avec stupeur, avant d'être secoués par un éclat de rire général. Le serviteur s'était empressé d'offrir de lui changer son plat mais notre voyageur, soucieux de ne pas se faire remarquer davantage et de clore l'incident au plus vite, avait refusé, en disant: « ce n'est pas grave, ça ne sera pas moins bon comme ça! » et sans plus d'attention aux arabesques colorés du mélange, avait continué son récit, et son repas, comme si de rien n'était, sous le regard médusé de ses copains. Et il avait tout mangé, le bougre !!! Il se moquait bien des nanas qui chuchotaient à la table à côté avec de furtifs regards dans sa direction. De toutes façons, les nanas... Mais ça c'est une autre histoire!... En tous cas, à chaque fois que ses potes y repensent, le sourire leur monte aux lèvres in extrémis! Voilà une des calamités rigolotes dont il a le secret. Il s'en passerait bien, certes, surtout devant des filles. Mais bon, les filles... ouais, vaut mieux pas en parler...
D'ailleurs il lui paraîtrait tout à fait incongru qu'une fille fasse son portrait et s'il tombe là-dessus, je pourrais bien être rayée à vie de la liste de ses fréquentations (y'en a qui donneraient peut-être cher pour ça, mais ceci est une autre histoire...)... ou pire, -en cas d'indulgence de sa part-je pourrais bien découvrir un de ces jours sur VF, qu'il m'a lui aussi tiré le portrait de sa plume satyrique et terriblement efficace...
"Nous, on a le temps
Vous, vous avez l'heure"
dixit un chamelier dans le désert...