Inside South Africa
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SI Simc4 Veteran ·
Bonjour Voyajou,

Ce n'est plus de la prose, c'est de la peinture.... Du pointillisme.... Ces tableaux que tu brosses par petites touches et qui finissent par se dévoiler à nous. Merci de nous avoir fait voyager....autrement🙂
VO Voyajou Globetrotter ·
Tiens, le Club des cinq en Afrique (mais qui donc est Dagobert?).

Jean-François et Régis qui ne vous lassez pas des compliments, moi non plus. 🙂

Muriel, si tu hésites entre petit et grand plaisir, c'est un plaisir moyen ou une allusion aux petits grands hommes bochimans ? 😮

Jakatite, je ne te remercie pas. Mes chevilles ont tellement enflé qu'il a fallu se résoudre à l'amputation. Et me voilà divinité cul-de-jatte en quête de Vénus de Milo. 😊

Simc'4, lorsque je saisis une brosse, la mangouste reprend ses poils et s'enfuit. J'ai du me rabattre sur la plume -et pour m'assurer de sa fidélité, j'ai mangé l'oie. 😉
VO Voyajou Globetrotter ·
Des gens d'ici

Le vieux médecin obèse souffle aussi bruyamment que le très ancien climatiseur cacochyme qui balaie ses longs cheveux filasses. Il s'enquiert du menton, déshabille d'un coup d’œil, examine sans un mot, triture, pique, et retourne s'asseoir. Rédige une ordonnance qu'il tend par dessus son bureau. * Coiffée d'une toison savane fin de saison sèche, la bouche minuscule en cul-de-poule où pointent deux incisives d'écureuil, la pharmacienne revient avec deux bocaux d'un litre, l'un rempli de comprimés de cortisone, l'autre de gélules d'antibiotique. Je fais l’œil ovule, elle s'esclaffe et me rassure : tout ça n'est pas pour moi. Elle compte les remèdes jusqu'à atteindre la quantité prescrite et remet le surplus en réserve. Le système informatique fait de moi le doyen de l'humanité: je suis né le 30 décembre 1899. Pas pressé qu'arrive ici la reconnaissance faciale qui nuit tant à Jeanne. * Rétif ingénieur chimiste, il mitonne dans sa cuisine des huiles essentielles de dagga. Sa jeune femme, anorexique et végane (qui de l’œuf ou de la poule ? Je l'ignore) ne doit guère peser plus de quarante kilos mais elle donne encore un sein étique à son bébé de quatorze mois, aussi dodu que les fioles vendues par son père. * 1,50m, 45 kg, tout en muscles noués, contre 2,80m, 35 kg et quelques nœuds : le combat du jour toutes catégories. C'est le San qui l'emporte sur l'arbre. Je l'ai vu passer ce matin sur la piste, armé d'une scie (mais aucun arbitre sur le ring sauvage). Maintenant il transporte sa victime jusqu'au township mais doit poser sa charge tous les vingt mètres pour reprendre son souffle. Il accepte que nous chargions le tronc sur le toit de la voiture. Nous n'avons pas un seul mot en commun mais beaucoup de maux, sans doute. Il m'explique par gestes qu'il va le débiter et vendre les bûches pour manger. * Un gringalet charge de gros galets dans une remorque tandis que son colosse de boss bulle. * De très haute taille, d'une minceur confinant à la maigreur et de constitution fragile, il est vétérinaire. Installé dans une ferme à quelque distance de la ville, il est aussi maraîcher. Un matin par semaine, Brett propose à quelques privilégiés ses légumes cultivés en bio-dynamie, jette un œil rapide aux paniers et donne son prix au jugé. En moins de temps que n'en demande la récolte, l'étal est désert. Sur les hauteurs arides sont installées des pierres debout simplement posées dans une légère excavation rocheuse, comme dans la paume d'une main. Une acropole rupestre. L'une d'elle a été renversée par la tempête. Concentré, prenant les bons appuis, cet anti-Samson la replace avec une facilité déconcertante. * Elle avait jusqu'alors la cinquantaine resplendissante et sportive. Appartenant à la classe moyenne, elle pouvait payer une assurance santé, pas la totale genre Sécurité Sociale, mais quand même. Bien qu'elle réside à plus d'une semaine à pince de l'océan, un crabe lui a mis le grappin. Il ne la lâche pas, contrairement à l'assurance. * En sus de son emploi, l'homme au sourire de doux Dracula travaille ici une journée par semaine. Il me demande de ne pas le payer pour les six prochains mois, plus précisément d'être sa caisse d'épargne (ça me repose du crédit). Le salaire, versé en une fois fin septembre, permettra l'intervention que nécessite la santé de sa femme * Au milieu du bush, ce bus bondé est immobilisé dans l'attente que la voie se libère. Les touristes étrangers ouvrent les fenêtres et proposent aux cantonniers les reliefs de leur repas. Je prends ma place dans la file mais quand arrive mon tour, je ne recueille que des quolibets. La prochaine fois, pour faire le clown, je sacrifierai au blackface. * Un peu avant sept heures, quatre cent lycéens déferlent sur la ville. Ils ont marché entre trente minutes et une heure. Tous portent l'uniforme : pantalon ou jupe grise, chemise blanche et pull bleu marine. Les filles ont tombé la jupe courte pour se couvrir les jambes, elles sont ainsi mieux protégées des premiers frimas et de la permanente concupiscence. * Vous n'allez pas en revenir : Pénélope est un homme ! (Oui, je sais bien, Homère, toutes ces histoires qu'on nous raconte). Tout juste libéré des contraintes professionnelles, il entreprit d'aménager des jardins de Babylone dans le désert et fit la promesse à sa femme d'un long voyage en Europe sitôt son ouvrage achevé. Vrai-faux improvisateur, il défait en une semaine ce qu'il avait mis en place la précédente. *

Mixeur racial

Il tourne à la vitesse d'un wind mill dans la pétole. Seule une poignée de couples Coloured habitent la ville historique, comme on revient chez soi après un bannissement. Hors l'école, leurs enfants s'ennuient dans les rues désertes. Dans le township, quelques dizaines de White se vivent comme des déclassés. Ils sont à tu et à toi avec les Black African de leur condition, mais les nouveaux riches les snobent. Il va falloir connecter ce mixeur à l'électricité. *

Les Japonaises

Sans préjudice du code de la nationalité puisque beaucoup voient le jour ici, elles sont les étrangères en plus grand nombre. Silhouettes torturées comme les pieds d'une geisha, optiques bridées, le charme d'un char, ainsi sont celles conçues au Japon. Lorsque c'est réussi, c'est souvent copié. Mais les voitures japonaises ont l'abnégation d'un samouraï et la résilience d'un tracteur. *

Des ronds dans le désert

La voilà encore pleine, rebondie. Une gestation de lapin, presque treize fois l'an : la lune donne le la. Près du jardin de simples, une trentaine de cyclistes au repos forment une ronde silencieuse en sifflant des bières, ça les change de la pipette en file indienne. Devant le four de briques où ronfle le feu, la pizzaïola callipyge manie avec dextérité un long râteau pour rassembler les braises, souffle dans une sarbacane plus haute qu'elle afin de dégager la cendre et braque un pistolet électronique qui mesure la température, comme d'autres la vitesse. Une dernière pincée d'herbes du bush et elle enfourne les pizzas. J'ai choisi la spécialité du chef qui a cru bon de remplacer le prosciutto par un carpaccio de koudou. Sans être Parmesan, je tique. Quant à la pizza de ma commensale, elle ferait enfourcher son scooter à un Napolitain. Comme ils sont loin, les fairy circles. *

Barbie et les soldats de plomb

Nous tolérons quelques squatters dans les sous-pentes. Ces geckos partent en chasse dès la nuit venue, patrouillant les murs. La meilleure planque est dans l'ombre des déflecteurs des appliques de la terrasse. Là, ils sont d'invisibles snipers pour les insectes aveuglés qui virevoltent dans la lumière comme de vulgaires internautes. Quand l'un deux suspend son vol, tente une pause et se pose, il est rare qu'il en réchappe. C'est pour nous un safari minuscule mais économique et confortable. Une fois l'étonnement passé, nos invités du soir adoptent des comportements genrés : elle se couvre les yeux à chaque attaque, il se réjouit du succès de l'assaut. *

Miroir, mon beau miroir

Dans ce restaurant branché, responsable, durable et solidaire (ouf!) l'embase du comptoir d'accueil est tapissée de miroirs. De la place qui m'est assignée je vois les clients arriver. Je n’aperçois que leurs jambes, jusqu'à l'aine ou jusqu'au nombril selon la taille et la distance. Un petit jeu s'impose alors: qu'y a-t-il au dessus des jupes des filles, quel chapeau avec ces chaussures et quelle gueule coiffe cette démarche ? Le miroir ne trahit pas : le bas trahit souvent le haut. *

Mi-figue, mi-raisin

Le jour point sans peine lorsque les deux camions quittent la ville. Dans les bennes, serrés pour se retenir et se réchauffer, ceux de l'extérieur cramponnés aux grilles, deux cent saisonniers ont pris place. Une demi-heure de piste poussiéreuse et chaotique les amène à la ferme que les véhicules traversent soudain au ralenti : les arbres fruitiers n'apprécient pas la poussière. Ce matin, je suis du voyage. Tandis qu'une échelle est dépliée pour les femmes, les hommes sautent des camions et les chargent aussitôt de caisses de fruits conditionnés qui seront en quelques heures dans les entrepôts d'exportateurs. Les camions reviendront à vide : le commerce triangulaire n'a plus cours, place au commerce équitable. Les hommes sont chargés de la cueillette, les femmes de la transformation. Lavage des seaux et caisses, équeutage, épluchage, disposition sur les claies de séchage, retournement des figues une à une, chaque matin. La ferme est située dans une vallée formant là un cirque qui est un four solaire. En cinq jours les fruits sont secs. Les plus abîmés deviendront produits de beauté, chutney ou confitures. Tout cela transformé sur place. Le clou de la production étant un remarquable panforte. D'une beauté rare ici, entre Vénus noire et Eve mordorée, ma guide s'amuse de mes questions. Le patron passe dans les rangs au volant d'un antique pick-up qui fut un Land Rover et semble gronder en afrikaans. Les travailleurs s'esclaffent.







*

Les Russes

Voilà trois ans qu'elles me font du gringue, à demi-allongées dans la méridienne d'une vitrine. J'ai testé les strasbourgeoises, tenté les toulousaines mais n'avais encore jamais goûté une russian. Voilà, c'est fait et le verdict est sans appel : roses, rigides, insipides, quelque soit la façon de les accommoder. Russians, go home ! Même pour rire, je sais qu'il est désormais inconvenant de tenir de tels propos. Si quelque gardien, quelque défenseure ou -pire- quelque virago dont cette époque sans boussole ne saurait dire l'orientation, si l'une ou l'autre parvient jusqu'ici et que lui prenne la légitime envie de me passer des menottes de boyaux et de m'en faire avaler un chapelet, qu'on accepte mes excuses -et n'en fasse pas du boudin.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Merci de nous partager ces moments de vie. Une question, n'y voit aucun mal, juste pour savoir. C'est souvent le but d'ailleurs.

Quand tu dis qu'il faut que tu fasses la caisse d'épargne pour le doux Dracula, pourquoi ne pas lui payer les 6 mois d'avance ? A-t-il peut ne pas revenir ?

Les figues ont l'air délicieuse 😉
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
VO Voyajou Globetrotter ·
Quand tu dis qu'il faut que tu fasses la caisse d'épargne pour le doux Dracula, pourquoi ne pas lui payer les 6 mois d'avance ? A-t-il peut ne pas revenir ?

Ce serait alors un acompte, voire un crédit? En Afrique de l'Ouest, j'ai beaucoup donné dans ce domaine, sur fonds propres. J'en suis revenu, même s'il m'arrive de le faire encore à petite échelle : comment dire non lorsque ce qu'on te demande est pour toi marginal mais vital pour l'autre? Surtout, cela ne se fait pas ici. Or, il me semble essentiel de respecter les usages locaux. Pour l'anecdote, le début de l'épargne est reporté de semaine en semaine : il a toujours besoin de sous à la fin de sa journée.

Les figues ont l'air délicieuses

Je confirme. Fraîches, elles sont to die for. Ma guide m'a proposé de cueillir les miennes directement dans l'arbre mais on connaît la chanson. Que perdure ce paradis ! PS : ce soir nous avons des invités. Au menu : figues fraîches, fromages de chèvre aux herbes, filet de koudou fumé, sundried tomatoes. Je te garde une place ?
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Surtout, cela ne se fait pas ici. Or, il me semble essentiel de respecter les usages locaux.

Je me doutais bien que c'était un truc comme ça et tu as tout à fait raison

ce soir nous avons des invités. Au menu : figues fraîches, fromages de chèvre aux herbes, filet de koudou fumé, sundried tomatoes. Je te garde une place ?

ça aurait été avec plaisir, j'en salive d'avance, mais j'ai mon entrainement d'apnée ce soir mon cœur balance 😇
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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VO Voyajou Globetrotter ·
L'air con

L'été, la température diurne dépasse souvent 40°C et la nuit, tu nages sur la paillasse. Ceux qui le peuvent disposent de l'air con et le font tourner à plein régime. Sauf lorsque l'électricité est coupée, le réfrigérateur plein, le congélateur à moitié vide et qu'ils suent à grosses gouttes. Le plus malin, le mieux équipé, est l'autre Français des lieux, marié à une Norvégienne (1) qui s'échauffe pour un rien. Il a installé suffisamment de panneaux solaires pour faire tourner l'usine 24h/24 malgré l'impéritie d'un fournisseur monopolistique. Certains jours, c'est l'adresse la plus confortable et celle où il est encore possible de trouver des glaçons pour le gin. À la maison, la climatisation était déjà installée. Elle est désormais au repos. Ni particulièrement économes, ni écolo-conditionnés, nous préférons faire fonctionner nos propres régulations.

On me laisse entendre que j'ai pas l'air con.

(1) La vocation des Scandinaves est d'éclairer le monde. Nous leur devons l'adolescente nouvelle égérie du climat. Carbonisé le GIEC, ringardisé Hulot! Je me demande s'il ne s'agit pas d'un réflexe de défense quasi-génétique : ces gens-là redoutent le réchauffement comme l'enfer (au demeurant, les Vikings ne s'étaient guère aventurés plus au sud que le quarantième nord. En Normandie, ils étaient déjà en nage!). Ajoutez qu'en Finlande un parti xénophobe dénonçant par ailleurs « l'hystérie climatique » a failli remporter les élections : ça va chauffer là-haut ! *

Le bull et les bœufs

Le camion porteur du Caterpillar ne peut aller plus loin et décharge le bull au bord de la route goudronnée. Pour ne pas l'abîmer avec ses chenilles d'acier, il se déplace sur des pneus usagés de camion que six ouvriers posent devant lui, reprennent derrière et ainsi de suite. La tortue les bat à plate couture. Parvenus à la piste privée qui conduit au chantier, on lui ôte les pantoufles. Il laisse une empreinte peu marquée mais qui l'est encore trop pour l'entrepreneur soigneux. Alors, quatre ouvriers s'attellent par paire aux pneus qu'ils traînent au bout de chaînes pour effacer les traces. *

Le spasme du phasme

Vous souvenez-vous d'elle ? L'américaine est revenue ! Pleine de projets et d'énergie, sauterelle sautillante, énervée comme jamais. Ses premiers ordres : faire disparaître toute trace de végétation. Il y en a si peu que le bulldozer transforme le bush en terrain de pétanque dans la journée, tandis qu'un camion évacue ce mélange peu ragoûtant de terre, de buissons et de cadavres minuscules. Elle frétille parmi les engins vrombissants, on dirait qu'elle en règle la circulation. Le syndrome du parvis. Dans le désert. Au soir, elle semble pousser un soupir de soulagement alors que le voisinage espérait un dernier spasme. *

Les pruniers sauvages

Lorsqu'on est lassé de la routine des approvisionnements locaux, se trouve à deux heures de route un des plus fameux marchés fermiers du pays. Légumes anciens en abondance, viandes bien élevées préparées par d'habiles artisans, dont la meilleure coppa de l'hémisphère, fruits de jardin et ces prunes qui ont « le goût de l'arbre ». L'excitation est celle de gosses au rayon jouets.

Elle retombe quelques jours plus tard, pas seulement parce que les stocks s'épuisent mais à la réception de quatre courriers contenant chacun une prune pour excès de vitesse. La route côtière était truffée de pruniers sauvages. Ces prunes-là coûtent plus que tous les délices rapportés mais sont bien moins savoureuses. Seule consolation, ici le permis à points n'a pas cours. *

Sans elle (ménagerie)

Deux bipèdes sans ailes, des centaines avec. Une tortue géante dont sous peu je pourrai faire un cric (la soulever pour qu'elle se rétracte, la placer sous la voiture, s'éloigner. Dès qu'elle se relève : bondir avec des cales la suite de la procédure est connue). Les geckos, qui vous sont désormais familiers. Des mangoustes opportunistes. Des fouisseurs, des rongeurs, des reptiles fuyants Et cet être unique: un pioupiou qui chaque soir, entre chien et loup, arrive en mode fusée, se met en vol stationnaire puis s'installe sur le rebord d'un des poteaux de soutènement du stoep. Toujours le même, toujours dans la même position quasi fœtale. Il reste là deux heures, semble écouter les conversations ou la musique et soudainement, comme mû par une horloge biologique, refait l'hélicoptère puis l'avion furtif.

Ma Co se demande s'il n'est pas sa pré-incarnation, elle qui aime plus que tout nager, naviguer et voler encore. Pourtant, elle devrait avoir les ailes coupées: l'avion de tourisme qu'elle pilotait, soudain en panne de moteur, elle parvint à le diriger vers une ligne à haute tension, en mode quitte ou double. La fée électricité eut le bon goût de disjoncter et de ralentir l'aéronef. Au sol, deux miraculés. Alors, je l'écoute raconter des histoires à l'oiseau. *

Dracula a les crocs.... mais plus de molaires. Me voyant partir au marché, il me demande de lui acheter du pain de mie. Blanc ou bis ? Brown –alors qu'il n'a pas encore mangé son pain blanc. *

Pop star

C'est un samedi soir. J'arrive peu avant vingt-deux heures, juste avant le début du concert qu'un groupe de rock local donne dans une salle municipale du township. La musique d'attente, pilotée par un mobile, est assourdissante quelques dizaines de personnes dansent. Le manager vient à ma rencontre puis les musiciens se présentent. Seul visage pale malgré le soleil, aurais-je une gueule d'impresario ?

Ma voiture est garée devant un shebeen voisin on me prie de la mettre en sécurité devant la salle. Suis-je en passe de devenir chauffeur de stars ?

Une basse, une rythmique, claviers et batterie. De la soupe. Le rock en afrikaans, c'est hard. Je m'esquive à un moment où, concentrés sur leurs riffs, ils ferment les yeux. Dehors, la nuit est chaude. Ceux qui n'ont pas les moyens de payer l'entrée (une heure de travail au salaire minimum) s'agglutinent contre l'enceinte. Les shebeens débordent, comme les verres les enfants jouent. Il fait bon s'attarder un peu avant de rentrer dans la ville morte.

*

La nuit, tous les hommes sont gris.

Chaque 27 avril, date des premières élections ouvertes à tous les Sud-Africains, on célèbre le Freedom Day. Cette année, les manifestations prennent une ampleur particulière : c'est le 25ème anniversaire de l'élection de Mandela à la présidence et le 8 mai on votera pour élire une nouvelle assemblée dont le président sera l'émanation. Une centaine de tables dressées dans un terrain municipal du township. Sont venus une centaine de Blancs (dont des Afreukaners) et un millier d'afro-africains. Soit dans les proportions tant de la ville que du pays. Sur les braises, des chefs locaux mijotent leurs spécialités dans des potjies de cent litres. Chacun fait la queue sur une seule file pour recevoir la pitance dans une barquette biodégradable (chouette, on pourra la jeter sans mauvaise conscience). Aux tables, on ne se mélange pas mais les blagues fusent de l'une à l'autre. Des enfants collectent furtivement bouteilles et canettes vides qu'ils revendront. La soirée est placée sous l'égide d'une milliardaire blanche du Cap dont la Jaguar est stationnée derrière la scène. Elle devant, hélas. Dans l'une des saynètes, de jeunes Noirs se présentent en whiteface sans soulever de tollé. *
MI Michel85200 Globetrotter ·
Euh... Les vikings ont conquis la Sicile Ont chatouillé Byzance Tournicote du côté de Chypre

Faisait moins chaud mais faisait chaud Plus qu’en Normandie

Après Où c’est le quarantième Nord??🤪
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Par Thor! J'avais oublié ce grand blond que les Sud-Africains prennent parfois pour un local. 😉 Il se trouve que le 40ème Nord passe légèrement au sud de Byzance mais un peu au nord de la Sicile et de Chypre. Heureusement, j'ai écrit « ne s'étaient guère aventurés plus au sud que le quarantième nord». 😇
MI Michel85200 Globetrotter ·
Pile poil dans le fuseau !
michel85200
VO Voyajou Globetrotter ·
Des nouvelles de Denver

Il occupait jusqu'alors avec sa compagne un abri sommaire dans l'arrière cour d'un oncle. La municipalité lui accorde un lopin de sable dans le nouveau lotissement gagné sur le désert, au nord du township, avec obligation d'y édifier une construction sous deux mois. Ici aussi, la densification est de mise : la surface du terrain est inférieure à cent mètres carrés et il n'y a pas de coefficient d'occupation des sols. Ses économies sont aussi maigres que lui. Il récupère auprès de ses employeurs l'argent qu'il leur demandait de conserver pour payer l'opération chirurgicale dont a besoin sa femme, mais c'est bien peu. C'est cependant suffisant pour racheter à son oncle l'abri de planches et de tôles qu'il reconstruira à l'identique. Et qu'il agrandira plus tard. Se loger ou se soigner, il faut choisir.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Se loger ou se soigner, il faut choisir.

Une bonne nouvelle, avoir un peut de terre, contrebalancée par le fait que sa compagne ne se fera pas opérer 🤪

Les choix ne sont pas toujours facile à faire
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
MA Malijp ·
Hello Voyajou! In the "A Certain Perspective" category, the winner is Voyajou! I started this travel journal not really knowing where you’d take me... and I read it in bits and pieces over a week, during my free time, with such delight, so eager to get back to those little sparkling glimpses of life—sometimes abrupt, often poetic! What a style!

When can we expect more writing? In the meantime, I’ll go read the other journals! Malijp

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