40 ans, en fait. La dictature dure depuis maintenant 40 ans. Mais aujourd'hui, des manifestations se déroulent en Birmanie contre cette hausse des prix des carburants et beaucoup de personnes sont arrêtées.
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Des militants pro-démocratie manifestent à Rangoun lLa plupart des protestataires sont des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la figure de proue de l'opposition emprisonnée, Aung San Suu Kyi.
Mais quelques minutes seulement après le début du rassemblement, une vingtaine de miliciens pro-junte ont empêché les protestataires d'avancer.
Une dizaine de contestataires ont été emmenés à bord de camions tandis que leurs camarades formaient une chaîne humaine pour résister aux interpellations.
Il s'agit de la troisième manifestation depuis dimanche.
Environ 150 militants pro-démocratie ont défié mercredi les généraux birmans en manifestant à Rangoun avant d'être stoppés par des affidés de la junte. Dix d'entre eux avaient été arrêtés.
Dimanche, ce sont environ 500 personnes qui étaient descendues dans les rues contre l'augmentation massive des prix du carburant.
Après ce rassemblement, le plus important depuis près d'une décennie, treize responsables de "Génération 88" ont été arrêtés, selon la presse officielle.
Les trois manifestations survenues en moins d'une semaine inquiètent le régime des généraux qui redoutent une réédition du soulèvement démocratique de 1988, estiment les analystes.
"Ils (les militaires) ont toujours peur d'être assis sur un siège éjectable", relève Aung Naing Oo un expert birman basé en Thaïlande. "Ils devraient se faire du souci, car ce à quoi nous assistons renvoie aux prémices du soulèvement de 1988", dit-il dans un entretien à l'AFP.
Ces marches, les premières du genre depuis près d'une décennie, ont reçu le soutien d'une partie de la population soudainement confrontée à la flambée arbitraire du prix de l'essence (+66%) et du diesel (+100%).
Au total, une vingtaine de militants des droits de l'Homme ont été arrêtés depuis mardi. La plupart font partie du groupe "Génération étudiants 88", en référence au soulèvement du 8 août 1988 en faveur du rétablissement de la démocratie.
Le mouvement, écrasé dans le sang par les militaires, fit plusieurs centaines, voire plusieurs milliers, de morts.
Cette journée noire ("8/8/88") régulièrement commémorée avait paradoxalement ouvert la voie à la création de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) le parti de la figure de proue de l'opposition actuellement en résidence surveillée, Aung San Suu Kyi.
Signe de la nervosité actuelle du pouvoir, la presse officielle s'est empressée de rendre compte des arrestations en agitant la menace d'un complot "qui pourrait être comparable aux troubles de 88".
"Ils sont inquiets, c'est la raison pour laquelle ils ont publié ces informations", estime Win Min un autre spécialiste de la Birmanie.
"Tous ceux qui étaient susceptibles de mener les marches ont été arrêtés". Les généraux ont peur que cela ne débouche sur de plus amples protestations, comme en 1988", dit-il.
Comme en 1988 également, les manifestations ont débuté sur le thème de la vie chère avant de prendre un tour plus politique.
Et une fois de plus, le régime des généraux sous le coup de sanctions internationales, se retrouve dans le collimateur: les Etats-Unis ont condamné mercredi une tentative "de réduire au silence" ceux qui oeuvrent pour la démocratie tandis que la France a averti qu'elle tenait la junte pour responsable de la "répression inacceptable" menée par des milices pro-gouvernement.