Eh non!!!
Je donnerai un petit compte-rendu de notre voyage d'ici quelques jours dans un message dédié, mais je vais quand même rapidement expliquer mes déboires avec les visas et l'administration éthiopienne.
Avant mon départ pour Addis j'avais tous les voyants au vert pour l'obtention d'un visa de 3 mois avec multiples entrées-sorties à l'arrivée à l'aéroport de Bole: tant la mission de l'Ethiopie auprès des Nations Unies, à Genève, qui est seule habilitée à délivrer les visas en Suisse, que le site du ministère éthiopien des affaires étrangères, que les nombreux forums de voyage (Bradt, LP, VoyageForum, ...), que...., tout le monde m'assurait que j'obtiendrais un tel visa en quelques minutes à Bole.
Donc fort de ces certitudes je renonce à prendre mon visa en Suisse et je débarque du vol Turkish Airlines à Bole à 2 heures du matin, fatigué, encore un peu stressé par la course que j'ai dû faire entre les deux gates à l'aéroport d'Istanbul (13 minutes pour changer d'avion) distants d'au moins un kilomètre! Tout fier avec à la main ma demande de visa (téléchargée sur le site internet du ministère des affaires étrangères éthiopien) dûment remplie, mes deux photos d'identité et mes 30€, j'arrive avec mon plus large sourire devant la fonctionnaire revêche et emmitouflée de l'immigration. Lui tendant mes documents je lui demande humblement un visa de 3 mois à multiples I/O. La réponse tombe comme un couperet. "Not possible, only for one month!". Croyant avoir mal entendu je redemande poliment un visa de 3 mois car je dois sortir et rentrer d'Ethiopie dans les prochains jours. Re-niet froid et sans appel. Je tente de lui expliquer mon problème, mon voyage à Djibouti, mon séjour de plus d'un mois dans le pays, le fait que j'en sois à mon septième séjour, ..., rien n'y fait et elle me redonne ma liasse de documents. Je tente l'expérience avec un autre fonctionnaire du bureau, sans plus de succès: la législation vient juste de changer, plus de visas de 3 mois obtenus à Bole. La mort dans l'âme je me contente d'un "petit" visa simple à 17€ qui m'autorisera juste à entrer et à ressortir du pays!!! Pour faire passer la pommade ils me conseillent de passer au ministère de l'immigration qui fera facilement la mutation de 1 à 3 mois.
A moitié rassuré je débarque le jour même au-dit ministère, heureusement avec ma belle-sœur éthiopienne qui va énormément m'aider dans les arcanes de l'administration. Nous passons la matinée et l'après-midi dans moult bureaux du ministère, grimpant chaque fois d'un rang dans la hiérarchie, pour terminer à l'heure de la fermeture dans celui du directeur (juste avant le ministre) qui oppose un refus catégorique à toute modification de mon visa: un visa émis ne peut être changé qu'à son échéance. Nous somme mercredi et je dois partir le vendredi pour Djibouti, avant de revenir en Ethiopie par le train du dimanche. Il me recommande de demander un nouveau visa à l'ambassade éthiopienne une fois à Djibouti. Je lui réponds que de vendredi à dimanche Djibouti est en fête (Aïd el-Kebir, fête du mouton), tout est fermé, que je n'obtiendrai pas mon visa avant une semaine, que je ne veux pas moisir à Djibouti, ... Ma belle-soeur essaie de faire vibrer la corde sentimentale et nationale en lui expliquant en amharique que je suis un grand ami de l'Ethiopie, que j'envoie régulièrement des touristes à Addis, et bla-bla-bla: rien n'y fait, ce fonctionnaire membre du parti au pouvoir n'est sensible à aucun argument. Peut-être que quelques billets posés gentiment sur son bureau auraient aplani les difficultés, je n'ai pas osé prendre le risque et éthiquement je ne suis pas prêt à de tels pratiques.
Résultat des courses: j'ai dû annuler mon vol pour Djibouti, j'ai manqué LA partie du trajet (train Djibouti-Dire Dawa) pour laquelle j'avais spécifiquement organisé ce trip en début de séjour, me contentant d'un vol sur Dire DAwa et d'un retour en bus puis en minibus, et j'ai dû me rendre à nouveau au ministère de l'immigration au bout d'un mois (heureusement juste après être rentré de notre boucle au Sud Omo) pour prolonger mon visa (à nouveau 17€...). Mais j'ai enfin découvert la jungle de l'administration éthiopiennes, son personnel parfois charmant et efficace, mais le plus souvent fonctionnaire à la mode soviétique (l'époque du DERG n'est tout compte fait pas si éloignée) imbu de ses prérogatives et en même temps incapable de prendre une décision sans en référer au supérieur. De plus la législation semble changer à tout moment au fil des convenances temporelles.
Désolé pour ce long compte-rendu mais dans l'intérêt de tous je ne peut que recommander d'être prudent avec les visas éthiopiens. Mieux vaut être sûr en prenant son visa dans son pays de résidence. Et cas d'expiration en Ethiopie, ne surtout pas oublier de prolonger le visa le jour de son expiration et pas plus tard: plusieurs farenjis, ayant été prolonger leur visa avec plusieurs jours de retard, se sont retrouvés devant un tribunal et ont dû payer des amendes astronomiques qui rendent alors le visa incroyablement chers!
Daniel
http://farenjtours.ch/