Des gens bourrés dans les trains, c'est sûr tu en rencontreras. Mais franchement, je n'ai jamais senti la moindre agressivité. Si tu ne veux pas boire (parce que forcément on t'y invitera), tu dis tranquillement non et on te foutra la paix... pendant quelque temps. Et si tu ne veux toujours pas, tu redis encore non la fois d'après. Tout est question de bon sens : si tu ne "sens" pas les gens de ton compartiment, ne bois tout simplement pas, garde tes papiers, ton argent et ce que tu as de précieux sur toi et tout ira bien. Mais encore une fois, je n'ai jamais eu à aller jusque là.
En contrepoint à ce que te dit Artorius, je pourrais te parler de la mère de son fils avec qui j'ai partagé un compartiment entre Vladivostok et Khabarovsk et qui m'ont embrassé comme du bon pain le lendemain matin tellement ils étaient contents de leur voyage (et moi aussi) ; de la grand mère et de sa petite fille qui m'ont nourri entre Birobidjan et Blagovechtchensk, avec la petite fille qui me chantait ses chansons d'écolière ; d'un couple de jeunes Russes qui avaient des yeux grand comme ça entre Blagovechtchensk et Tchita parce que c'est la première fois qu'ils "parlaient à un Français" ; d'une Bouriate toute timide qui a mis 1h avant de m'avouer qu'elle parlait français (et plutôt très bien) et de sa petite terreur de fils qui courait partout dans le wagon ; etc etc...
Le train est le lieu social par excellence en Russie. Les gens s'y comportent comme ailleurs, et si tu ne fais aucun effort pour t'adapter ou discuter avec eux (je ne parlais qu'une poignée de mots russes quand j'y suis allé), ils ne s'intéresseront pas à toi. A la rigueur, les seuls gens dont je me méfierais un peu sont les jeunes militaires, parce que eux pour le coup, ils passent leur temps à picoler. Pour ce qui est des policiers, en plus de 5 semaines en Russie, je n'ai jamais eu à parlementer avec aucun. Pourvu que ça dure !