Habana Bis (Cuba)
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Une envie intense de revoir La Havane, qui ne me lâchera pas... Ce n'était pas prévu mais je sais qu'il me faut y aller vite, vérifier que tout est à sa place, tel que je l'ai vécu et ressenti. Sentir battre son cœur au rythme des balades et m'imprégner de sa chaleur, entre énergie latine et indolence tropicale. Ajouter des couleurs inédites à ma palette, des silhouettes qui s'animent et du son. Saveurs qui pétillent, cocktails à la douceur acidulée... Une dernière danse, dans la lumière d'un crépuscule doré sur fond de Malecón.

Je reviens toujours sur les lieux que j'ai aimés...

En attendant, entretenir les images et se plonger dans l'univers vertigineux de ses écrivains - Cabrera Infante, Gutiérrez et autres - chroniques d'un monde romanesque et dépravé. Rarement une ville ne m'aura fait autant d'effet, cet effet-là, si singulier... Mais La Havane est-elle une ville ?

Le drapeau américain flotte à nouveau comme une promesse, une interrogation...

Aller plus loin, prétexte du voyage. Traverser l'île crocodile jusqu'à Santiago « la rebelle », cette partie d'Oriente que l'on dit extrême... Le jeu de mots me séduit, clin d'oeil à mes premières amours asiatiques. Voilà que ma boussole en perd le nord ! Je sais que le retour en bus sera long, mais qu'importe...

Mes étapes (16 jours pleins) : La Havane - Trinidad - Camaguey - Santiago - La Havane. Départ de Paris le 4 mars.

(1er carnet 2015 : ici)
CR Cruzata Regular ·
Vous rendre à Santiago et ignorer Baracoa. Pour nous ce fut une découverte , une ville cubaine tel que nous en rêvions. Vraiment vous passer à coté de quelque chose
MO Mong1 Globetrotter ·
LA HAVANE

« Tu es, Havane, les corps de tes gens, la chaleur sur l'épiderme, la caresse d'une main, les regards lascifs. Tu es cette envie de rire tout le temps, même de nous-mêmes. » (Karla SUAREZ)

Soleil qui brille à travers le hublot tout au long du vol, un rayon accroché à l'aile... J'ai une place en or : 2 sièges juste derrière la « classe Affaires », donc pas de sièges devant et un espace appréciable pour les jambes. Mon voisin chypriote est agréable et intéressant, le vol ne me semblera pas trop long.

15h10 - Cette fois j'atterris l'après-midi. Le Boeing « Triple 7 » déverse ses cinq cents et quelque passagers... et moi, et moi, et moi. Sachant ce qui m'attend, je presse le pas pour éviter les redoutables files d'attente à l'immigration... Le passage sera assez rapide mais peine perdue pour les bagages, un vol de Mexico arrive en même temps et c'est la désorganisation totale. La dernière livraison mettra plus de 2 heures avant d'arriver sur le tapis au compte-gouttes, mon sac sera dans les derniers, il faudra ensuite faire la queue pour changer de l'argent à la sortie, bref environ 3 heures et demie avant de quitter l'aéroport sous un ciel plombé et une ambiance orageuse. Bienvenue à CUBA !

Nous arrivons en longeant le port et je découvre que l'avenue du Prado, « Mon Prado » chéri, est en travaux depuis un mois et fermée à la circulation jusqu'au Malecón. Pareil du côté du Capitole jusqu'au bout, après l'Hôtel Saratoga... Tout me semble étrangement triste et désert au premier abord. Pas de belles américaines qui stationnent ou paradent autour du Parc central, pas de coco taxis qui égayent le quartier de jaune devant l'Inglaterra, par contre le Grand Théâtre n'est plus entouré de ses plaques de tôle et a rouvert depuis janvier.

Après une courte nuit de sommeil, l'objectif de ce samedi matin est la réservation de mes billets de bus. Je souhaite revenir de SANTIAGO avec la compagnie Transtur mais on me balade d'un hôtel à l'autre, du Sevilla à l'Inglaterra, puis au Parque central et au Plaza tout proche. Partout la même réponse, c'est le week-end et personne ne détient de comprobante ! 😕 (- De quoi ?) Le lundi à la première heure j'obtiens enfin le fameux sésame au Plaza, ainsi qu'un billet pour Trinidad pour le lendemain, ce qui m'évite de faire la queue au terminal du Vedado où je n'étais pas assurée d'avoir une place. Me voilà tranquille pour tout le séjour, j'ai réservé mes 2 autres trajets de France sur le site Viazul...

La balade peut enfin commencer, sous un premier jour bien gris...

Soif d'arpenter « La ville aux Mille Colonnes », retrouver ses ruelles, les gens qui s'apostrophent, les « Mi amor » pour un oui ou pour un non au téléphone ou dans la rue, l'accent populaire cubain qui mâche les consonnes et où je peine parfois à distinguer l'espagnol... Aller plus loin le nez au vent et musarder sur le Malecón, boulevard de front de mer, lieu de toutes les rencontres, salon à ciel ouvert surnommé par les Cubains « canapé havanais »... Craquer une fois de plus sur les « vieilles américaines », trésor national, pimpantes, rafistolées. S'étonner de les voir survivre et rouler, alors que les pots d'échappement toussent et crachent d'épais nuages noirs, odeurs de benzines mélangées, carburants improbables. Combien de temps encore, avant que le parc automobile ne perde ses rondeurs et ses couleurs irrésistibles de BD qui semblent rire et défier le temps ? Retrouver le côté décomplexé des femmes en tenue moulante flashy, minijupes et bas résille fantaisie noirs, les ongles manucurés du nail art dont elles raffolent, les mecs au look macho avec leur coupe et leur coiffure gominée, leurs chaînes en or. Je me réjouis de chaque détail, chaque scène de vie... un panier qui descend d'un immeuble au bout d'une corde que l'on remplit de courses, un « salon de coiffure » improvisé au fond d'une cour avec deux jeunes mecs sympathiques. Alors que je les photographie, l'un d'eux me demande si je n'ai pas besoin d'un novio cubain, mais sans lourdeur...

Habana siempre... Cette ville me fascine. La Havane éternelle, aussi belle que terrifiante dans son délabrement, fatigante parfois. Chaque parcelle de mur transpire et vibre à la manière de ses habitants, intensément. J'aime ses contrastes, ses couleurs, sa créativité. Sa résilience...

Du bleu, du rose, du vert, des couleurs gaies sous un badigeon neuf, ou du pastel. Puis du gris... Ici le décor s'effrite, menaçant. Mur lézardé, ouverture béante d'une façade en trompe-l'oeil dévorée par la végétation. Une loggia baroque et délabrée où sèche du linge bigarré, un balcon étroit en fer forgé rouillé où l'on prend l'air en regardant la rue... La vie est là, intimité ouverte à tous les vents. Vestiges d'un autre temps, l'histoire s'imagine, se respire à travers ses façades au faste décrépi. Sublime beauté, mélancolie de la décadence sur laquelle s'attardent nos yeux de touristes ébahis. Pour les Cubains sa splendeur tient à la fois du miracle ou d'un sortilège, la réalité laisse peu de place au romantisme et à la poésie contemplative... cependant ils l'expriment largement, dans les livres ou la musique.

Devant son côté décadent, je pense aux livres de Pedro Juan Gutiérrez (Trilogie sale de La Havane), monde souterrain où la misère et la crasse se mêlent au sexe à profusion et au rhum bon marché, ultimes espaces de liberté. De même que passer devant les cinémas du Vedado m'évoquera Guillermo Cabrera Infante - virtuose du langage - et ses premiers émois d'adolescent dans la complicité des salles obscures... (La Havane pour un infante défunt.) L'ombre des deux écrivains plane sur la ville, à travers les ruelles dont les noms me sont devenus familiers, ou des lieux retranscrits avec un réalisme ciselé...

Je ne m'étais pas trop attardée sur la Plaza Vieja et ses terrasses de café, large vitrine magnifiquement restaurée, préférant l'intimité de la Place de la Cathédrale ou les bouquinistes de la Place d'Armes ombragée. J'avais tracé très vite le long de la rue Obispo malgré ses points d'intérêt, lui préférant des rues plus cubaines, populaires, me glissant parfois, le cœur battant, dans les entrées d'immeubles délabrés, découvrant le charme suranné d'un escalier en marbre, d'un carrelage d'époque, d'un morceau de mur recouvert d'azulejos au milieu de compteurs éventrés... Je retrouve et approfondis avec joie tous les quartiers. Les gamins tapent toujours dans le ballon sous les arcades colorées de la Plaza Vieja, au milieu des touristes... Je fais des pauses dans les jolis petits cafés où l'on peut l'acheter fraîchement moulu, El Escorial puis O'reilly et son joli escalier en colimaçon, m'émerveille de découvrir le patio jaune de l'Hôtel Conde de Villanueva envahi de plantes où deux paons se pavanent au soleil, ambiance feutrée où jouent quelques musiciens. Je me fais aborder par le Che ou un de ses clones alors que je photographie un bâtiment, ça sent l'embrouille et la photo payante alors que j'ai rien demandé... Sympa et finalement désintéressé. Allez, clic-clac ! La rue Obispo incontournable grouille de monde et n'a toujours pas mes faveurs...

Le lundi, un vent terrible s'est levé avec le soleil et le quartier du Capitole en travaux n'est plus qu'un ouragan de poussière, on marche au beau milieu de la chaussée entre les terre-pleins centraux que les ouvriers repavent, au moins plus de problème pour traverser comme auparavant avec la circulation fermée ainsi que pour photographier. Tout un énorme bloc d'immeuble turquoise qui était sous des échafaudages de bois l'an dernier à l'angle de la rue Brasil a disparu... tout comme les vieilles locomotives en restauration avant le quartier chinois. Je découvre certains endroits intéressants vers la gare, le marché Egido rue de Belgique, la rue Cardenas et ses quelques maisons de style Art nouveau apporté par les architectes catalans. Jamais je n'avais autant prêté attention aux différents styles d'architecture, à tous ces détails si riches ! Je n'étais pas rentrée non plus dans le hall tout en marbre de l'édifice Bacardi de style Art déco, alors que c'est superbe. J'adore ses boîtes à lettres noir et or...

Je regrettais également de n'avoir pu explorer le secteur de La Rampa au Vedado, artère animée qui descend vers le malecón, autrefois quartier chaud de la capitale, un peu excentré. Une pause curieuse dans l'enceinte de l'Hôtel Nacional, palace emblématique des années trente à l'architecture massive, aux allures de colosse qui domine la baie sur un promontoire rocheux. Ici comme à Tanger, les photos entretiennent la nostalgie des Années folles, des stars de cinéma de l'Actors Studio et des légendes de Music-Hall (Marlon Brando, Ava Gardner, Sinatra ou Fred Astaire, pour ne citer qu'eux). Al Capone et la mafia s'y donnaient rendez-vous durant la Prohibition aux États-Unis, sous l'aile de Batista. Casino et blanchiment d'argent, trafic d'alcool et autres... Au milieu des portraits de célébrités qui tapissent les murs du salon attenant au bar (le « Hall of Fame » : Temple de la renommée), s'ajoute depuis l'été dernier celui de François Hollande, au-dessus du juke-box rétro... Je vous laisse deviner quel sera le prochain président et sa nationalité... Malgré un beau soleil, je ne boirai pas un verre dans les gros fauteuils en osier du jardin, découragée par le vent du nord... et par la présence de quelques touristes avachis qui se la pètent en fumant le cigare...

Mes trois jours à La Havane passeront très vite, il me faudra retourner au Vedado la veille de mon départ pour l'expérience d'une glace chez Coppelia, le célèbre glacier étant fermé le lundi... (J'en reparlerai.)



















(Le retour du Che)

















(Hôtel Conde de Villanueva) (Rue Obispo)
MO Mong1 Globetrotter ·
Vous rendre à Santiago et ignorer Baracoa. Pour nous ce fut une découverte, une ville cubaine tel que nous en rêvions. Vraiment vous passer à coté de quelque chose

Beaucoup trop loin en 16 jours... J'ai fait ce choix et ne regrette rien. 🙂
MO Mong1 Globetrotter ·
(Contrastes - En vert l'immeuble Focsa au Vedado)



























(Rue Cardenas)



(Café O'Reilly)















(Marché Egido)
MO Mong1 Globetrotter ·
- (Edifice Bacardi - 1930)











- (L'Hôtel Nacional, avec le Hall of Fame)









- A suivre : TRINIDAD... 🙂
MA Mahiska Regular ·
Merci beaucoup, Ming2, pour ce nouveau très beau carnet. J'ai hâte de voir la suite😉 !

Bonne fin de WE à tous.
KO Kola Globetrotter ·
Chaleur, couleurs, gestes et visages, sensualité, nostalgie... Certains endroits ont le charme intemporel des vieux souvenirs, même si on n'y a jamais mis les pieds. Mais ça ne fait rien. Car il y a Ming2, et ses carnets. Subtile alchimie entre des photos (magnifiques) qui racontent, des mots (précis) qui montrent... une errance poétique qui se lit comme une invitation à la rêverie, avec les yeux ouverts.

Une image particulière : l'enfant en bleu captivé par les dessous rouges, dans le regard duquel se devine l'attirance, universellement partagée, que semblent exercer quelques grammes de dentelles sur ce qu'ils recouvrent. Mais c'est un tout petit garçon, donc il ne le sait pas encore...
KA Kate Globetrotter ·
Ah ces photos ces photos ! Elles sont encore plus belles que la derniēre fois ! J'attendais ce nouveau carnet, merci de nous avoir prévenus 😉
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Kola pour ce joli commentaire...

j'ai un petit faible aussi pour la photo du gamin devant la vitrine 🙂 (difficulté de saisir un instant furtif, une seconde après la mère le tirait par le bras). Je ne sais ce qui attiré mon œil dans cette rue commerçante d'Obispo très touristique, sûrement pas la boutique de dessous chics...

MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Kate pour ton commentaire enthousiaste ! (Je suis rentrée il y a tout juste 5 jours et j'ai un mal fou à sélectionner...)

MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Mahiska ! La suite arrive... 🙂
MO Mong1 Globetrotter ·
*(Vive la compagnie Transtur, un premier bus pour Trinidad étant complet, je me suis retrouvée sans le savoir dans un second avec seulement une dizaine de personnes. Beaucoup plus cool que Viazul... ) 🙂 --

TRINIDAD (Portraits)

Rien de nouveau sous le soleil... la petite ville est toujours aussi belle.

Je retrouve ses personnages familiers, acteurs au quotidien :

Le vieil homme et son âne affublé d'une pancarte « For rent - Photos 0,50 », qui traîne avec lui sa lassitude et ses yeux bleus usés par la lumière, autour de la Plaza Mayor. Le croiser à tout moment, pittoresque silhouette au milieu de ce manège pour le moins enchanteur, me laisse un sentiment de tristesse inhabituel, que ne peut effacer son sourire empreint de douceur... Quel âge peut-il avoir, l'abuelito ? Quatre-vingts ans ? Avec ses paupières rougies, ses traits si peu cubains, son chapeau et ses éperons, il est la figure marquante et attachante du lieu, peut-être même aussi sa mémoire...

Les trois compères assis sur les marches à l'ombre d'un porche, le regard rusé sondant les touristes dans l'attente d'une photo, cigare vissé au coin des lèvres. On sent bien, avec l'expérience du voyage, que ceux-là ne sont pas assis là par hasard à discuter, même si ça pourrait être le cas... L'endroit est stratégique. Je m'amuse à soutenir leur regard affûté en passant devant eux. Vont-ils m'aborder ? Eh bien non... il semblerait que je n'aie pas une tête à CUC ! 😎

Toujours en costard-cravate au même endroit, sourcils broussailleux, frisottis dans la nuque et barbe taillée, cet homme qui ne m'avait rien réclamé pour un portrait digne d'un casting de cinéma, gentleman ou mafioso (Don Vito Corleone, nouveau Parrain sous les tropiques ?) et que j'ai retrouvé par la suite sur le Net, comme certains autres... Cet homme aux allures de vagabond avec ses longs colliers de graines, le regard voilé par la cataracte, une gueule et un regard que l'on n'oublie pas et qui vous fixe sans un sourire. Contrairement aux autres qu'il semble côtoyer, chez lui la misère est flagrante...

Il y a aussi l'homme au coq, assis parfois avec les autres compères... n'allez pas croire que lui aussi est là par hasard et que vous avez fait la photo du siècle, avec son animal sur la tête ! 😉 Puis un peu plus à l'écart, un homme sur le pas de la porte avec son iguane... Je m'étais arrêtée pour échanger quelques mots avec lui, ne sachant si c'était une autre façon d'attirer les touristes. Cette année j'en verrai deux autres. Je m'amuse d'ailleurs à observer d'autres p'tites bêtes de la même famille que l'on ne trouve qu'ici, de drôles de lézards qui enroulent leur queue en spirale dés qu'ils se déplacent, très vite... On les appelle perritos de la costa, certains ont leurs habitudes dans le petit café où je vais me restaurer et rappliquent pour quelques miettes. Me voir jouer les photographes animaliers entre les tables armée de mon compact (🤪), déride le serveur peu loquace...

Et puis un personnage assez étonnant : Luis « le poète à la brouette »... Taxi-Luis, comme on peut le lire sur son étrange brouette en bois qui lui sert à transporter les bagages des touristes. Passionné d'histoire et de géographie ou tout simplement curieux de voyages, il en collerait plus d'un avec ses connaissances et vous récite tout ce qu'il a noté sur ses vieux cahiers grâce à ses multiples rencontres... (Il m'a cité les fleuves, départements et numéros, sous-préfectures et autres particularités des deux régions proches de ma ville, de mémoire). Imaginant les endroits en question ou ce que lui inspire l'instant, il vous écrira un poème personnalisé sur un bout de papier... jolie façon d'arrondir ses fins de mois. Luis Martinez, taxi-brouette et poète de Trinidad ne quittera sans doute jamais sa province ni son pays, mais voyage par procuration... Prenez le temps de discuter avec lui s'il vous interpelle ! En plus il est vraiment sympa. J'ai dû quant à moi réviser ma géographie et c'est de bon cœur que je lui ai donné une pièce contre quelques lignes...

Il me faudrait rajouter de nouvelles rencontres... Pedro, personnage intriguant, baratineur, un peu trouble, sur les marches de la Casa de la Musica ou de l'église qui vous aborde et discutera tout du long en anglais, soi-disant un ancien prof mais on lui donnerait l'aumône avec sa large veste et son chapeau. Qui est-il vraiment et que cherche-t-il ? Je l'ai observé à plusieurs reprises... Drôle de personnage !









(Le poète à la brouette)





- A suivre : Trinidad (2) et la Vallée de los Ingenios... 🙂
MA Maevita Veteran ·
Les mêmes personnes y étaient déjà, il y a deux ans. Les souvenirs me réchauffent le coeur. Merci de nous avertir et de partager ton nouveau voyage. J'ai gardé des contacts surtout à la Havane et à Trinidad, grâce à l'accès au courriel avec le portable que les Cubains ont maintenant. Pour eux, avoir une communication avec l'étranger est précieux. Tes récits font sortir les belles couleurs de là-bas et frôlent les autres que seul l'oeil averti que tu dois avoir découvre. C'est bien ainsi, cela laisse l'opportunité de voir avec le coeur. J'ai hâte de lire et de voir la suite.
RE Renaldito Veteran ·
Bonjour Ming2,

Votre carnet m'arrive comme un cadeau pascal! Quel plaisir de revoir Cuba à travers vos images et vos mots, tellement magnifiques.

Merci pour ce récit, je vais le parcourir encore et encore, en attendant mon départ pour La Havane dans un mois. Ce sera loin d'être une première fois, mais, moi aussi, je suis habité par "une envie intense de revoir La Havane, qui ne me lâchera pas..."

À tout bientôt,
renaldito
SA Saya53 ·
Bonjour Je suis en train de concocter mon itineraire à Cuba et je me demandais si j'allais jusqu'à Baracoa . J'ai 3 semaines en Juillet. Quel itineraire avez vous suivi et en combien de temps? merci d'avance
véronique
SA Saya53 ·
Un vrai régal votre carnet de voyage Catherine ! Aussi bien le texte que les photos ! Il arrive à point, je pars en Juillet. Merci de nous faire partager avec autant de sensibilité et de poésie !
véronique
MO Mong1 Globetrotter ·
Je regroupe les derniers merci pour ne pas trop me répéter...

- Maevita : contente de te rappeler de bons souvenirs. (Euh, t'aurais pas l'adresse d'un chauffeur ? 😉 Joke....)

- Renaldito : ça me fait particulièrement plaisir que tu sois sensible à mon carnet, toi qui aimes tant La Havane et connais bien ce pays...

- Saya53 : j'espère que ce carnet t'inspirera et que tu trouveras quelques infos...
MO Mong1 Globetrotter ·
Passer plusieurs jours à Trinidad c'est entrer dans le décor, faire une pause dans le voyage et arrêter le temps, malgré une foule de touristes... Saluer des visages devenus familiers, observer des scènes de vie quotidienne dans un minuscule périmètre : la sortie des écoliers en uniforme dans la ruelle près du couvent, les gamins jouant au foot sur la placette au mur jaune où jouent toujours les mêmes musiciens, une fête de los quince años, princesse d'un jour en robe de tulle... C'est croiser des cavaliers fiers aux allures de cow-boy qui passent au p'tit trot sans un regard vous forçant à raser les murs, des gamins qui montent à cru ou un habitant qui se promène avec un oiseau dans une cage en osier, c'est aussi des vendeurs de rue à la voix nasillarde poussant leur carriole – Mani, mani, mani ! - ou déambulant avec leurs tresses d'ail. Une ruelle photogénique par ci, un nouveau petit tour par là, une boisson pour se rafraîchir. Goûter à la canchanchara, cocktail local servi dans un petit bol en terre cuite (miel, citron vert et eau-de-vie) et même si nos soirées festives font plutôt partie du passé, savourer à nouveau le plaisir d'une piña colada près de la Casa de la Musica et s'asseoir sur les marches de ce drôle d'amphithéâtre qui se transforme en fiesta latina la nuit tombée, sous l'oeil de la Santisima...

Autour de la Plaza Mayor, certains restaurants ressemblent à des magasins d'antiquités ou à des musées où trônent la statue d'une vierge ou d'immenses portraits du Christ, au milieu de miroirs baroques et de vaisselle ancienne. On peut même manger dans une pièce à côté d'un lit d'époque... Tout ce luxe étonne, au début... Pour ma part je trouve qu'il y a finalement peu de petits cafés sympas, tranquilles ou populaires pour grignoter ou boire un verre l'après-midi, à part une ou deux tavernes prisées des touristes. Ma casa ne faisant pas à dîner, j'ai retrouvé mes habitudes et ma cantine préférée, El Jigue, jolie maison aux murs peints comme des azulejos avec ses 4 ou 5 tables en terrasse et me régale de leur spécialité de poulet spaghettis fromage. J'apprécie l'ambiance tranquille, sans la musique omniprésente, un peu de calme et de solitude qui font du bien... Le midi, ce sera un endroit qui ne paie pas de mine dans la même rue, La Parranda, où l'on grille le cochon sous les manguiers.

*J'ai regretté que le Musée Romantique (palais à arcades jaune) que j'avais trouvé superbe soit fermé cette année.







































CR Cruzata Regular ·
Avec 3 semaines vous avez le temps d'aller à Baracoa, nous avions 4 semaines Nous sommes arrivés à La Havane 1 journée puis nous avions pris le car jusqu’à Santiago, c'est long mais cela se passe bien le car est climatisé, les sièges sont confortables.

Nous sommes restés 2 jours à Santiago ou nous avons récupéré notre voiture de location devant l'Hotel Casa Granda sur le parc devant la cathédrale. Ensuite Baracoa nous avions prévu 2 jours , mais on regrette de ne pas être resté plus longtemps. C'est le but de notre prochain voyage toute la région de l'Oriente. Ensuite on est remonté Holguin/ Camaguey/Trinidad/ Santa Clara/ Vinales / La havane (excursion à Varadero décrié à tort)
SA Saya53 ·
Merci Andrè. Je pensais faire La Havane-Baracoa en bus d'une traite puis Santiago, Camarguey, Santa Clara (ou pas ?) Trinidad, Cienfuegos, Vinales, La havane. Je fais tout en bus et taxis collectifs. J'ai l'impression qu'il n'y a pas de bus Baracoa-La havane "direct". Qu'en pensez-vous? Merci d'avance
véronique
CR Cruzata Regular ·
Oui la solution La Havane / Baracoa est une bonne solution nous avions fait le choix de faire Santiago pour récupérer la voiture de location est pouvoir faire Santiago / Baracoa par la Farola ce qui nous a permis d'admirer les paysages de cette route

Le bus Baracoa / La havane fait escale à Santiago.

Santa Clara est optionnel mais c'est dommage de ne pas voir le mausolée du Che , le musée , la crypte le souvenir de la révolution
SA Saya53 ·
Ok pour Santa Clara que je zapperai uniquement si j'ai pris du retard.......... Après les 2 ou 3 premiers jours à La Havane je pensais partir sur Vinales puis Cienfuegos, Trinidad etc.........pour finir par Baracoa et retour en bus pour La havane. Il semblerait que ce soit plus simple dans l'autre sens ( Bus Baracoa- la havane ?) c'est à dire partir sur Baracoa direct apres l'arrivée sur La Havane puis Santiago, Camarguey etc........pour finir par Vinales avant le retour de La Havane.
véronique
CR Cruzata Regular ·
Oui je pense que le circuit Baracoa/ La Havane est le plus intéressant. Vous allez découvrir au départ un Cuba naturel , des parcs nationaux , des paysages magnifiques , des habitants qui ne considèrent pas tout à fait le touriste comme une vache à lait.

Puis petit à petit vous allez remonter vers le lieux de tourisme de masse, mais l'image qui vous restera de Cuba sera celle de la première partie de votre voyage. et le regret de ne pas y être resté plus longtemps.

En sens inverse, votre voyage à Cuba sera gâté par les défauts qu'a amené le tourisme , dans les zones touristiques l’intéressement des gens , les quémandeurs, les petites arnaques . Et l'image principale qui vous restera sera celle la . Et vous serrez passé à coté de Cuba
MA Malagabeach Veteran ·
ne pas perdre de vue, tout de même, que la situation en Oriente, tout particulièrement à Santiago, est tout sauf optimale :

santé, délinquance et même drogue (Haiti n'est pas loin) dans cette extrémité de l'ile, effectivement bien moins visitée par les touristes (il y a peut être des raisons à cela...)

la lecture attentive des communiqués de l'ambassade de France permet souvent d'ouvrir les yeux

'' Dernière minute

Cholera Des cas de choléra ont été signalés à Santiago de Cuba (est du pays). Il revient aux voyageurs qui envisagent d’y séjourner de prendre toutes les précautions d’usage (se laver régulièrement les mains, ne consommer que de l’eau en bouteilles, peler les fruits et légumes, manger cuit). Des cas de dengue sont également fréquents dans l’ensemble du pays. Il convient donc de respecter les mesures habituelles de protection (vêtements longs, produits anti-moustiques à utiliser sur la peau et sur les vêtements, diffuseurs électriques) et de consulter un médecin dans les services pour étrangers des hôpitaux en cas de symptôme, notamment de fièvre.

Maladie à virus Zika, 15 mars 2016

Les premiers cas de maladie à virus Zika ont été signalés à Cuba : il s’agit, à ce stade, de cas importés, c’est-à-dire de personnes contaminées dans d’autres pays infectés par le virus Zika (Venezuela). Une fois le diagnostic confirmé, les patients infectés par le virus Zika sont suivis à l’Institut Pedro Kouri, dans la capitale, spécialisé dans les maladies tropicales et situé à la Havane. Les autorités font procéder à d’intenses fumigations anti-moustiques dans l’ensemble du pays

source : www.diplomatie.gouv.fr/...seils-par-pays/cuba/

lire également l'onglet sécurité :

certes, cela arrive qu'à peu de personnes (mais un proche de la famille s'est fait plumer de tout son argent par naiveté à Santiago il y a quelques années)

prudence donc, cela n'arrive pas qu'aux autres...
SA Saya53 ·
Merci Andre pour ces précisions très utiles et bonne journée.
véronique
SA Saya53 ·
Oui je suis allée sur le site et j'ai bien noté ces précautions particulières dans l'est du pays. Merci à vous.
véronique
MO Mong1 Globetrotter ·
- Saya, peut-être devrais-tu ouvrir une discussion avec ton itinéraire pour avoir d'autres avis ?

Je ne me prononcerais pas sur la faisabilité ou non, ne l'ayant pas fait (un vol interne Santiago ou Baracoa - La Havane, si ça ne gonflait pas autant le prix du voyage serait une bonne solution), juste un détail si tu veux le faire en bus dans le sens Camaguey - Trinidad, le départ est très peu pratique, aux alentours de 02h20 du matin...
MO Mong1 Globetrotter ·
Malagabeach, si je peux me permettre, concernant l'Oriente en particulier Santiago, je lis depuis longtemps vos recommandations et avis peu encourageants sur la sécurité, le choléra et autres...

Je ne nie pas que c'est une ville où la délinquance est sans doute plus forte du fait de la misère, d'un tempérament bouillonnant... Je ne nie pas les cas de choléra et autres catastrophes annoncées (tremblements de terre...)

Concernant mon ressenti sur cette ville, j'y viendrai plus loin, je voulais juste dire qu'en étant prudent comme partout, il n'y a pas de quoi flipper plus qu'ailleurs... Et que contrairement à ce que vous dites, il y avait énormément de touristes ! (Concentrés dans le centre.) Donc prudence bien sûr en particulier le soir, un minimum d'attention aux conditions d'hygiène mais inutile d'être trop alarmiste à chaque fois. Santiago est une ville intéressante, pour son centre historique et autres visites, ses perspectives sur le port et la sierra, son ambiance musicale. Une ville très différente, avec ses rues en pente, sa lumière...

Quant au virus Zika, c'était justement mon prochain post ! 🙂 Voici donc une petite suite sur Trinidad...
MO Mong1 Globetrotter ·
Mercredi

Le mercredi à Trinidad, c'est jour de fumigation... Je m'étais étonnée à La Havane de voir ces hommes en tenue militaire qui quadrillaient les quartiers, masque à gaz et engin comme une grosse mitraillette à la main. Un bruit de tondeuse à gazon. Je les suis le matin dans la partie populaire de Trinidad, du côté des trois croix...

Branle-bas de combat ! Sortez et réveillez les bébés, les vieillards, éloignez les cages à oiseaux... Un homme frappe à toutes les portes en éclaireur, carnet à la main et l'opération peut commencer. Le bruit et une épaisse fumée toxique qui s'échappe de la porte lorsque le militaire ressort. J'apprends que c'est toute les semaines, qu'on ne doit pas ouvrir pendant 45 minutes et que l'on a une amende si l'on refuse... Le virus Zika ne passera pas.

Si vous êtes dans une casa particular ici ou ailleurs, dans une chambre d'hôtel, même combat : tout le monde dehors ! 🙂





MA Mars56 Veteran ·
Bonsoir Catherine, je découvre ce carnet: photos magnifiques!...et le récit tambien! Excellent, un régal!

Au sujet de l'Oriente et des propos quelques peu alarmistes postés par certains forumistes, je ne partage nullement le sentiment d'insécurité qu'on voudrait faire croire aux voyageurs concernant Cuba et en particulier le Sud Est.

Nous avons passés 6 semaines du Nord au Sud de Cuba (Bus, taxi partagé, casas particulares) et n'avons jamais rencontré la moindre difficulté!

Il ne faut pas être naïf bien sûr, mais Cuba reste une destination très facile en terme de sécurité y compris sanitaire.

La Province de Guantánamo mérite qu'on s'y attarde!

pour les lecteurs qui le souhaitent, témoignages sur Cuba en 13 articles (Octobre/Novembre 2015) sur: http://marie-alain.blog4ever.com

Le Ranquet en Vadrouille, saison 2, Cuba

poursuivons depuis Cuba notre route, Jamaïque, Nicaragua, Costa Rica, Panama, Équateur, Pérou, et en ce moment Bolivie.

Cordialement, Alain

une photo en clin d'oeil... nous l'avons aussi rencontré!

MA Malagabeach Veteran ·
on ne parle pas de sentiment d'insécurité à Santiago.... mais de vols et d'agressions avérées, ce qui est différent

je ne pense pas que les fonctionnaires du Consulat de France qui récupèrent et assistent les victimes soient des affabulateurs ?

s'ils marquent qu'il y a des problèmes à Santiago c'est qu'il y en a eu et qu'ils ont eu (je pense en particulier à la période du Carnaval...) des victimes

dire que mettre en ligne les conseils de l'ambassade est alarmiste c'est faire l'autruche

le forumiste auteur de ce post dit d'ailleurs qu'il ne faut pas être naif, les ''orientaux'' sont différents, chauds ( a mes yeux difficilement controlables ) c'est un fait
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci beaucoup Alain pour ton message... 🙂 j'avais lu ton récit attentivement après mon premier carnet à Cuba, j'y ai d'ailleurs retrouvé les mêmes impressions, parfois les mêmes mots. J'avais particulièrement aimé la partie habanaise, si je me souviens bien !

Comme tu le dis, il ne faut pas être naïf... (Malagabeach parle d'ailleurs lui-même de naïveté en rapportant l'expérience malheureuse d'une de ses proches), c'est valable partout... A Cuba, pays de la débrouille, c'est parfois un sport national avec les touristes. Je trouve tout de même qu'avec un peu d'expérience et de bon sens (de méfiance), on les voit vite venir, même si certaines ruses et pratiques sont inventives... 😏

(Génial le clin d'oeil pour le Che !)
MO Mong1 Globetrotter ·
Malagabeach, des vols il y en a partout... quant aux agressions ponctuelles (carnaval), personne ne les met en doute. La mise en garde de l'ambassade n'est-elle pas un devoir naturel de prévenir les touristes et une certaine façon de se couvrir ? Est-ce qu'on n'a pas tendance à grossir le trait dans ces cas là ? Il est bien de prévenir mais je trouve dommage d'effrayer tout le temps avec les mêmes messages sur l'ambassade, sur les quelques cas de choléra etc...

Santiago est méprisée par les Havanais (ça m'a rappelé les inimitiés et différences entre Hanoï et Saigon, Nord et Sud), mal-aimée par certains voyageurs pour différentes raisons qu'on peut comprendre (pollution, fatigue, plus de harcèlement), mais je crois qu'il y a aussi une certaine forme de racisme dans cette ville plus Noire qu'ailleurs... dans un pays pourtant métissé. Oui Santiago est différente, on peut ne pas l'aimer comme c'est votre cas, mais je l'ai trouvée intéressante et ne suis pas la seule. Les guides mettent en garde, mais parlent aussi de ses atouts et d'une très belle ville ! Je regrette quand on ne parle que du côté négatif d'un endroit, pour des raisons (mésaventures) personnelles.
MA Maevita Veteran ·
Ne pas aller à Santiago pour les raisons citées serait comme déconseiller d'aller à Paris. Paris n'a peut-être pas les moustiques mais les terroristes en prime. J'ai beaucoup aimé Santiago et quand on voyage, il faut être vigilant, en Europe comme ailleurs. Vivre contient des risques. Cela ne veut pas dire aller chercher les dangers à des endroits louches ou politiquement instables. En plus, quand on est enceinte ou avec des enfants petits, il vaut mieux réfléchir deux fois avant de choisir une destination lointaine. Catherine, ton carnet est super à tout point de vue et je me réjouis pour la suite 😎
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci Maevita... tous les avis sont bons à prendre, à chacun de se faire son opinion en découvrant un endroit. Je suis allée à Santiago par curiosité (et envie), mais en me demandant vraiment si j'allais apprécier une ville qui semblait si controversée. Et j'ai aimé, malgré des défauts... Je pense que rares sont les touristes qui s'éloignent du centre le soir, tout est concentré dans un périmètre restreint. Ceux qui le font et suivent d'éventuelles rencontres doivent rester vigilants. Quant aux agressions en période de carnaval, on imagine très bien les Cubains surchauffés abusant des boissons, c'est aussi le cas ailleurs, même vers chez-moi, du côté des fêtes de Bayonne où l'on parle chaque été de débordements et même de viols !

Je continue... 🙂

El Valle de los Ingenios

Aujourd'hui je me rends à la minuscule gare toute bleue où je compte prendre le petit train touristique en bois pour la « Vallée de los Ingenios » (vallée des sucreries). Enfin s'il fonctionne, car c'est aléatoire ! Je suis donc sur place vers 8h30 et dois attendre 9 heures pour obtenir le billet (10 CUC). Départ 9h30, retour 14h30. (J'ai cru comprendre que le train ne partait que si l'on était un minimum de 20, ce qui est largement le cas en cette période.) Par chance aujourd'hui il est en état de marche ! Le petit train est formé de 2 wagons ouverts tirés par une locomotive à vapeur. On chemine cahin-caha sur une quinzaine de km, à vingt à l'heure... Tchouuu, tchouuu ! Ambiance « Autant en emporte le Vent » ou « Terre Indigo », saga tournée en 96 avec des scènes dans le train et dans les haciendas que l'on visite. Retour à l'époque des riches propriétaires terriens et des esclaves qui travaillaient dans les plantations de canne à sucre au XIX ème... On s'arrête une 1ère fois à Iznaga où l'on peut monter en haut d'une tour qui permettait de surveiller les esclaves (on en comptait 11 000). La jolie maison coloniale jaune est transformée en restaurant avec une allée où l'on vend nappes, chemises blanches et dentelles... Puis un 2ème arrêt à Guachinango, impression d'un western l'espace d'une seconde mais là aussi la visite n'est rien d'autre qu'un arrêt restaurant. Je ne mangerai ni à l'un ni à l'autre...

En résumé j'ai trouvé la balade en train amusante au début, les paysages de canne à sucre avec quelques petites maisons plutôt sympas, l''histoire de la vallée intéressante à connaître avec ce lourd passé d'esclavage, mais le retour finit par être abrutissant car très bruyant, sans parler des secousses et du soleil qui cogne si l'on est côté fenêtre... Quant aux arrêts, une heure à chaque fois : un peu long...

A faire donc si l'on a du temps, ce qui était mon cas. On peut aussi y aller en taxi et voir le petit train arrêté aux deux gares... (ainsi qu'à Trinidad, où quelqu'un vous invitera à monter pour quelques photos et où vous verrez de vieilles locomotives Philadelphia 1907.)







(Arrêt Iznaga)











(Arrêt Guachinango)







- A suivre CAMAGUEY... 🙂 (quand j'aurais écrit le texte et trié les photos !)
MA Malagabeach Veteran ·
merci pour ces images !

je constate que le train des Ingenios (moulins à sucre, sucreries au sens large) est désormais tracté (photo de la gare de Manaca Iznagua) par une loco diesel

je l'ai fait plusieurs fois en loco à vapeur ! le restaurant finca en fin de ligne, très touristique certes, est sympa aussi
MO Mong1 Globetrotter ·
On peut voir différentes locomotives à vapeur à la gare de Trinidad, avant de monter dans le petit train qui n'est pas encore formé...

J'avoue n'avoir pas très bien écouté ou compris les explications d'un employé (?) alors que je m'empressais de monter pour faire quelques photos... 🙂



MO Mong1 Globetrotter ·
CAMAGUEY

Départ de Trinidad vers 8h, environ 5h de trajet... Depuis Sancti Spiritus, on emprunte la Carreterra Central qui traverse Cuba d'Est en Ouest. La route est extrêmement monotone, vaste plaine agricole, champs pelés qui se succèdent, parsemés de bétail. Je préférais encore les étendues de canne à sucre à ce morne paysage ! J'ai réservé une casa de France (Casa Dalgis) après une réponse négative de Los Vitrales, ancien couvent restauré qui avait l'air super mais qui s'est avéré complet 4 mois avant... et sonne enfin à la porte d'un immeuble où Dalgis m'ouvre en se penchant du 1er étage pour me dire de monter. Très bon accueil, Dalgis est pleine de dynamisme, d'humour, de naturel. Appartement typique à haut plafond et arcades aux couleurs pastel et trois chambres bien kitsch (avec le frigo rempli) dans un couloir. Les visites commenceront vraiment demain, aujourd'hui je me contente de repérer le coin. Je suis hyper bien placée...

Camaguey se distingue des villes cubaines par son tracé labyrinthique, conçu pour dérouter les pirates. C'est une ville tranquille, la 3ème ville du pays, où l'on flâne de place en place et d'église en église et où l'activité culturelle est importante, avec de nombreuses galeries d'Art et ateliers.

Tout près de ma casa se trouve une petite rue dédiée au 7ème Art, la Calle de los cines : ici la rue se fait décor, plusieurs salles, un café nommé Casablanca, un resto climatisé rouge et noir (très joli mais un peu guindé), avec fauteuils d'orchestre aux noms de réalisateurs, affiches et bobines de films... La rue donne sur une jolie église couleur moutarde, Iglesia de la Soledad. C'est dimanche et en me baladant tôt le matin, j'entends des chants harmonieux qui s'échappent des églises...

Il est 9h et je décide de commencer par la visite d'un important marché situé près du fleuve Hatibonico que je rejoins en bici-taxi. Enfin un marché en plein air, un grand marché agricole ! C'est plutôt rare à Cuba... Par contre les dimanches étant souvent déserts, je n'avais pas pensé qu' il y aurait autant de monde, la queue à tous les stands et plein de policiers qui surveillent. Je n'imaginais pas non plus un marché de la sorte, rien à voir avec les marchés d'Asie ou d'ailleurs, à part une partie au centre les vendeurs sont alignés avec un numéro. C'est assez pittoresque, mais difficile d'approcher à cause des queues et de flâner tranquillement comme j'aime tant le faire... Tout n'est pas ouvert, je trouve un stand d'herbes médicinales un peu à l'écart, des fruits et légumes comme partout, de la viande et bien sûr les incontournables tresses d'ail produites par la région.

De retour vers le quartier historique, me voilà sur la Plaza del Carmen assez déserte, dominée d'une église rose du même nom. La céramiste Martha Jimenez a reproduit grandeur nature plusieurs personnages en bronze. Un homme lisant le journal, un couple d'amoureux, un marchand d'eau. Et c'est une fois de plus l'occasion d'illustrer la conversation chère aux Cubains avec « Les commères » (las chismosas)... Une chaise libre vous invite à vous joindre à elles. Visite rapide de la galerie de l'artiste et son univers fantaisiste, puis je rejoins la Plaza San Juan de Dios entourée de maisons du XVIIIe et classée monument historique où l'on arrive par une ou deux ruelles colorées. C'est pour moi la plus belle place, pavée, restaurée, inondée de lumière et de soleil. Influences andalouses, façade crénelée (donjon) avec un petit air oriental... Au N°109 du rez-de-chaussée, c'est l'atelier d'un peintre renommé, Joel Jover, qui me dit avoir exposé à Paris au Petit et Grand Palais, ainsi que dans d'autres villes et pays... Je visite aussi son étonnante maison-galerie sur la Plaza Agramonte, pièces encombrées de bric et de broc, collection de meubles et d'objets vintage hétéroclites, objets religieux, frigo Coca-Cola des années 1920... Son épouse Ileana Sanchez est aussi une artiste réputée pour son style naïf et coloré, ses peintures de chats et divinités de la Santeria. Je découvrirai par la suite une ruelle avec d'amusantes fresques à la peinture écaillée... Sur cette place Agramonte agréable et centrale tout près de ma casa, se trouvent deux jolis cafés très différents : Le Café Ciudad avec photos anciennes et meubles de bois foncé (pour un bon café le midi) et le bar El Cambio pour boire un verre, dans une petite salle au comptoir décoré de céramiques et aux murs couverts de graffitis.

(Calle de los cines)



(Restaurant La Isabella)



(Casa de la Trova)









(Bar El Cambio)



(Plaza de los Trabajadores)











(Fresque d'Ileana Sanchez)
MO Mong1 Globetrotter ·
(Mercado el Rio Hatibonico)





(médecine naturelle)

(Plaza del Carmen)









(Galerie de Martha Jimenez) (Plaza San Juan de Dios)





(Atelier Joel Jover)



(Maison-atelier)
MO Mong1 Globetrotter ·
Depuis mon arrivée à Camaguey, je flashe sur une nuée de bici-taxis décorés qui promènent les touristes... (On se croirait à Hué, au Vietnam). Chaque fois que je me pointe à un endroit pour les photographier, ils s'envolent et se bousculent comme un essaim d'abeilles affairées ! Ils sont environ une quinzaine, parfois moins. Je les aurai !!!

Le lendemain matin je me presse à 8h et demie (les ayant vus vers 9h) sur la Plaza de los Trabajadores. Bingo ! 🙂 Je mi-trai-lle... En long, en large et en travers. J'aurai finalement d'autres occasions de les photographier à plusieurs endroits, mais pas si nombreux et jamais très longtemps, le tour de la ville étant une affaire qui roule !























LA Lacalo Globetrotter ·
Bonjour Catherine 🙂

Découverte par hasard ce matin avec bonheur de ton nouveau carnet. Je ne sais pas si j'ai plus de plaisir à te lire ou à regarder ces magnifiques photos toujours pleines de sensibilité. Tout est en délicatesse... Je ne connais pas Cuba mais tu donnes drôlement envie d'y aller !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
MA Malagabeach Veteran ·
ces bycitaxis sont absolument superbes ! je n'en ai pas encore vu de pareils à la Havane
MO Mong1 Globetrotter ·
Je les adore ces bici-taxis de Camaguey ! 🙂 (La sélection des photos a été un casse-tête tellement je les ai mitraillés...)

Ils sont un petit groupe d'une quinzaine (peut-être plus), souvent groupés mais pas toujours et travaillent je pense pour l'Etat, pour la visite de la ville en particulier. Je ne sais pas si tous les autres, pas décorés sont privés ??? (Ni comment ça fonctionne d'ailleurs en général).

Il me semble avoir lu qu'ils avaient été décorés à l'occasion des 500 ans de la ville (en 2014)... Il me semble aussi que l'artiste Martha Jimenez qui a réalisé les sculptures de cuivre sur la Plaza del Carmen, en a décoré un ou plusieurs... (sans doute y a-t-il divers artistes)

Je ne sais pas si quelqu'un confirmera... ?
MO Mong1 Globetrotter ·
Coucou Yolande,

Ça me fait plaisir de te voir par ici... merci pour ce message.

Tiens pour la peine je rajoute une photo, une oeuvre de la fantaisiste Martha Jimenez dont j'ai parlé plus haut : un univers à part, peuplé de femmes tout en rondeur... et de sculptures surprenantes comme ces dessous (chics ou choc ?) ! 😎



MO Mong1 Globetrotter ·
Je viens de faire une recherche et confirme mes propos précédents sur les bici-taxis décorés qui appartiennent bien à l'Etat. Tous les autres sont bien privés... 🙂

(Article que j'avais dû lire sur ce lien de Cubania : http://www.cubania.com/post/depuis-camaguey/) - Extrait :

les groupes de touristes que déversent régulièrement les escouades de bici-taxis. Ceux de l’administration municipale sont décorés par un ou une artiste plasticien(ne) du cru, les « privés » affichent des décors plus simples autour de quelques enseignes fortes
MA Maevita Veteran ·
Bonjour Catherine, As-tu reconnu mon avatar? ... de Martha Jimenez. J'adore cette artiste qui est également professeur à l'école des Beaux Arts. Elle est (re)connue à l'étranger et a fait des expositions dans plusieurs pays dont le Japon. Depuis, hélas, ses bronzes et ses céramiques ont terriblement augmenté. Nous avons eu le bonheur d'être invités chez elle à la maison. Elle y a des vitraux, de sa propre création, style art nouveau, un régal. Ses chismosas (les pipelettes) ont souvent les cheveux à l'horizontal comme signe de femmes libérées et la machine à coudre, un autre des ses symboles, représente le travail.

Voici un autre de ses grands bronzes sur la place



Après hésitations, je mets mon avatar en grand pour ceux et celles qui s'intéresserait à l'art de Martha Jimenez

MA Malagabeach Veteran ·
merci de l'info : Cubania, ce que l'on sait peut-être pas, est le site d' expression culturelle de l'excellente agence de voyage française établie à Cuba, Cuba Autrement !
MO Mong1 Globetrotter ·
Ahhh effectivement, ton avatar, Maevita ! 😏 Maintenant que tu me le fais remarquer... Pour les cheveux à l'horizontale, je ne savais pas. C'est en effet le cas de son enseigne !(Tu fais bien d'ajouter ton avatar sur le message, surtout si un jour tu en changes.)



MO Mong1 Globetrotter ·
SANTIAGO « la Noire »

Départ du terminal Viazul à 9h30 pour 7h de trajet. Les bus sont généralement ponctuels, c'était sans compter que celui-ci arrivait de La Havane, c'est à dire plus de 500 km... Résultat : 2h de retard ! Attente dans la salle bruyante et remplie du terminal. 😕

C'est parti pour l'Orient extrême...

Santiago la Noire, Santiago la Rebelle... ville de caractère, foyer de toutes les révoltes, Santiago fut autrefois la capitale de l'île pendant plus de quinze ans. Surnommée aussi « Tierra caliente » car il y fait plus chaud que dans le reste du pays et pour son tempérament bouillonnant et festif. Son éloignement, un métissage et une misère plus forte qu'ailleurs, des jineteros (rabatteurs) insistants, chaleur et pollution, la ville s'est taillée une réputation à part. Je ne sais à quoi m'attendre... les guides parlent du charme de son quartier historique, d'une belle ville entourée de montagnes, la fameuse Sierra Maestra, refuge des « Barbudos ». Et bien sûr de son ambiance musicale.

Il est des villes qui résonnent particulièrement en vous, parfois depuis longtemps alors que l'on ne connaît rien d'elles, ou presque. Des noms qui amusent, enchantent, interpellent. La simple évocation de son nom me faisait voyager... Je voulais mettre des images sur cette ville au nom chantant, depuis mon dernier voyage. Et surtout des notes de musique, aller de rythme en rythme, de salle en trovadores, ces « troubadours » à la fois chanteurs de rue, poètes et musiciens. Me laisser charmer par des papis chanteurs, aux allures de Buena Vista Social Club... C'est là qu'est né le son, pilier de la salsa. L'idée d'une ville que l'on dit « différente », une ville éloignée qui se mérite, n'était pas non plus pour me déplaire...

Le trajet s'est effectué avec une clim qui ne fonctionnait qu'à l'arrêt, lorsqu'on ralentissait... Tout le monde se plaint du froid polaire de ces bus (moi-même je déteste la clim), mais pour le coup il y faisait vraiment étouffant et l'entretien du bus laissait à désirer, vu l'ouverture dans le toit dont un montant s'est effondré sous l'effet de la rouille lorsque le conducteur a voulu l'ouvrir ... Arrivée fatiguée au terminal, mal au crâne, le taxi me demande 10 CUC jusqu'au centre... ça me semble beaucoup pour 4 km. Je tente les 7 CUC, OK. Le chauffeur est nerveux, je suis trop abrutie pour être réceptive à ce qui m'entoure, pour me fier à une 1ère impression du quartier traversé. Il est 19 heures. Enfin j'y suis !

Cette fois j'ai réservé par Cubanacan un petit hôtel de charme, seulement 8 chambres : « Hôtel San Basilio » (46 euros). Qu'est-ce que c'est joli ! Voilà une chose positive... 🙂

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