La Great Divide Mountain Bike road

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TU
Présentation et préparation du voyage

Bonjour a tous,

Tout juste de retour de 6 semaines de voyage a VTT sur les sentiers Canadiens et surtout Américains de la Great divide mountain bike road, je tenais a faire un topo sur ce sentier car on n'en trouve encore aucun sur ce site, ni sur un autre site Français a ma connaissance.

Tout d'abord la Great divide qu'est ce que c'est ? La Great divide c'est le pendant cycliste du trek appelé la Continental divide, c'est a dire que c'est un itinéraire cycliste suivant au plus près la ligne de partage des eaux Américaines. En gros dans le sens Nord-Sud comme la plus majorité des gens le parcours, si une goutte d'eau tombe a notre gauche elle terminera sa course dans l'océan Atlantique et a notre droite elle terminera dans le Pacifique. Le point de départ normal de la Great divide est situé à Banff au Canada et se termine 4400 km et 60000 de d+ plus loin à Anteloppe Wells qui est à la frontière Mexicaine.



L'itinéraire est vendu comme la plus longue piste de VTT au monde. Ce n'est pas a proprement parler du VTT, plutôt du gravel car la trace emprunte a 75% les fameuses gravel road Américaines, a 23% des routes et a 2% des single track. Au niveau des états on démarre au Canada en Alberta puis en Colombie-Britanique avant de passer aux Etats-Unis dans le Montana, un micro passage en Idaho, puis le Wyoming, le Colorado et enfin le Nouveau-Mexique. L'itinéraire oblige a être en totale autonomie car il arrive de ne pas croiser une ville pour se ravitailler pendant 3 jours, voir beaucoup plus selon sa distance journalière. Il nécéssite en revanche d'être très léger, contradiction même a l'origine du courant très à la mode du bikepacking.

Si la Great divide est si connue c'est car une course la parcoure, le tour divide. Cette course a une telle renommée que c'est carrément elle qui a lancée les bikepacking races. Tout les ans a la mi-Juin une poignée d'ultra cycliste s'élance de Banff pour une course jusqu'à la frontière Mexicaine en une étape en autonomie complète avec juste des trackers GPS et une liste des endroits où se ravitailler tout au long du parcours. Le record est détenu par Mike Hall dans le temps astronomique de 14 jours et 11 heures. Certains beaucoup trop facile se lance des défis comme parcourir le Tour divide en single speed (?).



Pour faire cette traversée j'ai choisit de ne pas partir avec mon vélo habituel, un Lapierre tout suspendu. Je me suis donc commandé un Canyon semi rigide 29 pouces en carbone, ce qui fut le meilleur rapport poids-confort dans ces pistes, plus que ceux aperçus qui étaient en tout-suspendus, en gravel bike ou encore pire en vélo de voyage. Pour suivre l'itinéraire j'ai acheté le livre Cycling the great divide, véritable bible du parcours détaillant l'itinéraire, sa distance, sa difficulté, où dormir et se ravitailler, et les étapes conseillées. Son seul défaut étant qu'il date déja de 2013, quelques retouches ayant été faite au parcours et que la trace chargée dans mon téléphone date elle de 2011. Il décrit la Great divide en 70 étapes. En ayant posé quasiment tout mes congés de l'année dans ce voyage je ne disposerais sur place que de 40 jours. Je choisis donc de doubler quotidiennement toutes les étapes du livre. Le vélo paré, l'argent changé, tout semble prêt pour prendre l'avion.
NO
Bonjour Renaud J'attends avec impatience la suite car je compte parcourir cet itinéraire l'été prochain. tu es parti à quelle date ?
TU
Partie 1: Le Canada - J1 a J5

Le mercredi 28 Aoùt levé a 4 heures du matin direction l'aéroport de Genève pour prendre un premier avion direction Londres qui décolle a 7 heures. Puis 4 heures a attendre pour prendre un second avion direction Calgary. Je devais normalement arriver pour 15 heures, aller visiter un peu la ville puis aller dormir dans mon auberge de jeunesse. Mais l'avion étant partit plus de trois heures en retard, pas de tour en ville. Grande surprise a l'auberge de jeunesse tout le monde dialogue en Français, la plupart étant en PVT au Canada. Je ferais la connaissance de Paul, un cycliste Allemand parti depuis un an et demi en tour du monde. Après avoir traversé l'Europe, l'Asie et l'Océanie Paul souhaitait traverser l'Amérique du Nord puis l'Amérique du Sud avant de rentrer à la maison. Il a donc atterrit dans le Nord du Canada, traversé tout celui-ci par les Rocheuses, puis souhaitait passer aux Etats-Unis pour emprunter la Great divide. Seulement voila dans sa traversée Asiatique, Paul est passé par l'Iran et l'Irak ce qui lui vaudra une interdiction d'entrer aux US. Il est donc remonté jusqu'à Calgary pour prendre un avion direction le Mexique en maudissant le gouvernement Américain. Mais pour moi cette rencontre fut bénéfique car Paul me donna son spray a ours (sa fera toujours ça en moins a acheter) qu'il ne pouvait embarquer dans l'avion et de précieux conseils, notamment dans la cohabitation la nuit dans les rocheuses avec ces mêmes ours. Le lendemain a 8 heures direction le car qui m'enmenera de Calgary à Banff en passant devant le tremplin de jeux olympiques de 1988.



Les premières vues sur les Rocheuses Canadiennes sont magnifiques



Une fois arrivé à Banff, montage du VTT sur le parking d'un hotel de luxe, puis quelques courses en nourriture, briquet et bouteille de gaz. Un dernier repas avant le départ. Oh un restaurant de poutine, quelques Québequois ont du déménager à Banff.



15 heures, ça y est c'est le grand départ pour une micro-étape jusqu'au Spray lake reservoir. Banff est une très jolie ville, entourée de montagnes avoisinant les 3000 mètres d'altitude, mais terriblement touristique et donc chère. Les premiers tours de roues consiste a sortir de la ville pour aller rejoindre le Fairmont Banff Springs, un hotel de luxe ressemblant a un chateau situé a l'extremité de la ville. L'arche de celui ci marque le départ de la Great divide et du Tour divide.



A peine 30 mêtres après le chateau, première rencontre avec la faune locale



Les premiers kilomètres de piste sont tout de suite magnifiques au bord de la Spray river. Le sentier alterne entre piste très roulante et sente beaucoup plus irrégulière et cassante. Je n'ai jamais roulé avec des bagages il faut donc prendre le coup de main et s'habituer au poids du vélo (bien que je sois beaucoups plus léger que tout ceux que je croiserais). Mon départ très tardif dans la saison fait que je ne croiserais aucuns autres dividers durant les 8 premiers jours.



Ce jolie sentier se jette plus loin sur une première gravel road très frequentée par les touristes en gros pick-up en cette fin de mois d'aoùt. J'ai toutes les peines du monde a finir cette micro-étape de 32 kilomêtres, n'ayant encore pas l'habitude de l'engin et ayant fait une pause totale de sport 15 jours avant le voyage pour être totalement régéneré au départ de celui-ci. Mais enfin voilà l'arrivée au très jolie, bien que ce soit un barrage, Spray lake.



Je traverse celui-ci par le barrage direction sa rive Est où se trouve le campground. Un campground est un espace amenagé pour le camping que l'on retouve au Canada et aux Etats-Unis. Ceux-ci sont placés dans des endroits qui peuvent être bien bien paumés. Ils sont généralement payant (parfois très chères dans les grands parcs comme ici) et comporte la plupart du temps sur ces emplacements une table de pique-nique et un carré avec une grille pour faire du feu et ont en commun des toilettes sèches, de l'eau potable, des box pour ranger sa nourriture (contre les ours) et parfois des poubelles. Après avoir installé ma tente au seul emplacement qui semblait vide, une garde du parc vient me signaler que celui-ci est réservé et payé depuis trois jours par quelqu'un qui n'ai pas venu. Elle m'interdit malgrès tout de m'y installer. Je re-déplace donc ma tente pour me cacher dans les broussailles juste a coté du campground en espérant ne pas être repéré par la garde. Ca fera au moins 26 dollars d'economisé. Et la deuxième mauvaise surprise, j'ai perdu mon super matelas gonflable acheté 200 euros juste pour ce voyage. Il a du rester dans mon auberge de jeunesse à Calgary quand j'avais rangé mes affaires ...



Que fut pénible cette 1ère vrai nuit sur la Great divide. En dormant sans matelas je n'etais pas isolé du sol. Et bien qu'étant encore au mois d'Aoùt, a 1600m d'altitude la tente fut gelée a mon réveil. Entendre les loups se repondrent durant toute la nuit, quand on a pas l'habitude sa a tendance a maintenir éveillé et a faire sursauter au moindre bruit près de la tente. Je me réveil donc tôt, avant le levé du soleil pour replier la tente et partir avant d'être reperé. Je déjeunerais bien un peu plus tard en route. D'autant que ce début d'étape qui longe la rive Est du lac, fermée au voiture, est magnifique.



Première rencontre avec un wapiti. La faune des Rocheuses est magnifique.



Cette 1ère vrai étape de la Great divide est magnifique, mais très dure et très froide. Après avoir longé tout le Spray lake, on se retrouve dans des premiers relief sur des pistes de ski de fond en hiver. Puis vient la découverte du 1er ennemi des dividers, les washboards. Les washboards c'est quand la gravel road a force de passage des voitures se transforme en une tôle ondulée géante. Ca secoue dans tout les sens et je suis très content a ce moment d'avoir une fourche a l'avant contrairement au vélo de gravel. Arrivée dans le Peter Lougheed Provincial park. Déjeuner au bord du Lower Kananaskis lake. Très beau, mais il fait toujours très très froid.



Dans ce parc très touristique je trouverais une superette où je vais acheté un tapis de sol pour ne plus dormir par terre et de la wifi histoire d'avertir ma mère que je suis toujours vivant. La fin du Peter Lougheed Provincial park est marquée par le premier col de l'itinéraire, le Elk pass. Celui-ci marque la frontière entre le très touristique Alberta et la beaucoup plus sauvage Colombie-Britanique. Il est également un passage pour le continental divide trail et le Grand sentier, qui est le plus long trek du monde parcourant 13 provinces du Canada sur 24000km(!) de long.



S'en suis une très longue descente roulante dans la Elk valley cette fois-ci très loin de la foule jusqu'a Weary creek recreation site, micro campground au milieu de nulle part où je passerais la nuit. 1ère vrai étape de 104km et 1600 de d+ que je finirais complètement claqué. Au réveil une troupe de chevaux en totale liberté était dispersé autour du campground. Très beau réveil.



La journée du lendemain est plutôt facile car elle consiste a rejoindre Elkford puis Sparkwood par des pistes facile techniquement et a profil plutôt descendant malgrés une petite montée de col sur la route. Peu avant la mi-journée je découvrirais pour la première fois un passage ou l'itinéraire doit dévier de ma trace car un passage a totalement raviné et fini dans la rivière plus bas. Trois quarts d'heure de poussage du vélo dans le lit de la rivière plus tars je sortirais enfin de cette galère.



L'itinéraire est moins joli que les jours précédant car Elkford et Sparkwood sont surtout habitées par les mineurs travaillant dans les mines de charbon de la région. A Sparkwood je ferais d'ailleurs connaissance avec le Titan Terex 33-19, ni plus ni moins que le plus gros camion jamais construit. Celui-ci devenu trop chère a exploiter ne roule plus depuis 1990, mais est affiché fièrement tel un trophée dans Sparkwood.



Repas au A&W, quelques courses et le camping étant plein et très chère je continuerais une quinzaine de kilomètres pour trouver un joli spot de camping près de Corbin road. Toujours penser a mettre son ravitaillement a trois mètres dans un arbre et éloigné normalement a 50 mètres de la tente.



La journée du lendemain est nettement moins facile, plus longue et comportant deux cols, Flathead pass et Cabin pass en empruntant la Flathead valley, plus couramment appelée la vallée des Grizzlys. L'ascension du premier col est très facile. Sa descente est en revanche probablement la pire de toute la Great divide. Heureusement elle n'est pas très très longue, mais il s'agit d'une géante descente en pierrier qui serait déja pas très agréable avec mon tout suspendu et ce révele un vrai calvaire en semi-rigide avec des sacoches. Je me demande bien comment peuvent passer là les vélos de voyage et de gravel. J'apprendrais plus tard que la Great divide a maintenant une alternative a ce passage en ne passant pas par ce col mais par la ville/station de ski de Fernie.



Les paysages de cette vallée sont magnifiques, je ne croise quasiment personne le reste de la journée. Arrive le deuxième col du jour, le Cabin pass. Celui ci n'est vraiment pas difficile hormis sa longueur de 12 miles soit 19,5 kilomètres. Je croise a son sommet un Québequois en moto cross maintenant installé à Fernie pour son travail de technicien des remontées mécaniques. Il me raconte ces virées a moto sur ces pistes du sud des rocheuses Canadiennes qu'il n'a toujours pas fini d'explorer depuis cinq ans qu'il est installé ici. C'est sur que pour un amoureux de montagnes et de grands espaces habiter ici doit être un rêve.



Viens ensuite le temps de la grande descente de 23 kilomètres de long pour arriver a mon lieu de bivouac du jour, le Ram wigwam recreation site, totalement vide comme toujours depuis que je suis passé en Colombie Britanique. Arrivant très tôt et ayant un très beau soleil je décide des laver mes vêtements dans la très jolie rivière qui coule ici. Très mauvaise idée évidemment car une heure et demi plus tard il fait nuit et rien n'aura le temps de sécher. De plus mon briquet acheté à Banff ne veut déja plus marcher. Ce sera donc un repas de nouille pas cuite. Pour le départ du lendemain le vélo se transformera donc en étendage roulant.



Départ assez tôt, une grosse journée m'attend avec le changement de pays prévu pour la mi-journée. Quelques kilomètres a peine après le départ, dans une montée je vais faire une rencontre qui va me faire la frayeur de ma vie. Juste après un virage je vais tomber nez a nez sur un énorme grizzly. Aussi étonné que moi il va pousser un énorme grognement et partir en courant d'un coté et moi de l'autre. Avec mon étandage mobile je dévale par réflexe deux bons kilomètres de descente avant de m'arrêter, défaire tout mon sac arrière pour y prendre mon spray a ours qui était bien sur totalement inaccessible, et remonter spray a la main les deux kilomètres. Le grizzly n'y es bien sur plus depuis un long moment. Plus de peur que de mal la route peut continuer. Comme un cadeau pour dire aurevoir au Canada, l'itinéraire va passer par un single pas simple du tout avec une montée qui ne se passe pas sur le vélo même sans sacoche. 1er poussage de la Great divide.

TU
Le Canada suite et fin

On passe ensuite par le difficile Rabbit pass. Au sommet de celui-ci une grande descente de plus de 1000 de d- pour rejoindre sur quelques kilomètres la route du poste frontière de Roosville. Ce passage dans la vallée a seulement 800m d'altitude marque le point bas de toute la Great divide. Arrivée au poste frontière il est 13 heures. Une foule immense pour rentrer au Canada, tous avec pick up et caravanne. Personne dans mon sens.

Bien qu'étant parfaitement dans les règles en ayant mon formulaire ESTA, le garde frontière va se reveler particulièrement pénible. Il me prétend ne jamais avoir croisé de cycliste parcourant la Great divide alors qu'il doit en passer tout les jours a la belle saison, en plus de ceux faisant la course. C'est ma deuxième mauvaise expérience avec les cowboys de la douane Américaine. Après une demi heure de questionnement et de prises d'empruntes il me laisse enfin passer. Il est 13h30 je me meurt de faim, la première ville est encore a 15 kilomêtres mais je m'en fous après cinq jours et demi superbe au Canada je suis enfin au Etats-Unis.
PA
Fantastique , vivement la suite !
reve de longues escapades en moto avec ma moitie , mais depuis le vélo est arrivé ...
US
J'adore !... ça me donne des idées tout ça !...
Carnets de voyage : Ouest : https://voyageforum.com/discussion/video-time-lapse-road-trip-dans-ouest-usa-novembre-2013-carnet-voyage-d6301659/ Floride : https://voyageforum.com/discussion/retour-voyage-en-floride-21-mai-9-juin-2016-d7536021/
BA
J'embarque pour ce magnifique périple :)
TU
Partie 2 : Le Montana - J5 a J15 Magnifique au Nord, grosse galère au Sud

Les 1er kilomètres aux Etats-Unis ne sont vraiment pas les plus jolies de la trace. On roule sur 15 kilomètres sur une petite route parralèle qui contourne l'aéroport jusqu'a la petite ville d'Eureka. Il est 14h15 quand j'arrive dans un jolie petit restaurant pour y dévorer mon premier burger Américain. Il est énorme et passe terriblement bien. Passage aux courses, puis c'est repartit. L'itineraire est encore sur une vingtaine de kilomêtres plat et sur route. Puis il se remet a monter, d'abord sur route puis sur piste. L'endroit est très jolie et je croise tout les pick up qui redescende de leur journée ou week-end dans les montagnes. Ca monte ça monte jusqu'a avoir repris au passage de Grave creek a 1600 mêtres d'altitude quasiment tout le dénivelé dévalé a la toute fin du Canada en début d'apres midi.



Puis viens une descente pour atteindre le bivouac du soir au Tuchuck campground. Celui-ci est très grand et superbement calme car encore une fois totalement vide. Après avoir fait le tour des lieux, quelques micros gouttes me convainc de déplacer mon campement dans les toilettes. Jamais vu des toilettes aussi propres et aussi grand. J'y passerais une excellente nuit ^^.



Le lendemain c'est direction la belle petite ville de Whitefish. Les Etats-Unis connaissent chaques été d'importants feux de forêts. Certaines années de gros détours sont obligatoire sur le divide pour ne pas en rencontrer. A ce qu'on m'a expliqué les Américains déployaient des moyens énormes pour arrêter ces feux tout les ans. Ils ont fini par comprendre que ces feux faisaient plus où moins partit de leur écosystème et maintenant ils tentent juste de les contenir un minimum et font beaucoup de préventions pour que le moins possible ces feux soit d'origine humaine. J'aurais la chance de ne pas en croiser, mais plusieurs fois sur le trajet je croiserais des endroits qui ont été ravagés par le feu ces dernières années et où une végétation basse reprend le dessus.



Cette journée va être une de mes préférés de tout le trajet avec passage de trois lacs absolument magnifique. La piste grimpe jusqu'à plus de 1700 mètres pour atteindre au niveau d'un col le sublime Red Meadow lake. Ce lac fait exactement la largeur du col a ce demander comment il tient ici. Il est d'un calme absolu et sera pour moi le plus beau du parcours.



Puis le tracé emprunte une superbe descente sur piste jusqu'à atteindre le Upper Whitefish lake.



L'itinéraire est ensuite valonné pour atteindre une quarantaine de kilomètres plus loin le Whitefish lake. Il est 14 heures je m'arrête a la première plage public que je croise pique-niquer et me baigner.



Puis la trace longe ce lac tout de même assez grand jusqu'à Whitefish même et continue encore un peu pour atteindre son campground situé au bord du lac. 1ère douche depuis une bonne semaine de route, il est très tôt donc je lave un peu mes affaires et file vers la ville faire les courses, chercher de la wifi dans un salon de thé et faire un tour au marché des producteurs.



J'adore cette petite ville de Whitefish, situé au bord d'un sublime lac et qui est en hiver une station de ski. Elle me fait penser à Annecy mais en beaucoup moins bobo (et chère). Le soir j'irais manger pour la première fois une pizza Américaine. Etant affamé après une journée de vélo je la commande en taille L. En la voyant arriver je comprend tout de suite qu'il sera dèja difficile d'en manger la moitié. Sont fous ces Ricains. Je rentre au campground de nuit en devant slalomer entre les biches qui sont absolument partout en ville. Le campground est situé au bord du lac, mais également au bord d'une voie ferrée. Pas de soucis je me dis, je n'ai croisé aucuns trains depuis le début de mon voyage. Grosse erreur, la nuit à Whitefish est un défilé de trains qui font un raffu monstre et nous réveillent toutes les demis heures.

Le lendemain matin est une longue étape dans la vallée le long de la Flathead river, déja croisée au Canada. C'est la première vrai portion de plat, qui plus est sur route. Je ferais un détour d'une dizaine de kilomètres pour aller pique-niquer à la petite ville de Bigfork au bord de l'immense Flathead lake.



L'après-midi n'est pas du même acabit et grimpe sur 600m de d+ a un col sans nom, sur la montagne situé entre Flathead lake et Swan lake. Dans cette montée je vais croiser mes 1er dividers. C'est un groupe de trois Canadiens. On parle pendant un moment mais voyant qu'ils ne sont pas décidés a repartir tout de suite je reprends le route de mon coté. On doit normalement se retrouver le soir au Cedar creek campground. Ils n'arriveront pas jusqu'a là ce jour même mais je les recroiserais plus tard. Ce micro-campground est très jolie mais infesté de moustiques.



La journée du lendemain commence tout de suite par une bonne petite montée. Heureusement car au levé du jour il fait terriblement froid et j'ai toutes les peines du monde a replier mon campement et déjeuner. Je me décide au prochain magasin de sport croisé a acheter des gants plus chauds et une paire de grosses chaussettes en plus. L'itinéraire est ensuite assez facile jusqu'au très beau Holland lake.



Puis ça regrimpe de plus belle jusqu'à atteindre mon coup de coeur du jour, le bien nommé Clearwather lake. Je m'arrête y pique-niquer puis me baigner en cuissard de cycliste dans ces eaux translucides.



La trace continue ensuite a grimper, d'abord sur piste, puis après sur single. La montée n'est vraiment pas facile mais le décor est sublime. Tout d'un coup la montagne sur laquelle on grimpe prend une superbe couleur rouge. On se croirait dans le Colorado Provençal (ou le vrai Colorado très certainement, je n'y suis jamais aller).



Ca grimpe jusqu'à un col juste en dessous du Richmond peak. Je me lance a tambour battant dans la descente, toujours en single. Pas cassante du tout, c'est un vrai régal même en VTT avec sacoche. La meilleur de toute la Great divide.



Elle descend quasiment jusqu'à l'arrivée du jour à la ville de Seeley lake. Le campground ce situe quasiment une dizaine de kilomêtres en sortant de la ville, en longeant le lac, mais il a l'avantage d'être un national forest campground, et donc d'être gratuit. Le lac est jolie , mais nettement moins que Red Meadow lake ou Clearwather lake. Je m'y baigne, ce sera d'ailleurs la dernière fois de toute la Great divide où se sera possible.



La ville n'a en revanche aucun intéret. En allant a celle-ci déja assez tard le soir je croise un cycliste avec des sacoches de bikepacking qui file direction le campground. A peine le temps de le saluer qu'il est déja loin. La plupart des restaurants sont déja fermés et je vais manger dans quasiment le seul encore ouvert. C'est un bar-pub-casino-restaurant comme on en croise beaucoup dans les villes du nord des Etats-Unis. A la carte, que des burgers. Je commande l'un d'entre eux. Dégueulasse je ne le finirais même pas.

Après une demi-heure de route le lendemain matin je recroise les dividers Canadiens croisés deux jours plus tôt. Ceux-ci sont en train de déjeuner donc après les avoir salués je continue ma route. Après peut-être une demi heure de route il se met a vraiment pleuvoir.



Je m'arrête enfiler ma veste gore-tex quand les 3 Canadiens me rattrape. On roule ensuite un bon petit moment ensemble a un bon train de ce relief valonné avec de bons petits coups de cul, sous une pluie un peu plus fine. L'un d'entre eux et vraiment en difficulté. Au bout d'un moment ils ne sont plus que deux avec moi. Celui en difficulté c'est arreté. Ils m'explique qu'il n'était en fait pas avec eux et allait de toute manière quitter la Great divide pour se diriger vers la Californie. Une après un troisième cycliste nous rejoins. Il s'appelle Johnny, viens du New-Hampshire c'est lui que j'ai croisé le soir précédant qui fonçait vers le campground de Seeley lake. L'ambiance est bonne malgrés la météo pourrie et on se tire la bourre dans les nombreux petits raidars. Nos vitesses semblent correspondrent et nos chargements sont sensiblement du même poids donc je me dis que l'on va faire un bon bout de route ensemble. On arrive a la mi-journée au village d'Ovando où parait-il les dividers sont accueillis comme des rois. On s'arrete au café du village, manger, se sêcher et se réchauffer un peu. On fait bien connaisance et je leur explique que je me suis réservé une chambre a l'hotel pour le lendemain soir à la ville d'Helena, la capitale du Montana. Nos plans semblent coincider.



On met un bon moment a repartir, et a peine repartis qu'en parlant on loupe l'embranchement du chemin que l'on devait prendre. Petit détour de cinq kilomêtres. Sur les longues lignes droites qui suivent, plate mais remplit de washboards les deux Canadiens qui sont en vélo de gravel ont beaucoup de mal a nous suivre. Puis arrive la difficulté du jour, le Huckleberry pass. Rapidement je vois que je grimpe bien plus vite qu'eux ( normal pour un savoyard d'après eux ^^). Je leur dit donc que je les attendrais au sommet. La montée n'est pas facile. Après un peu plus d'une heure j'arrive au sommet. J'attends 20 minutes et ne les voyant toujours pas arriver je me décide a repartir pour atteindre le target du jour dans la petite ville de Lincoln où ils doivent faire étape également normalement. Dans la descente je croise pour la première fois depuis le départ des vaches. Elles sont noires, vraiment pas très grosses et ne sont pas parquées. J'arrive à Lincoln assez tard, je passe faire les courses et vais m'installer au campground de la ville. Celui-ci coùte uniquement cinq dollars et je vais pouvoir prendre une douche chaude après cette journée passée essentiellement sous la pluie. Au campground les biches viennent littéralement nous manger dans les mains.



Comme à Seeley lake il n'y a que des bar-casino-restaurants d'ouvert et je décide donc de pique-niquer avec mon petit réchaud. J'irais juste boire une bière pour avoir de la wifi afin de prendre des nouvelles de mes compagnons de route. L'un des deux Canadiens a totalement explosé dans Huckleberry pass et ils se sont arretés dormir au col. Ils ont en revanche si la météo le permet toujours le projet d'aller jusqu'à Helena le lendemain.

Au départ le lendemain la météo est dégagée mais elle doit se dégrader très nettement dans la journée. Je pars donc assez tôt pour l'une des deux difficultés du jour. L'orage arrive beaucoup plus tôt que prévu. En ne ressortant pas mon téléphone de son étui je loupe une intersection et me retrouve deux heures après le départ au sommet du mauvais col, Stemple pass a 2000 mêtres d'altitude qui en plus est plus haut que celui que je devais prendre. Je suis complètement gelé. Ma veste gore-tex qui commence a être vieille n'est manifestement plus du tout gore-tex.



Stemple pass semble être un lieu assez connu pour le ski de fond. La continental divide passe également par là. Je me met a l'abris dans les toilettes et cherche l'itinéraire le plus court pour rejoindre Helena. J'en trouve un plus court qui rejoins Helena par 40 kilomêtres de route après la grande descente sur la piste que je ne suis vraiment pas pressé de prendre. Dans la descente je suis gelé et les gravel road sont vraiment pourries a prendre a vélo dés qu'elles sont mouillées. Elles collent et mettent le vélo et son chauffeur dans un salle état. J'atteins péniblement la route la route et il s'arrête de pleuvoir. Je me dis qu'il n'y a aucune chance qu'aujourd'hui mes anciens collègues de route rejoignent Héléna et effectivement ils étaient juste allés jusqu'à Lincoln. J'arrive assez tôt à Héléna après avoir traversé une zone industrielle ignoble. Je mange au premier restaurant que j'y croise, un macdo. Je n'y vais habituellement jamais mais celui-la fera un bien fou. Puis je m'arrête dans une station de lavage de voiture pour mettre un coup de karcher a mon vélo qui est couvert de boue sur son integralité. Je rejoins ensuite mon hotel situé a l'opposé totale de la ville. C'est le moins chère que j'ai trouvé, un super 8 a quand même 58 dollars.



Après une bonne douche et une lessive qui a bien dù pourrir la machine a laver, je pars visiter la ville. Helena est la capitale du Montana du haut de ces 32000 habitants ^^. Pour les Savoyards c'est gros comme Aix les Bains (mais sans le lac ^^). La ville n'a pas un grand intéret, elle n'est d'ailleurs pas du tout touristique. De plus on est dimanche et tout est fermé sauf les grandes surfaces. Je trouve juste son capitole très joli.

TU
Le Montana suite et fin

Après le petit déjeuner compris dans le prix de l'hotel (donc pas très bon) c'est partit pour une grosse étape pour relier Helena à la deuxième plus grosse ville du Montana, Butte. L'étape s'annonce assez longue et avec pas mal de dénivelés. Ca commence a monter directement à la sortie de la ville en direction de grizzly gulch. Mais le moral est au beau fixe avec des vêtements propres et un grand soleil. Un orage est juste annoncé dans la soirée mais je devrais être arrivé depuis longtemps. Dans la montée de début d'étape je double deux couples, un de Canadiens et un d'Hollandais. Les deux qui ne connaissent pas ont pour points communs d'être chargés comme des mulets et de ne faire que la première moitié de la Great divide cette année. On avance pas a la même vitesse donc après avoir fait brièvement les connaissances je reprends ma route.



Après une descente commence une longue montée vers un col sans nom. La montée est d'abord sur piste. Je me fais doubler par pas mal de chasseurs en pick up et en quad. Puis la piste devient completement défoncée. Voila qui ressemble a mes itinéraires VTT en Savoie, a l'exception que là je suis sur un VTT tout chargé pesant près de 30 kg et non 11. Tout ne passe pas sur le vélo et je fini par arriver au sommet a 2200m et je verais plus tard sur strava que je suis passé tout près de prendre mon 1er KOM Américain juste derrière un certain ... Mike Hall. Seul les dividers doivent donc emprunter ce chemin. Je me demande comment les deux couples croisés plus tôt dans la matinée vont bien pouvoir monter ici.



Puis s'en suit une grande descente jusqu'aux villages de Basin et de Bernice. Juste après celui-la les deux traces que je suis se divisent. Celle de mon téléphone emprunte une piste qui longe tout le long l'autoroute 15 jusqu'à Butte. Et celle de mon livre est plus longue et plus difficile et pars très loin dans les bois pour arriver à Butte par l'autre côté. Je choisis bien sur celle là et file vers le Mormon gulch campground pour manger sur ce qui devait être a un moment une table.



L'après-midi une nouvelle ascension jusqu'au croisement avec la continental divide a 2000m, puis une descente en direction de Butte par la piste puis par la route. L'arrivée dans Butte est très vilaine. Butte est très vilaine aussi. L'orage promis dans la soirée ne va pas tarder a arriver donc je cherche un camping. Le seul ouvert est une chaine de camping Américaine nommé Butte KOA journey. Je vais monter ma tente rapidement avant l'orage, puis m'en vais pour régler. 34$ la nuit pour planter une tente au bord de la grande route national ou je dormirais très mal. Ils sont fou. De plus personne a l'accueil pour controler, je décide donc de tenter de ne pas payer. Je pars en vitesse en ville faire les courses et manger au Wendy's.



Pendant que je mange l'énorme orage éclate. La ville est complètement inondée. Je n'ai que 10 minutes de vélo pour regagner ma tente mais celles-ci me semblent une éternité sous ce déluge. J'arrive a dormir un peu en mettant de la musique dans les oreilles pour ne pas entendre le bruit de la route et de la pluie sur les pents de ma tente. Je suis réveillé au milieu de la nuit par mon téléphonne qui se met a hurler car le cable d'alimentation a pris l'eau. Je pars a 3 heures du matin en acheter un nouveau a la station service du coin puis retourne me coucher. Cette ville ne m'aime pas.

Le lendemain matin, je replis mon matériel assez rapidement puis part en ville prendre un bon petit dej et aller au magasin de sport. J'y achète un vrai matelas gonflable, des gants chauds, une grosse paire de chaussettes, une bouteille de gaz pour mon réchaud et des chaufferettes pour les mains et les pieds si jamais pendant une nuit il fait vraiment trop froid. A la sortie du magasin je range tout ce que je viens d'acheter et mon portefeuille, puis me décide finalement a aller aux toilettes avant de partir. A mon retour une minute plus tard la poche où je range mon portefeuille est ouverte mais je ne m'en rend même pas compte et repars. Etant donné qu'il est déja plus de 10 heures du matin et que quelques gouttes tombent, je me décide a couper un peu l'itinéraire pour le rejoindre a la ville de Lima deux jours plus tard en passant par la route. Je suis donc l'itinéraire que me considère maps.me. Très rapidement je me retrouve a traverser la propriété privée d'un ranch éloigné de tout. De plus ce chemin est rempli de washboards qui me secoue comme un prunier. Je me vois déja me faire recevoir avec un fusil par un propriétaire de ranch du Montana. Heureusement en passant devant sa maison je ne croiserais personne. En rejoignant la route direction la ville de Dillon, je me rend enfin compte que la sacoche ou je range mon portefeuille est ouverte et je la referme. L'itinéraire entièrement sur la route présente peu d'intêret. Le décor en revanche change totalement de la veille. Fini les grandes forêts de connifères, le paysage devient plus sec et très peu boisé.



Je m'arrête a midi manger du riz avec des saucisses. Juste au moment ou tout allait être cuit un gros coup de vent renverse toute ma popotte par terre. Grosse journée de merde qui était loin d'être fini.



Au passage d'un nouveau prés a perte de vue, un énorme troupeau de peut-être 300 de ces vaches noires dont je ne connais pas la race. L'une d'entre elle se met a courir dans sa parcelle juste a coté de moi. Puis deux. Puis trois. Bientôt tout le troupeau se met a courir se qui fait un bruit monstre avant de s'arrêter totalement épuisées peut être un kilomètre plus loin. Jolie moment.

Après 116 bornes sur la route j'arrive enfin à Dillon. Je me rend au campground. Et la au moment de payer la tenancière je me rend compte que mon portefeuille a disparu ! Panique générale ! Je redéfais tout mon bardage et fouille partout. Pas de traces. Je n'ai plus d'argent, plus de papiers et plus de cartes. Heureusement mon passeport n'était pas rangé au même endroit et je l'ai donc toujours. Je file a la station de police de la ville. Après une longue attente je suis reçu et leur explique la situation. Ceux-ci sont très gentil mais ne savent pas du tout quoi faire non plus. Ils me prêtent un téléphone pour que j'appelle l'ambassade de France. Il y en a 8 aux Etats-Unis et il est tard le soir. Je les appellent tous un par un et ceux qui répondent m'envoie vers une autre car le Montana ne fait pas parti de leur juridiction. La plupart ne savent d'ailleurs même pas où se trouve le Montana. Finalement après celle de New-York, Washington, San Francisco et Chicago, celle de Los-Angeles fini par m'aider. Assurément pas celle dont dépend le Montana car la plus éloigné mais au moins la plus aimable. Elle convint les policiers de me loger et me nourrir pour le soir puis de me remonter jusqu'à Butte, a deux heures d'ici le lendemain. Ceux-ci sont vraiment très aimable, m'enmenne acheter a manger pour le soir, me payant même un hôtel pour la nuit.

Le lendemain matin je démonte mon vélo, le charge dans une voiture de police et repars direction Butte. Je me fais poser en amont de l'endroit où je pense avoir perdu mon portefeuille pour ne pas qu'ils se rendent compte que je vais retraverser la propriété privée. Je remonte le chemin, retraverse devant le ranch, toujours personne heureusement mais aucune traces de portefeuille. Je remonte jusqu'au magasin de sport de Butte. Je leur explique la situation et ils m'enmennent visionner les caméras de surveillance. Et là on voit pendant que j'étais parti aux toilettes une vague silhouette s'approchant de mon vélo et farfouillant très rapidement dedans. Il avait du me voir a mon passage en caisse luttant avec une liasse de billets, puis me voir le ranger en même temps que tout ce que je venais d'acheter. Il avait gagné 400 dollars. Je fais donc tout de suite opposition a ma carte et retour a la case départ je me rend a la station de police de Butte, cette fois. Je re-téléphonne a la dame de l'ambassade. Ma seul possibilité est de me faire envoyé de l'argent par ma mère via western union ce que je voulais éviter pour ne pas la mettre en panique. Cette fois pas de nuit a l'hôtel, le policier m'enmenne dormir au rescue center, sorte de croix-rouge Américaine. Beaucoup moins classe.



A l'ouverture des magasins je file au western union et peut enfin retirer l'argent. Mais j'ai déja perdu un jour et vu mon planning serré je n'ai pas envie d'en perdre plus. Je me rend donc a la gare routière pour prendre un bus direction Dillon. Malheureusement le prochain est le lendemain a 5 heures du matin et je n'ai absolument aucune envie de me retaper les 116km de route a vélo. Butte ne m'aime décidément pas du tout. C'est donc parti pour deuxième au rescue center. Je profiterais de la journée pour acheter une nouvelle chaine pour mon VTT et envoyer des cartes postales a la famille. Cette visite du rescue center m'auras au moins permis de voir a quel point il est dur d'être pauvre dans ce pays. Quasiment aucune aide sociale ni pour se nourrir, ni pour se loger, ni l'accès aux soins , a l'opposé totale de notre système. Ces gens sont malgrés tout d'une extreme gentillesse.

Levé a 4 heures le lendemain pour aller prendre le super bus vendu par la gare routière avec clim, wifi etc. Le billet m'a d'ailleurs couté plus chère pour mon vélo que pour moi. C'est en fait un mini-bus sans rien de tout ça qui me ramène à Dillon pour j'espère la dernière fois. Ce jour là je relirais Dillon à Lima par la route afin d'y recuperer l'itinéraire normal de la Great divide et je vais téléphoner à Europ-assistance pour qu'ils m'organisent mon prochain envoie d'argent par western union depuis mon compte cette fois-ci a mon prochain passage dans une ville, trois jours plus tard.



Le départ de Lima marque la première traversée désertique du voyage. La piste devient complètement plate. J'y ferais la découverte de la 2ème hantise des dividers avec les washboards, le vent de face. Celui-ci est super fort et je l'aurais désormais plus où moins tout les jours jusqu'à la fin du voyage. Après Lima reservoir, plus une goutte d'eau. On ne croise absolument personne hormis ces petites vaches noires posées dans d'immenses parcs. Je n'aimerais pas avoir a changer les piquets de ces parcs.



Après 90 kilomêtres on arrive à Lakeview. C'est un petit village qui contient un hotel et curieusement une micro-université. Celle-ci forme une poignée d'élèves a la connaissance et la protection de l'environnement. Il faut dire que l'endroit s'y prête bien, éloigné de tout et dans le Red Rock lakes national Wildlife refuge. Ce parc qui contient deux très beau petit lacs (Upper et Lower Red Rock lakes) est très connu des passionnés d'ornitologie. Je m'arreterais manger au campground plus beau des deux, le Upper lake. J'y ferais la connaissance de Bill qui m'invite a boire une bière.Bill est un ancien boursier de Wall-Street depuis peu a la retraite. Dégouté par ce milieu, il a vendu toutes ces propriétés New-Yorkaises et vit maintenant dans sa caravane peu spacieuse pour une caravane Américaine. Celle-ci est tirée par un pick-up moyen. Depuis trois ans, il passe maintenant tout son temps a visiter les parcs de son pays et ne rentre voir ces enfants que pour le repas de Noël. Il me dit que lorsqu'enfin il aura fait tout les USA, il s'attaquera au Canada. Enorme changement de vie une fois retraité, mais qui ai apparemment assez fréquent aux Etats-Unis.





Peu de kilmêtres après le Upper Red rock lake on retrouve du relief et de la végétation. Puis viens l'ascension très courte de Red Rock pass qui marque la fin du Montana pour un court passage dans l'Idaho d'une centaine de kilomêtres. Le vent souffle plus que jamais dans cette montée et s'arrête comme un signe juste après le passage de la frontière.

LO
Aïe, aïe, aïe ! quelle galère suite au vol du porte-feuille !

Difficile d'être vigilant à 100 % du temps !

Que signifie : "je suis passé tout près de prendre mon 1er KOM Américain juste derrière un certain... Mike Hall" ?

Cdlt. Louis.
Retours d'expérience et vidéos du dernier voyage aux USA du 14/8 au 5/9/17 : Grand-Teton, Yellowstone, Sud de l'Utah : https://voyageforum.com/discussion/retour-experience-salt-lake-city-las-vegas-d8281457/
TU
Slt Louis. Strava est une application pour sportif qui nous chronometre et compare aux autres sportif. Lorsqu'on est premier on a le KOM (king of mountain). Mike hall est le recordman du tour divide
LO
Heu ... Respect ! Merci pour la réponse à un profane.
Retours d'expérience et vidéos du dernier voyage aux USA du 14/8 au 5/9/17 : Grand-Teton, Yellowstone, Sud de l'Utah : https://voyageforum.com/discussion/retour-experience-salt-lake-city-las-vegas-d8281457/
CA
Bonjour Renaud, Des ours, des loups, des vaches. Tout un périple émaillé de galères et de moments sublimes. De jolis endroits qui alternent avec d'autres qui ne donnent pas envie d'y retourner. J'adore ce carnet ainsi que ses photos et je continue la balade si il y a une suite. Calyssie
TU
Merci Calyssie, Oui un merveilleux voyage fait de quelques galères mais beaucoup plus de beaux moments avec des paysages de cartes postales et de superbes rencontres. La suite arrive tout de suite
C6
Merci de partager avec nous ce voyage (j'ai envie de dire cette aventure). Je suis très admiratif non seulement de la performance sportive mais aussi de faire un tel parcours en solo. J'ai hâte de lire la suite.
https://bouqueternel.fr/
TU
Partie 3: Idaho et surtout Wyoming - J15 a J21



Le passage dans l'Idaho durera uniquement un jour, j'y rentrerais en début d'aprem par le Red Rock pass et en sortirais le lendemain a la mi-journée au niveau de l'Indian lake. Ce court passage est en revanche très beau et différent de la partie sud du Montana. Le paysage est a nouveau remplit de grande forêts de conifères. A nouveau un jolie lac, le Henry's lake.



Je camperais au Big Springs campground. Le lieu est assez fréquenté car il est très connu pour la pêche dans la Henry's fork river. Je me ferais payer un délicieux barbecue par un groupe de jeunes campeurs Américains venus ici pour pêcher. On ne croise jamais en France des groupes d'une dizaine de jeunes partant en week-end loin de tout pour pêcher.



Le lendemain démarre par un sentier tout plat mais infesté comme jamais de washboards. La plupart des dividers empruntent ici la route pour éviter cette portion d'une trentaine de kilomètres. Puis la trace va suivre une dizaine de kilomètres durant la Warm river. On est ici au sommet d'une falaise qui surplombe celle-là d'une centaine de mètres. La vue est magnifique. Cette piste est très fréquentée par les VTT en promenade dominicale qui partent du parking situé au Warm river campground et par les pêcheurs.



Après une section sur route on entre dans Caribou-Targhee national forest et un peu plus loin dans le Wyoming au niveau de l'Indian lake. C'est un jolie lac, très différent de ceux rencontrés jusqu'à présent. Il est envahie de nénuphards, ce qui permet a beaucoup de sorte de poissons de ce cacher de leurs prédateurs.





La piste est très vallonnée, croise a son point haut (2200m) le Grassy lake reservoir qui n'a pas beaucoup d'intérêt. Ensuite commence une bonne descente jusqu'à Flagg ranch. Flagg ranch n'est pas une ville, c'est un gros complexe touristique composé d'un énorme batiment qui sert de restaurant, d'épicerie, de magasin de souvenirs et d'hôtel. Juste a coté de ce batiment ce trouve un camping.



L'endroit est blindé de monde car il est a proximité du Grand Teton national park. Le camping est plein, il ne reste que des emplacements pour les tentes. Aucuns prix d'affichés, c'est bizard. Le receptionniste m'apprend au moment de rêgler que l'emplacement est a 40$, ce qui en fera de très loin le camping le plus chère de toute la Great divide. Un peu chère pour juste poser une tente sans électricité et prendre une douche. Tant qu'a ce faire voler, j'irais manger le soir dans le restaurant de Flagg ranch le poisson du lac. Ce poisson dont je ne me rappelle pas le nom est en revanche délicieux avec une bonne bière IPA d'une brasserie locale, cela change des burgers ou des pates-riz cuisinés au réchaud. Le lendemain c'est le jour de la traversée du tant attendu Grand Teton national park.



Ce park est absolument magnifique mais blindé de touristes. Le seul regret est que la Great divide le traverse que par la route principale. Les cars de Chinois se succèdent ici. A chaques micro-parkings avec une vue ceux-ci descendent, mitraillent de photos en ne s'éloignant pas de plus de dix mètres du car, puis remontent jusqu'au prochain arrêt. Il faut dire que l'endroit est parmis les plus beaux que j'ai vu avec les montagnes des Three sisters qui viennent terminer leur course directement dans le très grand Jackson lake et son eau translucide.





Une fois sortie du Grand Teton national park, la trace part en direction du 1er col de haute-altitude de la Great divide, le Togwotee pass situé a 2915m. Son ascension est longue mais jamais difficile. Elle se termine d'ailleurs par la route.



Au sommet de celui-ci la trace emprunte une très belle piste vallonnée remplie de petits lacs d'altitude avant d'entamer une fois pour de bon la grande descente, d'abord sur piste puis sur route.



Pour atteindre le bivouac à Warm spring creek area il va falloir grimper a nouveau. C'est un bon petit raidar de 6 kilomètres qui est en fait la 1ère partie d'Union pass, le col qui sera franchit le lendemain. J'y arrive assez tard, bien rincé par cette longue mais vraiment magnifique journée. Je m'installe sur le parking en gravier où se trouve les toilettes en croyant être a nouveau seul au monde, puis en descendant chercher de l'eau au ruisseau situé en dessous je me rend compte que je suis loin d'être seul. De nombreuses caravanes de chasseurs ont établis leur camp plus bas.



Le jour suivant commence par la montée d'Union pass a 2950m. Union pass est en fait un énorme plateau d'altitude qui prendra quasiment toute ma matinée. L'endroit est très beau et on observe au loin un peu de neige sur les sommets qui sont a plus de 3500m.



Dans la descente de ce plateau a la mi-journée je vais tomber sur deux jeunes Québequois, Edouard et Guillaume. Cela fait plaisir de reparler un peu Français. Ils sont sur des VTT chargés comme des mulets et sont partis depuis 34 jours quand j'en suis a mon 17ème. C'est leur premier voyage a vélo, aussi ils ont enmennés beaucoup de matériel superflu. On doit se rendre au même endroit pour le soir, à la petite ville de Pinedale. Il ne reste que 35 kilomètres par la route pour y arriver. On prévoit donc de se rejoindre là-bas.



Pinedale est vendue dans mon livre comme LA ville des cowboys. Je m'attendais donc a la ville de Lucky-Luke. Elle est en faite très ressemblante aux autres et assez décevante. J'y arrive assez tôt et pars visiter la ville et acheter au magasin de bricolage un nouveau cadena et des serres-clips pour ressérer un porte-bidons qui c'est mis a bouger. Mes collègues dividers me rejoignent deux heures plus tard. On part s'installer au campground de la ville, puis direction le magasin de sport et les courses. Au magasin de sport l'un d'entres eux s'achette même une tente. Il avait prévu de dormir dans un hamac, mais ce n'est pas terrible pour se protéger de la pluie et du froid alors que les froides nuits en haute-altitude du Colorado se profilent. On passe une très bonne soirée ensemble a se raconter nos anecdotes de voyage. Eux ont prévus une journée de repos ici le lendemain. Moi c'est le désert du Great Basin qui est au menu.



Je réveil tout le monde au milieu de la nuit quand je reçois enfin l'appel que j'attendais depuis la veille au soir. Il est deux heures du matin, mais avec le décalage horaire il est en fait 10 heures en France quand mon correspondant europ-assistance me rappelle. Je lui explique de ne pas m'envoyer l'argent à Pinedale car j'y suis arrivé plus tôt que prévu, mais à la ville de Rawlins où je serais deux jours plus tard.

C'est parti ensuite pour la traversée du désert du Great Basin. L'objectif est d'arriver a la micro-ville d'Atlantic city située 142 km plus loin. Les 30 premiers kilomètres sont sur route et totalement plat. Puis l'entrée sur piste marque le début du relief. Toutes la journée sera composée de ces courts mais intenses raidars, avec vent de face bien entendu. Je ne croise dans la journée que quelques pick-up qui traversent ce géant désert d'altitude.



Puis en fin de journée je dois traverser les deux anciennes cités minières de South pass city et Atlantic city. Ces deux cités sont situées au fond d'un vallon auquel on accède par une belle descente, mais auquel il faut ressortir par un bon gros raidar. La première est quasiment inhabitée et ne possède aucun commerce, juste des panneaux qui expliquent le passé de sa mine d'or situé juste au dessus de cette ville fantôme.



Une dizaine de kilomètres plus loin arrive Atlantic city. Je m'attendais a une ville déserte aussi. Son historique est le même et elle n'a également aucun accès routier, seulement par gravel road. Elle possède en revanche un semblant de végétation (des pins) contrairement au reste de la journée . Mais non la cité est encore habitée, on y trouve même deux hôtels et un saloon qui est apparemment très connu et un passage obligé pour les dividers. Le village reste en fait vivant grace au tourisme. Il faut dire qu'on s'y croirait dans un vrai western.



Le fameux saloon est assez peu souvent ouvert. J'ai la chance qu'il le soit a mon passage. J'y déguste une très bonne bière et un énorme burger maison servit par une vrai Indienne très aimable. L'ambiance a l'interieur fait penser a un film. Je rencontrerais au saloon un couple de Français et leur fils de trois ans originaire de Macon sur le chemin du retour pour prendre leur avion à Denver. Il y a un bon petit moment que je n'avais pas vu de Français.

TU
Le Wyoming - suite

Je monte le soir au campground de la ville. Il est positionné au sommet d'un raidar de deux kilomètres que j'ai toute les peines du monde a monter après le burgers et les bières. Je suis la seul tente du campground. Aux alentours de minuit le vent me réveille. Celui souffle si fort que j'ai l'impression que les pins situés au dessus de ma tente vont me tomber dessus. Je replie le tout en urgences en vais m'installer pour une deuxième nuit dans les toilettes, toujours aussi propres et spacieuse. Une vrai chambre d'hotel ^^.

Je replie mes affaires tôt le lendemain car une journée marathon m'attend. Etant donné la nuit que j'ai passé je ne souhaite pas passer une nouvelle nuit dans le désert. Je souhaite donc rejoindre Rawlins situés 195km plus loin en coupant un peu par la route en fin d'étape.



Le matin les kilomêtres défilent assez rapidement car pour une fois j'ai le vent dans le dos, un vent assez fort. Je fais la connaissance avec la rare faune qui parcoure ce désert et qu'étonemment je n'avais pas croisée la journée précédante. Hormis toujours ces petites vaches noires qui sont ici en totale liberté et dont je me demande comment les agriculteurs font pour les retrouver dans cette immensitée, on retrouve ici des pronghorns et quelques chevaux sauvages. Les pronghorns sont les antiloppes d'Amerique. Elles se déplacent en petit groupes et sont capable de pointes de vitesse assez impressionantes. Beaucoup plus rare a croiser, j'aurais la chance de voir une petite horde de chevaux sauvages comme dans Spirit l'étalon des plaines.



Le relief redevient vallonné mais toujours vent dans le dos dans ce désert situé entre 2200 et 2500m d'altitude. Après 80 kilomètres un gros orage éclate. Je m'arrête enfiler ma gore-tex. Je n'avais pas refléchis au fait que quand on se prend un orage au milieu du désert il n'y a nulle part pour s'abriter. Tout devient plus dur car la piste se met a coller horriblement aux roues et a la transmission. L'orage dure 20 minutes mais une fois fini il va rendre a ce désert des couleurs magnifiques.



La fin de matinée est en revanche moins belle car elle traverse des puits de pétrole. Puis je rejoins le village de Bairoil en fin de matinée où je vais prendre ensuite la route plus tôt que prévu par l'itinéraire. Cette mini-ville est vraiment vilaine. Je ne sais pas si elle est habitée en permanence. Elle semble exister uniquement grace a ces puits de pétrole qui sont posés partout. La seule chose jolie est que des Pronghorns se promènent un peu partout, ce qui en dit long sur le taux d'occupation de la ville.





L'après-midi est donc composée uniquement d'une soixantaine de km de route. Je pensais que sa serait facile. Mais changement de direction oblige, le vent que j'avais dans le dos le matin est maintenant de coté, et bien plus fort. Très difficile de ne pas faire d'écart sur cette route pas mal fréquentée. Dans cette galère, je débranche le cerveau et fonce comme je peux vers Rawlins que j'atteindrais peu avant la nuit. Rawlins est une assez grande ville (pour la Great divide) posée comme une oasis au beau milieu du désert. En revanche elle n'est vraiment pas belle et semble être soufflée en permanence par ce terrible vent glaciale.

A son campground je file m'installer dans le coin réservé aux tentes. Ce coin est composé de plusieurs mur coupe-vent derrière lequel installer sa tente et d'un espèce de préau avec une géante table en bois ou s'abriter pour manger. Ils semblent tous être pris, car a ma grande surprise bon nombre de dividers sont ici aujourd'hui. Après une bonne douche je vais les rejoindre pour la bière et le repas. On est une bonne dizaine dont un jeune Français Parisien et un couple de Bordelais avec leurs deux enfants de 7 et 4 ans. Ceux-ci ont vendu leur maison et partit pour deux ans avec leur enfants sur des espèces de remorque pour traverser la totalité des Amérique, du nord jusqu'au Sud. Je suis très admiratif de leur courage. La soirée est glaciale, mais l'ambiance excellente.

Le lendemain, direction l'ouverture de la grande surface pour faire les courses et retirer enfin l'argent au western union, situé bien entendu a l'opposé total de ma direction. Puis départ assez tardif. L'étape du matin est sur route. Cette fois-ci la route n'est pas plate et surtout le vent que j'avais de coté la veille est cette fois-ci a 80km/h et pleine face. La matinée est une longue agonie dans ce paysage toujours aussi désertique. Puis arrive enfin la Medicine Bow national forest qui change radicalement le paysage. Fini le désert du Great Basin, place maintenant a la Aspen Alley qui est un bois composé de très esthétique grand boulots.



L'endroit est assez connu, aussi j'y croise pas mal de gens en camping. Je m'arrête manger pas longtemps après être entré dans ces bois. Juste après manger ce sera la fin du Wyoming et le début du tant attendu Colorado et sa haute-montagne.

TR
Ça sent la prochaine nuit chez Kirsten [;)]
TU
Ça sent la prochaine nuit chez Kirsten [;)]

J'y ai dormis, mais malheureusement elle avait fini sa saison et je n'ai pas pu faire la connaissance de cette Kirsten dont tout le monde m'a parlés
TR
Ah dommage. C'est vrai que tu es parti vraiment très tard.
TU
Partie 5: Le Colorado - J21 a J30

Juste après l'entrée dans le Colorado démarre une montée assez difficile qui mène à Brush mountain lodge, lieu mythique de la Great divide. Cette montée est surtout difficile car je l'aborde totalement rincé après une longue journée a jouer aux montagnes russes contre le vent. J'arrive a l'établissement assez tard et complètement explosé. Il est tard dans la saison et malheureusement la fameuse tenancière qui accueille si bien les dividers est en vacances. Je suis tout de même accueillis gentiment par le patron qui me montre où planter ma tente et me sert deux grandes bières régénératrices. Un grand groupe a réservé l'établissement pour la nuit.



Au réveil le patron m'invite a prendre le petit dej puis je glisse un billet dans la boite prévu a cet effet. Juste après Brush mountain lodge démarre une longue montée le long d'une vallée sauvage. D'abord facile et sur piste, la montée devient ensuite une vrai montée de VTT, pentu et avec pas mal de pierres qui gicle sous les roues jusqu'à un col sans nom qui fait passer pour la 1ère fois au dessus des 3000m d'altitude. J'arrive a tout monter sans poser le pied par terre, mais quelle bavante. Les mollets commencent a être vraiment affutés. Passé ce col une grande descente commence. Puis une fois arrivé sur route, le profil est toujours légèrement descendant jusqu'à Steamboat Springs.



Steamboat Springs marque un gros retour a la civilisation. C'est la première des stations de ski du Colorado que l'on croise, la deuxième depuis le départ après Whitefish. Une ville qui sent l'argent, je n'avais pas vu ça depuis Banff. Mais la ville reste très agréable. On y penetre par une jolie piste cyclable le long d'un cour d'eau. Je m'arrête y manger, puis faire les courses au Wallmart. Je n'étais jamais entré dans un Wallmart, le concept est assez étrange puisqu'on y retrouve aussi bien de la nourriture que des vêtements où de l'électroménager. Tout cela a au moins le mérite de ne pas être chère. Je reprends la route assez tard direction le target du soir situé au Stage coach state park. L'étape de l'après-midi est facile et très jolie. Une fois arrivé a ce grand barrage, le campground se trouve sur la mauvaise rive. Ce n'est pas grave rouler sur les pistes du bord du lac est agréable. Je m'acquitte des quatre dollars du campground et vais m'installer.



Le lendemain je rebrousse chemin pour rattraper la bonne rive du lac. L'itinéraire y emprunte un joli single aménagé pour les piétons, très agréable comme échauffement de bon matin. La suite est une longue, très longue mais facile montée direction Linx pass. J'y croise un couple de dividers Américain.



La descente rattrape la route, remonte un peu, puis doit normalement déboucher sur une descente en single citée par mon livre comme la meilleur de toute la trace et menant jusqu'à Kremmling. Je repasse plusieurs fois devant, cherche partout. Le single a totalement disparu. Pas de chances, ce sera donc un détour par la route en passant par un second col, Gore pass. Une fois à Kremmling je m'arrête faire les courses et manger dans un délicieux restaurant Méxicain car je commence a saturer des burgers et les restaurants Américains ne connaissent rien d'autre. Kremmling était prévu comme mon target du jour, mais il est tôt donc je vais continuer. Quelques gouttes commencent a apparaitre, donc je m'arrête au campground de William Forks reservoir. Celui-ci est moins jolie que celui de la veille. Beaucoup de pécheurs y campent comme cet Américain pêchant directement depuis sa voiture.



Le lendemain démarre une superbe journée en haute-altitude, une de mes préférées de tout le voyage. Elle commence par la longue mais facile ascension de Ute pass. La vue au sommet y est splendide, entourée de montagnes a 4000m.



La descente est faite intégralement sur la route. C'est normalement la seule de tout l'itinéraire qui s'effectue ainsi. Au croisement au pied de la descente une voiture d'un espèce de Jacky tunning s'arrête me parler. Il me demande a combien je roulais dans la descente car il me voyait au loin mais n'arrivait pas a me rattraper. Une pointe a 85km/h en VTT avec sacoches d'après strava.

On prend ensuite la route jusqu'à Silverthorne. C'est une assez grande ville et station de ski située juste en dessous du Dillon lake reservoir. L'endroit est très très touristique. On accède a celui-ci par une montée en lacets sur piste cyclable. Je n'avais jamais vu ça auparavant. Puis cette piste arrive a niveau du barrage, qu'elle va traverser. Ce lac est en fait la réserve d'eau de Denver, situé a 80km de là. L'endroit est très soufflé et on retrouve sur le lac beaucoup de voiliers. Je me dis que sa doit être génial de faire du voilier dans ce cadre, a 3000m d'altitude et entouré par toutes ces montagnes a 4000m.





Cette piste cyclable très agréable continue jusqu'à Breckenridge 30 kilomètres plus loin. Je m'arrête a mi-chemin manger dans la ville de Frisco. Breckenridge est une station de ski très huppée. Je m'arrête faire les courses dans sa grande surface puis vais en ville. L'endroit est blindé de monde. Après toutes ces étapes ultra paumées, cette frénésie ne m'a vraiment pas manquée. On y retrouve toutes les grandes boutiques de luxe. J'ai étrangement en revanche toutes les peines du monde pour me trouver une carte postale du lieu. Je n'en trouverais même pas une avec le lac Dillon. Le cadre est en revanche grandiose. La station est posée a 3000m d'altitude, et les remontées mécaniques qu'on y croise montent sur les montagnes a 4000m qui l'entoure. Assez impressionnant.



La sortie de Breckenridge marque le début de l'ascension de Boreas pass. Je souhaite camper au sommet de ce col qui restera mon préféré de tout le trajet dont il est le deuxième col le plus haut, a un peu plus de 3500m. Il est connu car c'est une ancienne ligne de chemin de fer construite a l'époque de la ruée vers l'or reliant Breckenridge au village de Como de l'autre coté. Son ascension est très facile, ce qui fait qu'elle est énormément fréquentée par les automobilistes et les cyclistes. On retrouve tout le long de la montée bon nombre de campeurs. En hiver le col est une piste de ski de fond très réputées. A mi-chemin du col on croise le tank a eau qui servait aux locomotives a vapeur pour faire le plein.



Le but de la soirée est de passer la nuit au col pour le lendemain aller faire l'ascension a pied de Bald mountain, située juste au dessus a 4150m d'altitude. J'arrive à Boreas pass une heure avant la nuit. Le lieu est chargé d'histoire expliquée par des panneaux et ils ont laissé un vieux wagon et quelques mètres de rails. J'imagine facilement les conditions de vie des ouvriers qui arrivaient a faire passer des trains ici même en pleine hiver.



Je redescends de 100m a l'endroit le plus près du col où il est encore possible de bivouaquer. Je me dépêche de monter le camp avant la nuit et de faire les pleins d'eau et de bois sec. J'allume une belle flambée tout près de la tente et me pose devant pour manger. La nuit a 3500m d'altitude fin Septembre est bien sur la plus froide de tout le trajet. En me couchant j'ouvre les chaufferettes pour les mains et les pieds que je promène depuis Butte. Avec mon duvet tout léger, la nuit ne sera bien évidemment pas la plus réparatrice de la Great divide.



Levé un peu plus tardif que les autres jours pour attendre que le soleil perce entre ces montagnes et fasse gagner quelques degrés, je déjeune et laisse la tente et le vélo attaché sur place, j'enfile mes chaussures de trail que je promène depuis le début pour grimper sur un 4000 du Colorado et c'est partit pour l'ascension de Bald mountain.



La 1ère partie jusqu'à un petit col est très facile et sur sentier. A partir de là les choses se gatent. Bald mountain est en fait un atroce pierrier géant. Après le col plus de chemins, mais des cairns que l'on suit plus où moins dans ce pierrier. Cela ne change pas grand chose de les suivre où pas. L'endroit est horriblement venté et la respiration est bien plus difficile passé 4000m.



Puis on arrive sur l'arrête qui est en fait très longue. Trois heures après le départ j'arrive enfin au sommet. Je n'ai croisé personne depuis Boreas pass. Le temps est au grand beau, la vue est splendide mais très difficile d'en profiter tellement le vent souffle fort.



Pour descendre j'aperçois un bout de sente qui semble partir en direction de Boreas pass sans repasser par le détour que fait la traversée de l'arrête jusqu'au col. Je me décide donc a la prendre. Grosse erreur, 10 minutes plus tard plus de trace et je me retrouve a descendre 500m de dénivelé négatif dans des éboulis très dangereux.



Je fini par retomber sur la route du col et la remonte jusqu'à ma tante. Il est 13 heures, je replis la tente et prépare a manger. Le but est de faire l'après-midi une micro-étape de 65km a profil grandement descendant en direction du village d'Hartsel. La descente sur piste de Boreas pass est de ce coté bien défoncée contrairement au billard coté Breckenridge. On arrive en bas au village de Côme ( nom donné par des colons Italiens, nombreux dans le Colorado) qui ne contient aucun commerce, mais des restes d'anciennes locomotives.



Ensuite une petite traversée de désert remplis de Pronghorns et c'est l'arrivée à Hartsel.



Je me pose au saloon boire une grande bière après cette belle journée. Ils me demandent si je souhaite manger ici, mais je leur explique que je dois me rendre au campground situé a presque 10 kilomètres en sortant du tracé. Ils me proposent alors de planter ma tente derrière le restaurant, ils ont aménagés un petit espace avec des toilettes pour les dividers de passage. L'endroit ne fait pas rêver mais je suis claqué et pourrait manger dans leur restaurant de cowboys un gros burgers et le petit dej le lendemain.



En mangeant quelqu'un vient me rencontrer. Il s'appelle Wilson et c'est un dividers. Dans la vie il vient de Californie où il est militaire. Il est sur la route depuis un bon moment, il a eu toutes sortes de galère de la chute à la casse de dérailleur. Je lui explique mon plan pour la suite et il souhaite continuer avec moi pour terminer au plus vite la Great divide retrouver femme et enfants. En voyant son vélo chargé comme un mulet je doute qu'il arrive a faire les mêmes étapes mais celle du lendemain est très facile et courte donc a voir. On doit se retrouvé ici a 7H30 le lendemain pour le breakfast. Il part dormir chez une connaissance qui habite ce village même. Il m'écrira dans la nuit de ne pas l'attendre et de partir sans lui car il a pas mal bu chez son copain. Pas de problèmes, je n'avais pas beaucoup d'accroche avec ce militaire qui semble faire le trajet juste pour inonder ces réseaux sociaux de photos.
PA
Merci Renaud de me / nous faire découvrir cette Amérique là vu d'une selle de vélo . C'est grandiose [;)]
reve de longues escapades en moto avec ma moitie , mais depuis le vélo est arrivé ...
NO
super ça me donne encore plus envie d'y aller . Mais je n'imaginais pas que ce soit aussi VTT
CA
Bonjour Renaud,

Toujours aussi captivant, un vrai régal. Quand est-ce que ça continue ?
TU
Le Colorado suite

Après un bon petit dej et fait quelques courses a la station service du village, je repars pour une demi étape de 77km jusqu'à Salida ou je me reposerais un peu a l'auberge de jeunesse de la ville en prévision des grosses journées qui arrivent. L'étape n'est pas passionnante a travers ce qu'ils appellent la toundra du Colorado.



Je fais en cours de route la rencontre de Carol et Bryan, un couple de jeunes Américains qui parcourent chaques années un état de la Great divide accompagnés de leur petit chien dans une sacoche. Cette année c'est le Colorado. Carol connait bien ma région et parle très bien Français car elle a bossée un an à Thonon dans une association s'occupant de la protection de l'environnement sur le lac Léman. Le parcours passe ensuite par un petit col qui nous refais passé juste au dessus des 3000m, puis entame une superbe descente de 15km de long et 800 de d- dans une très belle gorge jusqu'à Salida.



J'arrive a 13h à la ville mais la réception de l'auberge de jeunesse n'ouvre qu'a 16h. Je pars donc manger, faire les courses, laver le vélo au lavomatic et écrire des cartes postales a toute la famille. Salida est une jolie petite ville, je la visite et pars direction mon dortoir.



Dans le dortoir je suis seul avec un Bob, un jeune Américain partit de son état paumé du Nebraska pendant un mois pour parcourir avec son kayak les belles rivières du Colorado. On ira boire une bière en ville, puis on reviendra cuisiner a l'auberge en se racontant nos voyages.

Le lendemain une grosse journée m'attend avec 145km et deux cols a plus de 3000m. Comme tout les cols du Colorado fréquentés par la Great divide, ceux-ci ne sont pas dur car ce sont en fait de très long faux-plat montant. Le 1er, Marshall pass est long de 30 kilomètres a 3,5% a partir de la petite ville de Poncha Springs, juste après Salida. La première partie est sur route et juste avant de bifurquer sur piste je double Wilson, le militaire croisé l'avant veille à Hartsel. Nos vitesses dans cette montée ne sont pas du tout les mêmes et je me dis que ce doit être une bonne chose que l'on ne roule pas ensemble.



La seconde partie de la montée sur piste est sublime. Tout ce monte tranquillement quand je me fais arrêter pendant un quart d'heure a un kilomètre du sommet a plus de 3200m d'altitude par un énorme convoie de camion. Et oui dans le Colorado d'énormes semi-remorque emprunte les pistes défoncées de très haute montagne.



Je passe ensuite le col et me lance dans la grande descente. Je m'arrêterais manger dans le café-gift shop de Sargents. L'après-midi commence par une portion de route, puis une longue piste au milieu de rien jusqu'à Doyleville où on retraverse la route pour attaquer l'ascension très facile de Cocheta pass. Le Luder's creek campground se trouve juste après le col. Je l'atteins assez tard le soir pour une nouvelle nuit tout seul et bien froide au dessus de 3000m.



Le lendemain est une étape de transition qui doit me mener à Del Norte. Elle commence par le grande descente de Cocheta pass, puis attaque le col quotidien a 3100m, le Carnero pass.



Puis l'étape est vallonnée jusqu'à atteindre l'aéroport de Del Norte. De grands panneaux nous font faire un long détour pour ne pas traverser celui-là, bien que le nombre d'avions qui se servent de cet aéroport doit être ridicule. C'est la seul fois de tout l'itinéraire ou je verrais des panneaux adressés aux dividers.



En arrivant à Del Norte, il est tôt et je m'arrête directement à une petite brasserie artisanale boire une délicieuse IPA. Puis les courses et direction le divider's hostel, un espece de gite réservé aux dividers contre 25$. J'y rencontre Chris, un dividers Anglais accompagné pour le week-end de ces deux fils en vacances dans le Colorado avec une voiture de location. Ils m'invitent a manger avec eux et on passe une très bonne soirée. Ils étaient déjà là la veille et quelqu'un leur a parlé de moi. Il s'agit de Wilson que j'ai doublé la veille dans Marshall pass. Bien qu'il prétende le contraire, il a du prendre une voiture où un car, car il lui aurait fallu faire une étape de 245 km et 4000 de d+ pour arriver ici en un jour alors qu'il avait déjà toute les peines du monde quand je l'ai doublé au bout de 15km en montée.



Pour rentrer dans le cliché de l'Anglais, Chris n'arrivant pas a trouvé le sommeil se lève a 3h du matin pour préparer du thé. La lumière me réveille bien sur et il m'en prépare un que je bois pour lui faire plaisir avant de retourner coucher.

Juste en face de l'hostel démarre l'ascension du point culminant de toute le Great divide, le Colorado Indiana pass a 3630m. Etant donné sa réputation je m'attends a une sacrée bavante. Je l'attaque de bon matin. Sa première partie sur route est très facile. Puis attaque la piste. Les pourcentages augmentent mais reste raisonnable. Le paysage est jolie, mais très sec. On est ici au Sud du Colorado et on sent venir la frontière avec le Nouveau-Mexique. Les kilomètres défilent, si bien qu'en 2h40 après le départ j'arrive a un petit sommet sans aucun panneau et attaque une descente. C'était ça le Colorado Indiana pass ? Les 36 kilomètres et 1350m de d+ sont déjà dévorés et je n'ai même pas pris la peine de m'y arrêter. Je pensais mettre trois quart d'heure de plus pour le grimper. Il était vraiment plus facile que ce a quoi je m'attendais.



Je m'arrête au milieu de cette petite descente me ré-habiller. L'itinéraire remonte jusqu'à atteindre l'ancienne mine a ciel ouvert de Summitville. L'endroit servait a extraire de l'or, mais son exploitation n'étant plus rentable est désormais fermée. Sa dernière exploitation assez récente a laisser ici des traces. L'endroit est désormais terriblement pollué. L'entreprise qui l'exploitait ayant fait faillite, c'est désormais au contribuable Américain que coûte chaques années les quelques millions investis pour dépolluer le site.



Il reste malgrés tout quelques cabanes de mineurs datant de la ruée vers l'or. Je n'ose imaginer les conditions de vie des mineurs qui vivaient ici il y a 150 ans a 3500m d'altitude.



Passé Summitville, la Great divide redevient très jolie. On se promène sur ces hauts-plateaux pour faire le tour de Cropsy mountain, puis viens la descente. La couleur rouge de cette montagne est très esthétique. Elle est due a sa très forte concentration de fers, ce qui est a l'origine de sa présence d'or.



Puis c'est parti pour le 2ème col du matin, le Stunner pass, puis la piste bascule dans la descente jusqu'au très jolie village de pêcheurs de Platoro où je dois manger. Platoro est un havre de paix dans un cadre magnifique. On se croirait dans Red dead redemption. Le village situé a 3000m n'est pas accessible en hiver.



Je m'arrête manger au café-hotel du village. L'établissement est très connu des dividers. Il y a d'ailleurs un grand tableau avec le nom, la signature et la provenance de tout les participants au Tour divide de cette année. Le restaurant est authentique, sans wifi et avec une décoration digne des films de western.



Après-manger, une fin d'étape très facile m'attend puisqu'il va constiter a une grande descente dans de très belles gorges jusqu'au village d'Horca et son Elk creek campground.



Le village possède étonnement un gift-shop habitué a acueillir les dividers avec des glaces, de la wifi, des boissons et des cartes postales. Je m'y arrête un moment, puis vais m'installer au campground à 5km de là. Il est étonnement fermé pour une raison qui m'échappe mais je vais m'y installer tout de même.

Le lendemain en fin de matinée, après un mois sur les pistes je devrais quitter le Colorado pour le dernier état du trajet, le Nouveau-Mexique. La journée commence directement par l'ascension du jour de La Manga pass, entièrement sur route. Une fois passé ce col on arrive a un petit village fermé au public où des passionnés de trains ont retapé une ancienne ligne pour petit wagon minier. Il est marrant de croiser ces rames de même pas un mettre de large.



Juste avant le passage de la frontière, je tombe sur un énorme troupeau de peut-être 300 vaches menés par une dizaine de vrai cowboys (et cowgirls :-)) Mais le troupeau empruntant le même chemin que moi se met a paniquer et pars a fond dans la mauvaise direction. Un cowboy me hurle dessus de quitter le chemin pendant que les autres vont chercher le reste du troupeau. Je monte dans le talu et attends 20 bonnes minutes que tout le cheptel soit passé.



TU
Partie 5 Le Nouveau-Mexique J30 à J38

La plupart des dividers considère le Nouveau-Mexique comme le plus difficile état de la Great-divivide a cause du vent pleine quasi permanent, d'un relief toujours vallonné et de ces pistes qui sont les plus défoncées du parcours. Pour ne pas faire mentir cette réputation, a peine passé le panneau d'entrée dans l'état que la piste devient un vrai chemin VTT.



C'est une vrai bavante et j'ai toute les peines du monde a atteindre en fin de matinée le sommet de ce chemin qui ne fait que de monter et descendre jusqu'à arriver sur la très belle crête de Brazos ridge HP.



S'en suit une jolie descente sur le sommet de cette crête. On se croirait sur une crête du Jura. Je m'arrête le midi manger au Lagunitas campground qui est composé de deux petits lacs, le upper et le lower.



L'après-midi est un enchainement de montées-descentes sans cesse au dessus de 3000m jusqu'à rejoindre la route pour la montée finale de 7,5 km qui mêne au campground du soir au bord de l'Hopewell lake. Cette journée malgrés sa relative petite longueur (118km) fut assez dur avec ces 2500m de d+, avec la matinée dans des chemins bien pourris. J'arrive bien claqué au campground. Je monte mon campement et vais chercher de l'eau. La source est a sec il faut dire qu'il n'a pas plus dans le coin depuis sacrément longtemps. Heureusement des campeurs feront le plein de mes gourdes.

Le lendemain une nouvelle journée difficile m'attend. La piste est cette fois en meilleur état mais continue a jouer aux montagnes russes a travers la Carson national forest. Les forets du Nouveau-Mexique ne sont bien sur pas celles rencontrées au Canada où dans le Montana, la végétation est ici beaucoup plus petite, composée essentiellement de pins. Je croiserais deux petits villages dans la matinée, Vallecitos perdu au milieu de cette foret et qui ressemble bien plus a un village Méxicain qu'Américain, puis El Rito qui marque le retour sur la route. Dans ce village on retrouve la très étrange sculpture du Mars polar lander.



Je file sur cette petite route a profil descendant en direction de la ville d'Abiquiù où je souhaite manger. Mais cinq kilomètres avant la ville je croise une pizzeria, je suis affamé et je me dis qu'il me faut prendre ma revanche avec les pizzas américaines taille L. La patronne très aimable me montre les différents moules qui correspondent aux tailles de ces pizzas. En voyant la taille L prendre l'entiereté de la table de son petit comptoir je me dis que ce n'est encore pas pour cette fois et commande une M (qui doit correspondre au pizzas 40cm chez nous) que j'aurais déjà énormément de mal a finir. Elle me déclare que seul les participants au Tour divide lui commande ces pizzas géantes (et les finissent !) ce qui en dit long sur leur état physique quand ils arrivent ici, dans le dernier état de leur course. La patronne adorable ayant un grand respect pour les dividers m'offre les boissons et des cookies maison en dessert (que j'emporterais car impossible de manger encore quelque chose maintenant).



Je fais ensuite les courses au familly dollar puis vais boire un café et profiter de la wifi à Abiquiù avant la belle bavante qui m'attend l'après-midi. Abiqiuù ne possède qu'un seul commerce qui sert de restaurant, pompe a essence et de magasins. L'endroit est étrangement blindé de monde. Je repars assez tardivement pour la montée considérée la plus difficile de toute la Great divide, la montée sur Polvadera mesa.

Sa première partie n'est pas particulièrement difficile et se déroule sur piste. Malgrés qu'il soit 16h quand je l'attaque, il fait particulièrement chaud. Sur cette piste on retrouve pas mal de petits serpents écrasés. Je m'arrête a un moment car j'en croise un qui n'ai pas vraiment petit. Il mesure bien un demi mètre, il est de couleur jaune et posé au milieu de la piste. Je ne suis pas sur qu'il soit écrasé alors je reste a distance a fait du bruit pour le faire partir. Pas un mouvement je décide donc de passer en le contournant le plus possible et le plus vite possible. Au moment où je passe juste a coté, il se retourne et met une grosse accelération dans ma direction. Je monte très vite les pieds au niveau de mon cadre histoire que s'il morde il attrape un pneu ou le cadre de mon vélo plutôt que ma jambe. Il passe finalement entre mes deux roues comme si de rien était. M'aura bien fait peur ce con.

Puis viens la deuxième partie tant redoutée de la montée. La trace est de nouveau boisée contrairement a sa première partie désertique. Polvadera Mesa est en fait un volcan. La région en est truffée. Si la montée est si dure c'est parcequ'on passe en fait en alternance sur ces pierres volcaniques blanches où les roues dérapent obligeant constamment a changer de trajectoire et sur du sable où les roues s'enfoncent terriblement. Cette montée serait assez plaisante en tout-suspendu mais s'avère une bonne bavante en semi rigide de 30kg. Je grimpe malgrés tout la totalité sur le vélo, mais que ce fut dur. J'arrive vraiment peu avant la nuit au Polvadera campsite, qui n'ai pas encore au sommet de cette montée que je finirais demain.



Le campsite est vraiment perdu au milieu des bois. J'y suis a nouveau seul et me fait un bon petit feu. Je ne sais pas si je suis toujours en zone habitée par les ours, donc je continue a prendre toute les dispositions comme s'ils étaient toujours présent.

En en finissant avec ce raidar de Polvadera Mesa je croise un couple de dividers Américains. Chargés comme des mulets, ils ne semblent pas vraiment apprécier cette montée qu'ils ont effectués quasiment en totalité en poussant leur vélo. Je dois atteindre pour la mi-journée la petite ville de Cuba située a une centaine de kilomètres d'ici et j'ai déja perdu une demi-heure en démarrant la journée car je voulais prendre un raccourci pour rejoindre la piste depuis le campsite qui m'a amené a pousser mon vélo dans un énorme talus donc je ne m'attarde pas avec eux. La différence de décor entre le matin et l'après-midi est saisissante. Passé Polvadera Mesa, l'itinéraire jardine pas mal sur un haut-plateau qui ne fait que monter et descendre dans une forêt d'épicéas et de sapins. On se croirait à La Féclaz où dans le Jura.



Puis la trace entame une grande descente très plaisante jusqu'à Cuba de 800m de dénivelé négatif. Ce sera le dernier passage au dessus de 3000m. Au fur et a mesure on voit la végétation disparaitre. Puis j'arrive à Cuba manger a son subway et faire des courses. Le nombre de subways aux Etats-Unis est vraiment impressionnant, beaucoup plus que de Macdo.

L'après-midi démarre sur la grande route avec un vent pleine face terrible. Pas très très agréable. Puis après une trentaine de kilomètres, on part enfin sur une piste qui en plus change de direction et quitte le vent pleine face. L'itinéraire est tout plat et traverse a nouveau le désert. Il est en revanche très beau car il croise bon nombre de formations volcaniques aux formes toutes plus extravagantes les unes que les autres. Je croise mes premiers cactus.





Je m'arrête dormir au beau milieu de rien du tout alors qu'il fait grand nuit depuis une bonne demi-heure. Il faut dire qu'on est maintenant le 29 Septembre et que depuis mon départ les journées ont sacrément diminuées.

La journée du lendemain est une nouvelle traversée du désert jusqu'à la ville de Grants. Encore de magnifiques formations géologiques, mais je les apprécient moins car le vent souffle comme jamais et il commence vraiment a me gonfler. De plus quelques ranchs qui vivent ici totalement coupés du monde a 80 km de toutes autres civilisations ont décidés ici de privatiser le chemin et je me retrouve a devoir porter 5 fois mon vélo chargé a bout de bras.



J'arrive complètement explosé et tard a l'endroit où je souhaitait m'arrêter manger. Il reste pour l'après-midi une montée de col sur piste apparemment difficile. Je choisirais de prendre la variante par la route, démoralisé par cette matinée dans ce désert venteux et remplit de washboards où je ne me voyais pas avancer. J'arrive au campground de Grants par la mythique route 66, même si elle ne présente ici aucun intérêt. Je monte ma tente, prend une douche et file faire les courses au Wallmart.



Le lendemain deux variantes se proposent a moi. Je choisis la plus courte a travers El Malpais national conservation area. Le parcours est tout plat. Les kilomètres défilent jusqu'à ce qu'une nouvelle fois le vent pleine face se lève. Je m'arrête faire une pause a une des curiosités du coin, la Ventana natural arch.



La trace repasse ensuite sur une piste remplie de washboards. Sur cette piste toute plate casse cul on ne se voit pas avancer. J'y croiserais une marcheuse du continental divide qui mettra surement deux jours a en venir a bout avec son énorme sac a dos et je me dis que finalement j'avance plutôt assez vite. La fin de cette horrible piste et le début d'un peu de relief est accueillis très joyeusement. Cette nouvelle piste continue jusqu'atteindre le target du soir dans la ville de Pie Town. Je souhaite dormir dans un lieu très connu des dividers, peut être bien le plus connu, la fameuse toaster house. Cette maison est en fait une espèce d'auberge Espagnole où tout les dividers a vélo ou a pied peuvent aller et venir a leur bon vouloir. Sa propriétaire ayant déménagée la laisse ouverte en permanence et passe même faire des courses de denrées non périssables. Tout dividers est juste chargé de laisser l'endroit comme il l'a trouvé, de mettre un petit mot dans le registre et glisser un petit billet dans la boite pour l'eau et l'électricité. Ce lieu est assez magique mais malheureusement ce soir aucun autre dividers n'y viendra.





On retrouve même ici une station de réparation de vélo, qui a été montée en hommage a un coureur du Tour divide, JD Pauls. Celui-ci faisant la course en 2013 a cassé son axe de roue dans ce trou paumé qu'est Pie Town. Bien sur le premier réparateur de vélo se trouve a des centaines de kilomètres d'ici et donc des habitants avaient réussi a lui en fabriquer un de toute pièce avec lequel il a pu finir la course. Il est mort quatre ans plus tard d'un cancer et avait marqué sur son testament qu'il souhaitait a son décès une station contenant tout pour réparer un vélo a le toaster house de Pie Town.



Pie town est connu pour deux choses, la toaster house et ces tartes qui ont même fait changé l'ancien nom du village en Pie Town. Ces tartes sont servies dans deux restaurants et après m'être installé et douché je fille au plus connu d'entre eux manger une bonne tarte pour le goutter.



Ce sont de grosses tartes aux fruits, bonnes et qui bourrent très vite. Le patron me demande si je dors à la Toaster house et je lui réponds que oui. Il n'y a rien du tout a faire à Pie town. Le lieu contient trois restaurants car la route qui le traverse semble être assez fréquentée mais aucun n'est ouvert le soir. Le village est perdu et très pauvre. Difficile de s'imaginer vivre ici sans y être née. Je rentre à la casa manger des pâtes et me couche tôt.

A mon réveil le lendemain je découvre pourquoi le patron souhaitait savoir si je dormais à la toaster house. A la fermeture du magasin il est venu et a déposé sur la table du salon gratuitement les deux énormes tartes qui restaient de la veille. Adorable. J'en mangerais immédiatement la moitié d'une au petit déjeuner puis embarquerais avec moi la seconde. Je laisserais la deuxième tarte pour les prochains dividers, probablement la marcheuse que j'ai croisé la veille dans le désert.



L'étape du lendemain n'est pas très difficile, mais très longue (165km). Elle m'enmenne de Pie Town à la Beaverhead ranger station à travers la jolie Gila national forest. Je croiserais a l'entrée de cette foret, juste après avoir mangé un dividers en panne mécanique. Il refuse toute aide donc je poursuis ma route.



Plus loin, a un croisement du continental divide je rencontre un couple agé de dividers américains. Je leur dit que passé ce point le profil devient légeremment descendant. Ils se croient tout a coup sortis d'affaire et en roue libre jusqu'à Beaverhead ranger station a coté duquel je souhaite m'arrêter pour la nuit. Cela ne se passera bien sur pas comme ça et je ne les verraient jamais arriver jusqu'à là pour la nuit. La Gila forest était le lieu de vie du célèbre guerrier Appache Geronimo qui semble être le héro local. En m'arrêtant a la ranger station faire le plein d'eau j'assisterais au décollage en trombe d'un hélicoptère et de ces rangers pour un départ de feu de forêt.

PA
C'est addictif ton truc [;)]
reve de longues escapades en moto avec ma moitie , mais depuis le vélo est arrivé ...
TU
Le Nouveau-Mexique suite

Le lendemain cela commence très fort a sentir la fin de la Great divide mais une dernière grosse étape étape m'attend pour rallier Silver city. La matinée est très jolie toujours a travers la Gila national forest, mais elle n'est absolument jamais plate. Trois grosses bosses et leur descente vont constituées la matinée, avant de rejoindre la route en direction du barrage du lake Robert. Je m'arrête juste avant celui-ci a une micro-superette habituée aux dividers et je croise d'ailleurs un couple de dividers Polonais sur le départ.



Ceux-ci semblent vraiment extenués et souhaite faire un jour de pause à Silver city, a 200 kilomètres seulement de l'arrivée. Je grignote sur les tables de cette petite superette et repars. Juste après je croise le lake Robert, un gros barrage vraiment décevant. Juste après, son campground avec sa superette où je prévoyais manger. J'ai bien fait de m'arrêter manger avant car celui-ci est fermé pour causes de vacances. Sur la route jusqu'à Silver city, la trace emprunte le dernier col du parcours jusqu'au village de Pinos Altos digne des plus beaux westerns.



S'en suit ensuite une grande descente jusqu'à Silver city, qui est cette fois une vrai ville. Cette descente marque la fin des Rocheuses, que je parcourais depuis 36 jours et le début du désert du Chihuahuan. Celui-ci, a cheval entre les Etats-Unis et surtout le Méxique est de la taille de la France. Mes deux dernières étapes en exploreront une infime partie. Je m'installe a son campground où je suis a nouveau le seul en tente, vais aux courses et profitent de la wifi que je n'avais pas eu depuis Grants.



Je passe ensuite deux coups de fil importants, un pour europ-assistance pour un dernier transfert d'argent by western union et un a Jeffrey Sharp. Jeffrey habite Hachita, le dernier village avant la frontière Mexicaine et donc le dernier de la Great divide. Il organise pour beaucoup de dividers la fin de leur voyage. Ils leur trouvent un carton pour leur vélo et les enmennent aux aéroports soit d'El Paso, soit de Tucson contre de l'argent bien sur. Il me répond aucun soucis pour m'enmenner jusqu'à El Paso (a deux heures d'Hachita) et même pour me loger dans son ranch le lendemain et je pars donc manger en ville soulagé de ça.

Un énorme gros orage éclate a 4 heures du matin, je ne me rendormirais pas et vais prendre sous la pluie a 6 heures un délicieux breakfast au Denny's, une chaine américaine ouverte 24/24 et connue pour ces petit dej. En repartant je croise très brièvement un dividers allant prendre a son tour son breakfast. Il pleut toujours et Europ assistance n'a toujours pas fait mon virement je suis donc bloqué à Silver city. Ca y es je reçois enfin l'appel et pars retiré la somme dans le western union le plus loin bien sur, situé a 10 km a l'opposé total de ma direction. A 10 heures et un bon 20km de vélos sur la grande route plus loin je peux enfin partir de Silver city. Les 40 premiers km sont sur route et dans une énorme purée de poids mais au moins la pluie c'est arrêtée. Puis l'itinéraire bifurque enfin sur piste au niveau de White Signal. La piste totalement détrempée s'enfonce dans le désert mais la météo s'améliore. Je suis les traces d'un autre dividers parti plus tôt, probablement celui croisé au Denny's. Il a traversé cette partie au moment probablement le plus détrempé et possède des pneus plus fins que les miens ce qui me fait me dire qu'il a vraiment du en chier pour ne pas s'enfoncer en permanence dans le sable.



Après une cinquantaine de kilomètres, l'itinéraire rejoint une grande route. Au bord de cette grande route au milieu de rien du tout un établissement complètement improbable. C'est une ancienne station essence reconvertie en un très gros magasin/gift shop où je m'arrête pour acheter a manger. J'y fais la connaissance d'Andreas, un dividers anglais. C'est lui que j'ai entrevu le matin même à Silver city et c'est lui dont je suivais les traces dans le désert. Il m'explique ce qu'il a prévu pour sa fin de parcours, il repars juste après que je sois arrivé donc on décide de ce rejoindre le soir à Hachita.



Je repars tranquillement pour une après-midi très facile en direction d'Hachita. L'itinéraire est totalement plat, rectiligne et sur route. Pour une fois, pas de vent. Ca y es, je vois le premier panneau annonçant Antelope Wells, la fin du trajet.



Après deux heures de route j'arrive à Hachita. C'est un village posé au beau milieu du désert, a peut être 100km de la ville la plus proche. Je m'arrête a l'épicerie où je fais la connaissance de Jeff. Jeff est le tenancier de l'épicerie (qui bizzaremment est moins chère qu'en ville). C'est un passionné de vélo et de la Great divide. Il a essayé de faire le tour divide l'année dernière mais a causes de toutes sorte de galères mécaniques n'avait pu le terminer. Il le retentera l'année prochaine et souhaite que je le fasse avec lui. Il me prend en photo pour publier sur le facebook de la great divide, comme tout les dividers qui s'arrêtent ici.



Andreas nous rejoins. Il m'indique qu'il c'est installé au Hachita community center. C'est en fait la salle des fêtes du village, qui reste ouverte a disposition des dividers avec toilettes, lits de camp et cuisine. Il me dit également que sa femme va le rejoindre a midi le lendemain à la frontière avec un gros pick-up et qu'ils pourront me ramener ici sans problèmes. J'avertis Jeffrey de ça et vais m'installer au community center. J'y rencontre également John, un autre dividers Anglais partit lui cinq mois plus tôt de l'extrême nord du Canada. Lui peut dire qu'il a parcouru l'intégralité des Rocheuses. Il en a fini avec la Great divide la veille, a dormis à la frontière puis on est rentré aujourd'hui avant de poursuivre en vélo jusqu'à El Paso. On commence a cuisiner quand Jeffrey passe a l'improviste et nous offre un pack de bières. Vraiment adorable. On passe une très bonne soirée a ce raconter nos great divide, très différentes chacune.





Le lendemain matin on se quitte. John part de son coté. A 8h30, Andréas part pour cette dernière mini-étape. Je partirais une demi-heure plus tard après être passé boire un café a l'épicerie. Cette dernière étape est la moins intéressante de tout le trajet, a travers le désert sur une route totalement plate sur des lignes droites interminables. Je décide donc de la faire le plus vite possible en mode contre la montre.



Départ a 9 heures a fond les ballons direction le Mexique. Le poste frontière d'Antelope Wells est vraiment tout petit et très peu fréquenté. Je croiserais peut-être trois voitures dans la matinée l'ayant pris. En revanche je croise une bonne dizaine de voitures de gardes frontières. Que leur journée doivent être longue et inintéressante a observer tout les jours le désert a la jumelle voir si de pauvres Mexicains n'essayent pas de rentrer illégalement dans le pays. A mi-chemin je double Andreas que je retrouverais a l'arrivée.



2h15 après mon départ j'arrive au poste frontière. J'aurais bouclé l'étape a 32km/h de moyenne. L'endroit n'a vraiment aucun intéret si ce n'est qu'il termine la Great divide. Je me pose et attend Andreas. Il arrive une demi-heure plus tard, presque en pleur tellement il est ému d'avoir fini ce superbe voyage qu'il a entamé deux mois plus tôt 4400 km en amont. On prend la photo souvenir et on part se poser a l'ombre du batiment car il fait encore vraiment très chaud en Octobre dans le Chihuahuan desert.



Une heure plus tard sa femme nous rejoins. Elle a atterrie deux jours plus tôt à Denver et ils vont faire un mini-road trip en amoureux dans cette partie Sud des Etats-Unis avant de rentrer au pays. Elle n'est vraiment pas halèse avec avec ce gros pick-up et ne se voit pas conduire durant ces 15 jours. Seulement pour qu'Andreas puisse conduire il doit signer un papier a l'agence de location. L'agence la plus près se trouve à ... El Paso ! Quelle chance. On charge les vélos dans le pick-up et j'avertie Jeffrey qu'il n'aura pas a m'y enmenner. 200$ d'économisé et un jour de repos à El Paso de gagné. Demi-tour, la même route que le matin a vélo mais cette fois en voiture jusqu'à Hachita avant de tourner a droite et de longer tout le long la frontière jusqu'à El Paso.

CA
C'est fini ou il y aura encore une petite suite ?
TU
La toute fin arrive 😋
C6
Pas fan du tour de France, des photos pas toujours exceptionnelles, quelques fautes d'orthographes, .... [:P]

... et pourtant c'est clairement le meilleur carnet de voyage que j'ai lu depuis bien bien longtemps. Merci encore d'avoir partagé avec nous cet incroyable périple.

ps: ne pas prendre trop au sérieux la première phrase.
https://bouqueternel.fr/
TU
El Paso, voyage de retour et conclusion

2 heures 30 plus tard, Andreas et sa femme me dépose avec mon vélo en plein centre ville d'El Paso et on se fait nos adieux. Je recherche une auberge de jeunesse. La seule de la ville est située à 50 mètres de là ! Je m'y installe et part me poser dans un café voir les choses que je vais pouvoir faire les deux jours suivants en attendant mon avion.





El Paso est une ville du Texas situé contre la frontière Mexicaine. La ville ressemble d'ailleurs plus a un prolongement du Mexique qu'a une ville Américaine. On y parle plus Espagnol qu'Anglais et la majorité des restaurants sont Mexicains, ce qui au moins change des éternels burgers. La mégalopole semble immense car juste de l'autre coté du Rio Grande se trouve la gigantesque ville Mexicaine de Ciudad Juarez de 1,3 millions d'habitants dont on peut voir d'ici la grande pauvreté. Juste a coté de l'auberge de jeunesse se trouve le principal parc de la ville, le jolie San Jacinto square.



El Paso ne présente vraiment pas beaucoup d'intéret. On me conseille d'aller visiter white sand dunes monument situé a deux heures de route de là, mais aucun bus ne s'y rend et je ne peux pas louer de voitures car je n'ai plus mes papiers. Impossible également d'aller faire un tour à Ciudad Juarez au risque de ne pas pouvoir re-rentrer aux Etats-unis. Les deux jours restant seront donc grasse-matinée, quatre repas par jour, une visite de la ville en vélo, séance de cinéma voir le film Joker (avec fouille pour vérifier qu'on ai pas d'armes défois qu'un fou se prenne pour le Joker) et visite de la cathédrale, qui donne le dimanche une messe en Anglais pour trois en Espagnol car les Méxicains étant très très croyants.



Le 8 Octobre direction l'aéroport. Je m'arrête au magasin de vélo situé tout près qui me donne très gentiment un carton pour mon vélo quand je tombe sur John, le dividers Anglais croisé au community center d'Hachita. Il vient d'arriver en vélo et a cinq jours a attendre ici avant de rentrer au pays. Je file direction l'aéroport international d'El Paso, démonte le vélo et l'emballe pour un premier vol direction Chicago. American airlines me fait payer un tout petit supplément pour le vélo mais rien de malhonnête.



Après trois vols de vol me voila à Chicago. Heureusement que j'ai 4 heures avant mon prochain vol car l'aéroport et très mal foutu et je met bien une bonne heure a comprendre comment se rendre aux vols internationaux. Puis je vais a l'enregistrement de mon vélo avec Turkish airlines qui doivent me conduire de Chicago à Istambul puis enfin à Genève. Mon bagage en soute ne dépasse ni la taille ni le poids maximal, mais l'hotesse veut me faire payer un gros suppléments pour mon vélo. Après une demi-heure a raler je lui fait baisser le prix a encore quand même 100 dollards pour quelque chose que je ne devais normalement pas payer. Son supérieur me fait comprendre que si je ne suis pas content mon vélo restera à Chicago. Super compagnie Turkish airlines ! Je paye et embarque pour Istanbul, le plus grand aéroport du monde.



L'aéroport d'Istanbul est flambant neuf. C'est un véritable centre commercial géant. Après 4 heures dans cette cacophonie j'embarque pour Genève. J'arriverais le 9 Octobre a 23h30 après 28 heures passés dans les aéroports et les avions. Bien plus fatigant qu'une journée de vélo sur la Great divide. La journée de retour, je ferais une nuit de 18 heures avec la fatigue général qui retombe et le décalage horaire. J'aurais au total perdu 5 kg, qui seront repris dans les 15 jours suivants.

Au total avec les transports j'aurais mis 42 jours, dont 36 a rouler avec deux jours de perdus à Butte et deux à El Paso. Voyager aux Etats-Unis coùte chère, mais le voyage a vélo reste raisonnable. Avec le recul je garde de ce voyage que les bons souvenirs. Ces états très peu peuplés sont habités par des gens adorables. Je pense que mon état préféré restera le Montana, surtout dans sa partie nord avec des montagnes et des lacs magnifiques. J'aurais croisé quasiment tout les jours des paysages de cartes postales. Les Américains ont un rapport très étrange a la nature car leur style de vie est le moins écologique au monde, mais ils sont amoureux de leur grands espaces et l'on croise d'énormes caravanes tirées par des pick-up qui campent véritablement au milieu de nulle part.



Ma première expérience en bikepacking m'aura vraiment plu, et je voyagerais a nouveau de cette manière a l'avenir. Avec l'experience acquise, je peux encore améliorer un peu mon chargement. J'ai beaucoup d'idées en tête. Je pense que le voyage a vélo de l'année prochaine se passera au Ladakh. Mais assurément je reviendrais dans pas très longtemps sur ces sentiers de la Great divide, très certainement pour faire la course maintenant que je connais la route !
CA
Bonsoir Renaud,

Voilà c'est fini. Ce fut une bien belle bambée et un carnet vraiment prenant. Au plaisir de te lire à nouveau.

Calyssie
JE
Etonnant carnet, une chouette expérience ! Merci pour le partage.
"Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles" Oscar Wilde USA 2014 / ECOSSE 2015 / ESPAGNE 2017 / USA 2018 / Bientôt Madère2021&Lanzarote2025
BL
Merci du récit de cette aventure inhabituelle. J’ai bien apprėciė.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
SP
Bravo pour ce formidable parcours semé d'embûches. C'est un reportage très agréable à lire et qui donne envie de grandes randonnées
HE
Superbe aventure avec son lot de péripéties (perte portefeuille, rencontre avec Grizzli, etc.). On sent que vous avez la grosse caisse pour grimper aussi bien avec un vélo chargé à 30Kgs. Le vent de face sur ces déserts d’altitude a dû être terrible aussi.. en tout cas bravo car réaliser la Great Divide Mountain Bike Road en moins de 40 jours doit être assez rare. On attend le récit pour le Ladakh alors 😀
SC
Un carnet très sympa pour une aventure grandiose, visiblement bien organisée et bien réalisée !
VI
Bonjour, je viens de découvrir ton récit, j'ai vu aussi que tu étais savoyard, je fais partie de l'organisation de Vél'Osons, le forum du voyage à vélo qui aura lieu à Chambéry les 3-4 avril 2021, veux tu intervenir en présentant un film où un diaporama ? Isabelle
TU
Bonjour, je viens de découvrir ton récit, j'ai vu aussi que tu étais savoyard, je fais partie de l'organisation de Vél'Osons, le forum du voyage à vélo qui aura lieu à Chambéry les 3-4 avril 2021, veux tu intervenir en présentant un film où un diaporama ? Isabelle

Bonjour Isabelle, J'avais prévu d'aller faire un tour au vel'osons festival, pourquoi pas y aller pour présenter un petit quelque chose. Ce serait un diaporama car je n'ai pas fait de film. Le plus simple est de poursuivre cette discussion en message privé. Bon week-end
JU
Salut Renaud,

Je m'étais gardé ton carnet en favori, un jour où je serai dispo. En ces temps de confinement, c'est le cas [;)]. J'ai dévoré ton carnet d'un trait. Passionné de vélo, de grands espaces et des States, je me suis régalé. Tu as la caisse, je suis impressionné! Ton récit donne envie, merci pour le partage.

Julien
USA 2015 https://voyageforum.com/v.f?post=7251701;#7251701 USA 2017 https://voyageforum.com/v.f?post=8274541;live=1;#8274541 USA 2019 https://voyageforum.com/discussion/hiking-in-arizona-just-arizona-mars-2019-d9876344/
YA
Salut Julien, Si un récit écrit sur la Great Divide t'intéresse, tu peux le trouver dans "Voyages sellestes", mon dernier livre paru chez Glénat.(pp.179-267) https://claudemarthaler.ch/livre/voyages-sellestes/

Sellestement,

Claude
TU
Salut Julien, Si un récit écrit sur la Great Divide t'intéresse, tu peux le trouver dans "Voyages sellestes", mon dernier livre paru chez Glénat.(pp.179-267) https://claudemarthaler.ch/livre/voyages-sellestes/

Sellestement,

Claude

Bonjour Claude, Pourquoi pas lire votre dernier livre, ça peut être une très bonne idée, encore plus en ce moment. J'avais eu l'occasion de vous rencontrer il y a 2 ans a la projection de votre film sur la route de Pamir a l'inushuk café de Chambéry que j'avais adoré et qui avait grandement renforcé mon envie de voyages a vélo. Bonne journée Renaud
SC
Hello Renaud, il est possible qu'avec le temps tu sois passé à coté mais j'avais répondu en privé à notre début de conversation en te posant quelques questions, du coup si un de ces jours tu as le temps d'y jeter un oeil ;-) Merci !
PI
Ouais, t'as fait une bonne ride!

PS : Une planche à laver
Pierroro Quand le moment est arrivé, l'heure est venue! (C.Bobin.) - et je vous remercie par avance pour votre réponse.

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