Bonjour à tous, je voudrai savoir si il y a des personnes qui partent en croisière sur le costa neo riviera du 23 novembre 2017. Auriez-vous des nouvelles infos sur les escales à Madagascar. On a toujours pas de nouvelles de Costa, ça commence à vraiment nous inquieter. De plus je voudrai savoir si il y en a qui ont désister. Ce serait vraiment la cata s'il fallait rester des journées entières sur le bateau sans pouvoir faire les excurtions d'autant plus que c'est un petit bateau par rapport aux autres de Costa. Aussi les excursions avec Costa sont très chères et si on a prévu de partir par nous mêmes c'est foutu. Je ne sais plus ce qu'il faut en penser, si vous avez des infos merci de les partager.
Bonjour,
Nous faisons la croisière de Costa sur le Victoria en Novembre 18, dans l'océan Indien, avec escales à St Denis, Port Louis, Victoria, et 3 escales sur Madagascar. Je viens de tomber sur une agence de voyage qui propose différentes excursions sur ces dernières escales, et j'aurais aimé savoir si quelqu'un d'entre vous avait déjà eu recours à ses services et les impressions que vous en avez eues. Les excursions proposées nous tentent beaucoup, mais nous ne sommes pas de grands aventuriers et nous aimons savoir où nous mettons les pieds.
Merci d'avance pour tous vos commentaires et remarques qui nous seront utiles.
Croisièrement vôtre.
Patricia
Nous faisons la croisière de Costa sur le Victoria en Novembre 18, dans l'océan Indien, avec escales à St Denis, Port Louis, Victoria, et 3 escales sur Madagascar. Je viens de tomber sur une agence de voyage qui propose différentes excursions sur ces dernières escales, et j'aurais aimé savoir si quelqu'un d'entre vous avait déjà eu recours à ses services et les impressions que vous en avez eues. Les excursions proposées nous tentent beaucoup, mais nous ne sommes pas de grands aventuriers et nous aimons savoir où nous mettons les pieds.
Merci d'avance pour tous vos commentaires et remarques qui nous seront utiles.
Croisièrement vôtre.
Patricia
Avec 48 personnes à bord, une Nissan camionnette a fait plusieurs tonneaux. Sept passagers ont péri et 41 autres se trouvent dans un état préoccupant.
Une camionnette 4x4 simple cabine, de marque Nissan, remplie de passagers, a fait un triple tonneau. Le bilan fait état de sept morts et 41 blessés graves est survenu 35 kilomètres de Vohémar, dans l'après-midi de samedi. Les victimes ont des liens de parenté.
De source émanant de la brigade de gendarmerie de Vohémar, elles allaient rallier la commune rurale de Fanefena, après avoir célébré la fête des morts à Fanambana, lorsque le pire s'est produit. Les premiers éléments de l'enquête indiquent que le poids de près de 45 personnes, entassées comme des sardines dans une boîte de conserve à l'arrière, a soulevé l'avant du tout-terrain. Malgré la difficulté pour le chauffeur de contrôler le véhicule, il aurait commis l'irréparable en roulant à tombeau ouvert.
Vu dans l'express ce matin, il y a aucune réglementation concernant la circulation à Mada ? Je crois que j'opterai pour un chauffeur guide et laisser de coté les transports en commun !
Vu dans l'express ce matin, il y a aucune réglementation concernant la circulation à Mada ? Je crois que j'opterai pour un chauffeur guide et laisser de coté les transports en commun !
Bonjour,
Étant amoureux de Mada et souhaitant y résider un jour prochain, je me pose des questions quant à y aller ou pas???🤪 tant l'insécurité y est grandissante de jours en jours!!... Mais que se passe t-il donc???... Que font les autorités????....Si quelqu'un peut m'éclairer, ce serait gentil. (j'affectionne plus particulièrement Tamatave et sa région..)
Merci à tous!..
bonjour,
des evenements importants se deroulent à Mada....
suivez la suite et dîtes si cette grande nouvellesva changer quelques choses pour le tourisme dans les mois à venir.
enfin quelques choses se passent à Mada, bien plus important que les descriptions des fleurs endémiques et des sourires des malgaches
c'est ça aussi Mada, même si cela defrise les forumeurs qui ne voient dans la destination Mada que le soleil, ny vehivavy, et less bord de mer.
misaotra betsaka daholo
Bonjour,
Mon mari et moi ferons une croisière sur Costa en décembre et nous envisageons de visiter Nosy Be et Diego Suarez afin de payer moins cher que les tarifs sur Costa. Est-ce prudent? Pourriez vous aussi me donner une idée du prix des taxis pour visiter Nosy Be et aussi quels sont les endroits à ne pas rater.
Merci d'avance.
Deryan
Mon mari et moi ferons une croisière sur Costa en décembre et nous envisageons de visiter Nosy Be et Diego Suarez afin de payer moins cher que les tarifs sur Costa. Est-ce prudent? Pourriez vous aussi me donner une idée du prix des taxis pour visiter Nosy Be et aussi quels sont les endroits à ne pas rater.
Merci d'avance.
Deryan
Petit retour sur nos 3 semaines le long de la « fameuse » (?) RN7, de Tana à Salary Bay.
Voyage effectué en novembre/décembre 2019 en louant une voiture avec chauffeur, en couple.
Autant le dire tout de suite : ce voyage fut placé sous le signe de la déception, pour plein de raisons diverses et variées qui font qu’au final il n’y a pas vraiment eu de coup de cœur.
Le but de ce retour est simplement de partager notre « ressenti » ainsi que quelques infos que nous aurions aimé avoir avant d’organiser ce trip.
Nous sommes plongeurs et une bonne partie de notre intérêt pour Mada était surtout lié à ça, d’où la dernière semaine à Salary bay.
Itinéraire Le programme initial prévu avec Faly de Mamyland était le suivant
15.11.19 Vol AF, hôtel Sakamanga 16.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 17.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 18.11.19 Ranomafana, Chez Gaspard 19.11.19 Fianarantsoa, hôtel Cotsoyannis 20.11.19 Andringitra, bivi 21.11.19 Andringitra National Parc, bivi 22.11.19 Andringitra National Parc, Camp Catta 23.11.19 Vallée de Tsaranoro, Camp Catta 24.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 25.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 26.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 27.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 28.11.19 Salary Bay 29.11.19 Salary Bay 30.11.19 Salary Bay 01.12.19 Salary Bay 02.12.19 Salary Bay 03.12.19 Salary Bay 04.12.19 Salary - Tulear, vol pour Tana à 12h55, hôtel Sakamanga 05.12.19 Tana 06.12.19 Vol AF à 02h00
Sauf qu’on a tout changé en cours de route. Au final nous avons fait 15.11.19 Vol AF, hôtel Sakamanga 16.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 17.11.19 Ambositra, Annexe de l'Artisan 18.11.19 Ranomafana, Chez Gaspard 19.11.19 Ranomafana, hôtel Thermal 20.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 21.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 22.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 23.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 24.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 25.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 26.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 27.11.19 Salary Bay 28.11.19 Salary Bay 29.11.19 Salary Bay 30.11.19 Salary Bay 01.12.19 Salary Bay 02.12.19 Salary Bay 03.12.19 Salary Bay 04.12.19 Salary - Tulear, vol pour Tana à 12h55, hôtel Sakamanga 05.12.19 Tana 06.12.19 Vol AF à 02h00
Pourquoi tous ces changements ? Fatigue, chaleur, manque d’intérêt de certains endroits, etc. Quelques commentaires ci-dessous.
Antsirabe : plutôt moche, manque d’intérêt, une nuit nous a semblé bien suffisante. Visite du lac Tritriva sympatoche mais ça fait 2h de voiture depuis Antsirabe pour un site qui ne décorne pas un zébu non plus. Du coup nous avons décidé de passer la nuit suivante à Ambositra. Idem, c’est plutôt moche, peu d’intérêt. La nuit à l’annexe de l’hôtel Artisan fut cauchemardesque : chiens aboyant toute la nuit, confort sommaire, etc. A noter que ces 2 premiers jours représentent beaucoup d’heures de voiture dans des conditions pénibles : trafic (1h30 pour sortir de Tana), état déplorable de la route, paysages quelconques, pollution derrière les autres voitures/camions. Il faut compter une moyenne max de 40km/h.
Une de nos rares bonnes décisions aura été de doubler la nuit à Ranomafana : avec le recul on aurait presque pu la tripler. Confort sommaire Chez Gaspard, en revanche pour quelques dizaines d’euros en plus, l’hôtel Thermal est chouette, confortable et le restau est excellent.
Nous avons annulé le trek dans l’Andringitra à cause la chaleur, bcp trop chaud. A faire en juillet/aout je pense. Avec le recul on aurait quand même du passer 1 nuit ou 2 au camp Catta et randonner à la journée dans ce coin, dommage.
Isalo : hôtel Isalo Ranch très bien pour dormir. Restaurant moyen mais il y a d’excellentes adresses dans le coin, à commencer par le Relais de la Reine et/ou Jardin du Roy (à visiter absolument) ou alors la pizza de Luigi à Rahohina (Pizzeria Italiana Liberta). C’est le seul endroit où la RN7 où le facteur « wahou » est bien présent. Nous avions prévu 3 jours de rando mais malade du ventre le 3eme jour … et du coup il vaut mieux payer le guide au jour le jour et non pas en avance comme nous l’avons fait, pas de remboursement sinon. Rando sympa (Canyon des Rats+Makis) mais pas folles non plus (piscine), très chaud, assez pénible. 2 jours de rando auraient suffi je pense. Garder un éventuel 3eme jour pour la visite de la mine à Ilakaka par exemple via Color Line. Un tour que j’ai trouvé intéressant mais un peu « malaisant » tellement les conditions de travail de ces esclaves modernes sont effroyables ...
Mangily : Hyper chaud en arrivant vers Tuléar, 36 degrés à l’ombre à l’arboretum d'Antsokay, dur. Le choc en arrivant un dimanche au Bella Donna à Mangily, plein de vaza en phase terminale avec des petites de 20 ans. On savait que c’était courant à Mada mais ça fait bizarre de voir ça après les 1000 kms de la RN7 (on avait été épargné par ce spectacle jusque-là). Super restau au Bella Donna et chez Freddy, chambres moyennes par contre. On a fait 2 plongées décevantes mais JP de Atimoo est sympa.
Salary Bay : n’ayant pas été super fan de l’ambiance de Mangily/Bella Donna on décide d’ajouter une nuit à Salary Bay en espérant que ça vaudra la peine. Eh bien ça valait le coup/cout. L’ambiance est tout autre ici. C’est beau, c’est calme, c’est bon. Malheureusement Madame est tombée malade en mangeant le 1er midi chez Francesco & Claire (à coté), à éviter c’est plus prudent. Pas déçu de Salary Bay même si à la base nous y sommes allés pour plonger, et là c’était plutôt décevant. Fred est très sympa mais les 8 plongées ont été plutôt quelconques. Là aussi, ça aurait peut-être été mieux en septembre (baleines, moins chaud, etc.), ou pas. Déçu par la plongée donc, mais c’était quand même sympa de passer une semaine là-bas.
Commentaire Manque de préparation dans notre programme, et pourtant on y avait passé du temps ! Nous avons surtout sous-estimé les temps de transport, la chaleur et le manque de confort des hôtels (nuit peu reposante). Pour quelqu’un qui ne fait pas de plongée, 2 semaines semblent bien suffisantes pour ce tour, ou moins … Pour nous c’est devenu intéressant à partir de Ranomafana. Avec le recul on aurait tracé direct à cet endroit, avec 1 nuit seulement en route.
Même si on s’y attendait un peu, nous avons été surpris par l’état d’extrême pauvreté qui règne à Mada. L’Etat est absent partout. Infrastructures non existantes : peu de production électrique, réseau routier en piteux état et peu développé, pas d’eau courante, etc. La misère est omniprésente, la famine ne semble jamais bien loin. La majorité de la population semble vivre dans un autre temps, une autre époque, un autre monde. Peu de sites vraiment intéressants sur cet itinéraire. Des paysages saccagés par les brulis et la déforestation, des espèces en voie de disparition (baobab, lémuriens, etc.) et au final une impression d’énorme gâchis sur cette ile, dans une indifférence générale ...
Malgré tout, ce fut intéressant d’en apprendre un peu plus le mode de vie de l’ethnie des Bara … qui nous a furieusement rappelé notre voyage à Rentepao en pays Toraja, en Sulawesi. Idem concernant le mode de vie des Vezos ainsi que les Mikea, un peuple de chasseur cueilleur ... Pas vraiment de problème d’insécurité pour le touriste moyen, même s’il faut faire attention à Tana (une de nos rencontre c’est fait voler ses affaires quelques jours après). A savoir que les chauffeurs/taxis ne roulent pas sur certaines portions de la RN7 la nuit à cause d’attaques de gangs encore régulières.
Au final, pas de coup de cœur mais je ne déconseillerai pas d’y aller pour autant, au contraire.
On a aimé Les 4L, 2CV, 505 et autres anciennetés Le parc de Ranomafama, mais ça reste cher pour ce que c’est malgré tout Isalo National Park, mais ça reste très cher pour ce que c’est malgré tout Salary Bay, même si la plongée aura été bof bof La nourriture, excellente dans le sud et à Tana ...
On a moins aimé ... mais la turista n’est jamais bien loin ! L’état du pays et la misère qui y règne Le confort spartiate de certains hôtels, les standards sont bien inférieurs à la moyenne Le prix abusé des parcs nationaux Ne pas conduire nous-même
Voyage effectué en novembre/décembre 2019 en louant une voiture avec chauffeur, en couple.
Autant le dire tout de suite : ce voyage fut placé sous le signe de la déception, pour plein de raisons diverses et variées qui font qu’au final il n’y a pas vraiment eu de coup de cœur.
Le but de ce retour est simplement de partager notre « ressenti » ainsi que quelques infos que nous aurions aimé avoir avant d’organiser ce trip.
Nous sommes plongeurs et une bonne partie de notre intérêt pour Mada était surtout lié à ça, d’où la dernière semaine à Salary bay.
Itinéraire Le programme initial prévu avec Faly de Mamyland était le suivant
15.11.19 Vol AF, hôtel Sakamanga 16.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 17.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 18.11.19 Ranomafana, Chez Gaspard 19.11.19 Fianarantsoa, hôtel Cotsoyannis 20.11.19 Andringitra, bivi 21.11.19 Andringitra National Parc, bivi 22.11.19 Andringitra National Parc, Camp Catta 23.11.19 Vallée de Tsaranoro, Camp Catta 24.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 25.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 26.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 27.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 28.11.19 Salary Bay 29.11.19 Salary Bay 30.11.19 Salary Bay 01.12.19 Salary Bay 02.12.19 Salary Bay 03.12.19 Salary Bay 04.12.19 Salary - Tulear, vol pour Tana à 12h55, hôtel Sakamanga 05.12.19 Tana 06.12.19 Vol AF à 02h00
Sauf qu’on a tout changé en cours de route. Au final nous avons fait 15.11.19 Vol AF, hôtel Sakamanga 16.11.19 Antsirabe, Résidence camélia 17.11.19 Ambositra, Annexe de l'Artisan 18.11.19 Ranomafana, Chez Gaspard 19.11.19 Ranomafana, hôtel Thermal 20.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 21.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 22.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 23.11.19 Isalo, hotel Isalo Ranch 24.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 25.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 26.11.19 Mangily, hotel Bella Donna 27.11.19 Salary Bay 28.11.19 Salary Bay 29.11.19 Salary Bay 30.11.19 Salary Bay 01.12.19 Salary Bay 02.12.19 Salary Bay 03.12.19 Salary Bay 04.12.19 Salary - Tulear, vol pour Tana à 12h55, hôtel Sakamanga 05.12.19 Tana 06.12.19 Vol AF à 02h00
Pourquoi tous ces changements ? Fatigue, chaleur, manque d’intérêt de certains endroits, etc. Quelques commentaires ci-dessous.
Antsirabe : plutôt moche, manque d’intérêt, une nuit nous a semblé bien suffisante. Visite du lac Tritriva sympatoche mais ça fait 2h de voiture depuis Antsirabe pour un site qui ne décorne pas un zébu non plus. Du coup nous avons décidé de passer la nuit suivante à Ambositra. Idem, c’est plutôt moche, peu d’intérêt. La nuit à l’annexe de l’hôtel Artisan fut cauchemardesque : chiens aboyant toute la nuit, confort sommaire, etc. A noter que ces 2 premiers jours représentent beaucoup d’heures de voiture dans des conditions pénibles : trafic (1h30 pour sortir de Tana), état déplorable de la route, paysages quelconques, pollution derrière les autres voitures/camions. Il faut compter une moyenne max de 40km/h.
Une de nos rares bonnes décisions aura été de doubler la nuit à Ranomafana : avec le recul on aurait presque pu la tripler. Confort sommaire Chez Gaspard, en revanche pour quelques dizaines d’euros en plus, l’hôtel Thermal est chouette, confortable et le restau est excellent.
Nous avons annulé le trek dans l’Andringitra à cause la chaleur, bcp trop chaud. A faire en juillet/aout je pense. Avec le recul on aurait quand même du passer 1 nuit ou 2 au camp Catta et randonner à la journée dans ce coin, dommage.
Isalo : hôtel Isalo Ranch très bien pour dormir. Restaurant moyen mais il y a d’excellentes adresses dans le coin, à commencer par le Relais de la Reine et/ou Jardin du Roy (à visiter absolument) ou alors la pizza de Luigi à Rahohina (Pizzeria Italiana Liberta). C’est le seul endroit où la RN7 où le facteur « wahou » est bien présent. Nous avions prévu 3 jours de rando mais malade du ventre le 3eme jour … et du coup il vaut mieux payer le guide au jour le jour et non pas en avance comme nous l’avons fait, pas de remboursement sinon. Rando sympa (Canyon des Rats+Makis) mais pas folles non plus (piscine), très chaud, assez pénible. 2 jours de rando auraient suffi je pense. Garder un éventuel 3eme jour pour la visite de la mine à Ilakaka par exemple via Color Line. Un tour que j’ai trouvé intéressant mais un peu « malaisant » tellement les conditions de travail de ces esclaves modernes sont effroyables ...
Mangily : Hyper chaud en arrivant vers Tuléar, 36 degrés à l’ombre à l’arboretum d'Antsokay, dur. Le choc en arrivant un dimanche au Bella Donna à Mangily, plein de vaza en phase terminale avec des petites de 20 ans. On savait que c’était courant à Mada mais ça fait bizarre de voir ça après les 1000 kms de la RN7 (on avait été épargné par ce spectacle jusque-là). Super restau au Bella Donna et chez Freddy, chambres moyennes par contre. On a fait 2 plongées décevantes mais JP de Atimoo est sympa.
Salary Bay : n’ayant pas été super fan de l’ambiance de Mangily/Bella Donna on décide d’ajouter une nuit à Salary Bay en espérant que ça vaudra la peine. Eh bien ça valait le coup/cout. L’ambiance est tout autre ici. C’est beau, c’est calme, c’est bon. Malheureusement Madame est tombée malade en mangeant le 1er midi chez Francesco & Claire (à coté), à éviter c’est plus prudent. Pas déçu de Salary Bay même si à la base nous y sommes allés pour plonger, et là c’était plutôt décevant. Fred est très sympa mais les 8 plongées ont été plutôt quelconques. Là aussi, ça aurait peut-être été mieux en septembre (baleines, moins chaud, etc.), ou pas. Déçu par la plongée donc, mais c’était quand même sympa de passer une semaine là-bas.
Commentaire Manque de préparation dans notre programme, et pourtant on y avait passé du temps ! Nous avons surtout sous-estimé les temps de transport, la chaleur et le manque de confort des hôtels (nuit peu reposante). Pour quelqu’un qui ne fait pas de plongée, 2 semaines semblent bien suffisantes pour ce tour, ou moins … Pour nous c’est devenu intéressant à partir de Ranomafana. Avec le recul on aurait tracé direct à cet endroit, avec 1 nuit seulement en route.
Même si on s’y attendait un peu, nous avons été surpris par l’état d’extrême pauvreté qui règne à Mada. L’Etat est absent partout. Infrastructures non existantes : peu de production électrique, réseau routier en piteux état et peu développé, pas d’eau courante, etc. La misère est omniprésente, la famine ne semble jamais bien loin. La majorité de la population semble vivre dans un autre temps, une autre époque, un autre monde. Peu de sites vraiment intéressants sur cet itinéraire. Des paysages saccagés par les brulis et la déforestation, des espèces en voie de disparition (baobab, lémuriens, etc.) et au final une impression d’énorme gâchis sur cette ile, dans une indifférence générale ...
Malgré tout, ce fut intéressant d’en apprendre un peu plus le mode de vie de l’ethnie des Bara … qui nous a furieusement rappelé notre voyage à Rentepao en pays Toraja, en Sulawesi. Idem concernant le mode de vie des Vezos ainsi que les Mikea, un peuple de chasseur cueilleur ... Pas vraiment de problème d’insécurité pour le touriste moyen, même s’il faut faire attention à Tana (une de nos rencontre c’est fait voler ses affaires quelques jours après). A savoir que les chauffeurs/taxis ne roulent pas sur certaines portions de la RN7 la nuit à cause d’attaques de gangs encore régulières.
Au final, pas de coup de cœur mais je ne déconseillerai pas d’y aller pour autant, au contraire.
On a aimé Les 4L, 2CV, 505 et autres anciennetés Le parc de Ranomafama, mais ça reste cher pour ce que c’est malgré tout Isalo National Park, mais ça reste très cher pour ce que c’est malgré tout Salary Bay, même si la plongée aura été bof bof La nourriture, excellente dans le sud et à Tana ...
On a moins aimé ... mais la turista n’est jamais bien loin ! L’état du pays et la misère qui y règne Le confort spartiate de certains hôtels, les standards sont bien inférieurs à la moyenne Le prix abusé des parcs nationaux Ne pas conduire nous-même
Bonjour...
Cela fait 1 mois que je passe des heures ( contrairement à des voyages "aventuresques" précédents beaucoup plus improvisés: Costa-Rica, Bornéo.. et un séjour de 3 ans en République Dominicaine ) à m'informer sur Madagascar.. avant d'y aller fin été 2011. Parce qu'on lit partout que c'est un pays magnifique ( paysages, gens, etc..) mais TRES particulier, TRES grand avec des infrastructures routières TRES faibles. Il y a mon mari, notre dernier (ado de 13 ans) et moi.. Nous n'irons probablement pas 2 fois là-bas... (trop loin, trop cher.. donc on a ciblé nos envies prioritaires (de chacun, pas forcément les mêmes) et économisé pour nous payer 2 AR avion interne ( Tana /Ste Marie et Tana/Nosy Be) car nous voulons aussi profiter des belles plages, des fonds sous-marins, malgré le côté touristique.. ( nous avons bien connu en République Dominicaine la différence entre les sites à touristes et les sites plus authentiques) .. mais entre ces deux étapes, nous voulons aussi passer 17 jours plus aventuresques.. circuit en 4X4 Tana/Morondave/Tsyngys/ et retour + explorer la RN 7 jusqu'à Fianarantsoa et les parcs pas trop loin à l'Est de Tana .. Tout ce que j'ai lu, entendu.. laisse croire que les occasions de rencontrer/découvrir pour de vrai les malgaches ne manqueront pas sur ce trajet. Dans nos quelques voyages, nous avons toujours privilégié l'autonomie/liberté d'action donc loué un 4X4 sans chauffeur... et là.. cela semble impossible, inconscient, dangereux, ruineux en cas d'accident.. la menace de l'agression, de la prison, de la galère insurmontable plane.. sur tous les forums.. Sans chauffeur-guide-intermédiaire.. on est mort, on est foutus ..
Mais nous justement on n'en veut pas d'intermédiaire.. en République Dominicaine, en 3 ans , on en a vécu des galères en 4X4 !! et les problèmes d'état des routes, de conduite hallucinante, d'éléments les plus divers prêts à traverser les routes, d'assurance, de frais, de prison, en cas d'accident planaient aussi.. et même s'il y a toujours quelques margoulins qui traînent.. il y a toujours eu plein de gens qui n'avaient rien et qui étaient prêts à tout donner pour nous aider et ce sont les moments les plus forts de nos souvenirs.. et si finalement on doit rater un des parcs ou sites prévus au programme parce qu'on est coincés 3 jours dans un village.. est-ce si grave ? A lire les forums sur ce sujet .. à Madagascar, en cas de problème, on ne pourrait compter QUE sur les chauffeurs-guides-intermédiaires.. .. ce qui semble contradictoire avec l'image de la gentillesse et de la qualité de l'accueil des malgaches qui transparaît dans tous les comptes-rendus de voyages..
De plus ces voyages à nous 3 sont rares et il y a entre nous, c'est difficile à expliquer, une complicité qui s'accommoderait mal de la présence permanente d'un tiers si compétent et sympa soit-il.. et cette tierce personne, justement, prendrait une place trop importante, trop lourde à supporter.. Cela n'a rien à voir avec le fait de prendre et d'apprécier un guide pour une excursion d'une journée ou deux.. C'est justement notre respect pour elle qui ferait qu'elle prendrait une place trop grande et qu'on ne serait pas capable de juste la considérer comme un chauffeur au service de notre bon vouloir.. Par ailleurs le courant peut passer comme ne pas passer..
Bref..malgré tout ce que nous avons lu, il nous semble impossible d'envisager de partir avec un chauffeur.. et ce n'est pas du tout une question d'économie sur le prix..
Je me méfie aussi des discours/conseils trop alarmistes. En République Dominicaine.. le discours des hôtels tout compris, c'est: ne sortez pas de l'hôtel.. cela peut être dangereux ! Et vous allez vous faire avoir.. Et surtout payez plutôt bien cher nos excursions organisées.. et nous étions bien tristes de voir ces touristes parqués, il n'y a pas d'autre mot.. A Bornéo (Côté Malaisie), les guides-papier nous mettaient en garde contre les dangers des villages misérables de réfugiés philippins sur pilotis.. on en parle avec la serveuse d'un bar .. elle nous met en contact avec son neveu qui y a pleins de copains et nous voilà partis pour une découverte géniale..
Je suis d'accord qu'il faut avoir déjà l'habitude de conduire un 4X4 (ailleurs que sur les routes goudronnées françaises), de conduire dans des pays "non développés", d'être capable de se débrouiller sans paniquer en cas de galère, ne pas être trop naïf, de baragouiner un minimum la langue, de partir avec des réserves de nourriture/eau/pharmacie etc.. il me semble qu'on est dans ce cas là.. Nous ne faisons pas partie non plus des touristes qui croient que le rôle de l'Ambassade est de sortir tous les touristes des galères dans lesquelles ils se mettent.. je pense aussi qu'il y a plusieurs manières de voyager et que la formule 4X4 avec chauffeur conviendra parfaitement à d'autres..
Bref, je sais qu'il existe des agences de location à Tana, je suis déjà en contact, j'aimerais avoir donc l'avis de gens qui ont DEJA voyagé à Madagascar en louant un 4X4 sans chauffeur.. ils doivent être rares.. ou tous en prison.. car je n'ai pas trouvé de messages disant: on a essayé, on a eu quelques galères, mais on s'en est sortis.. ou alors.. ils ont honte d'avoir eu des galères.. de ne pas avoir écouté les conseils de prudence.. et ne veulent pas s'entendre dire: On vous l'avait bien dit !!!
Merci d'avance..
Cela fait 1 mois que je passe des heures ( contrairement à des voyages "aventuresques" précédents beaucoup plus improvisés: Costa-Rica, Bornéo.. et un séjour de 3 ans en République Dominicaine ) à m'informer sur Madagascar.. avant d'y aller fin été 2011. Parce qu'on lit partout que c'est un pays magnifique ( paysages, gens, etc..) mais TRES particulier, TRES grand avec des infrastructures routières TRES faibles. Il y a mon mari, notre dernier (ado de 13 ans) et moi.. Nous n'irons probablement pas 2 fois là-bas... (trop loin, trop cher.. donc on a ciblé nos envies prioritaires (de chacun, pas forcément les mêmes) et économisé pour nous payer 2 AR avion interne ( Tana /Ste Marie et Tana/Nosy Be) car nous voulons aussi profiter des belles plages, des fonds sous-marins, malgré le côté touristique.. ( nous avons bien connu en République Dominicaine la différence entre les sites à touristes et les sites plus authentiques) .. mais entre ces deux étapes, nous voulons aussi passer 17 jours plus aventuresques.. circuit en 4X4 Tana/Morondave/Tsyngys/ et retour + explorer la RN 7 jusqu'à Fianarantsoa et les parcs pas trop loin à l'Est de Tana .. Tout ce que j'ai lu, entendu.. laisse croire que les occasions de rencontrer/découvrir pour de vrai les malgaches ne manqueront pas sur ce trajet. Dans nos quelques voyages, nous avons toujours privilégié l'autonomie/liberté d'action donc loué un 4X4 sans chauffeur... et là.. cela semble impossible, inconscient, dangereux, ruineux en cas d'accident.. la menace de l'agression, de la prison, de la galère insurmontable plane.. sur tous les forums.. Sans chauffeur-guide-intermédiaire.. on est mort, on est foutus ..
Mais nous justement on n'en veut pas d'intermédiaire.. en République Dominicaine, en 3 ans , on en a vécu des galères en 4X4 !! et les problèmes d'état des routes, de conduite hallucinante, d'éléments les plus divers prêts à traverser les routes, d'assurance, de frais, de prison, en cas d'accident planaient aussi.. et même s'il y a toujours quelques margoulins qui traînent.. il y a toujours eu plein de gens qui n'avaient rien et qui étaient prêts à tout donner pour nous aider et ce sont les moments les plus forts de nos souvenirs.. et si finalement on doit rater un des parcs ou sites prévus au programme parce qu'on est coincés 3 jours dans un village.. est-ce si grave ? A lire les forums sur ce sujet .. à Madagascar, en cas de problème, on ne pourrait compter QUE sur les chauffeurs-guides-intermédiaires.. .. ce qui semble contradictoire avec l'image de la gentillesse et de la qualité de l'accueil des malgaches qui transparaît dans tous les comptes-rendus de voyages..
De plus ces voyages à nous 3 sont rares et il y a entre nous, c'est difficile à expliquer, une complicité qui s'accommoderait mal de la présence permanente d'un tiers si compétent et sympa soit-il.. et cette tierce personne, justement, prendrait une place trop importante, trop lourde à supporter.. Cela n'a rien à voir avec le fait de prendre et d'apprécier un guide pour une excursion d'une journée ou deux.. C'est justement notre respect pour elle qui ferait qu'elle prendrait une place trop grande et qu'on ne serait pas capable de juste la considérer comme un chauffeur au service de notre bon vouloir.. Par ailleurs le courant peut passer comme ne pas passer..
Bref..malgré tout ce que nous avons lu, il nous semble impossible d'envisager de partir avec un chauffeur.. et ce n'est pas du tout une question d'économie sur le prix..
Je me méfie aussi des discours/conseils trop alarmistes. En République Dominicaine.. le discours des hôtels tout compris, c'est: ne sortez pas de l'hôtel.. cela peut être dangereux ! Et vous allez vous faire avoir.. Et surtout payez plutôt bien cher nos excursions organisées.. et nous étions bien tristes de voir ces touristes parqués, il n'y a pas d'autre mot.. A Bornéo (Côté Malaisie), les guides-papier nous mettaient en garde contre les dangers des villages misérables de réfugiés philippins sur pilotis.. on en parle avec la serveuse d'un bar .. elle nous met en contact avec son neveu qui y a pleins de copains et nous voilà partis pour une découverte géniale..
Je suis d'accord qu'il faut avoir déjà l'habitude de conduire un 4X4 (ailleurs que sur les routes goudronnées françaises), de conduire dans des pays "non développés", d'être capable de se débrouiller sans paniquer en cas de galère, ne pas être trop naïf, de baragouiner un minimum la langue, de partir avec des réserves de nourriture/eau/pharmacie etc.. il me semble qu'on est dans ce cas là.. Nous ne faisons pas partie non plus des touristes qui croient que le rôle de l'Ambassade est de sortir tous les touristes des galères dans lesquelles ils se mettent.. je pense aussi qu'il y a plusieurs manières de voyager et que la formule 4X4 avec chauffeur conviendra parfaitement à d'autres..
Bref, je sais qu'il existe des agences de location à Tana, je suis déjà en contact, j'aimerais avoir donc l'avis de gens qui ont DEJA voyagé à Madagascar en louant un 4X4 sans chauffeur.. ils doivent être rares.. ou tous en prison.. car je n'ai pas trouvé de messages disant: on a essayé, on a eu quelques galères, mais on s'en est sortis.. ou alors.. ils ont honte d'avoir eu des galères.. de ne pas avoir écouté les conseils de prudence.. et ne veulent pas s'entendre dire: On vous l'avait bien dit !!!
Merci d'avance..
Bonjour,
Je suis déjà allée dans ce chouette pays en couple, sac au dos, il y a 10 ans, et j'envisage d'y retourner cet été avec mes enfants de 8 et 9 ans. Nous avions pris de la malarone par sécurité, pour le reste n'avons pas échappé à quelques soucis d'ordre intestinaux sur place. J'ai lu qu'il existait de la malarone pour enfants, mais j'ai aussi vu que le lonely planet ne recommandait pas spécialement cette destination avec des enfants pour des raisons sanitaires. Du coup je doute....
Quelqu'un aurait-il testé la malarone pour enfants? Quels sont les risques niveau santé de voyager là-bas avec des enfants?
Vaérie.
Je suis déjà allée dans ce chouette pays en couple, sac au dos, il y a 10 ans, et j'envisage d'y retourner cet été avec mes enfants de 8 et 9 ans. Nous avions pris de la malarone par sécurité, pour le reste n'avons pas échappé à quelques soucis d'ordre intestinaux sur place. J'ai lu qu'il existait de la malarone pour enfants, mais j'ai aussi vu que le lonely planet ne recommandait pas spécialement cette destination avec des enfants pour des raisons sanitaires. Du coup je doute....
Quelqu'un aurait-il testé la malarone pour enfants? Quels sont les risques niveau santé de voyager là-bas avec des enfants?
Vaérie.
Bonjour à tous
Ci-dessous petit récit d'un grand souvenir de la RN5 (octobre 2009) Cette région est certainement la plus belle de Madagascar, n'hésitez pas à vous y aventurer en prenant votre temps, par petites étapes, avec des arrets à Manompana, Antanambe, Sahasoa...
Lever à 2h30 pour etre au rendez-vous du Taxi brousse 4x4 Toyota Hilux qui arrivera à 3h30. Petit tour de la ville pour récupérer quelques passagers et c’est parti… A la lueur des phares, le relief de la route et encore plus marqué et dès 5h les fantomes apparaissent sur les bas cotés : des hommes tous armés de leur coupe-coupe pour aller aux champs, des femmes avec leur bassine sur la tete, des écoliers… On commence la journée très tot à Mada (et on la finit aussi très tot). Ca roule tranquille, à 10-15km/h comme à l’aller, le chauffeur est prudent, il fait beau. Il y a une autre voiture devant. On repasse à Ivontaka, mon village préféré sur cette cote, dans une petite baie parfaitement circulaire, et je peux photographier cette magnifique rivière qui descend de la montagne sur des gros rochers noirs. En saison des pluies ça doit etre dantesque !... Je ne me lasse pas d’admirer ce paysage bleu, vert et rouge, on sort parfois de la route pour prendre la plage et faire souffler la suspension de la bete. Tout va bien, on avance doucement, on s’arrete pour un casse-croute et ajouter de l’eau dans le radiateur (opération facile, le bouchon a été définitivement enlevé). On repasse Antanambe, Manompana… Vers midi, arret. On ouvre le capot, le chauffeur et son mécano commencent à s’inquiéter, ça sent la panne. Compte-tenu de l’instrumentation déglinguée de la voiture quel a été le signal d’alarme ? Peut etre une lampe rouge que je n’ai pas vue ou une vibration anormale. Le chauffeur téléphone et je l’entends prononcer « alternateur » et « pompe ». Pas de panique, le mécano sort sa trousse à outils et démonte l’alternateur auquel est reliée la pompe à huile. On dépose tout parterre, on démonte la pompe à huile et on l’ouvre : le rotor est cassé, donc la pompe ne fonctionne plus. On essuie soigneusement avec des feuilles séchées, on termine avec un chiffon propre et on referme la pompe en ajoutant de la colle silicone, sans son rotor. Je m’inquiète un peu car la pompe est sensée assurer la circulation et la pression d’huile mais le mécano me répond « ça ira jusqu’à Tamatave ». Le moteur redémarre au quart de tour et c’est reparti !...Mora mora. Tout va bien, on repasse les différents bacs sans trop d’attente pour arriver à Sonierana-Ivongo ou la nuit commence à tomber mais on est maintenant sur le goudron et le Toyota, pas trop chargé, reprend sa vitesse de croisière, tranquille… Je sens une drole d’odeur, indéfinissable, une « odeur de chaud ». La voiture s’arrete et une troupe de gamines se précipite pour nous proposer des beignets et autres douceurs. Arret sakafo ? Le chauffeur ouvre le capot et me montre l’huile partout dans le moteur. Je comprends qu’il s’est passé quelque chose. Voilà des villageois sortis de nulle part attroupés autour de la voiture, prets à donner leur avis et à aider. Le chauffeur et son mécano sortent leur méchante lampe et j’aide avec ma lampe à diodes. Le noir est total, la voiture n’est pas garée sur le bas coté, les phares sont éteints pour économiser la batterie, bien sur pas de warning, pas de triangle de signalisation. Comme ça se fait souvent à Mada, peut-etre quelqu’un a-t-il posé une branche en amont pour signaler le problème. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de circulation. Que c’est il passé ? En fait, apparemment, les 2 tuyaux d’huile (entrée/sortie du moteur) se sont déconnectés du moteur. Solution : remplacer les raccords au moteur par des bouchons. Va falloir ressortir les outils, du ruban téflon et la colle silicone… et trouver la solution pour transformer les raccords en bouchons. C’est là que qu’un villageois intervient. Avec son coupe-coupe tranchant comme un rasoir il va couper une branche sur le bas coté et tailler des bouchons sur mesure, à introduire dans les raccords. Ruban téflon et colle silicone aidant, ça devrait tenir (en spécialiste de l’étanchéité je donne mon avis sur les zones à traiter en priorité). Après essai, le bouchon du bas tient du premier coup ! Le bouchon du haut fuit et il faudra le refaire trois fois pour que ça marche !... Tout ça dans un calme et avec une patience étonnants. On rajoute de l’huile et de l’eau et c’est reparti !... Arret sakafo à Fénérive. Le spectacle est surréaliste, tout est noir, il y a beaucoup de monde dans les rues, toutes les gargotes sont ouvertes et éclairées par des petites lampes à pétrole, je ne reconnais plus la ville. Pour me dégourdir le corps, je me contente d’une poignée de cacahuètes et d’un beignet de manioc avec un coca tiède. On reprend la route pour Tamatave. Le moteur ronronne mais les phares n’éclairent rien, c’est dangereux… Heureusement le chauffeur connait bien la route, il y a encore plein de gens sur les bas-cotés, des kalèches surchargées qui surgissent brusquement de la nuit sans éclairage…Il fait plutôt frais, ce qui limite la chauffe du moteur. Arrivée à Tamatave à 23h, tout le monde est défoncé, nous avons parcouru 290 km. Je salue et on me jette dans un taxi complètement délabré pour rejoindre l’hotel les Flamboyants. Demain, stand-by. Semaine prochaine Ambatolampy et Ampefy par le goudron. Ca sera bien aussi. Ambatolampy, 70 km au sud de Tana. Spécialité : fonderies d’aluminium à partir de recyclage de canettes pour faire des instruments de cuisine, fabrication de baby-foot Ampefy : 140 km à l’ouest de Tana, le Puy de Dome sous les tropiques, centre géographique de Madagascar.
Ci-dessous petit récit d'un grand souvenir de la RN5 (octobre 2009) Cette région est certainement la plus belle de Madagascar, n'hésitez pas à vous y aventurer en prenant votre temps, par petites étapes, avec des arrets à Manompana, Antanambe, Sahasoa...
Lever à 2h30 pour etre au rendez-vous du Taxi brousse 4x4 Toyota Hilux qui arrivera à 3h30. Petit tour de la ville pour récupérer quelques passagers et c’est parti… A la lueur des phares, le relief de la route et encore plus marqué et dès 5h les fantomes apparaissent sur les bas cotés : des hommes tous armés de leur coupe-coupe pour aller aux champs, des femmes avec leur bassine sur la tete, des écoliers… On commence la journée très tot à Mada (et on la finit aussi très tot). Ca roule tranquille, à 10-15km/h comme à l’aller, le chauffeur est prudent, il fait beau. Il y a une autre voiture devant. On repasse à Ivontaka, mon village préféré sur cette cote, dans une petite baie parfaitement circulaire, et je peux photographier cette magnifique rivière qui descend de la montagne sur des gros rochers noirs. En saison des pluies ça doit etre dantesque !... Je ne me lasse pas d’admirer ce paysage bleu, vert et rouge, on sort parfois de la route pour prendre la plage et faire souffler la suspension de la bete. Tout va bien, on avance doucement, on s’arrete pour un casse-croute et ajouter de l’eau dans le radiateur (opération facile, le bouchon a été définitivement enlevé). On repasse Antanambe, Manompana… Vers midi, arret. On ouvre le capot, le chauffeur et son mécano commencent à s’inquiéter, ça sent la panne. Compte-tenu de l’instrumentation déglinguée de la voiture quel a été le signal d’alarme ? Peut etre une lampe rouge que je n’ai pas vue ou une vibration anormale. Le chauffeur téléphone et je l’entends prononcer « alternateur » et « pompe ». Pas de panique, le mécano sort sa trousse à outils et démonte l’alternateur auquel est reliée la pompe à huile. On dépose tout parterre, on démonte la pompe à huile et on l’ouvre : le rotor est cassé, donc la pompe ne fonctionne plus. On essuie soigneusement avec des feuilles séchées, on termine avec un chiffon propre et on referme la pompe en ajoutant de la colle silicone, sans son rotor. Je m’inquiète un peu car la pompe est sensée assurer la circulation et la pression d’huile mais le mécano me répond « ça ira jusqu’à Tamatave ». Le moteur redémarre au quart de tour et c’est reparti !...Mora mora. Tout va bien, on repasse les différents bacs sans trop d’attente pour arriver à Sonierana-Ivongo ou la nuit commence à tomber mais on est maintenant sur le goudron et le Toyota, pas trop chargé, reprend sa vitesse de croisière, tranquille… Je sens une drole d’odeur, indéfinissable, une « odeur de chaud ». La voiture s’arrete et une troupe de gamines se précipite pour nous proposer des beignets et autres douceurs. Arret sakafo ? Le chauffeur ouvre le capot et me montre l’huile partout dans le moteur. Je comprends qu’il s’est passé quelque chose. Voilà des villageois sortis de nulle part attroupés autour de la voiture, prets à donner leur avis et à aider. Le chauffeur et son mécano sortent leur méchante lampe et j’aide avec ma lampe à diodes. Le noir est total, la voiture n’est pas garée sur le bas coté, les phares sont éteints pour économiser la batterie, bien sur pas de warning, pas de triangle de signalisation. Comme ça se fait souvent à Mada, peut-etre quelqu’un a-t-il posé une branche en amont pour signaler le problème. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de circulation. Que c’est il passé ? En fait, apparemment, les 2 tuyaux d’huile (entrée/sortie du moteur) se sont déconnectés du moteur. Solution : remplacer les raccords au moteur par des bouchons. Va falloir ressortir les outils, du ruban téflon et la colle silicone… et trouver la solution pour transformer les raccords en bouchons. C’est là que qu’un villageois intervient. Avec son coupe-coupe tranchant comme un rasoir il va couper une branche sur le bas coté et tailler des bouchons sur mesure, à introduire dans les raccords. Ruban téflon et colle silicone aidant, ça devrait tenir (en spécialiste de l’étanchéité je donne mon avis sur les zones à traiter en priorité). Après essai, le bouchon du bas tient du premier coup ! Le bouchon du haut fuit et il faudra le refaire trois fois pour que ça marche !... Tout ça dans un calme et avec une patience étonnants. On rajoute de l’huile et de l’eau et c’est reparti !... Arret sakafo à Fénérive. Le spectacle est surréaliste, tout est noir, il y a beaucoup de monde dans les rues, toutes les gargotes sont ouvertes et éclairées par des petites lampes à pétrole, je ne reconnais plus la ville. Pour me dégourdir le corps, je me contente d’une poignée de cacahuètes et d’un beignet de manioc avec un coca tiède. On reprend la route pour Tamatave. Le moteur ronronne mais les phares n’éclairent rien, c’est dangereux… Heureusement le chauffeur connait bien la route, il y a encore plein de gens sur les bas-cotés, des kalèches surchargées qui surgissent brusquement de la nuit sans éclairage…Il fait plutôt frais, ce qui limite la chauffe du moteur. Arrivée à Tamatave à 23h, tout le monde est défoncé, nous avons parcouru 290 km. Je salue et on me jette dans un taxi complètement délabré pour rejoindre l’hotel les Flamboyants. Demain, stand-by. Semaine prochaine Ambatolampy et Ampefy par le goudron. Ca sera bien aussi. Ambatolampy, 70 km au sud de Tana. Spécialité : fonderies d’aluminium à partir de recyclage de canettes pour faire des instruments de cuisine, fabrication de baby-foot Ampefy : 140 km à l’ouest de Tana, le Puy de Dome sous les tropiques, centre géographique de Madagascar.
bonjour
Nous partons en famille le 5 juillet pour Madagascar. au programme partie 1 : Antsirabé - Morandava - l'allée des baobab et les tsingy en voiture avec chauffeur partie 2 : De diégo suarez à Nossy bé dans les mêmes conditions ou en taxi brousse. entre les deux vol interne Tana-Diego si on trouve des places.
Au vues des nouvelles qui nous sont parvenues nous nous interrogeons sur l'opportunité de maintenir ce voyage dans sa forme actuelle, (voir abondon de ce projet au profit d'un stop à la réunion).
Au delà de ce que l'on connaissait déjà, deux nouvelles ont engendré ce doute. -attaques de touriste en voiture sur les tsingites (source propriétaire de l'hotel que nous avons réservé à notre arrivée à Tana). - attaques de de nuit de deux voitures sur la R 4 au nord de Tana avec violence et bléssé ( mains amputées pour une partie des passagers). source internet donc difficilement vérifiable
difficile de se faire d'ici une idée claire de la situation.
avez vous des infos sur ces deux évènements. ou plus généralement sur les conditions de voyage en ce moment.
cordialement
J-Pierre
Nous partons en famille le 5 juillet pour Madagascar. au programme partie 1 : Antsirabé - Morandava - l'allée des baobab et les tsingy en voiture avec chauffeur partie 2 : De diégo suarez à Nossy bé dans les mêmes conditions ou en taxi brousse. entre les deux vol interne Tana-Diego si on trouve des places.
Au vues des nouvelles qui nous sont parvenues nous nous interrogeons sur l'opportunité de maintenir ce voyage dans sa forme actuelle, (voir abondon de ce projet au profit d'un stop à la réunion).
Au delà de ce que l'on connaissait déjà, deux nouvelles ont engendré ce doute. -attaques de touriste en voiture sur les tsingites (source propriétaire de l'hotel que nous avons réservé à notre arrivée à Tana). - attaques de de nuit de deux voitures sur la R 4 au nord de Tana avec violence et bléssé ( mains amputées pour une partie des passagers). source internet donc difficilement vérifiable
difficile de se faire d'ici une idée claire de la situation.
avez vous des infos sur ces deux évènements. ou plus généralement sur les conditions de voyage en ce moment.
cordialement
J-Pierre
salut
il faut ouvrir un nouveau post demande de la moderation
a plus
Bonjour à Tous,
nous sommes un couple de 27 et 26 ans et nous nous apprêtons à faire notre 1er voyage avant juin, nous avons décidé de partir la semaine dernière, autan dire que c'est tout frais. je suis allé retirer le dossier pour faire les passeports, nous avons RDV mardi matin pour le déposer et normalement dans 15 jrs on y retourne pour faire les empreintes nous estimons que fin mars le passeports seront bouclés
pour notre 1er voyage nos principaux critères sont la mer transparente et le sable fin ( du basique je pense...), notre budget est de 3200€ max pour 2
Nos choix se portent sur plusieurs destinations :
- les Maldives paradisiaque mais trop cher - les Seychelles trop cher aussi nous pensons - l'ile Maurice - la République Dominicaine - la Guadeloupe - la Martinique
Nous pensons faire un séjour d'une semaine, mais nous ne souhaitons pas faire que de la plage car nous connaissant au bout de 3 jrs de plage ca va vite nous souler.
Pourrait on avoir vos avis sur ces différentes destinations et sur ce qu'il faut voir impérativement dans chacune d'elles.
c'est une grosse somme à débourser et nous ne voudrions pas être déçus de nos choix.
Merci pour votre aide
nous sommes un couple de 27 et 26 ans et nous nous apprêtons à faire notre 1er voyage avant juin, nous avons décidé de partir la semaine dernière, autan dire que c'est tout frais. je suis allé retirer le dossier pour faire les passeports, nous avons RDV mardi matin pour le déposer et normalement dans 15 jrs on y retourne pour faire les empreintes nous estimons que fin mars le passeports seront bouclés
pour notre 1er voyage nos principaux critères sont la mer transparente et le sable fin ( du basique je pense...), notre budget est de 3200€ max pour 2
Nos choix se portent sur plusieurs destinations :
- les Maldives paradisiaque mais trop cher - les Seychelles trop cher aussi nous pensons - l'ile Maurice - la République Dominicaine - la Guadeloupe - la Martinique
Nous pensons faire un séjour d'une semaine, mais nous ne souhaitons pas faire que de la plage car nous connaissant au bout de 3 jrs de plage ca va vite nous souler.
Pourrait on avoir vos avis sur ces différentes destinations et sur ce qu'il faut voir impérativement dans chacune d'elles.
c'est une grosse somme à débourser et nous ne voudrions pas être déçus de nos choix.
Merci pour votre aide
Bonjour, 
Je parts à Madagascar 3 semaines en juillet avec des amis. Nous avons choisi de découvrir la partie nord de l’ile, et l’une de nos principale interrogations est l’évaluation des temps de trajet entre chacun de nos arrêts, (Surtout Nosy-be/ Tananarive en voiture, ça se fait???)
J’aimerai vous soumettre notre itinéraire pour que vous nous disiez si il est faisable en 3 semaines. N’hésitez pas à laisser un commentaire si jamais vous pensez que le timing n’est pas bon (temps de trajet, temps passé sur chaque site), ou si l’on a oublié un endroit à découvrir sur notre chemin.
départ paris dimanche 12 juillet arrivée tananarive lundi 13 juillet mardi 14 tananarive mercredi 15 vol vers Sambava jeudi 16 visite Sambava vendredi 17 Sambava
samedi 18 route vers Diego Suarez dimanche 19 Cap d'Ambre lundi 20 Montagne d'Ambre mardi 21 Mer d'Emeraude mercredi 22 Réserve Ankarana jeudi 23 Réserve Ankarana
vendredi 24 route vers Nossy Be samedi 25 Mont Passot dimanche 26 Distillerie ylang-ylang, Rhumerie lundi 27 croisière Nosy Iranja mardi 28 Nosy Iranja mercredi 29 retour Nossy Be
jeudi 30 bateau Majunga vendredi 31 Majunga samedi 1 retour vers tananarive par parc Ankarafantsika dimanche 2 tananarive lundi 3 départ paris
Par avance Merci !
Salutation !

Je parts à Madagascar 3 semaines en juillet avec des amis. Nous avons choisi de découvrir la partie nord de l’ile, et l’une de nos principale interrogations est l’évaluation des temps de trajet entre chacun de nos arrêts, (Surtout Nosy-be/ Tananarive en voiture, ça se fait???)
J’aimerai vous soumettre notre itinéraire pour que vous nous disiez si il est faisable en 3 semaines. N’hésitez pas à laisser un commentaire si jamais vous pensez que le timing n’est pas bon (temps de trajet, temps passé sur chaque site), ou si l’on a oublié un endroit à découvrir sur notre chemin.
départ paris dimanche 12 juillet arrivée tananarive lundi 13 juillet mardi 14 tananarive mercredi 15 vol vers Sambava jeudi 16 visite Sambava vendredi 17 Sambava
samedi 18 route vers Diego Suarez dimanche 19 Cap d'Ambre lundi 20 Montagne d'Ambre mardi 21 Mer d'Emeraude mercredi 22 Réserve Ankarana jeudi 23 Réserve Ankarana
vendredi 24 route vers Nossy Be samedi 25 Mont Passot dimanche 26 Distillerie ylang-ylang, Rhumerie lundi 27 croisière Nosy Iranja mardi 28 Nosy Iranja mercredi 29 retour Nossy Be
jeudi 30 bateau Majunga vendredi 31 Majunga samedi 1 retour vers tananarive par parc Ankarafantsika dimanche 2 tananarive lundi 3 départ paris
Par avance Merci !

Salutation !
cette ILE me tente bien pour 2013
Que doit on absolument voir et connaissez vous un bon voyagiste qui réalise des circuits avec pas trop de monde (15 personnes max) a+ jl
Que doit on absolument voir et connaissez vous un bon voyagiste qui réalise des circuits avec pas trop de monde (15 personnes max) a+ jl
Bonjour à tous.
Comme promis voici un résumé d'un séjour d'un mois à MADAGASCAR. En principe le séjour était prévu sur un mois et demie...mais mon co équipier a souhaité rentrer plus tôt...Hélas.
J'avais fais venir une TENERE à TAMATAVE pour faire le trip, celle de mon collègue devait être louée... En fait, la moto qui a été mise à disposition par le loueur de TAMATAVE n'était pas en état mécanique pour faire le parcours que nous avions projeté... Il a fallu en trouver une autre à TANA. (Pour ceux qui le souhaitent, je donnerai en mp les détails).
Enfin, si vous avez lu mes posts sur les douanes et sur l'immatriculation...vous savez que l'affaire peut devenir chère et qu'il est quelquefois plus simple d'acheter sur place...si vous avez l'intention de revenir...Sinon, location en négociant.
D'abord le circuit. TAMATAVE - SONIARA IVONGO - MANAHORO - TANA -ANTSIRABE - MIANDRIVAZO - MALAIMBANDY - MORONDAVE - TANA.
Goudron partout en parfait état sauf quelques trous vers SONIARA 122 km de piste terre dont 30 avec pas mal de trous entre MIANDRIVAZO et MALAIMBRANDY des trous "énormes" sur les 30 derniers kil avant d'arriver sur MORONDAVE et dans la ville... Partout ailleurs, route superbe avec trés peu de circulation. Même sur l'axe TANA - TAMATAVE, il y a peu de monde par rapport à nos nationales. Prudence, certains gros 4*4 roulent vite...en tout cas donnent une impression de danger notamment dans les traversées de villages.
SECURITE, ACCUEIL. Aucun problème...le bonjour de la main très souvent; les enfants bien sur mais aussi les adultes. Pour les policiers....aucun "zèle" ni demande de "cadeau". ... On a eu droit à un contrôle de gendarmerie qui s'est terminé par une demande "d'un tour de moto"... Les camions laissent passer dès qu'ils le peuvent. Seuls les taxi bé sont à surveiller parce qu'ils vont parfois aussi vite que moi dans des endroits ou je musardais pour admirer le paysage... Dans ces cas je prenais soin de ne pas les ralentir...et de m'éloigner du risque...
HEBERGEMENT. Nous avions décidé de ne pas mettre de l'argent dans les hôtels. Les adresses ou nous avons séjourné sont très correct si on ne cherche pas la clim et tout le reste.
TAMATAVE: LIONEL HOTEL Centre ville calme, rue du Lieutenant NOEL. Moins de 20 000ar avec douche sans WC.
MAHAMBO: YLANG YLANG. A 50 métres d'une plage. 30000Ar demandé mais 20000 négocié, restau trés correct. Bungalow avec douche, WC, moustiquaire...PARFAIT.
MANAHORO: HOTEL TROPICANA. Sur la plage. Trés petit bungalow pour 18000 ar.
TANA: Le choix est vaste...mais parce que j'avais un moyen de déplacement je ne suis pas resté en centre ville (y compris parce qu'il peut être difficile de mettre la machine en lieu sûr la nuit). HOTEL DU LAC à IVATO: 35000 ar le bungalow très correct avec douche, wc, eau chaude mais pas de moustiquaire.
ANTSIRABE: PRIMA GUEST HOUSE: 35000 ar la chambre avec douche chaude, wc et télé. Rien à dire. Le mari est allemand d'origine...c'est clean et sympa. Par contre que 4 chambres souvent prises en pension...
MIANDRIVAZO. Hotel la PIROGUE. La chambre avec douche, wc eau froide et moustiquaire pour 25000 ar (je crois)... En sortant vers MORONDAVE, sur la hauteur, vue imprenable.
MORONDAVE. Le choix est grand. Le collègue est allé au MENABE. La chambre pour 20000ar avec douche et wc. Moi, j'ai eu de la chance de me faire héberger. RESTO à faire au JAMAÏCA au début de NOSY KELLY. L'accueil de Perline est remarquable.
CARBURANT. Partout sans difficulté sauf entre ANTSIRABE, MIANDRIVAZO et MORONDAVE ou je n'ai pas vu de station.
VITESSE DE CROISIERE: 85 km - Compter 3 heures pour 200km avec quelques arrêts photo.
PHOTOS à voir sur http://www.flickr.com/photos/27452798@N03/
CONSO : 4.6 %
BUDGET TOTAL HORS DOUANE ET AVION: 1300€ sur 29 jours (THB inclus) dont 135€ de carburant.
PROCHAINS PARCOURS .... SANS DOUTE EN SEPT 2009. TANA-MAJUNGA-DIEGO-SAMBAVA et retour jusqu'à TANA puis en 2010 TANA-FIANA-MANAKARA-VAGANDRANO-FIANA-TULEAR-TANA.
Si cela interresse quelqu'un...les parcours sont cool sans danger ni risque. Ce serait sympa de les faire à deux ou trois motos.
Comme promis voici un résumé d'un séjour d'un mois à MADAGASCAR. En principe le séjour était prévu sur un mois et demie...mais mon co équipier a souhaité rentrer plus tôt...Hélas.
J'avais fais venir une TENERE à TAMATAVE pour faire le trip, celle de mon collègue devait être louée... En fait, la moto qui a été mise à disposition par le loueur de TAMATAVE n'était pas en état mécanique pour faire le parcours que nous avions projeté... Il a fallu en trouver une autre à TANA. (Pour ceux qui le souhaitent, je donnerai en mp les détails).
Enfin, si vous avez lu mes posts sur les douanes et sur l'immatriculation...vous savez que l'affaire peut devenir chère et qu'il est quelquefois plus simple d'acheter sur place...si vous avez l'intention de revenir...Sinon, location en négociant.
D'abord le circuit. TAMATAVE - SONIARA IVONGO - MANAHORO - TANA -ANTSIRABE - MIANDRIVAZO - MALAIMBANDY - MORONDAVE - TANA.
Goudron partout en parfait état sauf quelques trous vers SONIARA 122 km de piste terre dont 30 avec pas mal de trous entre MIANDRIVAZO et MALAIMBRANDY des trous "énormes" sur les 30 derniers kil avant d'arriver sur MORONDAVE et dans la ville... Partout ailleurs, route superbe avec trés peu de circulation. Même sur l'axe TANA - TAMATAVE, il y a peu de monde par rapport à nos nationales. Prudence, certains gros 4*4 roulent vite...en tout cas donnent une impression de danger notamment dans les traversées de villages.
SECURITE, ACCUEIL. Aucun problème...le bonjour de la main très souvent; les enfants bien sur mais aussi les adultes. Pour les policiers....aucun "zèle" ni demande de "cadeau". ... On a eu droit à un contrôle de gendarmerie qui s'est terminé par une demande "d'un tour de moto"... Les camions laissent passer dès qu'ils le peuvent. Seuls les taxi bé sont à surveiller parce qu'ils vont parfois aussi vite que moi dans des endroits ou je musardais pour admirer le paysage... Dans ces cas je prenais soin de ne pas les ralentir...et de m'éloigner du risque...
HEBERGEMENT. Nous avions décidé de ne pas mettre de l'argent dans les hôtels. Les adresses ou nous avons séjourné sont très correct si on ne cherche pas la clim et tout le reste.
TAMATAVE: LIONEL HOTEL Centre ville calme, rue du Lieutenant NOEL. Moins de 20 000ar avec douche sans WC.
MAHAMBO: YLANG YLANG. A 50 métres d'une plage. 30000Ar demandé mais 20000 négocié, restau trés correct. Bungalow avec douche, WC, moustiquaire...PARFAIT.
MANAHORO: HOTEL TROPICANA. Sur la plage. Trés petit bungalow pour 18000 ar.
TANA: Le choix est vaste...mais parce que j'avais un moyen de déplacement je ne suis pas resté en centre ville (y compris parce qu'il peut être difficile de mettre la machine en lieu sûr la nuit). HOTEL DU LAC à IVATO: 35000 ar le bungalow très correct avec douche, wc, eau chaude mais pas de moustiquaire.
ANTSIRABE: PRIMA GUEST HOUSE: 35000 ar la chambre avec douche chaude, wc et télé. Rien à dire. Le mari est allemand d'origine...c'est clean et sympa. Par contre que 4 chambres souvent prises en pension...
MIANDRIVAZO. Hotel la PIROGUE. La chambre avec douche, wc eau froide et moustiquaire pour 25000 ar (je crois)... En sortant vers MORONDAVE, sur la hauteur, vue imprenable.
MORONDAVE. Le choix est grand. Le collègue est allé au MENABE. La chambre pour 20000ar avec douche et wc. Moi, j'ai eu de la chance de me faire héberger. RESTO à faire au JAMAÏCA au début de NOSY KELLY. L'accueil de Perline est remarquable.
CARBURANT. Partout sans difficulté sauf entre ANTSIRABE, MIANDRIVAZO et MORONDAVE ou je n'ai pas vu de station.
VITESSE DE CROISIERE: 85 km - Compter 3 heures pour 200km avec quelques arrêts photo.
PHOTOS à voir sur http://www.flickr.com/photos/27452798@N03/
CONSO : 4.6 %
BUDGET TOTAL HORS DOUANE ET AVION: 1300€ sur 29 jours (THB inclus) dont 135€ de carburant.
PROCHAINS PARCOURS .... SANS DOUTE EN SEPT 2009. TANA-MAJUNGA-DIEGO-SAMBAVA et retour jusqu'à TANA puis en 2010 TANA-FIANA-MANAKARA-VAGANDRANO-FIANA-TULEAR-TANA.
Si cela interresse quelqu'un...les parcours sont cool sans danger ni risque. Ce serait sympa de les faire à deux ou trois motos.
Ni journaliste-reporter, ni militant, ni touriste "bronze-cul", je voudrais juste partager quelques images de cette "île aux parfums" si controversée, mais si attachante !🙂
Des faits-divers sordides (dont l'actualité récente s'est faite écho), une réputation sulfureuse, une image souvent ternie par le comportement de "vazaha" en quête de plaisirs exotiques éphémères, ont fait de Nosy-Bé une destination mal-aimée.
Et pourtant !!! Quelle douceur de vivre, quel charme et quelle quiétude (surtout venant de "notre" 101è département "français" de Mayotte !)
Voulant éviter toute moralisation ou procès d'intention, parfaitement conscient que Nosy-Bé n'est pas représentative de Madagascar grâce aux "revenus" du tourisme , que la population est quand même une des plus pauvres du monde ( le salaire d'une femme de ménage du B and B moyen où nous sommes allés est de 30€ par mois !!!.....) que pour nous, touristes occidentaux, le coût de la vie est dérisoire, après 6 séjours à Mada, je reste subjugué par tant de gentillesse, de culture, de couleurs, lumières, visages ou paysages à couper le souffle.
Alors je propose, sans plus de commentaires, une petite ballade malgache en images.
En commençant par l'avenir: Les enfants.
Avant de rentrer en classe :
Cour de récré

Au travail


Sortie des classes
Voulant éviter toute moralisation ou procès d'intention, parfaitement conscient que Nosy-Bé n'est pas représentative de Madagascar grâce aux "revenus" du tourisme , que la population est quand même une des plus pauvres du monde ( le salaire d'une femme de ménage du B and B moyen où nous sommes allés est de 30€ par mois !!!.....) que pour nous, touristes occidentaux, le coût de la vie est dérisoire, après 6 séjours à Mada, je reste subjugué par tant de gentillesse, de culture, de couleurs, lumières, visages ou paysages à couper le souffle.
Alors je propose, sans plus de commentaires, une petite ballade malgache en images.
En commençant par l'avenir: Les enfants.
Avant de rentrer en classe :
Cour de récré

Au travail


Sortie des classes

J'avais pris la précaution de réserver 6 places d'avion bien à l'avance pour bénéficier " soi-disant d'un bon un prix "et être bien placé dans l'avion ( ce qui n'est pas négligeable pour un vol de plus de 11 h 00 ) . Nous devions partir de MARSEILLE . Un mois avant le départ, AIR AUSTRAL nous informe que le vol réservé pour St Denis de la REUNION était annulé . Comme j'avais prévu un circuit à MADAGASCAR, cette annulation remettait le programme de ce voyage ( déjà réglé ) en question, puisqu'on me proposait de partir 2 jours après, toujours de MARSEILLE . Après négociation, nous avons été mis ( nous sommes 6, originaires de la région de NICE ) sur un vol d'AIR AUSTRAL prévu au départ de PARIS le 26 SEPTEMBRE 2012 à 23h . J'ai accepté cette proposition car elle nous permettait de poursuivre dans la foulée, notre voyage jusqu'à TAMATAVE( même si nous devions prendre un TGV à MARSEILLE pour rejoidre CDG ) et de réaliser le programme du voyage prévu . LE 20 Septembre 2012, à midi, ( soit 6 jours avant le départ ) , je reçois un nouveau message d'AIR AUSTRAL m'annonçant l'annulation du vol que nous devions prendre après la suppression du vol de MARSEILLE . Le vol du 26 SEPTEMBRE 2012 au départ de PARIS, était annulé . J'ai à nouveau pris contact avec AIR AUSTRAL qui m'a proposé de partir le lendemain et attendre à LA REUNION 2 jours pour avoir la correspondance pour TAMATAVE. Certes des excuses banales ont été formulées, mais aucune considération pour un voyage à MADAGASCAR fichu en l'air (!) , aucune compensation financière proposée, ils se foutent véritablement du monde . AIR AUSTRAL est une compagnie aérienne à éviter à tout prix . Je suis scandalisé devant autant de désinvolture et devant un tel manque de professionnalisme . AIR FRANCE va aussi à MADAGASCAR, pourquoi ne pas avoir choisi AIR FRANCE ? . Je suis parti plusieurs fois avec AIR FRANCE; J'ai été déçu par les horaires des vols ( arrivée à TANA en pleine nuit et retour en pleine nuit ), aucun équipage dans les couloirs dès le service de repas terminé et au retour, 2h après le départ, c'est l'extinction des feux et on ne revoit plus personne jusqu'à une heure 30 avant d'arriver à CDG, " pour le petit déjeuner "; de plus les avions utilisés sur cette ligne ne sont plus de toute première jeunesse . Je voulais essayer une autre compagnie aérienne, j'ai choisi AIR AUSTRAL; ce choix s'est avéré encore plus catastrophiqiue . Pauvre MADAGASCAR, un si beau pays qui ne mérite absolument pas ce manque de considération de la part des compagnies aériennes . CONSTERNANT !
Au large des côtes africaines et au cœur de l'océan Indien, Madagascar… une île à part !
Mélange d'Afrique dont elle a gardé la terre rouge et d'Asie dont elle a hérité les rizières, elle se démarque par la diversité de sa population, la beauté de ses paysages et surtout par l'originalité de sa faune et de sa flore dont 80% des espèces sont endémiques. Quant à ses fonds sous-marins riches et bien préservés, ils recèlent une grande variété de poissons et de coraux et sont régulièrement le lieu de passage de grands mammifères marins.
Une destination offrant autant de richesses naturelles côté mer et côté terre allait forcément nous attirer.
Côté mer, un séjour de 7 jours à Nosy Sakatia, une île au large de Nosy Be). Côté terre, un parcours de 9 jours sur la Nationale 7 en self-drive.
La version illustrée du récit avec photos, cartes et (quelques) vidéos est ici :
sites.google.com/...xvoyagesmadagascar2/

D'ailleurs, notre attirance pour l'île Rouge ne date pas d'hier puisque notre premier voyage remonte à 1984, un séjour à Nosy Be et une croisière-plongée avec bivouac dans les îles alentours : Nosy Iranja, Tanikely, Komba et Mitsio à une époque où aucune d'entre elles ne possédait de structures d'hébergement. Retour à Nosy Be, Nosy Iranja et l'archipel des Radama en 2001. En 2003 le sud de la Grande terre à Tulear et Ifaty.
Depuis plusieurs années, l'idée de retourner à Madagascar nous titillait. Mais la récente crise politique de 2009 et les échos d'instabilité et d'insécurité nous ont incités à repousser le projet. La situation était-elle plus favorable en 2012 ?
Malgré certains propos alarmistes tenus sur les forums, le retour enthousiaste de la plupart des voyageurs nous persuade que la destination n'est pas plus risquée que d'autres si on prend les précautions d'usage.
Alors c'est décidé ! Trente ans après notre premier voyage et dix ans après le dernier, nous y retournerons avec comme objectifs de vérifier si les fonds sous-marins autour de Nosy Be étaient toujours aussi exceptionnels et de découvrir enfin les Hautes-Terres malgaches.
Challenge supplémentaire : pour des raisons familiales, il était impératif de limiter notre projet à une quinzaine de jours, 18 en réalité dont 16 sur place.
Malgré sa courte durée, nous choisissons de scinder le voyage en deux : 7 jours consacrés à la mer et 9 jours consacrées à la terre. Côté mer, nous retenons la petite île de Nosy Sakatia au nord-ouest de Nosy Be. Côté terre, nous optons pour un aller-retour sur la route nationale 7 entre la capitale et la vallée de Tsaranoro, à 500 kilomètres.
Restait à déterminer le mode de déplacement sur la RN7. Le taxi-brousse étant totalement exclu, seule la location de voiture pouvait être envisagée. Mais avec ou sans chauffeur ? Sans chauffeur : impossible, prétendent les uns, imprudent et inconscient, affirment les autres ! Pourtant, en cherchant bien, quelques témoignages discrets démontrent que c'est tout à fait faisable. Merci à Chipolata et Tictacbtz pour leurs avis qui vont renforcer notre idée première : nous louerons sans chauffeur. Comme l'itinéraire compte une cinquantaine de kilomètres de pistes difficilement négociables par une berline, nous optons pour un véhicule tout-terrain. Nous faisons affaire avec N7.
Comme lors de nos voyages précédents, notre GPS Garmin de randonnée est mis à contribution y compris pour nous guider sur la route. Comme d'habitude, nous repérons le parcours puis téléchargeons les coordonnées GPS des principaux points stratégiques mais contrairement à beaucoup d'autres destinations, pour Madagascar, il n'existe aucune carte topographique pour cet appareil. Ne figure sur l'écran qu'une ligne approximative représentant la route nationale 7. Il va falloir s'en contenter !
Voilà… les grandes lignes du voyage sont tracées, place au vécu à présent !
Paris - Tana - Nosy Be - Nosy Sakatia : premières impressions d'un long voyage
J1 : Dimanche 27 mai 2012
Première surprise en arrivant à l'aéroport de Roissy : l'horaire du vol a été repoussé de deux heures sans que nous en ayons été avertis. Reconnaissons que nous avions omis de vérifier nos réservations sur le site de la compagnie ! Nous profitons de la connexion Internet d'un quart d'heure offerte dans l'aérogare pour le faire immédiatement. Deuxième surprise : les horaires de nos quatre vols, internationaux et intérieurs, ont tous été modifiés. Avec Air Madagascar, il faudra s'y faire.
Départ à 17 h 15 (en réalité, il sera 18 heures quand nous décollerons). Un Airbus A340-300, impeccable, manifestement un appareil Air France avec un équipage à 90% Air France, lui aussi. Ecrans individuels, repas excellents, espace personnel confortable : bref, rien à redire ! Précisons qu'en 2011, deux anciens appareils d'Air Mada, des Boeing 767, avaient été interdits d'exploitation sur le sol européen et figuraient sur la liste noire.
J2 : Lundi 28 mai 2012
Vol sans histoire et arrivée à l'heure à Tananarive. Température extérieure : 15 ° C à 5 h 15 du matin. Hé, oui, nous sommes sur les hauts plateaux à 1200 mètres d'altitude et c'est le début de l'hiver. Nous prenons tout notre temps pour quitter l'avion car nous avons 5 heures d'attente (la faute à la modification d'horaires) avant notre vol suivant pour Nosy Be. Mais le passage à l'immigration est plutôt rapide, nous avons déjà nos visas que nous avions fait établir à l'ambassade de Madagascar à Paris et qui sont gratuits pour un séjour de moins de 30 jours. Nous devons tout de même récupérer nos bagages avant de les réenregistrer pour le vol suivant.
Une nuée de porteurs - en fait, des pousseurs de chariots - se jettent sur nous en passant la porte de l'aérogare et trois d'entre eux s'imposent à nous pour nous conduire jusqu'au terminal des vols intérieurs, immédiatement voisin. Il faut bien qu'ils gagnent leur pain et Mada, c'est aussi ça !
Une longue attente commence alors. Il est 6 heures et notre vol suivant est prévu à 10 h 10 (en réalité, il décollera vers 11 heures). Un petit dodo sur les banquettes de la salle d'embarquement, un peu de lecture, un thé à la pomme et à la cannelle (mmm !) pour nous réchauffer, on ronge notre frein et il fait diablement froid… l'attente est interminable.
Quand enfin l'heure du départ arrive, nous apprenons que le vol n'est pas direct : deux heures au lieu d'une initialement prévue, avec une escale à Majunga au bout de quarante minutes.
Premières images de l'île Rouge en survolant le delta du fleuve Betsiboka, peu avant Majunga.
Ce surnom prend ici tout son sens. Mis à nu par l’intense déforestation, puis lessivés par les pluies tropicales, les sols rouges de Madagascar se déversent dans le lit des rivières.
Quarante minutes plus tard, nous atterrissons à Nosy Be mais nous ne sommes pas tout à fait à destination. Reste une petite heure de trajet en taxi jusqu'à l'embarcadère vers Nosy Sakatia, pendant laquelle défilent champs de manioc, plantations d'ylang-ylang et habitations le long de la route principale de l'île. Nous reconnaissons parfaitement les lieux que nous avons déjà parcourus deux fois lors de nos précédents voyages. Rien n'a vraiment changé. Ah ! Si, nous apprenons la fermeture de l'usine de production de sucre de canne, jadis la plus importante de Madagascar. Seuls les vestiges de la voie ferrée dédiée à son transport subsistent près de Dzamandzar, témoins d'une époque faste et révolue.
Plus qu'une dizaine de minutes de traversée en bateau à moteur pour rejoindre notre destination finale : Nosy Sakatia, une île de 6,5 km de long sur 3 km de large, peuplée d'un peu plus de 400 habitants. Aucune route sur l'île, uniquement quelques sentiers et à quelques centaines de mètres du rivage, la barrière de corail !
Nous accostons sur la plage du Sakatia Lodge. Il est 14 heures passées, cela fait presque 24 heures que nous avons quitté Paris. Il fait 28 ° C… les vacances peuvent commencer !
Survol du delta du Betsiboka
Nosy Sakatia : l'hôtel Sakatia Lodge - présentation
J2 à J8 : du lundi 28 mai au dimanche 3 juin 2012
L'hôtel Sakatia Lodge est un petit hôtel tenu par Isabella et José Vieira (elle d'origine italienne, lui d'origine angolaise/sud-africaine) et leur fils Jacques. L'ambiance y est familiale et conviviale, et l'accueil multilingue : français, italien, portugais, anglais, afrikaans, malgache. Une collaboratrice d'origine suisse parle également l'allemand.
L'hôtel peut accueillir jusqu'à 30 hôtes, mais durant notre séjour, nous ne serons jamais plus d'une dizaine de clients.
Les onze villas et bungalows se déclinent de la façon suivante : - deux villas sur la plage, l'une composée de deux chambres, l'autre de trois. - un bungalow familial de deux chambres, donnant sur la plage à proximité de la mangrove - quatre bungalows "nature", les plus simples, au fond du jardin - quatre bungalows "océan", confortables et spacieux, en surplomb du jardin et de la plage.
C'est dans un de ces derniers que nous nous installons et il est tout simplement parfait.
Une grande chambre, bien ventilée (pas de climatisation) et joliment décorée dans le style local Vous remarquerez notamment les lampes et autres décorations en fer forgé ainsi que les rideaux brodés typiquement malgaches.
Chaque bungalow est prolongé par une terrasse où l'on profite du cadre luxuriant du jardin.
A l'origine, la vue portait jusqu'à l'océan (d'où Ocean Bungalow) mais depuis, palmiers et arbres du voyageur se sont tellement développés qu'ils dépassent à présent les toits des habitations.
La plage est juste en contrebas. On s'y relaxe volontiers dans une confortable chaise longue. En face, la côte de Nosy Be.
Pour une petite soif, le bar – qui fait aussi restaurant - n'est pas loin. Ici la vue côté bar.
Le chef concocte tous les soirs un menu-surprise, essentiellement avec les produits de la mer et ceux du potager de la propriété. Quelques exemples de menus pour vous faire saliver ;-) * Crêpe de brèdes (ressemble un peu aux feuilles d'épinards), brochettes de zébu (bœuf local) et croquettes de manioc, gâteau au chocolat malgache. * Carpaccio d'espadon, beignets de crevettes et spaghettis de légumes, banane flambée. * Calamars sur lit d'aubergines, poisson grillé (capitaine) et salade de crudités, cheesecake au citron
Pour vous donner une idée plus concrète de l'hôtel, voici quelques vues panoramiques à 360 °… comme si vous y étiez !
Le restaurant du Sakatia Lodge
Nosy Sakatia : Sakatia Lodge - l'environnement proche
Nos journées sur l'île se passent toujours de la même façon.
Réveil avant 7 heures : oui, oui, même si ce sont les vacances, il faut en profiter un maximum, surtout qu'ici le soleil se couche très tôt, vers 17 h 30.
7 heures : petit-déjeuner… très copieux. Boissons chaudes (café, thé, chocolat, lait) et céréales variées à volonté. Servis à table : du jus de fruits frais (différent tous les jours), des fruits (mandarines, bananes, papayes, goyaves, ananas), du pain/beurre/confiture, un gâteau ou crêpe (différents selon les jours) et des œufs, accommodés à notre convenance. Vu la richesse du petit-déjeuner et du dîner, le midi, nous faisons régime ;-)
8 heures : pour Hervé, départ en bateau pour la première plongée. Retour en cours de matinée avec une petite heure de battement avant un nouveau départ pour une deuxième plongée. Pendant ce temps, moi, je fais du snorkeling jusqu'à un petit récif de corail, je bouquine, je me baigne, je flâne, bref je prends du bon temps.
Entre 13 h 30 et 14 h 30, Hervé revient de sa deuxième plongée et nous avons tout l'après-midi pour découvrir l'île. Pendant les deux premiers jours, nous sommes restés dans les environs immédiats.
Balade vers la mangrove La première balade va nous conduire du jardin de l'hôtel jusqu'à la mangrove. En traversant le jardin, un gecko aux couleurs fluorescentes ne manque pas d'attirer notre attention.
Une fois les limites de la propriété franchies, nous suivons un petit sentier vers quelques habitations de pêcheurs. Le ravenala (ou arbre de voyageur) sert de matériau de construction aux cases locales. Les pétioles fendus, appelés falafa, servent à confectionner les panneaux muraux. Les feuilles une fois séchées sont utilisées pour la réalisation de la couverture et du tronc, on tire des planches souples avec lesquelles on fabrique le plancher.
Nous ne tardons pas à atteindre une zone de mangrove, hérissée de souches de palétuviers à perte de vue.
En face la montagne sacrée, recouverte de forêt primaire, un espace sauvage et impénétrable peuplé de chauves-souris géantes et de quelques lémuriens.
Cette colline est considérée comme fady par la population et ainsi d'autant plus facile à respecter en tant que réserve naturelle. Un fady est un tabou, un interdit transmis de génération en génération. Sur l'île de Sakatia, les chiens sont également fady.
Du coup, ce sont les canards qui font office d'animaux domestiques. Pour preuve, la scène à laquelle nous assistons au bord de la mangrove. Arrive une habitante, avec un canard sous le bras auquel elle avait passé une laisse (ficelle) autour du cou. Au premier abord, je pensais qu'elle amenait le volatile au bord de l'eau pour le "passer à la casserole". Pas du tout, elle le conduit manifestement ici pour lui faire prendre un petit bain ou lui faire faire sa sortie journalière ;-)
En s'approchant, on voit qu'avec son pied, elle dirige l'animal pour ne pas qu'il s'écarte de la trajectoire prévue.
Balade le long de la plage La deuxième balade va nous faire longer la grande plage, à l'est du Sakatia Lodge.
Immédiatement voisins, on trouve les bungalows rustiques de Delphino Villa. Ils sont la propriété de Richard et de son épouse Anne-Christine, d'origine suisse, tombée amoureuse en 1994 de l'île de Sakatia où elle s'installe peu après et où elle s'investit dans la création de l'école primaire de l'île qu'elle gère toujours aujourd'hui. Anne-Christine a partagé quelques plongées avec Hervé.
En poursuivant le long de la plage, nous arrivons à l'entrée d'Antanabe, le plus grand village de l'île (il y en a trois en tout). Ici, après l'école, les enfants s'amusent avec les moyens du bord.
Les plus petits improvisent des instruments de percussion et des danses.
Les plus grands organisent des concours de sauts périlleux. Hervé immortalise leurs exploits avant de leur montrer les clichés pour leur plus grand plaisir.
Grands et petits s'unissent pour une petite virée en pirogue tout en nous adressant le traditionnel "Salut, vazaha !" Le terme vazaha désigne le Blanc étranger.
Nous progressons toujours plus avant sur la plage, jusqu'à trouver des marches bien taillées conduisant sur les hauteurs. Aucun panneau n'en interdit l'accès alors, bien qu'intrigués, nous montons. Là nous arrivons sur un terre-plein partiellement couvert d'une dalle en béton. De jeunes plants récemment mis en terre ornent les abords. Indiscutablement, on y jouit d'une vue incomparable !
Mais à quoi sert exactement cet endroit ? Je pense à un belvédère aménagé pour les touristes. Hervé suggère un lieu de repli en cas de tsunami ou encore un terrain de jeux ou de réunion pour la communauté villageoise. Pour en avoir le cœur net, il interroge les deux gars en train de balayer la dalle mais comme ils n'ont pas l'air de comprendre le français, ils se contentent d'opiner du chef quand Hervé leur demande si c'est un terrain de sport.
En fait, ce n'est absolument pas ce qu'on pensait. Il s'agit d'un terrain privé que vient d'acquérir, dans le cadre d'un bail emphytéotique, un couple de Savoyards. Ils sont arrivés le même jour que nous au Sakatia Lodge où ils vont loger provisoirement quelques jours, puis iront habiter sous la tente sur leur terrain en attendant de faire construire leur maison et de s'installer définitivement. Nous leur souhaitons bonne continuation.
La balade s'achève peu avant le coucher du soleil par une image de carte postale : Pirogue sur fond de coucher de soleil !
Enfants de Sakatia
Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Ocean Beach Hotel
Les jours suivants, nous poursuivons notre découverte de Sakatia. Nous hésitons à prendre un guide, les sentiers sont nombreux et ne sont ni indiqués ni balisés. Il n'existe pas non plus de carte topo de l'île. Finalement nous nous lançons tout seuls après avoir pris quelques renseignements succincts auprès de l'hôtel, sans oublier notre GPS pour enregistrer notre trace et ainsi revenir plus aisément à notre point de départ.
Depuis le bateau de plongée, Hervé avait repéré un hôtel sur la côte sud-ouest. Ce sera le but de cette balade. Le départ se fait derrière notre lodge, comme pour aller à la mangrove. Après, il suffit paraît-il de suivre le sentier plus ou moins tracé.
Pas de difficulté au début, nous dépassons les habitations de pêcheurs comme la veille mais là, hum, premier doute : le sentier a l'air de s'arrêter au pied de la dernière maison. Nous interrogeons une fillette en train de récurer des gamelles sur le pas de la porte, elle nous indique timidement une vague sente grimpant vers les hauteurs.
L'île de Sakatia est en effet très vallonnée et une bonne grimpette nous conduit sur le haut d'une colline. De la musique à plein tube nous parvient d'une des cases coiffant le sommet. Pas d'humain en vue, seuls trois poissons séchant au soleil !
Et déjà la vue sur la baie de l'Ocean Beach Hotel. Plus qu'à descendre un petit raidillon et nous y voilà. Huit bungalows (+ cinq en cours de construction) en palissandre et matériaux traditionnels sur un grand jardin arboré ! Climatisation en option. Energie solaire !
Un grand restaurant et une piscine en cours de construction.
Mais l'hôtel est vide (et semble-t-il à vendre).
Le fils du propriétaire, belge, nous accueille et nous fait part de ses difficultés. Le tourisme est moribond à Madagascar et les tour-opérateurs internationaux sont frileux en raison de l'instabilité politique du pays. Les chiffres officiels le prouvent : au premier semestre 2011, 100 000 entrées de visiteurs non résidents contre plus 150 000 pour la même période en 2008, avant la crise politique de 2009. 100 000 visiteurs, c'est à peine un peu plus que la capacité du stade de France, une goutte d'eau pour un pays grand comme 1 fois ½ la France.
Sur ces réflexions, nous poursuivons la balade après avoir jeté un œil sur les tortues étoilées (ou rayonnées), endémiques de Madagascar, une espèce classée "vulnérable". Astrochelys radiata… Astro = astre, chelys = carapace et radiata = rayons... le tout fait référence a sa carapace qui a des dessins en forme de rayons de soleil.
Encore une colline à franchir où s'accrochent désespérément quelques habitations de guingois avant d'atteindre une petite plage déserte et sauvage.
Des traces témoignent du récent passage de tortues, venues y pondre.
Pour le retour, on se fait indiquer une variante démarrant au fond de la propriété de l'Ocean Beach et traversant la forêt, l'occasion d'admirer une étonnante fleur bleue à la forme suggestive, Clitoria ternatea, plus communément dénommée pois bleu. Les fruits sont des gousses évoquant un haricot. Les feuilles sont utilisées à Madagascar pour calmer les douleurs articulaires.
En se retournant, on domine l'hôtel que l'on vient de quitter.
De vallée en colline, nous finissons par prendre un peu de hauteur et ainsi balayer du regard tout le sud de l'île.
Tout en haut, sur la crête, le belvédère où nous nous attarderons quelques jours plus tard.
Plus loin, sur notre droite, la vue de la montagne sacrée confirme que nous sommes bien sur le bon chemin. Les petites cases dans le fond du vallon ont l'air de sortir tout droit d'un jeu de construction en bois.
Mais d'où nous arrive ce délicieux parfum qui remplit l'air à ce moment précis. Mais bien sûr… de la plantation d'ylang-ylang que nous sommes en train de traverser.
L'ylang-ylang est un arbre de la famille des Annonacées, originaire d'Asie du Sud-Est. On le cultive pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. L'arbre peut atteindre 25 à 30 mètres dans son milieu naturel mais on le taille pour ne pas qu'il dépasse 2 à 3 mètres, afin de faciliter la récolte des fleurs.
Le village n'est maintenant plus très loin. Alors que nous approchons, nous apercevons un jeune homme, apparemment en train de chercher quelque chose dans les fourrés. Des escargots ? "Non, dit-il, je cherche les caméléons. - Des caméléons, ça tombe bien, nous aussi nous en cherchons désespérément depuis quelques jours. - Vous voulez que je vous trouve un caméléon, nous propose notre homme. Attendez, nous dit-il !" Ni une, ni deux, et il nous en déniche un… magnifique caméléon panthère mâle = Furcifer pardalis (à déterminer)
Après la traversée du village, fin de la balade une nouvelle fois sur la plage, peu avant le coucher du soleil. Une variante de la pirogue au coucher du soleil alors que les derniers rayons de soleil inondent la côte de Nosy Be, en face.

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Sakatia Passions Hôtel
Aujourd'hui, c'est l'hôtel Sakatia Passions qui servira de prétexte à notre promenade journalière. En théorie, il suffit de suivre le bord de mer jusqu'au village d'Ampasimena, le deuxième village de l'île, puis de rallier l'hôtel en coupant par l'intérieur des terres.
Dans la pratique, rien de compliqué jusqu'à Ampasimena : nous suivons la plage, puis la zone rocheuse où le passage incessant des villageois a littéralement usé la roche, créant ainsi un réel cheminement.
En suivant le bord de mer, nous dépassons le premier village… où un bateau de pêche est à l'ancre dans la baie.
Puis, à près le passage à gué d'une rivière, nous traversons la plage d'Ampasimena. Mais au bout de la plage, premières interrogations : où va-t-on maintenant ? Heureusement, un piroguier bien serviable s'empresse de nous servir de guide pendant quelques centaines de mètres, histoire de nous remettre sur la voie. Une petite sente passant devant sa maison va nous faire gagner un peu d'altitude.
Entre les ananas, les palmiers et les arbres du voyageur, nous apercevons Nosy Be.
Après l'avoir remercié de quelques milliers d'ariarys, l'homme nous quitte alors que nous débouchons sur une large allée pavée – à l'échelle de cette île, presque une autoroute - qui monte depuis le bord de mer et qui se poursuit… Dieu sait où ? Allons voir !
L'allée, par endroit couverte d'une sorte de tonnelle, aboutit à un ensemble de bâtiments entourant une terrasse et une piscine à l'eau complètement croupie. Et sous un abri, un quad…
Un hôtel abandonné ? D'après nos sources, il s'agirait d'une multipropriété acquise par plusieurs amis : "les Copains d'abord". Mais ils ne doivent pas ou plus y venir souvent, les copains.
Pourtant, la vue y est magnifique… on devine au loin (à droite) l'îlot de Nosy Tanga.
Le Sakatia Passions, nous le trouvons un peu plus bas, au bord de mer. Ouvert depuis 1996 et spécialisé pour la pêche au gros, il est le plus ancien hôtel de Sakatia et aussi le plus proche de la côte de Nosy Be.
Quelques clients se relaxent sur la plage mais les lieux sont loin de nous plaire. Il n'y a pas mieux que notre lodge où nous nous empressons de retourner par le même chemin… pour avoir tout juste le temps de voir le ciel rosir au coucher du soleil.
Arbre du voyageur
Nosy Sakatia : balade dans l'île vers la plage ouest
Cette fois-ci, pas d'hôtel en ligne de mire mais une plage : celle d'Ampasindava, au nord-ouest de l'île. Comme l'itinéraire a l'air d'être un peu compliqué à suivre, nous optons pour un guide. Nous avons donc rendez-vous à 14 h 30 au village voisin, au kiosque faisant office de maison des guides. Une jeune fille parlant un français très correct nous accueille, c'est son père – jardinier au Sakatia Lodge et guide à ses heures – qui nous accompagnera pour cette balade. Au retour, il est prévu d'assister au coucher du soleil au belvédère que nous avions déjà aperçu pendant une de nos promenades précédentes.
A peine sortis du village, notre homme nous trouve, pour notre plus grand plaisir, un caméléon… encore un Furcifer pardalis… fabuleux !
La balade démarre en terrain connu, en direction de la montagne sacrée, en passant au pied de ces deux petites cases que nous avions aperçues de loin la veille.
Elle aboutit à la mangrove mais aujourd'hui, avec ces cocotiers les pieds dans l'eau, nous la voyons sous un jour nouveau... à marée haute.
Nous sommes dimanche et dans une case voisine, toute la famille est réunie. Une vieille dame nous vend une petite fiole d'essence d'ylang-ylang.
Commence alors la traversée de l'île. Heureusement que nous sommes accompagnés car effectivement les sentiers se croisent et se décroisent, nous aurions eu du mal à trouver. De plus, par la même occasion, nous en apprenons sur les fruits, baies et plantes locales : jacks, poivre, papayes, manioc, teck.
Mais gare à celui qui touchera cette gousse couverte de poils urticants, le pois Mascate ou Mucuna pruriens, il lui infligera de sérieuses démangeaisons. La légumineuse bénéficie pourtant d'un profil biochimique fascinant et contient une multitude de principes actifs intéressants utilisés dans la médecine ayurvédique pour traiter notamment la maladie de Parkinson.
Bientôt une grande plage est en vue. Ce n'est pas tout à fait celle qu'on visait, on espérait arriver plus au nord, à Ampasindava, une plage classée par le gouvernement malgache en réserve foncière touristique et où l'on pourrait voir fleurir à terme un grand complexe hôtelier. Nous nous contenterons de celle-ci, très belle, sauvage et déserte.
Il fait chaud et un repos bien mérité sous cet arbre aux racines tentaculaires est bienvenu.
Mais il faut penser au retour et nous voilà à nouveau en route vers les hauteurs de l'île. Mine de rien… 120 mètres de dénivelé nous indique notre GPS qui intéresse d'ailleurs aussi beaucoup notre guide.
Bulbuls et souimangas survolent nos têtes mais ces oiseaux très vifs ne se laissent pas facilement mettre dans la boîte. Le pigeon vert de Madagascar en revanche pose carrément. Treron australis
Quant aux araignées, elles ne se laissent pas déranger ! Nephila inaurata madagascariensis
Tout en suivant la crête jusqu'au belvédère, notre guide nous montre des orchidées mais elles ne sont pas en fleur, ce n'est pas la saison. En revanche, celles-ci nous intriguent...
Bientôt se déploie devant nous un panorama à 360 ° de la côte Nord de Nosy Be jusqu'au sud de Sakatia.
Et voici le moment tant attendu : il est 17 h 26, place coucher de soleil.
Nous nous dépêchons ensuite de rejoindre le village où notre guide s'arrête devant sa maison, en ressort avec un cahier d'écolier sur lequel il note très consciencieusement que le circuit vers la plage Nord fait exactement 5 km (que nous avons parcourus tranquillement en 3 heures) et que le point culminant du parcours se situe à 120 mètres d'altitude.
Il fait déjà nuit quand nous atteignons l'hôtel. Une très chouette balade (8000 Ar par personne = moins de 3 €)
Coucher de soleil !
Nosy Sakatia : et la plongée ?
Compte-rendu fait par Hervé. L'île de Nosy Sakatia est idéale pour la pratique de la plongée. Aucune pollution industrielle ne vient détériorer la vie sous-marine qui foisonne dans une eau riche en plancton mais qui reste suffisamment claire pour le photographe. Les plongées au Sakatia Lodge se font à partir d'un confortable bateau à moteur équipé récemment d'un sondeur GPS qui permet d'arriver pile sur les sites de plongée et même d'en découvrir de nouveaux, totalement vierges, en fonction des hauts-fonds repérés.
J'ai eu la chance de plonger avec des moniteurs (père et fils) passionnés et très cool. Munissez-vous d'une loupe pour apprécier les myriades de petits animaux qui vous surprendront par leur diversité. Jacques, le fils, a des yeux de lynx et vous fait profiter de sa grande expérience pour dénicher des animalcules improbables.
Bref, les plongées sont d'une richesse surprenante et d'une grande diversité et cela concerne à la fois le "petit" et le gros.
La mer est calme, 28 ° C. Les plongées se font entre 15 et 25 mètres et les temps de plongée ne sont pas limités. En fonction de notre consommation et de la profondeur, nous sommes parfois restés 110 minutes avec notre bouteille de 12 litres. Les plus gourmands peuvent s'équiper de 15 litres et pour plus de confort, le Nitrox est également disponible. Les sites sont proches, de 5 à 20 minutes de l'hôtel. Départ vers 8 heures, retour à l'hôtel après la première plongée et une heure de détente avant la seconde. Nous n'avons jamais été plus de cinq plongeurs et le plus souvent nous étions deux. Nous n'avons rencontré aucun autre bateau de plongée durant la semaine. Espaces vierges et protégés également du fait du faible nombre de touristes.
Deux images m'ont tout particulièrement marqué : une espèce d'araignée d'un centimètre de long dont le corps est aussi fin que ses 8 pattes qui doivent faire moins d'un mm d'épaisseur (Phoxichilidium femoratum) et un banc de perroquets à bosse d'une quarantaine d'individus, absolument magique. A certaines saisons, il est possible d'assister à la migration des baleines, nous avons d'ailleurs vu un souffle tout près du bateau.
Crevettes-mantes
Une journée d'excursion à Nosy Komba et Nosy Tanikely
Nosy Komba, une petite île volcanique à mi-chemin entre Nosy Be et la Grande terre, connue pour son village de pêcheurs aujourd'hui reconvertis en vendeurs d'artisanat.
A 10 km à l'ouest de la précédente, Nosy Tanikely, petit îlot inhabité, récemment classé en parc marin et terrestre, réputé pour sa belle plage et surtout pour ses fonds marins exceptionnels.
Nous les avions déjà visitées lors de nos précédents voyages mais tenions à les revoir absolument. Les deux îles se visitent facilement dans le cadre d'une excursion d'une journée. Prévoir palmes, masque et tuba, bien sûr !
C'est donc ce circuit que nous avons réservé auprès de notre hôtel, sans véritablement nous soucier de la façon dont il allait se dérouler. Et ce sera la surprise !
Nous imaginons d'abord que c'est le bateau de l'hôtel qui nous y mènerait dans le cadre d'une excursion privée. Le départ est fixé à 7 h 45… houlà, encore plus tôt que les autres matins. C'est bien sur l'embarcation de l'hôtel que nous montons mais en direction de Nosy Be. Nous pensons alors que c'est à l'embarcadère de Nosy Be qu'un bateau nous attendrait. Même pas… là c'est un taxi qui prend le relais pour nous conduire à Ambatoloaka (prononcez Ambatoulouk) et quand nous arrivons sur la plage, nous comprenons finalement que c'est en groupe que nous passerons la journée.
Ambatoloaka ! Nous connaissons bien cette station balnéaire puisque nous y avons séjourné en 2001 et puisque nous avons un peu en avance, nous en profitons pour jeter un œil à l'hôtel où nous avions logé.
Déjà à l'époque, l'Ylang-Ylang n'était pas de première jeunesse mais là, il est complètement décrépi et fait peine à voir. Ah ! Comme nous sommes bien à Sakatia !
En attendant le départ de notre excursion, nous patientons à l'ombre d'un arbre qui ne manque pas d'attirer notre attention : en malgache Fotatra, le Bonnet d'évêque ou Barringtonia racemosa.
C'est un arbre imposant, aux fruits à quatre côtes saillantes qui ressemblent à un bonnet d’évêque. Toujours vert et avec ses grandes feuilles, il revêt un caractère sacré auprès de certaines ethnies. La graine oléagineuse contient des principes toxiques utilisés pour la pêche. Le bois imputrescible sert à la confection des pirogues. La fleur est vraiment très délicate.
Ça y est, tout le monde est prêt : nous sommes finalement 9 touristes + un skipper, une cuisinière, un homme à tout faire et un guide, 13 personnes (gloups !) sur une embarcation sans doute prévue pour 10, skipper compris. Heureusement la mer est calme !
Après une traversée d'une petite heure, nous accostons à Tanikely où nous laissons descendre une partie des excursionnistes ayant choisi de limiter la sortie à cet îlot. Nous sommes les seuls avec un couple belge à poursuivre jusqu'à Komba. La cuisinière est aussi du voyage car le feu est interdit sur Tanikely, elle préparera le repas à Komba puis le ramènera sur l'ilôt où tout le monde se retrouvera pour le déjeuner.
Une quinzaine de minutes plus tard, nous approchons de Nosy Komba.
Nous nous dirigeons immédiatement vers une colline au-dessus du village, dans un coin où l'on peut observer des lémuriens, des makis macaco, en toute liberté (tout de même plus ou moins apprivoisés car nourris). C'est amusant de les voir dégringoler des arbres pour sauter sur notre dos… enfin, pour attraper les bananes qu'on leur propose. Les mâles sont noirs, les femelles rousses.
En dehors des lémuriens, les villageois ont aussi rassemblé là, dans quelques "enclos", des tortues, des caméléons et des serpents.
Hervé fait le fier avec ce boa de Madagascar (brrr !). Moi, je préfère nettement les câlins du maki. Acrantophis madagascariensis, une espèce endémique !
Un lézard endémique, Zonosaurus madagascariensis, partage le territoire avec les tortues rayonnées.
Sans oublier les caméléons-panthère, Furcifer pardalis… la femelle de couleur rouge-brun et le mâle aux couleurs chatoyantes.
Nous traversons ensuite le village qui s'est bien agrandi et qui est passé d'un simple village de pêcheurs en 1984 et même encore en 2001 à un village tourné vers la vente d'artisanat. Pourtant, il subsiste encore quelques activités traditionnelles, notamment le travail de la vanille et surtout le remarquable travail artistique des brodeuses.
Toutes ces nappes brodées flottant au vent donnent tout son charme au village.
Retour à Nosy Tanikely pour le pique-nique : salade de pommes de terre, brochettes de zébu et de crevettes, poisson grillé et riz coco, crabe en sauce, fruits en dessert. Le tout, excellent, avec un seul petit bémol… dommage que les plats chauds qui avaient été cuisinés sur l'île voisine aient été tièdes, voire froids, au moment de les déguster. Mora mora.
Mais le clou de la journée et l'objectif principal de cette sortie, c'est de revoir les fonds marins. Alors dès la dernière bouchée avalée, nous nous dépêchons d'enfiler palmes, masque et tuba… sans oublier un tee-shirt car le soleil, à cette heure de la journée, est redoutable. Et hop… dans l'eau ! Voici quelques scènes à laquelle nous avons assisté (je rappelle que ces photos ont été faites en apnée).
Toujours aussi fabuleux, les fonds autour de Tanikely: deux tortues, des langoustes, des poissons à foison, des coraux en excellente santé… une heure trente de découverte intense de sorte qu'on en arrive à faire abstraction du plancton urticant (rien à voir avec les grosses méduses néanmoins !) qui nous picotent les membres.
Mais toutes les bonnes choses ont une faim. A 15 heures, le bateau sonne le rappel des troupes. En fin d'après-midi, la mer est susceptible de pouvoir se former, il ne faut donc pas attendre pour rentrer. Déjà, la surface de l'eau est plus agitée que ce matin. Retour à Ambatoloaka vers 16 heures et après un nouveau transfert en taxi puis en bateau, nous sommes de retour à Sakatia vers 16 h 30.
Excellente journée ! Nous avons été ravis d'avoir pu revoir ces deux îles.
Nosy Komba
Retour sur la Grande Terre : de Tana à Antsirabe par la N7
J9 : Lundi 4 juin 2012
Notre séjour à Nosy Sakatia tire sur sa fin et c'est le moment de faire un premier point sur cette semaine écoulée. Le temps a été chaud et ensoleillé : près de 30 ° C à la fois dans l'air et dans l'eau ! Température idéale !
Que ce soit l'hôtel ou l'île de Sakatia en général, ils ont tous les deux parfaitement répondu à nos attentes. Sans être luxueux, le Sakatia Lodge offre un confort très appréciable. Quant à l'île, elle n'est pour l'instant pas touchée par les effets délétères du tourisme. En effet, on peut s'y promener en toute liberté et en toute sécurité sans être jamais ni harcelé ni même sollicité par les habitants. Un petit mot dans les chambres de l'hôtel recommande d'ailleurs aux touristes de ne rien distribuer directement à la population (ni habits, ni argent, ni bonbons aux enfants) mais éventuellement de faire des dons à l'école et/ou au dispensaire.
Quant à la plongée, les sites autour de Sakatia et plus largement autour de Nosy Be sont restés tout aussi exceptionnels qu'il y a trente ans, les coquillages en moins.
Nous profitons de nos dernières heures sur l'île et puisque notre vol a subi une nième modification d'horaire (prévu à 13 h 45, il vient d'être déplacé à 15 h 10), rien de mieux qu'une dernière baignade avec snorkeling au jardin de corail, juste devant la plage.
Départ de l'hôtel à 12 h 15 pour le transfert à Nosy Be où un taxi nous attend. Comme nous avions pris la route du sud à l'aller, nous avons demandé à emprunter la variante par le nord pour retourner à l'aéroport. Cet itinéraire, très peu fréquenté mais plus scénique, n'a pas la faveur des taximen car en cas de problème, il n'y passe pas grand monde. Du coup, notre chauffeur s'y croyant tout seul s'arroge le droit de couper systématiquement tous les virages. Nous lui faisons gentiment remarquer que nous souhaiterions arriver à destination en un seul morceau. Cette route compte également des montées et des descentes incessantes et vu le peu de reprise du véhicule, on comprend que notre homme n'aime pas cet itinéraire.
Arrivée à l'aéroport à 13 h 30 et vol à l'heure. Il est plus de 16 heures quand nous atterrissons à Tana. Température au sol : 20 ° C, il fait bon mais sans plus… par rapport à Nosy Be.
L'activité dans l'aérogare est bien moins intense à l'arrivée d'un vol intérieur que d'un vol international : il n'y a même pas un porteur pour prendre nos valises !
Le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. Premières impressions en traversant Ivato (la ville de l'aéroport) : une multitude d'échoppes colorées le long de la route, des rizières jusque dans la ville, la digue qu'arpentent une foule de travailleurs, des vendeurs de briques, les arrêts imprévisibles des taxis-brousse… mais aussi un centre commercial et des enseignes qui ne nous sont pas inconnues. Des affiches publicitaires pour le dernier smartphone côtoient les stands misérables des marchés. Tout le paradoxe de Tana !
Les collines de la capitale et le palais de la Reine sont bientôt en vue. La circulation s'intensifie quand le taxi entre dans les rues pavées en pente après le lac Anosy. L'odeur des gaz d'échappement devient prégnante.
Nous arrivons à destination à l'hôtel Sakamanga, en plein centre. Les petits vendeurs nous assaillent à la sortie du taxi… nous nous engouffrons dans l'hôtel, un véritable havre de paix, loin de l'agitation de la rue.
Dans un labyrinthe de couloirs colorés, agrémenté de verdure mais surtout d'objets typiques et de sculptures du pays, l'hôtel a un cachet tout particulier : c'est un véritable musée !
Au deuxième niveau de cette élégante maison, nous apprécions la décoration soignée, le parquet en bois rouge et la terrasse de notre suite.
Pour le dîner, il nous suffit de descendre d'un étage, le restaurant du Sakamanga bénéficie d'une belle réputation et le repas sera à la hauteur.
Escalope de foie gras poêlée et magret de canard au poivre vert pour Hervé, verrine de tomates confites, feta, basilic et méli mélo (foie gras poêlé, salade verte et gésiers, magret de canard fumé) pour moi. En dessert, à l'unisson, des bananes flambées. Un repas digne d'une grande table parisienne pour une addition malgache.
Précisons que le canard y est élevé partout et que par conséquent on y produit d'excellents magrets, confits et foie gras locaux.
Le timing aura été serré aujourd'hui. Nous n'aurons pas eu le temps de faire un saut dans le quartier mais nous avions déjà visité Tana lors de nos précédents voyages alors ce n'était pas une priorité.
Demain nous prenons possession de notre véhicule et alors, à nous la Nationale 7 !
J10 : Mardi 10 juin 2012
En nous rendant au petit déjeuner ce matin, nous finissons la découverte de notre hôtel en déambulant, d'un couloir à l'autre, jusqu'au patio. Chaque recoin nous dévoile de nouveaux objets : collections d'instruments de musique, de billets de banque, de détails de balustres, d'affiches publicitaires d'époque… Etonnant et très instructif !
Le buffet du petit déjeuner est un régal !
Nous espérions profiter encore un peu du cadre jusqu'à 9 heures mais voilà que notre loueur se présente dès 8 heures. Nous fermons nos valises dans une certaine précipitation, n'échappons pas à quelques vendeurs de pacotille devant l'hôtel et sautons aussitôt dans notre 4 x 4. Bon, pour l'instant, c'est Rodolphe qui prend le volant, le temps de sortir du centre et de nous donner quelques indications sur la voiture.
Nous avions été en contact par Internet avec Andry de N7 mais le propriétaire de ce véhicule en particulier, c'est Rodolphe et c'est bien lui qui nous le "cède" pour 8 jours, nous n'aurons plus aucun contact avec l'agence.
Il s'agit d'un Toyota Land Cruiser HDJ80, première mise en circulation 1999. Il affiche 12000 km au compteur depuis un récent changement de moteur mais précédemment, le véhicule avait sans doute déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Un autocollant sur la vitre arrière relatif à "Bel Africa" laisse à penser qu'il avait sans doute déjà servi en Afrique (Bel Africa = tour opérateur spécialisé dans l'organisation de safaris en Afrique). Quoiqu'il en soit, ce type d'engin a en général une durée de vie très longue et nous avions déjà loué précédemment en Australie et en Bolivie des 4 x 4 avec un kilométrage avoisinant les 150 000-170 000 km. Il est dans un très bon état avec des pneus néanmoins un peu usés. Il devrait être parfaitement adapté au parcours envisagé, essentiellement de la route en plus ou moins bon état et à peine une cinquantaine de kilomètres de piste.
A la sortie de Tana, Rodolphe nous quitte. Nous voici sur les rails sur la Nationale 7, en direction d'Antsirabe à 180 km au sud, un parcours estimé à 3 à 4 heures. Le temps gris pour l'instant laissera plus tard la place au soleil.
Nous mettons notre GPS Garmin de randonnée à contribution mais à part une ligne fictive symbolisant la fameuse nationale et quelques points stratégiques enregistrés, aucun autre repère n'est disponible. Mais après tout, sans doute suffit-il tout simplement de suivre la Nationale à l'aide de quelques panneaux. Mais à Mada rien n'est simple et les panneaux, il ne faut pas trop y compter.
Bon, après une hésitation au premier rond-point, nous suivons grosso modo la ligne fictive du GPS et commençons la descente vers le Sud. Après la cohue de Tana, la nature reprend rapidement ses droits : collines, gros blocs de rochers ronds, villages traditionnels, maisons de brique ocre coiffées de chaume et… les rizières transformées en briqueteries à ciel ouvert après les moissons. Le dépaysement est total !
Certes la conduite demande beaucoup d'attention car ici les voitures bien que peu nombreuses partagent la route avec les vélos, les piétons, les charrettes à zébu et toutes sortes de chariots tout droit sortis de la débrouillardise malgache. Voici un exemple de chariot appelé varamba… composé d'une plateforme type palette montée sur un système ingénieux de roues en bois recouvertes de caoutchouc de pneus récupérés et cloutés sur la circonférence. Le tout sur des roulements à bille eux aussi d'occasion !
Il faut l'imaginer chargé à bloc et poussé dans les montées parfois par plusieurs personnes (hommes, femmes et enfants) puis transformé en skateboard dans les descentes.
La route est sinueuse. Nous passerons de 1200 mètres à Tana à 1500 mètres à Antsirabe au fil de montées et de descentes incessantes sans aucune ligne droite quasiment. A ce rythme, on ne roule pas vite, en moyenne 40 km/heure. "Mora mora" = doucement, doucement comme aiment à le répéter les Malgaches.
Les activités qui caractérisent les différentes régions changent au fur et à mesure de notre avancée. Après les rizières, place aux champs de légumes et aux monticules de carottes au bord de la route. Puis c'est au tour des pépinières et des expositions de plantes à fleur, puis le travail du raphia avec ses stands d'articles de vannerie. Un peu plus loin encore, ce sont les miniatures en bois qui ornent les étalages.
On traverse Behenjy, la ville qui ravitaille les restaurants de Tana en foie gras, puis Ambatolampy, celle où l'on fabrique toutes les marmites de Madagascar.
En cours de route, nous achetons cinq gros avocats et un panier de nèfles pour notre pique-nique. Vers midi nous atteignons Antsirabe, 200 000 habitants et pas loin de 10 000 pousse-pousse. Ancienne ville thermale au temps de la colonie, la ville reste aujourd'hui l'un des tout premiers centres industriels du pays grâce notamment à la bière produite localement par la brasserie Star, la THB (Three Horses Beer). Située à près de 1500 mètres d'altitude, c'est le point le plus froid de Madagascar.
Nous avons réservé une chambre d'hôte chez Couleur Café. J'avais repéré que c'était près de la gare et j'espérais qu'un panneau nous indiquerait au moins cet édifice. Que nenni, pas un seul indice !
Avec comme seul repère le point GPS de la propriété, nous tentons d'approcher par tâtonnements successifs, en tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, tout en nous frayant un passage entre les piétons, les vélos et les pousse-pousse. Finalement notre stratégie paie… nous tombons pile dessus.
Couleur Café : autour d'un bel espace gazonné et fleuri, cinq petits bungalows en brique avec cheminée mêlant le style malgache à une décoration contemporaine. Nous sommes séduits !
Après un petit repos dans le jardin, il est temps de découvrir les alentours de la ville, notamment les deux lacs Andraikiba et Tritiva accessibles depuis la route allant à Morondava.
Au premier lac, nous ne faisons qu'une courte halte, histoire de…
Le deuxième lac se trouve à 11 km de piste du précédent. La progression est lente, il nous faut presque une heure pour parcourir la distance sur une mauvaise piste.
Un véritable patchwork de cultures maraîchères à perte de vue couvre la campagne au pied du lac !
Sur place, nous sommes accueillis par une nuée de vendeuses nous proposant chapeaux de paille et pierres semi-précieuses ainsi que par Jeannot qui s'improvise guide et qui nous réclame 20 000 ariarys (8 €) pour la visite. Le guide du Routard indiquait 3000 Ar par personne alors soit le fameux ouvrage n'est pas à jour, soit c'est l'inflation qui gagne du terrain, soit Jeannot a profité de notre générosité mais peu importe… c'est notre B.A du jour !
Quant aux vendeuses, nous leur promettons de leur acheter une bricole à notre retour. C'est sans doute pour être sûr de ne pas perdre leurs clients que tout ce petit monde ne nous lâche pas d'une semelle et c'est donc en procession que nous commençons le tour du lac.
Le lac Tritiva : un très beau lac d'origine volcanique, d'un bleu saisissant. Si profond et sans doute si fascinant que, d'après la légende, deux amants qui s'étaient vus refuser le mariage s'y seraient précipités et noyés.
La baignade est fady pour les locaux mais est néanmoins tolérée pour les étrangers. C'est ainsi que le commandant Cousteau a pu en explorer les profondeurs pour tenter de percer le mystère qui fait que curieusement le niveau d'eau baisse pendant la saison des pluies et remonte à la saison sèche.
Les bords du lacs sont couverts de pins, notamment des pins du Mexique introduits au début du XXème siècle. En février dernier, le cyclone Giovanna a d'ailleurs eu raison d'un certain nombre de ces arbres à la grande satisfaction des travailleurs du bois à qui cette opportunité offre un peu de travail.
Egalement, sur la rive, des lys sauvages… au port très délicat = Lilium formosanum
Et alors que nous poursuivons notre tour du lac, nous trouvons une chauve-souris prise dans les fils hyper solides d'une énorme toile d'araignée. Nous la libérons mais elle a déjà été sérieusement blessée par son agresseur, sans doute une néphile de Madagascar, une araignée inoffensive pour l'homme mais redoutable pour ses proies.
Au terme de la balade, un dernier coup d'œil au lac nous permet de constater que sa forme reproduit les contours de l'Afrique. Bluffant !
Alors que nous approchons de la voiture, les vendeuses reviennent à la charge. Littéralement assaillis, nous avons bien du mal à faire notre choix tellement elles sont pressantes.
Nous ferons deux heureuses : Bénéfice (un nom prédestiné !) à qui j'achète un chapeau de paille et une autre dame à qui Hervé achète deux petites ammonites et… malheureusement beaucoup de déçu(es) aussi car nous ne pouvons tout acheter. Une nouvelle fois, les villageois nous confirment que les touristes sont rares, nous avons été les premiers de la journée et… vu l'heure seront sans doute les seuls.
Avant de les quitter, une dernière photo en souvenir de ce groupe bien sympathique avec qui nous avons partagé un bon moment !
Nous retournons ensuite à Antsirabe par la même route en croisant beaucoup d'écoliers et de collégiens parcourant des kilomètres pour rentrer à leur domicile à la sortie des classes.
La fin de soirée est paisible mais fraîche, un bon feu crépite dans la cheminée de notre bungalow et pour le dîner, nous décidons de rester sur place. Couleur Café propose une restauration uniquement à ses hôtes (pas de restaurant ouvert à la clientèle extérieure). Nous goûtons un excellent filet de zébu, le service et la cuisine sont top. Nous sommes vraiment contents de notre choix !
Lac Tritiva
Ambaladingana, sous le soleil de Mada
J11 : Mercredi 6 juin 2012 Dès 8 heures, nous quittons Couleur Café après y avoir laissé notre sac de plongée que nous récupérerons à notre retour.
Le repérage dans Antsirabe est toujours empirique mais avec un peu d'aide locale, nous finissons par sortir de la ville… en même temps que les convois de zébus.
Notre randonnée initiale aux cascades de Fred est tombée à l'eau. En raison d'un changement de date, le guide n'était plus disponible et nous n'avons pas vraiment cherché ailleurs.
Notre étape du soir se fera à l'écolodge "sous le soleil de Mada" à Ambaladingana, distant de 115 km. En cours de route nous envisageons un éventuel arrêt à Ambositra (à 90 km) pour grimper au Mt Antety (1864 mètres d'altitude).
De fait, après les rizières aux abords d'Antsirabe, le paysage devient plus minéral et plus montagneux à l'approche d'Ambositra (prononcez Ambouchtr). Le ciel lui aussi devient changeant, de plus en plus nuageux jusqu'à donner de la pluie. Etonnant cet épisode dépressionnaire en pleine saison sèche… sans doute l'influence de la tempête tropicale Kuena stationnée à 1000 km au large des côtes nord-est de l'île entre le 5 et le 7 juin.
Dans ces conditions, inutile de nous attarder dans cette ville, les sommets sont dans la brume. Continuons plutôt jusqu'à notre étape finale où nous aviserons.
La traversée de la ville d'Ambositra n'est pas une mince affaire : tout le centre est congestionné. On se croirait un jour de foire ou de braderie en France. Serait-ce le jour du marché ? Même pas, c'est sans doute ainsi tous les jours. Nous espérons être enfin plus tranquilles quand nous aurons pris la piste à Ivato, à15 km au sud d'Ambositra vers la maison d'hôtes "sous le soleil de Mada".
Mais sur la piste aussi, il faut faire attention aux piétons…très nombreux. Ils ont souvent la mauvaise habitude de marcher sur les deux côtés de la voie, nous obligeant à quasiment nous arrêter à chaque fois qu'il faut les doubler ou les croiser. La progression est lente et prudente !
Au bout de 12 km, la pancarte du lodge indique que nous sommes arrivés et une fois de plus le point GPS extrapolé à partir des indications reçues est d'une extrême précision.
"Sous le soleil de Mada" : une dizaine de bungalows rustiques mais équipés de sanitaires privés, en bois d'eucalyptus, d'inspiration zafimaniry (les Zafimaniry font partie d'une ethnie malgache réfugiée dans la forêt et passée maître dans l'art du travail du bois).
Nous nous installons dans la case numéro 12. Il est tout juste midi.
La maison d'hôtes est celle de Marc et Brigitte. Partis de France pour un tour du monde, ils se sont arrêtés à Madagascar, leur première étape. Tombés amoureux de cette région, ils n'en ont plus bougé depuis.
Le lodge porte particulièrement bien son nom puisque, après la grisaille de la matinée, le soleil se montre dès notre arrivée. Une bonne occasion pour aller immédiatement découvrir les alentours avec Johnny qui nous sert de guide accompagné d'un des chiens de la maison.
Tout en suivant le toutou… Nous passons à proximité d'un tombeau Longeons des rizières à perte de vue Rencontrons des écoliers studieux installés dans une église depuis que leur école a été endommagée par le dernier cyclone. Puis après avoir traversé la rivière sur un petit pont de bois, croisons de jeunes orpailleuses, retournant laborieusement la terre en espérant y trouver quelques pépites, que dis-je, un peu de poudre d'or tout au plus !
En tout, deux heures de balade dans la campagne environnante avant de finir l'après-midi sur la terrasse du lodge… … à profiter tout simplement de la vue… … et à observer les allées et venues d'un corbeau-pie et d'un souimanga malgache .
Au coucher du soleil, la fraîcheur se confirme et c'est avec plaisir que nous nous retrouvons autour de la cheminée à bavarder avec Marc le patron, très sympathique et d'une extrême gentillesse.
A la nuit tombée, trois nouveaux hôtes nous rejoignent. Deux d'entre eux sont liés à l'hôtel Tsara Komba, "l'hôtel au luxe bienveillant" et à l'ONG "Des Villages et des Hommes" à l'initiative, en novembre 2011 à Paris, d'une vente aux enchères d'œuvres d'artistes malgaches destinée à financer un village sur l'île de Nosy Komba.
Le troisième est l'auteur, entre autres, du très bel ouvrage "Zafimaniry intime".
Tous ensemble, nous passons une excellente soirée autour du repas concocté par les jeunes employées du lodge : beignets d'aubergines, truffade + haricots verts et brochettes de zébu, fruits flambés. Sans oublier les rhums arrangés du patron !
Après un tel repas, il n'y a plus qu'à faire dodo. Dans notre cabanon rustique, pas de chauffage mais sous la couette, nous n'aurons pas froid.
Demain, nous avons prévu de découvrir un peu plus ce mystérieux pays Zafimaniry… en espérant qu'il fasse beau !
Chercheuses d'or
Antoetra - Ifasina : randonnée en pays Zafimaniry
J12 : Jeudi 7 juin 2012 En poussant le petit volet de notre cabanon ce matin, je m'aperçois qu'un épais brouillard enveloppe toute la vallée. Notre randonnée va-t-elle pouvoir être maintenue dans ces conditions ?
En tout cas, nous nous préparons comme prévu en espérant que le temps se lève. Vers 8 heures, nous sommes prêts à démarrer avec Johnny, notre petit guide d'hier. Une demi-heure de 4 x 4 nous conduit à Antoetra et il n'en faut pas davantage pour voir le soleil apparaître.
Le village d’Antoetra est le point de départ d’un vaste réseau de sentiers qui relient les villages Zafimaniry entre eux. Aujourd’hui, quelques 25 000 Zafimaniry vivent dans une centaine de villages et hameaux dispersés dans les montagnes de la région. Ils se sont établis là au dix-huitième siècle pour échapper à la circonscription militaire sous le règne de la reine Ranavola I et ont appris l'art du travail du bois. Leur savoir-faire est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Outre l'aspect culturel, la randonnée jusqu'à ces villages uniquement accessibles à pied est déjà un but en soi. Vu notre timing, c'est Ifasina à deux heures de marche qui s'y prête le mieux.
Notre arrivée à Antoetra ne passe bien sûr pas inaperçue. Quelques jeunes gens se déclarent d'emblée gardiens de voiture, d'autres nous proposent des articles en bois. C'est encore une fois en cortège que nous commençons notre balade. Mais à la sortie du village, tout ce petit monde se dégonfle et nous voilà seuls avec Johnny.
Laissant derrière nous les rizières entourant le village, nous attaquons rapidement une grosse montée. Alors quand arrive le premier replat, nous sommes contents de souffler un peu pour apprécier le paysage.
Un peu partout, nous verrons ces pierres dressées en hommage aux ancêtres.
Johnny 19 ans, chaussé de tongs, caracole devant nous !
Mais il a l'œil et ne manque pas de débusquer un caméléon, Furcifer latéralis, le caméléon le plus commun de l'île, reconnaissable à sa bande latérale claire et surtout à ses trois ocelles aux contours sombres situées sur ses flancs.
Un peu plus loin, il nous montre ce superbe criquet, un Pyrgomorphe (Phymateus saxosus) aux couleurs flamboyantes mais attention il est toxique !
Après avoir vaincu une deuxième colline, nous arrivons sur de grandes dalles granitiques (qui nous rappellent un peu les glacis des Seychelles) recouvertes de lichens et plantes grasses, notamment ces Kalanchoe pubescens.
Jolie vue dégagée vers les sommets plus au nord.
Le parcours s'enfonce ensuite dans des paysages plus montagneux…
Arrivés à un col, on distingue le village d'Ifasina au loin.
Une descente de 200 mètres de dénivelé assez raide et glissante par endroits nous conduit vers notre destination.
A l'orée du hameau, ce petit garçon attendant son père parti en forêt couper du bois nous regarde passer avec curiosité.
Plus loin, c'est une nuée d'enfants qui nous accueillent. Ils ne sont pas en classe, les instituteurs sont en grève dans tout le pays depuis plusieurs semaines pour dénoncer leur niveau de salaire. Les adultes, quant à eux, sont tous occupés à niveler un terrain pour construire un nouveau bâtiment scolaire.
Enfin voici le village, quelques dizaines de maisons en bois serrées les unes contre les autres, construites en bois précieux (palissandre) et assemblées sans clou ni vis, sur le principe de la mortaise.
Les portes et les volets sont entièrement couverts de motifs géométriques traditionnels : toiles d'araignée symbolisant les liens familiaux ou rayons de la ruche (alvéoles, losanges) représentant la vie communautaire.
Nous sommes introduits chez le doyen du village (89 ans) qui est aussi considéré comme le chef coutumier et à qui notre guide verse le droit d'entrée.
Johnny nous explique que l'agencement intérieur de la case répond à un code bien spécifique : un coin pour les ancêtres, un coin pour les ustensiles de cuisine et les provisions…
Ces maisons, comme toutes celles rencontrées sur les hauts-plateaux malgaches, n'ont pas de cheminée. L'intérieur est complètement enfumé, le plafond et les cloisons couverts de suie et l'air y est difficilement respirable. Dire qu'il y a 13 personnes qui vivent ici sur 6 mètres carrés au sol plus mezzanine.
Pendant que nous discutons, les trois petits enfants (ou arrières petits-enfants) du vieil homme nous rejoignent alors qu'au coin de la fenêtre, une autre petite fille nous guette timidement.
Ainsi va la vie dans un village Zafimaniry… dans un grand dénuement mais sans doute aussi dans un grand élan d'entraide… un monde totalement à part dans lequel nous ne nous sentons pas très à l'aise.
Alors c'est avec bonheur que nous retrouvons l'air frais de la montagne sur le chemin du retour. A 14 heures, nous sommes de retour à l'écolodge et une demi-heure plus tard, déjà sur le départ.
Direction la réserve privée de Ialatsara, à 82 km et deux heures de route environ.
Mais à peine parti, Hervé me passe le volant… il ne sent pas très bien. Sur la piste entre le lodge et la Nationale, tous les locaux que nous croisons me regardent avec étonnement. Dans ce pays, voir un vazaha conduire n'est pas commun, mais une vazaha, encore moins ! Je remarque un petit regard particulièrement complice de la part des femmes, une forme de solidarité féminine sans doute !
Bon, bref, je roulotte tant bien que mal sur cette piste en étant particulièrement vigilante en cas de doublement de piétons, ce qui veut dire, en permanence. Une fois sur la route Nationale, c'est un peu plus cool mais la concentration reste maximale. Attention aux croisements des poids lourds. Il faut, dans ce cas, bien ralentir ou parfois presque s'arrêter car la voie bien que nationale n'est pas très large. Attention aux semi-remorques qu'il faut doubler mais qui heureusement sont coopératifs et signalent quand la voie est libre. Attention aux taxis-brousse hyper chargés qui s'arrêtent sans prévenir. Attention aux poules, aux coqs, aux canards qui traversent la chaussée et même à la récolte de café qui sèche sur l'asphalte !
Enfin, attention aux nids-de-poule… d'autant que je transporte un malade. Mora… mora !
A ce rythme, nous arrivons à destination à 17 heures et prenons nos quartiers au Lémur Forest Camp tout juste avant la tombée de la nuit.
Chez les Zafimaniry
Réserve privée de Ialatsana : une étape dans la forêt
J12 (07/06/12)… suite
Le Lemur Forest Camp est un site écotouristique situé entre Ambositra (85 km) et Fianarantsoa (65 km), quelques kilomètres avant le village d'Ambohimahasoa. Il se tient à l'intérieur de la réserve d'Ialatsara où se trouve une des dernières forêts humides d'altitude (1000 à 1500 mètres) de la région sur une étendue de 2500 hectares, dont 1000 ha de forêt primaire. Créée en 2002, la réserve (auparavant rattachée au parc national de Ranomafana) est gérée par un couple franco-malgache, Bérénice et Daniel Rajaona, en partenariat avec le Ministère des Eaux et Forêts de Madagascar. Leur action vise à préserver les derniers lambeaux de forêt primaire présents à Ialatsara et la biodiversité du site avec 6 espèces de lémuriens, 7 espèces de caméléons et une grande variété d'oiseaux, de reptiles, et d'orchidées. L'hébergement rustique, très rustique se fait soit dans des tentes fixes en toile et bois avec sanitaires partagés ou depuis peu dans de petits bungalows en bois avec sanitaires privés mais non pourvus d'eau courante pour l'instant (eau au broc et douche au seau). Pas d'électricité sauf dans la salle commune en soirée.
C'est dans un de ces bungalows de dernière génération que nous nous installons. Nous serons les seuls hôtes du camp ce soir-là.
Hervé se sent un peu mieux, cela tombe bien car à 18 heures, Daniel nous attend pour une visite nocturne dont l'objectif principal est l'observation d'un petit lémurien nocturne, le microcèbe roux. D'ailleurs, en voici un, attiré par un peu de banane écrasée. L'apparition est furtive ! Microcebus rufus
La promenade de nuit se poursuit… et voilà un caméléon en train de dormir : un Calumna gastrotaenia ! 909
Gastro… quoi ? En tout cas, le mal dont souffre Hervé le reprend subitement, il est obligé de regagner la chambre dont il ne ressortira pas avant le lendemain matin. Je finis la balade toute seule et verrai encore d'autres animaux endormis : caméléons, criquet et oiseau.
Je commande ensuite deux seaux d'eau chaude pour la douche. Hervé est mal en point. Spontanément, Daniel lui fait préparer une thermos de tisane, une décoction de feuilles de Harungana madagascariensis, censée stimuler les fonctions digestives, apaiser les douleurs intestinales et gastriques. Espérons qu'elle puisse le soulager !
Dans ces conditions, je dîne en tête à tête avec Daniel, l'occasion d'échanger sur mes premières impressions malgaches autour d'un délicieux repas préparé à base de produits du jardin et de la ferme (car le camp assure pratiquement son autosubsistance). Au dessert, un crumble à l'ananas dont je raffole tout particulièrement.
Pour demain matin, je prévois une randonnée dans la réserve à la rencontre des lémuriens… du moins si le malade est rétabli.
J 13 : Vendredi 8 juin 2012
Réveil avec le chant du coq et le braiement d'un âne (oui, le camp compte également une ferme) et par le ruissellement de l'eau sur le toit du bungalow. Il ne pleut pas mais nous sommes au cœur d'une forêt tropicale humide… très humide !
Grâce à la décoction de Harungana, notre malade se sent beaucoup mieux. Ouf, nous pouvons confirmer la balade de ce matin en souhaitant être de retour à 11 heures car une longue route nous attend.
Daniel envoie immédiatement ses pisteurs dans la forêt, ils sont chargés de repérer pour nous les groupes de lémuriens. Après le petit déjeuner agrémenté de jus et de confitures maison (quel délice !), nous explorons un peu les alentours du camp en attendant notre guide.
Un petit coup d'œil au jardin où cette Poinsettia ou Euphorbia pulcherrima(en rouge) fait bon ménage avec cette Astéracée, Ageratum conyzoïdes, en mauve.
Un autre coup d'œil sur les arbustes et là, coup de chance, pour la première fois depuis notre arrivée à Mada, Hervé tombe lui-même sur un caméléon, probablement un Calumna brevicorne, reconnaissable à ses larges lobes occipitaux en forme d'oreilles d'éléphant.
Moi aussi je me mets à balayer du regard les fourrés et comble de chance trouve un deuxième caméléon. C'est un Calumna nasutum, facilement reconnaissable à son appendice nasal. Qu'il est mignon !
Enfin, jamais deux sans trois… voilà que nous en trouvons encore un troisième, sans doute Calumna gastrotaenia (comme celui vu hier soir en train de dormir).
Côté caméléons, nous n'avons pas perdu notre matinée. Espérons autant de chance avec les lémuriens. Les pisteurs sont en place, on peut y aller ! C'est Massane qui nous accompagne et nous sert de guide.
Nous traversons d'abord une forêt artificielle composée essentiellement d'eucalyptus, de pins d'Argentine et du Mexique, plantés dans la première moitié du vingtième siècle suite à la destruction de la forêt originelle puis arrivons dans un lambeau de forêt primaire, beaucoup plus dense.
Le guide qui connaît le moindre recoin de la réserve nous déniche une nième espèce de caméléons, un couple de Brookesia thieli. Les Brookesia sont les plus petits caméléons du monde, ils mesurent de 6 à 9 centimètres. Lents de nature, ils se déplacent peu, ce qui explique sans doute la facilité pour notre guide à les trouver. Ils vivent au sol ou sur des branches basses.
Un peu plus loin, Massane commence à appeler ses collègues et se dirige au son de leurs réponses. Rapidement, nous quittons tout sentier pour nous diriger vers le fond de la vallée. A coup de machette, les pisteurs nous fraient un passage dans la végétation. Ils ont repéré deux groupes de lémuriens, quatre individus d'un côté et deux de l'autre.
Nous approchons doucement et les découvrons d'abord très haut dans la canopée. Ce sont des propithèques diadème de Milne-Edwards (Propitechus edwardsi), reconnaissables à leur pelage brun foncé et à la tache claire en forme de papillon qu'ils arborent sur le dos.
En quelques bonds très aériens, l'un d'eux plus téméraire descend progressivement de plusieurs étages pour poser pour la photo. Nous sommes aux anges !
Nous ne nous lassons pas du spectacle mais l'heure tourne et si nous voulons tenir notre horaire, il est temps de penser au retour. Afin de rentrer plus rapidement, nous nous dirigeons avec notre GPS vers la route Nationale que nous remontons jusqu'au camp.
En cours de route et alors qu'à cette saison (hiver), la végétation florale est en dormance, nous avons la chance (aujourd'hui c'est jour de chance !) de voir cette orchidée au labelle quadrilobé d'un blanc éclatant avec une base légèrement rosée… Oeonia rosea.
Ainsi que cette autre… à déterminer !
11 heures : nous sommes pile dans les temps et quittons le Lemur Forest Camp pour le Catta Camp dans la vallée du Tsaranoro, soit 156 km de Nationale suivis de 20 km de piste. Un parcours estimé à 5 heures au minimum.
Alors en route !
Je ne vous ai pas encore parlé des contrôles de police. Les gendarmes ou les policiers sont postés presque à chaque entrée ou sortie de localité sur l'ensemble de la Nationale. Ils traquent particulièrement les taxis-brousse surchargés mais aussi les voitures particulières, à la recherche de la moindre faille. Le litige se règle en général non pas par une amende mais par le versement d'un bakchich. Interrogé à ce sujet, Rodolphe notre loueur nous avait dit que nous pourrions être confrontés à ce type de pratique.
Mais curieusement, depuis notre départ de Tana, à l'approche de chaque point de contrôle, les policiers nous faisaient aimablement signe de passer. Nous pensions qu'en tant que touristes nous étions privilégiés. Mais d'autres touristes véhiculés par des chauffeurs nous ont raconté avoir été arrêtés et le chauffeur obligé de glisser un petit billet aux policiers. Alors sans doute nous prenait-on pour des résidents français à Mada (les résidents ne s'arrêtent pas aux contrôles, paraît-il). Bref, pour l'instant, nous étions chanceux et espérions continuer à passer au travers.
Mais 6 km après notre départ, à la sortie de la petite ville de Ambohimahasoa, cette fois-ci, pas de chance, on nous arrête. Contrôle des papiers d'identité et des papiers du véhicule. Le flic nous dit qu'il manque la carte violette et que nous sommes donc en infraction. Hervé se dit prêt à payer une amende officielle avec un reçu (qu'on se ferait ensuite rembourser par le loueur) mais notre homme n'a aucune véritable intention de dresser un PV. Après ½ heure de tergiversation ou il nous menace de nous confisquer les papiers du véhicule, il nous fait comprendre que l'affaire peut être close avec 20000 ariarys. L'équivalent de huit euros, qui, pour lui représente un juteux bakchich quand on sait que le salaire moyen de base est de 40 euros.
Le loueur nous dira plus tard que cette carte a été remplacée récemment par un autre document qui était bien en notre possession.
Cette expérience nous refroidit un peu et nous laisse perplexe quant au degré de corruption à tous les échelons. Heureusement que les paysages nous font vite oublier cette désagréable sensation.
A Fianarantsoa (Fianar pour raccourcir), nous faisons le plein de carburant et quelques petites courses (gâteaux secs, fromage à tartiner...). Nous sommes très agréablement surpris par la consommation du 4 x 4 : 11 à 12 litres au 100, ce qui est très peu pour un véhicule de ce type. C'est vrai aussi que nous roulons mora, mora.
Après Fianar, on commence à voir les contreforts du massif de l'Andringitra et quelques dizaines de km plus loin, dans une grande descente, la vallée d'Ambalavao s'ouvre soudainement comme un décor de western… magique !
Ambalavao : nichée au fond d'un cirque montagneux, la petite ville vit sous l'influence du Sud qui commence ici. Il y fait déjà plus chaud, les alentours sont désertiques et rugueux. Nous sommes passés de 1300 à 1000 mètres d'altitude.
La région est aussi la plaque tournante du commerce du zébu. Tous les mercredis a lieu ici un grand marché aux zébus. Les troupeaux, nous ne tardons pas à les croiser, ils se suivent sur des kilomètres… avec des dizaines et des dizaines de bêtes qui vont d'ailleurs nous ralentir un peu.
Il est 16 heures, nous quittons la route principale à 37 km au sud d'Ambalavao. Il nous reste une bonne vingtaine de km de piste jusqu'à notre destination finale.
Après avoir payé un petit droit de passage dans deux villages successifs, les choses sérieuses commencent. Hervé passe en mode 4 x 4 et se fait plaisir avec du franchissement. La piste est mauvaise avec des passages délicats mais notre tacot assure largement.
La vallée est très belle, ponctuée ça et là de petites maisons aux toits de chaume.
Comme à chaque fois, les coordonnées GPS sont parfaitement exactes. Il est 17 heures quand nous arrivons à destination, tout juste avant le coucher du soleil. Ouf, quelle journée !
Caméléons Brookesia
Vallée du Tsaranoro, à l'assaut du Caméléon
J13 (08/06/12)… fin de journée
Dans cette vallée du Tsaranoro, au pied de la falaise du même nom, le Camp Catta propose plusieurs types d'hébergements pour tout budget : camping autonome, tentes équipées, bungalows "village" (pour 2) avec sanitaires privés ou partagés et bungalows "confort" avec sanitaires privés (jusqu'à 6 personnes).
Comme nous y passons trois nuits autant nous installer confortablement dans un bungalow… spacieux ! Nous adorons !
La structure est idéale pour les amoureux de la nature, du sport et de l'aventure. Nous on se contentera de l'option nature car en dehors des randonnées, ici on peut faire de l'escalade, du parapente et du base jump.
A ce compte-là, on s'attendait à y trouver une clientèle jeune et sportive. Or ce soir, sur 6 clients, nous sommes les plus jeunes !
Avant le dîner, nous organisons la journée de demain en prévoyant une randonnée de 6 heures A/R avec 600 mètres de dénivelé vers ce drôle de sommet dominant le village… de son nom malgache "Langera" (= pelle) mais rebaptisé par les vazahas "Caméléon" du fait de sa ressemblance, vu depuis le Camp.
C'est Jean Paul, le chef des guides qui est chargé de nous accompagner.
Mais pour l'instant, passons à table. Un repas à trois plats très, (trop ?) copieux et qui n'a pas la saveur et la finesse des dîners précédents. Pour moi, tout particulièrement, bien qu'ayant à peine picoré, ce dîner ne passe pas. Hervé m'aurait-il transmis son virus ?
Je suis malade toute la nuit.
J14 : Samedi 9 juin 2012
Ce matin il m'est impossible de mettre un pied devant l'autre. Hervé va prendre le petit déjeuner tout seul. Décidément, pendant ce voyage, nous aurons eu chacun notre moment de solitude !
J'apprécierais bien une tisane de Harungana mais Hervé a déjà bien du mal à obtenir une tasse de thé. Je l'avale avec difficulté puis me traîne du lit à la salle de bains et de la salle de bains au lit.
Mais impossible de résister davantage à ce franc soleil. Alors je décide de sortir malgré tout. Bon, atteindre le Caméléon avec ses 600 mètres de dénivelé me semble utopique mais peut-être pourrions nous aller jusqu'à la piscine naturelle.
En passant devant la réception, nous annulons la sortie prévue (JP, le guide, fait la tête). Pour aller tout simplement jusqu'à la piscine, un guide nous semble superflu. Hors parc national, le guidage n'est pas obligatoire.
J'avance un peu au radar mais au bout d'une demi-heure, nous voilà déjà à la piscine.
Je trempe mes mains dans l'eau puis recharge les batteries à l'ombre d'un rocher. Nous sommes bientôt rejoints par deux filles et leur guide qui, au gré de nos arrêts respectifs, nous suivront ou nous devanceront selon le cas.
La montée commence alors… d'abord en douceur. En nous retournant, nous apercevons la paroi de granit du Tsaranoro comme repeinte en jaune et vert…
L'œuvre d'un géant peut-être ?
En tout cas, ces paysages majestueux me donnent des ailes et puisque je ne vais pas trop mal, continuons encore un peu… en direction du Caméléon.
Le sentier suit de petits canaux d'irrigation qui sont à l'origine des effondrements de terrain, formant des sortes de crevasses appelées ici lavaka.
De fil en aiguille, je finis pas atteindre 250 mètres de dénivelé (pour une malade ce n'est pas si mal) mais plus on progresse, plus je suis obligée de me reposer souvent.
Là, je mets mes dernière forces dans la bataille puis je capitule !
250 mètres de dénivelé, ce sera mon record du jour ! Après, je laisse Hervé poursuivre tout seul car il a trop envie d'atteindre le sommet. Il part sans eau (c'est moi qui garde la bouteille, je suis malade !). Tranquillement, je rebrousse chemin jusqu'au camp que j'atteins à 13 heures.
Pendant ce temps, mon homme suit le sentier où je l'ai laissé mais curieusement, celui-ci descend. Il atteint presque la rivière quand il réalise que ce n'est vraiment pas normal. Il revient alors sur ses pas, décidé à abandonner toute idée d'achever la randonnée. Mais finalement en revenant un peu sur ses pas, il finit par découvrir une petite sente à peine tracée qui lui avait échappé… et cette fois-ci, il commence à véritablement prendre de l'altitude.
Ça grimpe dur, c'est bon signe, la crête n'est pas loin. Tiens Obélix serait-il passé par ici ;)
Les filles (celles qui nous suivaient et qui ensuite nous ont dépassé) et leur guide sont déjà en bonne place. Pour les rejoindre, il reste à Hervé à vaincre son vertige pour passer sur l'arête finale qui correspond au "dos du caméléon", un passage aérien à la façon d'Angel's Landing (pour les connaisseurs de Zion UT)
Au bout du bout, c'est la récompense avec une vue à couper le souffle et à vous donner le tournis… sur les prestigieux sommets environnants, le massif du Tsaranoro, la Porte du Sud, la Pyramide, le Dondy, le parc national de l'Andringitra et le pic Boby.
Auprès des filles, notre héros du jour trouve de l'eau (ouf, car il est presque déshydraté). Elles lui proposent aussi de partager leur pique-nique mais la salade de pâtes, non merci, ce n'est pas son truc !
Mais une petite photo lui ferait bien plaisir.
Pendant ce temps, revenue à bon port, je m'installe devant notre bungalow, scrute le sommet du Caméléon et semble distinguer des formes aller et venir là-haut. Peut-être à ce moment-là était-ce Hervé que j'ai vu faire cette photo au téléobjectif ! En tout cas, on aperçoit parfaitement notre petite maisonnette ainsi que notre 4 x 4.
Bien ragaillardi, le courageux randonneur commence à présent la descente. Cette randonnée telle qu'elle est préconisée par les documents du Camp est une boucle. La descente se fait par le côté opposé et le retour par le village de Morarano. Hervé préfère, quant à lui, revenir par le même chemin qu'à l'aller car il se demande si je ne l'attends pas quelque part sur le parcours.
Progressivement, en perdant de l'altitude, les formes gagnent en rondeur et en douceur !
Pendant le trajet du retour, flore et faune endémiques n'échappent pas au photographe. Euphorbia milii Aloes capitata Pachypodium
Puis en traversant la forêt, il se donne du mal à repérer ces lémuriens, bien cachés dans les arbres.
A ce moment-là, il ne sait pas encore qu'il n'est pas nécessaire de s'enfoncer dans la forêt pour en apercevoir. Quelle ne fut sa surprise d'en trouver un, gardien de notre bungalow (le n° 11) à son arrivée.
Et il n'a pas encore vu tous les autres, tous ceux installés sur le toit de notre maison ainsi que dans les arbres aux alentours. Le Camp Catta ne s'appelle pas ainsi pour rien, il abrite une colonie de cette espèce qui vivait sans doute déjà là avant la construction de la structure.
Observer les lémuriens et profiter du paysage de la vallée en face de nous seront les deux occupations de cette fin d'après-midi… jusqu'au coucher du soleil !
Je commence à aller mieux ce soir. Certes je fais encore attention à mon régime mais j'apprécie davantage le dîner. Pour demain, nous planifions une nouvelle randonnée vers l'Envers du Tsaranoro. Randonnée estimée à 6 à 8 heures avec un peu moins de 1000 mètres de dénivelé.
C'est Doris qui est désigné pour nous accompagner, ça nous convient bien car avec JP, nous n'accrochons pas vraiment.
Avec l'arrivée des deux jeunes filles croisées au Caméléon et celle d'un jeune couple anglais, la moyenne d'âge est plus basse. Nous voilà les plus vieux ce soir ;-) mais toujours pas plus de six clients.
J'espère vraiment pouvoir mener la randonnée au bout demain.
Vers le sommet du Caméléon
L'envers du Tsaranoro
J15 : Dimanche 10 juin 2012
En tirant les rideaux ce matin, j'assiste, attendrie, au difficile réveil de deux makis catta blottis l'un contre l'autre dans le pin devant notre fenêtre.
Moi, je me sens en forme. Ne perdons pas de temps. Dès la fin du petit déjeuner, nous nous mettons en marche, accompagné du jeune guide-stagiaire Doris. Il nous explique être en plein apprentissage de sa fonction, nous priant d'être indulgents avec ses connaissances. Pas de problème, il nous paraît sérieux, modeste et sympa, c'est l'essentiel.
Altitude de départ : 930 mètres au Camp Catta.
Comme hier, nous traversons d'abord la forêt d'où dépasse l'imposante paroi du Tsaranoro !
L'appellation du massif proviendrait des prénoms des deux filles du roi Bara, Tsara et Noro, exécutées dans la forêt au pied des falaises où elles s'étaient cachées pour échapper aux soldats du roi de Tana. Une triste histoire !
La montée commence alors à travers des prairies herbeuses sur lesquelles le soleil tape déjà fort alors qu'il n'est pas 9 heures.
Une très légère brise fait onduler les plumeaux carmin des herbes entre lesquelles se cachent pudiquement les bourgeons floraux des aloès.
Bientôt, le pied de la falaise est atteint. Les 800 mètres qui séparent le pied du sommet nous donnent le vertige. Il est 9 heures : première pause à l'ombre bienfaisante d'un arbre à 1157 mètres d'altitude. Gain : 230 mètres depuis le départ.
Et premier point de vue sur le Dôme noir (au premier plan), le Dondy et la chaine montagneuse de l'Andringitra (en face)… jusqu'à la vallée.
Nous contournons ensuite le pied de la falaise par le sud, nous dirigeant vers une forêt de palmiers et de fougères située dans un couloir entre deux dômes granitiques. La fente dans la montagne est un lieu de sépulture.
Etonnante, cette forêt de palmiers… sans doute ce qu'on appelle un forêt tropicale d'altitude. L'avantage est qu'il y fait plus frais, ça fait du bien.
C'est l'occasion d'une deuxième pause. Il est 10 heures, nous sommes à 1406 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 470 mètres.
Ça grimpe plus fort à présent… Le paysage devient plus minéral. Le cheminement se fait sur de grandes dalles granitiques couvertes de plantes grasses, aloès, pachypodiums et notamment ces kalanchoes toutes velues, une pilosité qui leur permet de stocker l'humidité de la rosée matinale… Kalanchoe tomentosa
11 heures : je réclame une troisième pause. Nous sommes à 1673 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 750 mètres.
Dernier effort sur des dalles particulièrement raides, d'autant qu'en levant la tête, on avait l'impression que le sommet était tout proche.
En fait, il y a un étage de plus… et encore autant de gouttes de sueur pour enfin atteindre le sommet. Il est 11 h 26, altitude 1822 mètres. Gain depuis le départ : 892 mètres.
D'ici la vue s'ouvre à l'ouest sur la vallée de Bedita et la montagne du Bonnet de l'évêque sur le trajet de la Nationale 7 vers le sud. Au nord, on aperçoit la Porte du Sud et Vohitsoaka, le village que nous avions traversé en quittant la N 7. A l'est, le Tsaranoro Be (ou grand Tsaranoro) et le Tsaranoro Atsimo (ou Tsaranoro Sud).
Devant cette vue panoramique, un lézard s'invite à notre pique-nique… il y a des miettes à récupérer…Oplurus quadrimaculus, une espèce commune dans l'Andringitra, reconnaissable à ses 4 ocelles noirs sur chaque flanc.
Pour nous, il est prévu de rentrer par le même chemin. Néanmoins, il existe une autre alternative. C'est celle que vont tenter les deux filles que nous avons rencontrées hier au Caméléon. Accompagnées d'un guide et de deux porteurs, elles quitteront Camp Catta en fin de matinée pour monter ici à l'envers du Tsaranoro où elles passeront la nuit. Le lendemain matin, elles feront la descente via le grand tour du Tsaranoro et la descente avec cordes fixes et rappel de la falaise du Karambony. Avis aux amateurs… plus aventureux !
Alors avant de redescendre, Doris nous emmène explorer le plateau et nous montrer le passage que vont emprunter nos aventurières.
Un plateau riche en boulders et blocs granitiques variés, titillant notre imagination ! Alors ici un petit coup de main à Obélix pour soutenir ce menhir ! Là, une prairie dans lequel on verrait bien surgir quelques dinosaures… un petit air de Devil's Lane Utah! A moins que ce ne soit le lieu de prédilection de quelque Martien nous envoyant de drôles de messages à travers ces herbes enroulées ! Ou encore un endroit un peu magique où les arbres doivent percer la pierre pour pouvoir croître !
En tout cas, une végétation très particulière avec ces euphorbes coralliformes, aux rameaux en chapelets de saucisse… Euphorbia alluaudi
Et avec cette autre curiosité botanique appelée par les locaux "pattes de poule" (nom scientifique non trouvé)
Décidément, l'envers du Tsaranoro nous aura réservé bien des surprises et ce n'est pas fini. Côté bêbêtes, nous découvrons un scarabée et deux criquets dont l'un déjà observé du côté du pays Zaf' mais je ne peux m'empêcher de vous le montrer à nouveau : il est tellement beau !
La descente nous prendra deux heures. A mi-chemin, nous ne manquons pas de rencontrer d'abord les deux porteurs lourdement chargés, chacun portant un barda de 70 kg sur le dos… puis les deux filles accompagnées du guide.
Après un brin de causette avec elles, nous sommes de retour au camp vers 15 heures… enchantés de notre journée.
La fin de soirée est à nouveau contemplative, on ne se lasse pas de la superbe vue sur la vallée et surtout des cabrioles des lémuriens.
C'est bientôt la fin de notre voyage. Demain il faut entamer le trajet retour. La vallée du Tsaranoro aura été le point de notre parcours, le plus au sud. Ces deux journées au Camp Catta resteront nos coups de cœur "côté terre".
Vallée du Tsaranoro
Retour à Tananarive
J16 : Lundi 11 juin 2012 Notre vol retour est prévu dans moins de 48 heures à présent. Le trajet vers la capitale s'effectuera en deux étapes : Camp Catta à Antsirabe aujourd'hui et Antsirabe à Tana demain.
370 kilomètres dont 20 de piste nous séparent de notre destination de ce soir. Dans l'absolu, pas grand chose mais à Mada, nous avons estimé le trajet à 8/10 heures.
Alors petit déjeuner dès 6 heures et départ dans la foulée à 7 heures en commençant par la vingtaine de kilomètres de piste jusqu'à la Nationale.
Les locaux sont déjà en route un peu partout dans la campagne.
A peine partis, nous apercevons une jeune femme qui se met à courir sur une piste perpendiculaire à celle que nous empruntons. Visiblement, elle apprécierait d'être véhiculée. Nous stoppons… d'autant qu'elle me paraît enceinte. Alors qu'elle grimpe, complètement essoufflée mais soulagée, dans le véhicule, nous découvrons que c'est un nourrisson qu'elle abrite sous ses effets. Nous déposons la jeune maman et son bébé dans le premier village sur notre trajet, à Vohitsaoka. Cela lui aura fait gagner une dizaine de kilomètres, soit 3 bonnes heures de marche.
8 heures : ça y est, nous sommes sur la N 7 avec son flot de poids lourds, de taxis brousse, de piétons, de vélos, de poules et de canards mais bien plus que le trafic (ce à quoi nous commençons à être habitués), ce sont les contrôles de police que nous redoutons après le désagréable racket que nous avons subi à l'aller.
Ça ne loupe pas. Dans la première localité traversée, un policier nous fait signe de nous arrêter. Avec une bonne dose de culot, Hervé affirme qu'il vient d'être contrôlé peu de temps avant et que tout est en règle. "Très bien, Monsieur, alors circulez !" nous répond-il. Ouf !
Après Ambalavao, sur le fameux plateau du zébu, la route couverte de bouses laisse bientôt apparaître le cortège des troupeaux. Mais ils sont moins nombreux qu'à notre précédent passage.
10 heures : nous atteignons Fianar après 3 heures de route (depuis le départ) et 110 km, soit une moyenne de moins de 40 km/heure. Mais entre Camp Catta et Fianar nous avons mis aujourd'hui une heure de moins que lors de notre trajet aller. Une bonne nouvelle !
60 kilomètres plus loin, nous sommes particulièrement tendus à l'approche d'Ambohimahasoa, le village où on s'était fait contrôler à l'aller. Au point de contrôle, le flic (pas le même que le fois précédente) nous fait signe de nous arrêter puis aussitôt signe de circuler. Ouf, ouf, et re-ouf. Aux contrôles suivants, nous adoptons un air détaché et passons notre chemin.
Nous nous accordons un petit arrêt pour manger un morceau rapidement, debout, derrière notre véhicule et partageons un gros ananas avec des locaux surpris. Nous repartons aussitôt. Je dis "nous" mais en réalité, c'est Hervé qui est au volant depuis six heures d'affilée et alors qu'il est plus 13 heures, il a besoin d'une bonne dose de caféine… alors un expresso, s'il vous plaît !
Heureusement, dans la ville d'Ambositra, assez touristique, un tel breuvage devrait être disponible. A la sortie de l'agglomération, le Motel Violette tombe à point. Alors que nous sirotons un bon expresso servi avec un petit chocolat Robert sur la terrasse, nous assistons à une scène d'un autre temps… à l'étage inférieur, une employée en train de faire du repassage avec un fer comme celui utilisé non par nos grands-mères, mais par nos arrière-grands-mères, un fer chargé de braises !
14 heures. Après cet intermède divertissant, je prends le volant pour les 90 derniers kilomètres, il manque environ deux heures jusqu'à notre destination finale.
J'ai maintenant le véhicule bien en main. A force, on s'habitue aux gens qui marchent sur la route, à la conduite des taxis-brousse qui font des écarts pour éviter les nids-de-poule, à la conduite malgache qui veut que le premier qui arrive sur un obstacle double (l'autre s'adapte). Mais il n'y a aucune agitation, aucune frénésie, tout se passe mora mora (doucement).
Alors c'est parfaitement détendus, en écoutant la seule cassette disponible dans la voiture, celle de Francis Cabrel, que nous abordons la grouillante Antsirabe, comme de vieux briscards que la circulation n'impressionne plus.
Après un dernier crochet par la Chocolatière (pour faire le plein de chocolats Robert !), nous passons le portail de Couleur Café vers 16 heures après 9 heures de route soit une moyenne de 40 km/heure. Nous avons très, très bien roulé !
Ayant hésité à dîner en ville (le restaurant Pousse-Pousse nous disait bien), nous ne pouvons finalement résister au calme de la maison d'hôtes et surtout à son menu particulièrement alléchant ce soir : foie gras, cuisse de canard sauce vanille, ananas caramélisé et glace. Divin !
J 17 : Mardi 12 juin 2012
Notre vol est prévu à 21 h 30 à Tananarive. 180 kilomètres nous séparent de la capitale, soit 3 à 4 heures de route. Nous avons par conséquent de la marge mais sait-on jamais, il vaut mieux ne pas s'attarder à Antsirabe et prendre directement la route vers Tana.
Jouets en bois, objets en raphia, gamelles en aluminium, fleurs en pots, monticules de légumes… comme à l'aller, nous voyons défiler sur les étalages au bord de la route ce que chaque région produit de mieux.
Vers midi, nous atteignons déjà la capitale. L'activité est à son comble mais la traversée de la ville ne pose pas de problème majeur. Néanmoins, en raison de tout ce qu'on avait pu lire sur le degré d'insécurité dans la capitale, nous prenons le soin de verrouiller les portières.
C'est l'heure du déjeuner alors pourquoi ne pas retourner au restaurant du Sakamanga. Trouver à se garer dans ce quartier du centre-ville n'est pas évident mais on a fini par y arriver. L'ambiance détendue du Sakamanga, le service efficace et le repas excellent font oublier le tumulte extérieur. Une pause agréable !
Il nous reste tout l'après-midi à occuper et comme nous n'avions pas envie de nous promener en ville, j'avais repéré, pas très loin de l'aéroport, le parc zoologique de Croc Farm.
Autant retrouver l'hotel Sakamanga n'a pas posé de problème, autant sortir du centre et nous diriger vers l'aéroport n'a pas été simple. La tactique a été de nous arrêter dans chaque rue auprès d'un taxi pour nous faire confirmer le trajet.
Heureusement rapidement nous arrivons en terrain connu (des repères pris à l'aller) et alors tout droit jusqu'à l'aéroport.
Pour atteindre Croc farm, il faut prendre une piste à gauche un peu avant l'aéroport mais il faut être très attentif pour ne pas la louper.
La vocation première de Croc Farm est l'élevage des crocodiles du Nil. Faisant deux pierres d'un coup, le parc abrite également quelques lémuriens en liberté et dans des vivariums, quelques spécimens de la faune malgache : caméléons, grenouilles, serpents…
L'attraction principale : les crocodiles du Nil. Dans un vivarium, un caméléon de Parson, le plus grand caméléon de Madagascar. L'adulte mâle peut atteindre 60 cm.
Et en liberté une colonie de propithèques (ou sifaka) de Verreaux... adorables !
Une façon sympa de tuer le temps en attendant notre avion !
Rodolphe vient réceptionner le véhicule à l'aéroport, rien à redire. Le vol direct pour Paris s'est transformé en vol avec escale à Marseille, deux heures d'attente sans pouvoir sortir de l'appareil… dommage, on aurait bien aimé se dégourdir les jambes après une nuit dans l'avion pendant laquelle nous avons d'ailleurs bien dormi.
C'est en forme et avec des images de lémuriens et de caméléons plein les yeux que nous atterrissons à Paris vers 11 heures du matin.
Sur la Nationale 7
En conclusion...
Impressions générales
Un voyage court, trop court sans doute, pour vraiment prendre la mesure de toute l'originalité de ce pays. Alors nous espérons y retourner un jour pour explorer d'autres points d'intérêt : le massif de l'Isalo ou Colorado malgache, les étendues de baobabs du Sud-Ouest, les flèches élancées des Tsingy de Bemaraha et pourquoi pas la baie de Diego, l'île de Ste Marie… bref, il reste de quoi programmer plusieurs voyages !
Néanmoins, ces deux parties très différentes, l'une côté mer et l'autre côté terre, ont été très complémentaires. C'est comme si on avait fait deux voyages en un.
Côté mer, nous ne pouvions pas mieux tomber en choisissant la petite île de Sakatia. Son emplacement, son calme, la qualité des prestations et des plongées du Sakatia Lodge ont répondu en tout point à nos attentes. Nous avons pu constater que les fonds sous-marins sont restés exceptionnels, ce qui est plutôt rare quand on retourne sur un site qu'on a connu plusieurs dizaines d'années auparavant. Un bon point !
Côté terre, notre coup de cœur va à la vallée de Tsaranoro avec deux belles randonnées dans un environnement exceptionnel. Mais nous avons également apprécié nos autres points de chute, tous situés en pleine nature et prétextes à beaucoup de découvertes naturalistes, côté faune et côté flore.
Mais plus que les paysages et bien davantage que lors de nos précédents voyages, ce sont les scènes de vie qui nous ont le plus marqués. Nous pensons souvent à toutes ces femmes portant de lourdes charges sur leur tête, ces jeunes filles et ces fillettes en train de remuer la terre pour y trouver un peu de poudre d'or, ces paysans courbés dans les rizières ou labourant leurs champs à la charrue, ces enfants s'amusant avec un bidon en plastique ou un vieux pneu et… en général à tous ces gens marchant toute la journée sur le bord des routes. En tout cas un peuple attachant, travailleur, qui force le respect !
Car Madagascar, c'est aussi une réalité sociale et économique avec une pauvreté omniprésente (60% des habitants vit avec moins d'un euro par jour), une démographie galopante (45 % de la population a moins de 14 ans) entraînant une accélération de la déforestation, le tout sur fond de crises politiques successives.
Dans ce contexte, le touriste est très sollicité - mais pas harcelé - pour l'achat de souvenirs ou la proposition de services. Une des seules manières pour beaucoup de Malgaches de gagner leur vie.
Espérons qu'un jour le pays puisse s'en sortir car il le mérite !
Le véhicule loué, la conduite, la sécurité !
Louer un véhicule sans chauffeur n'est pas une pratique courante à Madagascar et coûte d'ailleurs plus cher que la location avec chauffeur! Mais cela est néanmoins possible puisque nous l'avons fait. C'est une solution envisageable si, comme nous, vous aimez être actif au volant plutôt que de subir le voyage à l'arrière d'un véhicule.
La conduite sur les routes malgaches demande de la concentration et de l'anticipation mais ne pose pas de difficulté insurmontable. On s'habitue rapidement à partager la voie avec quantité d'autres usagers et contrairement à d'autres pays (Sri Lanka, Egypte…) où cela se fait dans la frénésie et la nervosité, ici tout le monde fait ce qu'il faut pour laisser de la place aux autres… avec beaucoup de calme.
Il convient en revanche de bien préparer son parcours (coordonnées GPS de points stratégiques). Penser également à relever quelques points GPS pour faciliter la traversée des villes car il ne faut pas compter trouver beaucoup d'indications routières ni de carte fiable.
Le véhicule que nous avions loué était parfaitement adapté à nos besoins et aurait pu faire face à des conditions de piste bien plus difficiles. Plusieurs chauffeurs (nous prenant pour des résidents) nous ont d'ailleurs fait des propositions d'achat ;-) Nous l'avions réservé par l'intermédiaire du loueur en ligne N7 mais c'était bien un véhicule privé. Son propriétaire Rodolphe peut aussi le louer directement ou se proposer comme chauffeur. Nous pouvons transmettre ses coordonnées à toute personne intéressée (nous laisser un mot sur le livre d'or).
Nous avons parcouru environ 1000 kilomètres en 8 jours, ce qui fait une moyenne de 125 kilomètres par jour ce qui paraît peu mais, à Madagascar, il vaut mieux calculer en temps de trajet qu'en nombre de kilomètres. Nous avions bien estimé notre timing.
Côté sécurité, pas de problème particulier en dépit de tout ce que nous avions pu entendre et lire un peu partout sur le net. Néanmoins nous n'avons jamais circulé de nuit, ne sommes pas sortis en ville ni de nuit ni même de jour. A la campagne aucun problème mais nous avons toujours pris soin de ne jamais laisser nos bagages seuls dans voiture. Pour la traversée de la capitale seulement, nous avions verrouillé nos portières par pure précaution sans jamais ressentir nulle part de danger. Alors avons-nous eu de la chance ou les propos faisant état d'une insécurité généralisée sont-ils exagérés ? De notre point de vue, le touriste ne risque à Mada pas plus que dans n'importe quelle autre destination à faible niveau de vie. Il suffit de prendre des précautions élémentaires. Probablement le risque est-il le plus élevé dans la capitale.
La seule expérience désagréable que nous ayons faite est celle d'un racket par un policier lors d'un contrôle.
Les hébergements
Ils étaient tous excellents, en général très confortables et dans les deux plus rustiques, la qualité de l'accueil, particulièrement chaleureux, a largement compensé le déficit de confort. Partout les réservations ont été honorées. Vu la période, nous aurions pu ne pas retenir nos hébergements mais pour un voyage court, nous avons préféré assurer. Aucun n'était complet, loin de là, et avons même été une fois seuls. Madagascar attend les touristes et en a besoin ! Récapitulatif (dans l'ordre du voyage) : Sakatia Lodge à Nosy Sakatia, Sakamanga à Tananarive, Couleur Café à Antsirabe, Sous le soleil de Mada à Ambaladingana, Lemur Forest Camp à Ialatsara, Camp Catta dans la vallée de Tsaranoro.
Ouvrages et sites Internet utiles
Les ouvrages : Lonely Planet Madagascar (édition 2010) Guide du Routard Madagascar 2012
Les sites Internet Sur Voyage Forum, deux carnets de voyage, celui de Chris06 et celui de Boz51
"Voyage en terre malgache", le blog de deux naturalistes Steph et Cyril en voyage à Madagascar. Très intéressant pour qui prépare un parcours sur la Nationale 7. Egalement très instructif pour tout qui concerne observations et identifications naturalistes. Une mine d'informations ! En grande partie grâce à ce blog, j'ai pu identifier la plupart de la faune et de la flore photographiées au cours de notre voyage. Il reste malgré tout quelques points d'interrogation. Alors si vous avez des connaissances en botanique…
En compagnie de ce caméléon Furcifer, je vous dis Velòma (au revoir !) et à bientôt pour un autre fabuleux voyage. 😉

FIN
Mélange d'Afrique dont elle a gardé la terre rouge et d'Asie dont elle a hérité les rizières, elle se démarque par la diversité de sa population, la beauté de ses paysages et surtout par l'originalité de sa faune et de sa flore dont 80% des espèces sont endémiques. Quant à ses fonds sous-marins riches et bien préservés, ils recèlent une grande variété de poissons et de coraux et sont régulièrement le lieu de passage de grands mammifères marins.
Une destination offrant autant de richesses naturelles côté mer et côté terre allait forcément nous attirer.
Côté mer, un séjour de 7 jours à Nosy Sakatia, une île au large de Nosy Be). Côté terre, un parcours de 9 jours sur la Nationale 7 en self-drive.
La version illustrée du récit avec photos, cartes et (quelques) vidéos est ici :
sites.google.com/...xvoyagesmadagascar2/

D'ailleurs, notre attirance pour l'île Rouge ne date pas d'hier puisque notre premier voyage remonte à 1984, un séjour à Nosy Be et une croisière-plongée avec bivouac dans les îles alentours : Nosy Iranja, Tanikely, Komba et Mitsio à une époque où aucune d'entre elles ne possédait de structures d'hébergement. Retour à Nosy Be, Nosy Iranja et l'archipel des Radama en 2001. En 2003 le sud de la Grande terre à Tulear et Ifaty.
Depuis plusieurs années, l'idée de retourner à Madagascar nous titillait. Mais la récente crise politique de 2009 et les échos d'instabilité et d'insécurité nous ont incités à repousser le projet. La situation était-elle plus favorable en 2012 ?
Malgré certains propos alarmistes tenus sur les forums, le retour enthousiaste de la plupart des voyageurs nous persuade que la destination n'est pas plus risquée que d'autres si on prend les précautions d'usage.
Alors c'est décidé ! Trente ans après notre premier voyage et dix ans après le dernier, nous y retournerons avec comme objectifs de vérifier si les fonds sous-marins autour de Nosy Be étaient toujours aussi exceptionnels et de découvrir enfin les Hautes-Terres malgaches.
Challenge supplémentaire : pour des raisons familiales, il était impératif de limiter notre projet à une quinzaine de jours, 18 en réalité dont 16 sur place.
Malgré sa courte durée, nous choisissons de scinder le voyage en deux : 7 jours consacrés à la mer et 9 jours consacrées à la terre. Côté mer, nous retenons la petite île de Nosy Sakatia au nord-ouest de Nosy Be. Côté terre, nous optons pour un aller-retour sur la route nationale 7 entre la capitale et la vallée de Tsaranoro, à 500 kilomètres.
Restait à déterminer le mode de déplacement sur la RN7. Le taxi-brousse étant totalement exclu, seule la location de voiture pouvait être envisagée. Mais avec ou sans chauffeur ? Sans chauffeur : impossible, prétendent les uns, imprudent et inconscient, affirment les autres ! Pourtant, en cherchant bien, quelques témoignages discrets démontrent que c'est tout à fait faisable. Merci à Chipolata et Tictacbtz pour leurs avis qui vont renforcer notre idée première : nous louerons sans chauffeur. Comme l'itinéraire compte une cinquantaine de kilomètres de pistes difficilement négociables par une berline, nous optons pour un véhicule tout-terrain. Nous faisons affaire avec N7.
Comme lors de nos voyages précédents, notre GPS Garmin de randonnée est mis à contribution y compris pour nous guider sur la route. Comme d'habitude, nous repérons le parcours puis téléchargeons les coordonnées GPS des principaux points stratégiques mais contrairement à beaucoup d'autres destinations, pour Madagascar, il n'existe aucune carte topographique pour cet appareil. Ne figure sur l'écran qu'une ligne approximative représentant la route nationale 7. Il va falloir s'en contenter !
Voilà… les grandes lignes du voyage sont tracées, place au vécu à présent !
Paris - Tana - Nosy Be - Nosy Sakatia : premières impressions d'un long voyage
J1 : Dimanche 27 mai 2012
Première surprise en arrivant à l'aéroport de Roissy : l'horaire du vol a été repoussé de deux heures sans que nous en ayons été avertis. Reconnaissons que nous avions omis de vérifier nos réservations sur le site de la compagnie ! Nous profitons de la connexion Internet d'un quart d'heure offerte dans l'aérogare pour le faire immédiatement. Deuxième surprise : les horaires de nos quatre vols, internationaux et intérieurs, ont tous été modifiés. Avec Air Madagascar, il faudra s'y faire.
Départ à 17 h 15 (en réalité, il sera 18 heures quand nous décollerons). Un Airbus A340-300, impeccable, manifestement un appareil Air France avec un équipage à 90% Air France, lui aussi. Ecrans individuels, repas excellents, espace personnel confortable : bref, rien à redire ! Précisons qu'en 2011, deux anciens appareils d'Air Mada, des Boeing 767, avaient été interdits d'exploitation sur le sol européen et figuraient sur la liste noire.
J2 : Lundi 28 mai 2012
Vol sans histoire et arrivée à l'heure à Tananarive. Température extérieure : 15 ° C à 5 h 15 du matin. Hé, oui, nous sommes sur les hauts plateaux à 1200 mètres d'altitude et c'est le début de l'hiver. Nous prenons tout notre temps pour quitter l'avion car nous avons 5 heures d'attente (la faute à la modification d'horaires) avant notre vol suivant pour Nosy Be. Mais le passage à l'immigration est plutôt rapide, nous avons déjà nos visas que nous avions fait établir à l'ambassade de Madagascar à Paris et qui sont gratuits pour un séjour de moins de 30 jours. Nous devons tout de même récupérer nos bagages avant de les réenregistrer pour le vol suivant.
Une nuée de porteurs - en fait, des pousseurs de chariots - se jettent sur nous en passant la porte de l'aérogare et trois d'entre eux s'imposent à nous pour nous conduire jusqu'au terminal des vols intérieurs, immédiatement voisin. Il faut bien qu'ils gagnent leur pain et Mada, c'est aussi ça !
Une longue attente commence alors. Il est 6 heures et notre vol suivant est prévu à 10 h 10 (en réalité, il décollera vers 11 heures). Un petit dodo sur les banquettes de la salle d'embarquement, un peu de lecture, un thé à la pomme et à la cannelle (mmm !) pour nous réchauffer, on ronge notre frein et il fait diablement froid… l'attente est interminable.
Quand enfin l'heure du départ arrive, nous apprenons que le vol n'est pas direct : deux heures au lieu d'une initialement prévue, avec une escale à Majunga au bout de quarante minutes.
Premières images de l'île Rouge en survolant le delta du fleuve Betsiboka, peu avant Majunga.
Ce surnom prend ici tout son sens. Mis à nu par l’intense déforestation, puis lessivés par les pluies tropicales, les sols rouges de Madagascar se déversent dans le lit des rivières.
Quarante minutes plus tard, nous atterrissons à Nosy Be mais nous ne sommes pas tout à fait à destination. Reste une petite heure de trajet en taxi jusqu'à l'embarcadère vers Nosy Sakatia, pendant laquelle défilent champs de manioc, plantations d'ylang-ylang et habitations le long de la route principale de l'île. Nous reconnaissons parfaitement les lieux que nous avons déjà parcourus deux fois lors de nos précédents voyages. Rien n'a vraiment changé. Ah ! Si, nous apprenons la fermeture de l'usine de production de sucre de canne, jadis la plus importante de Madagascar. Seuls les vestiges de la voie ferrée dédiée à son transport subsistent près de Dzamandzar, témoins d'une époque faste et révolue.
Plus qu'une dizaine de minutes de traversée en bateau à moteur pour rejoindre notre destination finale : Nosy Sakatia, une île de 6,5 km de long sur 3 km de large, peuplée d'un peu plus de 400 habitants. Aucune route sur l'île, uniquement quelques sentiers et à quelques centaines de mètres du rivage, la barrière de corail !
Nous accostons sur la plage du Sakatia Lodge. Il est 14 heures passées, cela fait presque 24 heures que nous avons quitté Paris. Il fait 28 ° C… les vacances peuvent commencer !
Survol du delta du Betsiboka

Nosy Sakatia : l'hôtel Sakatia Lodge - présentation
J2 à J8 : du lundi 28 mai au dimanche 3 juin 2012
L'hôtel Sakatia Lodge est un petit hôtel tenu par Isabella et José Vieira (elle d'origine italienne, lui d'origine angolaise/sud-africaine) et leur fils Jacques. L'ambiance y est familiale et conviviale, et l'accueil multilingue : français, italien, portugais, anglais, afrikaans, malgache. Une collaboratrice d'origine suisse parle également l'allemand.
L'hôtel peut accueillir jusqu'à 30 hôtes, mais durant notre séjour, nous ne serons jamais plus d'une dizaine de clients.
Les onze villas et bungalows se déclinent de la façon suivante : - deux villas sur la plage, l'une composée de deux chambres, l'autre de trois. - un bungalow familial de deux chambres, donnant sur la plage à proximité de la mangrove - quatre bungalows "nature", les plus simples, au fond du jardin - quatre bungalows "océan", confortables et spacieux, en surplomb du jardin et de la plage.
C'est dans un de ces derniers que nous nous installons et il est tout simplement parfait.
Une grande chambre, bien ventilée (pas de climatisation) et joliment décorée dans le style local Vous remarquerez notamment les lampes et autres décorations en fer forgé ainsi que les rideaux brodés typiquement malgaches.
Chaque bungalow est prolongé par une terrasse où l'on profite du cadre luxuriant du jardin.
A l'origine, la vue portait jusqu'à l'océan (d'où Ocean Bungalow) mais depuis, palmiers et arbres du voyageur se sont tellement développés qu'ils dépassent à présent les toits des habitations.
La plage est juste en contrebas. On s'y relaxe volontiers dans une confortable chaise longue. En face, la côte de Nosy Be.
Pour une petite soif, le bar – qui fait aussi restaurant - n'est pas loin. Ici la vue côté bar.
Le chef concocte tous les soirs un menu-surprise, essentiellement avec les produits de la mer et ceux du potager de la propriété. Quelques exemples de menus pour vous faire saliver ;-) * Crêpe de brèdes (ressemble un peu aux feuilles d'épinards), brochettes de zébu (bœuf local) et croquettes de manioc, gâteau au chocolat malgache. * Carpaccio d'espadon, beignets de crevettes et spaghettis de légumes, banane flambée. * Calamars sur lit d'aubergines, poisson grillé (capitaine) et salade de crudités, cheesecake au citron
Pour vous donner une idée plus concrète de l'hôtel, voici quelques vues panoramiques à 360 °… comme si vous y étiez !
Le restaurant du Sakatia Lodge

Nosy Sakatia : Sakatia Lodge - l'environnement proche
Nos journées sur l'île se passent toujours de la même façon.
Réveil avant 7 heures : oui, oui, même si ce sont les vacances, il faut en profiter un maximum, surtout qu'ici le soleil se couche très tôt, vers 17 h 30.
7 heures : petit-déjeuner… très copieux. Boissons chaudes (café, thé, chocolat, lait) et céréales variées à volonté. Servis à table : du jus de fruits frais (différent tous les jours), des fruits (mandarines, bananes, papayes, goyaves, ananas), du pain/beurre/confiture, un gâteau ou crêpe (différents selon les jours) et des œufs, accommodés à notre convenance. Vu la richesse du petit-déjeuner et du dîner, le midi, nous faisons régime ;-)
8 heures : pour Hervé, départ en bateau pour la première plongée. Retour en cours de matinée avec une petite heure de battement avant un nouveau départ pour une deuxième plongée. Pendant ce temps, moi, je fais du snorkeling jusqu'à un petit récif de corail, je bouquine, je me baigne, je flâne, bref je prends du bon temps.
Entre 13 h 30 et 14 h 30, Hervé revient de sa deuxième plongée et nous avons tout l'après-midi pour découvrir l'île. Pendant les deux premiers jours, nous sommes restés dans les environs immédiats.
Balade vers la mangrove La première balade va nous conduire du jardin de l'hôtel jusqu'à la mangrove. En traversant le jardin, un gecko aux couleurs fluorescentes ne manque pas d'attirer notre attention.
Une fois les limites de la propriété franchies, nous suivons un petit sentier vers quelques habitations de pêcheurs. Le ravenala (ou arbre de voyageur) sert de matériau de construction aux cases locales. Les pétioles fendus, appelés falafa, servent à confectionner les panneaux muraux. Les feuilles une fois séchées sont utilisées pour la réalisation de la couverture et du tronc, on tire des planches souples avec lesquelles on fabrique le plancher.
Nous ne tardons pas à atteindre une zone de mangrove, hérissée de souches de palétuviers à perte de vue.
En face la montagne sacrée, recouverte de forêt primaire, un espace sauvage et impénétrable peuplé de chauves-souris géantes et de quelques lémuriens.
Cette colline est considérée comme fady par la population et ainsi d'autant plus facile à respecter en tant que réserve naturelle. Un fady est un tabou, un interdit transmis de génération en génération. Sur l'île de Sakatia, les chiens sont également fady.
Du coup, ce sont les canards qui font office d'animaux domestiques. Pour preuve, la scène à laquelle nous assistons au bord de la mangrove. Arrive une habitante, avec un canard sous le bras auquel elle avait passé une laisse (ficelle) autour du cou. Au premier abord, je pensais qu'elle amenait le volatile au bord de l'eau pour le "passer à la casserole". Pas du tout, elle le conduit manifestement ici pour lui faire prendre un petit bain ou lui faire faire sa sortie journalière ;-)
En s'approchant, on voit qu'avec son pied, elle dirige l'animal pour ne pas qu'il s'écarte de la trajectoire prévue.
Balade le long de la plage La deuxième balade va nous faire longer la grande plage, à l'est du Sakatia Lodge.
Immédiatement voisins, on trouve les bungalows rustiques de Delphino Villa. Ils sont la propriété de Richard et de son épouse Anne-Christine, d'origine suisse, tombée amoureuse en 1994 de l'île de Sakatia où elle s'installe peu après et où elle s'investit dans la création de l'école primaire de l'île qu'elle gère toujours aujourd'hui. Anne-Christine a partagé quelques plongées avec Hervé.
En poursuivant le long de la plage, nous arrivons à l'entrée d'Antanabe, le plus grand village de l'île (il y en a trois en tout). Ici, après l'école, les enfants s'amusent avec les moyens du bord.
Les plus petits improvisent des instruments de percussion et des danses.
Les plus grands organisent des concours de sauts périlleux. Hervé immortalise leurs exploits avant de leur montrer les clichés pour leur plus grand plaisir.
Grands et petits s'unissent pour une petite virée en pirogue tout en nous adressant le traditionnel "Salut, vazaha !" Le terme vazaha désigne le Blanc étranger.
Nous progressons toujours plus avant sur la plage, jusqu'à trouver des marches bien taillées conduisant sur les hauteurs. Aucun panneau n'en interdit l'accès alors, bien qu'intrigués, nous montons. Là nous arrivons sur un terre-plein partiellement couvert d'une dalle en béton. De jeunes plants récemment mis en terre ornent les abords. Indiscutablement, on y jouit d'une vue incomparable !
Mais à quoi sert exactement cet endroit ? Je pense à un belvédère aménagé pour les touristes. Hervé suggère un lieu de repli en cas de tsunami ou encore un terrain de jeux ou de réunion pour la communauté villageoise. Pour en avoir le cœur net, il interroge les deux gars en train de balayer la dalle mais comme ils n'ont pas l'air de comprendre le français, ils se contentent d'opiner du chef quand Hervé leur demande si c'est un terrain de sport.
En fait, ce n'est absolument pas ce qu'on pensait. Il s'agit d'un terrain privé que vient d'acquérir, dans le cadre d'un bail emphytéotique, un couple de Savoyards. Ils sont arrivés le même jour que nous au Sakatia Lodge où ils vont loger provisoirement quelques jours, puis iront habiter sous la tente sur leur terrain en attendant de faire construire leur maison et de s'installer définitivement. Nous leur souhaitons bonne continuation.
La balade s'achève peu avant le coucher du soleil par une image de carte postale : Pirogue sur fond de coucher de soleil !
Enfants de Sakatia

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Ocean Beach Hotel
Les jours suivants, nous poursuivons notre découverte de Sakatia. Nous hésitons à prendre un guide, les sentiers sont nombreux et ne sont ni indiqués ni balisés. Il n'existe pas non plus de carte topo de l'île. Finalement nous nous lançons tout seuls après avoir pris quelques renseignements succincts auprès de l'hôtel, sans oublier notre GPS pour enregistrer notre trace et ainsi revenir plus aisément à notre point de départ.
Depuis le bateau de plongée, Hervé avait repéré un hôtel sur la côte sud-ouest. Ce sera le but de cette balade. Le départ se fait derrière notre lodge, comme pour aller à la mangrove. Après, il suffit paraît-il de suivre le sentier plus ou moins tracé.
Pas de difficulté au début, nous dépassons les habitations de pêcheurs comme la veille mais là, hum, premier doute : le sentier a l'air de s'arrêter au pied de la dernière maison. Nous interrogeons une fillette en train de récurer des gamelles sur le pas de la porte, elle nous indique timidement une vague sente grimpant vers les hauteurs.
L'île de Sakatia est en effet très vallonnée et une bonne grimpette nous conduit sur le haut d'une colline. De la musique à plein tube nous parvient d'une des cases coiffant le sommet. Pas d'humain en vue, seuls trois poissons séchant au soleil !
Et déjà la vue sur la baie de l'Ocean Beach Hotel. Plus qu'à descendre un petit raidillon et nous y voilà. Huit bungalows (+ cinq en cours de construction) en palissandre et matériaux traditionnels sur un grand jardin arboré ! Climatisation en option. Energie solaire !
Un grand restaurant et une piscine en cours de construction.
Mais l'hôtel est vide (et semble-t-il à vendre).
Le fils du propriétaire, belge, nous accueille et nous fait part de ses difficultés. Le tourisme est moribond à Madagascar et les tour-opérateurs internationaux sont frileux en raison de l'instabilité politique du pays. Les chiffres officiels le prouvent : au premier semestre 2011, 100 000 entrées de visiteurs non résidents contre plus 150 000 pour la même période en 2008, avant la crise politique de 2009. 100 000 visiteurs, c'est à peine un peu plus que la capacité du stade de France, une goutte d'eau pour un pays grand comme 1 fois ½ la France.
Sur ces réflexions, nous poursuivons la balade après avoir jeté un œil sur les tortues étoilées (ou rayonnées), endémiques de Madagascar, une espèce classée "vulnérable". Astrochelys radiata… Astro = astre, chelys = carapace et radiata = rayons... le tout fait référence a sa carapace qui a des dessins en forme de rayons de soleil.
Encore une colline à franchir où s'accrochent désespérément quelques habitations de guingois avant d'atteindre une petite plage déserte et sauvage.
Des traces témoignent du récent passage de tortues, venues y pondre.
Pour le retour, on se fait indiquer une variante démarrant au fond de la propriété de l'Ocean Beach et traversant la forêt, l'occasion d'admirer une étonnante fleur bleue à la forme suggestive, Clitoria ternatea, plus communément dénommée pois bleu. Les fruits sont des gousses évoquant un haricot. Les feuilles sont utilisées à Madagascar pour calmer les douleurs articulaires.
En se retournant, on domine l'hôtel que l'on vient de quitter.
De vallée en colline, nous finissons par prendre un peu de hauteur et ainsi balayer du regard tout le sud de l'île.
Tout en haut, sur la crête, le belvédère où nous nous attarderons quelques jours plus tard.
Plus loin, sur notre droite, la vue de la montagne sacrée confirme que nous sommes bien sur le bon chemin. Les petites cases dans le fond du vallon ont l'air de sortir tout droit d'un jeu de construction en bois.
Mais d'où nous arrive ce délicieux parfum qui remplit l'air à ce moment précis. Mais bien sûr… de la plantation d'ylang-ylang que nous sommes en train de traverser.
L'ylang-ylang est un arbre de la famille des Annonacées, originaire d'Asie du Sud-Est. On le cultive pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. L'arbre peut atteindre 25 à 30 mètres dans son milieu naturel mais on le taille pour ne pas qu'il dépasse 2 à 3 mètres, afin de faciliter la récolte des fleurs.
Le village n'est maintenant plus très loin. Alors que nous approchons, nous apercevons un jeune homme, apparemment en train de chercher quelque chose dans les fourrés. Des escargots ? "Non, dit-il, je cherche les caméléons. - Des caméléons, ça tombe bien, nous aussi nous en cherchons désespérément depuis quelques jours. - Vous voulez que je vous trouve un caméléon, nous propose notre homme. Attendez, nous dit-il !" Ni une, ni deux, et il nous en déniche un… magnifique caméléon panthère mâle = Furcifer pardalis (à déterminer)
Après la traversée du village, fin de la balade une nouvelle fois sur la plage, peu avant le coucher du soleil. Une variante de la pirogue au coucher du soleil alors que les derniers rayons de soleil inondent la côte de Nosy Be, en face.

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers Sakatia Passions Hôtel
Aujourd'hui, c'est l'hôtel Sakatia Passions qui servira de prétexte à notre promenade journalière. En théorie, il suffit de suivre le bord de mer jusqu'au village d'Ampasimena, le deuxième village de l'île, puis de rallier l'hôtel en coupant par l'intérieur des terres.
Dans la pratique, rien de compliqué jusqu'à Ampasimena : nous suivons la plage, puis la zone rocheuse où le passage incessant des villageois a littéralement usé la roche, créant ainsi un réel cheminement.
En suivant le bord de mer, nous dépassons le premier village… où un bateau de pêche est à l'ancre dans la baie.
Puis, à près le passage à gué d'une rivière, nous traversons la plage d'Ampasimena. Mais au bout de la plage, premières interrogations : où va-t-on maintenant ? Heureusement, un piroguier bien serviable s'empresse de nous servir de guide pendant quelques centaines de mètres, histoire de nous remettre sur la voie. Une petite sente passant devant sa maison va nous faire gagner un peu d'altitude.
Entre les ananas, les palmiers et les arbres du voyageur, nous apercevons Nosy Be.
Après l'avoir remercié de quelques milliers d'ariarys, l'homme nous quitte alors que nous débouchons sur une large allée pavée – à l'échelle de cette île, presque une autoroute - qui monte depuis le bord de mer et qui se poursuit… Dieu sait où ? Allons voir !
L'allée, par endroit couverte d'une sorte de tonnelle, aboutit à un ensemble de bâtiments entourant une terrasse et une piscine à l'eau complètement croupie. Et sous un abri, un quad…
Un hôtel abandonné ? D'après nos sources, il s'agirait d'une multipropriété acquise par plusieurs amis : "les Copains d'abord". Mais ils ne doivent pas ou plus y venir souvent, les copains.
Pourtant, la vue y est magnifique… on devine au loin (à droite) l'îlot de Nosy Tanga.
Le Sakatia Passions, nous le trouvons un peu plus bas, au bord de mer. Ouvert depuis 1996 et spécialisé pour la pêche au gros, il est le plus ancien hôtel de Sakatia et aussi le plus proche de la côte de Nosy Be.
Quelques clients se relaxent sur la plage mais les lieux sont loin de nous plaire. Il n'y a pas mieux que notre lodge où nous nous empressons de retourner par le même chemin… pour avoir tout juste le temps de voir le ciel rosir au coucher du soleil.
Arbre du voyageur

Nosy Sakatia : balade dans l'île vers la plage ouest
Cette fois-ci, pas d'hôtel en ligne de mire mais une plage : celle d'Ampasindava, au nord-ouest de l'île. Comme l'itinéraire a l'air d'être un peu compliqué à suivre, nous optons pour un guide. Nous avons donc rendez-vous à 14 h 30 au village voisin, au kiosque faisant office de maison des guides. Une jeune fille parlant un français très correct nous accueille, c'est son père – jardinier au Sakatia Lodge et guide à ses heures – qui nous accompagnera pour cette balade. Au retour, il est prévu d'assister au coucher du soleil au belvédère que nous avions déjà aperçu pendant une de nos promenades précédentes.
A peine sortis du village, notre homme nous trouve, pour notre plus grand plaisir, un caméléon… encore un Furcifer pardalis… fabuleux !
La balade démarre en terrain connu, en direction de la montagne sacrée, en passant au pied de ces deux petites cases que nous avions aperçues de loin la veille.
Elle aboutit à la mangrove mais aujourd'hui, avec ces cocotiers les pieds dans l'eau, nous la voyons sous un jour nouveau... à marée haute.
Nous sommes dimanche et dans une case voisine, toute la famille est réunie. Une vieille dame nous vend une petite fiole d'essence d'ylang-ylang.
Commence alors la traversée de l'île. Heureusement que nous sommes accompagnés car effectivement les sentiers se croisent et se décroisent, nous aurions eu du mal à trouver. De plus, par la même occasion, nous en apprenons sur les fruits, baies et plantes locales : jacks, poivre, papayes, manioc, teck.
Mais gare à celui qui touchera cette gousse couverte de poils urticants, le pois Mascate ou Mucuna pruriens, il lui infligera de sérieuses démangeaisons. La légumineuse bénéficie pourtant d'un profil biochimique fascinant et contient une multitude de principes actifs intéressants utilisés dans la médecine ayurvédique pour traiter notamment la maladie de Parkinson.
Bientôt une grande plage est en vue. Ce n'est pas tout à fait celle qu'on visait, on espérait arriver plus au nord, à Ampasindava, une plage classée par le gouvernement malgache en réserve foncière touristique et où l'on pourrait voir fleurir à terme un grand complexe hôtelier. Nous nous contenterons de celle-ci, très belle, sauvage et déserte.
Il fait chaud et un repos bien mérité sous cet arbre aux racines tentaculaires est bienvenu.
Mais il faut penser au retour et nous voilà à nouveau en route vers les hauteurs de l'île. Mine de rien… 120 mètres de dénivelé nous indique notre GPS qui intéresse d'ailleurs aussi beaucoup notre guide.
Bulbuls et souimangas survolent nos têtes mais ces oiseaux très vifs ne se laissent pas facilement mettre dans la boîte. Le pigeon vert de Madagascar en revanche pose carrément. Treron australis
Quant aux araignées, elles ne se laissent pas déranger ! Nephila inaurata madagascariensis
Tout en suivant la crête jusqu'au belvédère, notre guide nous montre des orchidées mais elles ne sont pas en fleur, ce n'est pas la saison. En revanche, celles-ci nous intriguent...
Bientôt se déploie devant nous un panorama à 360 ° de la côte Nord de Nosy Be jusqu'au sud de Sakatia.
Et voici le moment tant attendu : il est 17 h 26, place coucher de soleil.
Nous nous dépêchons ensuite de rejoindre le village où notre guide s'arrête devant sa maison, en ressort avec un cahier d'écolier sur lequel il note très consciencieusement que le circuit vers la plage Nord fait exactement 5 km (que nous avons parcourus tranquillement en 3 heures) et que le point culminant du parcours se situe à 120 mètres d'altitude.
Il fait déjà nuit quand nous atteignons l'hôtel. Une très chouette balade (8000 Ar par personne = moins de 3 €)
Coucher de soleil !

Nosy Sakatia : et la plongée ?
Compte-rendu fait par Hervé. L'île de Nosy Sakatia est idéale pour la pratique de la plongée. Aucune pollution industrielle ne vient détériorer la vie sous-marine qui foisonne dans une eau riche en plancton mais qui reste suffisamment claire pour le photographe. Les plongées au Sakatia Lodge se font à partir d'un confortable bateau à moteur équipé récemment d'un sondeur GPS qui permet d'arriver pile sur les sites de plongée et même d'en découvrir de nouveaux, totalement vierges, en fonction des hauts-fonds repérés.
J'ai eu la chance de plonger avec des moniteurs (père et fils) passionnés et très cool. Munissez-vous d'une loupe pour apprécier les myriades de petits animaux qui vous surprendront par leur diversité. Jacques, le fils, a des yeux de lynx et vous fait profiter de sa grande expérience pour dénicher des animalcules improbables.
Bref, les plongées sont d'une richesse surprenante et d'une grande diversité et cela concerne à la fois le "petit" et le gros.
La mer est calme, 28 ° C. Les plongées se font entre 15 et 25 mètres et les temps de plongée ne sont pas limités. En fonction de notre consommation et de la profondeur, nous sommes parfois restés 110 minutes avec notre bouteille de 12 litres. Les plus gourmands peuvent s'équiper de 15 litres et pour plus de confort, le Nitrox est également disponible. Les sites sont proches, de 5 à 20 minutes de l'hôtel. Départ vers 8 heures, retour à l'hôtel après la première plongée et une heure de détente avant la seconde. Nous n'avons jamais été plus de cinq plongeurs et le plus souvent nous étions deux. Nous n'avons rencontré aucun autre bateau de plongée durant la semaine. Espaces vierges et protégés également du fait du faible nombre de touristes.
Deux images m'ont tout particulièrement marqué : une espèce d'araignée d'un centimètre de long dont le corps est aussi fin que ses 8 pattes qui doivent faire moins d'un mm d'épaisseur (Phoxichilidium femoratum) et un banc de perroquets à bosse d'une quarantaine d'individus, absolument magique. A certaines saisons, il est possible d'assister à la migration des baleines, nous avons d'ailleurs vu un souffle tout près du bateau.
Crevettes-mantes

Une journée d'excursion à Nosy Komba et Nosy Tanikely
Nosy Komba, une petite île volcanique à mi-chemin entre Nosy Be et la Grande terre, connue pour son village de pêcheurs aujourd'hui reconvertis en vendeurs d'artisanat.
A 10 km à l'ouest de la précédente, Nosy Tanikely, petit îlot inhabité, récemment classé en parc marin et terrestre, réputé pour sa belle plage et surtout pour ses fonds marins exceptionnels.
Nous les avions déjà visitées lors de nos précédents voyages mais tenions à les revoir absolument. Les deux îles se visitent facilement dans le cadre d'une excursion d'une journée. Prévoir palmes, masque et tuba, bien sûr !
C'est donc ce circuit que nous avons réservé auprès de notre hôtel, sans véritablement nous soucier de la façon dont il allait se dérouler. Et ce sera la surprise !
Nous imaginons d'abord que c'est le bateau de l'hôtel qui nous y mènerait dans le cadre d'une excursion privée. Le départ est fixé à 7 h 45… houlà, encore plus tôt que les autres matins. C'est bien sur l'embarcation de l'hôtel que nous montons mais en direction de Nosy Be. Nous pensons alors que c'est à l'embarcadère de Nosy Be qu'un bateau nous attendrait. Même pas… là c'est un taxi qui prend le relais pour nous conduire à Ambatoloaka (prononcez Ambatoulouk) et quand nous arrivons sur la plage, nous comprenons finalement que c'est en groupe que nous passerons la journée.
Ambatoloaka ! Nous connaissons bien cette station balnéaire puisque nous y avons séjourné en 2001 et puisque nous avons un peu en avance, nous en profitons pour jeter un œil à l'hôtel où nous avions logé.
Déjà à l'époque, l'Ylang-Ylang n'était pas de première jeunesse mais là, il est complètement décrépi et fait peine à voir. Ah ! Comme nous sommes bien à Sakatia !
En attendant le départ de notre excursion, nous patientons à l'ombre d'un arbre qui ne manque pas d'attirer notre attention : en malgache Fotatra, le Bonnet d'évêque ou Barringtonia racemosa.
C'est un arbre imposant, aux fruits à quatre côtes saillantes qui ressemblent à un bonnet d’évêque. Toujours vert et avec ses grandes feuilles, il revêt un caractère sacré auprès de certaines ethnies. La graine oléagineuse contient des principes toxiques utilisés pour la pêche. Le bois imputrescible sert à la confection des pirogues. La fleur est vraiment très délicate.
Ça y est, tout le monde est prêt : nous sommes finalement 9 touristes + un skipper, une cuisinière, un homme à tout faire et un guide, 13 personnes (gloups !) sur une embarcation sans doute prévue pour 10, skipper compris. Heureusement la mer est calme !
Après une traversée d'une petite heure, nous accostons à Tanikely où nous laissons descendre une partie des excursionnistes ayant choisi de limiter la sortie à cet îlot. Nous sommes les seuls avec un couple belge à poursuivre jusqu'à Komba. La cuisinière est aussi du voyage car le feu est interdit sur Tanikely, elle préparera le repas à Komba puis le ramènera sur l'ilôt où tout le monde se retrouvera pour le déjeuner.
Une quinzaine de minutes plus tard, nous approchons de Nosy Komba.
Nous nous dirigeons immédiatement vers une colline au-dessus du village, dans un coin où l'on peut observer des lémuriens, des makis macaco, en toute liberté (tout de même plus ou moins apprivoisés car nourris). C'est amusant de les voir dégringoler des arbres pour sauter sur notre dos… enfin, pour attraper les bananes qu'on leur propose. Les mâles sont noirs, les femelles rousses.
En dehors des lémuriens, les villageois ont aussi rassemblé là, dans quelques "enclos", des tortues, des caméléons et des serpents.
Hervé fait le fier avec ce boa de Madagascar (brrr !). Moi, je préfère nettement les câlins du maki. Acrantophis madagascariensis, une espèce endémique !
Un lézard endémique, Zonosaurus madagascariensis, partage le territoire avec les tortues rayonnées.
Sans oublier les caméléons-panthère, Furcifer pardalis… la femelle de couleur rouge-brun et le mâle aux couleurs chatoyantes.
Nous traversons ensuite le village qui s'est bien agrandi et qui est passé d'un simple village de pêcheurs en 1984 et même encore en 2001 à un village tourné vers la vente d'artisanat. Pourtant, il subsiste encore quelques activités traditionnelles, notamment le travail de la vanille et surtout le remarquable travail artistique des brodeuses.
Toutes ces nappes brodées flottant au vent donnent tout son charme au village.
Retour à Nosy Tanikely pour le pique-nique : salade de pommes de terre, brochettes de zébu et de crevettes, poisson grillé et riz coco, crabe en sauce, fruits en dessert. Le tout, excellent, avec un seul petit bémol… dommage que les plats chauds qui avaient été cuisinés sur l'île voisine aient été tièdes, voire froids, au moment de les déguster. Mora mora.
Mais le clou de la journée et l'objectif principal de cette sortie, c'est de revoir les fonds marins. Alors dès la dernière bouchée avalée, nous nous dépêchons d'enfiler palmes, masque et tuba… sans oublier un tee-shirt car le soleil, à cette heure de la journée, est redoutable. Et hop… dans l'eau ! Voici quelques scènes à laquelle nous avons assisté (je rappelle que ces photos ont été faites en apnée).
Toujours aussi fabuleux, les fonds autour de Tanikely: deux tortues, des langoustes, des poissons à foison, des coraux en excellente santé… une heure trente de découverte intense de sorte qu'on en arrive à faire abstraction du plancton urticant (rien à voir avec les grosses méduses néanmoins !) qui nous picotent les membres.
Mais toutes les bonnes choses ont une faim. A 15 heures, le bateau sonne le rappel des troupes. En fin d'après-midi, la mer est susceptible de pouvoir se former, il ne faut donc pas attendre pour rentrer. Déjà, la surface de l'eau est plus agitée que ce matin. Retour à Ambatoloaka vers 16 heures et après un nouveau transfert en taxi puis en bateau, nous sommes de retour à Sakatia vers 16 h 30.
Excellente journée ! Nous avons été ravis d'avoir pu revoir ces deux îles.
Nosy Komba

Retour sur la Grande Terre : de Tana à Antsirabe par la N7
J9 : Lundi 4 juin 2012
Notre séjour à Nosy Sakatia tire sur sa fin et c'est le moment de faire un premier point sur cette semaine écoulée. Le temps a été chaud et ensoleillé : près de 30 ° C à la fois dans l'air et dans l'eau ! Température idéale !
Que ce soit l'hôtel ou l'île de Sakatia en général, ils ont tous les deux parfaitement répondu à nos attentes. Sans être luxueux, le Sakatia Lodge offre un confort très appréciable. Quant à l'île, elle n'est pour l'instant pas touchée par les effets délétères du tourisme. En effet, on peut s'y promener en toute liberté et en toute sécurité sans être jamais ni harcelé ni même sollicité par les habitants. Un petit mot dans les chambres de l'hôtel recommande d'ailleurs aux touristes de ne rien distribuer directement à la population (ni habits, ni argent, ni bonbons aux enfants) mais éventuellement de faire des dons à l'école et/ou au dispensaire.
Quant à la plongée, les sites autour de Sakatia et plus largement autour de Nosy Be sont restés tout aussi exceptionnels qu'il y a trente ans, les coquillages en moins.
Nous profitons de nos dernières heures sur l'île et puisque notre vol a subi une nième modification d'horaire (prévu à 13 h 45, il vient d'être déplacé à 15 h 10), rien de mieux qu'une dernière baignade avec snorkeling au jardin de corail, juste devant la plage.
Départ de l'hôtel à 12 h 15 pour le transfert à Nosy Be où un taxi nous attend. Comme nous avions pris la route du sud à l'aller, nous avons demandé à emprunter la variante par le nord pour retourner à l'aéroport. Cet itinéraire, très peu fréquenté mais plus scénique, n'a pas la faveur des taximen car en cas de problème, il n'y passe pas grand monde. Du coup, notre chauffeur s'y croyant tout seul s'arroge le droit de couper systématiquement tous les virages. Nous lui faisons gentiment remarquer que nous souhaiterions arriver à destination en un seul morceau. Cette route compte également des montées et des descentes incessantes et vu le peu de reprise du véhicule, on comprend que notre homme n'aime pas cet itinéraire.
Arrivée à l'aéroport à 13 h 30 et vol à l'heure. Il est plus de 16 heures quand nous atterrissons à Tana. Température au sol : 20 ° C, il fait bon mais sans plus… par rapport à Nosy Be.
L'activité dans l'aérogare est bien moins intense à l'arrivée d'un vol intérieur que d'un vol international : il n'y a même pas un porteur pour prendre nos valises !
Le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. Premières impressions en traversant Ivato (la ville de l'aéroport) : une multitude d'échoppes colorées le long de la route, des rizières jusque dans la ville, la digue qu'arpentent une foule de travailleurs, des vendeurs de briques, les arrêts imprévisibles des taxis-brousse… mais aussi un centre commercial et des enseignes qui ne nous sont pas inconnues. Des affiches publicitaires pour le dernier smartphone côtoient les stands misérables des marchés. Tout le paradoxe de Tana !
Les collines de la capitale et le palais de la Reine sont bientôt en vue. La circulation s'intensifie quand le taxi entre dans les rues pavées en pente après le lac Anosy. L'odeur des gaz d'échappement devient prégnante.
Nous arrivons à destination à l'hôtel Sakamanga, en plein centre. Les petits vendeurs nous assaillent à la sortie du taxi… nous nous engouffrons dans l'hôtel, un véritable havre de paix, loin de l'agitation de la rue.
Dans un labyrinthe de couloirs colorés, agrémenté de verdure mais surtout d'objets typiques et de sculptures du pays, l'hôtel a un cachet tout particulier : c'est un véritable musée !
Au deuxième niveau de cette élégante maison, nous apprécions la décoration soignée, le parquet en bois rouge et la terrasse de notre suite.
Pour le dîner, il nous suffit de descendre d'un étage, le restaurant du Sakamanga bénéficie d'une belle réputation et le repas sera à la hauteur.
Escalope de foie gras poêlée et magret de canard au poivre vert pour Hervé, verrine de tomates confites, feta, basilic et méli mélo (foie gras poêlé, salade verte et gésiers, magret de canard fumé) pour moi. En dessert, à l'unisson, des bananes flambées. Un repas digne d'une grande table parisienne pour une addition malgache.
Précisons que le canard y est élevé partout et que par conséquent on y produit d'excellents magrets, confits et foie gras locaux.
Le timing aura été serré aujourd'hui. Nous n'aurons pas eu le temps de faire un saut dans le quartier mais nous avions déjà visité Tana lors de nos précédents voyages alors ce n'était pas une priorité.
Demain nous prenons possession de notre véhicule et alors, à nous la Nationale 7 !
J10 : Mardi 10 juin 2012
En nous rendant au petit déjeuner ce matin, nous finissons la découverte de notre hôtel en déambulant, d'un couloir à l'autre, jusqu'au patio. Chaque recoin nous dévoile de nouveaux objets : collections d'instruments de musique, de billets de banque, de détails de balustres, d'affiches publicitaires d'époque… Etonnant et très instructif !
Le buffet du petit déjeuner est un régal !
Nous espérions profiter encore un peu du cadre jusqu'à 9 heures mais voilà que notre loueur se présente dès 8 heures. Nous fermons nos valises dans une certaine précipitation, n'échappons pas à quelques vendeurs de pacotille devant l'hôtel et sautons aussitôt dans notre 4 x 4. Bon, pour l'instant, c'est Rodolphe qui prend le volant, le temps de sortir du centre et de nous donner quelques indications sur la voiture.
Nous avions été en contact par Internet avec Andry de N7 mais le propriétaire de ce véhicule en particulier, c'est Rodolphe et c'est bien lui qui nous le "cède" pour 8 jours, nous n'aurons plus aucun contact avec l'agence.
Il s'agit d'un Toyota Land Cruiser HDJ80, première mise en circulation 1999. Il affiche 12000 km au compteur depuis un récent changement de moteur mais précédemment, le véhicule avait sans doute déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Un autocollant sur la vitre arrière relatif à "Bel Africa" laisse à penser qu'il avait sans doute déjà servi en Afrique (Bel Africa = tour opérateur spécialisé dans l'organisation de safaris en Afrique). Quoiqu'il en soit, ce type d'engin a en général une durée de vie très longue et nous avions déjà loué précédemment en Australie et en Bolivie des 4 x 4 avec un kilométrage avoisinant les 150 000-170 000 km. Il est dans un très bon état avec des pneus néanmoins un peu usés. Il devrait être parfaitement adapté au parcours envisagé, essentiellement de la route en plus ou moins bon état et à peine une cinquantaine de kilomètres de piste.
A la sortie de Tana, Rodolphe nous quitte. Nous voici sur les rails sur la Nationale 7, en direction d'Antsirabe à 180 km au sud, un parcours estimé à 3 à 4 heures. Le temps gris pour l'instant laissera plus tard la place au soleil.
Nous mettons notre GPS Garmin de randonnée à contribution mais à part une ligne fictive symbolisant la fameuse nationale et quelques points stratégiques enregistrés, aucun autre repère n'est disponible. Mais après tout, sans doute suffit-il tout simplement de suivre la Nationale à l'aide de quelques panneaux. Mais à Mada rien n'est simple et les panneaux, il ne faut pas trop y compter.
Bon, après une hésitation au premier rond-point, nous suivons grosso modo la ligne fictive du GPS et commençons la descente vers le Sud. Après la cohue de Tana, la nature reprend rapidement ses droits : collines, gros blocs de rochers ronds, villages traditionnels, maisons de brique ocre coiffées de chaume et… les rizières transformées en briqueteries à ciel ouvert après les moissons. Le dépaysement est total !
Certes la conduite demande beaucoup d'attention car ici les voitures bien que peu nombreuses partagent la route avec les vélos, les piétons, les charrettes à zébu et toutes sortes de chariots tout droit sortis de la débrouillardise malgache. Voici un exemple de chariot appelé varamba… composé d'une plateforme type palette montée sur un système ingénieux de roues en bois recouvertes de caoutchouc de pneus récupérés et cloutés sur la circonférence. Le tout sur des roulements à bille eux aussi d'occasion !
Il faut l'imaginer chargé à bloc et poussé dans les montées parfois par plusieurs personnes (hommes, femmes et enfants) puis transformé en skateboard dans les descentes.
La route est sinueuse. Nous passerons de 1200 mètres à Tana à 1500 mètres à Antsirabe au fil de montées et de descentes incessantes sans aucune ligne droite quasiment. A ce rythme, on ne roule pas vite, en moyenne 40 km/heure. "Mora mora" = doucement, doucement comme aiment à le répéter les Malgaches.
Les activités qui caractérisent les différentes régions changent au fur et à mesure de notre avancée. Après les rizières, place aux champs de légumes et aux monticules de carottes au bord de la route. Puis c'est au tour des pépinières et des expositions de plantes à fleur, puis le travail du raphia avec ses stands d'articles de vannerie. Un peu plus loin encore, ce sont les miniatures en bois qui ornent les étalages.
On traverse Behenjy, la ville qui ravitaille les restaurants de Tana en foie gras, puis Ambatolampy, celle où l'on fabrique toutes les marmites de Madagascar.
En cours de route, nous achetons cinq gros avocats et un panier de nèfles pour notre pique-nique. Vers midi nous atteignons Antsirabe, 200 000 habitants et pas loin de 10 000 pousse-pousse. Ancienne ville thermale au temps de la colonie, la ville reste aujourd'hui l'un des tout premiers centres industriels du pays grâce notamment à la bière produite localement par la brasserie Star, la THB (Three Horses Beer). Située à près de 1500 mètres d'altitude, c'est le point le plus froid de Madagascar.
Nous avons réservé une chambre d'hôte chez Couleur Café. J'avais repéré que c'était près de la gare et j'espérais qu'un panneau nous indiquerait au moins cet édifice. Que nenni, pas un seul indice !
Avec comme seul repère le point GPS de la propriété, nous tentons d'approcher par tâtonnements successifs, en tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, tout en nous frayant un passage entre les piétons, les vélos et les pousse-pousse. Finalement notre stratégie paie… nous tombons pile dessus.
Couleur Café : autour d'un bel espace gazonné et fleuri, cinq petits bungalows en brique avec cheminée mêlant le style malgache à une décoration contemporaine. Nous sommes séduits !
Après un petit repos dans le jardin, il est temps de découvrir les alentours de la ville, notamment les deux lacs Andraikiba et Tritiva accessibles depuis la route allant à Morondava.
Au premier lac, nous ne faisons qu'une courte halte, histoire de…
Le deuxième lac se trouve à 11 km de piste du précédent. La progression est lente, il nous faut presque une heure pour parcourir la distance sur une mauvaise piste.
Un véritable patchwork de cultures maraîchères à perte de vue couvre la campagne au pied du lac !
Sur place, nous sommes accueillis par une nuée de vendeuses nous proposant chapeaux de paille et pierres semi-précieuses ainsi que par Jeannot qui s'improvise guide et qui nous réclame 20 000 ariarys (8 €) pour la visite. Le guide du Routard indiquait 3000 Ar par personne alors soit le fameux ouvrage n'est pas à jour, soit c'est l'inflation qui gagne du terrain, soit Jeannot a profité de notre générosité mais peu importe… c'est notre B.A du jour !
Quant aux vendeuses, nous leur promettons de leur acheter une bricole à notre retour. C'est sans doute pour être sûr de ne pas perdre leurs clients que tout ce petit monde ne nous lâche pas d'une semelle et c'est donc en procession que nous commençons le tour du lac.
Le lac Tritiva : un très beau lac d'origine volcanique, d'un bleu saisissant. Si profond et sans doute si fascinant que, d'après la légende, deux amants qui s'étaient vus refuser le mariage s'y seraient précipités et noyés.
La baignade est fady pour les locaux mais est néanmoins tolérée pour les étrangers. C'est ainsi que le commandant Cousteau a pu en explorer les profondeurs pour tenter de percer le mystère qui fait que curieusement le niveau d'eau baisse pendant la saison des pluies et remonte à la saison sèche.
Les bords du lacs sont couverts de pins, notamment des pins du Mexique introduits au début du XXème siècle. En février dernier, le cyclone Giovanna a d'ailleurs eu raison d'un certain nombre de ces arbres à la grande satisfaction des travailleurs du bois à qui cette opportunité offre un peu de travail.
Egalement, sur la rive, des lys sauvages… au port très délicat = Lilium formosanum
Et alors que nous poursuivons notre tour du lac, nous trouvons une chauve-souris prise dans les fils hyper solides d'une énorme toile d'araignée. Nous la libérons mais elle a déjà été sérieusement blessée par son agresseur, sans doute une néphile de Madagascar, une araignée inoffensive pour l'homme mais redoutable pour ses proies.
Au terme de la balade, un dernier coup d'œil au lac nous permet de constater que sa forme reproduit les contours de l'Afrique. Bluffant !
Alors que nous approchons de la voiture, les vendeuses reviennent à la charge. Littéralement assaillis, nous avons bien du mal à faire notre choix tellement elles sont pressantes.
Nous ferons deux heureuses : Bénéfice (un nom prédestiné !) à qui j'achète un chapeau de paille et une autre dame à qui Hervé achète deux petites ammonites et… malheureusement beaucoup de déçu(es) aussi car nous ne pouvons tout acheter. Une nouvelle fois, les villageois nous confirment que les touristes sont rares, nous avons été les premiers de la journée et… vu l'heure seront sans doute les seuls.
Avant de les quitter, une dernière photo en souvenir de ce groupe bien sympathique avec qui nous avons partagé un bon moment !
Nous retournons ensuite à Antsirabe par la même route en croisant beaucoup d'écoliers et de collégiens parcourant des kilomètres pour rentrer à leur domicile à la sortie des classes.
La fin de soirée est paisible mais fraîche, un bon feu crépite dans la cheminée de notre bungalow et pour le dîner, nous décidons de rester sur place. Couleur Café propose une restauration uniquement à ses hôtes (pas de restaurant ouvert à la clientèle extérieure). Nous goûtons un excellent filet de zébu, le service et la cuisine sont top. Nous sommes vraiment contents de notre choix !
Lac Tritiva

Ambaladingana, sous le soleil de Mada
J11 : Mercredi 6 juin 2012 Dès 8 heures, nous quittons Couleur Café après y avoir laissé notre sac de plongée que nous récupérerons à notre retour.
Le repérage dans Antsirabe est toujours empirique mais avec un peu d'aide locale, nous finissons par sortir de la ville… en même temps que les convois de zébus.
Notre randonnée initiale aux cascades de Fred est tombée à l'eau. En raison d'un changement de date, le guide n'était plus disponible et nous n'avons pas vraiment cherché ailleurs.
Notre étape du soir se fera à l'écolodge "sous le soleil de Mada" à Ambaladingana, distant de 115 km. En cours de route nous envisageons un éventuel arrêt à Ambositra (à 90 km) pour grimper au Mt Antety (1864 mètres d'altitude).
De fait, après les rizières aux abords d'Antsirabe, le paysage devient plus minéral et plus montagneux à l'approche d'Ambositra (prononcez Ambouchtr). Le ciel lui aussi devient changeant, de plus en plus nuageux jusqu'à donner de la pluie. Etonnant cet épisode dépressionnaire en pleine saison sèche… sans doute l'influence de la tempête tropicale Kuena stationnée à 1000 km au large des côtes nord-est de l'île entre le 5 et le 7 juin.
Dans ces conditions, inutile de nous attarder dans cette ville, les sommets sont dans la brume. Continuons plutôt jusqu'à notre étape finale où nous aviserons.
La traversée de la ville d'Ambositra n'est pas une mince affaire : tout le centre est congestionné. On se croirait un jour de foire ou de braderie en France. Serait-ce le jour du marché ? Même pas, c'est sans doute ainsi tous les jours. Nous espérons être enfin plus tranquilles quand nous aurons pris la piste à Ivato, à15 km au sud d'Ambositra vers la maison d'hôtes "sous le soleil de Mada".
Mais sur la piste aussi, il faut faire attention aux piétons…très nombreux. Ils ont souvent la mauvaise habitude de marcher sur les deux côtés de la voie, nous obligeant à quasiment nous arrêter à chaque fois qu'il faut les doubler ou les croiser. La progression est lente et prudente !
Au bout de 12 km, la pancarte du lodge indique que nous sommes arrivés et une fois de plus le point GPS extrapolé à partir des indications reçues est d'une extrême précision.
"Sous le soleil de Mada" : une dizaine de bungalows rustiques mais équipés de sanitaires privés, en bois d'eucalyptus, d'inspiration zafimaniry (les Zafimaniry font partie d'une ethnie malgache réfugiée dans la forêt et passée maître dans l'art du travail du bois).
Nous nous installons dans la case numéro 12. Il est tout juste midi.
La maison d'hôtes est celle de Marc et Brigitte. Partis de France pour un tour du monde, ils se sont arrêtés à Madagascar, leur première étape. Tombés amoureux de cette région, ils n'en ont plus bougé depuis.
Le lodge porte particulièrement bien son nom puisque, après la grisaille de la matinée, le soleil se montre dès notre arrivée. Une bonne occasion pour aller immédiatement découvrir les alentours avec Johnny qui nous sert de guide accompagné d'un des chiens de la maison.
Tout en suivant le toutou… Nous passons à proximité d'un tombeau Longeons des rizières à perte de vue Rencontrons des écoliers studieux installés dans une église depuis que leur école a été endommagée par le dernier cyclone. Puis après avoir traversé la rivière sur un petit pont de bois, croisons de jeunes orpailleuses, retournant laborieusement la terre en espérant y trouver quelques pépites, que dis-je, un peu de poudre d'or tout au plus !
En tout, deux heures de balade dans la campagne environnante avant de finir l'après-midi sur la terrasse du lodge… … à profiter tout simplement de la vue… … et à observer les allées et venues d'un corbeau-pie et d'un souimanga malgache .
Au coucher du soleil, la fraîcheur se confirme et c'est avec plaisir que nous nous retrouvons autour de la cheminée à bavarder avec Marc le patron, très sympathique et d'une extrême gentillesse.
A la nuit tombée, trois nouveaux hôtes nous rejoignent. Deux d'entre eux sont liés à l'hôtel Tsara Komba, "l'hôtel au luxe bienveillant" et à l'ONG "Des Villages et des Hommes" à l'initiative, en novembre 2011 à Paris, d'une vente aux enchères d'œuvres d'artistes malgaches destinée à financer un village sur l'île de Nosy Komba.
Le troisième est l'auteur, entre autres, du très bel ouvrage "Zafimaniry intime".
Tous ensemble, nous passons une excellente soirée autour du repas concocté par les jeunes employées du lodge : beignets d'aubergines, truffade + haricots verts et brochettes de zébu, fruits flambés. Sans oublier les rhums arrangés du patron !
Après un tel repas, il n'y a plus qu'à faire dodo. Dans notre cabanon rustique, pas de chauffage mais sous la couette, nous n'aurons pas froid.
Demain, nous avons prévu de découvrir un peu plus ce mystérieux pays Zafimaniry… en espérant qu'il fasse beau !
Chercheuses d'or

Antoetra - Ifasina : randonnée en pays Zafimaniry
J12 : Jeudi 7 juin 2012 En poussant le petit volet de notre cabanon ce matin, je m'aperçois qu'un épais brouillard enveloppe toute la vallée. Notre randonnée va-t-elle pouvoir être maintenue dans ces conditions ?
En tout cas, nous nous préparons comme prévu en espérant que le temps se lève. Vers 8 heures, nous sommes prêts à démarrer avec Johnny, notre petit guide d'hier. Une demi-heure de 4 x 4 nous conduit à Antoetra et il n'en faut pas davantage pour voir le soleil apparaître.
Le village d’Antoetra est le point de départ d’un vaste réseau de sentiers qui relient les villages Zafimaniry entre eux. Aujourd’hui, quelques 25 000 Zafimaniry vivent dans une centaine de villages et hameaux dispersés dans les montagnes de la région. Ils se sont établis là au dix-huitième siècle pour échapper à la circonscription militaire sous le règne de la reine Ranavola I et ont appris l'art du travail du bois. Leur savoir-faire est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
Outre l'aspect culturel, la randonnée jusqu'à ces villages uniquement accessibles à pied est déjà un but en soi. Vu notre timing, c'est Ifasina à deux heures de marche qui s'y prête le mieux.
Notre arrivée à Antoetra ne passe bien sûr pas inaperçue. Quelques jeunes gens se déclarent d'emblée gardiens de voiture, d'autres nous proposent des articles en bois. C'est encore une fois en cortège que nous commençons notre balade. Mais à la sortie du village, tout ce petit monde se dégonfle et nous voilà seuls avec Johnny.
Laissant derrière nous les rizières entourant le village, nous attaquons rapidement une grosse montée. Alors quand arrive le premier replat, nous sommes contents de souffler un peu pour apprécier le paysage.
Un peu partout, nous verrons ces pierres dressées en hommage aux ancêtres.
Johnny 19 ans, chaussé de tongs, caracole devant nous !
Mais il a l'œil et ne manque pas de débusquer un caméléon, Furcifer latéralis, le caméléon le plus commun de l'île, reconnaissable à sa bande latérale claire et surtout à ses trois ocelles aux contours sombres situées sur ses flancs.
Un peu plus loin, il nous montre ce superbe criquet, un Pyrgomorphe (Phymateus saxosus) aux couleurs flamboyantes mais attention il est toxique !
Après avoir vaincu une deuxième colline, nous arrivons sur de grandes dalles granitiques (qui nous rappellent un peu les glacis des Seychelles) recouvertes de lichens et plantes grasses, notamment ces Kalanchoe pubescens.
Jolie vue dégagée vers les sommets plus au nord.
Le parcours s'enfonce ensuite dans des paysages plus montagneux…
Arrivés à un col, on distingue le village d'Ifasina au loin.
Une descente de 200 mètres de dénivelé assez raide et glissante par endroits nous conduit vers notre destination.
A l'orée du hameau, ce petit garçon attendant son père parti en forêt couper du bois nous regarde passer avec curiosité.
Plus loin, c'est une nuée d'enfants qui nous accueillent. Ils ne sont pas en classe, les instituteurs sont en grève dans tout le pays depuis plusieurs semaines pour dénoncer leur niveau de salaire. Les adultes, quant à eux, sont tous occupés à niveler un terrain pour construire un nouveau bâtiment scolaire.
Enfin voici le village, quelques dizaines de maisons en bois serrées les unes contre les autres, construites en bois précieux (palissandre) et assemblées sans clou ni vis, sur le principe de la mortaise.
Les portes et les volets sont entièrement couverts de motifs géométriques traditionnels : toiles d'araignée symbolisant les liens familiaux ou rayons de la ruche (alvéoles, losanges) représentant la vie communautaire.
Nous sommes introduits chez le doyen du village (89 ans) qui est aussi considéré comme le chef coutumier et à qui notre guide verse le droit d'entrée.
Johnny nous explique que l'agencement intérieur de la case répond à un code bien spécifique : un coin pour les ancêtres, un coin pour les ustensiles de cuisine et les provisions…
Ces maisons, comme toutes celles rencontrées sur les hauts-plateaux malgaches, n'ont pas de cheminée. L'intérieur est complètement enfumé, le plafond et les cloisons couverts de suie et l'air y est difficilement respirable. Dire qu'il y a 13 personnes qui vivent ici sur 6 mètres carrés au sol plus mezzanine.
Pendant que nous discutons, les trois petits enfants (ou arrières petits-enfants) du vieil homme nous rejoignent alors qu'au coin de la fenêtre, une autre petite fille nous guette timidement.
Ainsi va la vie dans un village Zafimaniry… dans un grand dénuement mais sans doute aussi dans un grand élan d'entraide… un monde totalement à part dans lequel nous ne nous sentons pas très à l'aise.
Alors c'est avec bonheur que nous retrouvons l'air frais de la montagne sur le chemin du retour. A 14 heures, nous sommes de retour à l'écolodge et une demi-heure plus tard, déjà sur le départ.
Direction la réserve privée de Ialatsara, à 82 km et deux heures de route environ.
Mais à peine parti, Hervé me passe le volant… il ne sent pas très bien. Sur la piste entre le lodge et la Nationale, tous les locaux que nous croisons me regardent avec étonnement. Dans ce pays, voir un vazaha conduire n'est pas commun, mais une vazaha, encore moins ! Je remarque un petit regard particulièrement complice de la part des femmes, une forme de solidarité féminine sans doute !
Bon, bref, je roulotte tant bien que mal sur cette piste en étant particulièrement vigilante en cas de doublement de piétons, ce qui veut dire, en permanence. Une fois sur la route Nationale, c'est un peu plus cool mais la concentration reste maximale. Attention aux croisements des poids lourds. Il faut, dans ce cas, bien ralentir ou parfois presque s'arrêter car la voie bien que nationale n'est pas très large. Attention aux semi-remorques qu'il faut doubler mais qui heureusement sont coopératifs et signalent quand la voie est libre. Attention aux taxis-brousse hyper chargés qui s'arrêtent sans prévenir. Attention aux poules, aux coqs, aux canards qui traversent la chaussée et même à la récolte de café qui sèche sur l'asphalte !
Enfin, attention aux nids-de-poule… d'autant que je transporte un malade. Mora… mora !
A ce rythme, nous arrivons à destination à 17 heures et prenons nos quartiers au Lémur Forest Camp tout juste avant la tombée de la nuit.
Chez les Zafimaniry

Réserve privée de Ialatsana : une étape dans la forêt
J12 (07/06/12)… suite
Le Lemur Forest Camp est un site écotouristique situé entre Ambositra (85 km) et Fianarantsoa (65 km), quelques kilomètres avant le village d'Ambohimahasoa. Il se tient à l'intérieur de la réserve d'Ialatsara où se trouve une des dernières forêts humides d'altitude (1000 à 1500 mètres) de la région sur une étendue de 2500 hectares, dont 1000 ha de forêt primaire. Créée en 2002, la réserve (auparavant rattachée au parc national de Ranomafana) est gérée par un couple franco-malgache, Bérénice et Daniel Rajaona, en partenariat avec le Ministère des Eaux et Forêts de Madagascar. Leur action vise à préserver les derniers lambeaux de forêt primaire présents à Ialatsara et la biodiversité du site avec 6 espèces de lémuriens, 7 espèces de caméléons et une grande variété d'oiseaux, de reptiles, et d'orchidées. L'hébergement rustique, très rustique se fait soit dans des tentes fixes en toile et bois avec sanitaires partagés ou depuis peu dans de petits bungalows en bois avec sanitaires privés mais non pourvus d'eau courante pour l'instant (eau au broc et douche au seau). Pas d'électricité sauf dans la salle commune en soirée.
C'est dans un de ces bungalows de dernière génération que nous nous installons. Nous serons les seuls hôtes du camp ce soir-là.
Hervé se sent un peu mieux, cela tombe bien car à 18 heures, Daniel nous attend pour une visite nocturne dont l'objectif principal est l'observation d'un petit lémurien nocturne, le microcèbe roux. D'ailleurs, en voici un, attiré par un peu de banane écrasée. L'apparition est furtive ! Microcebus rufus
La promenade de nuit se poursuit… et voilà un caméléon en train de dormir : un Calumna gastrotaenia ! 909
Gastro… quoi ? En tout cas, le mal dont souffre Hervé le reprend subitement, il est obligé de regagner la chambre dont il ne ressortira pas avant le lendemain matin. Je finis la balade toute seule et verrai encore d'autres animaux endormis : caméléons, criquet et oiseau.
Je commande ensuite deux seaux d'eau chaude pour la douche. Hervé est mal en point. Spontanément, Daniel lui fait préparer une thermos de tisane, une décoction de feuilles de Harungana madagascariensis, censée stimuler les fonctions digestives, apaiser les douleurs intestinales et gastriques. Espérons qu'elle puisse le soulager !
Dans ces conditions, je dîne en tête à tête avec Daniel, l'occasion d'échanger sur mes premières impressions malgaches autour d'un délicieux repas préparé à base de produits du jardin et de la ferme (car le camp assure pratiquement son autosubsistance). Au dessert, un crumble à l'ananas dont je raffole tout particulièrement.
Pour demain matin, je prévois une randonnée dans la réserve à la rencontre des lémuriens… du moins si le malade est rétabli.
J 13 : Vendredi 8 juin 2012
Réveil avec le chant du coq et le braiement d'un âne (oui, le camp compte également une ferme) et par le ruissellement de l'eau sur le toit du bungalow. Il ne pleut pas mais nous sommes au cœur d'une forêt tropicale humide… très humide !
Grâce à la décoction de Harungana, notre malade se sent beaucoup mieux. Ouf, nous pouvons confirmer la balade de ce matin en souhaitant être de retour à 11 heures car une longue route nous attend.
Daniel envoie immédiatement ses pisteurs dans la forêt, ils sont chargés de repérer pour nous les groupes de lémuriens. Après le petit déjeuner agrémenté de jus et de confitures maison (quel délice !), nous explorons un peu les alentours du camp en attendant notre guide.
Un petit coup d'œil au jardin où cette Poinsettia ou Euphorbia pulcherrima(en rouge) fait bon ménage avec cette Astéracée, Ageratum conyzoïdes, en mauve.
Un autre coup d'œil sur les arbustes et là, coup de chance, pour la première fois depuis notre arrivée à Mada, Hervé tombe lui-même sur un caméléon, probablement un Calumna brevicorne, reconnaissable à ses larges lobes occipitaux en forme d'oreilles d'éléphant.
Moi aussi je me mets à balayer du regard les fourrés et comble de chance trouve un deuxième caméléon. C'est un Calumna nasutum, facilement reconnaissable à son appendice nasal. Qu'il est mignon !
Enfin, jamais deux sans trois… voilà que nous en trouvons encore un troisième, sans doute Calumna gastrotaenia (comme celui vu hier soir en train de dormir).
Côté caméléons, nous n'avons pas perdu notre matinée. Espérons autant de chance avec les lémuriens. Les pisteurs sont en place, on peut y aller ! C'est Massane qui nous accompagne et nous sert de guide.
Nous traversons d'abord une forêt artificielle composée essentiellement d'eucalyptus, de pins d'Argentine et du Mexique, plantés dans la première moitié du vingtième siècle suite à la destruction de la forêt originelle puis arrivons dans un lambeau de forêt primaire, beaucoup plus dense.
Le guide qui connaît le moindre recoin de la réserve nous déniche une nième espèce de caméléons, un couple de Brookesia thieli. Les Brookesia sont les plus petits caméléons du monde, ils mesurent de 6 à 9 centimètres. Lents de nature, ils se déplacent peu, ce qui explique sans doute la facilité pour notre guide à les trouver. Ils vivent au sol ou sur des branches basses.
Un peu plus loin, Massane commence à appeler ses collègues et se dirige au son de leurs réponses. Rapidement, nous quittons tout sentier pour nous diriger vers le fond de la vallée. A coup de machette, les pisteurs nous fraient un passage dans la végétation. Ils ont repéré deux groupes de lémuriens, quatre individus d'un côté et deux de l'autre.
Nous approchons doucement et les découvrons d'abord très haut dans la canopée. Ce sont des propithèques diadème de Milne-Edwards (Propitechus edwardsi), reconnaissables à leur pelage brun foncé et à la tache claire en forme de papillon qu'ils arborent sur le dos.
En quelques bonds très aériens, l'un d'eux plus téméraire descend progressivement de plusieurs étages pour poser pour la photo. Nous sommes aux anges !
Nous ne nous lassons pas du spectacle mais l'heure tourne et si nous voulons tenir notre horaire, il est temps de penser au retour. Afin de rentrer plus rapidement, nous nous dirigeons avec notre GPS vers la route Nationale que nous remontons jusqu'au camp.
En cours de route et alors qu'à cette saison (hiver), la végétation florale est en dormance, nous avons la chance (aujourd'hui c'est jour de chance !) de voir cette orchidée au labelle quadrilobé d'un blanc éclatant avec une base légèrement rosée… Oeonia rosea.
Ainsi que cette autre… à déterminer !
11 heures : nous sommes pile dans les temps et quittons le Lemur Forest Camp pour le Catta Camp dans la vallée du Tsaranoro, soit 156 km de Nationale suivis de 20 km de piste. Un parcours estimé à 5 heures au minimum.
Alors en route !
Je ne vous ai pas encore parlé des contrôles de police. Les gendarmes ou les policiers sont postés presque à chaque entrée ou sortie de localité sur l'ensemble de la Nationale. Ils traquent particulièrement les taxis-brousse surchargés mais aussi les voitures particulières, à la recherche de la moindre faille. Le litige se règle en général non pas par une amende mais par le versement d'un bakchich. Interrogé à ce sujet, Rodolphe notre loueur nous avait dit que nous pourrions être confrontés à ce type de pratique.
Mais curieusement, depuis notre départ de Tana, à l'approche de chaque point de contrôle, les policiers nous faisaient aimablement signe de passer. Nous pensions qu'en tant que touristes nous étions privilégiés. Mais d'autres touristes véhiculés par des chauffeurs nous ont raconté avoir été arrêtés et le chauffeur obligé de glisser un petit billet aux policiers. Alors sans doute nous prenait-on pour des résidents français à Mada (les résidents ne s'arrêtent pas aux contrôles, paraît-il). Bref, pour l'instant, nous étions chanceux et espérions continuer à passer au travers.
Mais 6 km après notre départ, à la sortie de la petite ville de Ambohimahasoa, cette fois-ci, pas de chance, on nous arrête. Contrôle des papiers d'identité et des papiers du véhicule. Le flic nous dit qu'il manque la carte violette et que nous sommes donc en infraction. Hervé se dit prêt à payer une amende officielle avec un reçu (qu'on se ferait ensuite rembourser par le loueur) mais notre homme n'a aucune véritable intention de dresser un PV. Après ½ heure de tergiversation ou il nous menace de nous confisquer les papiers du véhicule, il nous fait comprendre que l'affaire peut être close avec 20000 ariarys. L'équivalent de huit euros, qui, pour lui représente un juteux bakchich quand on sait que le salaire moyen de base est de 40 euros.
Le loueur nous dira plus tard que cette carte a été remplacée récemment par un autre document qui était bien en notre possession.
Cette expérience nous refroidit un peu et nous laisse perplexe quant au degré de corruption à tous les échelons. Heureusement que les paysages nous font vite oublier cette désagréable sensation.
A Fianarantsoa (Fianar pour raccourcir), nous faisons le plein de carburant et quelques petites courses (gâteaux secs, fromage à tartiner...). Nous sommes très agréablement surpris par la consommation du 4 x 4 : 11 à 12 litres au 100, ce qui est très peu pour un véhicule de ce type. C'est vrai aussi que nous roulons mora, mora.
Après Fianar, on commence à voir les contreforts du massif de l'Andringitra et quelques dizaines de km plus loin, dans une grande descente, la vallée d'Ambalavao s'ouvre soudainement comme un décor de western… magique !
Ambalavao : nichée au fond d'un cirque montagneux, la petite ville vit sous l'influence du Sud qui commence ici. Il y fait déjà plus chaud, les alentours sont désertiques et rugueux. Nous sommes passés de 1300 à 1000 mètres d'altitude.
La région est aussi la plaque tournante du commerce du zébu. Tous les mercredis a lieu ici un grand marché aux zébus. Les troupeaux, nous ne tardons pas à les croiser, ils se suivent sur des kilomètres… avec des dizaines et des dizaines de bêtes qui vont d'ailleurs nous ralentir un peu.
Il est 16 heures, nous quittons la route principale à 37 km au sud d'Ambalavao. Il nous reste une bonne vingtaine de km de piste jusqu'à notre destination finale.
Après avoir payé un petit droit de passage dans deux villages successifs, les choses sérieuses commencent. Hervé passe en mode 4 x 4 et se fait plaisir avec du franchissement. La piste est mauvaise avec des passages délicats mais notre tacot assure largement.
La vallée est très belle, ponctuée ça et là de petites maisons aux toits de chaume.
Comme à chaque fois, les coordonnées GPS sont parfaitement exactes. Il est 17 heures quand nous arrivons à destination, tout juste avant le coucher du soleil. Ouf, quelle journée !
Caméléons Brookesia

Vallée du Tsaranoro, à l'assaut du Caméléon
J13 (08/06/12)… fin de journée
Dans cette vallée du Tsaranoro, au pied de la falaise du même nom, le Camp Catta propose plusieurs types d'hébergements pour tout budget : camping autonome, tentes équipées, bungalows "village" (pour 2) avec sanitaires privés ou partagés et bungalows "confort" avec sanitaires privés (jusqu'à 6 personnes).
Comme nous y passons trois nuits autant nous installer confortablement dans un bungalow… spacieux ! Nous adorons !
La structure est idéale pour les amoureux de la nature, du sport et de l'aventure. Nous on se contentera de l'option nature car en dehors des randonnées, ici on peut faire de l'escalade, du parapente et du base jump.
A ce compte-là, on s'attendait à y trouver une clientèle jeune et sportive. Or ce soir, sur 6 clients, nous sommes les plus jeunes !
Avant le dîner, nous organisons la journée de demain en prévoyant une randonnée de 6 heures A/R avec 600 mètres de dénivelé vers ce drôle de sommet dominant le village… de son nom malgache "Langera" (= pelle) mais rebaptisé par les vazahas "Caméléon" du fait de sa ressemblance, vu depuis le Camp.
C'est Jean Paul, le chef des guides qui est chargé de nous accompagner.
Mais pour l'instant, passons à table. Un repas à trois plats très, (trop ?) copieux et qui n'a pas la saveur et la finesse des dîners précédents. Pour moi, tout particulièrement, bien qu'ayant à peine picoré, ce dîner ne passe pas. Hervé m'aurait-il transmis son virus ?
Je suis malade toute la nuit.
J14 : Samedi 9 juin 2012
Ce matin il m'est impossible de mettre un pied devant l'autre. Hervé va prendre le petit déjeuner tout seul. Décidément, pendant ce voyage, nous aurons eu chacun notre moment de solitude !
J'apprécierais bien une tisane de Harungana mais Hervé a déjà bien du mal à obtenir une tasse de thé. Je l'avale avec difficulté puis me traîne du lit à la salle de bains et de la salle de bains au lit.
Mais impossible de résister davantage à ce franc soleil. Alors je décide de sortir malgré tout. Bon, atteindre le Caméléon avec ses 600 mètres de dénivelé me semble utopique mais peut-être pourrions nous aller jusqu'à la piscine naturelle.
En passant devant la réception, nous annulons la sortie prévue (JP, le guide, fait la tête). Pour aller tout simplement jusqu'à la piscine, un guide nous semble superflu. Hors parc national, le guidage n'est pas obligatoire.
J'avance un peu au radar mais au bout d'une demi-heure, nous voilà déjà à la piscine.
Je trempe mes mains dans l'eau puis recharge les batteries à l'ombre d'un rocher. Nous sommes bientôt rejoints par deux filles et leur guide qui, au gré de nos arrêts respectifs, nous suivront ou nous devanceront selon le cas.
La montée commence alors… d'abord en douceur. En nous retournant, nous apercevons la paroi de granit du Tsaranoro comme repeinte en jaune et vert…
L'œuvre d'un géant peut-être ?
En tout cas, ces paysages majestueux me donnent des ailes et puisque je ne vais pas trop mal, continuons encore un peu… en direction du Caméléon.
Le sentier suit de petits canaux d'irrigation qui sont à l'origine des effondrements de terrain, formant des sortes de crevasses appelées ici lavaka.
De fil en aiguille, je finis pas atteindre 250 mètres de dénivelé (pour une malade ce n'est pas si mal) mais plus on progresse, plus je suis obligée de me reposer souvent.
Là, je mets mes dernière forces dans la bataille puis je capitule !
250 mètres de dénivelé, ce sera mon record du jour ! Après, je laisse Hervé poursuivre tout seul car il a trop envie d'atteindre le sommet. Il part sans eau (c'est moi qui garde la bouteille, je suis malade !). Tranquillement, je rebrousse chemin jusqu'au camp que j'atteins à 13 heures.
Pendant ce temps, mon homme suit le sentier où je l'ai laissé mais curieusement, celui-ci descend. Il atteint presque la rivière quand il réalise que ce n'est vraiment pas normal. Il revient alors sur ses pas, décidé à abandonner toute idée d'achever la randonnée. Mais finalement en revenant un peu sur ses pas, il finit par découvrir une petite sente à peine tracée qui lui avait échappé… et cette fois-ci, il commence à véritablement prendre de l'altitude.
Ça grimpe dur, c'est bon signe, la crête n'est pas loin. Tiens Obélix serait-il passé par ici ;)
Les filles (celles qui nous suivaient et qui ensuite nous ont dépassé) et leur guide sont déjà en bonne place. Pour les rejoindre, il reste à Hervé à vaincre son vertige pour passer sur l'arête finale qui correspond au "dos du caméléon", un passage aérien à la façon d'Angel's Landing (pour les connaisseurs de Zion UT)
Au bout du bout, c'est la récompense avec une vue à couper le souffle et à vous donner le tournis… sur les prestigieux sommets environnants, le massif du Tsaranoro, la Porte du Sud, la Pyramide, le Dondy, le parc national de l'Andringitra et le pic Boby.
Auprès des filles, notre héros du jour trouve de l'eau (ouf, car il est presque déshydraté). Elles lui proposent aussi de partager leur pique-nique mais la salade de pâtes, non merci, ce n'est pas son truc !
Mais une petite photo lui ferait bien plaisir.
Pendant ce temps, revenue à bon port, je m'installe devant notre bungalow, scrute le sommet du Caméléon et semble distinguer des formes aller et venir là-haut. Peut-être à ce moment-là était-ce Hervé que j'ai vu faire cette photo au téléobjectif ! En tout cas, on aperçoit parfaitement notre petite maisonnette ainsi que notre 4 x 4.
Bien ragaillardi, le courageux randonneur commence à présent la descente. Cette randonnée telle qu'elle est préconisée par les documents du Camp est une boucle. La descente se fait par le côté opposé et le retour par le village de Morarano. Hervé préfère, quant à lui, revenir par le même chemin qu'à l'aller car il se demande si je ne l'attends pas quelque part sur le parcours.
Progressivement, en perdant de l'altitude, les formes gagnent en rondeur et en douceur !
Pendant le trajet du retour, flore et faune endémiques n'échappent pas au photographe. Euphorbia milii Aloes capitata Pachypodium
Puis en traversant la forêt, il se donne du mal à repérer ces lémuriens, bien cachés dans les arbres.
A ce moment-là, il ne sait pas encore qu'il n'est pas nécessaire de s'enfoncer dans la forêt pour en apercevoir. Quelle ne fut sa surprise d'en trouver un, gardien de notre bungalow (le n° 11) à son arrivée.
Et il n'a pas encore vu tous les autres, tous ceux installés sur le toit de notre maison ainsi que dans les arbres aux alentours. Le Camp Catta ne s'appelle pas ainsi pour rien, il abrite une colonie de cette espèce qui vivait sans doute déjà là avant la construction de la structure.
Observer les lémuriens et profiter du paysage de la vallée en face de nous seront les deux occupations de cette fin d'après-midi… jusqu'au coucher du soleil !
Je commence à aller mieux ce soir. Certes je fais encore attention à mon régime mais j'apprécie davantage le dîner. Pour demain, nous planifions une nouvelle randonnée vers l'Envers du Tsaranoro. Randonnée estimée à 6 à 8 heures avec un peu moins de 1000 mètres de dénivelé.
C'est Doris qui est désigné pour nous accompagner, ça nous convient bien car avec JP, nous n'accrochons pas vraiment.
Avec l'arrivée des deux jeunes filles croisées au Caméléon et celle d'un jeune couple anglais, la moyenne d'âge est plus basse. Nous voilà les plus vieux ce soir ;-) mais toujours pas plus de six clients.
J'espère vraiment pouvoir mener la randonnée au bout demain.
Vers le sommet du Caméléon

L'envers du Tsaranoro
J15 : Dimanche 10 juin 2012
En tirant les rideaux ce matin, j'assiste, attendrie, au difficile réveil de deux makis catta blottis l'un contre l'autre dans le pin devant notre fenêtre.
Moi, je me sens en forme. Ne perdons pas de temps. Dès la fin du petit déjeuner, nous nous mettons en marche, accompagné du jeune guide-stagiaire Doris. Il nous explique être en plein apprentissage de sa fonction, nous priant d'être indulgents avec ses connaissances. Pas de problème, il nous paraît sérieux, modeste et sympa, c'est l'essentiel.
Altitude de départ : 930 mètres au Camp Catta.
Comme hier, nous traversons d'abord la forêt d'où dépasse l'imposante paroi du Tsaranoro !
L'appellation du massif proviendrait des prénoms des deux filles du roi Bara, Tsara et Noro, exécutées dans la forêt au pied des falaises où elles s'étaient cachées pour échapper aux soldats du roi de Tana. Une triste histoire !
La montée commence alors à travers des prairies herbeuses sur lesquelles le soleil tape déjà fort alors qu'il n'est pas 9 heures.
Une très légère brise fait onduler les plumeaux carmin des herbes entre lesquelles se cachent pudiquement les bourgeons floraux des aloès.
Bientôt, le pied de la falaise est atteint. Les 800 mètres qui séparent le pied du sommet nous donnent le vertige. Il est 9 heures : première pause à l'ombre bienfaisante d'un arbre à 1157 mètres d'altitude. Gain : 230 mètres depuis le départ.
Et premier point de vue sur le Dôme noir (au premier plan), le Dondy et la chaine montagneuse de l'Andringitra (en face)… jusqu'à la vallée.
Nous contournons ensuite le pied de la falaise par le sud, nous dirigeant vers une forêt de palmiers et de fougères située dans un couloir entre deux dômes granitiques. La fente dans la montagne est un lieu de sépulture.
Etonnante, cette forêt de palmiers… sans doute ce qu'on appelle un forêt tropicale d'altitude. L'avantage est qu'il y fait plus frais, ça fait du bien.
C'est l'occasion d'une deuxième pause. Il est 10 heures, nous sommes à 1406 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 470 mètres.
Ça grimpe plus fort à présent… Le paysage devient plus minéral. Le cheminement se fait sur de grandes dalles granitiques couvertes de plantes grasses, aloès, pachypodiums et notamment ces kalanchoes toutes velues, une pilosité qui leur permet de stocker l'humidité de la rosée matinale… Kalanchoe tomentosa
11 heures : je réclame une troisième pause. Nous sommes à 1673 mètres d'altitude. Gain depuis le départ : 750 mètres.
Dernier effort sur des dalles particulièrement raides, d'autant qu'en levant la tête, on avait l'impression que le sommet était tout proche.
En fait, il y a un étage de plus… et encore autant de gouttes de sueur pour enfin atteindre le sommet. Il est 11 h 26, altitude 1822 mètres. Gain depuis le départ : 892 mètres.
D'ici la vue s'ouvre à l'ouest sur la vallée de Bedita et la montagne du Bonnet de l'évêque sur le trajet de la Nationale 7 vers le sud. Au nord, on aperçoit la Porte du Sud et Vohitsoaka, le village que nous avions traversé en quittant la N 7. A l'est, le Tsaranoro Be (ou grand Tsaranoro) et le Tsaranoro Atsimo (ou Tsaranoro Sud).
Devant cette vue panoramique, un lézard s'invite à notre pique-nique… il y a des miettes à récupérer…Oplurus quadrimaculus, une espèce commune dans l'Andringitra, reconnaissable à ses 4 ocelles noirs sur chaque flanc.
Pour nous, il est prévu de rentrer par le même chemin. Néanmoins, il existe une autre alternative. C'est celle que vont tenter les deux filles que nous avons rencontrées hier au Caméléon. Accompagnées d'un guide et de deux porteurs, elles quitteront Camp Catta en fin de matinée pour monter ici à l'envers du Tsaranoro où elles passeront la nuit. Le lendemain matin, elles feront la descente via le grand tour du Tsaranoro et la descente avec cordes fixes et rappel de la falaise du Karambony. Avis aux amateurs… plus aventureux !
Alors avant de redescendre, Doris nous emmène explorer le plateau et nous montrer le passage que vont emprunter nos aventurières.
Un plateau riche en boulders et blocs granitiques variés, titillant notre imagination ! Alors ici un petit coup de main à Obélix pour soutenir ce menhir ! Là, une prairie dans lequel on verrait bien surgir quelques dinosaures… un petit air de Devil's Lane Utah! A moins que ce ne soit le lieu de prédilection de quelque Martien nous envoyant de drôles de messages à travers ces herbes enroulées ! Ou encore un endroit un peu magique où les arbres doivent percer la pierre pour pouvoir croître !
En tout cas, une végétation très particulière avec ces euphorbes coralliformes, aux rameaux en chapelets de saucisse… Euphorbia alluaudi
Et avec cette autre curiosité botanique appelée par les locaux "pattes de poule" (nom scientifique non trouvé)
Décidément, l'envers du Tsaranoro nous aura réservé bien des surprises et ce n'est pas fini. Côté bêbêtes, nous découvrons un scarabée et deux criquets dont l'un déjà observé du côté du pays Zaf' mais je ne peux m'empêcher de vous le montrer à nouveau : il est tellement beau !
La descente nous prendra deux heures. A mi-chemin, nous ne manquons pas de rencontrer d'abord les deux porteurs lourdement chargés, chacun portant un barda de 70 kg sur le dos… puis les deux filles accompagnées du guide.
Après un brin de causette avec elles, nous sommes de retour au camp vers 15 heures… enchantés de notre journée.
La fin de soirée est à nouveau contemplative, on ne se lasse pas de la superbe vue sur la vallée et surtout des cabrioles des lémuriens.
C'est bientôt la fin de notre voyage. Demain il faut entamer le trajet retour. La vallée du Tsaranoro aura été le point de notre parcours, le plus au sud. Ces deux journées au Camp Catta resteront nos coups de cœur "côté terre".
Vallée du Tsaranoro

Retour à Tananarive
J16 : Lundi 11 juin 2012 Notre vol retour est prévu dans moins de 48 heures à présent. Le trajet vers la capitale s'effectuera en deux étapes : Camp Catta à Antsirabe aujourd'hui et Antsirabe à Tana demain.
370 kilomètres dont 20 de piste nous séparent de notre destination de ce soir. Dans l'absolu, pas grand chose mais à Mada, nous avons estimé le trajet à 8/10 heures.
Alors petit déjeuner dès 6 heures et départ dans la foulée à 7 heures en commençant par la vingtaine de kilomètres de piste jusqu'à la Nationale.
Les locaux sont déjà en route un peu partout dans la campagne.
A peine partis, nous apercevons une jeune femme qui se met à courir sur une piste perpendiculaire à celle que nous empruntons. Visiblement, elle apprécierait d'être véhiculée. Nous stoppons… d'autant qu'elle me paraît enceinte. Alors qu'elle grimpe, complètement essoufflée mais soulagée, dans le véhicule, nous découvrons que c'est un nourrisson qu'elle abrite sous ses effets. Nous déposons la jeune maman et son bébé dans le premier village sur notre trajet, à Vohitsaoka. Cela lui aura fait gagner une dizaine de kilomètres, soit 3 bonnes heures de marche.
8 heures : ça y est, nous sommes sur la N 7 avec son flot de poids lourds, de taxis brousse, de piétons, de vélos, de poules et de canards mais bien plus que le trafic (ce à quoi nous commençons à être habitués), ce sont les contrôles de police que nous redoutons après le désagréable racket que nous avons subi à l'aller.
Ça ne loupe pas. Dans la première localité traversée, un policier nous fait signe de nous arrêter. Avec une bonne dose de culot, Hervé affirme qu'il vient d'être contrôlé peu de temps avant et que tout est en règle. "Très bien, Monsieur, alors circulez !" nous répond-il. Ouf !
Après Ambalavao, sur le fameux plateau du zébu, la route couverte de bouses laisse bientôt apparaître le cortège des troupeaux. Mais ils sont moins nombreux qu'à notre précédent passage.
10 heures : nous atteignons Fianar après 3 heures de route (depuis le départ) et 110 km, soit une moyenne de moins de 40 km/heure. Mais entre Camp Catta et Fianar nous avons mis aujourd'hui une heure de moins que lors de notre trajet aller. Une bonne nouvelle !
60 kilomètres plus loin, nous sommes particulièrement tendus à l'approche d'Ambohimahasoa, le village où on s'était fait contrôler à l'aller. Au point de contrôle, le flic (pas le même que le fois précédente) nous fait signe de nous arrêter puis aussitôt signe de circuler. Ouf, ouf, et re-ouf. Aux contrôles suivants, nous adoptons un air détaché et passons notre chemin.
Nous nous accordons un petit arrêt pour manger un morceau rapidement, debout, derrière notre véhicule et partageons un gros ananas avec des locaux surpris. Nous repartons aussitôt. Je dis "nous" mais en réalité, c'est Hervé qui est au volant depuis six heures d'affilée et alors qu'il est plus 13 heures, il a besoin d'une bonne dose de caféine… alors un expresso, s'il vous plaît !
Heureusement, dans la ville d'Ambositra, assez touristique, un tel breuvage devrait être disponible. A la sortie de l'agglomération, le Motel Violette tombe à point. Alors que nous sirotons un bon expresso servi avec un petit chocolat Robert sur la terrasse, nous assistons à une scène d'un autre temps… à l'étage inférieur, une employée en train de faire du repassage avec un fer comme celui utilisé non par nos grands-mères, mais par nos arrière-grands-mères, un fer chargé de braises !
14 heures. Après cet intermède divertissant, je prends le volant pour les 90 derniers kilomètres, il manque environ deux heures jusqu'à notre destination finale.
J'ai maintenant le véhicule bien en main. A force, on s'habitue aux gens qui marchent sur la route, à la conduite des taxis-brousse qui font des écarts pour éviter les nids-de-poule, à la conduite malgache qui veut que le premier qui arrive sur un obstacle double (l'autre s'adapte). Mais il n'y a aucune agitation, aucune frénésie, tout se passe mora mora (doucement).
Alors c'est parfaitement détendus, en écoutant la seule cassette disponible dans la voiture, celle de Francis Cabrel, que nous abordons la grouillante Antsirabe, comme de vieux briscards que la circulation n'impressionne plus.
Après un dernier crochet par la Chocolatière (pour faire le plein de chocolats Robert !), nous passons le portail de Couleur Café vers 16 heures après 9 heures de route soit une moyenne de 40 km/heure. Nous avons très, très bien roulé !
Ayant hésité à dîner en ville (le restaurant Pousse-Pousse nous disait bien), nous ne pouvons finalement résister au calme de la maison d'hôtes et surtout à son menu particulièrement alléchant ce soir : foie gras, cuisse de canard sauce vanille, ananas caramélisé et glace. Divin !
J 17 : Mardi 12 juin 2012
Notre vol est prévu à 21 h 30 à Tananarive. 180 kilomètres nous séparent de la capitale, soit 3 à 4 heures de route. Nous avons par conséquent de la marge mais sait-on jamais, il vaut mieux ne pas s'attarder à Antsirabe et prendre directement la route vers Tana.
Jouets en bois, objets en raphia, gamelles en aluminium, fleurs en pots, monticules de légumes… comme à l'aller, nous voyons défiler sur les étalages au bord de la route ce que chaque région produit de mieux.
Vers midi, nous atteignons déjà la capitale. L'activité est à son comble mais la traversée de la ville ne pose pas de problème majeur. Néanmoins, en raison de tout ce qu'on avait pu lire sur le degré d'insécurité dans la capitale, nous prenons le soin de verrouiller les portières.
C'est l'heure du déjeuner alors pourquoi ne pas retourner au restaurant du Sakamanga. Trouver à se garer dans ce quartier du centre-ville n'est pas évident mais on a fini par y arriver. L'ambiance détendue du Sakamanga, le service efficace et le repas excellent font oublier le tumulte extérieur. Une pause agréable !
Il nous reste tout l'après-midi à occuper et comme nous n'avions pas envie de nous promener en ville, j'avais repéré, pas très loin de l'aéroport, le parc zoologique de Croc Farm.
Autant retrouver l'hotel Sakamanga n'a pas posé de problème, autant sortir du centre et nous diriger vers l'aéroport n'a pas été simple. La tactique a été de nous arrêter dans chaque rue auprès d'un taxi pour nous faire confirmer le trajet.
Heureusement rapidement nous arrivons en terrain connu (des repères pris à l'aller) et alors tout droit jusqu'à l'aéroport.
Pour atteindre Croc farm, il faut prendre une piste à gauche un peu avant l'aéroport mais il faut être très attentif pour ne pas la louper.
La vocation première de Croc Farm est l'élevage des crocodiles du Nil. Faisant deux pierres d'un coup, le parc abrite également quelques lémuriens en liberté et dans des vivariums, quelques spécimens de la faune malgache : caméléons, grenouilles, serpents…
L'attraction principale : les crocodiles du Nil. Dans un vivarium, un caméléon de Parson, le plus grand caméléon de Madagascar. L'adulte mâle peut atteindre 60 cm.
Et en liberté une colonie de propithèques (ou sifaka) de Verreaux... adorables !
Une façon sympa de tuer le temps en attendant notre avion !
Rodolphe vient réceptionner le véhicule à l'aéroport, rien à redire. Le vol direct pour Paris s'est transformé en vol avec escale à Marseille, deux heures d'attente sans pouvoir sortir de l'appareil… dommage, on aurait bien aimé se dégourdir les jambes après une nuit dans l'avion pendant laquelle nous avons d'ailleurs bien dormi.
C'est en forme et avec des images de lémuriens et de caméléons plein les yeux que nous atterrissons à Paris vers 11 heures du matin.
Sur la Nationale 7

En conclusion...
Impressions générales
Un voyage court, trop court sans doute, pour vraiment prendre la mesure de toute l'originalité de ce pays. Alors nous espérons y retourner un jour pour explorer d'autres points d'intérêt : le massif de l'Isalo ou Colorado malgache, les étendues de baobabs du Sud-Ouest, les flèches élancées des Tsingy de Bemaraha et pourquoi pas la baie de Diego, l'île de Ste Marie… bref, il reste de quoi programmer plusieurs voyages !
Néanmoins, ces deux parties très différentes, l'une côté mer et l'autre côté terre, ont été très complémentaires. C'est comme si on avait fait deux voyages en un.
Côté mer, nous ne pouvions pas mieux tomber en choisissant la petite île de Sakatia. Son emplacement, son calme, la qualité des prestations et des plongées du Sakatia Lodge ont répondu en tout point à nos attentes. Nous avons pu constater que les fonds sous-marins sont restés exceptionnels, ce qui est plutôt rare quand on retourne sur un site qu'on a connu plusieurs dizaines d'années auparavant. Un bon point !
Côté terre, notre coup de cœur va à la vallée de Tsaranoro avec deux belles randonnées dans un environnement exceptionnel. Mais nous avons également apprécié nos autres points de chute, tous situés en pleine nature et prétextes à beaucoup de découvertes naturalistes, côté faune et côté flore.
Mais plus que les paysages et bien davantage que lors de nos précédents voyages, ce sont les scènes de vie qui nous ont le plus marqués. Nous pensons souvent à toutes ces femmes portant de lourdes charges sur leur tête, ces jeunes filles et ces fillettes en train de remuer la terre pour y trouver un peu de poudre d'or, ces paysans courbés dans les rizières ou labourant leurs champs à la charrue, ces enfants s'amusant avec un bidon en plastique ou un vieux pneu et… en général à tous ces gens marchant toute la journée sur le bord des routes. En tout cas un peuple attachant, travailleur, qui force le respect !
Car Madagascar, c'est aussi une réalité sociale et économique avec une pauvreté omniprésente (60% des habitants vit avec moins d'un euro par jour), une démographie galopante (45 % de la population a moins de 14 ans) entraînant une accélération de la déforestation, le tout sur fond de crises politiques successives.
Dans ce contexte, le touriste est très sollicité - mais pas harcelé - pour l'achat de souvenirs ou la proposition de services. Une des seules manières pour beaucoup de Malgaches de gagner leur vie.
Espérons qu'un jour le pays puisse s'en sortir car il le mérite !
Le véhicule loué, la conduite, la sécurité !
Louer un véhicule sans chauffeur n'est pas une pratique courante à Madagascar et coûte d'ailleurs plus cher que la location avec chauffeur! Mais cela est néanmoins possible puisque nous l'avons fait. C'est une solution envisageable si, comme nous, vous aimez être actif au volant plutôt que de subir le voyage à l'arrière d'un véhicule.
La conduite sur les routes malgaches demande de la concentration et de l'anticipation mais ne pose pas de difficulté insurmontable. On s'habitue rapidement à partager la voie avec quantité d'autres usagers et contrairement à d'autres pays (Sri Lanka, Egypte…) où cela se fait dans la frénésie et la nervosité, ici tout le monde fait ce qu'il faut pour laisser de la place aux autres… avec beaucoup de calme.
Il convient en revanche de bien préparer son parcours (coordonnées GPS de points stratégiques). Penser également à relever quelques points GPS pour faciliter la traversée des villes car il ne faut pas compter trouver beaucoup d'indications routières ni de carte fiable.
Le véhicule que nous avions loué était parfaitement adapté à nos besoins et aurait pu faire face à des conditions de piste bien plus difficiles. Plusieurs chauffeurs (nous prenant pour des résidents) nous ont d'ailleurs fait des propositions d'achat ;-) Nous l'avions réservé par l'intermédiaire du loueur en ligne N7 mais c'était bien un véhicule privé. Son propriétaire Rodolphe peut aussi le louer directement ou se proposer comme chauffeur. Nous pouvons transmettre ses coordonnées à toute personne intéressée (nous laisser un mot sur le livre d'or).
Nous avons parcouru environ 1000 kilomètres en 8 jours, ce qui fait une moyenne de 125 kilomètres par jour ce qui paraît peu mais, à Madagascar, il vaut mieux calculer en temps de trajet qu'en nombre de kilomètres. Nous avions bien estimé notre timing.
Côté sécurité, pas de problème particulier en dépit de tout ce que nous avions pu entendre et lire un peu partout sur le net. Néanmoins nous n'avons jamais circulé de nuit, ne sommes pas sortis en ville ni de nuit ni même de jour. A la campagne aucun problème mais nous avons toujours pris soin de ne jamais laisser nos bagages seuls dans voiture. Pour la traversée de la capitale seulement, nous avions verrouillé nos portières par pure précaution sans jamais ressentir nulle part de danger. Alors avons-nous eu de la chance ou les propos faisant état d'une insécurité généralisée sont-ils exagérés ? De notre point de vue, le touriste ne risque à Mada pas plus que dans n'importe quelle autre destination à faible niveau de vie. Il suffit de prendre des précautions élémentaires. Probablement le risque est-il le plus élevé dans la capitale.
La seule expérience désagréable que nous ayons faite est celle d'un racket par un policier lors d'un contrôle.
Les hébergements
Ils étaient tous excellents, en général très confortables et dans les deux plus rustiques, la qualité de l'accueil, particulièrement chaleureux, a largement compensé le déficit de confort. Partout les réservations ont été honorées. Vu la période, nous aurions pu ne pas retenir nos hébergements mais pour un voyage court, nous avons préféré assurer. Aucun n'était complet, loin de là, et avons même été une fois seuls. Madagascar attend les touristes et en a besoin ! Récapitulatif (dans l'ordre du voyage) : Sakatia Lodge à Nosy Sakatia, Sakamanga à Tananarive, Couleur Café à Antsirabe, Sous le soleil de Mada à Ambaladingana, Lemur Forest Camp à Ialatsara, Camp Catta dans la vallée de Tsaranoro.
Ouvrages et sites Internet utiles
Les ouvrages : Lonely Planet Madagascar (édition 2010) Guide du Routard Madagascar 2012
Les sites Internet Sur Voyage Forum, deux carnets de voyage, celui de Chris06 et celui de Boz51
"Voyage en terre malgache", le blog de deux naturalistes Steph et Cyril en voyage à Madagascar. Très intéressant pour qui prépare un parcours sur la Nationale 7. Egalement très instructif pour tout qui concerne observations et identifications naturalistes. Une mine d'informations ! En grande partie grâce à ce blog, j'ai pu identifier la plupart de la faune et de la flore photographiées au cours de notre voyage. Il reste malgré tout quelques points d'interrogation. Alors si vous avez des connaissances en botanique…
En compagnie de ce caméléon Furcifer, je vous dis Velòma (au revoir !) et à bientôt pour un autre fabuleux voyage. 😉

FIN
Bonjour, Je vais à L'ile Maurice du 1er au 10 décembre à l'hotel Le Marina j'aimerais si celà est possible avoir quelques renseignements.
Quel est la meilleure ile à visiter? Ou peut on acheter des vetements sur mesure? Quels sont les meilleurs magasins d'usine ou autres sans contrefaçon? Pensez-vous qu'il faut voir le pont bon dieu, le shivala de Triolet et Grande riviere sud est? Peut-on emmener un gros APN type Nikon sans crainte? Et que pensez-vous de l'insécurité car il se raconte de tout.
Merci d'avance pour vos conseils.
Merci d'avance pour vos conseils.
hello tt le monde !! je vous signale qu'il est impossible de circuler dans le centre de tananarive à pieds et plus particulièrement place de la libération, toute l'avenue de la libération , le palais de la reine, sans se faire litéralement agressé et détrousser !!! vous ne ferez pas 200 mètres sans que cela arrive actuellement !!
Bonjour tout le monde 🙂,
Je compte partir visiter l'île Maurice en janvier ou février prochain car j'ai un ami qui m'invite chez lui. D'ailleurs, j'ai entendu dire que les mauriciens sont très gentils et accueillants.Est -ce bien vrai? (remarquez j'ai la réponse à ma question car s'il m'invite c'est qu'il est hospitalier et généreux) 😉.
Cependant, je me pose quand meme quelques questions car je vais voyager avec mon petit qui aura 20 mois.
Y a t-il des personnes qui sont partis avec des enfanst en bas âge a l'île maurice? comment est la vie la bas?
Quels sont leurs impressions et opinions sur l'ensemble de l'île?
Que me conseille t-on de visiter et voir?
Et coté santé et vaccins, le petit doit-il en faire obligatoirement avant le départ?
Merci d'avance de toutes vos réponses
Merci d'avance de toutes vos réponses
Je ne suis pas trouillarde quand je pars à l'étranger mais ça y est, la décision est prise, je renonce à me rendre à Madagascar.
Les bandits qui sévissent dans le pays ont déterminé ce choix.
J'ai envie de croire que ça va s'arranger et que ce n'est que partie remise. s'il ne s'agissait que de moi, ça ne serait vraiment pas grave mais je crains que les autochtones soient encore plus pénalisés qu'ils ne le sont actuellement.
En tout cas, merci à toutes celles et ceux qui m'ont aidée dans la préparation du voyage.
Cordialement.
Nat
Les bandits qui sévissent dans le pays ont déterminé ce choix.
J'ai envie de croire que ça va s'arranger et que ce n'est que partie remise. s'il ne s'agissait que de moi, ça ne serait vraiment pas grave mais je crains que les autochtones soient encore plus pénalisés qu'ils ne le sont actuellement.
En tout cas, merci à toutes celles et ceux qui m'ont aidée dans la préparation du voyage.
Cordialement.
Nat
Bonjour à tous,
Voilà un mois tout rond que je suis à Tana (pour le boulot notamment).
Il y a une semaine je comptais poster un message en demandant pourquoi la ville a si mauvaise réputation alors que ça fait un mois que je n'ai aucun problème.
Il y a une semaine je me suis fait volé mon téléphone par un gamin dans le bus (pickpocket non violent).
Aujourd'hui il m'est arrivé un autre pépin plus grave, je raconte juste pour inciter à la vigilance, et pour éviter de prendre la confiance autant que je commençais à l'avoir.
Je ne sais pas si ce genre d'agression est fréquente ou non, mon but n'est pas de faire fuir les vazahas de ce pays, simplement raconter ce qui s'est passé pour inciter à la prudence. Je ne connais pas Mada, ça fait seulement 1 mois que je suis à Tana et je n'ai eu aucun autre problème que ces 2 là.
Lundi 23/3/15 je passe toute la journée dans le centre commercial WATER FRONT à manjakaray (j'aime pas trop ce genre d'endroits "entre vazaha", mais avec la coupure d'électricité du jour j'ai du aller bosser là bas).
En fin de journée, j'ai seulement 1km à faire pour rentrer à mon hôtel, mais il est 20h20 et il fait nuit depuis 2 heures. Je compte prendre un taxi. Je suis en short sans marque acheté 5e en thailande, idem pour le t-shirt. J'ai pas de montre ni bijoux. Juste mon sac à dos noir (pas de marque) porté en bandoulière à l'avant. Avec mon ordi dedans, mon nouveau smart phone acheté le jour même, mon porte feuille. Mais ça personne ne le sait. Comme d'hab il y a un garde (policier ?) à la porte qui délimite cet espèce d'enclos de centre commercial. Je passe la porte et je reste en retrait de la rue (à côté du garde) pour ne pas prendre de risque. J'étais alors à 10m du garde. Je vois 4 jeunes qui marchent sur le trottoire dans ma direction, l'un tient une bouteille (je pensais qu'elle était en plastique mais je me suis quand même méfié, plus dans le sens où ils pouvaient être ivres). Je reste en retrait et j'attends qu'ils passent avant de m'avancer sur la route pour chopper un taxi. Il y avait des gens dans la rue, peut être 15 personnes dans un rayon de 50m, la rue n'était pas déserte. Les jeunes me regardent en passant, je ne les regarde pas. Ils rigolent et j'ai l'impression qu'ils parlent de moi (en malgache). Un taxi passe, je l'arrête. Je m'avance alors sur la route, à environ 25 mètres du policier qui ne pouvait plus me voir. Je lui dis où je vais, on a même pas le temps de parler du prix qu'un mec m'attrape par le bras en me disant HEEEE. Il levait sa bouteille de vodka en verre (non cassée) au dessus de ma tête, j'ai vite compris qu'il voulait mon sac à dos. C'était le mec qui était passé juste avant. Il commence à tirer sur le sac à dos, mais comme je le porte en bandoulière il ne peut pas venir en tirant dessus. Je me mets à crier A L'AIDE A L'AIDE, sachant qu'il y avait des gens, et le policier vraiment juste à côté (derrière la grande porte). Le taxi se sauve. Pendant 5/8 secondes le mec essaye de prendre le sac et de me retenir, je me débats en hurlant et en essayant de revenir dans l'enclos, tout en tenant le sac. J'arrive à m'en rapprocher, l'agresseur laisse tomber et tourne les talons. Je me sauve en courant dans l'enclos, où je vois que le garde n'avait pas bougé de sa chaise. On se regarde, il vient tout doucement vers moi, je vois qu'il n'a pas d'arme ni tompha ni rien. Il avait peur aussi. On sort timidement de l'enclos et on retourne sur le lieux de l'agression. Il y avait déjà 5 personnes qui s'étaient regroupés à cet endroit. Tous les gens qui avaient vus ou entendu l'agression se regroupent ici. Au bout d'une minute on est une trentaine, presque tout le monde est silencieux et regardent dans la direction de fuite de l'agresseur. Au bout d'un moment un mec me raconte que quelqu'un a poursuivi l'agresseur, et qu'il s'est pris un coup de couteau dans l'épaule. J'ai demandé où il était, il m'a répondu qu'il était déjà partit à l'hôpital. Je pense que la première voiture qui est passée et qui a vu ce qui s'était passé s'est arrêtée, a pris le pauvre homme pour l'emmener à l'hosto. Le temps qu'on arrive avec le garde il était déjà plus là. Je voulais en savoir plus, j'en revenais pas que quelqu'un s'était pris un coup de couteau à l'instant "à cause de moi". Mais les 30 personnes qui étaient là ont arrêté un taxi et m'ont dit de monter pour rentrer en sécurité dans mon hôtel. Le lendemain je suis allé prendre des nouvelles à l'hôpital. J'ai appris avec une extrème tristesse que 2 personnes s'étaient battus avec l'agresseur. Une personne de 18 ans qui s'était pris un coup de couteau dans l'épaule. Une seconde personne de 21 ans qui s'est pris un coup de couteau sous le coeur. Il est décédé à minuit 50 à l'hôpital (j'ai vu le dossier médical de mes propres yeux).
Deux journaux en ont parlés : http://www.moov.mg/actualiteNationale.php?articleId=842128 http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/andravoahangy-des-detrousseurs-tuent-un-passant-30361
Leurs versions ne sont pas exactes (surtout la 2ème qui est assez loin de la réalité). Je suis ensuite allé dans 2 commissariats qui se sont renvoyés la balle. Ils se foutaient royalement d'avoir ma version des faits pour résoudre ce meurtre. J'ai même eu droit à un "mais puisque vous n'êtes pas blessé et qu'on vous a rien volé, qu'est-ce que vous voulez ?". Je suis ensuite passé à la brigade criminelle, même chose. "Là j'ai pas le temps, mais repassez demain. Ou si vous avez pas le temps demain, un autre jour, c'est pas grave ! Mais vous inquiétez surtout pas, on est déjà saisie de l'affaire on s'en occupe !". Sans parler qu'un commissariat dans lequel je me suis rendu, pour les aider sur cette affaire, a ensuite essayé de me voler de l'argent dans mon portefeuille (cf ce poste : http://voyageforum.com/v.f?post=6967018#6967018 ). La honte.
Prudence à tous sans rentrer dans la paranoia non plus.
Lundi 23/3/15 je passe toute la journée dans le centre commercial WATER FRONT à manjakaray (j'aime pas trop ce genre d'endroits "entre vazaha", mais avec la coupure d'électricité du jour j'ai du aller bosser là bas).
En fin de journée, j'ai seulement 1km à faire pour rentrer à mon hôtel, mais il est 20h20 et il fait nuit depuis 2 heures. Je compte prendre un taxi. Je suis en short sans marque acheté 5e en thailande, idem pour le t-shirt. J'ai pas de montre ni bijoux. Juste mon sac à dos noir (pas de marque) porté en bandoulière à l'avant. Avec mon ordi dedans, mon nouveau smart phone acheté le jour même, mon porte feuille. Mais ça personne ne le sait. Comme d'hab il y a un garde (policier ?) à la porte qui délimite cet espèce d'enclos de centre commercial. Je passe la porte et je reste en retrait de la rue (à côté du garde) pour ne pas prendre de risque. J'étais alors à 10m du garde. Je vois 4 jeunes qui marchent sur le trottoire dans ma direction, l'un tient une bouteille (je pensais qu'elle était en plastique mais je me suis quand même méfié, plus dans le sens où ils pouvaient être ivres). Je reste en retrait et j'attends qu'ils passent avant de m'avancer sur la route pour chopper un taxi. Il y avait des gens dans la rue, peut être 15 personnes dans un rayon de 50m, la rue n'était pas déserte. Les jeunes me regardent en passant, je ne les regarde pas. Ils rigolent et j'ai l'impression qu'ils parlent de moi (en malgache). Un taxi passe, je l'arrête. Je m'avance alors sur la route, à environ 25 mètres du policier qui ne pouvait plus me voir. Je lui dis où je vais, on a même pas le temps de parler du prix qu'un mec m'attrape par le bras en me disant HEEEE. Il levait sa bouteille de vodka en verre (non cassée) au dessus de ma tête, j'ai vite compris qu'il voulait mon sac à dos. C'était le mec qui était passé juste avant. Il commence à tirer sur le sac à dos, mais comme je le porte en bandoulière il ne peut pas venir en tirant dessus. Je me mets à crier A L'AIDE A L'AIDE, sachant qu'il y avait des gens, et le policier vraiment juste à côté (derrière la grande porte). Le taxi se sauve. Pendant 5/8 secondes le mec essaye de prendre le sac et de me retenir, je me débats en hurlant et en essayant de revenir dans l'enclos, tout en tenant le sac. J'arrive à m'en rapprocher, l'agresseur laisse tomber et tourne les talons. Je me sauve en courant dans l'enclos, où je vois que le garde n'avait pas bougé de sa chaise. On se regarde, il vient tout doucement vers moi, je vois qu'il n'a pas d'arme ni tompha ni rien. Il avait peur aussi. On sort timidement de l'enclos et on retourne sur le lieux de l'agression. Il y avait déjà 5 personnes qui s'étaient regroupés à cet endroit. Tous les gens qui avaient vus ou entendu l'agression se regroupent ici. Au bout d'une minute on est une trentaine, presque tout le monde est silencieux et regardent dans la direction de fuite de l'agresseur. Au bout d'un moment un mec me raconte que quelqu'un a poursuivi l'agresseur, et qu'il s'est pris un coup de couteau dans l'épaule. J'ai demandé où il était, il m'a répondu qu'il était déjà partit à l'hôpital. Je pense que la première voiture qui est passée et qui a vu ce qui s'était passé s'est arrêtée, a pris le pauvre homme pour l'emmener à l'hosto. Le temps qu'on arrive avec le garde il était déjà plus là. Je voulais en savoir plus, j'en revenais pas que quelqu'un s'était pris un coup de couteau à l'instant "à cause de moi". Mais les 30 personnes qui étaient là ont arrêté un taxi et m'ont dit de monter pour rentrer en sécurité dans mon hôtel. Le lendemain je suis allé prendre des nouvelles à l'hôpital. J'ai appris avec une extrème tristesse que 2 personnes s'étaient battus avec l'agresseur. Une personne de 18 ans qui s'était pris un coup de couteau dans l'épaule. Une seconde personne de 21 ans qui s'est pris un coup de couteau sous le coeur. Il est décédé à minuit 50 à l'hôpital (j'ai vu le dossier médical de mes propres yeux).
Deux journaux en ont parlés : http://www.moov.mg/actualiteNationale.php?articleId=842128 http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/andravoahangy-des-detrousseurs-tuent-un-passant-30361
Leurs versions ne sont pas exactes (surtout la 2ème qui est assez loin de la réalité). Je suis ensuite allé dans 2 commissariats qui se sont renvoyés la balle. Ils se foutaient royalement d'avoir ma version des faits pour résoudre ce meurtre. J'ai même eu droit à un "mais puisque vous n'êtes pas blessé et qu'on vous a rien volé, qu'est-ce que vous voulez ?". Je suis ensuite passé à la brigade criminelle, même chose. "Là j'ai pas le temps, mais repassez demain. Ou si vous avez pas le temps demain, un autre jour, c'est pas grave ! Mais vous inquiétez surtout pas, on est déjà saisie de l'affaire on s'en occupe !". Sans parler qu'un commissariat dans lequel je me suis rendu, pour les aider sur cette affaire, a ensuite essayé de me voler de l'argent dans mon portefeuille (cf ce poste : http://voyageforum.com/v.f?post=6967018#6967018 ). La honte.
Prudence à tous sans rentrer dans la paranoia non plus.
Bonsoir à tous
Je voudrais préparer un voyage pour 2009 à Mada, lorsque je lis vos messages je suis très inquiète car vous parlez d'agessions, de meurtres de disparitions cela me refroidis. Nous avons pour habitude de voyager seuls, en prenant les transports en commun en choisissant des petits hotels simples, nous aimons la rando les balades et nous n'avons pas envie d'avoir un guide toute la journée derrière nous. Pensez-vous que dans ces conditions le mieux est de choisir une autre destination ? Je regretterai de ne pas visiter ce pays qui me semble magnifique. Merci pour toutes vos réponses.
Je voudrais préparer un voyage pour 2009 à Mada, lorsque je lis vos messages je suis très inquiète car vous parlez d'agessions, de meurtres de disparitions cela me refroidis. Nous avons pour habitude de voyager seuls, en prenant les transports en commun en choisissant des petits hotels simples, nous aimons la rando les balades et nous n'avons pas envie d'avoir un guide toute la journée derrière nous. Pensez-vous que dans ces conditions le mieux est de choisir une autre destination ? Je regretterai de ne pas visiter ce pays qui me semble magnifique. Merci pour toutes vos réponses.
Bonjour à tous,
Cela fait plus d'un mois que nous sommes rentrés de l'île Maurice... Ce fût une parenthèse de "soleil" en plein automne/hiver, idéal pour se reposer. Et entre nous, la rentrée de septembre a été moins dure que nous pensions aux vacances de fin octobre !
Comme d'habitude, VoyageForum m'a été utile pour organiser, trouver des réponses à mes questions etc... Je décide donc ci-dessous de résumer nos vacances, nos avis et conseils. N'hésitez pas si besoin de plus d'informations : notre site détaille tout en photo😉
Pourquoi l'île Maurice ? Il y a deux ans, Mathieu et Malory, deux amis de longue date, nous demandaient de bloquer la date du 8 novembre 2018 pour aller à l’ile Maurice, pour leur mariage !!! Géniale idée !!! Nous nous étions longtemps posés la question : faisons-nous l’aller retour pour le mariage ou passons-nous plusieurs jours pour des vacances... enfin... en deux minutes décision était prise : on part pour 15 jours !
Voici donc un résumé de notre voyage :
Nous sommes donc partis un mardi soir (vol de nuit, arrivée à 13h), retour le dimanche de la semaine suivante (vol de jour) : soit 11 jours sur place, 11 nuits.
- D'une manière générale, l'île Maurice est considérée (ce que j'ai entendu autour de moi) comme un endroit joli mais où il n'y a pas grand chose à faire. Certes, pas de grands sites naturels époustouflants en dehors des lagons, pas de nature complètement vierge etc... mais une île à visiter tranquillement, en alternant plages, repos, promenades, visites de sites naturels en 1h ou de villes (Port Louis) ou de sites industriels type production de thé/vanille/rhum, croisières, baignades, plages et animations festives des week-end, marchés, restaurants locaux. Il existe des endroits développés pour faire du sport, des ponts suspendus...etc. Faire de la randonnée est également possible au Grand Morne, ou au canyon de Rivière noire...etc. Bref, une île qui propose toutes sortes de découvertes, à faire tranquillement. Les gens y sont très acceuillants et calmes, c'est tellement appréciable. Et puis, la mer, le lagon, les récifs sont tellement jolis ! Louez un appartement, louez une voiture et profitez à votre guise de l'île !
- Durée de 11 jours/11 nuits : durée idéale pour visiter l'île en 3 points, en prenant son temps, et en se concentrant tout de même sur les sites phares. 15 jours pleins permettraient à mon avis de tout voir.
- Vols Corsair : compagnie correcte, sans plus, avion vieillissant, mais avantage d'un vol direct !
- Location de voiture sur place : nous avons beaucoup hésité entre taxi et location de voiture. Nous n'avons pas regretté d'avoir choisi de louer une voiture.
Indépendance totale Routes très très praticables, à aucun moment, nous n'avons été perdus ou sur une route non goudronnée. Les directions sont plutôt bien indiquées, nous avions acheté un plan IGN, dont nous nous sommes servis mais ce n'était pas incontournable. Google maps est aussi pratique en mode hors connexion. Nous avions lu que leur conduite était "sportive" : à priori, pas plus qu'en france, comme quelqu'un qui connait les routes et se dépêche ! A aucun moment là non plus nous n'avons ressenti un danger. Bien entendu, nous étions prudents😏. Tarif : peut être un peu cher (400 euro pour les 11 jours pour une Renault Sandero Format "clio", mais assurance zéro franchise, km illimité, deux conducteurs), mais très pratique ! Pas de problème pour se garer dans les hôtels, en ville...etc. Réservation grâce au site Carigami qui offre l'avantage d'un bon prix, et de pouvoir demander l'assurance zéro franchise, km illimité, endroit précis de pick up. Bien sur toutes les grandes agences ont leur kiosque à l'aéroport ; et beaucoup d'hôtel propose des locations de leur côté.
- Budget sur place : nous avons noté une différence entre le sud, moins touristique donc moins cher, et le nord (Grand Baie) ; présence tout de même de resto "budget" / cabanes de bord de plage, un peu partout, où pour 10 euro, on mange facilement ; dans les resto "standard", le niveau de prix correspond à celui de la france (20 à 30 euro par personne pour un diner, avec 1 plat / 1 entrée ou 1 dessert / apéro ou verre de vin). Idéal quand même de louer un appartement et faire ses courses aux supermarchés et bouchers/poissonniers locaux : beaucoup de supérettes bien achalandées, produits locaux, légumes du coin, des supérettes "bio" également, des primeurs/poissonniers etc...
- Hébergement : nous avons testé deux résidences appart-hôtel, un hôtel (3 étoiles), un bungalow de plage. Sans aucun doute, nous préférons la formule appart-hôtel ou bungalow. Pour un prix moins cher que l'hôtel, nous avons eu des résidences haut de gamme, les pieds dans le sable, calmes, de grands appartements tout équipés (parfois petit déjeuner inclus), accueil moins guindé et plus décontracté, plages tops etc.
RESIDENCE C'EST ICI à Trou aux biches : petite résidence de plusieurs bâtiments organisés autour d'un jardin et de cocotiers, directement sur la plage (seule la villa à un vue mer, les appart, étant un peu en retrait, n'ont pas une vue directe, mais la plage n'est qu'à 10 pas !), plage calme, grande, peu de cailloux/coraux donc baignade facile, transat pour tout le monde, serviettes de plages inclues, équipement de la cuisine correct (manque peut-être condiments/huile) avec microonde, gazinière, cafetière, bouilloire, grand frigo. Supérette chez Popo toute proche très pratique. A proximité à pied : resto, poste, police, boutiques, location paddle, sortie bateaux... Appart Pamplemousse (110 la nuit) : très grand, disponible soit en RDC soit en étage (RDC pratique pour aller à la mer, mais peut-être moins isolé de la vue des gens?), accueil agréable Seul point "négatif" : en basse saison, beaucoup de retraités français qui font des ragots, écoutent de la musique ringarde, donc pas très "animé"...
LA MARIPOSA à Rivière noire : appart-hôtel chic, deco moderne et fraiche, un havre de paix, avec petit jardin très fleuri, plage calme, baignade agréable, une petite piscine (idéale pour les enfants en soirée, trop petite pour les "grands", mais la plage est tellement jolie), petit déjeuner pris sur la plage, simple mais efficace ; rien à redire sur l'équipement de l'appartement à la déco très belle, épurée mais cosy, un brin chic, terrasse. Studio sunset (130 à 160 la nuit, petit déjeuner inclus) : appart directement vue sur mer, génial ; nous en avions un au 1er étage ; en RDC, peut-être est-ce moins calme mais les arbustes sont quand même là pour faire un paravent. Supérette à 10 minutes à pied, supérette bio/local+poissonnerie à 5 min en voiture. Resto sur place, un peu cher, mais très bon : nous y avons mangé le soir de notre arrivée à Maurice, idéal car nous n'avions pas été faire les courses et n'avions rien à manger ! Seul le service était un peu long, mais il faut s'habituer sur l'Ile Maurice à ne pas courir partout (nous ne sommes pas à Paris!) !
LA CASE MAMA à Blu Bay Point d'Esny : 2 bungalow sur la plage, 2 chambres dans la maison principale. Il faut être prêt à laisser de côté un peu de luxe. Mais le bungalow est quand même confortable et équipé correctement (frigo, moustiquaire, ventilateur, chaises). Le seul point différent est que toilettes et douche sont au même endroit, et dans le bungalow, séparés par un rideau en "bambou" du lit, donc intimité réduite (disons, qu'on profite d'une balade sur la plage pour laisser l'autre tranquille aux toilettes ou dans la douche) et de l'eau un peu partout. Mais à part cela, c'est top : accueil très gentil de la famille, petit déjeuner à prendre ensemble et plutôt bon (croissant, céréale, café, pain grillé...etc), les pieds dans le sable, plage calme le matin, ventée l'après midi donc spectacle de skyte en live, quelques coraux à proximité (pas vus car eau trouble lorsqu'on y était). A proximité (en voiture plutôt) : centre ville avec quelques resto, départ des bateaux pour les promenades (choisissez TOTOF sans aucun doute). Le parc marin de Blu Bay est le snorkelling le plus joli qu'on ait fait sur l'Ile Maurice.
HOTEL VERANDA GRAND BAIE à Grand Baie : il s'agit d'un hôtel 3 étoiles donc le confort est cohérent et très bien pour ce niveau. Ce que nous avons aimé : bâtiments bas, avec une architecture un peu locale (contrairement aux hôtels 5* d'à côté), vue magnifique, piscines agréables, accueil global agréable, chambre grande, déco soignée, propre, clim, terrasse, petit déjeuner très bon et très très complet, beaucoup de transats, une sensation de ne pas être très nombreux dans l'hôtel alors qu'il devait être plein. Ce qui nous a déçu (notamment pour le prix et par rapport à nos expérience à La Mariposa ou C'est ici) : service très très long et très inégal, pas de vraie plage, vue sur la baie de Grand Baie (donc vue ville et bateaux plutôt que les vagues), canoë disponibles mais juste pour faire le tour de la baie (donc en 30 minutes, c'est plié), beaucoup de resto à Grand baie (très bons d'ailleurs), mais pour y aller à pied, il faut traverser la ville qui est parfois peut adaptée pour les piétons et qui est bruyante (trop de véhicules). L'endroit est donc moins idyllique et reposant que d'autres plages.
- Côté restaurants, beaucoup de choix, des spécialités délicieuses, pour tous les budgets : salade de palmiste, poissons grillés et fruits de mer, des légumes, des fruits, des rougails, des poulets à la vanille etc...
- Visites et excursions : voici ce que nous avons réalisé en 11 jours, sachant que nous avons pris notre temps, nous avons gardé quelques heures de transat ou baignade dans le lagon, nous avons privilégié la "mer", et que 2 jours ont été consacrés au mariage et aux festivités.
Sortie en bateau pour aller voir les dauphins à Rivière Noire/Tamarin, Crystal Rock et l'île aux bénitiers (avec repas). Nous avons choisi Kyssen, et nous le recommandons : départ très tôt pour éviter trop de bateaux autour des dauphins et un retour vers 13h ce qui permet de profiter de l'après midi à la plage + repas plutôt bon. Certes Crystal Rock, le snorkelling dans le lagon et l'ile aux bénitiers ne sont pas incontournables, mais essayer de voir les dauphins, c'est génial, et ces 8h de promenade sont agréables ! Le grand Morne : plages très jolies, sable tout doux, plage publique animée et ombragée (dont celle du sud = spot de skyte) Flic en Flic, Tamarin : découverte des plages Route de Rivière noire/La Gaulette à Blu Bay très jolie et agréable : route et arrêts point de vue, Chamarel et les Sept couleurs, Gorges de Rivière noire, Cascade, Domaine de Bois chéri (musée + resto), Grand bassin et quelques temples hindou. Cette route permet de visiter un secteur de l'île bien vert, boisé, "frais". Rando possibles. Sortie à la journée pour visiter le parc marin de Blu Bay + Ile du Bouquet (BBQ) avec TOTOF : Incontournable, tant pour le parc marin que pour l'animation de Totof (une journée avec des personnes très gentilles et prêt à discuter de leur vie sur l'île Maurice) Marché de Mahébourg (1h suffit, mais toujours bien de plonger de le quotidien) Route et plages de Belle Mare, Trou d'eau douce Chateau de la Bourdonnais (visite + resto) : Incontournable car jolie maison et ambiance Sortie à la journée en catamaran pour l'ile plate : nous sommes dubitatif, peut-être choisir un bateau/organisme le plus petit possible pour éviter un sentiment "d'usine" 1/2 journée sur la plage de Mont Choisy - la plus belle plage, grande, ombragée, sable doux et eau chaude Peyrebère : découverte de la plage
Nous n'avons pas visité Port Louis, le Jardin des Pamplemousses (déjà fait lors d'un précédent voyage il y a 15 ans, très joli, donc à ne pas rater), l'ile aux cerfs (idem déjà fait, à faire si envie de lézarder en plein soleil mais il semblerait que cela soit devenu une vraie usine à touristes, à voir).
J'espère que cela aidera des voyageurs à organiser leur périple 😎! Karine
Cela fait plus d'un mois que nous sommes rentrés de l'île Maurice... Ce fût une parenthèse de "soleil" en plein automne/hiver, idéal pour se reposer. Et entre nous, la rentrée de septembre a été moins dure que nous pensions aux vacances de fin octobre !
Comme d'habitude, VoyageForum m'a été utile pour organiser, trouver des réponses à mes questions etc... Je décide donc ci-dessous de résumer nos vacances, nos avis et conseils. N'hésitez pas si besoin de plus d'informations : notre site détaille tout en photo😉
Pourquoi l'île Maurice ? Il y a deux ans, Mathieu et Malory, deux amis de longue date, nous demandaient de bloquer la date du 8 novembre 2018 pour aller à l’ile Maurice, pour leur mariage !!! Géniale idée !!! Nous nous étions longtemps posés la question : faisons-nous l’aller retour pour le mariage ou passons-nous plusieurs jours pour des vacances... enfin... en deux minutes décision était prise : on part pour 15 jours !
Voici donc un résumé de notre voyage :
Nous sommes donc partis un mardi soir (vol de nuit, arrivée à 13h), retour le dimanche de la semaine suivante (vol de jour) : soit 11 jours sur place, 11 nuits.
- D'une manière générale, l'île Maurice est considérée (ce que j'ai entendu autour de moi) comme un endroit joli mais où il n'y a pas grand chose à faire. Certes, pas de grands sites naturels époustouflants en dehors des lagons, pas de nature complètement vierge etc... mais une île à visiter tranquillement, en alternant plages, repos, promenades, visites de sites naturels en 1h ou de villes (Port Louis) ou de sites industriels type production de thé/vanille/rhum, croisières, baignades, plages et animations festives des week-end, marchés, restaurants locaux. Il existe des endroits développés pour faire du sport, des ponts suspendus...etc. Faire de la randonnée est également possible au Grand Morne, ou au canyon de Rivière noire...etc. Bref, une île qui propose toutes sortes de découvertes, à faire tranquillement. Les gens y sont très acceuillants et calmes, c'est tellement appréciable. Et puis, la mer, le lagon, les récifs sont tellement jolis ! Louez un appartement, louez une voiture et profitez à votre guise de l'île !
- Durée de 11 jours/11 nuits : durée idéale pour visiter l'île en 3 points, en prenant son temps, et en se concentrant tout de même sur les sites phares. 15 jours pleins permettraient à mon avis de tout voir.
- Vols Corsair : compagnie correcte, sans plus, avion vieillissant, mais avantage d'un vol direct !
- Location de voiture sur place : nous avons beaucoup hésité entre taxi et location de voiture. Nous n'avons pas regretté d'avoir choisi de louer une voiture.
Indépendance totale Routes très très praticables, à aucun moment, nous n'avons été perdus ou sur une route non goudronnée. Les directions sont plutôt bien indiquées, nous avions acheté un plan IGN, dont nous nous sommes servis mais ce n'était pas incontournable. Google maps est aussi pratique en mode hors connexion. Nous avions lu que leur conduite était "sportive" : à priori, pas plus qu'en france, comme quelqu'un qui connait les routes et se dépêche ! A aucun moment là non plus nous n'avons ressenti un danger. Bien entendu, nous étions prudents😏. Tarif : peut être un peu cher (400 euro pour les 11 jours pour une Renault Sandero Format "clio", mais assurance zéro franchise, km illimité, deux conducteurs), mais très pratique ! Pas de problème pour se garer dans les hôtels, en ville...etc. Réservation grâce au site Carigami qui offre l'avantage d'un bon prix, et de pouvoir demander l'assurance zéro franchise, km illimité, endroit précis de pick up. Bien sur toutes les grandes agences ont leur kiosque à l'aéroport ; et beaucoup d'hôtel propose des locations de leur côté.
- Budget sur place : nous avons noté une différence entre le sud, moins touristique donc moins cher, et le nord (Grand Baie) ; présence tout de même de resto "budget" / cabanes de bord de plage, un peu partout, où pour 10 euro, on mange facilement ; dans les resto "standard", le niveau de prix correspond à celui de la france (20 à 30 euro par personne pour un diner, avec 1 plat / 1 entrée ou 1 dessert / apéro ou verre de vin). Idéal quand même de louer un appartement et faire ses courses aux supermarchés et bouchers/poissonniers locaux : beaucoup de supérettes bien achalandées, produits locaux, légumes du coin, des supérettes "bio" également, des primeurs/poissonniers etc...
- Hébergement : nous avons testé deux résidences appart-hôtel, un hôtel (3 étoiles), un bungalow de plage. Sans aucun doute, nous préférons la formule appart-hôtel ou bungalow. Pour un prix moins cher que l'hôtel, nous avons eu des résidences haut de gamme, les pieds dans le sable, calmes, de grands appartements tout équipés (parfois petit déjeuner inclus), accueil moins guindé et plus décontracté, plages tops etc.
RESIDENCE C'EST ICI à Trou aux biches : petite résidence de plusieurs bâtiments organisés autour d'un jardin et de cocotiers, directement sur la plage (seule la villa à un vue mer, les appart, étant un peu en retrait, n'ont pas une vue directe, mais la plage n'est qu'à 10 pas !), plage calme, grande, peu de cailloux/coraux donc baignade facile, transat pour tout le monde, serviettes de plages inclues, équipement de la cuisine correct (manque peut-être condiments/huile) avec microonde, gazinière, cafetière, bouilloire, grand frigo. Supérette chez Popo toute proche très pratique. A proximité à pied : resto, poste, police, boutiques, location paddle, sortie bateaux... Appart Pamplemousse (110 la nuit) : très grand, disponible soit en RDC soit en étage (RDC pratique pour aller à la mer, mais peut-être moins isolé de la vue des gens?), accueil agréable Seul point "négatif" : en basse saison, beaucoup de retraités français qui font des ragots, écoutent de la musique ringarde, donc pas très "animé"...
LA MARIPOSA à Rivière noire : appart-hôtel chic, deco moderne et fraiche, un havre de paix, avec petit jardin très fleuri, plage calme, baignade agréable, une petite piscine (idéale pour les enfants en soirée, trop petite pour les "grands", mais la plage est tellement jolie), petit déjeuner pris sur la plage, simple mais efficace ; rien à redire sur l'équipement de l'appartement à la déco très belle, épurée mais cosy, un brin chic, terrasse. Studio sunset (130 à 160 la nuit, petit déjeuner inclus) : appart directement vue sur mer, génial ; nous en avions un au 1er étage ; en RDC, peut-être est-ce moins calme mais les arbustes sont quand même là pour faire un paravent. Supérette à 10 minutes à pied, supérette bio/local+poissonnerie à 5 min en voiture. Resto sur place, un peu cher, mais très bon : nous y avons mangé le soir de notre arrivée à Maurice, idéal car nous n'avions pas été faire les courses et n'avions rien à manger ! Seul le service était un peu long, mais il faut s'habituer sur l'Ile Maurice à ne pas courir partout (nous ne sommes pas à Paris!) !
LA CASE MAMA à Blu Bay Point d'Esny : 2 bungalow sur la plage, 2 chambres dans la maison principale. Il faut être prêt à laisser de côté un peu de luxe. Mais le bungalow est quand même confortable et équipé correctement (frigo, moustiquaire, ventilateur, chaises). Le seul point différent est que toilettes et douche sont au même endroit, et dans le bungalow, séparés par un rideau en "bambou" du lit, donc intimité réduite (disons, qu'on profite d'une balade sur la plage pour laisser l'autre tranquille aux toilettes ou dans la douche) et de l'eau un peu partout. Mais à part cela, c'est top : accueil très gentil de la famille, petit déjeuner à prendre ensemble et plutôt bon (croissant, céréale, café, pain grillé...etc), les pieds dans le sable, plage calme le matin, ventée l'après midi donc spectacle de skyte en live, quelques coraux à proximité (pas vus car eau trouble lorsqu'on y était). A proximité (en voiture plutôt) : centre ville avec quelques resto, départ des bateaux pour les promenades (choisissez TOTOF sans aucun doute). Le parc marin de Blu Bay est le snorkelling le plus joli qu'on ait fait sur l'Ile Maurice.
HOTEL VERANDA GRAND BAIE à Grand Baie : il s'agit d'un hôtel 3 étoiles donc le confort est cohérent et très bien pour ce niveau. Ce que nous avons aimé : bâtiments bas, avec une architecture un peu locale (contrairement aux hôtels 5* d'à côté), vue magnifique, piscines agréables, accueil global agréable, chambre grande, déco soignée, propre, clim, terrasse, petit déjeuner très bon et très très complet, beaucoup de transats, une sensation de ne pas être très nombreux dans l'hôtel alors qu'il devait être plein. Ce qui nous a déçu (notamment pour le prix et par rapport à nos expérience à La Mariposa ou C'est ici) : service très très long et très inégal, pas de vraie plage, vue sur la baie de Grand Baie (donc vue ville et bateaux plutôt que les vagues), canoë disponibles mais juste pour faire le tour de la baie (donc en 30 minutes, c'est plié), beaucoup de resto à Grand baie (très bons d'ailleurs), mais pour y aller à pied, il faut traverser la ville qui est parfois peut adaptée pour les piétons et qui est bruyante (trop de véhicules). L'endroit est donc moins idyllique et reposant que d'autres plages.
- Côté restaurants, beaucoup de choix, des spécialités délicieuses, pour tous les budgets : salade de palmiste, poissons grillés et fruits de mer, des légumes, des fruits, des rougails, des poulets à la vanille etc...
- Visites et excursions : voici ce que nous avons réalisé en 11 jours, sachant que nous avons pris notre temps, nous avons gardé quelques heures de transat ou baignade dans le lagon, nous avons privilégié la "mer", et que 2 jours ont été consacrés au mariage et aux festivités.
Sortie en bateau pour aller voir les dauphins à Rivière Noire/Tamarin, Crystal Rock et l'île aux bénitiers (avec repas). Nous avons choisi Kyssen, et nous le recommandons : départ très tôt pour éviter trop de bateaux autour des dauphins et un retour vers 13h ce qui permet de profiter de l'après midi à la plage + repas plutôt bon. Certes Crystal Rock, le snorkelling dans le lagon et l'ile aux bénitiers ne sont pas incontournables, mais essayer de voir les dauphins, c'est génial, et ces 8h de promenade sont agréables ! Le grand Morne : plages très jolies, sable tout doux, plage publique animée et ombragée (dont celle du sud = spot de skyte) Flic en Flic, Tamarin : découverte des plages Route de Rivière noire/La Gaulette à Blu Bay très jolie et agréable : route et arrêts point de vue, Chamarel et les Sept couleurs, Gorges de Rivière noire, Cascade, Domaine de Bois chéri (musée + resto), Grand bassin et quelques temples hindou. Cette route permet de visiter un secteur de l'île bien vert, boisé, "frais". Rando possibles. Sortie à la journée pour visiter le parc marin de Blu Bay + Ile du Bouquet (BBQ) avec TOTOF : Incontournable, tant pour le parc marin que pour l'animation de Totof (une journée avec des personnes très gentilles et prêt à discuter de leur vie sur l'île Maurice) Marché de Mahébourg (1h suffit, mais toujours bien de plonger de le quotidien) Route et plages de Belle Mare, Trou d'eau douce Chateau de la Bourdonnais (visite + resto) : Incontournable car jolie maison et ambiance Sortie à la journée en catamaran pour l'ile plate : nous sommes dubitatif, peut-être choisir un bateau/organisme le plus petit possible pour éviter un sentiment "d'usine" 1/2 journée sur la plage de Mont Choisy - la plus belle plage, grande, ombragée, sable doux et eau chaude Peyrebère : découverte de la plage
Nous n'avons pas visité Port Louis, le Jardin des Pamplemousses (déjà fait lors d'un précédent voyage il y a 15 ans, très joli, donc à ne pas rater), l'ile aux cerfs (idem déjà fait, à faire si envie de lézarder en plein soleil mais il semblerait que cela soit devenu une vraie usine à touristes, à voir).
J'espère que cela aidera des voyageurs à organiser leur périple 😎! Karine
Ola les amis
Je pense partir un an à Fenoarivo (Fénérive EST) d'ici peu dans le cadre d'une mission VIE. Je voudrais en savoir plus sur cette région notamment concernant les conditions de vie et de travail à Fenerive. Pas mal d'infos sur le forum à propos de Tamatave, mais peu sur Fenerive (remarquez c'est normal vu la différence d'importance des 2 villes). A propos peut on parler de ville ou plutôt de village pour Fenerive !?
Existe t'il des possibilités de location, ou quelles sont les conditions de logements ? Est ce que 500 € par mois suffisent pour bien vivre (bon je recevrais une indémnité largement supérieure mais je préfère économiser et faire des extras ballade et sorties de temps en temps ) ? J'ai vécu 1 an et 1/2 dans une grande ville de 3 millions d'habitans au Nordeste du Brésil avec 500 euros par mois (étudiant), et vu le développement et le coût de la vie au Brésil - d'ailleurs mon plus gros poste dépense, outre le loyer et les communications, était les sorties / fêtes / ciné le weekend 😉- je pense qu'avec ce même budet je m'en sortirais largement mieux à Madagascar (le coût de la vie ne doit être très élevé !?)😄 D'ailleurs comment fait on pour retirer de l'argent, il ne doit pas y avoir des banques avec des DAB acceptant les VISA à tous les coins de rue ? Peut être a Tamatave ? Ne restant qu'un an, je ne pense pas que ça vaille la peine d'ouvrir en compte en banque !?
Bon je vous épargnerez le volet sécurité, à moins qu'une révolution se pointe ou que ça fasse comme en Côte d'Ivoire, je pense qu'il faut faire gaffe le soir dans la rue et attention à ses affaires en général (après ce qui m'est arrivé au Brésil🏴☠️ , je pense être préparé à toutes les situations ou au moins me sentir plus en sécurité à Mada lol). Je pense que l'un des plus gros problèmes de toute manière soit les moustiques non 😏? A ce propos faut il prévoir un traitement palu et ses pilules de nivaquine (ou autre) tous les jours ?
Quel est le climat sur place ? Tropical humide je pense, existe t'il une saison plus fraiche où l'on soit obligé de se couvrir ? Y'a t'il possibilité de s'acheter des vêtements de brousse ?
Enfin comment sont les relations avec les gens à la fois d'un point de vue professionnel mais aussi dans la vie de tous les jours ? Lie t'on facilement des liens avec eux ? A propos existe-t-il une communauté d'étrangers à fénérive ?
Bon ça fait déjà un long message, mais comme vous pouvez le voir je ne connais rien à Madagascar, ma seule référence en pays en voie de développement est le Brésil (pas mal développé quand même, surtout dans les grandes villes, on trouve les mêmes occupations et services qu'en Europe) et même si j'ai de la famille en Afrique et y ai déjà vécu, je n'y suis pas retourné depuis 20 ans lol 😛Voilà, pour le reste je verrai sur place, il faut bien laisser un peu de suspense, c'est ce qui rend plus agréable les découvertes et l'aventure 🙂.
Merci bien Tchau tchau
Je pense partir un an à Fenoarivo (Fénérive EST) d'ici peu dans le cadre d'une mission VIE. Je voudrais en savoir plus sur cette région notamment concernant les conditions de vie et de travail à Fenerive. Pas mal d'infos sur le forum à propos de Tamatave, mais peu sur Fenerive (remarquez c'est normal vu la différence d'importance des 2 villes). A propos peut on parler de ville ou plutôt de village pour Fenerive !?
Existe t'il des possibilités de location, ou quelles sont les conditions de logements ? Est ce que 500 € par mois suffisent pour bien vivre (bon je recevrais une indémnité largement supérieure mais je préfère économiser et faire des extras ballade et sorties de temps en temps ) ? J'ai vécu 1 an et 1/2 dans une grande ville de 3 millions d'habitans au Nordeste du Brésil avec 500 euros par mois (étudiant), et vu le développement et le coût de la vie au Brésil - d'ailleurs mon plus gros poste dépense, outre le loyer et les communications, était les sorties / fêtes / ciné le weekend 😉- je pense qu'avec ce même budet je m'en sortirais largement mieux à Madagascar (le coût de la vie ne doit être très élevé !?)😄 D'ailleurs comment fait on pour retirer de l'argent, il ne doit pas y avoir des banques avec des DAB acceptant les VISA à tous les coins de rue ? Peut être a Tamatave ? Ne restant qu'un an, je ne pense pas que ça vaille la peine d'ouvrir en compte en banque !?
Bon je vous épargnerez le volet sécurité, à moins qu'une révolution se pointe ou que ça fasse comme en Côte d'Ivoire, je pense qu'il faut faire gaffe le soir dans la rue et attention à ses affaires en général (après ce qui m'est arrivé au Brésil🏴☠️ , je pense être préparé à toutes les situations ou au moins me sentir plus en sécurité à Mada lol). Je pense que l'un des plus gros problèmes de toute manière soit les moustiques non 😏? A ce propos faut il prévoir un traitement palu et ses pilules de nivaquine (ou autre) tous les jours ?
Quel est le climat sur place ? Tropical humide je pense, existe t'il une saison plus fraiche où l'on soit obligé de se couvrir ? Y'a t'il possibilité de s'acheter des vêtements de brousse ?
Enfin comment sont les relations avec les gens à la fois d'un point de vue professionnel mais aussi dans la vie de tous les jours ? Lie t'on facilement des liens avec eux ? A propos existe-t-il une communauté d'étrangers à fénérive ?
Bon ça fait déjà un long message, mais comme vous pouvez le voir je ne connais rien à Madagascar, ma seule référence en pays en voie de développement est le Brésil (pas mal développé quand même, surtout dans les grandes villes, on trouve les mêmes occupations et services qu'en Europe) et même si j'ai de la famille en Afrique et y ai déjà vécu, je n'y suis pas retourné depuis 20 ans lol 😛Voilà, pour le reste je verrai sur place, il faut bien laisser un peu de suspense, c'est ce qui rend plus agréable les découvertes et l'aventure 🙂.
Merci bien Tchau tchau
Bonjour,
bon, compliqué de se faire une idée de trajet pour 3 semaines à Mada ... apprécier les temps de trajets et l intéret de chaque site n étant pas simple.
Nous sommes voyageurs sac à dos et nos centres d intérets sont
faune flore locaux snorkeling
quels sont les endroits à privilégier en conséquence ??
possiblité pour baleines ou requin baleine en juin? parc Marojejy est il une bonne idée ?! des petits villages perdus en montagne ?
on fait l impasse sur diego suarez , nosy be , fort dauphin, mahajanga , le train fianarantsoa
j essaie de résumer pour pas fatiguer les futures réponses !!
merci par avance les forumistes et merci pour les réponses déja données dans de précédentes discussions
bon week end
🤪
bon, compliqué de se faire une idée de trajet pour 3 semaines à Mada ... apprécier les temps de trajets et l intéret de chaque site n étant pas simple.
Nous sommes voyageurs sac à dos et nos centres d intérets sont
faune flore locaux snorkeling
quels sont les endroits à privilégier en conséquence ??
possiblité pour baleines ou requin baleine en juin? parc Marojejy est il une bonne idée ?! des petits villages perdus en montagne ?
on fait l impasse sur diego suarez , nosy be , fort dauphin, mahajanga , le train fianarantsoa
j essaie de résumer pour pas fatiguer les futures réponses !!
merci par avance les forumistes et merci pour les réponses déja données dans de précédentes discussions
bon week end
🤪
Madame, monsieur
Cette lettre est un bref témoignage sur la situation actuelle à Madagascar. Elle n’a pour but que de vous informer. Voici mon histoire. Je m’appelle Gabriel Ribet et je suis parti à Madagascar deux mois dans le but de faire du tourisme, du reboisement et de la photo botanique. J’ai 28 ans je suis photographe, botaniste, diplômé d’écologie et de biodiversité et passionné d’aventure. Passons sur les premières étapes de mon voyage qui furent assez pénibles mais sans tragédie notable. Disons qu’il était assez difficile de travailler sur mes photos puisque la crise politique fait qu’on se fait « harceler » en permanence en raison du manque de touristes, tout simplement. Là ou ca a été dramatique c’est quand j’ai voulu rejoindre Masoala (la où je devais faire du reboisement)… j’avais pris le taxi brousse reliant Diego à Sambava pour aller à Antalaha. Après deux nuits et un jour de route cabossée, je suis arrivé à Sambava, en pleine nuit. Puis j’ai pris taxi brousse pour Antalaha à 4 heure du matin, un minibus de la CTVA immatriculé 2513de. Je m’y suis endormi et à mon réveil à 8 heure j’ai constaté avec horreur que mes bagages contenants tout mon argent, matériel photo, vêtements, médicaments, etc… avaient disparu. L’aide chauffeur les avait donnés à une personne à qui j’avais payé le voyage en plus ! Et ce à Sambava alors que je venais de m’endormir !!! Ce criminel d’aide chauffeur a donné tout ce que j’avais a une voleuse ! Incompréhensible. Et je me suis retrouvé avec 2 euros en poche à 9000 km de chez moi, 1000 km de la capitale, me rendant compte peu à peu que l’ensemble de mon voyage est gâché. Plus de photo, plus rien… que de la peine et souffrance. Une perte estimée entre 2500 et 3000 euro sans compter le temps perdu, deux mois de ma vie que j’aurais pu passer ailleurs qu’à trainer dans des bidonvilles. L’affaire semble simple. Je connais l’identité de la voleuse, du complice et de la société responsable. Et pourtant il n’en est rien. Je n’étais qu’au début de mon cauchemar. En résumé j’ai passé 3 semaines à écumer les postes de police, commissariats, gendarmeries, tribunaux, gares routière, et même les journaux quand je suis rentré à Tananarive. C’est un jeune pécheur malgache du nom de Landrot Zuma qui ma recueilli et m’a aidé pendant tout ce temps. On a déterminé la complicité du manœuvre en constatant devant gendarme qu’il avait contacté la voleuse le jour même du vol. À partir de là, on pouvait logiquement espérer remonter jusqu'à mes affaires et condamner les coupables. Il a fallu 3 jours à la police de Sambava rien que pour prendre ma déposition ! Et même avec cette déposition ils n’arrêtaient pas le complice, parce que selon eux il fallait d’abord arrêter la voleuse ! On a décidé de changer d’institution et de passer par la gendarmerie. Ils l’ont bien arrêté mais l’on relâché 4 heures plus tard pour vice de forme officiellement (et certainement pour bakchich officieusement bien sur). Nous l’avons fait arrêter une semaine après par la police d’Antalaha et là on y a presque cru. Il a été déferré au tribunal 2 jours plus tard pour finalement être relâché sur parole. Mon procès a eu lieu 2 semaines après mon retour en France. Je ne sais toujours pas ce qu’il en est puisque mon ami Landrot a du retourner pécher à Ambilobe de l’autre coté de l’ile. La voleuse a été arrêtée le jour où je prenais l’avion. D’après ce que j’en sais elle a été relâchée, et mes affaires n’ont toujours pas été retrouvées. J’ai perdu une année de travail, je sombre dans une profonde dépression due à un désespoir immense, et la coupable n’a même pas été en prison, ni même payé quoi que ce soit, le complice non plus et la société responsable ne m’a évidemment pas non plus versé le moindre dédommagement. Pour une somme semblable en France les peines seraient déjà très sévères. Mais pour l’équivalent de plus de 80 smic malgache on est quand même surpris de constater l’extrême clémence du système judiciaire à l’encontre des coupables… du moins dans les affaires les opposant aux étrangers… Inversement si j’avais tenté de me faire justice en punissant l’aide chauffeur par exemple, il y a fort a parier que je serais encore en prison a l’heure actuelle, et que ma « rançon » serait de plusieurs milliers d’euro. Des exemples de ce type de situation j’en ai des dizaines. La partialité de la justice malgache justifierait largement selon moi un boycott de cette destination. Mais il n’y a pas que ça… J’ai pu finalement reboiser un jour et demi… mais j’ai tout de même réussi à faire progresser les méthodes de l’association en matière de germination et de repeuplement. Il est juste regrettable que je n’ai pu travailler plus longtemps. Très regrettable. Je ne sais même pas si j’aurais un jour les moyens ou même le temps d’y retourner. Mais comment aider ce payer si corrompu, ce chien qui mord la main qui le nourri… la question qui me vient maintenant c’est même pourquoi l’aider ? J’ai pu constater que le régime actuel (Haute Autorité de Transition) est une véritable tyrannie au sens philosophique du terme, c'est-à-dire qu’un individu agissant pour un groupuscule d’intérêts s’est auto proclamé chef de l’état, en l’occurrence à l’issue de manipulations de la foule et des média plus que douteuses. A Madagascar à l’heure actuelle il n’y a plus vraiment de gouvernement, de justice, de police, de loi ou d’armée. Ces institutions ne sont plus efficaces. Les droits de chacun et le respect des lois ne sont absolument pas garantis, surtout en ce qui concerne les étrangers. Mais tout ca est maintenu par le ciment de la propagande et de la corruption… en effet on ne se tarit pas d’éloges au nouveau président et sa nouvelle politique dans les journaux… et c’est vrai il y a certains progrès dans certains secteurs. Par contre on ne parle que du bout des lèvres des vrais scandales (électricité, essence, inflation, destruction écologiques), on les recouvre par du Michael Jackson ou les horreurs commises ou à commettre de l’ancien président, par exemple. Ce système chaotique permet l’existence de trafics qui n’avaient jamais atteint une telle importance, tel que l’exploitation du bois de rose par exemple qui s’exporte par tonnes en Chine, au prix mirobolant de 4 euro le kg !!! Le parc de Masoala patrimoine de l’humanité (Unesco) est mis en grand danger par ces décisions politiques qui permettent a de nombreux riches malgaches de collectionner les 4x4 et au président de s’en mettre plein les poches avant son départ annoncé. Tout cela au détriment de l’environnement, du peuple et même de l’humanité. Je vais m’arrêter là pour cette description de la situation malgache. En ce qui me concerne cela va très mal. Je me sens aussi foutu que le pays. Je ne me relève pas de l’échec total de cette mission : j’ai travaillé des mois pour réunir des fonds pour mes photos botanique et mes projets de reboisement (puisque seuls les étrangers se préoccupent un tant soit peu de la conservation de la forêt malgache. Ils sont aussi les seuls à être bloqué et escroqués par les organismes censés protéger l’environnement). J’ai perdu tout ce que j’ai. J’ai beaucoup de mal à reprendre pied. Je ne sais plus vraiment quoi faire pour la suite ni même si je veux encore aider ou même retourner à Madagascar, l’ile à laquelle je suis si lié. Ce pays n’a de justice ou d’ordre qu’en apparence et la corruption le ronge au fur et a mesure qu’il s’enfonce dans la pauvreté. Et ce ne sont pas les subventions que le FMI (ou autre) lui accordent qui vont l’en sortir puisque cela ne fait qu’entretenir la corruption. Je pourrais discourir des heures sur le sujet avec faits à l’appui mais ce n’est pas l’objet de ma lettre. Ce serait aux journalistes de le faire… Ce pays est riche. Très riche mais établi sur de mauvaises bases. C’est un peu le cas de tous les pays, et surtout en Afrique, mais ici c’est à un point inexplicable. Comment un pays aussi riche de tout peut il être parmi les plus pauvres du monde ? C’est la question régulière des étrangers, et même des malgaches. Cela m’a couté 3000 euro pour le comprendre. A vrai dire la question qu’il faut se poser c’est comment un pays qui ne possède pas les fondements que sont la justice et l’ordre peut il tenir debout ? C’est un peu comme de construire une maison sans fondation… Comment construire une économie saine et équitable si l’injustice et la corruption sont omniprésentes ? Ou comment peut on faire venir des touristes alors qu’on les laisse se faire dépouiller en toute impunité…quand ce n’est pas encore pire ! Comment faire pour rétablir l’ordre et repartir un minimum les richesses si la police, l’armée et la justice sont rendues inefficaces par la corruption généralisée, si les politiques bradent les ressources naturelles au lieu de les préserver, utilisent les aides à leur fins personnelles au lieu de faire des infrastructures nécessaires profitant a tous, si le riche abuse du pauvre sans aucune limite dans le seul but de s’acheter un 4x4 (un ouvrier coute 26 euro par mois !!! A Tana une fois payé le loyer et l’electricité il ne reste que 6 euro environ au smicard pour vivre !!! Et pourtant les 4x4 a 30000 euros fourmillent, j’ai même vu un hummer.). Je pourrais remplir au moins deux ou trois page de ces incohérences et de ces injustices insupportables… mais je conclurais sur ces mots : j’en appelle au boycott de cette ile, ou du moins a plus de clairvoyance, de transparence, de prévention et de fermenté. Ce n’est pas aider un pays que de le perfuser d’argent, d’aide ou d’emprunts en tous genres. Le pays est de plus en plus endetté, les projets restent des projets. Tout se perd en corruption, la population est de plus en plus pauvre. Même des vêtements que vous donneriez finiraient en vente sur les marchés. Eviter d’y faire du tourisme. Malheureusement cela ne profite pas au plus pauvres, et surtout cela habitue toute une partie de la population à l’argent facile, pendant que le reste continue de trimer dur pour quelques centimes Le pire en ce qui concerne le tourisme c’est que les droits des étrangers sont loin d’y être respecté. Ils sont bafoués. Et par certains égard, la justice la bas ressemble a de l’extorsion, à de la séquestration pour rançonnement, sur fond de xénophobie palpable, ou de préférence nationale (si vous préférez). Et ca n’a rien à voir avec la couleur de peau : les africains sont presque aussi maltraités que les blancs par la « justice » malgache. En général ces gens sont tellement malhonnêtes que quand on porte plainte contre eux, ils font une contre plainte, et c’est l’étranger qui se retrouve souvent en prison !!! Je pense que compte tenu du nombre d’histoires similaire à la mienne voir bien pire il faut faire quelques chose. Cela ne veux pas dire que je ne souhaite pas retourner la bas, j’aime ce pays probablement 100 fois plus que la plupart des malgaches, qui quelque soit leurs niveau de vie se contrefichent en général de leur terre et de leur concitoyens. Mais comment protéger vos droits ? Comment faire en sorte que ca ne se reproduise plus ? Comment protester face aux injustices inacceptables et aux destructions volontaires qui ronge ce pays pour des clopinettes ? La réponse n’est pas évidente. Que faire ? Moi je pense savoir ce qu’il ne faut surtout plus faire. S’ils ne sont pas capables de garantir les droits et la sécurité des étrangers pourquoi continuer à y faire du tourisme de masse ? S’ils sont incapables de développer le pays correctement pourquoi continuer de subventionner la construction de routes qui ne ferons jamais ? Pourquoi continuer à subventionner et aider des parcs naturels qui se font dépouiller par décision politique (et dont le personnel participe même au trafic parfois) ? C’est à chacun de prendre ses responsabilités. En tout cas cette ile est très difficile à cerner. La première fois que j’y ai séjourné je n’aurais jamais pensé avoir un jour une opinion aussi négative à son sujet. Il a fallu qu’il m’arrive cet « incident » douloureux pour que je comprenne un peu mieux ce qu’il se passe la bas, et comment ça se passe. Pour que j’ai un regard un peu plus objectif et moins « émerveillé » sur les choses. J’ai pu profiter pleinement de la corruption et de l’inefficacité régissant toutes les administrations. J’ai connu l’injustice et l’impuissance, et le désespoir total m’a complètement ravagé en un mois. J’ai connu aussi la solidarité. Mais elle n’est jamais venue des plus aisés ou même de mes pairs. Elle est venue de braves gens travailleurs et honnêtes, qui ne constituent qu’une part très faibles de la population (du moins celle qu’on voit), malheureusement prise en otage dans le nid de vipères malgache. Finalement c’est pour ceux-la que ca me fait le plus mal : j’ai rencontré des gens extraordinairement civils, civiques, intéressants, accueillants et passionnés par autre chose que l’argent. Mais ils sont peu et plongent avec le reste…sans que je ne puisse rien faire pour eux. Et certains sont des amis chers. Merci de votre écoute. J’espère vous avoir fourni des informations utiles, objectives et sincères au sujet de Madagascar. Cordialement Gabriel Ribet
Cette lettre est un bref témoignage sur la situation actuelle à Madagascar. Elle n’a pour but que de vous informer. Voici mon histoire. Je m’appelle Gabriel Ribet et je suis parti à Madagascar deux mois dans le but de faire du tourisme, du reboisement et de la photo botanique. J’ai 28 ans je suis photographe, botaniste, diplômé d’écologie et de biodiversité et passionné d’aventure. Passons sur les premières étapes de mon voyage qui furent assez pénibles mais sans tragédie notable. Disons qu’il était assez difficile de travailler sur mes photos puisque la crise politique fait qu’on se fait « harceler » en permanence en raison du manque de touristes, tout simplement. Là ou ca a été dramatique c’est quand j’ai voulu rejoindre Masoala (la où je devais faire du reboisement)… j’avais pris le taxi brousse reliant Diego à Sambava pour aller à Antalaha. Après deux nuits et un jour de route cabossée, je suis arrivé à Sambava, en pleine nuit. Puis j’ai pris taxi brousse pour Antalaha à 4 heure du matin, un minibus de la CTVA immatriculé 2513de. Je m’y suis endormi et à mon réveil à 8 heure j’ai constaté avec horreur que mes bagages contenants tout mon argent, matériel photo, vêtements, médicaments, etc… avaient disparu. L’aide chauffeur les avait donnés à une personne à qui j’avais payé le voyage en plus ! Et ce à Sambava alors que je venais de m’endormir !!! Ce criminel d’aide chauffeur a donné tout ce que j’avais a une voleuse ! Incompréhensible. Et je me suis retrouvé avec 2 euros en poche à 9000 km de chez moi, 1000 km de la capitale, me rendant compte peu à peu que l’ensemble de mon voyage est gâché. Plus de photo, plus rien… que de la peine et souffrance. Une perte estimée entre 2500 et 3000 euro sans compter le temps perdu, deux mois de ma vie que j’aurais pu passer ailleurs qu’à trainer dans des bidonvilles. L’affaire semble simple. Je connais l’identité de la voleuse, du complice et de la société responsable. Et pourtant il n’en est rien. Je n’étais qu’au début de mon cauchemar. En résumé j’ai passé 3 semaines à écumer les postes de police, commissariats, gendarmeries, tribunaux, gares routière, et même les journaux quand je suis rentré à Tananarive. C’est un jeune pécheur malgache du nom de Landrot Zuma qui ma recueilli et m’a aidé pendant tout ce temps. On a déterminé la complicité du manœuvre en constatant devant gendarme qu’il avait contacté la voleuse le jour même du vol. À partir de là, on pouvait logiquement espérer remonter jusqu'à mes affaires et condamner les coupables. Il a fallu 3 jours à la police de Sambava rien que pour prendre ma déposition ! Et même avec cette déposition ils n’arrêtaient pas le complice, parce que selon eux il fallait d’abord arrêter la voleuse ! On a décidé de changer d’institution et de passer par la gendarmerie. Ils l’ont bien arrêté mais l’on relâché 4 heures plus tard pour vice de forme officiellement (et certainement pour bakchich officieusement bien sur). Nous l’avons fait arrêter une semaine après par la police d’Antalaha et là on y a presque cru. Il a été déferré au tribunal 2 jours plus tard pour finalement être relâché sur parole. Mon procès a eu lieu 2 semaines après mon retour en France. Je ne sais toujours pas ce qu’il en est puisque mon ami Landrot a du retourner pécher à Ambilobe de l’autre coté de l’ile. La voleuse a été arrêtée le jour où je prenais l’avion. D’après ce que j’en sais elle a été relâchée, et mes affaires n’ont toujours pas été retrouvées. J’ai perdu une année de travail, je sombre dans une profonde dépression due à un désespoir immense, et la coupable n’a même pas été en prison, ni même payé quoi que ce soit, le complice non plus et la société responsable ne m’a évidemment pas non plus versé le moindre dédommagement. Pour une somme semblable en France les peines seraient déjà très sévères. Mais pour l’équivalent de plus de 80 smic malgache on est quand même surpris de constater l’extrême clémence du système judiciaire à l’encontre des coupables… du moins dans les affaires les opposant aux étrangers… Inversement si j’avais tenté de me faire justice en punissant l’aide chauffeur par exemple, il y a fort a parier que je serais encore en prison a l’heure actuelle, et que ma « rançon » serait de plusieurs milliers d’euro. Des exemples de ce type de situation j’en ai des dizaines. La partialité de la justice malgache justifierait largement selon moi un boycott de cette destination. Mais il n’y a pas que ça… J’ai pu finalement reboiser un jour et demi… mais j’ai tout de même réussi à faire progresser les méthodes de l’association en matière de germination et de repeuplement. Il est juste regrettable que je n’ai pu travailler plus longtemps. Très regrettable. Je ne sais même pas si j’aurais un jour les moyens ou même le temps d’y retourner. Mais comment aider ce payer si corrompu, ce chien qui mord la main qui le nourri… la question qui me vient maintenant c’est même pourquoi l’aider ? J’ai pu constater que le régime actuel (Haute Autorité de Transition) est une véritable tyrannie au sens philosophique du terme, c'est-à-dire qu’un individu agissant pour un groupuscule d’intérêts s’est auto proclamé chef de l’état, en l’occurrence à l’issue de manipulations de la foule et des média plus que douteuses. A Madagascar à l’heure actuelle il n’y a plus vraiment de gouvernement, de justice, de police, de loi ou d’armée. Ces institutions ne sont plus efficaces. Les droits de chacun et le respect des lois ne sont absolument pas garantis, surtout en ce qui concerne les étrangers. Mais tout ca est maintenu par le ciment de la propagande et de la corruption… en effet on ne se tarit pas d’éloges au nouveau président et sa nouvelle politique dans les journaux… et c’est vrai il y a certains progrès dans certains secteurs. Par contre on ne parle que du bout des lèvres des vrais scandales (électricité, essence, inflation, destruction écologiques), on les recouvre par du Michael Jackson ou les horreurs commises ou à commettre de l’ancien président, par exemple. Ce système chaotique permet l’existence de trafics qui n’avaient jamais atteint une telle importance, tel que l’exploitation du bois de rose par exemple qui s’exporte par tonnes en Chine, au prix mirobolant de 4 euro le kg !!! Le parc de Masoala patrimoine de l’humanité (Unesco) est mis en grand danger par ces décisions politiques qui permettent a de nombreux riches malgaches de collectionner les 4x4 et au président de s’en mettre plein les poches avant son départ annoncé. Tout cela au détriment de l’environnement, du peuple et même de l’humanité. Je vais m’arrêter là pour cette description de la situation malgache. En ce qui me concerne cela va très mal. Je me sens aussi foutu que le pays. Je ne me relève pas de l’échec total de cette mission : j’ai travaillé des mois pour réunir des fonds pour mes photos botanique et mes projets de reboisement (puisque seuls les étrangers se préoccupent un tant soit peu de la conservation de la forêt malgache. Ils sont aussi les seuls à être bloqué et escroqués par les organismes censés protéger l’environnement). J’ai perdu tout ce que j’ai. J’ai beaucoup de mal à reprendre pied. Je ne sais plus vraiment quoi faire pour la suite ni même si je veux encore aider ou même retourner à Madagascar, l’ile à laquelle je suis si lié. Ce pays n’a de justice ou d’ordre qu’en apparence et la corruption le ronge au fur et a mesure qu’il s’enfonce dans la pauvreté. Et ce ne sont pas les subventions que le FMI (ou autre) lui accordent qui vont l’en sortir puisque cela ne fait qu’entretenir la corruption. Je pourrais discourir des heures sur le sujet avec faits à l’appui mais ce n’est pas l’objet de ma lettre. Ce serait aux journalistes de le faire… Ce pays est riche. Très riche mais établi sur de mauvaises bases. C’est un peu le cas de tous les pays, et surtout en Afrique, mais ici c’est à un point inexplicable. Comment un pays aussi riche de tout peut il être parmi les plus pauvres du monde ? C’est la question régulière des étrangers, et même des malgaches. Cela m’a couté 3000 euro pour le comprendre. A vrai dire la question qu’il faut se poser c’est comment un pays qui ne possède pas les fondements que sont la justice et l’ordre peut il tenir debout ? C’est un peu comme de construire une maison sans fondation… Comment construire une économie saine et équitable si l’injustice et la corruption sont omniprésentes ? Ou comment peut on faire venir des touristes alors qu’on les laisse se faire dépouiller en toute impunité…quand ce n’est pas encore pire ! Comment faire pour rétablir l’ordre et repartir un minimum les richesses si la police, l’armée et la justice sont rendues inefficaces par la corruption généralisée, si les politiques bradent les ressources naturelles au lieu de les préserver, utilisent les aides à leur fins personnelles au lieu de faire des infrastructures nécessaires profitant a tous, si le riche abuse du pauvre sans aucune limite dans le seul but de s’acheter un 4x4 (un ouvrier coute 26 euro par mois !!! A Tana une fois payé le loyer et l’electricité il ne reste que 6 euro environ au smicard pour vivre !!! Et pourtant les 4x4 a 30000 euros fourmillent, j’ai même vu un hummer.). Je pourrais remplir au moins deux ou trois page de ces incohérences et de ces injustices insupportables… mais je conclurais sur ces mots : j’en appelle au boycott de cette ile, ou du moins a plus de clairvoyance, de transparence, de prévention et de fermenté. Ce n’est pas aider un pays que de le perfuser d’argent, d’aide ou d’emprunts en tous genres. Le pays est de plus en plus endetté, les projets restent des projets. Tout se perd en corruption, la population est de plus en plus pauvre. Même des vêtements que vous donneriez finiraient en vente sur les marchés. Eviter d’y faire du tourisme. Malheureusement cela ne profite pas au plus pauvres, et surtout cela habitue toute une partie de la population à l’argent facile, pendant que le reste continue de trimer dur pour quelques centimes Le pire en ce qui concerne le tourisme c’est que les droits des étrangers sont loin d’y être respecté. Ils sont bafoués. Et par certains égard, la justice la bas ressemble a de l’extorsion, à de la séquestration pour rançonnement, sur fond de xénophobie palpable, ou de préférence nationale (si vous préférez). Et ca n’a rien à voir avec la couleur de peau : les africains sont presque aussi maltraités que les blancs par la « justice » malgache. En général ces gens sont tellement malhonnêtes que quand on porte plainte contre eux, ils font une contre plainte, et c’est l’étranger qui se retrouve souvent en prison !!! Je pense que compte tenu du nombre d’histoires similaire à la mienne voir bien pire il faut faire quelques chose. Cela ne veux pas dire que je ne souhaite pas retourner la bas, j’aime ce pays probablement 100 fois plus que la plupart des malgaches, qui quelque soit leurs niveau de vie se contrefichent en général de leur terre et de leur concitoyens. Mais comment protéger vos droits ? Comment faire en sorte que ca ne se reproduise plus ? Comment protester face aux injustices inacceptables et aux destructions volontaires qui ronge ce pays pour des clopinettes ? La réponse n’est pas évidente. Que faire ? Moi je pense savoir ce qu’il ne faut surtout plus faire. S’ils ne sont pas capables de garantir les droits et la sécurité des étrangers pourquoi continuer à y faire du tourisme de masse ? S’ils sont incapables de développer le pays correctement pourquoi continuer de subventionner la construction de routes qui ne ferons jamais ? Pourquoi continuer à subventionner et aider des parcs naturels qui se font dépouiller par décision politique (et dont le personnel participe même au trafic parfois) ? C’est à chacun de prendre ses responsabilités. En tout cas cette ile est très difficile à cerner. La première fois que j’y ai séjourné je n’aurais jamais pensé avoir un jour une opinion aussi négative à son sujet. Il a fallu qu’il m’arrive cet « incident » douloureux pour que je comprenne un peu mieux ce qu’il se passe la bas, et comment ça se passe. Pour que j’ai un regard un peu plus objectif et moins « émerveillé » sur les choses. J’ai pu profiter pleinement de la corruption et de l’inefficacité régissant toutes les administrations. J’ai connu l’injustice et l’impuissance, et le désespoir total m’a complètement ravagé en un mois. J’ai connu aussi la solidarité. Mais elle n’est jamais venue des plus aisés ou même de mes pairs. Elle est venue de braves gens travailleurs et honnêtes, qui ne constituent qu’une part très faibles de la population (du moins celle qu’on voit), malheureusement prise en otage dans le nid de vipères malgache. Finalement c’est pour ceux-la que ca me fait le plus mal : j’ai rencontré des gens extraordinairement civils, civiques, intéressants, accueillants et passionnés par autre chose que l’argent. Mais ils sont peu et plongent avec le reste…sans que je ne puisse rien faire pour eux. Et certains sont des amis chers. Merci de votre écoute. J’espère vous avoir fourni des informations utiles, objectives et sincères au sujet de Madagascar. Cordialement Gabriel Ribet






