Discussions similar to: Femme seule Burkina Faso
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Trois jours seule à Ouagadougou et environs...
Bonjour, Début 2011, je vais participer à une mission humanitaire de 2 semaines dans un hôpital de Ouagadougou.

Je prévois d'arriver sur place 3 jours avant, afin de m'imprégner de l'Afrique, et "d'acheter le climat"!... J'envisage donc de faire un peu de tourisme ces qques jours, et je recherche des tuyaux et des conseils. Qu'y a -t-il à voir? Trouve-t-on facilement un chauffeur guide de confiance?

Comme femme seule, est-ce dangereux de voyager au Burkina?

Merci pour les conseils bienvenus.
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Voyage en solitaire au Burkina Faso
Bonjour! Je suis une jeune femme de 19 ans qui part en voyage en solitaire au Burkina Faso en septembre et octobre de cette année. Je suis tombée amoureuse de ce pays depuis toute petite et j'ai décidée d'y partir cette année par le biais d'une bourse. J'aimerais, durant ces deux mois, vivre au maximum proche de la population que j'admire tant. Je souhaite préparer au maximum mon voyage afin d'éviter les mauvaises surprises... Déjà, quelqu'un partirait-il au Burkina dans la même période? J'aimerais visiter les villes de Ouagadougou, Safané, Bobo-Dioulasso, Banfora, Ouessa, Pô, Tiébélé et Zorgho. Pour se faire, toutes informations sur ces villes seront les bienvenus... De plus, je cherche à loger à très bas prix et si vous avez des adresses, elles seront aussi les bienvenus.

De plus, j'aurais quelques questions supplémentaires. - dans les villes de brousses, es ce que le téléphone passe bien? - quel est le plus avantageux, garder un forfait français (sachant que chez free, c'est 0,30/min, ce qui me parait raisonnable) ou bien prendre une carte là bas? - c'est pas trop risqué pour une jeune fille seule? - quelles sont les précautions principales à vendre?

Tout autres conseil est le bienvenu... Merci d'avance! 😊
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Partir seule au Burkina Faso à 18 ans?
Bonsoir tout le monde. J'ai lu un peu tout ce qui concernait le voyage de femmes seules au Burkina et ceci m'encourage encore plus à partir. Mais voila, je ne connais personne sur place. Enfin, si j'ai rencontré un correspondant sur le net, et nous echangeons beaucoup de choses. Photos, idées, coutumes, nous nous voyaons tres souvent à la cam, nous nous parlons etc... et le feeling passe tres bien. Mon reve est de pouvoir me rendre la bas pour quelques semaines. Mais je n'ai pour le moment que 17 ans et je n'ai pa fini mes etudes au lycée. j'ai decidé d'arreter mes etudes apres avoir passé mon bac en juin, pendant un an afin de partir un an au pair aux usa. mais avant cela j'aimerai beaucoup m'offrir un petit voyage au Burkina mais mon entourage me le deconseille fortement. d'apres eux je suis inconsciente et "folle"...🙁 je crois qu'ils ne se rendent pas bien compte de ce que ca représente pour moi. Alors, je me tourne vers vous pour me dire si c'est vraiment risqué de partir seule chez une personne que je connai grace au net, dans un pays comme celui ci.

tout temoignage sera la bienvenue! et si vous avez plus de questions, je serai a votre disposition je vous remercie Morgane
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Sécurité dans les transports au Burkina Faso pour une femme seule?
Bonjour,

je me rendrai au Burkina pour une deuxième fois dans 2 semaines et je prévois me rendre au Mali en autobus (avec TCV). Toutefois, je m'inquiète un peu à propos de la sécurité. Est-ce sécuritaire pour une jeune femme blanche seule de prendre ces transports? Y a-t'il encore des problèmes de coupeurs de route?

Merci de me rassurer!
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Partir seule faire du bénévolat au Burkina Faso?
je suis une femme de 38 ans voulant aller la bas au mois de mars seul. jai déjà voyager beaucoup mais cest la première fois seul. esce que je suis naive de croire que je craint rien la bas????je connait quelque gens par le net qui veulent me loger car je veux aller faire du bénévolat. bref je veux savoir si je doit y aller en toute confiance ou je serai en danger dans ce pays. merci
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Séjour au Burkina Faso
Boujour à toutes et à tous! J'envisage un séjour au Burkina courant juillet et août 2007. Merci déjà pour vos infos dégotées sur le forum car je me lance aussi et je pars toute seule! Je cherche des bon plans pour se loger en ville au début, est-ce que vous avez des infos?

D'autre part, je souhaite partir plutôt dans la campagne, aller à la rencontre des populations, aucun problème pour une femme seule?

Merci d'avance pour vos info! A bientôt! Cécile
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Voyage humanitaire Burkina Faso en juillet 2010
Bonjour à tous,

Je pars au Burkina Faso participer à un camps d'aide au développement et à la solidarité organisé par l'association Nouvelle Planète. Ce camps se déroule du 7 au 28 juillet!

Je réfléchis toutefois à prolonger mon voyage sur place afin de m'imprégner plus encore de la culture et des échanges interculturels possibles.

Pour cela, je voudrais avoir de meilleures infos sur les conditions de voyage à cette période des pluies--> Est-ce possible de voyager à travers le sud-ouest ou pas? Y a til d'autre personne qui voyage comme moi fin juillet début aout?

Quels conseils encore d'un point de vue de la santé!?

Merci pour ces précieuses informations!

Joanna
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Voyage seule au Burkina Faso un mois en janvier ou février
Bonjour à tous ,

Je viens sur le forum pour prendre quelques conseils, avis etc

Voila j'aimerai partir 1 mois ou Janvier ou Fevrier Au Burkina , je ne sais pas pourquoi mais ce pays m'as toujours attiré et la culture aussi !!!. Le problème est que je n'ose pas , une petite angoisse quand même, je pense que c'est surtout le fait de partir seule . J'hésite aussi à partir avec une association , mais il y en a beaucoup en cherchant sur internet et sont ellles serieuse ou pas, c'est assez compliqué à savoir... Peut être une information utile ou pas j'ai 19ans .

Avez vous des conseils, ou des experiences de voyage seule au burkina à me donner ? des noms d'associations serieuse ?

Merci d'avance de vos réponses =)
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Visiter seule le Mali ou le Burkina Faso?
Bonjour à tous,

Dans un précédent message, je faisais part de mon, désir d'aller enfin un Afrique noir en avril prochain.

ça sera mon cadeau pour mes 40 ans, et après l'Asie du sud est et l'Inde ça sera mon premier voyage sur le continent Africain.

Au départ je voulais visiter le Mali et le Burkina. Mais finalement pour en profiter au mieux je pense faire qu'un seul de ces 2 pays.

Mais lequel ?? *Je suppose que les avis seront très variés, mais j'attends les témoignages de ceux et surtout celles qui ont voyager seule dans ces pays.

Pour info je compte partir 1 mois

D'avance merci pour vos infos, qui m'aideront certainement à choisir.

Théamine
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Voyager seule au Burkina Faso en parlant peu le français?
Bonsoir à tous! Je suis Espagnola et je vais aller à Burkina 1 mois cet été. Celui-ci va être mon premier voyage seul et en outre parle peu français. Je parle Anglais assez bien mais je ne sais pas s'il sera facile de trouver des burkinabes qu'ils parlent Anglais. Mon intention est de connaître un peu le pays, sa culture, ses gens. Créiez-vous que très sera-t-il compliqué ou dangereux pour voyager seule et ne pas parler bien français ?

Pouvez-vous me donner un Conseil avant de partir? Merci à vous !
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Partir seule au Burkina Faso... quels risques?
Bonjour à tous les amoureux du voyage...🙂 Je suis partie au Burkina il y a deux ans avec 6 autres filles pendant un mois. Depuis mon rêve est d'y retourner pour y retrouver les amis que j'y ai laissé et revivre des moments fantastiques. Je voulai y retourner seule (les autres n'étant pas disponibles) ayant déjà des contacts sur place et des amis burkinabès bien sûr. Mais autour de moi on me dit qu'il ne faut pas partir SEULE et n'ayant pas de projet précis.😕 Bref étant bien motivée pour y retourner je voulai savoir ce que vous en pensez et si vous pouviez me donner des conseils... Je vous remercie d'avance et à bientôt!😎
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Voyager seule sur le bus entre le Burkina Faso et le Togo?
Bonjour à tous

Je suis étiudiante à Lille Je compte partir 0 ouagadougou le 25 juin .... Puis prendre le bus jusque Lomé autour du 30 juin .. Jaurais voual savoir s'il était risqué pour une fille de voyager seule au Burkina et Togo ?

Et est ce quelqu'un a déjà pris ce bus ?

Merci

Mélanie
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Budget à prévoir pour le Burkina Faso?
Bonjour,

Agée 20 ans, je pars seule au Burkina Faso durant 1 mois et demi en juillet et août 2012.

Je fais ce projet pour répondre à des envies personnelles, notamment le souhait de découvrir le pays, la culture et aller vers les enfants. En effet, je vais être durant quatre semaines dans un orphelinat, pas très loin de Ouaga. Le reste du temps, deux semaines, j'ai un contact au Burkina Faso pour visiter, découvrir, etc. Voilà le contexte de mon voyage, bien attendu de ma part !!!!!!

Je me pose une question, matérialiste malheureusement mais bon il faut bien l'aborder... Quel est le budget à prévoir pour un mois et demi ? Repas ? visites ? vie au Burkina ? taxi ? etc... J'ai conscience que je peux retirer au Burkina mais j'ai besoin de prévoir étant donné que je porte ce projet seule.

Je vous remercie de votre réponse,

Agathe
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Voyage au Burkina Faso
Bonjour à vous

Voilà cela fait 2 mois que je suis rentré d'un long voyage autour du monde, et tous les jours je pense à une seule chose repartir.

J'aimerai découvrir l'Afrique un continent que je connais très peu et que me fait tans rêver !

J'ai pensé pour un premier voyage seule, au Burkina car cette fois ci mon copain ne peut m'accompagner, je me sens quand même plus rassurer de savoir qu'il parle français la bas et on ne m'en a parler que en positif !

J'ai dans l'idée de partir 3-4 mois a partir de Septembre en sac à dos mais j'aimerai aussi faire des campagnes pour défendre l’environnement et leurs montré comment respecter la nature ... Je cherche un peu en France mais j’espère plutôt trouver une asso ... sur place.

Existe t'il des guides car je n'en ai pas trouver ?

Y'a t'il des personnes seul(e)s qui souhaiterai m'accompagner ?

C'est encore un peu flou dans ma tête, maus j'ai vraiment envie de partir et d'en savoir plus sur ce pays !

Voyageusement
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Sécurité au Burkina Faso
J'ai très envie d'aller au Burkina en avril. Mais que penser de la sécurité là bas ? Entre le Mali proche et les problèmes politiques récents, je ne sais pas si c'est bien prudent.
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Partir un mois au Burkina Faso en avril
Bonjour,

Après réflexion et information, j'ai décidé de partir pour 1 mois au Burkina-Faso En avril. J'ai l'habitude de voyager seule, et en transport en commun. Mais pour cette fois, j'aimerai faire quelques jours, 3, 4 ou 5, avec une agence afin d'accéder à certains villages et a leur mode de vie. Alors avez vous des agences a me conseiller ?

J'ai est déjà vu quelques unes, et notamment une a retenu mon attention, Union National des Villages d'Acceuil. Quelqu'un a t-il déjà voyagé avec eux ?

Ma 2ème question concerne le train entre Ouago et Bobo. Comment cela se passe, quelle durée, quel confort, et combien de temps faut-il prendre ces places ? Je sais que le bus est plus rapide, mais j'aime bien le train.😉

Qoi qu'il en soit, merci d'avance pour vos réponses, et je suis partante pour toutes infoS.

A bientôt sur le forum 🙂 Theamine
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Rencontres à Delga, Burkina Faso
De Retour de Delga, Burkina Faso Rencontres pour un voyage en solitaire au Pays des Hommes Intègres Delga est un petit village de brousse fait de cases en banco, à 14 km de la ville de Kaya (105 km au nord de Ouagadougou), dont l’école en réalité accueille tous les enfants des villages avoisinants. Sous la désignation de Delga, il s’agit en fait d’un groupement d’une dizaine de villages, de cultures différentes mais à majorité Mossi, mais aussi Peulh et Moaga, qui vivent autour de cette école. Il y réside une seule petite boutique, un modeste marché et l‘unique maquis du canton (petite buvette). Les ressources de cette agglomération sont essentiellement agricoles pour les villages Mossi et Moaga, d’élevage pour les villages Peulh. Les cultures sont celle du mil, du sorgho, de l’arachide en majorité, et les revenus annuels des foyers ne dépassent que très rarement les 65 000 CFA (100 euros), quand ils y parviennent. C’est dire si il est difficile pour chaque foyer de pouvoir scolariser ses enfants, d’autant plus pour le collège dont la participation financière est beaucoup plus élevée que celle de l’école primaire (l’école n’étant pas gratuite). Les communautés qui semblent vivre en harmonie selon des règles sociales ancestrales, tâchent de se frayer un chemin vers la modernité avec une réelle circonspection face aux réalités du monde actuel.

Cela se comprend dès le jour de l’arrivée, passant quelques heures d’après-midi au Palais de Déa (d’une étonnante simplicité, datant du fin 18em siècle, dont la gestion de l’espace est bien agréable), après la cérémonie de bienvenue du matin, auprès du Naba Tigré de Pikoutenga, des Chefs de villages du canton, et des représentants de toutes les parties concernées par cet échange. Etre la seule jeune femme de l’assemblé, étrangère (française qui plus est), est une situation singulière. Si le Naba Tigré, lors de la séance traditionnelle des chefs au Palais, avait tenu à ma présence, c’était me faire saisir bien des subtilités quand à sa position hiérarchique et au fonctionnement social de la communauté, notamment lors du salut de chaque groupe de Chefs et notables coutumiers des villages respectifs. Mi- allongés devant le Naba Tigré, ils présentaient leur respect et leurs écots, ces derniers relevant plus du symbole que de la fortune. Les représentants Peulh se plaçaient légèrement plus à distance du Naba Tigré, s’allongeant sur le coté avec une certaine nonchalance apparente. Puis, dans les quartiers du Naba Tigré, nous avons eu l’opportunité de parler de l’histoire des Mossis, du canton, des distorsions entre légendes et réalités quand à leur lignée, ou même des impératifs actuels.

J’ai croisé des élèves prometteurs, qui n’auront certainement pas l’opportunité de continuer leur parcours scolaire et travailleront au champs entre autre... Penser que bien des enfants à la tête bien faite ne pourront aller au collège et se résignent déjà à un avenir tracé, comme ils me l’ont confié avec dérision, ne cesse d’être présent à mon esprit. Assistés par la propagande scolaire du moins pire, “le travail est mon ami”, pour ne pas finir mendeur à l’image des enfants des rues que l’on croise une boîte de conserve à la main recueillant quelques maigres CFA pour un autre, les enfants cheminent entre maturité et enfance, récitant des poèmes du courant de pensée de la Négritude:

“Ma religion de grâce, ne me pose plus cette question. Ma religion n’est pas celle de la langue que je parle, Ma religion c’est ma race, celle de la couleur de ma peau, Celle de l’Afrique Authentique, Celle que mon cœur comprend.” Karim Traoré Logée à trois cents mètres de l’école, la maison était devenue une sorte d’annexe. Douze jours, c’est si court pour établir une relation avec toute une communauté étrangère à sa propre culture… Après le Nescafé rapido du petit matin, je rendais visite à Binta et sa famille au village de Basalayéré. Binta, femme charismatique à l’humour pince sans rire, est la représentante de la communauté des femmes. Elle m’offrait le petit déjeuner, la bouillie de mil, l’œil malin et attentif. Les premiers jours la bouillie était telle quelle, puis les jours suivants, Binta l’agrémenta de quelques carreaux de sucre et de beignets à base de farine de mil. Nos rires réservés dépassaient la barrière de la langue, mes esquisses d’échange en Mooré prêtant à l’hilarité de toute la famille et des visiteurs. Je pu apprendre sur la cuisine des plats principaux au feu trois pierres, observer les gestes à adapter aux cuiseurs à bois économes, ou les adaptations éventuelles à lui faire. Le mil est l’aliment majoritaire. Tous les jours l’on mange de la bouillie, du tô, et parfois des beignets, toujours à base de mil. Il est impératif que sa préparation avec les cuiseurs ne pose donc aucun problème. Sur le chemin du retour vers l’école, je visitais d’autres familles, notamment la famille Bendogo en charge du Bendré. Le Bendré est un tam-tam magnifique tout en rondeur, en premier lieu un langage à part entière frappé sur l’instrument que seuls les initiés peuvent entendre. Sa parole d’autorité sacrée m’avait été démontrée par le Naba Tigré lors de la séance traditionnelle des Chefs. Chaque génération, de 76 à 4ans, a la parole entre les mains chez les hommes de la famille Bendogo. Le Bendré est aussi le nom d’un journal de l’opposition. Le pays Mossi est la Tontenga Solomdé, la terre des contes. Tout enfant aime, récite, crée des contes. Beaucoup d’entre eux en écrivent à l’école, ils ont aimé en envoyer comme message, que j’ai soigneusement ramené. Faire des fresques de peinture avec les enfants sous la chaleur de la saison d’été est un grand moment ! Trois fresques prévues par classe, compte tenu de leurs effectifs, accrochées au mur d’un bâtiment attendaient les enfants tous les jours (au total sur le séjour 16). La préparation des couleurs attiraient particulièrement l’attention des enfants. Une foule de nez collés sur les fresques …

Tour de force que d’accéder aux différents mélanges et pinceaux d’une fresque à une autre, tour de force que de veiller à ce que chacun ait eu un pinceau en main. C’est si chouette de voir certains enfants les yeux brillants, une belle aisance avec les techniques de la peinture ! Et puis taquiner l’instituteur afin qu’il mette la main à la pâte avec ses élèves. Plutôt sceptiques au départ, ils y prenaient goût. Maryam, institutrice des CM1, avait finalement du mal à laisser le pinceau aux enfants ! Madhi (instituteur de CP) confiait «!On croit que c’est compliqué, c’est si simple ! Cela faisait des années que je n’avais pas eu l’occasion de dessiner, on oublie ! ». Il y a de belles fresques !

De 11h30 à 15h c’est la pause. Ma cour est envahie, pour des cours de mooré, une foule de questions, pour le partage de la marmite que je prépare. Si je suis rassasiée avec la bouillie du matin, la chaleur écrasante et une ou deux mangues, tous sont heureux de manger autre chose que le mil. Ainsi midi ou soir nous nous organisions un petit moment de partage, entre grands ou petits. Pour d’autres c’est aussi l’heure de la sieste sous l’ombre parcimonieuse, mais surtout en cette fin d’année scolaire de réviser avec sérieux pour affronter les examens. Les enfants révisaient beaucoup ensemble et s’entraidaient, comme des petits groupements poussant à l’ombre rare. Les parents de l’ami Dieudonné sont venu un soir avec un présent que je ne discernais pas dans la nuit noire, jusqu’à ce que le dit présent émette un son. Ils venaient m’offrir un coq. Offrir un coq est un grand présent du fait de sa valeur, un honneur pour celui qui le reçoit. Le coq est resté dans ma cour jusqu’au lendemain où nous l’avons tué, plumé et préparé avec les enfants. Un repas de fête accompagné d’une bonne marmite de riz au piment et oignons... Cette journée, dans l’excitation générale, reste un beau souvenir !! Les discussions et plaisanteries s’engagent avec Awa, Issouf, Solo, Mamata, Soumaïla, Ismaël, et bien d’autres durant ce jeudi sans école. C’est une belle occasion de découvrir leurs écrits, et leurs histoires personnelles et familiales. Beaucoup vivent chez les tantes, oncles ou grands parents. Leurs parents, les pères majoritairement, sont partis en Côte d’Ivoire afin de trouver du travail. Certains n’ont pas vu leurs parents depuis 7 ans, tel Soumaïla qui en a 11, dont les parents ont refait leur vie là bas avec un petit frère... Ils sont plus ou moins bien considérés par les familles qui les ont à charge. Si généralement les hommes ou les parents font parvenir un peu d’argent, certains ne donnent pas tant de nouvelles. Il est vrai que lors des rassemblements occasionnés par les séances cinéma du soir, la communauté des enfants, des jeunes et des femmes étaient majoritaires avec les anciens... Beaucoup moins d’hommes de 25 à 50 ans. A la tombé du soir, c’est donc au tour des séances cinéma avec le projo, le groupe électrogène, la batterie, l’installation électrique façon-façon, qui marche, qui ne marche pas, qui finit par marcher.... Des gens faisaient jusqu’à 10 km à pied pour venir. Les spectateurs ont attendu une fois jusqu’à 2 h que cela puisse fonctionner pour voir le cinéma. J’ai compris le pourquoi de l’emplacement près de ce qui tenait lieu de stade !! De l’engouement pour le cinéma plein air émanait une ambiance de fête, complètement intergénérationnelle quoi que l’on passe. A peine commençait on à aller flâner du coté du marché pour aller chercher l’essence dont le groupe électrogène avait besoin, qu’une foule d’enfants étaient déjà en place en première arc de cercle, pionçant un peu pour être d’attaque. L’installation «!tranquille!» était aussi l’opportunité pour les femmes de me chercher avec plaisanterie

Attroupement qui réunissait tous les cœurs d’enfants, même les plus anciens. Ces derniers, se plaçaient aux premières loges adressant un sourire jubilatoire au grand mur animé. Les grosses pierres qui avaient été placées pour dessiner une allée de bienvenue devant ma cours, disparaissaient de soir en soir pour servir les postérieurs des jeunes cinéphiles. Tout en pliant le matériel toujours à la tranquille, nous discutions et débattions entre nombreux traînards passionnés. Ainsi les débats autour des films s’organisaient avec spontanéité.

Séances finies autour de plus de minuit, une fois tout le monde sur les petits chemins de nuit, un peu tranquille dans ma cour, je voyais les silhouettes habituelles se profiler à l’entrée à pas feutrés.... Partage, mangeaille et discussions politiques avec les enfants du soir, qui pour certains n’allaient pas à l’école. J’ai une forte pensée pour Soumaïla et Daouda, et leurs camarades. On se couche tard. Chaleur de la nuit, jamais au dessous de 30°. Debout à 6h. Un petit dimanche de ballade au lac Dem, magnifique pause et occasion de voir l’œuvre du Naba Tigré et de notables coutumiers qui ont investi dans le reboisement et la culture tout autour du lac, ainsi que deux visites de courtoisie à la ville de Kaya lors de baptêmes de proches de l’association APV-CN, m’ont donné beaucoup de joie et de force. Une petite heure passée avec le grand père de Maryam à discuter du passé sur la natte, de ses années données à la France. Parti très jeune la servir il n’a revu le Burkina Faso qu’en 1961, après l’indépendance du pays des Hommes Intègres. L’envie de faire la fête et de danser avec tous est forte, mais il faut retourner à Delga pour la séance cinéma, pas question de décevoir tout le monde ! Les enfants. Il me faudrait bien des pages pour parler des enfants de Delga. Princesse Awa, la forte tête pleine d’humour représentante des élèves, personne ne la contre dit ou ne l’empêche de faire ce qu’elle désire. Issouf, fils du Naba Tigré, quand il fait signe d’un tête à tête avec moi tous s’évaporent. Solo, Souleymane, le conteur et le comédien à la personnalité bien trempée, petit homme sur qui on peut toujours compter. Daouda, qui vient m’offrir le journal du Bendré (datant de l’année suivante de l’assassinat de Thomas Sankara), que je lui échange avec des articles que je réservais pour de plus grands. Soumaïla resté trois matins durant, face à moi, accolé au mur de ma cour sans un mot, pour enfin venir discuter durant les soirées suivantes. Mamata, Rabsétou, Fatimata, Roukiétou, les jolies demoiselles qui m’ont accompagnée au puits, dans mes découvertes villageoises, à l’apprentissage du Mooré, à l’épluchage des oignons ou aux jeux des grimaces... Et tant d’autres bouts de femmes et d’hommes. Ils ont été patients et bienveillants à mon égard, et ce malgré mes impairs. La veille de mon départ fut très émouvante. Leur résignation face à un avenir quasi certain fait naître la colère en soi.

C’est pourquoi au cours de discussions à propos du projet des cuiseurs à bois économes avec les instituteurs, l’association des parents d’élèves et les notables coutumiers, il a été émit l’idée d’étudier la création d’une coopérative de réalisation de cuiseurs économes à Delga même, destinés à la vente à tempérament à une communauté de femmes sur Delga et ses alentours, ainsi qu’une autre sur la ville Kaya. Les revenus des femmes ne sont pas les mêmes sur la ville de Kaya qu’à Delga. Les femmes de Kaya qui vendent leur cuisine génèrent une économie plus rentable. Cette coopérative permettrait d’insuffler un peu d’économie sur la commune de Delga.

C’est une entreprise qui nécessitera du temps et une grande mobilisation, à laquelle la présence de l’autorité du Naba Tigré peut apporter un soutien fondamental. Une réunion regroupant les femmes influentes et les chefs de villages était planifiée en vu de communiquer sur ces idées dans un premier temps, ainsi que d’expliquer le fonctionnement, les avantages, et les nécessités que représente le cuiseur à bois économe. Je craignais que cette réunion ne soit boudée. Il est ardu de discerner si, en si peu de temps, la confiance est là. La méfiance et la réserve étant, au de là d’une caractéristique de la culture Mossi, bien compréhensible. De plus en plus de femmes sont arrivées à la réunion auprès de nos amis de l’association APV-CN. Les femmes de la communauté sont très sensibles à cette proposition, étant donné les problèmes qui se posent à elles au quotidien dans cette région semi sahélienne où le bois vient à manquer. Suite à cette réunion, à la veille de mon départ, les femmes m’adressèrent un nom de baptême Mossi: Wamanegba Ouédraogo. Ouédraogo est un nom très étendu dans la région Mossi du Centre nord du Burkina Faso, signifiant cheval, plus exactement étalon, selon la légende de la Princesse Yennega. Quand à Wamanegba, m’inclure dans la communauté par ce biais est un honneur bien entendu, mais il faut entendre avant tout le message qu’il contient et que je garde pour moi. Cérémonie de bonne arrivée dit cérémonie d’au revoir. Une fois encore il y avait du monde, exposition des fresques aux familles, remerciement pour le matériel donné à l’école, cadeaux qui m’ont été offerts (dont une tenue traditionnelle de femme), danse ce coup-ci avec les femmes, le Kiègba : au centre d’un cercle de rythme frappé avec les mains et de chant, deux femmes se tapent les fesses en tombant sur un rythme bien précis. Instant de jaugeage et de complicité féminine. Les discours extrêmement touchants, notamment des enfants représentés par Awa a eu raison de ma fatigue et de la densité du séjour. J’avais bien du mal à prononcer le mien, tant j’étais sous le coup de l’émotion. De la veille au matin même de ce dernier jour, les aux revoirs commençaient à se présenter, chacun ayant besoin d’un moment partagé. De la tristesse que je ne pensais pas voir se lisait sur certains visages. Nous avons pris notre temps toute la journée, bien après la cérémonie d’au revoir, jusqu’à 18h à Delga. Les anciens, les femmes, les instituteurs et bien sûr les enfants désiraient encore un peu discuter. J’avais moi-même bien du mal à partir. A l’instant du départ, la moto refusant de démarrer à plusieurs reprises déclenchait alors des cris et des rires d’enfants dans toute la cour de l’école... Elle a finie par démarrer…

Repartant pour Kaya, où je rejoignais l'équipe dynamique et sympathique de l'association APV-CN, aussi vulnérable que les enfants et les familles auxquels elle vient en aide, mon coeur était serré. De ces émotions que l'on ressent quand on quitte...

Diaporama

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Enceinte au Burkina Faso: vaccin et traitement contre le paludisme?
Bonjour

enceinte de 4 mois et demi je pars au Burkina sur la période des vacances de noël. Quelqu' un a t il déjà pris de la malarone en étant enceinte comme on me le suggère ou faut il se contenter de faire attention? Quelqu' un s est il déjà fait vacciner contre la meningite enceinte? la contre indication est relative donc possible mais peu de recul sur les risques pour le bébé. Merci pour vos témoignages
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Descendre au Burkina Faso en voiture: sécurité?
Bonjour, Début octobre, je redescends au Burkina pour quelques mois. J'ai une forte envie de descendre en voiture (une xantia citroën), malheureusement, le principe de sécurité fait que j'hésite toutefois à prendre ce risque cette année, surtout que nous (2 personnes) ne serions qu'à une seule voiture. Je ne suis pas la première à poser la question, j'ai suivi quelques discussions du forum, mais qu'en est-il réellement sur le terrain depuis un mois ? Comment les choses évoluent-elles ? Les autorités déconseillent de circuler, principe de précaution ou REEL danger ? Quelqu'un a-t-il fait ce trajet très récemment ? Les autorités mauritaniennes organisent-elles des convois accompagnés ? Y-a-t-il de nouvelles contraintes aux frontières ? Quelqu'un prévoit-il ce voyage à la même période ? Et, si finalement, je me résigne à partir en avion, quel transitaire me conseilleriez-vous pour emmener une voiture ? Enfin, dernière possibilité à laquelle je pense, acheter une voiture d'occasion au Burkina, avez-vous des conseils, des adresses à ce sujet ? Merci d'éclairer mon indécision, tout conseil sera bon à prendre !
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Où dormir à Ouadadougou (Burkina Faso)?
c'est la 1ere fois que je pars seule en afrique. mon avion attéri vers 21 heures à ouagadougou. je ne sais pas encore où dormir en arrivant, auriez vous quelques conseils à me donner? quels risques y a t-il à cette heure dans cette ville? mon départ approche et l'angoisse commence à se faire ressentir...😕 merci pour votre aide.
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Architectes au Burkina Faso
bonjour,

je suis actuellement étudiante en école d'architecture à Saint-Etienne. je reviens du Burkina et le pays m'a tellement séduite que j'ai pour projet d'aller faire 4 mois de stage sur place fin 2015. lors de mon voyage j'ai rencontré des agences d'architecture à Ouagadougou, mais je dois bien avouer que le sud-ouest du pays m'a bien plus émerveillé.

je fais donc appel à vous pour savoir si quelqu'un a des pistes pour mon projet. Je retroune au Burkina Faso cet été je pourrais alors rencontrer des personnes s'il y a besoin.

merci d'avance.
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Elèves sage-femmes recherchent stage au Burkina Faso
bonjour, Nous sommes deux etudiantes sage femme en 3eme annee. Nous recherchons un stage a l'etranger pour janvier 2009.nous avions un contact pour un stage a Fada mais malheureusement celui nous a "laisse tomber". Nous recherchons donc un autre lieu de stage, au Burkina faso. Nous pensons avoir beaucoup a apprendre dune telle culture, dune autre facon de travailler, mais egalement beaucoup de choses a donner ! Nous ne savons pas trop comment nous y pendre. Nous supposons que Ouagadougou est la ville la plus appropriee pour nous, mais nous sommes pretes a aller dans dautre villages, tant quil y a des femmes enceintes ca nous convient !! 😉 Auriez vous des renseignements sur les hopitaux avec des maternites ou nous pourrions aller? Des solutions de logements ? En fait tout renseignements, experiences sont les bienvenus. Nous sommes au debut de notre demarche donc ... Merci a vous tous !
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Le Burkina Faso en mission solidaire
Une rencontre de hasard à Paris et quelques mois plus tard, me voilà dans un avion pour Ouagadougou. C'est mon premier voyage en Afrique noire et je suis attendue le lendemain matin à Koudougou pour une mission d'alphabétisation auprès de jeunes filles âgées de 15 à 21 ans.

Après une nuit dans une guest-house pour routards de la capitale dont je ne verrai rien, je me rends à la gare routière pour prendre le bus de ligne pour Koudougou. Premier contact avec l'Afrique, la chaleur, le bruit, les odeurs, les couleurs, tout cela m'agresse et me ravit à la fois: je sais que je vais vivre une belle expérience...

Je m'installe dans le bus avec mon MP3 pour passer le temps. Précaution inutile, le chauffeur met la musique à fond (de la musique africaine bien sûr) pendant les 3 heures que dure le trajet. Le bus n'a pas d'amortisseurs, la route est mauvaise, il n'y a pas de clim, le soleil cogne à travers les vitres qui ne s'ouvrent pas, les sièges sont en skaï, je suis contente d'arriver à destination !

Un correspondant doit venir me chercher pour m'amener à mon hébergement, je l'attends donc, il me reconnaîtra facilement: je suis la seule blanche. Enfin il arrive à scooter et c'est parti pour la traversée de la ville, le logement étant excentré dans les faubourgs, il faut quitter la rue principale, la seule goudronnée, pour emprunter une piste de poussière rouge. A notre arrivée à la "villa des blancs" les trois autres bénévoles arrivés quelques jours auparavant m'attendent pour prendre l'apéro, nous formerons une sympathique petite équipe durant trois semaines.

Après le déjeuner je sors faire une balade dans le quartier, vêtue pour la circonstance: vêtements légers et tongs. Première erreur ! il n'y a pas de ramassage des ordures et les détritus jonchent la rue: emballages, canettes, morceaux de ferraille... Les déchets organiques disparaissent immédiatement dans l'estomac des cochons tandis que les sacs plastiques s'envolent dans les arbres.

Je remets mes chaussures fermées et au détour d'une rue je vois une femme devant sa maison, en train de remuer un liquide marron dans un chaudron. Je m'approche, elle prend une petite calebasse, la trempe dans le chaudron et me la tend: ça a le goût du cidre fermier, tiède. Ce doit être meilleur frais, c'est le "dolo", la bière locale.



Dès le lendemain matin après vérification de nos vélos, nous partons à l'autre bout de la ville, à l'Action Sociale, où la responsable nous accueille et nous présente nos élèves et les locaux qui se résument à deux petites pièces surchauffées. L'une est la salle de classe, l'autre l'atelier de couture. Les jeunes filles alternent couture et école par demi-journées. Faute de place et parce qu'elles ne sont pas toutes du même niveau, les leçons se font aussi dehors sur des vieilles planches recouvertes de draps, dans la cour qui sert aussi accessoirement de toilettes...





Je vais passer là deux semaines, apportant ma modeste contribution, ma petite goutte d'eau pour faire en sorte que ces jeunes filles non scolarisées puissent obtenir leur certificat d'études, qu'elles aient un métier, leur indépendance financière, peut-être la liberté de choisir leur vie de femme, tout un programme !

Elles sont pourtant bien mal parties dans la vie, Monique, Delphine, Marie-Claire, Claudine, Catherine, Mathilde et Assetta qui s'agrippe à mes vêtements, pauvre petite ! elle était inconsolable quand nous sommes partis, pensant que c'était de sa faute...

Mais comme elles sont joyeuses, toujours prêtes à rire, à chanter, à danser, et coquettes ! avec des fleurs et des noeuds dans leurs cheveux qu'elles se coiffent mutuellement pendant leur temps de repos. Je leur prête mon appareil photo, c'est la fête ! la batterie est déchargée en quelques minutes, je garderai la plupart des photos, elles sont tellement touchantes !



Et comme elles sont motivées ! et heureuses d'apprendre, de montrer qu'elles savent, de m'apprendre aussi des choses sur leur pays. Elles me donnent autant sinon plus que moi.

Puisqu'elles apprennent la couture, je leur demande de me confectionner une robe, elles sont ravies ! Je passe donc au marché pour acheter du tissu. De loin les étoffes sont chatoyantes mais en m'approchant je comprends que ça ne va pas être facile de trouver ce que je cherche. Il me faut éviter les tissus avec des inscriptions "Alleluhia", "Jésus notre sauveur" et autres "Marie pleine de grâce", ceux qui célèbrent la fête de l'Indépendance, les grands coeurs "je t'aime" pas faciles à porter au bureau (nous sommes en février, bientôt la St Valentin) ainsi que les cocotiers, crocodiles, éléphants etc...

Enfin je trouve ! malheureusement le commerçant est un grossiste qui refuse de me vendre les trois petits mètres dont j'ai besoin. Grrrr... mais comme il ne lui reste plus qu'un rouleau de trois mètres, je lui propose: "j'achète tout !" et il est d'accord.... tout est une question de vocabulaire. Je repars avec mon beau tissu, reste à choisir le modèle avec la responsable qui me montre des modèles. Un boubou ? non. Les épaules ornées de volants ? non. Une jupe longue ? non plus. Rien ne va, je voudrais une robe courte, pour porter l'été, à Paris. Aïe, ça ne se fait pas ici de montrer ses jambes. Bon, elle accepte une coupe au genou, même légèrement en-dessous, sinon ça fait "robe de minuit" (robe de prostituée). Finalement elle est très belle ma robe !

Chaque soir, sur le chemin du retour, nos vélos s'arrêtent tous seuls au Maxijus; quelques tables bancales, des chaises sous un auvent et des jus de fruits maison servis dans des bouteilles en verre réutilisables, simplement rincées en les plongeant dans un bidon d'eau... nous n'avons pas été malades. Les jus sont vraiment bons et la pause bien appréciée avant de rentrer à la maison où nous attendent les deux sympathiques gardiens qui se relaient jour et nuit et notre belle cuisinière au rire si communicatif.

Sur notre trajet nous passons devant la gare et un jour la curiosité nous pousse à y entrer. Je suis amusée de lire le panneau des horaires avec un seul train quotidien, arrivée "probable" à 21h50. Et sur celui des tarifs, billet pour Abidjan plein tarif = 24000 CFA, demi-tarif = 14000 CFA



Le dernier jour je me rends au marché avec deux autres bénévoles pour acheter un poulet rôti et quelques fruits. Le marchand nous demande de revenir un peu plus tard car les poulets ne sont pas cuits. En effet, ils gisent là, morts et plumés, dans le caniveau en plein soleil. Les camions qui passent à quelques centimètres les recouvrent de poussière rouge. Il paraît que si la viande est bien cuite on ne risque rien.



En attendant, nous allons acheter nos fruits et lorsque nous voyons un étal bien achalandé, nous décidons de tout acheter à la même personne, pour gagner du temps. Quelle erreur ! les autres femmes, jalouses, se mettent à hurler, à se disputer dans leur dialecte local, un attroupement se forme et il faut menacer d'appeler la police pour qu'elles se calment. Nous prenons nos fruits sans récupérer la monnaie, tant pis, le poulet est cuit et nous repartons.

En route, un petit crochet par l' "Ampoule Rouge", le lupanar du coin. Le jour, c'est plus ou moins un bar près de la voie ferrée. Les deux bénévoles masculins qui m'accompagnent me charrient un peu: "ils vont peut-être te recruter !" mais je ne crains rien avec mon gabarit de 50kg, comme l'atteste l'enseigne du lieu, ils aiment les rondeurs.

Notre mission tire à sa fin, le pot de départ est émouvant, sur la table, quelques verres de soda et quelques gâteaux secs, puis chacun repart vers sa vie, nous reverrons-nous ?

Je l'espère, d'ici quelques années, j'ai envie de savoir ce que sont devenues mes filles. Je pense à elles de temps en temps en relisant la belle lettre qu'elles m'ont laissée.

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Maisons nubiennes au Burkina Faso
J' habite au burkina faso depuis deux ans et il y fait très chaud, alors j'ai decidé de faire une maison nubienne, c'est la grande mode ici je vous met donc ce petit mot pour vous faire partager mon expérience , afin de vous éviter de faire les mêmes bêtises que moi. Je n’y connais rien et j’ai fait confiance à un maçon, XXX, conseillé par l association français : la voute nubienne, de boromo Mal m’en à pris, quand les travaux ont été fini, 55m de voute nubienne, à la première pluie, fuite du toit, à la deuxième affaissement d’un des bouts de la maison.

Eh bien, pour l association, tout est de ma faute, malgré l expert envoyé par eux, payé par moi qui a reconnu que les fondations étaient mal faites !!! C’est vrai que les portes n’ont pas été posées assez vite et que la maison étant en forme de U la pluie à stagnée au milieu et est rentrée dans la maison. Mais enfin, c’est quand même au maçon de prévoir l irrigation d’une maison aussi peu solide et de nous conseiller !!! Les frais de réparations sont très élevés, raison pour laquel l association soutient son maçon et ne veux pas participer…..

Enfin juste pour vous dire que si vous avez l intention d’en faire une, réfléchissez bien et surtout trouvé un maçon consciencieux.
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Création d'une association de routards Maliens
Bonjour à tout le monde.

Je lance un appel pour la creation grace à VoyageForum d'une associatio ou club de courageux maliens ou de toutes nazionalités, aimant voyager par la route de l'Europe vers le Mali et l'Afrique. L'objectif etant de regulariser ( au moins une fois par an par exemple); de faciliter les formalités durant le trajet ( en tant qu'association on pourrait contacter avec plus de force les autorités des pays traversés : Maroc, Mauritanie, .... Une association est toujours mieux ecoutée qu'un individu).

Desormais il est possible d'utiliser la route pour monter et realiser nos projets en Afrique , formant une associations de voyageurs de la routes les autorités seront peut etre douces avec nous.

C'est une idée j'espère bonne , j'attend les votre sur le sujet Merci.
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Burkina-Faso, le pays des hommes intègres
Nous y voilà!

Cela faisait plusieurs années que cette idée de voyage humanitaire à l'étranger me trottait dans la tête. En effet, ce monde de l'humanitaire m'a toujours attiré mais, sans doute, par peur de l'inconnu, je n'osais ''sortir de ma bulle''. Et puis, finalement, je me suis lancé. Pour cette première expérience, mon choix s'est porté en faveur de l'association "Tout Le Monde Doit Bouger", au Burkina-Faso, pour une mission de trois semaines pendant laquelle je donnerai d'une part, des cours de soutien scolaire à des collégiens et d'autre part, je participerai à un programme de sensibilisation des populations locales, sur le Sida et l'hygiène. Depuis quelques mois maintenant, je prépare donc cette aventure: billets d'avion, passeport, visa, vaccins et autres précautions à prendre... Et puisque j'ai droit à 40 kg de bagages, j'emmène avec moi: - une bonne vingtaine de livres de cours et diverses fournitures scolaires gracieusement offerts par des amis et ma famille, - plus d'une centaine de plaquettes d'information et quelques 300 préservatifs masculins et féminins fournis par l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie, - des seringues, des compresses, des médicaments, du désinfectant et autres produits pharmaceutiques que m'a donnés Coralie, une amie infirmière. Et donc, nous y voilà! C'est la première fois que je pars comme ça, dans un pays aussi lointain à la rencontre d'une culture aussi différente de la mienne donc, j'appréhende un peu, forcément. Mais, en même temps, je suis très enthousiaste pour partir vivre cette aventure humaine. J'espère que tout se passera bien.

Arrivée au Burkina Mardi 5 août, 3h du matin: arrivée à l'aéroport d'Ouagadougou. Après avoir réglé les quelques formalités administratives, je gagne la sortie de l'aéroport où m'attendent deux ''blacks'' grands et costauds, l'un tenant une pancarte ''Tout Le Monde Doit Bouger''. - Bonsoir! Moi, c'est Olivier, leur dis-je en m'approchant d'eux. - Bonsoir! Moi, c'est Jacob et voici Soum. Bonne arrivée! - Merci! - Le taximan qui habituellement nous dépanne quand on reçoit des bénévoles nous a fait faux-bond alors on a dû improviser et venir en moto, m'informe Jacob. - Ok, lui répondis-je, quoi qu'un peu dubitatif sur les possibilités de transporter mes 40 kg de bagages, sur une moto. Nous traversons alors un petit groupe de jeunes gens quémandant quelque argent en échange de cartes téléphoniques et nous rejoignons nos deux motos. En regardant Soum en train d'harnacher mes valises, sur le porte-bagages d'une des motos, une soudaine angoisse d'homme blanc méfiant me submerge: - Mon Dieu! Et si je m'étais fait avoir? Me voilà, en plein milieu de la nuit, dans un pays totalement inconnu, avec deux types pas spécialement antipathiques au premier abord, mais tout autant étrangers! Où vont-ils m'emmener? Dans quelle galère me suis-je lancé? Et puis, chemin faisant, moi assis sur le siège passager derrière Jacob, le président de l'association, celui-ci me présente l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', leurs actions passées, leurs missions actuelles et leurs projets à venir. Ce discours passionné a alors pour effet de me rassurer totalement sur leurs intentions. Ce soulagement s'accompagne d'un bien-être avec cet air frais qui, en cette chaude nuit, me caresse le visage. Nous circulons dans des rues désertes, d'abord goudronnées, puis ce sont des pistes qui prennent le relais. Le long de notre chemin, les petits immeubles du centre-ville ont progressivement laissé la place aux maisons plus ou moins entretenues et finalement, nous pénétrons dans le quartier de Tanghin, un des quartiers les plus pauvres de la capitale. A ce que je peux en juger grâce à la faible lumière émise par le phare de la moto, nous semblons longer des sortes de cabanes aux briques grossièrement montées et il nous faut slalomer parfois entre quelques tas d'immondices qui jonchent le sol de notre piste défoncée par le ruissellement des eaux de pluie. L'obscurité ne me permet que de deviner la misère qui m'entoure et le choc est tout de même brutal. Tant bien que mal, nous arrivons au local de l'association où m'accueille Christian avec qui j'avais échangé quelques mails avant de venir. Il est très tard et sans épiloguer plus longtemps, il me montre le matelas sur lequel je vais dormir. Je m'allonge et malgré la chaleur, le sommeil me gagne rapidement. Demain, il fera jour...

Nassara, bonyour! La toute première fois que je me suis promené dans les rues de notre quartier, je fus très agréablement surpris par le côté ouvert et spontané des enfants. En effet, à peine sommes-nous sortis du local de l'association que, déjà, des ''gnomes'' de 5 à 10 ans s'approchent de nous pour nous serrer la main. - Nassara, bonyour! nous disent-il, avec un large sourire. Etonné par ce genre de familiarité somme toute naturelle, on m'informe que ''nassara'' veut dire ''homme blanc'', en Mooré, et que pour eux, saluer un blanc, c'est peut-être une marque de respect mais aussi et surtout une forme de jeu. Et ainsi, à chaque coin de rue, des « nassara, bonyour! » à gauche, des « nassara, bonyour! », à droite, des « nassara, bonyour! », même de loin. Parfois, pour rigoler, on s'amuse à ne pas leur répondre tout de suite. Alors, ils se mettent à nous poursuivre en criant de plus en plus fort, en s'énervant presque même à la fin, jusqu'à ce que l'on daigne répondre à leurs salutations insistantes. Et si on a le malheur (ou le bonheur!) de les croiser deux fois, trois fois, cinq fois, dans la même journée, à chaque fois, ils ne peuvent s'empêcher de crier « nassara, bonyour! » encore et encore, en nous voyant. Ils sont marrants.

Mama Africa Pour ce premier week-end au Burkina, nous décidons, Damien, Madi et moi, d'aller visiter Dori, petite ville du nord, jumelée avec Annecy-le-Vieux, cela dit en passant. Pour cela, nous devons nous lever à 5h30 du matin, et c'est à bord d'un taxi bringuebalant, une vieille Toyota verte au pare-brise fendu sur toute sa largeur, aux rétroviseurs sans miroir, aux sièges déchirés et au moteur poussif que nous rejoignons dans un premier temps, la gare d'Ouaga. Nos billets pour Dori achetés, nous embarquons alors dans un petit autocar bleu et blanc, sur le toit duquel les plus gros bagages, les vélos et parfois même des chèvres sont solidement attachés. 7H30 arrive et c'est alors parti pour 270 km et quelques 5h de route. À l'intérieur du car bondé, nous côtoyons plusieurs ''nissa-blaga'' (''africains'', en Mooré) issus apparemment de diverses classes sociales, et également deux jeunes bretonnes, Violaine et Solène, avec qui nous sympathisons facilement. La route est longue. Sous nos yeux, s'alternent des paysages faits de rocailles rouges et de prairies vertes. Nous traversons plusieurs villages dans lesquels règne toujours le même misère. Nos médias occidentaux ne nous montrent qu'une version aseptisée de cette pauvreté et il faut donc venir ici, pour se rendre compte réellement des choses. Bien sûr que je m'attendais à rencontrer un peuple vivant dans des conditions très difficiles mais je ne pouvais pas imaginer que c'était à ce point. En voyant tous ces hommes, ces femmes et ces enfants aux vêtements usés vivant à côté d'égouts à ciel ouvert et d'ordures disséminées ici ou là (pour quelqu'un qui travaille dans l'environnement comme moi, cette vision m'est parfois difficilement supportable), vous vous dites que les oiseaux préfèreraient peut-être voler sur le dos pour ne pas voir toute cette misère. Eh bien, c'est ce que font les médias occidentaux. Non, ils ne volent pas sur le dos mais ils préfèrent tout de même regarder ailleurs, sans doute, parce qu'ils pensent que le public souhaite ne pas avoir conscience de cette détresse humaine. Moi, je pense qu'au contraire, il faudrait montrer tout cela pour que chacun en acquiert une vision moins matérialiste et plus solidaire de la vie. Je me souviens de cet homme aux habits usés et crasseux assis sur le bord de la route et il m'était venu à l'esprit cette métaphore selon laquelle le Burkina Faso ne serait condamné qu'à regarder passer devant lui le car du développement et du progrès, sans pouvoir y prétendre. Et puis non! Un jour que je discutais avec Jacob de cette misère dans son pays, il me disais qu'en fait, au Burkina, il n'y a pas vraiment de classe moyenne: il existe une petite classe dirigeante très aisée et une classe sociale aux revenus beaucoup, beaucoup plus modestes. Toutefois, parmi cette classe ''inférieure'', il existe des personnes qui essaient tout de même de s'en sortir tant bien que mal, et ces personnes, ce sont essentiellement les femmes. C'est vrai qu'elles se sentent souvent plus concernées que les hommes par le sort de leurs enfants et qu'elles sont alors les plus motivées pour tenter de leur assurer un avenir plus décent. Ainsi, par exemple, à chaque arrêt de notre car, ce sont plusieurs femmes qui se jettent sur nos fenêtres ouvertes dans l'espoir de vendre aux ''riches'' voyageurs des poissons grillés, des gâteaux secs, des fruits mûrs et des boissons fraîches. Non, le Burkina n'est pas mort, et il refusera la fatalité tant qu'il y aura des mères de famille courageuses et protectrices. Il est 12h30 et nous arrivons enfin à Dori. Youssouf, notre contact, est là pour nous accueillir. Nous nous rendons tout d'abord dans une auberge pour manger un morceau et nous proposons alors à nos deux touristes bretonnes de nous accompagner dans notre visite. Pour la suite, en effet, Youssouf nous a concocté un programme pour les prochaines 24h que nous allons passer à Dori. Après donc ce repas, nous commençons par un petit passage sur le marché où nous rencontrons notamment Mohamed, un habile forgeron proposant à la vente ses colliers et bracelets finement ciselés. Et puis, histoire de nous mêler un peu plus facilement à la population locale, nous nous achetons chacun un turban. Le mien sera bleu, celui de Damien, vert, et ceux de Violaine et Solène, violet, couleur qui aura malheureusement le fâcheux inconvénient de déteindre sur la peau. Je suis sûr que vous n'avez jamais vu des bretonnes à la peau violette. Il faut aller au Burkina pour voir cela. Dans les guides touristiques, la ville de Dori est décrite comme étant l'une des ''portes du Sahel''. Pour cette raison, nous ne pouvions donc pas échapper à la traditionnelle promenade à dos de dromadaire, première expérience pour moi, avec ce genre de monture. Et j'ai adoré. Les fesses de Damien peut-être un peu moins! Fiers comme des Touaregs sur nos fidèles destriers, nous rejoignons donc sans gros souci une dune, la ''dune de Mama Africa'', comme l'appelle notre guide, Amar. Depuis le sommet de cette petite bosse de sable, nous pouvons alors admirer le spectacle que nous offre le soleil se couchant. Difficile de résister à la tentation de ne pas prendre en photo ce moment magique où l'astre solaire rejoint la terre dans une explosion de couleurs flamboyantes. Au repas du soir, couscous et ensuite, le fameux rituel du thé: - le premier est très fort, c'est celui de la mort, - le deuxième est doux, c'est celui de l'amitié, - le troisième est sucré, c'est celui de l'amour. Nous nous endormons finalement, sous le ciel étoilé, en écoutant les contes africains que nous narre Amar. Au petit matin, nous allons, tout d'abord, visiter un charmant village peul avec ses petites huttes rondes au mur de terre séchée et au toit en paille et, ensuite, nous rejoignons une toute aussi jolie oasis entourée d'énormes baobabs et de palmiers filiformes. Le retour sur Dori se fait également à dos de dromadaire et finalement, à 13h, nous sommes dans le car qui nous ramène à Ouaga, un retour tout aussi long qu'à l'aller. C'est donc bien fatigués mais satisfaits de notre escapade du week-end qu'à 19h environ, nous arrivons au local de l'association. Soutien scolaire Nous sommes quatre bénévoles, Rémi, Damien, Madi et moi, accompagnés de trois professeurs pour assurer chaque matin, le soutien scolaire en français, anglais, math et physique-chimie, à des élèves allant de la 6ème à la 3ème. C'est donc sur les coups de 8h que nous traversons une partie du quartier, au milieu des « nassara, bonyour! », pour rejoindre l'école. Alors que rien ne les oblige à venir, plusieurs élèves attendent déjà notre arrivée. Certains doivent même marcher plus d'une demi-heure, sous un soleil qui tape déjà très fort, pour être présent à 8h, à l'école. Ces cours de soutien scolaire ont en réalité pour but de les préparer à ce qu'ils vont devoir apprendre durant la prochaine année scolaire. Toutefois, nous prenons rapidement conscience de leurs lacunes par rapport à la compréhension de certaines bases essentielles. S'ils ont relativement assimilé ces bases, ils ont souvent du mal à comprendre dans quelles conditions les mettre en application et comment les utiliser. Moi, je suis chargé des cours de math et de physique-chimique, pour les 4èmes. En mathématiques, je leur explique tout d'abord la théorie, les règles de calcul à respecter, les formules à connaître que j'illustre ensuite, avec des exemples simples. Enfin, je les fais passer au tableau pour résoudre des exercices de calculs (calculs avec des fractions, des puissances) et d'algèbre (développement - factorisation, identités remarquables). Pour ce qui est de la physique-chimie, étant donné qu'ils n'en n'ont jamais fait, il s'agit donc pour moi de simplement les initier à une matière qui leur est totalement inconnue. Par exemple, à partir d'une étiquette d'eau minérale que je leur ai amenée, je leur explique ce que sont les ions, ou encore, en démontant devant eux ma lampe-torche, je les inite un tant soit peu à l'électricité. Même si parfois, je dois faire preuve de beaucoup de patience pour qu'ils assimilent certaines choses, ils sont très intéressés, enthousiastes et souvent volontaires pour passer au tableau. Dommage que, par manque de moyens, le système éducatif burkinabé ne puisse que difficilement accompagner cette volonté de réussite! 14 km à vélo, avec le pallu Après avoir ''exploré'' le nord, à dos de dromadaire, nous partons, cette fois, en ce deuxième week-end au Burkina, vers le sud, direction le petit village de Tiébélé, près de la ville de Pô. Le jeudi précédent, ce sont deux bordelaises, Marion et Célia, qui nous ont rejoints au sein de l'association et c'est donc avec elles que Damien et moi, nous embarquons dans notre car bleu et blanc, le vendredi après-midi. Je ne me sens pas très bien, plutôt fatigué avec de la fièvre, mais j'espère que ça va passer. En quittant Ouagadougou, nous pouvons apercevoir de loin, Ouaga 2000, un immense quartier résidentiel très chic pour Burkinabés aisés, quartier déservi par un gigantesque échangeur. Mon voisin m'informe que tout ce projet de grande envergure a suscité de très nombreuses polémiques. En effet, après avoir octroyé les fonds pour cette lubie, peut-être à des fins électoralistes, le gouvernement s'est retrouvé ensuite à cours de moyens financiers pour l'université, se voyant alors contraint de la fermer purement et simplement. Et ce n'est même pas certain qu'elle puisse rouvrir ses portes, à la prochaine rentrée universitaire. Quel gâchis! Déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens, si en plus, ils se mettent à mal gérer le peu qu'ils ont, où vont-ils? Il nous faut 3h pour parcourir les 170 km qui nous séparent de la ville de Pô. Tout comme lors de notre voyage à Dori, à chaque arrêt de notre car, celui-ci est comme attaqué par une horde de personnes proposant diverses victuailles en échange de quelque monnaie sonnante et trébuchante. Le paysage est de plus en plus vert, les forêts de feuillus et les champs de maïs témoignant d'un climat plus humide qu'à Dori. C'est vrai qu'en descendant vers le sud, on se rapproche de l'équateur et donc, forcément, les pluies sont plus nombreuses qu'aux portes de Sahel. Nous arrivons finalement à Pô, vers 19h30. Problème: il fait déjà nuit depuis 1h; comment faire les 50 derniers km jusqu'à Tiébélé, notre réel objectif, en pleine nuit, à travers la brousse sauvage? Il va falloir négocier dur pour qu'un taxi daigne nous emmener, pour un bon prix, à destination. Finalement, un brave type accepte nos conditions et nous embarquons à bord de sa vieille fourgonnette. C'est vers 21h que nous arrivons enfin, à Tiébélé où nous accueille Franck. Moi, je suis encore plus fatigué qu'au départ, et, après avoir mangé un petit quelque chose, je vais me coucher sans me faire prier. Samedi matin, la fièvre est toujours là. La journée qui s'annonce promet d'être longue et particulièrement éprouvante. Franck, notre guide, a, en effet, prévu de nous faire visiter, en vélo, tous les jolis villages alentour. Qu'à cela ne tienne! Je ne suis quand même pas venu jusqu'ici pour rester couché. Nous voilà donc partis sur nos vélos, à travers le territoire des Kassénas: ''On y trouve des exemples superbes de l'architecture de ce peuple avec trois types de cases: - les cases en forme de 8, habitées par les grands-mères et les petits-enfants de 5 à 18 ans, - les maisons rectangulaires qui constituent la demeure d'un couple, - les cases rondes où seules vivent les célibataires. Les habitations sont pour la plupart ornées de signes qui relèvent de la cosmogonie des Kassénas. La tradition veut que ce soit la grand-mère qui transmette la symbolique de ceux-ci à ses descendants, tandis que les hommes contruisent les concessions et que les femmes en assurent la décoration dans les règles de l'art.'' Ces explications sont tirées, je l'avoue, des pages du ''Petit Futé'' car il m'a été quelque peu difficile de suivre toutes celles distillées savamment par Franck. Lors de notre passage au bord du lac aux crocodiles, je suis obligé de m'assoir et chez les potières, je dois carrément m'allonger. Je sens que j'ai de plus en plus de fièvre et une lourde fatigue me demande un important effort à chaque coup de pédales. Encore heureux qu'il n'y ait pas de trop grosses montées et que le soleil accepte de rester caché derrière les nuages! Mais à 17h, je n'en peux vraiment plus: il faut que je voie un médecin. Franck et Célia m'accompagnent alors jusqu'à un dispensaire et c'est là que l'on m'annonce l'inéluctable verdict: avec plus de 39° de fièvre, j'ai le pallu. Néanmoins, maintenant que je sais ce que j'ai et que je vais pouvoir me soigner, je me sens tout de même déjà un peu soulagé. C'est Célia qui ira chercher mes médicaments dans une sorte de pharmacie locale, et moi, je resterai couché toute la soirée. Le lendemain matin, je me sens déjà un peu mieux: les premiers médicaments pris la veille au soir ont commencé à faire leurs effets et la fièvre est presque tombée. La journée de ce dimanche ne sera exclusivement consacrée qu'au retour sur Ouaga, retour au cours duquel je ne ferai que dormir. Le pallu est une maladie très éprouvante avec comme symptômes une grosse fatigue générale et de la fièvre. Mais le traitement est tout autant difficile à supporter: pas de réelles douleurs physiques mais plutôt une certaine lassitude dépressive avec perte de l'appétit et un manque d'envie, d'enthousiasme... Il me faudra encore quatre ou cinq jours de repos forcé pour recouvrer toute mon énergie. Sensibilisation sur le Sida et l'hygiène En plus du soutien scolaire qui se déroulait chaque matin, l'autre mission qui nous avait été confiée consistait en la sensibilisation des populations locales sur l'hygiène ainsi que sur le Sida, terrible maladie qui a causé la mort de plus de 12 millions de personnes, en Afrique, depuis son apparition dans le début des années 1980. Pour cela, nous avions fait le choix de monter deux petites pièces de théâtre, aidés en cela par l'enthousiasme d'une douzaine de nos élèves de 3ème. Ainsi, à peu près un après-midi sur deux, nous recevions donc au local de l'association, cette petite troupe d'acteurs en herbe et ensemble, nous mettions en scène puis répétions, dans la joie et la bonne humeur, ces deux pièces. Puis, une fois rôdée, nous avons commencé à présenter notre petit spectacle dans les quartiers aux alentours du local, à grand renfort de tambours, histoire d'attirer un maximum de personnes. Enfin, en ce dernier week-end au Burkina pour moi, c'est à l'école, devant de nombreux enfants parfois dissipés, souvent attentifs, que nous présentons notre spectacle. Déjà, depuis le début de l'après-midi, nous avons tout d'abord essayé d'animer avec eux des activités diverses telles que foot, volley et ballon-prisonnier. Puis, vers 17h, après avoir installé quelques bancs pour nos jeunes spectateurs, la première pièce de théâtre débute. Celle-ci porte sur l'hygiène et elle met en parallèle les conditions de vie de deux familles, l'une propre et disciplinée, l'autre beaucoup plus sale, n'accordant aucune importance aux mesures d'hygiène. La première famille, bien portante, montre ainsi ce qu'il faut faire en terme d'hygiène, comme se laver régulièrement les mains, en particulier avant les repas, laver la vaisselle et tenir propre la maison en commençant par ne pas jeter les eaux de vaisselle ou les ordures au milieu de la cour. La seconde famille, plus indifférente à tous ces principes de base, vit dans des conditions de salubrité plus que douteuse, forcément. Et ce qui devait arriver, arriva! Ils tombent tous malades: le père souffre de la gale, la mère, de diarrhée et le fils, du pallu. Résignés, ils doivent alors faire appel au médecin qui les soigne bien sûr, mais qui aussi et surtout, en respectable donneur de leçons, leur explique, à la famille sale et du même coup, au public, quelles sont les mesures d'hygiène à respecter si on veut éviter toutes ces maladies. Fin de la première pièce de théâtre. En guise d'entracte, Jacob anime une petite discussion avec l'assistance pour s'assurer qu'ils ont bien compris les choses, et puis, nous abordons ensuite la pièce sur la sensibilisation au Sida et autres maladies sexuellement transmissibles. - 1ère scène: Omar, un père de famille rejette sa fille Gwladys de la maison quand il découvre qu'elle est séropositive; il a peur de cette maladie et il n'en veut pas sous son toit; - 2ème scène: Gwladys rencontre son amie Noëlie dans la rue; elles parlent du test de dépistage et Noëlie voudrait inciter son compagnon à passer ce test avant de vivre ensemble; - 3ème scène: Noëlie arrive chez Roland, son compagnon; après une discussion, elle réussit à le convaincre de passer ce test en le menaçant, s'il refuse, d'arrêter tout rapport sexuel avec lui; - 4ème scène: à la rue, Gwladys est devenue prostituée et elle accepte des rapports sans protection, contribuant ainsi à la propagation de la maladie; - 5ème scène: Gwladys est prise à partie par d'autres prostituées qui la frappent; - 6ème scène: Gwladys est recueillie par Abdulai, le voisin d'Omar; ce voisin est médecin; celui-ci la soigne de ses blessures puis, il décide d'aller discuter avec le père de la jeune fille; - 7ème scène: le médecin explique à Omar les moyens de transmission du Sida et le rassure ainsi sur le fait que sa fille, même malade, peut très bien vivre sous son toit; Omar accueille alors à bras ouvert sa fille, de retour à la maison; - 8ème scène: Noëlie et Roland sont à l'hôpital pour passer le test de dépistage; celui-ci révèle que Roland est positif à l'hépatite B; toutefois, le médecin les rassure en leur disant que cette maladie peut heureusement se soigner; - 9ème scène: en sortant de l'hôpital, Roland et Noëlie rencontre Gwladys et sa famille; Noëlie annonce à son amie la maladie de Roland et Gwladys lui raconte que son père a finalement accepté sa situation; c'est d'ailleurs pour lui montrer son soutien qu'il l'accompagne à l'hôpital; - 10ème scène: Gwladys et sa famille sont à l'hôpital pour s'informer sur les traitements pour mieux supporter le Sida; le médecin leur explique le traitement et leur donne des plaquettes pédagogiques sur cette maladie. Fin du spectacle. Là encore, petit échange avec le public, avec en prime, comme à la fin de chacune de nos représentations, distribution de plaquettes pédagogiques sur le Sida et les IST et de préservatifs, pour les adultes présents. Et c'est finalement au son des tambours, sous le soleil couchant, que nous regagnons joyeusement le local de l'association pour terminer cette belle journée. Escale à Casablanca Casablanca, au Maroc, le 28 août, 10h30. Avec un peu de tristesse, j'ai quitté le Burkina-Faso, il y a 7h et il me reste encore 6h à tuer avant de prendre mon avion pour Genève. Ce voyage humanitaire touche à sa fin et le moment est venu pour moi d'en dresser le bilan, un bilan, somme toute, très positif. Certes, je suis tombé malade et pendant presqu'une semaine, je n'ai pas pu apprécier pleinement mon séjour. Mais je reste tout de même très satisfait de cette expérience particulièrement enrichissante. Le pays a son charme et j'ai surtout apprécié la chaleur humaine des personnes que j'ai rencontré. On appelle le Burkina-Faso, le pays des hommes intègres. Eh bien, c'est vrai qu'ils le sont, en plus d'être accueillants et généreux. Assurément, ils vivent dans des conditions difficiles et ils ont souvent très peu de moyens mais la plupart sont volontaires et le fait de jouïr d'une certaine stabilité politique, sans conflit inter-éthnique qui gangrène d'autres pays d'Afrique, cet atout devrait leur permettre de passer au-dessus de leurs handicaps, ensemble, et ainsi entrevoir un possible développement serein et profitable à tous. La plus grande richesse de ce pays, ce sont donc ses habitants et je suis heureux de les avoir rencontrés et côtoyés pendant plus de trois semaines. Je pense que je resterai nécessairement en contact avec les membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'': Jacob, Jonas, Madi, Kader, Soum, Evelyne, je ne vous oublierai pas. Avant de venir, Christian me disait: « tu verras, Olivier, il y aura un ''avant Burkina'' et un ''après''. » Effectivement, cette première expérience dans le monde de l'humanitaire m'a profondément enrichi humainement et je pense que je ferai certainement d'autres missions, ici ou là. Cela me paraît inévitable. Il y a tant de besoins à satisfaire, de peuples à rencontrer, d'endroits à découvrir... A bientôt donc pour de nouvelles aventures!

PS: si vous souhaitez parler autour de vous de cette association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', une association déclarée d'utilité publique (voir le site http://tlmdba.org/ ou encore le blog http://tlmdb-france.over-blog.com/), ne vous génez pas! Remerciements Merci à tous ceux qui m'ont aidé à faire en sorte que cette aventure soit une réussite!

Merci en particulier à: - Lise-Anne pour ses conseils sur les démarches administratives, les vaccins et autres précautions à prendre; - Dominique, le président de l'association ''Les Trois Puits'' (voir le site http://troispuits.over-blog.com/) pour nos discussions sur le monde de l'humanitaire; - l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie qui m'a généreusement offert les 300 préservatifs masculins et féminins et les nombreuses plaquettes pédagogiques que nous avons distribués aux populations locales; - à Coralie pour tout le matériel médical; le personnel du centre hospitalier universitaire d'Ouagadougou t'en est très reconnaissant (je te remettrai leur lettre de remerciement); - à Anne et Michèle du Polyèdre de Seynod ainsi qu'à mes parents et à Marie pour les livres et autres fournitures scolaires; - à Christian, à Jacob, à tous les autres membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'' ainsi qu'aux élèves que j'ai pu côtoyer ces trois dernières semaines; on restera en contact. Enfin et surtout, un grand MERCI à toi, très chère Laëtitia, qui m'a incité à concrétiser cette idée d'aventure humanitaire qui me trottait dans la tête, depuis plusieurs années; tu pourras toujours compter sur moi.

Merci à tous donc et prenez soin de vous!
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