Burkina-Faso, le pays des hommes intègres
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Nous y voilà!

Cela faisait plusieurs années que cette idée de voyage humanitaire à l'étranger me trottait dans la tête. En effet, ce monde de l'humanitaire m'a toujours attiré mais, sans doute, par peur de l'inconnu, je n'osais ''sortir de ma bulle''. Et puis, finalement, je me suis lancé. Pour cette première expérience, mon choix s'est porté en faveur de l'association "Tout Le Monde Doit Bouger", au Burkina-Faso, pour une mission de trois semaines pendant laquelle je donnerai d'une part, des cours de soutien scolaire à des collégiens et d'autre part, je participerai à un programme de sensibilisation des populations locales, sur le Sida et l'hygiène. Depuis quelques mois maintenant, je prépare donc cette aventure: billets d'avion, passeport, visa, vaccins et autres précautions à prendre... Et puisque j'ai droit à 40 kg de bagages, j'emmène avec moi: - une bonne vingtaine de livres de cours et diverses fournitures scolaires gracieusement offerts par des amis et ma famille, - plus d'une centaine de plaquettes d'information et quelques 300 préservatifs masculins et féminins fournis par l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie, - des seringues, des compresses, des médicaments, du désinfectant et autres produits pharmaceutiques que m'a donnés Coralie, une amie infirmière. Et donc, nous y voilà! C'est la première fois que je pars comme ça, dans un pays aussi lointain à la rencontre d'une culture aussi différente de la mienne donc, j'appréhende un peu, forcément. Mais, en même temps, je suis très enthousiaste pour partir vivre cette aventure humaine. J'espère que tout se passera bien.

Arrivée au Burkina Mardi 5 août, 3h du matin: arrivée à l'aéroport d'Ouagadougou. Après avoir réglé les quelques formalités administratives, je gagne la sortie de l'aéroport où m'attendent deux ''blacks'' grands et costauds, l'un tenant une pancarte ''Tout Le Monde Doit Bouger''. - Bonsoir! Moi, c'est Olivier, leur dis-je en m'approchant d'eux. - Bonsoir! Moi, c'est Jacob et voici Soum. Bonne arrivée! - Merci! - Le taximan qui habituellement nous dépanne quand on reçoit des bénévoles nous a fait faux-bond alors on a dû improviser et venir en moto, m'informe Jacob. - Ok, lui répondis-je, quoi qu'un peu dubitatif sur les possibilités de transporter mes 40 kg de bagages, sur une moto. Nous traversons alors un petit groupe de jeunes gens quémandant quelque argent en échange de cartes téléphoniques et nous rejoignons nos deux motos. En regardant Soum en train d'harnacher mes valises, sur le porte-bagages d'une des motos, une soudaine angoisse d'homme blanc méfiant me submerge: - Mon Dieu! Et si je m'étais fait avoir? Me voilà, en plein milieu de la nuit, dans un pays totalement inconnu, avec deux types pas spécialement antipathiques au premier abord, mais tout autant étrangers! Où vont-ils m'emmener? Dans quelle galère me suis-je lancé? Et puis, chemin faisant, moi assis sur le siège passager derrière Jacob, le président de l'association, celui-ci me présente l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', leurs actions passées, leurs missions actuelles et leurs projets à venir. Ce discours passionné a alors pour effet de me rassurer totalement sur leurs intentions. Ce soulagement s'accompagne d'un bien-être avec cet air frais qui, en cette chaude nuit, me caresse le visage. Nous circulons dans des rues désertes, d'abord goudronnées, puis ce sont des pistes qui prennent le relais. Le long de notre chemin, les petits immeubles du centre-ville ont progressivement laissé la place aux maisons plus ou moins entretenues et finalement, nous pénétrons dans le quartier de Tanghin, un des quartiers les plus pauvres de la capitale. A ce que je peux en juger grâce à la faible lumière émise par le phare de la moto, nous semblons longer des sortes de cabanes aux briques grossièrement montées et il nous faut slalomer parfois entre quelques tas d'immondices qui jonchent le sol de notre piste défoncée par le ruissellement des eaux de pluie. L'obscurité ne me permet que de deviner la misère qui m'entoure et le choc est tout de même brutal. Tant bien que mal, nous arrivons au local de l'association où m'accueille Christian avec qui j'avais échangé quelques mails avant de venir. Il est très tard et sans épiloguer plus longtemps, il me montre le matelas sur lequel je vais dormir. Je m'allonge et malgré la chaleur, le sommeil me gagne rapidement. Demain, il fera jour...

Nassara, bonyour! La toute première fois que je me suis promené dans les rues de notre quartier, je fus très agréablement surpris par le côté ouvert et spontané des enfants. En effet, à peine sommes-nous sortis du local de l'association que, déjà, des ''gnomes'' de 5 à 10 ans s'approchent de nous pour nous serrer la main. - Nassara, bonyour! nous disent-il, avec un large sourire. Etonné par ce genre de familiarité somme toute naturelle, on m'informe que ''nassara'' veut dire ''homme blanc'', en Mooré, et que pour eux, saluer un blanc, c'est peut-être une marque de respect mais aussi et surtout une forme de jeu. Et ainsi, à chaque coin de rue, des « nassara, bonyour! » à gauche, des « nassara, bonyour! », à droite, des « nassara, bonyour! », même de loin. Parfois, pour rigoler, on s'amuse à ne pas leur répondre tout de suite. Alors, ils se mettent à nous poursuivre en criant de plus en plus fort, en s'énervant presque même à la fin, jusqu'à ce que l'on daigne répondre à leurs salutations insistantes. Et si on a le malheur (ou le bonheur!) de les croiser deux fois, trois fois, cinq fois, dans la même journée, à chaque fois, ils ne peuvent s'empêcher de crier « nassara, bonyour! » encore et encore, en nous voyant. Ils sont marrants.

Mama Africa Pour ce premier week-end au Burkina, nous décidons, Damien, Madi et moi, d'aller visiter Dori, petite ville du nord, jumelée avec Annecy-le-Vieux, cela dit en passant. Pour cela, nous devons nous lever à 5h30 du matin, et c'est à bord d'un taxi bringuebalant, une vieille Toyota verte au pare-brise fendu sur toute sa largeur, aux rétroviseurs sans miroir, aux sièges déchirés et au moteur poussif que nous rejoignons dans un premier temps, la gare d'Ouaga. Nos billets pour Dori achetés, nous embarquons alors dans un petit autocar bleu et blanc, sur le toit duquel les plus gros bagages, les vélos et parfois même des chèvres sont solidement attachés. 7H30 arrive et c'est alors parti pour 270 km et quelques 5h de route. À l'intérieur du car bondé, nous côtoyons plusieurs ''nissa-blaga'' (''africains'', en Mooré) issus apparemment de diverses classes sociales, et également deux jeunes bretonnes, Violaine et Solène, avec qui nous sympathisons facilement. La route est longue. Sous nos yeux, s'alternent des paysages faits de rocailles rouges et de prairies vertes. Nous traversons plusieurs villages dans lesquels règne toujours le même misère. Nos médias occidentaux ne nous montrent qu'une version aseptisée de cette pauvreté et il faut donc venir ici, pour se rendre compte réellement des choses. Bien sûr que je m'attendais à rencontrer un peuple vivant dans des conditions très difficiles mais je ne pouvais pas imaginer que c'était à ce point. En voyant tous ces hommes, ces femmes et ces enfants aux vêtements usés vivant à côté d'égouts à ciel ouvert et d'ordures disséminées ici ou là (pour quelqu'un qui travaille dans l'environnement comme moi, cette vision m'est parfois difficilement supportable), vous vous dites que les oiseaux préfèreraient peut-être voler sur le dos pour ne pas voir toute cette misère. Eh bien, c'est ce que font les médias occidentaux. Non, ils ne volent pas sur le dos mais ils préfèrent tout de même regarder ailleurs, sans doute, parce qu'ils pensent que le public souhaite ne pas avoir conscience de cette détresse humaine. Moi, je pense qu'au contraire, il faudrait montrer tout cela pour que chacun en acquiert une vision moins matérialiste et plus solidaire de la vie. Je me souviens de cet homme aux habits usés et crasseux assis sur le bord de la route et il m'était venu à l'esprit cette métaphore selon laquelle le Burkina Faso ne serait condamné qu'à regarder passer devant lui le car du développement et du progrès, sans pouvoir y prétendre. Et puis non! Un jour que je discutais avec Jacob de cette misère dans son pays, il me disais qu'en fait, au Burkina, il n'y a pas vraiment de classe moyenne: il existe une petite classe dirigeante très aisée et une classe sociale aux revenus beaucoup, beaucoup plus modestes. Toutefois, parmi cette classe ''inférieure'', il existe des personnes qui essaient tout de même de s'en sortir tant bien que mal, et ces personnes, ce sont essentiellement les femmes. C'est vrai qu'elles se sentent souvent plus concernées que les hommes par le sort de leurs enfants et qu'elles sont alors les plus motivées pour tenter de leur assurer un avenir plus décent. Ainsi, par exemple, à chaque arrêt de notre car, ce sont plusieurs femmes qui se jettent sur nos fenêtres ouvertes dans l'espoir de vendre aux ''riches'' voyageurs des poissons grillés, des gâteaux secs, des fruits mûrs et des boissons fraîches. Non, le Burkina n'est pas mort, et il refusera la fatalité tant qu'il y aura des mères de famille courageuses et protectrices. Il est 12h30 et nous arrivons enfin à Dori. Youssouf, notre contact, est là pour nous accueillir. Nous nous rendons tout d'abord dans une auberge pour manger un morceau et nous proposons alors à nos deux touristes bretonnes de nous accompagner dans notre visite. Pour la suite, en effet, Youssouf nous a concocté un programme pour les prochaines 24h que nous allons passer à Dori. Après donc ce repas, nous commençons par un petit passage sur le marché où nous rencontrons notamment Mohamed, un habile forgeron proposant à la vente ses colliers et bracelets finement ciselés. Et puis, histoire de nous mêler un peu plus facilement à la population locale, nous nous achetons chacun un turban. Le mien sera bleu, celui de Damien, vert, et ceux de Violaine et Solène, violet, couleur qui aura malheureusement le fâcheux inconvénient de déteindre sur la peau. Je suis sûr que vous n'avez jamais vu des bretonnes à la peau violette. Il faut aller au Burkina pour voir cela. Dans les guides touristiques, la ville de Dori est décrite comme étant l'une des ''portes du Sahel''. Pour cette raison, nous ne pouvions donc pas échapper à la traditionnelle promenade à dos de dromadaire, première expérience pour moi, avec ce genre de monture. Et j'ai adoré. Les fesses de Damien peut-être un peu moins! Fiers comme des Touaregs sur nos fidèles destriers, nous rejoignons donc sans gros souci une dune, la ''dune de Mama Africa'', comme l'appelle notre guide, Amar. Depuis le sommet de cette petite bosse de sable, nous pouvons alors admirer le spectacle que nous offre le soleil se couchant. Difficile de résister à la tentation de ne pas prendre en photo ce moment magique où l'astre solaire rejoint la terre dans une explosion de couleurs flamboyantes. Au repas du soir, couscous et ensuite, le fameux rituel du thé: - le premier est très fort, c'est celui de la mort, - le deuxième est doux, c'est celui de l'amitié, - le troisième est sucré, c'est celui de l'amour. Nous nous endormons finalement, sous le ciel étoilé, en écoutant les contes africains que nous narre Amar. Au petit matin, nous allons, tout d'abord, visiter un charmant village peul avec ses petites huttes rondes au mur de terre séchée et au toit en paille et, ensuite, nous rejoignons une toute aussi jolie oasis entourée d'énormes baobabs et de palmiers filiformes. Le retour sur Dori se fait également à dos de dromadaire et finalement, à 13h, nous sommes dans le car qui nous ramène à Ouaga, un retour tout aussi long qu'à l'aller. C'est donc bien fatigués mais satisfaits de notre escapade du week-end qu'à 19h environ, nous arrivons au local de l'association. Soutien scolaire Nous sommes quatre bénévoles, Rémi, Damien, Madi et moi, accompagnés de trois professeurs pour assurer chaque matin, le soutien scolaire en français, anglais, math et physique-chimie, à des élèves allant de la 6ème à la 3ème. C'est donc sur les coups de 8h que nous traversons une partie du quartier, au milieu des « nassara, bonyour! », pour rejoindre l'école. Alors que rien ne les oblige à venir, plusieurs élèves attendent déjà notre arrivée. Certains doivent même marcher plus d'une demi-heure, sous un soleil qui tape déjà très fort, pour être présent à 8h, à l'école. Ces cours de soutien scolaire ont en réalité pour but de les préparer à ce qu'ils vont devoir apprendre durant la prochaine année scolaire. Toutefois, nous prenons rapidement conscience de leurs lacunes par rapport à la compréhension de certaines bases essentielles. S'ils ont relativement assimilé ces bases, ils ont souvent du mal à comprendre dans quelles conditions les mettre en application et comment les utiliser. Moi, je suis chargé des cours de math et de physique-chimique, pour les 4èmes. En mathématiques, je leur explique tout d'abord la théorie, les règles de calcul à respecter, les formules à connaître que j'illustre ensuite, avec des exemples simples. Enfin, je les fais passer au tableau pour résoudre des exercices de calculs (calculs avec des fractions, des puissances) et d'algèbre (développement - factorisation, identités remarquables). Pour ce qui est de la physique-chimie, étant donné qu'ils n'en n'ont jamais fait, il s'agit donc pour moi de simplement les initier à une matière qui leur est totalement inconnue. Par exemple, à partir d'une étiquette d'eau minérale que je leur ai amenée, je leur explique ce que sont les ions, ou encore, en démontant devant eux ma lampe-torche, je les inite un tant soit peu à l'électricité. Même si parfois, je dois faire preuve de beaucoup de patience pour qu'ils assimilent certaines choses, ils sont très intéressés, enthousiastes et souvent volontaires pour passer au tableau. Dommage que, par manque de moyens, le système éducatif burkinabé ne puisse que difficilement accompagner cette volonté de réussite! 14 km à vélo, avec le pallu Après avoir ''exploré'' le nord, à dos de dromadaire, nous partons, cette fois, en ce deuxième week-end au Burkina, vers le sud, direction le petit village de Tiébélé, près de la ville de Pô. Le jeudi précédent, ce sont deux bordelaises, Marion et Célia, qui nous ont rejoints au sein de l'association et c'est donc avec elles que Damien et moi, nous embarquons dans notre car bleu et blanc, le vendredi après-midi. Je ne me sens pas très bien, plutôt fatigué avec de la fièvre, mais j'espère que ça va passer. En quittant Ouagadougou, nous pouvons apercevoir de loin, Ouaga 2000, un immense quartier résidentiel très chic pour Burkinabés aisés, quartier déservi par un gigantesque échangeur. Mon voisin m'informe que tout ce projet de grande envergure a suscité de très nombreuses polémiques. En effet, après avoir octroyé les fonds pour cette lubie, peut-être à des fins électoralistes, le gouvernement s'est retrouvé ensuite à cours de moyens financiers pour l'université, se voyant alors contraint de la fermer purement et simplement. Et ce n'est même pas certain qu'elle puisse rouvrir ses portes, à la prochaine rentrée universitaire. Quel gâchis! Déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens, si en plus, ils se mettent à mal gérer le peu qu'ils ont, où vont-ils? Il nous faut 3h pour parcourir les 170 km qui nous séparent de la ville de Pô. Tout comme lors de notre voyage à Dori, à chaque arrêt de notre car, celui-ci est comme attaqué par une horde de personnes proposant diverses victuailles en échange de quelque monnaie sonnante et trébuchante. Le paysage est de plus en plus vert, les forêts de feuillus et les champs de maïs témoignant d'un climat plus humide qu'à Dori. C'est vrai qu'en descendant vers le sud, on se rapproche de l'équateur et donc, forcément, les pluies sont plus nombreuses qu'aux portes de Sahel. Nous arrivons finalement à Pô, vers 19h30. Problème: il fait déjà nuit depuis 1h; comment faire les 50 derniers km jusqu'à Tiébélé, notre réel objectif, en pleine nuit, à travers la brousse sauvage? Il va falloir négocier dur pour qu'un taxi daigne nous emmener, pour un bon prix, à destination. Finalement, un brave type accepte nos conditions et nous embarquons à bord de sa vieille fourgonnette. C'est vers 21h que nous arrivons enfin, à Tiébélé où nous accueille Franck. Moi, je suis encore plus fatigué qu'au départ, et, après avoir mangé un petit quelque chose, je vais me coucher sans me faire prier. Samedi matin, la fièvre est toujours là. La journée qui s'annonce promet d'être longue et particulièrement éprouvante. Franck, notre guide, a, en effet, prévu de nous faire visiter, en vélo, tous les jolis villages alentour. Qu'à cela ne tienne! Je ne suis quand même pas venu jusqu'ici pour rester couché. Nous voilà donc partis sur nos vélos, à travers le territoire des Kassénas: ''On y trouve des exemples superbes de l'architecture de ce peuple avec trois types de cases: - les cases en forme de 8, habitées par les grands-mères et les petits-enfants de 5 à 18 ans, - les maisons rectangulaires qui constituent la demeure d'un couple, - les cases rondes où seules vivent les célibataires. Les habitations sont pour la plupart ornées de signes qui relèvent de la cosmogonie des Kassénas. La tradition veut que ce soit la grand-mère qui transmette la symbolique de ceux-ci à ses descendants, tandis que les hommes contruisent les concessions et que les femmes en assurent la décoration dans les règles de l'art.'' Ces explications sont tirées, je l'avoue, des pages du ''Petit Futé'' car il m'a été quelque peu difficile de suivre toutes celles distillées savamment par Franck. Lors de notre passage au bord du lac aux crocodiles, je suis obligé de m'assoir et chez les potières, je dois carrément m'allonger. Je sens que j'ai de plus en plus de fièvre et une lourde fatigue me demande un important effort à chaque coup de pédales. Encore heureux qu'il n'y ait pas de trop grosses montées et que le soleil accepte de rester caché derrière les nuages! Mais à 17h, je n'en peux vraiment plus: il faut que je voie un médecin. Franck et Célia m'accompagnent alors jusqu'à un dispensaire et c'est là que l'on m'annonce l'inéluctable verdict: avec plus de 39° de fièvre, j'ai le pallu. Néanmoins, maintenant que je sais ce que j'ai et que je vais pouvoir me soigner, je me sens tout de même déjà un peu soulagé. C'est Célia qui ira chercher mes médicaments dans une sorte de pharmacie locale, et moi, je resterai couché toute la soirée. Le lendemain matin, je me sens déjà un peu mieux: les premiers médicaments pris la veille au soir ont commencé à faire leurs effets et la fièvre est presque tombée. La journée de ce dimanche ne sera exclusivement consacrée qu'au retour sur Ouaga, retour au cours duquel je ne ferai que dormir. Le pallu est une maladie très éprouvante avec comme symptômes une grosse fatigue générale et de la fièvre. Mais le traitement est tout autant difficile à supporter: pas de réelles douleurs physiques mais plutôt une certaine lassitude dépressive avec perte de l'appétit et un manque d'envie, d'enthousiasme... Il me faudra encore quatre ou cinq jours de repos forcé pour recouvrer toute mon énergie. Sensibilisation sur le Sida et l'hygiène En plus du soutien scolaire qui se déroulait chaque matin, l'autre mission qui nous avait été confiée consistait en la sensibilisation des populations locales sur l'hygiène ainsi que sur le Sida, terrible maladie qui a causé la mort de plus de 12 millions de personnes, en Afrique, depuis son apparition dans le début des années 1980. Pour cela, nous avions fait le choix de monter deux petites pièces de théâtre, aidés en cela par l'enthousiasme d'une douzaine de nos élèves de 3ème. Ainsi, à peu près un après-midi sur deux, nous recevions donc au local de l'association, cette petite troupe d'acteurs en herbe et ensemble, nous mettions en scène puis répétions, dans la joie et la bonne humeur, ces deux pièces. Puis, une fois rôdée, nous avons commencé à présenter notre petit spectacle dans les quartiers aux alentours du local, à grand renfort de tambours, histoire d'attirer un maximum de personnes. Enfin, en ce dernier week-end au Burkina pour moi, c'est à l'école, devant de nombreux enfants parfois dissipés, souvent attentifs, que nous présentons notre spectacle. Déjà, depuis le début de l'après-midi, nous avons tout d'abord essayé d'animer avec eux des activités diverses telles que foot, volley et ballon-prisonnier. Puis, vers 17h, après avoir installé quelques bancs pour nos jeunes spectateurs, la première pièce de théâtre débute. Celle-ci porte sur l'hygiène et elle met en parallèle les conditions de vie de deux familles, l'une propre et disciplinée, l'autre beaucoup plus sale, n'accordant aucune importance aux mesures d'hygiène. La première famille, bien portante, montre ainsi ce qu'il faut faire en terme d'hygiène, comme se laver régulièrement les mains, en particulier avant les repas, laver la vaisselle et tenir propre la maison en commençant par ne pas jeter les eaux de vaisselle ou les ordures au milieu de la cour. La seconde famille, plus indifférente à tous ces principes de base, vit dans des conditions de salubrité plus que douteuse, forcément. Et ce qui devait arriver, arriva! Ils tombent tous malades: le père souffre de la gale, la mère, de diarrhée et le fils, du pallu. Résignés, ils doivent alors faire appel au médecin qui les soigne bien sûr, mais qui aussi et surtout, en respectable donneur de leçons, leur explique, à la famille sale et du même coup, au public, quelles sont les mesures d'hygiène à respecter si on veut éviter toutes ces maladies. Fin de la première pièce de théâtre. En guise d'entracte, Jacob anime une petite discussion avec l'assistance pour s'assurer qu'ils ont bien compris les choses, et puis, nous abordons ensuite la pièce sur la sensibilisation au Sida et autres maladies sexuellement transmissibles. - 1ère scène: Omar, un père de famille rejette sa fille Gwladys de la maison quand il découvre qu'elle est séropositive; il a peur de cette maladie et il n'en veut pas sous son toit; - 2ème scène: Gwladys rencontre son amie Noëlie dans la rue; elles parlent du test de dépistage et Noëlie voudrait inciter son compagnon à passer ce test avant de vivre ensemble; - 3ème scène: Noëlie arrive chez Roland, son compagnon; après une discussion, elle réussit à le convaincre de passer ce test en le menaçant, s'il refuse, d'arrêter tout rapport sexuel avec lui; - 4ème scène: à la rue, Gwladys est devenue prostituée et elle accepte des rapports sans protection, contribuant ainsi à la propagation de la maladie; - 5ème scène: Gwladys est prise à partie par d'autres prostituées qui la frappent; - 6ème scène: Gwladys est recueillie par Abdulai, le voisin d'Omar; ce voisin est médecin; celui-ci la soigne de ses blessures puis, il décide d'aller discuter avec le père de la jeune fille; - 7ème scène: le médecin explique à Omar les moyens de transmission du Sida et le rassure ainsi sur le fait que sa fille, même malade, peut très bien vivre sous son toit; Omar accueille alors à bras ouvert sa fille, de retour à la maison; - 8ème scène: Noëlie et Roland sont à l'hôpital pour passer le test de dépistage; celui-ci révèle que Roland est positif à l'hépatite B; toutefois, le médecin les rassure en leur disant que cette maladie peut heureusement se soigner; - 9ème scène: en sortant de l'hôpital, Roland et Noëlie rencontre Gwladys et sa famille; Noëlie annonce à son amie la maladie de Roland et Gwladys lui raconte que son père a finalement accepté sa situation; c'est d'ailleurs pour lui montrer son soutien qu'il l'accompagne à l'hôpital; - 10ème scène: Gwladys et sa famille sont à l'hôpital pour s'informer sur les traitements pour mieux supporter le Sida; le médecin leur explique le traitement et leur donne des plaquettes pédagogiques sur cette maladie. Fin du spectacle. Là encore, petit échange avec le public, avec en prime, comme à la fin de chacune de nos représentations, distribution de plaquettes pédagogiques sur le Sida et les IST et de préservatifs, pour les adultes présents. Et c'est finalement au son des tambours, sous le soleil couchant, que nous regagnons joyeusement le local de l'association pour terminer cette belle journée. Escale à Casablanca Casablanca, au Maroc, le 28 août, 10h30. Avec un peu de tristesse, j'ai quitté le Burkina-Faso, il y a 7h et il me reste encore 6h à tuer avant de prendre mon avion pour Genève. Ce voyage humanitaire touche à sa fin et le moment est venu pour moi d'en dresser le bilan, un bilan, somme toute, très positif. Certes, je suis tombé malade et pendant presqu'une semaine, je n'ai pas pu apprécier pleinement mon séjour. Mais je reste tout de même très satisfait de cette expérience particulièrement enrichissante. Le pays a son charme et j'ai surtout apprécié la chaleur humaine des personnes que j'ai rencontré. On appelle le Burkina-Faso, le pays des hommes intègres. Eh bien, c'est vrai qu'ils le sont, en plus d'être accueillants et généreux. Assurément, ils vivent dans des conditions difficiles et ils ont souvent très peu de moyens mais la plupart sont volontaires et le fait de jouïr d'une certaine stabilité politique, sans conflit inter-éthnique qui gangrène d'autres pays d'Afrique, cet atout devrait leur permettre de passer au-dessus de leurs handicaps, ensemble, et ainsi entrevoir un possible développement serein et profitable à tous. La plus grande richesse de ce pays, ce sont donc ses habitants et je suis heureux de les avoir rencontrés et côtoyés pendant plus de trois semaines. Je pense que je resterai nécessairement en contact avec les membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'': Jacob, Jonas, Madi, Kader, Soum, Evelyne, je ne vous oublierai pas. Avant de venir, Christian me disait: « tu verras, Olivier, il y aura un ''avant Burkina'' et un ''après''. » Effectivement, cette première expérience dans le monde de l'humanitaire m'a profondément enrichi humainement et je pense que je ferai certainement d'autres missions, ici ou là. Cela me paraît inévitable. Il y a tant de besoins à satisfaire, de peuples à rencontrer, d'endroits à découvrir... A bientôt donc pour de nouvelles aventures!

PS: si vous souhaitez parler autour de vous de cette association ''Tout Le Monde Doit Bouger'', une association déclarée d'utilité publique (voir le site http://tlmdba.org/ ou encore le blog http://tlmdb-france.over-blog.com/), ne vous génez pas! Remerciements Merci à tous ceux qui m'ont aidé à faire en sorte que cette aventure soit une réussite!

Merci en particulier à: - Lise-Anne pour ses conseils sur les démarches administratives, les vaccins et autres précautions à prendre; - Dominique, le président de l'association ''Les Trois Puits'' (voir le site http://troispuits.over-blog.com/) pour nos discussions sur le monde de l'humanitaire; - l'ADES, l'association départementale d'éducation pour la santé, en Haute-Savoie qui m'a généreusement offert les 300 préservatifs masculins et féminins et les nombreuses plaquettes pédagogiques que nous avons distribués aux populations locales; - à Coralie pour tout le matériel médical; le personnel du centre hospitalier universitaire d'Ouagadougou t'en est très reconnaissant (je te remettrai leur lettre de remerciement); - à Anne et Michèle du Polyèdre de Seynod ainsi qu'à mes parents et à Marie pour les livres et autres fournitures scolaires; - à Christian, à Jacob, à tous les autres membres de l'association ''Tout Le Monde Doit Bouger'' ainsi qu'aux élèves que j'ai pu côtoyer ces trois dernières semaines; on restera en contact. Enfin et surtout, un grand MERCI à toi, très chère Laëtitia, qui m'a incité à concrétiser cette idée d'aventure humanitaire qui me trottait dans la tête, depuis plusieurs années; tu pourras toujours compter sur moi.

Merci à tous donc et prenez soin de vous!
"Ce que tes mains ont donné t'emmenera beaucoup plus loin que tes pieds"
WA Wapiti74 Veteran ·
Hmmm ! Quelle bonne idée de partager cela avec toute la communauté de VF ! Merci Olivier. 🙂
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
TE Teignou ·
De rien! C'est seulement hier soir que j'ai vu que je pouvais créer un carnet de voyage sur ce site...! Donc voilà!
"Ce que tes mains ont donné t'emmenera beaucoup plus loin que tes pieds"
MA Majolica Regular ·
Tu me donnes envie de continuer...

Bonjour, à la lecture de ton carnet de voyage, tu me rends un peu de courage pour continuer... En effet, je suis déjà allé 4 fois au Burkina pour différents projets. J'ai donc pu aussi passer par Dori et Tiébélé. Et tu ravives ma mémoire me rendant de la motivation pour continuer. Je vais donc me relancer dans la suite de mes projets. J'espère bien vite retrouver cette amitié burkinabé, qui, comme tu le laisses discrètement comprendre, malgré les difficultés du quotidien, reste un exemple de volonté d'en sortir.

Avec le recul, on a tendance à se décourager, car rien ne bouge vraiment. On aurait même une sensation du contraire, de régression dans un monde international qui s'envole dans certaines régions...

Mais, un texte comme le tien rappelle la notion d'une goutte, puis d'une autre goutte et surtout la dimension humaine...

Alors, même si nous ne sommes que des grains de sable, soyons quand même positifs. Etre découragé et ne rien faire, ne peut malheureusement que renforcer notre égoïsme...

Encore merci, je me reconcentre et je relance mes partenaires burkinabé pour de nouveaux projets...

Pascal
La vie n'est pas qu'un rêve...
JO Joanne45 ·
Merci de nous partager ton expériences wow quelle belle aventure Félicitation!
TE Teignou ·
Je suis content que le récit de mon voyage au Burkina t'ait redonné énergie et motivation pour continuer tes projets humanitaires là-bas. Ils ont besoin de toutes les bonnes volontés. Bon courage!
"Ce que tes mains ont donné t'emmenera beaucoup plus loin que tes pieds"
TE Teignou ·
Merci pour les félicitations! C'est vrai que c'était une belle aventure. A refaire...!
"Ce que tes mains ont donné t'emmenera beaucoup plus loin que tes pieds"
AL Allladin ·
c'est le geste qui compte................................ En celà c'est noble.

mais, en tant qu'Africain je suis révolté du regard ethnocentrique que vous portez à mon pays. L'humanitaire n'est pas seulement du tourisme de bonne conscience. Si en amont, on ne fait pas l'effort de connaitre et comprendre l'autre, on ne peut faire que l'humanitaire de sois-même. Les apparence sont souvent trompeuses. Aujourd'huis on sait que l'humanisme chrétien qui débarqua en amérique (dominé surtout par les jésuites) fut lourd de concéquences et reste un fléau de destruction identitaire pour tous les amérindiens. Et c'est précisément LE probleme du burkina faso aujourd'huis. Son développent est completement anestésié par un humanitaire sauvage et aveugle. Comprenez vous que ce qui parrait etre bon pour vous ne l'est pas forcément pour les autres. Faire le bien, même seulement par carresses, peut nuire. L'afrique est riche et vivante. Pourtant, quand on n'y voit que de la pauvreté materrielle, on n'apperçois pas les innombrables milliardaires du coeur qui pourraient aider les occidentaux dans leurs miseres affectives et sociale. Mais ce n'est pas le cas. L'occident est bien trop prétentieuse pour faire appel aux marabout, chamane et autre griot pour aider ses sujet européens à remettre les pieds sur terre. Aprés avoir volé les richesses du corps, des terres, l'occident tente de voler l'ame de mon pays. Stop!!! Cependant merci quand même pour le geste.
MA Mamina64 Veteran ·
Vous préférez quoi alors ? Que les touristes n'aillent plus en Afrique Noire, que tous les bénévoles de petites associations (les seules à mon avis dont on voit réellement le travail sur le terrain) restent chez eux (oui, il y a aussi du travail ici !), que l'on se désintéresse de la prévention des maladies, de la répartition des richesses, que l'on se voile les yeux (oui, on peut aussi faire de l'angélisme !), que l'on laisse aux gouvernements le soin de résoudre les problèmes ? Oui, on peut tout ça... et vous pensez que ça arrangera les choses ? alors dites-le haut et fort que vous voulez vous en sortir seuls, prenez-vous en main sérieusement et montrez de quoi vous êtes capables... seuls ! Je crois encore à l'entraide (entre-aide) je crois qu'il faut savoir aussi accepter cette aide... Par ailleurs, l'humanisme n'est pas réservé aux chrétiens, quant à voler l'âme d'un pays... hum ! difficile quand même !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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WA Wapiti74 Veteran ·
😮 Mamina s'énerve !! C'est pas courant, cela !! 😉

J'avoue que quand j'ai lu ce message, je me suis dit "OK, va faire un tour et te calmer, et tu reviendras ensuite répondre plus posément". 😇

Comme toi, Mamina-au-coeur-d'or, je suis choquée par ces propos assez virulents de Allladin, d'autant plus qu'ils sont postés sur le carnet voyage d'Olivier (Teignou)..... ils auraient eu (peut-être) plus leur place dans un débat sur l'humanitaire en rubrique afférente..... et surtout ils ne semblent pas tenir compte de ce qu'Olivier a pu ressentir et exprimer au cours de son expérience humanitaire ; je cite ses propres mots :

" je reste tout de même très satisfait de cette expérience particulièrement enrichissante. Le pays a son charme et j'ai surtout apprécié la chaleur humaine des personnes que j'ai rencontré. On appelle le Burkina-Faso, le pays des hommes intègres. Eh bien, c'est vrai qu'ils le sont, en plus d'être accueillants et généreux. Assurément, ils vivent dans des conditions difficiles et ils ont souvent très peu de moyens mais la plupart sont volontaires et le fait de jouïr d'une certaine stabilité politique, sans conflit inter-éthnique qui gangrène d'autres pays d'Afrique, cet atout devrait leur permettre de passer au-dessus de leurs handicaps, ensemble, et ainsi entrevoir un possible développement serein et profitable à tous. La plus grande richesse de ce pays, ce sont donc ses habitants et je suis heureux de les avoir rencontrés et côtoyés pendant plus de trois semaines. .../... Avant de venir, Christian me disait: « tu verras, Olivier, il y aura un ''avant Burkina'' et un ''après''. » Effectivement, cette première expérience dans le monde de l'humanitaire m'a profondément enrichi humainement .../..."

Je pense donc qu'on ne peut pas l'accuser d'être venu et reparti en "humaniste chrétien" "prétentieux", envahisseur au "regard ethnocentrique" !

Quant à voler l'âme d'un pays, ce n'est sûrement pas en refusant de faire appel aux marabout, chamane et autre griot pour aider les sujet européens à remettre les pieds sur terre, que cela se fera !

Cultivons nos différences ! Enrichissons-nous les uns des autres ! Et cessons de regarder le voisin, qu'il soit blanc, jaune ou noir, riche ou pauvre, loin ou proche, comme un danger potentiel !

Attention, Allladin, ne te méprends pas sur notre discours : Nous sommes toutes deux (avec Mamina) bien conscientes qu'il n'y a pas que du bon dans l'humanitaire, que l'Occident est en (grande ?) partie fautif des maux de l'Afrique, etc. (mais ce débat n'a rien à faire sur ce carnet de voyage, je le répète).

Au fait, Allladin, que fais-tu en France, chez les 'méchants envahisseurs etnhocentriques', toi l'Africain (le Burkinabé?) ??? 😉
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
FL Fleur56 ·
bonjour, je viens de lire ton récit de voyage je suis partie cet été pendant un mois au burkina avec une petite asso construire un centre de formation dans un petit village puis pendant une semaine de visiter l'ouest et le nord. le siège de l'asso se trouvait lui aussi dans le quartier Tanghin qui étaient vraiment sympa. je suis revenue bouleversée de se voyage même si l'année précédente j'étais aller au Togo. les gens sont formidables, d'une gentillesse inroyable. les paysages magnifiques. bref que du bonheur et des rencontres formidables

ou était tu dans le quartier? moi j'étais pas loin du maqui "la flotte" et on allait le samedi au "tétis" histoire de se déhancher sur du bon coupé décalé
certains pensent qu'ils font un voyage, en fait c'est le voyage qui vous fait ou vous défait
WA Wapiti74 Veteran ·
Psstt ! Olivier ! y'a une jolie demoiselle qui te cause gentiment juste au-dessus de ce message (mais comme elle me l'a adressé à moi...) 😛

Et au fait, le randonneur, que fais-tu au réveillon ? As-tu vu cela ? 🙂
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
TE Teignou ·
Merci beaucoup à Mamina 64 (que je ne connais pas) et à toi, Frédérique, pour avoir pris ma défense! Pour info, non seulement je ne regrette pas du tout d'avoir vécu cette formidable aventure du mois d'août dernier, au Burkina-Faso, mais en plus, plus j'avance dans mes réflexions, plus j'envisage de me lancer à plein temps, dans l'humanitaire. Ainsi, l'année prochaine, je pense me remettre à l'anglais, langue que je n'ai plus parlée depuis 15 ans (!), de suivre plusieurs petites formations complémentaires, dans une école de Lyon, de réaliser probablement une petite mission au Maroc, l'été prochain, et puis... si tout va bien, de partir pour une longue mission humanitaire de plusieurs mois, fin 2009, en Asie, en tant que volontaire dans une ONG. Mais on n'en est pas encore là... Et si tout cela dérange certaines personnes à l'esprit mal tourné, eh bien, c'est pareil!!! 😇
"Ce que tes mains ont donné t'emmenera beaucoup plus loin que tes pieds"
LA Laffreux ·
allladin, il ne faut pas demander aux autres d'arrêter, à toi de contribuer à développer une vision africaine... sous la forme d'un blog par exemple ?
Mes papiers - Lisez mon livre Moins occidental.
FL Fleur56 ·
je viens juste de lire le message da Alladin et je suis particulièrement choquer!

alladin est tu vraiment au courant de ce qu'il se passe dans les associations? pour ma part, même si je n'ai que 23 ans, je suis partie 2 fois en Afrique pour des chantiers internationnaux. le premier au togo, le second au burkina. cet été, je suis partie construire un centre de formation pour que les femmes du village puisse faire du micro crédit ensuite. avant cela, la population avait été sollicité pour savoir ce dont elle avait besoin. mais il avait été demandé que les personnes du village nous aident pour aussi les impliquer et ne pas faire "le blanc qui arrive et qui sait tout". dc ils nous apportaient du sable, de l'eau... de plus, sur ce genre de chantier, il y a une parité. autant de francais que de burkinabais dc une mixité culturelle qui fait que chacun apporte a l'autre. d'un coté nous voulions être au coeur de la culture burkinabais et comprendre comment elle vivaient (j'ai créer de grande amitiées) et de l'autre, les burkinabais étaient avide de comprendre comment on vivaient en france

enfin, j'ai réalisé mon mémoire de fin d'études d'infirmière sur l'approche culturelle des patients en tant qu'infirmière humanitaire dc je ne pense pas avoir une approche etnocentriste de la chose

voila j'ai répondu a alladi qui devrait peut être aussi simpliquer aussi pour son pays s'il veut que les choses bougent
certains pensent qu'ils font un voyage, en fait c'est le voyage qui vous fait ou vous défait
LA Laffreux ·
Bon, il est normal de comprendre ce qu'on voit avec ses valeurs culturelles. Une approche vraiment objective ou universelle n'aurait pas de sens et n'intéresserait personne.

Pourrais-tu nous donner les grandes lignes de ton mémoire ? Le sujet m'intéresse peut-être.
Mes papiers - Lisez mon livre Moins occidental.
FL Fleur56 ·
en gros pour un mémoire infirmier, o dévellope une partie théorique et ensuite on analyse des entretiens que l'on a réaliser auprès des professionnels concernés pour la théore, j'ai fait le choix de développer l'humanitaire, le soin, la communication et la culture ce qui en est ressorti c'est surtout qu'avant de partir, il faut se renseigner sur la population pour éviter de faire des grosses boulettes. par exemple moi, au togo j'ai été assez choquée par la perception des villageois vis a vis du sida et en réalisant ce travail, j'ai réalisé qu'il y avait toute une dimension culturelle a prendre en compte, que en afrique on ne fait pas de la prévention comme en occident, que la maladie est vu différemment... voila en gros mais je ne me suis pas arreter quau sida, j'ai analysé aussi la douleur, la place de la femme (en rapide bien sur car ce n'était pas non plus une thèse)
certains pensent qu'ils font un voyage, en fait c'est le voyage qui vous fait ou vous défait
LA Laffreux ·
OK merci. C'est vrai qu'au Togo ces temps-ci sur le sida les choses changent. :)
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NA Naps Globetrotter ·
oui t as raison, faut pas faire d humanitaire en afrique, il ne faut compter que sur les gouvernements locaux qui sont des exemples d integrite et de generosite!!! d ailleurs tout le monde le sait, l afrique irait bien mieux s il n y avait jamais eu d humanitaire.🤪 des fois sur ce forum on en lit de belles... j ai souvent critique les dysfonctionnements des grosses ongs, mais la dans le cas present il s agit d une petite ong et celles la sont tres devouees, et puis meme en ce qui concerne les grosses ong, quand bien meme elles depensent bien trop de fric en salaires princiers, frais de fonctionnments etc...n empeche qu elle font beaucoup plus que le gouvernement pour aider les populations. et tout ca c est deja pas mal car si on ne comptait que sur les classes dirigeantes africaines on n irait pas loin... "Son développent est completement anestésié par un humanitaire sauvage et aveugle." j admets qu un des effets pervers de l humanitaire est de creer des phenomenes de dependance mais de la a dire que c est la cause pour laquelle l afrique ne se developpe pas me parait tres deplace... tu va nous dire que ce st l humanitaire qui cree les guerres et la corruption? "L'afrique est riche" oui, et qui profite de ses richesses? ceux qui crevent de faim? donc si je te suis bien il faut laisser l afrique crever?🏴‍☠️ charmant...
http://lespetitshommesmoustachus.blogspot.com/
JE Jeennyferr ·
Bonsoir =),

Tout d'abord j'ai été fasciné par ton carnet de voyage. Très vif en émotiion :). Je me suis inscrite pour le voyage humanitaire au Burkina Faso par le biais de L'association Tout le monde bouge, car depuis quelques mois cette idée me trottine dans la tête. J'ai dans l'ambition de devenir infirmière et pourquoi pas en spécialité humanitaire c'est pourquoi j'ai envie de partir pour voir si vraiment cela me plaît.

Cependant je suis très angoissée a l'idée de partir car c'est la première fois que je pars seule dans un pays loin du mien. J'ai peur de m'y sentir mal... J'aurai 18 ans lors du voyage et c'est vrai que sortir de sa bulle d'un coup d'un seul c'est assez dur. Mais l'envie d'aider mon prochain est plus forte c'est pourquoi je me suis inscrite.

Aurais tu des conseils a me donner ou des précautions a prendre ?

Mercii beaucoup pour ce récit fabuleux. Jenyyfer

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